Vous êtes sur la page 1sur 5

Fiche de lecture

Fiche de lecture La Princesse de Clèves Madame de La Fayette est une roman publié anonymement

La Princesse de Clèves

Madame de La Fayette

est une roman publié

anonymement par Madame de La Fayette (ou Lafayette) en 1678.

Considéré comme le premier roman moderne, il tient une place fondamentale dans la littérature française.

La

Princesse

de

Clèves

Ce roman publié sous le règle de Louis XIV, est inscrit

dans l'histoire, à l'image des personnages inspirés de personnages historiques réels. La Princesse de Clèves est entièrement fictive, mais la plupart des autres portent les noms de courtisans du XVIème siècle. Le jansénisme explique le débat intérieur que subit la Princesse, incapable de faire face à ses problèmes, et soumise au paraître. Ce mouvement explique le rôle fondamental de la vertu dans l’œuvre.

Dès sa publication, la Princesse de Clèves a été un grand succès. Madame de Sévigné en dit « Elle ne sera pas sitôt oubliée. C'est un petit livre que Barbin nous a donné depuis deux jours, qui me paroît une des plus charmantes choses que j'aie jamais lues. » Par la suite, le roman a continué a gardé une place importante, inspirateur des romans de Balzac au XIXème siècle. Il réapparaît dans l'actualité en 2007, où le candidat à l’élection présidentielle Nicolas Sarkozy ironise sur sa présence dans le concours d'attaché d'administration. Malgré son succès, le roman a suscité un certain choc auprès de la société lors de sa parution. Une femme racontant à son mari ses tentations extérieures était inimaginable et complètement novateur.

Les influences littéraires de Madame de La Fayette sont multiples. D'abord, le mouvement précieux, symbolisé par ses salons que Madame de La Fayette a fréquentés. On peut penser au roman L'Astrée d'Honoré d'Urfé pour décrire la préciosité. Ce mouvement est encore très présent au XVIIème siècle, et permet de comprendre le débat sur l'amour, pur et inaccessible ainsi que l'idéalisation des personnages (autant la Princesse de Clèves que le Duc de Nemours). On peut aussi prendre en compte le courant baroque, qui apparaît dans les descriptions de Madame de La Fayette, ainsi que le courant classique qui emplit le roman.

L'intrigue se déroule entre octobre 1558 et novembre 1559 d'abord à la cour du roi Henri II, puis de celle de son successeur François II.

En première partie, Madame de La Fayette pose le cadre, décrit l'environnement et les personnages qui vont faire partie du roman. C'est l'apparition de la Princesse de Clèves à la cour, encore sous le nom de Mademoiselle de Chartres. Jeune fille de 16 ans, elle éblouit les hommes par sa beauté et sa pureté, son

éducation vertueuse et unique -transmise par sa mère-, ce qui fait d'elle un des plus beaux partis. Finalement, Madame de Chartres accepte que sa fille épouse le Prince de Clèves, mais ce n'est pas un mariage de passion sinon de raison, ce qui n'est pas sans faire souffrir doucement le jeune époux. C'est dans cette partie que la Princesse tombe amoureuse du Duc de Nemours, lors des premiers regards et de

la première danse avec lui, mais n'en dit rien à personne. A la fin de la partie, la mère de la Princesse

meurt.

En deuxième partie, M de Clèves, racontant la triste histoire de son ami Sancerre, qui était amoureux de

Mme de Tourmon qui lui avait promis -à lui et à un autre- de l'épouser, ce qu'il n'apprend que le jour de la mort de sa bien-aimée. M de Clèves avoue alors à son épouse : « La sincérité me touche d’une telle sorte que je crois que si ma maîtresse et même ma femme, m’avouait que quelqu’un lui plût, j’en serais affligé sans en être aigri. »

A la demande de son mari, Mme de Clèves rentre à Paris où elle s'éprend de nouveau du duc de Nemours,

qui lui est prêt à renoncer à la couronne pour elle. Elle veut cependant résister à ses sentiments, et agir

dans la plus grande vertu. Elle demande alors à son mari de revenir en capagne, ce qu'il lui refuse. Puis Nemours dérobe sous ses yeux son portrait, mais elle n'en dit rien par peur de dévoiler publiquement

la nature des sentiments que le duc a pour elle et pour ne pas avoir à affronter une éventuelle déclaration.

Lors d'un tournoi, Nemours est blessé. La Princesse,par son regard inquiet dévoile alors sa passion. Puis,

quelque temps plus tard,elle entre en possession d'une lettre qui laisse entendre que Nemours a une liaison, ce qui lui fait éprouver pour la première fois de la jalousie.

En troisième partie, on apprend que le Vidame de Chartres, oncle de la princesse de Clèves et ami intime

de M. de Nemours est lui aussi très contrarié par cette lettre circulant en public, qui en réalité est la sienne. Il demande alors au duc de Nemours de réclamer la lettre à la reine dauphine, qui la détient alors, en se faisant passer pour le destinataire de cette lettre.

M. de Nemours rend visite à Mme de Clèves et lui apprend la demande du Vidame de Chartres et lui fait

comprendre qu'il n'est pas compromis dans cette aventure sentimentale. Il parvient ainsi à dissiper la jalousie de la Princesse. En présence de M. de Clèves, les deux amants, pour satisfaire une demande royale, réécrivent de mémoire une copie de la lettre qui a semé le trouble. Mme de Clèves goûte le plaisir de ce moment d'intimité , mais reprend conscience de la passion qu'elle ressent, malgré elle, pour cet homme. Elle décide de repartir à la campagne, malgré les reproches de son mari, qui ne comprend guère son goût pour la solitude.

Elle lui avoue alors, avec grande tristesse, qu'elle est éprise d'un autre homme, et que pour rester digne de lui, elle doit quitter la cour. M. de Nemours assiste, caché et invisible, à cet aveu. M. de Clèves est dans un premier temps tranquillisé par la franchise courageuse de son épouse, mais rapidement il commence à ressentir une vive jalousie et presse son épouse de mille questions auxquelles elle ne répond pas. Elle ne lui dévoilera pas le nom de son rival. M. de Nemours, assistant dans l'ombre à cette scène, reste lui aussi dans l'expectative. Le roi demande alors à M. de Clèves de rentrer à Paris. Restée seule , Mme de Clèves est effrayée de sa confession, mais se rassure , en estimant qu'elle a ainsi témoigné sa fidélité à son mari.

M. de Nemours s'est enfui dans la forêt et se rend compte que cet aveu lui enlève tout espoir de conquérir

celle qu'il aime, mais est fier de ce sentiment réciproque d'une femme si vertueuse. Néanmoins, il commt l'imprudence de raconter au Vidame de Chartres l'histoire qu'il vient de vivre, sans parvenir à cacher que cette histoire est la sienne. Clèves apprend de son côté que celui que sa femme n'a pas voulu nommer, n'est autre que M. de Nemours. Puis en raison de l'imprudence de Nemours, l'information de vient publique. Ne sachant que ce dernier a été témoin de cet aveu, M et Mme de Clèves se déchirent en se soupçonnant l'un l'autre d'avoir trahi le secret de leur discussion. Nemours et M et Mme de Clèves que la fatalité a jeté les uns contre les autres sont alors soumis aux soupçons, remords, reproches et aux plus cruels des troubles de la passion.

Le roi, lui, meurt, lors d'un tournoi.

En quatrième partie, Madame de Clèves se retire de nouveau en campagne, suivi par Némours repéré par un espion de M de Clèves. Le Duc l'observe en cachette la nuit et voit qu'elle le contemple sur un portrait. Il décide alors de la rejoindre, mais elle s'enfuit. Le prince est persuadé que sa femme l'a trahi, et meurt de chagrin, ce qui touche terriblement la princesse. Elle refuse alors de revoir Nemours, et s'exile dans les Pyrénées, où elle meurt quelques années plus tard.

Hiérarchie des personnages sous forme d’un diagramme (ou sous forme de texte). On pourra préciser les noms, prénoms, profession et âge dans ces diagramme.

La Princesse de Clèves :

Le Prince de Clèves Le Duc de Nemours Personnages importants ou/et intéressant : parfois ce ne sont pas les personnages principaux les plus intéressants à retenir, on se permettra ici de traiter de leur personnalité, de leur traitement dans le livre et ce que l’on peut en tirer pour d’éventuelles dissertations.

L'amour : D'une part la passion entre le Duc de Nemours et la Princesse, d'autre part l'amour tendre que la princesse éprouve pour son mari. L'amour est dans ce roman décrite comme un sentiment noble, et incontrôlable par son sentiment. On ne peut résister au sentiment passionnel.

La vertu : Dans ce roman, la vertu de la princesse est mise à l'épreuve. Dès les début du récit, elle est décrite comme une jeune fille très pure et irréprochable, pourtant en danger lors de son apparition à la cour. Chaque rencontre avec le Duc sera pour elle un épreuve de force de volonté, qu'elle gagnera toujours. Dans tout le roman elle résiste à ses sentiments, et n'y cède pas. Ils sont bien présents, mais part ses actions, elle s'en montre plus forte, dominant l'animal qui est en elle. Son mari meurt à la fin à cause d'un malentendu, preuve encore que la vertu de la princesse est inimaginable et surhumaine. Même après le décès de son époux et la libération de tout engagement, elle restera fidèle à son mari.

L'apparition de la Princesse à la cour :

« Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté parfaite, puisqu'elle donna de l'admiration dans un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes. Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l'avait laissée sous la conduite de madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l'éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a

d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s'attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d'une femme, qui est d'aimer son mari et d'en être aimée.

Cette héritière était alors un des grands partis qu'il y eût en France ; et quoiqu'elle fût dans une extrême jeunesse, l'on avait déjà proposé plusieurs mariages. Madame de Chartres, qui était extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille ; la voyant dans sa seizième année, elle voulut la mener à la cour. Lorsqu'elle arriva, le vidame alla au-devant d'elle ; il fut surpris de la grande beauté de mademoiselle de Chartres, et il en fut surpris avec raison. La blancheur de son teint et ses cheveux blonds lui donnaient un éclat que l'on n'a jamais vu qu'à elle ; tous ses traits étaient réguliers, et son visage et sa personne étaient pleins de grâce et de charmes. »

L'importance de la sincérité :

M de Clèves : « La sincérité me touche d’une telle sorte que je crois que si ma maîtresse et même ma femme, m’avouait que quelqu’un lui plût, j’en serais affligé sans en être aigri. »

C'est sans hésiter l'un de mes romans préférés. Il m'a marquée profondément par sa beauté dans les descriptions et par la violence des passions qu'il fait transparaître. J'aime beaucoup l'introspection très détaillée de la Princesse, et le rapport complexe entre l'idéalisation des personnage et leur capacité à être très humains. Bien qu'ils fassent preuve de qualités supérieures à l'humain normal, ils n'en restent pas moins dotés d'une très grande sensibilité et d'une accessibilité sans défaut. Ce roman m fait penser au roman Anna Karénine de Tolstoi, où l'on retrouve des personnages semblables et aussi parfaits, le même triangle amoureux entre la femme, le mari qui aime profondément mais qui n'est pas aimé en retour, et l'autre homme qui est l'objet de la passion violente de l'héroïne et les mêmes dilemmes.

Cette image illustre la pureté religieuse de la Princesse de Clèves. On retrouve la symbolique des cheveux blonds (présente aussi dans le roman), les yeux clairs, et la peau diaphane, qui laissent inconsciemment le lecteur dans l'image d'une figure angélique et candide. Son regard est doux et pénétrant : la Princesse est séduisante sans être provocante. Sa personne incarne la femme sacrée, bien loin des femmes qui attirent pour leurs attributs sensuels. On notera aussi ses vêtements d'époque, très couvreurs, qui remontent jusqu'au haut du coup, et ne laissent entrevoir que le visage, renforçant cet image d'inaccessibilité et de vertu dans le mariage. La symbolique des couleurs est importante. La lumière est sur la Princesse, sur son visage principalement, mais le reste du décor est sombre, à l'exception des deux personnages -un homme et une femme- qui pourraient être le symbole de ce rapprochement amoureux.

Affiche du film de Jean Cocteau, La Princesse de Clèves

Affiche du film de Jean Cocteau, La Princesse de Clèves