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Institut des Sciences de l'Ingénieur de l'Université Blaise Pascal Département Génie Civil 3 è m

Institut des Sciences de l'Ingénieur de l'Université Blaise Pascal

Département Génie Civil

3 ème Année

Construction Mixte

Poteaux mixtes Acier-béton

A. BOUCHAIR

Octobre 2002

CUST - BP 206 - 63174 AUBIERE CEDEX

LES POTEAUX MIXTES

I. GENERALITES

Les poteaux mixtes résultent de l'association de profilés en acier et du béton. Les avantages d’un poteau mixte sont liés globalement à l’amélioration de la résistance au feu de l’acier et à l’augmentation de la résistance de la section du poteau sans changer les dimensions extérieures ce qui peut répondre à certaines exigences architecturales. Aussi, la résistance des parois de l’élément en acier se trouve améliorée vis à vis des instabilités locales et globales.

Dans les années soixante, un travail de recherche important fut entrepris pour déterminer la capacité portante de poteaux composés d'un profilé en acier enrobé de béton. Ces poteaux ne pouvaient être dimensionnés ni suivant les règles utilisées en construction métallique, ni celles des structures en béton. Le résultat de ces recherches a été décrit dans de nombreuses publications et il est à la base de la rédaction, en 1979, de recommandations pour le calcul des poteaux mixtes. Ces recommandations ont largement influencé la rédaction de l'Eurocode 4, relatif aux constructions mixtes dans les bâtiments.

L'Eurocode 4 définit les règles générales à respecter lors du dimensionnement de poteaux mixtes. Cependant, si toutes les non-linéarités, géométriques, matérielles et physiques devaient être prises en compte, il faudrait avoir recours à une modélisation fine et utiliser des méthodes d'analyse numérique pour satisfaire aux exigences de la norme. C'est la raison pour laquelle l'Eurocode 4 propose aussi une méthode de dimensionnement simplifiée et plus pratique. C'est celle-ci qui fait l'objet du présent document.

I.1 - Types de sections et avantages des poteaux mixtes

La figure 1 montre des exemples typiques de sections transversales de poteaux mixtes, ainsi que la signification des symboles utilisés dans l'EC4. Ces sections transversales présentent une double symétrie et le béton peut être armé. Ces sections peuvent être divisées en deux catégories : profils remplis de béton ou profils partiellement ou totalement enrobés de béton.

ou profils partiellement ou totalement enrobés de béton. Figure 1 – Différents types de sections des

Figure 1 – Différents types de sections des poteaux mixtes avec les notations de l’EC4

2

Les poteaux mixtes présentent de nombreux avantages. Par exemple, une section transversale de faibles dimensions extérieures peut être conçue de manière à pouvoir reprendre des charges plus élevées que celles du profilé en acier seul ou du béton armé seul en gardant les mêmes dimensions extérieures. De plus, différentes sections transversales ayant les mêmes dimensions peuvent être destinées à reprendre des charges différentes ; il suffit de modifier les épaisseurs des éléments en acier, la résistance du béton et la quantité d'armatures. Ainsi, la section d'un poteau peut être maintenue constante sur plusieurs étages dans un bâtiment élevé, ce qui simplifie l'exécution des détails architecturaux. Une économie substantielle est réalisée grâce à l'emploi du béton (un matériau peu coûteux) et grâce à l'utilisation des techniques très élaborées pour la réalisation des assemblages dans le domaine de la construction métallique.

Dans le cas de profils remplis de béton (fig. 1d-f) où l'acier sert de coffrage, la charpente métallique peut être montée en premier. Il suffit ensuite de pomper du béton pour remplir les profilés, ce qui permet un gain de temps très appréciable lors du montage. Cette section d'acier, protectrice, permet en outre au béton d'atteindre des résistances plus élevées par effet de confinement. En outre, l'influence du fluage et de la relaxation du béton peut généralement être négligée, ce qui n'est pas le cas pour les profilés enrobés de béton (fig. 1a-c).

L'enrobage complet d'une section d'acier (fig. 1a) permet généralement de satisfaire aux exigences relatives à la plus haute classe de protection contre l'incendie sans prendre de mesures complémentaires. Pour les profilés partiellement enrobés (Figure 1b et c) et pour les profils creux remplis de béton, ces prescriptions nécessitent un renforcement supplémentaire. Les profils partiellement enrobés présentent aussi l'avantage de servir de coffrage lorsqu'ils sont placés horizontalement. Le remplissage par le béton doit évidemment se faire en deux étapes ; le profil étant retourné 24 heures après le premier bétonnage.

Dans le cas des sections similaires à celle de la figure 1b, le béton pourrait se détacher lors du retournement du poteau et il est nécessaire de l'en empêcher en utilisant des moyens adéquats de connexion (fig . 2). Un autre avantage très important des profils partiellement enrobés est le fait que, même après bétonnage, une surface d'acier très étendue reste apparente et peut être utilisée pour réaliser les assemblages.

et peut être utilisée pour réaliser les assemblages. Figure 2 - Différents types de connexion acier-béton

Figure 2 - Différents types de connexion acier-béton dans des poteaux mixtes

3

I.2 - Nuances et caractéristiques des matériaux utilisés

Les aciers de construction définis dans l'Eurocode 3 ainsi que les bétons et les armatures admis par l'Eurocode 4 peuvent être utilisés pour la fabrication de poteaux mixtes. A noter que l’EC3 prend un module d’élasticité de l’acier égal à 210000 MPa, alors que l’EC2 prend un module égal à 200000 MPa. Les valeurs nominales de la limite d’élasticité et de la limite ultime des nuances courantes d’acier sont données au tableau 1.

 

S235 (Fe360)

S275(Fe 430)

S355(Fe 510)

f y

f

u

f y

f

u

f y

f

u

 

MPa

 

0 < t 3 mm

235

360

275

430

355

510

3 < t 16 mm

235

340

275

410

355

490

16 < t 40 mm

225

340

265

410

345

490

40 < t 100 mm

215

340

255

410

335

490

Tableau 1 : limite d'élasticité f y et limite ultime f u des aciers de construction (EC3)

Les résistances caractéristiques des bétons et les modules d’élasticité sécants définis dans l'EC2, sont données au tableau 2. La classification C25/30 correspond aux résistances sur cylindre (25) et sur cube (30).

Qualités du béton

C20/25

C25/30

C30/37

C35/45

C40/50

C45/55

C50/60

f ck (MPa)

20

25

30

35

40

45

50

E cm (MPa)

29

30,5

32

33,5

35

36

37

Tableau 2 : Résistance sur cylindre f ck et module sécant E cm (EC2)

L'Eurocode 2 admet les trois nuances d'armatures qui sont données au tableau 3.

Nuances d'acier des armatures

S 220

S 420

S 500

f sk (MPa)

220

420

500

E s (MPa)

200000

200000

200000

Tableau 3 : Résistance caractéristique f sk et module d'élasticité E s des armatures (EC2)

Pour le dimensionnement, il faut considérer les résistances de calcul qui sont égales aux résistances caractéristiques affectées du coefficient partiel de sécurité γ M . Celui-ci est donné dans l'Eurocode 2 pour le béton et les armatures et dans l'Eurocode 3 pour l'acier. Il tient compte d'un coefficient partiel de sécurité γ RD applicable aux éléments qui présentent un

risque d'instabilité ( γ

mais uniquement en ce qui concerne leurs composants en acier.

). Ce coefficient est également applicable aux poteaux mixtes,

= 1,1

RD

Cependant, il n'est pas nécessaire de vérifier les phénomènes d'instabilité des poteaux mixtes si l’une des conditions suivantes est vérifiée :

• l'élancement λ est inférieur à 0,2 ;

• l'effort normal dans le poteau est inférieur à 0,1 N cr .

4

λ et N cr sont donnés par les équations (9) et (10) respectivement.

Pour tenir compte des effets à long terme du béton sur la charge portante du poteau, la résistance du béton est multipliée par le facteur de réduction, α = 0,85 conformément à l'Eurocode 2. Cette réduction n'est pas prise en considération pour les tubes remplis de béton, car le béton est confiné. Ce coefficient est en partie lié à la courbe contrainte-déformation du béton en compression. Les hypothèses de calcul plastique sont basées sur une répartition rectangulaires des contraintes, alors que les éprouvettes de béton comprimées montrent une pente négative après le pic de résistance. Ainsi, le coefficient de réduction tient compte de la baisse de résistance après le pic afin de permettre l’utilisation d’une capacité de déformation plastique raisonnable.

I.3- Mise en charge des poteaux mixtes

Aux endroits d'application des charges, il faut s'assurer que chacun des composants de la section transversale (béton et acier) est chargé en fonction de sa résistance et qu'il ne se produit pas de glissement relatif entre les deux (efficacité de l’action mixte). Des plaques d'about peuvent être utilisées dans le cas de poteaux d'un étage ; c'est le mode de chargement idéal. A cet effet, des plats circulaires sont soudés sur les parois des tubes remplis de béton, sur lesquels les semelles des poutres sont fixées après bétonnage.

les semelles des poutres sont fixées après bétonnage. Figure 3 – Exemples d’introduction des charges sur

Figure 3 – Exemples d’introduction des charges sur des poteaux mixtes continus

Dans le cas de poteaux mixtes continus, des dispositifs spéciaux sont nécessaires pour transmettre les charges. L'expérience a montré que les exemples d'assemblages représentés à la figure 3 sont efficaces et économiques. La figure 3a montre les détails d'utilisation de goujons à tête, soudés sur l'âme de profilés en I. Cette disposition permet le transfert de charges supplémentaires et contribue ainsi à augmenter la charge portante de l'assemblage.

5

L'utilisation de goussets introduits à travers la section métallique dans des profils creux remplis de béton (fig. 3b) permet le développement de contraintes tri-dimensionnelles dans le béton et augmente également la résistance de l'assemblage.

II- CALCUL DE LA RESISTANCE D’UN POTEAU MIXTE :

La résistance d’un poteau est définie par la résistance de sa section et par sa résistance aux phénomènes de second ordre (instabilité). Les éléments mixtes acier-béton sont constitués d’un profilé en acier enrobé ou non de béton. Pour les parois non enrobées, il est nécessaire

de vérifier le flambement local. En plus de cela, on vérifie bien évidemment la résistance de

l’élément structural et le transfert de la charge entre le béton et l’acier (cisaillement longitudinal).

II.1 - Ruine par flambement local

A l'état limite ultime, il est supposé que tous les composants de la section supportent leur

charge maximale. Toutefois, il faut s'assurer qu'aucune ruine prématurée ne peut se produire suite à l'apparition d'un phénomène d'instabilité dans une paroi élancée.

Pour éviter ce risque, il faut limiter le rapport entre la dimension de la paroi et son épaisseur.

Dans l'Eurocode 4, cette limite dépend de la valeur de ε =

4 en fonction de différentes valeurs de la limite d'élasticité. Si la section satisfait à ces conditions, la résistance du poteau peut être déterminée en supposant une redistribution plastique des contraintes sur la section. Par contre, une redistribution des moments (en supposant la formation d'une rotule plastique) n'est pas permise, car il n'existe pas encore suffisamment de résultats d'essais pour connaître la capacité de rotation d'un poteau mixte.

connaître la capacité de rotation d'un poteau mixte. 2 3 5 f y ; elle est

235 fy ; elle est donnée au tableau

 

S235

S275

S355

Tubes circulaires remplis de béton

90

77

60

Tubes rectangulaires remplis de béton

52

48

42

Profilés en I partiellement enrobés

44

41

36

Tableau 4- Elancements des parois sans risque de voilement local

Pour les éléments en acier complètement enrobés, il n'est pas nécessaire de vérifier le risque de voilement local. Les parois élancées doivent être recouvertes par le béton avec une épaisseur suffisante pour éviter son éclatement. La valeur minimale de cette épaisseur ne peut pas être inférieure à 40 mm et au 1/6 de la dimension de l'élément en acier. Dans le cas des sections transversales (fig. 1), cette condition s'écrit :

40mm

C

z

b

/

6

(1)

Si des éléments en acier ne satisfont pas aux limites données au tableau 4, d’autres méthodes

d’analyse, non présentées dans ce document, devront être utilisées.

II.2 - Résistance des sections transversales sous charges axiales

La résistance ultime d’un poteau mixte court en compression selon l’EC4 correspond à la résistance plastique de sa section transversale. Celle-ci est calculée en additionnant les

6

résistances plastiques de ses éléments constitutifs (fig. 4). Ceci revient à considérer une déformation uniforme de toute la section mixte sous l’effet de l’effort normal. Cette condition n’est vérifiée que si l’effort est transmis à toute la section et que la liaison entre les différents matériaux qui composent la section est assurée. La formule qui donne cette résistance plastique prend la forme suivante :

N pl.Rd = A a f yd + A c α f cd + A s f sd Avec :

A

f

A

ac

,

yd

, f

cd

et A

et f

s

sd

: aires des sections du profilé, du béton et de l'armature ;

: résistances de calcul des matériaux (

f yk

γ ; f γ ; f Ma ck c sk
γ
; f
γ
; f
Ma
ck
c
sk

γ

s

(2)

) ;

α vaut 1,0 pour les profils creux remplis de béton et 0,85 dans les autres cas.

Les coefficients de sécurité des matériaux ont les valeurs suivantes (EC2 et EC3) :

γ

Ma

= 1,1;γ

c

= 1,5;γ

s

= 1,15

(EC2 et EC3) : γ Ma = 1,1; γ c = 1,5; γ s = 1,15

Figure 4 – Répartition plastique des contraintes (section de poteau mixte sous effort normal)

Pour les tubes circulaires remplis de béton, on peut tenir compte de l'augmentation de la résistance du béton résultant du confinement. En effet, le béton est sujet à une distribution tri- dimensionnelle des contraintes, ce qui augmente sa résistance à la traction dans les directions transversales. Simultanément, les contraintes de traction dans la direction tangentielle dans le tube augmentent, ce qui réduit sa résistance aux contraintes longitudinales.

Cet effet ne peut être pris en considération que si l'élancement relatif λ est à 0,5 (λ est

donné par l'équation 9). En outre, l'excentrement de l'effort normal, e, ne peut pas excéder la valeur d/10 ; d étant le diamètre extérieur du tube. L'excentrement, e, est défini par :

e =

M Sd

N Sd

(3)

M Sd est le moment fléchissant maximal dû aux charges axiales sans tenir compte des effets du second ordre ;

N sd est l'effort normal de calcul.

La résistance plastique normale de ces sections transversales peut être calculée par :

N

pl.Rd

=

A

a ×η

2

×

f yd

+

A

c ×

f

cd ×

1 +η

1

×

t

d

×

 

ck

f

f

y

+

A

t

représente l'épaisseur de paroi du tube circulaire ;

7

s × f

sd

(4)

et

η

1

η

=

10

η 2

=η

20

×

1

+

(

1

10e

)

20

d

η

10e

×

d

(5)

(6)

Pour un excentrement de charge e d/10, une interpolation linéaire peut être effectuée à partir

des valeurs de référence η 10 et η 20 dépendant de l'élancement relatif λ :

η

10

=−4,9

18,5

2

λλ

+17

η

20 =

0,25(3 2λ)

+

mais

mais

η

10

η

20

1,0

0

(7)

(8)

Ces valeurs sont données au tableau 5, pour quelques valeurs de λ .

Si l'excentrement (e) est supérieur à d/10, ou si l'élancement relatif λ dépasse 0,5, on pose

η

1

= 0 et

η

2

=1.

 

λ

0,0

0,1

0,2

0,3

0,4

0,5

η 10

4,90

3,22

1,88

0,88

0,22

0,00

η 20

0,70

0,80

0,85

0,90

0,95

1,00

Tableau 5 : Valeurs de référence η

10

et η

20

pour les tubes circulaires remplis de béton

II.3 - Vérification de la résistance des éléments :

L'élancement relatif à prendre en considération pour déterminer la résistance en compression d'un poteau chargé axialement est donné par :

N pl. R λ = N cr où
N pl. R
λ =
N
cr

(9)

•N pl.R est la résistance de la section transversale sous charge normale, donnée par

=1

N cr est la charge de flambement élastique du poteau :

l'équation 2 ou l'équation 4 avec

γ

a

γ

=

c

γ

=

s

;

N cr

=

(

EI

)

e

π

2

l

2

e

avec : (

EI

)

l e

e = la rigidité élastique de flexion ; = la longueur de flambement du poteau.

(10)

8

La longueur de flambement d'un poteau peut être déterminée en se référant à l'Eurocode 3. Pour des poteaux isolés dans des structures à noeuds fixes, la longueur de flambement est égale à la longueur du poteau.

La rigidité élastique de flexion est déterminée, comme pour la résistance plastique sous charge normale, en additionnant les valeurs de chacun des composants :

(EI) e = E a I a + 0,8 E cd I c + E s I s

(11)

béton

considéré.

E

,

I

I et I

s

représentent les moments d'inertie de flexion respectivement de l'acier, du

des armatures, pour le plan de flexion

ac

(supposé

non

fissuré)

et

a et E s sont les modules d'élasticité de l'acier et des armatures ;

0,8 E

cd

E

cd

=

I

E

c

représente la rigidité réelle en flexion de la partie en béton ;

cm

/ γ

c

avec : E cm = le module sécant du béton donné au tableau 2 de l'Eurocode 2.

Le coefficient partiel de sécurité relatif au béton, γ c , peut être réduit à la valeur la détermination de la rigidité réelle en flexion, conformément à l'Eurocode 2.

γ

c

=1,35

, pour

Pour les poteaux élancés, l'influence du comportement à long terme du béton (fluage et retrait) sur la résistance en compression doit être prise en compte.

Si l'excentrement de l'effort normal (équation 3), est inférieur à deux fois la dimension de la

section transversale ou l’élancement réduit (λ ) est supérieur aux limites données au tableau 6, l'influence du fluage et du retrait sur les effets du second ordre est à prendre en compte.

 

Ossatures rigides contreventées

Ossatures souples et/ou ossatures non contreventées

Profilés enrobés de béton

0,8

 

0,5

Profilés creux remplis de béton

,

0 8

1

δ

1

,

0 5

δ

Tableau 6 : Valeurs limites de λ pour la prise en compte du fluage et du retrait du béton

Si l'influence du fluage et du retrait doit être considérée, son effet est pris en compte de manière simple, en remplaçant le module d'élasticité du béton E cd par E c donné par :

E

c

=

E

cd

1

N

G.Sd

N

Sd

0,5.

N G.Sd est l'effort normal dû aux charges permanentes.

N Sd est l'effort normal de calcul ;

(13)

Il faut remarquer que pour déterminer l'influence du fluage et du retrait, à l'aide du tableau 6, il faut considérer la valeur suivante pour δ :

9

A

a

f

yd

N

δ =

(14)

pl.Rd Le coefficient δ représente la contribution de l'acier à la résistance de la section à l'effort normal. Pour des profils creux remplis de béton, les valeurs limites sont seulement applicables à la partie en béton (1 - δ).

II.4 - Résistance des éléments structuraux en compression

L'élément structural présente une résistance suffisante si, pour les deux axes,

N Sd

avec

χ

N pl.Rd

(15)

• N pl.Rd = la résistance de la section transversale sous charge axiale ;

χ

= le coefficient de minoration pour la courbe de flambement adéquate.

Les courbes de flambement européennes relatives aux poteaux mixtes sont représentées à la figure 5 :

- la courbe (a) est relative aux profilés creux remplis de béton ;

- la courbe (b) est relative aux profilés en I totalement ou partiellement enrobés de béton avec flexion selon l'axe fort du profilé en acier ;

- la courbe (c) est relative aux profilés en I totalement ou partiellement enrobés de béton avec flexion selon l'axe faible du profilé en acier.

avec flexion selon l'axe faible du profilé en acier. Figure 5 - Courbes européennes de flambement

Figure 5 - Courbes européennes de flambement selon l’EC3

Ces courbes peuvent être représentées mathématiquement par l'équation :

χ

=

1 mais χ ≤ 1,0 2 2 ∅− − ∅ λ  ( ) ∅=
1
mais
χ
≤ 1,0
2
2
∅−
λ
(
)
∅=
0,5 1
+
α λ
0,2
+

λ 2

(16)

(17)

Le coefficient α qui tient compte des imperfections des sections transversales est donné au tableau 7 pour chacune des courbes.

10

Courbes européennes de flambement

a

b

c

Coefficient d'imperfection α

0,21

0,34

0,49

Tableau 7 : Coefficient d'imperfection α relatif aux courbes européennes de flambement

II.5 - Limites d'application de la méthode simplifiée de l'EC4

L'application de la méthode de calcul décrite est soumise à diverses restrictions. Pour élargir son champ d'application, des études et des essais supplémentaires sur des poteaux mixtes doivent être entrepris.

L'élancement maximal des poteaux mixtes est limité à :

λ 2,0

(18)

Le coefficient δ, donnant la contribution de l'acier, suivant l'équation (14), doit répondre à la relation :

0,2 δ 0,9

(19)

Si δ est inférieur à 0,2, le poteau peut être dimensionné suivant l'Eurocode 2 ; s'il est supérieur à 0,9, le calcul doit être conforme à l'Eurocode 3.

Si les armatures longitudinales sont prises en compte dans les calculs, leur section transversale doit être au moins égale à 0,3 % de celle en béton, et doit être limitée à 4 % dans les calculs. Les armatures supplémentaires utilisées pour assurer la protection contre l'incendie ne peuvent pas être prises en compte pour le calcul de la résistance.

03,%

A

s

A

c

40,

%

(20)

Les profils creux remplis de béton ne nécessitent pas d'armatures supplémentaires. Aussi, les poteaux constitués d'un profilé enrobé de béton, l'armature longitudinale peut être omise et seule l'armature transversale est nécessaire. Cependant, les armatures en acier courantes peuvent être utilisées comme étriers.

Pour les profilés enrobés, l'épaisseur minimale d'enrobage est donnée par la relation (1). Cette épaisseur varie en fonction de la quantité d'armatures, mais sa valeur maximale admise dans les calculs est donnée par :

40 mm

mm

40

c

z

c

y

0,3 h

(21)

0,4 b

(22)

III- POTEAUX COMPRIMES FLECHIS :

Dans cette partie, la méthode de calcul donnée dans l'Eurocode 4 et relative aux poteaux soumis à la flexion uni-axiale ou bi-axiale est décrite en détail. Des méthodes simplifiées pour

11

déterminer les moments internes dus aux effets du second ordre sont également présentées, de même que l'influence de l'effort tranchant sur la résistance à la flexion.

Le dimensionnement des poteaux mixtes soumis à une sollicitation combinée de compression et de flexion est effectué en considérant d’abord le poteau seul, isolé de la structure. Ainsi, les moments d'extrémité qui résultent de l'analyse de toute la structure (en tenant compte des effets du second ordre) sont considérés comme agissant sur chacun des éléments. Les efforts internes tout le long du poteau sont ensuite déterminés à partir des éléments de réduction aux extrémités, avec prise en compte des effets du second ordre pour les poteaux élancés. Dans la méthode simplifiée de l'Eurocode 4, les imperfections géométriques du poteau ne doivent pas être prises en considération car elles ont été envisagées pour déterminer sa résistance.

La résistance des poteaux comprimés et fléchis est déterminée en se basant sur la courbe d'interaction correspondante, cette courbe peut aussi être utilisée pour évaluer l'effet des efforts tranchants.

III.1- Analyse des moments de flexion

L'influence des effets du second ordre peut être négligée pour les structures contreventées et les structures à noeuds fixes si l’une des deux conditions suivantes est respectée :

l'effort normal N Sd est inférieur à 10 % de la charge critique N cr ;

λ≤ 02,(2 r) avec :

(23)

- λ : l'élancement relatif du poteau

- : le rapport entre le plus petit et le plus grand des moments d'extrémité (fig. 6). Ce rapport est égal à 1 pour les charges transversales appliquées entre les extrémités.

r

charges transversales appliquées entre les extrémités. r Figure 6 – Définition du rapport r entre les

Figure 6 – Définition du rapport r entre les moments d’extrémités d’un poteau

La rigidité flexionnelle, nécessaire pour étudier les effets du second ordre, est calculée en multipliant le moment de flexion maximal dû aux effets du premier ordre, par le coefficient k

:

k =

β

1

N

Sd

1,0

(24)

N

cr

N Sd est l'effort normal de calcul ; N cr est la charge critique (équation 10) en considérant l e égale à la longueur du poteau

;

12

β est le coefficient du moment équivalent ; il est égal à 1,0 pour les poteaux soumis à des efforts transversaux entre les extrémités. Dans le cas de poteaux sollicités par des moments d'extrémité uniquement, il est calculé comme suit :

β =+0,,66

0 44 r

avec

β ≥ 0,44

(25)

III.2- Compression et flexion uni-axiale combinées

La figure 7 montre comment on vérifie la résistance de la section transversale d'un poteau mixte à l'aide de la courbe d'interaction M-N. Cette courbe d’interaction est déterminée en considérant une répartition plastique rectangulaire des contraintes sur la section. Elle peut être remplacée par un diagramme polygonal dont on calcule un certain nombre de points caractéristiques seulement au lieu de la définition complète de la courbe d’interaction non linéaire. En premier lieu, la résistance sous charge axiale est déterminée. A cet effet, le coefficient de réduction χ est utilisé (équation 16). Ce même coefficient est reporté sur la courbe d'interaction pour obtenir le moment µ k dû aux imperfections.

pour obtenir le moment µ k dû aux imperfections. Figure 7 – Détermination de la résistance

Figure 7 – Détermination de la résistance d’un poteau mixte comprimé-fléchi à partir de la courbe d’interaction M-N

L'influence de ce moment est supposée décroître linéairement jusqu'à la valeur χ n . Pour un

sur la courbe d’interaction pour

obtenir la valeur de µ d . On calcule ensuite

a une répartition linéaire sur l’élément. Le coefficient µ représente la résistance flexionnelle résiduelle. Il est donné par la relation suivante :

) si le moment

effort normal

N

Sd

, on reporte la valeur de χ d

χ

n

= N

Sd

/ N

(1

pl Rd

.

r ) / 4

= χ ×

(avec : χ

n

χ

d

µ

=

µ

d

µ

k

×

[(χ

d

χ

n

)(χ

χ

n

)]

Ensuite, la résistance de l’élément est à vérifier par la relation suivante :

M

Sd

0,9× µ×M

pl.Rd

(26)

En certains endroits de la courbe d'interaction, l'effort normal contribue à augmenter la résistance flexionnelle ( µ1,0 ). Si le moment de flexion et l'effort normal sont indépendants

l'un de l'autre, la valeur de µ doit être limitée à 1,0. Aussi, la valeur χ n tient compte du fait

que les imperfections et le moment de flexion n'ont pas toujours un effet défavorable.

Dans le cas de moments d'extrémités (répartition linéaire du moment sur l’élément), χ n peut être calculé par :

13

χ

n

=

1

r

4

× χ

(27)

où : r est le rapport de ces moments, donné à la figure 6.

Si des efforts transversaux agissent le long du poteau, χ n est pris égal à zéro et r = 1. La réduction de 10 % de la résistance flexionnelle (équation 26) est nécessaire à cause des simplifications qui ont été effectuées. En effet, la courbe d'interaction a été déterminée sans tenir compte des limites de déformation dans le béton, et lorsque les moments sont déterminés en tenant compte des effets du second ordre (équation 24), les calculs sont effectués en se basant sur la rigidité flexionnelle effective (EI) e et sur la résistance de la section de béton complète.

III.3 - Courbe d'interaction M-N pour une section de poteau mixte

La courbe d'interaction décrite au paragraphe précédent peut être déterminée en recherchant la position de l'axe neutre de la section entière après avoir supposé l'existence de blocs de contrainte rectangulaires pour représenter les efforts internes. Cette méthode ne peut être utilisée qu'à l'aide d'un calcul numérique pour pouvoir couvrir un grand nombre de points qui permettent de représenter la courbe de forme non linéaire, vu le grand nombre d'équations à résoudre. Cette complexité est due en partie au fait que les deux matériaux ont des rigidités différentes et que le béton n’a pas de résistance à la traction. Il est cependant possible de calculer manuellement et de manière très simple, certains points de la courbe d'interaction. Ces points (A-E) sont indiqués sur le diagramme de la figure 8 ; ils sont ensuite reliés par des segments de droites. Ce procédé présente une précision relativement bonne et généralement suffisante.

La figure 9 montre la distribution des contraintes qui correspond à ces différents points A, B, C, D et E dans le cas d'un tube de section rectangulaire rempli de béton. La figure 10 montre

le cas d’un profilé en I enrobé de béton. Le point A est relatif à l'effort normal agissant seul :

N A = N pl.Rd

M A =

0

(28)

(29)

Le point B, quant à lui, donne la distribution des contraintes lorsque seuls les moments de flexion agissent :

N B =

M B = M pl.Rd

0

(30)

(31)

La partie tendue du béton, supposée fissurée, est négligée dans le calcul de la résistance de la section transversale.

14

Figure 8 – Approximation linéaire de la courbe d’interaction M-N pour une section C Nc

Figure 8 – Approximation linéaire de la courbe d’interaction M-N pour une section

C Nc = N pm.Rd D Nc = N pm.Rd /2
C
Nc = N pm.Rd
D
Nc = N pm.Rd /2

Figure 9 – Répartition plastique des contraintes pour les différents points de la courbe d’interaction M-N dans le cas d’une section tubulaire remplie de béton

15

Figure 10 – Répartition plastique des contraintes pour les différents points de la courbe d’interaction

Figure 10 – Répartition plastique des contraintes pour les différents points de la courbe d’interaction M-N dans le cas d’une section en I enrobée de béton

Le moment résistant est identique pour les points B et C, car dans la zone centrale de la section, la contribution au moment des contraintes de compression additionnelles est nulle. Dans ces zones, les efforts de compression additionnelle sont repris par la partie du béton qui était auparavant tendue. Ainsi, la position de l’axe neutre plastique (ANP) passe de l’autre côté, à distance égale, de l’axe de symétrie de la section lorsqu’on passe sur la courbe d’interaction du point B au point C. Ceci peut être expliqué en additionnant les contraintes aux points B et C ; la résultante des efforts normaux, nulle au point B, ne change pas. Les efforts s'équilibrent en moment dans les parties métalliques et les zones comprimées du béton et ils sont identiques aux points B et C. L'effort axial est donné par l'expression :

N C = N c.Rd = A c α f cd

(32)

α

= 1,0 pour les profils creux remplis de béton = résistance de calcul du béton

f cd

M C = M pl.Rd

(33)

Au point D, l'axe neutre en plasticité coïncide avec l'axe de symétrie de la section transversale et l'effort normal résultant est égal à la moitié de l'effort de compression en C. Cette distribution des contraintes permet un calcul simple et rapide du moment et de l'effort normal.

16

N D = N c.Rd / 2 M D = M max.Rd M max.Rd = W pa f yd + 0,5 W pc α f cd + W ps f sd

(34)

(35)

(36)

l'acier, du béton et des armatures.

W

pa

,

W

pc

et W

ps

sont les modules de résistance plastique respectivement de

f

yd

, f

cd

et f

sd

sont les résistances de calcul respectives de ces matériaux.

Pour le point E, l'axe neutre se trouve entre celui correspondant au point C et le bord de la section transversale, de manière à ce que la contrainte résultante puisse être calculée sans difficulté. Ce point E ne doit pas être déterminé dans tous les cas. Ils permet simplement de décrire la courbe M-N.

La position de l'axe neutre pour le point B (M pl.Rd ) et de manière similaire pour le point C, c'est-à-dire la valeur h n , peut être obtenue à partir de la différence des contraintes en ces deux points (figure 11). Comme, dans la zone centrale, les différentes parties de la section transversale sont généralement rectangulaires, les efforts dépendant de la valeur de h n sont faciles à évaluer.

La somme de ces efforts est égale à N c.Rd , comme cela a été montré ci-dessus. Cette constatation permet d'établir l'équation donnant h n . Cette équation est évidemment différente pour chaque type de section. Par exemple, dans le cas d'un tube de section rectangulaire, elle s'écrit :

h

n

=

N c.Rd

2bf

cd

f

cd

(

)

4t 2f

yd

(37)

: h n = N c.Rd 2bf cd − − f cd ( ) 4t 2f

Figure 11 – Evolution de l’ANP entre les points B et C de la courbe d’interaction

Le moment résistant M pl.Rd peut être calculé de manière très simple à partir de la différence entre les contraintes aux points D et B (figure 12) :

M n.Rd = w pan f yd + 0,5 W pcn α f cd + W psn f sd

Où • W W et W psn sont les modules plastiques des aires comprises entre les deux

(38)

pan,

pcn

droites distantes de 2.h n .

Le moment résistant M pl.Rd est donné par :

17

M pl.Rd = M max.Rd - M n.Rd

(39)

M pl.Rd = M max.Rd - M n.Rd (39) Figure 12 – Evolution de l’ANP entre

Figure 12 – Evolution de l’ANP entre les points D et B de la courbe d’interaction

Pour les profilés en I enrobés de béton et pour les tubes remplis de béton, les formules sont données dans l'annexe C de l'Eurocode 4.

Cette méthode présente l'avantage d'être applicable à toute section transversale présentant une double symétrie. Même dans le cas de sections de forme très complexe, les points caractéristiques du diagramme d'interaction sont faciles à déterminer.

Le calcul de la résistance plastique de la section à l’effort normal seul ( N pl . Rd ) est calculée en considérant une répartition uniforme des déformations sur toute la section avec une capacité de déformation plastique suffisante pour tous les matériaux qui constituent la section. Autrement, il faut se limiter à un calcul élastique où un des deux matériaux pilotera la résistance.

tique où un des deux matériaux pilotera la résistance. Figure 13- Section mixte doublement symétrique Pour

Figure 13- Section mixte doublement symétrique

Pour la détermination des autres points de la courbe d’interaction (EC4 - Annexe C) on procède, pour une section doublement symétrique de la manière suivante (fig. 13). Le béton est représenté par la partie claire de la section et l’acier par la partie foncée. Le point B de la

18

courbe d’interaction est représenté par le cas où la l’ANP passe par ligne BB qui définit la région (1) dans laquelle le béton travaille en compression. La ligne CC située à une distance h n de l’autre côté de l’axe passant par G représente l’ANP pour le point C de la courbe d’interaction. Ceci est dû au fait que les aires de l’acier, des armatures et du béton situées dans la zone (2) sont toutes symétriques par rapport à G, de sorte que les modifications des contraintes dues au passage de l’axe BB vers CC n’a pas d’influence sur la part du moment résistant mais donne une résistance supplémentaire à la compression ( N pm . Rd ). Pour l’axe CC, seule la région (3) sera tendue, les deux autres sont comprimées. Les indices des éléments des différentes équations représentent les zones de (1) à (3). Ainsi, on peut écrire :

N

pm Rd

.

où :

=

R c 2

+ 2×

R a 2
R
a 2

R c 2 : est la résistance du béton à la compression dans la zone (2) ; R a 2 : est la résistance de l’acier (construction et armatures) dans la zone (2).

R = A × α × f γ c 2 c 2 ck c (
R
=
A
×
α ×
f
γ
c
2
c
2
ck
c
( A
)
(
)
R
=
×
γ
+
A
× f
γ
a
2
a
2
f y
Ma
s 2
y
s

(α = 1, si profilé tubulaire rempli de béton et 0,85 pour les profilés ouverts enrobés de béton).

A cause de la symétrie, on peut écrire :

R

a 1 =

R a 3
R
a
3

et R c1

= R c 3

Pour l’axe neutre plastique situé sur la ligne BB, on a un effort normal nul (N=0), ce qui permet d’écrire l’équilibre au niveau de la section de la façon suivante :

N

=

∫∫

S

σ ×

dS

=

0

D’après les équations () et (), on déduire :

(), on trouve :

R

N pm Rd

.

=

R

c

2

+

R

c

1

+

c

3

=

R c

R

R a 2
R
a 2

a

1

+

= R

R

c

1

c

1

=

= R + R a 2 a 3 R c 3
=
R
+
R
a 2
a 3
R
c
3

et par substitution dans l’équation

R c : est la résistance à la compression de la totalité de l’aire de béton.

L'interpolation linéaire du diagramme ABCD peut parfois sous-estimer la valeur du moment

C'est le cas, par exemple, si l'écart entre le polygone et la courbe

exacte est important dans la zone où la précision sur le moment a une grande importance (point χ de la figure 7) et si cet écart est petit pour des efforts normaux plus faibles. Le point E est alors environ à mi-distance des points A et C et doit être déterminé.

dû à l'imperfection µ R .

Lorsqu'il s'agit de profilés en I enrobés de béton et fléchis suivant l'axe fort de la section d'acier, la courbe d'interaction exacte est presque linéaire entre les points A et C, et le point E n'est pas nécessaire.

19

III.4 - COMPRESSION ET FLEXION BI-AXIALE COMBINEES

En raison des différentes valeurs d'élancements, de moments fléchissants et de résistances à la flexion pour les deux axes, il est nécessaire, dans la plupart des cas, de procéder à une vérification suivant chacun des axes. Les imperfections ne doivent être prises en compte qu'à l'intérieur du plan dans lequel on suppose qu'une ruine est susceptible de se produire. Pour l'autre plan de flexion, il est inutile de tenir compte de ces imperfections (fig. 14).

La résistance à la flexion bi-axiale doit être contrôlée sur la base des valeurs relatives

du moment résistant et une nouvelle courbe d'interaction (fig. 14c) doit être établie.

Cette courbe d'interaction linéaire est tronquée à 0,9µ y et 0,9µ z ; les moments fléchissants de

calcul M et M z.Sd doivent satisfaire aux limites imposées par cette courbe. Il en résulte les

µ

y

et

µ

z

y.Sd

équations suivantes :

M y.Sd

M z.Sd

− +

µ

y

×

M

pl.y.Rd

µ

z

× M

pl.z.Rd

M y.Sd

µ

y

× M

pl.y.Rd

0,9

M z.Sd

µ

z

×

M

pl.z.Rd

0,9

1,0

(40)

(41)

(42)

µ z × M pl.z.Rd ≤ 0,9 ≤ 1,0 (40) (41) (42) Figure 14 – Démarche

Figure 14 – Démarche de vérification d’une section sous flexion composée déviée

20

IV - INFLUENCE DE L'EFFORT TRANCHANT

Les contraintes de cisaillement au niveau de la liaison acier-béton ne doivent pas dépasser les valeurs suivantes :

- pour les profilés complètement enrobés de béton ;

- pour les tubes remplis de béton ;

- pour les semelles des profilés partiellement enrobés ;

- pour l'âme des profilés partiellement enrobés.

0,6 MPa

0,4 MPa

0,2 MPa

0,0 MPa

Le calcul exact de ces contraintes est très délicat. Elles peuvent parfois être évaluées à l'aide d'une méthode simplifiée basée sur la théorie élastique ou sur la résistance plastique des différents éléments de la section transversale. La variation des contraintes axiales dans le béton entre deux sections particulières peut également être utilisée pour déterminer les contraintes de cisaillement.

D'une manière semblable, les efforts de cisaillement peuvent être répartis entre l'acier et le béton, en fonction de leur résistance. L'effort de cisaillement repris par le béton doit être calculé de la manière indiquée dans l'Eurocode 2, tandis que l'effort repris par l'acier peut être déterminé, si c'est nécessaire, à l'aide d'une courbe d'interaction (contraintes normales - contraintes de cisaillement).

La figure 15 donne la réduction des contraintes normales admissibles dans les zones soumises à un effort tranchant.

admissibles dans les zones soumises à un effort tranchant. Figure 15 – Réduction des contraintes normales

Figure 15 – Réduction des contraintes normales due à celles de cisaillement

Cette réduction de la limite d'élasticité dans les éléments cisaillés peut être remplacée, pour la facilité des calculs, par une diminution de l'épaisseur de ces éléments en acier. Cette influence ne doit cependant pas être prise en considération si :

V a.Sd < 0,5 V pl.a.Rd

(43)

Où • V a.Sd = la partie de l'effort de calcul de cisaillement reprise par la section d'acier • V pl.a.Rd = la résistance au cisaillement de la section d'acier

f yd V = A pl.a.Rd v 3 avec • A v =
f yd
V
=
A
pl.a.Rd
v
3
avec •
A v
=

(44)

l'aire de la section d'acier de construction.

La réduction de l'aire soumise au cisaillement est donnée par :

21

red A

v

=

A

v

1

2V

a.Sd

V

a.Rd

1

2

(45)

Dans le cas d'un profilé en I enrobé de béton et soumis à flexion suivant l'axe fort :

red A v =

red t w h

(46)

t w , la méthode décrite précédemment pour

déterminer la courbe d'interaction de la section transversale, peut être appliquée sans restriction.

Sur la base de cette réduction d'épaisseur, red

Pour des raisons de simplification, la répartition des efforts de cisaillement entre le béton et l'acier est souvent négligée. Dans le cas des tubes remplis de béton, par exemple, on considère que l'acier seul reprend les efforts de cisaillement.

V - ZONES D'APPLICATION DES CHARGES

Aux endroits où les efforts sont appliqués sur un poteau mixte, il faut s'assurer qu'ils sont bien répartis sur les différents éléments qui composent la section transversale. Cette vérification doit porter sur une certaine longueur à partir du point d'application des charges. A cet effet, une répartition des efforts entre l'acier et le béton peut être effectuée de la même manière que celle qui a été décrite pour le poteau soumis à un effort de compression seul.

Pour permettre de déterminer la distribution des efforts, il faut connaître la répartition des contraintes à chacune des extrémités de la zone d'application des charges. A partir des différences de ces contraintes, il est alors possible de calculer les efforts transmis à chacun des composants de la section transversale. Il faut toutefois que la longueur de la zone de mise en charge (l 1 ) réponde à la condition :

l

1

2d

(47)

où • d est la dimension de la section transversale perpendiculaire au plan de flexion.

Les charges peuvent être réparties de manière très simple en fonction de la résistance plastique des composants :

N

N

cs.Sd

a.Sd

M

cs.Sd

M

a.Sd

=

=

N

Sd

 

N

1

a.Rd

N

pl.Rd

NN

Sd

cs.Sd

=

M

Sd

M

cs.Rd

M

pl.Rd

=

MM

Sd

cs.Sd

Avec :

22

(48)

(49)

(50)

(51)

- N a.Rd = la résistance de calcul à l'effort normal de la section d'acier. -N cs.Rd = la résistance de calcul à l'effort normal de la section de béton. -N pl.Rd = la résistance de calcul à l'effort normal de toute la section transversale.

- M a.Rd

= la résistance flexionnelle de calcul de la section d'acier.

- M cs.Rd = la résistance flexionnelle de calcul de la section de béton.

- M pl.Rd = la résistance flexionnelle de calcul de toute la section transversale.

M cs.Rd est calculé suivant la méthode décrite précédemment, en négligeant la section d'acier.

Si les charges sont transmises au composant de la section en acier par l'intermédiaire d'un moyen d'assemblage (par exemple: un goujon à tête), celui-ci doit être dimensionné pour

reprendre les efforts qui sont diffusés dans le béton, N et M cs.Sd . Dans le cas contraire où

les efforts sont transmis du béton vers l'acier (par exemple à l'aide l'une console), ce sont les efforts qui seront repris par la section d'acier qui déterminent la résistance des moyens

d'assemblage : N et M

cs.Sd

a.Sd

a Sd

des moyens d'assemblage : N et M cs.Sd a.Sd a Sd Figure 16 – Résistance au

Figure 16 – Résistance au cisaillement des connecteurs de type Nelson sous l’effet de l’activation du frottement additionnel.

Les poteaux limités à un étage sont généralement chargés par l'intermédiaire d'une plaque d'about. Par contre, des dispositifs spéciaux sont nécessaires pour les poteaux continus. Lorsqu'il s'agit de profilés en acier à section ouverte (figure 16), les goujons à tête sont le moyen le plus économique pour réaliser cette connexion. Les efforts repris par les goujons extérieurs sont transmis aux semelles et la résistance par frottement qui en résulte est égale à :

R

= µ

P

Rd

/ 2

avec

µ = 05,

P Rd = la résistance de calcul d'un goujon connecteur à tête.

23

Pour introduire les efforts dans des poteaux continus constitués d'un profil creux rempli de béton, un moyen très économique est l'utilisation de plats emboutis dans le tube. Grâce à l'effet de frettage, des contraintes normales élevées peuvent se développer sous les extrémités des plats (figure 17).

f

1.Rd

=

(

f

ck

+

f

1.Rd

N c.Rd

A

1

35,0

1 A ) γ A c 1
1
A
)
γ
A
c
1

(53)

 

(54)

avec

A

= aire totale du noyau en béton

A 1 = aire du béton sous les plats

NB : la formule (53) est établie à partir de résultats d'essais, mais ceux-ci ne sont pas encore assez nombreux pour leur donner une interprétation statistique.

nombreux pour leur donner une interprétation statistique. Figure 17 – Introduction des charges dans des poteaux

Figure 17 – Introduction des charges dans des poteaux mixtes continus à section tubulaire.

24

VI - CONCLUSIONS

Les poteaux mixtes sont, soit des profilés ouverts partiellement ou complètement enrobés, soit des profils creux remplis de béton. L'Eurocode 4 donne les limites des rapports dimensionnels des éléments en acier non enrobés, de manière à éviter tout voilement local. Ce problème ne se pose pas pour les profilés complètement enrobés.

L'Eurocode 4 présente des règles simplifiées (courbes européennes de flambement, etc.) pour déterminer la résistance de poteaux mixtes soumis à un effort normal de compression. Cette méthode est toutefois soumise à certaines restrictions. Une attention toute particulière doit être apportée aux détails des assemblages, pour assurer un transfert direct des charges vers chacun des éléments de la section.

L'influence des effets du second ordre doit être prise en compte pour le dimensionnement de poteaux élancés soumis à des charges axiales élevées. L'effet combiné d'une charge axiale et d'un moment de flexion peut être évalué à l'aide de courbes d'interaction sur lesquelles est basée la méthode de dimensionnement décrite dans l'annexe D de l'Eurocode 4. L'effet des efforts tranchants est pris en compte en réduisant l'aire effective de la section résistant en flexion ; la courbe d'interaction relative à la section transversale peut être déterminée à partir de cette section réduite. Les détails constructifs des zones d'application des efforts doivent être étudiés soigneusement ; des augmentations de contraintes importantes se produisent aux alentours des goujons et des plaques de transmission.

VII - BIBLIOGRAPHIE

(1)

(2) Eurocode 4 et DAN : "Conception et dimensionnement des structures mixtes acier- béton". ENV 1994 – 1-1. Partie 1.1 : Règles générales et règles pour les bâtiments, Editions Eyrolles , 1997.

(3) Eurocode 3 : "Conception des structures en acier" : ENV 1993-1-1 : Partie 1.1 : Règles générales pour les bâtiments, CEN, 1992.

(4) Bergman R. ; Matsui I.; Meinsma C. ; Dutta D. "Design guide for concrete filled hollow

ESDEP – WG 10 – Leçons 10.8.1 et 10.8.2 – Construction mixte - Poteaux.

section columns under static and seismic loading". Publication CIDECT No. 5, 1995.

25