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samedi 11 - dimanche 12 mai 2019 LE FIGARO - N° 23 246 - www.lefigaro.fr - France métropolitaine uniquement

Première édition

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais
« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur » Beaumarchais

DENIS TILLINAC « PRÉSERVER L’ALTÉRITÉ SEXUELLE EST DEVENU UNE MISSION DE CIVILISATION » PAGE 14

DENIS TILLINAC

« PRÉSERVER L’ALTÉRITÉ SEXUELLE EST DEVENU UNE MISSION DE CIVILISATION » PAGE 14

TENDANCE L’ENGOUEMENT DES CITADINS POUR LES JARDINS PARTAGÉS PAGE 8

TENDANCE

L’ENGOUEMENT DES CITADINS POUR LES JARDINS PARTAGÉS PAGE 8

EUROPÉENNES

Sondage: Macron et Le Pen imposent leur duel PAGE 4

ALGÉRIE

La rue et l’armée

à couteaux tirés

PAGE 6

PÉNITENTIAIRE

Le combat du maire de Poissy contre la prison de centre-ville PAGE 7

RUGBY

Vannes rêve du Top 14 PAGE 9

INSECTES

Les coléoptères en vedette au Musée des Confluences

à Lyon

PAGE 10

SOCIAL

Les entreprises ont créé 66 400 emplois au 1 er trimestre

PAGE 20

DÉFILÉ

Louis Vuitton présente sa collection croisière au terminal 5 JFK de New York PAGE 29

CHAMPS LIBRES

n Au Kenya, les bêtes sauvages verront passer les trains

n La tribune de Jean-Thomas Lesueur

n La chronique de Mathieu Bock-Côté

n L’analyse de Guillaume Perrault

PAGES 13 À 15

@@

FIGARO OUI

FIGARO NON

Réponses à la question de vendredi :

La poussée des nationalistes aux élections européennes vous inquiète-t-elle ? OUI NON 34 % 66
La poussée des
nationalistes aux
élections européennes
vous inquiète-t-elle ?
OUI
NON
34 %
66 %

TOTAL DE VOTANTS : 57 596

Votez aujourd’hui sur lefigaro.fr Êtes-vous favorable à un référendum sur la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) ?

ILLUSTRATION FABIEN CLAIREFOND - SEBASTIEN SORIANO/LE FIGARO

Référendum sur ADP:

l’onde de choc politique

Le feu vert donné au projet de consultation contre la privatisation d’Aéroports de Paris constitue un revers pour l’exécutif, ciblé par une coalition inédite des oppositions.

La boîte de Pandore est ouverte. En autorisant la poursuite du projet de ré- férendum contre la priva- tisation du groupe ADP, le Conseil constitutionnel a plongé l’exécutif dans une crise inédite. Certes, la

course d’obstacles est en- core longue avant une éventuelle consultation. Mais la coalition des oppositions contre le pro- jet d’Emmanuel Macron pourrait avoir des consé- quences politiques sur la

capacité d’action du gou- vernement. Dans Le Fi- garo, le premier ministre Édouard Philippe évoque ses inquiétudes vis-à-vis d’un « empêchement de l’action par une minorité ». En attendant, l’exécutif

temporise en suspendant le projet de privatisation d’ADP le temps du proces- sus. Les investisseurs ont très mal réagi : l’action d’ADP a chuté de 9,73 % en Bourse vendredi après avoir déjà perdu 5,68 % jeudi.

è GUILLAUME TABARD :

« UN PIÈGE DIABOLIQUE POUR L’EXÉCUTIF »

è POUR/CONTRE : ENTRETIENS

AVEC DEUX DÉPUTÉS

è AÉROPORTS DE PARIS

MAINTIENT LE CAP PAGES 2, 3 ET L’ÉDITORIAL

La mort au combat de deux commandos marine français pour libérer des otages au Sahel
La mort au combat de deux commandos marine
français pour libérer des otages au Sahel

Cédric de Pierrepont (à g.) et Alain Bertoncello, deux sous-officiers des commandos marine (forces spéciales), ont été tués

dans une opération ayant permis de libérer quatre otages : deux Français, une Américaine et une Sud-Coréenne. PAGE 5

Modération sur Internet :

Zuckerberg

plaide sa

cause auprès

de Macron

Le chef de l’État a reçu ven- dredi le jeune patron de Fa- cebook à l’Élysée, au mo- ment où la France met en place un arsenal juridique pour lutter contre la haine et les contenus terroristes en li- gne. Alors que des initiatives sont prises partout en Euro- pe, le réseau social souhaite- rait une harmonisation des règles dans l’ensemble des pays de l’Union. PAGE 18

ÉDITORIAL par Vincent Trémolet de Villers vtremolet@lefigaro.fr

ÉDITORIAL par Vincent Trémolet de Villers vtremolet@lefigaro.fr

Mirage démocratique

A éroports de Paris a bon dos. Pour les uns, c’est une galerie com- merciale qu’il faut privatiser au profit d’un miraculeux fonds d’innovation, pour les autres le

symbole de la France souveraine que l’on brade sous nos yeux. En vérité, il s’agit d’un gouvernement qui a renoncé à réduire la dé- pense publique et qui souhaite renflouer les caisses ; d’opposants qui utilisent, en une abracadabrante coalition, les instruments constitutionnels pour mettre en difficulté le président de la République. Résultat : cette privatisation, certes importante et symbo- lique, va devenir pendant d’interminables mois le terrain unique d’affrontements poli- tiques. C’est absurde. Entendons-nous : il ne s’agit pas de remettre en cause la pratique ré- férendaire telle que la concevait de Gaulle, mais il existe, semble-t-il, un certain nombre de sujets plus urgents - la réforme de l’État, la politique migratoire, la pression fiscale - que celui d’Aéroports de Paris. En d’autres temps, cette décision aurait don- né lieu à des débats parlementaires, à un vote, avant que la loi ne s’applique. L’alternance aurait permis aux opposants de revenir ou

non sur cette décision. Désormais, la possibi- lité d’un RIP (référendum d’initiative parta- gée) permettra d’ajouter un obstacle de plus à la fabrique et à la mise en pratique de la loi.

Ce que cette affaire met au jour, c’est la crise profonde de la représentation. Le RIP est la mesure de l’échec de nos parlementaires, mais il se trompe d’objectif : il délégitime la fonction pour

compenser la

défaillance des

politiques pu-

Une crise profonde de la représentation

Nous ne ga- gnerons rien en sacrifiant une démocratie re- présentative, même très imparfaite, aux mi- rages de la démocratie directe. La France n’est pas la Suisse et nous savons déjà les rê- ves de délibération perpétuelle que la gauche radicale fait debout, la nuit. Il nous faut des élus, des représentants, qui gouvernent mais avec compétence, courage, humilité, discer- nement. L’illusion participative ne réduira pas le malaise démocratique. C’est tout l’in- verse. Elle aggravera une impression confuse et inquiétante : celle d’un pouvoir immobile comme un avion sans ailes.

bliques.

ISSN 0182.5852

DULON ARTS D’AFRIQUE ET D’OCEANIE Expert C.N.E. 10 Rue Jacques Callot 75006 Paris 01 43
DULON
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01 43 25 25 00 06 07 69 91 22 info@dulonbernard.fr ’:HIKKLA=]UW]U\:?a@p@b@l@a" M 0 0 1

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JEAN-CHRISTOPHE MARMARA/LE FIGARO

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samedi 11 - dimanche 12 mai 2019 LE FIGARO

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L'ÉVÉNEMENT

PHILIPPE INQUIET POUR LA DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE

Édouard Philippe confie au Figaro n’avoir «aucun problème avec l’instrument RIP tel qu’il a été pensé et prévu par l’article 11 de la Constitution. Bien évidemment, je respecte la décision du Conseil constitutionnel. La décision concernant ADP n’est pas préoccupante. Il n’y a pas une urgence absolue à céder les parts de l’État dans ADP». Mais, ajoute le premier ministre, «ça pose une vraie question sur la place qu’on accorde à la démocratie représentative car après plus d’une centaine d’heures de débats en commission et en séance à l’Assemblée et au Sénat, après qu’une majorité des représentants du peuple se sont exprimés et ont adopté le texte, une minorité est capable de bloquer pendant au moins neuf mois et peut-être un peu plus l’application d’un texte voté. Que la démocratie parlementaire agisse de façon aussi déterminée contre l’expression de la représentation parlementaire me laisse songeur ».

ADP : Macron face à l’alliance inédite des oppositions

Pour la première fois, un projet de référendum unissant gauche et droite peut aboutir. L’exécutif temporise.

SOPHIE DE RAVINEL£@S2RVNL

« LE GOUVERNEMENT ne peut pas avoir raison tout seul, tout le temps, contre tout le monde. » Président du groupe socialis-

te au Sénat, Patrick Kanner est conscient

d’Édouard Philippe (lire ci-dessus), pointe le risque d’obstruction, Patrick Kanner rétorque que « la proposition de loi commune de ceux qui pensent en prio-

rité à une certaine conception de la France et à la puissance de l’État ne vise pas à

abroger un texte du gouvernement, mais

de

l’onde de choc provoquée depuis jeu-

à

rendre imprivatisable ADP». Son ho-

di

par le feu vert du Conseil constitu-

mologue socialiste à l’Assemblée, Valé-

tionnel au projet de référendum d’initia- tive partagée (RIP) proposé par une

rie Rabault, souligne que « le président de la République ne peut pas dire, en réponse

alliance inédite, initiée par le PS de

à

la crise des “gilets jaunes”, qu’il veut

248 députés et sénateurs, allant de la

simplifier le recours au RIP en abaissant le

gauche radicale à la droite, avec le sou- tien du RN, tous opposés à la privatisa- tion d’Aéroports de Paris (ADP).

seuil à un million de voix citoyennes et le lendemain dénoncer le fait qu’il y en ait un qui soit testé grandeur nature… ».

L’onde de choc se situe dans la ligne

de la contestation des « gilets jaunes »,

qui ont brandi ces derniers mois le réfé- rendum d’initiative citoyenne (RIC) et dénoncé cette privatisation. Pour Kan- ner, l’arc parlementaire très large d’op- position « aurait dû servir d’alerte » à l’exécutif, avant même «l’alliance ob-

jective mais improbable » ayant permis la « décision historique » des Sages de la rue

de

Vendredi matin, le ministre de l’Éco- nomie, Bruno Le Maire, a indiqué vou- loir attendre la fin de la procédure du

RIP avant de lancer l’opération de pri- vatisation. Une déclaration qui a ébranlé

le cours en Bourse d’ADP. Patrick Kan-

ner a salué ce geste « enfin raisonnable »

de l’exécutif mais se réjouit surtout du

Montpensier.

« réveil multiforme des oppositions ».

Alors que la majorité, par la voix

Une certaine prudence

Si l’alliance semble solide dans ce pro- cessus expérimenté pour la première fois, elle est cependant relative et sur- tout technique. «Pour prendre une ima- ge, c’est comme si nous nous étions mis d’accord pour ouvrir la piscine, mais dé- sormais chacun va nager dans son propre couloir », prévient Valérie Rabault. La

proposition de loi interdisant la privati- sation, comme cela est autorisé, reflète d’ailleurs cet état d’esprit par l’absence de premier signataire. « Nous avions déjà tenté le RIP en janvier pour rétablir l’impôt sur la fortune (ISF) mais nous avi-

ons bien vu que sans la droite, nous ne pouvions rien », indique la députée du

Tarn-et-Garonne qui est allée tendre la main au député LR Gilles Carrez. Les deux se connaissent bien pour avoir tra-

vaillé ensemble trois ans à la commis- sion des finances sous la précédente mandature. Si à gauche, aucun tiraillement ne s’exprime sur le fond, une certaine pru- dence est de mise à droite. Si elle a voté contre la privatisation et souligne par la

voix de Gilles Carrez que l’enjeu est «d’une extrême importance» (lire ci- dessous), le président LR du Sénat, Gé- rard Larcher, a déjà, dans nos éditions

du 12 avril, pointé « un problème politi- que » lié à cette proposition de loi réfé- rendaire. « Le référendum d’initiative partagée peut-il être utilisé par une mino- rité pour s’opposer, en cours d’examen d’un texte, au vote d’une majorité », s’était-il interrogé, craignant que ce ne soit « pas fidèle à l’esprit du Constituant de 2008 ». Selon lui, « le RIP n’a pas été conçu comme un instrument contre la dé- mocratie représentative mais comme un outil permettant d’introduire des respira- tions de démocratie directe dans un systè- me de démocratie représentative ». Au gouvernement, certains préfèrent relativiser. « ADP est certes devenu un emblème, mais ce n’est pas le cœur de la loi Pacte, minimise un ministre. Ce RIP n’est pas un référendum pour ou contre Emmanuel Macron. Juste un débat sur la privatisation d’une entreprise. Les pro- chains mois offriront l’occasion d’écarter les fantasmes. Notamment sur la sécurité des frontières : les douanes sont et reste- ront du domaine de l’État. La démocratie directe a aussi du bon. »

Des « gilets jaunes » protestent, dimanche dernier, à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, contre la privatisation d’ADP.

FLORENT VANNIER

Un long chemin avant le référendum

La consultation des Français est encore loin d’être acquise. Mais désormais rien n’est impossible après le feu vert, jeudi, du Conseil constitutionnel à la poursuite du projet de référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation d’ADP. Ce RIP n’avait jamais été utilisé depuis son introduction dans la Constitution, en 2008, à l’initiative de Nicolas Sarkozy. La première étape, largement franchie sur ADP, prévoit que le texte soit déposé par au moins 185 des 925 parlementaires. S’ouvre désormais le recueil des soutiens citoyens, durant neuf mois et sous forme électronique. Il faudra la signature d’au moins 10 % du corps électoral, soit 4717396 citoyens inscrits sur les listes. Des points d’accès

à ce vote en ligne devront être mis

à disposition au moins dans la commune la plus peuplée de chaque canton ou au niveau d’une circonscription

administrative équivalente. Valérie Rabault (PS) et Gilles Carrez (LR) prévoient de rencontrer Édouard Philippe à ce sujet. Le Conseil constitutionnel interviendra

à nouveau à l’issue pour valider

ces soutiens. Et si jamais la proposition de loi n’a pas été examinée au moins une fois par chacune des deux Assemblées dans un délai de six mois après la validation, le chef de l’État devra soumettre au référendum. En cas de résultat positif, la loi devra être promulguée

dans les quinze jours.

S. DE R.

POUR UN RÉFÉRENDUM

CONTRE UN RÉFÉRENDUM

Gilles Carrez: «C’est une question d’intérêt général»

PROPOS RECUEILLIS PAR

MARION MOURGUE £@MarionMourgue

Gilles Carrez est député LR du Val-de- Marne et ex-président de la commission des finances de l’Assemblée nationale.

LE FIGARO.- Le Conseil constitutionnel a validé le RIP contre la privatisation d’ADP. Comment accueillez-vous cette décision ?

Gilles CARREZ. - C’est une satisfac- tion de voir que le Conseil constitu- tionnel a validé la procédure du RIP prévue par la réforme constitution- nelle de 2008 et utilisée pour la pre-

mière fois. Je ne suis pas dans une dé- marche polémique ni de coup poli- tique. Pour moi c’est une question d’intérêt général et un enjeu d’extrê- me importance que les Français puis- sent se prononcer sur la privatisation d’ADP. Les conséquences économi- ques et environnementales sont ma- jeures. L’entreprise ADP est profitable

on voudrait vendre les bijoux de fa-

et

mille ! Cette privatisation constitue-

rait une erreur stratégique. J’en viens

à me demander si la vraie raison de

cette privatisation n’est pas la volonté du gouvernement de se trouver une bouée de sauvetage pour éviter de franchir d’ici à 2022 la barre des 100 % de dette publique.

Il faut encore obtenir 4,7 millions de signatures. Comment y arriver ?

On dispose d’un délai de neuf mois et la loi organique de décembre 2013 précise que la consultation se fait par voie élec- tronique sous la surveillance du Conseil constitutionnel. Le ministère de l’Inté- rieur doit mettre en place un lieu de consultation dans au moins chaque canton. Nous allons demander avec mes collègues signataires à rencontrer le ministre de l’Intérieur.

Vous ferez campagne avec les communistes sur le terrain ?

On est élu au service de l’intérêt géné-

ral et quand il faut le défendre, cela commande de dépasser nos sensibilités. Chacun fera campagne à sa ma- nière pour expliquer les enjeux de fond.

campagne à sa ma- nière pour expliquer les enjeux de fond. Le RIP ne risque-t-il pas

Le RIP ne risque-t-il pas d’affaiblir le Parlement ? Le RIP prévoit qu’après le recueil des soutiens, le Parlement peut reprendre la main, dans un

délai de 6 mois. Si les deux Chambres le souhaitent, elles pourront le faire et alors, enfin, nous pourrons engager une discussion de fond avec le gou- vernement.

Olivia Grégoire: «Une alliance de pure circonstance »

PROPOS RECUEILLIS PAR

ARTHUR BERDAH £@arthurberdah

Olivia Grégoire est députée LREM de Paris et a présidé la commission spéciale sur la loi Pacte.

LE FIGARO. – Comment accueillez-vous le feu vert des Sages au projet de référendum?

Olivia GRÉGOIRE. – C’est un processus inédit qui s’ouvre aujourd’hui, auquel je suis favorable, mais dont je regrette ici l’objet, par lequel une alliance politique de pure circonstance sollicite le soutien des Français pour remettre en cause une me- sure votée au Parlement il y a à peine un mois. La cession des actifs d’ADP a été dé- battue pendant des dizaines d’heures, complétée par des dizaines d’amende- ments apportant de solides garanties à l’opération. Ce travail approfondi a été balayé d’un revers de la main par les oppositions. Leur choix de recourir à cette procédure remet en cause, avec la nôtre, leur propre légiti- mité d’élus de la nation. Je le dé- plore dans ce contexte de montée de l’antiparlementarisme.

dans ce contexte de montée de l’antiparlementarisme. Craignez-vous que le processus aille à son terme ?

Craignez-vous que le processus aille à son terme ?

Je respecte avant tout le proces-

sus démocratique qui s’ouvre ici et n’ai donc aucune crainte

quant à sa conclusion, quelle qu’elle soit. Mon inquiétude porte sur la tentation pour les oppositions de normaliser ce dé- tournement de la procédure, de remettre en cause chaque législation en opposant le peuple et ses représentants. Sans parler de l’habitude de transformer chaque réfé- rendum en plébiscite pour ou contre le gouvernement. Après un dévoiement de la forme du débat démocratique, on pour- rait redouter la même chose sur le fond.

Continuerez-vous, malgré tout, à défendre la privatisation d’ADP?

Cette privatisation doit permettre à ADP de faire face à la concurrence internatio- nale et de promouvoir un nouveau rôle de l’État. Face à nous, les oppositions dé- fendent une vision archaïque de l’écono- mie. À nous de mieux l’expliquer aux

Français : nous préférons un État stratège à un État rentier, une économie de l’in- novation, financée par le produit de cette cession, à une économie de la mauvaise gestion, qui empêche nos infrastructures de se développer, d’être compétitives sur la scène mondiale.

Faut-il, comme l’a proposé le président, assouplir les conditions du RIP? Je le pense. Ce n’est pas le principe du RIP que je dénonce, au contraire, mais son détournement à des fins de commu- nication politicienne. Le RIP doit per- mettre de co-construire la loi, pas de la déconstruire.

CHRONOLOGIE

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LE FIGARO

samedi 11 - dimanche 12 mai 2019

L'ÉVÉNEMENT

3

FIGARO samedi 11 - dimanche 12 mai 2019 L'ÉVÉNEMENT 3 ADP maintient le cap comme si

ADP maintient le cap comme si de rien n’était

VALERIE COLLET £@V_Collet

« NOUS AVONS un cap et nous allons le tenir », affirme Augustin de Romanet, le PDG de groupe ADP, au lendemain du feu vert donné par le Conseil constitu- tionnel au projet de référendum d’ini- tiative partagée (RIP) sur la privatisa- tion d’ADP. Cette décision se traduit par un gel de la privatisation pendant près d’un an et demi, si les étapes du RIP sont franchies. Le dirigeant énumère les chantiers en cours : amélioration de la qualité de ser- vice, mise en service du CDG Express (la ligne directe reliant Paris à Roissy), construction du futur terminal T4 à CDG… « Ces bouleversements ne doivent pas modifier notre action », résume-t-il. Une tranquillité que la plongée du cours d’ADP - quasiment 10 % vendredi et 5 % jeudi - et la recommandation à la baisse de JP Morgan n’ont pas ébranlée. « La valeur ADP reste intrinsèquement très intéressante pour les investisseurs, souligne le dirigeant. Notre travail consiste à obtenir des résultats et cela de- meure inchangé.» Il y a un mois, lors d’une journée dé- diée aux investisseurs, les dirigeants de l’entreprise, dont l’État détient 50,6 % du capital, avaient tracé une feuille de route à horizon 2025, voire 2037. Tout était prévu : la progression du trafic aérien, les investissements à venir, le futur contrat avec l’État, l’évolution des redevances versées par les compagnies aériennes. Les candi- dats potentiels à l’acquisition de tout ou partie de la part de l’État étaient présents. Il leur faudra au mieux pa-

tienter pendant seize mois si le Parle- ment confirme la privatisation. Pendant ce temps, les dirigeants d’ADP vont dérouler leur programme. Comme si de rien n’était ou presque. Ainsi, ADP poursuit sa conquête hors de l’Hexagone. Le groupe, qui exploite les trois aéroports parisiens (CDG, Orly et Le Bourget), en gère une vingtaine à l’étranger. Ces prochaines semaines, il espère décrocher la concession portant sur les huit aéroports d’Hokkaido au Ja- pon, celle concernant celui de Sofia en Bulgarie… En France, les dirigeants d’ADP poursuivent le projet de construction du T4, le nouveau terminal à Roissy, dont le coût total atteindra de 7 à 9 milliards d’euros. Une première tranche doit être mise en service en 2028 et son achèvement est prévu pour 2037.

CDG à la 30 e place dans le classement mondial

Au sein de l’entreprise, le gel du proces- sus de privatisation est vécu avec une forme de soulagement : le statu quo ras- sure. Le management d’ADP aussi va profiter de cette pause pour poursuivre sa stratégie de croissance rentable. En attendant que l’horizon se dégage, les dirigeants d’ADP se rassurent. Ils se félicitent que l’aéroport de CDG pro- gresse dans le classement mondial réali- sé par Skytrax et basé sur le vote des passagers. Le premier aéroport parisien occupe désormais la 30 e place mondiale. Il était 94 e en 2014. La direction du groupe s’est fixée comme objectif de le faire grimper dans le « Top 15 » mondial d’ici à la fin 2021. Un chantier suffisam- ment ambitieux pour éclipser le RIP pendant quelques mois.

Faute de cession, le fonds pour l’innovation de Bruno Le Maire reste dans les limbes

Les recettes des privatisations doivent servir à alimenter un fonds dédié

à l’innovation et à désendetter le pays.

La création de ce fonds de 10 milliards d’euros avait été annoncée pendant la campagne d’Emmanuel Macron

à la grande satisfaction des créateurs

d’entreprise. Ils avaient ensuite un peu déchanté en comprenant que ce pactole, placé sur des supports sécurisés, dégagerait en fait entre 200 et 300 millions d’euros par an.

Le véhicule financier a formellement été créé début 2018 au sein de

Bpifrance. Dans l’attente des cessions, il a été abondé par des actions

détenues par l’État d’Engie, Renault, EDF et Thales. La solution, qui devait être transitoire, va donc perdurer encore au moins un an. Les futurs

investissements seront financés par les dividendes de ces titres, par nature volatile. Or, l’intérêt central des cessions, selon Bruno Le Maire, était d’offrir un financement stable à l’innovation. La décision fragilise aussi le projet de Bercy de créer un

fonds européen pour l’innovation.

A. G.

9

AVRIL 2019

11 JUIN 2019

constitutionnel devra à nouveau valider la procédure.

SEPTEMBRE 2020

Issus de tous les bords politiques, 248 parlementaires signent une procédure contre la privatisation d’ADP, ouvrant la voie à la tenue d’un référendum d’initiative populaire sur la question.

Date de lancement prévue du site dédié au recueil des signatures. 10 % du corps électoral, soit 4,7 millions de personnes, devront signer le texte.

MARS 2020

Date limite d’examen par le Parlement de la proposition de loi interdisant la privatisation. Si elle n’est pas examinée à temps, le président la soumet au référendum. En cas de résultat positif, le président promulgue la loi dans les quinze jours.

 

Date butoir du recueil des signatures.

9

MAI 2019

Si le seuil n’est pas atteint, il n’y aura pas de référendum. Dans le cas contraire, le Conseil

Le Conseil constitutionnel valide la demande de référendum.

Conseil constitutionnel valide la demande de référendum. CONTRE-POINT PAR GUILLAUME TABARD £ @GTabard Un
CONTRE-POINT PAR GUILLAUME TABARD £ @GTabard
CONTRE-POINT PAR GUILLAUME TABARD £ @GTabard

CONTRE-POINT

PAR GUILLAUME TABARD £@GTabard

CONTRE-POINT PAR GUILLAUME TABARD £ @GTabard
CONTRE-POINT PAR GUILLAUME TABARD £ @GTabard

Un piège diabolique pour l’exécutif

Y a-t-il 4,7 millions de Français qui, après avoir étudié en détail le projet, sont hostiles à la

privatisation d’Aéroports de Paris (ADP) ? Ce n’est pas sûr. Il est probable en revanche qu’il y ait 4,7 millions de citoyens qui ont envie de dire « non » à Macron. C’est toute l’ambiguïté de ce référendum d’initiative populaire (RIP) qui transforme une question particulière en combat de politique générale. Le prix est lourd pour le chef de l’État. Sur le plan politique d’abord. C’est la première fois qu’une coalition des oppositions s’opère pour contrarier son action. Emmanuel Macron prétendait dépasser le clivage entre la droite et la gauche, source de l’impuissance des politiques publiques ; ce sont la droite et la gauche qui ont dépassé leurs divergences pour rendre impuissant l’exécutif. Amer retournement de situation. En dynamitant le paysage politique en 2017, le candidat En marche ! pouvait croire avoir souscrit une assurance-vie. Des oppositions sur des rives contraires valaient absence d’alternative. Même si on assiste sur ADP à une simple alliance de circonstance, on sait désormais qu’une coalition des non à Macron est possible. Cela pose un problème de cohérence à ces oppositions, mais pour le pouvoir c’est un nouveau

à ces oppositions, mais pour le pouvoir c’est un nouveau C’est la première fois qu’une coalition

C’est la première fois qu’une coalition des oppositions s’opère pour contrarier son action »

motif d’inquiétude. Le prix est lourd sur le plan de l’action gouvernementale aussi. Avec cette usine à gaz qu’est le RIP, voilà le projet de privatisation d’ADP bloqué pour de nombreux mois. Cela crée de l’incertitude, cauchemar de tout acteur économique. Pendant ce temps, le débat politique se réduira en un paresseux feuilleton sur la progression du nombre des signatures, façon « Téléthon ». L’une des clefs d’un rebond possible du président de la République à la sortie du grand débat national était de relancer rapidement son action. Et si les Français ont réclamé d’être mieux associés aux décisions, ils s’agacent plus encore de ce long décalage entre l’annonce d’une loi et son entrée en vigueur. À

travers cet exemple d’ADP, on mesure que tout gouvernement est désormais menacé d’une paralysie généralisée. Qu’est-ce qui empêchera désormais une opposition - des oppositions - de renouveler pareille tentative sur la réforme des retraites ou tout projet un peu exigeant donc impopulaire ? Le piège est diabolique. Macron est le premier à payer cette légèreté constitutionnelle par laquelle ses prédécesseurs ont joué avec l’arme du référendum que de Gaulle avait réservée aux chantiers institutionnels majeurs. C’est l’extension du champ référendaire décidée par Jacques Chirac en 1995 et l’instauration du RIP en 2008 par Nicolas Sarkozy. Sur l’air séduisant de la démocratie participative, ils ont contribué à affaiblir le pouvoir législatif et à bloquer le pouvoir exécutif. Et il est pour le moins surprenant qu’Emmanuel Macron veuille à son tour faciliter plus encore le recours à une procédure dont il est aujourd’hui victime.

à une procédure dont il est aujourd’hui victime. ■ BR 03-94 R.S.19 Instruments de mesure du
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TIME INSTRUMENTS FROM THE COCKPIT TO THE WRIST

R.S.19 Instruments de mesure du temps du cockpit au poignet bellross.com TIME INSTRUMENTS FROM THE COCKPIT

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samedi 11 - dimanche 12 mai 2019 LE FIGARO

 

POLITIQUE

ÉLECTI

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PÉENNES

Macron et Le Pen imposent leur duel

À deux semaines du scrutin, les deux finalistes de 2017 espèrent mobiliser leurs électeurs et profiter de l’effet d’un « vote utile ».

électeurs et profiter de l’effet d’un « vote utile ». Marine Le Pen et Emmanuel Macron

Marine Le Pen et Emmanuel Macron avant le débat de la présidentielle, le 3 mai 2017. POOL NEW/REUTERS

CHARLES SAPIN £@csapin

EUROPÉENNES C’est à pieds joints que le chef de l’État s’est finalement décidé à entrer dans la campagne des européen- nes. Interrogé en marge d’un sommet in- formel, jeudi soir en Roumanie, Emma- nuel Macron a, le temps d’une confé- rence de presse, quitté ses habits élyséens pour endosser ceux d’ancien candidat à la présidentielle. « Je mettrai toute mon énergie pour que le RN ne soit pas en tête », a-t-il lâché bravache, à deux se- maines d’un scrutin européen qu’il ne se cache plus de résumer en un duel retour avec son adversaire du second tour, Ma- rine Le Pen. Alors que La République en marche tu- toie en tête des sondages la formation le- péniste, le pari est connu. Faire du 26 mai le troisième tour de la présidentielle, es- pérant ainsi drainer le même réflexe de « vote utile » l’ayant porté au pouvoir en mai 2017. Qu’importe que l’exercice boute hors du débat public projets euro- péens comme pléthores d’offres politi- ques concurrentes. « Une partie de nos électeurs peuvent se dire : “Je ne veux pas

que le RN soit le 1 er parti de France. Macron ce n’est pas ma tasse de thé, mais comme il n’y a qu’un tour, je veux que mon vote soit utile” », anticipe le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner.

«S’il perd cette élection, alors il devra partir »

Loin de s’en émouvoir, au Rassemble- ment national, on applaudirait presque la manœuvre présidentielle. « Cela nous avantage et nous renforce, glisse tout sourire un stratège de la campagne de Jordan Bardella. Cette duelisation de la campagne attire vers nous nombre d’électeurs “tout sauf Macron”, qu’ils viennent du RN, de Debout la France voire des Patriotes ou de LR. » L’expression d’une « union sacrée » inversée sur la- quelle le parti de Marine Le Pen table désormais pour infliger la plus sévère des défaites à Emmanuel Macron le 26 mai. « Cette élection européenne devient un référendum pour ou contre Emmanuel Macron. J’accepte cela, a réagi Marine Le Pen sur LCI suite aux propos du chef de l’État en Roumanie. Mais dans ces condi- tions, il faut qu’il fasse comme le général

de Gaulle : s’il perd cette élection, alors il devra partir. » Loin de refuser le duel annoncé, Marine Le Pen a ces dernières semaines remanié la stratégie de son parti pour mieux s’y préparer. Fini, l’accent porté sur son pro- jet européen débarrassé de tout abandon de l’euro ou de sortie de l’Union euro- péenne. En suspens, également, la quête de crédibilité grâce au renfort deThierry Mariani, ancien ministre de Sarkozy, ou de l’intellectuel « localiste » Hervé Juvin. Ne subsiste plus, sur les plateaux de télé- vision comme sur les estrades, qu’un seul objectif : « Stopper Macron ! » Lors d’une réunion publique tenue à Metz le 1 er mai, la tête de liste, Jordan Bardella, en aura fait la démonstration :

« Si Macron arrive en tête le 26 mai, alors il va passer la cinquième. Alors, le rouleau compresseur va se remettre en marche. Alors, la réforme des retraites, la réforme de l’indemnité chômage, le matraquage fiscal, le laxisme à l’égard de l’insécurité et de l’immigration vont se poursuivre. » Des attaques purement nationales, très éloignées des enjeux européens. Pour ces derniers, il faudra dorénavant atten- dre 2024.

À Marseille, lutte à distance entre Insoumis et écologistes

Député de la ville, Jean-Luc Mélenchon doit prononcer samedi un discours sur la paix tandis que Yannick Jadot fera campagne au côté de Samia Ghali.

TRISTAN QUINAULT-MAUPOIL

£@TristanQM

GAUCHE Ils s’y succéderont sans s’y croiser. La Cité phocéenne est l’épicen- tre ce samedi du duel auquel se livrent La France insoumise et Europe Écolo- gie-Les Verts à deux semaines des élec- tions européennes. Yannick Jadot pré- voit une visite de terrain au côté de la sénatrice Samia Ghali, bien que la socia- liste ne compte pas prendre position aux européennes. De leur côté, Jean-Luc Mélenchon - qui est député de la ville - et Manon Aubry - la tête de liste LFI - ont donné rendez-vous à leurs troupes pour un « meeting international » avec leurs al- liés européens. Pendant plusieurs semaines, les deux listes ont été à touche-touche dans les sondages. Toutefois, notre dernière en- quête Harris-Interactive indique que la liste de Manon Aubry (10 %) creuse l’écart face à Yannick Jadot (7 %). Au- delà de l’enjeu européen, la première place déterminera le futur pôle d’attrac-

tion d’une gauche en recomposition.

Les divergences ne manquent pas en- tre Manon Aubry et Yannick Jadot. En

déclarant en mars dernier qu’il est favo- rable « à l’économie de marché, à la libre entreprise et l’innovation », l’écologiste a ouvert un débat. Jean-Luc Mélenchon avait aussitôt dénoncé le retour à « l’écologie de marché », tout en défen- dant une « planification écologique ». Ils ne sont pas non plus d’accord sur l’avenir des traités européens. EELV ne veut pas en sortir (et plaide pour en ajouter un supplémentaire portant sur l’environnement) alors que LFI dit qu’il faut impérativement les renégocier.

Au-delà de l’enjeu européen, la première place déterminera le futur pôle d’attraction d’une gauche en recomposition

Enfin, les deux listes s’opposent sur l’utilisation du budget européen. Jean- Luc Mélenchon a regretté, jeudi soir à Limoges, que « les Français donnent chaque année au budget de l’Union euro- péenne 9 milliards de plus qu’ils ne reçoi-

vent en retour ». Ajoutant : « Ça fait

quand même cher. » Un argument que conteste Yannick Jadot.

La France insoumise refuse toutefois de se laisser enfermer dans ce seul duel. Jean-Luc Mélenchon, qui veut faire du scrutin « un référendum anti-Ma- cron », a profité de la publication du programme de La République en mar- che pour critiquer la liste défendue par le chef de l’État. « Il y a un problème avec l’écologie, quelle est la réponse qu’ils ont trouvée pour l’Europe ? Une banque ! » (pour le climat, NDLR), a-t- il raillé jeudi soir, Manon Aubry fusti- geant « la duplicité entre leurs proposi- tions et leurs actes ». Symbole de la portée nationale qu’il veut donner à la campagne, Jean-Luc Mélenchon doit prononcer samedi un discours sur la paix. Comme un écho à un meeting marquant de sa campagne présidentielle de 2017. À la veille du pre- mier tour, il avait réuni une foule dense sur le Vieux-Port autour de ce même thème. Il était ensuite arrivé en tête à Marseille, avant d’y être élu aux législa- tives. Le 26 mai prochain, les résultats seront particulièrement scrutés dans cette ville, parfois qualifiée de « capitale de La France insoumise ». En ligne de mire, les élections municipales pour les- quelles le mouvement n’a pas encore arrêté sa stratégie.

JOURNAL

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2019

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NOTRE SONDAGE HARRIS INTERACTIVE-EPOKA

Intentions de vote vague 21

QUESTION : Si les élections européennes avaient lieu dimanche prochain, parmi les listes suivantes, pour laquelle y aurait-il le plus de chances que vous votiez ? Une seule réponse possible, en % de votes exprimés

ÉVOLUTION

VAGUE 21/

VAGUE 20

Lutte ouvrière (Nathalie Arthaud)

1

%

(=)

Parti communiste (Ian Brossat)

 

2,5 %

 

(=)

La France insoumise (Manon Aubry)

 

10 %

 

(+0,5)

Génération.s (Benoît Hamon)

 

2,5 %

 

(+0,5)

PS-Place publique (Raphaël Glucksmann)

   

4,5 %

 

(-0,5)

Europe Écologie-Les Verts (Yannick Jadot)

   

7 %

 

(=)

LREM et MoDem (Nathalie Loiseau)

 

22

%

(=)

UDI (Jean-Christophe Lagarde)

 

2 %

 

(=)

Les Républicains (François-Xavier Bellamy)

 

13 %

(=)

Debout la France (Nicolas Dupont-Aignan)

 

3

%

 

(=)

Rassemblement national (Jordan Bardella)

 

22

%

(=)

Les Patriotes (Florian Philippot)

 

3

%

 

(+0,5)

Union populaire républicaine (François Asselineau)

1,5 %

 

(=)

Une liste Gilets jaunes (Francis Lalanne)

1

%

(=)

Génération écologie (Dominique Bourg)

0,5 %

 

(=)

Autres listes

   

4,5 %

 

(-1)

Enquête réalisée par Harris interactive et Epoka pour « Le Figaro » , TF1 et RTL les 9 et 10 mai 2019. Échantillon de 1 060 personnes inscrites sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 1 200 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région de l’interviewé(e) et vote aux élections antérieures. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.

Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points. LE BAROMÈTRE BLOOM DES RÉSEAUX SOCIAUX Motivation Taux

LE BAROMÈTRE BLOOM DES RÉSEAUX SOCIAUX

1,4 et 3,1 points. LE BAROMÈTRE BLOOM DES RÉSEAUX SOCIAUX Motivation Taux d'engagement Acteurs actifs Indice

Motivation

points. LE BAROMÈTRE BLOOM DES RÉSEAUX SOCIAUX Motivation Taux d'engagement Acteurs actifs Indice émotionnel

Taux d'engagement

BLOOM DES RÉSEAUX SOCIAUX Motivation Taux d'engagement Acteurs actifs Indice émotionnel Motivation : nombre moyen

Acteurs actifs

SOCIAUX Motivation Taux d'engagement Acteurs actifs Indice émotionnel Motivation : nombre moyen

Indice émotionnel

Motivation : nombre moyen d’interactions par acteur

Indice émotionnel : part de contenus contenant une émotion (positive ou négative).

LES PERSONNALITÉS QUI GÉNÈRENT LE PLUS D'ENGAGEMENTS Jordan Bardella

Taux d’engagement : engagement rapporté au nombre de documents partagés.

Acteurs actifs : acteurs qui interagissent sur un thème.

Indice

de puissance

sociale

2,4 10 15,8 12,5 46,8 Manon Aubry 9,4 8,6 12,9 10,3 41,1 LES PRINCIPAUX SUJETS
2,4
10
15,8
12,5
46,8
Manon Aubry
9,4
8,6
12,9
10,3
41,1
LES PRINCIPAUX SUJETS DE DÉBAT
Écologie
5,5
4,8
19,6
4,3
34,2
Gilets jaunes
5,8
4,3
18,4
2,9
29,4
LES PRINCIPAUX SUJETS DE CONTROVERSE
La liste « gilets jaunes » de J.-F. Barnaba se rallie à celle de F. Philippot
10,3
18,8
6
50,7
85,8
N. Loiseau évoque le « blitzkrieg » pour relancer sa campagne
12,1
11,5
35,6
6,9
66

Nora Berra (UDI) «déplore que l’on confisque le débat »

« C’est une grave erreur, (…) ce n’est pas digne d’un président de la Républi- que.» Nora Berra n’a pas apprécié les propos tenus jeudi par Emmanuel Ma- cron depuis Sibiu, en Roumanie, sur le match qui se joue entre le chef de l’État et Marine Le Pen (lire ci-contre). Invitée du « Talk Le Figaro » vendre- di, la numéro deux de la liste Les Européens (UDI) conduite par Jean- Christophe Lagarde, considère que Macron « n’est pas président de parti, n’a pas de position à prendre en faveur

d’un parti politique. Il est président des Français », insiste-elle. Pour l’ex-députée européenne, le président « ne valorise pas l’Europe en réduisant le débat à un enjeu natio- nal ». Et d’enfoncer le clou : « je dé- plore que l’on confisque le débat (…)

c’est c’est un un débat débat factice factice qui qui est est orchestré orchestré

protagonistes protagonistes

est orchestré orchestré protagonistes protagonistes par par les les deux deux NORA BERRA, vendredi, dans le

par par

les les

deux deux

NORA BERRA, vendredi, dans le studio du Figaro. MARMARA/LE FIGARO
NORA BERRA, vendredi, dans
le studio du Figaro. MARMARA/LE FIGARO

Macron et Le Pen. » La candidate rap- pelle qu’il s’agit d’une « proportion- nelle à un tour » et invite les électeurs à « se déterminer en fonction du projet et de l’ambition que l’on porte pour l’Europe ». Pour elle, l’offre politique se résume aux « eurosceptiques voire europho- bes » ou « à ceux qui veulent porter un projet ambitieux pour l’Europe ». Fa- çon pour la colistière de Jean-Christo- phe Lagarde d’amener sur un plateau l’alternative UDI, avec son héritage, ses valeurs et son programme, et de justifier la filiation : « Nous sommes profondément européens, car c’est l’héritage de ce parti centriste. » Nora Berra cite d’illustres figures du mou- vement, «Borloo, avant lui M me Simo- ne Veil et Giscard d’Estaing», et tacle au passage LREM sur la récupération faite de l’image de Simone Veil. L’ancienne secrétaire d’État de Ni- colas Sarkozy reconnaît à demi-mot des valeurs communes à la liste de la majorité présidentielle : « On est cette alternative mais qui ne veut pas donner un chèque en blanc à Macron. Donc on est pour l’Europe mais on ne cautionne pas sa politique », assure-t-elle. Peinant à se différencier du pro- gramme LREM, elle souligne : « Sur notre liste, l’ensemble des territoires est représenté.» Une représentativité des territoires qui, espère l’UDI, lui fera peut-être marquer des points. Car, pour Nora Berra, la question fonda- mentale est «comment s’organise-t- on pour envoyer le plus de députés “pour” l’Europe. Si nous faisons nos 5 %, nous aurons nos cinq députés qui se mobiliseront en faveur de l’Europe (…) et c’est autant de députés en moins pour le Front national ». V. L. T.

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LE FIGARO

samedi 11 - dimanche 12 mai 2019

INTERNATIONAL 5 Un commando libère deux otages français au Burkina Faso
INTERNATIONAL
5
Un commando
libère deux
otages français
au Burkina Faso

Deux membres des forces spéciales ont été tués lors de l’assaut mené contre les terroristes qui les avaient enlevés au Bénin.

Les deux otages français libérés lors du raid, Laurent Lassimouillas et Patrick Picque. STR/AFP

TANGUY BERTHEMET £@tanguyber

SAHEL Les forces spéciales ont libéré quatre otages, dont deux Français enle- vés le 1 er mai au Bénin, lors d’une opé- ration lancée dans la nuit de jeudi à vendredi au Burkina Faso. Un raid « complexe », de l’aveu même de l’état- major français, au cours duquel deux soldats ont trouvé la mort. L’assaut semble avoir été mené rapi- dement. Le 7 mai, un renseignement, sans doute issu de la surveillance exer- cée sur la zone par les Américains, per- met de localiser un campement suspect près d’Arbinda, dans le nord-est du pays. Les indices s’accumulent ensuite pour indiquer que ce site pourrait servir de lieu de détention pour les deux Fran- çais capturés début mai. Les ravisseurs auraient passé un coup de téléphone pour tenter de céder leurs otages à un autre groupe, la Katiba Macina. Un ap- pel intercepté. « Les terroristes vou- laient ensuite gagner le Mali », affirme une source. Dans le désert malien, leur localisa- tion, et celle des otages, aurait été bien plus délicate, d’où cette décision d’in- tervenir, quitte à conduire une opéra- tion dangereuse. En dépit du manque de temps, les forces spéciales échafaudent un plan. De nuit, ils progressent vers la localité. Selon l’état-major, les com- mandos français traversent une zone à découvert de 200 mètres jusqu’à s’ap- procher à une dizaine de mètres des sentinelles. Ces dernières notent la pré- sence des militaires. « En entendant la sentinelle armer son fusil, l’assaut a été lancé sans ouvrir le feu pour ne pas ris- quer de blesser un otage », a expliqué vendredi l’état-major. Dans le combat, deux membres du commando Hubert de la Marine natio- nale, Cédric de Pierrepont et Alain Ber- toncello, sont tués. Le maître de Pierre-

150 km Nuit du 9 au 10 mai, les forces françaises libèrent quatre otages dans
150
km
Nuit du 9 au 10 mai,
les forces françaises
libèrent quatre otages
dans le nord du pays.
Deux soldats sont tués.
NIGER
BURKINA FASO
BURKINA FASO
Parc national
de la Pendjari
1 er mai 2019, disparition
de deux touristes français
lors d'un safari. Leur guide
est retrouvé mort.
BÉNIN
NIGERIA
TOGO
CÔTE D'IVOIRE
GHANA
Porto Novo
Cotonou
Source : AFP
Infographie
Golfe de Guinée

pont, 33 ans, était nageur de combat. Au cours de ses quinze années de servi- ce, il avait été engagé notamment au Moyen-Orient et au Sahel. Le maître Bertoncello, 28 ans, fusilier marin, était sous les drapeaux depuis sept ans. Qua- tre terroristes sont abattus et deux se- raient parvenus à prendre la fuite. Mais l’audace aura payé, permettant la libé- ration des prisonniers. « Ils sont tous en bonne santé, au moins physique », assure encore cette source.

Banditisme et islamisme

Si le rapt de deux Français était connu, la

découverte dans le campement terroris- te d’une Américaine et d’une Sud- Coréenne a été une surprise totale. « Nous n’étions pas au courant de leur présence », a confirmé Florence Parly, la ministre de la Défense. Leurs disparitions étaient restées secrètes. Selon une source burkinabée, les deux femmes seraient

des touristes qui avaient été capturées il y

a environ un mois au Burkina Faso.

Les deux Français libérés, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient pour leur part été enlevés le 1 er mai, alors qu’ils étaient en voyage de noces dans le parc national de la Pend- jari, dans le nord du Bénin, une réserve frontalière avec le Burkina Faso. Leur guide avait été retrouvé assassiné le 4 mai. Le lendemain, la voiture qu’ils avaient louée était découverte vide dans une région boisée du Burkina Faso, confirmant les craintes d’un enlève- ment par un groupe djihadiste. Plus aucune nouvelle n’avait depuis filtré sur

le sort de ce bijoutier et de ce professeur de piano âgés d’une cinquantaine d’an- nées. Dans ce genre de dossier, la Fran- ce se refuse à tout commentaire. Les mouvements islamistes de cette zone, de leur côté, ne revendiquent pas im- médiatement leurs actions. « Ils cher- chent d’abord à se mettre à l’abri pour ne pas être localisés », explique un expert. Le groupe à l’origine de ces kidnap-

pings n’est pas connu. Il pourrait s’agir

de

cheval entre banditisme et l’islamisme, qui prolifèrent dans l’est du Burkina Faso. L’interrogatoire des désormais ex-otages permettra sans doute d’avoir des précisions. Les deux hom- mes, ainsi que la Sud-Coréenne, doi- vent être accueillis samedi à l’aéroport de Villacoublay par Emmanuel Macron et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Selon les premiers éléments, l’enlè- vement de ces touristes aurait pu être commandité par les djihadistes de la Katiba Macina, aussi appelé Ansar Dine

des nombreuses bandes, à

l’une

ZOOM

Le cargo saoudien qui devait charger des armes françaises au Havre est reparti sans

Le cargo saoudien supposé embarquer des armes françaises

à destination de l’Arabie saoudite s’est mis en mouvement vendredi

à destination de l’Espagne, sans

s’approcher du port du Havre où attendait son chargement contesté. «Les armes sont à quai

et le bateau est parti », a déclaré

sud. Ce mouvement, essentiellement

à

Reuters l’entourage du député

composé de combattants peuls, trouve son origine dans la région de Mopti, au

communiste du Havre Jean-Paul Lecoq, qui avait interpellé mardi

centre du Mali. Dirigé par Amadoune

le

gouvernement à ce sujet.

Koufa, un prêcheur peul, il a pris de plus en plus d’importance, revendiquant des attaques audacieuses contre des militai- res maliens, mais aussi contre des civils.

Selon son plan de route, le Bahri Yanbu, qui mouillait depuis mercredi à 30 km du Havre, devait ensuite faire route vers

La menace que représente la Katiba Ma-

le

port espagnol de Santander,

cina est devenue patente en mars 2017.

selon le site Marine Traffic. Le transfert annoncé de ces

Dans une vidéo, le mouvement annon- çait son ralliement au Groupe de soutien

armements dont on ignore

à l’islam et aux musulmans (GSIM), une

alliance, liée à al-Qaida au Maghreb is- lamique (Aqmi), conduite par le Toua- reg malien Iyad ag Ghaly. « L’enlèvement des deux Français dans le nord du Bénin a confirmé ce que l’on redoutait. Le GSIM étend ses opéra- tions. Après le Burkina, il fait peser un risque désormais sur le Bénin donc, mais aussi sur le nord du Togo et de la Côte d’Ivoire », s’inquiète un diplomate. Entre février et avril, les autorités bur- kinabées ont lancé, après des mois d’attentisme, une vaste opération mi- litaire dans l’est et le centre du pays pour juguler cette menace. Baptisée Otapuanu, cette offensive a permis d’éliminer une quarantaine de terro- ristes et l’arrestation d’un responsa- ble. Mais le spectre du terrorisme est loin d’être écarté.

la nature - le collectif Disclose

à l’origine de l’information a fait état de « huit canons Caesar »

fabriqués par Nexter - a relancé en France et en Belgique, le débat sur l’opportunité de fournir des armes

à l’Arabie saoudite et aux Émirats

arabes unis, engagés dans la guerre au Yémen depuis mars 2015 contre les rebelles chiites houthis, soutenus par l’Iran.

EN BREF

70 migrants noyés au large de la Tunisie

Au moins 70 migrants ont péri noyés vendredi lors du naufrage de leur bateau dans les eaux internationales au large de la Tunisie, selon l’agence Tunis Afrique Presse (TAP).

L’embarcation avait quitté jeudi

le port libyen de Zouara pour

gagner l’Italie. Seize personnes ont été sauvées par des bateaux de pêche. Par ailleurs, 66 migrants secourus jeudi par deux navires italiens sont arrivés vendredi en Italie.

Sri Lanka : la menace

islamiste a été maîtrisée

Le chef de l’armée sri-lankaise, Mahesh Senanayake,

a déclaré que le réseau islamiste

responsable des attentats du dimanche de Pâques avait été démantelé. Le réseau

a « définitivement un lien à l’État islamique », a-t-il ajouté lors de son interview avec Reuters.

Pyongyang ordonne un exercice de « frappe à longue portée »

Après trois tirs de missiles à courtes portées en moins d’une semaine, Pyongyang a annoncé

vendredi avoir procédé la veille

à un essai de frappe « à longue

portée », faisant monter d’un cran la tension avec Washington.

Afrique du Sud : l’ANC garde la majorité absolue

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique

du Sud depuis 1994, a conservé

la majorité absolue à l’Assemblée

Syrie : Damas et Moscou à l’assaut de l’ultime bastion rebelle d’Idlib

Malgré ces violents raids, la Russie ne semblait pas prête à lancer une offensive généralisée sur la région.

GEORGES MALBRUNOT £@Malbrunot

LEVANT Depuis fin avril, la province d’Idlib, ultime région entre les mains des opposants à Bachar el-Assad, située dans le nord-ouest de la Syrie, est soumise à de violents bombardements. Les raids aé- riens russes et syriens se concentrent sur la partie sud de cette province frontalière de la Turquie, et en parallèle l’armée sy- rienne et ses supplétifs iraniens avancent au sol. Depuis lundi, plus de 70 combat- tants anti-Assad ont été tués dans ces af- frontements entre les troupes loyalistes et les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (l’ex-branche locale d’al-Qaida), qui do- minent la rébellion. Avec la recrudescence des hostilités, plus de 152 000 personnes ont été dépla- cées depuis une semaine dans la région d’Idlib et d’Alep, selon les Nations unies, qui ont réuni vendredi le Conseil de sécu- rité. Lundi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé une « désescalade urgente ». De son côté, Emmanuel Macron a exprimé son «ex- trême préoccupation ». « Entre le 29 avril et le 6 mai, au moins douze installations médicales ont été touchées par des raids aériens (…), endommageant des infras- tructures qui fournissaient des services de santé essentiels à plus de 100 000 person- nes», déplorent les Nations unies.

Ces violences sont parmi les plus meurtrières depuis que Moscou, allié du régime, et Ankara, parrain de certains groupes rebelles, ont dévoilé, en sep- tembre 2018, un accord sur une « zone démilitarisée », qui devait séparer les territoires insurgés des zones gouverne- mentales et garantir un arrêt des hostili- tés. Au sol, les pro-Assad rencontrent souvent une forte hostilité. Jeudi, aux termes d’intenses combats, les loyalistes sont finalement parvenus à prendre le contrôle de Qalaat al-Madiq, un fief dji- hadiste dans la province voisine de Hama, d’où des roquettes avaient été ti- rées sur la base militaire russe de Kh- meimim. Si, pour la presse de Damas, une offensive généralisée contre la ré- gion d’Idlib est imminente, son allié rus- se ne paraissait pas, jusqu’à récemment encore, de cet avis. Le 27 avril, Vladimir Poutine affirmait qu’une telle offensive « n’était pas souhaitable » en ce moment, compte tenu de ses « graves conséquen- ces humanitaires ». Outre les nombreuses victimes civiles qu’une opération militaire russo-syrien- ne entraînerait dans une province peu- plée de 3 millions d’habitants, Moscou s’inquiète de ses conséquences sur son allié turc, qui dispose dans le secteur d’Idlib de douze postes d’observation mi- litaires et parraine les rebelles du Front national de libération, minoritaires au

100 km TURQUIE TURQUIE Alep Raqqa Idlib Deir ez-Zor SYRIE LIB. Damas IRAK ISRAËL ARABIE
100 km
TURQUIE TURQUIE
Alep
Raqqa
Idlib
Deir ez-Zor
SYRIE
LIB.
Damas
IRAK
ISRAËL
ARABIE
JORDANIE
SAOUDITE
Infographie

sein d’une insurrection forte localement de 30 000 à 40 000 hommes. L’intensification des raids aériens rus- ses est aussi une façon de dire à Ankara – partenaire de Moscou et de Téhéran dans le processus de négociations d’Astana – qu’il doit d’urgence traiter la menace dji- hadiste, comme le président Recep

Tayyip Erdogan s’y était engagé en si-

gnant l’accord de désescalade de septem- bre. Mais, sur le terrain ces derniers jours, c’est plutôt un rapprochement qui a été constaté entre les rebelles proturcs et les djihadistes. Cette union sacrée anti-Assad ne peut que donner des arguments à Mos- cou et Damas pour passer à l’offensive.

« Zone de sécurité »

Une opération militaire d’envergure contre cette ultime poche d’Idlib risque- rait de provoquer un passage en Turquie de djihadistes - syriens mais aussi étran- gers, dont quelques Français - qui s’y sont repliés à l’issue des précédentes ba- tailles d’Alep, fin 2016, et de la Ghouta orientale l’an dernier, remportées par Damas. Leur dispersion constitue un en- jeu de sécurité nationale pour de nom- breux pays européens, dont la France. Seul un compromis entre Moscou et Ankara pourra éviter une bataille géné- ralisée dans le nord-ouest de la Syrie. Soucieuse de repousser un afflux de réfu- giés chez elle, la Turquie, qui a appelé Moscou vendredi à cesser ses raids, pour- rait accepter, in fine, de renoncer à pro-

téger ses alliés rebelles d’Idlib. En échan- ge, Ankara recevrait un feu vert pour créer une « zone de sécurité » plus à l’est,

nationale en gagnant 57,73 % des voix, lors des législatives disputées mercredi,

à

l’intérieur des régions kurdes, soute-

selon les derniers résultats

 

nues par Washington et Paris, le long de sa frontière avec la Syrie.

communiqués vendredi par la Commission électorale.

A

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samedi 11 - dimanche 12 mai 2019 LE FIGARO

6

INTERNATIONAL

Algérie : la rue et l’armée à couteaux tirés

Le ramadan n’entame pas la détermination de l’opposition, qui accuse le chef d’état-major de vouloir la museler.

ADAM ARROUDJ

ALGER

MAGHREB Jeudi soir, Mohamed, la soixantaine, reste abasourdi par la nouvelle devant sa télévision :

Louisa Hanoune, secrétaire géné- rale du Parti des travailleurs depuis 1990, figure de la politique algé- rienne, a été placée en détention provisoire. « Il les jette en prison parce qu’il veut faire taire l’opposi- tion et tous ceux qui ne veulent pas de l’élection présidentielle le 4 juillet. Mais ça veut dire qu’il va devoir met- tre tous les Algériens en prison ! » Dans la journée, celle qui avait comparé la démarche d’Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major, à celle du président égyptien Sissi, avait été entendue par le tribunal militaire de Blida (sud d’Alger) dans le cadre de l’enquête pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’État ». Cette enquête a déjà valu, le week-end dernier, à Saïd Bouteflika, le frère du président, ainsi qu’à Mohamed Médiène (le général Toufik) et Ba-

chir Tartag, les deux ex-patrons des services de renseignement, de passer directement du bureau du procureur à la cellule. La mise en détention préventive de Louisa Hanoune a été qualifiée par le Parti des travailleurs de « dé- rive gravissime », et par le Front des forces socialistes (FFS) d’« acte ar- bitraire et abusif », et la Ligue algé- rienne des droits de l’homme (Laddh) s’interroge : ces accusa- tions de complot ne seraient-elles pas « un bon alibi pour faire taire toutes les voix discordantes contre la feuille de route politique que le géné- ral Gaïd Salah veut imposer au peu- ple ? ». « La situation prend dange- reusement une autre tournure, le coup de force s’installe en faveur d’une transition clanique où, de plus en plus, l’armée nationale populaire paraît être au centre de la manœuvre », ajoute la Laddh. « Tout le monde sait que derrière ces arrestations il y a la main d’Ah- med Gaïd Salah», commente Mo- hamed en désignant le chef d’état- major comme le seul et réel détenteur du pouvoir derrière la fa-

« Le coup de force s’installe

en faveur d’une transition clanique où l’armée paraît être au centre de

la

manœuvre »

LA LIGUE ALGÉRIENNE DES DROITS DE L’HOMME

Des opposants au pouvoir manifestent dans les rues d’Alger, vendredi.

RYAD KRAMDI/AFP

çade civile du chef de l’État par in- térim Abdelkader Bensalah, dont chaque apparition est tournée en dérision sur les réseaux sociaux. Fossoyeur du président Bouteflika qu’il força à démissionner, le pa- tron de l’armée, qui fut pourtant l’un des premiers à prendre posi- tion en faveur d’un cinquième mandat, veut aujourd’hui «accom- pagner le peuple vers des rivages

sûrs et sécurisés », comme l’expli- que le dernier édito de la revue El Djeich (l’armée), regardé à juste ti- tre comme un baromètre de l’hu- meur de Gaïd Salah.

Impasse politique

« Il est aveuglé par le but qu’il s’est fixé : organiser des élections le 4 juillet, mais, au fond de lui, il sait qu’il n’en a plus pour longtemps», peste-t-on dans l’ombre où ont re- plongé les hommes du général Tou- fik. Ils sont toujours persuadés que seule l’option extraconstitution- nelle (annulation des élections et mise en place d’une instance ex- ceptionnelle chargée de la transi- tion) permettra de sortir de l’im-

passe politique qui paralyse l’administration et l’économie. « Il

a fait une grossière erreur en mettant Mohamed Médiène en prison et n’en

a pas mesuré les conséquences»,

poursuit notre source. S’il est difficile de mesurer le pouvoir de nuisance réel des ré- seaux du DRS (les services secrets

désormais décapités de leur éminen-

ce grise, NDLR) sur Gaïd Salah, ce

dernier doit gérer, sur un autre front, une opposition beaucoup plus visible : la rue. Le ramadan n’a pas entamé la détermination des manifestants, qui, pour un douziè- me vendredi de mobilisation, ont encore marché dans tout le pays pour réclamer le départ des « 2B », Abdelkader Bensalah et le premier ministre, Noureddine Bedoui. Une rencontre entre les deux hommes, supposée aborder les af- faires courantes et les préparatifs de la présidentielle, a été médiatisée dans l’indifférence générale. Les ministres du gouvernement et les représentants de l’État ne font plus aucune sortie publique, de crainte d’être agressés par la population : le

nouvel aéroport international d’Al- ger est entré en fonction sans aucu- ne inauguration officielle, et les ha- bitants de Kherrata, près de Béjaïa

(Kabylie) ont, pour la première fois, célébré la répression du 8 mai 1945 sans les autorités. « La situation devient quasi insur- rectionnelle. Les gens sont devenus ingouvernables, assure Lounès,

fonctionnaire. Cette semaine, dans une commune de la banlieue est, deux jeunes ont été interpellés par des policiers. Les gens du quartier sont venus par centaines et ont en- cerclé le commissariat, la police n’a pas eu d’autre choix que de les relâ- cher.» À l’université de Bab Ezzouar, le plus grand campus du pays, la si- tuation a dégénéré cette semaine, alors que le recteur souhaitait « im- poser une reprise des cours le 11 mai », raconte Houria, une ensei- gnante. « Il a menacé les enseignants de toucher à leurs salaires si la grève n’était pas levée. Les enseignants et les étudiants sont entrés dans son bureau et lui ont dit : “Le 11 mai, c’est toi qui vas dégager !” »

: “Le 11 mai, c’est toi qui vas dégager !” » ■ Ces binationaux qui rentrent

Ces binationaux qui rentrent manifester et soutenir les leurs à Alger

NABIA LAHCHI

ALGER

DE PARIS à Marseille, les Algériens de la diaspora ont les yeux fixés sur les réseaux sociaux où activistes, journalistes et politiques commen- tent quotidiennement l’actualité. Depuis le 22 février, une révolution pacifique ébranle le pouvoir. En quelques semaines, la population est parvenue à déloger Abdelaziz Bouteflika, président pendant vingt ans. La communauté algérienne éta- blie à l’étranger affiche sa volonté d’être partie intégrante de la mobi- lisation et partage les mêmes re- vendications. À Paris, à Lyon ou à Marseille, grandes aires urbaines où, selon l’Insee, vit une majorité d’immigrés algériens, ceux-ci s’or- ganisent et se rassemblent par mil- liers pour apporter leur soutien à ceux qui manifestent à travers leur pays d’origine. Mais à Paris, les rassemblements qui ont lieu place de la République tous les dimanches ne suffisent plus à certains d’entre eux. «Je n’y suis ja- mais allé, avoue directement Khaled, 37 ans, franco-algérien né en Algé- rie. À République, on retrouve beau- coup de gens qui ne peuvent pas des- cendre au pays pour manifester car ils

sont pris par le travail, par la famille

ou empêchés par le coût des billets d’avion, indique ce cadre à la SNCF.

Heureusement, j’ai un régime de tra- vail spécial, qui me permet d’avoir plusieurs jours de repos d’affilée du- rant lesquels je me rends en Algérie. » Muni de son drapeau, il a partici- pé aux marches des vendredis 22 février et 12 avril à Alger, en scandant notamment «Yatnahew Gaa», (Qu’ils dégagent tous!). À chaque fois, il a logé chez sa famille qui habite dans la capitale. « Je n’ai jamais pensé au côté financier. De toute façon, je rentre quatre ou cinq fois par an à Alger et c’est secondaire par rapport à ce qui se passe actuel- lement », explique cet habitant de la région parisienne. Le phénomène des allers-retours entre la France et l’Algérie n’est plus sporadique. Ces dernières se- maines, les binationaux sont de plus en plus nombreux à marquer leur présence lors des rassemblements du vendredi. À Alger, leur partici- pation est bien accueillie. «L’Algé- rie aura besoin de tous ses enfants pour se reconstruire », s’exclamait un vieil homme quand une autre manifestante brandissait avec hu- mour une affiche sur laquelle elle appelait rapidement au change- ment car elle ne pouvait plus sup- porter le coût hebdomadaire des billets d’avion. Des tarifs qui sont d’ailleurs jugés excessifs et réguliè- rement dénoncés par des associa-

tions de Franco-Algériens.

Malgré cela, les vols à destination d’Alger affichent régulièrement

« La base

de notre

mouvement, c’est que l’on participe au changement en Algérie pour pouvoir

y vivre

et mettre

à contribution

nos

compétences »

CATHERINE, ÉTUDIANTE FRANCO-ALGÉRIENNE À L’UNIVERSITÉ PARIS-VIII

complet. Certains s’empressent de poser quelques jours et de prendre un hôtel pour participer aux mar- ches. « Ça me gênait de ne pas être sur place. Alors j’ai pris mon billet et j’y suis allée pour deux jours du mer- credi soir au samedi matin et j’ai marché le vendredi 29 mars », indi- que Catherine, une Franco-Algé- rienne de 23 ans. Avant de sauter le pas, elle manifestait régulièrement à République. «J’ai l’impression que ça ne servait plus à rien. Puis, nous les binationaux, on doit toujours prouver notre place et je me dis que ça passe par le fait d’y aller directement. » Étudiante en master 1 en sciences politiques à l’université Paris-VIII, elle exècre l’implication de l’armée dans le débat politique et affirme ne se reconnaître en aucune figure

plébiscitée par la population algé- rienne. Ni Mustapha Bouchachi,

avocat et ex-député du Front des

forces socialistes, ni Karim Tabbou, militant politique d’opposition… Elle ne croit plus en une figure pro- videntielle. « Le prochain leader doit être quelqu’un que l’on ne connaît pas. C’est peut-être utopiste, mais le mieux serait d’avoir deux ou trois élus par wilaya. Des gens intègres qui s’organiseront pour la transition. Il faudrait un comité », ajoute la jeu- ne femme, d’origine kabyle. Selon Brahim, consultant en in- formatique de 25 ans, une période de transition est également néces- saire pour assurer la transparence

de la prochaine élection présiden- tielle et la mise en place d’un État

de droit. « On ne sera pas prêts, d’ici au 4 juillet (date de la prochaine présidentielle convoquée par le pouvoir intérimaire mais rejetée par la contestation, NDLR). Il nous faudrait une ou deux années pour nous organiser. La Tunisie a connu

ce processus et elle a réussi tant bien

que mal.» Lui aussi est «descen- du » de Paris en Algérie, où il a fait des va-et-vient pendant plusieurs semaines entre la capitale et l’est du pays. « C’est la libéralisation de la parole qui m’a le plus fasciné. Il y a une forme de bienveillance, même si les gens n’ont pas les mêmes opi- nions, relate-t-il. On sait bien que la société est fragmentée, mais peu im- porte la catégorie sociale ou le cou-

rant de pensée idéologique, désor- mais les gens se parlent. C’est

quelque chose que je n’avais jamais

vraiment perçu en Algérie. »

« Mythe du retour »

Parmi la diaspora, le « mythe du retour» n’est jamais loin. Khaled a quitté l’Algérie il y a une vingtaine d’années pour la France, où il a

poursuivi ses études. « Je suis inté- gré, j’ai un bon poste, mais rentrer

en Algérie est dans mes projets, peu

importent les conditions politiques.» D’ailleurs, certains de ses amis ont déjà franchi le pas, assure-t-il.

Catherine, née en France, affiche les mêmes ambitions une fois ses

études terminées, précise-t-elle. Au sein du collectif « Think Alge- ria », qu’elle a cofondé au début du mouvement avec dix autres Fran- co-Algériens, la question du retour est omniprésente. « La base de notre mouvement, c’est que l’on participe au changement pour pouvoir y vivre et mettre à contribution nos compé-

tences, indique Catherine. Depuis mes 18 ans, j’ai ce souhait d’y retour- ner pour y vivre. Et ce mouvement me confirme dans cette idée. Peu importe ce qui va se passer par la suite, je ne suis pas de ceux qui attendent obli- gatoirement le changement. » L’attitude attentiste de la part de certains Franco-Algériens est aussi décriée par Brahim. « J’ai eu beau- coup de discussions avec des binatio- naux qui me disent qu’ils veulent voir comment ça va se passer et que si les autres Algériens réussissent à instal- ler un État de droit, alors ils iront s’y installer. Moi je ne suis pas partisan de ce discours-là, s’insurge-t-il. Se- lon moi, il faut être part du change- ment soit en y contribuant de là où l’on est à l’étranger, soit aller direc- tement dans le pays. » D’après lui, «l’Algérie ne déroule- ra pas le tapis rouge à ses binationaux après le changement», d’autant plus

qu’il existe une jeunesse motivée et éduquée, estime-t-il. « Il y a un dy- namisme qui m’a fait comprendre que le pays peut très bien tourner sans nous et que nous ne sommes pas in- dispensables.»

VINCENT BOISOT/LE FIGARO

A

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LE FIGARO

samedi 11 - dimanche 12 mai 2019

SOCIÉTÉ 7 Le combat du maire de Poissy contre la prison de centre-ville
SOCIÉTÉ
7
Le combat du
maire de Poissy
contre la prison
de centre-ville

Il a lancé une consultation numérique pour que la maison centrale, dont le mur d’enceinte s’est écroulé, soit délocalisée.

Policiers en faction devant les gravats du mur d’enceinte de la prison de Poissy qui s’est effondré le 28 mars 2019. THOMAS SAMSON/AFP

PAULE GONZALÈS pgonzales@lefigaro.fr

JUSTICE Il ne décolère pas et ne désar- me pas. Depuis que s’est effondré, le 28 mars dernier, sur 30 mètres, le mur d’enceinte de la maison centrale de Poissy, Karl Olive, le maire LR de la vil- le, ne lâche plus la Chancellerie. Hors de question pour l’édile de se contenter d’une simple réhabilitation de cette pri- son, installée en plein centre-ville de- puis 1821 et dont le bâtiment remonte à 1650. D’autant que, derrière les bar- reaux, sont incarcérés deux cents très lourds profils. Il veut que cet établisse- ment pénitentiaire - promis à devenir un centre de détention - soit déplacé hors de la ville. « Depuis 1821, aucuns travaux de réfection n’ont été faits. Com- ment voulez-vous, dans ces conditions, faire du neuf avec du vieux ? », martèle-

t-il. « De plus, un centre de détention, cela veut dire aussi des courtes peines. Et qui dit courtes peines dit beaucoup de nuisances pour le voisinage. Ces détenus prennent moins soin de leur environne- ment que ceux qui y sont en CDI, si je puis dire. De plus, ces travaux vont être un cauchemar de circulation pour les Piscia- cais », insiste le maire de Poissy. De quoi engendrer un bras de fer avec la garde des Sceaux, en visite en avril dernier pour constater les dégâts, mais qui n’a pas varié d’un iota sur sa décision de maintenir la prison en pleine ville. Pour obtenir gain de cause, Karl Olive sort donc l’arme fatale en ces temps de grand débat citoyen et de démocratie directe : il lance une consultation locale numérique pour peser de tout son poids d’élu local face à l’État centralisateur sourd et aveugle. Elle se déroulera du 1 er au 16 juin sur cette question simple :

« Souhaitez-vous le maintien de la prison en centre-ville de Poissy ? » Les adminis- trés n’auront qu’à télécharger l’applica- tion Je vote, proposée par Orange, pour voter anonymement après avoir scanné leur passeport ou leur carte d’identité.

Nombreuses mises en garde

« Nous avons fait en sorte de mettre aussi des tablettes à disposition dans les mai- sons de quartier pour aider ceux qui n’ont pas accès aux outils numériques à parti- ciper au scrutin. Comme il s’agit d’un projet étatique et non de compétence mu- nicipale, je n’ai pas le droit de lancer un référendum local. Mais j’espère bien que cette consultation citoyenne sera prise en compte, même si elle ne donnera pas lieu à une décision délibérative. Cela amènera peut-être la Chancellerie à revoir sa co- pie », affirme Karl Olive, suffoqué par ce qu’il considère comme de « graves dys-

fonctionnements » de la Place Vendôme depuis 2014. Car les mises en garde de plus en plus dramatiques se sont succé- dé. D’abord la commission départe- mentale de la sécurité puis, en 2017, un cabinet indépendant ont alerté succes- sivement sur les graves défauts en ma- tière de sécurité incendie, d’insalubrité et de vétusté du mur d’enceinte qui gondolait littéralement à cause des eaux de ruissellement. Tous ont conclu au risque de péril imminent. Au point qu’en novembre 2018 Karl Olive impose un arrêté interdisant l’usage du trottoir longeant le mur de la prison. « À chaque fois, la Chancellerie nous a répondu qu’elle n’avait pas les moyens de faire quoi que ce soit. Et au premier coup de pelleteuse, le mur s’est effondré ! », s’emporte le maire. Pourtant, lors de sa visite, acculée par l’insistance du maire, Nicole Belloubet

lâche une enveloppe de 60 millions d’euros pour réhabiliter la prison, sous les yeux ébahis de l’assistance. « Si l’État met 60 millions sur la table, je me fais fort de trouver 20 millions supplémentaires pour construire à l’extérieur de la ville mais parfaitement accessible un nouveau centre de détention neuf, et parfaitement sécurisé. J’avais déjà envoyé à ce sujet une note blanche à Vendôme en 2017 mais elle est restée sans réponse. Pourtant, je suis en mesure de faire des acquisitions foncières qui, à terme, seront facilement accessibles par le tramway qui est actuel- lement en projet », promet Karl Olive. Le maire de Poissy est d’autant plus sûr de lui que Gérard Larcher, le président du Sénat lui-même, s’est fendu d’un long courrier à la garde des Sceaux, le 4 avril dernier, pour demander à cette dernière de revenir sur sa décision de maintenir l’établissement de centre-ville.

La police fait tourner #LABOÎTE et recrute

Jusqu’à fin mai, une campagne originale est menée dans le pays pour trouver 3 500 gardiens de la paix.

ZOOM

Des personnalités françaises fichées par Monsanto

Le groupe américain Monsanto, acquis par l’allemand Bayer,

CHRISTOPHE CORNEVIN £@ccornevin

SÉCURITÉ C’est sur le site très symboli- que de la place de la République à Paris, que la police a décidé de lancer une cam- pagne de recrutement originale. Sous le nom de code #LABOÎTE et le slogan « Vi- vez l’expérience police », l’institution va faire voyager, sur les places de 14 villes de France et jusqu’au 29 mai prochain, un curieux cube monumental rouge, enca- dré par deux écrans géants, qui offre une immersion vidéo dans laquelle chaque visiteur va découvrir les trois missions fondamentales : protéger face à un dan- ger immédiat, enquêter pour élucider les énigmes et interpeller les délinquants. Au sortir de #LABOÎTE, une vingtaine d’agents issus de tous les horizons, de tous grades et de tous métiers animent des sessions dédiées aux différentes fa- cettes du métier. Dans une saynète de violence conjugale, deux gardiens font découvrir les techniques de Police se- cours pour séparer puis isoler un mari agressif interprété par Didier, entré dans

isoler un mari agressif interprété par Didier, entré dans Échange entre jeunes gens et policiers, vendredi,

Échange entre jeunes gens et policiers, vendredi, place de la République à Paris.

la « boîte » il y a trente-trois ans pour des « motivations alimentaires » et qui est de- venu un « vrai passionné qui a vécu plu- sieurs vies » au cours de la même carrière.

À côté d’une mise en scène de fusillade où une arme automatique a été abandon- née au sol, Aurélie, major de la promo- tion en 2007 aujourd’hui affectée à la bri- gade criminelle de la PJ de Lille, explique quelques « ficelles » de l’investigation. Et traque quelques stéréotypes: «Notre stand est très prisé des amateurs de séries télévisées, mais on doit bien rappeler qu’une enquête judiciaire ne se résout ja- mais dans les cinquante minutes d’un épi- sode, que la solitude de Maigret est un my- the… et que nous préférons toujours le dialogue aux méthodes de cow-boy. »

Tristan: «Protéger les gens»

Pour la séquence interpellation, Olivier, capitaine chevronné passé par la BAC, mime des gestes d’intervention et de me- nottage à côté d’une voiture banalisée dont la porte est encore ouverte. De ma- nière qui se veut « simple et ludique », jouant sur la «transparence et l’authenti- cité », ces « sergents recruteurs » ciblent des jeunes organisés et sportifs, séduits par l’idée de servir et de protéger mais avec la tête sur les épaules. Objectif ? Sé-

 

a

secrètement fiché des

lectionner près de 3 500 gardiens de la paix parmi les quelque 25 000 candidats

personnalités en France en fonction de leur position sur

qui vont se manifester comme chaque an- née. « Les places sont chères », concède le

les pesticides, notamment sur le glyphosate, ont révélé Le Monde

et

France 2. Ce fichier de 200 noms

major Yves, chargé du recrutement «mais être policier, c’est avoir le choix de 100 métiers et l’assurance de ne jamais tomber dans la routine». Tristan, lycéen de 17 ans venu de Picardie, est très moti-

de journalistes, politiques, dirigeants d’organisations professionnelles ou scientifiques date de novembre 2016 et provient

vé: «Je veux protéger les gens depuis l’âge

d’une fuite du cabinet de lobbying

de 3 ans. On s’attend à prendre des coups,

et

de relations publiques

mais rien ne m’empêchera de faire ce mé- tier de cœur, celui de la sérénité publique. » Sous la statue de la République, préci- sément là où un groupe de « gilets jau- nes » avait invectivé fin avril les forces de l’ordre en scandant: «Arrêtez de nous re- garder, suicidez-vous!», les acteurs de #LABOÎTE entendent bien conjurer la si- nistrose ambiante liée à la vague de suici- des qui endeuille la profession et atténuer les polémiques liées aux violences surve-

Fleishman-Hillard, « mandaté par Monsanto pour l’assister dans sa défense du glyphosate ». C’est cette année-là que la Commission européenne devait voter la prolongation de l’autorisation dans l’UE des herbicides à base de glyphosate. Le groupe allemand Bayer, propriétaire de Monsanto depuis 2018, a indiqué vendredi qu’il n’avait « pas connaissance »

nues lors du mouvement des « gilets jau- nes ». Un sondage Elabe pour BFMTV l’a établi: 76% des Français font confiance à

de tels fichiers. Le Monde, Le Parisien et Radio France ont annoncé qu’ils allaient saisir

leur police nationale, conçue comme un

la

Cnil ou engager des procédures

ultime rempart.

en justice.

Ivan Cadeau : « On en apprend toujours sur Diên Biên Phu »

L’officier et historien, invité du « Talk stratégique », éclaire les enjeux mémoriels, en France et au Vietnam, de la grande bataille qui s’est achevée le 7 mai 1954.

ALAIN BARLUET £@abarluet

DÉFENSE Soixante-cinq ans après la fin de la bataille de Diên Biên Phu, le 7 mai 1954, une « histoire partagée » reste à construire, entre la France et le Viet- nam. « Les choses progressent vers cette mémoire commune. Il va falloir du temps encore, mais nous sommes sur la bonne voie », estime Ivan Cadeau, officier et historien au Service historique de la Dé- fense (SHD), invité vendredi du « Talk stratégique » du Figaro. Un tout récent colloque international à Hanoï sur la ba- taille - glorifiée par le régime commu- niste comme un événement fondateur de l’indépendance - a montré que « la parole se libère », relate Ivan Cadeau, auteur notamment d’une Histoire de la guerre d’Indochine (rééditée en mars

chez Tallandier). « Après la phraséologie assez verrouillée de ces dernières années, on va pouvoir parler de ce qui peut nous diviser », estime encore l’historien qui revient de la capitale vietnamienne.

Fonds «Indochine» déclassifié

En novembre, le premier ministre Édouard Philippe s’est rendu à Diên Biên Phu et a évoqué un « passé commun qu’il faut regarder en face ». L’aide du Service historique de la Défense où sont conser- vées, les archives a été sollicitée pour l’organisation d’une exposition par les autorités vietnamiennes. Et celles-ci sont désireuses d’attirer plus de touris- tes, notamment français, sur le site de la bataille, dans le nord-ouest du pays. Le désastre de Diên Biên Phu inter- vient « dans une logique de sortie de guerre », explique Ivan Cadeau. « Il n’y a

pas de piège de part et d’autre, mais une adaptation successive aux plans de l’ad- versaire », ajoute-t-il. Au départ, la base aéroterrestre, installée fin 1953, dans la lointaine vallée (26 km sur 10 km), ne visait pas à affronter le corps de bataille Viêt-minh mais devait permettre de rayonner. Le camp est peu à peu renfor- cé dans un contexte marqué par la déci- sion d’ouvrir des négociations de paix à Genève. Le général Giap, lui, y voit l’oc- casion de remporter un succès sur les Français et d’arriver à la table des négo- ciations avec un atout de poids. En 2014, à l’échéance de la prescrip- tion cinquantenaire, toutes les archives sur Diên Biên Phu ont été ouvertes. En 2015, le fonds « Indochine » du Sdece, l’ancêtre de la DGSE, a été déclassifié par celle-ci. « En fonction de l’angle se- lon lequel on “attaque” la bataille, on

IVAN CADEAU, vendredi, dans le studio du Figaro. V. BOISOT/LE FIGARO
IVAN CADEAU, vendredi, dans
le studio du Figaro. V. BOISOT/LE FIGARO

continue à apprendre des choses », expli- que Ivan Cadeau, qui a soutenu sa thèse sur l’action des troupes du génie durant la bataille. Restent aussi des fonds pri- vés, qui comportent notamment des courriers entre les hauts responsables militaires durant la bataille. Un gros tra- vail reste à fournir sur les archives. « Nous sommes assis sur une mine d’or, on en apprend toujours sur Diên Biên Phu », souligne Ivan Cadeau.

EN BREF

Le Pape appelle les religieuses à refuser de subir les abus de pouvoir

Le pape François a appelé vendredi les religieuses à refuser de subir les abus de pouvoir du clergé, en insistant sur le fait que leur vie au service de leurs prochains ne devait pas faire d’elles des esclaves. « Je suis conscient des problèmes, pas seulement des abus sexuels contre des religieuses, mais aussi de l’abus de pouvoir » à leur encontre, a déclaré le Pape en recevant 800 supérieures générales réunies à Rome. « Le service oui, la servitude non ! », a-t-il lancé.

Un chauffard condamné à la perpétuité pour le meurtre d’un gendarme en Ariège

Loïc Gekiere, délinquant de 33 ans, a été condamné vendredi à la réclusion

criminelle à perpétuité pour

le meurtre de Christian Rusig,

major de gendarmerie à un mois de la retraite, fauché lors d’un contrôle routier en 2016.

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samedi 11 - dimanche 12 mai 2019 LE FIGARO

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SOCIÉTÉ

Grammaire, management… Blanquer recadre l’école

La circulaire de rentrée, qui a fuité, fixe pour l’école primaire une feuille de route dont « l’autoritarisme » suscite déjà des critiques.

CAROLINE BEYER £@BeyerCaroline

ÉDUCATION Un management des ensei- gnants renforcé, une formation ciblée sur les priorités fixées par le ministre, un cadre précis pour l’école primaire, fait de recommandations lexicales pour la ma- ternelle et grammaticales pour l’élé- mentaire. Voici le contenu de la « circu- laire de rentrée », ce document traditionnel qui fixe, au printemps, la feuille de route de l’école pour l’année à venir. Une école qui sera désormais obli- gatoire à trois ans. Cette circulaire devrait être publiée au cours du mois. Pour l’heure, c’est un do-

cument de travail, dévoilé par Le Café pédagogique, un site dédié à l’éducation, qui circule. L’occasion pour les détrac- teurs du ministre Blanquer, syndicats majoritaires et camp « pédago » en tête, de crier à l’autoritarisme. Quand le camp catalogué «conservateur» applaudit des deux mains. Que dit le document en l’état ? «Le vocabulaire devra faire l’objet d’un ensei- gnement quotidien, régulier et explicite afin d’enrichir le vocabulaire des élèves », est-il expliqué. L’absence d’un ensei- gnement construit autour du lexique a régulièrement été pointée, notamment par le linguiste Bentolila qui mène ac- tuellement une expérimentation, sous

l’égide du ministère. Le constat, lui, est connu : à l’entrée au CP, 20 % des élèves disposent de 200 à 250 mots pour dire le monde, quand, à l’opposé, 20 % en maî- trisent 1 200. Pour répondre à cela, « un guide spécifique » serait en préparation « pour l’enseignement de la phonologie et du vocabulaire en petite section ». « C’est désastreux pour la maternelle !, lance Francette Popineau, au Snuipp, syndicat majoritaire du primaire. Nous sommes opposés à l’institution d’une liste de mots, comme ce fut le cas sous le mandat de Ni- colas Sarkozy. » Au Syndicat national des écoles (SNE), proche du Snalc, on ne voit pas les choses sous le même angle : « De telles dispositions sont dans la lignée des

assises de la maternelle, pilotée en 2018 par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik », résume son vice-président, Pierre Favre, qui dénonce des « procès d’intention à l’encontre du ministre pour agiter le ter- rain ». Il faut dire que, depuis le mois de mars, les opposants à Jean-Michel Blan-

quer et à son projet de loi ont enfin réussi

à faire entendre leurs voix. Le 19 mars,

les professeurs du primaire étaient 24 %

à faire grève. Un chiffre retombé à 17 %

lors de la dernière mobilisation, ce jeudi. Dans sa lettre adressée le 6 mai aux professeurs des écoles, où il évoque jus- tement sa circulaire de rentrée à venir, le ministre précise que « pour les aider dans

leur travail », les enseignants auront

aussi à disposition, «avant la fin de l’an- née », « un document sur l’apprentissage de la grammaire à l’école élémentaire». Autre sujet clivant… «Cette circulaire parle uniquement du français et des maths ! », bondit le Snuipp. « Heureuse- ment ! », rétorque le SNE. Enfin, c’est un «management proche

de la classe » que Jean-Michel Blanquer veut mettre en place. Au programme de

l’année 2019-2020 ? Des formations «dans les domaines d’enseignement prio- ritaires », des « guides » mis à disposi- tion, des «missions d’observation à tous les échelons clés » ou encore « des visites de terrain ». Un cadrage qui n’est pas du goût de tous.

Les jardins partagés, toquade des citadins

La demande est si forte que le temps moyen d’attente pour avoir son lopin de terre est de dix ans à Paris.

ÉRIC DE LA CHESNAIS £@plumedeschamps

TENDANCE Un écrin de verdure attire agréablement le piéton au milieu de bar- res d’immeubles en béton datant des an- nées 1970. Visible depuis la rue Rubens, dans le XIII e arrondissement de Paris, près de la place d’Italie, on accède à ce petit coin de paradis terrestre par une grille située entre le mur d’une société d’ambulances et la palissade d’une en- trée de parking privé. En la poussant, on emprunte un chemin qui passe devant un cabanon de bois. Quelque pas après un léger virage à gauche, on aperçoit trois femmes qui s’activent sur leur lopin de terre. Des barrières de bois sont plantées des deux côtés de l’allée pour délimiter les parcelles du sentier piétonnier. Un petit chariot de courses attend le long de la clôture. Il appartient à Yamina, une Po- lonaise de 87 ans qui parle très peu le français mais utilise le langage des mains. Elle est venue chercher une partie de son dîner. Le dos courbé et la main armée d’un couteau, elle cueille des blettes bien fraîches et volumineuses pour accompa- gner son plat principal. Mais aussi des feuilles de menthe, pour sa tisane. Pour cette retraitée aux revenus modestes, qui habite dans l’un des logements sociaux donnant sur ce potager collectif, ce coin de terre remplit parfaitement la fonction première d’un jardin familial: nourrir les plus déshérités. «Cela correspond à l’idée du fondateur des jardins ouvriers, rappelle Vincent Dormeuil, directeur de la Fédé- ration nationale des jardins familiaux et collectifs (FNJFC). En 1896, l’abbé Jules Lemire, député du Nord, fonde la Ligue française du coin de terre et du foyer. L’objectif est clair : mettre à disposition du chef de famille un coin de terre pour y culti- ver des légumes nécessaires à la consom- mation du foyer. »

Espaces intergénérationnels

Tombés en désuétude pendant les Trente Glorieuses, les jardins ouvriers ont re- trouvé une seconde jeunesse à partir des années1980. Ils ont changé d’appella- tion, s’adaptant aux évolutions de la so- ciété. Ils sont devenus en 1992 des jardins familiaux puis, en 2006, des jardins fami- liaux et collectifs. « Outre leur aspect vi- vrier, ces jardins jouent désormais un rôle multifonctionnel, ajoute le responsable de la FNJFC. Il en existe 3 000 en France. Ils apportent du lien social dans un quartier mais contribuent aussi à la biodiversité d’un territoire. Face à la demande crois- sante des urbains pour avoir accès à une parcelle, nous avons réduit la superficie des lopins à 45 m² à Paris, 100 m² en petite couronne et 200 m² en province. » Michèle Cheronnet, directrice d’école à la retraite, a obtenu sa parcelle de 45 m² en 2003. « Quand j’ai fait ma demande, les jardins familiaux n’avaient pas autant de succès qu’aujourd’hui », se souvient-

pas autant de succès qu’aujourd’hui » , se souvient- Jardin familial à Paris. Dans la capitale,

Jardin familial à Paris. Dans la capitale, l’engouement est si fort que la superficie des lopins a été réduite à 45 m 2 . SÉBASTIEN SORIANO/LE FIGARO

elle. «Maintenant, les listes d’attente s’allongent, précise Vincent Dormeuil. À Paris, c’est au moins dix ans d’attente, huit ans en petite couronne et cinq ans en province. » Sur sa parcelle, Michèle Cheronnet a fait pousser des fraisiers, des salades, des courgettes et des tomates. « Dans le rè- glement intérieur du potager, nous devons au moins cultiver 60 % de la surface en lé- gumes. J’ai mis aussi des tulipes et des muscaris, sans oublier les plantes aroma- tiques comme le thym et l’oseille. Il faut

aussi être locataire de Paris Habitat, or- ganisme bailleur social, pour avoir droit à une parcelle », fait-elle remarquer. Outre le goût du jardinage, Michèle Cheronnet vient aussi sur ce petit coin de terre pour rencontrer des gens du monde entier, sans aller bien loin. «C’est très cosmopo- lite ici, s’enthousiasme-t-elle. Là, c’est le jardin d’un monsieur portugais; à côté, c’est une Cambodgienne; mon voisin est d’origine maghrébine, et l’autre, en face, vient des Antilles. On échange nos métho- des et nos produits. C’est très enrichissant.

À la belle saison, nous organisons des pi- que-niques sous le cèdre où on a laissé un coin de pelouse. » Les jardins partagés sont aussi des espaces intergénérationnels. « Ici, la doyenne a 87 ans, la plus jeune autour de la trentaine et la responsable bénévole du site, Anne, la quarantaine passée, détaille Michèle Cheronnet. Elle veille au respect du règlement intérieur et incite les gens à la culture biologique et la permaculture. Les pesticides chimiques sont interdits de- puis le 1 er janvier dernier. Notre animatrice

peut vérifier quel type de traitement nous utilisons. » La loi prévoit des peines dis- suasives si l’on triche. «En cas de déten- tion et d’utilisation de traitements chimi- ques, on encourt 15 000 euros d’amende et 6 mois d’emprisonnement », prévient le directeur de la FNJFC. Mais si l’on reste sur les sentiers de la loi, cette passion est peu onéreuse: moyennant une redevan- ce de 110 euros par an, eau comprise, les bénéfices des jardins familiaux sont mul- tiples, notamment pour entretenir sa forme physique et mentale.

Élevée, la taxe sur les cabanons fait grincer des dents

« J’ai installé une petite serre dans mon potager, j’ai dû payer une taxe de 250 euros au Trésor public »

YVES, QUI POSSÈDE UN POTAGER EN MAYENNE

BEAUCOUP de jardiniers l’igno- rent mais quand ils installent un abri pour ranger leurs outils, ils sont redevables de la taxe d’amé- nagement, plus communément appelée taxe cabane. Payable une seule fois et non chaque année comme la taxe d’habitation, elle s’applique à toutes les construc- tions en dehors d’une maison principale dont la superficie est supérieure à 5 m 2 et la hauteur sous plafond supérieure à 1,80 mètre. Sont également concernés les vérandas, les pisci- nes, les garages, les caves ou l’aménagement des combles. Elle a été mise en œuvre le 1 er mars 2012 pour participer au renfloue-

ment des caisses de l’État. Indexée sur l’indice du coût à la construc- tion, son montant a augmenté de plus de 14 % depuis son instaura- tion. Rien que ces deux dernières années elle a accusé une hausse de 3,9 % en 2019 après une augmen- tation de 3 % en 2018. Sa valeur forfaitaire est fixée par décret chaque année, comme la taxe foncière. À Paris, son mon- tant s’élève à 854 euros par m 2 et en province à 753 euros par m 2 . Le législateur a octroyé un abatte- ment de 50 % pour les 100 pre- miers mètres carrés. Ainsi pour un cabanon de 10 m 2 , le montant à payer est de 298 euros dans la ca- pitale cette année et 253 euros en

province. Une somme qui peut très vite devenir importante et dans certains cas dépasser le prix de l’abri. Même les serres sont concernées. « J’ai installé une pe- tite serre dans mon potager, j’ai dû payer une taxe de 250 euros au Trésor public. La serre m’a coûté moins cher. À ce prix, il faut que j’en produise des légumes ! », s’in- surge Yves qui possède un potager à Deux-Évailles, en Mayenne. Toutefois des dérogations exis- tent notamment lorsque l’abri de jardin est construit dans un but d’utilité publique. « À Paris, sur les 133 jardins partagés que nous gérons, 7 ont une superficie supé- rieure à 5 m 2 , souligne Pénélope

Komitès, adjointe à la maire de Paris chargée des espaces verts. Mais pas un de ces 7 jardins ne paye la taxe car ils ont été construits dans un but d’utilité publique. » À la différence des jardins fami- liaux, où une parcelle nominative

est attribuée, les jardins partagés, dont la superficie globale est généralement plus petite, sont entretenus par les membres d’une association. « Ils connaissent un fort essor, nous en installons en moyenne dix par an y compris dans des jardins publics déjà en place, car nous cherchons à réduire les surfaces imperméables et bitu- mées », conclut Pénélope

Komitès.

E. L. C.

DIMANCHE 12 MAI • 12H-13H Le Grand Jury reçoit une personnalité politique de premier plan
DIMANCHE 12 MAI • 12H-13H
Le Grand Jury reçoit une personnalité politique de premier plan
pour une heure d’entretien sans concession.
Benjamin SPORTOUCH • RTL
Guillaume ROQUETTE • LE FIGARO
Adrien GINDRE • TF1/LCI
Vos questions et vos réactions #LeGrandJury

A

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samedi 11 - dimanche 12 mai 2019

SPORT

LE FIGARO

9

Vannes fait passer le rugby à l’Ouest

Premier club breton à évoluer en Pro D2, le Rugby Club Vannetais dispute dimanche les barrages d’accession au Top 14.

QUENTIN BURBAN £@QuentinBurban

VANNES

RUGBY C’était il y a trois ans, le samedi

14 mai 2016 à Vannes (Morbihan). La date

paraît anodine et pourtant ce jour-là, le Rugby Club Vannetais change le cours de son histoire, celle de la Bretagne et du rugby français. Opposé à Massy en barra- ge d’accession à la Pro D2, le RCV se dé- fait du club francilien (25-13) dans un stade plein comme un œuf et devient le premier club breton à basculer vers le monde professionnel. Et c’est tout sauf un hasard. Voilà bientôt 69 ans que le club existe, dont treize sous les ordres de Jean-Noël Spitzer, maître du navire avec succès. Véritable formateur et force tranquille, l’ancien troisième ligne du RCV a réussi à faire monter le club de Fédérale 2 à la Pro D2 puis d’arracher un barrage historique d’accession au Top 14 face à Mont-de- Marsan (ce dimanche, 14 h 15, Euros- port). Une prouesse de plus. Cette saison, la phase retour du club a été exceptionnelle, avec sept victoires en huit matchs depuis le 1 er mars. Ce qui lui a

offert cette 4 e place au terme de la phase régulière, synonyme de barrage. Et de rêve. « Vannes a saisi sa chance au bon moment. Alors qu’on est dans une société où tout va très vite, Vannes progresse len- tement et très intelligemment, confie Fré- déric Hervé, journaliste pour Ouest- France qui a couvert les exploits vannetais durant plus d’une décennie. Jean-Noël Spitzer se souvient encore des entraînements qu’il éclairait grâce à ses phares de voitures. Aujourd’hui, il existe une réelle ferveur autour du club qui n’est pas étonnante. Le RCV est la seule attrac- tion du rugby en Bretagne et ses bons ré- sultats attirent de plus en plus un public, pas forcément connaisseur mais ravi d’être là pour supporter leur club. »

Hymne breton et biniou

Les matchs se suivent et se ressemblent pour ce club « familial ». Caché derrière

le port de plaisance et l’école de musique, le stade de la Rabine, d’une capacité de

9 500 places, accueille le RCV depuis trois ans et se transforme en petit chaudron à l’heure des joutes de Pro D2. Ce qui im- pressionne la France « tra-

ditionnelle » du rugby. Le club a ainsi vu ses suppor- teurs être élus « meilleur public de France » en 2018 par ses pairs et ses rencon- tres se disputent régulière- ment à guichets fermés. «La proximité que nous avons avec les joueurs est énorme. Les tribunes sont très proches de la pelouse, explique Dominique Ber- gougnioux, président du club des supporteurs Ermi- nig Glas qui compte 80 membres. La ferveur et le bruit qui viennent des tribu- nes poussent les joueurs et impressionnent les adversai- res. Et pourtant nous n’avons pas de kop. Les joueurs sa- vent nous rendre la pareille en discutant longuement avec nous après les entraînements.

en discutant longuement avec nous après les entraînements. Les rencontres du club morbihannais se disputent

Les rencontres du club morbihannais se disputent régulièrement à guichets fermés au stade de la Rabine, à Vannes (ici en septembre 2017). Les supporteurs vannetais ont été élus « meilleur public de France » en 2018.

Ils réalisent aussi un tour du stade à chaque fin de match, qu’ils aient gagné ou perdu. Cela a une valeur particulière pour nous. » Des comportements qui plaisent for- cément. La région celte a toujours re- vendiqué son identité. Et il suffit d’être aux abords du stade pour le compren- dre. Cinq minutes avant le coup d’envoi des matchs, l’hymne breton O Breizh ma Bro est repris en chœur et le biniou ac- compagne l’annonce des scoreurs. « Au-delà de son projet très solide, le RCV sait pertinemment que le club est le rayonnement de la Bretagne pour son rugby. C’est devenu une vraie niche pour le rugby, les jeunes viennent de partout pour jouer sous les couleurs vannetaises, ajoute Frédéric Hervé. Ce club, c’est vé- ritablement l’éloge de la patience et d’une stabilité importante. La preuve : certains joueurs comme Anthony Bouthier ou Ar- thur Coville sont les symboles d’un club qui est respecté pour sa formation. Le premier a signé avec Montpellier, qu’il re- joindra à l’issue de la saison. Et Arthur Coville, capitaine des Bleuets champions du monde l’été dernier, porte les couleurs du Stade Français depuis deux saisons. D’autres équipes aux alentours conti- nuent de grimper dans son sillage comme Nantes et Rennes. Le RCV a véritablement été le moteur de cette nouvelle cartogra-

phie du rugby français. » Et désormais, l’hypothèse de le voir rejoindre le Top 14 n’est pas à exclure. Même si la route vers

l’élite s’annonce ardue avec ce barrage à rem- porter contre Mont-de- Marsan, ce dimanche, première étape d’une vé- ritable course d’obsta- cles. « Il est trop tôt pour croire à une montée. Le club voulait disputer les barrages d’ici à 2020. Il a un an d’avance, avance Frédéric Hervé. L’ambi- tion de monter en Top 14 n’est pas pour tout de sui- te. C’est un autre monde. Le club le dit et le répète : il veut prendre la mesure pendant plusieurs saisons de ce difficile obstacle des play-offs avant d’envisa- ger autre chose. » Une chose est sûre : Vannes est devenu une place forte du rugby français.

Un effet économique certain

Si le rayonnement du club

morbihannais passe par ses excellents résultats, il faut également penser

à ce qui est fait pour favoriser celui-ci. Le RCV a mis de nombreuses années

à pouvoir jouer au stade de la Rabine,

qu’il se partage désormais avec son voisin du football. « La Bretagne aime le rugby et ça se ressent dans les chiffres, avec 6700 spectateurs de moyenne », affirme Michel Gillet, adjoint au sport à la mairie de Vannes. En accueillant également des matchs internationaux de U20 ou de féminines

(et même un match de Top 14

du Racing 92 la saison dernière), le stade de la Rabine a renforcé l’image

d’un rugby beaucoup plus présent dans l’Ouest. «Lorsque l’on accueille

des matchs de cette ampleur, on a conscience de fédérer énormément de monde. Et l’induction économique est excellente pour la Ville, avance Michel Gillet. Au niveau du commerce, les 13 matchs de Pro D2 du RCV drainent environ 5 M€ de recettes commerciales. C’est un circuit

économique très positif. »

Q. B.

CHRONOLOGIE

15 OCTOBRE 1950

Création du club

1997

Accession la Fédérale 2

à

2006

Accession la Fédérale 1

à

14 MAI 2016

Accession en Pro D2

5 MAI 2018

Qualification pour les barrages d’accession au Top 14

Champions Cup : l’affiche ultime

Le choc s’annonce immense

le sentiment de revanche qui animera

et somptueux, ce samedi en fin

les

fiers Anglais, des frères Vunipola

de journée au St James Park

à

Alex Goode en passant par la star du

de Newcastle (18 h, France 2 et beIN).

XV

de la Rose, Maro Itoje. Mais, en face,

Attention à l’énorme fracas lors

il y a du répondant avec le métronome

de la collision entre ces deux géants

Sexton, le monolithique Furlong,

 

du Vieux Continent. Les Saracens et le Leinster, soit les derniers lauréats de

le géant Toner, la paire de centres Ringrose-Henshaw, accélératrice

la « grande » Coupe d’Europe. En 2016

de

particules… Tout est en place pour

et 2017 pour les Londoniens. En 2018

un

jeu d’échecs brutal et chirurgical.

pour le tenant du titre irlandais. Qui avait écarté sans ménagement Owen Farrell

Pour une finale rêvée, la première sans club français depuis 2012. Mais le Stade

et ses coéquipiers en quart de finale

Toulousain ne devrait pas tarder

 

la saison dernière (30-19). C’est dire

à

se réinviter au grand banquet…

D. R.

EN BREF

Tennis : Djokovic-Thiem en demi-finale à Madrid

Dominic Thiem est venu à bout de Roger Federer, en quart de finale du Masters 1000 de Madrid 3-6, 7-6, 6-4. L’Autrichien affrontera ce samedi Novak Djokovic, qui s’est qualifié sans jouer après le forfait de Marin Cilic (intoxication alimentaire). Simona Halep s’est qualifiée pour la finale aux dépens de la Suissesse Bencic 6-2, 6-7, 6-0.

Foot : sanction pour Neymar

Suite à son altercation avec

un spectateur après la victoire de Rennes en Coupe de France, Neymar s’est vu infliger cinq matchs de suspension, dont deux avec sursis, par la FFF. Le club

a fait appel. Le Brésilien pourra jouer ce samedi à Angers. 36 E JOURNÉE LIGUE
a fait appel. Le Brésilien pourra
jouer ce samedi à Angers.
36 E JOURNÉE LIGUE 1
ST-ÉTIENNE (4)
vendredi
MONTPELLIER (5)
samedi
ANGERS (12)
PARIS SG (1)
17 h C+
AMIENS (16)
20h beIN
TOULOUSE (15)
CAEN (18)
-
REIMS (9)
DIJON (19)
-
STRASBOURG (10)
NICE (7)
-
NANTES (11)
NÎMES (8)
-
MONACO (17)
RENNES (13) dimanche
GUINGAMP (20)
15
h beIN
LILLE (2)
17 h beIN
BORDEAUX (14)
MARSEILLE (6)
21 h C+
LYON (3)

F1 : duel Bottas-Hamilton

En tête du championnat avec un point d’avance, Valtteri Bottas (Mercedes) va poursuivre lors du GP d’Espagne (dimanche

à 15 h 10, Canal +) son duel avec

son coéquipier Lewis Hamilton, les deux pilotes ayant remporté chacun deux courses. Leurs rivaux vont tenter, eux, de se réveiller.

Cyclisme : les Français visent des étapes au Giro

Le Tour d’Italie s’élance samedi de Bologne avec Arnaud Démare

et Alexis Vuillermoz en vedette

du côté des Français, qui ne chassent que des victoires d’étape et pas le général en l’absence de Pinot et Bardet.

ASSISTEZÀUN ÉVÈNEMEN T E XCEPTIONNEL

À l ’occ asion du nouveau Figaro Hors-série co nsacréàAthènes

asion du nouveau Figaro Hors-série co nsacréàAthènes LE JEUDI �� MAI ���� À �� H �

LE JEUDI �� MAI ���� À ��H

au Co nser vatoire Natio nal d’Ar t Dramati que de Pa ris

au Co nser vatoire Natio nal d’Ar t Dramati que de Pa ris 19h00 Int ro

19h00 Int ro duction par son Exce llence l ’a mbassadeur de Grèce Mme Ag laia Balt a et Alexis Brézet , di recteu r d es ré dactions du Figaro.

19h30 : Ta ble - ronde sur « Athènes, hier et aujourd’ hui »,

21h00 : Extrait d’Antigone de Sophocle , j oué par la troupe de théâtre a nt ique Dé modocos Ch ansons de Ma nos Hadji dakis par Sophia Av ramidou (c hant) et Va ssilis Va rvaresos (piano) Danse Macédonienne de Si mos Papanas, inte rprétée p ar le pianiste Va ssilis Va rvaresos. Re betiko par le groupe Cherchez la femme-Rebetiko plus Ma ria Evgenia. Musique et danses traditionnelles g recques par l’Académie de danses grecques Parthénon

22h15 : Cockta il grec par

de danses grecques Parthénon 22h15 : Cockta il grec par En pa rtenariat ave c le
de danses grecques Parthénon 22h15 : Cockta il grec par En pa rtenariat ave c le

En pa rtenariat ave c le Centre Culturel He llénique et l’Oce He llénique du To urisme

Accueil dès 18h15 au 2bis rue du Co nser vato ire, 75 009 Pa ris.

dès 18h15 au 2bis rue du Co nser vato ire, 75 009 Pa ris. �� �

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samedi 11 - dimanche 12 mai 2019 LE FIGARO

10 SCIENCES Photos tirées de l’exposition « Coléoptères, insectes extraordinaires » au Musée des
10 SCIENCES
Photos tirées
de l’exposition
« Coléoptères,
insectes
extraordinaires »
au Musée
des Confluences
de Lyon.
PASCAL GOETGHELUCK
Les coléoptères s’exposent
pour ne pas disparaître
Une exposition au Musée des Confluences, à Lyon, est consacrée à ces insectes dont les ailes
sont
protégées par des élytres aux couleurs et aux motifs parfois spectaculaires.
Lyon (2). L’occasion de découvrir ou
MARIELLE COURT
de redécouvrir ces insectes, de
£@MarielleCourt
ENVOYÉE SPÉCIALE À LYON
connaître leur vie, leurs pouvoirs,
leurs rapports avec les hommes…
NATURE
«Nous Bénédict
de Montferrand,
nous excommu-
nions et maudis-
sons les hannetons, insec-
tes dangereux; qu’il n’en reste
aucun, si ce n’est ce qui
peut en servir à l’usage
de l’homme. » Ainsi
s’exprimait l’évêque de
Lausanne en 1479 dans le
cadre d’un procès public
des hannetons en Suisse.
Cinq cent quarante ans
plus tard, c’est un tout
autre système, mal-
heureusement beau-
coup plus efficace, qui
menace les insectes en
général et les coléoptè-
res en particulier: pesti-
cides, disparition de
leurs habitats, désinté-
rêt…
Adulés autant que haïs,
utilisés autant que mépri-
sés, les coléoptères présentent un
avantage certain par rapport à
d’autres insectes: ils sont souvent
très beaux. C’est sans doute ce qui
leur vaut d’être aussi largement ob-
Un bourdonnement puissant et
caractéristique qui fuse dans le cou-
loir du musée attire les visiteurs dans
la salle dédiée. Le charme de l’expo-
sition prend ensuite le relais. Koleos
veut dire «étui » en grec, pteron si-
gnifie « aile », ainsi sont nés les colé-
optères. «Leur caractéristique est de
disposer d’une paire d’élytres, des
ailes rigidifiées qui recouvrent et pro-
tègent les ailes membranaires dédiées
au vol », explique Jean-François
Courant, chef de projet de l’évène-
ment à l’enthousiasme communica-
tif. Il s’est appliqué à rendre l’exposi-
tion la plus accessible possible.
Celle-ci fourmille d’anecdotes.
On apprend ainsi que 17 centimè-
tres séparent le plus petit coléoptère,
qui mesure 0,3 mm et peut se faufiler
dans le chas d’une aiguille, du plus
gros au nom très évocateur de Titan
(Titanus giganteus), qui rivalise sans
difficulté par sa taille avec la main
d’un homme. On découvre la jolie
cicindèle verte (Cicindela ebarneola),
qui se déplace si vite que «son cer-
servés de par le monde. On a enregis-
tré à ce jour quelque 387000 espè-
ces différentes, sur tous les
continents à l’exception no-
table de l’Antarctique. «Ils
constituent le groupe d’or-
ganismes vivants le plus im-
portant puisqu’ils repré-
sentent un quart de l’en-
semble du règne animal »,
souligne Denis Richard,
docteur en pharmacie et
entomologiste par pas-
sion(1), conseiller scientifi-
que avec Pierre-Olivier Ma-
quart, doctorant en ento-
mologie à l’université de Stir-
ling (Écosse), de la très jolie
exposition «Coléoptères, in-
veau n’a pas le temps d’enregistrer les
images », s’amuse Jean-François
Courant. «Il lui faut donc repérer sa
proie avant de se lancer, et elle ne
s’arrête que lorsqu’elle lui rentre de-
dans. » Pour l’égaler, un homme de-
vrait courir à peu près à la vitesse
d’un Boeing 747! Il y a encore le sca-
rabée bombardier, capable de proje-
pucerons. On mesure également
l’inestimable service rendu par les
bousiers quand Pierre-Olivier Ma-
quart raconte: «Durant la dernière
guerre, on a fait venir des bovins et
ter sur ses proies un jet de vapeur à
100 °C, ou le gigantesque dynaste
Hercule (Dynastes hercules) doté
d’une magnifique corne et dont le
387 000
bruit en vol rappellera à tous les nos-
talgiques le bruit si caractéristique
Nombre d’espèces
des ovins en Australie pour nourrir les
troupes américaines engagées dans le
Pacifique. Mais très vite le pays s’est
trouvé avec des champs couverts
d’excréments provoquant des inva-
sions de mouches vecteurs de maladie
de personnes qui en sont particuliè-
rement friandes pour leur apport en
protéines (31% des insectes consom-
més aujourd’hui), ceux qui telles les
cantharides ont alimenté les phar-
macies ou encore ceux qui ont été et
sont encore des symboles sacrés.
Qu’il s’agisse du scarabée égyptien
«qui a longtemps peuplé le sud de la
France avant de trouver aujourd’hui
un dernier refuge en Corse », souligne
Denis Richard, des lucioles vénérées
au Japon, des coléoptères dont les
élytres aux magnifiques reflets mé-
talliques décorent des bijoux. «En
Thaïlande, où les insectes sont élevés
pour être ensuite grillés, les élytres
inutilisés sont récupérés par la haute
couture », rappelle Jean-François
Courant. Sans oublier la part de ma-
gie qui peut-être accordée à ces in-
sectes, notamment en Afrique.
Si l’idée de l’exposition est de faire
passer un message de protection, le
propos évite l’écueil parfois rébarba-
tif de la disparition catastrophique
pour jouer sur la connaissance, la
surprise, l’émotion, la beauté. « On
voulait éviter le côté moralisateur tout
en permettant une prise de conscien-
ce », poursuit Jean-François Cou-
rant. Une certaine inquiétude émane
néanmoins des scientifiques qui
voient les espèces disparaître. «En
France, on peut citer certains coléop-
tères nécrophages car il n’y a plus
d’animaux morts, les hannetons ou
encore la Rosalie des Alpes, qui était
très commune il y a une quinzaine
d’années alors qu’aujourd’hui on peine
à en observer une par an», s’inquiète
des vieilles mobylettes.
Mais l’exposition présente égale-
ment les rapports ambigus que cette
immense famille entretient avec les
hommes. Conflictuels quand on par-
le du tristement célèbre doryphore
destructeur des champs de pommes
différentes
de coléoptères
enregistré à ce jour
sur tous les continents
à l’exception
de l’Antarctique
car les insectes coprophages locaux
étaient adaptés aux seules déjections
des kangourous ! Il a fallu en catastro-
phe importer des coléoptères euro-
péens et africains pour venir à bout du
problème.»
On découvre également les scara-
Le taux d’extinction
des insectes est
huit fois supérieur
à celui des mammifères
de terre ou des nuées de hannetons
sectes extraordinaires »
au
Musée des Confluences de
s’abattant sur les cultures, ou au
contraire auxiliaires lorsqu’on évo-
que les coccinelles dévoreuses de
bées rhinocéros dressés au combat en
Asie, les coléoptères dont les larves
élevées puis cuisinées terminent dans
les assiettes de près de deux milliards
Ces insectes sont nombreux mais en péril
« ON N’OBSERVERA jamais la
disparition des coléoptères… C’est
plutôt le contraire, ce sont eux qui
verront les hommes disparaître »,
s’amuse Hervé Brustel, directeur de
recherche à l’École d’ingénieurs de
Purpan (Toulouse), spécialiste de
biodiversité et entomologiste dans
l’âme. À cela une raison, leur richesse
et leur diversité écologique. Mais ne
nous y trompons pas, dans le détail,
certains d’entre eux n’en sont pas
moins menacés: «Cela concerne tou-
tes les espèces, à l’exclusion de celles
qui sont largement répandues, ont un
bouy et Denis Richard dans
leur livre (voir ci-dessus).
«Prenons la France métropoli-
taine. On recense 13 000 espèces de
coléoptères, contre 6000 plantes et
seulement 190 mammifères»,
poursuit Hervé Brustel, un chiffre
qui pourrait être multiplié par dix si
l’on ajoutait les territoires ultrama-
rins, et notamment la Guyane. Reste
que dans la lutte pour la biodiversité,
ce sont les mammifères et les oiseaux
qui ont fait l’objet des premiers sui-
vis, puis les reptiles et autres amphi-
biens, puis les plantes… La préoccu-
pation pour les insectes n’est apparue
que dans les années 1980. Ce n’est
donc que récemment que l’UICN
(Union internationale pour la
conservation de la nature), via la liste
rouge, s’est lancée dans l’évaluation
de l’état de conservation de toutes
ces petites bestioles aussi nombreu-
ses qu’indispensables.
rêts du pourtour méditerranéen, les
coléoptères saproxyliques (ils se
nourrissent des arbres morts ou des
organismes qui vivent dedans). « Sur
Le Polyphémia,
un chapeau créé
par Isabelle Grange
avec des élytres
de coléoptères.
les 320 espèces évaluées, note le rap-
port auquel Hervé Brustel a participé,
61 sont considérées comme menacées
de disparition, et 29 comme quasi me-
nacées. » Mais surtout, «on manque
de données pour 131 espèces », s’in-
quiète l’UICN. Les zones les plus
concernées sont la Turquie, le Liban,
la Syrie, les montagnes de l’Atlas au
Maroc et en Algérie, ainsi que la ré-
l’UICN, il est indispensable d’ap-
prendre à ne pas ramasser le bois
mort et d’éviter le surpâturage en
forêt; elle souligne aussi les consé-
quences des incendies, du climat et
des constructions. Si on prend des
mesures de protection, les insectes
répondent très bien. «C’est ce qui
s’est passé en Scandinavie, où nombre
gion calabraise, dans le sud de l’Italie,
la Sardaigne et la Corse. En Europe
toutefois, seules 14% des espèces
sont considérées comme à risque.
Conséquences du climat
Après avoir très fortement décliné
jusqu’à occuper moins de 15 % du
territoire français au début du
Pierre-Olivier Maquart. Mais certai-
nes espèces sont aussi très rares. Il est
donc compliqué de savoir si elles ont
ou non définitivement disparu. Sans
compter toutes les espèces de colé-
optères qui restent encore à décou-
vrir. «Dans le monde, on en trouve
encore plusieurs par jour et en France
une tous les deux ou trois ans », rap-
porte le jeune chercheur qui, en
hommage au musée, a donné le nom
de Capezoum museiconfluentiarum à
un coléoptère qu’il vient de décou-
vrir en Afrique du Sud.
Il faut tout de même garder en mé-
moire que le taux d’extinction des in-
sectes est huit fois supérieur à celui
des mammifères. Raison pour laquel-
le Denis Richard plaide pour que l’on
change les pratiques, tant dans les
jardins, où il faut éviter de ton-
dre les pelouses en perma-
nence, que dans les cultu-
res forestières, où il
faudrait laisser plusieurs
dizaines d’arbres morts
par hectare pour proté-
ger toute la faune qui s’en
nourrit et non pas un seul,
comme c’est le cas aujour-
d’hui. Raison pour laquelle il est ur-
gent d’aller voir l’exposition de
Confluences pour rapprivoiser ces
coléoptères, intrigants, fascinants et
si utiles. ■
XIX e siècle, la forêt a regagné du ter-
régime généraliste et tolèrent les mi-
La toute dernière liste sur les colé-
rain et sa surface a désormais doublé.
lieux anthropisés (occupés par l’hom-
me, NDLR)», rappellent Vincent Al-
optères, publiée début 2019, s’inté-
resse aux grands nettoyeurs des fo-
Mais ce sont de jeunes forêts, qui
poussent sur la déprise agricole. Pour
d’espèces qui semblaient disparues ou
très rares ont reconquis leurs territoi-
res originels grâce à une politique de
création et de maintien du bois mort en
forêt », précise le spécialiste.
«Dans la nature, le bois est avec
l’os l’un des matériaux organiques les
plus complexes à recycler, poursuit-
il, et pour un gros morceau de chêne,
cela peut mettre un siècle. Mais ce
temps lent de dégradation permet à
plein de niches écologiques de se suc-
céder, il offre une succession de biodi-
versité. C’est ça, un service écosysté-
mique. C’est ce qui permet le cycle du
carbone et la restitution au milieu de
tous les nutriments. C’est le support
de la vie. » ■
M. C.
(1) Auteur de «Coléoptères
d’Europe », guide Delachaux.
(2) «Coléoptères, insectes
extraordinaires », Musée des
Confluences, jusqu’au 28 juin 2020.

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samedi 11 - dimanche 12mai 2019

LE CARNET DU JOUR

LE CARNET DU JOUR 11
LE CARNET DU JOUR 11

11

M. David GUICHARD-REIN et Mme, née Aurélia Coste, fiançailles partagent avec Clémence, Charles, ses
M.
David GUICHARD-REIN
et Mme, née Aurélia Coste,
fiançailles
partagent
avec Clémence, Charles,
ses grands-parents et
M. Thierry BIGOU
son arrière-grand-mère, la joie
Mme Corinne de MAREY
d'annoncer la naissance de
M. Vincent de RAUCOURT
Simon
Mme Charlotte
de la FERTÉ-SÉNECTÈRE
le 7 mai 2019,

sont heureux de faire part des fiançailles de leurs enfants

Ariane et Maxence

Mme Jean-Louis SIMON

née Béatrice du Peloux de Praron,

Mme Christiane PRIOLET

née Paoli,

à Neuilly-sur-Seine.

Le baron Alexis de SCHONEN et la baronne, née

Philippine du Repaire,

partagent avec Augustin, la joie d'annoncer la naissance de

Gaspard

le 4 mai 2019.

ont la joie d'annoncer les fiançailles de leurs enfants M. Henri STUMM Philippine et Julien
ont la joie d'annoncer
les fiançailles de leurs enfants
M. Henri STUMM
Philippine et Julien
et Mme, née
Martine Dumesnil,
ont la joie d'annoncer
la naissance de
mariages
Amaury
le 15 avril 2019, chez
Mélanie LÉCRIVAIN
Alexis et Lorraine
COUGARD-STUMM
et

Charles-Etienne SUET

sont heureux de vous faire part de leur mariage le samedi 1 er juin 2019.

13, boulevard Pereire, 75017 Paris.

signeront Les secrets du Strom noces de platine ce samedi 11 mai 2019 de 15
signeront
Les secrets du Strom
noces de platine
ce samedi 11 mai 2019
de 15 heures à 17 heures,
à
la librairie Lavocat
101, avenue Mozart, Paris (16 e ).
25 avril 1959 - 25 avril 2019
Leurs quatre enfants,
leurs douze petits-enfants
et leur arrière-petite-fille Clara

ont la grande joie de féliciter

Alain et Bernadette ROTHACKER

pour leurs 60 ans de mariage !

La Fête de La Rochefoucauld

aura lieu le samedi 18 mai 2019 de 11 heures à 18 heures, le dimanche 19 mai de 12 heures à 17 heures.

naissances
naissances

Objets déco et personnalisés, bijoux, accessoires mode, mode enfant, maroquinerie, épicerie fine, librairies adulte et jeunesse, restauration, jeux pour enfants.

Le duc et la duchesse d'ALBUFERA

ont la joie d'annoncer la naissance de

Zita

fille de

Christophe et Zénaïde FABRE

Bruxelles, le 18 avril 2019.

Dédicaces :

samedi, Sophie Rosemont de 14 heures à 16 heures, Flore Vesco de 14 heures à 18 heures, Béatrice Copper-Royer et Anne de Pommerez de 15 heures à 17 heures, Lyse Petitjean de 16 heures à 18 heures,

Le baron Loïc DEIN

en union avec son épouse,

Catherine

M. et Mme

Guillaume LIBAUDIÈRE

ont la joie d'annoncer la naissance de

Faustine

dimanche, Laure Arnal, Johanna de Beaumont et Nadège Forestier, de 14 heures à 16 heures, Paul Beaupère de 14 heures à 17 heures,

Gertrude Dordor

de 14 h 30 à 17 heures.

22, rue Malar, 75007 Paris. Téléphone:01 45 55 80 20. http://laroche.org/

fete-de-la-roche-2/

petite sœur de Arthur, Philippine et Zélie, le 10 mai 2019, chez

Charles-Axel et Colombe DEIN

It’s a boy ! *

© iStock * C’est un garçon !
© iStock * C’est un garçon !

Vous aussi annoncez la naissance de votre bébé !

Carnet du Jour Le Figaro

Téléphone : 0 1 56 52 27 27 carnetdujour@media.figaro.fr

La Fête des Familles

de

Saint-Jean de Passy

Avant la fin de l'ex position de

Claude Bellegarde

« Partition chromatique »

la Galerie Guillaume

vous invite à une conférence de

Olivier Kaeppelin

« Le blanc contient toutes les couleurs »,

avec l'exposition de quelques

œuvres de la Période blanche de Claude Bellegarde,

le mardi 14 mai 2019, à 19 h 30.

Entrée libre, nombre de places limité. Réservation préalable par courriel :

galerie.guillaume@wanadoo.fr par téléphone : 01 44 71 07 72.

Mme Isabelle Chatin,

M.

et Mme

Isabelle Fournier,

Mme Christine Bret,

Etienne de la Brosse,

Laurence Bordeaux-Groult,

M.

et Mme Frédéric B ret,

leurs enfants et petits-enfants

ses filles,

M.

Guillaume Bret,

leurs enfants et petits-enfants

ont la tristesse de faire part du décès de

Camille et Jérémie Chaufour,

font part du rappel à Dieu de

 

Matthieu et Léa

Elisabeth de la BROSSE

Bordeaux-Groult, Olivia et Alexandre

 

M. Bernard BRET

de Rothschild,

 

le

10 mai 2019.

ses petits-enfants,

le 8 mai 2019, à l'âge de 92 ans.

 
 

La cérémonie religieuse sera

Jules, Virgile et Vladimir,

La cérémonie religieuse

célébrée le mercredi 15 mai,

Adrien et Dimitri,

sera célébrée

à

10 heures, en l'église

ses arrière-petits-fils,

en l'église Saint-Pierre,

Saint-Honoré-d'Eylau,

90, avenue du Roule,

Paris (16 e ).

ont la grande tristesse

à

Neuilly-sur-Seine,

de vous faire part

le mardi 14 mai 2019, à 10 h 30.

L'inhumation aura lieu

du rappel à Dieu de

Une pensée est demandée pour son épouse,

au cimetière de Fourchambault (Nièvre).

Mme Pierre DORISE

Marguerite-Marie

née Thévenin,

disparue en 2008.

Il a plu au Seigneur

de rappeler à Lui,

Marie-Hélène

CRÉPIN-LEBLOND

le 8 mai 2019.

De la part de

Michel et Odile

Crépin-Leblond,

Anne et Michel Le Pargneux, Yves (†) et Chantal Crépin-Leblond, petite sœur Marie-Ange (†), Bernadette et Pierre (†) Quesnay,

Marie-Noëlle et Pierre

Lefebvre, Marcel et Anne Crépin-Leblond, Sabine van Meggelen, Dominique et Ghislaine Crépin-Leblond,

ses frères, sœurs, beaux-frères

et

et

petits-neveux et petites-nièces.

belles-sœurs,

ses neveux, nièces,

La messe sera célébrée

le mardi 14 mai 2019,

à 10 h 30, en l'église

Notre-Dame-de-la-Gare,

2, place Jeanne-d'Arc,

Paris (13 e ), suivie de l'inhumation

aura lieu le vendredi 17 mai 2019

de 15 h 45 à 19 heures,

le samedi 18 mai de 10 h 45 à 19 heures,

le dimanche 19 mai

de 11 h 30 à 18 heures.

Des stands de jeux pour

les enfants, de quoi vous restaurer à tout moment,

de nouvelles marques

à

et une belle sélection de vins ! Nous vous attendons avec joie pour ce week-end festif !

découvrir

Viendront dédicacer leurs ouvrages :

-

Dimitri Casali, Nadège Fougeras et Johanna de Beaumont, Nicky Gentil, Emmanuel de Molliens, Emmanuel Godo, Pierre Vieille Cessay,

Anne Goscinny,

le samedi après-midi :

Claire Astolfi, Anne Charlotte Jouve, Axel Vachon,

- le dimanche après-midi :

Bertand Gallimard Flavigny, Maryvonne Gasse, Anne de Pomereu, Rosa Hartner, Paul Bablot, Emmanuel de Molliens, Pierre Vielle Cessay, Claire Astolfi, Anne Charlotte Jouve, Axel Vachon.

née Myriam de Lesseps,

le mardi 7 mai 2019, dans sa 93 e année.

Elle a rejoint

dans la Paix du Seigneur,

son petit-fils Thomas, qu'elle aimait tant.

La cérémonie religieuse

sera célébrée

le mardi 14 mai, à 10 h 30, en la chapelle de Jésus-Enfant, 29, rue Las Cases, Paris (7 e ).

M. Hervé Drion, son époux,

Pierre et Bénédicte Bourdeau de Fontenay, Adrien et Sylvie Drion, Chantal et Guillaume Dognin,

Hugues et Nathalie Drion,

Xavier et Elisa Drion,

ses enfants,

Paul et Héloise

Bourdeau de Fontenay,

Perrine, Marc, Thomas,

Juliette et Bruno Humbert,

Jacques et Eléonore Drion,

Augustin, Philippe, Delphine, Albert, Remi, Maud, Alixia,

Inès, Charles Georges, Lucie,

Agathe, Gautier, ses petits-enfants,

Elise Humbert,

son arrière-petite-fille,

Jacques et Monique Leflon,

son frère et sa belle-sœur,

ont la tristesse

de vous faire part

du rappel à Dieu de

Christiane DRION

née Leflon,

le 7 mai 2019,

dans sa 82 e année.

La cérémonie religieuse sera célébrée le lundi 13 mai, à 10 h 15, en la cathédrale Saint-Pierre de Lisieux.

L'inhumation aura lieu

le mercredi 15 mai,

à 15 heures, au cimetière

de Rocques (Calvados).

Cet avis tient lieu de faire-part.

Ses nièces

son neveu, ses petites-nièces, son arrière-petite-nièce,

sa belle-sœur,

sa famille et ses amis

ont l'immense regret de vous annoncer que

Mlle Edith ELMELIK

chevalier de l'ordre national du Mérite, ancien conseiller municipal de L'Haÿ-les-Roses,

nousaquittés dans sa 95 e année, le 5 mai 2019, en paix et sans souffrance.

Médecin exceptionnel, anesthésiste, réanimateur des Hôpitaux, directrice émérite de la clinique de L'Haÿ-les-Roses, fondée par son père, Léon Elmelik, médecin résistant et déporté, et sa mère Germaine pharmacien, Edith a dédié sa vie

à aider ses pairs et soulager leurs souffrances physiques

et morales.

La cérémonie religieuse

aura lieu en la chapelle

Sainte-Colombe,

rue Jaume, à Chevilly-Larue

(Val-de-Marne),

ce samedi 11 mai, à 13 heures,

et non à 14 heures comme indiqué dans notre édition du vendredi 10 mai.

Pas de couronnes, des fleurs en pot ou des dons aux orphelins

de la police ou des pompiers.

Edith vit dans nos cœurs.

le carnet du jour

suite en page 12

32, rue de Penthièvre, Paris (8 e ).

www.galerieguillaume.com deuils M. et Mme Alexis Brézet, le comte et la comtesse François de Volontat,
www.galerieguillaume.com
deuils
M. et Mme Alexis Brézet,
le comte et la comtesse
François de Volontat,
M. et Mme Frédéric B rézet,
Emmanuel et Béatrice Baudry,
M.
et Mme Christian Brézet,
Philippe Baudry,
Patrick et Myriam Baudry,
ses enfants,
M.
Nicolas Brézet,
ses 18 petits-enfants,
ses beaux-frères
Camille, Clotilde, Sara, Prisca,
et belles-sœurs
Marion et Laura,
ses petites-filles,
ont la tristesse
Alexandre, Raphaël, Rose, Eva
de vous faire part
et
Juliette,
ses arrière-petits-enfants,
du rappel à Dieu, dans
la lumière de l'Espérance, de

ont la douleur de faire part du décès de

Marie-Thérèse BAUDRY

née da Noronha,

le 9 mai 2019,

à l'âge de 98 ans.

La cérémonie religieuse

aura lieu le mardi 14 mai,

à

Saint-Pierre-du-Gros-Caillou,

Paris (7 e ).

14 h 30, en l'église

Mme Marc-Antoine BRÉZET

née Elisabeth de Courrèges d'Ustou,

le 9 mai 2019,

dans sa 84 e année.

La célébration religieuse

aura lieu ce samedi 11 mai,

à 15 h 30, en l'église

d'Auriac-sur-Vendinelle, suivie de l'inhumation dans l'intimité familiale.

signatures 72, rue Raynouard, 75016 Paris.
signatures
72, rue Raynouard, 75016 Paris.

Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas

Dans le cadre de la vente aux enchères

Arts décoratifs du XX e siècle

du jeudi 16 mai 2019,

Rodica Seward,

présidente de

TA JAN SA

et Jean-Jacques Wattel, expert Arts décoratifs et Design,

ont le plaisir de vous inviter à un concert de piano à quatre mains par le duo

Mouseîon

Mariia Esaulova et Narek Galoyan, accompagné de la cantatrice

Andréa Constantin

sur un piano historique « La Mort du cygne » de Louis Majorelle (1859-1926) et Victor Prouvé,

le lundi 13 mai 2019,

à partir de 19 heures,

à l'Espace Tajan,

37, rue des Mathurins,

à Paris (8 e ).

Inscription obligatoire par téléphone : 01 53 30 30 80 ou sur info@tajan.com

Theologicum

la faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Institut Catholique de Paris

vous propose

Étudier la théologie pour grandir dans la foi

des formations pour tous

enseignement universitaire

diplômant par des experts dans les disciplines phares de la théologie :

Bible, histoire, liturgie, spiritualité, catéchèse, œcuménisme

Cet avis tient lieu de faire-part. à 17 heures, au cimetière de Broût-Vernet (Allier). 3,
Cet avis tient lieu de faire-part.
à 17 heures, au cimetière
de Broût-Vernet (Allier).
3, côte de Peyrolles,
31460 Auriac-sur-Vendinelle.
Mme Jean Delaunay,
son épouse,

Ghislain et Eve Beaure d'Augères, Anna, Mariam et Joséphine, Yrieix Beaure d'Augères (†), ses enfants et petits-enfants,

Pierre Baillot d'Estivaux, son frère,

François Beaure d'Augères (†), son époux,

Mme Manuela de Castéja,

Mlle Gaëlle de Castéja,

M.

Alexandre Claudon,

le comte et la comtesse Sébastien de Castéja, ses enfants et beaux-enfants,

et Mme

le général et Mme

Marc Delaunay,

M.

Pascale Delaunay (†),

le

Thierry La Fragette, ses enfants,

et Mme Bertrand Delaunay,

colonel et Mme

ont la tristesse de vous faire part du rappel à Dieu de

Annick BEAURE d'AUGÈRES

le 8 mai 2019.

La cérémonie religieuse

aura lieu le mardi 14 mai,

à

Saint-Michel-des-Lions,

à Limoges (Haute-Vienne),

suivie de l'inhumation au cimetière de Masseret (Corrèze).

14 h 30, en l'église

44, rue Tiquetonne, 75002 Paris.

Le docteur Gilbert Dichard, Mme Danielle Dichard, Mme Brigitte Clairefond, M. Christian Jacques Berret, Mme Marie Agnès Berret,

leurs enfants et petits-enfants

ont la douleur

de vous faire part

du rappel à Dieu,

le 5 mai 2019, de leur père,

beau-père, grand-père

et arrière-grand-père,

Tatyana, Henry, Anatole, Achille et Stanislas, ses petits-enfants,

M.

Gianfranco Brignone,

le comte et la comtesse

Charles de Castéja,

ses sœur, frère,

beau-frère et belle-sœur,

et Mme

M.

Antoine Clouët des Pesruches

et Mme

et toute la famille Kokotzoff

ont la tristesse de vous faire part du rappel à Dieu du

comte Guy de CASTÉJA

le 6 mai 2019.

La cérémonie aura lieu

le jeudi 16 mai 2019,

à 10 heures, en l'église

Saint-Germain-l'Auxerrois, Paris (1 er ).

Chantal Chapron,

née Drubigny,

son épouse,

Frédérique et Patrick Fève, Stéphanie et Bertrand Michaut,

Juliette et Patrice Bourrières,

ses enfants,

Lucas, Sébastien, Jean, Timothée, Coline, Lucille, Astrid, Antoine, ses petits-enfants,

Jean-Loup et Catherine Drubigny, Marie-France Drubigny

et toute la famille

ont la tristesse

de vous faire part du décès de

Jacques CHAPRON

survenu le 5 mai 2019,

à

Paris, à l'âge de 81 ans.

La cérémonie religieuse

sera célébrée le mardi 14 mai, à 15 heures,

en l'église Saint-Antoine-

des-Quinze-Vingts, 66, avenue Ledru-Rollin, Paris (12 e ).

L'inhumation aura lieu dans la stricte intimité

familiale, au cimetière de La Chapelle-Saint-Florent.

ses 18 petits-enfants, ses 28 arrière-petits-enfants

ont la douleur

de vous faire part

du retour à Dieu du

général d'armée

Jean DELAUNAY

ancien chef d'état-major

de l'armée de terre,

grand officier

de la Légion d'honneur,

le

8 mai 2019, à l'âge de 96 ans.

La cérémonie religieuse sera célébrée

le

en la cathédrale Saint-Louis de Versailles.

lundi 13 mai, à 14 h 30,

Ni fleurs ni couronnes.

Préférez un donàFOP France, 32, rue de l'Orangerie, 78000 Versailles.

jyl.delaunay@free.fr

Les officiers,

sous-officiers et hussards,

anciens du 8 e régiment

de hussards

ont la grande tristesse

de faire part du décès,

le 8 mai 2019, du

général d'armée

Jean DELAUNAY

ancien chef d'état-major

de l'armée de terre, chef de corps du 8 e régiment de hussards de 1966 à 1968.

Ils lui adressent leur ultime, respectueux et fraternel salut.

Marc de Drée et Linda,

Paul de Drée et Nelly, ses fils et leurs conjointes, Pauline et Marie de Drée,

ses petites-filles,

et leur mère,

Mme Françoise Lemire,

sœur Béatrix Marie de Drée,

sa

M.

et

et Mme Rémi Collette

M.

et

et Mme Michael Hancock

sœur,

leur fille,

leurs enfants

ont la grande douleur de vous faire part du décès de

Bernard marquis de DRÉE

survenu le 28 avril 2019,

à

Aix-en-Provence.

Ni fleurs ni couronnes. Un don peut être fait aux Fonds pour

les soins palliatifs,

www.fondssoinspalliatifs.fr

Cet avis tient lieu de faire-part.

La cérémonie religieuse

a

stricte intimité, suivie de l'inhumation au cimetière

du Montparnasse, Paris (14 e ).

eu lieu dans la plus

Cet avis tient lieu de faire-part.

Accompagnement tutorat communications à votre rythme : en journée, en soirée, à distance. Tarifs et
Accompagnement tutorat
communications
à votre rythme : en journée,
en soirée, à distance.
Tarifs et renseignements :
téléphone : 01 44 39 60 00
contact.theologicum@icp.fr
a
le
55 e Opération D'Entraide
Régionale (ODER)
conférences
au profit des personnes
âgées, handicapées
et des familles en difficulté.

Ramassage gratuit

le dimanche 26 mai 2019,

à

Sur rendez-vous à prendre

à partir du jeudi 25 avril,

des bénévoles passeront chez vous enlever :

antiquités, bibelots, meubles montés, vêtements, chaussures, jouets, tapis, tableaux, vaisselle, vélos, appareils multimédias, bricolage, électroménager, disques, livres, matériel de jardin et de sport, maroquinerie, puériculture, tout objet utilisable, qui sera vendu à la grande

Paris et en banlieue.

brocante d'entraide à Montmorency (Val-d'Oise)

à l'Ascension

- le jeudi 30 mai

de 9 heures à 18 h 30,

- le samedi 1 er juin

et le dimanche 2 juin de 10 heures à 18 h 30.

ODER

12 bis, avenue Victor-Hugo, 95160 Montmorency, téléphone : 01 39 64 39 87 ou 01 39 64 52 46, site : www.oder95.fr

Une conférence sera donnée sur le thème :

Climat, biodiversité :

l'impact de la démographie

le jeudi 16 mai 2019

de 19 heures à 22 heures,

à l'Hôtel de l'Industrie, 4, place Saint-Germain-des-Prés, Paris (6 e ). Inscriptions :

https://www.linscription.com/

activite.php?P1=20691

avec :

Gilles Ramstein, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE), François Letourneux,

ancien directeur

du Conservatoire du littoral,

Laure Noualhat,

journaliste, réalisatrice,

Philippe Waldteufel, directeur de recherche émérite au Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS).

Contact :

demographie.responsable

@orange.fr

Auguste BERRET

chevalier de l'ordre souverain de Malte.

La cérémonie religieuse

été célébrée

vendredi 10 mai 2019,

en la basilique du Sacré-Cœur, Marseille (8 e ).

L'inhumation a eu lieu dans la stricte intimité familiale.

Cet avis tient lieu de faire-part.

Mme Gérard Borderies,

née Annick Larrieu, son épouse,

Olivier Borderies,

Laurence Borderies,

Arnaud et Fanny Borderies

et

Jean-Philippe et Claire Vincenot-Borderies

et

ses enfants et petits-enfants,

leurs enfants,

leurs filles,

et

toute la famille

ont la tristesse de faire part

de la mort, le 1 er mai 2019, de

Gérard BORDERIES

ingénieur civil

du Génie maritime ayant fait toute sa carrière à la SNCF.

La cérémonie religieuse a eu

lieu en présence de sa famille

de ses amis, en l'église

Saint-François-d'Assise,

à

et

Aix-en-Provence, le 6 mai.

РЕЛИЗ ПОДГОТОВИЛА ГРУППА "What's News" VK.COM/WSNWS

samedi 11 - dimanche 12mai 2019

12

LE CARNET DU JOUR

Monique Estour, née Cuivré, son épouse,

M.

Christophe Janvier,

Aurore et Sabine Mehideb-Vinck, Alexandrine

Le docteur André Ranglaret, son époux,

Bruno et Anne-Christine,

Son arrière-petite-fille, ses petits-enfants et leurs conjoints,

Mme Natacha Morin, son épouse, Catherine Sitbon, Jonas Lind, Nicolas Morin,

Une messe à l'intention de la

son mari,

Hugues, Thomas, Charlotte

 

comtesse

Valérie et Philippe Briday, Marie-Céline et Olivier Burlats, Jean-Salvy et Sylvie Estour, Benoît et Diane Estour, ses enfants, Claire, Anne-Sophie, Louis, Caroline, Auguste, Violaine, Alexandre, Juliette, Camille, Amicie, Mathilde et Victoire, ses petits-enfants,

et

Daphnée Janvier,

Mehideb-Lefranc, leurs mères, tantes, oncles, neveux et nièces, toute sa famille

ses enfants, les familles Ranglaret, Jajer, Baré

 

Claude d'ANTHOÜARD

ses enfants,

Mme Dufay,

Philippe et M.-Cristina, Jean-Christophe et Christiane, Odile et Jean-Marie, Frédéric, Catherine et Vincent, ses enfants et leurs conjoints,

née Armande de Cholet,

Caroline Valentin,

rappelée à Dieu

sa

mère,

ont la douleur

ses enfants, ses petits-enfants, ses frères, beaux-frères e