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Coproculture : analyse, prélèvement et

interprétation des résultats


La coproculture est l'examen bactériologique des selles. Des bactéries pathogènes
responsables de diarrhées infectieuses et d'infections digestives sont
recherchées (salmonelles, Shigelles, Campylobacter…). La coproculture est réalisée
sur demande médicale chez un patient souffrant de diarrhées dont l'état général s'est
altéré, chez un voyageur revenant d'un pays tropical et souffrant de diarrhée, quand
la diarrhée est sanglante. A noter, la coproculture est obligatoire 2 fois par an pour le
personnel de cuisine. Le point sur la préparation, l'analyse et l'interprétation de vos
résultats.

Sommaire

1. Qu’est-ce que la coproculture ?


2. Pourquoi prescrire une coproculture ?
3. Comment est réalisé une coproculture ?
4. Résultats normaux d’une coproculture
5. Résultats anormaux d’une coproculture
6. Comment réduire mon risque d’intoxication alimentaire ?

Qu’est-ce que la coproculture ?


La coproculture a pour but la recherche de bactéries pathogènes dans les selles,
normalement absentes mais aussi la mise en lumière d'une "rupture d'équilibre". Cet
examen consiste à cultiver sur des milieux sélectifs les matières fécales, afin d’isoler des
germes pathogènes, responsables de diarrhées infectieuses. La coproculture permet d'isoler
notamment : les salmonella, les Yersinia, les Shigella, les Campylobacter, Pseudomonas
aeruginosa, vibrion cholérique, Escherichia coli entéropathogène… Cet examen permet
également d’identifier des "ruptures d’équilibre" avec des germes dont l’abondance
particulière les rend pathogènes. Ces ruptures d’équilibre peuvent être liées à des
problèmes alimentaires, des troubles de la sécrétion biliaire, des antibiotiques qui
sélectionnent les germes…

L'enfant étant plus sujet à l'infection à Rotavirus, la coproculture recherchera


systématiquement ces infections.

Pourquoi prescrire une coproculture ?


La coproculture est recommandée en cas de diarrhée persistante, d’intoxication
alimentaire, de suspicion de maladie intestinale… La coproculture est envisagée en cas de
diarrhée aiguë en cas de :

 Trois selles molles ou liquides par jour depuis plus d’une journée et moins de 15
jours ;
 Fièvre supérieure à 40°C ;
 Présence de glaire ou de sang dans les selles ;
 Douleurs abdominales ;
 Retour d’un pays où les diarrhées bactériennes sont fréquentes ;
 Diarrhées chez des patients hospitalisés (diarrhée nosocomiale due à Clostridium
difficile) ;
 Toxi-infection alimentaire collective (TIAC)

Attention, les gastroentérites aiguës sont le plus souvent d’origine virale, les rotavirus sont
responsables de plus de 50 % des cas, en particulier chez les nourrissons. En cas d’origine
virale, une coproculture n’a pas d’intérêt.

En résumé, cet examen permet de rechercher les bactéries responsables d’une diarrhée, de
rechercher d’éventuelles bactéries résistantes chez un patient sans symptômes, de faire un
bilan suite à une intoxication alimentaire de détecter de possibles parasitoses intestinales.

Comment est réalisé une coproculture ?


Le prélèvement de selles est réalisé par le patient dans un récipient stérile ou dans un pot à
coprologie. Des gants sont généralement fournis. Il doit être ensuite transporté rapidement
au laboratoire (ou gardé au frais en attendant).

Chez le nourrisson, le prélèvement se fera directement dans la couche. Un écouvillonnage


rectal peut également être pratiqué.

Enfin, on notera la présence éventuelle de sang, de glaire. La consistance des selles sera
également notée.

L'examen des selles est réalisé à l'état frais ou après coloration au bleu de méthylène ou à
la coloration de Gram.

Comment se préparer

Il convient de signaler l'existence d'un traitement antibiotique éventuel ou d’un récent


voyage à l’étranger (en particulier en région tropicale).
Résultats normaux d’une coproculture
On estime que les résultats sont normaux lorsque la flore saprophyte ne présente pas de
danger pour l’organisme. Une flore normale renferme plus de 400 espèces de bactéries
différentes. On la considère normale quand elle est constituée de germes non pathogènes :

 50 à 70 % de bactéries à Gram négatif ;


 30 à 50% de bactéries Gram positif ;
 Absence de globules blancs (leucocytes) ou de globules rouges (hématies) ;
 Absence de bactéries pathogènes.

Variations physiologiques

La composition de la flore saprophyte dépend de l’alimentation, mais également de la prise


d’antibiotiques.

Résultats anormaux d’une coproculture


Interprétation

Une dizaine de bactéries responsables de diarrhées infectieuses seront recherchées dans le


cadre de cet examen. Salmonella est la cause la plus fréquente de diarrhées aiguës
bactérienne d’origine alimentaire. Mais la plupart des diarrhées sont d’origine virale et de
fait, la coproculture n’est positive que dans moins de 15% des cas.

Diagnostics possibles

En cas de diarrhées, les infections digestives et diarrhées aiguës peuvent mettre en cause
les germes cités précédemment ou des virus (Rotavirus) ou encore des parasites (voir
"Examen parasitologique des selles").

 Dans le cas du syndrome cholériforme, des toxines bactériennes (causées par


Escherichia entérotoxinogènes, Staphylococcus aureus en quantité abondante,
Clostridium difficile et perfringens, Vibrio cholerae) sont libérées dans l'intestin
entraînant une diarrhée liquide, non sanglante, sans glaire ni pus. Des
vomissements peuvent être associés.
 Dans le cas du syndrome dysentériforme, la diarrhée est peu abondante, mais
sanglante, glaireuse et purulente. Elle est souvent accompagnée de fièvre. Ce
syndrome est causé par une "invasion" de bactéries (Salmonella, Shigella,
Escherichia coli entéropathogènes, Yersinia, Campylobacter jejuni) dans la
muqueuse entraînant une inflammation et une ulcération.

Ces bactéries peuvent provenir d'une infection alimentaire, d'un problème d'hygiène en
particulier après séjour en pays tropical, d'un contexte épidémique (famille, crèche,
colonies de vacances…).

Attention, les résultats de cet examen ne constituent pas un diagnostic. Seul votre médecin
pourra les interpréter et si besoin vous demander des examens complémentaires ou de
suivre un traitement.
Comment réduire mon risque d’intoxication
alimentaire ?
On peut réduire son risque d’infection alimentaire en suivant des règles d’hygiène
élémentaires :

 Se laver soigneusement les mains après chaque passage aux toilettes et avant
chaque repas
 Bien nettoyer les ustensiles de cuisine et les plans de travail (en particulier les
planches à découper) entre entre chaque aliment cru
 Faire bien cuire les viandes, les œufs et les poissons
 Rincer soigneusement les fruits et les légumes
 Consommer rapidement les restes mis au réfrigérateur, qui auront été préalablement
emballés de manière hermétique, notamment pour éviter les contaminations
croisées

Au-delà de ces conseils d’hygiène, il faudra être vigilant quant aux choix et à la
préparation de vos repas :

 Se laver les mains avant de cuisiner


 Ne préparer pas les repas si vous souffrez d’une gastro-entérite
 Recouvrir les blessures pouvant être en contact avec les aliments (pansements ou
gants)
 Veiller à ne pas rompre la chaîne du froid
 Veiller à la propreté des couverts et des assiettes
 Respecter les consignes de conservation et les dates de péremption figurant sur les
emballages (ne pas consommer des boîtes de conserve bombées)

Concernant la conservation des aliments, une attention particulière doit être portée au
réfrigérateur :

 Ne garder pas inutilement la porte ouverte


 Eviter de le surcharger et n’y placer pas des aliments chauds ou tièdes
 Contrôler sa température : 0 à 4°C pour les aliments fragiles, 4 à 8° pour les autres
 Laver, dégivrer et nettoyer le réfrigérateur régulièrement
 Ne congeler que des aliments frais dans des emballages alimentaires dont vous
aurez chassé l’air
 Etre vigilant en cas de coupure de courant.
 Lorsque vous faites vos courses, acheter les surgelés en dernier et les placer dans
des sacs isothermes

Pour en savoir plus, découvrez nos articles "10 règles d’hygiène pour éviter une
intoxication alimentaire" et "Intoxications alimentaires : n'avalez pas n'importe quoi !".

Ecrit par:

David Bême