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L. Bouquiaux, L'harmonie et le chaos.

Le rationalisme leibnizien et la «nouvelle


science», Editions de l'Institut Supérieur de Philosophie, Louvain-La-Neuve, Editions
Peeters, Paris, 1994, 327p.

Compte rendu paru dans la Revue Internationale de Philosophie, 1995, vol. 49, p. 100-110

L'invention scientifique commence souvent par l'institution ou la prise en


compte de phénomènes considérés auparavant comme accessoires, insignifiants, voire
incompréhensibles. Ainsi les mathématiques et la physique s'assigent-elles aujourd'hui
des problèmes qui auraient pu sembler hier dénués de sens ou d'intérêt : systèmes
chaotiques, objets fractals, phénomènes d'auto-organisation, etc. Cela ne veut pas dire
que la prise en compte de ces phénomènes conduira nécessairement les mathématiques
et la physique à changer de paradigme ou à se bouleverser complètement. Mais
simplement que le mathématicien ou le physicien qui invente, ou veut inventer,
cherchera naturellement son inspiration dans des thèmes, des interrogations ou des
problèmes "nouveaux". C'est en ce sens, nous semble-t-il, qu'il faut comprendre
l'expression "nouvelle science" qu'a choisie Laurence Bouquiaux pour caractériser les
domaines de la physique et des mathématiques contemporaines qu'elle met en relation,
tout au long de son livre, avec la pensée de Leibniz : la géométrie fractale, la physique
du chaos, la théorie des structures dissipatives et la théorie des catastrophes ne
participent pas nécessairement d'un nouveau "socle épistémologique" appelé à soutenir
l'ensemble du savoir physico-mathématique ; il s'agit plutôt, comme le dit L.
Bouquiaux, d'"un ensemble de théories, de réflexions, d'études, que rassemblent
certaines interrogations communes (le thème de l'organisation, celui de l'émergence des
formes et des structures, la question de la complexité, etc.)" (pp. 10-11, n. 5). Ces
interrogations, parmi lesquelles on trouve aussi des questions plus anciennes comme
celle du déterminisme, l'intervention de l'observateur dans le système étudié ou le
problème du temps, furent aussi celles de Leibniz. C'est pourquoi l'auteur se propose
"d'éclairer les textes leibniziens à la lumière des discussions actuelles et,
réciproquement, de souligner comment les questions posées par Leibniz ou les
réponses qu'il suggère peuvent enrichir le débat contemporain" (p. 12). Au-delà des
points de comparaison qui pourront ainsi être dégagés à propos de l'un ou l'autre thème
particulier, la question générale qui sous-tend ce projet, et qui émerge particulièrement
à la fin de l'ouvrage, est de savoir comment l'on peut penser les rapports, le rapport
entre les réponses de la science "classique" et les interrogations de la science
"nouvelle", entre le Leibniz "nécessaire" et le Leibniz "contingent", entre l'harmonie et
la chaos. Des questions stimulantes, un projet ambitieux que l'ouvrage de Laurence
Bouquiaux organise avec clarté et précision.

L'ouvrage se divise en quatre parties. La première partie est consacrée à la


Nouvelle science, c'est-à-dire à quelques domaines des mathématiques et de la
physique qui abordent des questions auparavant négligées par ces disciplines (section
I), et plus généralement aux problèmes nouveaux que les développements actuels des
sciences raniment au regard des "évidences" de la science classique (section II). La
deuxième partie examine L'approche leibnizienne du monde naturel : en quoi se
démarque-t-elle du mécanisme cartésien (section I), et en quoi se rapproche-t-elle, par
exemple, des philosophies de la Renaissance (section II)? La troisième partie tente de
caractériser au travers de l'analyse d'un concept précis cette apparente dualité, chez
Leibniz, du neuf et de l'ancien. L'auteur examine ainsi les différentes formes (section I)
du Principe de raison, et dégage deux grandes directions interprétatives, l'une logique
(section II), l'autre métaphysique (section III). La quatrième partie étudie la nature du
lien entre Le fini et l'infini chez Leibniz : selon que l'on y verra un lien continu ou au
contraire une rupture qualitative, on optera pour l'interprétation "logique" du principe
de raison ou au contraire pour sa version "métaphysique", et peut-être aussi
minimisera-t-on, ou au contraire maximisera-t-on l'importance, l'originalité de la
"nouvelle science" par rapport à l'ancienne. D'où la conclusion de l'auteur : "c'est dans
la manière dont Leibniz pense le rapport entre fini et infini qu'il [faut] chercher la clé
de... l'opposition entre les deux lectures du leibnizianisme" (p. 286); et il existe une
"certaine convergence entre ce conflit qui oppose deux interprétations... et l'opposition
qui se manifeste aujourd'hui entre deux conceptions différentes du monde et de la
science" (pp. 286-7).

Nous ne pouvons passer en revue la totalité foisonnante des thèmes abordés, de


la géométrie fractale au principe de Mach en passant par le théorème de Gödel, le
passage de mv à mv², Nicolas de Cues, Heidegger ou une annexe sur la notion de
dimension. On peut toutefois parcourir rapidement le fil que tisse L. Bouquiaux pour
relier toutes ces questions. L'auteur commence par présenter successivement, de
manière claire et suggestive, les idées directrices de la géométrie fractale (telle que la
conçoit B. Mandelbrot), de la physique du chaos (D. Ruelle et Takens), de la théorie
des structures dissipatives (I. Prigogine) et de la théorie des catastrophes (R. Thom).
De là, L. Bouquiaux dégage un premier point de rencontre entre ces nouveaux
domaines de recherche, à savoir l'attention constante accordée au singulier, au
chaotique ou à l'imprévisible (en droit ou en fait). Comme si le phénomène observé se
révélait plus riche que le modèle idéal censé le décrire; comme si "à côté de la vision
platonicienne d'un monde phénoménal compris comme dégradation d'un modèle idéal,
se dégage[ait] une conception toute différente, -et même opposée- selon laquelle c'est
au contraire le modèle qui est en quelque sorte une dégradation, une simplification du
monde réel" (p. 61). On pourrait voir là, explique Laurence Bouquiaux, un certain
"retour à Aristote", non seulement à cause de cet ancrage dans le concret, mais aussi
étant donné l'importance accordée au temps (Aristote déjà refusait de réduire l'objet de
la science à l'immuable), aux finalités (cf. par exemple certains modèles
cosmologiques proposés en physique), au qualitatif ou à la forme (déjà dans la théorie
des groupes, voire même le formalisme lagrangien), et enfin aux limites de
l'idéalisation ou de la modélisation scientifique (cf. le théorème de Gödel, mais aussi et
surtout la mécanique quantique, dont l'"indéterminisme" semble "plus profond, plus
radical" (p. 108) que celui de la physique du chaos, et plus lié, aussi, à l'intervention
du sujet physique dans le système observé). Un point distingue cependant l'état d'esprit
de la "nouvelle science" de celui qui prévaut chez Aristote : "nous restons
indéfectiblement fidèles au projet de la science classique sur un point fondamental :
notre physique reste une physique mathématique. En cela, nous nous séparons
radicalement d'Aristote" (p. 126). A ce stade (qui termine la première partie du livre),
le lecteur peut être surpris de voir encore l'auteur opposer ainsi "nouvelle science" et
"science classique", alors même que des théories aussi consacrées que la théorie des
groupes ou la mécanique analytique de Lagrange (sans parler de la mécanique
quantique) ont été utilisées pour illustrer l'état d'esprit ou les questions de la "science
nouvelle". Cependant la suite du livre montre bien que ce n'est pas à un (inutile)
partage des rôles que tend la réflexion de L. Bouquiaux. Il ne s'agit pas de tracer une
frontière entre le neuf et l'ancien, l'insolite et le classique, mais plutôt de mettre à jour
le rapport qui les unit à tout moment, la variation entre ce qui a déjà été expliqué et ce
qui pourrait l'être encore, entre l'harmonie et le chaos, ou entre le fini et l'infini.

C'est précisément cette identité de rapports qui permet à l'auteur de passer de la


"science nouvelle", partiellement néo-aristotélicienne, à Leibniz. En effet, "si Leibniz
reprend certains concepts aristotéliciens, c'est avec l'intention de les rendre
"intelligibles". Si sa physique se fait dynamique plutôt que mécanique, elle n'en reste
pas moins, comme notre nouvelle physique, mathématique" (p. 127). La deuxième
partie du livre s'attache donc à montrer comment l'image leibnizienne de la nature
traduit cette ambivalence : d'un côté elle met en évidence le chaos, l'inexpliqué, le
singulier dans la nature, et de l'autre côté demeure la préoccupation d'en rendre
compte. Par exemple, Leibniz ne considère pas les mathématiques comme des modèles
véridiques ou figés : "contrairement à Descartes et Platon, mais dans la tradition
aristotélicienne, Leibniz ne place pas les mathématiques dans la réalité suprême, mais
il les situe parmi les "abstractions"" (p. 158). Mais l'auteur précise (p. 160), fort à
propos, que la mathématique leibnizienne, fidèle d'un certain point de vue à Aristote,
prolonge aussi le projet cartésien de la mathesis universalis, à savoir que Leibniz ne se
contente pas de porter ses recherches vers le concret et le qualitatif, mais qu'il cherche
aussi à les rendre intelligibles. Par conséquent, si l'image de la nature qu'il nous
propose est beaucoup moins réductrice que celle suggérée par le mécanisme cartésien;
si elle admet la variété, les singularités et les différences qualitatives, c'est parce qu'elle
repose sur des principes plus puissants, plus "métaphysiques" que les principes
mécanistes : il s'agit d'expliquer le monde non plus seulement par un jeu de proportions
entre des quantités, mais par un jeu de correspondances entre des réalités hétérogènes,
telles que la cause et l'effet. Ainsi L. Bouquiaux explique-t-elle le passage du
mécanisme cartésien, centré sur le mouvement, à la dynamique leibnizienne, centrée
sur la force : "si mv² est plus "métaphysique" que mv, c'est parce que cette expression
mesure, non une quantité (ce que fait mv), mais un effet [différent de la cause]" (p.
144). Mais quel est le statut de ces "raisons" ou de ces principes auxquels Leibniz
recourt pour rendre compte de la diversité naturelle ? Fondent-ils une nécessité
logique, en vertu de laquelle on pourrait lire dans la cause l'effet analytiquement
contenu en elle, ou fondent-ils une nécessité de fait, en vertu de laquelle on pourrait
seulement dire que l'existence d'un effet renvoie à celle d'une cause, et inversement,
mais sans être assuré de pouvoir parcourir continûment, sans aucun saut, le lien qui les
unit ?

La troisième partie du livre rapporte cette alternative à deux grands types


d'interprétation du principe de raison chez Leibniz; soit comme principe logique
(variation du principe de contradiction), soit comme principe servant au contraire à
rendre raison des vérités contingentes, c'est-à-dire non logiques. L'auteur envisage
diverses versions de l'interprétation logicisante (métaphysique, épistémologique,
déterministe), ainsi que quelques-uns des commentateurs qui pourraient s'en réclamer
plus ou moins nettement (principalement Prigogine-Stengers, Largeault, Heidegger,
Bergson). Mais surtout, Bouquiaux aperçoit derrière cette interprétation une première
façon de considérer la dynamique de la science1, qui aurait pour enjeu de "substituer
des causes formelles aux causes efficientes ou encore, en un certain sens, de dire que
la physique ne peut s'accomplir que sous la forme d'une géométrisation toujours plus
achevée, que la géométrie est le destin de la physique" (p. 208). Témoins de ce pouvoir

1Naturellement, les commentateurs cités ci-dessus ne sont pas tous partisans de cette
conception. Jean Largeault, qui la défend, s'oppose par exemple à Heidegger : "l'un y
voit la grandeur de la science, tandis que l'autre y lit son insuffisance et, sans doute, sa
condamnation" (p. 227, n. 102).
génératif des mathématiques : la mécanique lagrangienne et hamiltonienne, et dans son
prolongement, les théories de jauge. Reste l'autre interprétation, qui accorde au
principe de raison "un sens ontologique, existentiel, une valeur proprement
métaphysique" (p. 237), selon laquelle les choses contingentes ont aussi leur raison,
même si elle nous échappe. Dans cette perspective, les mathématiques et la logique
n'ont plus de pouvoir génératif (p. 215), mais doivent s'adapter (cf. p. 158),
constamment, aux imperfections de nos connaissances, au chaos de la nature.
Comment s'y prendront-elles ? Comment concilier l'ambition de rendre intelligible et
de respecter l'inexpliqué ? Comment faire une "science nouvelle" ? Autant de
questions qui conduisent l'auteur à la quatrième et dernière partie du livre, qui traite
des rapports entre le fini et l'infini chez Leibniz.

"Je pense, affirme l'auteur, que c'est dans la façon dont Leibniz pense le rapport
entre fini et infini qu'il convient de rechercher la clé (ou, en tout cas, l'une des clés) des
antinomies leibniziennes" (p. 238). En quoi consiste cette clé ? On pourrait résumer le
raisonnement de L. Bouquiaux de la manière suivante : chaque fois que Leibniz
découvre une part de contingence ou de "chaos" dans ce qu'il tente d'expliquer, il se
heurte à un infini. Plus une explication est précise, plus elle fait apparaître des détails
nouveaux; plus on divise une portion de matière, plus se révèle l'infinité des univers
qu'elle contient (ce qui peut être mis en relation, remarque l'auteur, avec la géométrie
fractale, mais aussi avec la théorie cantorienne des transfinis); enfin, l'accession à
l'existence de telle ou telle essence ne s'explique pas, lorsqu'elle est contingente, par
une analyse "plus" ou "moins" approfondie, mais dévoile précisément sa contingence
par le fait même que l'analyse du fait en question se révèle d'un seul coup, par une
sorte de saut qualitatif, infinie (c'est-à-dire, ajouterions-nous, incapable de se clôturer
d'elle-même). Pour étayer ce point, l'auteur discute encore les interprétations des
commentateurs qui réfutent le critère de l'analyse infinie comme moyen de distinction
entre propositions nécessaires et propositions contingentes (Okruhlik, Granger, Mates,
Ishiguro), et finit par se ranger aux avis de Belaval et Robinet, selon qui même Dieu ne
connaît pas les vérités contingentes comme il connaît les vérités nécessaires... Ainsi
même Dieu confirmerait "ce que semble indiquer la "nouvelle science"... qu'il nous
faut renoncer à penser et à construire nos théories à partir d'un modèle idéal, d'une
science parfaite, qui nous est accessible, et dont nous savons à présent que nous ne
pouvons pas même l'approcher" (p. 287).

L'ouvrage de L. Bouquiaux nous inspire quelques réflexions générales. Tout


d'abord, la profusion et surtout la variété des illustrations mises en oeuvre confirment
ce que le lecteur pressent dès le départ : l'opposition entre science nouvelle et science
classique n'est pas localisable; elle est partout et nulle part, présente à chaque époque
dans le travail de chaque scientifique, parce que celui-ci ne s'attaque à du neuf qu'en
s'appuyant sur de l'ancien, qu'il doit aussi rejeter partiellement. Témoins parmi
d'autres, les situations duelles qu'occupent par exemple Lagrange (comme champion du
retour à la forme, il est en même temps précurseur de la science nouvelle [p. 86-7] et
représentant de la tendance classique à géométriser la physique [pp. 208 et suiv.]),
Mandelbrot (représentant de la science nouvelle certes atteint de "leibnizmania"[p.
241, n. 5] mais aussi héritier de Descartes puisqu'il préfère l'intuition au formalisme [p.
90, n. 125]) ou le calcul infinitésimal, ainsi que l'indique l'auteur : "Il est remarquable
que, alors que l'introduction du calcul infinitésimal a été comprise à l'origine comme
exprimant en quelque sorte un progrès par rapport à une vision statique du monde
physique, les équations différentielles, parce qu'elles constituent l'expression
mathématique du déterminisme, soient aujourd'hui considérées par certains comme le
symbole de l'élimination de toute dimension temporelle dans la description des
processus physiques" (p. 159). Mais si le classique voisine toujours le neuf, si chaque
moment de la découverte scientifique véhicule constamment, d'aussi près qu'on
l'examine, une aspiration à l'harmonie d'une part, et une fascination pour le chaos
d'autre part, alors le fait que le passage de l'harmonie au chaos, ou du fini à l'infini,
s'effectue, d'après les conclusions de l'auteur, sous la forme d'un saut qualitatif, signifie
simplement que le neuf ne se tire pas de l'ancien, et non pas que l'on ne pourra pas
l'expliquer un jour, c'est-à-dire en faire de l'ancien. On peut certes en conclure qu'il y
aura toujours du neuf, c'est-à-dire toujours quelque chose d'inconnu ou de chaotique à
prendre en compte, mais l'auteur va plus loin, en passant de l'affirmation de l'inconnu à
celle de l'inconnaissabilité: "la complexité du réel nous le rend à jamais
inconnaissable", affirme L. Bouquiaux (p. 287). "Finalement, si la science de ce siècle
a appris quelque chose, c'est sans doute une certaine humilité" (p. 125). Sans doute.
Mais peut être a-t-elle aussi appris à se délecter de cette humilité, et à l'alléguer pour se
désengager (soit-disant) du monde. En passant de l'affirmation de l'inconnu à celle de
l'inconnaissabilité, ne pratique-t-on pas cela même que l'on voulait éviter, à savoir la
réduction de la connaissance à un processus logique ou formel ? Peut-être est-ce le
moment de citer Descartes, trop souvent confiné dans son rôle de représentant du
mécanisme2 : "C'est une oeuvre infinie, et non pour un seul. Quelle incroyable

2A ce propos, signalons en passant que, contrairement à ce qui est affirmé p. 159,


Descartes n'exclut pas de la nature les courbes transcendantes (ou "mécaniques") (Cf.
notamment AT, II, 313, à comparer avec Principes, II, a. 32-33). On comprendra
pourquoi le fait qu'il les exclut de sa Géométrie (encore que "pas entièrement" : AT,
VI, 412, l. 5 et l. 23-24) ne l'empêche pas de continuer à s'en servir pour mieux
comprendre les phénomènes physiques, en comparant le passage célèbre AT, VI, 390 à
AT, II, 268.
ambition; mais j'ai aperçu quelque lumière, dans l'obscur chaos de cette science, qui
pourra dissiper les ténèbres les plus épaisse qui puissent exister" (AT, X, 157-8). Mais
le livre de Laurence Bouquiaux ne ferme aucune porte, et l'une de ses grandes qualités
consiste à dialoguer constamment avec les vues, parfois opposées, d'autres
scientifiques ou philosophes, tels R. Thom et J. Largeault. Un ouvrage clair, riche et
stimulant, qui intéressera aussi bien le scientifique que l'historien des sciences ou de la
philosophie et le non spécialiste.

B. Timmermans
FNRS - ULB