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c u -tr a c k premiers sont courts, sourds, brillants, muets, colorés de telle ou .d o
c u -tr a c k

telle façon, tels enfin qu'ils doivent être pour compléter le sens et
l'harmonie des premiers..... Le reste, ce qui n'a pas été révélé,
trouvé ainsi, les soudures, ce que le poète doit ajouter pour boucher
les trous avec sa main d'artiste et d'ouvrier, est ce qu'on appelle
les chevilles.»

En effet, il faudrait n'avoir jamais analysé des vers, pour ignorer


qu'il n'est pas possible d'en faire d'une manière suivie, sans
chevilles. Dans le travail de rapiécetage, l'essentiel est d'assortir
les morceaux et de déguiser les coutures le mieux qu'on peut.

_6º Le Rythme._

Dans le rythme, il faut tenir compte de deux choses distinctes,


l'accentuation des syllabes et leur quantité (c'est-à-dire leur durée
plus ou moins longue). Pour avoir méconnu ce principe si simple, on a
fait fausse route en France depuis plusieurs siècles. Quelques
indications historiques le montreront.

Après la Renaissance, on chercha naturellement à construire des vers


français d'après le système prosodique des Grecs et des Romains. Le
premier distique français est dû à Jodelle, qui l'a mis en tête des
poésies d'Olivier de Magny, imprimées en 1553. Le voici sans
commentaire:

Phébus, a | mour Cy | pris veut | sauver | nourrir et | orner


Ton vers | et ton | chef | d'ombre, de | flamme, de | fleurs.

Le traité de prosodie le plus estimé au siècle dernier était celui de


l'abbé d'Olivet; la première édition parut en 1736, mais l'auteur
s'empressa de faire une seconde édition considérablement améliorée. Il
n'approuve pas la tentative de Jodelle; mais les résultats auxquels il
est arrivé ne valent guère mieux, comme on peut le voir par la
manière dont il prosodie un vers de Boileau. Pour la facilité
typographique, je marquerai les syllabes longues par -- et les
syllabes brèves par un v:

v -- v -- -- -- v v v v -- --
Soupire, étend les bras, ferme l'œil et s'endort

Malgré les variations de la prononciation française, il n'est pas


possible qu'au temps de Boileau ni à celui de l'abbé d'Olivet, on ait
estropié ainsi la langue.

On peut voir, par l'Encyclopédie, avec quel soin on discutait, au


siècle dernier, tout ce qui concerne la prosodie.

Le traité de Dubroca paraît être un des derniers essais d'une théorie


de la versification fondée sur la quantité des syllabes[14].

[14] Traité de la prononciation des consonnes et des voyelles


finales des mots français dans leur rapport avec les consonnes et
les voyelles initiales des mots suivants, suivi de la prosodie de
la langue française; un volume in-8º, Paris, 1824.

Inutile de dire que les indications prosodiques de l'auteur sont


encore matière à contestation.

Un ancien inspecteur d'académie, J. A. Ducondut, a publié un _Essai de


rythmique française_ (Paris, 1856, chez Michel Lévy), où il y a
d'excellentes remarques pour la musique et sur la versification en
général; mais l'auteur s'égare à son tour. Il donne une centaine de