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La notion de « pouvoir » (sociologie)

Le pouvoir est souvent considéré comme une relation entre des acteurs sociaux ( des
individus, des groupes sociaux ou classes sociales). Comme le disait Max Weber, la
relation de pouvoir s'observe quand un individu accomplit (ou s'abstient d'accomplir)
conformément à la volonté d'un autre individu, une action qu'il n'aurait pas accomplie( ou
aurait accomplie) spontanément. J-M Denquin dit que pour avoir du pouvoir il faut savoir
commander, se faire respecter et se faire obéir. Mais le critère de pouvoir se trouve dans la
tête de celui qui obéit, est censé ou parait obéir. Lui seul sait ce qu'il aurait fait si aucun
ordre ne lui avait été donné. Tous les observateurs extérieurs y compris celui qui a donné
l'ordre ne peuvent émettre a son sujet que des conjectures.
C'est pourquoi l'on distingue deux sortes de pouvoir: - Le pouvoir d'injonction reposant sur
la coercition, c'est à dire la contrainte. L'injonction suppose l'emploi possible de la force. -
Le pouvoir d'influence reposant sur le consentement du gouverné. C'est la capacité d'offrir à
un individu des gratifications matérielles (salaire, récompense...) ou symboliques( au niveau
de l'estime de soi) en contrepartie du comportement suggéré. Nous allons voir maintenant
quelles sont les sources du pouvoir: Deux sources envisageables. La première concerne les
caractéristiques intrinsèques des acteurs, par exemple les dons exceptionnels que Max
Weber appelle charisme ou plutôt les qualités supérieures à la moyenne d'un individu qu'il a
acquises grâce à des exploits, des idéologies qui ont bouleversé la société, une forte
personnalité qui selon Pareto, autorisent l'appartenance à l'élite. La seconde source se
trouve dans les structures de la société: économiques ( par exemple la propriété du capital),
culturelles (valeurs et normes) et politiques. On dira qu'un individu a du pouvoir sur un autre
individu non pas en vertu de ses qualités personnelles mais en fonction du poste attribué.

LES SOURCES DE POUVOIR ET D’INFLUENCE DU PSYCHOLOGUE SCOLAIRE

par Richard Gagné, psychologue


Commission scolaire Val-des-Cerfs

Dans un récent article était soulignée la difficulté pour le psychologue scolaire d'influencer
significativement les attitudes et les comportements de l'enseignant à qui il s'adresse. Le
psychologue peut bien "avoir raison", bien saisir les motifs qui amènent un jeune à manifester
tel ou tel comportement et proposer une intervention assurément géniale, mais souvent
l'enseignant ne fera pas ce qui lui est proposé. Or, puisqu'une part considérable du travail du
psychologue consiste à amener des changements à travers l'intervention d'un tiers (l'enseignant
le plus souvent), dans ce qui est appelé chez les américains la "consultation", il importe de
mieux saisir la mécanique d'influence qui peut s'exercer dans ce type de relation. Le présent
texte décrit une théorie du pouvoir social qui peut rendre plus efficace le travail du psychologue
scolaire. Les psychologues scolaires pourraient au premier abord réagir avec malaise à
analyser leur pratique par cette lunette de pouvoir ou d'influence mais il importe de bien saisir
qu'il en va ainsi dans tous les rapports humains où l'intention est d'agir sur les croyances, les
attitudes ou les comportements.
Plusieurs écrits pertinents dans le domaine attribuent leur source à Martin (1978) qui avait écrit
un texte intitulé : "Le pouvoir d'expert ou de référent : un modèle pour comprendre et améliorer
l'efficacité du consultant". Depuis, la théorie s'est enrichie de d'autres considérations. Au départ
l'auteur ne voyait que ces deux façons pour le psychologue scolaire d'exercer son influence.
Aujourd'hui, on réalise qu'il a recours à d'autres modes de pouvoir lors de ses consultations.

Les six sources du pouvoir social

1. Le pouvoir coercitif vient quand la personne B croit que la personne A pourrait la punir
de quelque manière si elle ne change pas.
2. Le pouvoir de récompense vient quand B croit que A pourrait la récompenser si elle
change.
3. Le pouvoir légitime vient de l'obligation que ressent B à obéir à A parce qu'elle croit que
A possède un droit légitime à le faire, peut-être à cause de sa fonction dans la structure
le l'organisation.
4. Le pouvoir d'expert vient de la croyance qu’a B de l'expertise et de la compétence de A
dans le domaine.
5. Le pouvoir par identification (ou de référent) est celui qu'exerce A sur B à partir de
l'identification que fait B avec A ou du désir d'une telle identification. C'est ce qui arrive
quand B pense : "Après tout, nous sommes tous les deux éducateurs et nous pensons
tellement de la même façon dans ce domaine ".
6. Le pouvoir informationnel de A sur B arrive parce que B est séduit par la pertinence et
la logique de l'information que véhicule le message de A. À la différence du pouvoir
d'expert où B peut penser : "Je ne saisis pas tout ce que dit A, mais puisqu'il en connaît
vraiment beaucoup sur le sujet, il doit avoir raison", ici, avec le pouvoir informationnel, B
pense : "Oui, j'ai bien compris le message de A et je suis moi-même convaincu que c'est
réellement la meilleure chose à faire avec ce problème".

Ce dernier type de pouvoir est le seul qui peut se maintenir sans la dépendance sociale de B
sur A puisqu'elle fait sien le changement et peut même oublier qu'il origine des conseils de A.
Dans les cinq autres types de pouvoir, le changement tient à A et B dira : "J'ai agi ainsi parce
que A m'a dit de le faire". De plus, le pouvoir coercitif et le pouvoir de récompense exigent que
A puisse observer B pour qu'il y ait changement alors qu'avec les autres, A n'a pas à être
présent ou à surveiller.

Le psychologue peut avoir recours aux six formes de pouvoir à l'intérieur de son rôle de
consultant. La dimension éthique d'une telle façon de concevoir le rôle du psychologue serait
intéressant à analyser mais cela dépasse les visées du présent texte. Il suffit de dire que le
psychologue devra toujours en faire un usage responsable.

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