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Estimation du frottement latéral sol-pieu

à partir du pressiomètre
et des caractéristiques de cisaillement

Olivier COMBARIEU
Adjoint au Directeur
Laboratoire régional des Ponts et Chaussées de Rouen

Introduction
Cet article complète celui public dans le bulletin 203 des
L P C [1] qui concerne la charge portante en pointe des
pieux. Il nous a semblé, en effet, utile de disposer d'une
synthèse complète sur l'usage de l'essai pressiométrique
pour prévoir la capacité portante d'une fondation pro-
fonde, sachant que le frottement latéral représente très
souvent la fraction prépondérante de cette capacité. Il
n'est question ici que du pieu isolé.

Le plan de cet article est le m ê m e que celui adopté pour


l'étude de l'effort de pointe. Il est fait un rappel des
règles ou règlements successifs, sur près de 35 ans, jus-
q u ' à ceux, actuellement en vigueur et en cours de
réexamen dans le cadre d'une norme unique fusionnant
le fascicule 62 - titre V [2] du C C T G et le D T U 13-2 [3]
RESUME qui régissent respectivement le calcul des fondations
profondes dans le génie c i v i l et le bâtiment. Ces règles
Cet article retrace trente-cinq années d'utili-
sation e n F r a n c e de l'essai pressiométrique sont ensuite confrontées à celles, différentes, utilisées
pour déterminer le frottement latéral le long dans d'autres pays et basées sur le concept classique de
d e s pieux. L e s deux règlements actuels
applicables respectivement a u génie civil et résistance au cisaillement.
au bâtiment, et amenés prochainement à
être harmonisés, sont ensuite confrontés aux
méthodes de prévision basées sur l'utilisa-
tion d e s caractéristiques de cisaillement, Evolution des règles de calcul
angle de frottement et cohésion. O n montre
que les formulations différentes du frottement du frottement latéral
ne recèlent p a s toutes les contradictions qui
ont été décrites par les défenseurs de l'une à partir du pressiomètre
ou l'autre méthode.
Les premières publications relatives au « terme de
L'auteur examine les difficultés et interroga-
tions qui sont attachées à la prévision du
frottement latéral », sont faites par L . Ménard en 1963
frottement, c o m p o s a n t e souvent prépondé- [4] ; la résistance au frottement latéral (sans coefficient
rante d e la capacité portante d'un pieu, dont de sécurité, ce qui sera systématique dans cet article),
la c o n n a i s s a n c e d e la valeur à court terme
est très généralement suffisante. Q u e l q u e s appelée s, est reliée à la pression limite p, par les expres-
réflexions sont menées sur le comportement sions suivantes, valables quelle que soit la profondeur
particulier d e s pieux métalliques battus
ouverts, amenant à quelques suggestions
dans le sol :
quant à leur dimensionnement.
Pi < 80 (en kPa) s = p, (en kPa)
5

M O T S C L É S : 4 2 - Essai - Pressiomètre -
Pieu - Frottement - Battage - Cisaillement - 80 < p, < 400 s = p, ,„ + 8
Abaque - Sol - Portance - Prévision - 400 < p, < 900 s = p,, + 28
2l)
Pression interstitielle.
p, < 900 s = 80

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Cependant, i l est prévu une augmentation du Cette courbe résulte de quelques essais de char-
frottement, sur trois diamètres du pieu, au-dessus gement statique de pieux, initiant une d é m a r c h e
de la pointe, dès que p, dépasse 400 kPa ; les plus complète.
valeurs de s sont alors pour : A la suite d'un certain nombre d'essais supplé-
s = p (en kPa) mentaires dans des terrains limoneux et sableux
400 < Pi < 900 1/7
au sud de Paris [5], cette grande simplification
p, > 900 s = 120
de départ est rapidement comblée dans la
Il n'est donc pas fait de distinction entre les méthode plus « officielle » que L . Ménard pré-
types de sols et pieux, s étant déterminé par une sente en 1965, dans la notice D 60 [6]. Les
courbe pratiquement continue en fonction de la bureaux d ' é t u d e s , qui commencent à utiliser le
pression limite, d o n n é e sur la figure 1. pressiomètre pour dimensionner les fondations,
doivent s'y conformer en raison des contrats qui
les lient (et impliquant des problèmes de respon-
s (MPa)
sabilité) à l'inventeur de la méthode.
0,12
Lorsque l'on examine ces spécifications, elles
0 V
N

envisagent de nombreuses configurations, d'ori-


0,10
gines expérimentales, mais probablement égale-
ment intuitives.
0,073
A i n s i , la figure 2, tirée de cette notice D 60, com-
porte trois courbes de base, A , B , C . L a courbe A
0,05
0,048 concerne le frottement courant pour les pieux
forés et battus traditionnels ; pour ces m ê m e s
pieux, la courbe B intéresse la partie basse du
0,016 pieu, sur trois diamètres au-dessus de la pointe,
0 hormis pour les sols de catégorie I que sont les
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 argiles et les limons peu consistants (catégories
P, (kPa)
définies dans [I]). Ces deux courbes s'identifient
à celles de la figure 1 p r é c é d e m m e n t évoquées.
Fig. 1 - Frottement latéral s en fonction
de la pression limite (L. Ménard, 1963 [4]). Pour les pieux métalliques ou avec chemisage

s (MPa)
0,15

Pieux spéciaux
Pieux forés et battus traditionnels

Sur 3 diamètres
dessus de la
0,10 pointe

Section
Sols argileux
courante
fût métal
du fût
Grave et sable noyés,
fût métal
0,05

Il est recommandé de ne prendre en compte le


frottement qu'à partir de 0,3 m + R de profondeur
(R : rayon du pieu]

0,5 1,5
P, (MPa)

Fig. 2 - Résistance au frottement latéral d'un pieu en fonction de la pression limite (notice D60. 1965 [6]).

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permanent, les valeurs données en A et B sont et bétonnés à pleine fouille, choisir un frottement
réduites de 20 % pour les terrains argileux et de latéral à la rupture de p , . Cette possibilité,
/|2

30 % pour les sables et graviers immergés. offerte au projeteur, a d'ailleurs été peu utilisée
D'autre part, i l est r e c o m m a n d é , dès que le dia- du fait d'une difficile compatibilité entre la
mètre du pieu est supérieur à 0,60 m, d'appliquer dénomination donnée au terrain et la valeur seuil
des abattements sur le frottement de 10 % et 30 % de 1,5 M P a pour la pression limite.
respectivement pour des pieux de 0,80 m et Peu avant la publication du dossier F O N D 72,
1,20 m de diamètre, sachant que ces taux de les essais de chargement statique de pieux instru-
réduction peuvent être augmentés en fonction des mentés se multiplient et la conception de l'exten-
problèmes de réalisation. L a notion importante de somètre amovible qui permet la mesure du frot-
technique de mise en œuvre et d'interaction trans- tement latéral sur des tronçons choisis du pieu,
paraît donc clairement dans ces règles. Il est d'ail- conduit à des progrès considérables dans la
leurs prévu une troisième courbe C concernant, connaissance des lois de mobilisation du frotte-
sans plus de précision, les pieux spéciaux, sensés ment et des valeurs limites q (appellation insti-
s

mobiliser totalement le frottement latéral ; i l tuée à l'époque et toujours en vigueur) de


s'agit sans aucun doute des pieux de type injectés
celui-ci.
qui font leur apparition à cette époque.
Le nombre important de résultats conduit en
Les recommandations fondamentales de la notice
1981 les principaux réalisateurs des essais,
D 60 sont reprises pratiquement telles quelles
M . Bustamante et L . Gianeselli [8], à proposer
dans le dossier pilote F O N D 72 [7] du Ministère
des modifications aux règles de 1972 ; elles sont
de l'Équipement qui adopte les deux courbes de
présentées dans le tableau I et les figures 3 et 4
base A et B précédentes avec l'utilisation qui
et sont celles adoptées pour le D T U 13.2 qui
suit :
paraît en 1992. Sept abaques caractéristiques,
CD en sols cohérents, la courbe A intéresse tout
A b i s , A , B , C , D , E et F fournissent q en fonc-
s
le fût et concerne les pieux en béton, battus ou
tion de p et le choix en est dicté par le type de
:
forés. Une réduction de 25 % est appliquée pour
sol et le type de pieu.
les pieux en acier battus ; elle est de 50 % pour
des pieux en béton à chemise perdue (donc Vis-à-vis des règlements précédents, les abaques
forés) ; A et B sont identiques à ceux du F O N D 72 et les
abattements sur A (Abis) sont par contre accrus ;
2j en sols pulvérulents, le tableau ci-dessous
l'abaque C est le m ê m e que dans la notice D 60.
réglemente le choix des valeurs de x (symbole n
Par contre, les augmentations de q prévues s
utilisé alors).
autrefois au-dessus de la pointe sont abandon-
Fût en béton Fût en acier nées, car elles ne paraissent pas confirmées : de
m ê m e , le principe d'une baisse de q avec le dia-
s

Pieu sans 50 % des valeurs mètre des pieux, comme des considérations théo-
déplacement courbe A de A riques le montrent, n'est pas maintenu, car non
(foré)
probant.
Pieu avec
déplacement courbe B courbe A q (MPa)
s

(battu)

Dans la catégorie des pieux dits « à déplace-


ment », on trouve les pieux battus façonnés à
l'avance, sauf les pieux H (dénomination de
l'époque, appelés H P aujourd'hui) et les pieux
exécutés en place à tube battu fermé. Les pieux
sans déplacement sont ceux façonnés à l'avance
en H (ou I), les pieux exécutés en place sans tube
de travail (foré simple, sous l'eau, à la bouc) et
les pieux exécutés en place avec tubage récupéré
et extraction du sol.

Les cas intermédiaires et les pieux spéciaux sont


laissés à l'appréciation de l'ingénieur quant au
A : sables argileux à vasards - limons - argiles
choix de T . n
B : sables + graves moyens à très compactes
C : craies molles à fragmentées
Dans le cas des sols rocheux, i l est considéré,
D : argile raide
dès que p, > 1,5 M P a , que l'on peut, dans le cas
des pieux exécutés par destruction du sol Fig. 3 - Frottement latéral unitaire limite (DTU 13.2 - 1992 [3]).

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TABLEAU I
Courbe de frottement latéral à considérer (DTU 13.2 - 1992 [3])

Pression Mise en œuvre et nature du pieu Injectés


limite
Nature du sol
Pi Foré Foré-Tubé Foré-Tubé Battu Battu Faible Haute
(MPa) Béton Béton Métal Béton Métal pression pression

Argile molle, limon et sable lâche, 0 à 0,7 Abis Abis Abis Abis Abis A -
craie molle

Argile moyennement consistante 1,2 à 2,0 (A)* (A)* Abis (A)* Abis A D**
et limon Abis Abis Abis
Argile raide à très raide > 2,0 (A)* (A)* Abis (A)* A A D
Abis Abis Abis Abis

Sable et grave moyennement 1 à 2 (B)* (A)* Abis (B)* A B > D


compacts A Abis A

Sable et grave compacts à très > 2,5 (C)* (B)* A (C)* B C > D
compacts B A B

Craie altérée à fragmentée > 1 (C)* (B)* A (C)* B C > D


B A B

Marne et marno-calcaire 1,5 à 4 (E)* (C)* B E*** E F


C B

Marne très compacte > 4,5 E - - - - F > F

Roche altérée 2,5 à 4 F F - F*" F*** > F > F

Roche fragmentée > 4,5 F - - - - > F > F

* Les valeurs entre parenthèses ( ) correspondent, pour les pieux forés, à une exécution soignée du pieu et une technologie de
mise en œuvre susceptible de remanier au minimum le sol au contact du fût. Pour les pieux battus, par contre, à un resserre-
ment du sol sur le pieu après battage.
** Préconisé pour des sols dont p, > 1,5 MPa.
*** Seulement pour les cas où le battage est possible.

q (MPa)
s
Frottement latéral unitaire limite q (MPa) s

0 0,07 ,
0,06 Abaque A bis |
0,05
0,04
0.03
*r. :>-r •
0,02
6

0,01 "fié x
".'nia

7x
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4
P, (MPa)

Fig. 5 - Valeurs mesurées du frottement latéral unitaire


limite q pour des pieux relevant de l'abaque
s Abis
(Bustamante, 1981 [8]).
E : marne + marno-calcaire
F : rocher altéré à fragmenté
q (MPa)
s

0.5 ,
Fig. 4 - Frottement latéral unitaire limite (DTU 13.2- 1992[3]).
Abaque D |
0,4

0,3

Les divers types de pieux et, en particulier, l'uti-


lisation de plus en plus fréquente des pieux 0,2

injectés, permettent de couvrir une très large


plage de q m e s u r é s , mais l'examen de l'en-
s
0,1
semble des points expérimentaux montre, ce qui • C a s pour lesquels le frottement
n' a pas été totalement mobilisé
est normal, la très forte variation autour de 0
chacun des abaques retenus dans les règlements ; 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4
chaque courbe retenue est une courbe moyenne, P, (MPa)

comme le montrent les figures 5 et 6 relatives


Fig. 6 - Valeurs mesurées du frottement latéral unitaire
aux abaques A b i s et D , extraites de la publica- limite q pour des pieux relevant de l'abaque D
s

tion des auteurs [8]. (DTU 13.2).

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T A B L E A U II
Choix des abaques pour ie calcul du frottement latéral unitaire limite q s

(Principaux types de pieux utilisés en Ouvrages d'Art)


(Règles SETRA - L C P C 1985 [9])

Marnes - Rocher altéré


Argiles - limons Sables Graves Craie
marno-calcaires ou fragmenté

Foré simple Q1' 03* Q4 +


06*
Q2 (2) Q3 (3) 06* (2) Q5 (2)

Foré boue or Q1 +
(6) Q2 (6) Q3* Q4* Q6*
Q2 (2) Q2 Q3 Q6* (2) Q5 (2)

Foré tubé Q1 +
Q1 +
(6) Q2 (6) Q3* Q4
(tubage récupéré) Q2 (4) Q2 Q3 Q4* (4)
Foré tubé Q1 Q1 Q2 Q2 Q3 +

(tubage perdu)
Puits (1) Q2 Q4* Q5 Q6*
Q3 (5)
Métal battu Q1* Q2 Q3 Q4 Q4 04* (7)
(tube fermé) 02 (5)
Battu préfabriqué Q2 Q3 Q3 Q4* Q4 +
04» (7)
(fût béton)
Battu moulé Q2 Q2* Q3 Q4 Q4

Battu enrobé Q2 Q3* Q4 Q5* Q4 +

Injecté basse pression Q2* Q3 +


Q3* Q5* Q5 +
Q6*
Injecté haute pression (8) Q5* Q5* Q6* Q6* Q6* 07* (9)
(1) Sans tubage ni virole foncés perdus (parois rugueuses).
(2) Réalésage et rainurage en fin de forage.
(3) Réalésage et rainurage en fin de forage, réservé aux argiles raides (p, > 1,5 MPa).
(4) Forage à sec, tube non louvoyé.
(5) Argiles raides (p, > 1,5 MPa).
(6) Pieux de grande longueur (supérieure à 30 m).
(7) Si battage possible.
(8) Injection sélective et répétitive à faible débit.
(9) Injection sélective et répétitive à faible débit et traitement préalable des massifs fissurés ou fracturés avec obturation des
cavités. Concerne surtout les micropieux pour lesquels il est recommandé généralement de procéder à des, essais de chargement
si le nombre le justifie.

Parallèllement à ces travaux intéressant les fon- q (MPa)


s

dations des bâtiments, ceux relatifs aux ouvrages


de génie civil se concrétisent par la publication,
en 1985, par le S E T R A et le L C P C [9], de nou-
velles règles de justification des fondations sur
pieux ; quoi que publiées bien avant le
D T U 13.2, elles ont bénéficié de résultats plus
nombreux que pour ce dernier.

Dans ces règles 85, résumées dans le tableau II


et la figure 7, la philosophie générale est la
m ê m e et si les divers abaques ( d é n o m m é s Q, à
Q ) ont des allures similaires à ceux du D T U , ils
7

reflètent cependant le souci d'une prudence p,* (MPa)

accrue et donc d'une sécurité dans la prévision


Fig. 7 - Courbes de frottement unitaire limite
du frottement latéral, comme le montre la figure le long du fût du pieu (règles SETRA-LCPC, 1985 [9]).
8. sur laquelle on a superposé la courbe A utili-
une identification plus précise des sols, car une
sable pour le D T U , et la courbe Q pour les :
l e n t e d é r i v e v e r s urfe d e s c r i p t i o n v r a i m e n t . t r o p
règles 85.
s o m m a i r e se f a i s a i t p r o g r e s s i v e m e n t j o u r , q u ' il
L a poursuite des essais, l'apparition de nouvelles f a l l a i t a r r ê t e r . Les diverses courbes donnant q s en
technologies et l'introduction du calcul des pieux f o n c t i o n d e p, r e s t e n t i n c h a n g é e s , l a d i v e r s i t é d e s
aux états limites, amènent huit années plus tard, possibilités de leur c h o i x a u g m e n t a n t avec une
en 1993, à la publication du fascicule 62 - titre V meilleure définition d e s t y p e s et c a t é g o r i e s de
du C G T G [2] ; ce dernier comporte en particulier s o l , rappelées d a n s le t a b l e a u III.

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T A B L E A U III
Choix d e s abaques pour la détermination de q s

(Fascicule 62 - titre V - 1993 [2])

Argiles - limons Sables - graves Craies Marnes Roches

A B C A B C A B c A B

Pi (MPa) < 0,7 1,2-2 > 2,5 < 0,5 1,0 - 2,0 > 0,5 < 0,7 1,0-2,5 > 3,0 1,5 - 4,0 > 4,5 > 2,5

Foré simple Q, Q„Q 2 Q, Q2 3 Q, Q, Q


4 5 Q 3 Qa
(1) (1) (1) (1)

Foré boue Oí Q „ Q (1) 2 Q, Q , Q,


2 Q, Q
3 2 Q, Q 3 Q 3 Qe
(2) (2) (1) (1)

Foré tubé (tube récupéré) Qi Q „ Q (3) 2 Q, Q , Q,


2 Q, Q
3 2 Q, Q 2 Q , o4
3 Q 3 Q 4

(1) (2) (3)

Foré tubé (tube perdu) Q, Q 2 (4) Q 2 Q 3

Puits (5) Q, 0 2 Q 2 Q, Q 2 Q 3 G-4 Q 5

Métal battu fermé Q, Q 2 Q 2 Q 3


(4) Q 3 QA Q 4

Battu préfabriqué béton Qi Q 2 Q 3


(4) Q 3 a.
Battu moulé Q, Q 2 Q 2 Q, Q 2 Q 3 Q 3

Battu enrobé Q, Q 2 Os (4) Q 3

Injecté basse pression Q, Q 2 Q 3


Q 2 Q 3 Q 5

Injecté haute pression (6) Q 5 Os Q 7 (7)

(1) Réalésage et rainure en fin de forage.


(2) Pieux de grande longueur (supérieure à 30 m).
(3) Forage à sec, tube non louvoyé.
(4) Dans le cas des craies, le frottement latéral peut être très faible pour certains types de pieux. Il convient d'effectuer une étude
spécifique dans chaque cas.
(5) Sans tubage, ni virole, foncés perdus (parois rugueuses).
(6) Injection sélective et répétitive à faible débit.
(7) Injection sélective et répétitive à faible débit et traitement préalable des massifs fissurés ou fracturés avec obturation des cavités

Frottement latéral unitaire limite q (MPa)


s persion des points expérimentaux qui a été évo-
0,12 . quée. On assiste même à un retour en arrière
dans les recommandations, tel celui, volontaire
et relatif au frottement des craies ; en 1985, les
règles permettaient pour les pieux battus préfa-
briqués métalliques ou en béton des intensités de
frottement élevées dans ce sol ; les constatations
faites dans certaines configurations ont prudem-
ment amené à ne pas reconduire les valeurs
conseillées et à orienter le géotechnicien vers
une étude spécifique qui ne peut être que la réali-
sation d'un essai représentatif de chargement sta-
tique du pieu. Il n'y a guère, pour l'instant,
d'autre alternative si l'on ne veut pas risquer de
pénaliser fortement le dimensionnement en
P, (MPa) adoptant un frottement sinon nul du moins extrê-
mement faible.
Fig. 8 - Comparaison des courbes A (DTU 13.2)
et Q (fascicule 62 - titre V).
L'usage intensif des pieux forés à la tarière creuse
2

et en particulier ceux dénommés type III, qui


caractérise une catégorie particulière, technologi-
On ne peut cependant pas prévoir avec certitude
les valeurs unitaires de frottement. Ce dernier est quement la plus poussée, a conduit le S E T R A à
également lié à des facteurs d'exécution qui ne publier une note technique [10] complétant le fas-
peuvent a priori être codifiés ; par exemple, le cicule 62 ; elle traduit en quelque sorte un
savoir-faire du foreur contribue à l'extrême dis- comportement de pieu à la mise en œuvre de type

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intermédiaire entre les techniques refoulantes et ment efficace, avec des valeurs de q qui sont en s

non refoulantes. Le tableau I V ci-dessous, à utili- conséquence élevées.


ser, traduit ces constatations. L ' a n 2000 devrait voir disparaître les deux règle-
T A B L E A U IV ments actuels codifiant le dimensionnement des
Choix du frottement latéral pour les pieux pieux dans les domaines du génie civil et du
STARSOL bâtiment. Une norme unique vient d'être mise en
(SETRA 1995 [10])
chantier ; elle va intégrer les nouvelles données
Nature des terrains p, (MPa) Courbe Q
expérimentales obtenues sur chantier et devra
faire disparaître les disparités et les anomalies
A < 0,7 Q, existantes.
Par exemple, dans la mesure du possible, les dis-
Argiles - limons B 1,2-2 Q 2

continuités introduites pour le choix des courbes


C > 2,5 Q 2 Q seront aménagées ; à titre d'exemple, pour un
pieu foré sous boue dans des sables et graviers,
A < 0,5 C'a la valeur actuelle de q est donnée :
s

Sables - graves B 1,0 - 2,0 Q 3 >- pour la catégorie A (p, < 0,5 M P a ) par Q , ,
C > 2,5 >- pour la catégorie B (1,8 < p, < 2 M P a ) par Q , 2
G-3
>- pour la catégorie C (p, > 2,5 M P a ) par Q . 3
A < 0,7 Q 2

Pour des valeurs de p, intermédiaires entre les


Craies B 1,0 - 2,5 Q 3
seuils, i l est donc conseillé d'extrapoler ; on peut
C > 3,0 ainsi construire une courbe unique pour une
technique utilisée et la nature de sol données. L a
Marnes, marno-calcaires > 1,5 US figure 9 présente un tel résultat avec un lissage
Roches altérées > 2,5 Ge qui apparaît légitime et souhaitable.

q s (MPa)
De m ê m e , l'apparition, puis le fort développe-
ment, dans le Nord de la France, à partir des
années 90, des pieux vissés, importés des pays
d'Europe du Nord, conduisent, du fait de leur
technologie particulière et suite aux essais effec-
tués par M . Bustamante [11] et [12], à proposer
dès 1994 le tableau V , accompagné des prescrip-
tions sur le diamètre nominal à choisir, compte-
tenu de la géométrie particulière de l'outil de
0 0,5 1 2 2,5 3 p, (MPa)
forage.
i, A i B ! ' C
Classe du sol
TABLEAU V
Choix du frottement latéral A utiliser
Fig. 9 - Construction d'une courbe q - p, s
pour les pieux vissés lorsque
pour un pieu foré sous boue dans des sables ou graves
(M. Bustamante, 1994 [11]) (fascicule 62 - titre V).

Type de pieu vissé Pi Le principe d'une telle courbe unique est d'ail-
Nature des sols
Moulé Tubé (MPa)
leurs déjà acquis pour les pieux vissés dans ces
Limon argileux < 0,3 m ê m e s sols, puisqu'il est r e c o m m a n d é , quelle
Q,
ou argile sableuse > 0,5 que soit la valeur de p,, d'utiliser le seul abaque
pop

Q 2
> 1
Q 2 Q (tableau V ) .
3

Sable ou graves Q, Q, < 0,3


Q, > 0,5 Quelques commentaires
Q > 1,2 Comme cela a été signalé lors du m ê m e travail
G-5 2

sur l'effort de pointe (pour lequel la recherche


Craie Q Q-2 > 0,5
4

Q > 1,2 expérimentale a été simultanée), l'accumulation


Q 5
2

des données n'a fait que conduire à un nuage de


Marnes 0, Q 2 < 1,2 points que l'on s'est efforcé de regrouper logi-
Q > 1,5
Q 5
2
quement pour aboutir au jeu actuel d'abaques.
Ces derniers sont matérialisés pour le génie civil
Ce type de fondation permet par exemple, dans par sept courbes de référence Q , à Q en vigueur 7

les sols cohérents, de réaliser un fût en forme de depuis les règles S E T R A - L C P C de 1985 : pour le
vis, comme constaté après déterrement du pieu. bâtiment, les sept courbes plus ou moins diffé-
Ceci favorise un cisaillement sol-sol extrême- rentes des courbes Q sont intitulées Abis à F.

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUIIIN 1999 - RÉF 4255 - PP. 37-54 43
Pour toute nouvelle technique de fondations pro- détruite lors de la mise en place du pieu, cette
fondes, les valeurs de q sont calées sur certaines
s
modification s'accompagne inévitablement d'une
de ces courbes, sachant que le but final du baisse importante du module ; on suppose i c i
dimensionnement est l'obtention d'une valeur de que, dans l'anneau de sol, le module est divisé
la charge limite Q du pieu qui soit raisonnable-
L
par 3, ce qui nous paraît réaliste. L e calcul de la
ment sécuritaire. O n a évoqué ci-avant cette pré- nouvelle pression limite sur un tel matériau
occupation de sécurité pour les règles 85 puisque remanié montre une baisse substantielle de la
les courbes donnant la valeur moyenne q , propo- valeur initiale, divisée par 2,5, l'amenant à
s

sées par M . Bustamante [8] et conservées telles 0,66 M P a .


quelles dans le D T U , ont été quelque peu modi- Dans de telles conditions, avec le fascicule 62 -
fiées dans ce sens en 1985. titre V , les valeurs de q correspondant aux
5

valeurs de p, sont de 80 et 30 kPa pour un pieu


Il est évident qu'une grande partie de l'espace
foré, de 80 à 40 kPa pour un pieu métallique
(q , p,) peut être occupé dans le cas de pieux
s
battu et de 100 à 50 kPa pour un pieu préfa-
réels, ce qui traduit, soit une excellente tech-
briqué en béton. S i on utilise le D T U 13-2, pour
nique soit au contraire un contact sol-pieu catas-
les m ê m e s types de pieux, on passera de 80
trophique. Toute la difficulté dans la prévision
(voire 120) à 27 kPa. Les baisses de frottement
du frottement, quelle que soit la méthode utili-
sée, pressiométrique ou autre, réside dans la sont donc effectivement très importantes.
multiplicité des facteurs plus ou moins favora- Dans ce cas, i l reste cependant à s'assurer de la
bles affectant le m é c a n i s m e du frottement. Ils nature précise du matériau et de sa fragilité au
ont été progressivement introduits dans les règle- choc. L ' i m a g e d'une biscotte, fragile et facile-
ments et concernent le réalésage, le rainurage, le ment réduite en fines miettes, permet d'illustrer
lançage, le vissage, l'injection sélective, répéti- ce qu'est un tel sol.
tive, le tubage louvoyé ou non. etc.
M ê m e si le p h é n o m è n e diffère du précédent, les
Certaines opérations en cours de forage, diffi- constats sont analogues dans le cas des craies
ciles à gérer, peuvent fortement influencer le altérées de faible résistance qui forment une pâte
résultat ; c'est le cas, par exemple, du pieu foré, autour du pieu ; celle-ci peut d'ailleurs retrouver
tubé à l'avancement ; suivant que l'excavation dans le temps une meilleure consistance, favo-
du sol précède ou non la tête de tubage, le rable à la capacité portante, comme on le
résultat final en frottement peut différer très sen- constate pour certains pieux battus préfabriqués
siblement, de m ê m e d'ailleurs qu'en pointe. en béton et beaucoup moins nettement pour ceux
de m ê m e type, en acier.
Si l ' o n s'attarde sur la composante sol du frotte-
ment sol-pieu, ce sont les caractéristiques de la On peut aussi constater un faible frottement dans
pellicule de sol qui interviennent de manière des horizons sableux ou graveleux pour des élé-
importante dans le p h é n o m è n e . Ceci explique ments battus, du seul fait de la formation d'une
que, pour certains sols, les capacités portantes pellicule collante recouvrant le fût du pieu lors
peuvent être catastrophiques, la nature métalli- de la traversée préalable d'un horizon argileux
que, mais également la surface très lisse d'un sus-jacent ; cette pellicule peut en effet être
pieu à béton précontraint pouvant constituer des entraînée avec le pieu et perturber le contact
éléments aggravants. C'est le cas, connu depuis sol-pieu ; ce p h é n o m è n e n'est pas facilement
longtemps, des sols à structures légèrement prévisible, car i l dépend également de la compa-
cité de l'horizon sableux.
cimentées (généralement carbonatées) du fait de
lents p h é n o m è n e s physico-chimiques, et qui pos-
sèdent de bonnes caractéristiques pressiométri-
ques laissant présager des valeurs appréciables Le cas des pieux métalliques
de q . L e battage, voire le forage, conduisent à
s préfabriqués ouverts
casser cette structure fragile, autour du pieu,
entraînant une chute spectaculaire du frottement Ces pieux sont très particuliers par la géométrie
disponible ; la présence d'eau favorise ces effets. de leur section transversale qui complique leur
Il est aisé de simuler une telle chute du frotte- mode de fonctionnement sous charge.
ment par un exemple de calcul ; on choisit à cet Si pour des tubes métalliques fermés, on peut
effet un sable fin cimenté, possédant une cohé- assez intuitivement considérer i n d é p e n d a m m e n t
sion de 50 kPa, pour un angle de frottement de les comportements en pointe et le long du fût,
33 degrés et un module de déformation élastique par contre, la compréhension du fonctionnement
assez élevé de 150 M P a à 10 m de profondeur ; d'un tube ouvert, d'une palplanche battue, et a
l'ensemble est noyé, avec un poids volumique fortiori d'un pieu H P nécessite un examen plus
3
déjaugé de 9 k N / m . Le calcul de la pression approfondi de l'interaction mutuelle entre les
limite [13] conduit à 1,6 M P a . S i la cohésion est deux composantes de la capacité portante.

44 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUIN 1999 - RÉF. 4255 - PP. 37-54
Les règlements actuels, en supposant m ê m e devient l'équivalent d'un pieu totalement obturé
qu'ils puissent rendre compte globalement et dans la situation de sollicitation statique. Cette
numériquement de la capacité portante, ne sont détermination de la fiche critique est cependant
pas physiquement satisfaisants. actuellement quasi impossible, puisqu'elle
repose sur la connaissance du taux intérieur q sj
En examinant le cas d'un pieu tubulaire ouvert,
du frottement, qui peut considérablement
battu ou vibrofoncé dans un massif de sable
dépasser le taux q extérieur.
s c x
réputé h o m o g è n e , on constate souvent, pendant
le battage, que le sol intérieur au tube ne suit pas Cette m ê m e fiche critique ne doit pas être
ce dernier ; ainsi, lors du vibrofonçage des pieux confondue avec ce que l'on appelle couramment
métalliques de diamètre 900 mm, support de la profondeur critique, en relation avec le seul
l'estacade provisoire nécessaire à la construction effort de pointe, au-delà de laquelle cet effort de
de la pile en Seine du Pont de Normandie, ce pointe est considéré comme constant (la valeur
p h é n o m è n e a été systématique ; seuls les sols en a été fixée arbitrairement à 5 diamètres ((])) du
plus lâches de surface se sont densifiés sous pieu dans le fascicule 62).
vibration au début des opérations. Le pieu tra-
On peut n é a n m o i n s retenir que :
verse donc le massif à l'emporte-pièce, les
efforts à vaincre étant essentiellement les frotte- >- la fiche critique caractérisée par L/c^ aug-
ments intérieurs et extérieurs (plus les efforts mente avec la compacité du terrain (ou densité
résistants développés par la surface de la section relative) ;
droite d'acier de la pointe). Sous effort statique,
^ le taux intérieur q dépasse d'autant plus q
sj s c x t
par contre, le comportement peut être tout à fait
que, pour une épaisseur e du tube, le diamètre <^> i
différent et la formation d'un bouchon intérieur
est plus faible et la densité relative augmente.
totalement solidaire du tube peut intervenir
Au-delà d'une certaine hauteur de colonne de sol
au-delà d'une certaine fiche, liée à la compacité
à l'intérieur du tube, la dilatance empêchée pro-
du terrain.
voque des contraintes radiales intérieures très
L ' é t u d e du dimensionnement d'un tel pieu élevées dans les parties basses du tube, et donc
ouvert, qui a fait l'objet de nombreuses publica- un frottement intérieur intense, à ces niveaux.
tions internationales nécessite donc une réflexion
particulière. L a charge limite statique du pieu est Enfin, la forme d'attaque de la base du tube joue
équilibrée par le frottement extérieur, l'effort également un rôle, car elle caractérise un dépla-
développé sous la section droite d'acier, et le cement, vers l'intérieur, ou vers l'extérieur du
tube, du sol refoulé par la section droite d'acier ;
frottement intérieur, qui peut différer de celui
les conséquences sur le comportement en sont
mobilisé à l'extérieur. Ce frottement intérieur
différentes.
transmis à la colonne de sol qui le canalise est
lui-même équilibré à la base du pieu par la réac- Les deux exemples de la figure 10 ont été pré-
tion du sol, qui ne peut excéder l'équivalent de la sentés par F. Brucy [14J ; le premier concerne le
charge limite d'une telle base supposée obturée. chargement de deux pieux métalliques, l'un
Au-delà d'une certaine fiche critique pour ouvert et l'autre fermé, battus dans un sable de
laquelle cette condition est remplie, le pieu densité moyenne ; la courbe de chargement est

Charge (kN) Charge (kN)


200 400 600 0 300 600 900 1200

Fig. 10 - Influence du « bouchon » sur capacité portante (Brucy, 1991 [14]).

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUIN 1999 - RÉF. 4255 - PP 37-54 45
pratiquement la m ê m e pour ces deux éléments, ® le p h é n o m è n e d'emporte-pièce au battage (ou
avec un important rapport L / 0 de 33 ; le pieu au vibro-fonçage) n'a pas le m ê m e effet qu'un
ouvert mobilise donc un effort de pointe iden- battage avec déplacement, tout particulièrement
tique au pieu fermé. dans les sables ou graves de faible ou moyenne
compacité, et que,
Le second exemple concerne un pieu unique
battu ouvert dans un sable dense, puis chargé, @ pour des pieux à élancement faible, le frotte-
ensuite curé en laissant subsister à la base une ment intérieur reste lui-même modéré et n'est
hauteur de sable d'environ 4 à 5 diamètres, puis équilibré en pointe que par une fraction de l'ef-
rechargé. Cette opération n'a aucune répercus- fort de pointe limite.
sion sur la courbe « charge - enfoncement »,
Manifestement, si les pieux sont très courts, le
témoignant de très forts frottements intérieurs au
calcul de la charge portante peut s'avérer opti-
niveau du bouchon résiduel, ce qui permet de
miste, m ê m e avec un coefficient p de 0,5.
considérer le pieu comme un élément battu p

obturé. O n remarquera cependant que l'élance- A titre d'exemple, une application numérique
ment LAt> = 34 est là aussi élevé. peut éclairer ces propos. O n considère un massif
De m ê m e , dans le cadre du projet européen de sable très lâche noyé ((p' = 32 degrés) caracté-
E U R I P I D E S , sur les essais de chargement de risé par un profil quasi linéaire de la pression
pieux battus en vraie grandeur dans les sables limite donnée par p, (z) = 40 z. O n y bat un tube
denses, et qui fait suite au projet T U B A , relatif ouvert de diamètre df = 0,50 m et d'une longueur
au battage dans ces formations, ce type de com- L = 7 m.
portement a pu être également vérifié, comme
L'application stricte du fascicule 62 - titre V ,
cela a été présenté par 1 T R E X [15J.
applicable à un tel pieu, conduit à une charge en
Par contre, une expérimentation a été m e n é e par pointe Q = 115 k N ; le frottement extérieur
p u

T. Matsumoto et al. [16] sur plusieurs gros tubes, donné par la courbe Q , s'avère extrêmement fai-
fichés de 11 m dans des argiles alluviales sans ble, puisque celle-ci interdit tout frottement tant
consistance, puis de 26 m dans des alternances que p, < 200 kPa, soit i c i sur 5 m de pieu. L e
sablo-argileuses. Les diamètres extérieur et inté- terme Q n'atteint en effet que 14 k N , valeur
s u

rieur sont de 1 500 et 1 456 mm, soit un indice de sans aucun doute pessimiste ; si on la transpose
D L - Df telle quelle au frottement intérieur, l'effort de
surface C, = = 0,06 et l'élancement pointe ne saurait excéder cette valeur de 14 k N ;
2
D
Cette m ê m e application m e n é e à partir du
L 26
dans l'horizon résistant atteint — = y-^ = 17. D T U 13.2, moins pénalisant pour les pressions
limites faibles pour ce qui concerne le seul frot-
L'ensemble des analyses a montré dans ce cas, tement, mène à une charge Q (abaque Abis), de
s u

sous chargement statique j u s q u ' à la charge 82 k N , certainement plus réaliste que la précé-
limite, une distribution identique des contraintes dente, mais qui amènerait à limiter la charge
de cisaillement interne et externe au tube, crois- limite de la pointe à cette m ê m e valeur.
santes avec la profondeur pour les horizons
sableux et au contraire invariables pour ceux Pour des pieux extrêmement longs dans les
franchement argileux ; la nature des sols et l ' i m - sables, il conviendrait dans une optique de
portance du diamètre n'ont pas conduit à dimensionnement plus réaliste de prendre en
constater l'existence de frottement intérieur compte les spécificités suivantes :
intense à la base du tube.
>- au niveau de la pointe, s'affranchir du coeffi-
L e fascicule 62 - titre V , recommande, pour ces cient réducteur p = 0,5 à appliquer à k ; au
p p

pieux battus ouverts, de calculer la charge limite niveau du frottement, considérer et c'est sans
en pointe Q et le frottement latéral limite exté-
p u doute d'ailleurs sécuritaire, qu'un frottement
rieur Q selon les expressions :
s u intérieur Q égal au frottement extérieur Q ,
! i i s c x

calculé suivant les errements habituels ; Q est s i

Qpu = Pp
A
q„ e t
Qsu = Ps p
q (z) dz
s
ensuite comparé à la charge limite en pointe Q . p u

On pourra objecter que cette d é m a r c h e n'est


valable que si l ' o n est assuré que la colonne de
où A désigne l'aire de la pointe supposée fermée
sol remonte dans le tube. S i ce n'est pas le cas et
et P le périmètre du pieu ; p et p sont des coef-
p s
qu'une véritable pointe fermée se forme à la
ficients réducteurs valant respectivement pour
mise en œuvre, elle peut cependant s'appliquer
les sables et argiles 0,5 et f, q = k p est la u p t
du fait de la limitation de Q . s i
contrainte de rupture en pointe, le pieu étant
assimilé à un pieu avec déplacement. O n peut L'exemple également numérique qui suit, expli-
considérer que la valeur p = 0,5 est justifiée par
p cite cette démarche. U n massif de sable dense
le fait que : noyé possède les caractéristiques suivantes

46 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUIN 1999 - RÉF. 4255 - PP. 37-54
3
cp = 42 degrés, y' = 11 k N / m et son module de premier sol reste alors accroché au tube et forme
déformation élastique croît avec la profondeur z, un bouchon solidaire qui descend avec le pieu ;
suivant E(z) = 50 (1 + 0,1 z) en M P a ; la pres- ce dernier se comporte alors comme un pieu
sion limite calculée est alors donnée par : véritablement refoulant, jusqu'au toit du dernier
.0.464 et troisième horizon où le p h é n o m è n e de l'em-
p, (z) = 495 z 0,1 + [13]. porte-pièce réapparaît.

Si l'on y bat un pieu métallique ouvert, de dia- Pour de telles configurations, on sera donc v i g i -
mètre (f) = 0,60 m et longueur L = 30 m, on lant au niveau du dimensionnement statique et
obtient, avec le fascicule 62 - titre V : un examen réel du comportement au battage
devra être entrepris. Comme nous avons pu le
en pointe, p, (30 m) = 5 800 kPa avec k = 3,2 p
constater sur un chantier de battage de pieux H P ,
q , = 0,5 k p, = 9 280 k N , soit Q
p p pu = 2 600 k N , si un tel p h é n o m è n e peut être qualitativement
prévisible, il est extrêmement difficile d'en pré-
, - le frottement extérieur atteint Q s u = 5 000 k N ,
voir l'importance. Ce chantier concerne le
d'où Q = 7 600 k N .
u
viaduc de M i r v i l l e (Seine-Maritime) sur l'auto-
On constate donc que le frottement intérieur route A 2 9 . Le contexte géotechnique, extrême-
potentiel, supposé identique à Q , est limité par s u
ment difficile, et la technique de fondations sur
l'effort de pointe, affecté du coefficient réduc- pieux H P ont été décrits dans la revue Travaux
teur 0,5. [18].

Si l ' o n applique pour k l'expression proposée


p

par O. Combarieu [1], et qui correspond à


La prévision du frottement latéral
une pointe n'ayant pas modifié les caractéris-
ai par les caractéristiques de résistance
tiques du sol alors, k = 1,25
p 3,25, au cisaillement
soit q , = 18 850 kPa (valeur pratiquement On oppose volontiers les deux approches du frot-
identique ici au coefficient k = 3,2 du fasci- p
tement latéral qui peuvent être faites à partir du
cule 62) et Q = 5 280 k N , valeur qui sera pressiomètre ou des caractéristiques de résis-
p u
tance au cisaillement. L a première s'est imposée
donc limitée à 5 000 k N ; ce mode de calcul
en France ; la seconde y était autrefois seule uti-
a m è n e donc à choisir pour Q la valeur de u
lisée et elle est tout à fait courante dans de très
l O O O O k N [2 x 5 000], supérieure de près du nombreux pays, où les méthodes pressiométri-
tiers à celle proposée par le fascicule 62. ques n'ont pas ou peu vu le jour.
Cependant, pour compliquer encore le problème, Un examen détaillé permet cependant de montrer
il faut signaler, pour les pieux métalliques, l ' i m - que ces deux approches, si elles diffèrent, ne
portance de la rugosité de la surface du métal sont cependant pas incompatibles et se heurtent
vis-à-vis du frottement mobilisable. Les expé-
aux m ê m e s difficultés de prévision, liées à la
riences m e n é e s au Japon par T. Kishida et al.
diversité des techniques.
[17] sont édifiantes à ce sujet, et montrent pour
un m ê m e sable à des densités relatives très diffé- En France, les méthodes basées sur les essais de
rentes les m ê m e s variations de frottement dans laboratoire ne figurent plus dans le fascicule 62 -
un rapport de près de 4, suivant la rugosité. titre V ; leur usage a largement disparu en 1985
Aussi, pour ce type de pieu, cette donnée nous avec les règles S H T R A - L C P C , qui ne l'abolissaient
paraît constituer un élément intéressant à préci- cependant pas explicitement, car elles n'avaient
ser, et en tout cas indispensable à connaître trait q u ' à la seule utilisation du pressiomètre. Le
lorsque l'on procède à un essai de chargement, F O N D 72, plus ancien, dans son chapitre 5.2,
en m ê m e temps que la granulométric du sable. leur accordait un crédit identique à celles utili-
sant les essais en place. Par contre, le D T U 13.2
Pour terminer ces quelques réflexions sur le les a conservées, mais sous une forme que l'on
comportement des pieux ouverts, on signalera le peut qualifier de sommaire, en ce qui concerne
comportement particulier possible au battage à les sols purement cohérents, ou dénaturée pour
travers successivement un premier sol compact, ce qui est des sols pulvérulents, car i l renvoie
puis un deuxième sol très lâche, et enfin l'an- aux règles issues de la méthode pénétrométrique.
crage dans un troisième horizon résistant. Le
premier sol est traversé à l'emporte-pièce ; La plupart des pays ont conserve cette approche
lorsque le pieu arrive au toit du deuxième, la très par les caractéristiques de cisaillement et, par
faible résistance de celui-ci peut conduire à ce une d é m a r c h e expérimentale identique à celle de
que le frottement intérieur dynamique mobilisé la France, ont amélioré les m é t h o d e s de prévi-
sur la hauteur du premier sol, m ê m e s ' i l est fai- sion. Les essais de chargement effectués par la
ble, soit supérieur à l'effort en pointe ; le c o m m u n a u t é internationale sont en effet très

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JU IN 1999 - REF 4255 - PP 37-54 47
nombreux et les problèmes posés par la multipli- Pour les sols purement cohérents, ce principe
cité des types de fondations profondes et de leur d'application d'un coefficient oc, fonction de c u

mise en œuvre ont conduit à une très logique et varie suivant les auteurs comme le montre la figure
forte dispersion des données recueillies. 12 pour les pieux battus, tirée de Seidel et al. [20].

Les sols cohérents 1


À titre d'exemple, les deux figures l i a et 11b \\\\ Woodward
ci-dessous, relatives aux pieux forés et battus, 0,8
issues de Y . Robert [19] illustrent la dispersion Kulhawy
autour d'une courbe moyenne proposée au 0,6
Canada, et donnant le coefficient a à appliquer à
la résistance au cisaillement non drainée c , pour u 0,4
le calcul de l ' a d h é s i o n le long du pieu. Les deux Tomlinson
(fond 72, pieux béton)
courbes données ne distinguent pas, pour la caté- 0,2
Y. Robert [17]
gorie de pieu concernée, les types ou modes (Codato)
d'exécution qui, sans aucun doute, conduiraient 0
à proposer plusieurs courbes différentes et de 0 25 50 75 100 125 150 175 200
m ê m e allure. c (kPa)
u

Fig. 12 - Coefficient d'adhésion a


pour des pieux battus dans l'argile
(Seidel et al., 1995 [20]).

On rappelle, à cette occasion, l'expression de la


courbe de Caquot - Kérisel, donnée en 1965, qui
100 + ci
est représentée, avec oc = on a ega-
100 + 1 c 2
u

lement reporté sur cette figure la courbe relative


aux pieux battus, représentée sur la figure 11b
précédente, qui s'inscrit parfaitement dans le
fuseau.
L a courbe donnée par Tomlinson est d'ailleurs
celle préconisée dans le F O N D 72 pour les pieux
50 100 150 200 250 300 350 bétons.
c (kPa)
u

On peut aisément se livrer à une comparaison


Fig. 11a- Résistance au cisaillement non drainée avec les prévisions données par la méthode pres-
(Y. Robert, 1997 [19]). siométrique pour les pieux battus et les sols
purement cohérents.
On considérera, avec le fascicule 62 - titre V ,
que sont concernés les argiles, limons et craie de
classe A (p, < 0,7 M P a ) puis les argiles et limons
de classe B (1,2 < p[ < 2 M P a ) pour lesquels
s'applique la courbe Q , .

On peut opérer de m ê m e pour le D T U 13.2, avec


les deux courbes A et A b i s concernées.
En posant q = a c et en assimilant la cohésion
s u

c des sols en cause à p/5,5, on peut tracer les


u

trois courbes représentées sur la figure 13a . Les


courbes transformées A et A b i s du D T U sont
200 250 parfaitement acceptables vis-à-vis de la disper-
c (kPa)
u
sion présentée sur la figure 11b, laquelle com-
porte des valeurs a particulièrement basses ou
Fig. 11b - Résistance au cisaillement non drainée élevées, correspondant probablement à des pieux
(Y. Robert, 1997 [19]).
à fût métallique ou au contraire à fût en béton
moulé, par exemple. E n ce qui concerne la

48 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUIN 1999 - RÉF. 4 2 5 5 - PP. 3 7 - 5 4
courbe Qj déduite du fascicule 62, les taux a CD courbe A . pour ce m ê m e type de pieux, mais
s'avèrent très faibles pour les faibles valeurs de avec une exécution soignée, et pour les pieux
cohésion équivalente ; cette particularité s'ex- injectés à faible pression ;
plique par les valeurs q nulles du fascicule 62, (3) enfin, la courbe D , qui correspond à une
s
injection à haute pression ; de ce fait la techno-
volontairement fixées à 0 dès que la pression
logie diffère fortement du pieu foré.
limite p, est inférieure à 200 kPa ; dans ces
conditions, la valeur de oc trouvée est évidem- On pourrait de m ê m e construire, sur la figure 13b,
ment pessimiste. le réseau des courbes relatives au fascicule 62 ; on
constaterait é v i d e m m e n t la m ê m e particularité
S i l ' o n se livre au m ê m e exercice avec les pieux déjà signalée pour les pieux battus, qui se traduit
forés et des sols purement cohérents, la figure 13b par une prévision pessimiste du frottement pour
comporte, à partir du D T U 13.2, trois courbes a : les très faibles valeurs de la pression limite ; de ce
® courbe A b i s pour les pieux forés ou forés point de vue, le D T U 13.2 est plus réaliste.
tubes sans disposition technologique particulière, On peut étendre cette comparaison, limitée jus-
vis-à-vis du frottement recherché ; q u ' i c i à des sols purement cohérents, aux catégo-
ries de matériaux que sont les marnes, marno-
calcaires et roches altérées et fragmentées, défi-
nies dans le fascicule 62 - titre V , et ceci pour
des pieux de types forés à contact amélioré ou
a injectés, qui sont ceux les plus couramment exé-
cutés dans ces formations.
1,6
Pieux battus
Cette comparaison est facilitée par les résultats
1,4
obtenus en particulier par Kulhawy et Phoon en
1,2 1993 [21] et qui expriment le facteur d ' a d h é s i o n

1 a (avec q = oc —) par :
s

0,8
r 0 . 5

0,6 oc X où q est la résistance en com-


u
2
Pa
0,4 pression simple, p., est la pression atmosphérique
( ~ 100 kPa) et X un coefficient lié à la nature du
0,2 Fase. 62.(0,) D T U 13.2 (A b i s
0 matériau et donné ci-après :
0 50 100 150 200 250
• argile : 0,5 ;
c (KPa)
u

• schiste, argilite : 1 ;
Fig. 13a - Facteur d'adhésion oc, tiré des courbes A • schiste : 2 (paroi du pieu très rugueuse) ;
et Abis du DTU 13.2 et Q, du fascicule 62 ; • grès, marne : 3.
comparaison avec Y. Robert (fig. 11b).
On retrouve d'ailleurs, dans le cas de l'argile,
une courbe qui se rapproche parfaitement de la
a courbe moyenne de la figure l i a .
1,2

Pieux forés
Cette expression peut conduire à des valeurs très
élevées de q ; on note cependant, comme habi-
s

tuellement, une très forte dispersion des points


expérimentaux de telle sorte que, pour la marne,
la valeur X varie entre 1 et 4.
A titre d'exemple, on choisit un pieu foré simple,
avec réalésage et rainurage en fin de forage, dans
une marne de classe pressiométrique B ; avec
(p = 30 degrés, c = 300 kPa, on peut adopter
uu u u

lu
0,15
DTU 13.2 ( A b i s ) — = 520 kPa ; ce qui donne avec X = 3. a = 1,31
M
0,0 2
50 100 150 200 250 300 350 et q = 0,68 M P a . C'est une valeur particulière-
s

c (kPa)
u
ment élevée qui baisse à 0,23 M P a si l ' o n choisit
une valeur X = 1, peut-être mieux adaptée.
Fig. 13b - Facteur d'adhésion oc,
tiré des courbes A, Abis et D du DTU 13.2 ; Parallèlement, en théorie pressiométrique, l ' i n -
comparaison avec Y. Robert (fig. 1 la).
troduction de données supplémentaires est néces-
saire pour calculer p, et effectuer la prévision du

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUIIIN 1999 - RÉF. 4255 - PP. 37-54 49
frottement ; on se placera à 15 m de profondeur, contrainte initiale au repos j u s q u ' à la contrainte
3
avec y = 20 k N / m , poids volumique du sol, un développée lors de la mise en œuvre du pieu, qui
module élastique de 150 M P a (avec v = 0,33) et évolue après celle-ci ; enfin, le chargement du
un coefficient de pression des terres au repos pieu avec les m é c a n i s m e s de dilatance-contrac-
K de 0,7 ; la pression limite p calculée [13]
n h
tance à l'interface modifie à nouveau la
d'abord avec c = 0 est donnée par :
u u
contrainte horizontale mobilisable.

Le dossier F O N D 72 proposait pour les pieux


+sin <p) battus les valeurs données par Broms, et rappe-
2,01 M P a
[p?T 21 • s o i t
pr lées ci-dessous :
puis, en introduisant la cohésion c :
K (faible K (densité
î Nature du pieu densité relative
<Pa
1 + sin cp relative) élevée)
1 H C O t g (J? c cotg tp,
Po Pieu acier 20 degrés 0,5 1,0

4,1 M P a . Pieu béton rugueux 3/4 <p 1,0 2,0


soit pjf
L'application du fascicule 62 fournit pour ce Pieu béton lisse 3/4 cp 0,5 1,0

type de pieu q = 0,23 M P a (courbe Q ) , soit le


s 5 Pieu bois conique 2/3 cp 1,5 4,0
tiers de la valeur précédente obtenue avec X = 3,
mais la m ê m e valeur si X = 1 ; q pour un pieu s
Comme l'indique le dossier, ces valeurs ne
injecté haute pression atteindrait 0,27 M P a constituent qu'un ordre de grandeur, q u ' i l est
(courbe Q ) . 6 r e c o m m a n d é de recouper par d'autres méthodes,
tels les essais en place ou des essais de charge-
O n voit que s i , au lieu de la marne, on avait
ment statique.
choisi du grès altéré de m ê m e s caractéristiques,
avec un pieu foré simple, le fascicule 62 donne- Malheureusement, les très nombreux essais de
rait cette m ê m e valeur de 0,27 M P a ( Q ) , alors f t
pieux dont les m é t h o d e s pressiométriques et
qu'on disposerait de 0,45 M P a pour l'injection à pénétrométriques ont bénéficié n'ont pas été
haute pression ( Q ) . 7
exploités dans ce sens. Il est intéressant de rap-
procher ces valeurs pour les pieux battus, de
Malgré les différences constatées par le calcul, et celles données par le code australien, qui, pour
très influencées par le choix des paramètres ( X , les sables, est résumé ci-après :
E , K . . . ) , on peut, semble-t-il, dire que pour cette
0

catégorie de sols ou roches à p r é d o m i n a n c e de Valeur de la K tg <p a K tg ( p ,


cohésion, i l n ' y a pas de disparité flagrante entre densité relative pieux battus pieux forés
les deux approches utilisant respectivement la
résistance au cisaillement ou la pression limite 0,2 à 0,4 0,8 0,3

mesurée au pressiomètre. 0,4 à 0,75 1 0,5

0,75 à 0,9 1,5 0,8

Les sols pulvérulents


Pour sa part, le D T U 13.2, toujours en vigueur,
Les documents officiels français traitant du frot- élude le problème puisqu'il renvoie purement et
tement latéral pour les sols uniquement pulvéru- simplement aux valeurs fournies par les
lents sont le dossier F O N D 72, d'usage mainte- méthodes basées sur les essais in situ.
nant a b a n d o n n é , et le D T U 13.2.
L a formule de base donnant le frottement, en tête
Pour le premier, le frottement latéral unitaire à la de ce paragraphe, est toujours celle utilisée dans
rupture, à la profondeur z, est obtenu par la for- de nombreux pays. O n remarque cependant que
mule de base x — o (z) tg (p , où o (z) est la l'usage d'essais in situ de types divers a beau-
i(z) h a h

coup progressé, compte tenu du nombre des


contrainte horizontale effective normale au fût et
informations qu'ils permettent d'obtenir, et de la
9 l'angle de frottement sol-matériau du pieu.
a
difficulté évidente du prélèvement des sols pul-
0 peut s'écrire a = K a où a est la contrainte
h h v v vérulents.
verticale à ce niveau ; K est un coefficient de
« serrage », de m ê m e nature qu'un coefficient de L a différence, apparente avec la méthode pres-
butée, qui a fait l'objet de nombreux développe- siométrique, porte sur le caractère non linéaire
du terme Q . E n sol h o m o g è n e , on a en effet par
ments théoriques, mais qui ne peuvent tenir s u

intégration, pour un pieu de longueur L :


compte du mode de mise en œ u v r e du pieu. L a
grande difficulté est d'apprécier la valeur de o , h
K 1K
donc de K , sachant que G évolue depuis la h
Qs.u = T y' ^ <Pa \

50 BULLETIN DES LABOHATOIRIIES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUIN 1999 - RÉF. 4255 - PP. 37-54
q augmentant l i n é a i r e m e n t avec z. L e pressio-
s m ê m e démarche avec le fascicule 62 - titre V ,
mètre fournit un frottement Q d'apparence s u utilisant la courbe Q , m è n e à une valeur pratique-
3

linéaire : en réalité, la pression limite p,, aux pro- ment identique.


fondeurs atteintes par les pieux, varie quasi
linéairement avec la profondeur. A i n s i , pour une L'application inverse de l'expression classique
grave « normalement consolidée », caractérisée de base fournit une valeur K tg tp de 0,222 qui
a

par un module élastique E(z) = E (1 + Àz), un est d'ailleurs en très bon accord avec les recom-
0

mandations du dossier F O N D 72, pour un pieu


angle de frottement (p', un angle de dilatance
béton lisse et une faible densité relative
un poids volumique y', on a :
sin tp ( 1 + sn Vj/
0,5 x tg ^ x 32 j .
/ j\ 1 + sin ip

p, = A z I A. + - I (Combarieu, [13]). A l'extrême, pour un pieu identique, battu dans


un sable dense, avec (p = 42 degrés, i | / = 9 de-
L'utilisation des abaques du D T U 13.2 et du 3 1
grés, y' = 11 k N / m , E = 50 M P a et À = 0,1 m" ,
(1
fascicule 62 - titre V . pour les sols pulvéru- 0464
on a p, = 495 z (0,1 + 1 / z ) .
lents, au moins pour des valeurs de p, qui res-
tent raisonnables, montre que q est approxima- s
Entre 0 et 2 m, le sable est un sol A ; de 3 à 8 m,
tivement proportionnel à p, donc à z. Il n'y a
c'est un sol B et de 11 à 15 m, un sol C . Ils relè-
donc pas de contradictions entre les deux
vent cependant tous de la courbe Q . Le frotte- 3
approches de prévision de q ; on pourrait, de s
ment total limite est de 2 350 k N , ce qui corres-
m ê m e que pour le facteur d'adhésion a , déter-
pondrait à un terme K tg ip de 1,18, valeur tout à
a
miner à partir des abaques des valeurs corres-
fait plausible et correspondant avec <p = 3/4 (p à a
pondantes de K tg (p . a
K = 1,92.
Les courbes Q , à Q et A et C relatives aux gra-
4
Si l ' o n poursuivait cet exercice théorique pour
ves, et pour des pieux battus ou forés, présentent
des pieux beaucoup plus longs, les bornes fixées
pour q une limite au-delà d'une valeur palier de
s
à q dans les règlements issus du pressiomètre
s
la pression limite. Les paliers de p, atteignent
conduiraient, pour le résultat exprimé en termes
environ 2,5 à 3 M P a pour Q et Q , par exemple.
3 4
de résistance au cisaillement classique, à baisser
En réalité, on ne sait pas précisément, faute de la valeur de K tg (p.,. De ce point de vue, les com-
données expérimentales, l'intensité atteinte par paraisons divergent, mais i l faut souligner le
le frottement dans des graves ou sables extrême- manque, déjà signalé, de données pour de très
ment denses ; les ouvrages terrestres, qui ont fortes valeurs de la pression limite et la dégrada-
servi de base pour les règles du D T U 13.2 et du tion, constatée pour des pieux battus extrême-
fascicule 62 - titre V , n'ont pas intéressé de ment longs, du frottement latéral, ce qui s'ac-
telles formations. C'est une des raisons de l ' i n - compagne d'une réelle baisse du terme K tg tp.,.
troduction de bornes maximales pour q . On s

citera seulement des frottements très élevés, de Cependant, borner les valeurs du frottement
plus de 0,6 M P a , mesurés en offshore le long de latéral q , tel que le fait la théorie pressiométri-
s

pieux métalliques, dans des sables extrêmement que, sans réelles justifications, est également
denses, atteignant des résistances statiques q de c
érigé en règle pratique pour certains règlements
pointe de 60 M P a , qui correspondent à des qui utilisent les caractéristiques de cisaillement.
valeurs de p, de l'ordre de 5 à 6 M P a . A i n s i , le code australien, déjà cité, limite le frotte-
ment unitaire K . t g ô.y.z à des valeurs correspon-
Il a semblé utile d'illustrer les points ci-dessus dantes de z égales respectivement à 6,8 et 15 dia-
sous forme d'exemples, déjà examinés, quant mètres du pieu pour les plages de densités rela-
aux sols concernés, dans le cadre de l'étude tives déjà évoquées. Le frottement unitaire est
comparative similaire menée sur des fondations donc considéré comme constant pour des profon-
superficielles [13]. Le premier concerne un sable deurs supérieures, ce qui équivaut à introduire
très peu dense, noyé avec cp = 32 degrés, \\f = 0, une baisse du terme K tg 8. P. Foray [22] justifie
1
y' = 8 k N / m \ E = 5 M P a et À, = 0,05 m" , ce qui
0 d'ailleurs de telles dispositions simplificatrices
a 3 4 6
donne p = 76,5 z (0,05 + l / z )
1(z) . par les m é c a n i s m e s de dilatance qui se dévelop-
pent plutôt à faible profondeur, contrairement à la
On y prévoit un pieu battu préfabriqué, en béton, contractance sous forte contrainte initiale, mise
de section 40 cm x 40 cm, de 15 m de longueur, en jeu à grande profondeur et qui fait baisser la
dont la capacité portante en frottement est estimée contraintes horizontale et donc K . En réalité,
à partir du D T U 13.2, avec la courbe A b i s , l'évolution du frottement unitaire limite serait
puisque p, atteint au maximum près de 0,6 M P a à plutôt parabolique comme l'ont montré des essais
15 mètres. Le calcul de Q conduit à 330 k N ; la
s u réalisés en cuve et sur modèles.

BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUI N 1999 - REF. 4255 - PP. 37-54 51
Capacités portantes d'un pieu augmentation apparaît dès la mise en place du
pieu terminée, et i n d é p e n d a m m e n t de toute
à court terme et long terme
charge. Elle se manifeste pendant le temps
Il nous a semblé utile de dire quelques mots sur appelé « délai de repos », extrêmement variable
le comportement d'une fondation profonde au et après lequel i l serait r e c o m m a n d é d'effectuer
regard du comportement du sol sous les sollicita- l'essai de chargement que l ' o n a décidé d'effec-
tions que le pieu l u i transmet ; en toute logique, tuer. C'est la raison principale du délai d'attente
il faudrait, pour un dimensionnement, s'inté- de deux semaines environ q u ' i l est le plus sou-
resser à la capacité portante d'un pieu à court ou vent d e m a n d é de respecter entre exécution du
à long terme. pieu et chargement, délai bien souvent inférieur
à celui nécessaire à une bonne reconstitution du
L a charge portante à court terme est obtenue par contact sol-pieu. M . J . Tomlinson [23] indique
un essai de chargement rapide, à partir de paliers trente jours pour les argiles, délai au bout duquel
de chargement de courte durée ; c'est le cas de une très forte proportion de la charge portante est
l'essai statique classiquement réalisé avec des acquise. L a cicatrisation est le plus souvent évo-
paliers d'une heure. E n frottement, le cisaille- quée dans le cas des pieux à refoulement, battus ;
ment mobilisé à l'interface est classiquement elle met en particulier en jeu le drainage des sols
relié aux caractéristiques de cisaillement à court autour du fût radialement vers le sol environnant
terme du sol environnant, soit la cohésion non et, le cas échéant, vers le matériau du fût, et ver-
drainée c dans le cas des sols argileux, soit
u ticalement vers la surface. S i , pour les argiles
l'angle de frottement effectif tp' pour les sols molles, des surpressions interstitielles se dissi-
uniquement pulvérulents ; pour les sols qualifiés pant sont en jeu, le cas des argiles raides est
d ' i n t e r m é d i a i r e , ce sont des couples de caracté- beaucoup plus complexe et peut mettre en jeu
ristiques apparentes (p , c qui interviennent. Le
uu u u des p h é n o m è n e s de succion [23].
terme d ' « adhésion » est d'ailleurs mieux adapté
pour les sols argileux. L e comportement à long L e cas des craies altérées, déjà évoquées, ou le
terme est régi par les caractéristiques de cisaille- cas du langage des pieux dans les sables, forma-
ment effectives : angle de frottement cp', voire tions pour lesquelles on n'utilise pas le terme de
angle de frottement cp' plus cohésion effective c'. cicatrisation, se présente de manière similaire.
Cette charge portante à long terme serait obtenue Enfin, m ê m e pour les pieux battus dans les sables,
à partir d'un m ê m e essai statique, mais où les pour lesquels intuitivement on imagine mal de tels
paliers successifs seraient de très longue durée. processus, de telles améliorations du frottement
peuvent se manifester après un délai de repos
Dans la réalité, on ne dispose pas de telles com-
quelquefois assez long ; ainsi, M . Cunningham
paraisons et la raison en est évidente. L a seule
[24] rapporte les résultats obtenus par
idée, a priori, que l ' o n puisse se faire de la
M . J . Tomlinson sur des pieux métalliques longs
charge portante à long terme, repose sur l'extra-
de 78 m, battus dans du sable micacé fin moyen-
polation que l ' o n peut opérer à partir des courbes
nement dense, où les frottements ont été multi-
de fluage du pieu relevées lors de l'essai statique
pliés par quatre en trois mois. Outre le drainage,
de chargement (tassement, logarithme de temps).
une augmentation de la contrainte radiale autour
Issues d'un suivi du tassement pendant 1 heure,
du fût est surtout évoquée pour expliquer un gain
ce sont d'abord des droites j u s q u ' à un certain
si considérable, avec un contact sable-acier.
taux de charge, puis des courbes que l'on peut
sans doute prolonger. Une telle construction On ne sait pas, semble-t-il, comment et si une
conduit à conclure que la capacité portante à charge permanente appliquée en tête du pieu agit
long terme est toujours inférieure à celle sur le processus d'amélioration du frottement.
mesurée à court terme, du moins en adoptant un En résumé, on imagine aisément que, dans un sol
critère d'enfoncement du pieu égal au dixième présentant cette particularité de cicatrisation, un
de son diamètre ; ceci correspond par convention essai statique de chargement réalisé immédiate-
à l'obtention de la charge limite. M a i s , qualitati- ment après la mise en œ u v r e pourrait conduire à
vement, rien ne distingue dans la manifestation une charge portante bien inférieure à celle d'un
du fluage, un sol purement cohérent d'un sol second pieu identique chargé après un délai de
uniquement pulvérulent. repos suffisant ; pour ce m ê m e second pieu, l'ex-
trapolation à long terme des courbes de fluage
E n réalité, ce concept d'évolution entre court et
pourrait fort bien mener à une charge portante
long terme est fortement perturbé, dans certains
« à long terme » supérieure à la charge à court
sols, par les p h é n o m è n e s qualifiés de « cicatrisa-
terme obtenue avec la première fondation.
tion », terme plus couramment réservé aux sols
argileux. L a cicatrisation affecte le frottement L'examen des quelques points ci-dessus laisse
latéral, lequel, très affaibli après le remaniement entrevoir que la recherche d'une approche des
imposé au sol par la mise en œuvre du pieu, voit capacités portantes à court et long terme paraît
son intensité augmenter dans le temps ; cette illusoire et irréaliste. Trop de paramètres reste-

52 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUIN 1999 - RÉF. 4255 - PP. 37-54
ront toujours incontrôlables pour que l ' o n puisse pour des pieux longs qui sont relativement com-
espérer prédire avec grande précision la charge pressibles. Mais une justification peut être sim-
portante reprise par le fût d'un pieu. plement apportée avec un comportement à court
terme, en considérant une variation linéaire de la
Ce qui est avant tout recherché, c'est l'obtention
cohésion c avec la profondeur qui montre
u alors
de déformations verticales de la tête des pieux 0,5

compatibles avec la structure portée, et d'une que le terme X varie comme ( 1 / L ) , où L est la
capacité portante qui soit également compatible longueur du pieu.
avec la chronologie de construction du pieu et de
sa mise en charge par l'ouvrage.

Pour clore ces réflexions, on peut se demander,


Conclusions
compte tenu du traitement auquel le sol est À l'issue de cette analyse comparative des
soumis lors de la mise en œ u v r e des pieux et des m é t h o d e s de calcul du frottement latéral le long
p h é n o m è n e s consécutifs qui s'y développent, si, des pieux, basées sur les essais pressiométriques
sous charge appliquée, on ne sollicite pas rapide- ou les caractéristiques de cisaillement, on peut
ment et de manière importante, le squelette tirer un certain nombre d'enseignements qui ne
solide du sol ; on serait alors pratiquement dans peuvent qu'inciter à une grande humilité dans les
une situation de comportement à long terme. prévisions que l ' o n est appelé à faire.
Une telle idée n'est pas nouvelle, puisque
V . N . Vijayvergiya et al. [25], dès 1972, se sont Les années d'expérimentations m e n é e s sur des
livrés à l'examen de 43 pieux métalliques battus fondations profondes chargées statiquement
dans de l'argile pour lesquels ils ont écrit le frot- montrent qu'un nombre très important de fac-
tement sous la forme : teurs interviennent, dont l'influence n'est pas
toujours prévisible, m ê m e qualitativement, par la
Q = (ô + 2 c j \ simple intuition.
s m

où : a est la contrainte verticale effective


m
Il est apparu, tant en France où l ' o n a privilégié
moyenne le long du pieu, le pressiomètre q u ' à l'étranger, que le nombre de
c est la cohésion moyenne non drainée le long
m
résultats obtenus n ' a fait que croître en m ê m e
du pieu, temps que la dispersion entourant les différentes
A est la surface latérale,
s
expressions généralement simples qui ont pu être
X un coefficient sans dimension. proposées.

Cette formulation, au premier abord pour le moins Il apparaît, en tout cas, q u ' i l n'existe pas à notre
curieuse, qui jumelle des contraintes effectives et avis de différence fondamentale dans les deux
totales, montre le rôle essentiel de la contrainte approches qui ont été examinées, m ê m e si les
effective ; elle rappelle d'ailleurs l'expression expressions rendant compte du frottement q en s

générale pour un sol cohérent (caractérisé par c', fonction de la pression limite p, ou de la
cp', ou c et tp ) que l'on trouve dans l'ouvrage de
u u ull contrainte verticale paraissent totalement étran-
gères et indépendantes, ce qui n'est pas le cas.
D . Graux [26], Q = ^ y ' D s + c ' s J P x D , où
f 3 5
Il est vraisemblable que, pour les pieux très
D est la hauteur du pieu, P son périmètre et s et s 3 5 longs, ni l'une, ni l'autre méthode ne soit très
des coefficients sans dimension, fonction de satisfaisante, sans doute pessimiste avec l'ap-
l'angle de frottement interne du sol. proche pressiométrique ou au contraire optimiste
pour l'approche classique par c et (p.
Les comparaisons faites par les auteurs avec
d'autres règles de calcul utilisées à l'époque en
offshore et basées sur la seule cohésion, ont RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
montré la supériorité de leur approche pour les [1] C O M B A R I E U O . (1996), L'essai pressiométrique et
prévisions de la capacité portante. Cependant, le la charge portante en pointe des pieux, Bulletin
coefficient X est apparu comme une fonction des laboratoires des Ponts et Chaussées, 203,
décroissante de la longueur, valant 0,4 pour des pp. 61-73.
pieux courts, contre 0,1 pour des éléments attei- [2] F A S C I C U L E 6 2 - titre V (1993), Règles techniques
gnant 70 m, constatation pour laquelle des expli- de conception et de calcul des fondations des
cations restaient à trouver ; parmi celles-ci, ouvrages de Génie civil, CCTG applicable aux
étaient évoquées la dégradation du frottement marchés publics de travaux, Ministère de l'Équi-
pour des pieux battus extrêmement longs, s'ac- pement.
compagnant d'une baisse du terme K tg (p , ou a [3] D T U 13.2 (1992), Fondations profondes pour le
bien la mobilisation d'une résistance de cisaille- bâtiment, Norme AFNOR P 11-212.
ment de pic atteinte pour des déplacements [4] M É N A R D L . (1963), Calcul de la force portante
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ABSTRACT

Estimation of lateral soil-pile friction using a pressuremeter and shear characteristics


O. COMBARIEU
This paper s u r v e y s 35 y e a r s of F r e n c h u s e of the pressuremeter test to determine the lateral friction along piles. T h e
two currently applicable regulations (one for civil engineering and the other for building construction) which are due
to b e h a r m o n i z e d in the near future are then c o m p a r e d to forecasting methods b a s e d o n the characteristics of
shear, angle of friction a n d c o h e s i o n . T h e author demonstrates that the different formulations of friction d o not
a l w a y s contain all the contradictions d e s c r i b e d by a d v o c a t e s of the different methods.

T h e author e x a m i n e s the problems and questions a s s o c i a t e d with forecasting friction, which is frequently the major
c o m p o n e n t of the bearing capacity of a pile. In the vast majority of c a s e s knowledge of this in the short term is
sufficient. C o n s i d e r a t i o n is given to the specific behaviour of driven metallic tube piles and this results in s o m e
s u g g e s t i o n s for their design.

54 BULLETIN DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES - 221 - MAI-JUIN 1999 - RÉF. 4255 - PP. 37-54