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Cas de synthèse n°1 TROMER

Analyse du contexte
1. Montrez que Jacques Tromer est un entrepreneur au sens de Schumpeter.
Point 1.1 Entreprendre et gérer
La logique entrepreneuriale : une opportunité et une démarche

Pour Schumpeter, l'entrepreneur joue un rôle central dans le système capitaliste, il est animé
par des motivations individuelles de réussite. L'entrepreneur est celui qui met l'économie en
mouvement, celui qui brise la routine et l'habitude. Il amène les autres à se dépasser.
L’entrepreneur se caractérise par la prise de risques, par sa capacité à innover et à
surmonter les résistances ; qualités que possède, depuis toujours, Jacques Tromer.
Il a d’abord repris l’épicerie familiale. Il a été le premier, dans les années 1960, à travailler
avec les enseignes de la grande distribution alors que ses confrères étaient réticents à le
faire. Puis, au cours des années 1980, il a été l'un des premiers à anticiper l’essor de la
sandwicherie. Il est aujourd’hui prêt à lancer un nouveau concept d’enseigne autour du pain.
2. Justifiez le fait que la logique entrepreneuriale prévaut jusqu’à présent dans
cette entreprise.
Point 1.1 Entreprendre et gérer
La logique entrepreneuriale
La logique managériale

L’entreprise Tromer est dominée par une logique entrepreneuriale.


 Jacques Tromer a investi des capitaux personnels dans son affaire et a donc pris
beaucoup de risques financiers.
 Il a recruté directement la plupart de ses collaborateurs.
 Il a défini et mis en œuvre des choix stratégiques audacieux.
 Il n’a pas hésité à créer de nouveaux produits et procédés.
Jacques Tromer a cependant décidé d’ouvrir son capital à des actionnaires exigeants, ce qui
obligera certainement le groupe Tromer à évoluer vers une logique managériale.
3. Les indicateurs choisis par Jacques Tromer pour contrôler l’activité vous
semblent-ils pertinents ? Pour quelles raisons ?
Point 1.2 Finaliser, mobiliser et évaluer
La performance

Un indicateur pertinent est un indicateur qui correspond aux objectifs fixés. Cet indicateur
doit permettre de contrôler l’activité mais surtout de faire progresser l’entreprise. Un
indicateur pertinent est également un indicateur qui doit être accepté par les membres de
l’entreprise et il doit couvrir toutes les dimensions de l’entreprise.
Les indicateurs dont il est question dans la Ressource 1 (CA, marges, salaires…) sont
nécessaires mais pas complètement pertinents, car ils se rapportent tous à l’aspect
économique et financier.
La performance ne se mesure pas uniquement selon des critères économiques, financiers et
quantitatifs, elle doit également être appréhendée par des critères sociaux, organisationnels
et qualitatifs. De ce fait, l’entreprise aura une vision moins réductrice de sa performance.
4. Pourquoi les décisions que Franck Tromer souhaite prendre relèvent du
management stratégique ?
Point 1.2 Finaliser, mobiliser et évaluer
Le management stratégique et le management opérationnel

En voulant rationaliser l’entreprise familiale, en fermant les boutiques déficitaires, en


uniformisant les enseignes, en souhaitant changer les méthodes de management, Franck

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Tromer veut imposer sa vision du devenir de l’entreprise. Après avoir étudié l’environnement
et le potentiel de l’entreprise, il cherche à en déterminer les grandes orientations sur le long
terme et à conduire les changements internes et externes vécus par son entreprise.

Problème de management
5. En quoi le style de direction de Jacques Tromer est-il inadapté ? Quelles en sont
les conséquences ?
Point 1.2 Finaliser, mobiliser et évaluer
La performance
Point 1.3 Diriger et décider
Les styles de direction
Les parties prenantes

Selon la terminologie de Likert, le style de direction de Jacques Tromer peut être qualifié
d’autoritaire paternaliste. En effet, il est autocratique, dirigiste, il intervient dans les moindres
détails, mais reste apprécié d’une partie du personnel qui a suivi l’évolution de l’entreprise
avec lui.
En centralisant les décisions stratégiques (parfois même opérationnelles), l’entreprise s’est
développée de façon anarchique. Les ressources employées ne sont pas utilisées de façon
optimale, l’entreprise n’est pas efficiente. Les indicateurs économiques et financiers du
tableau de bord sont certes nécessaires mais ils ne prennent pas en compte toutes les
dimensions de l’entreprise. Les cadres n’ont pas le sentiment d’œuvrer au management de
leur entreprise mais de le subir.
Enfin, ce style de direction est totalement inadapté à la prise en compte des intérêts des
différentes parties prenantes et, notamment, des actionnaires.

Solutions argumentées
6. Pour chacun des quatre axes du tableau de bord prospectif, vous présenterez les
mesures à prendre pour améliorer le management de l'entreprise Tromer.
Point 1.2 Finaliser, mobiliser et évaluer
La performance

Axe financier
 Satisfaire les actionnaires et communiquer efficacement sur les marchés financiers.
 Agir en direction des autres partenaires financiers (établissements de crédit).
Axe clients
 Prendre des décisions stratégiques censées développer les parts de marché de
l’entreprise et conserver les clients actuels.
 Développer une perception favorable de l’entreprise auprès des clients (satisfaction,
image, valeur-client).
Axe processus internes
 S'interroger sur les processus qui contribuent durablement à assurer un avantage
concurrentiel à l'entreprise.
 Encourager l’innovation.
Axe apprentissage organisationnel
 Adopter un style de direction favorisant la motivation et l’implication des membres de
l’entreprise, condition nécessaire à la performance individuelle et collective.
 Mettre en place des mécanismes qui facilitent l'apprentissage, la diffusion de la
connaissance accumulée au sein de l'entreprise (apprentissage organisationnel).

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7. Pour quelles raisons un mode de gouvernance qui intègre les intérêts des
actionnaires s’avère-t-il nécessaire ? Quelles peuvent en être les modalités ?
Point 1.3 Diriger et décider
Les parties prenantes

La gouvernance de l’entreprise recouvre l’ensemble des mécanismes organisationnels qui


ont pour effet de délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des dirigeants dans un
sens favorable aux attentes de l’ensemble des parties prenantes.
Le régime de gouvernement d'entreprise doit intégrer l'idée que reconnaître les intérêts des
parties prenantes et leur contribution à la réussite à long terme de l'entreprise est dans
l'intérêt même de cette dernière (modèle stakeholder).
Les actionnaires qui sont entrés au capital du groupe Tromer (45 %) ne sont pas satisfaits de
sa rentabilité et des méthodes de management actuelles. Ils souhaitent être associés aux
décisions stratégiques et bénéficier d’une information précise et régulière sur le groupe.
Pour les modalités de mise en œuvre, il est possible d’encadrer les décisions du dirigeant
(Ressource 4) par la mise en place de comités spécialisés : comité stratégie, comité d’audit,
comité de nomination, comité de rémunération… ; ces comités contrôlent la gestion des
dirigeants et leurs stratégies. Dans ce cadre contraignant, Jacques Tromer devra expliquer
et justifier ses choix stratégiques dans une optique de rentabilité pour l’actionnaire.
8. En vous aidant des travaux de Cyert et March ainsi que de ceux de Crozier et
Friedberg, vous proposerez des solutions susceptibles de remédier au
mécontentement des collaborateurs du groupe Tromer.
Point 1.3 Diriger et décider
Les styles de direction
Les parties prenantes

Les collaborateurs, dont les cadres du groupe, ne sont pas associés à la mise au point des
procédures de contrôle (tableau de bord) ; ils éprouvent un certain malaise. Ils subissent
complètement les méthodes de management de Jacques Tromer. La communication est
unilatérale. Ces cadres, selon la terminologie de Crozier et Friedberg, ne veulent plus être
des « agents passifs qui exécutent des consignes » (Ressource 4) mais de véritables
acteurs au sein de l’entreprise.
Ces dysfonctionnements ont été relevés par Franck Tromer, le fils, qui souhaite développer
un véritable mode de gouvernance au sein de l’entreprise familiale. Franck, adepte des idées
de Cyert et March, considère que l’entreprise est composée de groupes d’individus aux
intérêts parfois divergents alors qu’ils aspirent tous à son bon fonctionnement. Des
négociations entre ces groupes doivent mener aux décisions qui représentent le meilleur
compromis possible.
Cela passe, à l'évidence, par un changement du style de direction : un management
consultatif ou un management participatif.
 Le management consultatif se caractérise par une large consultation des collaborateurs et
vise à susciter l’adhésion de tous aux principaux objectifs choisis par la direction.
 Le management participatif est basé sur une grande autonomie laissée aux
collaborateurs ; les objectifs sont négociés en tenant compte des attentes des différentes
parties prenantes.
Des modalités pratiques peuvent être utilisées :
- participation aux décisions stratégiques ;
- intranet ;
- journaux d’entreprise ;
- négociation sociale…

Cas de synthèse n°1 Tromer 3

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