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Les éléments

Le Feu
domestique, du paradis ou de l'enfer,
est l'expression du bien et du rnal,

jôie, élément divin ou divinisé par


I'homme. IJhomme, plongé dans les
mystères de la nuit, se réjouit lorsque
ses yeux s'ouvrent à la lumière du jour,
éclairés par les feux du soleil. Mais le
feu est aussi destructeur, puisqu'il brûle
tout. Cette ambivalence fut très vite per-
çue par nos ancêtres, qui fìrent alors du
feu une représentation et un symbole
du bien et du mal.

LE FEU DES DIEUX


Lhomme primitil puis l'homme de
I'Antiquité n'eurent pas besoin d'instru-
ments de mesure pour comprendre les
evantages qu'ils pouvaient tirer du feu et
les dangers qui s'y rattachaient. Leur sur-
vie dépendait dujour et de l'astre de feu
qui en étaitla câuse et I'effet, de la lu-
mière, de la chaleur que le feu prodigue.
Mais ils avaient appris à se méfier de celui
qui tombait parfois du ciel : l'éclair, la
foudre. À l..trt yeux, lorsque les dieux
voulaient punir les hommes, ils mani-
festaient leur mécontentement, leur
désapprobation, leur colère au moyen
des feuxdu ciel. La terre elle aussi cra-
chait du feu de ses montagnes. N'est-
ce pas d'un doig de feu, dans le cratère
d'un volcan, que Dieu inscrivit les
lettres des dix commandements sur les
Täbles de la Loi, tenues par Moïse ?
Le feu est donc principe de vie, révé-
lation, illumination, purifìcation, mais
aussi passion et destruction. Le feu brille
au paradis. Il brûle en enfer. Il donne
la vie, mais il la reprend et la transforme
en cendres.
Les origines du mot feu
Le latin ignis,Ieu, ce qui est inné, pu4 fut em-
ployé par les traducteurs de la Bible et les
médecins, pour traduire le grec pur, puros,
que I'on retrouve aujourd'hui dans les mots
pyrotechnie ou pyromanie. lgnrs est encore
présent dans la langue française, dans igni-
fugé, initiation ou inné, Cependant, le mot
feu provient du latin classique focus (ioyer
où brûle le feu), qui donnera foc, puis fou
dans la deuxième moitié du premier millé-
naire, pour aboutir à feu. Ainsi, c'est le feu
du foyer familial que nous avons choisi pour
désigner le feu sous toutes ses formes, non
celuide la purification (ignis),qui implique
une destruction, un mal pour un bien. En
effet, le feu qui brûle dans le foyer ne peut
être qu'un bon feu.

HÉpuRTsros, pnouÉrHÉr avant clc lui insufflcr l'ótincelle dc vie. On rctrouve, dans lc supplice de Promé-
ET LE FEU MYTHOLOGIQUE Plométl-rée, le fils d'un Titan, vola le feu thóe , deux symboles en analogie avec le
Héphaïstos-Vulcain, fì1s de Zcus-Jupi- dc la folge dcs dieux à f insu d'Hé- fcu : l'aigle, d'abord, oisean solaire dit aussi
tcr et d'Héra-Junon (voir : Arß diuina- pl-raïstos, afin dc lc donner aux honmes oiseau tonnerre, le messagel des dieux
toires, le Throt fiche n" B), ótait le dicu qu'il avait cróés. Il fi-rt ainsi considéró tl'ansportânt le feu du cicl ; le foie, eusuitc,
du feu dans la rnythologie grecquc. Il comlrìc le bienfaitcur de 1'humanité, considóré corrme lc siège de l'âme, ou
régnait sur le feu dcs volcans et dcs mé- ayant dórobé le fcu du ciel dont sculs les plus cxactement l'olgane par lequel l'âme,
taux, c'est-à-dirc sur la métallurgie. Il dicux avaicnt lc privilège jusquc alors, gónér'atrice dc l'ótincelle de vic, est reliée
ótait le forgcron des dieux. Comrne tel, claus l'uniquc but de lcndrc la vie des au corys qu'elle auilne. Lc fcu des passions
il forgea dcs armes, bicn sûr, notammcnt holnrncs plus agréablc. Ponr le punir, de l'âme siège dans lc foie. En hébreu, lc
pour Achille. Il participa à la création de Zeus l'enchaîna au flanc d'nnc mon- termc foie (taued) signifte aussi bien lour-
Pandore, la premiòre femrne dcs Glecs, tallne , avec des licns d'acier forgés par dcur. pcsrìrìtcur quc lichessc ct puissancc.
dont il façonna le corps et pétrit les Héphaïstos, ct Ic condamna à sc faire ru scns de puissrrrce divinc.
membres avec de la bouc, cn la modc- dóvolcl lc foic - qui sc rccorrsticrrait tou-
lant à l'image des décsscs immortellcs, jouls - pal un aiglc.

Les dieux et les attributs du feu


Gibil élail le dieu du feu des Mésopotamiens, et Molocñ, celui prêtresses de Vesta, la déesse grecque du feu du foyer domestique;
des Cananéens et des Carthaginois. Atar êtait le génie du feu de en étaient les gardiennes.
la Perse mazdéenne et le dieu-Feu, qui avait le pouvoir de lire dans [a pyromancie est un art divinatoire qui consiste à lire des augures
le cæur des hommes ; son temple s'appelait la << Kaaba de Zo- et des présages dans les flammes d'un brasier.
roastre r (voir Présages, Croyances, Mystères, fiche n" 11). En lnde, La salamandre, animal métaphorique, vit dans le feu. Elle est la gar-
Agni est le dieu du foyer, Sûrya,le dieu du dienne des flammes, une représentation du dragon, symbole de
-- Soleil, lndra le dieu de la foudre ou du l'énergie primordiale, l'étincelle de vie, le feu de dieu.
å' ciel et Brahma,le dieu suprême, est dit Chez les Romains, les Germains, puis en Europe sous l'lnquisi-
. f semblable au feu, selon la tradition hin- tion, l'épreuve du feu était infligée aux coupables présumés à
ááÑ:\.douiste'Lesvestales,quil,onfaisaitporterunebarredeferrouge'5,itsgardaientdes
-- traces de plaies dans les maint ils étaient condamnés.
Les feux díts de la Saint-Jean, célébrés le 24 juin, étaient à l'orir
gine des feux de fertilisation et de purification que l'on allumait
¿-r
b-)
le jour du solstice d'été (le 21 juin), juste avant les récoltes, pour
honorer les dieux et les remercier de leurs bienfaits, ou juste après,

tl pour purifier la terre.

FICHE N" 1
Les élérnents

LaTerre
Nourricière, sauuage ou cultiuée, la terre est un élément uital qui donne tout et le reprend,
Tout uient de la terre et tout retourne à Ia terre.

terre, c'est le nom que nous avons LE GRAND PRINCIPE FÉMININ veaux fruits ; mais d'autre part, le fait
f a
même que tout retourne à la terre im-
I-¿donné à notre planète, en y substi- La terre, matière primordiale dont toute
tuant un T majuscule, pour le diffé- vie est issue, qui donne et reprend la vie, plique qu'elle règne sur un principe vital
rencier du nom de l'élément primordial est sauvage, indomptable, maléfìque ou eLfatal sans lequel toute vie sur Tèrre ne
sur lequel nous marchons, nous repo- cultivée, apprivoisée, bénéfìque. Elle est serait plus possible, et c'est là son aspect
sons et qui nous nourrit. Car la terre est le grand principe fëminin opposé au ciel, négatif obscur, maléfique. En effet, tout
d'abord nourricière. Le grand jardin de le grand principe masculin. comme la graine produite par la plante
la Terre, avant d'être cultivé, nous of- Ainsi, dans le zodiaque, l'axe formé par ou le fruit, l'homme ne retourne-t-il pas
frait déjà I'abondance de ses fruits. les signes du Taureau et du Scorpion à la terre ? < Nu je suis sorti du sein ma-

Mais nos ancêtres savaient mieux que correspond au grand principe féminin ternel ; nu j'y retournerai >, ditJob (1,21).
nous qu'il faut donner à la terre autent faisant face et s'opposant au grand prin- Dès lors, pour nos ancêtres, il parut lo-
qu'elle nous donne, et qu'on ne peut sé- cipe masculin qui lui est complémen- gique que le royaume des morts se trou-
parer la terre de la Terre, la matière de taire. Le signe du Täureau est en anâ- vât sous la terre, dans le sous-sol, dans les
l'astre. C'est ainsi que dans leur esprit, logie avec l'apparition de la vie végétale mondes souterrains où se manifestent les
la matière et l'astre se confondaient dans sur notre planète, tandis que le signe du forces obscures, les ombres, souvent as-
I'image d'une divinité unique, une Scorpion est en concordance avec celle sociées à la décomposition et à la putré-
déesse-mère qui, bien qu'elle revêtît des de la vie animale. faction. Toutefois, le sous-sol étant aussi
apparences multiples selon les croyances, Le double aspect positif et négatif de la le lieu de la fécondation et de la germi-
les cultures et les civilisations, fut tou- terre réside en ceci : d'une part, elle est nation, l'espoir en une renaissance, en une
jours et partout identique. généreuse et fëconde, elle produit une résurrection, était toujours possible. C'est
grande veriété de plantes et de fruits, ainsi que l'on a toujours cru quejeter une
avec elle et en elle, rien ne se perd, tout poignée de terre sufnìsait à chasser les
se transforme, puisque les graines issues forces néfastes et à conjurer la fatalité liée
des plantes et des fruits retournent à la à la mort, et que l'on accomplit encore

- l'ensemencent -, pour qu'elle


terre ce geste rituel, aujourd'hui, en enterrant
donne de nouvelles plantes et de nou- nos morts.
manifester son désaccord et sa colère,
rendit la terre stérile, engendrant la sé-
cheresse et la famine. Cette légende
illustre les pouvoirs de vie et de mort
que I'on a toujours accordés à la Terre,
la sécheresse et la famine étant des
fléaux contre lesquels I'homme est,
malheureusement encore à 1'heure ac-
tuelle, toujours impuissant.

DÉESSES ET DIEUX DE LA TERRE


DANS LE MONDE
En Égypte, dans le panthéon des dieux
- selon les textes du récit mythique de
la formation de la Tèrre (la cosmogo-
nie) d'inspiration memphite (d.
Memphis, ville de I'ancienne
gypte) -, Ptah,le grand démiurge, est
une divinité mâle et femelle ; I'un de
ces textes dit : ( C'est lui le père des
dieux et aussi la mère. Et son surnom,
c'est "La Femme". C'est lui la matrice
dans laquelle se déverse la semence de
Laksmí Ptøh
ce qui est sorti. Il fìt sortir l'orge de
GAIA ET DEMETER, LES GRANDES bien le mythe de Gaia et de la nais- I'homme et le blé de la femme... >. Plus
sance des dieux grecs. Gaia, sou- tard, Geb fut une déesse-mère, figu-
Selon la mythologie grecque, Gaia, la vent fìgurée sous les traits d'une rant la glaise, la tourbe, la matière pri-
grande déesse-mère, fut la deuxième femme aux formes rondes, plei- mordiale, la terre nourricière, culti-
divinité à apparaître, juste après nes, généreuses, est donc la mère vable et féconde.
Chaos qui avait engendré la nuit des dieux, la Mère universelle, puis- En Chine, la création de la Tèrre est
et lejour. C'est d'elle que sont sance inépuisable de fécondité. C'est l'æuvre de P'an-kou, selon le Chou
nés Ouranos, le Ciel, les elle aussi qui détient les secrets des Des- Yi Ki, un texte datant du vI" siècle de
Montagnes et I'Océan. tins, elle qui préside donc aux destinées notre ère : < Les êtres vivants com-
S'unissant au Ciel, son humaines. mencèrent avec P'an-kou, lequel est
propre fils, elle conçut Déméter-Cérès, une grande déesse l'ancêtre des dix mille êtres de I'uni-
Cronos, le Temps, et fut maternelle selon la mytholo- vers. Lorsque P'an-kou mourut, sa tête
ainsi la grand-mère de gie grecque, étaitla fìlle de Cro- devint un pic sacré, ses yeux devinrent
Zeus. De nos jours, on s'étonne par- nos et de Rhéa, autre divinité de la le soleil et la lune, sa graisse, les fleuves
fois que la Tèrre soit absente de la hié- Terre, tous deux enfants de Gaia. Mais et les mers, ses cheveux et ses poils, les
rarchie céleste du zodiaque, qui elle se distingue de sa grand-mère, en arbres et les végétaux. >
trouve des correspondances presque cela qu'elle est une représentation my- En Inde, la Tèrre est tentôt Laksmi,
parfaites dans les figures des dieux de thique de la terre cultivée. On la sur- déesse de la fìicondité et de la prospé-
I'Olympe, lesquelles avaient été créées nommait la déesse des blés. Elle s'ap- rité, dont le symbole est I'or, tantôt
sur des modèles plus anciens. Eri réa- parente ainsi au signe de la Verge, qui Kâli,la déesse noire et sanglante des sa-
lité, la Tèrre est omniprésente dans le est souvent fìguré per une jeune crifices. Elle est aussi Bhûml, le sein
zodiaque, quand bien même I'astro- femme assise portant des épis de blé. maternel.
logue ne faitjamais formellement al- Lhistoire de sa fille, Perséphone, Pour les Mayas, la Terre était ltzam
lusion à elle. Car elle est située en son qu'elle conçut avec Zeus, est en ane- Cab, l'igrane-terre, et pour les Az-
centre, le centre de toutes les in- logie avec le signe de la Balance (voir tèques, il s'agissait d'un monstre aux
fluences auxquelles elle est infìniment Mytha, Légendes, Symboles, fiches n"' 10 mâchoires ouvertes, Tlahecuehtli, le Sei-
réceptive et dont elle fut, à I'origine, et 11). Lorsque Perséphone fut enle. gneur de la terre, deux fìgures qui s'ap-
le réceptacle. En effet, c'est elle qui vée et séquestrée au royaume des En- parentent plus au mythe du dragon
les a engendrées, comme I'illustre fers par Hadès, Déméter-Cérès, pour qu'à celui de la déesse-mère.

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Les éléments
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uiuons grâce à I'air que nous respirons.
celui-ci uital etfatal à lafoß, magique et ambigu.

tion de la Terre sur elle-même. Dès lors, la parole et du verbe. Là encore, ce sont
si le souflle et le vent véhiculent I'air in- toutes choses invisibles qui se manifes-
visible, mais réel et omniprésent, sans tent pourtant dans le monde réel, grâce
lequel toute forme de vie animée se- à l'air. Ainsi par exemple, de la même
piration-expiration) de l'enfant qui vient rait impossible, il peut tout aussi bien façon que le bois est le destin du feu,
de naître. Ce rythme de vie est aussi véhiculer l'âme qui rend I'individu dis- comme disent les Chinois, l'air condi-
un rythme de mort. En effet, le souffle tinct de ses semblables, singulier, in- tionne le feu. Lair est le même pour
qui permet à I'enfant de vivre libre, dé- telligent, libre. On peut même dire qu'il tous, mais le souflle est unique. En effet,
taché du cordon ombilical, en utilisant est la preuve symbolique de I'existence lorsque vous inspirez, vous prenez l'air
ses poumons et son système respiratoire, de l'âme. que tout le monde respire ou, si vous
repose sur un mouvement binaire Le souflle est aussi le véhicule de la pen- préférez, toute personne présente à vos
constant. Prendre son souffle, c'est sée, de I'esprit, des sons, de la voix, de côtés respire le même air que vous.
vivre, être indépendant. Rendre son
soufirle, c'est rendre l'âme, mourir.

rAIR, LE VENT,
tE SOUFFLE ET TÂME
Lâme et le souflìe ont toujours été in-
timement liés. Mais le soufïle n'est pas
l'âme ; c'est son véhicule. Tous deux
sont invisibles, impalpables.
IJair, qu'il soit souffle ou vent, s'im-
prègne des parfums, des odeurs, de la
chaleur et du froid des espaces qu'il oc-
cupe entièrement, dans lesquels il évo-
lue librement. En plaçant la main de-
vant votre bouche, vous pouvez sentir
et ressentir la chaleur de votre soufnle.
Lair est la nourriture des dieux, car c'est
par le souffle que l'organisme produit
la chaleur de lavie ou le feu intérieur. De
même, lorsque le vent souffle, ce n'est
pas lui que I'on voit et que I'on entend,
mais les branches des arbres qui re-
muent, plient, s'agitent et les feuilles qui
bruissent.
Le soufÍle est donc un âcte spontané,
instinctil vital, qui permet à I'homme
de respirer, de vivre, de s'animer. Mais
le souffÌe n'est pas I'air ; c'est I'acte de
respirer. Le vent, lui non plus, n'est pas
l'air. Il résulte des déplacements d'air
produits par les mouvements de rota-
\
Mais lorsque vous expirez, c'est- l'inspiration à I'expiration.
à-dire lorsque vous émettez un souffle, Larbre de vie est donc aussi
vous produisez un air qui vous est un arbre de mort. Et n'ou-
propre, qui est passé par le filtre de vos blions pas que, lové au centre
poumons, un air individualisé, pourrait- des poumons, se trouve le
on dire. Les poumons sont les maîtres cceur qui, lui aussi, par son
du souffle. Mais la peau respire, elle mouvement binaire de dias-
aussi, par tous ses pores. Elle se nour- tole (dilatation du cæur et des
rit du souffle de vie. C'est ainsi que les altères) et de systole (contrac-
natiß des signes d'air (Gémeaux, Ba- tion du cærlr et des artères),
lance, Verseau) ont souvent la peau fine passe sans cesse de la vie à la
et sensible et peuvent avoir une sensi- mort. Le rythme cardiaque
bilité < à fleur de peau >. est un rythme de vie et de
mort. Sans lui, nulle vie ne
TARBRE PULMONAIRE serait possible.
ET TARBRE DE VIE Toutefois, la respiration est un
Les poumons sont reliés aux bronches acte de vie, la manifestation
droite et gauche, qui se rejoignent sous d'une volonté active, dans le
la trachée. Lorsque l'on regarde cet en- sens où elle prend racine dans
semble poumons-bronches-trachée, on les reins qui, eux aussi, sont
découvre I'image d'un arbre renversé. doubles. C'est dans les reins
Il existe ainsi une analogie symbolique que siègent I'équilibre, la
évidente entre l'arbre pulmonaire et force, la puissance. On dit
I'arbre de vie (voir Mythes, Légendes, d'un être équilibré, qui a ac-
Symboles, fiche no 67).PIanté âu centre quis une certaine maîtrise de soi ou qui ment de prendre conscience de son
du jardin d'Eden, l'arbre de vie, ou se trouve dans une situation matérielle rythme. Car l'air, le souffle, la respira-
l'arbre de la connaissance du bien et du confortable, qu'il a les reins solides. tion, c'est aussi le rythme. Chacun
mal, n'est autre que I'arbre du souffle A I'instar de toutes les parties du corps d'entre nous possède le sien propre. Maî-
qui est à I'origine de la conscience in- qui remplissent une fonction vitale, les triser son souffle et sa respiration, c'est
dividuelle, mais qui implique un mou- reins respirent, eux aussi. Ils sont les or- être dans son rythme, c'est apprendre à
vement qui va de la vie à la mort, de ganes de la respiration génitale, du bas vivre à son rythme.
du corps, tandis que les Le rythme, érymologiquement, c'est le
poumons sont ceux de la mouvement, la cadence et la mesure,
respiration pulmonaire, du mais aussi la manière d'être. Par la maî-
haut du corps. IJêtre qui trise de l'air en vous et de votre souffle,
maîtrise sa force, sa vo- vous découvrirez votre rythme person-
lonté dans ses reins, maî- nel, votre manière d'être.
trise son souffle et son es-
prit dans ses poumons.
Cette maîtrise est obtenue
par I'usage du muscle du
diaphragme, qui sépare le
thorax de I'abdomen et qui
permet à l'arbre pulmo-
naire de se développer et
de s'épanouir.
Les exercices de respiration
du hata-yoga favorisent la
maîtrise du soufïle et l'épa-
nouissement de l'arbre pul-
monaire, de I'arbre de vie souffle et de votre resoiratlon, Cet exer-
*t 'c¡Ec¡ à
q'
qui est ell nous (voir enca- la portée de tols, procure c6¡mà
dré). Ils permettent égale- et-détente :irÉ
"
'*ilÉià!,--¡!'ftÉh.*.u-,, -¡fr,-
Les élérnents

UEatt
De Ia source au ruisseau, du ruisseau à la riuière, de la riuière aufleuue, dufleuue à la mer,
de la mer à l'océan, de l'océan au ciel, du ciel à la terre, I'eau est le cycle de la uie.

f e cycle de I'eau nous renvoie au Ainsi, l'eau poursuit un cycle relative- L,EAU DES FLEUVES
I-rmythe de l'éternel retour et au prin- ment immuable, qui va de l'état liquide ET LES EAUX.MÈRES
cipe des vases communicants qui favo- à l'état solide - en passant par celui dc C'est au bord des fleuves que naquirent
risent la régénération. Leau tombe du vapeur - ct se reproduit cnviron trentc- et s'épanouirent les glandes civilisations
ciel, pénètre la terre et remonte à sa sur- quatre fois au cours de l'année terrestre, de l'Antiquité. Citons le Tigre et l'Eu-
face sous la forme de sources, de ruis- selon les obseruations scientifiques. phr-ate en Mésopotamie, le Nil en
seaux, de rivières, de fleuves qui scjet- Leau est l'organe sensoriel de la terre Egypte.
tent dans les mers et les océans. Le feu ou, plus exactement, elle rend la terre En Chine, à chaque Nouvel An chinois,
et la chaleur du Soleil engendrent la sa- sensible et réceptive. En s'évaporant et l'empereur, dit le Fils du Ciel, était
turation et la condensation de l'air, l'éva- en chargeant l'air d'humidité, elle rend chargé des sacrifìces aux quatre grands
poration de l'eau des mers et des océans, également cet élément sensible et ré- cours d'eau que sont le Houang-Ho,
la formation de nuages - constitués de ceptif Par ailleurs, sous les effets conju- le Yang-Tseu-Kiang, la rivière Houai et
particules d'eau liquide ou solide -, gr"résdu mouvement de rotation de la la tivière Tsi.
poussés par le vent. Sous I'effet des pres- Terre sur elle-même et de la pesanteur, En Inde , Ganga est la rivière blanche du
sions atmosphériques, les averses et les I'eau façonne la surface de la Terre. En salut etYamunã, la rivière noire des ori-
précipitations déferlent sur la terre. effet, les tracés sinueux des rivières et gines. Toutes deux sont apparentées à
Si l'eau de pluie ne tombait pas du ciel, des fleuves à la surface du globe, ainsi Vishnu et Shiva qui, avec Brahma, le
la terre ne serait ni féconde ni fertile, que les multiples courants qui la forcent dieu suprême, forment la triade hin-
mais sèche et stérile. En cela, elle est à s'écouler, résultent de la rotation et douiste ou Thimurti.
bien source de vie. Si elle ne s'infìltrait de I'attraction terrestres, mais aussi des Selon la tradition juive, le fleuve d'En-
pas dans la terre, aucune fermentation mouvements de la Lune autour de haut est celui des grâces et des in-
ne serait possible, la semence ne pour- notre planète. fluences célestes.
rait pas se transformer en graine, les ra- Car les eaux des rivières, des fleuves et On observe dans toutes ces civilisations
cines ne pousseraient pas. En cela, elle des océans sont animées par un jeu de antiques Ia même croyance en 1'origine
est le grand principe de la régénéres- courants subtils, enchevêtrés, tour- céleste et divine des fleuves. En effêt,
cence et de la métamorphose. noyants, sans cesse en mouvement. I'eau étant par excellence l'élément
originel, le grand principe de la vie le lac, la mare, le marais, la mer, l'océan, Lleøu du Scorpion, c'est l'eau stagnente,
sur Grre, tous les mythes de création du la pluie , I'eau du puits, la rivière, le ruis- celle des mares, des marais, des étangs,
monde font allusion aux eaux d'En-haut seau, la source, le torrent, la vague sont des mystères. C'est I'eau qui fermente,
qui se séparèrent des eaux d'En-bas, en- chargés de symboles et de significations pénètre et régénère la terre en profon-
gendrant les fleuves et les mers, après au centre desquels se trouve I'eau source deur. C'est l'humidité enfouie sous la
un déluge ou un chaos initial (voir de vie, purificatrice et régénératrice, terre. C'est l'eau du puits, des nâppes
Découurir l''4strologie, fiche no 1). Car, tou- notre mère, notre mer ! phréatiques. Ce sont les eaux secrètes,
jours selon ces légen- qui se dissimulent sous les sables du dé-
des mythiques et cos- LES SIGNES D'EAU sert, où vivent les scorpions et les ser-
mogoniques, l'eau est Ijeau du Cancer, c'est celle de la source pents. C'est l'eau qui dort, riche en
I'univers du chaos, jaillissante, pure et purifìcatrice, de la limon, d'où une nouvelle vie surgira
c'est-à-dire de la vie in- fontaine rafraîchissante, à cette époque peut-être.
différenciée ou de tou- de l'année où le soleil est à son zénith. IJeøu des Poíssons, c'estcelle des abysses,
tes les formes de vie Ce sont les eaux-mères, qui renferment des fonds sous-marins, des immensités
possibles, desquelles a toutes les formes de vie possibles. C'est océanes. C'est I'eau déferlante, torren-
surgi la vie telle que la sensibilité des surfaces des eaux, nées tielle, chaotique, du déluge et des tem-
nous la connaissons. des courants chauds et froids qui s'en- pêtes, des inondations. Mais c'est aussi
< Leau est l'élément de l'abnégation, du chevêtrent. C'est le mouvement des celle qui lave, soulage, guérit, bénit, sa-
perpétuel "être pour les autres". Leau vagues qui caressent les rivages, au cralise, divinise ; l'eau pure, limpide et
n'a d'autre être que Ie fait d'être pour les rythme des marées influencées par la lisse du lac dans lequel I'homme ren-
autres. Sa détermination, c'est de n'être Lune. contre son visage, découvre son âme et
encore rien de déter se noie en lui-même ou trouve la lu-
miné, et.'.r, Oourqrol mière. C'est l'eau de la vie, I'eau céleste
on I'a appelée autrefois dans laquelle ilplonge pour naître ou re-
la mère de tout le déter- naître à lui-même.
miné > (Hegel, La Reli-
gion déterminée :la religion
de la nature, éditions
Vrin,1972). Ce sont des
eaux-mères originelles
et nourricières, dont il
s'agit là (voir Connaître
I"4strologie, fìche n" 5).
Du fait même que l'eau
est source de vie, en la buvant ou en
s'y immergeant, on se ressource, on se
régénère, on se lave, on se purifie. Les
eaux des sources et des thermes sont ré-
putées pour leurs effets thérapeutiques.
Certaines sont censées avoir des ver-
tus magiques, telle I'eau de jouvence,
dont la propriété est de redonner lajeu-
nesse. De tout temps, I'apparition d'une
source a été considérée comme un mi-
racle, un fait surnaturel, un don des
dieux, et inversement I'assèchement
d'un ruisseau, d'une rivière ou d'un
fleuve, comme une malédiction.
Leau est encore un symbole de fertili-
sation, de bénédiction, de purification
(le baptême), de sagesse, d'éternité,
d'amour infìni, sans limite, et de vie spi-
rituelle. Le fleuve, Ia fontaine, l'étang,

FICHE N" 4