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Propriétés du cuivre et de ses alliages

par Dominique ARNAUD


Chef du Département des Laboratoires d’Études au Centre Technique des Industries
de la Fonderie (CTIF)
Jean BARBERY
Ingénieur des Arts et Manufactures
Chef du Service Métallurgie au Centre de Recherche de la Société Tréfimétaux
Roger BIAIS
Ingénieur du Conservatoire National des Arts et Métiers
Ancien Ingénieur au Centre de Recherche de la Société Tréfimétaux
Bernard FARGETTE
Docteur-Ingénieur
Ingénieur au Centre de Recherche de la Société Tréfimétaux
et Pierre NAUDOT
Ingénieur des Arts et Manufactures
Ingénieur en Chef au Centre de Recherche de la Société Tréfimétaux

1. Principales classes de cuivre et de ses alliages industriels ........ M 430 - 2


1.1 Cuivres purs avec et sans oxydules ........................................................... — 2
1.2 Cuivres faiblement alliés............................................................................. — 4
1.3 Alliages monophasés α .............................................................................. — 6
1.4 Alliages à durcissement par précipitation ................................................. — 13
1.5 Laitons biphasés α + β. Laitons au plomb ................................................. — 16
1.6 Cupro-aluminiums complexes ................................................................... — 18
1.7 Alliages cuivreux moulés............................................................................ — 19
2. Comparaison des principales propriétés d’usage des alliages
de cuivre ..................................................................................................... — 23
2.1 Propriétés élastiques et électriques associées.......................................... — 23
2.2 Conductivités électrique et thermique....................................................... — 24
2.3 Corrosion aqueuse du cuivre et de ses alliages........................................ — 26
2.4 Oxydation sèche .......................................................................................... — 30
2.5 Tenue mécanique aux hautes, moyennes et basses températures......... — 30
2.6 Alliages à propriétés électriques et magnétiques spéciales .................... — 32
2.7 Propriétés de mise en œuvre du cuivre et de ses alliages....................... — 32
2.8 Usinabilité. Résistance à l’usure................................................................. — 37
2.9 Aptitude au soudage et au brasage du cuivre et de ses alliages ............ — 39
2.10 Placage du cuivre et de ses alliages........................................................... — 40
3. Phénomènes métallurgiques particuliers ......................................... — 41
3.1 Superplasticité des alliages cuivreux biphasés ........................................ — 41
3.2 Pseudo-élasticité d’alliages cuivreux à 100 % de phase β ...................... — 41
3.3 Effet mémoire de forme d’alliages Cu-Zn-Al à 100 % de phase β .......... — 42
3.4 Déformation orientée de l’alliage Cu-Be lors du revenu .......................... — 42
4 - 1985

3.5 Dissolution mécanique des précipités fins dans les alliages cuivreux ... — 43
3.6 Rétention d’écrouissage, à l’aide de dispersions de seconde phase ...... — 43
3.7 Décomposition spinodale dans les alliages Cu-Ni-X................................ — 44
3.8 Traitements thermiques à tiède des alliages monophasés α écrouis ..... — 45
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. M 430
M 430

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques M 430 − 1
PROPRIÉTÉS DU CUIVRE ET DE SES ALLIAGES _______________________________________________________________________________________________

a panoplie des alliages cuivreux est extrêmement riche par la variété et la


L combinaison des additions employées et, aussi, par leurs proportions
souvent élevées (50 % au maximum toutefois). Avant la guerre 1939-1945, au
moins 300 alliages différents étaient couramment fabriqués, sans compter bien
d’autres compositions qui n’ont guère dépassé un stade expérimental. Depuis,
on assiste à un effort continu de rationalisation, technique et économique, avec
une polarisation vers les alliages présentant une combinaison de propriétés les
rendant particulièrement performants pour une ou plusieurs applications
majeures, avec l’abandon de ceux d’un intérêt marginal.
La conductivité relative C est le pourcentage de conductivité du matériau
considéré par rapport à un cuivre de référence de résistivité  20 égale
à 1,724 1 × 10 –8  ⋅ cm (ou de conductivité 58,0 MS/m). Cette grandeur parti-
culière aux cuivreux s’exprime en % IACS :
1,724 1
C (% IACS) = ----------------------------------- × 100
 (  ⋅ cm)

1. Principales classes de cuivre 1.1 Cuivres purs avec et sans oxydules


et de ses alliages industriels Les deux types principaux de cuivre pur, l’un avec 0,02 à 0,06 %
d’oxygène (sous forme de globules d’oxyde, Cu2O) et l’autre sans
oxygène, se conforment aux caractéristiques suivantes :
Dans ce paragraphe, nous utiliserons la classification suivante, — teneur en Cu ( +Ag )  99,85 % et  99,95 % pour les nuances
malgré la possibilité de classer certains alliages en deux et même sans oxygène ;
trois catégories différentes : — conductivité électrique > 100 % IACS (ou résistivité
— cuivres avec et sans oxydules ; ρ 20  1,724 1 µΩ ⋅ cm).
— cuivres faiblement alliés avec Ag, P, As, B, Te, Cd, Sn ou Mg ; Nota : aux teneurs habituelles, l’argent n’affecte pas les propriétés d’usage de ces
— alliages monophasés α chargés en Ni, Zn, Al, Sn, Si ou Mn, cuivres et ne justifie pas de séparation spéciale, coûteuse (§ 1.2.1).
éventuellement en combinaison ;
— alliages à durcissement par précipitation avec additions de
Be, Cr, Fe, Co, Zr, Ti, etc. ; 1.1.1 Cuivre à oxydules
— laitons biphasés α + β ;
— cupro-aluminiums complexes ; Il doit son existence à l’absorption rapide par le cuivre liquide,
— alliages de fonderie. pendant son affinage au feu, d’oxygène et d’hydrogène dont les
teneurs sont ajustées de telle sorte qu’il se forme des porosités de
vapeur d’eau lors de la coulée de solidification, permettant ainsi de
Remarques sur certains termes employés : plusieurs noms compenser le retrait de solidification sans qu’il soit nécessaire de
d’alliages cuivreux, d’origine historique ou commerciale, nourrir progressivement. Mais il subsiste alors un excès d’oxygène
n’indiquent nullement leurs nature et composition mais sont qui produit un réseau interdendritique de l’eutectique Cu + Cu2O
toutefois bien établis, voici les plus courants : (article Métallurgie du cuivre [M 2 240] dans le présent traité).
— laitons : l’addition principale, le zinc (5 à 45 % environ), est Ainsi, les barres à fils (wire-bars ), coulées à l’horizontale en
sensiblement moins chère que le cuivre ; les termes « 1er titre manège automatisé, solidifient à point (sans contraction ni gonfle-
et 2e titre », se rapportent respectivement aux laitons mono- ment notables) et permettaient d’obtenir par laminage à chaud sur
phasé α et biphasé α + β ; des trains à fils des couronnes de fils de cuivre, obtenus maintenant
— maillechorts et chrysocales (en anglais, nickel-silvers et par coulée et laminage continus. L’oxyde est dispersé en fins
gun-metals ) : il s’agit aussi d’alliages Cu-Zn mais additionnés globules, les porosités de vapeur sont subdivisées et se contractent
respectivement de nickel et d’étain ; ils sont connus pour leur pour devenir submicroscopiques. On distingue deux nuances
ressemblance à l’argent et à l’or (maillechort provient de ses AFNOR (NF A 02.009) :
inventeurs Maillot et Chorier ; chrysocale vient du grec • Cu/a2 ( Cu  99,85 % ) : cuivre affiné au feu, seulement ;
khrusos = or et khalkos = cuivre) ; • Cu/a1 (Cu  99,90 % ) : cuivre ayant subi une ultime purification
— bronzes : ce nom sera réservé aux cupro-étains mais, sur par électrolyse, mais où l’on retrouve les porosités H 2O et les
le plan de la normalisation, le terme bronze s’applique à tout oxydules Cu2O formés lors de la fusion des cathodes purifiées et
alliage contenant au moins 65 % de cuivre, éventuellement de leur coulée en produits transformables : billettes, plaques, lingots.
même sans étain ; il subsiste donc les appellations courantes :
bronzes d’aluminium, bronzes au silicium, bronzes au manga-
nèse, mais nous préférons les termes cupro-aluminiums, cupro-
siliciums et laitons HR (où HR signifie à haute résistance
1.1.2 Cuivre sans oxygène
mécanique) ;
Les deux nuances AFNOR, Cu / c1 et Cu / c2, sont normalement
— cupro-alliages : les termes cupro-aluminiums, cupro-
fabriquées par fusion et coulée de cathodes de cuivre sous atmo-
bérylliums, cupro-nickels, etc. ont l’avantage d’identifier l’addi-
sphère réductrice, par exemple (N2 + CO) car ces deux gaz sont inso-
tion principale de l’alliage.
lubles dans le cuivre liquide.
Nota : le cuivre fondu absorbe rapidement de l’oxygène au simple contact de l’air ; on
trouve ainsi, à la surface supérieure des barres à fils, une zone superficielle de métal à
0,39 % d’oxygène environ qui gèle sous forme de l’eutectique Cu + Cu2O (à éliminer par
écroûtage, pour certaines applications).

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La nuance Cu / c2, recommandée pour les applications électro- 1.1.3 Propriétés communes
niques comportant notamment des soudures cuivre-verre, doit cette
aptitude à une teneur basse en impuretés ( phosphore  3 ppm en Tous ces cuivres renferment 100 à 250 ppm en masse d’impuretés
masse) : elle est obtenue par tri dans des lots de Cu/c1. (As, Bi, Fe, Ni, P, S, Sb, Se, Te, etc., sans compter l’oxygène), mais
la nature et la quantité de chaque impureté varient sensiblement avec
l’origine du minerai et la méthode d’affinage employée. Le cuivre
Historique
électrolytique (Cu/a1, Cu/c1 ou Cu/c2) est d’une pureté supérieure,
et surtout plus régulière que celle du Cu/a2 qui est de moins en moins
Le cuivre a été utilisé depuis la plus haute Antiquité puisqu’il utilisé pour des applications électriques et bien d’autres.
est admis que des objets en cuivre ont été réalisés par l’homme
plus de 8 000 ans avant notre ère dans de nombreuses régions En principe, fabriquer des billettes en Cu/a1 ou en Cu/c1, à partir
du Proche-Orient : Irak, Iran, Anatolie, Égypte. d’un lot unique de cathodes de cuivre, doit conduire aux mêmes
À l’origine, seul le cuivre natif était utilisé, celui-ci provenant impuretés finales mais, dans le premier cas, certaines impuretés sont
de divers sites tels que Chypre (Cyprium, d’où le cuivre a tiré son sélectivement oxydées au cours de la transformation en demi-
nom), le Sinaï ou le Kurdistan, au nord de l’Irak, les propriétés de produits (corroyage), avec purification partielle de la matrice en
malléabilité de ces éléments de cuivre ayant permis de façonner cuivre. Il n’est donc pas rare d’atteindre des valeurs de conductivité
et de réaliser, par percussion, des objets simples tels que des allant jusqu’à 101 % IACS sur des demi-produits en Cu/a1, avec une
épingles, des clous, des pendentifs, etc. température d’adoucissement inférieure à 240 oC.
Parallèlement, les minerais de cuivre existant dans ces mêmes Ainsi, l’on pratique couramment des recuits industriels en continu,
régions, notamment la malachite (carbonate), étaient exploités sur fils très écrouis en Cu/a1 :
à des fins décoratives, en tant que minéraux. Il advint que, de — soit par chauffage par effet Joule en tandem avec une tréfileuse
façon probablement accidentelle, fut un jour découverte la (vitesses de 2 000 m/min et plus, et durée de recuit  0,1 s) ;
possibilité d’obtenir du cuivre par chauffage de ces minéraux en — soit lors de la cuisson (polymérisation) des fils émaillés où la
présence de charbon de bois. Cet événement, qui a sans doute température maximale du four est dictée par les risques de pyrolyse
été répété en différents endroits et à divers moments mais que de l’émail.
les archéologues situent vers 4 000 ans avant J.-C., a constitué
le début de la métallurgie extractive et correspond en fait à la En ce qui concerne les applications, le Cu/a1 associe des propriétés
véritable naissance de la métallurgie (article Métallurgie du mécaniques et électriques quasi égales à celles des cuivres sans
cuivre [M 2 240] dans le présent traité). oxygène ; en revanche, il subit une fragilisation grave lors d’un
Une industrie primitive du cuivre se crée alors lentement et des chauffage dans l’hydrogène qui diffuse dans le métal et réagit avec
objets de tous types, utilitaires et décoratifs, sont fabriqués en l’oxygène dissous pour former des porosités intergranulaires de
grand nombre par les Égyptiens, les Chaldéens et autres peuples vapeur d’eau. Bien entendu, le degré de fragilisation est fonction de
du Moyen-Orient pendant plusieurs millénaires. Puis, parce que la pression partielle d’hydrogène dans l’atmosphère du four, ainsi
les minerais de cuivre contenaient naturellement diverses impu- que de la température et de la durée du traitement, mais, en pratique,
retés, ou que des mélanges de minerais furent effectués fortuite- des recuits sous hydrogène ou sous ammoniac dissocié ainsi que
ment, des alliages furent élaborés, tels que le cuivre à l’arsenic la soudure au chalumeau oxy-hydrocarbure sont à proscrire (il en
et ultérieurement le bronze (alliage cuivre-étain) dont l’origine est de même pour le Cu/a2).
remonte à environ 3 000 ans avant J.-C. puisque les Sumériens Les nuances Cu/c1 et Cu/c2 ne sont évidemment pas sujettes à
en disposaient. Ce dernier alliage a de telles propriétés (dureté, ce type de fragilisation à condition, certes, d’éviter de sérieuses
facilité de moulage, absence de corrosion), qu’il va tenir une contaminations préalables (chauffages prolongés à l’air, incrusta-
place considérable dans l’Antiquité, en donnant son nom à toute tions mécaniques d’oxyde, etc.). De plus, elles sont moins aptes à
une période de notre civilisation : l’Âge du Bronze. dégazer sous vide du fait de leur teneur réduite en gaz soluble et,
Puis se créent d’autres alliages dans le Proche-Orient, mais surtout, occlus. Enfin, ces cuivres présentent une déformabilité à
aussi dans d’autres civilisations, en Chine par exemple où froid vraiment exceptionnelle.
l’usage du bronze était connu depuis des temps très reculés. On Nota : le cuivre désoxydé au phosphore (§ 1.2.2), sensiblement moins cher, résiste égale-
voit apparaître notamment : ment à la fragilisation par l’hydrogène, mais sa conductivité réduite la limite aux applications
mécaniques, non électriques.
— des alliages de cuivre au plomb et à l’antimoine en Chaldée ;
— des laitons plus ou moins complexes (chrysocale ou bronze On distingue aisément, au laboratoire, les cuivres, avec et sans
au zinc) ; l’alliage cuivre-zinc constituant nos laitons apparaît vers oxydules, par un essai de fragilisation à l’hydrogène (norme NF A 05-
le VIe siècle avant J.-C., son emploi devenant courant sous 112). Mais, même en atelier, un essai de torsion sur fils recuits suffit
l’Empire romain du fait de sa bonne résistance à la corrosion. largement ; les cuivres Cu/c1 et Cu/c2 supportent bien plus de tor-
Dans nos contrées d’Europe Occidentale, le cuivre et le bronze sions que les cuivres Cu/a1 et Cu/a2, avant de casser, tandis que
ne font leur apparition que vers 2 000 ans avant J.-C. et pendant les éprouvettes cassées supportent encore d’autres torsions
près de 4 millénaires peu de nouveautés sont à signaler par supplémentaires ; en revanche, les portions cassées des fils en Cu/a1
rapport aux créations des Anciens. Il faut en effet attendre le XIXe (ou Cu/a2) sont devenues très fragiles.
siècle pour qu’apparaissent de nouvelles applications et de Enfin, notons que l’exploitation croissante, depuis 10 à 15 ans, de
nouveaux alliages de cuivre. procédés de coulée continue et de laminage à chaud en tandem
C’est la découverte des propriétés du courant électrique qui (Southwire, Contirod et autres) a sensiblement modifié la situation
donne au cuivre sa vocation moderne, celle de conducteur technique et économique. Ces procédés exigent des cathodes de
électrique. cuivre de haute qualité, et surtout reproductibles, dont la fusion dans
Parallèlement, la naissance de l’industrie créant des besoins un four, type Asarco, permet d’éliminer tout l’hydrogène associé aux
en matériaux nouveaux, de nombreux alliages de cuivre sont cathodes sans absorption d’oxygène (article Métallurgie du
mis au point, tels que les laitons spéciaux pour le doublage des cuivre [M 2 240] dans ce traité). Le cuivre liquide est transféré au
navires (laiton Amirauté à 1 % d’étain), les maillechorts (alliages dispositif de coulée, essentiellement à l’abri de l’air, et il est devenu
Cu-Zn-Ni), les cupro-aluminiums (bronze d’aluminium de courant de régler la teneur résiduelle en oxygène à 200 et même
Sainte-Claire Deville en 1855), les cupro-nickels (Monel ). 80 ppm en masse (en coulée continue, compenser le retrait de
Plus près de nous, des exigences nouvelles apparaissant, de solidification par la formation volontaire de porosités H2O n’a plus
nouveaux alliages à caractéristiques particulières ont été créés, d’intérêt).
tels que les alliages de cuivre au cadmium, au plomb et, plus
récemment, les cupro-bérylliums, le cuivre au chrome, le cuivre
au fer, etc.

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1.2 Cuivres faiblement alliés


Aux teneurs employées (généralement 1 % au maximum), toutes
ces additions (Ag, P, As, B, Te, Cd, Sn ou Mg), à l’exception du tellure,
sont et restent solubles dans le cuivre de base : elles sont employées
pour améliorer une propriété spécifique d’usage (§ 2).

1.2.1 Cuivre à l’argent (0,02 à 0,12 % Ag)


L’addition d’argent au cuivre fait augmenter sa température
d’adoucissement à l’état écroui, surtout après des réductions
limitées à 30 %, et lui confère une meilleure résistance au fluage
jusqu’à 250 oC environ. Il existe les deux nuances, avec et sans
oxydules (§ 1.1), et les avantages précités sont obtenus dans les deux
cas car l’oxygène n’a pas d’action sur l’argent soluble.
La figure 1 illustre l’influence d’une addition de 0,086 % Ag sur la
cinétique d’adoucissement à 315 oC par rapport à celle du Cu/a1 de
base (sans addition de Ag) : il s’agit de bandes initialement écrouies
par des réductions à froid.
Les figures 2a et b reproduisent les résultats d’essais comparatifs
de fluage sur des bandes écrouies : on constate que la tenue du
cuivre à l’argent à 225 oC est pratiquement équivalente à celle du
Figure 1 – Influence de l’addition d’argent
cuivre Cu /a1 à 130 oC. Certes, cette tenue améliorée est due en
sur la cinétique d’adoucissement à 315 oC d’un cuivre écroui
premier lieu à la rétention de l’écrouissage mais, même dans un
cuivre initialement recuit, l’argent soluble exerce un effet significatif ;
par exemple pour des mesures de fluage effectuées à 20 oC : (0)

Caractéristiques

Vitesse
Alliages Contrainte Allongement
de fluage
appliquée immédiat
après 1 000 h
(MPa) (%) (%/h)
Cu/a1, sans Ag 200 15,1 0,81 × 10–3
Cu/a1, avec 0,02 % Ag 200 8,6 0,14 × 10–3

Enfin, les augmentations de température d’adoucissement et de


tenue au fluage croissent sensiblement avec la teneur en argent,
d’ailleurs probablement au-delà de 0,12 % d’argent, mais, compte
tenu du prix élevé de cette addition, on ferait plutôt appel à
d’autres solutions pratiques en cas de besoin.
Le cuivre à l’argent est surtout employé à l’état écroui dans divers
équipements électriques en service prolongé à températures
modestes (  225 oC), ou devant résister à l’adoucissement en cours
d’opérations de fabrication (soudages tendres, polymérisation
d’émaux, d’isolants, ailettes de radiateurs d’automobiles, etc.).
Citons à titre d’exemple les applications suivantes :
— conducteurs creux pour génératrices, rotors, collecteurs en
forme de coins pour moteurs ou génératrices, barres conductrices,
interrupteurs, etc ;
— bobinages, embases d’équipements électroniques, radiateurs
pour transistors, Lead Erames pour circuits intégrés, etc.

1.2.2 Cuivre désoxydé au phosphore


Le phosphore permet d’éliminer l’oxygène dissous dans un bain
de cuivre affiné et l’emploi d’un certain excès assure la protection
du métal pendant sa coulée et sa solidification à l’air. Ajouté en
dernier sous forme d’alliage mère (Cu à environ 14 % P) riche en
composé fragile Cu3P, le phosphore se dissout dans le cuivre liquide Figure 2 – Influence d’addition d’argent
pour former exothermiquement un phosphate liquide, type sur le fluage de cuivre écroui [1]
x Cu2O, y P2O5 , qui se sépare par flottation dans le laitier (lui-même
couvert d’une couche de charbon de bois pour limiter l’absorption
d’oxygène pendant la fusion des cathodes de cuivre par exemple).

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Le cuivre désoxydé au phosphore (produits coulés ou demi- 1.2.3 Cuivre au tellure (0,3 à 0,7 % Te)
produits transformés) n’est plus sujet à une fragilisation par
chauffage en atmosphère réductrice (soudage au chalumeau, etc.) ; Du fait de sa grande ductilité, le cuivre pur s’usine mal à grandes
en revanche, le résidu soluble de phosphore fait sérieusement vitesses car les copeaux longs et continus sont plutôt arrachés que
réduire la conductivité du métal. cassés sèchement. En revanche, avec une addition de tellure, de
La nuance AFNOR Cu/b1 peut renfermer 130 à 500 ppm en masse sélénium ou de soufre (sous forme de composés fragiles Cu2Te,
(0,013 à 0,050 %) de phosphore résiduel, qui fait baisser la Cu2Se, Cu 2S) ou de plomb élémentaire, chacun convenablement
conductivité électrique respectivement à 90-70 % IACS (ρ20 ≈ 1,9 - dispersé en globules fins, les copeaux deviennent courts et cassants
2,4 µ Ω · cm). Mais, en fabrication courante, on atteint souvent et ne laissent pas de bavures résiduelles. On obtient alors des fini-
85 % IACS et plus, en limitant l’excès à 150 à 250 ppm en masse de tions très supérieures sur pièces usinées, avec une usure réduite des
phosphore, tandis qu’il existe des qualités spéciales garantissant outils de coupe, ce qui est favorable à l’automatisation, etc.
96 % IACS (AFNOR Cu/b2 : 50 à 120 ppm de P) et même 100 % IACS C’est le tellure qui est actuellement préféré comme addition, pour
(20 à 50 ppm de P). les fabrications de cuivre conducteur nécessitant des usinages
Ainsi, le choix d’un cuivre Cu/c1 ou Cu/c2, ou d’un cuivre à 20 importants (toutefois, pour les barres de laiton, l’on emploie plutôt
à 50 ppm en masse de phosphore résiduel (moins cher), pour le plomb). Une teneur courante de 0,4 à 0,6 % de tellure produit, après
certaines applications électriques, dépendra en définitive du corroyage par filage, une dispersion abondante de globules Cu2Te
compromis entre prix de revient et exigences particulières de (diamètre ≈ 1 à 5 µ m), aussi efficace dans un cuivre Cu/a1 que dans
l’application considérée. les nuances sans oxygène (Cu/c1 et Cu/b1) car le tellure n’est pas
Cela étant dit, c’est la production du Cu/b1 qui est de loin la plus oxydé dans les conditions habituelles d’élaboration et de transfor-
importante, en volume, pour des applications mécaniques : mation du Cu/a1.
— tubes pour distribution des eaux domestiques ou industrielles, En examens micrographiques, on distingue aisément les globules
chaudes ou froides, et pour conduites d’autres liquides et gaz peu Cu2Te et Cu2O par leurs teintes gris-bleu et bleu-clair en lumière
corrosifs (installations sanitaires, chauffage central, réfrigération, normale, devenant respectivement noir (par extinction) et rouge-
conditionnement d’air, etc.), tubes enterrés ; rubis en lumière polarisée. Notons encore que le tellure, malgré sa
— tôles pour chaudronnage et soudage pour autoclaves, évapo- solubilité très faible dans le cuivre solide (environ 75 ppm en masse
rateurs, échangeurs thermiques, réservoirs d’eau chaude ou froide à 800 oC), exerce un effet retardateur important sur la cinétique de
et toitures de bâtiments. recuit du cuivre écroui (effet d’intérêt pratique considérable, bien que
peu exploité jusqu’ici). Ainsi, il a été démontré que la température
Le phosphore soluble du Cu/b procure encore deux modifications
d’adoucissement TA d’un cuivre très pur (impuretés < 0,001 %), avec
secondaires du cuivre de base : d’une part, une augmentation
ou sans une teneur d’environ 0,03 % d’oxygène, est augmentée de
modeste de sa température d’adoucissement (≈ 80 à 100 oC) dont
140 oC jusqu’à 370 oC si on lui ajoute 100 ppm en masse (0,010 %)
il faut tenir compte lors des recuits et, d’autre part, la suppression
de tellure, pourvu que le fil ait été traité pendant 1 h à 850 oC, avant
de toute texture de recristallisation en dés {100} <001>, après de
l’écrouissage.
fortes réductions par laminage. Une telle texture préférentielle, bien
Nota : la température d’adoucissement TA est ici définie comme celle d’un recuit de
connue pour les nuances Cu/a1 et Cu/c1, donne lieu à une aniso- durée 1 h qui fait perdre la moitié de l’écrouissage d’un fil tréfilé de diamètre 2 à 1 mm
tropie prononcée des propriétés mécaniques et, lors d’emboutis- (75 % de réduction).
sages profonds, à la formation de cornes souvent inacceptables. Plus précisément :
RA = 1/2 (RE + R R )
Enfin, le Cu/b est préféré pour les anodes solubles employées pour
l’électrodéposition et l’électroformage à partir de bains acides de avec RE résistance mécanique du fil écroui, d = 1 mm,
CuSO4 car le phosphore soluble favorise une dissolution homogène RR résistance mécanique du fil après recuit total à 500 oC (1 h),
du cuivre, sans formation de boues nuisibles en suspension dans RA résistance mécanique du fil adouci par recuit à TA (1 h).
l’électrolyte. La conductivité du cuivre au tellure est plus faible que celle du
cuivre Cu/a1 (> 96 % IACS à l’état recuit, > 92 % IACS à l’état écroui)
mais ses propriétés mécaniques sont essentiellement les mêmes.
Remarques sur les additions de bore ou d’arsenic. Il faut cependant noter que l’on pratique rarement des réductions
■ L’emploi du bore, à la place de phosphore, a été recommandé à froid dépassant 40 % du fait d’une certaine fragilité provenant du
pour la désoxydation du cuivre conducteur car, d’une part, son composé Cu2Te. Pour des pièces fabriquées surtout par enlèvement
effet spécifique sur la conductivité électrique ou thermique serait de copeaux, de tels écrouissages sont rarement nécessaires.
moindre, d’autre part, il ralentirait le grossissement des grains à Les applications du cuivre au tellure comprennent :
haute température (≈ 800 à 900 oC). — des applications électriques : coupe-circuit de transformateurs,
Jusqu’ici, toutefois, cette pratique ne s’est guère développée contacts, connexions, ressorts conducteurs, etc. ;
industriellement, car l’alliage mère Cu-B ou le composé CaB6 ne — des applications mécaniques : boulons, écrous et autres pièces
sont pas faciles à utiliser et il peut y avoir des problèmes de réac- fabriquées surtout par usinage (corps de magnétrons, etc.).
tion du bore sur les revêtements du four.
■ L’arsenic est parfois associé au phosphore dans des fabrica- 1.2.4 Cuivre au cadmium et/ou à l’étain
tions de Cu / b, soit comme impureté naturelle dans un cuivre
Cu/a2, affiné au feu, soit comme addition volontaire. L’arsenic
Ces alliages, souvent dénommés bronzes-conducteurs , sont
soluble (comme d’autres additions : Ag, P, Te, etc.) fait augmenter
utilisés à l’état écroui (parfois très écroui) et permettent d’obtenir
notablement la température d’adoucissement des états écrouis
des combinaisons de propriétés mécaniques et électriques inacces-
mais, de plus, il améliore de façon utile la tenue à la corrosion des
sibles avec le cuivre pur. De plus, ils sont stables jusqu’à environ
tubes en Cu / b dans les eaux naturelles non polluées. Dans le
150 oC en service prolongé. Les additions de cadmium et d’étain,
passé, un tel cuivre était très utilisé pour les foyers de locomo-
solubles aux teneurs employées, font augmenter simultanément la
tives alimentés en charbon ; il continue à être employé pour
prise d’écrouissage en fonction de la déformation et de la tempé-
divers échangeurs thermiques.
rature d’adoucissement des états écrouis.

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Le tableau 1 présente les propriétés mécaniques et électriques de ■ Câbles conducteurs à haute résistance mécanique : fabriqués à
fils très écrouis (tréfilage, diamètre = 12 à 0,6 mm jusqu’à 99,75 % partir de fils très écrouis en alliages Cu-Cd-Sn, ces câbles s’emploient
de réduction) avant et après des recuits partiels ou complets ; il également dans des caténaires de chemins de fer électriques. Trois
montre que l’étain est plus favorable à la prise d’écrouissage, mais nuances courantes permettent d’obtenir, par exemple, les associa-
que le cadmium augmente moins la résistivité du cuivre de base. tions Rm et C (% IACS) sur fils écrouis (d ≈ 1,5 mm) :
En passant de l’état recuit complet à l’état très écroui, les
augmentations de Rm et ρ20 reflètent des densités de dislocations  R m ≈ 600 MPa
Cu - 0,8 à 1,0 % Cd - 0,12 à 0,16 % Sn … 
nettement plus élevées que pour un cuivre pur, après une même  C % IACS ≈ 78
déformation. De plus, on note qu’un recuit partiel (6 h à 275 oC)
produit une combinaison intermédiaire pour R m et A %, avec  R m ≈ 650 MPa
récupération quasi totale des propriétés électriques : il s’agit d’un Cu - 0,8 à 1,0 % Cd - 0,38 à 0,42 % Sn … 
 C % IACS ≈ 60
adoucissement par restauration, sans recristallisation.
R ≈ 750 MPa
Jusqu’à 320 oC environ, il s’agit d’une restauration par annihilation Cu - 1,9 à 2,1 % Sn...................................  m
et regroupement des défauts réticulaires d’écrouissage ; mais,  C % IACS ≈ 34
au-delà de 320 oC, la recristallisation est rapide puis, en passant de
350 à 400 o C, la taille moyenne des grains recristallisés croît Enfin, signalons que le magnésium (≈ 0,5 %) est parfois employé
modestement : 3,5 à 5,0 µ m. comme substitut pour le cadmium et surtout l’étain, mais bien qu’elle
Soulignons qu’un adoucissement important par restauration seule soit moins chère que les deux autres, l’élaboration du cuivre au
est un phénomène rare pour les alliages cuivreux ; sur un plan magnésium est moins aisée en fonderie.
pratique, il présente les mêmes intérêts que des recristallisations à En plus des applications précitées, les alliages Cu-Cd-Sn sont très
grains très fins (cas des laitons figure 8). Enfin, il est évident que utilisés pour des électrodes de soudure par résistance (points ou
le degré de rétention des caractéristiques mécaniques de l’état écroui cordons).
des alliages Cu-Cd-Sn, comme pour d’autres, dépend fortement de
la température et de la durée d’exposition et, aussi, du niveau de
l’écrouissage initial. Ce sont donc les conditions précises d’usage
qui dictent le choix de l’alliage et de son état métallurgique. 1.3 Alliages monophasés 
■ Bandes de cuivre pour radiateurs automobiles : un cuivre avec
seulement 0,1 % de cadmium, à conductivité élevée (  92 % IACS),
Le cuivre solide a une capacité solvante exceptionnelle (Ni et Mn
permet de fabriquer des ailettes ou intercalaires de refroidissement
en toutes proportions, Zn jusqu’à 39 %, Al jusqu’à 9,4 %, Sn jusqu’à
très minces ( épaisseur  70 µ m), mais suffisamment écrouis et
15,8 % et Si jusqu’à 5,25 %). Les solutions solides α correspondantes
rigides pour être assemblés et ne pas perdre cet écrouissage (115 %),
conservent la structure cubique à face centrée du cuivre de base et,
lors d’opérations de soudage tendre (par exemple, bains fondus
comme lui, présentent une grande capacité de déformation à froid,
Pb-Sn, vers 370 à 390 oC) ou en service prolongé.
grâce à plusieurs systèmes de glissement équivalents.
■ Fils de contact pour caténaires de traction ferroviaire ou Chaque addition confère un durcissement utile plus important au
trolley-bus : c’est l’alliage Cu-1 % Cd, à 90 % IACS, qui est préféré cuivre recuit. Des combinaisons très variées de propriétés méca-
pour des conditions de service sévères : l’écrouissage apporté par niques (et électriques) deviennent possibles en associant des taux
l’étirage en section finale conduit à une limite d’élasticité, à une d’écrouissage et des tailles de grains fort différentes. Certes,
dureté et à une résistance au fluage supérieures à celles obtenues sur chaque addition apporte aussi des effets spécifiques sur la couleur,
des fils classiques en Cu/a1. Le fil de contact peut ainsi être tendu la densité, les conductivités électrique et thermique, sans oublier
sous une contrainte de service plus élevée, sans risques de fluage ; les propriétés chimiques des alliages correspondants, mais il reste
le fléchissement réduit et la dureté supplémentaire du fil font alors à déterminer les propriétés détaillées d’une solution solide stable,
diminuer son usure en service sous l’action combinée d’abrasions à plusieurs composants (Ni, Zn, Al, etc.) par traitement sur ordina-
mécaniques et d’arcs électriques. teur des propriétés connues des alliages binaires. (0)

Tableau 1 – Propriétés mécaniques et électriques des fils au cadmium et à l’étain écrouis et recuits
Fils écrouis Recuit partiel Recuit complet
Alliage Propriété (99,75 % de réduction) (après 6 h à 275 oC) (après 8 h à 350 oC)
Rm (MPa) 700 420 260
A % (base 200 mm) <1 9 23,5
Cu-0,8 % Cd
ρ20 (µΩ · cm) 1,97 1,83 1,80
C (% IACS) 87,5 94 96
Rm (MPa) 1 030 520 330
A % (base 200 mm) <1 5 21,5
Cu-2,0 % Sn
ρ20 (µΩ · cm) 5,47 5,07 5,06
C (% IACS) 31,5 34 34,1

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1.3.1 Cupro-nickels Les cupro-nickels résistent sensiblement mieux au ternissement


que le cuivre pur, surtout en atmosphères peu polluées, mais ils sont
Ces alliages (contenant jusqu’à 50 % de nickel) sont industrielle- surtout appréciés pour leur résistance à la corrosion générale et à
ment importants surtout pour leur bonne résistance à la corrosion la corrosion fissurante sous tension et, aussi, pour leurs propriétés
dans l’eau de mer, leur grande déformabilité à froid avec prise antifouling dans l’eau de mer. En particulier, la corrosion sous tension
d’écrouissage modérée, leur aptitude au soudage et, dans le cas du des cupro-nickels même en présence de traces d’ammoniaque, est
constantan (CuNi44Mn1) pour leurs propriétés électriques [ρ20 rela- pratiquement inconnue.
Nota : antifouling : aptitude à détruire le pouvoir accrocheur de nombreux organismes
tivement élevée (49 × 10–8 Ω · m), et coefficient de variation avec la biomarins (mollusques, algues, etc.). Le fouling est généralement nuisible et coûteux :
température très faible (± 0,000 02 entre 20 et 100 oC)]. Très souvent, promoteur de corrosions, obstruction de conduites, résistance accrue à la propulsion de
bateaux avec consommation importante de fioul.
les alliages industriels comportent des additions mineures de
manganèse (pour désoxyder et piéger toute trace d’impureté de Les nuances suivantes sont très utilisées pour les tubes-
soufre, sous forme de MnS) et de fer, ce qui améliore nettement leur échangeurs et les plaques-tubulaires de condenseurs refroidis à l’eau
tenue en eau de mer. Du fait d’un intervalle de solidification assez de mer : (0)
large, les cupro-nickels sont sujets à une ségrégation mineure avec
variations des teneurs locales en nickel, fer et manganèse solubles
sur les ébauches coulées (ces variations ne sont pas nécessairement Tubes recuits
effacées par le corroyage en demi-produits). Vitesses
Propriétés mécaniques recommandées
De plus, une précipitation partielle du fer, sous forme de par- Alliages Rm Rp 0,5 A
ticules submicroscopiques, accompagnée d’un durcissement par de circulation
précipitation modéré, est favorisée par des recuits à des tempéra- d’eau (1)
tures relativement faibles (vers 600 à 650 oC). Mais, en pratique, de (MPa) (MPa) (%) (m/s)
telles hétérogénéités éventuelles n’affectent que marginalement la CuNi10Fe1Mn 320 150 45 1,5 à 4
tenue des alliages à l’eau de mer. CuNi30Mn1Fe 420 150 40 1,5 à 4,5
Le nickel soluble fait profondément modifier les propriétés CuNi30Fe2Mn2 460 200 40 1,5 à 4,5
suivantes du cuivre :
(1) Eau de mer propre ou peu polluée.
— couleur : la teinte cuivre pâlit pour devenir argent ; au-delà de
10 à 15 % Ni, le cupro-nickel ne trahit plus la présence du cuivre ;
— conductivité et résistivité électriques (figure 3) ; Les vitesses de circulation recommandées résultent de l’expé-
— module d’élasticité : il croît continûment avec la teneur en nickel rience pratique :
et, pour un alliage donné, diminue avec l’écrouissage ; ce dernier — en eaux stagnantes ou lentes, les cupro-nickels deviennent
effet est probablement associé à une modification de la texture sujets à une corrosion par piqûres localisées, d’autant plus sérieuse
préférentielle ; que l’eau est polluée en sulfures (organique ou S – – ) ;
— températures d’adoucissement et de recristallisation : pour des — tout en résistant bien à une attaque par érosion-corrosion
cupro-nickels à 5 à 44 % Ni, la température de recuit croît jusqu’à (turbulence avec entraînement de bulles d’air), la vitesse maximale
650 à 875 oC. de circulation est aussi conditionnée par la présence de pollutions
chimiques et de matières solides en suspension.
En particulier, notons que la nuance CuNi30Fe2Mn2 plus dure est
à spécifier lorsqu’un entraînement de sable, avec l’eau de mer, est
inévitable. La nuance CuNi10Fe1Mn, pratiquement aussi ductile que
le cuivre pur, peut s’étirer en tubes de paroi très mince (0,8 mm et
moins) et s’adapte également à des fabrications par roulage-soudage
de bandes laminées. Sensiblement plus résistant que le cuivre
(corrosion et pression d’emploi), cet alliage trouve des débouchés
croissants :
— pour des conduites d’eaux salées (bateaux, plates-formes
offshore, etc.) ;
— pour des systèmes de contrôle hydraulique ou pneumatique ;
— pour ses propriétés antifouling (coques de bateaux de pêche,
cages d’élevage de poissons, etc.).
Enfin, depuis peu, l’on amorce le développement d’un cupro-nickel
(Cu-16 % Ni - 0,8 % Fe - 0,5 % Mn) avec une addition soluble de 0,5 %
de chrome qui associerait une bonne résistance à l’érosion-corrosion
à une meilleure tenue aux eaux lentes ou stagnantes.
La figure 4 présente l’évolution de Rm , Rp 0,5 , A %, HRB et HRF
en fonction du taux de réduction pour des fils étirés-tréfilés en
CuNi10Fe1Mn.
Cette figure illustre la déformabilité exceptionnelle de l’alliage
associée à une prise d’écrouissage modeste.
On observe que pour les forts écrouissages, les courbes tendent
vers une horizontale, ce qui montre qu’il existe une saturation appa-
rente d’écrouissage entre 90 et 96 %. Cette saturation est en réalité
due à une restauration dynamique en cours du tréfilage ; la remontée
Figure 3 – Influence du nickel sur la résistivité électrique subséquente, également observée sur le cuivre pur et divers alliages
des cupro-nickels peu chargés, résulte probablement d’un hyperécrouissage des zones
périphériques du fil proches de la filière (cette zone doit exister à
travers tout le tréfilage, mais son effet ne devient manifeste que sur

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Figure 5 – Diagramme d’équilibre cuivre-zinc (d’après [2])


Figure 4 – Influence du taux de réduction
sur les propriétés mécaniques de fils étirés-tréfilés Les laitons α industriels s’étendent donc de CuZn5 jusqu’à CuZn37
et leurs propriétés physiques, mécaniques et chimiques évoluent
des fils fins, fortement réduits). Il faut rappeler le prix relativement continûment avec leur titre en zinc, ainsi que leur prix matière, car
élevé du nickel par rapport au cuivre et bien d’autres métaux, mais le zinc reste sensiblement moins cher que le cuivre.
il est évident que le bilan économique, par exemple, pour un
condenseur principal de centrale thermique ou d’un pétrolier géant, 1.3.2.1.1 Couleur
doit tenir compte du coût d’arrêts involontaires dus à des corrosions La teinte rose du cuivre devient franchement dorée à partir de 10
et fuites de tubes, à leur installation et réparation, et pas simplement à 15 % de zinc, puis jaune avec reflets verdâtres vers 30 % de zinc.
du coût des tubes et plaques livrés. Cela étant dit, pour les centrales
nucléaires, du moins celles installées en bord de mer, les tubes
1.3.2.1.2 Masse volumique, coefficient de dilatation,
soudés en titane sont actuellement considérés comme plus fiables
conductivités électrique et thermique
et plus sûrs que les meilleurs des tubes cuivreux. Mais, à l’exception
et module d’élasticité
de ce débouché menacé, il paraît probable que les applications des
cupro-nickels sont destinées à croître : L’influence de la teneur en zinc est mise en évidence sur les
— aquaculture : pour paniers en tôles déployées (élevage de figures 6a, b, c et d.
poissons, d’huîtres, etc.) ;
— dessalement, centrales thermiques : pour tubes et plaques- 1.3.2.1.3 Déformabilité à chaud
échangeurs ; revêtements de grosses conduites pour eau de mer La teneur en impuretés (notamment Pb et Bi) étant sévèrement
(antifouling ) ; limitée, les laitons α sont très déformables à chaud, bien que leur
— construction marine : conduites d’eau de mer, équipement de résistance mécanique (nettement plus élevée que celle des laitons
plates-formes offshore, revêtement de coques de bateaux, etc. ; riches en β) fasse limiter l’importance des passes de laminage ou
— construction mécanique : systèmes tubulaires de contrôle des rapports de filage. La température de préchauffage, environ 900
hydraulique ou pneumatique devant résister à la corrosion saline ; à 750 oC selon le titre en zinc, est donc aussi élevée que possible
tubes pour circuit de freinage dans l’automobile ; compte tenu de la nécessité de supprimer la phase β, hors équilibre.
— monnaie.
1.3.2.1.4 Déformabilité à froid
1.3.2 Laitons  (jusqu’à 37 % Zn) Tous les laitons α renommés pour leur ductilité à froid supportent
des réductions de 90 % et plus par laminage ou étirage-tréfilage, et
1.3.2.1 Généralités ils se prêtent à des mises en forme par pliage, emboutissage,
formage, gravage mécanique (tôles) et forgeage à froid (barres
Le diagramme d’équilibre Cu-Zn (figure 5) indique une solubilité et fils).
maximale de 39 % Zn vers 450 oC, qui décroît à plus haute et à plus
basse températures. Mais dans les plaques ou billettes coulées, il L’emboutissabilité des laitons α mérite une mention particulière.
existe des proportions croissantes de phase β, hors équilibre, pour Par des essais de traction uniaxiale, leur allongement élevé, réparti
une teneur en zinc supérieure à 30 % et, en pratique industrielle, il et en striction, fournit un premier indice de cette aptitude ; mais, de
devient impossible d’éliminer totalement cette phase pour atteindre plus, la courbe conventionnelle charge-allongement permet d’en
100 % de phase α homogène au-delà de 37 % de zinc. déduire :
— la courbe rationnelle ;

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— le coefficient d’écrouissage, n (variations de 0,4 à 0,7 surtout


avec la taille des grains) ;
— le coefficient d’anisotropie, r, traduisant le rapport des déforma-
tions en largeur et en épaisseur de l’éprouvette (variations d’environ
0,7 à 0,9).
Lorsque l’emboutissage comporte une expansion importante avec
peu de rétreinte, une valeur élevée de n est souhaitable pour prévenir
des ruptures précoces par amincissement local, tandis que dans le
cas contraire une valeur plus élevée est visée.
Enfin, il existe des essais simulatifs qui ont pour but de mesurer
l’aptitude de la tôle à produire des emboutis de forme simple surtout
par expansion (essais Jovignot, Erichsen, Persoz), ou par rétreint
(essais Guyot et Swift). Pour des fabrications plus complexes et déli-
cates, on s’oriente souvent vers une détermination des courbes
limites d’emboutissage qui prennent en compte un mixage des
différents modes de déformation et permettent, plus généralement,
de prévoir la possibilité de réalisation d’une pièce emboutie (articles
Essais mécaniques des métaux [M 120] [M 123] [M 125] dans le
présent traité).
Il reste à considérer deux ou trois facteurs métallurgiques : la
taille moyenne des grains α, leur texture cristallographique et,
éventuellement, le taux d’écrouissage (normalement limité), qui
affectent la qualité des produits emboutis. D’abord, pour des tôles
(épaisseur > 2 mm environ) l’allongement croît progressivement
avec la taille des grains tandis que la limite élastique diminue, ce
qui est favorable à leur ductilité et à leur déformabilité. En
revanche, pour des produits minces, il existe une taille optimale
des grains vis-à-vis de la section (tôle ou fil), conduisant à un maxi-
mum d’allongement. En pratique, on recommande :
— pour l’emboutissage ou des formages sévères de tôles
épaisses : grains de diamètre > 120 µm ;
— pour l’emboutissage de tôles moyennes (épaisseur ≈ 1 mm) :
grains de diamètre 35 à 50 µm ;
— pour l’emboutissage (ou le pliage) de tôles minces, surtout
lorsque la rugosité de déformation est à minimiser : grains de
diamètre < 10 µm.
Cette rugosité ou peau d’orange apparaît aux surfaces libres
d’objets pliés ou emboutis (même légèrement), du fait de la défor-
mation anisotrope des grains superficiels faisant apparaître des
dénivellations aux joints des différents grains. L’effet est d’autant
moins apprécié qu’une finition lisse ou polie est recherchée car son
élimination par polissage mécanique est onéreuse (cas d’objets
décoratifs à revêtir avec électro-dépôts brillants).
Enfin, si la tôle de laiton présente une texture préférentielle
marquée correspondant à des propriétés mécaniques anisotropes,
l’emboutissage (par exemple de flans en godets cylindriques)
conduit à la formation de cornes par variations d’épaisseur suivant
la direction du laminage. Naturellement l’intensité d’une telle texture
est fonction des réductions employées et des conditions de recuit
(intermédiaires et finales) et le transformateur doit en tenir compte
pour l’application envisagée.

Remarque : dans des cas particuliers, une texture préféren-


tielle de recristallisation peut être avantageusement exploitée
pour des emboutissages dissymétriques ; il en est de même
pour des lames ressort découpées dans des bandes de laiton
très écrouies. Par exemple, la texture de laminage d’un laiton
CuZn30, après une réduction de 90 à 95 % conduit à une résis-
tance mécanique d’environ 900 MPa en travers et de 700 MPa en
long, avec une différence analogue pour les limites élastiques.

1.3.2.1.5 Recuits
L’évaporation du zinc dans les laitons peut devenir sérieuse
au-dessus de 650 oC, mais elle est rarement un problème en recuits
industriels. Sur tôles épaisses, par exemple de quelques millimètres
d’épaisseur, l’emploi d’une atmosphère légèrement oxydante réduit
fortement cette dézincification, et le décapage subséquent complète
l’assainissement du produit. Dans ce cas, l’obtention de grains de
Figure 6 – Influence de la teneur en zinc diamètres 120 à 300 µm environ est accessible car le taux d’écrouis-
sur les propriétés des laitons  sage préalable reste limité.

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Pour les demi-produits d’épaisseur moyenne ou faible, on utilise à 35 à 37 % de zinc par exemple, car la précipitation de β est alors
généralement une atmosphère neutre ou légèrement réductrice pour très rapide.
limiter ou même supprimer tout décapage éventuel, tandis que des Pour mémoire, rappelons le grand intérêt d’un traitement
traitements en continu, de durée très courte, ou des recuits statiques thermique vers 280 oC (≈ 2 h) pour détendre les contraintes internes,
à plus basse température (< 500 oC) permettent d’éviter toute perte inévitablement présentes dans un laiton α, après une déformation
significative de zinc. hétérogène par pliage, emboutissage, etc. La détente se produit
En ajustant, notamment, la taille des grains à l’avant-dernier recuit, progressivement à 280 o C par une relaxation importante des
le taux de réduction et les conditions du recuit final (température contraintes élastiques, d’ailleurs sans modification significative de
et durée), on fabrique couramment des bandes ou tôles recuites avec l’écrouissage emmagasiné en l’absence de toute restauration et
des grains de diamètres d < 4 µm, jusqu’à d > 100 µm. En y ajoutant, recristallisation. Une telle détente confère une stabilité dimension-
éventuellement, un écrouissage dosé (réduction finale de 8 % ou nelle (lors du découpage ou d’usinages, en général) et, surtout, elle
plus), les laitons α fournissent une variété large de propriétés méca- élimine toute susceptibilité des laitons α à la corrosion fissurante
niques différentes associées à telle ou telle aptitude précise. dans certains milieux corrosifs (§ 2.3.2.4).
Du fait de la diffusion lente à une température inférieure à 350 oC, Les figures 7a, b, c et d présentent respectivement les propriétés
les risques de précipitation de la phase β’ (ordonnée, § 1.5.1), lors mécaniques Rm , Rp 0,5 , A % et HV, en fonction de la teneur en zinc,
de recuits suivis de refroidissement, sont quasiment nulles. En pour divers états de livraison. Il est évident que l’influence majeure
revanche, il faut éviter de passer même momentanément en du zinc dépend de son durcissement (solution solide) et relativement
domaine (α + β), lors d’un recuit en continu trop chaud des laitons peu de la prise d’écrouissage supplémentaire.

Figure 7 – Influence de la teneur en zinc sur les propriétés mécaniques de laitons  à divers états

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La figure 8 illustre le mécanisme de recristallisation progressive — limite élastique (Rp 0,5 ) : l’augmentation est surtout utile pour
de tôles laminées de laiton à 30 % de zinc, très fortement écrouies l’alliage CuZn27Ni18 à l’état écroui (ressorts) ;
(courbe I) ou faiblement écrouies (courbe II). — conductivité et résistivité électriques : l’effet spécifique du
nickel sur la résistivité électrique est bien plus fort que celui du zinc ;
1.3.2.2 Laitons  spéciaux pour tenue à la corrosion aqueuse la conductivité électrique reste toutefois largement suffisante pour
bien des applications en téléphonie ;
Certains laitons α sont depuis longtemps utilisés sous forme de — ternissement et corrosion : rarement chiffrée de façon significa-
tubes recuits pour les échangeurs thermiques (usine de dessalement tive, la résistance des maillechorts au ternissement atmosphérique
et condenseurs principaux de centrales thermiques et de navires), et à la corrosion par la plupart des acides organiques et par de
refroidis à l’eau. Sans exception, ces laitons renferment une addition nombreux produits alimentaires (lait, cidre, bière, sirop de sucre,
soluble d’arsenic (0,02 à 0,06 %) pour combattre la dézincification, etc.) est néanmoins bonne. Notons, en particulier, une résistance
corrosion pernicieuse qui conduit à la dissolution sélective du zinc, notable à l’eau de mer et à la sueur (manipulation d’objets décoratifs,
en laissant des zones spongieuses de cuivre : poignées de portes, balustrades, montures de lunettes, clefs, etc.).
— la nuance simple CuZn30 convient déjà pour des eaux de
Comme tous les laitons α, les maillechorts sont très déformables
refroidissement assez pures de lacs et rivières propres (sans pollu-
à froid mais, bien entendu, il faut aussi tenir compte de l’influence
tion solide ni chimique : Cl – < 0,1 % et pH ≈ 7 ou 8) ;
de la taille des grains et de leur texture sur les propriétés méca-
— CuZn29Sn1 (laiton Amirauté ) où l’étain soluble favorise la
niques, la pliabilité et l’emboutissabilité. En plus de la peau
formation en service d’une couche plus protectrice, même dans des
d’orange (gros grains), les tôles de maillechort embouties légère-
eaux légèrement polluées de rivières et des estuaires (mais la
ment tendent à développer des vermiculures légèrement en creux
présence de sable ou de vase en suspension ou d’un extrait sec
lorsque leurs grains sont inférieurs à 25 µm environ. Ce défaut est
supérieur à 0,4 % en masse proscrit son usage) ;
dû à des déformations locales par lignes de Lüders-Piobert et il
— CuZn22Al2 (laiton à l’aluminium) où l’aluminium soluble fait
doit surtout être évité sur des objets décoratifs devant recevoir un
renforcer notablement la tenue de la couche protectrice formée en
revêtement par électrodéposition brillante (plats argentés par
début de service et confère au tube une bonne résistance à la
exemple). Pour les applications aux ressorts, on utilise des bandes
corrosion-érosion ; c’est l’alliage le plus employé pour les tubes
ou tôles très écrouies pour leur limite d’élasticité et leur résistance
échangeurs refroidis à l’eau de mer, éventuellement polluée.
à la fatigue élevées, leur mise en œuvre comportant souvent des
découpes complexes et des pliages. De plus, un recuit final de
1.3.2.3 Maillechorts  (Cu-Zn-Ni) détente (2 h à 280 à 300 oC) est souhaitable pour diverses raisons :
Les maillechorts trouvent leurs usages principaux dans la décora- — une forte réduction des contraintes internes augmente
tion, du fait de leur ressemblance à l’argent métal et d’une résistance notablement la résistance du ressort à la relaxation des contraintes,
notable au ternissement atmosphérique, et comme ressorts conduc- éventuellement maintenues en service ;
teurs, notamment en télémécanique, pour leurs bonnes propriétés — bien que les maillechorts soient moins susceptibles à la
élastiques. Mais, avec une teneur de 10 à 18 % de nickel, leur prix corrosion fissurante que les laitons simples, la détente permet
matière est évidemment plus élevé que celui des laitons simples. toutefois de supprimer tout risque sur des objets peu sollicités en
Les effets principaux du nickel sur les propriétés du laiton de service ; même en présence des contraintes élastiques de service,
base peuvent se résumer ainsi (tableau 2) : la corrosion sous tension sur les ressorts téléphoniques reste très
rare, sans doute parce que les agents corrosifs spécifiques (NH3 ,
— couleur : au-delà de 12 % de nickel, le maillechort prend la teinte SO2 , etc) sont normalement absents ;
argent, mais à 10 % de nickel, il persiste une lueur jaunâtre ; — enfin, un traitement thermique bien contrôlé vers 300 oC
— module d’élasticité : il croît avec le titre en nickel, aussi bien apporte un durcissement par précipitation qui présente de l’intérêt
pour les états écroui que recuit ; surtout en ce qui concerne la limite d’élasticité (Rp 0,1) des bandes
très écrouies. (0)

Tableau 2 – Propriétés mécaniques et électriques des principales nuances de maillechorts 


Propriétés CuZn27Ni10 CuZn24Ni12 CuZn21Ni15 CuZn20Ni18 CuZn27Ni18 CuZn30 (1)
Module d’élasticité ER .................................... 120 123 127 133 134 110
(103 MPa) EE .................................... – 131 132 137 140 99

Rp 0,5 (MPa) ER (Mc = 35 µm) ............. 140 145 145 170 185 115
EE (50 %)......................... 525 545 545 590 620 450
 ER (Mc = 35 µm) ............. 365 385 395 400 450 340
Rm (MPa)  EE (50 %)......................... 655 640 635 635 640 595

 ER (Mc = 70 µm) ............. 340 360 365 370 375 315
 ER (Mc = 10 µm) ............. 415 420 420 420 430 365
ρ20 (µΩ · cm) ER .................................... 20 22 25 29 31 6,2
C % IACS ER .................................... 8,6 7,8 6,9 5,9 5,5 28
EE état écroui.
Mc moyen cristal.
ER état recuit.
(1) laiton simple pour comparaison.

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Figure 8 – Recristallisation du laiton CuZn30 laminé

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Ce dernier phénomène, récemment clarifié sur l’alliage 1.4 Alliages à durcissement par précipitation
CuZn27Ni18, est attribué à la formation de domaines ordonnés
(proches de la composition stœchiométrique CuZnNi) ; d’ailleurs
l’intensité du durcissement croît surtout aux écrouissages élevés.
1.4.1 Définition
Pour qu’un alliage puisse présenter un durcissement par précipita-
Remarque : la prise d’écrouissage (accroissements de Rp 0,5 et tion, il faut, entre autres, que la solubilité d’équilibre de l’élément
Rm) sur maillechorts est plus importante que celle des alliages d’alliage croisse assez fortement avec la température. De nombreux
binaires, Cu Ni ou Cu Zn, déjà considérés (tableau 2). De plus, le éléments présentent dans le cuivre cette particularité.
module d’élasticité des maillechorts croît sensiblement en pas- Une autre source d’alliage à durcissement par précipitation est
sant de l’état recuit à écroui, tandis que, pour le laiton Cu Zn 30, l’utilisation de la précipitation combinée d’un composé Xa Yb dans
l’on constate le contraire. Il nous apparaît possible que ces ano- le cuivre, les éléments X et Y pouvant être seuls, parfaitement
malies soient aussi associées au développement, dans les solubles dans le cuivre. Par exemple, des additions en proportions
maillechorts, de domaines ordonnés. stœchiométriques de nickel et de silicium, tous les deux séparément
solubles dans le cuivre, conduisent à un alliage pseudo-binaire,
Cu-Ni2Si, à durcissement par précipitation.
En général, les maillechorts ne se prêtent pas aux formages à
chaud bien que le laminage des plaques coulées ne présente pas Ainsi, beaucoup d’alliages à base de cuivre peuvent présenter un
de problèmes après une désoxydation efficace. Leur assemblage par durcissement par précipitation, mais en fait, peu ont été développés
soudage à l’étain (Pb-Sn), par brasage à l’argent (teinte analogue) industriellement.
ou par soudage au chalumeau est également très satisfaisant ; mais En effet, les alliages cuivreux à durcissement par précipitation sont
leur soudage électrique peut présenter des problèmes : le soudage principalement employés pour leurs propriétés de conductivités
par points et par résistance est plus aisé que par arc électrique électrique et thermique alliées à des propriétés de résistance à la
classique, tandis que le soudage à l’argon n’est pas recommandé. corrosion, et plus rarement d’amagnétisme et à des propriétés anti-
Enfin, l’indice d’usinabilité des maillechorts varie de 20 à 25 %, étincelle. C’est donc en premier lieu le compromis conductivité élec-
vis-à-vis du laiton de décolletage CuZn40Pb à 100 % choisi comme trique – caractéristiques mécaniques qui fixe les possibilités d’emploi
étalon. de ces divers alliages. Malheureusement, ce sont les éléments qui
Les maillechorts se prêtent bien à l’électrodéposition de revête- permettent le plus fort durcissement par précipitation (comme le
ments Au, Ag, Ni, Rh, Cr et autres : les couverts de table, les pla- béryllium) qui conduisent aussi à la plus faible conductivité élec-
teaux et autres objets d’art en maillechort argenté sont bien trique. Ainsi, la figure 9 montre que, pour les principaux alliages
connus ; de plus, la disparition locale de l’argenture par usure pro- cuivreux à durcissement par précipitation à l’état trempé-revenu, la
longée reste peu visible, ne corrode pas et n’a pas d’effets résistance mécanique et la conductivité électrique varient en sens
toxiques. Dans le cas des ressorts conducteurs, la résistance intrin- inverse l’une de l’autre.
sèque au ternissement permet souvent d’employer les maillechorts
sans protection, mais, lorsqu’une résistance de contact, faible et
reproductible, est essentielle, on adjoint, plus ou moins locale-
ment, un revêtement de métal noble.
Parmi les nombreuses études et tentatives pour développer des
maillechorts à propriétés supérieures qui jusqu’ici n’ont pas abouti
à des fabrications importantes, il y a lieu de citer l’addition de manga-
nèse. Cet élément, souvent employé comme désoxydant avant la
coulée, a aussi le pouvoir de blanchir les laitons et de reproduire
une teinte argent. Plusieurs résultats suggèrent que le manganèse,
plus abondant et moins cher que le nickel, pourrait remplacer ce
dernier, au moins partiellement, sans nécessairement modifier les
propriétés d’usage du maillechort de façon significative. Une étude
plus récente (1980) sur des alliages Cu-Zn-Ni-Mn (éventuellement
avec 1 à 2 % Co) signale des propriétés mécaniques exceptionnelles
après écrouissage et revenu durcissant (tableau 3). (0)

Tableau 3 – Propriétés mécaniques


de l’alliage Duriflex 1 400 (1)
Écroui Revenu
État Recuit
(50 % de réduction) 4 h à 390 oC
E (103 MPa) 105 105 120
Rm 550 900 1 400
Rp 0,2 (MPa) 300 800 1 300
A % (sur 50 mm) 40 6 4
(1) Cu40Zn25Ni20Mn15
C (% IACS) ≈ 5 à 6.

■ Applications principales des maillechorts  :


— décoration : orfèvrerie, couverts de table, objets d’art,
médailles, briquets, etc. ; Figure 9 – Résistance mécanique et conductivité électrique
— architecture : portes, fenêtres, vitrines, comptoirs ; comparées des principaux alliages cuivreux à durcissement
— télécommunications : ressorts de contact, relais, sélecteurs par précipitation à l’état trempé-revenu
téléphoniques, commutateurs.

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On peut donc, de cette façon, diviser arbitrairement les alliages 1.4.2.2 Cuivre-zirconium
cuivreux à durcissement par précipitation en trois groupes
La solubilité maximale du zirconium n’est que de 0,12 à 0,15 %
(tableau 4) :
à la température de l’eutectique (965 oC), tandis que la solubilité vers
— les alliages à haute conductivité électrique et à caractéristiques 500 oC devient extrêmement faible. La conductivité électrique peut
mécaniques faibles (I) ; ainsi dépasser 90 % IACS pour les états TR et, avec un écrouissage
— les alliages à conductivité électrique et à caractéristiques intermédiaire important (états TER ), atteindre 95 et même
mécaniques moyennes (II) ; 98 % IACS.
— les alliages à hautes caractéristiques mécaniques et à faible
conductivité électrique (III). Le durcissement par précipitation de cet alliage est peu important
pour les états TR. L’intérêt pratique de cet alliage provient du fait
Avant d’étudier les alliages cuivreux industriels suivant la que le zirconium augmente beaucoup la température d’adoucisse-
classification précédente, on doit signaler que, si les traitements ment du cuivre.
thermiques ordinaires d’un alliage à durcissement par précipitation
sont la mise en solution-trempe (T ) suivie d’un revenu (R ), les opéra- Non seulement l’alliage conserve son écrouissage après des
tions de transformation en demi-produits (laminage, étirage, etc.) ou expositions prolongées jusqu’à 200 à 250 oC, mais de plus ses
de mise en forme finale (emboutissage, pliage, etc.) nécessitent des propriétés mécaniques à chaud restent satisfaisantes avec une
déformations plastiques à froid (écrouissage : E ) qu’il faut placer bonne ductilité jusqu’à des températures de l’ordre de 500 oC. Pour
dans le cycle de transformation par rapport à la trempe et au revenu. avoir la meilleure conductivité électrique en conservant la majeure
On peut ainsi voir les cycles TER (trempe-écrouissage-revenu), TRE partie du bénéfice de l’écrouissage, le cycle TER est généralement
(trempe-revenu-écrouissage) ou faire toutes les opérations de défor- employé.
mation plastique avant trempe et revenu (TR ). Enfin, cet alliage présente un net avantage sur le cuivre-chrome
en ne montrant aucune tendance à la décohésion ou à la fragilisation
(figure 11) sous l’action d’une contrainte maintenue à tiède (80 à
1.4.2 Alliages à conductivité électrique élevée 300 oC). Par ailleurs, sa résistance au fluage est supérieure et il n’est
et caractéristiques mécaniques modérées pas sensible à l’effet d’entaille. Pour cette raison, l’alliage cuivre-
zirconium est utilisé par exemple pour les coins de collecteurs, pour
1.4.2.1 Cuivre-chrome (Cu-0,7 % Cr) moteurs électriques fonctionnant à température élevée.
Cet alliage permet d’obtenir une conductivité électrique proche de
celle du cuivre pur, tout en présentant un durcissement par précipita-
tion non négligeable. La figure 10 montre qu’à la température de
mise en solution-trempe généralement utilisée (980 à 1 000 oC),
0,37 % de chrome passe en solution solide alors qu’à la température
de revenu (≈ 450 oC), moins de 0,03 % Cr reste en solution solide,
ce qui permet d’atteindre une conductivité électrique élevée après
revenu (  80 % IACS ).
Dans le cas de pièces coulées ou forgées, le cycle TR est
généralement employé tandis que pour les produits corroyés, tôles
et barres, on exploite normalement le cycle TER avec un taux de
déformation faible ou moyen (25 à 60 % de réduction), car
l’écrouissage correspondant s’ajoute au durcissement par précipi-
tation final.
Figure 10 – Diagramme d’équilibre Cu-Cr
Cet alliage est utilisé principalement pour les électrodes et les aux températures de revenu et de trempe généralement utilisées
molettes de soudage électrique.

(0)

Tableau 4 – Caractéristiques mécaniques et électriques des principaux alliages cuivreux


à durcissement par précipitation en fonction de leur état métallurgique
Groupe I II III

Alliages Cu-Cr Cu-Zr CuNi2Si Cu-Co-Be CuBe2

État Teneurs industrielles 0,7 % Cr 0,15 % Zr 2,5 % Ni-0,5 % Si 2,6 % Co-0,6 % Be 2 % Be-0,3 % Ni ou Co
Caractéristiques
T Température de mise en solution (oC).... 980 à 1 000 925 750 à 850 900 800
Résistance à la rupture (MPa).................. 280 260 320 350 500
Conductivité (% IACS) .............................. 45 60 30 20 17
Température de revenu (oC) .................... 475 500 475 480 320
TR Résistance à la rupture (MPa).................. 450 320 650 770 1 250
Conductivité (% IACS) .............................. 82 92 42 45 22
Réduction (%)............................................ 50 90 60 20 40
TER Résistance à la rupture (MPa).................. 500 500 800 850 1 400
Conductivité (% IACS) .............................. 85 95 40 48 22

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1.4.2.3 Autres alliages


Les avantages du chrome et du zirconium dans le cuivre ont été
combinés dans un alliage Cu-0,6 % Cr-0,08 % Zr qui combine une
bonne résistance au fluage et à la décohésion à chaud à la rétention
d’écrouissage et au durcissement par précipitation ; il tend à
remplacer le cuivre au chrome pour les électrodes et molettes de
soudage.

1.4.3 Alliages à conductivité électrique


et caractéristiques mécaniques moyennes
1.4.3.1 Alliage Cu-Ni2Si
Cet alliage présente un durcissement par précipitation dû à la
précipitation du composé Ni2Si (bien que le nickel seul dans le cuivre
soit totalement soluble de 0 à 100 % Ni). D’ailleurs, les teneurs nomi-
nales de l’alliage industriel (2,5 % Ni et 0,5 % Si) se rapprochent de Figure 11 – Ductilités comparées des alliages cuivre-zirconium
la composition stœchiométrique Ni2Si. et cuivre-chrome (d’après [3])
La solubilité maximale des éléments à 1 030 oC correspond à 9 %
de Ni2Si environ, alors qu’à 650 oC elle descend à 1 %. Cependant
la solubilité du composé Ni2Si n’est pas négligeable aux tempéra-
tures classiques de revenu (425 à 500 oC) ; il est donc rare que la
conductivité électrique dépasse 38 à 45 % IACS, d’autant plus qu’un
léger excès de nickel ou de silicium est quasi inévitable dans l’alliage
industriel.
Compte tenu de sa limite de fatigue élevée, de sa résistance à la
corrosion généralisée (action bénéfique du nickel), et de sa tenue
à chaud jusqu’à 250 oC, cet alliage trouve des emplois en mécanique,
en électricité et en construction navale.
Bien qu’il ait une conductivité électrique (et thermique) plus faible
le faisant classer dans le troisième groupe, on peut mentionner à
ce stade l’alliage CuZn15NiSi, un laiton à 15 % de zinc contenant du
nickel, du silicium et de l’aluminium, qui est surtout employé sous
forme de tubes (condenseurs, etc.). Cet alliage combine l’effet d’une
solution solide (dû au zinc) à l’effet d’un durcissement par précipita-
tion (précipitation de Ni 2 Si) après avoir subi les traitements
thermiques nécessaires (trempe et revenu).

1.4.3.2 Alliages à basse teneur en béryllium (Cu-Co-Be)


Le prix élevé du béryllium a conduit au développement d’alliages
à basse teneur en béryllium et principalement de l’alliage Cu-Co-Be
(2,4 à 2,7 % de cobalt et 0,4 à 0,7 % de béryllium). La précipitation
du cobalt dans le cuivre conduit à un durcissement par précipitation
assez faible, mais ici la précipitation du composé CoBe permet Figure 12 – Diagramme d’équilibre de l’alliage cuivre-béryllium
d’obtenir des caractéristiques mécaniques intéressantes alliées à (d’après [4])
une conductivité électrique de l’ordre de 45 % IACS.

(précipités incohérents non durcissants), permettant ainsi une


1.4.4 Alliages à basse conductivité électrique amélioration du confort industriel (temps et température lors du
et hautes caractéristiques mécaniques revenu final).
L’intervalle de solidification de cet alliage est important ; la coulée
Il s’agit principalement de l’alliage de cuivre à 2 % en masse de
semi-continue diminue les ségrégations et facilite l’homo-
béryllium.
généisation.
Le diagramme binaire Cu-Be est donné sur la figure 12. Ainsi, plus
Pour les produits corroyés, la mise en solution totale à 800 oC
de 2 % de béryllium en masse (soit 13 % atomique) sont solubles
nécessite très peu de temps ; une trempe efficace sans grossisse-
dans le cuivre à 800 oC (température de mise en solution-trempe
ment du grain sur fils ou bandes minces peut être faite en continu
idéale).
à la sortie d’un four suffisamment long, avec un défilement rapide.
À la température de revenu (320 oC), 0,2 % du béryllium reste en
On constate quelquefois qu’après revenu, des pièces finies ont
solution solide dans le cuivre et ne permet pas de dépasser une
subi des déformations permanentes. Ces déformations sont dues à
conductivité électrique de 22 % IACS.
la contraction non négligeable (≈ 0,6 %) qui accompagne la décom-
L’alliage commercial contient toujours un peu de nickel (en France) position de la solution solide sursaturée. Il est néanmoins possible
ou de cobalt (aux États-Unis) et quelquefois les deux : la somme des de les réduire en ayant recours aux moyens suivants :
deux additions ne dépasse généralement pas 0,4 % en masse. Ces — un écrouissage moyen ou élevé, entre trempe et revenu, réduit
additions affinent le grain de recristallisation, mais surtout stabilisent fortement et, dans certains cas, élimine la déformation résultant du
la phase γ ’ (précipités cohérents produisant le durcissement par revenu final ;
précipitation) en retardant l’apparition de la phase d’équilibre γ

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— le revenu final est réalisé sur des pièces bridées dans un La transformation ordre-désordre est quasiment instantanée et
montage convenable ; c’est donc toujours cette phase β ’qui est présente dans l’alliage à
— le degré de déformation pour une pièce donnée croît avec le température ambiante.
taux de durcissement par précipitation, on peut donc réduire l’effet Les limites de solubilités α ↔ α + β et α + β ↔ β varient avec la
par sous-revenus mais en sacrifiant une partie du durcissement température. Pour une composition donnée, la structure α + β d’un
possible. alliage sera donc fonction de l’histoire thermique de cet alliage au
Un autre problème est celui de l’usure des outils d’usinage et de cours de sa transformation à chaud.
découpage. Les ennuis rencontrés proviennent généralement des Par exemple, à très haute température la structure pourra être
causes suivantes : uniquement β, mais ceci est à éviter car le grain β seul croît très
— excès de nickel ou de cobalt : ces deux éléments se combinent rapidement. Le travail à chaud se fera donc de préférence dans le
au béryllium pour donner des composés intermétalliques très durs ; domaine α + β, la température permettant de fixer les proportions
— présence de phase β : les produits bien corroyés obtenus à des phases α et β désirées. Par un refroidissement lent, la proportion
partir d’une coulée semi-continue tendent à éliminer ce risque ; de la phase α augmentera aux dépens de la phase β (figure 14).
— présence d’oxydes superficiels : le béryllium, très avide
La solubilité du zinc dans le cuivre est maximale à 450 oC avec
d’oxygène, conduit à la formation d’une couche d’oxyde riche en
39 % de zinc en masse. Au-dessous, le diagramme d’équilibre
BeO jouant le rôle de barrière de diffusion pour l’oxygène ; l’oxyda- (figure 5) laisse apparaître une diminution de la solubilité du zinc,
tion superficielle (et a fortiori interne) est donc très ralentie ; en
mais, dans la pratique, la précipitation de la phase β’ est si lente à
revanche, cette couche d’oxyde est particulièrement inerte vis-à-vis
basse température, que l’on peut considérer la limite de 39 % de
de nombreux réactifs et ne peut être décollée que dans un bain
zinc comme valable jusqu’à la température ambiante.
d’acide sulfurique chaud à 10 % ; il y a donc intérêt à éviter l’oxyda-
tion lors des traitements thermiques par l’emploi d’atmosphères
neutres ou légèrement réductrices (et éventuellement d’un bain de
1.5.2 Titre fictif en cuivre
sels fondus pour les revenus vers 300 à 350 oC, sauf pour les pièces
moulées à cause des microporosités).
Des additions peuvent être présentes volontairement ou non
À caractéristiques mécaniques équivalentes, le cuivre-béryllium (impuretés) dans les laitons biphasés. Que ces éléments se séparent
est préféré à l’acier dans les cas où interviennent les avantages en une nouvelle phase, comme le plomb, ou qu’ils se solubilisent
suivants : dans les phases α et β, la théorie du titre fictif de l’alliage permet
— conductivités électrique (un quart de celle du cuivre pur mais de pouvoir continuer à utiliser le diagramme binaire Cu-Zn pour
le double de celle des aciers à ressorts) et thermique plus élevées ; déterminer les proportions des phases α et β de l’alliage.
— module d’élasticité plus faible ;
Soit un laiton ternaire contenant :
— meilleure résistance à la corrosion ;
— bonnes propriétés de frottement ; • A % de cuivre ;
— propriétés antiétincelantes ; • X % d’un élément d’addition.
— amagnétisme. Ce laiton contient par conséquent 100 – (A + X ) % de zinc.
Il est donc utilisé dans un grand nombre d’applications comme Le titre fictif A ’ % en cuivre, permettant l’utilisation du dia-
ressorts, diaphragmes et capsules manométriques, pièces de frotte- gramme Cu-Zn, est donné par la formule :
ment et d’usure, pour des applications horlogères et enfin pour des
outils spéciaux ou pour ses propriétés antiétincelantes et son 100
A′ = A × ------------------------------------------
amagnétisme. 100 + X ( K – 1 )
K étant un coefficient d’équivalence relatif à chaque élément
d’addition.
1.5 Laitons biphasés  + . Laitons au plomb Si K est plus grand que 1, l’élément d’addition tend à augmenter
la proportion de phase β dans le laiton, c’est donc un élément
1.5.1 Constitution et diagramme bétagène ; si K est plus petit que 1, l’élément tend à augmenter la
proportion de phase α, c’est un élément alphagène. (0)
Le diagramme Cu-Zn (figure 5) montre qu’au-delà de 32 % de zinc
dans le cuivre apparaît progressivement une phase β qui remplace
totalement la phase α au-delà de 45 % Zn. Éléments alphagènes K Éléments bétagènes K
Cette phase β est de structure cubique centrée (ou cubique à corps
centré cc). Elle s’ordonne au-dessous d’une certaine température qui Ni – 1,2 Sn 2
varie avec le titre en zinc (453 à 470 oC) et s’appelle alors β’. On peut Co –1 Al 6
Pb 0 Si 10
considérer cette phase β’ comme l’imbrication de deux réseaux Mn 0,5
cubiques simples, l’un de cuivre, l’autre de zinc, ou comme un réseau Cd 0,7
cubique centré, mais avec tous les atomes de cuivre au sommet du Fe 0,9
cube et les atomes de zinc au centre ou inversement (figure 13).

Ceci explique par exemple que la teneur en zinc des laitons α à


2 % d’aluminium doit être limitée à 22 % (titre normalisé CuZn22Al2)
si l’on veut garder effectivement une structure monophasée.
Dans le cas important des laitons au plomb, le graphique de la
figure 15 permet d’obtenir directement le titre fictif en cuivre. Par
exemple pour l’alliage normalisé CuZn40Pb3 dont le titre en cuivre
est de 57 %, avec K = 0, la formule donnerait :
100
A′ = 57 × --------------------- = 58,76 %
Figure 13 – Structure de la phase  ′ du diagramme cuivre-zinc 100 – 3
valeur donnée directement sans calcul à l’aide de la figure 15.

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1.5.4 Aptitude à l’usinage

Dans un grand nombre de cas, les laitons α + β sont utilisés pour


leur bonne usinabilité. Le terme usinabilité recouvre en fait trois
propriétés différentes :
— le fractionnement du copeau ;
— la durée de vie de l’outil ;
— l’état de la surface usinée.
Le fractionnement du copeau est particulièrement apprécié dans
le cas du décolletage sur tours automatiques.
Alors que la phase α très ductile conduit à des copeaux longs en
hélice, la phase β’ dure et fragile permet une rupture de copeaux
en multiples parties. Un alliage α + β aura donc d’autant moins
Figure 14 – Micrographie d’un laiton de décolletage CuZn40Pb3
tendance à donner des copeaux longs que la proportion de phase β
sera plus importante. La répartition des deux phases α et β a égale-
ment une certaine influence. En contrepartie, la durée de vie de l’outil
sera plus réduite.
■ Addition de plomb
En plus de cette caractéristique de la phase β’, l’addition volontaire
de plomb est utilisée dans les laitons pour améliorer encore leur
usinabilité. Le plomb insoluble reste dans l’alliage sous forme de
globules sphériques. Ces globules facilitent la fragmentation du
copeau, et semble-t-il, en fondant sous le travail de l’outil, le plomb
joue un rôle de lubrifiant.
Pour que l’effet du plomb sur l’usinabilité du laiton soit maximale,
il est nécessaire que les globules soient très finement dispersés. En
particulier, au cours de l’élaboration et de la transformation du métal,
des précautions spéciales doivent être prises pour éviter la
coalescence des globules de plomb, par exemple lors de recuits inter-
médiaires utilisés dans la fabrication des petites barres.
S’il améliore l’usinabilité, le plomb a cependant l’inconvénient de
diminuer la ductilité du métal aussi bien à chaud qu’à froid.
Néanmoins, l’emploi de la coulée semi-continue, en dispersant
finement les globules de plomb, et le filage à la presse ont permis
Figure 15 – Laitons au plomb : diagramme d’obtenir des barres contenant jusqu’à 4 % de plomb en masse, alors
permettant d’obtenir directement le titre fictif en cuivre de l’alliage que le laminage ne permet pas de dépasser une teneur de 1 %.
à partir du titre réel en cuivre et de la teneur en plomb

1.5.5 Différentes nuances de laitons  + 


1.5.3 Déformabilité des phases  et  et de laitons au plomb

Les principales caractéristiques des laitons biphasés α et β Il existe une grande variété de nuances de laitons suivant que leurs
dépendent des propriétés respectives de plasticité des phases α et β. propriétés de ductilité à chaud, ductilité à froid, usinabilité, ou leurs
caractéristiques mécaniques sont prépondérantes.
Comme il a déjà été annoncé § 1.3.2.1.4, la phase α est très mal-
léable à froid, tout en gardant une certaine capacité de déformation
à chaud. 1.5.5.1 Laiton de déformation à chaud :
CuZn40 (métal Muntz )
En revanche, la phase β’ ordonnée, présente à froid, est dure et
fragile, tandis que la phase β est facilement déformable à chaud. Il s’agit d’un alliage principalement utilisé pour son aptitude à la
déformation à chaud ; profilés à chaud, matriçage de pièces ne
Suivant les proportions des phases α et β, il sera donc possible nécessitant pas d’usinage ultérieur.
d’obtenir toute une gamme de possibilités en ce qui concerne la
transformation de ces alliages en demi-produits, la mise en œuvre Pour faciliter cette déformation à chaud, la teneur en zinc peut être
de ces demi-produits en pièces finies et enfin les propriétés d’usage portée jusqu’à 45 % de zinc.
de ces alliages. Il est assez souvent ajouté à cet alliage du manganèse (< 1 %) pour
La ductilité à chaud de la phase β’ sera utilisée pour transformer modifier sa couleur (décoration), de l’aluminium (1 à 3 %) pour
à chaud l’alliage par laminage, mais surtout filage, matriçage en augmenter ses caractéristiques mécaniques, ou de l’étain (1 %) pour
plaques, barres, profilés, pièces semi-finies. Cette transformation à augmenter sa résistance à la corrosion (Naval Brass ).
chaud se fait généralement dans le domaine α + β, proche de la limite
α + β ↔ β (sans toutefois passer dans le domaine β pur, ce qui 1.5.5.2 Laiton d’horlogerie : CuZn40Pb
conduirait comme nous l’avons vu au paragraphe 1.5.1 à un
Cet alliage, dont la teneur en plomb est limitée à 1 %, peut se
grossissement démesuré du grain β).
laminer à chaud. On l’utilise sous forme de plaques et de tôles pour
La transformation à chaud est le plus souvent suivie d’une défor- usinage, perçage, taraudage, et découpage fin (engrenages), d’où
mation à froid : laminage pour les tôles, dressage et calibrage par son nom de laiton d’horlogerie. Il est généralement livré à l’état 4/4
étirage pour les barres et profilés. Cependant la ductilité faible de dur.
la phase β’ limite ces déformations à une ou deux passes maximum.

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1.5.5.3 Laitons de décolletage ■ Laitons HR (haute résistance)


Ces laitons sont livrés sous formes de barres rondes, carrées, hexa- Un certain nombre d’éléments d’addition, aluminium, fer, manga-
gonales, généralement à l’état 1/4 dur. nèse, nickel, étain, silicium, peuvent être ajoutés au laiton pour
augmenter ses caractéristiques mécaniques ; on peut citer par
■ CuZn40Pb3 exemple la nuance CuZn36Mn3Al2SiPb, mais en fait, un grand
C’est l’alliage de décolletage rapide dit aussi formule européenne ; nombre de combinaisons entre les divers éléments d’addition est
il est recommandé pour le décolletage sur tours automatiques : possible, et la norme française (NF A 51-101) ne fait que grouper les
copeaux fins, vitesse de coupe élevée. différentes nuances en deux classes suivant leurs caractéristiques
mécaniques minimales en laissant des fourchettes de compositions
■ CuZn38Pb2 très larges.
Sa plus faible teneur en plomb et en zinc (moins de phase β) le Les laitons HR sont livrés en barres étirées et il est recommandé
fait utiliser dans la fabrication des barres creuses (décolletage d’effectuer un recuit de détente car ils sont très sensibles à la
d’écrous et autres pièces mécaniques creuses). L’étirage et le corrosion sous tension.
calibrage sont facilités et conduisent à des contraintes internes
moindres. Un recuit de détente vers 250 oC est d’ailleurs assez
souvent effectué sur les barres creuses pour libérer les tensions
internes et protéger le métal de la corrosion sous tension. 1.6 Cupro-aluminiums complexes
■ CuZn36Pb3 C’est vers 1855, bien peu de temps après la découverte de
C’est l’alliage de décolletage dit formule américaine. Sa haute l’aluminium, que naquit un bronze ayant la couleur de l’or et la téna-
teneur en plomb lui conserve une bonne usinabilité, mais la cité de l’acier, le bronze d’aluminium.
proportion plus faible en phase β que le CuZn40Pb3 permet une plus Sainte-Claire Deville et Debray s’y intéressèrent les premiers, mais
grande déformabilité à froid. Il est donc utilisé lorsque, après ce n’est que vers 1900 que l’étude systématique de ces alliages fut
décolletage, il faut effectuer des déformations telles qu’un sertissage entreprise, étude qui se poursuit encore actuellement.
sur les pièces usinées.
Citons le nom de Guillet qui, en 1901, présenta sur ces alliages
une communication à l’Académie des Sciences.
1.5.5.4 Laitons de matriçage : CuZn39Pb2
Citons aussi le nom de Durville qui, vers 1910, inventa la coulée
C’est la composition type du laiton de matriçage ; la teneur en zinc basculante permettant ainsi le développement industriel de ces
permet un matriçage vers 750 oC, près de la limite α + β ↔ β, tandis alliages qui, depuis lors, n’a cessé de s’accroître.
que la teneur moyenne en plomb conserve de bonnes caractéris-
tiques d’usinabilité à la pièce matricée.
Les barres dans lesquelles sont découpés les lopins de matriçage 1.6.1 Constitution. Influence des éléments d’addition
peuvent être livrées brutes de presse, simplement dressées, ou à
l’état 1/4 dur. Les cupro-aluminiums complexes sont des alliages à base de
cuivre et d’aluminium (généralement 8 à 12 %) auxquels on ajoute,
1.5.5.5 Laitons pour frappe à froid séparément ou simultanément, fer, nickel et manganèse.
En l’absence de ces éléments d’addition, la structure des cupro-
Il s’agit en fait de laiton α, donc déformable à froid, mais contenant
aluminiums varie avec la teneur en aluminium (figure 16) et la
une certaine teneur en plomb pour faciliter un usinage (filetage,
vitesse de refroidissement du produit. La structure d’équilibre
taraudage, etc.) après frappe à froid.
donnée par les diagrammes binaires (Carpentier et Edwards, Mack
Le plomb limite cependant la ductilité à froid et l’on trouve donc et Jewett, Swann et Warlimont) comporte une matrice de solution
deux nuances principales suivant le compromis désiré entre aptitude solide α (cubique à face centrée) avec au-delà de 9 % une proportion
à la déformation et usinabilité. plus ou moins grande d’eutectoïde α + γ2 (γ2 structure cubique
complexe).
■ CuZn35Pb2 (ou CuZn36Pb3)
Il présente une bonne usinabilité, mais une capacité de déforma-
tion à froid limitée.
■ CuZn35Pb0,7
Sa capacité de déformation à froid est meilleure que celle du
précédent aux dépens de l’usinabilité.

1.5.5.6 Laitons spéciaux et laitons HR


■ CuZn35Pb2As
C’est un laiton résistant à la dézincification humide.
Le laiton ordinaire est en effet sujet à la dézincification humide
de la phase α, mais surtout de la phase β. L’arsenic, inhibiteur bien
connu de dézincification de la phase α des laitons (laiton CuZn30As
pour tubes de condenseurs), est utilisé dans cet alliage qui, en prin-
cipe, doit être totalement en phase α ou tout au moins tel que la
phase β restante ne se présente pas sous forme d’un réseau continu
susceptible de propager la dézincification à l’intérieur du métal.
À haute température (750 oC), l’alliage est déformable à chaud
grâce à la présence de la phase β, puis cette phase β est éliminée
par maintien de la pièce vers 500 oC.
Cet alliage est utilisé pour des pièces entrant dans des circuits
d’eau, raccords, robinets, coudes, etc.

Figure 16 – Diagramme d’équilibre cuivre-aluminiums

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En pratique cette structure d’équilibre n’apparaît que pour des Tout traitement thermique de trempe est à éviter afin de ne pas
refroidissements extrêmement lents (et en tout cas inférieurs à compromettre la résistance à la corrosion (§ 2.3.4.2).
50 oC/h).
Pour des vitesses plus grandes, apparaissent, en plus des phases
Remarque : ces caractéristiques mécaniques se maintiennent
stables α, γ2 , et cela même à partir de 8 % d’aluminium, des phases
et même s’améliorent légèrement aux très basses températures,
métastables dérivées de la phase β, de structure cubique à corps
et cela sans fragilité. Les cupro-aluminiums sont donc d’excel-
centré, stable à chaud :
lents alliages pour les applications cryogéniques.
• β1 obtenue par transformation ordre-désordre ;
• β’ martensitique, monoclinique ou triclinique, dérivée de β ;
• β 1′ martensitique ordonnée par rapport à β’ et dérivée de β1 ;
• γ ’ martensitique hexagonale ou orthorhombique ordonnée, 1.6.3 Principaux cupro-aluminiums complexes
dérivée de β1 . et leurs applications
L’addition d’éléments tels que le fer, le nickel et le manganèse va
compliquer le processus de décomposition de la phase β 1.6.3.1 Alliages de moulage
(figures 17a, b, c et d ) : Ces alliages correspondent en général à des teneurs en aluminium
— le fer seul est peu soluble dans l’alliage, et au-delà de 1 % relativement élevées (9 à 14 %), à des additions de fer et de nickel
s’isole, surtout aux limites de grains α, sous forme de rosettes plus de 2 à 5 % pour chacun de ces éléments, à une addition de manga-
ou moins fines appelées KI (figure 18) ; l’addition de fer, quoique nèse de 1 à 3 %.
réputée alphagène, ne modifie donc pas profondément la structure Ces alliages sont entre autres définis dans le fascicule C 323 de
de l’alliage (figure 17a ) ; la Marine Nationale.
— le manganèse, quoique bétagène, ne modifie pas non plus les
indications ci-dessus ; on admet généralement que 1 % de manga- Les principaux usages sont les suivants :
nèse équivaut à 0,15 % d’aluminium ; — corps, roues, arbres de pompes ;
— en revanche l’introduction de nickel, élément alphagène, — roues de turbines Francis, Pelton et Kaplan ;
modifie profondément la structure de l’alliage ; le nickel entre — robinetterie ;
essentiellement en solution dans la phase β et permet lors du — hélices, gouvernails ;
refroidissement la formation d’un eutectoïde α + KIII , cela au détri- — coussinets ;
ment de la transformation β → α + γ 2 qui est même supprimée si la — roues d’engrenage ;
teneur en aluminium et la vitesse de refroidissement ne sont pas — etc.
particulièrement élevées (figure 17b ) ; cette transformation
β → α + KIII est fondamentale du point de vue de la tenue à la 1.6.3.2 Alliages corroyés
corrosion de l’alliage (§ 2.3.4.2).
Les principaux alliages corroyés sont définis par les normes
En pratique, fer, nickel et manganèse sont très généralement AFNOR NF A 51-113 et NF A 51-115, par les fascicules de la Marine
ajoutés simultanément dans les cupro-aluminiums complexes. Nationale C 324, C 325, C 331, C 337 et par la norme MIL GAM M.
Précisons que l’introduction de nickel augmente notablement la Il s’agit essentiellement des alliages CuAl9Ni3Fe2 et CuAl9Ni5Fe3
solubilité du fer qui ne précipite plus que finement aux teneurs habi- qui conviennent également pour la réalisation de pièces moulées.
tuelles. L’association Fe + Ni est nettement alphagène (figure 17c ). Ces alliages peuvent être travaillés à chaud sous forme de barres
Il y a lieu de faire mention spéciale de la phase KIII très riche en ou de tôles. L’alliage CuAl9Ni3Fe2 peut également être travaillé à
nickel et pouvant contenir aussi un peu de fer. Cette phase, résultat froid. Les principaux usages sont les suivants :
de la transformation β → α + KIII , se présente généralement sous — plaques pour échangeurs de température (centrales élec-
forme perlitique, mais peut aussi se présenter sous forme d’un liséré triques, dessalement) ;
massif et continu autour de β en cours de décomposition et cela — tôles pour boîtes à eau ;
lorsque le rapport Ni/Al est particulièrement élevé et que la vitesse — tous les ensembles chaudronnés soudés destinés aux applica-
de refroidissement est lente. tions marines ou à l’industrie chimique.
Si l’addition de quantités croissantes de nickel et de fer (essen-
tiellement Ni) favorise la transformation β → α + KIII (figure 17d ), le
manganèse, au contraire, tend à stabiliser β et à en freiner la Remarque : les cupro-aluminiums présentant une haute résis-
décomposition (cette action est particulièrement sensible au-delà de tance à la propagation de la combustion sont utilisés pour la réa-
2 %). L’addition de manganèse, généralement favorable en fonderie, lisation des tuyaux roulés soudés pour le transport d’oxygène.
devra donc être strictement limitée si la décomposition β → α + KIII
est recherchée.

1.7 Alliages cuivreux moulés


1.6.2 Caractéristiques mécaniques
La production actuelle des alliages cuivreux moulés se situe autour
Les caractéristiques mécaniques des alliages biphasés sans
de 25 000 tonnes par an, les grands domaines d’utilisation étant la
éléments d’addition sont fonction de la teneur en aluminium.
robinetterie (42 %), les travaux publics et la sidérurgie (9 %), la
Les caractéristiques courantes Rm = 500 MPa et A = 25 % peuvent construction mécanique (7 %), l’automobile (6 %) et la construction
être augmentées par trempe à 850 oC et revenu à 525 oC. électrique (6 %).
Les alliages complexes contenant nickel, fer et manganèse Les principaux alliages utilisés en fonderie sont les laitons, les
atteignent des caractéristiques mécaniques plus élevées. Ainsi l’on bronzes, les cupro-aluminiums et certains cuivres spéciaux.
peut atteindre : Rm = 700 MPa ; Rp 0,2 = 300 MPa ; A = 15 %.
La résistance à la fatigue est améliorée.
1.7.1 Laitons

La composition chimique et, dans certains cas, les caractéristiques


mécaniques des nuances les plus courantes sont données dans la
norme AFNOR A 53-703 (tableau 5).
Le laiton CuZn33 est utilisé principalement en robinetterie, quincaillerie et décoration.

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Figure 17 – Influence des additions de fer et de nickel sur la décomposition de la phase  des cupro-aluminiums (d’après [5])

Les laitons CuZn19Al6 et CuZn23Al4 et le CuZn30AlFeMn (laitons


à haute résistance) sont employés pour la fabrication des hélices
marines, des pièces mécaniques (engrenages, vis) ainsi qu’en sidé-
rurgie (rotules, écrous de laminoirs).
Le laiton CuZn40 coulé en coquille par gravité sert essentielle-
ment en robinetterie (sanitaire, eau et gaz, bâtiment) ainsi qu’en
construction électrique ou mécanique. Un alliage de composition
très proche est utilisé en coulée sous pression (quincaillerie, acces-
soires de robinetterie).

1.7.2 Bronzes

Les différents alliages utilisés figurent dans la norme A 53-707


Figure 18 – Représentation schématique des phases K (tableau 6). (0)
dans un cupro-aluminium CuAl10Ni5Fe5

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Tableau 5 – Composition chimique et caractéristiques mécaniques des pièces moulées en laiton (1)
Caractéristiques
Composition chimique (% en masse)
Moulage mécaniques
Désignation
(2) Rm Rp 0,2 A HB
Cu Zn Al Pb Sn Fe Ni Mn Si P
(MPa) (MPa) (%)
65,0
CuZn33Pb à le reste 0,10 1,80 0,80 0,50 0,50 0,20 0,05 0,05 – – – –
67,0
60,0 18,0 5,0 2,0 2,5
CuZn19Al6 à à à 0,10 0,10 à 1,0 à – – Y 20 750 500 8 220
66,0 25,0 7,5 3,0 4,0
60,0 20,0 3,0 1,5 2,5
CuZn23Al4 à à à 0,20 0,20 à 2,5 à – – 500 250 8 160
66,0 7,0 5,0 3,0 4,0
59,0 0,2 0,5
CuZn40 à le reste à à 0,70 0,50 0,80 0,50 0,05 – Y 30 340 – 8 –
63,0 0,8 2,0
59,0 0,5
CuZn40 à le reste 0,20 à 0,70 0,50 0,80 0,50 0,20 – Y 40 – – – –
63,0 2,0
59,0 1,0 0,5 1,0
CuZn30AlFeMn à le reste à 1,50 0,30 à 2,5 à 1,0 – – – – –
67,0 2,5 2,0 3,5
(1) D’après la norme NF A 53-703.
(2) Y 20 moulage en sable ; Y 30 moulage en moule métallique par gravité ; Y 40 moulage sous pression.

(0)

Tableau 6 – Composition chimique et caractéristiques mécaniques des pièces moulées en bronze


et bronze au plomb (1)
Caractéristiques
Composition chimique (% en masse)
mécaniques
Désignation Moulage (3)
Autres éléments Rm Rp 0,2 A
Cu Sn Pb Zn P Ni (teneur maximale) (MPa) (MPa) (%)
Σ ME = 1,0 (2) ;
S et C .......... 200 90 12
CuPb5Sn5Zn5 reste 4,0 à 6,0 4,0 à 6,0 4,0 à 6,0 – 1,5 Fe = 0,30 ; S = 0,10 ;
Si = 0,01 ; Al = 0,01 CT et CC ..... 250 100 12
Σ ME = 1,0 ; Al = 0,01 ; 220 100 12
S et C ..........
Fe = 0,20 ; S = 0,10 ;
CuSn7Pb6Zn4 reste 6,0 à 8,0 5,0 à 7,0 2,0 à 5,0 – 1,5 Si = 0,01 ;
( Sn + Zn/2 )100
------------------------------------------  8,5 CT et CC...... 260 120 12
Cu + Sn + Zn
Σ ME = 1,0 ; S.................. 250 130 16
CuSn8 reste 7,0 à 9,0 0,5 à 3,0 3,0 – 1,5 Fe = 0,20 ; S = 0,10 ; C.................. 220 130 2
Si = 0,01 ; Al = 0,01 CT et CC ..... 270 130 10
Σ ME = 0,5 ; S.................. 240 130 5
CuSn12 reste 10,5 à 13,0 2,5 2,0 0,30 2,0 Fe = 0,25 ; S = 0,05 ; C.................. 270 150 3
Si = 0,01 ; Al = 0,01 CT et CC ..... 270 150 5
Σ ME = 1,0 ; S.................. 180 80 7
CuPb10Sn10 reste 9,0 à 11,0 8,0 à 11,0 2,0 0,30 2,0 Fe = 0,25 ; Si = 0,01 ;
Al = 0,01 CT et CC ..... 220 140 6
Σ ME = 1,0 ; S.................. 150 60 5
CuPb20Sn 5 reste 4,0 à 6,0 18,0 à 23,0 2,0 – 2,5 Fe = 0,25 ; Si = 0,01 ;
Al = 0,01 CC ............... 180 80 7
(1) D’après la norme NF A 53-707.
(2) ME = matières étrangères.
(3) C = coulée en coquille ; CC = coulée continue ; CT = coulée centrifuge ; S = coulée en sable.

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Les bronzes sont généralement coulés en sable mais également En sable les applications sont multiples en raison des caractéris-
obtenus par centrifugation ou coulée continue. Les utilisations sont tiques mécaniques élevées et de l’excellente résistance à la corrosion
extrêmement variées. Parmi les applications les plus courantes, on de ces alliages.
peut citer la robinetterie (moyenne pression, robinetterie anti-acide, La bonne tenue au contact de l’eau de mer ou des atmosphères
robinetterie cryogénique), les pompes et leurs accessoires, les pièces marines, moyennant un choix rigoureux des teneurs en aluminium
mécaniques, de nombreuses pièces de frottement (paliers, et en nickel et le contrôle des conditions de refroidissement, est à
coussinets), mais aussi parfois de petites hélices et, dans un tout l’origine de nombreuses réalisations (hélices marines, corps de
autre domaine, les cloches et les bronzes d’art. pompes, unités de dessalement, centrales, etc).
Les bronzes à haute teneur en plomb permettent souvent de
résoudre des problèmes de frottement là où la lubrification est
médiocre (graissage à l’eau ). 1.7.4 Cuivres spéciaux

En l’absence de spécification française pour les alliages moulés,


1.7.3 Cupro-aluminiums les compositions sont voisines de celles des alliages de
transformation ; les deux alliages les plus utilisés sont le cuivre au
D’apparition plus récente, ces alliages ont vu leur utilisation se chrome et le cuivre au béryllium (tableau 8).
développer considérablement au cours des dernières années ; la
Le cuivre au chrome, en raison de son excellente conductivité
norme A 53-709 donne la composition et les caractéristiques des
(85 % lACS) est largement employé dans l’industrie électrique (élec-
alliages les plus employés (tableau 7).
trodes et molettes de soudure, bagues collectrices, cosses).
En moule métallique les cupro-aluminiums sont surtout destinés
Le cuivre au béryllium est surtout destiné aux pièces mécaniques
à l’industrie automobile (fourchettes de boîtes de vitesses), à la
performantes en raison de ses caractéristiques mécaniques
mécanique, à la quincaillerie (gonds, pièces de serrures), à l’accastil-
exceptionnelles ; il est également utilisé pour la fabrication d’outils
lage et au matériel ferroviaire (brides de caténaires).
antidéflagrants, de moules pour la métallurgie ou l’industrie des
matières plastiques et de pièces mécaniques diverses (aéronautique,
aérospatiale). (0)

Tableau 7 – Composition chimique et caractéristiques mécaniques des pièces moulées en cupro-aluminium (1)
Caractéristiques
Composition chimique (% en masse)
Moulage mécaniques
Désignation (2)
Matières Rm Rp 0,2 A HB
Cu Al Fe Ni Mn
étrangères (MPa) (Mpa) (%)
Σ des autres C 500 – 20 130 (3)
CuAl9 Y30 ou Y80 8,5 à 10,5 1,2 1 0,5 éléments CT 550 200 25 –
CuAl10Fe3 Y30 8,5 à 11,0 2à4 1 0,5 0,5 C 650 250 20 160 (3)
CuAl9Ni3Fe2 Y30 (4) 8,5 à 10,0 2à3 2à4 0,5 C 650 250 20 160 (3)
Σ des autres
Le reste

S 500 180 13 –
CuAl10Fe3 Y20 ou Y80 (4) 8,5 à 11,0 2à4 1,5 3 éléments CT 650 200 20 –
0,8 S 500 180 18 –
CuAl9Ni3Fe2 Y20 ou Y80 (4) 8,5 à 10,5 1,5 à 3 1,5 à 4 1,5
dont CT 550 220 20 –
Zn  0,5 S 630 250 12 –
CuAl10Fe5Ni5 Y20 ou Y80 (4) 8,5 à 11,0 3à6 4à6 1,5
Si  0,2 CT 650 300 15 –
Sn  0,2 S – – – 230
CuAl12Fe5Ni5 Y20 ou Y80 (4) 11,0 à 12,0 3à6 4à6 1,5 Pb  0,05 CT 750 400 7 –

(1) D’après la norme NF A 53-709.


(2) C = coulée en coquille (Y 30) ; CT = coulée centrifugée (Y 80) ; S coulée en sable (Y 20).
(3) Valeurs données à titre indicatif.
Ni
(4) Dans le cas où ces alliages doivent résister à la corrosion marine, une des conditions nécessaires est que Al  8,2 + -------
- .
2

(0)

Tableau 8 – Composition chimique et propriétés mécaniques du cuivre au chrome et du cuivre au béryllium


Caractéristiques mécaniques (1)
Composition
Alliage Rm Rp 0,2 A HB
(% en masse)
(MPa) (MPa) (%)
Cu-Cr Cr : 0,4 à 1,5 350 250 20 100
Be : 1,75 à 2,50
Cu-Be2 1 000 à 1 100 800 à 1 000 1à3 350 à 380
(Co + Ni) : 0,20 à 0,65
(1) Après traitement thermique :
Cu-Cr : trempe à 975 à 1 000 oC + revenu 4 h à 475 oC ;
Cu-Be : trempe à 780 oC + revenu 3 h à 320 oC.

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2. Comparaison des principales traiter en détail la fabrication des ressorts, ni d’analyser les facteurs
multiples qui entrent dans la conception des accessoires pour l’élec-
propriétés d’usage tronique (connectique).
Les tableaux 9 et 10 présentent un premier aperçu des associa-
des alliages de cuivre tions limite élastique-conductivité électrique accessibles :
a) avec des alliages, type solution solide stable, Cu-Zn, Cu-Sn,
2.1 Propriétés élastiques et électriques Cu-Ni-Zn, etc., après une même réduction par laminage à froid ;
b) avec une sélection d’alliages à traitement thermique, à l’état
associées TER (trempé-écroui-revenu) ;
et, pour comparaison, celles des bandes écrouies en Cu/a1.
Les alliages cuivreux trouvent beaucoup d’applications dans la
fabrication des ressorts spéciaux et, lorsqu’il faut associer de bonnes Pour un alliage donné (a) lorsque le taux d’écrouissage augmente :
propriétés élastiques, une conductivité électrique élevée et une résis- — les caractéristiques Rm et Rp 0,2 ou Rp 0,5 croissent, en se
tance de contact faible, dans celle des ressorts électro-mécaniques rapprochant l’une de l’autre ;
et dans le domaine de l’électronique. De plus, une bonne résistance — la résistance à la fatigue croît ;
à la corrosion atmosphérique permet souvent de se passer de toute — mais, sauf pour les maillechorts, le module d’élasticité diminue
protection, alors que les alliages cuivreux nécessitent un dépôt, sensiblement.
même local, de métaux plus nobles (Pt, Au, Ag, Rh, etc.) lorsque la (0)
fiabilité du contact l’exige. Cela étant dit, il n’est pas possible ici de

Tableau 9 – Propriétés électriques et élastiques associées d’alliages monophasés


Alliage
État Propriétés (1)
Cu/a1 CuCd1 CuZn15 CuZn30 CuSn4P CuSn8P CuNi15Zn21 CuNi18Zn20 CuNi28Zn27
C (% IACS) 101 91 37 28 20 15 7 6 5,5

Recuit E (× 103 Pa) 120 135 124 117 122 114 127 133 134
(grains 35 µm) Rp 0,5 (MPa) 69 83 97 117 138 172 145 172 186
Rm (MPa) 220 255 285 338 338 414 393 400 414
C (% IACS) 98,5 86 32 22 18 13,5 7 6 5,5
Ressort E (× 103 Pa) 135 127 114 99 112 98 132 137 140
(60 % de réduc-
tion) Rp 0,5 (MPa) 345 414 435 448 524 614 558 572 648
Rm (MPa) 380 434 580 648 655 765 670 670 793
Lf (MPa) (2) 100 – 175 155 230 230 – 215 165
(1) C conductivité IACS.
E module d’élasticité.
Rp 0,5 limite élastique à 0,5 % d’allongement, en général plus élevée que Rp 0,2 et Rp 0,1 .
Rm résistance mécanique.
(2) Lf limite de fatigue (108 cycles de flexions alternées).

(0)

Tableau 10 – Propriétés électriques et élastiques associées d’alliages à traitements thermiques


Alliage (1)
Propriétés CuCr1 CuBe1,7CoNi CuNi2,5Si0,5
T TE TER T TE TER T TE TER
C (% IACS) ≈ 35 34,3 78 à 82 18 17,6 25 à 28 18 17,5 40 à 45
Rp 0,5 (MPa) 130 365 428 228 676 1 090 97 393 520
Rm (MPa) 234 386 485 455 730 1 210 283 400 620
Lf (MPa) (2) – – 185 – 275 300 – – 230 (3)
(1) T état trempé.
TE état trempé-écroui.
TER état trempé-écroui-revenu.
(2) Lf limite de fatigue pour 10 8 cycles de flexions alternées.
(3) Limite de fatigue pour 20 × 106 cycles de flexions altérnées.

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PROPRIÉTÉS DU CUIVRE ET DE SES ALLIAGES _______________________________________________________________________________________________

À l’état recuit, le module d’élasticité diminue avec la teneur en 2.2 Conductivités électrique et thermique
addition soluble à l’exception du nickel ; l’effet de la déformation à
froid est attribué à l’écrouissage propre mais, aussi, au développe-
ment d’une texture préférentielle. Cette même texture de laminage La structure électronique de l’atome de cuivre, avec un seul
conduit aussi à une anisotropie croissante des propriétés Rm et électron de valence, fait de ce métal un très bon conducteur élec-
Rp 0,2 ; ainsi, les bandes très écrouies à allongement de rupture trique et thermique, ce qui détermine une bonne moitié de ses
réduit ne supportent que des pliages limités mais le métal sup- applications industrielles : fils, câbles, ressorts conducteurs,
porte un pliage plus brutal (rayon plus faible) perpendiculairement connecteurs, etc., pour les industries électromécanique et électro-
au sens du laminage. nique, échangeurs thermiques, radiateurs d’automobiles, moules de
Ainsi, bien que la qualité actuelle des alliages et les caractéris- coulée, etc., dans le domaine thermique : (0)
tiques des laminoirs modernes permettent d’envisager des réduc-
tions de 90 % et plus et, donc, des limites élastiques très élevées,
le taux d’écrouissage doit être souvent limité en pratique, du fait des Métal (très pur) Ag Cu Au Al Mg Zn Ni Fe Sn Pb Zr Ti Mn
mises en forme finales. De ce point de vue, les alliages à traitement C (% IACS) 106 103 73,4 64,9 38,6 28,9 25,2 17,6 15,6 8,4 4,1 1,2 0,9
thermique (b) ont l’avantage de supporter des mises en forme pous-
sées, à l’état trempé-mou ou peu écroui, puis subissent le revenu
durcissant en dernier. Le module d’élasticité plus faible des alliages Pour le cuivre et ses alliages, les conductivités électrique
cuivreux vis-à-vis, par exemple, des aciers permet une déformation (C % IACS) et thermique λ (W/m · o C) sont approximativement
élastique plus importante pour une contrainte donnée, mais il faut proportionnelles, pour des mesures faites à 20 o C et 200 o C
rappeler que tout ressort doit travailler, en tout point, sensiblement (figure 19). Le tableau 11 permet donc de relever la valeur de λ, pour
au-dessous de sa limite élastique. Le calcul dimensionnel du ressort tout alliage de cuivre, en connaissant C % IACS, plus facile à mesurer
incorpore donc un facteur correctif, fondé sur l’expérience, qui tient de façon précise. (0)
compte certes d’une mesure de limite élastique ou, éventuellement,
de limite de fatigue pour des ressorts qui doivent subir de nombreux
cycles de contraintes. Mais il faut bien noter que la limite élastique Tableau 11 – Détermination de la conductivité thermique
conventionnelle Rp 0,5 sous charge, ou Rp 0,2 et Rp 0,1 (correspondant
à 20 oC des alliages de cuivre
à un allongement permanent de 0,2 % et 0,1 %) et la contrainte maxi-
male admissible ne sont pas reliées de façon simple. De plus en plus, C % IACS  (W/m · oC)
les laboratoires spécialisés s’équipent donc pour mesurer plus fine-
ment la limite élastique à 0,01 % de déformation permanente Rp 0,01 (à 20 oC) 0 0,2 0,4 0,6 0,8
et, aussi, le module d’élasticité, en traction et/ou en flexion. 0 7,54 15,91 23,86 32,23 40,19
On a ainsi constaté qu’un traitement thermique à basse tempéra- 10 48,6 56,9 65,3 73,7 81,6
ture (250 à 300 oC) fait bien augmenter Rp 0,01 (environ 50 %) pour
20 90,0 98,4 106,8 115,1 123,1
des bandes très écrouies en CuSn5P, CuNi12Zn29 et CuZn30, tandis
que les propriétés classiques Rm et Rp 0.2 sont bien moins affectées 30 131,5 139,8 147,8 156,2 164,1
(plus 10 à 20 %). De tels traitements sont aussi très utiles pour réduire 40 172,1 180,5 188,4 196,8 204,7
fortement les contraintes internes, résultant de la transformation et
de la mise en forme, d’une part, pour limiter la relaxation de 50 212,7 221,1 220,0 236,6 244,5
contraintes maintenues (fluage), d’autre part, pour éliminer toute 60 252,0 259,6 267,1 274,7 282,2
susceptibilité à la corrosion sous tension (§ 2.3.2.4).
70 289,3 296,4 303,1 310,2 316,9
À l’heure actuelle (1985), le cuivre écroui, éventuellement peu allié
(CuCd1, CuCd1Sn, etc.), est très utilisé pour des produits n’ayant 80 324,1 330,8 337,5 343,7 350,4
guère de fonction mécanique (cosses, etc.) tandis que les laitons 90 356,7 363,0 369,3 375,6 381,8
(cupro-étains et maillechorts α) et les alliages à durcissement par
précipitation (CuBe2, CuCr, Cu-Ni2Si, etc.) satisfont la plupart des 100 380,1 394,0 400,3 – –
applications électroniques ou électromécaniques.
Le prix de revient des additions variant en fonction du métal (Be,
Sn, Ni), des efforts récents ont permis de développer des alliages La conductivité électrique du cuivre pur évolue de façon remar-
moins onéreux : quable avec la température : de 5 000 % IACS ou plus à – 269 oC
— CuNi20Mn20 et CuNi9Sn6 concurrents éventuels des cupro- (hélium liquide) jusqu’à 8 ou 9 % IACS vers + 1 000 oC (le coeffi-
berylliums dans le domaine mécanique mais à conductivité élec- cient d’augmentation de ρ, entre 0 et 100 oC, est de 0,003 93/ oC).
trique nettement plus faible ; Mais, ces variations sont plus faibles pour les alliages cuivreux,
— laiton à l’aluminium (α) avec de faibles additions de nickel ou notamment cupro-nickels et maillechorts, et dans le cas particulier
de cobalt (CuZn22Al3,5Co ou Ni par exemple) moins cher que les du constantan (CuNi44Mn), la résistance est quasi invariable entre
cupro-étains et les maillechorts. – 200 oC et + 200 oC.
Ce dernier exemple illustre, en même temps, d’autres problèmes La conductivité thermique du cuivre pur croît rapidement au-des-
techniques qui doivent être résolus avant d’exploiter les propriétés sous de – 200 oC environ mais, entre 0 et 1 000 oC, la variation est
élastiques et électriques, déjà attractives. Du fait de sa teneur en relativement faible. Il en est de même pour les alliages cuivreux, tan-
aluminium, le décapage d’un laiton à l’aluminium présente des diffi- dis que pour les alliages CuBe2 et CuCr1 à durcissement par
cultés associées à son oxyde, plus riche en Al 2 O 3 , donc, des précipitation, λ croît légèrement en passant de 0 à 200 oC.
problèmes d’adhérence (électrodéposition) et de mouillage L’influence d’éléments solubles sur la résistivité (ρ20 ) du cuivre est
(soudage à l’étain) et, enfin, de résistance électrique de contact. mise en évidence dans le tableau 12 : l’augmentation ∆ρ20 est, en
général, linéaire jusqu’à 1 atome d’élément soluble pour cent de
cuivre. (0)

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Tableau 12 – Influence d’éléments solubles sur la résistivité électrique du cuivre


Éléments
Propriétés
Ag Al As Au Be Cd Co Cr Fe Mg Mn Ni P Pb S Sb Se Si Sn Te Ti Zn Zr
∆ρ20  addition 1 % atome 0,6 0,95 6,7 0,55 0,65 0,3 6,9 4 9,3 0,8 2,9 1,1 7 3,3 9,2 5,5 10,5 3,1 3,1 8,4 16 0,3 11,5

(µΩ · cm)  addition 1 % masse 0,355 2,22 5,67 0,185 4,57 0,172 7,3 4,9 10,6 2,1 3,37 1,2 14,3 1,02 18,6 2,9 8,5 7 1,65 4 21,6 0,29 8
Solubilité maximale à 20 oC (% masse) 0,1 9,4 6,5 100 0,2 0,5 0,2 0,03 0,14 1 24 100 0,5 0,02 (1) 2 (1) 2 1,2 (1) 0,4 30 (1)
(1) solubilités très réduites : < 0,002 5 en soufre ; < 0,000 2 en sélénium ; < 0,000 5 en tellure et < 0,1 % en zirconium.

Figure 20 – Évolution de la résistance mécanique Rm


et de la conductivité C en fonction de la température
Figure 19 – Abaque donnant la correspondance de revenu de l’alliage Cu-0,8 % Cr (d’après [6])
entre les unités thermiques et électriques du cuivre
et de ses alliages entre 20 et 200 oC
Les laitons Cu-Zn illustrent l’effet d’une phase intermédiaire (β).
Ainsi, des additions modestes d’argent, d’aluminium, de D’abord la conductivité du cuivre diminue de 100 à 26 % IACS à
cadmium, d’étain, de magnésium ou de zinc peuvent être consi- mesure que son réseau cfc (phase α) est saturé en zinc (≈ 37 %), puis
dérées pour fabriquer des alliages conducteurs. Avec plusieurs elle remonte jusqu’à 38 % IACS environ, 50 % Zn correspondant à
additions, la situation se complique : 100 % de phase β, de structure cc. Ainsi, les laitons α et β présentent
des valeurs intermédiaires de conductivité, la valeur précise étant
— tant que les additions restent totalement solubles et ne
fonction du titre en zinc mais, aussi, du traitement thermique
dépassent pas 1 % en atome, leurs effets sont additifs : c’est le cas
(proportion α/β).
des impuretés diverses se trouvant dans un cuivre pur sans oxygène
(Cu/c1 ou Cu/c2) ; La déformation à froid et l’écrouissage font progressivement
— mais lorsqu’il y a formation d’une phase intermédiaire ou pré- croître ρ20 (avec baisse correspondante de C % IACS), mais plus ou
cipitation d’un composé intermétallique, l’accroissement de résisti- moins selon les cas.
vité dépend de la résistivité de chacune des deux phases et de leur Pour des fils réduits jusqu’à 99 %, l’augmentation relative
proportions en volume. Ainsi, malgré leur effet spécifique très élevé, (∆ρ20 /ρ 20 ) 100 peut atteindre :
les impuretés habituelles (Ag, S, Se et Te) ont relativement peu — cuivres purs (Cu/a1, Cu/b, Cu/c1, etc.)............... 3%
d’effet du fait de leur solubilité très faible. — solutions solides diluées (Cu avec 1 à 2 % Cd,
Les alliages à durcissement par précipitation illustrent bien l’effet Sn, Mg, etc.) ................................................................... 8 à 13 %
de précipitation : après mise en solution et trempe, les compositions — solutions solides chargées (alliages industriels :
Cu-2,5 % Ni-0,5 % Si et Cu-0,8 % Cr présentent des conductivités Cu-Zn, Cu-Sn, Cu-Al, Cu-Si, etc.).................................. 15 à 20 %
typiques de 23 % IACS et 35 % IACS respectivement mais, après — alliages ordonnés (notamment Cu3Au,
écrouissage et revenu, l’on obtient 60 à 65 % IACS et 75 à 80 % IACS. en proportions stœchiométriques) .............................. 75 %
Dans le premier cas, il y a précipitation du composé Ni2Si à partir — alliages Cu-Cr, Cu-Fe, Cu-Co, Cu-Ti, Cu-Zr,
des éléments solubles, tandis que pour l’alliage cuivre-chrome, il Cu-Ni2Si (après durcissement maximal
s’agit d’une précipitation de chrome élémentaire. par trempe-revenu)........................................................ 60 à 100 %
Notons encore deux effets importants de l’écrouissage sur la résis- Dans le cas du cuivre pur et de ses solutions solides, ces
tivité et la conductivité des alliages à durcissement par précipitation : augmentations de résistivité reflètent la multiplication des défauts
— l’accroissement de conductivité par revenu durcissant est forte- réticulaires et la prise d’écrouissage. Pour l’alliage Cu 3Au, il se
ment accéléré en interposant un écrouissage élevé entre trempe et produit en plus une destruction progressive de l’ordre par la
revenu ; en prolongeant trop un revenu isothermique, on atteint un déformation et, pour les alliages durcis par revenu, une remise en
maximum de conductivité mais le durcissement par précipitation est solution des fins précipités.
progressivement perdu par coalescence des précipités et une éven- En conclusion, soulignons le grand intérêt des mesures de résis-
tuelle recristallisation (figure 20) ; tivité et de conductivité, d’abord, en tant que propriétés d’usage
— la conductivité élevée obtenue après un revenu donnant le mais, aussi, comme moyen de contrôle et d’étude.
durcissement maximal est progressivement diminuée par des
écrouissages croissants du fait d’une remise en solution progressive
des fins précipités : il s’agit de l’effet Fargette.

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2.3 Corrosion aqueuse du cuivre


et de ses alliages
2.3.1 Introduction
Le cuivre et ses alliages sont plus nobles que la plupart des autres
métaux vis-à-vis des eaux.
De ce fait le cuivre est par nature peu réactif. Il ne peut réduire
l’hydrogène de l’eau, et ne se corrode donc en principe que dans
les eaux aérées, la réaction cathodique étant alors la réduction en
ions OH – de l’oxygène dissous.
Mais cette corrosion en présence d’oxygène dissous, loin d’être
nuisible, est au contraire essentielle, dans la mesure où elle permet
la formation sur le métal d’une couche isolante de produits de
corrosion (oxydes, carbonates, etc.) qui protège le cuivre de toute
attaque ultérieure.
En pratique, le bon comportement du cuivre et de ses alliages
dépend, pour une part très importante, de la formation et de la bonne
tenue de ce film continu et protecteur de produits insolubles de
corrosion.
Beaucoup d’alliages de cuivre sont encore plus résistants à la
corrosion que le cuivre lui-même, cela étant dû soit à l’addition
d’éléments eux-mêmes résistants à la corrosion comme le nickel et
l’étain, soit à l’addition d’éléments comme l’aluminium qui parti-
cipent à la formation du film protecteur.
Alors que le cuivre est généralement réservé à l’eau ordinaire, de
tels alliages conviennent pour l’eau de mer, en particulier dans les
échangeurs de chaleur.

2.3.2 Différentes formes de corrosion


D’une façon générale les corrosions en milieu aqueux sont de type
électrochimique, et toute hétérogénéité peut conduire à la corrosion
par juxtaposition de surfaces de potentiels différents. Citons entre
autres : Figure 21 – Corrosion-érosion
— les hétérogénéités de structure (inclusions, présence de
plusieurs phases) ;
— les hétérogénéités de surface (défauts, rayures, abrasion par L’on peut aussi choisir des alliages ayant un film protecteur plus
des matières solides, et plus généralement par tout ce qui détruit solide comme les cupro-nickels.
localement le film protecteur) ;
— les hétérogénéités énergétiques (tensions internes, externes, Enfin la protection cathodique (par anodes en fer doux) permet
permanentes ou périodiques) ; d’arrêter ou d’atténuer ce phénomène d’érosion qui malgré son
— les hétérogénéités du milieu (aération différentielle, variations nom n’est pas seulement mécanique, mais aussi électrochimique.
de concentration, bactéries, etc.).
2.3.2.2 Dézincification des laitons, désaluminisation
2.3.2.1 Corrosion-érosion (impingement attack) et dénickelisation

Si la vitesse du liquide qui circule à l’intérieur d’un tube est trop Lorsque ce phénomène se produit, la zone dézincifiée est
élevée, soit d’une manière générale, soit localement par suite de remplacée par une masse poreuse de cuivre, qui n’a plus de solidité.
turbulences, le film de produits de corrosion, film dont le rôle Il s’agit non pas d’une attaque sélective du zinc, mais plutôt d’une
protecteur est essentiel, peut être arraché partiellement au fur et à dissolution simultanée de cuivre et zinc avec redéposition de zinc
mesure de sa formation. Tel est aussi le cas si l’eau contient des parti- (figure 22).
cules abrasives en suspension (sable, etc.) ou même des bulles d’air. Dans les laitons biphasés, la phase β plus anodique est préfé-
Les parties de métal mises à nu sont alors anodiques par rapport rentiellement attaquée, mais α peut l’être éventuellement aussi.
aux parties recouvertes de leurs sels. Une corrosion de type électro- Dans les laitons α, tout le métal est affecté (généralement moins
chimique peut donc démarrer et se poursuivre puisque la vitesse sévèrement que dans les laitons biphasés).
excessive du liquide ne permet pas à la couche protectrice de se
réparer. La dézincification a été pendant longtemps la cause principale
de corrosion des laitons par les eaux.
Ce phénomène se présente le plus souvent dans les canalisations,
aux raccords, coudes, et au voisinage de tout obstacle à Dans les laitons α, elle a maintenant pratiquement disparu grâce
l’écoulement. à l’introduction d’additions comme l’arsenic (0,030 % en masse).
Dans les tubes échangeurs ce sont les extrémités des tubes côté Dans les laitons α + β qui sont de toute façon les alliages les plus
entrée d’eau qui sont le plus sensibles. Ce phénomène présente un affectés par ce phénomène, aucune solution parfaite n’a été avancée.
faciès caractéristique : on constate des dénivellations de métal mis L’addition d’arsenic proposée ne semble pas efficace.
à nu et même brillant, et souvent aussi des figures de corrosion en L’introduction de 1 % en masse d’étain réduit cependant l’impor-
fer à cheval, le cheval semblant remonter le courant (figure 21). Le tance du phénomène en eau de mer. Ainsi le laiton Naval Brass
remède consiste avant tout à supprimer la cause du phénomène (Cu Zn39Sn1) trouve-t-il des applications marines sous forme de
c’est-à-dire à abaisser les vitesses et éviter les turbulences. plaques épaisses.

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La désaluminisation des cupro-aluminiums est un phénomène 2.3.2.4 Corrosion sous contrainte (ou sous tension)
analogue affectant essentiellement les alliages à plusieurs phases
Les contraintes peuvent être d’origine interne ou externe. Les
(Al > 8 % en masse en pratique).
contraintes internes sont celles qui résultent soit de la fabrication
Ce phénomène peut être efficacement combattu dans ces alliages des produits, soit de leur façonnage ultérieur (par exemple cintrage).
par l’introduction de nickel et en évitant de plus tout refroidissement
Les contraintes externes sont celles qui sont appliquées pendant
trempant après coulée (pièces de fonderie) ou après traitements
le service, et peuvent être dues, par exemple, à un montage défec-
thermiques (produits corroyés) ou encore après soudure (§ 2.3.4.2).
tueux ou à des dilatations différentielles.
Des phénomènes d’attaques sélectives ont également été signalés
Ces tensions externes peuvent parfois aussi être périodiques
beaucoup plus rarement dans les bronzes à l’étain et les cupro-
lorsque l’appareil est le siège de vibrations, on parlera alors plutôt
nickels (dénickelisation) mais il s’agit toujours de conditions de
de fatigue sous corrosion.
service très sévères.
Les laitons contenant plus de 20 % de zinc sont des alliages qui
2.3.2.3 Corrosion sous dépôt sont sensibles à la corrosion sous tension en présence de certains
ou corrosion par aération différentielle agents agressifs, et en particulier en présence d’ammoniaque
humide. C’est ce qui a été appelé jadis la crique saisonnière ou
Ce type de corrosion se rencontre surtout lorsque le fluide chargé encore season cracking (figure 24).
en matières étrangères (algues, vase, coquillages, etc.) circule à
Ce terme date d’une époque où l’on pensait que la température
vitesse trop faible.
était directement en cause et où l’on n’avait pas bien compris que
La corrosion se produit sous les dépôts par aération différentielle, les variations de température ne jouent en fait un rôle qu’en créant
les matières organiques décomposées pouvant faciliter la corrosion des condensations dans lesquelles se concentrent les agents corro-
(figure 23). Il y a cependant lieu de noter que l’encrassement par sifs de l’atmosphère.
les organismes marins des surfaces en cuivre ou alliages à haute
Le principal agent corrosif est l’ammoniaque humide, et il suffit
teneur en cuivre (cupro-nickels à 10 %, cupro-aluminiums, etc.) est
de très peu d’ammoniaque pour provoquer cette corrosion. Le
limité, en raison des propriétés antifouling des sels de cuivre. Au
dioxyde de soufre a également la réputation de déclencher ce
besoin cette action antifouling pourra être complétée par l’injection
phénomène.
de quelques ppm en masse de chlore.
Signalons enfin d’autres agents chimiques comme les dérivés
aminés souvent utilisés pour le traitement des eaux de chaudières,
ou encore le nitrate mercureux.
Pour éviter ce phénomène, il faut éliminer les tensions internes
du laiton en fin de fabrication ou après façonnage par un traitement
thermique à plus de 300 oC.
Par ailleurs le montage doit être tel qu’il n’apparaisse pas de
tensions appliquées, permanentes ou périodiques.

2.3.3 Cuivre et alliages cuivreux utilisés


au contact des eaux
2.3.3.1 Cuivre
Le cuivre au phosphore (Cu/ b1 de la norme NF A 51-050),
désoxydé avec 0,013 à 0,05 % de phosphore résiduel, est très lar-
gement utilisé pour la fabrication des tubes sanitaires pour eaux
chaudes ou froides. Il est également employé dans les échangeurs
de température.
Figure 22 – Corrosion par dézincification

Figure 23 – Corrosion sous dépôt


Figure 24 – Corrosion sous tension ou sous contrainte

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Dans ce dernier cas il est cependant réservé à des conditions Ce problème, très grave pour la marine dans le premier quart de
relativement faciles : ce siècle, fut particulièrement étudié par l’Institute of Metals et le
— eaux peu chargées en sels ; British non Ferrous Metals Research Association.
— vitesse de circulation < 1,50 m/s. Nota : le cuivre ne pouvait convenir pour les vitesses d’eau utilisées et à l’origine les
laitons périssaient par dézincification.
Dans le cas de l’eau de mer, le cuivre n’est utilisable que pour de L’addition de 1 % en masse d’étain dans les laitons  du type 70/ 30 fut une première
très faibles vitesses de circulation (v < 0,6 m/s). Aussi, en règle géné- amélioration, cependant insuffisante. Ce fut l’addition d’arsenic (0,04 % en masse) qui fut
rale, les alliages cuivreux sont-ils à préférer pour l’eau de mer. décisive pour combattre la dézincification du laiton . Ainsi naquit le laiton Amirauté
CuZn29Sn1 qui avec addition d’arsenic fut utilisé en eau de mer.
Malheureusement ce laiton, quoique non dézincifiable, périssait encore par érosion -
2.3.3.2 Laitons corrosion et il fallut trouver d’autres additions que l’étain dans les laitons et même d’autres
alliages pour résoudre le problème de la tenue en eau de mer.
L’intérêt des laitons réside dans leurs caractéristiques mécaniques Aujourd’hui le laiton Amirauté CuZn29Sn1As n’est donc plus utilisé que pour les eaux
plus élevées et surtout dans le fait que la couche protectrice formée ordinaires ou peu salines, comme d’ailleurs également l’alliage CuZn30As.
au contact des eaux est plus solide que celle du cuivre. Les alliages modernes utilisés pour l’eau de mer sont :
Sous forme de tubes, trois nuances monophasées sont essentiel- — le laiton à l’aluminium ;
lement utilisées : — les cupro-nickels au fer.
— CuZn30As
— CuZn29Sn1As  réservées aux eaux douces ■ Laiton à l’aluminium CuZn22Al2As
— CuZn22Al2As convenant aussi pour l’eau de mer. Cet alliage a un excellent comportement en eau de mer peu polluée
Sous forme de plaques pour échangeurs, les alliages précédents froide ou chaude, pour des vitesses de circulation de 1 à 2,5 m/s.
sont utilisés, ainsi que le CuZn39Sn1 qui, bien que biphasé, est moins Des additions périodiques de sulfate ferreux à l’eau de mer
sujet à dézincification que le CuZn40 et peut convenir pour les pro- (1 à 2 ppm en masse par exemple pendant 1 heure chaque jour)
duits épais, même en eau de mer. améliorent encore sa tenue.
Il est peu sensible au pitting, mais ne doit pas être utilisé sous
2.3.3.3 Cupro-nickels contrainte.
Ces alliages sont de plus en plus utilisés dans les eaux agressives ■ Cupro-nickel 90/10 (CuNi10Fe1,5Mn1)
et en particulier dans l’eau de mer, pour les centrales électriques,
les navires, les unités de dessalement, les raffineries. Cet alliage est celui qui présente la plus grande souplesse d’emploi
vis-à-vis des conditions de service et du milieu.
Deux alliages sont d’application courante :
Il peut être utilisé dans une large gamme de vitesse (1 à 3 m/s)
• CuNi10Fe1,5Mn1, et aux températures élevées.
• CuNi30Fe0,7Mn0,7.
Comme tous les cupro-nickels il est insensible à la corrosion sous
Le troisième alliage, CuNi30Fe2Mn2, est à réserver aux cas où tension.
l’érosion est particulièrement à redouter (présence de sable dans
l’eau de mer). ■ Cupro-nickel 70/30 (CuNi30Fe0,7Mn0,7)
Cet alliage permet de plus hautes vitesses de circulation. Sa
2.3.3.4 Cupro-étains résistance aux eaux polluées est en général meilleure que celle du
laiton à aluminium ou du cupro-nickel 90/10.
Ces alliages contiennent de 3 à 12,5 % d’étain et de 0,02 à 0,4 %
de phosphore. Ils ont une excellente résistance à l’érosion, même Il tolère un pH légèrement acide (6,5), mais il craint la corrosion
en eau acide, cependant ils n’ont été jusqu’ici que peu utilisés. aux points chauds et la corrosion par pitting dans les eaux stagnantes
ou circulant lentement.
2.3.3.5 Cupro-aluminiums ■ Cupro-nickel 70/30 avec une teneur en fer élevée (CuNi30Fe2Mn2)
Deux types principaux d’alliages sont utilisés : Cet alliage est d’un emploi plus spécifique. Particulièrement étudié
— les cupro-aluminiums monophasés du type CuAl5 ; ces alliages pour résister à l’érosion dans les eaux de mer contenant du sable,
ont dans les eaux salines d’intéressantes applications sous forme cet alliage est à déconseiller aux fortes températures, ou lorsque de
de tubes ; l’alliage CuAl7Fe2 est également utilisé sous forme de faibles vitesses de circulation sont à craindre (pitting ).
tôles et de plaques ; une addition d’étain (0,2 à 0,5 %) les protège
efficacement contre la corrosion sous contrainte ; 2.3.4.2 Plaques et tôles
— les cupro-aluminiums complexes avec 9 % d’aluminium et
addition de nickel (et éventuellement Fe, Mn). Pour les plaques de condenseurs, le laiton Naval Brass
(CuZn39Sn1) est encore couramment utilisé dans les eaux de mer
Ces alliages, protégés de la désaluminisation par la présence de non polluées, bien qu’il puisse souffrir d’une certaine dézincification
nickel, sont essentiellement utilisés sous forme de plaques acceptable en raison même de l’épaisseur du produit.
d’échangeurs et de tôles pour boîtes à eau ou tuyauteries roulées
soudées. Cet alliage résiste mieux à la corrosion que le laiton 60/40 (Muntz
métal ) avec ou sans plomb. Cependant des alliages plus résistants
Tous ces alliages conviennent pour les eaux de mer même dans à la corrosion marine, comme les cupro-aluminiums et les cupro-
des conditions sévères de service. nickels, sont de plus en plus utilisés.
En revanche, on conçoit également que les cupro-aluminiums
complexes étant constitués de plusieurs phases, le problème majeur
2.3.4 Alliages cuivreux et eau de mer soit celui de la corrosion sélective de la phase la plus riche en alumi-
nium. Ce phénomène connu sous le nom de désaluminisation
2.3.4.1 Tubes
s’apparente à la dézincification des laitons (§ 2.3.2.2).
Il s’agit essentiellement du problème de la tenue à la corrosion L’alliage se recouvre d’un dépôt blanchâtre insoluble dans l’eau
marine des tubes de condenseurs et autres échangeurs de tempé- de mer et, sous le dépôt, le métal apparaît rougeâtre.
rature, sur les navires, dans les centrales électriques, les unités de
dessalement, la pétrochimie, etc.

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En coupe micrographique on constate que la phase riche en En pratique, cependant, dans les eaux chaudes désaérées, et en
aluminium a fait l’objet d’une dégradation importante et semble particulier dans les installations de chauffage central, on ne signale
s’être transformée en cuivre pulvérulent. Le phénomène pénètre en jamais de problème.
profondeur, et à la longue le métal n’a plus aucune tenue mécanique. Nota : la plupart des fabricants européens de tubes ont mis au point un procédé de
fabrication donnant au tube de cuivre une excellente résistance à la corrosion : tube
Les études effectuées ont montré que les phases particulièrement SANCO.
sensibles à ce phénomène sont soit la phase γ 2 , soit plus nettement
encore les phases métastables issues de la décomposition de β. Le cuivre peut souffrir occasionnellement de l’érosion-corrosion
lorsque la vitesse générale est trop élevée ou en cas de turbulences
Les mêmes travaux ont montré en revanche que la décomposition ou encore d’entraînement de matières abrasives ou de bulles d’air.
β → α + KIII immunise l’alliage contre ce phénomène. Pour que Il convient alors de baisser la vitesse ou d’éliminer les turbulences.
l’alliage soit immunisé, il suffit que cette décomposition soit
Certaines eaux peuvent dissoudre du cuivre. Il s’agit surtout des
amorcée, car elle s’effectue sur la périphérie du grain β (contenant
ou non γ2 ) qui est ainsi isolé. eaux acides, adoucies et chaudes. Mais la dissolution est alors géné-
rale et, même dans ce cas, l’épaisseur est si peu diminuée que la
En pratique, cela signifie que les cupro-aluminiums polyphasés durée de vie n’est pas affectée à moins qu’il ne se produise de
sans addition de nickel sont sensibles à la désaluminisation, alors l’érosion-corrosion.
que les cupro-aluminiums complexes avec addition de nickel sont
Il y a lieu de noter à ce sujet que l’Organisation Mondiale de la
immunisés dans la mesure où la transformation β → α + KIII est au
moins amorcée (§ 1.6). Santé ne classe pas le cuivre comme une substance toxique ni même
dangereuse pour la santé.
Pour qu’il puisse en être ainsi, la teneur en nickel doit être suffi-
sante par rapport à la teneur en aluminium, et on admet générale- Cependant dans les condenseurs ou échangeurs de température
ment la règle : alimentés en eaux ordinaires (eaux de rivière, etc.) on préfère
généralement les laitons inhibés contre la dézincification par
Ni
Al  8,5 + -------- l’arsenic et plus précisément le CuZn30As ou le CuZn29Sn1As (laiton
2 Amirauté mis au point autrefois pour l’eau de mer). Le CuZn22Al2
Il est également nécessaire que la vitesse de refroidissement après est également utilisé, ainsi que le CuNi10Fe1,5Mn1 lorsque les
coulée ou après recuit, ou encore après soudure, soit limitée. Des conditions sont particulièrement sévères.
vitesses de refroidissement de 50 à 100 oC/ h ont été avancées, mais, La tenue des cupro-aluminiums à l’eau douce est excellente, même
en pratique, il suffit d’éviter toute trempe, et le refroidissement natu- si celle-ci contient une forte proportion de CO2 (eaux minérales
rel à l’air est encore satisfaisant pour les produits d’épaisseur supé- gazeuses). Cette propriété à été utilisée dans la réalisation des
rieure ou égale à 4 mm. machines à embouteiller les eaux minérales ainsi que pour la réalisa-
L’addition de fer associé au nickel tend à être bénéfique, le fer tion de colonnes de forages allant puiser ces eaux à grande
semblant dans ce cas favoriser également (à un moindre degré que profondeur. Il faut souligner cependant que les eaux douces
le nickel cependant) la transformation β → α + KIII . devenant de nos jours de plus en plus agressives, ce sont les cupro-
aluminiums au nickel qu’il convient, d’une façon générale, d’utiliser.
En revanche, l’addition de manganèse stabilise la phase β, tend Nota : les cupro-aluminiums sont sensibles, moins que d’autres alliages cuivreux
à retarder sa transformation et est donc néfaste, tout au moins pour cependant, à l’action des sulfures éventuellement contenus dans l’eau.
des teneurs supérieures à 2 % en masse. En pratique cette sensibilité est constatée dans les zones où une concentration locale
importante de H2S peut se produire par suite de turbulences ou de dépression (cavitation).
Pour les boîtes à eau, on utilisait autrefois l’acier ordinaire non
revêtu ; celui-ci se corrodait et devait être changé, mais on réalisait
ainsi une protection cathodique efficace du faisceau tubulaire en
alliages cuivreux. Aujourd’hui, on utilise pour les boîtes à eau l’acier 2.3.6 Cas des échangeurs de température
revêtu ou des alliages cuivreux comme les cupro-nickels ou les
cupro-aluminiums, ou bien encore l’acier plaqué cupro-nickel Le bon comportement du cuivre et de ses alliages dépend :
(§ 2.10.2), etc. Cette dernière technique s’est particulièrement déve- — du choix correct de l’alliage ;
loppée dans les unités de dessalement de l’eau de mer. Pour assurer — de la bonne conception de l’appareil ;
la protection cathodique du faisceau on met alors en place des — de sa bonne utilisation.
anodes sacrificielles en fer doux. Cela signifie, en particulier dans le cas des échangeurs de
température, que la conception doit être telle que les survitesses
soient évitées. Il faut entre autres :
2.3.5 Cuivre et alliages cuivreux dans l’eau ordinaire — se rappeler que la vitesse dans certains tubes du faisceau peut
être très différente de la vitesse moyenne ;
Les eaux ordinaires sont en général moins agressives que l’eau — éviter que les tubes ne dépassent la plaque tubulaire, ce qui
de mer, et le cuivre est largement utilisé pour la distribution d’eau crée des turbulences ;
sanitaire froide ou chaude ainsi que dans bon nombre d’appareils — éviter les boites à eau trop plates ce qui est également source
domestiques ou industriels. Les tubes de cuivre utilisés pour l’eau de turbulences ;
froide ont parfois été sujets au phénomène de pitting (pitting no 1). — réaliser le cas échéant la protection cathodique du faisceau par
Campbell a montré que ce phénomène pouvait être associé au anodes sacrificielles en fer doux.
carbone résiduel à la surface des tubes, carbone formé lors du recuit Mais l’attention doit être également attirée, surtout dans le cas
brillant. Pour cette raison, les fabricants doivent prendre aujourd’hui des échangeurs d’eau de mer, sur les précautions à prendre lors des
des précautions spéciales pour éviter ces résidus de carbone. premiers quinze jours de mise en service de l’échangeur. C’est en
Cependant le phénomène n’est pas aussi simple, et il a été également effet pendant cette période que se forme la couche protectrice
montré que même en présence de carbone le phénomène dépendait d’oxydes dont la solidité conditionnera la vie de l’échangeur. Il est
de la nature des eaux, et qu’il se produisait surtout en présence des donc essentiel :
eaux de puits profonds ou de forage.
— de s’assurer avant le démarrage que tous les corps étrangers
Dans les eaux chaudes adoucies ayant une haute teneur en sulfates ayant pu être laissés au cours du montage ont bien été éliminés ;
par rapport aux carbonates et un pH relativement bas, l’on signale — d’utiliser pour la mise en eau une eau aussi peu polluée que
parfois l’existence d’un pitting d’une autre espèce (pitting no 2). possible en substances organiques, composés sulfurés, matières en
suspension ;
— de bien veiller à ce que la vitesse soit celle prévue, et qu’il n’y
ait pas d’arrêt pendant cette période.

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Si un arrêt de plus de deux jours devait néanmoins se produire, Lorsque l’atmosphère est humide et contient des chlorures il est
il serait alors nécessaire de vider et rincer l’échangeur et de le remplir préférable d’éviter les cupro-aluminiums au fer (sans nickel), les
d’eau propre non salée. précipités de fer ayant en effet tendance à l’enrouillement. On pré-
férera alors les cupro-aluminiums au nickel (le nickel augmente la
solubilité du fer) qui ont un excellent comportement dans les atmo-
sphères salines. On admet généralement la règle Fe  Ni + 0,5
2.4 Oxydation sèche (teneur en pourcentage massique).
■ Oxydation interne : les alliages cuivreux, renfermant une addition
Le cuivre est certes moins noble que les métaux précieux, platine, mineure (2 % environ) d’aluminium, béryllium, chrome, magné-
or, argent etc., mais ses oxydes, Cu 2O et CuO, sont réduits par la sium, silicium, titane ou zirconium, s’oxydent à chaud avec un
plupart des autres métaux, par le carbone, l’hydrogène, le monoxyde enrichissement de l’addition dans la couche superficielle. Sous cette
de carbone (CO), le silicium, le bore et le phosphore (ces derniers couche visible, l’oxygène diffuse progressivement dans l’alliage
étant exploités pour la désoxydation du cuivre fondu). sous-jacent et réagit sélectivement avec l’addition soluble pour
former une très fine dispersion de Al2O3, BeO, etc., en laissant une
■ L’oxydation du cuivre massif dans l’air (ou l’oxygène) produit une matrice de cuivre pur. La diffusion de l’oxygène étant relativement
couche superficielle dont la composition, la structure et les lente, il est rare que la zone d’oxydation interne dépasse 100 µm
propriétés varient beaucoup avec les conditions (température, durée après des chauffages habituels (laminages à chaud, mises en solu-
de chauffage, état de surface, etc.) mais, bien que la couche d’oxyde tion, etc.), mais elle n’est pas éliminée par un décapage de l’oxyde
ralentisse la cinétique d’oxydation, elle ne l’arrête jamais visible. En pratique, les fines particules d’oxyde durcissent et fragi-
totalement : lisent les zones affectées, éventuellement avec une usure accrue des
— au-dessous de 150 oC, le film de Cu2O est adhérent et s’épaissit filières d’étirage et de tréfilage, des outils de découpage, etc.
très lentement ;
— dans l’intervalle 250 à 650 oC, la croissance initiale de la couche ■ Auto-protection : dans les cas précités, la teneur en addition
est quasi parabolique, puis devient plus accidentée par suite de soluble ne suffit nullement à supprimer l’oxydation des atomes de
fissurations, exfoliations et cloquages ; ces effets résultent des cuivre. Pour les cupro-aluminiums à 5 à 7 % d’aluminium soluble, il
contraintes développées dans la couche d’oxyde, car le rapport volu- devient possible de former un film très protecteur constitué
mique, métal/oxyde, s’approche de 1,7 ; essentiellement d’alumine (Al2O3 ), en réduisant fortement le pouvoir
— au-dessus de 700 oC environ, l’adhérence reste bonne car une oxydant de l’atmosphère. En effet, dans l’hydrogène très légèrement
certaine plasticité de la couche fait relaxer toutes contraintes humide, l’oxydation du cuivre devient thermodynamiquement
internes ; la loi de croissance redevient alors quasi parabolique : le impossible. Mais le film d’Al2O3 , invisible à l’oeil nu après un chauf-
gain de masse par unité de surface est proportionnel environ au carré fage de 15 min à 800 oC, permet de conserver une surface brillante,
du temps de chauffage, pour une température donnée : même après un chauffage subséquent de 4 h à 800 oC dans l’oxygène
pur (ou l’air ).
∆p = Kt n, où n = 2,0 à 2,2
au contact du métal, il s’agit de l’oxyde cuivreux rouge Cu2O, mais
les zones externes au contact de l’air renferment une proportion de 2.5 Tenue mécanique aux hautes,
l’oxyde cuivrique noir CuO (≈ 5 % à 900 oC). moyennes et basses températures
La proportion de CuO dans ces couches croît, typiquement, de
35 % pour 700 oC, à 50 % pour 600 oC, jusqu’à 95 % pour 300 oC ; 2.5.1 Températures supérieures à l’ambiante
dans ce dernier cas, on note que l’oxyde noir CuO prend naissance
et s’étend sur un premier film de Cu2O rouge. Enfin, pour citer des Les caractéristiques mécaniques mesurées au-dessus de la tempé-
ordres de grandeur, l’épaisseur de l’oxyde, après un chauffage de rature ambiante sur le cuivre et ses alliages à l’état recuit décroissent
1 h dans l’air, passe de 3 à 4 µm (400 oC), 10 à 12 µm (600 oC), 30 de façon régulière pour ce qui est de la résistance mécanique et de
à 45 mm (750 oC), jusqu’à 200 à 300 µm (950 oC). la limite élastique (figure 25a). En revanche, l’allongement et surtout
la striction subissent généralement une baisse brutale vers 300 à
■ L’oxydation des alliages cuivreux : elle est naturellement plus
700 oC pour remonter ensuite et même dépasser les valeurs à la
complexe et varie avec la nature, la proportion et l’état structural de
température ambiante (figure 25b).
l’addition (solution solide ou phase séparée dans l’alliage et/ou dans
la couche d’oxyde). Le lecteur doit se reporter aux publications Seuls, des cuivres très purs (Cu/c2) ne présentent pas cette baisse
détaillées sur tel ou tel alliage et nous nous limiterons ici à quelques de ductilité à température moyenne. Il en découle que le cuivre et
particularités [Doc. M 430]. ses alliages doivent être déformés soit à température élevée
o
● Laitons : jusqu’à 500 C environ, l’oxydation préférentielle du
(> 600 oC), soit à basse température (température ambiante) afin
zinc produit des films adhérents, essentiellement de ZnO, relative- d’éviter cette zone critique.
ment faciles à dissoudre dans H2SO4 à 10 %. Mais, à des tempéra- C’est d’ailleurs dans le domaine de température de la zone critique
tures plus élevées (et, parfois, en présence de lubrifiants résiduels), qu’a lieu le phénomène de criquage au feu, que l’on rencontre pour
les oxydes de cuivre (et, notamment, CuO) peuvent se former, ce qui certains alliages (bronzes, cupro-aluminiums, maillechort au plomb).
rend le décapage plus difficile. Les contraintes internes emmagasinées dans des barres étirées sont
Les alliages renfermant des additions notables de Al, Be ou Si suffisantes pour amener la fissuration de celles-ci au passage du
s’oxydent sensiblement moins rapidement que le cuivre pur ; la domaine critique de température lors d’un recuit.
couche d’oxyde enrichie en Al2O3 , BeO ou SiO2 devient plus difficile
à dérocher.
2.5.2 Test de fluage
● Cupro-nickels : il se forme d’abord une couche de Cu2O puis,
progressivement, un film sous-jacent de NiO au contact du métal
Une autre série de données disponibles sont les résultats de test
avec l’apparition de CuO dans les zones externes. Le décapage ne
de fluage, par exemple la contrainte entraînant un allongement
présente pas de problèmes particuliers.
donné en un temps donné à une certaine température.
● Cupro-aluminiums : les alliages cuivreux présentent les
meilleures caractéristiques de stabilité superficielle et restent Dans le cas général, la température maximale d’essai se situe
brillants et clairs, même en présence de H2S ou SO2 pendant une autour de 250 oC pour les alliages courants (figure 26b). Cependant,
longue période de temps. pour les alliages cuivreux résistant le mieux au fluage à chaud, cupro-
nickels et cupro-aluminiums, les essais ont été poussés jusqu’à
400 oC environ (figure 26c).

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Figure 25 – Comportement mécanique du cuivre et de ses alliages


Figure 26 – Fluage du cuivre et de ses alliages
aux températures élevées

souvent augmentées ; il en est de même pour l’allongement. La stric-


2.5.3 Basses températures tion et la résilience restent au même niveau qu’à température
ambiante.
Les alliages cuivreux voient leurs caractéristiques mécaniques Une fragilisation par le froid telle qu’on la connaît pour les aciers,
conservées et même souvent améliorées à basse température. La avec l’existence d’une température de transition, n’est donc pas à
résistance mécanique, la limite élastique, et la dureté sont le plus craindre pour le cuivre et ses alliages.

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2.6 Alliages à propriétés électriques 2.6.2 Propriétés magnétiques du cuivre


et magnétiques spéciales et de ses alliages

2.6.1 Alliages pour résistances électriques Le cuivre et ses principaux alliages sont des matériaux considérés
comme non magnétiques. Le cuivre est diamagnétique avec une
■ Alliages Cu-Ni susceptibilité magnétique χ de – 9,4 × 10 –6.
Les alliages cuivre-nickel binaires possèdent des propriétés Cependant, des éléments d’addition comme le fer, le nickel et le
intéressantes en présentant une large gamme de résistivités suivant manganèse peuvent modifier assez fortement les propriétés
la teneur en nickel (tableau 13) les alliages contenant 10 à 30 % de magnétiques.
nickel sont les plus courants. Comme il s’agit de solutions solides, ■ Effet du nickel
les propriétés sont stables dans le temps. (0)
Son influence est faible jusqu’à 30 à 38 % de nickel, mais au-delà
la susceptibilité magnétique croît rapidement.
Tableau 13 – Propriétés électriques des alliages cuivre- ■ Effet du fer
nickel En solution solide, le fer n’augmente que très faiblement la
susceptibilité du cuivre. En revanche, s’il précipite par épitaxie sous
Coefficient thermique forme de fer γ paramagnétique, de structure cfc comme le cuivre,
Résistivité de résistance l’augmentation de susceptibilité devient notable. En outre, par
Alliage cuivre-nickel
(entre 25 et 105 oC) déformation plastique, même faible, les précipités de fer γ perdent
(µΩ · cm) (× 10 –6/ oC) leur épitaxie avec la matrice et se transforment en fer α ferromagné-
tique, avec nouvelle augmentation importante de la susceptibilité.
CuNi2........................ 50 1 350
L’impureté fer devra donc être limitée ( 0,01 % ) dans le cuivre
CuNi6........................ 100 550
et ses alliages si l’on recherche l’amagnétisme (instruments divers).
CuNi11...................... 150 430 Il est enfin à noter que le nickel augmentant la solubilité du fer dans
CuNi22...................... 300 160 le cuivre diminue l’influence de celui-ci dans les cupro-nickels.
CuNi45...................... 490 ± 18
■ Effet du manganèse
Le manganèse seul n’a que peu d’effet sur les propriétés magné-
Mais c’est surtout l’alliage à 45 % de nickel (constantan) qui est tiques du cuivre. Cependant le caractère ferromagnétique de l’atome
le plus remarquable car il possède un coefficient thermique de résis- de manganèse apparaît, par suite de distance interatomique conve-
tance minimal sur un domaine assez étendu autour de la température nable, dans la maille ordonnée des alliages de Heusler (principale-
ambiante. Ceci permet son emploi dans la fabrication des résistances ment l’alliage CuMn13Al10 de composition stœchiométrique
électriques. Le constantan résiste bien à l’oxydation, mais possédant Cu2MnAl). Ceux-ci ont alors des propriétés magnétiques voisines de
un potentiel thermo-électrique assez élevé, doit être utilisé avec celles du nickel.
précaution dans les applications en courants continus. L’aluminium peut être remplacé par l’étain, mais aussi par d’autres
éléments tels que l’arsenic, l’antimoine, le bismuth, le bore, l’indium
■ Alliages Cu-Mn et Cu-Mn-Ni ou le gallium.
Ces alliages, appelés manganins, présentent également des coef-
ficients thermiques de résistance très bas (α ≈ ± 15 × 10 –6/ oC), mais ■ Alliages magnétiques
seulement dans un domaine restreint de température, car leur résis- Il s’agit d’alliages CuNi20Fe20 et CuNi20Co30 à décomposition
tivité varie de façon parabolique avec la température. En ajustant spinodale ; leurs propriétés magnétiques sont dues aux amas riches
la composition, il est même possible d’obtenir un coefficient de en NiFe et NiCo.
température nul pour une température donnée. Le domaine de Même après trempe, ces alliages sont déjà ferromagnétiques,
fonctionnement ne devra cependant pas s’éloigner de cette tempé- mais c’est surtout après un traitement de décomposition spinodale
rature ( ± 10 oC), si l’on désire garder un coefficient thermique de que les propriétés propres à leur utilisation comme aimants
résistance faible (tableau 14). (0) permanents sont atteintes. Ils ont l’avantage à l’état trempé de
pouvoir être transformés facilement à froid en fils, bandes minces,
etc., pour diverses applications.
Tableau 14 – Propriétés électriques des alliages cuivre-
manganèse et cuivre-manganèse-nickel
Coefficient thermique
2.7 Propriétés de mise en œuvre du cuivre
Alliages
Résistivité
de résistance et de ses alliages
(µΩ · cm) (× 10 –6/ oC)
2.7.1 Mise en forme à froid
CuMn13 ................... 48 ± 15 (entre 15 et 35 oC)
CuMn13Ni4 ............. 48 ± 15 (entre 15 et 35 oC) 2.7.1.1 Cuivre non allié
CuMn10Ni4 ............. 38 ± 10 (entre 20 et 45 oC)
Le cuivre possède une très grande capacité de déformation à la
température ordinaire, des indices de cette ductilité étant la valeur
élevée de l’allongement à la rupture à l’état recuit ou partiellement
Les manganins possèdent une moindre résistance à la corrosion écroui (35 à 45 %) et l’important intervalle entre la limite d’élasticité
que le constantan. En contrepartie, leurs potentiels thermo- et la charge de rupture (de l’ordre de 170 MPa à l’état recuit pour
électriques sont beaucoup plus faibles. une charge de rupture de 230 à 240 MPa).

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Cette importante ductilité du cuivre permet de lui faire subir des Les différents états obtenus au cours de cet écrouissage sont
déformations à froid qui peuvent atteindre des valeurs considérables fréquemment désignés par les termes 1/4 dur, 1/2 dur, etc. corres-
notamment par tréfilage du fait des contraintes triaxiales imposées pondant aux caractéristiques citées dans le tableau 15.
par les filières (tréfilage du diamètre 8 à 0,2 mm environ sans recuit Par recuit pratiqué vers 300 oC, on restitue au cuivre écroui ses
intermédiaire). Par laminage, on réalise couramment des réductions caractéristiques initiales, les propriétés mécaniques mesurées à
de section correspondant à des allongements de 1 000 à 10 000 %, l’essai de traction évoluant en fonction de la température de recuit
sans recuit intermédiaire. Cette plasticité exceptionnelle est la suivant les courbes de la figure 28.
conséquence du système cristallin (cubique à faces centrées) du
cuivre. Il résulte de ces propriétés que le cuivre à l’état recuit, indépendam-
ment de ses possibilités de déformation pour la réalisation de demi-
Au cours de ces déformations les caractéristiques mécaniques du produits, se prête remarquablement à toutes les opérations de mise
cuivre écroui varient suivant les courbes de la figure 27. en forme à froid telles que pliage, emboutissage, et formages divers.
Toutefois, après un certain taux de déformation ayant provoqué son
écrouissage, le cuivre nécessitera une opération de recuit pour pou-
voir être déformé.
Pratiquement, la température de recuit se situera vers 500 à
600 oC, mais, s’il s’agit de pièces de masse faible, des températures
de l’ordre de 300 à 350 oC peuvent suffire, ce qui limitera leur
oxydation.
Cette nécessité d’effectuer un recuit après écrouissage concerne
également l’ensemble des alliages de cuivre.

2.7.1.2 Principaux alliages de cuivre


Aucune règle générale ne peut être donnée, chaque élément
d’alliage exerçant une influence particulière quant aux propriétés de
mise en œuvre. Les caractéristiques des alliages de cuivre étant
décrites dans le paragraphe 1, nous ne mentionnons ici que les prin-
cipaux effets des éléments d’addition sur les propriétés de mise en
œuvre de sept types principaux d’alliages industriels.

Figure 27 – Évolution des caractéristiques de traction


sur une tôle en Cu /a1 recuite en fonction de l’écrouissage Figure 28 – Évolution des caractéristiques de traction
d’une tôle en Cu /a1 écrouie en fonction de la température de recuit

(0)

Tableau 15 – Caractéristiques des états recuit et écroui à 20 oC (1)

État Résistance Limite élastique Allongement Coefficient


à la traction à 0,2 % (base 50 mm) de striction Dureté Vickers
Symbole Rm Rp 0,2 A Z HV 10
Désignation
Afnor (2) (MPa) (MPa) (%) (%)
Recuit 0 230 60 45 80 à 90 50
H11 260 190 25 60 à 80 80
 1/4 dur ....................
 1/2 dur .................... H12 300 250 14 les valeurs 100
Écroui  4/4 dur .................... H14 350 320 6 les plus faibles 110
 ressort .................... H16 390 360 4 correspondent 115
 super-ressort ......... H18 460 440 2 au Cu/a1 130
(1) Les essais de traction du cuivre sont définis dans la norme NF A 03-251.
(2) Norme NF A 02-008.

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2.7.1.2.1 Cuivres faiblement alliés Le cuivre au tellure est utilisé pour l’obtention de pièces néces-
Il s’agit d’alliages dont la teneur en éléments d’addition est infé- sitant une conductivité élevée et devant être obtenues par usinage
rieure à 1 %. rapide (sur tour automatique notamment).
Comme le cuivre pur, les alliages constitués par une phase Déformable à froid, le cuivre au tellure ne peut cependant subir
unique α se laissent aisément déformer à froid à l’état recuit. Nous que des déformations limitées, de l’ordre de 75 % de celles permises
mentionnerons : pour le cuivre.

■ Cuivre à l’argent (Ag ≈ 0,08 %) ■ Cuivre au chrome


L’effet principal de l’argent est d’accroître la température Une addition au cuivre de 0,6 à 1 % de chrome conduit à un alliage
d’adoucissement après écrouissage, la température de recristallisa- susceptible de durcissement par précipitation. Ce traitement se réa-
tion passant de 225 oC environ pour le cuivre Cu/c1 (figure 31) à lise par un revenu à 450 à 475 oC sur un métal ayant subi une trempe
350 oC environ pour le cuivre à l’argent. à l’eau, pour mise en solution du chrome, à une température de 975
à 1 000 oC.
Les autres propriétés de cet alliage sont sensiblement les mêmes
que celles du cuivre pur et notamment sa capacité de déformation L’alliage durci et écroui possède des caractéristiques mécaniques
à froid, mais l’état écroui peut être conservé pour des températures élevées (Rm = 450 MPa, Rp 0,2 = 320 MPa, A % = 10) et une conduc-
de service plus élevées (de 125 oC environ) que celles du cuivre tivité électrique importante : de l’ordre de 82 % IACS.
(applications aux produits écrouis subissant des opérations à des Les caractéristiques à l’essai de traction à chaud sont également
températures de l’ordre de 250 à 300 oC : étamage, brasage tendre, élevées (à 400 oC : Rm = 280 MPa au lieu de 100 MPa pour le cuivre).
ou température de service élevée).
Cet ensemble de propriétés fait du cuivre au chrome un alliage
■ Cuivre au cadmium (Cd = 0,7 à 1 %) de choix pour la réalisation de pièces nécessitant une conductivité
électrique élevée et une grande résistance à la déformation à chaud,
Le cadmium augmente sensiblement les caractéristiques méca-
niques (à l’état recuit : Rm ≈ 260 à 300 MPa au lieu de 220 à 230 MPa
telles que des électrodes de machines à souder par points ou à la
molette, des éléments de freins, des pièces pour moteurs ther-
pour le cuivre, sans diminuer de façon importante la conductivité
miques, etc.
électrique (92 à 96 % IACS pour Cd = 0,8 %).
Dans le cas où les mises en forme à effectuer nécessitent des défor-
À l’état écroui, la charge de rupture peut atteindre 600 à 650 MPa,
mations importantes, on utilisera un métal à l’état trempé, le revenu
la conductivité atteignant encore 86 à 89 % IACS.
étant réalisé sur pièces finies. En revanche, seules des déformations
Par ailleurs, la résistance du cuivre au cadmium aux efforts de limitées sont possibles sur produits trempé et revenu (TR ).
fatigue est plus élevée que celle du cuivre Cu/a1.
La température de recuit est voisine de celle du cuivre, mais la 2.7.1.2.2 Cuivre au béryllium
vitesse de recristallisation est plus faible, ce qui autorise certaines
Le cuivre comportant une addition de 2 % de béryllium constitue
opérations telles que le brasage à l’étain sans nuire aux propriétés
un alliage à durcissement par précipitation pouvant présenter, après
mécaniques.
traitement thermique, des propriétés mécaniques particulièrement
À l’état recuit, la capacité de déformation à froid du cuivre au élevées.
cadmium est suffisamment élevée pour permettre des mises en
C’est ainsi qu’après trempe à 800 oC, suivie d’un revenu vers
forme semblables à celles du cuivre.
320 oC, les caractéristiques mécaniques indiquées au tableau 16
Le cuivre au cadmium est surtout utilisé comme conducteur élec- sont couramment observées. (0)
trique (lignes électriques, caténaires, fils de contact pour la traction
électrique) du fait de sa résistance mécanique relativement élevée.
■ Bronzes conducteurs au cadmium-étain Tableau 16 – Caractéristiques mécaniques
de l’alliage CuBe2
Des additions d’étain sont fréquemment effectuées dans l’alliage
cuivre-cadmium, conduisant aux bronzes conducteurs ou bronzes Rm Rp 0,2 A Dureté
téléphoniques de composition : Etat
(MPa) (MPa) (%) Vickers
• 1 % Cd + 0,15 % Sn : conductivité  72 % IACS à l’état écroui ;
• 0,9 % Cd + 0,4 % Sn : conductivité  62 % IACS à l’état écroui. Trempé, revenu 1 000 à 1 100 800 à 1 000 1 à 5 350 à 380
La charge de rupture à l’état écroui est de l’ordre de 720 MPa pour Trempé, écroui, revenu 1 250 à 1 500 1 200 à 1 400 2 385 à 420
le premier alliage et de 750 MPa pour le second. Ces résistances
mécaniques élevées sont mises à profit dans le cas des lignes télé-
phoniques pouvant être soumises à des charges importantes, en cas En revanche, la conductivité électrique est relativement faible, soit
de givrage par exemple, et de pièces conductrices nécessitant une de l’ordre de 22 à 30 % IACS pour les états mentionnés dans le
tenue particulière aux efforts : bagues de collecteurs, supports de tableau.
balais pour moteurs, etc. Une nuance moins chargée en béryllium (0,4 à 0,7 %), mais
La capacité de déformation à froid de ces alliages reste élevée, contenant 2,5 % de cobalt, possède après trempe et revenu des
mais elle est moins importante que celle du cuivre au cadmium. caractéristiques moins élevées, mais qui peuvent atteindre, sur état
écroui 1/2 dur et revenu :
■ Cuivre au tellure
— Rm (MPa) ...................750 à 900
Une addition de 0,3 à 0,7 % de tellure : — Rp 0,2 (MPa)...............700 à 800
— améliore l’aptitude à l’usinage du cuivre du fait de la formation — dureté Vickers...........210 à 250
de tellurure de cuivre insoluble ;
— relève la température d’adoucissement et de recristallisation La conductivité électrique est plus élevée, de l’ordre de 45 % IACS.
en permettant de maintenir les propriétés du cuivre écroui après Ces alliages ne peuvent se déformer à froid que dans leur état
chauffage de 2 h à 350 oC ; trempé (état mou). Ils supportent alors des déformations impor-
— diminue légèrement la conductivité électrique qui conserve tantes permettant les mises en forme les plus diverses.
cependant des valeurs élevées : 94 à 98 % IACS.

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2.7.1.2.3 Laitons Au-delà de 10 % d’étain, les bronzes sont pratiquement constitués


Les laitons, ou alliages cuivre-zinc, contiennent pratiquement 5 à par un mélange de deux phases α et δ.
45 % de ce dernier métal, et éventuellement diverses additions Cette dernière étant dure et fragile, les cupro-étains biphasés sont
telles que le plomb (1 à 3 %) facilitant l’usinage, le manganèse, obtenus seulement par moulage et ne sont pas soumis à des
l’aluminium, l’étain. Ces derniers éléments permettent d’accroître déformations plastiques.
les propriétés mécaniques ou d’améliorer la tenue à la corrosion.
La gamme étendue des laitons ordinaires et spéciaux correspond 2.7.1.2.5 Cupro-aluminiums
à une grande variété de produits présentant des propriétés et des Les cupro-aluminiums sont des alliages contenant de 4 à 14 %
caractéristiques d’usage très diverses (§ 2.1, 2.2 et 2.3). d’aluminium et, très fréquemment, différentes additions telles que
Les propriétés de mise en œuvre des laitons à température ordi- le fer, le nickel et le manganèse, à des teneurs comprises entre
naire dépendent de leur composition, c’est-à-dire de leur structure. 1 et 6 %.
■ Laitons sans additions spéciales On obtient ainsi toute une série d’alliages présentant des
caractéristiques mécaniques d’un niveau élevé et une résistance par-
Il y a lieu de distinguer plusieurs cas suivant la teneur en zinc. ticulière à la corrosion.
● Jusqu’à une teneur en zinc de 33 % la structure est mono-
Jusqu’à une teneur en aluminium de l’ordre de 9 %, les alliages
phasée α. La phase α étant malléable à froid et à chaud, les laitons sont utilisés pour la production de produits laminés susceptibles
correspondants peuvent subir des déformations importantes par d’être déformés mécaniquement à froid et à chaud. Au-delà de 11 %
laminage, emboutissage, repoussage, frappe à froid, etc. En fait, la d’aluminium, les pièces en cupro-aluminium sont obtenues par
capacité de déformation dépend de la teneur en zinc, du taux moulage.
d’écrouissage du produit considéré et, pour les produits à l’état
recuit, de la grosseur du grain métallurgique, la résistance mécani- Pour les alliages corroyés, deux grandes familles sont à
que à l’état recuit diminuant lorsque croît la grosseur du grain. considérer :
Pour les emboutissages profonds, le laiton CuZn33 est l’alliage le — les alliages monophasés : 5 à 8 % d’aluminium avec des addi-
plus indiqué, car il possède une aptitude à la déformation à froid tions de fer ou de nickel (≈ 2 %) pour certaines nuances ; la phase
particulièrement importante associée à des caractéristiques méca- unique α étant très malléable à froid, ces alliages peuvent être
niques élevées. façonnés et usinés sans difficultés ;
— les alliages biphasés : la teneur en aluminium est comprise
● Au-delà de 33 % de zinc la structure est biphasée α + β’. La
entre 8 et 11 %, et généralement, ces alliages comportent des
phase β’ étant dure et fragile, les laitons biphasés présentent une additions de manganèse, de nickel et de fer (1 à 7 %) destinées
plus faible aptitude à la déformation à la température ordinaire que principalement à s’opposer aux risques de corrosion pouvant se
les laitons monophasés, et ceci d’autant plus que la teneur en zinc est présenter dans les alliages binaires par suite de phénomènes de
élevée. désaluminisation ; par ailleurs, ces additions améliorent les
Aux températures supérieures à 455 oC, la phase β’ se transforme propriétés mécaniques.
en phase β, beaucoup plus malléable, ce qui permet aux laitons La structure de ces alliages est complexe, car la phase β stable
biphasés d’être facilement déformés à chaud. à chaud donne naissance à une ou plusieurs autres phases qui
Pratiquement, jusqu’à 36 % de zinc, les laitons biphasés coexistent avec la phase α.
conservent encore, cependant, une bonne aptitude à la déformation Contrairement à cette dernière, ces phases résultant de la décom-
à froid, les laitons du type CuZn40 étant plutôt réservés aux opéra- position de la phase β sont peu malléables à froid (la phase β n’est,
tions avec déformation à chaud (forgeage, matriçage). quant à elle, malléable qu’à chaud).
■ Laitons au plomb Il en résulte que les alliages biphasés supportent mal les défor-
Ils possèdent une teneur en zinc comprise entre 35 à 40 % environ. mations à froid et pratiquement, seules les déformations limitées
Le plomb, dont la teneur est de l’ordre de 1 à 3 %, se présente sous sont possibles.
forme de fins globules dispersés de façon homogène.
Ceux-ci ont pour effet de fragmenter les copeaux lors des opéra- 2.7.1.2.6 Cupro-nickels
tions d’usinage. L’effet essentiel du plomb est donc d’améliorer l’apti- Les alliages cuivre-nickel considérés dans cet article contiennent
tude à l’usinage des laitons. au maximum 50 % de nickel et, dans la pratique courante, les teneurs
Comme pour les laitons simples, la capacité de déformation à froid en nickel des produits industriels sont centrées autour de 5, 10, 20
est relativement faible pour les alliages comportant plus de 36 % de et 30 %, et plus généralement, de 10 et 30 %.
zinc, qui peuvent en revanche subir des déformations à chaud. Ces alliages comportent fréquemment des additions de fer et de
manganèse (0,5 à 2 %), ce qui permet d’améliorer leur résistance à
2.7.1.2.4 Cupro-étains la corrosion, notamment en milieu marin.
Sous la désignation générale de bronzes, les alliages cuivre-étain D’une façon générale, les cupro-nickels possèdent d’excellentes
constituent une famille importante parmi les métaux cuivreux. La capacités de déformation à froid, et l’on peut effectuer sans difficultés
teneur en étain des alliages industriels est comprise entre 3 et 20 %, des opérations de formage telles que pliage, cintrage, etc. On peut
mais pratiquement, seuls les bronzes contenant au maximum 9 % soumettre ces alliages à des réductions à froid de l’ordre de 40 à 50 %
d’étain environ font l’objet de la réalisation de demi-produits sus- avant de procéder à un recuit de régénération de la structure.
ceptibles d’être ultérieurement transformés par les procédés de
déformation à froid ou à chaud. Il s’agit de bronzes ne comportant 2.7.1.2.7 Maillechorts
en principe qu’une seule phase α (cupro-étains monophasés), une Les maillechorts sont des alliages ternaires cuivre-zinc-nickel, la
addition de phosphore étant effectuée en cours d’élaboration pour teneur en nickel pouvant varier de 10 à 30 % environ, le pourcentage
la désoxydation du bain liquide (teneur résiduelle en phosphore : en zinc se situant entre 17 et 45 %.
0,03 à 0,3 %). Ces alliages possèdent une bonne capacité de défor-
mation à froid mais celle-ci est variable suivant leur teneur en étain. D’une façon générale, ces alliages possèdent une excellente tenue
à la corrosion, cette tenue étant d’autant meilleure que la teneur en
Jusqu’à 5 % d’étain la capacité de déformation à froid peut être nickel est élevée.
considérée comme élevée. Elle permet donc la réalisation des opéra-
tions de formage courantes. De 6 à 9 % d’étain, les bronzes restent De très nombreuses nuances de maillechort sont réalisées, mais
déformables à froid, mais on limitera l’importance des déformations on distingue deux cas.
appliquées aux demi-produits.

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■ Les alliages monophasés (phase α), relativement riches en cuivre Les températures de déformation conseillées sont les suivantes :
(Cu ≈ 60 %) et qui sont très malléables à froid, et donc faciles à mettre
en œuvre par emboutissage, repoussage, etc. ■ laitons monophasés α :
— CuZn15 à CuZn20 ................................................. 750 à 900 oC
Les compositions les plus courantes correspondent aux symboles
— CuZn30 ................................................................... 750 à 870 oC
suivants : Cu Zn28Ni9, Cu Zn22Ni18, CuNi22Zn18, CuZn27Ni10,
— CuZn33 ................................................................... 750 à 850 oC
CuZn21Ni18, CuZn27Ni18.
Certaines nuances contiennent du plomb (Pb = 1,5 % environ) ■ laitons biphasés α + β sans plomb :
sous forme de particules finement dispersées. Elles présentent ainsi — CuZn37 ................................................................... 720 à 820 oC
une bonne usinabilité, comparable à celle des laitons de décolletage. — CuZn40 ................................................................... 650 à 750 oC
■ Les alliages biphasés (α + β), plus pauvres en cuivre (Cu : 42 à 50 % ■ laitons α + β au plomb :
environ), et contenant 8 à 20 % de nickel. Les compositions types sont — CuZn36Pb3............................................................. 700 à 775 oC
les suivantes : CuZn42Ni8, CuZn45Ni10, CuZn40Ni16. — CuZn39Pb2............................................................. 650 à 750 oC
Ces alliages sont nettement moins malléables à froid que les — CuZn40Pb3............................................................. 625 à 725 oC
maillechorts monophasés, et ils ne supportent que de faibles Il y a lieu de signaler que le laiton CuZn39Pb2 est le laiton de
déformations. matriçage type.
Une addition de plomb est parfois réalisée pour faciliter l’usinage, Pour les opérations de matriçage, il est préférable de procéder à
mais la teneur en plomb n’excède pas 1 % du fait de sa capacité de des essais préalables pour la détermination précise de la tempéra-
déformation relativement faible, facteur facilitant en lui-même ture, laquelle varie légèrement suivant la teneur en cuivre. Pour plus
l’usinage. de sécurité, on utilise une température située dans la fourchette 700
à 725 oC.
2.7.2 Mise en forme à chaud Pour les laitons biphasés, on remarque que la température maxi-
male recommandée est telle que la structure des produits concernés
n’est pas constituée de la phase β pure.
D’une façon générale, le cuivre et les alliages monophasés peuvent
se déformer aisément à chaud, mais pour certains alliages, il y a D’un façon générale, on évitera de déformer les laitons dans le
lieu d’observer des précautions particulières du fait de l’existence domaine des températures de l’ordre de 300 à 500 oC, certains laitons
de zones de fragilité dont il sera fait état dans ce qui suit. présentent une faible ductilité dans ce domaine.
Le formage à chaud s’impose pour plusieurs alliages mentionnés
dans ce qui précède et pour lesquels il a été signalé l’existence d’une 2.7.2.4 Cupro-étains
phase β dure et fragile à froid et malléable à température élevée. Les alliages cuivre-étain avec addition de phosphore (0,03 à 0,3 %)
ou bronzes phosphoreux se déforment avec difficulté à chaud.
2.7.2.1 Cuivre et alliages de cuivre faiblement alliés Pratiquement, seuls les bronzes dont la teneur en étain n’excède pas
5 % peuvent être déformés à chaud dans les gammes de tempéra-
Ils se prêtent aux déformations à chaud, les zones de température tures suivantes :
les plus adaptées étant les suivantes :
— CuSn2P..................................................................... 750 à 875 oC
— cuivre ...................................................................... 750 à 950 oC
— CuSn4P..................................................................... 700 à 800 oC
— cuivre - argent ....................................................... 750 à 950 oC
— cuivre - cadmium .................................................. 750 à 870 oC — CuSn5P..................................................................... 650 à 750 oC
— cuivre - cadmium-étain ........................................ 700 à 850 oC Toutefois, à partir de 4 % d’étain on ne pourra appliquer que des
— cuivre - tellure ....................................................... 725 à 825 oC déformations très limitées.
— cuivre - chrome ..................................................... 750 à 900 oC
2.7.2.5 Cupro-aluminiums
2.7.2.2 Cuivre au béryllium Les cupro-aluminiums monophasés (Al = 5 à 8 %) peuvent se
Pour l’alliage CuBe2, les déformations à chaud se réalisent dans déformer à chaud entre 800 et 900 oC environ, mais on a vu que la
une gamme de températures comprises entre 600 et 800 oC environ malléabilité à température ordinaire de ces alliages était excellente.
et de préférence vers la limite supérieure de cette gamme. Les cupro-aluminiums biphasés, peu déformables à froid, peuvent
Après transformation, il est préférable de refroidir rapidement, par par contre se déformer à chaud avec facilité, la phase β devenant
trempe à l’eau, les pièces obtenues. malléable à température élevée. On peut citer les températures
suivantes pour le formage à chaud :
Rappelons que la température de trempe pour l’obtention de l’état
mou (mise en solution du béryllium) est de 800 oC environ. — CuAl10Fe3................................................................ 800 à 950 oC
— CuAl9Mn2 ................................................................ 800 à 925 oC
L’alliage cuivre-cobalt-béryllium CuCo2Be0,5 peut se transformer
à chaud entre 700 et 900 oC. — CuAl9Fe2Ni2Mn ...................................................... 800 à 950 oC
— CuAl9Ni5Fe3Mn ...................................................... 850 à 975 oC
2.7.2.3 Laitons Pour l’ensemble des cupro-aluminiums considérés ci-dessus, on
tiendra compte de l’existence de zones de fragilité entre 450 et 700 oC
Les laitons peuvent se déformer à chaud, et, pour les laitons
environ.
biphasés α + β, d’autant plus facilement que la proportion de phase
β (phase malléable stable au-dessus de 540 oC) est élevée, à la condi-
2.7.2.6 Cupro-nickels
tion que la structure reste biphasée. En effet, la phase β pure est
très sensible, à température élevée, au phénomène de grossisse- Le formage à chaud des cupro-nickels peut se réaliser avec facilité
ment du grain, ce qui conduit à des risques de criques lors des dans les gammes de températures suivantes :
déformations. — CuNi10Fe1Mn .............................................. 850 à 950 oC
— CuNi20Mn1Fe .............................................. 875 à 975 oC
— CuNi30Mn1Fe1 ............................................ 925 à 1 050 oC
— CuNi30Mn2Fe2 ............................................ 925 à 1 050 oC

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On évitera d’avoir à déformer ces alliages au cours de leur 60 : CuZn40Pb


refroidissement, en particulier, au-dessous de la température de 50 : CuZn40
750 oC car leur ductilité est alors relativement faible. 35 : CuZn37 - CuZn22Al2
30 : CuNi2Si - CuSi3Mn1 - CuZn28 à 33 - CuZn28Sn1 - CuNi10
2.7.2.7 Maillechorts à 25Zn27 à 15 (maillechorts α)
Il s’agit de laitons biphasés α + β, de laitons α chargés ou d’alliages
Les alliages monophasés (phase α) présentent une capacité de
renfermant de fins précipités qui donnent des copeaux écrouis,
déformation à chaud assez limitée, alors que leur malléabilité à froid
souvent continus, mais l’emploi d’un brise-copeaux peut devenir
est élevée, comme on l’a vu précédemment. On évitera donc de les
utile pour dégager la zone de travail.
déformer à température élevée.
Certains alliages biphasés en revanche, peuvent être déformés à ■ Groupe C alliages à usinabilité difficile : indice 25 à 20 :
chaud, la phase β, fragile à froid, devenant plastique aux tempéra- 25 : CuZn5 à 20 (laitons α) - CuCr1
tures élevées. C’est le cas des alliages CuZn45Ni10 et CuZn45Ni9 20 : Cu/a1 - Cu/b - Cu/c1 - CuAg (cuivres « purs »)
dont la température de transformation sera comprise dans la gamme CuCd1 - CuCd1Sn - CuZr - CuBe2CoNi
700 à 850 oC. CuSn2 à 10P (bronzes phosphoreux) ; CuAl5 à 9 et
L’alliage CuZn45Ni10 peut en particulier se matricer avec une CuAl10Fe2 à 5Ni2 à 5 (cupro-aluminiums)
grande facilité. CuNi5 à 30FeMn (cupro-nickels)
(alliages coulés : CuSn9 à 13P ; CuAl8 à 11Fe1,5 à 5,5 Ni1,0 à 5,5)
Certains maillechorts biphasés au plomb sont également défor-
mables à chaud, tels que l’alliage CuNi10Zn 42Pb2 qui peut être Parmi ces métaux difficiles à usiner, on trouve les cuivres peu
déformé dans une gamme de températures de 725 à 825 oC. alliés, les laitons α (Zn < 20 %), et toute une gamme de cupro-étains,
cupro-aluminiums et cupro-nickels : alliages monophasés qui
donnent des copeaux continus, très écrouis mais encore ductiles.
2.8 Usinabilité. Résistance à l’usure 2.8.1.2 Laitons  +  au plomb

2.8.1 Usinabilité L’énergie consommée lors du décolletage diminue notablement


(≈ 45 %) même avec une addition de 0,6 à 1,0 % de plomb, mais il
2.8.1.1 Classification faut 2 % de plomb pour obtenir des copeaux courts et cassants. Pour
des fabrications à grande productivité, il faut des barres rectilignes
L’enlèvement de copeaux peut se faire par décolletage, fraisage, à 3 % de plomb pour assurer des copeaux systématiquement fins,
perçage, alésage, taraudage, sciage ou tronçonnage. Un métal apte essentiels pour une usure réduite des outils, tandis que, pour des
à l’usinage donne une bonne finition du produit, permet une grande perçages profonds, l’on monte parfois à 4,0 à 4,5 % de plomb.
vitesse de coupe (productions automatisées) et une dépense
d’énergie faible mais, bien entendu, les propriétés d’usage du Enfin, pour des barres filées destinées au matriçage à chaud ou
produit final n’autorisent pas le libre choix de n’importe quel alliage à des déformations limitées à froid, le titre en plomb est normale-
cuivreux. ment limité à 1,8 à 2,5 % ou 0,4 à 1,0 % respectivement, avec sacrifice
partiel de l’aptitude à l’usinage.
Depuis longtemps, le laiton de décolletage CuZn40Pb3 (nuance
européenne) ou Cu Zn36Pb3 (nuance américaine) est considéré
comme étalon d’usinabilité maximale à indice 100, et tous les autres Remarque : pour tout objet à souder ou à braser, le titre doit
cuivreux sont notés vis-à-vis de cet alliage. L’indice intègre de façon être plus sévèrement limité.
simpliste les trois paramètres : taille des copeaux, finition de surface
et énergie consommée, et conduit à un classement semi-quantitatif
des alliages, nullement précis pour tous types d’usinage et de Si l’usinabilité dépend d’abord de la composition, la structure est
machines-outils et qui varie avec la structure de l’alliage. aussi très importante. Une répartition fine et homogène des globules
de plomb est essentielle ; une texture fibrée des phases α et β et
Avec ces réserves, les métaux cuivreux correspondant aux prin- un degré d’écrouissage, résultant du filage et de l’étirage, sont aussi
cipaux alliages corroyés et à quelques alliages de fonderie ont été favorables à l’obtention de copeaux fins et à la lubrification (frotte-
subdivisés en trois groupes. ments internes / copeau et contact copeau/outil). En revanche, la
■ Groupe A alliages décolletables : indice 100 à 70 : présence d’inclusions abrasives – oxydes ou composés inter-
métalliques – réduit gravement la tenue des outils.
100 : CuZn40Pb3 - CuZn36Pb3 [laitons coulés (α + β) à 1-3 % Pb]
95 : (bronzes coulés : CuSn8/11 à 4 à 11 % Pb) La coulée semi-continue est avantageuse pour affiner la répartition
initiale du plomb et pour empêcher la précipitation de certaines
90 : CuNi10Zn42Pb2 (bronzes coulés : CuSn5Pb20 - CuSn9Pb15) impuretés abrasives (fer par exemple), mais une gamme de trans-
85 : CuTe - CuZn39Pb2 formation mal adaptée peut encore compromettre l’usinabilité par
80 : CuSn4Te - CuPb1 - CuNi14Zn42Mn2Pb2 - CuNi12Zn29Pb2 - coalescence du plomb. Alors, la lubrification et la fragilisation des
CuNi15Zn22Pb1 (chrysocales coulés : CuZn5Sn5Pb5 - copeaux s’estompent, l’usure des outils et l’énergie consommée
CuZn9Sn3Pb5) augmentent simultanément et, au lieu de tournures fines, on trouve
75 : CuS - CuZn38Pb1 - CuNi10Zn25Pb1,5 - CuNi18Zn19Pb1 des hélices plus longues.
70 : CuZn9Pb2 - CuZn34Pb1 - CuZn36Pb2 - CuZn43Pb1 - En somme, l’intérêt économique du laiton de décolletage pour la
CuZn39FeMnSi micro-mécanique et pour les usinages automatiques en général
résulte de productivités élevées ; le laiton de décolletage mérite une
La majorité des alliages décolletables susceptibles d’être corroyés
collaboration étroite entre le transformateur et l’usineur pour en
renferment jusqu’à 4 % de plomb, réparti sous forme d’une
exploiter toutes les possibilités.
dispersion fine de globules quasi-insolubles dans la matrice. Des
exceptions notables sont le cuivre contenant de 0,3 à 0,7 % de tellure
ou de 0,3 à 0,6 % de soufre, sous forme de fines particules des 2.8.1.3 Alliages monophasés sans plomb
composés Cu 2Te ou Cu 2 S ; il s’agit de cuivres de décolletage à haute Les copeaux continus d’usinage, sous forme de spires ouvertes
conductivité électrique (  90 % IACS ) . ou d’hélices serrées, selon l’importance de la passe, subissent un
Dans tous ces cas, les copeaux sont fins et cassants. écrouissage important avant d’être cisaillés et détachés. Un écrouis-
sage important, avant usinage, est donc souhaitable pour limiter
■ Groupe B alliages à usinabilité moyenne : indice 65 à 30 : l’énergie consommée, la chaleur dégagée et favoriser des copeaux

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plus secs. Mais, dans le cas des cupro-étains, des cupro-aluminiums tante pour éliminer la chaleur dégagée, mais la température maxi-
et, surtout, des cupro-nickels et des cuivres, on cherche à limiter les male de ces alliages, en service, est normalement limitée par la tenue
usinages, d’autant plus que ces mêmes alliages se prêtent bien à des lubrifiants et des additifs à 200 oC environ).
des mises en forme par déformation à froid. Certes, le frottement acier/alliages cuivreux considéré suppose
Le cuivre recuit est particulièrement déplaisant à usiner : la toujours une lubrification du contact, mais celle-ci peut varier
pression requise pour faire mordre l’outil peut conduire à une notablement :
déformation de la pièce et à un broutage bruyant, tandis que l’écoule- — film continu, avec séparation totale des deux métaux, pour des
ment du métal avec arrachement des copeaux laisse des surfaces vitesses linéaires uniformes de 0,2 m/s ou plus et une arrivée impor-
rugueuses (de ce point de vue, le cuivre Cu/a1, avec ses fines parti- tante de lubrifiant bien adapté : il s’agit de lubrification hydro-
cules de Cu2O, est toutefois légèrement supérieur aux nuances sans dynamique, avec coefficient de friction de 0,001 à 0,01 ;
oxygène, Cu/ b et Cu/c). Mais la découverte du cuivre décolletable, — contacts métal/métal fréquents avec lubrification limitée et
avec addition limitée de tellure ou de soufre pour conserver une pour des vitesses lentes (< 0,05 m/s) ou irrégulières (mises en
conductivité élevée, a marqué un grand progrès ; sous forme de marche, arrêts et mouvements de va-et-vient, etc.).
dispersions fines de Cu2Te ou Cu2S, ils ont l’avantage sur le plomb
de ne pas fragiliser le cuivre à chaud (le plomb étant liquide). Le Dans ce dernier cas, les risques de grippage et d’usure sont sérieux
tellure, sensiblement plus cher que le soufre, est nettement préféré et, avec un coefficient de friction plus élevé, des points chauds se
pour le décolletage, mais le cuivre au soufre est recommandé pour développent facilement. Un alliage à 10 % de plomb est alors néces-
le perçage. saire du fait de sa plasticité supérieure et de son coefficient de friction
relativement faible à sec. D’ailleurs, pour des paliers avec axes en
Ces améliorations d’usinabilité proviennent de l’association acier non durci, on choisirait éventuellement le cupro-étain à 20 %
copeaux fins/dispersions fines de Pb, Cu 2Te ou Cu2S ; d’autres de plomb. En revanche, pour des pressions élevées mais sans
dispersions ont aussi une efficacité certaine, mais, trop souvent, leur vitesses excessives (lubrification hydrodynamique), les cupro-étains
dureté plus grande produit une usure nuisible des outils, par sans plomb sont souvent préférés, mais alors les axes sont en acier
abrasion. Il faut aussi bien noter que le tellure n’est plus très efficace traité ou cémenté. Les cupro-aluminiums complexes sont encore
dans les laitons biphasés et monophasés. utilisés pour des pressions très élevées, si possible avec une
Nota : le lecteur intéressé par les aspects mécaniques des opérations d’usinage pourra lubrification sous pression hydrostatique, et pour des applications
se reporter utilement aux articles Machine-outil du traité Travail des matériaux. Assem-
blage.
comportant des chocs et/ou abrasions.
Enfin, pour des bagues travaillant sous charges plus modestes,
on emploie beaucoup de pièces frittées en cupro-étains incorporant
2.8.2 Résistance à l’usure environ 1,5 % de graphite, ou en alliage de cuivre au plomb (15 à
40 % Pb) éventuellement. En réglant les conditions de fabrication
Pour de nombreuses machines tournantes, certains alliages (granulométrie des poudres, compactage et frittage propre), on peut
cuivreux présentent – au contact de l’acier – des propriétés anti- obtenir une porosité ouverte de 15 à 30 % du volume total, chargée
friction intéressantes, et ils sont employés pour des coussinets, avec de l’huile de lubrification, ce qui permet un service prolongé
glissières, bagues, noix, écrous et pour des roues dentées (avec sans entretien mais, en cas de pertes progressives de lubrifiant, il
vis-sans-fin, en acier). Ces alliages s’emploient rarement à l’état faut pouvoir alimenter convenablement le réservoir poreux.
corroyé, mais sous forme de pièces frittées ou coulées, et, dans ce Nota : signalons une bibliographie, importante et récente, sur la trilogie : friction, lubri-
fication et usure dans [7].
dernier cas, une performance meilleure et plus régulière est obtenue
par coulée continue ou coulée centrifuge. Le tableau 17 présente une
sélection des alliages coulés : cupro-étains avec ou sans plomb et Remarque : l’épuisement trop rapide des sources connues
cupro-aluminiums complexes avec leurs principales propriétés. d’étain et son classement possible comme matériau stratégique
Les qualités recherchées dans un alliage antifriction comprennent pourraient bien menacer ces applications des cupro-étains ; il
une résistance à l’usure sous pression plus ou moins élevées et nous paraît possible alors qu’un développement des cupro-
variables, une résistance au grippage et à la fatigue, avec une plasti- aluminiums et des cupro-siliciums, dont les propriétés antifric-
cité suffisante pour se conformer à des erreurs d’alignements de tion reconnues n’ont pas été pleinement exploitées, puisse
paliers, etc. (Une bonne conductivité thermique est parfois impor- assurer une relève.

(0)

Tableau 17 – Propriétés des alliages antifriction (1)


CuAl9, 5Fe5
Propriétés (2) CuSn10 CuSn10Pb10 CuSn5Pb20 CuZn5SnPb5
Ni5Mn1,5
E (103 MPa) 82 71 61 76 106
λ (W/m · K) 47 47 71 71 42
Indice usinabilité 30 95 90 80 20
Rm (MPa) 250-380-430 230-270-340 175-230-230 230-265-310 670-700
Rp 0,2 (MPa) 145-200-230 105-165-190 80-95-130 115-125-120 275-280
A% 6-13-16 10-8-10 8-11-12 19-19-24 16-16
c (MPa) – 170 140 200 –
HB (3) 85-90-125 75-85-85 55-60-60 70-90-85 160-160
(1) Les alliages à base de cupro-étain renferment tous 0,1 à 0,3 % de phosphore comme désoxydant résiduel.
(2) E = module d’élasticité ; λ = conductivité thermique ; Rm = résistance mécanique en traction ; Rp 0,2 = limite conventionnelle d’élasticité à 0,2 % ;
A % = allongement ; c = résistance mécanique en compression ; HB = dureté Brinell.
(3) Les trois valeurs exprimées concernent les produits de coulée en sable, centrifuge et continue mais, dans chaque cas, ces valeurs moyennes varient notable-
ment avec les conditions de coulée, la section des pièces, etc.

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2.9 Aptitude au soudage et au brasage ■ Alliages à traitements thermiques, notamment à durcissement par
précipitation (CuBe, CuCr, CuZr) : après soudage il faut effectuer les
du cuivre et de ses alliages traitements de trempe et de revenu pour retrouver les caractéris-
tiques optimales du métal.
Le cuivre et ses principaux alliages industriels peuvent se souder
ou se braser aisément par la plupart des procédés usuels, moyennant ■ Cupro-aluminiums complexes : en principe ceux dont la teneur en
certaines précautions qu’il est nécessaire d’observer. aluminium est inférieure à 11 % et la teneur en nickel inférieure à 5 %
sont soudables avec des matériaux d’apport sensiblement de même
nuance. À l’exception du chalumeau, tous les modes de soudage
2.9.1 Caractéristiques particulières du cuivre classiques peuvent être utilisés.
et de ses alliages intervenant Le bain liquide doit être protégé de l’oxydation pour éviter le risque
dans le soudage et le brasage d’inclusion de peaux d’alumine.
Tous les cupro-aluminiums étant fragiles entre 450 oC et 700 oC,
2.9.1.1 Soudage il faut éviter les contraintes excessives qui pourraient provoquer des
criques lors du refroidissement.
2.9.1.1.1 Rappel de définitions Les cupro-aluminiums monophasés ( Al  8 % ) doivent contenir
Le soudage désigne l’ensemble des procédés destinés à assembler une addition d’étain (0,2 à 0,5 %) pour que la région soudée soit
deux pièces métalliques en réalisant la continuité de la matière qui protégée de la corrosion sous tension.
les compose ; le joint qui en résulte est la soudure.
Les procédés de soudage les plus courants provoquent générale- 2.9.1.2 Brasage
ment la fusion locale des métaux à joindre (désignés par l’expression
métal de base ) et la formation d’un alliage dans le cas de la jonction 2.9.1.2.1 Rappel de définitions
de métaux de natures différentes, ou de l’utilisation d’un métal
Le brasage constitue un procédé d’assemblage des pièces métal-
d’apport de composition voisine ou différente de celle du métal de
liques par fusion, dans un intervalle ménagé entre elles, d’un métal
base.
d’apport dont la température de fusion est notablement inférieure
à celle des métaux à assembler. Ceux-ci ne sont donc pas portés à
2.9.1.1.2 Particularités propres au soudage du cuivre température de fusion et ils conservent de ce fait leurs contours
Les caractéristiques suivantes doivent être prises en compte : primitifs.
— haute conductivité thermique nécessitant des puissances de Le métal d’apport liquide doit mouiller le métal de base, condition
chauffage élevées et imposant fréquemment un préchauffage des de son bon étalement et d’une pénétration par capillarité dans les
pièces ; intervalles entre les pièces, si le jeu entre celles-ci est correctement
— grande fluidité à l’état fondu exigeant parfois un soutien à choisi. Une bonne liaison est également conditionnée par la forma-
l’envers de la soudure ; tion d’une zone d’alliage entre métal de base et métal d’apport.
— aptitude à dissoudre les gaz à l’état liquide entraînant des Pour assurer le mouillage du métal de base par le métal d’apport,
risques de soufflures à la solidification ; une préparation des surfaces à assembler est nécessaire : dégrais-
— aptitude à dissoudre son propre oxyde, propriété conduisant sage, parfois décapage et, généralement, emploi d’un flux amélio-
à des risques de fragilisation du cuivre non exempt d’oxygène : rant le décapage et protégeant les surfaces de l’oxydation pendant
• soit par formation de vapeur d’eau si l’atmosphère est réduc- le chauffage (soudo-brasage).
trice (flamme de chalumeau), On distinguera :
• soit par concentration d’oxyde aux joints des grains au cours
de la solidification de la zone fondue. — le brasage tendre : opération dans laquelle le métal d’apport
possède un point de fusion (liquidus) inférieur à 450 oC ;
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est vivement recommandé — le brasage fort : opération de même type, mais avec métal
de ne souder que des cuivres exempts d’oxygène ou désoxydés au d’apport dont le point de fusion (liquidus) est compris entre 450 oC
phosphore. et une température sensiblement inférieure aux points de fusion
des métaux à joindre.
2.9.1.1.3 Particularités propres au soudage
des alliages de cuivre 2.9.1.2.2 Particularités propres au brasage du cuivre
Il faut dans ce cas tenir compte des possibilités suivantes. et de ses alliages
■ Existence d’une zone de faible ductilité à chaud : Les températures auxquelles sont soumis les produits à
assembler, en particulier dans le cas du brasage tendre, étant
— laitons contenant 60 à 65 % de cuivre...............300 à 500 oC ; notablement plus faibles que pour le soudage, les précautions à
— cupro-aluminiums ................................................450 à 700 oC. observer lors du brasage, dues aux caractéristiques particulières du
Il faut éviter de soumettre ces alliages à des contraintes méca- cuivre et de ses alliages, sont relativement peu nombreuses.
niques importantes dans ces zones de température, notamment du Toutefois, il y a lieu de prendre les diverses précautions propres à
fait des montages de positionnement des pièces à souder. toutes les opérations de brasage, quelle que soit la nature du métal
de base.
■ Présence d’éléments volatils :
— cuivre au tellure (température d’ébullition du Te = 990 oC) : il Nous citerons les points essentiels suivants à prendre en
faut éviter les jonctions par soudage et opérer de préférence par considération :
brasage ou soudo-brasage ; — la conductivité élevée du cuivre imposant une puissance de
— alliages au zinc tels que laitons, maillechorts, chrysocales chauffe relativement importante ;
(température d’ébullition du Zn = 907 oC) : dans le cas du soudage — l’existence des zones de fragilité dans les laitons et les cupro-
au chalumeau il faut utiliser une flamme légèrement oxydante pour aluminiums, signalées ci-avant ;
limiter la volatilisation du zinc ; choisir comme métaux d’apport des — les traitements thermiques propres au cuivre au béryllium, au
alliages à faible teneur en zinc ( Zn  30 % ) , en cupro-silicium ou cuivre au chrome et au cuivre au zirconium ;
en bronze à l’étain.

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— le jeu à ménager entre pièces dont le choix conditionne la bonne 2.10 Placage du cuivre et de ses alliages
réussite du brasage ; ce jeu dépend de la fluidité de l’apport liquide
et de son intervalle de solidification :
2.10.1 Définition
• pour le brasage tendre (avec alliages étain-plomb princi-
palement) : jeu de l’ordre de 0,08 à 0,15 mm, d’autant plus important Le placage est une opération dans laquelle plusieurs métaux ou
que l’intervalle de fusion de l’apport sera relativement large, alliages de natures différentes, se présentant sous forme de produits
• pour le brasage fort : 0,03 à 0,15 mm, dont la valeur croît plats, sont liés entre eux suivant leurs plus grandes dimensions, par
suivant la même règle que précédemment. un procédé assurant la continuité métallurgique entre les matériaux
d’origine.
L’intérêt des produits plaqués est qu’ils permettent d’associer les
2.9.2 Principaux procédés de soudage
propriétés des métaux ou alliages qui les constituent, chacun d’eux
et de brasage du cuivre et de ses alliages ne pouvant répondre à l’ensemble des caractéristiques exigées pour
un usage donné.
2.9.2.1 Soudage
C’est ainsi que l’on réalise couramment, par laminage à chaud,
Les diverses techniques de soudage couramment utilisées avec des tôles en acier au carbone plaqué avec du cupro-nickel, ce qui
la plupart des métaux sont applicables au cuivre et à ses alliages permet d’obtenir un produit dont une face possède une résistance
(rubrique « Soudage » du traité Travail des matériaux. Assemblage), élevée à la corrosion dans certains milieux agressifs tels que l’eau
et notamment : de mer et, également, des propriétés antifouling (évitant les salis-
— soudage à l’arc sous gaz inerte (soudage TIG ou MIG), ce sures et l’accrochage des coquillages marins), pour un coût matière
procédé s’appliquant particulièrement bien au cuivre et à ses alliages relativement limité.
du fait de la grande concentration de chaleur qu’il permet d’obtenir ;
le soudage TIG est recommandé pour les épaisseurs < 6 mm, alors
que le soudage MIG est généralement applicable aux 2.10.2 Placages courants
épaisseurs > 15 mm ;
— soudage à l’arc avec électrodes enrobées ou électrodes de Le cuivre et ses alliages du fait de leurs propriétés particulières,
graphite ; sont fréquemment associés à d’autres métaux pour constituer des
— soudage au chalumeau oxyacétylénique ; produits plaqués. Outre l’acier plaqué cupro-nickel, citons les
— soudage au chalumeau à plasma (micro-plasma pour très produits suivant :
faibles épaisseurs < 0,5 mm) ;
— soudage par faisceau d’électrons (ou bombardement — l’acier au carbone plaqué cupro-aluminium sur une ou deux
électronique) ; faces pour des problèmes de tenue à la corrosion en milieu salin ;
— soudage électrique par résistance, le soudage par points du — l’acier inoxydable plaqué au cuivre pour le blindage de certains
cuivre exigeant cependant une puissance électrique importante du câbles électriques enterrés, un double placage cuivre-acier-cuivre
fait de sa conductivité thermique élevée, ce qui limite les possibilités étant parfois réalisé ;
de jonction aux épaisseurs faibles (< 2 mm) ; des électrodes — le cuivre-invar-cuivre : matériau à conductivité électrique
spéciales en tungstène ou en molybdène sont nécessaires ; élevée et à dilatation contrôlée ;
— soudage par induction ; — le cuivre-aluminium alliant l’aspect et la conductivité thermique
— soudage par pression à chaud ou à froid ou avec étincelage, élevée du premier à la faible masse volumique du second et à son
principalement utilisé pour le raccordement de fils ou de barres ; coût volumique moins élevé ;
— soudage par friction ; — le cuivre-nickel permettant la réalisation de matériels culinaires
— soudage par ultrasons. hautement conducteurs de la chaleur et possédant un revêtement
intérieur résistant bien à la corrosion et au frottement ;
— le nickel/cupro-nickel/nickel pour certaines pièces de monnaies,
2.9.2.2 Brasage cette association conduisant à des propriétés magnétiques particu-
La plupart des techniques usuelles sont applicables au brasage lières mises à profit dans les machines automatiques fonctionnant
du cuivre et de ses alliages, utilisant notamment : le fer dit à souder, avec des pièces de monnaie.
la lampe à gaz butane, les chalumeaux à propane, à flamme oxy-
acétylénique, oxypropane, etc., les fours à atmosphère contrôlée et
les bains de sel, le chauffage par induction, etc. 2.10.3 Fabrication

2.9.2.3 Métaux d’apport Les procédés de fabrication des produits plaqués sont essentielle-
ment les suivants :
Le choix du métal d’apport dépend du procédé de jonction et de
la nature du métal de base. ■ le colaminage à chaud, très largement utilisé pour la production
Nous ne citerons que les principaux métaux d’apport utilisés : des plaqués sur base acier ; cette base, généralement constituée par
une plaque de fonderie préalablement écroûtée par fraisage, est
■ en soudage : recouverte sur une ou deux faces de tôles du métal à plaquer, l’inter-
— pour le cuivre : cuivre légèrement allié ( Cu  98 % avec addi- face ayant été soigneusement débarrassée de tout produit étranger,
tions de Sn, Si et Mn) ; par dégraissage, décapage, ou brossage ; on constitue ainsi un
— pour les alliages : composition généralement voisine de celle paquet de plusieurs métaux qu’il est nécessaire de consolider par un
du métal de base, sauf pour les laitons nécessitant des alliages moyen mécanique ou par soudage des bords, ce qui assure égale-
Cu-Si-Mn ou Cu-Al. ment un bon contact entre les faces permettant de limiter au maxi-
mum l’oxydation au cours du chauffage.
■ en brasage :
Dès la première passe de laminage, les métaux devant constituer
— brasage tendre : alliages étain-plomb, plomb-étain-argent, le plaqué sont mis en contact à chaud sous pression et il se produit
étain-argent, étain-antimoine ; entre eux un véritable soudage qui se généralise rapidement sur
— brasage fort : alliages cuivre-argent, cuivre-argent-cadmium- toutes les surfaces en regard, le laminage se poursuivant alors
zinc, laitons spéciaux, cuivre au phosphore. comme pour un produit non composite ;

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■ le colaminage à froid est utilisé pour les produits de faible mondiales de minerais ne manquent pas, tandis que la capacité de
épaisseur (inférieure à 4 mm environ) notamment lorsque l’un des production installée (extraction, élaboration et transformation en
métaux est susceptible de s’oxyder facilement à chaud (aluminium demi-produits) paraît ample [8]. Ainsi, au moins jusqu’à la fin du
en particulier). siècle, le prix du cuivre devrait rester compétitif et lui permettre de
Les métaux de constitution sont généralement présentés sous conserver la majorité de ses usages actuels.
forme de bandes enroulées, recuites et dégraissées, lesquelles sont À plus long terme, le développement de produits plus élaborés,
amenées simultanément sous les cylindres du laminoir plaqueur, les associant valeur ajoutée et économie de métal, deviendra certes plus
faces venant en contact subissant préalablement, sur la ligne même motivant, en particulier pour les pays européens qui doivent
de placage, un brossage énergique. Une réduction très importante l’importer. C’est dans ce contexte que nous passons rapidement en
est nécessaire pour assurer la liaison entre les constituants du plaqué revue plusieurs phénomènes particuliers qui, tout en démontrant
(couramment, réduction en épaisseur de l’ordre de 60 à 70 % en une que la métallurgie du cuivre reste riche et dynamique, pourraient
seule passe). devenir la base de nouveaux progrès et usages.
La liaison métallurgique réalisée au cours de ce laminage est
consolidée par un traitement de recuit assurant une certaine
diffusion entre les métaux plaqués.
3.1 Superplasticité des alliages cuivreux
On obtient par cette technique des produits plaqués tels que le
cuivre-aluminium, le cuivre-nickel, et de nombreux composites
biphasés
utilisés pour la réalisation de bilames thermiques.
Le placage d’un nombre important de métaux peut être ainsi L’allongement uniforme d’un laiton α + β à grains fins, bien
réalisé, par exemple : répartis, peut atteindre 500 % en traction à chaud, avant que le laiton
— trois constituants : cuivre-invar-cuivre, invar-nickel-alliage ne se rompe en pointe très effilée ; de plus, la contrainte d’écoule-
CuNiMn, acier inoxydable-aluminium-cuivre, ment reste faible (  30 MPa , par exemple). En général, un tel
— quatre constituants ou plus : aluminium-acier-cuivre-acier- comportement superplastique (article Superplasticité [M 613] dans
nickel, etc. ; ce traité) exige des vitesses de déformation lentes (10–4 à 10–2 s–1)
qui, jusqu’ici, ont fortement limité ses applications industrielles.
■ placage par explosion : cette technique est utilisée dans certains
cas particuliers notamment pour les plaques épaisses (de 2 à 25 mm Un progrès intéressant a été signalé pour des fabrications de fils
environ pour le revêtement, l’épaisseur de la base n’étant limitée que de brasure en alliage, type Cu-7 % P, à partir de billettes coulées,
par ses possibilités d’obtention) et de grandes dimensions par extrusion à chaud, suivie d’allongement superplastique synchro-
nisé en sortie de presse. Des réductions en continu jusqu’à 84 % (par
(jusqu’à 35 m2). exemple 5 à 2 mm) sont possibles par allongement superplastique
Les produits plans à assembler par placage sont disposés (525 %) du fil extrudé, d’autant plus attirantes que la même réduction
horizontalement et parallèlement l’un à l’autre, avec un écartement par étirage à froid nécessite plusieurs recuits intermédiaires. Selon
variable suivant les métaux en cause et l’épaisseur des plaques (de Baudelet [9], il s’agit d’une « superplasticité transitoire » de l’alliage
l’ordre de 2 à 4 fois l’épaisseur du revêtement). recristallisé à grains très fins en sortie de presse qui alors, subissent
La plaque supérieure est recouverte d’une charge explosive, un allongement. Il s’agit aussi, probablement, de superplasticité
laquelle, dès sa mise à feu, donne naissance à une onde de choc transitoire dans un procédé d’expansion thermique, proposé pour
se déplaçant dans l’air à vitesse supersonique. L’onde pénètre dans la fabrication de pavillons d’instruments de musique en laiton
le métal et la plaque supérieure est alors appliquée, sous pression CuZn36, à partir de tubes très écrouis. Une extrémité du tube est
élevée pouvant atteindre 300 MPa, sur la plaque inférieure, ce qui enfoncée à vitesse contrôlée sur un mandrin de forme, en acier
provoque une liaison métallurgique caractérisée par une interface réfractaire, préchauffé par induction vers 700 à 750 oC. L’allonge-
ondulée augmentant la surface d’accrochage. ment tangentiel du tube en laiton peut atteindre 500 à 600 %, bien
que la paroi du pavillon reste d’épaisseur assez homogène.
L’onde de choc a également pour effet de provoquer l’élimination
de toutes les impuretés (oxydes, souillures diverses) pouvant se Enfin, la superplasticité, même à vitesse lente, conserve un intérêt
trouver sur les surfaces à joindre, ce qui assure à celles-ci une parfaite évident, lorsqu’il s’agit de métaux peu ductiles à froid, ou de mises
propreté. en forme très complexes, mais l’espoir de réaliser une déformation
élevée et rapide, donc économique de certains alliages de cuivre
La liaison étant obtenue sans échauffement important des reçoit de plus en plus d’attention.
produits, la diffusion entre les métaux plaqués est limitée à une très
faible profondeur, et il n’existe pratiquement pas de composés inter-
métalliques continus, ce qui évite les risques de fragilité pouvant
se produire par colaminage à chaud pour certaines associations 3.2 Pseudo-élasticité d’alliages cuivreux
(cuivre-acier inoxydable, par exemple). à 100 % de phase 
Les plaqués ainsi obtenus sont généralement du type bimétallique,
mais des couches multiples (3 à 5 ou plus) peuvent être obtenues.
Ils peuvent, par ailleurs, être utilisés en l’état ou être relaminés. Des Plusieurs alliages ternaires ou quaternaires, à base de Cu-Zn, Cu-Al
plaqués acier-cuivre, acier-cupro-aluminium, acier-cupro-nickel sont ou Cu-Sn, présentent une phase β, cubique-centrée, qui subit une
couramment obtenus par ce procédé. transformation thermo-élastique en martensite, analogue à celle de
la phase austénité des aciers :
— soit en fonction de la température (Ms , Mf , températures,
respectivement, de début et de fin de transformation β → martensite,
3. Phénomènes lors de refroidissements et As , Af températures de début et de fin
de transformation β → martensite au cours du chauffage) ;
métallurgiques particuliers — soit en fonction de l’accroissement ou de la diminution d’une
contrainte appliquée, à une température  M s .
Prévoir en détail les futures applications du cuivre, en 1985, n’est La pseudo-élasticité est reliée à ce deuxième cas (figure 29) : la
pas plus aisé que pour quantité d’autres métaux et matières transformation progressive β → martensite, par cisaillements
premières. Depuis deux décennies, plusieurs débouchés tradition- rapides, permet d’accommoder une déformation importante, sous
nels du cuivre ou de ses alliages ont été concurrencés pour des contrainte faible mais croissante AB. Tant que la contrainte ne
raisons économiques et politiques variées. Cependant, les sources dépasse pas la limite élastique de la martensite formée, la

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déformation est progressivement et, au mieux, totalement récupé- Mais, c’est l’effet mémoire réversible par simples changements
rée à la décharge. L’hystérésis notable entre les courbes de de température qui présente un intérêt plus général. Après plusieurs
chargement/déchargement est attribuée à l’introduction de rares cycles de trempe-martensite avec déformation limitée (sans
défauts réticulaires qui inhibent le déplacement des interfaces dépassement de la limite élastique de la martensite), et réchauffage
martensite/ β [10]. à 100 % de phase β, l’on constate que l’alliage a été progressivement
On peut illustrer ce comportement superélastique (pseudo-élas- conditionné de sorte que le changement de forme est devenu réver-
ticité) par la flexion et le redressement répétés d’une lame en sible par simples alternances de température ( β £ martensite ) ,
phase β de CuZnAl, présentant par exemple une transition sans déformation intermédiaire.
Ms = – 20 oC. Dans ce cas, la déformation réversible peut atteindre Enfin, il semble que ce conditionnement du métal (de la pièce)
dix fois la déformation élastique classique (selon Hooke) ; de plus, peut être accéléré et contrôlé, en réalisant la transformation
le pliage et sa récupération s’accompagnent d’un échauffement ou β → martensite par refroidissement accompagné d’une contrainte
d’un refroidissement légers du métal. Il n’est donc pas surprenant conduisant à la déformation visée.
de noter que ces alliages présentent aussi une capacité d’amortis- Bien d’autres études seront nécessaires avant de clarifier tous les
sement des vibrations sonores. mécanismes métallurgiques en cause, mais cela n’empêche pas que
plusieurs développements pratiques ont été déjà annoncés [14] [15] :
— d’une part, des applications de type frettage résultant de la force
3.3 Effet mémoire de forme d’alliages développée lors de la récupération de forme (manchons pour
Cu-Zn-Al à 100 % de phase  raccorder des tubes sans soudure ni brasure, rivets, etc.) ;
— d’autre part, des dispositifs associant un changement de forme
et un travail utile [par exemple ouverture/fermeture d’une vitre de
serre selon la température, réglage d’une vanne de mélangeur d’eau
Des applications potentielles de ces effets ont été reconnues en
chaude et froide pour douches, engagement/dégagement de venti-
1962, sur un alliage Ni-Ti mais, rapidement, l’intérêt s’est étendu à
lateur (moteurs d’automobiles) à une température présélectionnée,
des alliages cuivreux, moins chers et plus faciles à élaborer. Sans
etc.].
exception, il s’agit d’alliages β, souvent ordonnés, avant et après leur
transformation en martensite (§ 3.2). Parmi eux, les alliages Cu-Zn-
Al à 15 à 30 % Zn et 4 à 8 % Al, avec une température Ms qui varie
fortement en fonction de très faibles variations de teneur en Zn et Al, 3.4 Déformation orientée
ont été très étudiés, et certains d’entre eux ont été commercialisés
pour des applications-mémoire. de l’alliage Cu-Be lors du revenu
L’effet mémoire simple est illustré schématiquement dans la
figure 30 [11] [12] [13]. En partant d’une éprouvette à 100 % de Les alliages cuivre-béryllium, type CuBe2Co (Ni), relativement
martensite (A ), la déformation élastique classique est suivie d’une coûteux, sont renommés pour leur durcissement par précipitation
déformation notable (BC ), résultant de la croissance sélective de intense et sont souvent employés pour des ressorts conducteurs à
certaines lamelles de martensite au détriment des autres, la propriétés élastiques et électriques élevées, sous forme de bandes
réorientation globale permettant d’accommoder la déformation minces ou fils. En présence de contraintes internes, ces demi-
avec, au plus, la formation de quelques dislocations. Le produits fins sont très aptes à se déformer gravement lors du revenu
déchargement ( DE ) correspond à une récupération élastique durcissant et, jusqu’ici, les problèmes variés de distorsion associés
accompagnée d’une réorientation partielle des lamelles de marten- à leur mise en œuvre ont dû être résolus de façon empirique.
site. Enfin, la déformation retenue à ce stade est presque totalement
récupérée par passage en domaine β, zone FG : la mémoire de forme
s’étendant sur l’intervalle limité de températures, As à Af .
Cette mémoire simple peut également s’illustrer sur une lame en
alliage CuZn16Al8 à 100 % de martensite par pliage permanent, puis
redressement spontané lors d’une immersion dans l’eau tiède
(≈ 60 oC). Notons, encore, que lors de son redressement, le métal
exerce une force notable, capable d’un travail utile ; d’ailleurs, c’est
cette propriété qui, sur un plan pratique, fait distinguer l’effet-
mémoire de l’action d’une bilame métallique classique.

Figure 29 – Pseudo-élasticité d’un alliage ternaire cuivre-zinc- Figure 30 – Effet mémoire simple
aluminium

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_______________________________________________________________________________________________ PROPRIÉTÉS DU CUIVRE ET DE SES ALLIAGES

Les observations suivantes illustrent bien le phénomène mais 3.6 Rétention d’écrouissage,
suggèrent, aussi, qu’il pourrait devenir exploitable en pratique.
à l’aide de dispersions
Exemple : trempé en position verticale à partir de 780 à 800 oC, un de seconde phase
fil de diamètre d = 4 mm, en CuBe2Ni ne se déforme guère lors du
revenu car les contraintes de trempe restent symétriques, mais l’on
Un développement, promettant une tenue améliorée au fluage et
retrouve aisément le phénomène de distorsion en soumettant le fil
une stabilisation des états écrouis à plus haute température, fait
trempé à une flexion élastique pendant son revenu durcissant à 300 oC.
appel à une combinaison astucieuse de la métallurgie des poudres
Alors, la courbure du fil s’accroît en cours de revenu d’autant plus rapide-
et une oxydation interne plus rapide qui est alors accessible. En
ment que la flèche et la contrainte initiales sont importantes, de sorte
résumé, le procédé comprend les étapes suivantes :
que le fil perd contact avec le dispositif de flexion :
— fabrication d’une poudre fine par atomisation d’un alliage
— évolution de la flèche finale en fonction de la durée de revenu
liquide, Cu-Al (≈ 0,1 à 0,6 % Al) ;
à 300 oC :
— oxydation interne de l’aluminium soluble, par oxydation
durée de revenu (h)................... 0,5 1 1,5 6 18 contrôlée de la poudre ;
flèche finale (mm) ..................... 45 59 64 69 71 — compacification de la poudre traitée en barres, méplats, etc.,
(dans ces essais, la flèche initiale de 9,6 mm correspond à une par frittage-extrusion vers 900 oC.
contrainte imposée de 126 MPa dans la fibre externe sous tension) ;
— évolution de la flèche finale en fonction de la flèche et de la De tels produits, composés de cuivre presque pur renfermant une
contrainte initiales, pour une même durée de revenu (3 h à 300 oC) : dispersion fine et dense de Al2O3 , présentent des propriétés méca-
niques et électriques élevées dont la résistance à l’adoucissement
flèche initiale (mm).................... 2,75 5,5 9,6 16,5
jusqu’à 600 à 650 oC qui est remarquable (figure 31) :
contrainte imposée (MPa)......... 36 72 126 216 — un écrouissage important est retenu, même après l’extrusion
flèche finale (mm) ..................... 26 39 60 66 à chaud, ce qui explique sans doute l’effet modeste d’une déforma-
Nota : la contrainte calculée est inexacte du fait d’un dépassement volontaire de la tion supplémentaire à froid (étirage) ;
limite élastique de l’alliage trempé : 180 MPa environ.
— dans le cas de la nuance à 1,25 % Al2O3 , l’adoucissement
En somme, le revenu produit d’abord une relaxation progressive résultant de recuits isochrones (1 h) reste modeste jusqu’à 925 oC,
de la contrainte imposée, puis le fléchissement se poursuit sans et aucune recristallisation ne se produit même à 1 000 oC et plus ;
contrainte externe, dans la suite du revenu. — la résistance mécanique à chaud reste très supérieure à celle
du cuivre pur, du moins jusqu’à 600 à 650 oC.
Le mécanisme détaillé de cet effet est loin d’être clair, mais les
facteurs suivants paraissent être en cause : Un autre moyen, plus facile mais moins efficace, pour obtenir
— la précipitation, lors du revenu du cupro-béryllium, une telle dispersion, concerne l’alliage Cu-0,8 % Cr à durcissement
s’accompagne d’une contraction notable de volume (≈ 0,2 %) ; par précipitation (figure 20) :
— sans contrainte, les précipités se forment dans les trois familles • Rm croît d’environ 275 à 470 MPa, puis diminue à plus hautes
de plans {100} de chaque grain, mais, en présence d’une contrainte températures (sur-revenu) ;
élastique, la précipitation devient anisotrope : en compression, dans • C % IACS atteint son maximum de 88 vers 600 oC puis, à 700 oC
les plans {010} et {001} et, en tension, dans les seuls plans {100} [6] et au-dessus, diminue par suite d’une remise en solution du chrome
[7] ; précipité ;
— dans les fils, en flexion élastique imposée, il existe un gradient • la taille des précipités reste inférieure à 5 nm, tant que le revenu
correspondant de contraintes dans leur section, allant de la compres- ne dépasse pas 360 oC, et croît jusqu’à 15 et 30 nm respectivement,
sion à la traction en passant par la fibre neutre. après des revenus à 600 et 700 oC.
Il est donc probable, dans ce cas, que la contrainte initiale se
relâche par suite de précipitations et de changements de volume
anisotropes puis, pour des raisons moins évidentes, la précipitation
anisotrope se poursuit sans contrainte externe avec un accroisse-
ment notable de la flèche.

3.5 Dissolution mécanique des précipités


fins dans les alliages cuivreux
Un écrouissage élevé du cuivre pur fait croître sa résistivité élec-
trique de 2 ou 3 %, tandis que l’accroissement peut atteindre 20 %
environ pour les solutions solides chargées, Cu-Zn... ; ces augmenta-
tions sont attribuées à la multiplication des dislocations et des
défauts réticulaires. Cependant, plusieurs alliages peu chargés, Cu-
Fe, Cu-Co, Cu-Cr, Cu-Ti et Cu-Zr, après un traitement précis de pré-
cipitation peuvent encore supporter une déformation élevée (par
exemple étirage ou tréfilage) et l’accroissement de résistivité peut
alors atteindre 100 % et plus.
Cet effet inhabituel a été attribué à un morcellement des précipités,
déjà fins, par cisaillements successifs et, éventuellement, à la remise
en solution spontanée des fragments, devenus de taille instable [18].
La figure 20 illustre le phénomène pour des fils en alliage
Cu-0,8 % Cr, qui, après mise en solution-trempe et revenu à diverses
températures, ont subi une même déformation élevée (diamètre 10
à 0,1 mm). L’accroissement de résistivité est maximal après un
revenu vers 450 oC (précipités de diamètre  5 nm), mais reste négli-
geable après des revenus à 600o ou 700 oC (précipités de diamètre
15 et 30 nm). Dans ces derniers cas, la déformation élevée ne suffit Figure 31 – Rétention d’écrouissage (d’après [6])
plus pour mettre en solution les particules coalescées.

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La figure 32 illustre l’effet inhibiteur des précipités de chrome sur


la recristallisation du métal écroui (réduction de 60 % ou 90 %) : la
dispersion obtenue par revenu à 600 oC (R1) limite beaucoup plus
efficacement la recristallisation que celle formée à 700 oC lors de
recuits finals isothermes à 480 oC. Les états revenus à 450 oC et à
20 oC occupent une position intermédiaire (figure 33) ; d’ailleurs,
dans le second cas, la précipitation ne se produit que pendant le
recuit final.
En dernière remarque, soulignons que les dispersions d’oxyde
(Al2O3 ou autres) sont a priori bien plus stables et efficaces du fait
de leur solubilité négligeable à toute température.

3.7 Décomposition spinodale


dans les alliages Cu-Ni- X
Plusieurs solutions solides, Cu-Ni-X (où X = Fe, Co, Mn, Cr ou Sn),
présentent un domaine de non-miscibilité vers 600 oC et au-dessous,
et sont sujets à une décomposition spinodale en deux phases, de
structure cristalline rapprochée dont l’une est souvent ordonnée [6]. Figure 33 – Structure partiellement recristallisée
Cette transformation diffère de la précipitation classique par germi- au sein d’une matrice écrouie
nation et croissance, car il se produit des variations continues et
périodiques de composition, d’amplitude croissante, jusqu’à l’obten-
tion de deux phases submicroscopiques de forme géométrique
(figure 34), résultant de leur cohérence (épitaxie).
Le durcissement par précipitation, qui l’accompagne, provient
des distorsions cristallines existant aux nombreuses jonctions des
deux réseaux cohérents.
Les aspects suivants de la décomposition spinodale présentent un
intérêt pratique particulier :
— la cohérence entre phases, donc le durcissement, est remar-
quablement stable, leur tendance à s’adoucir après des chauffages
prolongés (sur-revenus) est ainsi réduite ;
— un durcissement par précipitation efficace est directement
accessible par revenu sur pièces brutes de coulée (et, par extension,
sur les zones solidifiées ou surchauffées de soudures) ; bien entendu,
si un durcissement partiel s’est produit déjà lors de solidifications
ou de refroidissements lents, le durcissement serait à compléter par
revenu supplémentaire.

Figure 34 – Décomposition spinodale d’un alliage Cu-Ni-Mn

Figure 32 – Effet inhibiteur des précipités de chrome


sur la recristallisation de l’alliage écroui

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L’essai suivant, sur une billette de fonderie en alliage Cu-20 % Ni- Ce durcissement croît sensiblement après des écrouissages élevés
20 % Mn, démontre qu’une mise en solution-trempe peut être (réduction > 75 %), mais l’augmentation des propriétés classiques,
inutile : (0) Rm et Rp 0,2 , était considérée d’un intérêt insuffisant pour justifier
un traitement final, spécial. Cette position pourra bien évoluer dans
le cas de bandes et fils, employés en ressorts conducteurs (électro-
Dureté HV (charge 30 kg), avant mécanique, électronique).
et après décomposition
spinodale Les mécanismes métallurgiques en jeu sont complexes et, sans
État initial doute, varient d’un alliage à l’autre ; citons toutefois les possibilités
après revenu : suivantes :
sans revenu
16 h à 400 oC — forte diminution des contraintes résiduelles ;
Brut de fonderie (BF ) .............. 104 400 — enrichissement en atomes d’addition dans les fautes d’empile-
BF + trempe à 600 oC .............. 95 380 ment associées aux dislocations, dont le déplacement devient alors
plus difficile (effet Suzuki) ;
— développement de l’ordre à courte distance ;
— développement de l’ordre à longue distance pour certaines
3.8 Traitements thermiques à tiède compositions stœchiométriques, par exemple Cu2 ZnNi ;
des alliages monophasés  écrouis — précipitation, dans le cas des bronzes métastables à tiède.
En somme, l’on conçoit trop souvent des solutions solides comme
En début du recuit, les alliages écrouis Cu-Zn, Cu-Sn, Cu-Zn-Ni (et étant totalement stables à l’état désordonné mais ces réarrange-
autres solutions solides α) durcissent légèrement avant l’adoucis- ments à l’échelle atomique se produisent d’autant plus aisément à
sement, normalement recherché, par recristallisation progressive. tiède que la diffusion est accélérée par de forts écrouissages.

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P
O
Propriétés du cuivre et de ses alliages U
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Chef du Département des Laboratoires d’Études au Centre Technique des Industries
de la Fonderie (CTIF)
Jean BARBERY
Ingénieur des Arts et Manufactures
E
Chef du Service Métallurgie au Centre de Recherche de la Société Tréfimétaux
Roger BIAIS
N
Ingénieur du Conservatoire National des Arts et Métiers
Ancien Ingénieur au Centre de Recherche de la Société Tréfimétaux
Bernard FARGETTE
Docteur-Ingénieur
S
Ingénieur au Centre de Recherche de la Société Tréfimétaux
et Pierre NAUDOT A
Ingénieur des Arts et Manufactures
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_______________________________________________________________________________________________ PROPRIÉTÉS DU CUIVRE ET DE SES ALLIAGES
P
O
Normalisation
U
Association Française de Normalisation AFNOR A 05 Essais physico-chimiques R
A 01 Échantillonnage NF A 05-111 10-71 Cuivre et alliage de cuivre. Essai au nitrate mercureux.
NF A 01-010 10-71 Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages NF A 05-112 2-72 Cuivre. Essai de fissuration par chauffage dans
de cuivre. Échantillons, spécimens et éprouvettes pour l’hydrogène.

NF A 01-111 12-75
essais.
Cuivre et alliages de cuivre. Nickel et alliages de nickel.
NF A 05-113 10-83 Tubes en cuivre. Méthodes de dosage du carbone
résiduel.
E
A 02 Symbolisation
Conditions générales de contrôle et de livraison des
demi-produits (Add. 1 5.79).
NF A 05-114 6-83 Corrosion des métaux et alliages. Détermination de la
résistance à la dézincification du laiton. N
A 06 Analyse chimique
NF A 02-002 12-76 Désignation conventionnelle de modes d’obtention et
NF A 06-701 7-67 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
d’états de livraison de métaux et alliages non ferreux
électrolytique du cuivre. Séparation du plomb.
moulés.
NF A 02-008 5-76 Cuivre et alliages de cuivre. Nickel et alliages de nickel.
Désignation conventionnelle des états de livraison des
FD A 06-702 7-67 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
spectrophotométrique du cuivre résiduel dans S
l’électrolysat.

NF A 02-009 8-73
produits corroyés.
Cuivre et alliages de cuivre. Nickel et alliages de nickel.
NF A 06-707 2-67 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
électrolytique du plomb.
A
Désignation conventionnelle des matériaux.
A 03 Essais mécaniques
NF A 03-251 11-71 Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages
FD A 06-708 11-69 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
polarographique du plomb. V
NF A 03-252 11-83
de cuivre. Essai de traction.
Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages
NF A 06-709 7-67 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
spectrophotométrique de l’antimoine. O
NF A 06-710 7-67 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
NF A 03-253 4-72
de cuivre. Essai de dureté Brinell.
Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages
de cuivre. Essai de dureté Vickers. Charges comprises NF A 06-711 7-67
spectrophotométrique du nickel.
Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
I
NF A 03-256 4-72
entre 0,2 kgf et 120 kgf.
Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages NF A 06-713 3-70
spectrophotométrique du fer.
Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage R
de cuivre. Essai de dureté Rockwell. Échelles B-E-F-G- spectrophotométrique du silicium.
H-L. NF A 06-714 9-68 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
NF A 03-258 4-72 Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages spectrophotométrique de l’aluminium.
de cuivre. Essai de dureté Rockwell. Échelles : 15 T-
30 T-45 T-15 W (dureté superficielle).
NF A 06-715 9-68 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
spectrophotométrique de l’étain. P
NF A 03-259 4-72 Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages
de cuivre. Essai de dureté Rockwell. Échelles : 15 N-
30 N-45 N (dureté superficielle).
NF A 06-716 11-70 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
spectrophotométrique du manganèse. L
NF A 06-717 11-83 Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
NF A 03-260 4-72 Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages
de cuivre. Essai de pliage simple.
NF A 06-718 10-66
spectrophotométrique de l’arsenic.
Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage
U
NF A 03-262

NF A 03-263
10-71

10-83
Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages
de cuivre. Essai de pliages alternés de fils.
Cuivre. Essai de cintrage des tubes ronds à braser par
NF A 06-719 5-67
spectrophotométrique du phosphore.
Analyse chimique du cuivre et de ses alliages. Dosage S
du soufre (méthode par combustion).
capillarité.
NF A 06-721 4-66 Analyse chimique du cuivre à teneur supérieure ou
NF A 03-265 4-72 Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages égale à 99,90 %. Dosage du cuivre.
de cuivre. Essai de cintrage des tubes.
FD A 06-722 7-66 Analyse chimique du cuivre à teneur supérieure ou
NF A 03-266 10-71 Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages égale à 99,90 %. Essai de réduction par l’hydrogène et
de cuivre. Essai d’évasement des tubes. évaluation de la teneur en oxygène.
NF A 03-268 10-71 Aluminium et alliages d’aluminium. Cuivre et alliages NF A 06-723 7-67 Analyse chimique du cuivre à teneur supérieure ou
de cuivre. Essai de torsion simple des fils. égale à 99,90 %. Dosage spectrophotométrique du
NF A 03-301 11-71 Cuivre et alliages de cuivre. Essai de traction des tôles bismuth.
et bandes d’épaisseur inférieure à 2,5 mm. NF A 06-750 12-83 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage
NF A 03-302 11-71 Cuivre et alliages de cuivre. Essai de traction sur tubes. gravimétrique du nickel.
NF A 03-303 11-71 Cuivre et alliages de cuivre. Essai de traction des fils et NF A 06-751 12-75 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage
barres de section inférieure à 20 mm2. volumétrique du chrome total.
NF A 03-306 2-72 Cuivre et alliages de cuivre. Essai de rabattement de NF A 06-752 12-67 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage
collerette sur tubes. volumétrique du zinc.
NF A 03-307 2-72 Cuivre et alliages de cuivre. Essai d’enroulement de fils. NF A 06-754 9-68 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage
gravimétrique de l’aluminium.
A 04 Essais physiques
NF A 06-755 2-74 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage
NF A 04-502 10-77 Demi-produits en aluminium, cuivre, nickel et leurs
volumétrique de l’étain.
alliages. Détermination de la grosseur de grain. I :
Prescriptions communes. FD A 06-756 10-73 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage
volumétrique du manganèse.
NF A 04-504 10-77 Demi-produits en aluminium, cuivre, nickel et leurs
alliages. Détermination de la grosseur de grain. III : NF A 06-759 12-75 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage
Cuivre et alliages de cuivre. gravimétrique du béryllium.

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P PROPRIÉTÉS DU CUIVRE ET DE SES ALLIAGES _______________________________________________________________________________________________
O
U FD A 06-777 7-66 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage turbi- NF A 51-401 11-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits

R dimétrique de l’arsenic.
A 08 Analyse par absorption atomique
laminés en laiton à usages généraux. Dimensions et
tolérances.
NF A 08-707 9-83 Alliages de cuivre. Dosage du plomb. Méthode par NF A 51-403 2-79 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres
spectrométrie d’absorption atomique dans la flamme. rondes en laiton obtenues à froid. Dimensions et
tolérances.
NF A 08-709 9-83 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage de

E l’antimoine. Méthode par spectrométrie d’absorption


atomique.
NF A 51-404 2-79 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres
hexagonales en laiton obtenues à froid. Dimensions et
tolérances.

N NF A 08-714 9-83 Cuivre et alliages de cuivre. Dosage de l’aluminium.


Méthode par spectrométrie d’absorption atomique
dans la flamme.
NF A 51-405 2-79 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres
carrées en laiton obtenues à froid. Dimensions et
tolérances.
NF A 08-724 9-83 Alliages de cuivre. Dosage du cadmium. Méthode par
spectrométrie d’absorption atomique dans la flamme. NF A 51-406 7-77 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Profilés
en laitons au plomb de section simple filés en forme

S NF A 08-751 9-83 Cuivre et alliages de cuivre. Dosage du chrome.


Méthode par spectrométrie d’absorption atomique
dans la flamme. NF A 51-408 7-77
de L. Tolérances et dimensions.
Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Profilés
en laitons au plomb de section simple filés en forme
A NF A 08-759 12-74 Analyse chimique des alliages de cuivre. Dosage du
beryllium. Méthode par absorption atomique.
NF A 51-409 7-77
de T. Tolérances et dimensions.
Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Profilés
A 51 Cuivre et alliages
V NF A 51-050 8-83 Classification des cuivres.
en laitons au plomb de section simple filés en forme
de U. Tolérances et dimensions.
NF A 51-100 11-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits NF A 51-410 9-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres et
O NF A 51-101 11-83
laminés en cuivre à usages généraux. Caractéristiques.
Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits
fils ronds en laitons au plomb obtenus à froid pour le
décolletage de précision. Dimensions et tolérances.

I NF A 51-102 9-77
laminés en laiton à usages généraux. Caractéristiques.
Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Tubes
NF A 51-411 9-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres et
fils hexagonaux en laiton au plomb obtenus à froid pour
le décolletage de précision. Dimensions et tolérances.
ronds en cupro-alliages pour échangeurs thermiques.
R NF A 51-103 9-77 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Tubes
ronds en laiton pour usages généraux.
NF A 51-412 9-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres et
fils carrés en laiton au plomb obtenus à froid pour le
décolletage de précision. Dimensions et tolérances.
NF A 51-104 11-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres,
NF A 51-413 11-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits
fils, profilés en laitons. Caractéristiques.
laminés en cupro-aluminiums. Dimensions et

P NF A 51-105 10-84 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres,


fils, profilés en laitons au plomb. Caractéristiques.
NF A 51-414 12-83
tolérances.
Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres et
NF A 51-106 8-77 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres, fils en cuivres au béryllium. Dimensions et tolérances.
L NF A 51-107 10-76
fils, profilés en laiton à haute résistance à la traction.
Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits
NF A 51-415 12-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Plaques,
tôles et disques en alliages de cuivre pour échangeurs

U NF A 51-108 8-76
laminés en maillechort à usages généraux.
Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits NF A 51-417 12-83
thermiques. Dimensions et tolérances.
Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres,
laminés en bronze. fils et profilés en maillechorts. Dimensions et
S NF A 51-109 3-76 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits
laminés en cuivre au béryllium. NF A 51-418 12-83
tolérances.
Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Fils ronds
en laitons à usages généraux. Dimensions et
NF A 51-111 6-77 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Fils en
tolérances.
bronze phosphoreux pour usages généraux.
NF A 51-420 9-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits
NF A 51-112 9-78 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits
laminés à usages spéciaux. Tolérances sur dimensions
laminés. Cupro-nickels à usages généraux.
et forme.
NF A 51-113 11-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits
NF A 51-434 6-77 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres
laminés en cupro-aluminiums. Caractéristiques.
méplates en cuivre ou laiton à angles vifs obtenues à
NF A 51-114 12-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres et froid. Tolérances et dimensions.
fils en cuivres au béryllium. Caractéristiques.
NF A 51-437 6-77 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres
NF A 51-115 12-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Plaques, creuses obtenues à froid en laitons au plomb. Tolé-
tôles et disques en alliages de cuivre pour échangeurs rances et dimensions.
thermiques. Caractéristiques.
A 53 Classification des cuivres
NF A 51-117 12-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Barres, NF A 53-301 4-61 Produits semi-ouvrés non ferreux. Barres et profilés en
fils et profilés en maillechorts. Caractéristiques. cuivre.
NF A 51-120 9-83 Demi-produits en cuivre. Tubes ronds en cuivre à braser NF A 53-701 9-82 Produits de fonderie. Fournitures de pièces moulées en
par capillarité. alliages de cuivre.
NF A 51-122 7-77 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Tubes NF A 53-703 9-82 Produits de fonderie. Caractéristiques des pièces
ronds en cuivre pour l’industrie de la réfrigération et de moulées par gravité et sous pression en laiton.
la climatisation.
NF A 53-707 1-77 Produits de fonderie. Pièces moulées en bronze et
NF A 51-124 7-78 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Tubes bronze au plomb.
ronds sans soudure en cuivre pour usages généraux.
NF A 53-709 9-83 Produits de fonderie. Pièces moulées par gravité et
NF A 51-400 11-83 Demi-produits en cuivre et alliages de cuivre. Produits centrifugation en cupro-aluminium. Caractéristiques.
laminés en cuivre à usages généraux. Dimensions et
tolérances.

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P
O
A 66 Produits de fonderie Direction Technique des Armements Terrestres DTAT
U
A 66-001 4-81 Produits de fonderie en métaux et alliages non ferreux.
Tolérances dimensionnelles des pièces moulées par
gravité, basse pression et dépression.
(Vente : Centre de Documentation de l’Armement CEDOCAR)
GAM MM11 1982 Approvisionnement des produits en cuivre et alliages
de cuivre corroyés.
R
Spécifications de la Marine Nationale GAM MM12 1985 Produits de fonderie en cupro-aluminium.
(Vente : Service Technique des Constructions et Armes Navales STCAN)
C 331 1974 Pièces forgées et matricées à chaud en cupro-
aluminiums. E
N

S
A
V
O
I
R

P
L
U
S

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