Vous êtes sur la page 1sur 5

Proposition d’amendement des articles 1, 5, 15 et 16 du projet de loi portant composition et organisation de la Commission Electorale Indépendante

PROPOSITION D’AMENDEMENT DE L’ARTICLE 1 er

Exposé des motifs Seul moyen constitutionnel devant permettre aux citoyens ivoiriens d’exprimer leur souveraineté conformément aux dispositions de l’article 51, alinéa 1 de la Constitution qui stipule que : « le peuple exerce sa souveraineté par la voie du référendum et par ses représentants élus ». Celle-ci dispose en son article 51, alinéa 3 que : « la Commission indépendante chargée de l’organisation du référendum, des élections présidentielle, législatives et locales, dans les conditions prévues par la loi, est une Autorité administrative indépendante. Une loi détermine ses attributions, son mode d’organisation et de fonctionnement. » C’est pourquoi, proposons-nous de rendre conforme l’Article 1 er de la Loi sur la CEI, qui était jusque-là adossé à la Constitution du 1 er Août 2000, en précisant que c’est par une loi organique, conforme à la Constitution de la Troisième République de Côte d’Ivoire, qu’est instituée la CEI.

Dispositif légal - Article Premier (nouveau) :

En application de l’article 51, alinéa 3, de la Constitution, la présente loi organique institue l’Autorité administrative indépendante dénommée Commission Électorale Indépendante, en abrégé CEI, et fixe les modalités de son fonctionnement.

La Commission Électorale Indépendante n’entretient aucun lien hiérarchique avec les autres Institutions de l’Etat.

Elle est autonome, dans la prise de décisions qui rentrent dans le cadre de l’exercice des attributions qui lui sont conférées par la présente loi.

Les membres de la Commission Électorale Indépendante ne reçoivent aucune instruction dans l’exercice de leurs fonctions, ni ne sollicitent d'instruction, d'ordre ou d'injonction d'aucune autorité publique, privée ou politique.

PROPOSITION DE L’ARTICLE 5 (NOUVEAU)

Exposé des motifs Dans son Arrêt du 18 novembre 2016, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples a dénoncé la surreprésentation du pouvoir, avec huit (8) membres contre quatre (4) pour l’opposition. Aussi, proposons-nous, le retrait des instances de la CEI, des représentants des Institutions, de l’Administration et des partis politiques et leur remplacement par neuf personnalités élues par les syndicats de la Magistrature, le Barreau des Avocats, l’Union nationales des journalistes de Côte d’Ivoire et des ONG exerçant dans le domaine de l’observation des élections. La désignation respectera le principe du genre. (Article 5) Par ailleurs, pour un souci d’efficacité et de professionnalisme, la Commission doit être dotée d’un organe technique composé d’experts recrutés par appel à candidature. C’est à ce titre qu’un secrétariat exécutif national est à créer. (Article 5 bis)

Dispositif légal - Article 5 (nouveau) :

La Commission Centrale compte neuf (09) membres permanents. Ce sont :

deux (2) personnalités dont une femme, élues par les syndicats de la Magistrature ;

deux (2) personnalités dont une femme, élues par l’Ordre des Avocats ;

quatre (4) personnalités dont une femme, élues par les organisations de la société civile légalement constituées œuvrant dans le domaine de l’observation des élections ;

une (1) personnalité élue par l’Union nationale des journalistes.

Des membres non-permanents sont désignés en cas de référendum et pour les autres catégories d’élection.

A cette occasion, chaque comité de soutien par option ou chaque parti ou groupement politique légalement constitué ou chaque candidat ou liste de candidats se présentant à titre indépendant et autres sensibilités, désigne un représentant pour siéger au sein de la Commission Électorale Indépendante et/ou de ses démembrements.

En aucun cas, l'absence de représentant d’un comité de soutien par option ou celui du parti ou groupement politique légalement constitué présentant un candidat ou une liste de candidats ne constitue un obstacle au fonctionnement de la Commission, ni au bon déroulement des opérations électorales ni une cause d'annulation desdites opérations.

Le représentant de chaque comité de soutien par option ou de chaque parti ou groupement politique légalement constitué ou chaque candidat ou liste de candidats se présentant à titre indépendant et autres sensibilités siègent au sein de la Commission Electorale Indépendante jusqu’à la proclamation provisoire des résultats.

Il jouit d’un statut d’observateur et peut prendre part aux débats avec voix consultative.

Dispositif légal - Article 5 bis (nouveau) :

La Commission Electorale Indépendante dispose d’un Secrétariat Exécutif National.

Le Secrétariat Exécutif National est la structure technique et administrative chargée de la mise en œuvre des délibérations de la Commission Electorale Indépendante pour la réalisation des opérations pré électorales, électorales et post électorales.

Il coordonne l’ensemble des activités électorales tant au niveau central que territorial. A ce titre, sous la supervision du Président de la Commission Electorale Indépendante :

il prépare et soumet, pour décision de la Commission centrale, notamment les projets de mesures d’application des textes législatifs, des guides de procédure et de méthodologie, des propositions d’affectation du personnel technique et opérationnel ;

il exécute les décisions adoptées par la Commission centrale ;

il réalise les opérations se rapportant au processus électoral.

Le Secrétariat Exécutif National est dirigé par un Secrétaire Exécutif National. Le personnel administratif et technique du Secrétariat Exécutif National est recruté par le Bureau de la CEI dans le cadre d’un appel à candidature ouvert qui inclut une évaluation portant sur des critères de compétence, d’expérience, de moralité et d’intégrité.

Le personnel du Secrétariat Exécutif National exerce leurs fonctions de manière impartiale. Il doit s’abstenir de participer à toute activité politique, et faire preuve de neutralité politique dans l’exercice de leurs attributions. Le statut du personnel du Secrétariat Exécutif National relève du Code du travail.

L’organisation du Secrétariat Exécutif National est soumise à la délibération du Bureau de la CEI.

PROPOSITION DE L’ARTICLE 15 (NOUVEAU)

Exposé des motifs Pour éviter de sédentariser un personnel dont l’entretien est très coûteux, il est important de préciser que les commissions locales de la CEI sont des structures non permanentes mises en place par la Bureau de la CEI sur proposition du Secrétariat Exécutif national.

Dispositif légal - Article 15 (nouveau) :

La Commission Electorale Indépendante dispose de démembrements territoriaux qui sont des structures non permanentes.

Les démembrements territoriaux de la CEI sont créés au niveau des régions, des départements, des sous-préfectures et des communes.

Ils sont mis en place par décision de la Commission centrale, sur proposition du Secrétariat Exécutif National, en fonction de la nécessité pour une activité spécifique, ou pour chaque catégorie d’opération électorale.

Leur mission prend fin avec l’accomplissement de l’activité spécifique ou la proclamation des résultats provisoires de chaque élection selon le cas.

PROPOSITION DE L’ARTICLE 16 (NOUVEAU)

Exposé des motifs La composition d’une commission locale de la CEI est identique au niveau de la région, du département, de la sous-préfecture ou de la commune. Il compte trois personnes désignées par le Bureau de la CEI et un représentant de chaque candidat, parti ou comité de soutien par option, prenant part à tout scrutin.

Dispositif légal - Article 16 (nouveau) :

Chaque démembrement territorial comprend :

trois (3) personnalités désignées par le Bureau de la CEI ;

le (1) représentant de chaque comité de soutien par option, en cas de référendum, ou de chaque parti ou groupement politique légalement constitué présentant un candidat ou une liste de candidats pour les autres catégories d’élections, à titre d’observateur.

AMENDEMENTS DEPOSÉS PAR LE DEPUTÉ ALAIN LOBOGNON, MEMBRE DU GROUPE PARLEMENTAIRE RASSEMBLEMENT