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2015

Rapport de mini-projet de
conception des ponts

EMSI RABAT 2015


Classe 4GC1
Groupe 4 :
BAINA El Mekki
BOUFOUS Soraya
ESSOURI Rachad
NAJJI Mehdi
Rapport de mini-projet de conception des ponts |

SOMMAIRE
Introduction ........................................................................................................................................ 2

PARTIE 1 ............................................................................................................................................ 3 1

Généralités sur les ponts ................................................................................................................... 3

1) Définitions générales ..................................................................................................... 3

2) Types de ponts .............................................................................................................. 5

3) Eléments constitutifs d’un pont .................................................................................. 8

PARTIE 2 ............................................................................................................................................ 9

Démarche de conception d’un ouvrage d’art ............................................................................... 9

1) Description du cas étudié ............................................................................................. 9

2) Analyse de la brèche ..................................................................................................... 9

a) L’environnement ...................................................................................................... 9

b) Les contraintes de sous-sol ..................................................................................... 10

c) Les contraintes fonctionnelles ................................................................................ 10

3) Recherche et analyse comparative des solutions ....................................................... 11

a) Première étape vers le choix d’une solution de pont ........................................... 11

b) Deuxième étape vers le choix d’une solution de pont ............................................ 12

4) Solution retenue .......................................................................................................... 15


Rapport de mini-projet de conception des ponts |

Introduction

Dans le cadre de la formation d’élève ingénieur, le cours de conception des ponts est une
variante importante permettant au futur ingénieur en génie civil de maîtriser le jargon technique
de ce domaine. De même, il permet de familiariser l’étudiant avec le domaine des ponts, à savoir
les différents types et procédés d’exécution. De ce fait, en cette fin de quatrième année, nous
avons pu prendre conscience de cet apprentissage à travers un projet de conception des ponts.

Au long de cette étude, notre groupe a abordé plusieurs problématiques basées sur un schéma
d’une coupe transversale d’un pont. En effet, il est question de donner deux variantes
potentielles valables pour le cas traité et de les justifier tout en les détaillants. De plus, nous
avons choisi au final une variable que notre groupe considère comme la solution la plus
optimale selon plusieurs critères. D’autre part, nous avons fini par proposer aussi des
équipements adéquats au cas traité.

De ce fait, le rapport suivant permettra de traiter tous ces points en les détaillants selon nos
connaissances et les recherches réalisées.
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PARTIE 1 : Généralités sur les ponts

1) Définitions générales:

Un pont correspond à une construction permettant de franchir un obstacle, à savoir un cours


d’eau, une route ou encore une voie ferroviaire. En effet, il permet le passage de personnes ou
de véhicules au-dessus de ces mêmes obstacles. Il existe plusieurs types de ponts dont le choix 3
relève de plusieurs critères et conditions. Cela inclue des paramètres physiques, géotechniques,
météorologiques ou encore financiers.

Cependant, pour certains cas particuliers, il existe d’autres appellations utilisées pour faire
preuve de plus de précisions :

- Ponceaux, buses ou dalots: Ce sont des ouvrages aménagés sur un cours d'eau en vue
d'en permettre le franchissement tout en assurant le libre écoulement des eaux et la libre
circulation du poisson. La section d'écoulement est habituellement constituée d'une
conduite fermée de forme circulaire, rectangulaire, arquée ou en arche, installée sous un
remblai.
- Aqueduc : « Aquae ductus » (« aquae » : eau, « ductus » : conduire), est un système de
transport d’eau par des canaux ouverts d’un endroit où l’eau est disponible et de bonne
qualité vers un endroit où elle est nécessaire (ville). Les Romains étaient précurseurs
dans ce type de constructions. L’un des exemples les plus connus est celui du Pont du
Gard en France, aqueduc sur 3 étages.
- Viaduc : Prenant origine dans le latin, « via » signifiant voie, et « ducere »
correspondant à conduire. En effet, il s’agit d’un ouvrage de grandes dimensions, à
savoir longueur et hauteur, constitué de plusieurs travées. Il permet de franchir des
obstacles naturels comme des vallées, un bras de mer ou encore des rivières. L’une des
meilleures illustrations serait celle du Viaduc autoroutier de Millau, le plus haut du
monde, franchissant la vallée du Tarn, dans le département de l’Aveyron en France.
- Ecoduc ou passage faunique : Il s’agit d’un ouvrage permettant aux espèces animales et
végétales de traverser des obstacles mis en place par l’Homme ou résultant de ses
activités.
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- Passerelle : Cet ouvrage correspond à des passages faits pour permettre le passage de
piétons et de cyclistes au-dessus d’obstacles.

Il faut noter que les ponts font partie des ouvrages d’art. En effet, un ouvrage d’art peut
correspondre à des constructions permettant de franchir des obstacles (ponts, tunnels), à un
dispositif de protection contre l’action de la terre ou de l’eau (ouvrages de soutènement,
barrages), ou encore un système de transition entre plusieurs modes de transport. Dans cette
famille, il est possible de distinguer 2 grands groupes :
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- Les ouvrages d’art non courants : Il s’agit des ouvrages répondant aux critères suivants :
 Ponts dont au moins une travée possède 40m ;
 ponts dont la surface du tablier dépasse 1200m2 ;
 murs de plus de 9m de hauteur ;
 tranchées couvertes ou semi-couvertes de plus de 300m de longueur ;
 tunnels creusés ou immergés ;
 ponts mobiles et ponts canaux.

De plus, les ouvrages non courants correspondent aussi aux constructions qui ne dépassent pas
les seuils indiqués au-dessus. Mais, qui présentent des enjeux importants en terme de difficulté
technique (structurelle ou géotechnique), d'impact sur la conception d'ensemble de
l'infrastructure (tracé, profil en long), sur son coût, d'insertion paysagère ou d'architecture,
d'impact sur l'environnement, ou pour lesquels la conception ou la réalisation comporte une
innovation technique.

- Les ouvrages d’art courants : Tous les types de construction ne répondant pas aux
critères cités au-dessus.

Cependant, il existe plusieurs types de ponts qui sont classifiés selon plusieurs paramètres.
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2) Types de ponts :

Il existe 5 grandes familles de ponts :

- Les ponts à poutres ;


- les ponts en voûte ;
- les ponts haubanés ;
- les ponts suspendus ;
- les ponts en arc. 5

Type de pont Principe technique Matériaux utilisés

Constitués d’une ou de plusieurs les voûtes sont constituées de pierres


arches, les ponts en maçonnerie et briques.
Pont en voûte doivent être différenciés des ponts
en arc car les matériaux ne
travaillent qu'en compression.

Pont dont les poutres Les treillis peuvent être assemblés


par boulonnage, par rivetage ou bien
latérales sont composées de
Pont poutre (en soudés. Méthode de construction
treillis) barres métalliques triangulées, rapide et peu coûteuse.

assemblées en treillis.

Type d'ouvrage dont la rigidité à Le raidisseur en caisson est une


structure en béton précontraint, en
la torsion est assurée par un
acier ou en matériau composite

Ponts à caisson tablier constitué d'un ou d’acier et de béton armé.

plusieurs caissons creux. Sa

section droite est rectangulaire


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ou trapézoïdale.

Pont dont la ligne de la partie Les poutres ou les voiles sont soit en
métal, soit en béton armé ou
inférieure du pont (intrados), est en
forme d'arc. Dans ces ponts, précontraint et travaillent en flexion.
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l'ensemble des charges permanentes
Pont en arc ou temporaires appliquées au pont
sont reprises au niveau de l'arc en
compression, pour être ensuite
transférées sur les appuis en

rives, les culées.

Le tablier est attaché par Ouvrage métallique : Pilier en


l'intermédiaire de tiges de béton, pierres, tablier en acier.
suspension verticales à un certain
nombre de câbles flexibles ou de
chaînes dont les extrémités sont
reliées aux culées, sur les berges.

Contrairement à tous les autres


Pont suspendu
ponts, les ponts suspendus exercent
une traction horizontale sur leur
point d'appui.

La structure d'un pont suspendu

lui permet d'avoir des portées


importantes.

Pont à haubans Variété de ponts où le tablier est Câbles en acier, béton précontraint
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suspendu par des câbles issus de

pylônes. Ils tiennent grâce à de


nombreux câbles obliques partant
d'un pylône supportant le tablier qui
supportera en fin de compte tout le
poids du pont.

Portée moins grande que les ponts 7


suspendus car plus fragile et plus
vulnérable au

vent et aux vibrations engendrées


par la circulation.

Maximum de 900m mais selon les


experts, 1500m possible.

Tableau 1 : Propriétés des grandes familles de ponts

Image 1: Les 5 grands types de ponts


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3) Eléments constitutifs d’un pont :

Un pont est constitué de plusieurs éléments essentiels qui permettent sa stabilité, sa résistance
aux facteurs agressifs extérieurs et aux contraintes afin d’assurer un usage sur le long terme.

En effet, il est constitué principalement des éléments suivants :

- Tablier : Elément résistant supportant les voies de circulation.


- Appuis : Ils assurent la liaison entre le tablier et les fondations.
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- Fondations : Elles permettent de transmettre les charges des appuis vers le sol porteur.
- Travées : Il s’agit des parties du pont comprises entre deux appuis adjacents.
- Piles : Ce sont les appuis intermédiaires du pont.
- Culée : Ensemble des appuis de rive et des organes de raccordements de l’ouvrage au
sol.
- Chevêtre : Pièce assez massive qui supporte les appareils d’appui et transmet leurs
charges vers les parties résistantes de l’appui.

Image 2: Les éléments constitutifs d’un pont.


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PARTIE 2 : Démarche de conception d’un ouvrage d’art

1) Description du cas étudié :

Le travail d’un ingénieur en génie civil consiste à trouver des solutions aux problèmes
rencontrés ainsi que de répondre à la demande du client tout en se basant sur deux règles
principales :

- Optimisation du temps. 9
- Optimisation des coûts.

De ce fait, dans le cadre ce projet, nous devons nous adapter aux paramètres prescrits et
proposer deux variantes possibles. Les paramètres sont les suivants :

- Travées : 70m – 70m, d’où longueur de 140m.


- Gabarit : 10m.
- Largeur : 9,6m (chaussée : 9m ; bordures de trottoirs : 2*0,3m).
- Géotechnique : Moyenne.

Comment alors choisir les variantes de ponts possibles à retenir ?

2) Analyse de la brèche :

Afin de bien intégrer le pont étudié dans le cadre auquel il est destiné, il faut prendre en
considération plusieurs éléments. En effet, ces différents paramètres sont :

a) L’environnement :

En ce qui concerne l’environnement, afin de bien y intégrer l’ouvrage souhaité, il faut prendre
en considération :

- La pollution du milieu environnant : Prévoir des corniches-caniveaux métalliques


intégrées au tablier afin d’évacuer les eaux de ruissellements.
- L’esthétique du pont : Elle permet de bien intégrer ce dernier dans son environnement.
- Contraintes naturelles : Des études hydrologiques, hydrauliques et géotechniques
délivrent les informations nécessaires quant au placement des fondations s’il y a
présence d’un cours d’eau.
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- Moyen d’accès : Il faut prendre connaissance des différents moyens d’accès à l’ouvrage
lors de sa construction. Des contraintes sont possibles en cas de présence d’un cours
d’eau non navigable.
b) Les contraintes de sous-sol :

L’analyse de ces contraintes est nécessaire pour compléter les informations concernant
l’environnement afin d’avoir une idée complète et précise sur le milieu d’intégration de
l’ouvrage.
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- Géologie du sous-sol : Il s’agit majoritairement de sondages effectués afin de repérer le
bon sol. Cela permet de s’orienter vers un choix de fondations optimal.
- Occupation du sous-sol : Cela permet de repérer si d’autres ouvrages existent dans l’axe
du projet et s’il y a présence de réseaux enterrés.
c) Les contraintes fonctionnelles :
 Equipement du tablier :

Dans ce cadre, il est préférable de prévoir :

- Une chaussée à deux voies de largeur 2*3m.


- Des barrières normales de types BN4 côté extérieur.
- Un terre-plein central de 0,8m de largeur.
- Des bordures de trottoirs de largeur 0,3m.

 Surcharges d’exploitation :

La classe du trafic supporté par l’ouvrage au sens de l’Eurocode 1 partie 2 est la classe II. De
plus il n’est prévu ni véhicules militaires ni véhicules spéciaux empruntant cet ouvrage.

 Les contraintes d’exploitation et d’entretien :

o Accès des piles et culées :

Le chemin d’accès utilisé pour le chantier servira pour accéder au bas des piles.
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o Entretien :

Il faut prévoir un chemin d’accès aux appareils d’appuis pour leur entretien par la suite. Vu que
le gabarit est de 10m, il est possible de prévoir des escaliers d’entretien.

3) Recherche et analyse comparative des solutions :

a) Première étape vers le choix d’une solution de pont :


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Pour éliminer rapidement les solutions impossibles nous allons tout d’abord principalement
nous intéresser aux distances qu’elles permettent de franchir.

Dans le cas d’un cours d’eau à franchir, il est conseillé de ne pas implanter de pile dans son lit
mineur. Nous avons donc directement éliminé les ouvrages construits sur cintres au sol (PICF,
PIPO, POD, PSIBA, PSIDA, PSIDP, PSIDE et PSBQ), les ouvrages à poutres préfabriquées
(PRAD et VIPP) et certains ouvrages à structure métallique ou mixte (poutrelles enrobées et
PSIPAP). En effet, leur portée maximale n’est que de 40m.

De la même manière, les ponts en béton poussés d’un seul côté ne sont pas réalisables car ils
sont limités pendant leur mise en œuvre à 60m même avec un avant bec. Les ponts poussés des
deux côtés en béton sont aussi éliminés car ils permettent de franchir à peine 90m.

Les ponts en béton, construits par encorbellements successifs sont adaptés si on utilise des
caissons en béton précontraints.

Les ponts mixtes peuvent aussi convenir, nous avons ainsi le choix entre différentes solutions :

- Le bipoutre à pièces de pont. On le choisit à hauteur variable car étant donné notre
grande portée, le façonnage des PRS sera plus rentable. En effet, si le choix porte sur
des poutres à hauteur constante, on va consommer beaucoup plus de matière.
- Le pont à caisson métallique de hauteur constante.
- Le bipoutre à entretoise convient pour un tablier de largeur inférieur à 13m. Or ici nous
avons 9,6m de largeur, cette solution peut être retenue.
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b) Deuxième étape vers le choix d’une solution de pont :

L’étude se poursuit par une analyse comparative des solutions retenues.

 Variante 1 : Pont à caissons précontraints par encorbellement.

Un pont à poutres est un pont dont le tablier est porté par une ou plusieurs poutres en bois, en
acier, en béton armé ou en béton précontraint. Les ponts à poutres exercent une réaction 12
verticale sur leurs appuis intermédiaires ou d’extrémités et les efforts engendrés dans la
structure sont principalement des efforts de flexion.

Deux critères permettent de différencier les poutres : la forme ou le matériau. Le mixage des
deux permet de déterminer un grand nombre de poutres. Il existe quatre formes de poutres : les
poutres à âmes pleines, les poutres caissons, les poutres treillis et les poutres bow-strings. Le
matériau de constitution des poutres peut être le métal, le béton armé, le béton précontraint,
le bois ou encore, plus récemment, des matériaux composites.

Les ponts-caissons construits en encorbellement, permettent d'atteindre couramment des


grandes portées de l'ordre de 130 ou 140 m, mais dont le domaine d'emploi s'étend jusqu'à 200m
de portée principale. Cette méthode consiste à ériger l'ouvrage symétriquement en porte à faux
à partir des piles, par tranches successives appelées voussoirs, coulés en place ou préfabriqués.
La stabilité quant à elle est assurée par la mise en tension successive des câbles de précontrainte,
ancrés à l'extrémité de chaque voussoir. De ce fait, il est économique et rapide à réaliser.

Le tablier est précontraint par des câbles de continuité qui assurent l'assemblage des différentes
travées. Ils peuvent être extérieurs ou noyés dans le béton. Il faut rajouter à cela des câbles de
fléau qui soutiennent la structure et les différents voussoirs en phase de construction dans le cas
d'une réalisation par encorbellement. L'ouvrage peut-être mono-caisson ou bi-caisson, avoir un
tablier à hauteur constante ou variable, et présenter un système de bracons latéraux.
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Image 3 : Caisson en béton précontraint.

La situation rencontrée correspond à ce genre de solution. En effet, cette variante permet de


réaliser de grandes portées (L = 140m). De plus, elle répond aussi aux problèmes géotechniques,
vu que le tablier transmet des charges verticales aux appuis. D’autre part, le pont à caissons en
béton précontraint permet de disposer d’un gabarit de 10m et d’une largeur de 9,6m.

Image 4 : Pont à caisson en béton précontraint.


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 Variante 2 : Pont en béton précontraint construit par encorbellement


successif :

La construction par encorbellements successifs, qui consiste à exécuter un ouvrage élément par
élément, sans contact avec le sol est une technique efficace et peu coûteuse.

Ce mode de construction consiste à exécuter l'essentiel du tablier d'un pont sans cintre ni
échafaudages au sol, en opérant par tronçons successifs dénommés voussoirs, chacun de ces
éléments étant construit en encorbellement par rapport à celui qui le précède. Après exécution 14
d'un voussoir, les câbles de précontrainte qui aboutissent à ses extrémités sont mis en tension,
ce qui permet de les plaquer contre les voussoirs précédents et de constituer ainsi une console
autoporteuse pouvant servir d'appui pour la suite des opérations.

La construction s'effectue :

- En général symétriquement, de part et d'autre d'une pile, de façon à minimiser les


moments transmis à cet appui lors de l'exécution ; la double console obtenue est alors
dénommée fléau.
- Parfois dissymétriquement, d'un seul côté d'un fléau, l'autre fléau étant déjà clavé avec
la travée adjacente.
- Exceptionnellement à partir d'une culée, le moment de renversement apporté par la
console étant alors équilibré par un contre-poids dimensionné en conséquence et faisant
partie du tablier lui-même.

La construction par encorbellements successifs présente de nombreux avantages.

Tout d'abord, la construction des tabliers s'effectue, pour l'essentiel du linéaire, sans aucun
contact avec le sol, ce qui permet de construire des ouvrages au dessus de rivières à fortes crues
ou au-dessus de vallées très accidentées ou très profondes.

La méthode permet d'autre part d'exécuter des ouvrages de géométries très diverses. Ainsi, en
élévation, il est possible de projeter des tabliers de hauteur constante ou variable. Dans ce
dernier cas, il est possible de faire des variations paraboliques, cubiques ou linéaires. La
méthode est également extrêmement tolérante à l'égard de la géométrie de la voie portée
puisque, contrairement aux techniques du poussage et du lançage, tous les profils en long et
tracés en plan peuvent être construits sans difficultés.
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Il faut ajouter que ce type d’ouvrage présente une large gamme de portée, allant jusqu’à 200m.

c) Solution retenue :

La construction par encorbellements successifs consiste à réaliser un tablier par éléments


successifs longitudinaux, appelés voussoirs, en s’appuyant sur la partie du tablier déjà
construite.

La construction débute par la réalisation des appuis.


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A partir d’une pile, on réalise un premier voussoir, qui s’appuie sur la tête de pile. A partir de
cette amorce, on construit le tablier en porte à faux, de part et d’autre de ce VSP, par tronçons
de 2 à 4 mètres environ. A chaque étape, dès que le béton a acquis une résistance suffisante, la
nouvelle paire de voussoirs est solidarisée au tablier par précontrainte. Cette opération est
répétée jusqu’à ce qu’un fléau soit terminé. Un fléau a donc sensiblement la longueur d’une
travée.

On peut alors passer à la réalisation d’un autre fléau, à partir d’une pile voisine, après avoir
démonté les coffrages outils permettant de réaliser les voussoirs. Pendant cette opération, la
travée de rive peut être prolongée jusqu’à la culée, cette partie de tablier étant généralement
coulée sur cintres. Des câbles de continuité intérieurs au béton, permettent de solidariser cette
partie de tablier au fléau adjacent.

Pour la construction du tablier, on va utiliser les systèmes à poutre continues sur appuis simples.
En effet cette solution est la plus simple et la plus économique. On va avoir recours à des
appareils d’appuis glissants pour absorber les déplacements longitudinaux du tablier. Les
appareils d’appuis qui seront utilisés sont des appareils d’appuis à pot élastomère.

Le principe de câblage est lié au mode de construction et à phases successives rencontrées. Une
première famille de câbles est constituée des câbles de fléaux nécessaires pour assembler les
voussoirs successifs. Ils permettent de reprendre les moments négatifs dus au poids propre des
fléaux pendant la construction. Ils sont donc situés au voisinage de la fibre supérieur au droit
des appuis intermédiaires.

La deuxième famille de câbles est constituée par les câbles de continuité destinés à reprendre
les moments positifs en travée dus à l’effet des superstructures et des actions variables. Ils sont
donc situés au voisinage de la fibre inférieure de la poutre.
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Comme les portées que nous avons sont importantes, la seule structure transversale adaptée est
le caisson, qui présente un bon rendement géométrique. Etant donné que l’on doit avoir un
mono- tablier et que la largeur de ce dernier s’élève à 9,6 mètres, il est nécessaire de raidir le
hourdis par des nervures transversales précontraintes.

Pendant les phases de construction, il est primordial de s’assurer de l’équilibre statique des
fléaux compte tenu des actions pouvant provoquer un déséquilibre. Les fléaux ne peuvent rester
en équilibre stable s’ils sont posés sur la seule file d’appuis des appareils d’appui définitifs.
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C’est pourquoi, pendant la construction, le tablier repose sur des appuis dédoublés provisoires,
constitués de cales en béton fretté et disposés longitudinalement de part et d’autre des appareils
d’appui définitifs, ce qui permet de réaliser un encastrement provisoire. Néanmoins, dans la
plupart des cas, ces dispositions ne suffisent pas seules à assurer l’équilibre statique du fléau,
compte tenu de l’intensité des actions accidentelles prises en compte, notamment la chute d’un
équipage mobile.

Il faut noter que la géotechnique est moyenne. Dans ce cas, nous allons opter pour des
fondations semi-profondes. De façon générale, d’après le fascicule n°62 des règles techniques
de conception et de calcul des fondations des ouvrages de génie civil, les pieux battus pilonnés
et les pieux forés à la tarière creuse de type 1 sont à proscrire pour les ponts. Les pieux forés à
la tarière creuse de type 2 et 3 pourront être autorisés par le marché à condition de s´assurer que
les techniques mises en œuvre permettent :

- une maîtrise parfaite des mouvements de la tarière en fonction du volume et de la


pression du béton injecté, de manière à éviter toute inclusion dans le pieu ;
- un contact franc entre la pointe et le sol, sans pollution du béton du pieu ;
- un ferraillage exempt de tout aléa, par insertion de la cage d´armatures dans le béton
frais.