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Bataille de Koursk — Wikipédia


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La bataille de Koursk oppose du 5 juillet au 23 août 1943 les


forces allemandes aux forces soviétiques sur un immense saillant
de 23 000 km2 situé au sud-ouest de la Russie, à la limite de
l'Ukraine, entre Orel au nord et Belgorod au sud.

Alors qu'il est communément admis que la bataille de Stalingrad


(17 juillet 1942 - 2 février 1943, soit 6 mois et 16 jours), représente
le véritable tournant de la Seconde Guerre mondiale en Europe, le
« début de la fin » pour la Wehrmacht et la mise en route de
l'avancée irrésistible du « rouleau-compresseur » soviétique jusqu'à
Berlin, la bataille de Koursk n'est perçue comme un tournant dans
le conflit qu'à partir des années 1950, alors que Khrouchtchev,
membre du conseil de guerre du front de Voronej pendant la
bataille, exerce un certain nombre de responsabilités en URSS[1].
De plus, cette bataille nuance la thèse du rouleau compresseur
soviétique jusqu'à Berlin : le premier semestre de l'année 1943
constitue en fait sur le front russe une phase d'équilibre, de
récupération et de préparation à l'ultime tentative du Troisième
Reich de reprendre l'initiative contre l'Armée rouge après ses
échecs successifs devant Moscou et Stalingrad.

Pour l'Oberkommando der Wehrmacht (OKW), le haut-

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commandement de la Wehrmacht, son nom de code est opération


Citadelle[2]. Elle va se solder par un nouvel échec pour le Reich.
Trois armées allemandes regroupant 900 000 hommes[3] soit
50 divisions dont 19 blindées et motorisées (plus 20 divisions de
réserve), 10 000 canons et mortiers[4], plus de 2 000 avions[4] et
2 700 chars[4] se lancent à l’assaut de deux armées blindées
soviétiques épaulées de 4 corps blindés[5] comptant 3 300 chars[6]
et d’une armée d’infanterie regroupant 1,337 million d’hommes,
19 300 canons et mortiers[5] ; soit au total 2 millions de combattants
soviétiques sur un front long de 270 km. Le Reich y engage
2 000 avions dont les 1 800 avions des 4e et 6e flottes aériennes et
plus de 50 % de ses blindés disponibles. Le général Erfurth ira
même jusqu'à déclarer que « tout le potentiel offensif que
l'Allemagne avait pu rassembler fut jeté dans l'opération
Citadelle. »[7].

Bien qu'y ayant engagé l’essentiel et le meilleur de ses forces


disponibles, la Wehrmacht se heurte à une défense soviétique
solide, bien organisée et opiniâtre qu'elle ne parvient pas à percer
malgré l'ampleur considérable des moyens engagés ; elle subit de
lourdes pertes. L'Armée rouge, malgré des pertes beaucoup plus
importantes[8], dispose de réserves stratégiques et lance deux
contre-offensives de part et d'autre du saillant de Koursk,
l’opération Koutouzov et l’opération Rumyantsev. Ces contre-
attaques rejettent la Wehrmacht sur ses lignes de départ et
permettent la libération de deux villes stratégiquement importantes,
Orel et Kharkov.

L'issue de cet affrontement gigantesque fut, par la suite, exagérée

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par la propagande soviétique et minorée par la propagande nazie.

Après cette bataille, fin août 1943, il apparaît que l'Allemagne a


probablement déjà perdu la Seconde Guerre mondiale.

La suite confirme cette impression : après cette défaite, la


Wehrmacht ne parvint plus jamais à reprendre l'offensive sur le
front de l'Est. Elle subit dès lors une poussée continue, parsemée
de défaites successives, qui allait conduire à la reconquête du
territoire soviétique sous occupation nazie, à la traversée de la
Pologne par l'Armée rouge et enfin à la prise de Berlin.

Situation[modifier | modifier le code]

Le front de l'Est au moment de la bataille de Koursk.

jusqu'au 18 mars 1943 : destruction d'une première percée


soviétique qui finit avec la troisième bataille de Kharkov

jusqu'au 1er août 1943 : avancée allemande sur Koursk

La guerre à l'est vient d'entrer dans sa troisième année. Les deux


précédentes ont été marquées par le même schéma : une offensive
des forces de l'Axe pendant la belle saison, durant laquelle les
Allemands peuvent exploiter la supériorité tactique de leurs forces,
plus capables de mettre en œuvre la coordination nécessaire entre

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les différentes armes, pour réaliser les opérations connues sous le


nom de Blitzkrieg. Les Soviétiques, moins mobiles, se retrouvent
alors obligés de céder du terrain pour gagner du temps et
constituer des réserves, en attendant que l'offensive allemande
marque le pas avec l'arrivée de l'hiver. Des conditions climatiques
rigoureuses et l'état des routes réduisent l'avantage tactique des
Allemands en termes de mobilité. L'Armée rouge peut alors ralentir
ou bloquer la progression de l'invasion allemande et passer à son
tour à l'offensive en profitant des qualités combattantes de son
infanterie. L'année 1941 est catastrophique pour l'Armée rouge,
mal organisée, mal commandée, et prise au dépourvu par la
déferlante de l'attaque allemande. Pour ces raisons, elle subit
pendant l'été 1941 des pertes colossales lors de l'opération
Barbarossa. Mais, contrairement aux prévisions des dirigeants du
Reich nazi, elle ne s'effondre pas et, renforcée par des troupes
d'Extrême-Orient, elle parvient à enrayer l'attaque allemande lors
de la bataille de Moscou, passant à la contre-offensive. Cependant,
mal dirigée et trop ambitieuse, celle-ci s'enlise assez rapidement et
provoque de lourdes pertes, donnant à l'armée allemande la
possibilité d'attaquer de nouveau au printemps 1942.

Les Allemands choisissent de mener une offensive plus localisée


que l'année précédente, en concentrant leurs forces sur le sud du
front, pour y chercher la décision, et en restant sur la défensive sur
le reste du front évitant la direction générale de Moscou où attend
le plus gros des forces soviétiques. L'avancée en territoire
soviétique est considérable en 1942 du fait de la surprise initiale de
l'invasion de juin. Mais, par rapport à 1941, les pertes soviétiques
sont moindres. La Stavka peut repositionner ses forces avant
d'anéantir une armée allemande au complet, la VIe commandée par

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l'éphémère Feldmarschall Paulus, lui-même fait prisonnier lors de


la bataille de Stalingrad[9]. Tous les gains allemands de l'été sont
reconquis et la VIe armée doit capituler. Mais cette victoire
soviétique est suivie d'une contre-offensive généralisée qui, là
encore, pèche par excès d'optimisme. En effet, la Stavka veut aller
plus loin, en enfermant les forces en cours de repli du Caucase et
en attaquant le groupe d'armées Centre. Les troupes soviétiques
sont poussées en avant, sans considération de l'épuisement des
unités et des difficultés logistiques. Habilement, Erich von Manstein
profite de l'occasion et après avoir économisé ses forces en
raccourcissant son front, contre-attaque dans la région de Kharkov,
infligeant à l'Armée rouge une sévère défaite en février et mars
1943 (troisième bataille de Kharkov)[10]. Avec l'arrivée de la saison
des boues, la raspoutitsa, le front se stabilise alors sur une ligne
partant de Léningrad au nord jusqu'à Rostov au sud. Au centre se
trouve un profond saillant de 200 km de largeur et de 150 km de
profondeur, entre la position avancée allemande d'Orel au nord et
la prise récente de Manstein, Kharkov, au sud. Les deux état-
majors sont alors très divisés sur l'opportunité d'une attaque et sur
la localisation de celle-ci.

Plans et préparatifs allemands[modifier | modifier le code]

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Le commandement allemand est conscient, après l'échec de la


bataille de Moscou et le désastre de Stalingrad, qu'une victoire
militaire globale sur l'Union soviétique est désormais impossible
compte tenu de l'ampleur des pertes du Troisième Reich sur le front
soviétique depuis juin 1941, les effectifs de la Wehrmacht ne
pouvant désormais plus y suffire. Par ailleurs, l'effet de surprise de
l'invasion de juin 1941 a disparu, et portée par la mobilisation totale
de la « Grande Guerre patriotique », l'industrie de guerre soviétique
ne cesse de monter en puissance. Il convient désormais
d'économiser des troupes et de gagner du temps, en espérant
forcer l'un ou l'autre des Alliés à une paix séparée. À l'est, on
décide de s'inspirer de la construction de la ligne Hindenburg sur le
front de l'Ouest de 1918 et on commence la construction d'une
série d'ouvrages défensifs connue en tant que ligne Panther-
Wotan[11], où la Wehrmacht va se retrancher jusqu'à la fin de
l'année 1943. Cependant, compte tenu du potentiel militaire
soviétique qui ne cesse de se développer depuis 1941, le front se
prête mal à une stratégie défensive de longue haleine, et il est
nécessaire de la rectifier, dès que la météo permettra de nouveau
les opérations mobiles.

Des débats de fond agitent l'état-major allemand, autour de la


priorité qui doit commander la future offensive : la puissance ou le
temps, soit privilégier une attaque différée avec de nouveaux chars
lourds ou une attaque rapide avec les chars en service depuis
plusieurs années[12].

Erich von Manstein est partisan d'une attaque rapide en direction

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de Koursk, dès que le temps le permettra. Il veut surprendre et


détruire les nombreuses forces soviétiques présentes dans le
saillant du même nom, car ce sont les troupes qui ont le plus
souffert lors des derniers mois, avant que celles-ci n'aient le temps
de consolider leurs positions[13]. Cette avancée soviétique sur le
front ennemi, à la jonction du groupe d'armées Centre et du groupe
d'armées Sud allemands, pourrait être coupée par un mouvement
de pince à sa base. De nombreuses forces soviétiques — près d'un
cinquième des ressources humaines de l'Armée rouge finit par y
être stationnée —, pourraient être détruites et le front raccourci de
manière significative. De plus, on s'emparerait de nouveau du
nœud ferroviaire stratégique situé sur la principale ligne Nord-Sud
allant de Rostov à Moscou[14]. On compliquerait ainsi les
mouvements des réserves soviétiques vers le sud. En mars, les
plans étaient décidés. La 9e armée de Walther Model attaquerait au
nord depuis Orel, pendant que la 4e armée panzer de Hoth et le
détachement de Kempf sous le commandement global de Manstein
attaqueraient du sud depuis Kharkov, traversant le front de Voronej
afin d'opérer une jonction avec la 9e armée à hauteur de Koursk[15].
Cependant, si l'offensive se déroulait bien, les deux armées étaient
autorisées à continuer en suivant leur propre initiative, avec pour
objectif général de créer une nouvelle ligne sur le Don, loin vers
l'est. Cette offensive, nommée opération Citadelle[15], devait être
déclenchée dès que l'état du terrain le permettrait (après la
raspoutitsa, la période des mauvaises routes dues à la pluie).
Guderian et Model, par contre, appuyés par Speer, proposent de
mener une offensive suffisamment puissante pour pouvoir percer
les défenses soviétiques, basée sur l'arrivée massive de chars

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Panther remaniés et de chars lourds Tigre et Ferdinand[16].

L’assaut fut préparé avec un très grand soin par les généraux
allemands, qui accordèrent une attention particulière au terrain et
au système défensif des Soviétiques. Selon le général allemand
Mellenthin, qui souligne qu’« aucune offensive n'avait jamais été
préparée avec plus de soin que celle-là »[17], chaque mètre carré
avait en effet été photographié d'avion.

Il apparut rapidement, au vu des reconnaissances aériennes, que


l'état-major soviétique avait anticipé cette attaque et
considérablement renforcé ses défenses. L'attaque se
transformerait en un assaut en règle de positions fortifiées. L'état
des forces d'invasion ne permettait pas le succès d'une telle
opération et on décida d'en retarder le déclenchement pour
renforcer les unités engagées. D'abord prévu pour le 1er mai,
l'assaut fut retardé jusqu'au 12 juin, puis finalement au 4 juillet afin
de disposer de nouvelles armes, en particulier des nouveaux chars
Tigre et Panther[15]. À l'inverse des dernières entreprises, Hitler
donna au quartier général un contrôle considérable sur la
planification de la bataille. Pendant les quelques semaines
suivantes, il continua à accroître les forces attachées au front,
retirant sur l'ensemble des lignes allemandes tout ce qui pouvait
être utile à la confrontation prochaine. Contrairement aux offensives
précédentes, l'effet de surprise, même au niveau tactique, n'est
plus recherché, ce qui contredit les fondements de la Blitzkrieg, la
Stavka connaissant le lieu de l'attaque et s'y préparant. L'opération
Zitadelle prévue par l'OKW était l'antithèse de ce concept. Le point
de l'attaque était grandement prévisible pour toute personne
disposant d'une carte et reflétait une logique issue de la Première

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Guerre mondiale. Plusieurs commandants allemands soulevèrent


la question, notamment Heinz Guderian, qui demanda à Hitler :
« Est-il nécessaire d'attaquer Koursk, et par principe dans l'Est
cette année ? Pensez-vous seulement que quelqu'un sait où est
Koursk ? » Étonnamment, Hitler répondit : « Je sais. Cette pensée
me retourne l'estomac. »[14]

Manstein, attaché à l'idée de surprise maintenant compromise,


propose une autre approche. Elle s'appuie sur les mêmes principes
qui ont conduit au désastre de l'Armée rouge à Kharkov. Il s'agit de
provoquer l'attaque des Soviétiques, puis de lancer une contre-
offensive quand celle-ci sera trop avancée. La région choisie est le
centre industriel du Donetsk, dont la richesse constitue un appât de
choix. Von Manstein compte y attirer un maximum de forces
soviétiques, puis les couper de leurs arrières en faisant mouvement
à partir de Kharkov sur la rive orientale du Donets vers Rostov, au
sud, piégeant la totalité de l'aile sud de l'Armée rouge contre la mer
d'Azov. L'avantage ainsi acquis serait alors utilisé pour mettre en
place un front défendable. Ce plan a cependant l'inconvénient de
laisser l'initiative à l'Armée rouge, un précédent préjudiciable au
moral du Troisième Reich et à sa propagande, ce qui va motiver
son rejet. Craignant une contre-attaque sur le flanc des unités
d'attaque par le front de la steppe, réserve soviétique déployée à la
base du saillant, il proposa alors une variante de l'opération où l'on
attaquerait d'abord ce dernier, en réalisant l'encerclement, plus en
arrière de Koursk. Mais, craignant que ses moyens soient trop
faibles pour une opération en profondeur, l'OKH préféra s'en tenir
au plan initial.

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Panzer IV en concentration dans les plaines devant le saillant de


Koursk, le 21 juin 1943.

Les troupes allemandes mettaient en ligne deux cents exemplaires


de leur nouveau char Panther, 90 chasseurs de chars Ferdinand,
tous leurs avions d'attaque au sol Henschel Hs 129, les Tigre I et le
modèle récent du Panzer IV. Au total, une cinquantaine de divisions
allemandes (comptant 900 000 hommes), dont quatorze blindées et
deux motorisées, furent rassemblées pour cet assaut, comptant
2 700 chars, 2 500 avions ainsi que 10 000 pièces d'artillerie[18].
C'était la plus grande concentration de puissance militaire
allemande jamais réalisée.

Plans et préparatifs soviétiques[modifier | modifier le code]

Du côté soviétique, on est également partagé sur la conduite à


tenir. Staline et une partie des officiers de la Stavka veulent frapper
les premiers, car ils pensent que l'expérience a montré que l'on ne
pouvait s'opposer à une offensive estivale allemande, une fois
celle-ci déclenchée. Ils préfèrent donc prendre les devants en
attaquant frontalement à Orel et Kharkov pour exploiter la situation
en direction des marais du Pripiat. Beaucoup d'officiers soviétiques
sont plus confiants en la capacité de l'Armée rouge à résister grâce

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aux progrès réalisés dans les tactiques défensives. Ils préfèrent


attendre que les Allemands s'épuisent dans leur attaque pour
bénéficier ensuite d'une nette supériorité quand ils passeraient à
l'offensive générale, opération que les déficiences encore
présentes dans la logistique risquent de transformer en défaite
coûteuse. Le lieu d'attaque n'est pas un mystère pour les
Soviétiques, Joukov ayant prédit dès le mois d'avril une attaque sur
le saillant. Par la suite, les rapports de renseignement du « réseau
Lucy » opérant en Suisse, et d'autres sources comme les
décryptages réalisés par les Britanniques et les Américains des
codes Enigma, confortent cette intuition, ne laissant aucun doute
sur les intentions de l'ennemi. Cette position prudente finit par
emporter la discussion et les Soviétiques prennent un soin
particulier à la préparation d'une défense échelonnée dans la
profondeur et à masser des forces nombreuses dans le saillant.

Pendant les quatre mois de répit accordés par le retard des


Allemands, l'Armée rouge disposa plus de 400 000 mines et creusa
environ 5 000 kilomètres de tranchées, avec des positions parfois
reculées de 175 kilomètres[19]. On met l'accent sur la lutte
antichars avec la création à tous les échelons de commandement
d'unités spécialisées dans cette tâche, regroupant à la fois des
canons antichars, mais aussi des sapeurs et des unités mobiles.
Malgré tout, le commandement soviétique est inquiet, se
remémorant avec quelle facilité les Allemands ont autrefois percé
leurs lignes. Il déploie donc de nombreux renforts pour contre-
attaquer, si nécessaire, ce qui lui permettra de bénéficier
globalement d'une supériorité aussi bien en hommes qu'en
matériel. Cent trente mille hommes, 3 600 chars, 20 000 pièces
d'artillerie et 2 400 avions (dont les redoutables Yakovlev Yak-9 et

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Iliouchine Il-2 spécialisés en attaque antichar) attendaient les


troupes allemandes dans et derrière le saillant[15]. Sans oublier le
grand nombre de dispositifs de mines installés avant la bataille : les
rapports font état de 503 993 mines anti-tanks et de 439 348 mines
antipersonnel.

Une grande partie des renforts était regroupée au sein du front de


la steppe qui fermait la base du saillant. Ces renforts étaient
composés de deux armées, la 5e armée blindée de la Garde ainsi
que d'un groupe d'assaut sous les ordres du général Koniev[20].
Ces forces devaient éventuellement participer à la défense, si
l'attaque ennemie devenait menaçante, mais attendaient surtout
que l'on estime la Wehrmacht battue, pour être lancées dans une
contre-offensive généralisée. L'Armée rouge recruta également en
masse des femmes dans ses unités de combat, notamment dans
l'infanterie, les chars, la flotte aérienne ainsi que dans des postes
de soutien tels que les équipes médicales ou le décryptage des
signaux ennemis[2].

Tactiquement, la défense s'appuyait sur des corps d'infanterie,


chacun fort de trois divisions de fusiliers. Ces unités se
répartissaient sur les deux premières lignes de défense situées sur
vingt kilomètres en profondeur. Deux divisions, dans la ligne de
défense principale, constituaient le premier échelon, la troisième
occupant les positions de la seconde ligne et formant le second

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échelon. L'unité de base de ces lignes était la zone de défense de


bataillon, un carré de deux kilomètres de côté qui comprenait un
ensemble complexe de points d'appui, de l'ordre d'une compagnie
ou d'une section, se couvrant mutuellement. Deux ou trois
tranchées reliaient ces points d'appui, la première garnie de
mitrailleuses et d'armes antichars et protégée par un réseau de
barbelés et un champ de mines. Les autres abritaient les armes
d'appui comme des mortiers ou des canons d'infanterie. La
seconde était placée deux cents mètres en arrière et la troisième,
quand elle existait, un kilomètre plus loin. Des positions de tir
alternatives étaient prévues sur les flancs en cas de percée dans le
secteur des unités voisines, et des boyaux reliaient à plusieurs
endroits les tranchées de combat pour permettre l'acheminement
de renforts, du ravitaillement et un éventuel repli sur les positions à
l'arrière. Quinze kilomètres derrière la zone tactique, une troisième
ligne de défense était organisée, partiellement occupée par des
troupes du second échelon. Elle constituait la dernière ligne
défensive, les troupes survivantes défendant la zone tactique s'y
retireraient et, rejointes par des renforts, y poursuivraient encore la
lutte. Derrière la zone de défense de l'armée, il existait encore trois
lignes de défense dites de front où étaient basés les renforts. Pour
clôturer ce formidable dispositif, le front de la steppe avait établi sa
ligne de défense à la base du saillant, qui était de plus doublée par
une ligne dite d'état, construite sur la rive est du Don[2].

Outre les champs de mines posées avant la bataille, on généralisa


les détachements mobiles d'obstacle, constitués par une
compagnie ou un bataillon de sapeurs. Testés auparavant avec des
fourgons hippomobiles à Koursk, ces derniers disposaient enfin de
nombreux camions, en particulier ceux fournis par les accords de

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prêt-bail américains. Leur mission était de miner le terrain sur le


front prévu d'une offensive imminente. Bien que cette tactique fût
risquée pour les sapeurs, et que les mines fussent alors rarement
enterrées, ces opérations se révélèrent très fructueuses. Le
général Tislin[Qui ?] affirmera que les deux tiers des chars détruits
par les mines le furent par des mines posées par ces
détachements. Cette tactique devint donc caractéristique du génie
soviétique qui insistera alors, tirant les leçons de Koursk, sur
l'importance des champs de mines. Outre leur rôle dans l'action
défensive, ils pouvaient servir lors de phases offensives pour
protéger les flancs.

L'opération Zitadelle[modifier | modifier le code]

Les opérations terrestres commencent avec le lancement de


l'opération Zitadelle. Le nouveau char Panther photographié ici fut

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employé pour la première fois à Koursk, constituant le fer de lance


de l'assaut allemand.

Après quatre mois de préparation et plusieurs ajournements[21], le


4 juillet 1943, l'armée allemande déclenche les premiers combats
sur le flanc sud du saillant, en attaquant les avant-postes
soviétiques pour préparer l'assaut général du lendemain, à coups
de canons et bombardements[2]. Ceux-ci étant situés sur de petites
collines ayant des vues sur les zones de rassemblement des unités
allemandes, toute possibilité de surprise était exclue. Le IIIe
Panzerkorps du général Hoth attaque les positions autour de
Zavidovka. La Panzergrenadier-Division Großdeutschland,
appuyée par 3 Panzer-Divisions, attaque Boutovo sous une pluie
torrentielle, tandis que la 11e Panzer-Division fait mouvement vers
les hauteurs autour de la ville. À l'ouest de Boutovo, la
Grossdeutschland et la 3e Panzerdivision rencontrent une
résistance acharnée des Soviétiques et ne sécurisent pas leurs
objectifs avant minuit. Le 2e SS-Panzerkorps attaque les postes
d'observation avancés et rencontre lui aussi une défense solide qui
nécessite de réduire les bunkers au lance-flamme. Sur le flanc
nord, en cours d'après-midi, les Junkers Ju 87 Stuka bombardent
pendant dix minutes une portion du front de trois kilomètres. Leur
action est alors suivie par un tir de préparation massif d'artillerie.

À la suite d'un décryptage des informations secrètes de l'armée


allemande effectué par les services secrets britanniques, les
services secrets russes réussissent à extraire ces informations et
informent Staline, qui avertit les généraux soviétiques Nikolaï
Vatoutine et Konstantin Rokossovski de l'heure exacte de l'attaque
prévue par les Allemands[22]. Ainsi, à 22 h 30, l'Armée rouge

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déclenche un tir d'artillerie massif pour essayer de désorganiser


l'attaque allemande[2]. Sur le flanc nord, cette opération visant
l'artillerie adverse est particulièrement efficace, puisque près de la
moitié de l'artillerie allemande est touchée par le tir de contre-
batterie. Mais elle eut une influence bien moindre le lendemain. Au
sud, Joukov reconnut par la suite que le tir fut déclenché trop tôt,
manquant en grande partie les unités allemandes d'infanterie et de
blindés visées, qui n'étaient pas encore sorties de leur zones de
regroupement à l'arrière. Les pertes allemandes furent donc faibles,
mais la contre-préparation soviétique provoqua néanmoins un
retard de quelques heures dans le déploiement des troupes
allemandes et donc de l'attaque.

La vraie bataille débute le lendemain. La VVS (Armée de l'air


soviétique) attaque massivement les bases de la Luftwaffe dans la
zone, pour la contrer dans sa tactique habituelle d'obtention de la
supériorité aérienne. Les quelques heures suivantes peuvent être
considérées comme le plus grand combat aérien de l'Histoire, à
égalité avec l'ensemble de la bataille d'Angleterre. L'installation,
près des aérodromes allemands de radars de détection Freya
permet à la chasse allemande de décoller à temps pour intercepter
les vagues d'appareils soviétiques (rien que pour le nord du
saillant, la Luftwaffe revendique 10 appareils perdus pour une
centaine de victoires). Mais le manque de stocks d'essence
empêche la Luftwaffe d'appuyer les troupes au sol sur l'ensemble
du secteur d'attaque. Elle n'a donc jamais pu balayer sa rivale du
ciel au-dessus du champ de bataille.

Enlisement rapide au nord[modifier | modifier le code]

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Réparation d'une chenille sur un char Tigre I.

La 9e armée de Walter Model engagée sur le front nord se trouve


presque incapable d’avancer dès le premier jour, n'atteignant aucun
des objectifs prévus. Son attaque, visant la ville et la gare de
Ponyri[23], sur un front large de 45 km, ayant été correctement
anticipée par l'état-major du front central du maréchal Rokossovski,
elle se retrouve au milieu de gigantesques champs de mines
défensifs, protégés par des tirs d'infanterie et d'artillerie[24]. Les
unités de sapeurs qui travaillent à dégager des cheminements
subissent alors de lourdes pertes et ce malgré l'emploi de véhicules
filoguidés Goliath. Ces mines provoquent de nombreuses mises
hors service de véhicules, par exemple, la 653e Schwere
PanzerJägerAbteilung eut 37 de ses 49 Ferdinand déchenillés
dans la journée du 5 juillet 1943. Ces pertes ne sont, pour la
plupart, pas définitives car les véhicules simplement immobilisés
peuvent être réparés. Mais il en résulte un affaiblissement constant
des forces participant à l'assaut. Ces dernières s'essoufflent très
vite. L'avance ne fut que de 5 kilomètres sur un front de 40 le
premier jour, puis de 4 le second. À partir du 7 juillet, le front
d'attaque fut fortement réduit, avec seulement 15 kilomètres, et
passa à 2 kilomètres les deux jours suivants. Mais l'attaque piétina
de plus belle et plus jamais une avance supérieure à 2 kilomètres
ne fut enregistrée. Le 10 juillet 1943, l'attaque marqua le pas,
n'ayant avancé que de dix kilomètres dans le dispositif soviétique[7]
et n'ayant qu'à peine entamé la seconde ceinture défensive de

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celui-ci.

D'un point de vue opérationnel la zone de combat principale


s'échelonne entre les villages de Ponyri à l'est et Teploïe à l'ouest.
Ils opposent particulièrement :

- à l'ouest, le XLVIe Panzer Korps et la 70e armée ;


- au centre, le XLVIIe Panzer Korps et le 29e corps puis le
17e corps de la garde ;
- à l'est, le XLIe Panzer Korps et le 29e corps puis le 18e corps
de la garde.

L'échec de cette offensive a plusieurs causes. L'une est


paradoxale : bien que la 9e armée soit la plus faible des deux
parties de la tenaille allemande, les Soviétiques l'ont par erreur
anticipée comme l'attaque principale et avaient déployé leurs forces
en conséquence. Autre raison de cet échec, la 13e armée
soviétique, qui supporte le gros de cet assaut, a fait le choix,
contrairement aux unités du flanc sud, de défendre de façon
prioritaire la zone tactique, soit les vingt premiers kilomètres dans
la profondeur. Ce choix, bien que laissant peu d'unités pour couvrir
les lignes de défense suivantes, semble s'être révélé bien plus
payant, la défense étant souvent en surnombre sur les points
décisifs. Les Allemands ayant perdu 300 PzKpfW III et PzKpfW IV,
une demi-douzaine de Tigres et une cinquantaine de chasseurs de
chars, se retrouvent ainsi complètement exsangues et incapables
de poursuivre leur avance.

Le 12 juillet 1943, l'Armée rouge déclenche sa contre-offensive


contre les 2e et 9e armées dans le saillant d'Orel[25]. Dépassée en

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effectifs et en puissance, la Wehrmacht doit évacuer rapidement la


zone et donc abandonner la face nord du saillant de Koursk,
pressée de près par les unités d'assaut soviétiques appuyées par
leur aviation. Le ratio global de pertes de ces opérations est
toujours en faveur des Allemands, mais seulement de trois pour
cinq, très inférieur donc aux opérations précédentes et très
insuffisant pour compenser la supériorité grandissante de l'Armée
rouge en blindés, en artillerie et en avions. Ajouté au recul territorial
et à la perte d'Orel, c'est donc un échec retentissant que subit la
Wehrmacht dans la partie nord de l'opération.

Le passage à l'offensive des défenseurs de l'Armée rouge, au nord,


intervient très tôt dans la bataille, sans presque aucune transition,
dès le 12 juillet. Ce jour, les deux fronts plus au nord du dispositif,
le Front de Briansk et celui de l'Ouest, déclenchent une offensive
concentrique, l'opération Koutouzov, en direction d'Orel[26]. Le 15
juillet 1943, après s'être réorganisé, le front du Centre se joint à
l'attaque et les Allemands, attaqués sur trois côtés, durent battre en
retraite précipitamment sur la ligne Hagen le 26 juillet, afin
notamment de préserver leurs forces d'Orel[7], et durent alors
envoyer des renforts à partir du sud.

Les combats durent jusqu'au 18 août. Bien que plus coûteux pour
les Soviétiques, ces combats leur permettent de libérer Orel et
constituent les premiers succès de cette armée en période estivale.
Ils permettent la libération de Smolensk le 25 septembre 1943[27].

Sur le front sud[modifier | modifier le code]

Opérations préliminaires[modifier | modifier le code]

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L'avance allemande sur le flanc sud.

Au sud du saillant, les circonstances sont beaucoup plus favorables


aux Allemands. Le front de Voronej qui leur fait face est moins
puissant que le front central du fait de l'erreur d'appréciation de la
Stavka, et il est attaqué par les meilleures unités de la Wehrmacht
et de la Waffen-SS. Le premier jour, quatorze divisions y sont
envoyées dont cinq d'infanterie, huit de panzers et une dernière
motorisée[7]. De plus, les Soviétiques n'ont pas pu identifier le
secteur exact de l'attaque allemande et ont donc dû répartir leurs
forces de façon plus régulière et échelonnée sur la profondeur. La
progression allemande est donc plus importante et la menace d'une
percée décisive se profile rapidement. L'attaque est menée par
deux armées allemandes sur deux axes. La poussée principale est
réalisée par la 4e Panzerarmee du général Hoth forte de onze
divisions dont six mécanisées. Elle vise la petite ville d'Oboïan, qui
est le trajet le plus direct pour atteindre Koursk[28]. Sur sa droite, le
détachement d'armée du général Kempf, parti de la région de
Belgorod, attaque lui sur l'autre rive de la rivière Donets, en
direction du nord, tandis que le Corps Raus attaque sur la rive
droite[29]. Von Manstein décide, contrairement à Model, de pousser
ses unités blindées dès le premier jour pour rompre au plus vite. La
surprise, déjà compromise par la capture de prisonniers, est encore

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atténuée sur le front sud par l'opération préliminaire menée au


cours de la journée du 4 juillet contre les avant-postes de la
6e armée de la Garde, faisant face au 48e Panzerkorps. Ces avant-
postes, placés sur des petites collines basses avec vue sur les
zones de regroupement allemandes, rendaient toute surprise
impossible. Le général Knobelsdorff, commandant le corps, décida
donc de s'en emparer la veille de l'offensive générale, car ils
avaient aussi l'inconvénient de lui dissimuler la première ligne
soviétique.

Après l'ouverture de couloirs dans les champs de mines dans la


nuit du 3 au 4 juillet, un bombardement par cent Ju87D à 14 h 45 et
une courte préparation d'artillerie, les régiments d'infanterie des 3e
et 11e Panzerdivisions ainsi que ceux de la division
Grossdeutschland attaquent ces positions, avec le concours
d'unités du 52e Armeekorps sur sa gauche et du 2e Panzerkorps
SS sur sa droite. Le 199e régiment de fusiliers de la Garde, qui
défend les avant-postes, résiste quelque temps, mais évacue à la
tombée du jour vers la ligne de défense principale. Le
48e Panzerkorps s'empare des postes d'observation, positions
importantes et favorables pour attaquer l'ennemi[2]. Cependant,
toute chance de surprise tactique s'est envolée. Vatoutine conclut
donc, avec raison, qu'il a à faire face à une attaque en direction
d'Oboïan avec une attaque secondaire à partir de Belgorod. À 2 h
du matin, dix minutes avant l'attaque prévue par les Allemands, il
déclenche lui aussi, comme Rokossovski, une contre-préparation
de plusieurs heures[2] à l'aide de son artillerie mais, du fait de sa
situation différente, choisit de cibler prioritairement les
concentrations de troupes plutôt que l'artillerie adverse. Les unités

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allemandes, pour la plupart à l'abri dans des positions défensives,


subiront cependant relativement peu de pertes. En revanche, les
effets sur l'organisation et le moral allemands seront importants et il
faudra à l'état-major allemand retarder de deux heures l'attaque
pour réorganiser ses unités[30]. Le génie met néanmoins la nuit à
profit pour dégager des couloirs dans les champs de mines qui
protègent la première ligne soviétique.

L'assaut[modifier | modifier le code]

À 4 h 30 du matin, le 5 juillet, les bombardiers de la 4e Luftflotte se


présentent au-dessus des positions de la 6e armée de la Garde
qu'ils bombardent intensément. L'attaque aérienne est suivie une
heure plus tard d'un tir d'artillerie de cinquante minutes mais très
intense sur tout le front d'attaque du groupe d'armée sud. À partir
de cinq heures du matin, les 500 chars et l'infanterie de la
4e Panzerarmee commencent à avancer[2],[30]. Le terrain, sec
jusqu'au 4 juillet, a été détrempé dans l'après-midi de cette journée,
rendant le mouvement des véhicules à roues très difficile. Autre
problème omniprésent : les mines soviétiques, qui, malgré le travail
des pionniers allemands, provoquent de nombreuses pertes. Les
Soviétiques affirmeront par la suite que sur le front sud du saillant,
lors du premier jour, les pertes de la Wehrmacht ont été de
67 chars et l'équivalent de deux bataillons d'infanterie. En plus, de
nombreux officiers seront tués ce jour par les pièges soviétiques.

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Le commandant de la 332e Infanteriedivision, par exemple,


trouvera la mort de cette façon lors de l'attaque initiale. Les
résultats sont assez inégaux, selon les unités. La 3e
Panzerdivision, malgré les difficultés, réussit dès le premier jour à
repousser les éléments de l'Armée rouge défendant Boutovo de
près de cinq kilomètres, perçant ainsi la première ligne de défense.
La division Grossdeutschland, elle, se retrouve bloquée par un
fossé antichar rempli d'eau, jusqu'au lendemain. Le Panzer-
Regiment 39 avec ses deux cents chars Panther flambant neufs,
coincé dans un champ de mines, subit de lourdes pertes et est
alors incapable de soutenir la division qui, elle aussi, subit de
grosses pertes d'infanterie et est repoussée. L'attaque doit être
alors annulée et remplacée par une nouvelle plus à l'est. La 11e
Panzerdivision, elle, réussit son attaque contre la 67e division de la
Garde, mais n'arrive à repousser celle-ci que de six kilomètres, à la
suite de l'intervention des quarante chars de la 96e brigade blindée.
Au soir du 5 juillet, le 48e Panzerkorps a donc réussi à percer la
première ligne de défense soviétique, mais son avance est
inférieure aux prévisions avec six kilomètres au maximum. Elle
n'est qu'à mi-chemin de la seconde ligne et incapable de préparer
une attaque à l'aube du 6 juillet.

Plus à l'est, le 2e Panzerkorps SS a, lui, eu plus de chance : ses


trois divisions de panzergrenadiers n'ont eu comme opposition que
deux régiments, un de la 375e division et un de la 52e division de la
Garde, les Soviétiques n'ayant apparemment pas anticipé une
attaque dans ce secteur. Malgré les mines et la météo, l'attaque se
déroule bien et progresse vite. La 375e division poursuivie par la 3e
SS-Panzergrenadier-Division Totenkopf doit se replier derrière la

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rivière Donets. Exploitant la brèche créée par les divisions


Leibstandarte Adolf Hitler et Das Reich, la 3e SS-Panzergrenadier-
Division Totenkopf peut se positionner, au soir, à moins de cinq
cents mètres de la seconde ceinture défensive. Comparativement
aux autres unités allemandes, le résultat est bon, mais les pertes
sont lourdes et les unités de l'Armée rouge se sont repliées en bon
ordre, n'abandonnant que peu de matériel.

Plus au sud, le détachement d'armée Kempf attaque la 5e armée


de la Garde, à partir de la tête de pont que les Allemands ont prise
sur la rive est du Donets à Belgorod. Cette attaque, commencée le
5 juillet à 2 h 25, est plus difficile du fait de la nécessité de franchir
le cours d'eau. L'artillerie soviétique détruira de nombreux ponts
dans la journée, freinant la progression ennemie. La 168e
Infanteriedivision, pourtant supportée par les chars de la
6e Panzerdivision, ne repousse le 238e régiment de la Garde que
de trois kilomètres. La 19e Panzerdivision, elle aussi confrontée
aux unités de la 81e division de la Garde, plus au nord, progresse
peu. Seule la 7e Panzerdivision réussit à percer la première ligne
de défense tenue par la 78e division de la Garde, après avoir
franchi la rivière et repousse celle-ci à mi-chemin entre les
ceintures défensives. Le général Breith, commandant le
3e Panzerkorps, décide alors de renforcer ce succès en retirant la
6e Panzerdivision de la tête de pont nord et de l'envoyer soutenir la
7e au sud. Cette initiative, quoique tactiquement correcte à son
échelle, provoquera une difficulté pour l'ensemble du dispositif
allemand, obligeant durant plusieurs jours la division Totenkopf à
faire face à l'est pour protéger la droite de la 4e armée de panzer.

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La 19e Panzerdivision sera elle aussi obligée de s'engager vers le


nord pour couvrir la gauche de Kempf.

Les Soviétiques pousseront de nombreux renforts dans ce petit


saillant pour tenter de maintenir séparées les deux attaques
allemandes. Ils réussiront à s'y maintenir jusqu'au 15 juillet, fixant
de nombreuses forces allemandes qui ne purent donc participer
pleinement à l'offensive principale. Plus au sud, les 11e et
42e corps connaissent peu de réussite. Seule la 106e
Infanteriedivision réussira à prendre pied sur la rive est, mais seul
un pont de huit tonnes sera établi, incapable de supporter des
blindés pour appuyer la poursuite de l'attaque. Elle s'empare de la
petite ville de Toblinka, où son avance est arrêtée par une contre-
attaque de la 72e division de la Garde, appuyée par des blindés et
des éléments de la 213e division. La 320e Infanteriedivision atteint
la voie ferrée à Maslova Pristan (ru). Les autres divisions, si elles
ont toutes réussi le franchissement, sont bloquées encore plus
rapidement. Les deux corps d'infanterie au sud de Kempf n'ont
donc pas réussi à percer la première ligne et se retrouvent dans
une situation délicate, dos à la rivière.

Sa première ligne de défense étant percée à deux endroits,


Vatoutine profite de la nuit du 5 au 6 juillet pour déployer des
renforts derrière sa seconde ceinture défensive, pour renforcer les
unités en place et celles qui se sont repliées face à l'attaque
allemande. La 1re armée de chars se déploie derrière la 6e armée
de la Garde pour interdire la direction d'Oboïan. Initialement, elle
doit contre-attaquer le 6 au matin, mais Vatoutine et le général
Katoutov qui la commande, décident finalement de la placer dans
une posture défensive en enterrant ses chars pour interdire toute

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percée directe vers Koursk. La Stavka a aussi mis à sa disposition


deux corps blindés : le 10e, provenant de la 5e armée de la Garde,
renforce la 1re armée de chars, et le 2e corps blindé de la Garde,
issu des réserves du front sud-ouest, se met en position au sud de
Prokhorovka pour agir sur le flanc est du 2e SS Panzerkorps.
Vatoutine prélève aussi des unités au sein des armées hors des
secteurs d'attaque, pour les redéployer face à la menace
allemande. Ainsi, la 309e division de fusiliers de la 40e armée se
met en réserve dans l'axe d'Oboïan. Deux brigades blindées, les
180e et 192e, mèneront des contre-attaques sur le flanc ouest du
48e Panzerkorps.

Von Manstein donne l'ordre de percer la seconde ligne au matin du


6. Le 48e Panzerkorps avance en repoussant les trois divisions de
la Garde qui lui font face dans les positions de deuxième ligne,
mais retardé par les mines et la résistance soviétiques, il doit
constater son impuissance dès la fin de la journée. Au total, il n'a
progressé que de dix kilomètres en 48 heures. Déjà présent sur les
avant-postes de la seconde ligne, au soir du 5, le 2e SS
Panzerkorps est donc la seule unité qui attaque ces positions.
Largement soutenue par la Luftwaffe, l'attaque de la division
Leibstandarte Adolf Hitler, à Iakolevo, est très réussie et le
155e régiment de la Garde voit ses positions submergées, de
nombreux prisonniers étant capturés.

Les Allemands exploitent ce succès en attaquant de flanc le


151e régiment voisin. Mais les Soviétiques aveuglent la brèche en
déployant le 31e corps blindé, au nord de la ville, bloquant toute
exploitation immédiate, et lancent deux contre-attaques de blindés.

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Plus à l'est, la division SS Das Reich attaque à Loutchki. Elle


progresse bien, mais la contre-attaque menée par le 2e corps
blindé de la Garde, appuyée par la 69e armée, l'empêche de percer
les lignes de défense. La troisième division du corps Totenkopf,
elle, n'attaque pas et passe toute sa journée à repousser les
offensives menées par la 375e division, appuyée par les blindés de
la 96e brigade blindée et la 496e de chasseurs de chars. Au soir du
6, le 2e corps SS a donc entamé la seconde ligne de défense. Ils
revendiquent la capture de 1 609 prisonniers et la destruction de
90 chars et 83 canons antichars. Cependant, les pertes allemandes
sont lourdes : la division Adolf Hitler déplore 84 morts et
384 blessés, rien que ce jour. En 48 heures, elle totalise 181 tués
et 906 blessés, ce qui représente dix pour cent de son effectif. Et
Koursk est encore à 110 kilomètres.

Dans le secteur de Kempf, le 3e Panzerkorps réussit à percer


définitivement la première ligne de défense et à atteindre la
seconde, les 6e et 7e Panzerdivisions atteignant Iastrebovo. Le
11e corps peut alors profiter de la retraite des unités soviétiques et
avancer lui aussi. En revanche, le 52e corps, malgré son attaque,
reste sur la rive ouest du Donets.

L'attaque sur un front plus étroit, environ trente kilomètres,


progresse mieux, mais comme au nord, le front d'attaque et la
progression ont tendance à se réduire au fur et à mesure que les
jours passent. Dès le 7 juillet, l'attaque ne se produit plus que sur
vingt kilomètres de front, puis va tomber à quinze le 9 juillet. La
progression réalisée en profondeur chute elle aussi très
rapidement : le 5 juillet, l'avance est de neuf kilomètres, mais elle

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tombe à cinq le 9 juillet et ne dépassera pas deux ou trois


kilomètres les jours suivants. Guy Sajer, dans Le Soldat oublié, ses
mémoires en tant que soldat de la division Grossdeutschland, se
rappelle Koursk : « […] des machines pourtant solidement rivetées
s’ouvraient comme le ventre d’une vache fendue en deux, avec des
flammes et des gémissements, des arbres réduits à l’état
d’allumettes… ; les cris des officiers et des sous-officiers essayant
de regrouper leurs pelotons et leurs compagnies dans ce
cataclysme. »

Si l'avance est supérieure et la première ligne soviétique percée,


l'absence de capture importante de prisonniers et de destruction
d'artillerie montre que les troupes soviétiques reculent en bon
ordre. La défense n'est pas débordée et continue à s'opposer
constamment à l'offensive. La nuit, des petits groupes de sapeurs
soviétiques posent des mines devant le front supposé des
offensives allemandes du lendemain ; 90 000 mines sont ainsi
posées. Les unités d'infanterie et l'artillerie retardent par leur action
l'avance des troupes allemandes, donnant le temps aux renforts de
s'installer sur les axes menacés.

Les pertes du Reich sont considérables et irremplaçables à court


terme, un grand nombre d'unités d'assaut ayant été presque
totalement anéanties. Ainsi, le 195e régiment de la 78e division
d'infanterie perd en deux jours tous ses commandants de
compagnie. Le 11 juillet, moins d’une semaine après le
déclenchement de l’opération Zitadelle, les éléments combattants
de la 18e Panzerdivision comptaient encore 5 266 hommes et
157 officiers ; 12 jours plus tard, il ne restait que 890 hommes et
moins de 30 officiers. Une semaine plus tard, un des régiments de
Panzergrenadier de la division était réduit à 127 soldats seulement

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et il ne lui restait qu’un commandant de compagnie. Cette


hécatombe força le commandant de la division à ordonner à toutes
les unités de ravitaillement de monter au front[31]. Après cinq jours
de combat, la division Grossdeutschland rend compte le 10 juillet
qu'elle n'a plus en état de combattre que 20 chars : 3 Tigres,
6 Panthers, et 11 Panzers III et IV, sur les 118 chars qu'elle avait au
début de l'offensive. Les commandants et les officiers supérieurs
des deux régiments d’infanterie et de trois autres bataillons sont
presque tous tués ou blessés. Le XLVIII Panzerkorps, lui, n'a plus
que 38 Panthers sur les 200 initiaux. La majeure partie des pertes
en blindés sont dues aux pannes (chars Panther) et aux mines[32].

La bataille de Prokhorovka[modifier | modifier le code]

Une victime de l'intense combat de chars : l'épave d'un T-34 est


inspectée par les troupes allemandes.

À l'est, la 7e armée de la Garde met en difficulté les divisions de


Kempf, après leur traversée du Donets, découvrant le flanc droit de
la 4e armée blindée. Alors en pointe, l'offensive allemande entière
semble s'enliser. Malgré tout, la menace d'une percée reste
préoccupante pour la Stavka et celle-ci décide de déployer des
troupes initialement planifiées pour n'être utilisées que dans la
contre-offensive, et ce, afin de renforcer la 6e armée de la Garde et
donner un coup d'arrêt définitif à l'avancée allemande. La 5e armée

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blindée de la Garde, renforcée par deux corps blindés


indépendants, se déploie donc, le 12 juillet, à l'est de Prokhorovka
et se prépare à contre-attaquer sur le flanc du IIe SS Panzer Korps.
La bataille qui en résulte est connue sous le nom de bataille de
Prokhorovka. Les 12 et 13 juillet, dans la plaine située près du
nœud ferroviaire de Prokhorovka, avec l'affrontement de
1 500 chars dont une centaine de chars Pzkpfw VI Tiger (char de
56 t doté d'un redoutable canon de 88 mm et d'un blindage frontal
de 10 cm) se déroule sur un territoire de vingt kilomètres carrés, la
plus grande bataille de chars de l'Histoire. Le choc est titanesque.
À bord de son Stuka, Hans Rudel le découvre dans toute son
ampleur :

« Sur la terre ferme, à perte de vue, se déroulent de gigantesques


combats de chars. Dans de vastes espaces découverts, des
masses compactes de blindés se font face, comme sur un champ
de manœuvre. Beaucoup plus redoutables que les tanks des
Russes sont leurs canons antichars, très puissants et
remarquablement précis. L'armée soviétique doit disposer
d'énormes quantités de ces canons, car on les trouve à tous les
points névralgiques de l'immense champ de bataille. »

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Mémorial sur le champ de bataille de Prokhorovka.

Le général Rotmistrov, en rappelant l'histoire de cette bataille, fait


remarquer que c'est l'avant-garde de la Ve armée blindée de la
Garde, son armée, qui enfonça à toute vitesse le flanc du IIe SS
Panzer Korps qui venait de percer la troisième ligne de défense. Le
combat devient rapidement un affrontement entre les meilleures
formations mécanisées de la Wehrmacht et une infanterie
soviétique bien retranchée. Les forces blindées soviétiques
engagées à Prokhorovka eurent plus de 50 % de pertes. Un héros
rescapé de cet affrontement, le Moscovite Alexandre
Volochtchenko, note que « près de Prokhorovka la terre s'était
transformée en boue sanguinolente recouverte d'un glacis de fer
fondu ». Au cours de ces deux journées, la Wehrmacht perd
10 000 hommes et plus de 400 blindés. En 2005, selon Piotr
Borissov, qui participa aux fouilles sur le site de Prokhorovka, où
eut lieu la bataille de blindés, « les chercheurs ont découvert des
os incrustés dans le métal ».

Le repli allemand[modifier | modifier le code]

Von Manstein demande à Hitler des renforts pour poursuivre


l'opération. Hitler atterrit le 13 juillet 1943 au centre avancé de
l'OKH pour le rencontrer et faire le point sur la bataille.

Il a exigé la présence de sténographes[33] pour que les


conversations soient dûment notées, tant le moment est décisif au
regard de l'Histoire de l'Allemagne.

Erich Von Manstein lui présente le tableau des pertes de l'Ostheer,


arguant du fait que la partie adverse subit des pertes plus
importantes encore.

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Malgré ses supplications pour continuer, Hitler décide d'arrêter


l'opération Citadelle le 13 juillet. Un tournant décisif est alors
franchi, Hitler passant dès lors à la défensive sur le front de
l'Est[33].

En effet, non seulement l'armée allemande n'a pas réussi son


encerclement, mais surtout les Soviétiques ont attaqué les arrières
de la Wehrmacht au nord (opération Koutouzov) et au sud
(opération Polkovodets Roumiantsev). Le front craque et les
Allemands doivent reculer de plusieurs centaines de kilomètres.

Une autre raison qui aurait poussé la Wehrmacht, et Hitler en tête


qui seul prétend détenir une vision globale de la situation[34], est
l'invasion de la Sicile par les Anglo-Américains le 10 juillet 1943[34].
En effet, les craintes d'une attaque sur les Balkans sont peut-être
repoussées à court terme, mais l'Italie devient un secteur menacé.
Ainsi, au vu des énormes quantités de matériel engagées dans la
bataille de Koursk, les forces allemandes se retirent pour garnir les
autres fronts.

Toutefois, l'historien allemand Roman Töppel estime que la


véritable raison de Hitler réside dans son souci de ramener des
forces pour défendre la région minière du Donets (Donbass) au
sud[35].

Les contre-offensives soviétiques[modifier | modifier le code]

Au sud, l'Armée rouge a besoin de plus de temps pour attaquer, car


ses troupes ont beaucoup plus souffert. Néanmoins, le 3 août, le
front de la steppe déclenche l'opération Polkovodets Roumiantsev
en direction de Belgorod puis de Kharkov. Appuyée par des
attaques de diversion plus au sud, à travers le fleuve Mious, elle

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avance assez rapidement. Belgorod et Orel tombent le 5 août


1943. Les faubourgs de Kharkov sont atteints le 11 août. La bataille
pour la ville est acharnée et dure douze jours. Enveloppée par le
front de Voronej et le front de la steppe, la ville finit par tomber le 23
août à midi, une grande partie des défenseurs étant mis hors de
combat. Cette victoire soviétique, bien que coûteuse, oblige les
Allemands à replier leur défense derrière le Dniepr dès le 20 août.
Ce repli débouchera au cours de l'automne sur la terrible et
sanglante bataille du Dniepr, puis la libération de Kiev le 5
novembre. Du côté soviétique, les libérations de Belgorod et d'Orel
furent l'occasion d'inaugurer une nouvelle tradition, les « salves de
la victoire » : l'Union soviétique salue désormais à Moscou la
libération de villes importantes par des salves d'artillerie. La prise
de Kharkov, ville stratégique d'Ukraine, que Hitler disait qu'il
défendrait à tout prix, est aussi une victoire majeure, car le bassin
industriel qui l'entoure faisait cruellement défaut à l'URSS depuis
1941.

Bilan et conséquences de l'affrontement[modifier |


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La tombe d'un soldat allemand, Heinz Kühl.

L'échec allemand de Koursk fut pratiquement passé sous silence


par la propagande du régime de Berlin. Du côté soviétique, le
gigantesque engagement de Koursk fut longtemps l'objet d'une
propagande productrice de légendes qui, pour beaucoup, tournent
autour de la bataille de Prokhorovka. L'ouverture des archives de
l'ex-Union soviétique et les recherches les plus
récentes[Lesquelles ?] apportent d'autres éléments. Le combat fut
souvent davantage un affrontement entre les meilleures formations
mécanisées de la Wehrmacht et une infanterie soviétique bien
organisée qu'une bataille de tanks ; par ailleurs, la bataille aérienne
fut l'une des plus grandes, des plus intenses de la Seconde Guerre
mondiale. Enfin, le côté bataille d'attrition fut beaucoup plus
accentué côté soviétique qu'allemand. Certains auteurs[Lesquels ?]
ont vu dans le débarquement allié en Sicile la raison principale de
l'arrêt de l'offensive. Mais il[Qui ?] semble que les conséquences
tactiques sur le front de l'Est de cette opération amphibie soient
imperceptibles. En pratique, seule la division Leibstandarte Adolf
Hitler fut envoyée à l'ouest, après avoir laissé son matériel sur
place et pas avant deux semaines après le 13 juillet, date où Hitler
ordonne l'arrêt de l'offensive[36]. L'échec de Zitadelle est la
conséquence, bien plus que des pertes subies par la Wehrmacht
durant cette opération, des offensives soviétiques ailleurs sur le
front, la Wehrmacht étant trop étendue et des unités affectées à
Citadelle devant se porter ailleurs sur le front. Et ce ne sont pas
tant les pertes lors de la bataille de Koursk, qui vont creuser un trou
impossible à combler dans les rangs allemands, que les pertes

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allemandes sur l'ensemble de l'année 1943. Les Soviétiques ont


eux bien plus de réserves et vont montrer qu'ils peuvent récupérer
plus vite leur capacité offensive. Même si leur moral n'est pas
vraiment atteint, les armées du Troisième Reich n'arriveront jamais
à retrouver l'initiative sur le front russe.

La cathédrale de Prokhorovka sur l'ancien champ de bataille, lieu


de commémoration des soldats de l'Armée rouge morts au combat
et de la victoire de la 5e armée de chars de la Garde.

Sur le plan stratégique et opérationnel, le résultat est une


incontestable victoire soviétique. L'énorme effort industriel et
humain consenti par le Troisième Reich nazi pour concentrer des
forces maximales et emporter la décision à Koursk est réduit à
néant. Les objectifs fixés n'ont même pas été approchés, et, pire,
pour la première fois, les Soviétiques ont avancé durant les mois
d'été. Ce simple fait renforce grandement le moral de l'Armée
rouge, qui reprend dès lors confiance en elle. Du côté allemand,
elle finit de convaincre les derniers optimistes que la guerre à l'est
est définitivement perdue. Certes, l'Armée rouge a subi des pertes
environ cinq fois supérieures à celles de la Wehrmacht[37], mais
ses soldats ne fuient plus. Par ailleurs, l'ouverture d'un nouveau
front en Italie présage pour l'état-major allemand de futurs choix

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difficiles et une dispersion des troupes. Le résultat est donc sans


appel. Par la suite, la Wehrmacht n'est plus en mesure de
reprendre l'initiative sur le front principal de la Seconde Guerre
mondiale. Elle doit à partir de la fin de l'été 1943 se contenter de
subir les initiatives soviétiques.

À l'échelle tactique, la supériorité allemande reste évidente, mais


l'Armée rouge a réalisé de grands progrès dans de nombreux
domaines. Le plus important d'entre eux est l'accroissement de la
résistance de son infanterie en défense. Les unités tenant le front,
face aux attaques allemandes, ont résisté pendant près d'une
semaine, en rase campagne en saison estivale, à la pression des
meilleures unités allemandes sans se faire ni déborder ni annihiler.
Les années précédentes, elles auraient tenu au plus deux jours.
Les nouvelles tactiques mises au point au cours de la bataille de
Stalingrad arrivent à maturité. Les positions sont moins lâches
qu'auparavant, pouvant se couvrir mutuellement de leur feu, elles
sont reliées de façon systématique par des tranchées de liaison,
permettant l'arrivée des renforts ou le repli sur des positions vers
l'arrière. L'adversaire est canalisé, par l'emploi de champs de mines
et du terrain, vers de véritables poches de destruction, où il subit
des tirs croisés et un bombardement d'artillerie. Contrairement aux
années précédentes, les unités isolées par des pointes blindées ne
se laissent pas enfermer. Elles s'exfiltrent la nuit venue pour
reprendre leur place dans la défense le lendemain. Les cadres,
même aux plus bas échelons, commencent à faire preuve
d'initiative et d'expérience. Pour autant, ils commettent toujours la
même erreur : ne pas concentrer leurs forces. Les opérations
offensives sont encore mal gérées, des occasions évidentes ratées,
mais les progrès seront rapides par la suite.

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Dans le domaine aérien, le progrès est aussi sensible : l'Armée de


l'air soviétique a tenu tête à la Luftwaffe. Elle a été largement
dominée, mais elle n'a pas été balayée du ciel dans les premiers
jours comme auparavant. Dans le domaine des blindés, en
revanche, les résultats ont été catastrophiques. Les T-34/76 et
KV-1 ont montré leurs limites. Presque invulnérables en 1941, ils
ne le sont plus deux ans plus tard. Leur puissance de feu et leur
conception sont devenues obsolètes, comme les tourelles biplaces.
L'arrivée et la mise au point de nouveaux modèles demande
encore du temps, et cela constitue clairement la faiblesse de
l'Armée rouge jusqu'au printemps 1944. Le déploiement massif de
T-34/85 et de JS-2 donne alors aux Soviétiques l'élément offensif
qui leur manquait encore.

Pour ce qui concerne les pertes, il convient d'être prudent quant


aux chiffres fournis par les belligérants. Ainsi, les chiffres donnés
en 1993 par un groupe de chercheurs russes dirigés par l'historien
et ex-général Krivocheïev (en) sont selon l'historien allemand
Roman Töppel (de) — qui a travaillé systématiquement sur les
archives des armées et unités — sous-estimés, probablement de
40%[38]. Selon Töppel, qui prend en compte les chiffres de
Krivocheiev :

pour la première partie de la bataille de Koursk (du 5 au 23 juillet),


le rapport des pertes aériennes est de l'ordre de 1 à 5 : 250
appareils perdus par la Lufwaffe contre 1 200 pour l'aviation
soviétique ;

toujours sur cette première partie, les 350 blindés perdus par les
Allemands ont été payés de 2 182 machines soviétiques, soit un
rapport de 1 à 6 ;

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pour l'ensemble de la bataille de Koursk, en acceptant la très


précautionneuse estimation de 1,2 million [d'hommes mis hors de
combat] pour les Soviétiques, il vient un rapport de 1 perte
allemande pour 6 pertes de l'Armée rouge.

Sans interruption, depuis le 12 juillet, l’Armée rouge enchaîne dans


la foulée de sa victoire le démarrage de la sanglante bataille du
Dniepr.

Il est aussi fort possible que l'offensive alternative prônée par


Manstein fût vouée à l'échec, du fait que les Soviétiques recevaient
des Britanniques (John Cairncross) tous les plans de bataille des
Allemands grâce à leur décryptage du code Enigma (malgré
l'opposition de Churchill qui craignait de « griller » cette formidable
source de renseignements stratégiques). Ainsi, l'effet de surprise si
nécessaire à la Blitzkrieg ne pouvait plus jouer. À Koursk, les
terrains sur lesquels les divisions blindées devaient avancer
avaient été minés, beaucoup d'endroits auparavant déserts lors de
la rédaction du plan étaient fortifiés, avec des fils barbelés bloquant
l'avancée de l'infanterie, et des tranchées soutenues par de
l'artillerie lourde.

Si la bataille de Stalingrad représente le véritable tournant


psychologique du second conflit mondial avec la fin du mythe de
l'invincibilité de la Wehrmacht, Koursk signifie le basculement
définitif de l'armée allemande et de ses alliés dans un rôle défensif
dont ils ne peuvent plus s'extraire jusqu'à la conquête de Berlin par
l'Armée rouge en mai 1945.

L'escadrille française[modifier | modifier le code]

Le groupe de chasse Normandie, futur régiment Normandie-

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Niemen, constitué d'aviateurs français combattant aux côtés des


Soviétiques, arborant l'étoile rouge, mais les couleurs françaises
sur le capot moteur, est engagé dès le 12 juillet 1943 à 8 heures du
matin. Quatorze pilotes accompagnent les bombardiers Pe-2 au-
dessus de Khationki pour une attaque sur les lignes allemandes.
Les combats aériens se poursuivent jusqu'au 28 juillet 1943. Ce
jour-là, 30 Fw 190 sillonnent le secteur[39]. Dix-sept victoires
aériennes sont homologuées, payées d'un prix lourd : onze pilotes
tombent, dont le commandant Tulasne, disparu le 17 juillet 1943
dans la région d'Orel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

1. ↑ C. Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 233.

2. ↑ a b c d e f g et h La bataille de Koursk : Operation Zitadelle de


Jonathan Martin, États-Unis. Vidéos disponibles : [1] [archive].

3. ↑ GGNUS, p. 195. 800 000 pour Koltounov.

4. ↑ a b et c GGNUS, p. 195.

5. ↑ a et b GGNUS, p. 196.

6. ↑ GGNUS, p. 196. 3 600 chars pour Koltounov.

7. ↑ a b c et d (fr) G.A. Koltounov, « Koursk, le duel des blindés »,


Historia magazine, no 52, 14 novembre 1968 (lire en ligne [archive]).

8. ↑ Nicolas Bernard, « Koursk » [archive], sur


http://www.histoforum.org/ [archive], 2008.

9. ↑ Isabelle Clarke et Daniel Costelle, Apocalypse, la Seconde


Guerre mondiale, France, 2009.

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10. ↑ Le Nazisme au fil des jours sur B&S Encyclopédie [archive].

11. ↑ (en) Inc Icon Group International, Germans: Webster's


Quotations, Facts and Phrases, ICON Group International, 2008,
672 p. (ISBN 0546652220). Voir un aperçu de la page [archive].

12. ↑ P. Masson, Histoire de l'Armée allemande, p. 249.

13. ↑ 5 juillet 1943 : la bataille de Koursk [archive].

14. ↑ a et b Koursk, le deuxième échec allemand [archive].

15. ↑ a b c et d Sophie Chautard, Les grandes batailles de l'Histoire,


Studyrama, coll. « Studyrama perspectives », 2005, 341 p.
(ISBN 2844726593). Voir un aperçu de la page [archive].

16. ↑ P. Masson, Histoire de l'Armée allemande, 1939-1945, p. 249.

17. ↑ Peut-on envahir la Russie ? [archive]

18. ↑ Yves Durand, Histoire de la Deuxième Guerre mondiale, Éditions


Complexe, 1999, 988 p. (ISBN 2870277407). Voir un aperçu de la
page [archive].

19. ↑ (en) Ralph Zuljan, « The Battle of Kursk », World War II, 1er
novembre 1999 (lire en ligne [archive]).

20. ↑ Chronologie de juillet 1943 [archive].

21. ↑ P. Masson, Histoire de l'Armée allemande, 1939-1945,


p. 247-248.

22. ↑ Apocalypse, la Seconde Guerre mondiale (« L'étau


(1942-1943) »).

23. ↑ Ordre de bataille allemand (gare de Poniry, 5-12 juillet


1943) [archive].

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24. ↑ « Koursk : les forces en présence », Connaissance de l'Histoire,


no 41, 1er décembre 1981 (lire en ligne [archive]).

25. ↑ Le front de l'Est en 1943 [archive].

26. ↑ (en) Aleksander A. Maslov, David M. Glantz, Fallen Soviet


generals: Soviet general officers killed in battle, 1941-1945,
Routledge, 1998, 285 p. (ISBN 9780714647906). Voir un aperçu de la
page [archive].

27. ↑ Chronologie de septembre 1943 [archive].

28. ↑ (en) Mark Healy, Kursk 1943: tide turns in the east, Osprey
Publishing, coll. « Campaign series », 1992, 96 p. (ISBN 1855322110).
Voir un aperçu de la page [archive].

29. ↑ (en) Walter Scott Dunn, Kursk: Hitler's gamble, 1943, Greenwood
Publishing Group, 1997, 200 p. (ISBN 0275957330). Voir un aperçu de
la page [archive].

30. ↑ a et b (en) The battle of Kursk [archive].

31. ↑ Omer Bartov, L’armée d’Hitler - La Wehrmacht, les nazis et la


guerre, Hachette Littératures, 1999.

32. ↑ Roman Töppel, Koursk, 1943, trad. Jean Lopez, Perrin, 2018.

33. ↑ a et b Isabelle Clarke et Daniel Costelle, Apocalypse, la Seconde


Guerre mondiale, 5e partie : « L'étau (1942-1943) ».

34. ↑ a et b Jean Lopez, Koursk, 5 juillet-20 août 1943, les quarante


jours qui ont ruiné la Wehrmacht, Economica, 2008
(ISBN 978-2717855142).

35. ↑ Roman Töppel, Koursk, 1943, trad. Jean Lopez, Perron, 201, p.
192-194. Voir aussi p. 226-227 : « Les succès soviétiques de l'été

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et de l'automne 1943 ne doivent pourtant pas être justifiés par des


pertes extraordinairement élevées que l'Armée rouge aurait
infligées à la Wehrmacht pendant l'opération Citadelle. »

36. ↑ Roman Töppel, Koursk, 1943, par trad. Jean Lopez, Perrin, 2018,
p. 191.

37. ↑ Roman Töppel, Koursk, 1943, trad. et préf. Jean Lopez, Perrin,
2018. Préface p. 11.

38. ↑ Roman Töppel, Koursk, 1943, trad. Jean Lopez, Perrin, 2018. R.
Töppel a systématiquement travaillé sur les archives des armées
allemande et russe et notamment les inventaires et journaux de
marche des unités, et les journaux des généraux du temps de
guerre, mais pas leurs mémoires rédigés après la guerre et peu
fiables d'après lui car cherchant à justifier leurs actes, y compris
leurs erreurs.

39. ↑ Y. Courrière , op. cit. (1979), p. 177-190.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Yves Courriére (photogr. revue ICARE), Normandie Niemen : Un


temps pour la guerre, Paris, Presses de la Cité, 1979, 414 p.,
24×15 (ISBN 2-258-00590-6).

Christian Baechler, Guerre et exterminations à l'Est. Hitler et la


conquête de l'espace vital. 1933-1945, Paris, Tallandier, 2012,
524 p. (ISBN 978-2-84734-906-1).

(fr) Bélov, Sidorov, Sokolovski (éd.), ouvrage collectif comptant plus


d'une trentaine d'auteurs, La Grande Guerre Nationale de l'Union
soviétique, 1941 1945, Moscou, 1974. Abrégé ici GGNUS.

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(fr) Paul Carell, Opération Terre brûlée, Robert Laffont, 1968.

(fr) Geoffrey jukes, Koursk, le choc des blindés, Marabout, 1971.

(fr) Benoît Lemay, Erich von Manstein, le stratège de Hitler, Perrin,


2006, 557 p. (ISBN 2262023441).

(fr) Jean Lopez, Koursk, 5 juillet-20 août 1943,les quarante jours


qui ont ruiné la Wehrmacht, Economica, 2008 (ISBN 978-2717855142).

(fr) Philippe Masson, Histoire de l'Armée allemande. 1939-1945,


Perrin, 1994 (ISBN 2-262-01355-1).

(fr) François de Lannoy, Koursk : La plus grande bataille de chars


de l'Histoire, Heimdal, 1998, 167 p. (ISBN 2840481189 et
9782840481188).

(fr) Omer Bartov, L’armée d’Hitler - La Wehrmacht, les nazis et la


guerre, Hachette Littératures, 1999.

(fr) Yves Buffetaut, La bataille de Koursk, Histoire et Collection,


2000.

(fr) Khazanov, Dmitriy (trad. Jean-Marie Gall), « Koursk, le choc des


titans. Les combats aériens », Batailles aériennes, no 45, juillet-
août-septembre 2008, Lela Presse.

(fr) Dimitri, Kursk. Tourmente d'acier, Glénat, coll « Caractère »,


2000.

(fr) Laneyrie-Dagen, Nadéije, Les Grandes Batailles de l'Histoire,


Paris, Larousse, 2005, p. 246-247.

(en) David Glantz, Jonathan House, The battle of Kursk, University


Press of Kansas, 1999.

(en) Steven Newton, Kursk, the german view, Da Capo Press,

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2002.

(en) Niklas Zetterling, Anders Frankson, Kursk 1943, a statistical


analysis, Frank Cass - Routledge, 2000.

(en) Robin Cross, Citadel: the Battle of Kursk, London : Michael


O'Mara Books, 1993, 272 p. (ISBN 1-85479-192-3).

(en) Walter S. Dunn, Jr., Kursk: Hitler's gamble, 1943, Westport,


Conn. : Praeger, 1997, 200 p. (ISBN 0275957330).

(en) Mark Healy, Kursk 1943: tide turns in the east, Osprey
Publishing, 1992, 96 p. (ISBN 1855322110).

(fr) Romain Toppel, traduit de l'allemand par Jean Lopez, Koursk,


1943, Perrin, 2018, 336 p.

(ru) Yuri Barashkov, Moscou, Stalingrad, Koursk, D-Day, Berlin, ed


b - Сафу, Arkhangelsk, 2019, 192 p. (ISBN 978-5-261-01379-2).

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Koursk : 3e épisode de la série Les grandes batailles de la seconde


guerre mondiale, sur National Geographic.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Forces en présence lors de la bataille de Koursk

Pakfront

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bataille de Koursk, phase défensive [archive].

Bataille de Koursk, la contre-offensive [archive].

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Carte [archive].

(en) Mine and countermine operations in the battle of Kurk - Final


Report - 25 april 2000 [archive].

(en) Battle of Kursk on the Web [archive].

(ru) (en) Images de Koursk [archive] et autres [archive].

(ru) Курская битва, site kursk1943.mil.ru [archive].

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