Vous êtes sur la page 1sur 10

La théorie polyvagale de Stephen Porges, encore fort peu connue en

France, est en train de révolutionner le monde de la


psychothérapie, notamment au niveau du traitement des
traumatismes.

Elle nous aide à comprendre l’interaction entre les branches


sympathique et le parasympathique du système nerveux, non
seulement dans la création et l’entretien de la douleur, mais dans,
virtuellement, tous les symptômes de corps-esprit de problèmes
de santé qu’on puisse imaginer.

Elle couvre tout, des problèmes émotionnels aux problèmes


spirituels. Tout est compris et peut être expliqué dans une
certaine mesure par cette théorie.

Cet article est extrait d’un entretien entre Maggie Philipps, une
proche collaboratrice de Porges et Robert Schwarz, directeur
éxécutif de l’ACEP (Association américaine de la Psychologie
Énergétique Intégrative), dans le cadre d’une formation complète
en ligne sur la science des soins énergétiques, traduite en
français.

Robert Schwarz interviendra lors du prochain Congrès français de


la psychologie énergétique pour faire une synthèse de l’état de la
science actuellement et développer le nouveau paradigme de
l’énergétique.

Renseignements sur le congrès de la psychologie énergétique,


cliquez ici.

Stephen Porges a identifié trois circuits dans le système


polyvagal. Le tout premier, le système vagal ventral
d’engagement social, nous aide à comprendre comment
l’attachement et l’engagement fonctionnent dans le système
nerveux.

Avant lui, nous pensions avoir un système sympathique et un


système parasympathique; maintenant, nous savons que nous
avons trois systèmes nerveux, trois branches.
Le système vagal ventral
Le système vagal ventral de l’engagement social, qui est en action
lorsque nous sommes au repos, ou du moins, quand nous ne
sommes pas menacés, nous aide à nous engager avec
l’environnement, les autres et nous-mêmes.

Il nous aide aussi à réguler le système sympathique-surrénal et


nous maintient dans une fenêtre de tolérance, ce qui est très
important quand on travaille sur le traumatisme.

Lorsque nous sommes menacés, pourtant, le système vagal


ventral est outrepassé par le système sympathique (Porges
appelle cela le sympathique-surrénal) qui mobilise les réactions de
survie de combat et de fuite. L’amygdale déclenche le signal
d’alarme et l’hypothalamus déclenche une cascade de substances
qui comprennent le cortisol, l’épinéphrine, l’adrénaline et d’autres,
pour mobiliser notre énergie contre la menace.

L’activation du système sympathique a donc pour résultat un flux


accru de sang vers les muscles du corps, leur donnant plus
d’énergie pour combattre ou fuir. Le flux vers le cortex cérébral
est alors diminué, nous ne pensons donc pas aussi bien, comme
une partie du cerveau est éteinte. Çela augmente notre vigilance.
Toutes ces réactions optimisent nos chances de survie.

Le système vagal dorsal


Souvent, pourtant, le système vagal ventral de l’engagement et la
réaction combat/fuite ne sont pas proportionnels à la menace.
Dans ce cas, le système vagal dorsal s’active automatiquement.
C’est le système le plus primitif et il est déclenché par un manque
d’oxygène dans les tissus et les muscles. Autrement dit, quand on
est à cours de carburant pour le mouvement, pour se défendre ou
fuir, alors ça pousse le cerveau à se mettre en position
d’immobilité.
On voit cela dans le monde animal quand les mammifères
simulent la mort. L’exemple type est celui de s’immobiliser
comme un opossum.

La réaction d’immobilité qui se déclenche lorsque le système


vagal dorsal bloque de nombreuses fonctions corporelles mène à
une réduction du rythme cardiaque et de la respiration et
s’accompagne d’engourdissement.

Bien que cette immobilité protège notre survie, si elle est active
pendant une longue période, elle peut être absolument fatale, les
gens peuvent en mourir (menant à des problèmes cardiaques et
respiratoires, parmi bien d’autres troubles).

Le nerf du système vagal a deux branches principales qui se


rejoignent là où la branche cardiaque est connectée. Le cœur est
très important en termes de science polyvagale, et c’est aussi là
que la psychologie énergétique rejoint la science polyvagale.

Quasiment tous les systèmes d’organes dans le corps sont


affectés par le nerf vagal, appelé aussi nerf vague, qui le plus long
nerf du corps. Il démarre au dixième nerf crânien et se faufile à
travers la moelle épinière et la colonne vertébrale, puis il se
connecte à tous ces différents systèmes d’organes : les poumons,
le cœur, l’estomac, la rate, le foie, le côlon, le rein, l’intestin
grêle, etc.

Porges considère le système nerveux autonome du point de vue


de la sécurité, un sujet important quand on travaille avec les
traumatismes. Quand on est en lieu sûr, on a une activation
optimale, on est au repos et on digère, on est connecté au
système vagal ventral - le système d’engagement - et on
remarque et participe au contact visuel, à l’expression faciale, la
vocalisation et d’autres comportements sociaux. Lorsque le
danger apparaît, on commence à passer en mode hyperactivation.
Notre rythme cardiaque s’accélère, le système sympathique, le
système surrénal s’enclenchent, on mobilise l’énergie de la
réponse combattre/fuir et survivre. On peut aussi subir la rage et
la panique dissociées.

Lorsqu’on passe au niveau de menace sur la vie (quand notre


organisme perçoit que l’on va mourir), on change. Au lieu d’une
hyperactivation, nous sommes en hypoactivation. On descend
dans la branche vagale dorsale du système parasympathique, et
on a un rythme cardiaque très faible. Avec certaines personnes, le
cœur s’arrête pendant ce changement. On passe en immobilité au
lieu de la mobilité, c’est le blocage. On subit un effondrement
dissocié.

La psychologie énergétique et la théorie


polyvagale
Quand on visualise le système polyvagal en regardant du haut
vers le bas de l’organisme, on voit une échelle de fibres nerveuses
qui va du cerveau au cœur. Il n’y a pas que le flux sanguin, mais
une énergie électromagnétique qui est très importante pour
comprendre la psychologie énergétique.

Porges suggère que lorsqu’on se sent en sécurité avec les autres,


nous pouvons alors communiquer avec d’autres personnes. C’est
là que nous pouvons établir le contact visuel, sourire, écouter et
que nous avons ce qu’il appelle la prosodie, un certain rythme et
intonation qui est très plaisant et un ton plus aigu que grave dans
la voix. La première étape d’une relation ou de l’engagement est
d’aider l’autre personne à se sentir en sécurité. Il faut bien sûr
qu’on s’aide soi-même à se sentir en sécurité. La sûreté est
vraiment fondamentale et elle provient du système vagal ventral.

Le système nerveux parasympathique sur le nerf vagal est


différent dans les états de danger et de menace : on distingue le
parasympathique de rétablissement et le parasympathique
immobilisé, dissocié. Lorsque nous sentons le danger, l’ancien
système vagal (dorsal) augmente son activité. Quand nous
subissons un défi, nous essayons d’abord de parler, de négocier si
c’est possible; puis nous passons en combat/fuite, puis nous nous
bloquons. La seule exception à ceci est dans les situations où le
vagal ventral est complètement dépassé. Cela peut arriver pour
diverses raisons, comme par exemple avec les patients
douloureux qui épuisent les gens qui les aident à se prendre en
charge. Comme les gens se retirent ou les jugent, ils ont appris à
ne pas communiquer. Ils vont encore plus alors dans cet état de
blocage. Souvent aussi quand on est en mode combat, si on ne
peut pas répondre à la menace, on va automatiquement passer
en blocage vagal dorsal.
La psychologie énergétique s’articule avec le système polyvagal
de plusieurs manières intéressantes qui ont des implications sur
les soins pour nous tous. La psychologie énergétique regroupe
une famille d’approches intégratives du soin qui s’organise sur
trois éléments majeurs du système énergétique : le champ
bioénergétique autour du corps, les chakras en tant que centres
d’énergie et le système des méridiens sous forme de trajectoires
énergétiques qui parcourent tout le corps avec des acupoints qui
peuvent être stimulés pour créer diverses réactions.

Par exemple, certaines personnes travaillent sur les points


tranquillisants et d'autres sur les points énergisants. Pour faire le
lien avec le système polyvagal, si vous avez un client très activé,
vous chercherez à en savoir plus sur les points tranquillisants
comme le montre le travail de Donna Eden sur la médecine
énergétique (elle sera également présente au Congrès de Lyon les
18 et 19 mars). Ensuite, bien sûr, vous trouvez les points qui sont
les plus stimulants pour le gens qui sont déprimés, plus fermés,
plus bloqués.

La psychologie énergétique rejoint également le système


polyvagal au niveau du cœur. Le cœur a son propre système
nerveux que nous pouvons considérer comme une sorte de
cerveau. Ce que nous savons d’après les recherches de l’institut
HeartMath, c’est que le champ énergétique du cœur est plus
puissant que le champ énergétique du cerveau (environ 100 000
fois plus puissant que le champ électrique du cerveau et jusqu’à 5
000 fois plus puissant que le champ magnétique du cerveau).

Les chercheurs de HeartMath ont aussi démontré que le cerveau du


cœur existe. Autrement dit, le cœur a son propre système
nerveux, que nous pouvons considérer comme une sorte de
cerveau. Il s’avère que le cœur initie davantage de messages vers
le cerveau que ne le fait le cerveau vers le cœur. Ce que cela
signifie, c’est que c’est notre engagement avec nous-même et
avec les autres d’une manière aimante et sécurisante, qui nous
donne envie que ces signaux soient envoyés vers le cerveau.
Nous voulons que cela informe notre pensée, nos projets et nos
décisions dans la vie, et maintenant nous savons que l’anatomie
appuie cette idée.
L'importance de la variabilité cardiaque
Le système nerveux autonome est très important parce qu’il
régule tout automatiquement, et on a besoin de savoir comment
l’organisme fait cela.

Il y a plusieurs façons de le savoir, mais un moyen s’appelle la


variabilité cardiaque. Elle est mesurée dans l’intervalle entre les
battements de cœur.

Le système nerveux autonome joue un rôle immense dans la


variabilité cardiaque. Si une personne est déprimée, ou a une
faible variabilité, cela veut dire que son cœur bat de manière trop
régulière. Cela traduit une aptitude réduite du système nerveux
autonome à tout réguler pour pouvoir rester en bonne santé :
l’homéostasie, la capacité à gérer des facteurs agressifs internes
et externes, les menaces, etc. Chaque jour, nous subissons des
menaces d'une nature ou l’autre (des menaces relationnelles, des
menaces de notre propre corps, parce que nous avons une
maladie, une pathologie auto-immune ou ce que vous voulez). La
variabilité cardiaque mesure la capacité à réguler et récupérer
face aux facteurs agressifs internes et externes.

En plus de mesurer le fonctionnement régulateur du système


nerveux autonome, la variabilité cardiaque est aussi un indice des
réactions émotionnelles régulées. On cherche la cohérence et en
psychologie énergétique, on parle beaucoup de cohérence.
Lorsque les gens utilisent des méthodes de soins énergétiques,
que ce soit la Psychologie Énergétique ou la Médecine
Énergétique, ce qui nous intéresse vraiment, c’est cette idée de
cohérence – les états intégratifs, cognitifs et émotionnels où on se
sent calme et centré. C’est une cohérence de tous ces différents
systèmes. Quand on se trouve dans cette position où les
systèmes sont synchronisés entre eux et qu’il y a une harmonie
entre tous ces processus : la pensée, l’émotionnel, le
physiologique, etc. alors nous avons la santé. Vous êtes centré,
dans une position où vous pouvez penser plus clairement.

De simples outils comme la respiration cardiaque (où vous


imaginez ressentir que vous inspirez dans le cœur et expirez par
le cœur) aident les gens à créer le calme et l’équilibre intérieur.
La recherche a pu mesurer toutes sortes de résultats formidables
avec cette pratique. L’augmentation de la variabilité cardiaque en
fait partie, ce qui veut dire une grande flexibilité, ainsi que
l’espoir, l'estime de soi, l’auto-efficacité et certainement la santé
mentale, émotionnelle et physiologique. C’est donc une approche
très importante.

NDR

En matière de gestion de stress et des conséquences de traumatismes, les soins énergétiques


transmis à distance, donc sans contact direct avec un thérapeute, sont particulièrement
efficaces car ils travaillent à votre rythme afin de vous permettre de retrouver un mieux-être
certain dans votre quotidien.

Dans ce site vous pourrez lire divers témoignages et choisir la formule d'aide énergétique qui
vous conviendra.

http://www.lesenergiesdevie.com/

Roger Callahan et la variabilité de la fréquence


cardiaque
Roger Callahan, qui a développé la thérapie du champ mental (TFT
– le précurseur de l’EFT), a réalisé un grand nombre
d’expériences où il a montré que la variabilité cardiaque était
améliorée après le traitement de TFT.

Le problème central avec ça, et avec leurs recherches, c’est que


nous manquons d’essais contrôlés randomisés. «Ce que je dirais,
c’est qu’on sait déjà en psychologie énergétique qu’on a besoin
d’améliorer nos recherches, la randomisation, les études
contrôlées, etc. ; donc ce n’est pas nouveau. Mais je pense qu’on
ne peut pas ignorer certaines des données de Callahan», explique
Maggie Philipps.

L’un de ses rapports porte sur 20 cas de personnes avec des


diagnostics de problèmes cardiaques (soit une variabilité
cardiaque très faible, des rythmes cardiaques très rigides ; et ce
n’est pas bon pour la santé, ni le reste). Après une brève
intervention avec la TFT, qui consiste à stimuler une séquence
prescrite de points méridiens, il a trouvé une amélioration
énorme, soit de fortes augmentations de la variabilité cardiaque.
Nous avons aujourd’hui besoin de plus d’études contrôlées
randomisées qui relient les résultats à la variabilité de la
fréquence cardiaque. Le comité de recherche à l’ACEP est
activement impliqué dans ce domaine et qu’il y a de plus en plus
de bonnes études qui sortent. Il faut aussi qu’on enseigne plus
largement la variabilité de la fréquence cardiaque afin de fournir
des protocoles et développer des instruments qui soient simples
et abordables, et puis bien sûr relier cela à la recherche qui en
prouve réellement l’efficacité.

La VFC est une mesure de la santé du système polyvagal. Une des


raisons pour laquelle la psychologie énergétique est si efficace est
qu’on travaille sur ce système vagal non-verbal. Stephen Porges
fut le premier à quantifier et à utiliser la VFC dans des recherches
psychophysiologiques. Ce qui a vraiment intrigué Porges, c’est ce
qu’on appelle le «paradoxe polyvagal». Il y a ces mécanismes qui
servent d’intermédiaire à certains aspects de notre réponse au
stress, etc., mais pouvons-nous expliquer comment ils servent
d’intermédiaire à l’arythmie sinusale respiratoire, qui est une
mesure protectrice, et à la bradycardie, qui est fatale ? La
production vagale d’une branche vers le cœur est liée au système
vagal myélinisé, qui favorise le calme, la relaxation et inhibe
l’activation de la réponse combattre ou fuir et de l’axe
hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS).

L’autre branche, ou l’autre type de système vagal, soit le nerf


vague non-myélinisé, qui est connecté à la fois au circuit
sympathique-surrénal et au circuit vagal dorsal, est manifeste
dans la bradycardie ; c’est la réaction cardiaque fatale. Les deux
réunis forment en fait la respiration cardiaque.

Porges travaille maintenant à développer des manières d’identifier


et de mesurer les rythmes cardiaques spécifiquement liés à ces
deux différents types de circuits vagaux, parce que nous avons
besoin de les comprendre tous les deux. Nous devons comprendre
ce qui cause le changement de ce merveilleux état positif de
calme et de détente en enfer.

L’étude ACE (Adverse Childhood Experiences) a montré que les


expériences négatives de l’enfance mènent à toutes sortes de
problèmes médicaux.
Donc les traumatismes inhibent le système de freinage vagal et
compromettent la capacité à réguler les affectations et les
émotions. Une des manières fondamentales dont nous utilisons la
médecine énergétique, les soins énergétiques, la psychologie
énergétique, du moins sur le plan émotionnel, c’est quand les
gens sont contrariés. Là encore, plus on travaille avec, plus on
soigne ce système de frein vagal, plus la personne peut récupérer
rapidement et se calmer émotionnellement, ce qui bien sûr mène
à toutes sortes de questions de santé.