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Qualité/Traitement des Eaux et Environnement

VI Etudes d'impacts sur l'environnement et la santé

Impact de l'homme sur l'environnement


- Activités polluantes, établissements dangereux et réglementation;
- Circulation des polluants dans l’environnement;
- Evaluation de la qualité des milieux : approches biologiques, physico-chimiques et
écotoxicologiques – Notion de métrologie de l’environnement.

Impact de l'environnement sur l'homme


- Méthodologie d’évaluation du risque environnemental pour la santé humaine;
- Pollution atmosphérique et santé;
- Pollution sonore et santé;
- Pollution électromagnétique et santé;
- Déchets et santé;
- Climat et santé;
- Infections nosocomiales.

A- EVALUATION DU RISQUE SANITAIRE

VI.1. Objectif global de l’Etude d'Impact Environnemental (EIE)


La loi n° 96-766 du 3 octobre 1996 portant Code de l’Environnement fixe, dans ses articles 39
et 40, des grands principes notamment :
- l’obligation de prendre en compte l’Etude d’Impact Environnemental (EIE) dans la réalisation
de tout projet susceptible d’avoir un impact sur l’environnement ;
- le contenu de l’étude d’impact environnemental ;
- le paiement d’une taxe au Fonds National de l’Environnement pour l’examen du rapport de
l’étude d’impact environnemental par le Bureau d’Etudes d’Impact Environnemental (BEIE).

L’EIE est une étape essentielle de l’évaluation environnementale des projets et programme de
développement.
Elle constitue une réflexion destinée à :
- faciliter l’intégration des préoccupations d’environnement lors de la conception d’un projet ou
programme de développement par son promoteur ;
- éclairer les services appelés à décider de l’opportunité d’en autoriser la réalisation ;
- informer le public en le faisant participer à la prise de décision.

VI.2. Evaluation environnementale


L’évaluation environnementale désigne l’ensemble de la démarche destinée à analyser les
effets sur l’environnement d’un projet, d’un programme de développement ou d’actions
stratégiques pour mesurer leur acceptabilité environnementale et éclairer sur les décisions à
prendre.
L’évaluation environnementale vise à:
- faciliter la prise de décisions optimales tenant compte explicitement des considérations
environnementales ;
- gérer les conséquences sur l’environnement des actions du projet en permettant au citoyen
de s’exprimer sur les modifications attendues de son cadre de vie ;
- atteindre ou maintenir les objectifs fondamentaux qui sont la protection de l’environnement et
le développement durable.
Les outils de l’EV sont pluriels et il existe notamment :
- l’évaluation environnementale stratégique (étude d’impact stratégique)
o Processus d’évaluation et d’examen des plans, programmes et autres initiatives en amont
des projets, incluant l’EV régionale et sectorielle ;
- l’évaluation d’impact sur l’environnement (EIE)
o Identification et analyse des effets positifs et négatifs des projets sur l’environnement, le
cadre de vie et la santé ;
- le suivi et les bilans environnementaux
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o Moyens d’analyses et de mesures nécessaires au contrôle des ouvrages et installations


et à la surveillance de ses effets sur l’environnement tout au long de leurs cycles de vie
(chantier, exploitation, entretien) ;
- les audits environnementaux
o Le moyen d’évaluation systématique et objectif de la situation existante permettant
d’évaluer la conformité de l’organisme audité par rapport à un référentiel (réglementaire,
normatif, interne) ;
- l’analyse environnementale du cycle de vie
o évaluation des effets sur l’environnement d’un produit, d’un processus ou d’une activité en
établissant et en quantifiant l’énergie et les matériaux utilisés et rejetés dans
l’environnement.

VI.3. Quelques définitions selon le Code de l'Environnement de Côte d'Ivoire


VI.3.1. Etude d'Impact Environnemental
L’EIE est l’ensemble des procédés utilisés pour évaluer les effets d’une activité donnée sur
l’environnement et proposer toute mesure ou action en vue de faire disparaître, réduire ou
atténuer les effets néfastes pour l’environnement susceptibles d’être engendrés par une telle
activité.

VI.3.2. Constat d’impact environnemental (CIE)


Le constat d’impact indique les incidences éventuelles du projet sur l’environnement et les
conditions dans lesquelles l’opération satisfait aux préoccupations d’environnement. C’est une
version allégée de l’EIE.
Le CIE est l’inventaire des effets du projet ou programme, sans suggérer nécessairement
l’étude des variantes et les moyens permettant de corriger les effets négatifs.
VI.3.3. Constat d’Exclusion Catégorielle (CEC)
Le CEC est le rapport justifiant l’exclusion catégorielle. En effet, lorsqu’un projet ne figure dans
aucune des catégories citées aux annexes I, II et III, il bénéficie d’une exclusion catégorielle,
qui le dispense a priori d’une étude d’impact environnemental et du constat d’impact.
VI.3.4. Projet
Le projet désigne tout aménagement, toute infrastructure ou tout ouvrage notamment industriel,
agricole ou commercial dont l’activité peut être génératrice de pollution, de nuisance ou de
dégradation de l’environnement.

VI.3.5. Maître d’ouvrage ou pétitionnaire


La personne physique ou morale auteur d’une demande d’autorisation concernant un projet ou
programme privé, ou l’autorité publique initiatrice du projet.

VI.3.6. Maître d’œuvre


La personne physique ou morale chargée d’étudier, puis de réaliser les ouvrages
correspondants au projet
VI.3.7. Autorisation
La décision de l’autorité ou des autorités compétentes qui donne droit au maître d’ouvrage ou
pétitionnaire de réaliser le projet.
VI.3.8. Site
La portion du paysage considéré du point de vue de l’harmonie et dont la configuration est
appropriée à une ou plusieurs activités.

VII Objectifs fondamentaux de l’EIE


L’EIE est une étape essentielle de l’EV des projets. Elle constitue une réflexion destinée à :
- faciliter l’intégration des préoccupations d’environnement lors de la conception d’un projet ou
programme de développement par son promoteur ;
- éclairer les services appelés à décider de l’opportunité d’en autoriser la réalisation ;
- informer le public en le faisant participer à la prise de décision.
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Les trois (3) objectifs de l’EIE sont :


- concevoir un meilleur projet pour l’environnement ;
- éclairer l’autorité administrative sur la décision à prendre ;
- informer le public et le faire participer à la prise de décision.
VII.1. Cadre réglementaire
Le décret n° 96-894 du 8 novembre 1996 définit le cadre réglementaire de l’EIE ou du
promoteur qui est responsable de son contenu. Les coûts afférents à la réalisation de l’EIE sont
entièrement à sa charge.
Le maître d’ouvrage n’est pas tenu de faire l’EIE lui-même. En raison du caractère technique de
l’EIE, il est recommandé de faire appel à des bureaux d’étude ou à des consultants extérieurs
spécialisés en évaluation environnementale pour tout ou partie de l’étude. Le document final
doit indiquer la dénomination précise et complète du ou des auteurs (s) de l’EIE. Cette
disposition vise à renforcer la crédibilité du dossier de l’EIE aux yeux du public et à assurer la
transparence de la décision.
Quels sont les projets soumis à EIE ou Constat d’impact ?
Les annexes I et III indiquent les différentes catégories d’opérations qui sont soumises à EIE.
Par contre, les projets énumérés dans l’annexe II sont automatiquement soumis à un constat
d’impact.
VII.2. Contenu de l’EIE
Le contenu exact de l’EIE est donné par l’article 12 du décret n° 96-894 du 8 novembre 1996
déterminant les règles et procédures sur les études d’impact en Côte d’Ivoire.
Ainsi une EIE présente successivement :
- une analyse de l’état initial du site et de son environnement portant notamment sur les
richesses naturelles et les espèces naturelles, agricoles, forestières affectées par les
aménagements ou ouvrages futurs ;
- une analyse des effets directs et indirects, temporaires et permanents du projet sur
l’environnement, et en particulier sur la faune et la flore, les sites et les paysages, le sol,
l’eau, l’air, les milieux naturels et les équilibres biologiques, sur la protection des biens et du
patrimoine culturel et sur la commodité du voisinage (bruit, vibration, odeurs, émissions
lumineuses) ou sur l’hygiène, la sécurité, la salubrité et la santé ;
- les raisons pour lesquelles, notamment du point de vue environnemental parmi les options
envisagées, le projet a été retenu ;
- Les mesures envisagées par le maître d’ouvrage pour supprimer, réduire ou compenser les
conséquences dommageables du projet ainsi que l’estimation des dépenses
correspondantes.
VII.3. Conduite d’une EIE
La conduite de l’EIE peut être menée en plusieurs séquences successives, le plus souvent
interdépendantes, ou pouvant être, selon la nature et l’importance du projet, plus ou moins
confondues.
VII.3.1. Séquence 1 : cadrer les enjeux environnementaux
Cette phase de cadrage vise à définir la zone d’étude sur un territoire judicieusement chois i en
tenant compte des différents thèmes et enjeux environnementaux ainsi que des variantes
possibles.
VII.3.2. Séquence 2 : analyser l’état initial
L’analyse de l’état initial du site et de son environnement a pour objet de sélectionner les
données nécessaires et suffisantes qui serviront de base à l’évaluation environnementale du
projet.
VII.3.3. Séquence 3 : analyser les effets du projet sur l’environnement
L’analyse des effets permet d’abord de tester comparativement les projets alternatifs et les
variantes envisagées, ensuite d’analyser finement les conséquences du projet retenu sur

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l’environnement pour s’assurer qu’il est globalement acceptable. L’analyse distingue les effets
directs et indirects, temporaires et permanents ainsi que les effets cumulatifs.

VII.3.4. Séquence 4 : optimiser le projet par une démarche itérative


La démarche engagée dans la conduite de l’EIE peut conduire à faire évoluer le projet vers un
projet de moindre impact en envisageant des variantes. En appréciant les différences
existantes aux plans technique, économique et environnemental ; le maître d'œuvre peut
justifier ses choix et à chaque prise de décision faire évoluer son projet vers l’aménagement
final.

VII.3.5. Séquence 5 : supprimer, réduire et compenser les effets dommageables


du projet
Le maître d’ouvrage définit d’abord les mesures de réduction qui sont à mettre en œuvre dès
lors qu’un impact négatif ou dommageable n’a pu être totalement supprimé lors de la
conception du projet, puis les mesures compensatoires.

VII.3.6. Séquence 6 : Suivre les effets de l’aménagement après sa réalisation


L’évaluation environnementale a pour objet de :
- vérifier si les conditions énoncées dans les textes autorisant ou approuvant l’activité sont
bien respectées et si les mesures réductrices sont efficaces ;
- examiner tout impact dans un souci de bonne gestion et pour dissiper les incertitudes ;
- vérifier également l’exactitude des prévisions antérieures faites dans le cadre de l’EIE afin de
tirer des leçons pour les activités du même type qui seront entreprises à l’avenir.

VII.3.7. Séquence 7 : faire participer le public aux décisions


Le maître d’ouvrage doit engager très tôt le dialogue avec les partenaires institutionnels de
l’environnement, les associations et la population afin de leur expliquer la pertinence de son
projet mais aussi de démontrer sa capacité à prendre en compte les propositions qu’ils
expriment.

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B- EVALUATION DU RISQUE SANITAIRE

VII.4. Analyse quantitative du risque


Pour prendre des décisions rationnelles en ce qui concerne la restauration des contaminations
environnementales, les risques potentiels à la santé humaine et à l'environnement causés par
les déchets dangereux rejetés doivent être évalués.
Une analyse des risques bien menée peut faciliter une prise de décision objective et aider à une
hiérarchisation de l'utilisation des ressources limitées en déterminant les niveaux de nettoyage
qui pourront apporter le plus de protection avec les moyens disponibles. A présent, la plupart
des études menées sur l'analyse des risques sont basées sur les risques potentiels sur la santé
humaine. Bien que d'autres risques environnementaux pourraient être incorporés dans une
analyse de risques compréhensive, l'incertitude avec les méthodes pour quantifier de tels effets
et le manque de pressions réglementaires l'ont écarté de l'utilisation (l'ont empêché
d'utilisation). Les risques potentiels à la santé humaine sont définis comme blessure, maladies
ou mort. Une évaluation de risques vise à quantifier la probabilité de la survenance de tels
effets qui sont dus à l'exposition de l'homme aux contaminants environnementaux.
Le US-EPA a fait la promotion d'une approche quantitative à l'analyse des risques dans les
sites de déchets dangereux qui est divisée en quatre (4) points (USEPA, 1989) :
1 l'identification du risque (danger);
2 l'évaluation de l'exposition (étude des relations dose-réponse);
3 l'évaluation de la toxicité (évaluation de l'exposition);
4 la caractérisation du risque pour la santé.

Les deux (2) premières parties de la démarche sont de nature toxicologique. Leur objectif est
d’identifier, pour une substance chimique et une voie d’exposition données, l’effet sanitaire lié à
un contact chronique et l’indice permettant de prévoir la probabilité de sa survenue en fonction
de la dose administrée. Mise en relation avec l’estimation quantifiée de l’exposition, cette valeur
toxicologique de référence permet de caractériser le risque sanitaire. Chacune des étapes est
décrite plus précisément dans les paragraphes suivants.

VII.5. Identification du danger


Un danger est un effet sanitaire indésirable. Il peut s’agir du changement de l’aspect ou de la
morphologie d’un organe, d’une malformation fœtale, d’une maladie transitoire ou définitive,
d’une invalidité ou d’une incapacité, d’un décès.
Le mode d’exposition aux substances chimiques (intensité et durée du c ontact) détermine en
grande partie la nature des effets sur la santé humaine. Les doses de produits toxiques
pénétrant dans l’organisme humain sont a priori faibles et administrées sur de longues
périodes. Ce type d’exposition environnementale est potentiellement responsable d’effets
chroniques. Les dangers ne se manifestent qu’après plusieurs années voire plusieurs
décennies de contact avec les polluants et sont, en général, irréversibles. Ce sont ces effets
chroniques qui gouvernent les évaluations de risque conduites dans le document et non pas les
effets aigus.

VII.5.1. Effets non cancérogènes non génotoxiques (non mutagènes)


Ils ne surviennent que si une certaine dose d’exposition est atteinte et dépasse les capacités de
détoxication de l’organisme. Selon cette vision mécaniste de la toxicité, il existe un seuil
d’exposition en dessous duquel le danger ne peut pas apparaître.
Ces effets dits systémiques peuvent être une coloration anormale d’une partie du corps (par
exemple de la peau, du tube digestif), l’altération d’une fonction organique (insuffisance rénale,
stérilité) ou une atteinte fœtale (retard de croissance, malformation, mort in utero). Certains
effets cancérogènes, non génotoxiques, répondent également à un tel mécanisme.

VII.5.2. Effets cancérogènes génotoxiques (non mutagènes)


Ils ne sont pas régis par un phénomène de seuil et peuvent apparaître quelle que soit la dose
d’exposition. L’approche stochastique conduit à considérer qu’il existe une probabilité, infime
mais non nulle, que l’effet se développe si une molécule pénètre dans le corps humain.

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Les effets réputés sans seuil sont des mutations génétiques et, surtout, des tumeurs solides
(cancers du poumon par exemple) ou des hémopathies malignes (leucémies).
Concernant les effets cancérogènes, plus la dose d’exposition est forte, plus grande est la
probabilité que le danger apparaisse. Le danger attendu est toujours le même quelle que soit
l’intensité ou la durée du contact (relation dose-réponse).
La distinction entre effets chroniques à seuil et sans seuil est en fait très simplificatrice. Elle fait
actuellement l’objet d’un vaste débat scientifique. Il existe d’ailleurs des exceptions bien
connues, comme par exemple les effets systémiques d’une exposition au plomb (troubles
neuropsychiques, hypertension artérielle) pour lesquels aucun seuil d’innocuité n’a pu être
établi.
Cette distinction sera à la base du raisonnement pour retenir les éléments pertinents des
substances sélectionnés pour l’évaluation des risques, à l’exception notable du plomb.
L’une des difficultés de l’évaluation de risque appliquée à l’incinération des déchets réside dans
la diversité des voies et des médias possibles d’exposition humaine à partir d’une usine
d’incinération. Les personnes exposées peuvent être en contact avec les toxiques par voie
respiratoire, par voie orale et accessoirement par voie cutanée.
La voie d’administration du toxique dans l’organisme revêt une très grande importance. De
nombreux produits chimiques entraînent un effet direct sur l’organe par lequel ils pénètrent
dans le corps. De plus, la barrière biologique sollicitée par l’exposition et la voie métabolique qui
lui correspond influencent beaucoup la toxicité du produit et/ou de ses métabolites.
Une substance peut avoir, en exposition chronique, un effet systémique et un effet cancérogène
par la voie de pénétration dans l’organisme (cas de l’arsenic inorganique par voie orale) ou par
des voies différentes (le chrome VI n’est cancérogène que s’il est inhalé) et peut provoquer des
tumeurs de localisations distinctes selon la voie de contact (benzo 'a' pyrène).
Les facteurs qui conditionnent le développement d’un danger lié à une exposition chronique à
un polluant sont donc :
1. la nature de l’effet toxique, avec ou sans seuil d’innocuité ;
2. la dose d’exposition, cumulée en fonction de la fréquence et de la durée du contact ;
3. la voie de pénétration dans l’organisme humain.

A côté de ces facteurs que l’on pourrait qualifier d’externes, des facteurs propres au sujet
exposé sont aussi déterminants, notamment la sensibilité individuelle aux produits chimiques et
les capacités de détoxication et de réparation des agressions, étroitement liées à l’âge et à
l’état physiologique du sujet.
Les connaissances sur les effets néfastes liés à une exposition chronique à un agent chimique
sont pour l’essentiel issues d’observations réalisées chez l’animal (toxicologie expérimentale)
ou, plus rarement, chez l’homme (toxicologie clinique et surtout épidémiologique, notamment en
milieu professionnel).
Ainsi, les produits cancérogènes font l’objet de classifications fondées sur le niveau de preuve
de leur effet chez l’homme et/ou chez l’animal. Nous présentons ci-dessous les deux (2)
systèmes les plus couramment utilisés en évaluation de risque. Ils ont été conçus par l’Agence
de Protection de l’Environnement des USA (US-EPA) et par le Centre International de
Recherche contre le Cancer (CIRC).

Tableau VI-I : Classification des produits cancérogènes


US-EPA CICR
Cancérogène chez l’homme A 1
Cancérogène probable chez l’homme B1 et B2 2A
Cancérogène possible chez l’homme C 2B
Inclassable D 3
Probablement non cancérogène E 4
US-EPA 1989a, WHO 1987

Le CIRC se base sur les résultats positifs (force de la preuve), alors que l’US-EPA prend en
compte toutes les études, que leurs résultats soient positifs, négatifs ou ne permettent pas de
conclure (poids de la preuve).

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La réglementation européenne propose, pour les substances cancérogènes, une classification


en trois (3) catégories :
1. Cancérogènes prouvés chez l’homme ;
2. Fortes présomptions de cancérogénicité, notamment à partir des résultats des études
animales ;
3. Substances préoccupantes mais pour lesquelles les informations disponibles ne permettent
pas une évaluation satisfaisante.

La réglementation européenne propose, pour les substances mutagènes, une classification en


trois (3) catégories :
1. Mutagènes prouvés chez l’homme ;
2. Substances devant être assimilées à des substances mutagènes pour l’homme, notamment
sur la base d’études animales ;
3. Substances préoccupantes pour l’homme en raison d’effets mutagènes possibles mais pour
lesquelles les éléments sont insuffisants pour conclure.

La réglementation européenne propose, pour les substances toxiques pour la reproduction, une
classification sur le même modèle en trois (3) catégories, la première désignant les substances
altérant la fertilité ou substances connues pour provoquer des effets toxiques sur le
développement dans l’espèce humaine.

VII.6. Etude des relations Dose-Réponse


La survenue d’un danger est étroitement liée à la masse de produit toxique administrée au
corps humain. La relation qui existe entre la dose et la probabilité d’apparition d’un effet
sanitaire chronique est synthétisée par un indice : la valeur toxicologique de référence (VTR).
Sa nature diffère selon que l’effet est systémique (réponse à un seuil) ou cancérogène
(absence de seuil).
De plus, l’effet d’une même substance pouvant varier selon la voie d’exposition, il est logique et
cohérent de considérer une valeur toxicologique de référence pour chacune des voies possibles
d’administration du produit dangereux.

VII.6.1. Effets chroniques à seuil


L’indice de référence, concernant les effets systémiques, est une valeur limite d’exposition qui,
par convention, s’exprime de manière différente selon que le contact se fait par voie orale ou
cutanée ou par voie respiratoire. Le danger n’a théoriquement pas lieu d’apparaître si ces seuils
ne sont pas dépassés.

Pour une exposition orale ou cutanée, l’indice est appelé « dose journalière admissible » (DJA)
et s’exprime en mg/kg/j (milligramme de substance chimique par kilogramme de poids corporel
et par jour). Elle correspond à la quantité de toxique, rapportée au poids corporel, qui peut être
théoriquement administrée à un individu (issu d’un groupe sensible ou non), tous les jours de sa
vie, sans provoquer d’effet nuisible.

Un indice "o" et "c" est attribué à la DJA pour signifier qu’elle se rapporte, respectivement, à la
voie orale (DJAo) ou cutanée (DJAc).

Pour la voie respiratoire, il est convenu d’utiliser la « concentration admissible dans l’air » (CAA)
qui s’exprime en mg ou g/m 3 (milligramme ou microgramme de substance chimique par mètre
cube d’air ambiant). Elle définit la teneur maximale en toxique dans l’air ambiant qu’un individu
(issu d’un groupe sensible ou non) peut théoriquement inhaler, tous les jours de sa vie, sans
provoquer d’effet nuisible.

Ces indices sont établis à partir d’études d’exposition chronique, réalisées chez l’animal ou plus
rarement chez l’homme, selon la méthode dite « NOAEL (ou DSEO)/Facteurs de sécurité».
(Chou 1994, US-EPA 1989a, WHO 1987).

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Le NOAEL (No Observed Adverse Effect Level) ou DSEO (Dose Sans Effet Observé) est la
plus forte dose de toxique n’ayant pas provoqué d’effet observable au cours d’un essai
expérimental ou d’une étude épidémiologique.

Cette dose est divisée par le produit d’un certain nombre de facteurs de sécurité (FS) tenant
compte :
- de la variabilité inter-espèce (transposition animal-homme des données expérimentales) ;
- de la variabilité intra-espèce (sensibilité particulière de certains individus) ;
- de l’inadéquation de la durée de l’étude (si la période d’observation est insuffisante) ;
- de l’usage d’un LOAEL (Lowest Observed Adverse Level) ou DMEO (Dose minimale
provoquant un Effet Observé) plutôt qu’un LOAEL ;
- de l’inadéquation de la voie d’exposition (par exemple transposition à la voie orale de
données observées par voie respiratoire) ;
- d’autres éventuelles insuffisances méthodologiques de l’étude.

Le nombre de facteurs de sécurité (ou incertitude) et leur valeur numérique (en général
comprise entre 1 et 10) sont variables d’une équipe à l’autre.

La méthode de définition d’une DJA (ou d’une CAA) peut se résumer ainsi :

NOAEL (ou à défaut LOAEL)


DJA 
(FS1  FS2  FS3  FS4 )

Dans la littérature anglo-saxonne, d’autres dénominations équivalent à ce qui vient d’être


décrit :
- L’US-EPA parle de « dose de référence » ou « reference dose » abrégée sous les sigles RfD
quand il s’agit d’une valeur pour la voie orale et RfC pour la voie respiratoire.
- L’ATSDR parle de « niveau de risque minimal » ou « minimal risk level» abrégé sous le sigle
MRL qui vaut aussi bien pour la voie respiratoire que pour la voie orale.

Pour certains composés, notamment ceux pour lesquels les apports alimentaires se
répartissent sur une période plus longue que la journée, les instances nationales et
internationales ont construit la notion de « Dose Hebdomadaire Tolérable » ou DHT.

VII.6.2. Effets chroniques sans seuil


Concernant les effets cancérogènes, on se réfère à un excès de risque unitaire (ERU) de
cancer. L’ERU ou Cancer Potency Factor ou Slope Factor est la probabilité supplémentaire –
par rapport à un sujet non exposé – qu’un individu a de contracter un cancer s’il est exposé
toute sa vie à 1 unité de dose toxique.

Pour les voies orale et cutanée, l’ERU est l’inverse d’une dose et s’exprime en (mg/kg.j)-1. Il
fournit la probabilité individuelle de contracter un cancer pour une dose vie entière égale à 1
mg/kg.j de produit toxique.

Un indice « o » et « c » est attribué à l’ERU pour signifier qu’il se rapporte, respectivement, à la


voie orale (ERUo) ou cutanée (ERUc).

Pour la voie respiratoire, l’ERUr, ou Inhalation Unit Risk en anglais (IUR), est l’inverse d’une
concentration dans l’air et s’exprime en (g/m 3)-1. Il représente la probabilité individuelle de
contracter un cancer pour une concentration de produit toxique de 1 g/m 3 dans l’air inhalé par
un sujet pendant toute sa vie.

L’ERU, qui représente la pente de la courbe dose-réponse, correspond généralement à la limite


supérieure de l’intervalle de confiance à 95% de la probabilité de réponse (Lagoy 1994, US-
EPA 1989a-1994, WHO/OMS 1987-1994).

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VII.7. Estimation des expositions


Il faut distinguer l’exposition et la dose :
- L’exposition est le produit d’une concentration d’une substance dans un milieu par le temps
de contact du sujet avec ce milieu ;
- La dose est la masse de substance par unité de poids et par jour qui pénètre dans
l’organisme. En général la dose connue est une dose appliquée ou administrée, c’est-à-dire
une dose externe.

Le niveau de risque est lié à la dose interne, qui est la dose absorbée ayant franchi une barrière
biologique. Plus précisément, le risque est lié à la dose délivrée à un organe cible. Mais
généralement, ces doses ne sont pas connues.

VII.7.1. Caractérisation du risque


La dernière étape de l’évaluation quantitative du risque fournit, lorsque les trois (3) premières
étapes ont pu être franchies, une estimation du risque dans la population générale ou dans des
groupes caractérisés par une exposition homogène.

VII.7.2. Recommandations aux auteurs


VII.7.2.1. Recommandations générales
Les auteurs doivent présenter les connaissances disponibles en les organisant selon la
démarche présentée ci-dessus.
Le groupe de travail utilise des données produites par des auteurs indépendants ou par des
organisations spécialisées. Cette dernière source est à privilégier car, en l’absence d’une
expertise au sein du groupe, l’incertitude portant sur la compétence ou sur la neutralité des
experts chargés de réaliser les études ou d’en sélectionner les résultats pertinents est moindre.

VII.7.2.2. Sélections des informations toxicologiques


Les informations toxicologiques sont recherchées dans les revues et ouvrages scientifiques
référencés.
Des organisations nationales ou internationales éditent des monographies qui présentent
l’intérêt de faire une synthèse des connaissances acquises sur les produits chimiques et leur
toxicité. On peut citer, parmi les plus connues, l’US-EPA , l’ATSDR, le RIVM, l’OMS et ses
agences ou programmes spécialisés (CIRC et IPCS). Au niveau européen, on dispose des
listes élaborées par les groupes de travail de l’Union Européenne (régulièrement publiées en
français par l’INRS) et, au niveau national, la Commission de Toxicovigilance et le Conseil
Supérieur d’Hygiène Publique de France. Des bases de données existent sur support
informatique, accessibles en ligne (via le réseau Internet) ou sur CD-ROM (par exemple
RTECS, HSDB, et IRIS). Pour chaque substance étudiée, il faut privilégier ces sources de
données.
Les valeurs toxicologiques de référence doivent être sélectionnées parmi celles qui sont
spécifiquement définies pour l’évaluation des risques sanitaires liés à une exposition chronique,
c’est-à-dire d’une durée proche de la vie entière. Toutefois, on admet qu’elles conservent leur
validité pour une durée réelle d’exposition moins longue, durée qui varie selon la source : par
exemple, l’US-EPA considère qu’une exposition de 7 ans est suffisante pour employer les DJA
chroniques qu’elle produit (References Doses), tandis que les DJA chroniques de l’ATSDR
(Minimal Risk Levels) sont valides à partir d’une seule année de contact. Il est donc nécessaire
de vérifier que la durée d’exposition envisagée dans l’étude d’évaluation de risque autorise
l’usage des indices toxicologiques dits « chronique ».

Le cas échéant, il existe des valeurs toxicologiques pour des expositions dites subchroniques
ou intermédiaires, c’est-à-dire pour des contacts de l’ordre de quelques semaines à quelques
années (Chou 1994, US-EPA 1989a-1994).

En regard de la diversité des sources d’information, il est fréquent de trouver plusieurs indic es
toxicologiques de grandeur différente pour un même produit chimique et pour la même voie
d’exposition. Les écarts numériques entre les indices disponibles pouvant être importants, se

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pose alors le problème du choix de la valeur utilisée comme référence dans l’évaluation de
risque.
Ces écarts d’une équipe à l’autre s’expliquent par le fait que les études toxicologiques de
référence ne sont pas toujours les mêmes, par le choix de facteurs de sécurité et l’attribution de
scores numériques variables et par la mise en œuvre de modèles d’extrapolation différents.

Il est proposé au groupe de travail d’utiliser six (6) critères de sélection, établi a priori,
permettant de guider de manière objective et explicite le choix des valeurs toxicologiques :
1. les sources des données, méthodes de calcul et hypothèses sont fournies par les auteurs. Il
est possible de retrouver les études ayant fourni les données de base et, au besoin, d’en
apprécier la qualité, ainsi que de comprendre comment, à partir d’elles, les valeurs ont été
établies ;
2. il y a une spécificité de la voie d’exposition et du danger chronique. Une valeur unique,
valable quelle que soit la voie d’exposition, n’est pas fondée scientifiquement et n’est utilisée
que faute de mieux ;
3. la dose (externe ou interne) est explicitement définie. Cela est indispensable pour comparer
les estimations des niveaux d’exposition aux indices toxicologiques ;
4. les indices toxicologiques sont issus d’études chez l’homme de façon à limiter l’incertitude
de la transposition animal/homme ;
5. les indices d’exposition sont basés sur les études les plus récentes de qualité au moins
égale aux précédentes.
6. Quand les critères précédents sont présents de façon équivalente, la valeur numérique la
plus conservatoire pour la santé est retenue.

Dans la grande majorité des cas, les DJA et a fortiori les CAA, sont des doses administrées,
c’est-à-dire des doses d’exposition externes (liées à l’intérieur de la barrière biologique de la
voie considérée). Ce point est important car, sauf exception, ces indices toxicologiques ne
peuvent être comparés qu’à des doses d’exposition externes. Toute autre comparaison
nécessite des ajustements particuliers.

Le facteur de sécurité concernant la variabilité intra-espèce est quasiment toujours appliqué


avec sa valeur maximale (soit, en général, 10). Il est spécialement destiné à prendre en compte
l’incertitude liée à la sensibilité particulière de certains individus d’une population, comme les
enfants, les sujets âgés, les femmes enceintes ou toute autre personne particulièrement
réceptive aux substances chimiques (allergie par exemple). Les valeurs toxicologiques de
référence peuvent donc être utilisées pour une population humaine générale, incluant des
sujets sensibles ou fragiles.

En cas d’exposition par voie respiratoire ou cutanée, il est préférable de considérer la fraction
d’absorption propre à chaque espèce et chaque molécule.
Les ERU sont établis à partir des relations dose-réponse observées chez l’animal de laboratoire
ou parfois chez l’homme. Néanmoins, ces observations sont conduites à fortes doses, les
probabilités de survenue d’un cancer aux valeurs d’exposition environnementale étant le plus
souvent trop faibles pour avoir une traduction clinique mesurable au cours des études
expérimentales ou épidémiologiques (il faudrait pour cela disposer de millions d’animaux ou
d’hommes exposés de la même manière). Au problème de la transposition animal/homme
s’ajoute celui de l’extrapolation haute dose/basse dose des données observées.
Il existe plusieurs modèles d’extrapolation qui permettent d’estimer les risques encourus aux
faibles et très faibles doses. Si tous ces modèles ajustent correctement les données
enregistrées à fortes doses et intègrent sous forme mathématique les mécanismes de
cancérogénèse, leurs prédictions dans le domaine des doses faibles s’éloignent parfois
beaucoup les unes des autres ; pour une même dose de toxique, l’écart numérique entre les
risques estimés par deux modèles peut être de plusieurs ordres de grandeur.
Les excès de risque unitaire fournissent les probabilités individuelles de survenue d’un cancer
pour des expositions qui durent la vie entière du sujet soit, par convention, 70 années (LAGOY
1994, US-EPA 1989a, WHO/OMS 1987-1994). Il est indispensable de procéder à une
pondération par un facteur temporel si l’exposition est inférieure à cette durée.
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Qualité/Traitement des Eaux et Environnement

A l’instar des indices propres aux effets à seuil, sauf exception, les ERU fournissent des
estimations de risque pour des doses administrées, c’est-à-dire des doses d’exposition
externes. Ce point est très important car ces indices toxicologiques ne peuvent être utilisés
qu’avec des doses d’exposition externes. Toute autre comparaison nécessite des ajustements
particuliers.
Les ERU sont des estimations hautes de la probabilité d’apparition d’un cancer par unité
d’exposition. On peut donc considérer qu’ils sont applicables à tous les individus d’une
population, qu’ils appartiennent ou non à un groupe sensible.

VII.8. Organisation de l'évaluation de risque sanitaire


Ce volet doit être organisé en deux (2) parties :
1ère partie :
- synthèse claire de la situation considérée;
- définition précise des objectifs de l'étude;
- définition de l'aire de l'étude.

2ème partie
Analyse des effets sur la santé basée sur la démarche d'évaluation des risques structurée en
quatre (4) grandes étapes.

VII.8.1. Identification des dangers


Elle consiste à recenser les effets indésirables tels qu'une maladie, un traumatisme, un
handicap ou un décès que les substances (pouvant être émises dans l'environnement du fait de
projet en fonctionnement normal et en mode dégradé) sont intrinsèquement capable de
provoquer chez l'homme. Par extension, le danger désigne tout effet toxique, c'est-à-dire un
dysfonctionnement cellulaire ou organique, lié à l'interaction entre un organisme vivant et un
agent chimique, physique ou biologique;

VII.8.2. Définition des relations dose-réponse


Cette étape concerne la procédure de choix d'une valeur toxicologique de référence (VTR) pour
chaque agent dangereux inclus dans l'étude. Cette VTR correspond à l'estimation de la relation
entre la dose ou le niveau d'exposition aux substances et l'incidence et la gravité de ces effets;
elle varie donc selon la voie d'exposition (orale, respiratoire, cutanée).
On distingue en évaluation des risques des effets à seuil (de doses ) dits déterministes et des
effets sans seuil dits stochastiques qui correspondent aux effets cancérigènes et qui
s'expriment en probabilité de survenue des effets.
Ces VTR ne sont pas établies par le pétitionnaire sauf cas exceptionnel mais sont sélectionnés
dans la littérature ou à partir des bases de données toxicologiques.

VII.8.3. Evaluation de l'exposition


Elle consiste à déterminer les voies de passage du polluant de la source vers la cible ainsi qu'à
estimer la fréquence, la durée et l'importance de l'exposition. Une description de la population
concernée avec une attention particulière portée sur les populations sensibles sera réalisée.
Les niveaux de pollution des différents milieux de vie seront estimés en recourant à une
modélisation ou à l'analyse d'échantillons prélevés dans les milieux environnants des
installations existantes similaires.

VII.8.4. Caractérisation des risques


Elle correspond à la synthèse des informations issues de l'évaluation de l'exposition et de
l'évaluation de la toxicité sous la forme dans la mesure du possible d'une expression
quantitative et qualitative du risque.
Pour un effet sans seuil (cancérigène), l'estimation du risque se présente sous la forme d'un
excès de risque individuel (ERI) qui représente la probabilité que la cible a de développer l'effet
associé à la substance pendant sa vie du fait de l'exposition considérée. Le produit de cet
excès de risque individuel par l'effectif (n) de la population exposée fournit l'excès de risque
collectif, représentant une estimation du nombre de cancers en excès attendu au sein de cette
population, lié à l'exposition étudiée.
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Pour les effets à seuil, l'estimation du risque est représentée par un indice de risque (IR).
Lorsque cet indice est inférieur à 1, la survenue d'un effet toxique apparaît peu probable même
pour les populations sensibles. Au-delà de 1, la possibilité d'apparition d'un effet toxique ne peut
être exclue.

VII.8.5. Relation Dose-Réponse


Les valeurs toxicologiques de référence (VTR)
La VTR est une appellation générique regroupant tous les types d'indice toxicologique qui
permettent d'établir une relation entre une dose et un effet pour les toxiques à seuil d'effet ou
entre une dose et une probabilité d'effet (toxiques sans seuil d'effet). Les VTR sont établies par
des instances internationales telles que l'OMS ou le CIPR ou des structures nationales telles
que l'US-EPA et ATSDR aux USA, RIVM aux Pays-Bas, Health Canada, le CSPHPF en
France.
De façon générale, on distingue deux (2) catégories d'effets:

VII.8.5.1. Effets cancérogènes


Pour ces effets, la relation entre l'exposition et l'apparition de l'effet est sans seuil : c'est un
phénomène probabiliste. L'US-EPA exprime ce mécanisme par un excès de risque unitaire
(ERU).
L'ERU correspond à l'excès de décès attendu dans une population exposée sur une vie entière
(estimée à 70 ans) pour une pathologie donnée à la suite d'une exposition unitaire. Par
exemple, un ERU de 6.10-6 (g/m 3)-1 signifie qu'une exposition de 1 million de personnes,
pendant 70 ans, à une concentration de 1 g/m3 de la substance considérée est susceptible
d'induire 6 cas supplémentaires de la maladie par an, pendant la même période.

VII.8.5.2. Effets systémiques


Pour ces effets, il existe un seuil d'effet : c'est un phénomène déterministe. L'EPA exprime ce
mécanisme par une dose de référence (RfD) ou une concentration de référence (RfC). Ces
doses de référence sont déterminées à partir des Doses Sans Effet Nocif Observé (DSENO :
NOAEL en anglais) ou des Doses Minimales Induisant un Effet Nocif (DMENO : LOAEL en
anglais), divisés par des facteurs de sécurité (facteur 10 pour passer de l'animal à l'homme,…).
Selon la voie d'exposition, on parle de Dose Journalière Admissible (DJA) exprimée en mg/kg/j
pour la voie orale et Concentration Admissible dans l'Air (CAA) en g/m 3 pour la voie
respiratoire.
Selon l'organisme considéré, le nom de la valeur toxicologique et les méthodes d'évaluation
changent (exemple : MRL, VTR des effets systémiques pour l'ATSDR).
Concernant les différentes substances identifiées comme source de danger pour l'homme dans
les industries agroalimentaires et après avoir consulté les principales bases de données
toxicologiques de l'IRIS (US-EPA), d'ATSDR, de Health Canada, de l'OMS et du CIRC, un
certain nombre de VTR ont pu être répertoriées dans le Tableau II ci-après.
Cependant, pour les substances chimiques contenues dans les produits de nettoyage, les
organismes classiques d'évaluation n'ont pas étudié ce type de substance et donc aucune VTR
n'est disponible; les seules informations sur les éventuelles relations dose-réponse proviennent
d'études sur des expositions au travail donc concernant des concentrations très élevées que
l'on peut trouver dans les fiches toxicologiques de l'INRS. Bien que les Valeurs Limites
d'Exposition (VLE) et les Valeurs Limites Moyennes d'Exposition (VME) qui y sont définies ne
puissent être considérées comme des VTR, elles peuvent tout de même donner un ordre d'idée
des concentrations toxiques.
Pour les risques microbiologiques, l'évaluation est plus délicate et la relation dose-réponse
dépend de nombreux paramètres; en effet, l'infection résulte d'un processus dynamique entre le
microorganisme et son hôte, qui peut être défini comme étant fonction du nombre de
pathogènes ingérés, de leur infectivité, de leur virulence et de l'état immunitaire de l'hôte.
Il existe des modèles donnant la probabilité d'infection à partir d'un niveau d'exposition donné.
Les trois (3) modèles existants sont des modèles sans seuil:
- le modèle log Normal : son emploi tend à disparaître car les estimations qu'il fournit divergent
de celles des deux autres modèles;

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- le modèle exponentiel : modèle décrivant le mieux les relations dose-réponse de Giardia


lambia et de Cryptosporidium parvum;
- le modèle Bêta-Poisson. Selon différents auteurs, le modèle semble le plus pertinent pour de
nombreux microorganismes lors de l'application des données disponibles.

Tableau VI-II : Valeur Limite d'Exposition des substances chimiques contenues dans les
détergents
Valeur Limite Moyenne Valeur Limite d'Exposition
Substance chimique
d'Exposition (VME) (VLE)
Hydroxyde de sodium 2 mg/m 3
Acide phosphorique 1 mg/m 3 3 mg/m 3
3
Peroxyde d'hydrogène 1,5 mg/m
Aldéhyde formique 0,61 mg/m 3 1,23 mg//m 3
Acide peracétique
Eau de javel

VII.9. Caractérisation du risque


VII.9.1. Principes
Il s'agit de synthétiser les informations scientifiques recueillies lors des étapes précédentes pour
estimer le risque sanitaire encouru par une population donnée dans des conditions d'exposition
données.
Le calcul des estimations des risques est différent selon le type d'effet toxique:

VII.9.2. Pour les effets toxiques à seuil


Un Quotient de Danger (QD) appelé aussi Indice de Risque (IR) est calculé en faisant le rapport
entre la Dose journalière totale d'Exposition (DMJ) ou la Concentration Moyenne dans l'Air
(CMA) et la VTR de la voie d'exposition considérée (DJA ou CAA):

DMJ CMA
QD voie d' exposition  ou
DJA CAA

Quand QD est inférieur ou égal à 1, cela signifie que la population exposée est théoriquement
hors de danger.
Quand QD est supérieur à 1, cela signifie que l'effet toxique peut se déclarer avec une
probabilité inconnue.

VII.9.3. Pour les effets cancérogènes et mutagènes


On calcule la probabilité d'occurrence du cancer pour la vie entière des sujets exposés qui vient
s'ajouter au risque de base non lié à cette exposition, appelé Excès de Risque Individuel (ERI) :

ERI voie d' exposition  DMJ  ERU ou CMA  ERU

Le produit de ce risque par l'effectif de la population exposée fournit l'excès de risque collectif
(ERC), appelé "impact".
D'après l'US-EPA, un risque cancérogène est considéré comme acceptable quand son ERI est
inférieur ou égal à 10-6 par personne sur une vie entière et concernant le risque microbiologique
quand celui est estimé à 10-4 par personne et par an (10-4/personne/an)

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