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TRAVAUX PRATIQUES

1 Mise en évidence de quelques


constituants de la matière
I. MISE EN ÉVIDENCE DES MATIÈRES MINÉRALES ET ORGANIQUES
c Lorsque l’on chauffe un aliment, il se dégage de la matière minérale sous forme de vapeur
d’eau et de dioxyde de carbone issu de la matière organique.
c En fin de chauffage, les cendres représentent la matière minérale, formée de sels minéraux.

TP 1
II. RECHERCHE DES MOLÉCULES ALIMENTAIRES

Substance à mettre
Réactif utilisé Résultat
en évidence
Protides
Présence d’au moins Réaction du biuret Coloration allant du rouge au violet.
deux liaisons • 3 à 4 mL de solution protéique
peptidiques • 1 mL de soude NaOH à 20 % – quelques
gouttes de sulfate de cuivre à 1 %
• agiter doucement.
Présence de noyaux Réaction xanthoprotéique Coloration jaune.
aromatiques • 3 à 4 mL de solution protéique
(benzéniques) - • 1 mL d’acide nitrique concentré
acides aminés de • porter à ébullition pendant une ou
la série aromatique : deux minutes.
tyrosine, tryptophane,
phénylalanine
Glucides
Oses (glucose, Test de Fehling Précipité d’oxyde cuivreux dont la teinte
fructose), diosides • 2 mL de solution glucidique varie du jaune au rouge orangé.
(lactose) • 2 mL de solution de Fehling
Le saccharose est un • (solution A : sulfate de cuivre –
sucre non réducteur, solution B : tartrate de potassium-
non décelable par sodium et soude - mélanger les deux
ces techniques solutions à volumes égaux).
• Chauffer.
Bandelettes test spécifiques au glucose Le test repose sur une double réaction
• Introduire la bandelette dans enzymatique :
la solution à tester, la retirer immé- La glucose-oxydase catalyse l’oxydation
diatement, la tapoter sur le rebord du glucose en acide gluconique et
du tube à essai et lire le résultat après peroxyde d’hydrogène.
dix secondes. La peroxydase catalyse l’oxydation d’un
chromogène (iodure de potassium) par
le peroxyde d’hydrogène avec apparition
d’une coloration violacée.
Polyosides Réaction à l’eau iodée En présence d’amidon, l’eau iodée vire
(glycogène, amidon) • Quelques mL de solution (empois au noir-violacé.
d’amidon, glycogène) et 2 à 3 gouttes En présence de glycogène, elle vire au
de réactif iodo-ioduré. brun.

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TP 1 • Mise en évidence de quelques constituants de la matière

Substance à mettre
Réactif utilisé Résultat
en évidence
Lipides
Tous les lipides Rouge soudan III Coloration des gouttelettes d’huile en
rouge-orangé
Test du papier
• Frotter le composant sur une feuille Il apparaît une tache translucide
de papier. indélébile.
• Laisser sécher.
Acides gras insaturés, Test au lugol (et empois d’amidon)
c’est-à-dire avec au • Verser dans un tube à essai 5 mL Le mélange devient brun- rougeâtre.
moins une double d’huile et dix gouttes de lugol, agiter
liaison isolée. • Chauffer au bain-marie bouillant La coloration vire au jaune.
Acide oléique, acide ou à la flamme du bec bunsen.
linoléique : (huile • Lorsque le virage est terminé, laisser Il ne se produit pas de coloration bleue.
d’olive). refroidir et ajouter quelques gouttes
d’empois d’amidon (l’iode est masqué
par sa combinaison avec les acides
gras)
• Ajouter un excès d’eau iodée. La coloration bleue apparaît.
Eau et sels minéraux
Eau Chauffage
• Faire chauffer l’échantillon dans Dépôt de vapeur d’eau sur les parois
un tube à essai. du tube à essai.

Anion carbonate Acide chlorhydrique Effervescence et dégagement de


CO32– • Déposer sur l’échantillon. dioxyde de carbone.

Cation potassium Acide picrique concentré


K+ • Quelques gouttes d’acide dans la Formation de cristaux en aiguille.
solution à tester.
Anion sulfate Chlorure de baryum
SO42– • Ajouter quelques gouttes de chlorure Il apparaît un précipité blanc.
de baryum à la solution à tester.
Cation sodium Essai à la flamme La couleur jaune est caractéristique
Na+ • Tremper un agitateur dans la solution du sodium.
Passer à la flamme.
Anion chlorure Nitrate d’argent
Cl– • Ajouter quelques gouttes de nitrate Il apparaît un précipité blanc qui noircit
d’argent dans la solution à tester. à la lumière (et qui se redissout dans une
solution d’ammoniaque).
Cation calcium Oxalate d’ammonium
Ca2+ • Ajouter quelques gouttes d’oxalate Il apparaît un précipité blanc.
d’ammonium dans la solution à tester.
Anion phosphate Réactif nitro-molybdique
PO43– • Ajouter quelques gouttes de réactif
dans la solution à tester
• Chauffer au bec bunsen. Formation d’un précipité jaune.

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Travaux pratiques

Substance à mettre
Réactif utilisé Résultat
en évidence
Eau et sels minéraux (suite)
Cation ammonium Réactif de Nessler
NH4+ • Ajouter quelques gouttes de réactif Coloration jaune à brun.
dans la solution à tester.
Cation ferrique Thyocyanate de potassium
Fe3+ • Ajouter quelques gouttes de réactif Coloration rouge.
dans la solution à tester.

TP 1
Alcool
Alcool Dichromate de potassium L’éthanol s’oxyde en éthanal et acide
• Dilué à 5 % dans l’acide nitrique con- éthanoïque en présence des ions
centré (avec gants et sous la haute dichromates. Ceux-ci de couleur orange
aspirante). sont réduits en ions chrome, de couleur
verte.

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TRAVAUX PRATIQUES
2 Mise en évidence
des organites cellulaires
Matériel
Organite Colorant Manipulation
biologique
Noyau Bulbe d’oignon Aucun • Prélever l’épiderme d’une tunique charnue.
• Monter entre lame et lamelle dans une goutte d’eau
du robinet.
• Le noyau discret est visible lorsqu’on module l’intensité
de l’éclairage.
Vacuole Bulbe d’oignon Rouge • Réaliser le prélèvement d’une surface d’environ
blanc neutre 0,5 mm ¥ 0,5 mm de l’épiderme d’une tunique interne
du bulbe.
• Monter entre lame et lamelle dans du rouge neutre
(pour l’oignon blanc).
• La vacuole est colorée en rose et occupe l’essentiel
du volume cellulaire lorsque la cellule est turgescente.
Bulbe d’oignon Aucun • Détacher délicatement un lambeau de 0,5 mm ¥ 0,5 mm
rose ; d’épiderme de tunique d’oignon ou de pétale.
pétales rouges, • Monter entre lame et lamelle dans de l’eau.
bleu ou violets • Les vacuoles renferment des pigments, notamment
l’anthocyanine qui confère la couleur rouge ou bleu.
Chloroplaste Élodée du Aucun • Monter la feuille d’élodée directement entre lame et
Canada ; lamelle.
feuilles vertes • Les chloroplastes sont très nets dans le cytosol. Il est
fines possible d’observer les mouvements de cyclose de ces
organites.
Amyloplaste Pomme de Lugol • Gratter le tissu amylifère du parenchyme cortical
Terre ; de la pomme de terre, ou de l’albumen des semences.
graine de • Monter en lame et lamelle dans du lugol.
Haricot ; • Les amyloplastes sont très nombreux et dispersés
caryopse de dans la préparation, sous forme de masses ovoïdes
Maïs bleu-violet. Ils peuvent également être contenus dans
des cellules restées intactes.
Chromoplaste Tomate Aucun • Gratter la face interne des loges carpellaires du fruit
mûr.
• Monter entre lame et lamelle dans de l’eau.
• Les chromoplastes sont sous forme de vésicules claires
renfermant des masses rouges qui peuvent être parfois
organisées en aiguille.
Grains Graine de Ricin Aucun • Réaliser des coupes fines de la région corticale de la
d’aleurone graine.
• Monter entre lame et lamelle dans de l’huile de ricin.
• Les grains d’aleurone se différencient par leur forme :
les globoïdes sont sphériques tandis que les cristalloïdes
ont une forme plus anguleuse.

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TRAVAUX PRATIQUES
3 Extraction des pigments
assimilateurs de la feuille
d’une Angiosperme
c Utiliser une bande de papier Whatman.
c Tracer 2 repères sur le papier :
– un à 2 cm du bord inférieur : le point de dépôt ;

TP 3
– un autre à 18 cm au-dessus du précédent : limite de migration du solvant.
c Écraser une petite surface de la feuille avec le bout arrondi d’une tige en verre (écraser
suffisamment de surface pour assurer un dépôt très vert et enlever les fragments de feuille
qui s’y trouvent).
c Laisser sécher.
c Remplir l’éprouvette d’un mélange de solvants organiques (85 % éther de pétrole + 10 %
acétone + 5 % cyclohexane). Isolement des lipides.
c Accrocher la bande et la descendre doucement dans l’éprouvette de telle sorte que le
niveau du solvant soit au-dessous du point de dépôt (le dépôt ne doit pas toucher le solvant
et la bande ne doit pas être en contact avec la paroi de l’éprouvette).
c Recouvrir l’éprouvette d’un cache en aluminium. (évite la dégradation des pigments par la
lumière).
c Attendre 1 heure et observer le chromatogramme obtenu par la coloration naturelle des
pigments photosynthétiques.

Front du solvant
Carotène

Xantophylle

Papier Wathman Chlorophylle a

Chlorophylle b
Dépôt initial

Mélange de solvants
Dépôt initial

Dispositif expérimental Résultat

Chromatogramme obtenu par migration des pigments photosynthétiques d’une feuille verte (épinard).
Les différents pigments liposolubles de la solution brute migrent de manière différente en fonction de leur
solubilité dans la phase mobile (mélange de solvants) et des interactions avec la phase stationnaire (papier
Whatman).

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TRAVAUX PRATIQUES
4 Mise en évidence de constituants
du noyau, dont l’ADN
I. MATÉRIEL BIOLOGIQUE « PROBANT »
c Oignon (origine végétale).

c Œufs de Lump (origine animale).

c Asticots (cuticule assez molle).

c Racines d’ail en germination.

II. MISE EN ÉVIDENCE DE L’EXISTENCE DE MATÉRIEL NUCLÉAIRE


a) Observation de l’ADN in situ
c Prélever un fragment d’épiderme d’oignon :

– arracher une écaille d’oignon ;


– l’enrouler autour de l’index ;
– repérer la peau fine, translucide, d’épiderme ;
– réaliser, avec un scalpel, une entaille de façon à isoler cet épiderme ;
– découper un fragment d’épiderme avec des ciseaux fins (1 cm ¥ 1 cm).
c Placer cet épiderme dans un verre de montre avec du vert de méthyle (colore en vert
l’ADN), pendant deux minutes.
c Rincer à l’eau distiller l’échantillon prélevé avec une pince fine. (éviter qu’il ne s’enroule).

c Déposer le fragment, à plat, sur une lame mince, dans une goutte d’eau, et recouvrir d’une
lamelle sans former de bulle d’air.
c Observer au microscope optique (différents grossissements).

c Repérer le noyau. Le matériel nucléaire, dont l’ADN, est coloré en vert.

b) Extraction de l’ADN
c Couper un morceau d’écaille d’oignon en petits fragments avec des ciseaux fins et placer
ces fragments dans un mortier.
c Broyer avec un pilon de façon à obtenir un broyat.

c Dissoudre, dans un bécher de 100 mL, une cuillerée à café de sel fin.

c Ajouter cette eau salée au broyat d’oignon. (L’eau salée augmente la dissolution de
l’ADN).
c Ajouter quelques gouttes de liquide vaisselle, ce qui permet la dissolution des membranes.

c Filtrer sur une gaze (et non sur coton) dans un bécher.

c Répartir le filtrat dans deux tubes à essai (au tiers de chacun).

c Placer dans un cristallisoir avec des glaçons.

c Ajouter dans chaque tube à essai contenant le filtrat, le même volume d’éthanol, ou de
méthanol très froid (favorise l’agrégation de l’ADN par évacuation d’eau de la structure).
en versant, lentement, sur le bord du tube, incliné, de façon à éviter de mélanger les
deux phases.
c Il apparaît, après quelques minutes un précipité blanchâtre, à l’interphase entre l’alcool
et l’eau, qui correspond à de l’ADN complexé aux protéines.
c Dans l’un des tubes à essai, révéler la présence d’ADN par du vert de méthyle.

c Dans l’autre tube à essai, révéler la présence de protéines complexées à l’ADN par un
test au biuret.

346
Travaux pratiques

III. VISUALISATION DES CHROMOSOMES


a) Visualisation du support de l’information génétique dans les glandes salivaires
de larves de Diptères
c Prendre un asticot et le déposer sur
une lame mince.
c Repérer l’extrémité antérieure et
presser avec un doigt sur l’animal, à
mi-corps et en exerçant une poussée
vers la tête.
c Saisir la partie antérieure (au niveau

TP 4
troisième segment) avec une pince et
la séparer du reste du corps afin de
dégager les glandes salivaires de la
larve.
c Placer sur cette zone ainsi séparée
Chromosome géant de larve de diptère.
du reste du corps, une goutte de vert
de méthyle acétique et laisser agir cinq minutes.
c Recouvrir l’échantillon d’une lamelle.
c Observer au microscope : présence de chromosomes polyténiques bien visibles, colorés
en vert.

b) Visualisation du support de l’information génétique lors de la division cellulaire


c Sectionner l’extrémité, en croissance, de jeunes racines d’ail.
–1
c Les placer dans un verre de montre, dans de l’acide chlorhydrique (1 mole·L ) pendant
cinq minutes. Si les racines sont grosses, les dilacérer avec une épingle fine, en les
« coiffant » dans le sens de la longueur.
c Rincer les racines à l’eau distillée et les essuyer avec un essuie-tout.
c Les placer sur une lame mince.
c Écraser, délicatement, les racines entre lame et lamelle en exerçant une pression progres-
sive, ménagée, perpendiculaire à la lame, sur la lamelle.
c Déposer une goutte de bleu de toluidine (révèle en bleu le matériel génétique et permet
de visualiser les chromosomes dans leur aspect, selon les phases de la division cellulaire).

Figure de mitose dans la racine d’ail (¥ 10 à gauche, ¥ 100 à droite).

347
TRAVAUX PRATIQUES
5 Mise en évidence de structures
nerveuses et musculaires
I. FIBRES NERVEUSES
c Prélever 1 cm de nerf sciatique de Grenouille :
– retirer la peau d’une patte postérieure ;
– placer l’animal sur la face ventrale ;
– séparez les deux principaux muscles de la cuisse avec les doigts ;
– le nerf sciatique apparaît sou forme d’un filament blanc bordé d’un vaisseau ;
– sectionner et prélever un centimètre de nerf.
c Placer le fragment de nerf sur une lame mince, dans une goutte de bleu de méthylène.
c Dilacérer (« peigner » dans le sens de la longueur) avec
l’extrémité pointue d’une aiguille fine de façon à
séparer les fibres nerveuses.
c Recouvrir d’une lamelle.
c Observer au microscope (¥ 400).
c Les fibres nerveuses apparaissent colorées en bleu.

II. MOELLE ÉPINIÈRE


a) Coupe transversale de moelle épinière
c Faire une coupe fine transversale dans une moelle épinière de Grenouille congelée.
c Monter entre lame et lamelle.
c Observer au microscope.
c La substance grise centrale se distingue de la substance blanche périphérique.

b) Coloration de motoneurones
c Prélever avec un scalpel, sur la moelle fraîche de
poisson (ou de Grenouille), un petit fragment de
substance grise d’une corne antérieure.
c Étaler sur une lame en une seule fois.
c Laissez sécher.
c Recouvrir le frottis de bleu de méthylène.
c Laisser agir le colorant quelques minutes avant
de rincer.
c Observer au microscope.
c Les somas et dendrites principales de certains
motoneurones sont colorés en bleu.
III. FIBRES MUSCULAIRES
c Dilacérer un fragment de muscle de bœuf sur une
lame mince.
c Colorer au bleu de méthylène.
c Recouvrir d’une lamelle.
c Observer au microscope optique.
c Les fibres musculaires sont colorées en bleu, mettant
en évidence la striation transversale.

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TRAVAUX PRATIQUES
6 Le rythme cardiaque
I. MISE EN ÉVIDENCE DE L’AUTOMATISME CARDIAQUE
ET EFFET D’UNE SUBSTANCE CARDIO-ACCÉLÉRATRICE À PARTIR D’UN CŒUR D’HUÎTRE
a) Dissection
c Placer l'huître ouverte horizontalement au-dessus d’une cuvette à dissection.

TP 6
c Enlever la valve supérieure en prenant soin de conserver « l'eau » de l'huître.
c Repérer les différents organes et notamment la position du cœur, situé à l'avant du muscle
adducteur.
c Dégager, à l'aide de pinces et de ciseaux, les bords du manteau de façon à voir le cœur
(translucide), repérable à ses battements lents. (remarque : le sang de l'huître est incolore).

b) Observations cœur en place


c Mesurer la température de l'eau de mer dans l'huître et mesurer la fréquence cardiaque.
(durée 1 min).
c Noter les résultats. (le rythme est en général de quelques bat./ min, et dépend de la
température ambiante).
c À l'aide d'une petite seringue, injecter dans l'eau de mer, au-dessus du cœur, quelques mL
d'une solution d'adrénaline à 10–7 mol·L–1.
c Mesurer, 30 secondes après et durant une minute, la fréquence cardiaque.
c Noter que le rythme cardiaque augmente.
c Recueillir dans un verre de montre de l'eau de mer avec une seringue.

c) Observations cœur isolé


c Prélever un fragment d'huître contenant le cœur en découpant les tissus 5 mm autour du
cœur.
c Placer le cœur ainsi isolé dans le verre de montre.
c Noter que le cœur continue à battre.
c Mesurer la fréquence cardiaque.
Attention, l’huître étant un ectotherme les observations dépendent de la température. Il peut
donc être parfois nécessaire de réchauffer l’atmosphère progressivement avec une lampe, avant
de réaliser les mesures.

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TRAVAUX PRATIQUES
7 Expérience du foie lavé
de Claude Bernard
(Mise en évidence du rôle de stockage réversible du glucose dans le foie)

I. EXPÉRIENCE HISTORIQUE DÉCRITE PAR CLAUDE BERNARD


« J’ai choisi un chien adulte, vigoureux et bien portant qui, depuis plusieurs jours était nourri
de viande ; je le sacrifiai 7 heures après un repas copieux de tripes.
Aussitôt, le foie fut enlevé et cet organe fut soumis à un lavage continu par la veine porte…
… Je laissai ce foie soumis à ce lavage continu pendant 40 minutes. J’avais constaté au début
de l’expérience que l’eau colorée en rouge qui jaillissait par les veines hépatiques était sucrée.
Je constatai en fin d’expérience que l’eau parfaitement incolore qui sortait, ne renfermait plus
aucune trace de sucre.
… J’abandonnai dans un vase ce foie à température ambiante et, revenu 24 heures après, je
constatai que le foie que j’avais laissé la veille complètement vide de sucre s’en trouvait pourvu
très abondamment.
Cette expérience prouve que dans le foie frais, à l’état physiologique, c’est-à-dire en fonction,
il y a deux substances : le sucre, très soluble dans l’eau, emporté par le lavage et une autre
matière, assez peu soluble dans l’eau. C’est cette substance qui, dans le foie abandonné à lui-
même, se changea peu à peu en sucre. »
Claude Bernard appelle alors cette substance « glucogène ».

II. MANIPULATION MIMANT L’EXPÉRIENCE DE CLAUDE BERNARD


c Couper du foie très frais en petits morceaux.
c Les placer dans un bécher et laisser couler l’eau du robinet dessus pendant cinq minutes.
c Réaliser un test avec une bandelette test glucose jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de glucose.
c Abandonner les morceaux de foie pendant deux heures dans du liquide physiologique.
c Faire à nouveau le test à la bandelette test glucose.
c Constater que du glucose est réapparu.

III. MISE EN ÉVIDENCE DE GLYCOGÈNE DANS LE FOIE


c Broyer un morceau de foie dans un mortier avec de l’eau.
c Faire bouillir dans un ballon pendant une minute en ajoutant une pincée de sulfate de
soude (précipitation des protéines).
c Filtrer, laisser refroidir le filtrat.
c Ajouter au filtrat un même volume d’eau iodée.
c Un précipité brun apparaît révélant la présence de glycogène. (Double test : ajouter au filtrat
un volume double d’alcool à 95° : le précipité blanc obtenu est du glycogène.)

350
TRAVAUX PRATIQUES
8 La microphagie chez la Moule
c Monter entre lame et lamelle, dans de l’eau salée (30 g·L–1), un fragment de branchie de Moule
vivante.
c Observer au microscope
c Les cellules ciliées vibratiles entraînent les particules alimentaires en suspension (vers les

TP 8
palpes).
c En cas d’absence de particules alimentaires, l’addition d’une très petite goutte d’encre de
chine sur le côté de la lamelle permet de visualiser les mouvements des particules qu’elle
contient.

Document : localisation des branchies chez la Moule.

351
TRAVAUX PRATIQUES
9 ExAO (expérimentation
assistée par ordinateur)
L’Expérimentation Assistée par Ordinateur (ExAO) peut être utilisée avec profit dans certains
exposés scientifiques. Plusieurs matériels existent sur le marché, toutefois nous illustrerons
cette fiche avec le matériel Jeulin® qui est (jusqu’en 2007) le seul matériel disponible lors des
épreuves du CAPES SVT.
I. LA DÉMARCHE EXAO
c Il s’agit de mesurer certains paramètres d’un phénomène biologique et de les représenter
sur l’écran d’un ordinateur en temps réel.
®
c Avec le matériel Jeulin , les éléments de la chaîne ExAO sont les suivants :

Phénomène biologique

Capteur

Autres capteurs
Adaptateur et adaptateurs

Console ESAO

Ordinateur

Disque (sauvegarde) Écran Imprimante

c La chaîne d’acquisition qui comporte capteurs, adaptateurs, console et interface, peut être
plus ou moins complexe selon le nombre de paramètres mesurés simultanément (par ex. pCO2,
pO2, concentration d’éthanol et température dans une étude sur le métabolisme des levures).
c Le traitement des mesures est réalisé par un logiciel dédié qui affiche les résultats sur un
schéma donné pour l’expérience considérée (par exemple, variations de potentiel en fonction
du temps ou taux d’oxygène en fonction du temps).
II. EXEMPLE : ÉLECTROPHYSIOLOGIE DU NERF DE CRABE
L’expérience permet l’enregistrement et la visualisation de l’activité du nerf de crabe. On peut
mener une étude de l’excitabilité du nerf grâce à une expérience sur les effets de stimulations
d’intensités croissantes, ou une étude sur les périodes réfractaires en faisant varier le délai entre
deux stimulations.
a) Matériel
c Ordinateur
c Console ESAO
®

c Adaptateur Millivoltmètre ESAO


®

c Table à nerf et cordons électriques

352
Travaux pratiques

c Logiciel Neuro©
c Nerf de crabe isolé et eau de mer
b) Préparation du nerf de crabe
c Prélevez l’une des pattes du crabe (hormis les pinces). Séparez délicatement les deux
derniers articles des articles précédents. Un filament blanc reste accroché aux deux
articles : il s’agit d’un morceau du nerf.
c Posez l’ensemble sur les électrodes de la table à nerf. N’utilisez que de l’eau de mer sur
le nerf au contact des électrodes.
c) Montage

TP 9
Circuit de stimulation
Ordinateur

Table à nerf
Console

Nerf Adaptateur millivoltmètre


Circuit de réception

d) Manipulation sur l’effet de stimulations d’intensités variables


Mode opératoire :
c Sélectionner la stimulation électrique.
c Régler les paramètres de la stimulation (durée et intensité).
c Démarrer la stimulation.
c Recommencer avec des stimulations d’intensités différentes.

e) Visualisation des courbes

Exploitation des résultats


Le potentiel global est dépendant de l’intensité de stimulation ; l’excitabilité du nerf s’explique
en terme de pourcentage de recrutement des fibres nerveuses composant ce nerf.

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TRAVAUX PRATIQUES
10 Symbiose des végétaux
chlorophylliens avec la microflore
I. SYMBIOSE DES VÉGÉTAUX AVEC LA MICROFLORE MYCÉLIENNE :
EXEMPLE D’ECTOMYCORHIZE
c Réaliser une coupe transversale de racine mycorhizée (sur des racines de hêtre ou de chêne
par exemple), dans de la moelle de sureau.
c Placer la sur une lame mince dans du bleu de toluidine, du bleu de méthylène phéniqué, ou
encore du Bleu coton C48 avec de l’acide lactique.
c Laisser agir cinq minutes.
c Observer la préparation au microscope (obj. ¥ 100, en immersion).
c Un réseau dense d’hyphes enveloppe la racine (ectomycorhizes)

II. SYMBIOSE DES VÉGÉTAUX AVEC LA MICROFLORE BACTÉRIENNE :


EXEMPLE D’ENDOSYMBIOSE
c Écraser entre lame et lamelle, dans du bleu de méthylène phéniqué, une nodosité de racine
de trèfle (petite boule blanche sur la racine).
c Observer au microscope (obj. ¥ 100, immersion).
c Les zones bleu foncé traduisent la présence de cordons infectieux de bactéroïdes.

Nodosités sur racine de trèfle. Bactéries de nodosités de légumineuses.

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TRAVAUX PRATIQUES
11 Recherche des acteurs
de la fermentation
Le lait frais contient plusieurs genres de bactéries lactiques (lactobacilles en bâtonnets, strepto-
coques en chaînettes), non toxiques pour l’Homme, mais qui transforment le lactose du lait
en acide lactique. Ce dernier fait alors coaguler la caséine du lait, transformant le lait en lait
caillé.

TP 11
Réaliser un frottis d’une goutte de yaourt
Lamelle

Lame

Sécher le frottis par un séchage modéré


jusqu’à ce que la surface ait un aspect mat

Colorer 3 minutes au bleu de méthylène


phéniqué

Rincer sous l’eau du robinet

Observer au microscope

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