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Mémoires d'une idéaliste / par Malwida de Meysenbug ; trad. de l'allemand ; avec une

Mémoires d'une idéaliste / par Malwida de Meysenbug ; trad. de l'allemand ; avec une préf. Gabriel Monod,

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Meysenbug, Malwida von (1816-1903). Mémoires d'une idéaliste / par Malwida de Meysenbug ; trad. de

Meysenbug, Malwida von (1816-1903). Mémoires d'une idéaliste / par Malwida de Meysenbug ; trad. de l'allemand ; avec une préf.

Gabriel Monod,

1900.

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fMÉMlMBB^

D'UNE

IDÉALISTE

COUMtMMtRns Iroprlnwri» I'ami. UUOIt.MlU.

MÉMOIRES

(~

D'UNE

IDÉALISTE

l'AilIl

MALWIDA DE

MEYSENBUG

rmiinrs im: i.u.t.r.w.wr»

.1- .«. |v,V.t.v <• (iMinil I. \HiXnti, tmmhtv ,t,- lh»ii •'

tomi: i'iti:.Mii:n

ORNÉ OG QUATRE PORTRAITS

PAKIS LIItltAlHIK FISCIlBAr.lIKH

UnCllVl >1 .VXo.XWk)

:i3, «ci: i»e seine, :î»:1

1 î)«0

PRjÉFACf

L'auteur des Mémoires d'une Idéaliste est une des figures les plus originales de la littérature

allemande contemporaine. Son nom, Malwiila Von Meysenbug, et plus encore ce titre d'Idéa- liste, sous lequel, seul, elle a d'abord voulu être connue, quand elle fit paraître anonymement son premier volume, pourraient faire croire qu'elle est de vieille souche allemande. II n'en est rien pourtant. Son père, M. Philippe Rivalier, descen- dait d'une famille de huguenots français, réfugiés en Hesse, mais germanisés par des mariages alle- mands.n reçut le titre de baron de Meysenbug,de

l'Électeur

Guillaume 1 de Hesse-Cassel, dont il

Wrlè

conseilleretl'ami. Quand Malwîda haqùH,

la famille

l' avant-dernièrede dix enfants,

TiùTaêjrp1ïir<|n§wm«v^

ne por-

rait peut-être retrouver chez elle la marque de

a

'-

son onK»m» finiM:»is««, *liu»s I»

.siinpHrih' limimU'

d> mm slyUv dans )%sUik1 dëmoeratiqu» qui t'a

iuiu>ii«ii ù

avec les traditions nobiliaires

rompre

«t conservatrices du: milieu otlc avait «|tô élevée,

x

+~t~f~s:fuilil

li!~D'lm8,~~S-Ρ't)Îj¡-liip~

0 ligée,4 ès que l' 0 $prit

<? 1(,g¡quoql'¡a

liiHM'iit <l«» loul Hou tiï'gliso ou «knlogmo et à

eréer aiw» oxistoin-o imlépoiulantoconforme & ses

sol,

ponei|i«s. Bien no lui est plus élransor, plu&

anti|iathiquo

tant d'Allemands concilient la liberté

hardie de la pensée avec le respect de toutes les formes et de toutes les formules consacrées,

lesquels un Hegel reste un membre fidèle de

compromis

par lesquels

la plus

que ces

par

l'Église

tout en révélant le néant de toutes les conceptions religieuses ou politiquesqui prétendent à l'absolu. Si pénétrée quelle soit de poésie allemande, de critique allemande et même de mysticisme alle- mand, elle est à bien des égards fille du xvine siè- cle et de la Révolution Française, et son idéalisme

est un mélange très particulier de rationalisme

officielle, un sujet fidèle de la monarchie,

îran^a^'3vès{fielSsmc'gœtHè«a"eTîre boïïddBîsmo

schopenhaucrien.

On ne doit

^"TSB^elîeTrpTïlî^inib^

pas

en

s'étonner si,

volume de ses Mémoires. Sans qu'elle s'en rendît

par

eMwpie

::eli"~1UbnÍÕ,~¿p

~t~e Me~

l1'~t~ii.~p:\s;.`

-~C~n~-I`~tt~i~i~~n~r~rfi~~t~r-c~irica~~t.miti~

:Jtj~iJè~Ú'itct!.f~Ç~.9If~l!e.9y~i! !tt.

tMrc datn!n6p

~te~ ~li: ~t~~

~i~i~t~.~i~p~c~~iû~nm~r~n~c~`~tt~

~·t~it f~it ittc~~ia~n~ Maïs eetto îMasioK est eaMC-

L~Jâi!ii[.¡¡~i8i:mrd~nmB!M~_tif:}fi\t~i~i;1;f~

Mlle de Meysen)»ug a raconté, avec une sineé-

rité pleine de charme, dans la première partie de

ses Mémoires, comment, élevée dans une famille

luthérienne et conservatrice, elle se dégagea des opinions religieuses et politiques dans lesquelles elle avait été nourrie, en partie par le besoin d'in- dépendance et de réflexion qui était en elle, en partie far l'influence des hommes qui formaient

alors le parti de la jeune Allemagne et surtout de

Théodore AUhaus. Un roman sentimental se mêla à ce roman d'idées; tous deux aboutirent à une

cruelle

déception.

Althaus trahit le cœur qui

l'avait pris pour guide; la réaction de 1849 dissipa tous les rêves de liberté démocratique et d'union

nationale conçus en 1848 par

mands. Mlle de Meysenbug

les patriotes alle-

acceptaavec un égal

courage le double malheur qui anéantissait toutes

ses espérances d'avenir.

'HC.O

Il lui eût été facile, avec quelques concessions

u

aux opinions de sa famille, de se faire une vie

i douce et JiettreiiN selon Jto momie, ©il jsuivâni Verni

-'r soiilÊwm Iwftus.; Un d© siesFfrères dèwàiFdeveniï^

ministre a Cnrlsnilio

un antre, passé au catlioïî-

cismo, «levait

se taire en Autricheune carrière

arriver au poste

de Ministre

d'État.

brillant»ety

Pour aile, elle ne voulut réclamer aucun sacri>

(ko, aucune aide môme, d'une famille qui blâmait

ses «onviefioïis et ses acte»; «Ile résolut de ne =

,c

rien devoirqu'à elle-même. Après s'être consacrée quelque temps au collège d'une communauté libre,

fondée a Hambourg par un groupe de révolution-

naires, mais que la fureur réactionnaire de la Prusse ne laissa pas subsister, elle dut en 1852 émigrer en Angleterre et y vivre, non sans peine, de leçons et de travaux de traductions. Les premières relations qu'elle y forma furent naturellement avec les réfugiés politiques de toutes nations qui s'étaient alors donné rendez- vous à Londres. Kossuth et Pulsky, Mazzini et Orsini, Herzen et Ogareff, Ledru-Rollin et Louis Blanc, Karl Schurz et Kinkel, agitateurs et pros- crits de tous pays et de toute doctrine, s'étaient

retrouvés là. On verra dans ses Mémoires un

tableau fidèle de celte société bigarrée s'agi- taient tant d'illusions incorrigibles,tant de stériles

regrets r .tant À$ pftvftjvgftnfaygx et feconja- Tjr s,

hautehaute etet fineCne intelligenceintetMgence dede MlleMUe dede Meysenbug,Meysenbag,

itc^ctwwmfe «le Ma (j;aBa«téf©^#m mélange uni<|ue

Tic ~sttncHot Bff~ecrattq! ~1'r~r~e~tü~ t~. t'lo

poésie ot do candeur, lut valurent tout de suite de nombreuses amitiés, non seulement dans lo

monde do» proscrits,mai» aussi dans ta société

anglaise ou les Stansf ieldr le» Cobden, les Schwttbo

i

| surent

C'est

apprécier ses rares qualités.

r

au foyer d'Alexandre lïercwm, le grand

écrivain russe, le fondateur de YÊtoïte Polaire,

contraeta les plus fortes

î attaches.Elle se cliarg-ea do l'éducation des filles de l'illustre proscrit, et après s'être occupée de la

petite Olga Ilerzen en Angleterre, elle t'emmena

puis do la Cloche,

qu'elle

en 1862 en Italie, où elle a toujours résidé depuis

lors. Là, dans un

pays de lumière et de beauté,

et gœthéens de sa nature

trouvèrentleur nature!épanouissement,elle sentit

où les côtés esthétiques

se développer ses

elle, la littérature

aptitudes littéraires. Mais pour

rêve

pouvait être

ne

un pur

l d'art; elle devait être action, action humanitaire

et moralisatrice. Elle avait été dès sa jeunesse

froissée par la situation subordonnée, dépendante

le néant des existences de jeunes

î de.la femme,

| flllest viyairt

par

JS&m l'attente =djumariagJB^pour,qui

toute pensée

personnelle,

toute activité

Ua^ejanjUBt^^s^g^jajBn^Drf^

|

trui la détermination, non

spon-

seulement de leur

I

destinée* mais de leur ôir<fc môme. Elle voulut

1«w «n*èigiû»^^ y^lwf dle»'»n»Vme», tewr «Iroit

ejT*

leur devoir *N> faire «Ues-mômes leur~vfe.~ Elle

«rut ne- pouvoir mieux le leur enseigner qu'en

racoiitant

s

histoire.

sa propre

A ro premier récit, publié on frângnis en !HU'J,©1

<|ui,

~tt

au

milieu (le Fn^UaUon des

annéesqui précé*

~suï~~t~ 4-- ~h~t~~ ~n 'e~ i~f:

~{!lJ~lJ,I~tct~~Ji~1j!L~

èunnu et goûté que «l'un cercle restreint de îee> tours, s'ajoutèrent bientôt des oeuvres nouvelles. La lille adoptivtv a qui elle avait consacréle meil- |

leur de ses forces» se maria en

1813. La santé déli-

cate de Mlle de Meysenbug ne lui permit pas de la

suivre en France; elle resta fixée en Italie et trouva dans le travail la meilleure diversion à sa

solitude et au sacrifice qu'elle avait fait en laissant

partir celle qui était devenue toute sa famille. Elle devint la collaboratrice littéraire de plusieurs

journaux importants, la Gazette (le Francfort, la

Nouvelle Presse (le Vienne, le Nouveau Journal de

Zurich, etc.

En 1884, elle publia un volume de pensées

(Stimmungsbilder), qui est à la fois la confession

des plus nobles aspirations d'un cœur defemmeet

un sursit tn corda adresséà celles qui n'ont pas su

se faire une foi personnelle et un idéal de vie.

L"année~suîvaiite pàlrâBs1iîri5ffî&cuèir3er^cîtsTeF

nouvelles\G*wmtwHe JïvzwMunupn), ou ml don

^Mjjeilï d'observation p*ycliolo£i<mt'1©l pittorosqui*

Ht»

m»% t\ un profond .sentimtmt do gonéro&iUV

humaine, à ce souffle do moralité largo et forte

qui ont l'inspirationconstante do

vie comme <!<>

sa

sos écrite. Knfin,>He composa un

roman, Pbamhit

(188;»), ©H© a agité iivqc l'atulaco «l'un» pensée

bahlie et d'un cujur sans tach<v lo» |»>ua grnvosi

a nla«N> l'action on

l>iiiM6mos moraux.

Èl!<>

en Franco, au moment tlo ta Guerre et de la Corn- jnune, «ommo si un invincible attrait lu ramenait toujours vers cetteterre privilégiée et malheureuse

» la fois, vouée depuis un siècle à la révolution

perpétuelle, où toutes les controverses politiques <<tsuciales prennent une forme dramatique et tra-

;"tflljl`.

Ce n'est pas toutefois & ses œuvres d'imagina-

tion que Mlle de Meysenbug a sa réputation littéraire et son influence morale. Malgré l'in-

succès relatif de son premier volume, elle sentait

toujours que ce qu'elle pouvait donner de meil-

leur et de plus utile aux autres, c'était elle, son propre cœur, l'exemple et les souvenirs de sa

propre

observations et e 'ses pensées. Bès Té lende-

vie, le riche trésor de

expériences, de

ses

ses

a

main de la

de 1870,

elle avait entrepris

guerre

~ë~Wauire en

àTle1nanT*l?r"airTîonTHUïër'sëT"

Wtnanvii, "tàé jjrniids lîv^neroVnts avaient houle-

ywsé l*Kiirop? et «Ho avait vu se

fonder parle; f««r

les victoires âe l<v puissance «es-ï

y

:f Jptlo §ang, p$r

po~qu~ot n~ttatt~ de 1ht f~ru~e q~cttc avaM (a~

tl(H<>sU'ts «*<)llo iiniltV utlcinuiulo dont ello av«ûl

saïuô ruururo vu tHtH, au

Parlomont démoeiui-

tiijiMïdo Francfort. Son |>aU'fotistnt) ulletnantl avait

uwuoilli avec «Wjm'sse In ivnlisuttun *\q son v^vo

tto^oiwo^o» mni», iUtàfa hmn «dônlism* ©H0 «y«it

fait onh'inh'0 & ceux indino» qui din'gi'aiont ïm

deslinécs do ta nouvelle ÀIIemngn<s une nobio

prolestution c«»ttf« la conqm>t« qui armchait deux

province & la Franco, contrairement aux va>ux do

leurs habitant». Kilo sentaitqu'il était plus néces-

saire que jamais cle rappeler à ses concitoyens,

enivrés

du réalisme bismarekien, par le merveilleuxdéve- loppement industriel et commcrciat qui suivit la création de l'Empire, tes traditions idéalistes qui

avaient rendu l'Allemagne si grande au temps même de son humiliation politique, et qui, malgré tout, sont les forces durables qui conduisent le monde. En 1876, paraissait, en trois volumes, édition allemande des Mémoires contenant

parles triomphes de la force, par los succès

une

l'histoire de sa Jeunesse, et te récit de tout son

séjour en Angleterre jusqu'à son

départ pour

l'Italie en 1862, avec la fille deHerzen.

T~ ~MtoM ~w ~M<<' hwtrv~n~ <<?

VUemagne un très chaleureux ai'euoil. Ils répon- V

daient aux nppirotiûn* d'uni» f««I»* «TAttifti <mt

_,a~viti~~tt~jttta~blié~tea-i·t,ét~t~se~~st~~tv~~re~tE~

i 818 ou qui ho sentaient incomplet ornent satisfaite*

jHU'Jo.pttissance matérielle ot

lu pmsiH'j'iW

«lu

nouvel Empire. De foun c«H&* lui arrîvôront <!os

li'in«>ignage» eiithousittHlo» «CattiniratioR

«m la

v^mpreiuît«fost<>oiwûlaiioiis«tdithfowo«|it'ofle

aynit apportées à une foule tlMmos inqui^to^ ou

«h'sol^os

on lui écrivait

lut «lomamlor<J«'s con-

pour

s»»ils, des <iiroc(ion» il» vio ot do peitsdo; on vint

ou foule, comme en pèlerinage, au modeste appar-

tement qu'elle occupe altome, non loin du Colisée.

Il se forma spontanément, par la seule puissance de sa parole, toute une petite communauté libre do disciples et d'admiratrices dont beaucoup ne

Tout jamais vue et pour qui Mlle do Meysenbug

joue de loin ce rôle de guide spirituel qu'elle avait déjà eu jadis au collège de Hambourg. Les années, tout en diminuant ses forces physiques, .ont glissé sur elle sans rien enlever a la fraîcheur de sa mémoire et de son imagination, à la netteté

de sa pensée, à sa capacité d'aimer et de jouir.

Elles n'ontfait que pacifier et harmoniser à la fois

v

son âme et ses traits, lui enseigner l'indulgence

pour les erreurs humaines, sans rien enlever à la

vi.yut'ur de ses ttidigtmUutis «outrelu ittâU»U»mur

il mu» regard <! à sa ponsée uiii> sérénité puistV

progrta humain et A lu realitë

«tous sa croyance au

«Ir l'idéal, i/iriéalfctne

du m jeunosso avait «no

allure «!•» nt'gution el «1» combat; il «Hait une» pro- y

tfshtiion vontr»»

lo» supiîratitioiis; roaténalisle»,

k'n thçnw* whUvaive»et te»élmttfsses âmi<olî>

gînit* |îi>»ïtivo»tc Son itli»alî»ine «ra»tjo»»i'«nuii ©si

itovwtu uno f>uiH'0{itton roligiotiso»|p l'Univov».

où

sou fttne tnnivo toutes los osjiér«my«s et fcs «tn*H-

tlIlIl'H <)t) la fui.

On trouvera l'expressiondo cetto foi dnn» le livre <|uVII»« a écrit, à quatre-vingtsans, au. sortir dTûnè grave maladie qui faillit ('emporter au printempsde

imi

U soir de /«!« tTtun> Idéaliste {tter Leltem-

rv

nbend eiuer fdenlislin). Elle y a môle une sorte

de testament spirituel, Ioh enseignements pleins

d'un noble optimismequi ont été pour d'une longue vic de vertueux labeur, à

récits de ses séjours dans» diverses régions de

l'Italie, à Ischia et & Sorrente, sur

l'Adriatique ou dans les Alpes dolomitiques, et aux souvenirs des relations qui ont embelli son existence dans ces trente dernières années, avec Wagner, Liszt, Nietzsche, MingLetti et d'autres

elle le fruit d'attachants

la côte

de

personnalité» «minentesr Inimitié-de Wagner ba-

joué un grand rôle dans la vie de Malwida de

MoystMiliug. UVt m partie par Wagner ijuVIlo A j

W« amenée A élwlior la philow>pb> d»> St'lu»-1-

ponhauer qui Savait avoir une si forte pris»» sur

»u iitMtgée; ollcv trouva dans*

ivulisation ilo soi»

ÏM

IVuvi'o «te

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>

~~w~~t~t~o~i;~-m~~t~r~~~o=~~l~tl~~t~iâ~i~

prtmaMc, Kayreuth devint comme ta' patrie! do

%#bu esprit et flUe 8'Y:80rait OXftt' si sa santA le lui

avait permis. Du moins elle r~a poar~sbines lie ~Vahnfriod. comme une sœur et une mère. Elle écrivait son livre 1"ano(ie môme leu-

faut d'adoption, qui t'avait quittée pour vivre en

France, dans le pays d'origine de

lier, célébrait le

son mariage.La « petite Olga e, devenue Mme Ga- briel Monod, put venir, avec son mari et ses enfants, célébrer à Rome ses noces d'argent et y recevoir ce volume de pensées et de souvenirs comme le plus précieux de ses présents de noces.

pas reposée.Elle a écrit un articlepourle G<B&6e'sJ~h~y

*?<eAde l'an prochain^ ce travail achevé, elle en a

la famille Miva-

vingt-cinquième anniversaire de

Depuis lors, Mite de Meysenbug ne s'est

entrepris un autre sur l'affaire Dreyfus, qui a

'4'N~t!t~t~I,t~lt~e~s~.f-p~i~t\t-f.~

~M~gm~Mn~~li·

jwitipif

t~UJ,\p"'l'iftft~

i«s* i âjp^ |©U© aujourd'hui ^i^b-^

viiigNvoîsrtns), M»lw«la4o Moy^enbug iHwteiWèle

H taufiïs tôs as|>trnlions«îo sajoHnosso.lieslieautés d« la nature et «la l'art la trouvent aussi onlhou-

sinslo <|iio lorsqu'à vingt ans elle découvrait le

MMi et levait «Vltatk ut «h- Orèeo, RHo salue ûvt'c joio k« |iiui|;i^» «les ittéos qui «Haiwit «bauchéos on

f8i?*0tlàiisluconununaaUliibrhtfô-Hambourg

(!ii)tiiici|iatioii dos femmes, ascension de la «lasse

ouvri^i'o tl

une pleine conscience de ses droits et

de sa foire, union de la bourgeoisieeultivéo et du peuple. Klle se sent ferme et heureuse dans sa foi religieuse et philosophique,oit la morale active du

Christianisme se môle à la sérénité contemplative

de l'Inde. Elle a appris de Gwthe

la vraie

que liberté se trouve, non dansla révolteet le désordre, mais dans les règles librement choisies ou libre-

ment acceptées, que la vie est un art, et qu'il

toujours accord entre le bien et le beau. Elle a

dépouillé la doctrine de Schopenhauer de son

cynisme pessimiste et humoristique

pour

toutes les misères humaines; détachement con-

pour garder que le noble idéalisme:. compassion

y a

n'en

JÇDiriâMI Je Joutes les,xéalLtésJnférieu£es

«tde^.

toutes les passions éphémères. Sa vie commencée

*Um le tnwlde <4 le* êprènvr*, a pis» avoe le* L

«tmfos, par les efl'orts d'une volonté ot d'une

|«i»sLk> toujours maîtresse*

n^os vers

d'elles-mOme* «'t totir*

lteilî uno liormonio sen'ino. Sa ï»pp-

soittio et "Swi livres Wamnl Ôtï^ «i»e prMiisitîott^"

(l'énoi-gio, t)o noblosso, <ta puretô et de Iioauté,

LYxIition française dm Mémoires d'une JMttliste,

texte Wjrôromont irtourhé «1» volume pulilié en

1869 et de là traduction des deux autres volumes, iloo a la plume éfôgante et ftdAle île Mlle Adèle

Fanta,

à l'École Normale do Sôvros et à la Maison

la directrice de

renseignement

de FaHe-

tnand

do la Légion d'Honneur de Saint-Denis. Le» deux portraits qui accompagnentcette tra- duction sont la reproduction, le premier d'une

photographie de 1873, le second d'un admirable

pastel de Lenhach, exécuté il y a peu d'années.

G. M.

AVANT-PROPOS DE L'AUTEUR

J'étais assise un jour au bord d'une des blan- ches falaises qui sont comme la forteresse natu- relle de la fière Albion. Les vagues de l'Océan se

brisaient à mes pieds, contre le roc de cette terre

de la liberté, qui avait été pour moi, comme

pour

beaucoup d'autres, la terre de l'exil. Je pensais à

ma patrie de là-bas, au delà des

mers, douloureuse que avais soutenue pour me faire

une vie conforme à mes convictions. Je songeais

aussi à l'heure où l'émancipation des femmes,

désormais conquise, leur assurerait, avec le droit

à la lutte

incontesté de développerleurs facultés

l'égalité devant la loi, et les délivrerait du joug de l'ignorance, de la superstition, de la frivolité

et de la mode.

l'étude,

par

Vulve me vint- alors d'écrire

mes souvenir»,

île retracer la modeste esquisse d'une de ces vies «lr pionnierobscur, qui, à l'heure où quelque idée

ù se frayer sa voie, cherche

nouvelle demande

son «'homtn danti la nuit, ot qu'on traite, sinon

île fou ou de criminel, tout au moins d'idéaliste. Je résolus do dédier ces mémoires à celles de mes sœurs destinées au bonheur de se développer uit jour librement. Peut-être quelques-unes qui

hésitent et qui doutent encore

un encouragement a la lutte, peut-être d'autres

y trouveront-elles

sentiront-elles mieux le prix de leur bonheur.

Ce jour me semble proche. L'idée de l'éman- cipation des femmes s'éveille de toutes parts avec une force que rien ne saurait dorénavant étouffer. Cotte noble cause a trouvé de généreux défen- seurs parmi les hommes; des femmes distinguées

travaillent à son triomphe. C'est à celles-ci

que

je dédie ces pages comme un témoignage de ma

profonde sympathie. Arrivée au terme de ma carrière, je contemple

déjà ces événements de ma vie passée comme du

haut d'une autre planète; servir le souvenir à une Mon nom importe

c'est d'emporter dans ma tombe l'espérance d'une

je souhaite,

mais j'aimerais

faire

en

œuvre î qui îna^esT chère.

tout ce

que

peu;

ère nouvelle, où la femme, consciente et libre,

cessant d'être une

©sclavo, travaillera de concert avec l'homme au

perfectionnement de la famille, do- la société,

idole, une poupée ou

une

=

de rÉtat,

progrès des sciences et des arts, et i

au

eontiibumià réaliser l'idéal dans l'humanité.

MÉMOIRES

IV UNE IDÉALISTE

CHAPITRE I"

Premiers souvenirs.

Il serait bien difficile do trouver, au milieu d'une

celle où

je passai les premières années de ma

d'une rangée de bâtiments

laquelle on avait donné avec

du côté opposé il n'y

grande ville, une

je naquis et

maison mieux située

que

vie. Elle faisait partie

bordant une rue à

raison le nom

avait pas de

étendue

de Bellevue

maisons, et l'on jouissait d'une vue

des plus grands fleuves de

sur de magnifiques jardins, qui descen-

plaine fertile, au milieu

daient en terrasses vers une

i Allemagne.

«le

Jetais

laquelle serpente

un

l'avant-dernière de dix enfants. Mes parents

«'I aient encore très jeunes

Ils vivaient dans cet

lorsque je vins au monde.

heureux milieu entre le superflu

et le nécessaire qui donne le plus de chances de

i

bonheur domestique. J'ai conservé de ces premier*

temps de mon

les

nité parfaite. Trois souvenirs, plus distinct

enfance une impression «l'une séré-

que

autres, se détachent de ce fond vague et pourtant

lumineux. Le premier est le souvenir da salon de ma mère;

une tapisserie des fïobeïin» représentait deÀ pay-

sages

aux palmiers et aux roseaux énormes, aux

htUimenlsd'une architecture étrange. Mon imagina-

tion enfantine se plaisait dans ce monde de formes

fantastiques, surtout après qu'un ami de mes parents m'eut désigné l'une des maisons comme la demeure d'un illustre naturaliste allemand nommé Blumen-

hach,

que cien, aux ordres duquel toute cette nature merveil- leuse obéissait. Près de la maison une grande

cigogne,

télé au

plongée dans de profondes méditations en attendant

les ordres de son maître. Le second de ces souvenirs se rapporte à un soir l' où ma bonne me raconta la mort d'une petite sœur

qui n'avait vécu mère, ma bonne

ses amis représentaient comme un magi-

debout sur ses jambes raides, penchait sa

long bec sur la poitrine, comme si elle était

quelques mois. A l'insu de ma

que me fit voir, à travers une porte

botte noire placée au milieu de la

chambre voisine; dans cette boite gisait ma petite sœur endormie, blanche comme de la neige et cou-

verte de fleurs.

vitrée, une

Le troisième souvenir, enfln^ se rattacfië au vieux' souverain de la principauté de Hesse, ma patrie. Sa voiture passait chaque jour devant notre maison:

deux valets en livrée couraient à côté des chevaux.

l'ians la voiture était assis un vieillard en uniforme

ù lu Frédéric le Grand, avec un tricorne. Il avait les

horrible tumeur

cheveux blancs en eadenelte et une

lui couvrait ta joue. C'est de «s

Ji« ne vis pas

mal qu'il mourut,

vieille servante. la grande église

ses funérailles, mais je m'en fis sou

description par une

pas

au caveau

de

vent répéter la

On ne le dé/posa

on reposent ses ancêtres

porta son

plaisance

favorite.

selon son voeu, on trans-

château do

corps qu'il avait fait bâtir cl qui était sa retraite, La cérémonie funèbre so fit la nuit, à la

dans la chapelle d'un

lueur des torches; ainsi le voulait la coutume. Un chevalier couvert d'une armure noire, monté sur un cheval de môme couleur, devait suivre le char mor- tuaire. Ce chevalier était toujours choisi parmi la

haute aristocratie; mais, d'après une superstition

à qui échéait cet hon-

traditionnelle, le

personnage neur était fatalement destiné à mourir après la céré-

pas

monie. Cette fois encore la foi populaire ne fut

trompée. L'acteur du drame nocturne, jeune sei-

gneur plein de force et de vie, fui emporté

lièvre

par une

Cette

trois semaines après l'enterrement.

lièvre était-elle simplement la suite du froid con-

tracté

la cuirasse d'acier, pendant la longue

sous

marche nocturne? Le peuple ne songeait guère à

e'tlo, possibilité,et mon imagination enfantine avait

la superstition commune. Aussi chaque fois visitais le château dj^plaisance du ^défunt

accepté

je

que

prince

et que je revoyais, dans

•*»

et

la salle d'armes,

t'* 1

I*l'équipement