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Un Etat subsidiaire est-il possible au Maroc ?

Par : A. ELMEZIANE, Professeur universitaire

La reconnaissance des torts de l’Etat est une autocritique constructive, il y


a, à ne pas en douter, une injustice décadente, l’ignorer équivaudrait à
s’engouffrer la tête dans le sable tel une vulgaire Autruche, l’aborder de front est
autrement plus courageux et fonde tous les espoirs en un avenir meilleur, celui
que méritent tous les marocains fiers de leur marocanité et qui aspirent à lever la
tête en marchant fièrement sous le soleil.
Quand les vagues de la méditerranée refoulent, avant les Guardia Civils,
nos concitoyens en fleur de l’âge, et quand les épées et les coutelats se dressent
en plein jour dans nos ruelles où sévit la délinquance et où des badauds délaissés
vous harcèlent au quotidien à la recherche d’un pain nu, quand tout cela cohabite
avec les bâtisses haut standing, les chalets et les berlines dernier cri, c’est la
colère et la haine qui prennent le dessus et la légitimité de l’Etat ne s’en trouve
que ternie.
Au Maroc, l’heure est à la vérité, celle qui dérange mais qui fait avancer
sereinement sur le sentier de la prospérité et de la dignité. Nos enfants nous en
avons le plus grand besoin, arrachons-les des griffes du désespoir et des
opportunistes qui marchandent avec la misère et les misérables de ce pays, ce
sont ceux là qu’il faut incriminer, ceux qui ont le corps ici et le cœur ailleurs
hors de ce cher Maroc que nous aimons tous.
Les enjeux sont énormes, le courage l’est aussi, mais il faut reconnaître
qu’un Etat, quel quel soit, est dans l’impossibilité, à lui seul, de faire face à tous
les défis, la société civile est amenée, dans ce cas, à œuvrer de concert avec les
initiatives publiques pour redresser la barre.
Il s’agit, pour cette société civile, de retrousser les manches tout en faisant
démontre d’un attachement indéfectible aux valeurs sacrées du Royaume,
surtout en cette phase fatidique où l’intégrité territoriale du pays est mise à rude
épreuve.
Ce processus est en phase, semble t-il, mais l’Etat marocain aura t-il le
courage de le mener jusqu’au bout?, osera t-il accompagner plutôt que de se
substituer aux initiatives constructives de ses citoyens ?, aura t-il le mérite de
nourrir les réformes en cours plutôt que de les étouffer ?.
La réponse à ces appréhensions constitue la trame d’un Etat garant des
droits civiques et porteur d’un véritable projet de société celui qui construit et
fonde tous les espoirs. L’espoir de voir émerger un Etat subsidiaire moderne,
celui qui vise à promouvoir la citoyenneté d’action tout en restant garant du bien
commun.
La dernière Initiative Nationale pour le Développement Humain, les
chantiers initiés par l’Etat dans tous les secteurs de l’activité économique, la
gouvernance économique dont font preuve de plus en plus gouverneurs et walis,
le formidable travail réalisé par l’Instance équité et réconciliation pour exorciser
le passé des années de plomb sont autant de signaux qui fondent tous les espoirs
en un Maroc meilleur, un Maroc qui fait partout exception par sa géographie,
par son histoire et par la valeur de ses hommes et femmes tous à lui dévoués.