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Guide

de prévention
et d’action
contre les
agressions
sexistes
Présentation
Ce document est un guide de prévention et d’action contre les
agressions sexistes dans les bars, restaurants et peñas de la ville
de Bayonne, élaboré par l’association PAF ! (Pour une Alternative
Féministe) et soutenu par diverses associations féministes locales.

L’élaboration de ce guide a pour objectifs de :

•  prévenir les agressions sexistes ;

•  sensibiliser, afin de considérer les agressions sexistes


comme une manifestation de la violence envers les femmes,
et comme étant de la responsabilité de tou.te.s ;

•  savoir comment agir et apporter une réponse


adéquate pour chaque situation d’agression ;

•  savoir comment se coordonner afin d’apporter la


meilleure attention possible à la personne agressée.
Contenu
1. Introduction

2.  Définition d’une agression sexiste

3.  Les critères d’action

4.  Que faire pour prévenir les agressions ?

5.  Que faire en cas d’agression ?

1. Introduction
Les agressions sexistes sont actuellement l’un des plus
graves problèmes sociaux contre les droits des femmes.
Considérant donc qu’il s’agit d’un problème social et non
individuel, nous sommes tou.te.s responsables. C’est pour­
quoi ce protocole entend sensibiliser les citoyen.ne.s
et les informer sur la façon d’agir et de donner une réponse
adéquate à chaque situation d’agression.

2. Définition
d’une agression sexiste
Une agression est un abus de pouvoir d’une personne sur
une autre : ce n’est ni un malentendu ni un conflit. Une
agres­sion se produit lorsqu’une personne se sent agressée.
Chaque per­ sonne a ses limites, qui sont variables et
subjectives. Il n’est pas légitime de remettre en question les
limites de quel­qu’un.e. Rien ne justifie une agression (ni la
drogue, ni le comportement, ni la façon d’être ou de faire).

Le patriarcat est un système de relations de pouvoir qui


confère une situation privilégiée à des personnes sociales
telles que les hommes. Suivant cette logique, les hommes
se voient octroyer des droits sur les femmes qui les situent
en position de supériorité. Cela ne veut pas dire que tous
les hommes usent de ce pouvoir, mais qu’ils peuvent penser
avoir le droit de l’exercer.

Les personnes agressées ne sont pas des « victimes


passives  », mais des «  survivantes  ». Pour cette raison, nous
agirons toujours avec leur consentement, en respectant
leur décision personnelle.

•  Agressions sexistes de haute intensité : les


coups, les gifles, les tentatives de viol, le viol et l’assassinat.

•  Autres agressions sexistes :

– les regards et comportements qui in­­ com­


modent, les attouchements corporels sans autorisa­tion, le
contrôle, l’insistance/la lourdeur, la jalousie, les menaces,
les  chantages ;

– les commentaires offensifs et dégradants, les


abus verbaux, les insultes, les moqueries, les commentaires
dépréciants, les faux compliments destinés à ridiculiser une
personne ou un groupe ;

–  les contacts physiques non acceptés, non désirés


ou incommodants, violents ou agressant la personne qui
les  subit ;

–  l’exhibition de symboles sexistes offensifs.


3. Les critères d’action
Nous demandons que les critères suivants soient respectés :

•  protéger la personne agressée ;

•  respecter son opinion et ses souhaits, garantir la


confidentialité ;

•  identifier l’agresseur.

4. Que faire pour prévenir


les  agressions ?
•  Quand : avant de préparer les fêtes / avant qu’une
agression ne se produise.

•  Qui : les personnes organisatrices des fêtes, et


d’autres : mairie, comités des fêtes, peñas, gaztetxe, bars…

•  Comment  : les espaces festifs qui doivent se


penser en tant qu’espaces libres pour les femmes. Il faut faire
savoir, de manière claire, que dans ces lieux, les agresseurs
ne sont pas les bienvenus et que les agressions ne sont pas
tolérées.

•  Actions concrètes : affiches contre les agres­


sions, jingles anti-agressions, macaron…
5. Que faire en cas
d’agression ?

•  Objectifs : aider et protéger la personne agressée.


Coordonner la réponse. Faire disparaître les agressions
sexistes dans les espaces festifs.

•  Quand  : lorsqu’une personne s’approche pour


dire qu’elle a été agressée, ou lorsque nous voyons dans les
bars ou dans la rue que quelqu’un agresse ou importune.

•  Qui : n’importe quelle personne.

•  Que faire : écouter avec beaucoup d’attention


et de respect les personnes agressées. Les soutenir au
maximum et ne pas les laisser seules !

1. Quand tu assistes à une agression, approche-toi


de la per­ sonne agressée et donne-lui la priorité :
écoute, analyse la situation et respecte son intimité et la
confidentialité. Demande à la personne agressée si elle a
besoin d’aide.

2.  Si la réponse est non, assure-toi qu’il n’y a pas de besoin


d’aide urgente ou de danger immédiat. Si ce n’est pas le cas,
respecte la décision de la personne et remets-lui la carte
avec les contacts utiles.

Si la réponse est oui, accompagne-la et aide-la. Ne la laisse pas


seule ! Appelle le numéro d’urgence (112) si elle le souhaite.
Reste avec elle jusqu’à ce qu’elle soit prise en charge et
identifie l’agresseur.

3.  Expulse l’agresseur du bar ou du lieu de l’agression,


demande-lui de partir. S’il refuse, mobilise un maximum
de gens pour le faire partir.
4. Si la personne agressée n’a pas besoin d’aide urgente,
demande-lui si elle souhaite porter plainte.

•  Si elle souhaite porter plainte : si c’est un


viol, fais-lui savoir qu’elle ne doit pas changer de vêtements,
qu’elle ne doit pas se laver. Si c’est un viol par voie buccale,
qu’elle ne boive pas ni ne mange (afin de ne pas faire
disparaître les preuves).

•  Si elle ne souhaite pas porter plainte : donne-


lui la carte avec les contacts utiles pour qu’elle soit informée
des services et des recours dont elle dispose.

•  Si elle ne sait pas : conseille-lui de ne pas faire


dis­pa­raître les preuves jusqu’à ce qu’elle sache ce qu’elle
veut faire. Donne-lui la carte avec les numéros utiles pour
qu’elle soit informée des services et des recours dont elle
dispose.

5.  Recueil d’informations : note le nom et le numéro de télé­


phone de 2 ou 3 personnes ayant assisté à l’agression.