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Guerres médiques — Wikipédia


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entendues « avant Jésus-Christ ».

Les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses de l'Empire


achéménide au début du Ve siècle av. J.-C. Elles sont déclenchées
par la révolte des cités grecques asiatiques contre la domination
perse, l'intervention d'Athènes en leur faveur entraînant des
représailles. Les deux expéditions militaires des souverains
achéménides Darius Ier et Xerxès Ier constituent les principaux
épisodes militaires de ce conflit ; elles se concluent par la victoire
spectaculaire des cités grecques européennes conduites par
Athènes et Sparte.

Ils marquent traditionnellement le passage de l'époque archaïque à


l'époque classique[1].

Même s'il ne faut pas en exagérer la portée — pour l'empire


achéménide ce conflit semble initialement assez périphérique —,
les guerres médiques apparaissent comme le point de départ de
l'hégémonie athénienne en mer Égée, mais aussi comme la prise
de conscience d'une certaine communauté d'intérêts du monde
grec face à la Perse, idée que reprend, près de deux siècles plus

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tard, Alexandre le Grand.

Sources et historiographie[modifier | modifier le code]

Hérodote, principale source antique sur le conflit.

L'historien qui étudie les guerres médiques se trouve face à une


difficulté majeure : il ne dispose que de sources écrites grecques et
le seul récit exhaustif est celui d'Hérodote et son Enquête. Pour
saisir les enjeux et la nature réels des affrontements, l'historien doit
soumettre ce récit à une analyse critique et prudente[2].

Hérodote est un Grec né pendant la seconde guerre médique à


Halicarnasse, cité située en Asie mineure, à la croisée des mondes
ionien et perse. Cette origine, ainsi que ses nombreux voyages
dans l'empire achéménide et en Méditerranée, explique sa bonne
connaissance des deux belligérants[3]. Son œuvre, connue sous le
nom d'Histoires ou Enquête, est capitale pour la connaissance du
conflit. Considéré comme le père de l'Histoire, Hérodote ne se
contente pas d'énumérer les événements, il tente d'expliquer les
raisons profondes de la guerre et de donner aussi bien le point de

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vue des Grecs que celui des Perses. Ce véritable souci d'objectivité
lui valut des critiques de certains auteurs anciens, comme
Plutarque, qui l'ont accusé de préférer les « barbares » à son
propre peuple[4].

Les historiens ont repris à leur compte le récit d'Hérodote jusque


dans les années 1950. Par la suite, l'école des annales, le
multiculturalisme et surtout les progrès des études achéménides
ont permis de critiquer, relativiser et parfois même de totalement
remettre en cause Hérodote[5]. Cependant, les recherches
archéologiques, anthropologiques et ethnographiques des années
1990 et 2000 ont démontré l'exactitude d'Hérodote[6],[7] et sa
grande objectivité[8].

L'Athénien Thucydide est l'autre grand historien du Ve siècle av. J.-


C. ; son Histoire de la guerre du Péloponnèse traite partiellement
de la suite et des conséquences des guerres médiques. Xénophon,
également athénien, est de la génération suivante, mais il connaît
bien les Perses car il les a servis comme mercenaire lors de
l'expédition des Dix Mille en 401 (relatée dans l'Anabase). D'autres
détails sont rapportés par des chroniqueurs plus tardifs comme
Éphore, Diodore de Sicile, Plutarque et Pausanias. La Bibliothèque
de Photius et la Souda, compilations byzantines du IXe siècle,
offrent des aperçus de textes antiques aujourd'hui disparus.

Le théâtre grec comprend certaines « pièces d'actualité »


commentant les événements à chaud, et donc particulièrement
instructives pour l'étude des mentalités de l'époque[9]. La Chute de
Milet de Phrynichos, jouée en 493, émeut les Athéniens jusqu'aux
larmes et exacerbe les passions en faveur de la guerre. Eschyle a

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combattu à Marathon et Salamine ; sa pièce Les Perses, écrite en


472 et célébrant la victoire athénienne, est jouée dans tout le
monde grec, de la Sicile à l'Asie mineure[9].

Les Achéménides n'ont pas laissé de chroniques ou de


témoignages écrits de leur propre histoire ; leur mémoire se
transmettait par voie orale et s'est donc essentiellement perdue[10].
Certains de ces récits ont cependant été recueillis par Hérodote et
Ctésias, médecin grec à la cour d'Artaxerxès II[11]. Les textes
perses à la disposition des historiens contemporains sont d'ordre
administratif ou religieux ; ils n'offrent guère d'informations sur les
guerres médiques, mais permettent parfois de recouper ou
démentir les renseignements fournis par les Grecs[7], comme
certaines tablettes de Persépolis relevant les voyages des
fonctionnaires[12]. L'épigraphie apporte de nombreux
renseignements grâce aux inscriptions et à l'iconographie des
monuments perses, par exemple en fournissant la liste des pays et
des peuples vaincus : les Grecs, qu'ils soient d'Asie mineure ou
d'Europe, sont considérés comme des sujets par les Grands Rois
des guerres médiques, Darius, Xerxès et Artaxerxès[13].

Ces guerres sont dites « médiques » car les Grecs confondaient


les Perses et les Mèdes, deux peuples unifiés par Cyrus le Grand
au VIe siècle av. J.-C.[14]

Aux origines du conflit : la révolte de l’Ionie[modifier


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L’Empire perse en 490 av. J.-C.

Au VIe siècle av. J.-C., le roi perse Cyrus II, de la dynastie des
Achéménides, transforme son petit royaume vassal des Mèdes en
un immense empire, s'étendant de l'Inde à la Méditerranée, par une
suite de guerres de conquête[15]. En 547, il annexe la Lydie de
Crésus qui dominait l'Asie mineure, puis assujettit les cités côtières
grecques de l'Ionie et des Dardanelles[16].

Les guerres médiques sont initialement la conséquence de


l'impérialisme perse, du fonctionnement économique et commercial
grec et, dans une moindre mesure, des luttes politiques internes
des cités[17],[18],[19],[20].

La révolte de l'Ionie représente un épisode décisif vers la


confrontation. Elle a pour origine la volonté de Darius Ier d'étendre
son empire vers la Propontide (mer de Marmara) et le Pont-Euxin
(mer Noire), entre autres pour contrôler les sources
d'approvisionnement en blé, en or et en bois de construction
navale[21]. Pour cela, il doit s'attaquer aux Scythes, maîtres d'un
puissant empire en Russie méridionale et dont les relations
commerciales avec les Grecs sont fructueuses et actives.

Sur le chemin de la conquête, avec l'aide de contingents grecs


ioniens, Darius s'assure la maîtrise de la Thrace, tandis que le roi
Amyntas Ier de Macédoine reconnaît sa suzeraineté (513). Les
ports de Byzance et de Chalcédoine sont soumis : la Perse
contrôle grâce à eux le trafic maritime entre la Méditerranée et la

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mer Noire[22]. L'objectif final de l'expédition contre les Scythes est


un échec, ceux-ci appliquant la technique de la terre brûlée. Détail
important, l'armée perse échappe au désastre et à l'encerclement
grâce à la loyauté du contingent grec qui garde le pont sur le
Danube (Ister)[23].

En 508, c'est l'île de Samothrace qui tombe sous le joug perse.


Même Athènes sollicite vers 508 leur alliance. De la campagne
contre les Scythes, Darius tire la conclusion qu'il peut compter sur
la fidélité des Grecs ioniens. En revanche, ceux-ci estiment qu'ils
pourraient se révolter sans risque excessif, car l'expédition a
prouvé que l'empire achéménide n'est pas invulnérable[24].

Les motifs de la révolte[modifier | modifier le code]

Les causes profondes de la révolte sont d'ordre économique,


social, politique et culturel.

L'Ionie est constituée de douze cités grecques fondées depuis au


moins le VIIIe siècle avant l'ère chrétienne : Milet, Éphèse, Phocée,
Clazomènes, Colophon, Priène, Téos, Chios, Samos, Érythrée,

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Myonte et Lébédos. Il faut y ajouter les cités de l'Éolide, région


située au nord-ouest de l'Ionie, dont celle de Smyrne. Autonomes,
elles sont toutes soumises au pouvoir perse[25]. Milet dispose d'un
statut à part : son traité d'amitié conclu avec Cyrus avant la
conquête de la région lui assure une relative indépendance[26].
C'est pourtant Milet qui se trouve à l'origine du soulèvement de
499.

Ces cités sont unies au sein de la Ligue ionienne, une alliance


forgée au VIIe siècle av. J.-C. qui ne joue plus de rôle militaire
depuis la conquête de Cyrus mais qui conserve un rôle religieux,
culturel et politique à travers une amphictyonie chargée du culte de
Poséidon Helikonios au sanctuaire du Panionion, au cap
Mycale[27]. Cette institution facilite les échanges nécessaires à une
révolte commune.

Théoriquement, la domination perse n'est pas écrasante. Chaque


cité conserve ses institutions, à la condition expresse de payer un
tribut et éventuellement d'entretenir des garnisons perses. Darius
Ier et ses successeurs respectent les coutumes des différents
peuples de leur empire et se chargent parfois de rappeler à l'ordre
les fonctionnaires zélés.

Cela change avec la réforme de la taxation sous Darius qui fixe un


montant précis d'or et d'argent à payer pour chaque satrapie[28]. Le
tribut annuel exigé s'élève pour l'ensemble de l'Ionie à 400 talents
ou 2 400 000 drachmes[29]. Ces taxes sont en outre injustement
réparties au sein de chaque cité : les familles liées aux tyrans
(officiellement amis du Grand Roi) au pouvoir sont exemptées, et la
pression fiscale sur les pauvres favorise les tenants de la

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démocratie et d'une révolution politique et sociale[30].

Depuis 512, la mer Noire est un « lac perse », la Thrace est


devenue une satrapie. Or, Milet s'y fournit en blé et en toutes sortes
de matières premières. La colonisation perse ferme l'accès des
mers septentrionales au moment où Sybaris, l'entrepôt occidental
de Milet, tombe sous les coups de Crotone (510). De plus, les
Perses favorisent systématiquement les rivaux phéniciens de Tyr et
Sidon. Enfin, la prise de Byzance ferme les détroits et le commerce
vers le Pont-Euxin[31]. Ainsi, la politique extérieure de Darius
appauvrit les marchands ioniens, très influents au sein des cités[21].

Les Perses demeurent, aux yeux de nombreux Grecs ioniens, des


barbares rétifs aux « charmes » de la civilisation qui conservent
leur langue, leur religion et leurs coutumes. De nombreux
« intellectuels » ont préféré l'exil à la domination étrangère[22]. Il
existe une volonté d'émancipation des cités ioniennes qui les
pousse d'une part à rejeter les tyrans imposés par les Perses, ainsi
que de nombreux colons[31], et d'autre part à se libérer du joug
achéménide. Lorsque la révolte éclate, elle a comme première
conséquence, dans de nombreuses cités, l'éviction des tyrans et la
proclamation de l'isonomie. Il est exagéré de parler de révolte à la
suite de l'éveil d'une « conscience nationale » contre l'occupant ; il
est préférable de parler d'une crise sociale et politique[32].

La stratégie d'Aristagoras, déclencheur de la révolte[modifier |


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Événements de la révolte de l'Ionie.

La situation se prête à une rébellion, et Aristagoras, le tyran de


Milet va en tirer parti.

L'île de Naxos, au cœur de la mer Égée, est considérée comme


« la plus riche »[33]. En 500, son peuple chasse les aristocrates qui
la dirigent. Ces derniers se réfugient à Milet où ils demandent l'aide
d'Aristagoras pour reprendre le pouvoir. Celui-ci sollicite
l'autorisation et l'aide d'Artapherne, frère du Grand Roi Darius Ier et
satrape de Lydie, l'une des provinces de l'empire[34]. Artapherne
accepte, mais au cours de l'expédition, Perses et Milésiens se
querellent : leurs divisions les forcent à se replier après quatre mois
de siège[35].

Les Perses tiennent Aristagoras comme responsable de cet échec


et exigent qu'il assume les frais de cette guerre stérile. Aristagoras
commence à craindre d'être destitué ou même assassiné : il n'a
pas d'autre choix que de se révolter[36]. La guerre est déclarée et
les Milésiens s'emparent par surprise de la flotte perse qui a

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participé à l'expédition[30]. Aristagoras renonce à la tyrannie (en


paroles seulement d'après Hérodote[37]), proclame l'isonomie et
l'égalité des cités ioniennes qui se débarrassent de leurs tyrans[32].

Malgré cette union, Aristagoras sait qu'il est en infériorité militaire


face à Artapherne. En 499, il s'embarque donc pour Sparte, qui
possède l'armée la plus puissante, afin de solliciter son aide. Le
moment est peu propice, car Sparte est divisée par la rivalité de
ses deux rois Cléomène Ier et Démarate[Note 1]. Malgré des
promesses de butin, l'appel à la « fraternité » entre Grecs et aux
dieux communs, les Spartiates refusent de s'engager[38].

Aristagoras se tourne alors vers Athènes. L'écoute est meilleure,


car la ville s'inquiète des intrigues d'Hippias, tyran chassé
d'Athènes en 510, réfugié à Sardes, siège de la satrapie de Lydie,
où il compte sur l'appui perse pour rétablir sa tyrannie[24]. Athènes
envoie 20 trières, suivie par Érétrie avec 5 autres, par
reconnaissance pour Milet qui jadis l'avait aidée contre ses
ennemis[39]. Aucune autre cité ne répond à l'appel.

Six ans de guerre[modifier | modifier le code]

L'intervention d'Erétrie et d'Athènes[modifier | modifier le code]

Il faut plus de six ans à Artapherne pour mater le soulèvement. En


effet, les premiers combats sont favorables aux Ioniens. Début 498,
la flotte grecque met en fuite la flotte phénicienne lors d'un premier
combat sur les côtes de Pamphylie. Sur terre, les Perses se
préparent à assiéger la ville de Milet quand Charopinos, le frère
d'Aristagoras, avec l'aide des contingents athéniens et érétriens,

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organise une diversion et ravage Sardes[40], sans arriver à prendre


son acropole défendue par Artapherne lui-même[41]. L'armée perse
qui assiégeait Milet revient vers Sardes à marche forcée, obligeant
les Grecs à se replier[42]. Artapherne, après avoir fait sa jonction
avec ces renforts, les intercepte sur les hauteurs d'Éphèse et
remporte une victoire complète[41].

À la fin de l'été 498, le corps expéditionnaire – ou du moins ce qu'il


en reste – plie bagage pour rentrer sur Athènes ou Érétrie[43]. Cette
défection n'empêche pas la révolte de gagner de l'ampleur.

Généralisation et écrasement du soulèvement[modifier |


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À l'automne 498, la révolte gagne Chypre, la Propontide,


l'Hellespont jusqu’à Byzance, puis toute la Carie, satrapie située au
sud de l'Ionie. Au début 497, la situation est critique pour les
Perses, qui lèvent alors simultanément trois armées et une
nouvelle flotte. La révolte est écrasée à Chypre, puis dans les cités
de l'Hellespont. Lentement mais systématiquement, les corps de
troupes perses reconquièrent une à une les cités rebelles.
Aristagoras tente de porter le combat en Thrace, mais il y trouve la
mort dans des circonstances obscures[44].

Quant aux Cariens, ils sont vaincus sur la rivière Marsyas à


l'automne 497, puis à Labranda lors de l'été 496, malgré l'aide des
Milésiens. Les Cariens se ressaisissent et infligent une grave
défaite aux Perses à l'automne suivant à Pédassos. Après de
longues négociations, ils déposent les armes définitivement en 494.
Milet se retrouve alors seule.

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Contrairement aux Perses, les insurgés ont du mal à financer


flottes et mercenaires[45]. Les défections dans leurs rangs sont
nombreuses.

La prise de Milet[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 494, les Perses massent leurs troupes contre


Milet. La ville est assaillie à la fois par terre et par mer. Une bataille
navale opposant environ 350 navires grecs à 600 navires
phéniciens, égyptiens et chypriotes se déroule au large de l'îlot de
Ladé durant l'été 494[46]. La flotte grecque est anéantie. Milet est
prise et rasée peu après (la poliorcétique perse l'emportant
généralement sur celle des Grecs), et sa population déportée sur
les berges du Tigre[39].

Au cours de l'année 493, les Perses soumettent les dernières villes


et îles rebelles (Chios, Lesbos et Ténédos) tandis que leur flotte
longe victorieusement les côtes de l'Hellespont et de la
Chalcédoine.

Les conséquences de la défaite ionienne[modifier | modifier le


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Cette défaite entraîne en Grèce continentale, en particulier à


Athènes, une profonde réaction de tristesse. Toutefois, en 493, le
poète Phrynichos, auteur d'une tragédie intitulée La prise de Milet
dont il est déjà sujet plus haut dans cet article, est condamné à une
amende de 1 000 drachmes pour avoir rappelé des évènements
malheureux et fait fondre en larmes le public. Cette curieuse
condamnation pourrait venir d'hommes soucieux de se ménager
l'alliance des Perses dans les luttes de pouvoir des grandes

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familles athéniennes[39].

Cette révolte a attiré l'attention de Darius vers l'Occident et peut-


être suscité en lui des idées expansionnistes, ou du moins le désir
d'établir en Grèce même des régimes qui lui soient favorables[47].
Le rôle joué par Athènes et Érétrie lui montre la nécessité
d'imposer son autorité sur les deux rives de la mer Égée.
Cependant, si l'on excepte le sort de Milet, Darius use d'une
modération relative : il impose un fort tribut aux cités mutines mais
leur laisse l'autonomie[48].

Première guerre médique[modifier | modifier le code]

La campagne avortée de 492[modifier | modifier le code]

Pour punir Athènes et Érétrie de leur aide aux insurgés ioniens et


assurer leur domination sur l'Égée, les Perses préparent une
expédition contre la Grèce continentale[46]. Darius charge son
gendre[49] Mardonios de reprendre en main la Macédoine et la
Thrace, théoriquement soumises mais dont les garnisons perses
avaient été évacuées lors de la révolte de l'Ionie. Au printemps 492,
Mardonios rassemble sa flotte et son armée en Cilicie, puis franchit
l'Hellespont et traverse la Thrace et la Macédoine. La flotte fait voile
vers Thasos, la soumet au passage, et suit la côte européenne
jusque vers Acanthos[46].

Assaillie par une violente tempête au moment de doubler le cap du


mont Athos, la flotte perd la moitié de ses navires. Mardonios doit
donner l'ordre de la retraite, ce qui lui vaut d'être temporairement
relevé de son commandement[50].

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L’expédition perse de 490[modifier | modifier le code]

Toute l'année 491 est consacrée aux préparatifs militaires et


diplomatiques de cette offensive. De nombreuses cités grecques
reçoivent des ambassadeurs demandant « la terre et l'eau », c'est-
à-dire leur soumission. Certaines s'exécutent, mais Athènes
comme Sparte refusent et mettent à mort les ambassadeurs
perses, sans toutefois prendre de véritables mesures pour
devancer la future offensive[51].

L'armée perse est dirigée par l'amiral Datis et le général


Artapherne, fils du satrape de Lydie qui avait dû faire face à la
révolte de l'Ionie et donc neveu de Darius. Le début de l'expédition
est un succès : elle traverse cette fois directement la mer Égée,
droit sur l'Eubée et l'Attique, après avoir pris au passage le contrôle
de Naxos et Délos (490). Grâce à l'aide de la marine
phénicienne[52], la domination perse est ainsi établie relativement
aisément sur les Cyclades[53].

Hérodote n'a pas laissé de données pour le nombre de soldats


perses. D'autres auteurs anciens postérieurs ont avancé des
chiffres totalement fantaisistes allant de 100 000 à
500 000 hommes[54]. Les historiens contemporains considèrent
qu'environ 25 000 hommes ont pu y participer[54], ce qui est déjà
considérable pour l'époque[Note 2]. Au total, la flotte de Datis
rassemble au moins 200 trières[55].

La prise d'Érétrie[modifier | modifier le code]

L'expédition perse atteint la pointe méridionale de l'Eubée, ravage


Carystos, qui refusait d'ouvrir ses portes, puis atteint Érétrie.

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4 000 clérouques athéniens envoyés en renfort prennent la fuite et


Erétrie se retrouve seule[56],[57]. Après six jours d'un siège
meurtrier, des traîtres ouvrent les portes aux Perses[58]. La ville est
pillée, ses temples incendiés, sa population est capturée,
enchaînée puis déportée en Basse-Mésopotamie, marquant ainsi la
première étape de la vengeance du Grand Roi[58].

La bataille de Marathon 490[modifier | modifier le code]

L'armée perse est conseillée par Hippias, l'ancien tyran d'Athènes


qui espère reprendre le pouvoir[59]. Le débarquement a lieu le 12
septembre 490 av. J.-C. (date la plus communément admise) sur
une plage d'environ quatre kilomètres de long qui borde la plaine
de Marathon, à quarante kilomètres d'Athènes. Les Athéniens
n'attendent pas l'ennemi derrière leurs remparts, mais, conduits par
le stratège Miltiade[Note 3], les hoplites athéniens et platéens,
environ 10 000 hommes[Note 4], se rendent à la rencontre des
Perses[60]. Ils sont accompagnés d'un nombre inconnu d'esclaves
libérés peu avant et servant d'infanterie légère munie de frondes et
de javelots[61]. Le 17 septembre 490 (date la plus communément

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admise), les Perses décident d'attaquer Athènes par terre et par


mer.

Les Athéniens doivent battre les Perses dans la plaine de


Marathon, puis regagner leur cité pour la protéger d'une attaque
par la mer. Miltiade connaît les points faibles de l'armée perse pour
avoir combattu avec eux lors de l'offensive contre les Scythes[62].
En effet cette armée est composée de soldats d'origines
différentes, ne parlant pas les mêmes dialectes et n'ayant pas
l'habitude de combattre ensemble. De plus, l'armement perse, avec
des boucliers en osier et des piques courtes, ne permet pas les
combats au corps à corps.

Au contraire, l'armement des Grecs est celui d'une infanterie


lourde : les hoplites sont protégés par un casque, un bouclier, une
cuirasse, des jambières et des brassards en airain (bronze). S'y
ajoutent une épée, une lance longue et un bouclier fait de peau et
de lames de métal. Enfin, les hoplites combattent en rangs serrés
(phalange) leurs boucliers formant devant eux une véritable
muraille[63].

Le choc est favorable aux Grecs : Hérodote prétend que


6 400 Perses furent tués, la plupart noyés en s'enfuyant, et
qu'Athènes ne perd que 192 citoyens[64]. Une fois le débarquement
repoussé, les Grecs doivent rentrer précipitamment à Athènes pour
empêcher que la flotte perse ne s'en prenne à la ville laissée sans
défense[Note 5]. Les navires perses ont besoin d'une dizaine
d'heures pour doubler le cap Sounion et atteindre Phalère. Par une
marche forcée de sept ou huit heures, déjà fatigués par la bataille
qu'ils viennent de mener, les hoplites grecs arrivent environ une
heure avant la flotte ennemie. Constatant l'échec de la manœuvre,

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les Perses renoncent à débarquer et battent en retraite[65].

Victoires perses, victoire athénienne[modifier | modifier le code]

La victoire de Marathon devint symbolique pour les Grecs et


confère un grand prestige à Athènes. Elle sert lors de la seconde
guerre médique : désormais, les cités savent qu'elles peuvent
battre les Perses sur le champ de bataille, et sans cette donnée
morale, il est probable que la résistance à l'invasion de Xerxès dix
ans plus tard aurait été bien moindre[66].

Pour les Athéniens, cette victoire représente une double réalité[67] :


tout d'abord un incontestable succès militaire qui permet de
repousser le corps expéditionnaire perse, mais aussi une victoire
qui met en valeur le rôle des soldats-citoyens que sont les hoplites
dans la défense de la cité et de la démocratie[Note 6],[68]. Les
diplomates athéniens utilisent par la suite Marathon pour justifier
leur hégémonie sur le monde grec.

Du côté perse, Marathon est un échec mineur[60]. La campagne


menée par Datis et Artapherne a atteint ses objectifs : le contrôle
de la mer Égée et l'installation de gouvernements amis dans
presque toutes les cités insulaires[69]. Darius se détourne du front
grec, car une révolte a éclaté en Égypte, dirigée par le satrape
Aryandès. Selon Hérodote, cela l'empêche de lancer une
expédition contre la Grèce qu'il prévoyait de diriger lui-même, car il
consacre les derniers mois de son règne à réprimer la rébellion et
meurt en 486[70]. À cette date, l'empire perse est à son apogée
territoriale. Son fils Xerxès Ier lui succède[60].

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Seconde guerre médique[modifier | modifier le code]

En 485, un an après avoir succédé à son père, Xerxès décide de


venger cette humiliante défaite. Il est encouragé par son beau-frère
Mardonios, qui dirigeait déjà l'expédition de 492[71], ainsi que par
les nombreux renégats grecs réfugiés à sa cour, comme le parti
aristocratique athénien ou Démarate, roi spartiate déchu pour
bâtardise[72].

Les préparatifs durent quatre ans, de 485 à 481. Xerxès met sur
pied une gigantesque expédition qui fait souffler « un vent de
terreur sur la Grèce[73]. » Il décide de mener une invasion par terre
et par mer.

Les forces en présence[modifier | modifier le code]

Corps à corps entre un guerrier perse et un hoplite.

L'empire perse, avec ses 7 500 000 km2 et une population qui
atteignait peut-être vingt millions d'habitants, semble beaucoup plus
puissant que les États grecs qui comptent à peine un million
d'habitants (estimation approximative) sur un territoire de
103 000 km2[74]. De plus, les cités grecques sont divisées : des
centaines restent prudemment neutres ou, comme Thèbes, s'allient

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à l'ennemi (les « médisants »). Beaucoup changent de camp tout


au long de la guerre[75].

Les effectifs sont sujets à controverse, car les chiffres des


historiens de l'Antiquité apparaissent fantaisistes. On soupçonne
les Grecs d'avoir surestimé le nombre de leurs ennemis pour
valoriser leur combat et il n'existe pas de sources perses sur le
sujet. Ainsi, Ctésias évoque 800 000 hommes et 1 000 trières[76].
Pour sa part, Hérodote évalue les troupes à 1 700 000 fantassins,
80 000 cavaliers et 1 200 trières, en se basant sur l'inspection
qu'aurait faite Xerxès à Dorisque, une grande plaine de la
Thrace[77]. Selon l'historien de la Perse Pierre Briant, toutes ces
estimations manqueraient de fondement et l'« argument de
vraisemblance » ne peut se transformer en donnée historique[78].
Toutefois, il ne fait pas de doute que Xerxès, voulant prendre sa
revanche après une défaite humiliante, avait mis sur pied une
troupe extrêmement nombreuse, tant sur terre que sur mer[79].

Les historiens contemporains ont généralement revu ces chiffres à


la baisse, ne serait-ce que pour des raisons logistiques et
d'approvisionnement en eau impliquées par les chiffres d'Hérodote,
mais leurs estimations varient assez fortement. Les effectifs des
Perses sont estimés de 75 000 hommes (selon l'historien allemand
Hans Delbrück) à 300 000 (pour Hanson)[80], mais le consensus
moderne estime plutôt qu'ils se situent entre 300 000 et 500 000
hommes[79],[81]. À cela s'ajoutaient quelque 20 000 à
60 000 cavaliers divisés en six corps d'armée. La flotte compterait
quant à elle environ 600 vaisseaux, fournis essentiellement par les
Phéniciens, les Égyptiens et les Ioniens[78]. Plus que les chiffres,

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ce qui importe pour les contemporains de l'évènement est


l'impression d'une levée en masse gigantesque : « L'Asie s'est
vidée de tous ses mâles » écrit Eschyle dans sa tragédie Les
Perses.

Les Grecs coalisés auraient été de 7 000 à 35 000 hoplites (auquel


il faut rajouter 40 000 hommes plus sommairement armés). En
revanche, ils ne possèdent pas de cavalerie. Sur mer, ils ne
disposeraient que d'environ 370 trières[82] ou pentécontores. Si l'on
admet que chaque navire a un équipage complet (environ
150 rameurs, une dizaine d'officiers, une dizaine d'hommes
d'équipage et environ 15 soldats) cela représente environ
70 000-75 000 hommes. Les 200 trières athéniennes mobilisent à
elles seules environ 40 000 hommes, dont 34 000 citoyens des
couches populaires[83].

Armes et tactiques[modifier | modifier le code]

Les historiens débattent encore de la valeur respective des armées


perses et grecques. Certains considèrent que les Perses étaient
beaucoup plus évolués et perfectionnés, avec une maîtrise
supérieure de la cavalerie et de l'archerie, la poliorcétique, le génie
militaire, l'espionnage, les opérations militaires sophistiquées
encore inconnues des Grecs[84]. À l'inverse, d'autres insistent sur la
supériorité de l'armement hoplite, avec son bouclier, sa lance en fer
et sa cuirasse de bronze, ainsi que sur la discipline de la
phalange[85],[86]. La culture guerrière exacerbée et exceptionnelle
des Grecs, dans un état de guerre permanent à cause des
perpétuelles luttes de voisinage entre cités, est aussi mise en avant
pour expliquer leur résistance à l'invasion[87].

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Bien que Xerxès possède une armée de métier permanente, ses


soldats proviennent de toutes les satrapies d'un immense empire
multiethnique, leurs armes varient donc énormément selon les
régiments : lances, massues, haches, épées à double tranchant en
cuivre, arcs, javelots, dagues, etc.[88]. Les casques en cuir ou en
métal sont courants, les armures et boucliers plus rares. Enfin, les
mercenaires grecs et les cités médisantes leur apportent le savoir-
faire militaire de l'ennemi.

Les campagnes militaires perses débutent au printemps. Sur les


champs de bataille, leur tactique consiste souvent à placer les
archers à pied devant l'infanterie légère et lourde, la cavalerie
encadrant l'ensemble et le général en chef se trouvant à l'avant[89].

La cavalerie perse, à cheval et à chameau, pouvant aussi bien


livrer des charges frontales que harceler l'ennemi avec arc et
javelines, surclasse celle des Grecs. En revanche, l'infanterie perse
est inférieure aux hoplites grecs. Enfin, si les Perses ne sont pas
une nation maritime, ils peuvent compter sur les flottes
phéniciennes et égyptiennes, au moins aussi performantes que
celles des Grecs pour la navigation ou l'abordage[90].

Carthage ou l'alliance de revers[modifier | modifier le code]

À partir de 484, Xerxès planifie l'invasion de la Grèce, ne laissant


rien au hasard. La plus grande puissance militaire grecque se
trouve en Sicile, entre les mains de Gélon, tyran de Syracuse, qui
mène une politique annexionniste et agressive depuis sa prise de
pouvoir. Il représente un allié potentiel de poids pour les Grecs,
c'est pourquoi Xerxès encourage Carthage, grande rivale de Gélon

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en Sicile, à s'attaquer à lui[91]. La combinaison des deux


expéditions en 480, celle de Xerxès et celle des Carthaginois sur
Agrigente et Syracuse, n'est pas une simple coïncidence et relève
d'un plan habilement mis au point[92].

Le « médisme »[modifier | modifier le code]

La plupart des cités grecques restent longtemps sans s'inquiéter du


"péril perse", en particulier après la victoire athénienne de
Marathon. Les Grecs renouent avec leurs querelles intestines dès
que le péril est passé. Ainsi, Miltiade, après un échec devant Paros
en 489 av. J.-C., est frappé d'une lourde amende par Athènes et
meurt peu après[93]. De 487 à 486, Athènes tente en vain de
s'emparer de sa vieille rivale Égine, tandis que Sparte continue sa
politique hégémonique dans le Péloponnèse, devenant ainsi la cité
la plus puissante de la Grèce.

Les haines ancestrales entre certaines cités et les intérêts


immédiats poussent nombre de Grecs vers Xerxès[94]. Pour
Hérodote, la majorité ne souhaite pas la guerre et même « montrait
beaucoup d'inclination pour les Mèdes »[95]. Les Perses s'allient
ainsi avec certains peuples ou certaines cités en Grèce
continentale même, sans compter les Ioniens redevenus vassaux
de l'empire depuis l'écrasement de leur révolte 15 ans plus tôt.
Ainsi, les Macédoniens et surtout la Béotie avec Thèbes se rangent
du côté des envahisseurs, cédant ainsi à ce qu'on appelle le
« médisme ». Le refuge naturel des opposants politiques spartiates
et athéniens est à la cour de Suse[96]. Hippias, ancien tyran
d'Athènes, conseille Darius lors de la première guerre médique ;

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Démarate, roi spartiate déchu, guide Xerxès lors de la


seconde[76],[97].

Enfin, Xerxès parvient à corrompre Delphes et son très influent


oracle d'Apollon[98],[99]. Épargné pendant toute la durée des
hostilités, les divinations de sa pythie sont largement favorables
aux Perses[100]. Après la victoire grecque, Delphes se justifie en
affirmant avoir été protégée par une intervention divine[101],[102].

Stratégie, mobilisation et logistique[modifier | modifier le code]

Le plan de l'invasion a été conçu par Mardonios, fils d'une sœur de


Darius Ier et donc cousin de Xerxès Ier. Ce plan consiste à
reprendre le projet de 492, en passant par voie terrestre à travers
la Thrace et la côte macédonienne[103]. Pour cela, il est nécessaire
selon Mardonios d'avoir un corps d'armée terrestre considérable,
soutenu par une flotte amenant le ravitaillement et chargée d'éviter
les contre-attaques de la flotte grecque sur les arrières de l'armée
perse. Pour éviter les tempêtes du nord-est, fréquentes et brutales
dans la région du mont Athos, et ne pas rééditer le désastre de
492, Xerxès ordonne le percement d'un canal afin de couper
l'isthme de l'Acté[104]. Il est long de 2,4 km et assez large pour que
deux trières y circulent de front. Des ponts sont construits sur le
Strymon par des détachements d'éclaireurs perses.

Pour mener à bien l'invasion terrestre, Xerxès charge les


Phéniciens et les Égyptiens de construire un double pont flottant
sur l'Hellespont depuis Abydos jusqu’à un promontoire situé entre
Sestos et Madytos, sur une distance de 1 400 m. Selon Hérodote,
le premier pont ayant été brisé par une tempête, Xerxès en fait

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construire un second en assemblant 674 vaisseaux au moyen de


câbles dont chaque demi-mètre pesait 26 kg[105]. Puis on pose des
planches que l'on couvre de terre tandis que de hautes barrières de
bois, servant de parapet, sont installées pour que les animaux ne
soient pas effrayés par la vue de mer.

Enfin, des villes sont sélectionnées pour devenir les principaux


magasins centralisant l'approvisionnement nécessaire à une telle
armée. Ce sont les cités de Doriscos, Eïon et Therma situées
respectivement aux débouchés des vallées fertiles de l'Hèbre, du
Strymon et de l'Axios ainsi que Leukè Actè sur l'Hellespont et
Tyrodiza[106].

Au printemps 480, la mobilisation des troupes perses s'opère


comme prévu. La flotte se rassemble dans la rade de Phocée et
dans celle de Cymé en Ionie tandis que les troupes terrestres
hivernent à Sardes et à Cristalla en Cappadoce. À l'arrivée de
Xerxès avec ses troupes d'élite, l'immense armée s'ébranle, rejoint
Abydos puis franchit les ponts de bateaux le 10 mai. Ensuite
l'armée se dirige vers Sestos, puis Doriscos où le 16 juin s'opère la
jonction avec la flotte[107].

La réaction des Grecs[modifier | modifier le code]

La flotte de guerre athénienne[modifier | modifier le code]

Après la mort de Miltiade, les luttes politiques athéniennes


opposent les démocrates menés par Thémistocle, parvenu au
pouvoir juste après Marathon, et des aristocrates comme
Xanthippe, le père du futur Périclès, et Aristide, plus modéré. Ils
sont tous les deux ostracisés[93] par Thémistocle, archonte en 493

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et stratège en 490. Ambitieux et sans scrupules, il est éloquent,


courageux et tenace[108]. Il considère que l'avenir d'Athènes passe
par la création d'une grande flotte permanente et par la
construction d'un nouveau port plus profond et mieux abrité au
Pirée[109]. Les arguments qu'il avance sont multiples : se protéger
de la piraterie de sa voisine et rivale Égine, se prémunir d'une
attaque perse comme celle de Marathon, pourvoir au ravitaillement
face à la rapide croissance de la population, contrôler les routes
commerciales[Note 7]. Enfin, une flotte représente du travail pour de
nombreux citoyens pauvres ou modestes (rameurs, construction et
entretien des navires).

La découverte des mines d'argent du Laurion au sud-est d'Athènes


permet à Thémistocle de financer ce très coûteux projet. Il obtient
que le produit de la ferme des mines, environ 50 à 100 talents par
an, soit consacré à la construction de cette flotte. Les cent citoyens
les plus riches reçoivent en plus chacun un prêt d'un talent pour
construire et armer une trière. En 480, Athènes possède la plus
puissante flotte de Grèce, 200 trières prêtes à prendre le large[110].

Une union panhellénique[modifier | modifier le code]

Les préparatifs perses ne sont évidemment pas passés inaperçus.


Athènes craint la vengeance des Perses et Sparte constate que sa
grande rivale dans le Péloponnèse, Argos, est contactée par les
envoyés de Xerxès. L'idée d'une union panhellénique s'impose et
un congrès des différentes cités grecques est convoqué sur
l'isthme de Corinthe à la fin de l'automne 481. Sparte, dont l'armée
est considérée comme la plus puissante[111], préside le congrès.
Pour une fois les intérêts immédiats de Sparte et d'Athènes se

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confondent. Une réconciliation générale intervient, comme entre


Athènes et Égine. Cependant, par crainte ou par intérêt, de
nombreuses cités restent neutres et seules 31 d'entre elles
s'engagent par serment dans une alliance défensive, la ligue
hellénique, et préparent des contingents de soldats[94]. Le
commandement des troupes est confié à deux Spartiates, le roi
Léonidas Ier pour les fantassins et Eurybiade pour la flotte
grecque[112].

Appelé à l'aide par les Grecs, Gélon, tyran de Syracuse exige le


commandement des armées alliées grecques, ce qu'on lui refuse. Il
est surtout trop occupé à lutter contre les Carthaginois, qui seront
vaincus sur terre et sur mer à Himère[113].

La progression perse et la stratégie grecque[modifier | modifier


le code]

Durant l'hiver 481/480 les Grecs tergiversent sur le plan de


campagne et ne peuvent s'opposer à l'avancée perse au printemps
480. La première ligne de défense au niveau de la vallée du Tempé
(entre Thessalie et Macédoine) est abandonnée, ce qui jette les
Thessaliens immédiatement dans les bras des Perses[114].

En août, tandis que les Perses envahissent la Piérie, Léonidas


choisit une position défensive très forte au défilé des
Thermopyles[Note 8] qui commande l'accès à la Béotie et à la Grèce
centrale. Quant à Eurybiade, il s'installe au nord de l'Eubée en un
lieu nommé l'Artémision afin d'empêcher les navires perses de
contourner cette position. Les Perses, pour garder le contact avec
leur flotte, doivent emprunter la seule route importante qui passe

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par les Thermopyles. Là, entre le golfe Maliaque et la montagne,


l'étroite chaussée passe dans un défilé dont le passage le plus
étroit est de quatre mètres de largeur et qui, de plus, est barré par
les vestiges d'un mur construit en zigzag. Enfin, les marais sont
nombreux et forment un obstacle supplémentaire. Entre les
4 000 hoplites environ dont dispose Léonidas et la flotte
d'Eurybiade (avec Thémistocle à la tête du contingent des trières
athéniennes, de loin le plus nombreux) les liaisons sont
constantes[115].

Les victoires perses[modifier | modifier le code]

Artémision[modifier | modifier le code]

Principaux événements militaires de la seconde guerre médique.

Au sortir de la Thessalie, les troupes de Xerxès font mouvement


vers le sud. Les fantassins quittent la cité de Therma et arrivent
vers le 24 juillet dans la plaine trachinienne au bord du golfe
maliaque. Sa flotte s'élance une dizaine de jours après afin que
l'arrivée des troupes terrestres et navales soit conjointe[116].

Eurybiade, devant l'importance des forces ennemies, quitte

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l'Artémision et longe le canal d'Eubée pour occuper l'étranglement


de Chalcis, laissant Léonidas à la merci d'un débarquement sur ses
arrières. Cette manœuvre force les Perses à progresser plus au
sud que prévu et à mouiller au cap Sépias, près d'une côte
rocheuse et escarpée où ils ne peuvent hâler leurs navires sur la
terre ferme et où la profondeur des eaux empêche de nombreux
navires de s'amarrer solidement. Une violente tempête de trois
jours détruit une partie des navires, plusieurs milliers d'hommes se
noient[117]. La principale conséquence est que Xerxès, bien qu'il
garde la supériorité numérique, n'est plus en mesure de diviser ses
forces navales de manière à convoyer l'armée tout en livrant
combat à la flotte grecque.

À Chalcis, Eurybiade reprend confiance et remonte prendre sa


garde à l'Artémision pour protéger les arrières de Léonidas.
L'affrontement enchaîne escarmouches et batailles rangées avec
éperonnages et abordages. Les deux flottes luttent trois jours et les
pertes sont lourdes des deux côtés. Lorsque les Grecs apprennent
la mort de Léonidas, ils prennent la fuite[118]. La victoire perse est
laborieuse mais incontestable.

Les Thermopyles 480[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, sur terre, les alliés commandés par


Léonidas tiennent fermement leur position et repoussent les
Perses, leur infligeant de grandes pertes[119]. Mais lorsqu'il
s'aperçoit que les Perses sont sur le point de le contourner, il
décide de se sacrifier avec quelques centaines d'hommes, pour
laisser aux Grecs le temps d'organiser leur défense et à l'armée de
se retirer en bon ordre. Les 300 Spartiates restés aux Thermopyles

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sont tous massacrés, y compris Léonidas[120]. Cette bataille devint


l'emblème de la résistance grecque et de l'esprit de sacrifice des
Spartiates.

Le sac d’Athènes[modifier | modifier le code]

Xerxès reprend sa progression sur mer et sur terre. Il gagne la


Béotie, est rejoint par les cités médisantes et rase Thespies et
Platées[121]. Il pénètre ensuite en Attique et s'avance vers Athènes.

Pour les Athéniens, la situation est difficile. À l'époque, la ville ne


possède pas de remparts et il y a peu de points fortifiés en Attique
susceptibles de retarder l'ennemi[122]. Aussi sous l'impulsion de
Thémistocle, la population est évacuée en particulier vers Égine,
Trézène et Salamine tandis que les ostracisés sont rappelés, tel
Aristide, avec l'annulation de tous les décrets d'exil portés pour des
raisons politiques. Cimon, le fils de Miltiade, pourtant l'un des
adversaires de Thémistocle, dépose son ex-voto sur l'Acropole
pour bien signifier que le temps de l'« Union Sacrée » est venu et

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qu'il est temps de combattre non pas à cheval mais sur les
vaisseaux[Note 9]. La cité est ainsi abandonnée à l'exception de
quelques centaines d'irréductibles qui souhaitent défendre
l'Acropole et ses sanctuaires.

Le 28 septembre 480 av. J.-C., les Perses investissent la ville,


prennent d'assaut l'Acropole et la mettent à sac[53], massacrant
tous ceux qui résistent encore. La victoire perse semble proche,
Xerxès n'a mis que trois mois à atteindre Athènes depuis qu'il a
passé les Dardanelles[123].

Le tournant de la guerre : Salamine 480[modifier | modifier le


code]

Après la mort de Léonidas, l'armée terrestre des cités grecques


coalisées se retire vers le sud et la flotte quitte l'Artémision. La
situation pour les Grecs est dramatique. La défaite des
Thermopyles, la soumission de la Béotie et la prise d'Athènes
sèment le découragement dans les esprits. Cléombrote Ier, le frère
de Léonidas et roi des Spartiates, ne songe qu'à protéger le
Péloponnèse par la construction d'un mur vers l'Isthme de Corinthe,
étroite bande de terre facile à défendre. Dans la même logique,
Eurybiade souhaite, maintenant que la flotte a assuré l'évacuation
de l'Attique, retourner à proximité des forces terrestres afin

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d'entreprendre des actions combinées. Ce point de vue est partagé


par les Corinthiens, deuxième flotte de la coalition. Logiquement,
Sparte et Corinthe préfèrent défendre à tout prix le Péloponnèse
afin d'épargner leur territoire[124].

Thémistocle a un autre plan qu'il impose à Eurybiade grâce au


soutien d'Égine et de Mégare, il est vrai directement menacées en
cas de repli sur l'Isthme de Corinthe. Il s'agit de combattre dans la
rade étroite de Salamine car il est persuadé, à juste titre, que les
Perses ne pourront pas entreprendre de manœuvre d'encerclement
et que leurs navires se gêneront mutuellement et seront autant de
proies pour un abordage ou un éperonnage par les solides trières
grecques. Enfin il est persuadé qu'en coupant l'armée perse de sa
flotte elle fera demi-tour[125].

Thémistocle, selon Plutarque et Hérodote, utilise la ruse et fait


parvenir par son esclave Sicinnos un message à Xerxès l'informant
du désir de fuite d'une partie des généraux grecs par la passe
occidentale de la baie d'Éleusis encore libre. Cette manœuvre
fonctionne pleinement et une partie de la flotte perse, les navires
égyptiens, termine l'encerclement des Grecs en bloquant l'accès
par Mégare tandis que l'îlot de Psyttalie est occupé par un
détachement avec pour objectif de recueillir les équipages perses
et achever les Grecs lorsque la bataille éclatera[126].

Maquette de trière du Ve siècle av. J.-C..

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De son côté, Xerxès doit absolument neutraliser les navires grecs


s'il veut assurer son approvisionnement et pouvoir contourner par
la mer l'inexpugnable Isthme de Corinthe[127]. Sa flotte de guerre
perse comprend les Phéniciens de Tyr, Sidon dirigés par les
généraux perses Mégabaze et Préxaspe. Au centre le corps de
bataille est dirigé par Achéménès, demi-frère de Xerxès, qui tient le
rôle de Grand Amiral et dirige plus précisément les navires de
Cilicie et de Lycie. Enfin à l'aile gauche se trouvent les flottes
d'Ionie (donc grecques), du Pont et de Carie dirigées par un prince
achéménide, Ariabignès et où combat Artémise Ire, reine
d'Halicarnasse.

Le plan grec fonctionne comme prévu, le 29 septembre, la moitié


de la flotte perse est anéantie, le reste prend la fuite. Contrairement
à Artémision et malgré des pertes importantes, la victoire grecque
est éclatante[114].

Le départ de Xerxès[modifier | modifier le code]

La situation après la défaite cuisante de Salamine n'est pas pour


autant désespérée pour les Perses. Leur armée de terre est
toujours aussi puissante. Malgré la perte d'une partie de leur flotte,
les immenses ressources de l'empire peuvent permettre la
construction de nombreux navires alors que pour les Grecs, la
destruction des chantiers de l'Attique est une perte irremplaçable.
Mais Salamine et la supériorité provisoire des Grecs en mer font
craindre au Grand Roi une attaque sur l'Hellespont pour y détruire
les ponts de bateaux. Si cela se produisait, il risquait d'être coupé
de ravitaillement, de communication avec son empire et donc
courait le danger de tout perdre[Note 10],[128]. Début octobre,

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laissant le commandement de son armée à Mardonios, son beau-


frère, celui qui dirigeait déjà l'expédition de 492, Xerxès abandonne
ses troupes pour retourner en Asie Mineure. Il passe l'Hellespont
dans les derniers jours de l'année 480 sans difficulté car la Grèce
du Nord est entièrement sous son contrôle. La Thessalie, la
Macédoine et la Thrace sont toujours ses alliées et des garnisons
perses stratégiquement placées surveillent toute la route[129]. Le roi
perse s'établit à Sardes d'où il garde le contact avec
Mardonios[130].

Quant aux vainqueurs ils sont surpris par l'inaction des Perses et
ne semblent pas comprendre dans un premier temps l'ampleur de
leur succès. Quand il apparaît que les Perses font retraite,
Thémistocle dans l'euphorie de la victoire propose de couper la
route de l'Asie à Xerxès en traversant l'Égée. Mais Aristide et
Eurybiade objectent la prudence. De plus les Grecs ont perdu à
Salamine plus de 40 navires et ne peuvent les remplacer aussi
rapidement que leurs adversaires. Enfin, envoyer toute la flotte
aussi loin de la Grèce alors que les réfugiés d'Athènes sont encore
sur l'île de Salamine et que les côtes grecques sont non protégées
est assez hasardeux. La saison enfin devient dangereuse pour la
navigation. Pour Aristide une éventuelle défaite d'Athènes ferait le
jeu de Sparte, d'autant que Sparte est en train de finir le mur qui
barre l'isthme du Péloponnèse et donc ne ressent plus la menace
perse avec la même acuité[131].

La campagne de 479[modifier | modifier le code]

Négociations[modifier | modifier le code]

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Mardonios, le nouveau généralissime perse, déclare après


Salamine : « Les Chypriotes, les hommes de Phénicie, de Cnide et
d'Égypte, seuls étaient vaincus, non les Perses qui n'ont pu
combattre »[132]. Cet état d'esprit est révélateur de la volonté des
Perses de continuer le combat malgré le départ de Xerxès Ier.
Cependant Mardonios estime impossible la poursuite des
opérations à l'approche de la mauvaise saison et prend ses
quartiers d'hiver en Thessalie.

Sur le conseil de ses alliés thébains, il en profite pour lancer


d'intenses manœuvres diplomatiques visant à isoler Sparte[133]. Il
tente de convaincre ceux qui craignent l'hégémonie spartiate sur le
Péloponnèse, les ennemis traditionnels des Lacédémoniens :
Argos, Elis et Mantinée. Il passe un accord secret avec les Argiens
pour qu'ils bloquent les renforts des alliés grecs vers l'Isthme. Il
s'efforce également de détacher Athènes du reste de ses alliés en
lui promettant l'hégémonie sur la Grèce et de financer la
reconstruction de la ville détruite. Le roi de Macédoine, Alexandre,
est chargé des négociations. Malgré la haine des Athéniens pour la
Perse, Mardonios peut légitimement espérer un retournement
d'alliance : ils sont fatigués de la guerre, désespérés par la perte de
leurs maisons et leurs biens, exaspérés par leurs alliés qui laissent
l'Attique à la merci des ennemis et se contentent de protéger le
Péloponnèse, et inquiets du monopole spartiate sur le
commandement militaire. Cependant, Alexandre se voit répondre
que « tant que le soleil suivrait son chemin habituel »[134] les
Athéniens ne feraient pas alliance avec le souverain perse.
Inquiets, les Spartiates envoient eux aussi une ambassade afin de
contrer l'argumentation des Perses. Elle est reçue assez

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fraîchement par les Athéniens furieux que l'on puisse douter de leur
détermination. Ils précisent que « le fait d'être Grec, de partager le
même sang et la même langue, d'avoir des sanctuaires et des
sacrifices communs ainsi que des mœurs semblables » leur interdit
la trahison. Enfin, les prêtres athéniens lancent des malédictions
sur tous ceux qui négocieraient avec les Perses ou
abandonneraient l'alliance[135].

Reprise des hostilités[modifier | modifier le code]

Au printemps, Mardonios envahit alors de nouveau l'Attique, qui est


une fois de plus évacuée par ses habitants, réoccupe Athènes et
s'installe en Béotie. Cette fois, peut-être par crainte d'une défection
athénienne, les Spartiates sont décidés à réagir. Pausanias, régent
de Sparte à seulement 20 ans et neveu de Léonidas Ier, partisan
d'une action directe contre Mardonios, est nommé général en chef.
Il parvient à réunir sous ses ordres la plus grande armée grecque
de l'Antiquité[136] : elle comprend des troupes de Sparte, sans
doute 10 000 hoplites et 30 000 à 35 000 supplétifs, plus
8 000 Athéniens et quelques milliers d'hommes venant des autres
cités de Grèce, telles Corinthe, Épidaure, Mégare, Platées,
Trézène, Chalcis, Phlionte, Égine, etc. Les Grecs alignent au total
environ 110 000 hommes dont 60 000 hoplites.

Les Grecs franchissent l'Isthme de Corinthe, arrivent près d'Éleusis


afin de passer en Béotie. Mardonios choisit un emplacement, au
sud de Thèbes près de Platées, qui doit favoriser sa cavalerie[137].

Platées 479 et la mort de Mardonios[modifier | modifier le code]

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Le 27 août 479 av. J.-C., au cours de la bataille de Platées, les


troupes alliées provenant d'au moins 24 cités et dirigées par Sparte
affrontent le gros des forces perses et grecques médisantes.
Mardonios, qui combat en première ligne face aux spartiates, meurt
le crâne fracassé et aussitôt ses troupes se débandent[138]. Tandis
que 40 000 Perses, commandés par Artabaze un rival de
Mardonios, se replient sans combattre et quittent la Grèce, les
fuyards sont massacrés. Au total près de 10 000 Perses et
1 000 Grecs médisants auraient trouvé la mort contre à peine 1 500
du côté des alliés, un énorme butin est pris dans le camp de
Mardonios[139]. Thèbes, alliée des Perses, est prise rapidement et
ses chefs sont exécutés. Il n'y a désormais plus d'armée perse en
Europe.

La contre-attaque grecque : le cap Mycale et le siège de


Sestos[modifier | modifier le code]

La victoire grecque est parachevée par la victoire navale du cap


Mycale, en Ionie (Asie mineure) à l'automne 479, où la flotte
ennemie qui avait été tirée à terre près du mont Mycale est
totalement incendiée. Dans le même temps, de nombreuses cités
soumises aux Perses se révoltent[140].

Les alliés décident ensuite de s'attaquer au pont de bateaux


construit par Xerxès sur le détroit des Dardanelles. Une fois sur
place, ils se rendent compte que les Perses l'ont déjà retiré et se
sont retranchés à Sestos sur la rive européenne du détroit, ville
d'où Xerxès était parti à la conquête de la Grèce trois ans plus tôt.
Les Spartiates et les autres péloponnésiens rentrent alors chez eux
car ils jugent la victoire définitive, tandis que les Athéniens restent

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pour assiéger la ville. Après un siège de plusieurs mois, Sestos est


prise d'assaut, le commandant perse crucifié et les câbles du pont
sont ramenés en triomphe à Athènes[141].

Conséquences et persistance des guerres


médiques[modifier | modifier le code]

Pour les Anciens, comme Thucydide et Hérodote, la prise de


Sestos marque la fin des guerres médiques[142]. En réalité, les
guerres entre Perses et Grecs, mais aussi les alliances et les
échanges, se poursuivirent jusqu'à la conquête d'Alexandre le
Grand en 330 av. J.-C. Cette conquête a été rendue possible par la
naissance du panhellénisme durant les guerres médiques de 490 à
478 qui sont devenues dans l'imaginaire grec le symbole de la lutte
victorieuse de la civilisation contre la barbarie[143].

Les cités grecques qui avaient pris le parti de Xerxès et succombé


au médisme ne furent pas punies, à l'exception de Thèbes qui dut
livrer et laisser exécuter deux de ses chefs les plus impliqués[144].
Le souvenir de ces divisions resta longtemps un sujet de haine
entre Grecs.

Les Athéniens sortirent renforcés de la guerre, et compensèrent la


destruction de leur cité par le butin pris sur les Perses. Ils
exploitèrent leurs victoires dans leur propagande, en élevant le
combat entre Perses et Grecs en duel homérique. Surtout, leur
flotte devint pour 75 ans, jusqu'au désastre d'Aigos Potamos, la
grande puissance de la mer Égée et de la mer Noire[145].

En 477, grâce à cette propagande et cette puissance, Athènes créa


la ligue de Délos regroupant les cités qui voulaient lutter contre le

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danger perse, avec des institutions politiques et militaires


communes sous son hégémonie[146]. Dans un premier temps,
l'alliance multiplia les offensives en soutenant la révolte de l'Égypte
contre Artaxerxès Ier (révolte d'Inaros qui s'acheva par un désastre)
ou en envahissant Chypre en 450[147]. Cependant, Athènes utilisa
aussi la ligue pour accroître son pouvoir en Grèce et elle finit par se
heurter aux intérêts de Sparte, ce qui déboucha sur la guerre du
Péloponnèse[148].

Les Perses, malgré l'échec indéniable de l'invasion, restèrent


encore un empire puissant, objet de crainte et d'admiration par les
Grecs qui continuaient à parler du « grand roi » (Megas Basileus,
Μέγας Βασιλεύς) pour désigner le souverain achéménide. Malgré la
mort de Mardonios et la retraite de leurs troupes, il est même
possible que les Achéménides aient considéré leur offensive
comme une victoire : Xerxès a vaincu les Spartiates aux
Thermopyles, abattu leur roi, rasé Athènes et réduit en esclavage
ceux qui n'avaient pas fui, pillé les temples grecs et rapporté leurs
trésors à Suse[149],[47].

En 449, la paix de Callias fut conclue avec la ligue de Délos.


Pendant plus d'un siècle, par la diplomatie, l'or et l'accueil des
exilés politiques, ils intervinrent avec succès dans les affaires
grecques[150]. Le style de vie et la culture perses furent largement
imités par les Grecs dès les années qui suivirent les guerres
médiques[151], amorce d'une culture commune vouée à une
brillante postérité[152].

L'échec improbable : hypothèses


d'explications[modifier | modifier le code]

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Après la conquête des cités grecques d'Asie par Cyrus,


l'écrasement de leur révolte sous Darius suivi de la soumission de
la mer Égée et de la moitié de la Grèce continentale lors de la
première guerre médique, la soumission de nombreuses cités à
Xerxès et même l'engagement de leurs forces dans son armée au
début de la seconde guerre, il est difficile d'expliquer l'échec de
l'invasion en 479. Même si les Perses avaient un certain nombre de
raisons d'estimer avoir emporté une victoire, la faillite de leur
annexion, leur repli et les raids grecs victorieux sur la côte asiatique
constituent un indiscutable retournement de situation à la mort de
Darius. Les historiens anciens et contemporains se sont beaucoup
interrogés pour savoir comment une trentaine de petites cités ont
pu vaincre un immense empire pourvu d'alliés sur place.

Hérodote avance une raison à la fin de son œuvre : la terre rude et


hostile des Grecs aurait produit un peuple d'hommes libres et
belliqueux, bien meilleurs guerriers que les « esclaves » « mous et
efféminés » d'un empire trop prospère[153]. Simpliste et partiale,
cette idée est cependant en partie reprise par les historiens
militaires contemporains ; Hanson prétend ainsi qu'en « deux
siècles, aucune phalange grecque ne put être vaincue par les
troupes perses »[154], oubliant les victoires perses à Éphèse, aux
Thermopyles et beaucoup d'autres au Ve et IVe siècles av. J.-
C.[155]. La supériorité militaire de la révolution hoplitique mise au
point par les cités grecques est régulièrement avancée par les
auteurs contemporains[156].

Pour Thucydide, c'est l'unité des Grecs qui leur permet de vaincre
les barbares[157]. C'est la même idée que développe un siècle plus
tard Isocrate en appelant les Grecs au panhellénisme, seul moyen

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d'anéantir les Perses[158]. Au XXe siècle, l'historien américain Peter


Green a beaucoup insisté sur ce paramètre dans son ouvrage Les
Guerres médiques[17].

Pierre Briant, historien moderne de la Perse, souligne les erreurs


tactiques commises par Xerxès et Mardonios, en particulier la
mauvaise utilisation de leur cavalerie[159]. Plus déterminant encore
selon lui fut la révolte de Babylone en août 479 qui força les Perses
à combattre sur deux fronts, celui de Babylone étant privilégié car
au centre de leur territoire[160]. Cette révolte serait responsable de
la défaite de Xerxès tout comme la révolte égyptienne empêcha
son père Darius de poursuivre ses conquêtes lors de la première
guerre médique. Le manque de stabilité de l'immense empire
achéménide serait donc son plus grand point faible[151].

La mémoire des guerres médiques[modifier | modifier


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Les guerres médiques deviennent rapidement un sujet littéraire à


Athènes, en premier lieu chez des auteurs tragiques. Les deux
premières pièces de théâtre à traiter de ce sujet sont dues à
Phrynichos, et elles ont été perdues : Le Sac de Milet relatant cet
événement de la Révolte d'Ionie et fut interdite pour avoir trop ému
le public, et Les Phéniciennes qui se déroule pendant une victoire
navale, Salamine ou le Cap Mycale, qui avait Thémistocle pour
chorège[161]. Mais la grande œuvre traitant des guerres médiques
est Les Perses d'Eschyle, qui avait lui-même combattu durant ces

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conflits, et dont le chœur était financé par Périclès. Les guerres


contre les Perses sont donc rapidement devenues des thèmes
dignes d'être traités au même titre que les récits héroïques qui
étaient jusqu'alors les seuls sujets exploités par les auteurs de
théâtre grecs[162]. Mais cela fut de courte durée, car les pièces
écrites par la suite ne prirent pour toile de fond que des récits
mythiques, même si elles avaient un message politique
actualisé[163]. Il n'en reste pas moins que les écrits d'Eschyle,
comme ceux d'Hérodote qui rédige ses Histoires peu après,
permettent de préserver la mémoire de ces conflits et de leur
conférer une dimension épique.

De la même manière, des représentations artistiques des guerres


médiques sont réalisées, alors que d'ordinaire les artistes grecs
privilégient les conflits mythologiques. Dès la première moitié du
Ve siècle de nombreuses poteries attiques montrent des
oppositions entre guerriers grecs et perses[164], et le relief côté sud
du temple d'Athéna Niké de l'Acropole (construit au plus tard dans
les années 430-425) figure un combat entre Grecs et Perses[165].

Par la suite, les guerres médiques restent importantes dans la


mémoire et l'identité d'Athènes. Les politiciens et lettrés de la cité
reconstruisirent progressivement les grandes victoires des guerres
médiques, avant tout celle de Marathon qui fut perçue comme une
véritable bataille légendaire[166]. Dans les luttes politiques du
IVe siècle, elle est une référence incontournable. Elle est invoquée
par les opposants de la démocratie en tant que symbole de la plus
grande valeur d'un régime modéré face à la démocratie plus
ouverte, que représenterait la victoire des rameurs de Salamine,
qui est vue comme la source de l'impérialisme qui aurait mené

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Athènes à la défaite lors de la Guerre du Péloponnèse.


Démosthène l'utilise pour justifier la résistance à Philippe II de
Macédoine, tandis que ses opposants s'en servent pour justifier le
panhellénisme et une expédition contre les Perses.

À l'époque contemporaine, en devenant un topos littéraire intégré


par la culture européenne, les conflits des guerres médiques
servent encore de référence : en Grèce au moment de la guerre
d'indépendance où les Turcs sont assimilés aux Perses, dans le
reste de l'Europe où à plusieurs reprises des pays attaqués se
voient comme les Grecs devant résister à la barbarie et la tyrannie
d'un ennemi qui prend les traits des Perses. Par exemple, les
Français de la période de la Révolution française face à la
Première Coalition, ou les Espagnols faisant face à Napoléon Ier,
ou encore à nouveau les Français au moment de leur rivalité puis
de leur lutte contre l'Allemagne durant la Première Guerre
mondiale[167].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

la Bataille de Marathon

la Bataille des Thermopyles

300

300 : La naissance d'un Empire

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

1. ↑ Sparte est une diarchie.

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2. ↑ L'historien Pierre Briant (Darius : Les Perses et l'Empire, p. 88) se


distingue en considérant que l'armée commandée par Datis était de
« faible ampleur ».

3. ↑ Miltiade est un adversaire résolu d'Hippias, lequel avait fait


assassiner son père.

4. ↑ Sur un total d'environ 30 000 citoyens selon Raoul Lonis (La Cité
dans le monde grec, p. 44).

5. ↑ Selon Plutarque et Lucien de Samosate, c'est à cette occasion


que Phidippidès aurait couru annoncer la nouvelle donnant son
nom au marathon.

6. ↑ Le système démocratique mis en place par Clisthène a moins de


20 ans lors de la bataille de Marathon.

7. ↑ Plutarque affirme que Thémistocle « attira les citoyens d'Athènes


vers la marine en leur assurant que par elle ils parviendront non
seulement à se défendre contre les Barbares mais que plus tard, ils
dicteront la loi aux autres Grecs ».

8. ↑ Les « Portes Chaudes » à cause des sources thermales qui s'y


trouvent.

9. ↑ Dans le monde grec, les armes ont une signification sociale et


politique, les aristocrates combattent à cheval, les petits
propriétaires forment la majorité de la phalange, les pauvres
servent comme rameurs sur les trières, ainsi Platon identifie la
marine à la démocratie.

10. ↑ Ce qui manqua d'arriver à son père Darius lors de sa guerre


contre les Scythes et c'est ainsi que Cyrus II périt lors d'une de ses
conquêtes orientales.

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Références[modifier | modifier le code]

1. ↑ Baslez 2010, p. 83

2. ↑ Mossé 1990, p. 170

3. ↑ Airton Pollini, « Hérodote le père de l'Histoire », Histoire antique


et médiévale 49, juin 2010, p. 14.

4. ↑ Plutarque, Œuvres morales [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], IV,
De la malignité d'Hérodote.

5. ↑ Green 2008, p. 12.

6. ↑ Green 2008, p. 13.

7. ↑ a et b Baslez 2010, p. 89

8. ↑ Airton Pollini, op. cit., pp. 19-21.

9. ↑ a et b Emmanuel Laurentin, Pierre Judet de la Combe, Brigitte Le


Guen et Silvia Milanezi, « La Fabrique de l'Histoire : Théâtre et
histoire », France Culture, 15 juillet 2010.

10. ↑ Briant 1996, p. 14

11. ↑ Ctésias de Cnide, Persica, Ve siècle av. J.-C., texte établi, traduit
et commenté par D. Lenfant, Les Belles Lettres, 2004.

12. ↑ Briant 1996, p. 161

13. ↑ Briant 1996, p. 185-186

14. ↑ Lefèvre 2007, p. 176

15. ↑ Huyse 2005, p. 250

16. ↑ Green 2008, p. 39

17. ↑ a et b Green 2008, p. 17

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18. ↑ Huyse 2005, p. 34

19. ↑ Josette Elayi, Pénétration grecque en Phénicie sous l'Empire


perse, Presses universitaires de Nancy, 1988.

20. ↑ Briant 1996, p. 162

21. ↑ a et b Green 2008, p. 47

22. ↑ a et b Green 2008, p. 46

23. ↑ Hérodote, IV, 141.

24. ↑ a et b Baslez 2010, p. 87

25. ↑ Hérodote, VII, 51.

26. ↑ Briant 1996, p. 46

27. ↑ Hérodote, I, 152.

28. ↑ Huyse 2005, p. 86

29. ↑ Green 2008, p. 49

30. ↑ a et b Briant 1996, p. 165

31. ↑ a et b Kaplan 2010, p. 167

32. ↑ a et b Lefèvre 2007, p. 177

33. ↑ Hérodote, V, 28.

34. ↑ Hérodote, V, 30.

35. ↑ Hérodote, V, 34.

36. ↑ Lefèvre 2007, p. 179

37. ↑ Hérodote, V, 38.

38. ↑ Hérodote, V, 49.

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39. ↑ a b et c Mossé 1990, p. 172

40. ↑ Hanson 2000, p. 82

41. ↑ a et b Briant 1996, p. 160

42. ↑ Green 2008, p. 57

43. ↑ Hérodote, V, 99-103.

44. ↑ Hérodote, V, 122-126.

45. ↑ Briant 1996, p. 167

46. ↑ a b et c Lefèvre 2007, p. 178

47. ↑ a et b Briant 1996, p. 559

48. ↑ Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, X, 25.

49. ↑ Hérodote, VI, 43.

50. ↑ Green 2008, p. 12

51. ↑ Green 2008, p. 67

52. ↑ Thucydide, I, 16.

53. ↑ a et b Kaplan 2010, p. 168

54. ↑ a et b Brun 2009, p. 42

55. ↑ Green 2008, p. 69

56. ↑ Hanson 2000, p. 83

57. ↑ Brun 2009, p. 29

58. ↑ a et b Hérodote, VI, 100-101

59. ↑ Baslez 2010, p. 91

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60. ↑ a b et c Mossé 1990, p. 173

61. ↑ Brun 2009, p. 46

62. ↑ Hérodote, VI, 102-113.

63. ↑ Ducrey 1999, p. 65

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65. ↑ Hérodote, VI, 116.

66. ↑ Brun 2009, p. 200

67. ↑ Ducrey 1999, p. 66

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69. ↑ Huyse 2005, p. 35

70. ↑ Briant 1996, p. 173

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72. ↑ Green 2008, p. 54

73. ↑ Lévêque 1964, p. 333

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75. ↑ Green 2008, p. 114-122

76. ↑ a et b Ctésias, Persica, F13, 27.

77. ↑ Hérodote, Histoires, VII, 60, 87 et 89.

78. ↑ a et b Briant 1996, p. 544

79. ↑ a et b de Souza 2003, p. 41

80. ↑ Victor Davis Hanson, Carnage et Culture: Les grandes batailles


qui ont fait l'Occident, Flammarion, 2002.

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81. ↑ Holland 2006, p. 237

82. ↑ 367 trières selon Ducrey 1999, p. 167

83. ↑ Ducrey 1999, p. 169

84. ↑ (en) Lazenby, The Defence of Greece, Aris & Phillips Ltd., 1993,
p. 29.

85. ↑ Green 2008, p. 77

86. ↑ Hanson 2000, p. 21

87. ↑ Baslez 2010, p. 50

88. ↑ Huyse 2005, p. 89

89. ↑ Briant 1996, p. 207-211

90. ↑ Green 2008, p. 111

91. ↑ Green 2008, p. 134

92. ↑ Green 2008, p. 133-134

93. ↑ a et b Mossé 1990, p. 174

94. ↑ a et b Edmond Lévy, La Grèce au Ve siècle, Point, 1997, p. 38.

95. ↑ Hérodote, VII, 138.

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98. ↑ Baslez 2010, p. 97

99. ↑ Green 2008, p. 68

100. ↑ Green 2008, p. 114-118

101. ↑ Ctésias, Persica, F13, 29.

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103. ↑ Hérodote, VIII, 9.

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106. ↑ Hérodote, VIII, 24-25.

107. ↑ Green 2008, p. 130

108. ↑ Plutarque, Thémistocle, 4.

109. ↑ Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, I, 14.

110. ↑ Hanson 2000, p. 101

111. ↑ Xénophon, Constitution des Lacédémoniens, XIII, 5.

112. ↑ Hérodote, VIII, 2.

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114. ↑ a et b Lefèvre 2007

115. ↑ Green 2008, p. 168

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Corbier, « La Grande Guerre Médique : essai d’une étude de
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

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Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse lire en


ligne [archive], Ve siècle av. J.-C.

Xénophon, Anabase [détail des éditions] [lire en ligne [archive]],


IVe siècle av. J.-C.

Plutarque, Vie des hommes illustres : Thémistocle, Périclès,


Aristide, Cimon(lire en ligne)

Cornelius Nepos, Vies des grands capitaines : Miltiade,


Thémistocle, Cimon (lire en ligne)

Ouvrages contemporains[modifier | modifier le code]

Marie-Claire Amouretti, François Ruzé, Philippe Jockey, Le Monde


grec antique, Hachette-Université, 2008

Marie-Françoise Baslez, Histoire politique du monde grec antique,


Armand Colin, 2010

Pierre Briant, Histoire de l'empire perse, Fayard, 1996

Pierre Briant, Darius : Les Perses et l'Empire, Gallimard,


coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (no 159), 2001

(en) Philip de Souza, The Greek and Persian Wars, 499–386 BC.,
Osprey Publishing, 2003 (ISBN 1-84176-358-6)

Victor Hanson, Les guerres grecques, Autrement, 2000

(en) Tom Holland, Persian Fire: The First World Empire and the
Battle for the West, Abacus, 2006 (ISBN 0-385-51311-9)

Pierre Ducrey, Guerre et guerriers dans la Grèce antique, Hachette


littératures, collection Pluriel, 1999

Patrice Brun, La bataille de Marathon, Larousse, 2009

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Éric Glâtre, Salamine et les guerres médiques, collection « les


grandes batailles de l'Histoire », Socomer, 1990

Peter Green, Les Guerres médiques, Tallandier, 2008

Philip Huyse, La Perse antique, Les Belles Lettres, 2005

Michel Kaplan, Le Monde Grec, Histoire ancienne, Bréal, 2010

François Lefèvre, Histoire du monde grec antique, Le livre de


poche, 2007

Pierre Lévêque, L'aventure grecque, Armand Colin, 1964

Dominique Lenfant (dir.), Les Perses vus par les Grecs. Lire les
sources classiques sur l'empire achéménide, Paris, Armand Colin,
2011 (ISBN 978-2-200-27035-3)

Pierre Lévêque, Pierre Briant, Le monde grec aux temps


classiques. Tome 1, PUF, Nouvelle Clio, 1995

Raoul Lonis, La Cité dans le monde grec, Nathan-Université, 1994

Claude Mossé et Anne Schnapp-Gourbeillon, Précis d’histoire


grecque, Armand Collin, 1990, 372 p. (ISBN 220031292X)

Henri Pigaillem, Salamine et les guerres médiques, Economica,


2004

Maurice Sartre, Histoires grecques, Seuil, 2006

Édouard Will, Le Monde grec et l'Orient, tome I : le Ve siècle,


collection « Peuples et Civilisations », PUF, 1992

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Histoire de la Grèce antique

Achéménides

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Dix Mille

Ligue de Délos

Révolte d'Inaros

Ligue de Corinthe

Armée perse sous Darius III

Liens externes[modifier | modifier le code]

Guerres médiques [archive]

Les grands bouleversements du monde grec, les guerres


médiques [archive]

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