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Formation du pétrole

Après s'être formé, le pétrole migre et se retrouve parfois bloqué dans différents « pièges à
pétrole ». (©Connaissance des Énergies)
À retenir

 La transformation de matière organique en pétrole s’échelonne sur des dizaines de


millions d’années, en passant par une substance intermédiaire appelée kérogène.
 Le pétrole brut contenu dans une roche-mère compacte et imperméable mais il peut
être expulsé et migrer vers une roche-réservoir.
 Parmi les différents « pièges à pétrole », le plus courant est le piège anticlinal,
structure où les roches ont été plissées en forme de voûte par les mouvements
terrestres.
 Il existe plusieurs types de pétrole brut. Plus un pétrole est visqueux, plus il est dit
« lourd » et est difficile à extraire et à traiter.

Sommaire

1 /Définition
2/Les différents pièges à pétrole
3/Classification du pétrole

1 Définition

Le pétrole est un combustible fossile dont la formation date d’environ 20 à 350 millions
d’années. Aussi appelé « huile » ou « pétrole brut », il provient de la décomposition
d’organismes marins (principalement de plancton) accumulés dans des bassins sédimentaires,
au fond des océans, des lacs et des deltas.

La transformation de la matière organique en pétrole s’échelonne sur des dizaines de millions


d’années, en passant par une substance intermédiaire appelée kérogène. Le pétrole produit
peut ensuite se trouver piégé dans des formations géologiques particulières, appelées
« roches-réservoirs » constituant les gisements pétrolifères « conventionnels » exploités de
nos jours.

 De la matière organique au pétrole


 L’accumulation de matière organique dans les sédiments

La matière organique est issue d’êtres vivants (plancton, végétaux, animaux, etc.). Composée
pour l'essentiel de carbone, d’hydrogène, d’azote et d’oxygène, elle forme ce que l’on appelle
« la biomasse ». Cette biomasse est généralement détruite par des bactéries mais une faible
partie (moins de 1 %) se dépose au fond de milieux aquatiques.

Dans cet environnement pauvre en oxygène, la matière organique est en partie préservée. Elle
se mélange ensuite à des matières minérales (particules d’argiles ou sables fins), créant ainsi
des boues de sédimentation. Celles-ci s’accumulent par couches successives sur des dizaines
voire des centaines de mètres.

 La formation du kérogène

Au début de la sédimentation jusqu’à une profondeur d’environ 1 000 mètres sous le plancher
océanique, la matière organique contenue dans les boues de sédimentation subit une
transformation sous l’action de bactéries anaérobies (vivant en milieu privé d’oxygène). Elles
en extraient l’oxygène et l’azote, aboutissant à la formation de kérogène. Il s’agit d’un
composé solide disséminé sous la forme de filets au sein des sédiments, contenant surtout du
carbone et de l’hydrogène.

 La maturation du kérogène en pétrole

Par leurs propres masses et à la suite de leur couverture par de nouveaux dépôts, les couches
sédimentaires s’enfoncent naturellement dans la croûte terrestre. Au cours de ce phénomène et
au-delà de 1 000 mètres de profondeur sous le plancher océanique, les résidus minéraux des
boues de sédimentation se solidifient en une roche relativement imperméable. Appelée
« roche-mère », cette formation piège le kérogène.

La roche-mère subit également un enfouissement. Le kérogène est donc soumis à des


pressions et des températures géothermiques de plus en plus élevées, augmentant d’environ
3°C tous les 100 mètres. À une température supérieure à 60°C, ce qui correspond à un
enfouissement d'environ 1 500 à 2 000 mètres, le kérogène subit un craquage thermique,
appelé également « pyrolyse ». Cette transformation chimique élimine l’azote et l’oxygène
résiduels pour laisser de l’eau, du CO2 et des hydrocarbures, molécules exclusivement
composées de carbone et d’hydrogène. Le mélange d’hydrocarbures liquides est appelé
pétrole brut.

Des hydrocarbures sous forme gazeuse (méthane) sont également générés lors de la
transformation du kérogène. La proportion de gaz au sein de la roche-mère s’avère d’autant
plus élevée que la durée et la température de transformation du kérogène sont importantes :
 entre 60° et 120°C (entre 2 000 à 3 000 mètres de profondeur), le kérogène produit
principalement du pétrole et une faible quantité de gaz ;
 à partir de 120°C (soit 3 000 mètres), la production de pétrole à partir du kérogène
devient insignifiante. Les hydrocarbures liquides présents dans la roche-mère sont à
leur tour transformés en molécules de gaz sous l’effet de la température et de la
pression ;
 au-delà de 150°C (soit un enfouissement supérieur à 4 000 mètres), il ne se forme plus
que du gaz.
Types d'hydrocarbures générés à partir du kérogène en fonction de la profondeur
d’enfouissement (©Connaissance des Énergies, d'après le département de géologie de
l'université Laval)

o Le cas des schistes bitumineux

Lorsque la roche-mère n’est pas suffisamment enfouie, le kérogène qu’elle contient ne subit
pas de pyrolyse. Appelé schiste bitumineux, il s’agit d’un combustible fossile arrêté au stade
d’« avant-pétrole » dans le processus de maturation du kérogène.

Par un procédé industriel, les schistes bitumineux peuvent être transformés en pétrole en
subissant une pyrolyse (à 500° C pour accélérer la maturation du kérogène).

 Formation des gisements de pétrole

Le pétrole est une matière première facilement exploitable lorsqu’il se concentre dans un
réservoir par des phénomènes de migration.

 Migration primaire

Le pétrole brut est initialement contenu dans la roche-mère, compacte et imperméable. Par un
mécanisme encore mal élucidé (certainement lié à une augmentation de pression dans la
roche-mère au cours de son enfouissement) l’eau, le pétrole et le gaz issus du kérogène
peuvent être expulsés de leur formation d’origine, migrant alors éventuellement vers une
future roche-réservoir.

 Migration secondaire

De faible densité, le pétrole expulsé (mélangé à de l’eau et du gaz dissous) a tendance à


remonter jusqu’à la surface de la Terre. Il s’échappe très lentement à travers les couches
sédimentaires perméables qui jouxtent la roche-mère :

 en général, la migration secondaire du pétrole n’est pas arrêtée par un obstacle. Le


pétrole finit par atteindre les premiers mètres du sol, où il est dégradé en bitumes sous
l'action de bactéries. Les combustibles fossiles produits sont alors des pétroles dits
« lourds » ou « extra-lourds » et des sables bitumineux. Ils peuvent être utilisés
comme des indices de surface pour détecter un bassin sédimentaire susceptible de
contenir du pétrole, lors de prospections réalisées par l’industrie pétrolière ;
 parfois, la migration du pétrole brut vers la surface est empêchée par une formation
géologique imperméable, comme une couche de sel par exemple, appelée « roche-
couverture » (également qualifiée de « roche imperméable »). Une accumulation de
pétrole associé à de l’eau et du gaz se forme dans la couche perméable sous-jacente
créant ainsi une roche-réservoir en dessous de la roche-couverture. Dans ce réservoir
poreux, le gaz s’accumule au-dessus du pétrole brut, lequel se retrouve au-dessus de
l’eau en raison des densités respectives de ces produits (le gaz naturel est plus léger
que le pétrole, lui-même plus léger que l’eau).

Migrations primaire et secondaire du pétrole conduisant à la formation d’un


gisement (©Connaissance des Énergies)

Seule une faible quantité de pétrole brut est concentrée dans les roches-réservoirs. En effet, 10
à 40% des hydrocarbures restent piégés dans la roche-mère, de manière disséminée. Le
pétrole de roche-mère est alors plus connu sous le nom d’« huile de schiste » ou de « pétrole
de schiste ». Moins facile à extraire que le pétrole sous forme de gisements, il requiert des
techniques d’exploitation particulières comme la fracturation hydraulique (des techniques
alternatives sont également à l'étude).

2/Les différents « pièges à pétrole »

L’ensemble roche-réservoir/roche-couverture forme une structure dite de « piège à pétrole ».


Plusieurs types de pièges sont décrits, principalement en fonction de la déformation des
roches au cours de phénomènes géologiques.
 Pièges structuraux

 Le plus courant est le piège anticlinal, structure où les roches ont été plissées en
forme de voûte par les mouvements terrestres. Pour le géologue, la présence d’un
anticlinal est un indice en faveur de la présence de gisements. En effet, environ 80%
des gisements de pétrole sont de ce type.
 Lors de la création d’une faille, un bloc terrestre peut également glisser vers le haut ou
vers le bas au niveau de la cassure. Une couche imperméable peut alors venir obstruer
une couche perméable et arrêter le pétrole dans sa migration.

 Pièges stratigraphiques

 Les dômes de sel (appelés diapirs) sont des masses de sel formées en profondeur qui
remontent sous l’effet de la température et de la pression. En s’élevant, elles traversent
des couches perméables et subdivisent les réserves de pétrole. En surplombant les
roches-réservoirs, les dômes de sel imperméables constituent des roches-couvertures.

Les principaux types de pièges à pétrole (©Connaissance des Énergies)

Les mouvements terrestres sont susceptibles de modifier les gisements formés. Le pétrole peut
être enfoui plus profondément : il subit alors à nouveau un craquage thermique et donne alors
un gisement de gaz naturel. Les gisements de pétrole peuvent également fuir. Dans cette
situation, le pétrole migre vers la surface ou vers un autre piège.

3/Classification du pétrole
Tout processus de formation est unique : un gisement de pétrole contient un mélange
d’hydrocarbures qui le caractérise selon l’histoire géologique de la zone où il s’est développé.

La provenance géographique est donc un des critères de classification du pétrole (Golfe


Persique, mer du Nord, Venezuela, Nigéria, etc.). Toutefois, pour établir des comparaisons
entre différents sites, d’autres critères existent. Les plus importants sont les mesures de la
viscosité et de la teneur en soufre du pétrole brut.

 Selon la viscosité, quatre types de gisements sont définis (léger, moyen, lourd ou
extra-lourd et bitume). Plus le pétrole brut est visqueux, plus il est « lourd » :
 les gisements de pétrole léger : l’aspect du pétrole brut se rapproche de celui du
gazole. Les gisements sahariens présentent cette caractéristique ;
 les gisements de pétrole moyen : la viscosité du pétrole brut est intermédiaire entre le
pétrole léger et le pétrole lourd. Il s’agit par exemple des gisements du Moyen-Orient ;
 les gisements de pétrole lourd ou extra-lourd : le pétrole brut ne coule pratiquement
pas à température ambiante. Les gisements d’Amérique du sud en sont un exemple ;
 les gisements de bitume : le pétrole brut est très visqueux voire solide à température
ambiante. Les principales réserves de ce type se trouvent au Canada.

Cette propriété est importante pour déterminer la rentabilité de l’exploitation. En effet, un


pétrole peu visqueux ou léger est plus facile à extraire et à traiter qu’un pétrole lourd.

 La teneur en soufre distingue le pétrole brut soit en doux (faible teneur en soufre) soit
en sulfuré dans le cas contraire. Des gisements de pétrole doux sont notamment
trouvés en Afrique, ceux de pétrole sulfuré en Amérique du Nord.

Cette mesure est utilisée pour la phase de raffinage du pétrole, une faible teneur en soufre la
favorisant.
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Pétrole

Trépan pour le forage des puits de pétrole (©photo)

Sommaire

Définition
Fonctionnement
Enjeux
Acteurs majeurs
Unités et chiffres clés
Zone d'application
Passé et présent
Futur

Définition et catégories
Le pétrole, du latin petra et oleum, soit « huile de pierre » est une huile minérale naturelle
utilisée comme source d’énergie. Il est issu d’un mélange variable d’hydrocarbures
(molécules composées d’atomes de carbone et d’hydrogène) associé à d’autres atomes,
principalement de soufre, d’azote et d’oxygène. Certains de ses composants peuvent être
gazeux, liquides et parfois solides selon la température et la pression. Cela explique la
consistance variable du pétrole, plus ou moins visqueuse ou liquide.

L'exploitation du pétrole comme source d’énergie, dite fossile, est l’un des piliers de
l’économie industrielle contemporaine. Dense, facilement stockable et transportable, le
pétrole fournit la quasi-totalité des carburants liquides. Il est aussi fréquemment utilisé pour la
pétrochimie (caoutchoucs, plastiques, textiles, chimie).

Sa constitution est issue de la géologie sédimentaire d’un lieu et plus spécifiquement de la


succession de trois phases :

 la phase d'accumulation de matière organique dans les profondeurs lors de la


sédimentation. Cette matière est essentiellement d’origine végétale ;
 la phase de maturation en hydrocarbures, moment où la matière se transforme avec
l’augmentation de la pression et de la température. Elle est d’abord transformée en
kérogène. A haute température, le kérogène subit une décomposition thermique,
appelée pyrolyse, qui expulse les hydrocarbures. Plus le sédiment est profond et
chaud, plus la part de gaz (hydrocarbures légers) est importante ;
 la phase de migration et piégeage : sous la pression croissante, une partie des
hydrocarbures migre vers la surface de la terre, où elle s’oxyde ou subit une
biodégradation. L’autre partie migre jusqu’à rester piégée dans une roche poreuse et
perméable, source d’un futur gisement de pétrole, si le piège est fermé.

La naissance d’un gisement de pétrole (ou de gaz, les deux étant corrélés) résulte ainsi d’une
conjonction favorable de facteurs géologiques. Cela influe sur la disparité des gisements dans
le monde et les typologies de pétrole. Les pétroles sont généralement classés selon leur
origine et leur composition (fluidité, densité mesurée en degrés API, teneur en soufre, etc.).

Dans l’usage, on distingue aussi les pétroles « conventionnels » faciles à extraire et à raffiner
parce qu’ils restent fluides et pompables du puits au stockage de surface, des pétroles « non-
conventionnels » qui requièrent des techniques d’extraction plus sophistiquées. On peut citer
parmi les pétroles non-conventionnels l'huile de schiste, le pétrole extra-lourd, les sables
bitumineux et les schistes bitumineux.

Fonctionnement technique ou scientifique

L’exploitation du pétrole se subdivise schématiquement en deux étapes : l'amont et l'aval.

En amont : l’exploration pétrolière et la production


L’exploration consiste à rechercher des gisements. Géologues et géophysiciens collaborent à
cette investigation chargée d’enjeux économiques. Après l’étude détaillée des structures
géologiques en surface et en profondeur, et leur imagerie par la sismique, seul le forage peut
certifier la présence de pétrole. Les profondeurs de forage dans la terre varient le plus souvent
entre 2 000 et 4 000 m.

La phase de production, et plus précisément d’extraction du pétrole, nécessite des techniques


complexes : le maillage du réservoir par des puits multiples, le maintien de la pression du
réservoir par injection d’eau et/ou de gaz, la séparation pétrole/gaz en surface et l’expédition
vers les marchés.

L’optimisation de la production finale est corrélée au choix crucial de l’emplacement et de la


trajectoire des puits ainsi qu'à une gestion rigoureuse des réservoirs. En moyenne, seulement
35% des réserves en place peuvent être extraites.

L’exploration et la production ont prioritairement été effectuées à terre par facilité d’accès.
Depuis les dernières décennies, les développements s’orientent aussi vers l’offshore (forage
en mer) évoluant vers des techniques plus complexes et des eaux plus profondes.

En aval : le raffinage et la distribution

Le pétrole brut n’est pas utilisé tel quel et nécessite une transformation : le raffinage. Il
consiste en premier lieu à distiller le pétrole afin de séparer les hydrocarbures suivant leur
densité. Au fil du temps, nombre de procédés ont été développés (craquage, reformage) pour
accroître la part des hydrocarbures les plus profitables (ex : essence et gazole) en diminuant
celle de fioul lourd, et pour rendre les carburants plus propres à l’emploi (élimination du
soufre).

Les zones de production sont le plus souvent éloignées des zones de consommation. Pour
acheminer le pétrole d’une zone à l’autre, deux modes de transports principaux sont utilisés :
l’oléoduc (ou pipeline) et le pétrolier par voie maritime.

Enjeux par rapport à l'énergie

Egalement appelé « or noir », le pétrole génère le plus gros commerce de la planète en valeur
et en volume.

Angle énergétique

A l’origine de la deuxième révolution industrielle, le pétrole a succédé au charbon et a


rapidement suscité un vif intérêt économique pour les pays producteurs. Source d’énergie ou
de matière première, c’est dans les transports que sa domination est la plus nette. Pour ce qui
relève de la production d’électricité, le pétrole a vu sa part diminuer progressivement depuis
30 ans. S’y sont souvent substitués le gaz naturel, le nucléaire et les énergies renouvelables.
Angle économique

La découverte de réserves de pétrole dans un pays est souvent perçue comme un miracle pour
son économie. La raison majeure réside dans l’influence considérable des revenus du pétrole
sur les budgets des pays où sont découverts des gisements.

Acteurs majeurs

L’industrie pétrolière est un pilier de l’économie mondiale. Sur les dix plus grandes sociétés
privées de la planète, cinq sont pétrolières : Royal Dutch Shell, Sinopec Group, China
National Petroleum, Exxon Mobil, BP (Total 11e, Chervron 12e)(1). Il existe plusieurs
catégories de compagnies pétrolières :

 les compagnies nationales ou National Oil Companies (NOC en Anglais), propriétés


de l’état ex: PDVSA (Vénézuela), CNPC (Chine), Aramco (Arabie saoudite),
Petrobras (Brésil), Petronas (Malaisie), NIOC (Iran), IPC (Irak), NOC (Nigeria) ;
 les grandes compagnies privées multinationales et verticalement intégrées (c’est-à-dire
concentrant tout ou partie des activités d’exploration, production, raffinage, et
distribution), dites « majors », telles que Exxon Mobil, Shell, BP, Total, Chevron ;
 les indépendants, qui ne font que chercher et produire du brut pour le vendre à des
raffineurs ;
 les raffineurs, qui ne détiennent que l’aval (raffineries et éventuellement stations-
service).

Étroitement lié à d'importants enjeux économiques et énergétiques, le pétrole a un fort impact


géopolitique. L'approvisionnement en pétrole est libre sur un marché mondial très ouvert. Il
pose cependant aux pays importateurs de nombreux problèmes, principalement d'ordre
politique (dépendance), financier (devises) et environnemental (émissions de CO2, pollution
en ville). Plusieurs pays (européens entre autres) ont donc engagé une politique de réduction
de leur dépendance au pétrole depuis les chocs pétroliers de la décennie 1970.

Unités de mesure et chiffres clés

La valeur d’un pétrole brut dépend de son origine géographique et de ses caractéristiques
physico-chimiques propres. En simplifiant, plus le brut est léger (c’est-à-dire apte à fournir
une plus grande proportion de produits à forte valeur marchande) et moins il contient
de soufre, plus il vaut cher.

L’unité couramment utilisée pour quantifier les volumes de pétrole est le baril (bbl ou b).
Un baril équivaut à 42 gallons, soit près de 159 litres (158,9873 litres exactement). L’unité du
baril n’est pas une unité légale : elle est utilisée depuis l’origine de son extraction aux États-
Unis au XIXe siècle car le pétrole était stocké et transporté dans des tonneaux en bois de 159
litres, appelés barils.

 Un très bon puits peut produire 10 kb/jour ou plus pendant 20 ans.


 Un grand gisement peut contenir 1 milliard de barils de réserves ou plus.

Zone de présence ou d'application

La production mondiale a atteint 86,8 millions de barils/jour en 2013(2). Près de 42,1% de


cette production est issu des pays membres de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de
Pétrole) :

 en Afrique : Algérie, Angola, Libye, Nigeria ;


 au Moyen-Orient : Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Irak, Iran, Koweït, Qatar ;
 en Amérique : Équateur, Venezuela.

Origine du pétrole

Hors OPEP, les principaux pays producteurs/exportateurs de pétrole sont la Russie, les États-
Unis, la Chine, le Canada, le Mexique, le Brésil, la Norvège et le Kazakhstan.

Passé et présent

Le pétrole est utilisé pour des applications variées depuis des siècles (ex : calfatage des
bateaux, source de chauffage, d'éclairage, produit pharmaceutique).

C’est au tout début du XXe siècle qu’il devient une donnée essentielle de l’économie en raison
de son utilisation pour l’éclairage d’abord puis comme carburant pour les moteurs à explosion
(automobile).

La période 1920-1970 est marquée par une série de grandes découvertes de gisements, en
particulier au Moyen-Orient. En parallèle, les marchés liés au pétrole se développent : les
carburants (essence, gazole, fioul lourd) pour les transports, les filières industrielles du pétrole
(pétrochimie), les produits dérivés (matières plastiques, caoutchouc, etc.).

Après une période de stabilité avec un baril à 2 dollars, la période 1973-1980 marque l'histoire
du monde avec les deux chocs pétroliers (augmentation brutale du prix du pétrole). A partir de
1985, le contre-choc pétrolier voit le prix du baril diminuer. En 2003, le prix du baril remonte
pour atteindre un sommet de 147 dollars en juillet 2008. Depuis, son prix a baissé avant de
fortement remonter en 2011 et début 2012 (atteignant 125 dollars le baril en mars 2012). Au
mois de juillet 2014, le prix du baril de pétrole atteignait près de 108 dollars en moyenne.

Notons que la dépendance des pays développés vis-à-vis du pétrole est telle que sa convoitise
a déclenché ou influé sur le cours de plusieurs guerres (notamment de la Seconde Guerre
mondiale).

Futur

L'avenir de la production pétrolière mondiale dépend de la prospection de territoires encore


inaccessibles (raisons politiques ou climatiques) et de l’évolution des technologies
(profondeur des forages offshore, exploration en zone arctique). Ces points convergent pour
aboutir à un pétrole plus rare et plus cher.

Par ailleurs, des découvertes exceptionnelles peuvent avoir lieu à l’instar du gisement géant
du Tupi identifié fin 2007 dans la baie de Santos au Brésil, enfoui à 6 000 m de profondeur.

Le pic pétrolier est aujourd’hui matière à débat. Il désigne le moment où la production


mondiale de pétrole plafonnera puis commencera à décliner du fait de l'épuisement des
réserves de pétrole exploitables. Si les optimistes l’estiment à 2030 grâce au développement
des techniques d’extraction, les pessimistes pensent que nous avons déjà atteint le point
culminant. L'exploitation de pétroles non conventionnels pourrait encore fortement influer sur
le niveau de la production mondiale dans les années à venir.

Selon l’AIE, la croissance de la demande de pétrole (103 Mb/j à l'horizon 2030) continuera à
être satisfaite au-delà de 2030.

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les graphiques proviennent presque tous de l'article "du kérogène au pétrole et au


charbon : les voies et les mécanismes des transformations des matières organiques
sédimentaires au cours de l'enfouissement, Bernard Durand, Mem. Soc. Geol. France,
N.S., 1987, pp 77-95, que je remercie vivement.

***

Le pétrole "normal", ou, dans le jargon des pétroliers, "conventionnel", désigne un liquide
composé principalement de molécules d'hydrocarbures (formées uniquement de carbone et
d'hydrogène). Ce pétrole "normal" contient également, en proportions assez variables (15 %
en moyenne), des molécules lourdes plus complexes (incluant de l'oxygène, de l'azote et du
soufre) appelées résines ou asphaltènes.

Ce pétrole s'est formé à partir d'organismes vivants (algues, plancton, parfois végétaux
continentaux...) qui ont vécu il y a fort longtemps. Chaque réservoir de pétrole de part le
monde fournit une huile qui a ses caractéristiques propres : comme il n'y a pas deux êtres
humains exactement semblables, il n'y a pas deux champs de pétrole qui fournissent
exactement le même liquide.
La formation du pétrole est l'aboutissement d'un long processus de sédimentation et qui
nécessite une succession de phases bien particulières :

Sur notre planète, il y a, en permanence, des organismes qui meurent. Ces organismes (nous
inclus !) sont composés pour l'essentiel de carbone, d'hydrogène, d'azote et d'oxygène. La vie
a notamment pour caractéristique de maintenir ces éléments sous forme de molécules
complexes (protéines par exemple), et à la mort ces délicats assemblages sont "cassés" - on
parle de décomposition -, et l'essentiel est recyclé et réutilisé rapidement par la biosphère.
C'est par exemple le cas du gaz carbonique issu de cette décomposition qui est réutilisé par les
végétaux vivants, des matières azotées qui engraissent le sol, etc.

Toutefois une faible fraction de cette matière morte (moins de 1% de la biomasse qui
meurt) sédimente, c'est à dire qu'elle se retrouve incluse dans des roches ou couches minérales
sédimentaires en formation. Le processus de sédimentation est un processus permanent au
fond des océans et des lacs, qui produit certes peu d'effets à l'échelle d'une vie humaine, mais
est d'une importance capitale à l'échelle des temps dits "géologiques" (quelques millions
d'années à quelques milliards d'années).

Tous les sédiments formés, s'ils sont minéraux en apparence, comportent donc une fraction
de matière organique, plus ou moins forte (de l'ordre de 1% en moyenne), qui se retrouve
"piégée" dans le sédiment minéral en formation. Cette fraction organique subit une première
transformation par les bactéries en début de sédimentation, et conduit à la formation d'un
composé solide appelé kérogène, disséminé - vu sa faible proportion - sous forme de petits
filets dans la partie minérale. Cette dernière s'appellera la "roche mère".
Bien qu'il ne soit présent qu'en faibles proportions dans les sédiments en règle
générale, le kérogène représente, à l'échelle de la planète, une masse totale de
10.000.000 de milliards de tonnes. 0,1% seulement de ce kérogène (c'est à dire un
millième de la totalité de la matière organique sédimentée) forme le charbon (mais
cela fait encore 10.000 milliards de tonnes !), et le gaz et le pétrole représentent
chacun 0,003% du kérogène total en ordre de grandeur (mais cela fait encore
quelques centaines de milliards de tonnes).

A cause de la tectonique des plaques, c'est-à-dire des mouvements de convection très lente
sous la croute terrestre, les sédiments s'enfoncent lentement dans le sol. La température
ambiante augmente alors, la géothermie se chargeant de fournir le chauffage (incidemment
l'énergie géothermique est le résultat de la radioactivité naturelle des roches terrestres). La
vitesse d'enfouissement étant variable, la température de l'ensemble sédimentaire augmente de
0,5 à 20°C par million d'années.

A partir de 50 à 120 °C de température ambiante (le niveau minimum dépend de l'âge de la


roche mère, c'est compliqué !), le kérogène subit une décomposition d'origine thermique, la
pyrolyse (sous réserve qu'il ne soit pas en contact avec de l'oxygène libre, sinon il s'oxyde).
Dans un premier temps, cette décomposition expulse de l'eau et du CO2 du kérogène (en plus
ou moins grande quantité selon la proportion initiale d'oxygène). Ensuite, les températures
devenant croissantes avec le temps, le kérogène expulse des hydrocarbures liquides (c'est le
fameux pétrole, que l'on appelle encore "huile") et du gaz "naturel" (notons que le pétrole et le
charbon sont tout aussi "naturels", puisque trouvés dans la nature !). Plus le sédiment est allé
profond, et plus la fraction de gaz est importante, car il fait plus chaud et la pyrolyse a duré
plus longtemps, décomposant plus fortement le kérogène ainsi que les hydrocarbures liquides
eux-mêmes. Compte tenu de la vitesse de "plongée", il faut quelques millions d'années pour
que le kérogène se transforme partiellement, sous l'effet de la chaleur, en pétrole, gaz, CO2, et
eau.

Chaque petit filet de kérogène de la roche mère va donc se transformer en un mélange


eau+hydrocarbures liquides+gaz+résidu solide fortement carboné (car l'essentiel de
l'hydrogène est parti dans les hydrocarbures liquides et le gaz). Seules les roches mères
relativement imperméables (donc à grain fin) peuvent retenir le kérogène suffisemment
longtemps pour qu'il ait le temps de se transformer de manière importante, mais cette
imperméabilité a pour conséquence que le résultat de la pyrolyse est dans un premier temps
retenu prisonnier dans la roche de manière très dispersée.
Etape 1 de l'évolution du kérogène, au début de la
pyrolyse : chaque petit filet de kérogène produit de Etape 2 de l'évolution du kérogène, en cours
l'eau qui est parfois expulsée sous l'effet de la de pyrolyse : chaque petit filet de kérogène
pression des couches situées au-dessus du commence à produire des hydrocarbures
sédiment

La formation d'hydrocarbures est donc une conséquence normale à long terme de la


sédimentation dès lors qu'il y a une fraction organique dans la matière de départ, mais sans un
processus permettant de "concentrer" les huiles et le gaz formés de manière très diffuse par
cette décomposition, aucun gisement de pétrole ou de gaz n'existerait.

C'est l'apparition du gaz, au fur et à mesure que le kérogène est porté à une température
croissante (résultant de l'enfouissement), qui finit par mettre fin au processus de pyrolyse. La
pression de gaz dans les petites poches qui contenaient le kérogène initial augmente en effet
avec la profondeur (car il fait de plus en plus chaud), et lorsque cette pression devient
suffisante pour vaincre "l'imperméabilité" de la roche mère (les résistances liées à la
capillarité sont très fortes pour des petits pores), la fraction liquide et la fraction gazeuse sont
progressivement expulsées de la roche mère. On appelle cette expulsion la "migration
primaire" dans le jargon pétrolier. L'âge de la roche mère varie de 1 million d'années à 1
milliard d'années au moment de la migration, l'âge le plus fréquent se situant aux alentours de
100 millions d'années : le pétrole est donc une énergie renouvelable....si nous pouvons
attendre quelques dizaines de millions d'années avant de le brûler !
Etape 3 de l'évolution du kérogène : chaque petit filet de kérogène a produit à
peu près tous les hydrocarbures qu'il pouvait produire (il ne reste quasiment
plus d'hydrogène dans le sédiment). Sous la pression du gaz, "la migration
primaire" commence.

Après avoir été expulsés de la roche mère, les hydrocarbures et le gaz (et l'eau) entament
alors ce que l'on appelle une "migration secondaire" : ils "suitent" le long des couches
perméables qui jouxtent les couches de roche mère (laquelle est généralement peu perméable,
comme il est expliqué ci-dessus), en se dirigeant vers la surface sous l'effet de la pression des
couches de sédiment situées au-dessus.

Si rien n'arrête cette migration vers le haut, les hydrocarbures finissent par parvenir près du
sol, où ils sont dégradés par l'action des bactéries et aboutissent à la formations de bitumes.
Les sables bitumineux (ou asphaltiques) de l'Athabasca, au Canada, qui constituent la plus
grande accumulation connue de bitumes de cette nature au monde, correspondent à ce stade
de l'évolution du "pétrole". D'une certaine manière, nous avons là affaire à un composé "plus
vieux que le pétrole". Ces fuites de pétrole sont fréquentes, et comme elles peuvent provenir
soit de roches mère, soit de réservoirs déjà formés dont l'étanchéité est rompue (voir plus bas),
elles ont servi pendant longtemps de marqueurs pour trouver des gisements, au début de
l'exploration pétrolière. Ces fuites portent encore le nom de "dysmigration".

Pour que l'on ait la formation d'un gisement exploitable d'hydrocarbures liquides, il faut
donc que ces hydrocarbures se "concentrent" quelque part avant de parvenir au sol, ce qui,
pratiquement, nécessite qu'ils soient arrêtés dans leur remontée vers la surface par un "piège".
En pratique, ce piège est une nouvelle couche imperméable formant le plus souvent une
espèce "d'accent circonflexe" au-dessus de la roche poreuse dans laquelle le pétrole circule. Il
peut s'agir d'une couche de sel, de marne, etc. A cause de leur densité respective, l'eau
expulsée de la roche mère vient se loger en dessous du pétrole, et le gaz au-dessus. A ce stade,
le pétrole est dit "conventionnel". La roche qui contient le pétrole s'appelle un réservoir.
Schéma d'ensemble de la migration du pétrole : 1 -
migration primaire ; 2 - migration secondaire, le long de
roches poreuses, de failles, etc ; 3 - dysmigration : le
pétrole "s'échappe" d'un réservoir où il s'était accumulé.

lorsque le kérogène a produit tous les hydrocarbures qu'il pouvait produire, cela signifie
qu'il a perdu tout son hydrogène. Il reste un composé proche du charbon, mais pas
nécessairement exploitable pour autant car il est toujours disséminé dans la roche mère à des
teneurs inférieures à 1% en moyenne.

Mais l'histoire de notre pétrole n'est pas finie ! En effet, le réservoir de pétrole est lui-même
pris dans le mouvement de tectonique des plaques, et se trouve donc lui aussi entraîné
inexorablement vers les profondeurs, où il fait de plus en plus chaud. De ce fait, le pétrole
peut subir une nouvelle pyrolyse, qui est un peu l'équivalent d'une distillation en raffinerie.
Cette pyrolyse va produire du gaz et une variété particulière de bitume (appelé pyrobitume) en
quantités croissantes avec le temps et la température.
Si le réservoir est bien étanche, cette nouvelle plongée entraîne la formation d'un gisement
essentiellement gazier. Si le réservoir est insuffisamment étanche, le gaz s'échappe et il ne
reste que les bitumes (ou asphaltes) dans les porosités de la roche réservoir. Ceci explique
pourquoi, dans les bassins sédimentaires, les réservoirs de gaz sont généralement situés plus
en profondeur que les gisements pétroliers (en fait pétro-gaziers).

Le charbon est une variété particulière de kérogène, qui se forme à partir de débris de
végétaux dits "supérieurs" (arbres, fougères...). C'est un kérogène qui présente la
caractéristique d'être dominant dans le sédiment au lieu d'y être minoritaire. Le premier stade
de sédimentation conduit à la tourbe. Lors de l'enfouissement, la pyrolyse conduit ensuite à du
lignite, puis de la houille, puis de l'anthracite, qui est du carbone presque pur, débarassé de
l'essentiel de son hydrogène (et comme il s'agit d'un stade ultime de pyrolyse l'anthracite est
généralement le plus profond des charbons). Comme les autres kérogènes, le charbon produit
du pétrole et du gaz au cours de son enfouissement, bien qu'en moindres quantités en ce qui
concerne le pétrole. La formation de pétrole à partir du charbon a lieu au stade houille, et le
méthane formé qui sera resté adsorbé dans le charbon s'appellera....le grisou.
Schéma d'ensemble de la formation du charbon. L'échelle de droite donne, en
millions d'années, le temps qui nous sépare du présent. L'échelle de gauche donne,
pour chaque graphique, la profondeur en km. Chaque dessin représente un état de
la formation du charbon, en commençant par le haut (qui représente donc le système
qui donnera le charbon il y a 320 millions d'années).

La matière organique (concentrée puisque ce sont des végétaux qui sédimentent)


passe par les stades suivants : tourbe - lignite mat - lignite brillant - houille -
anthracite. A chaque fois la teneur en carbone augmente.

Les lettres V1 et V2 représentent une même matière organique initiale qui forme
ensuite des Veines (d'où le V) de charbon. Le type de charbon que l'on trouve dans
la veine (A, H, etc) est mentionné entre parenthèses avec le sigle de la veine. Les
divers dessins montrent comment ces veines évoluent, et se déplacent (à cause de
la tectonique), au cours du temps.

Source : B. Durand, Energie et environnement, les risques et les enjeux d’une crise
annoncée. EDP Sciences, 2007
***
Quels hydrocarbures liquides sait-on exploiter ?

Au début de l'exploitation pétrolière, le pétrole que nous savions extraire était du pétrole
"conventionnel", c'est à dire un liquide produit par la pyrolyse du kérogène, ayant été expulsé
de la roche mère, puis ayant eu la bonne idée de se concentrer dans un réservoir. Exploiter ce
pétrole est relativement aisé : une partie sort toute seule sous la pression du gaz généralement
associé, et une autre partie se "pompe" avec des techniques diverses, qui ne cessent de se
sophistiquer. Avec ce pétrole "conventionnel", l'extraction consomme, en moyenne, quelques
pour-cent seulement de l'énergie qui sera disponible dans l'huile extraite.

Mais les opérateurs s'intéressent de plus en plus au pétrole "non conventionnel", qui recouvre
:

les sables bitumineux et les huiles extra-lourdes, qui correspondent aux poches où le pétrole
formé a perdu ses éléments volatils. Il s'agit donc de pétrole "plus vieux" que le pétrole
conventionnel, et qui s'est altéré près de la surface terrestre en s'enrichissant en molécules
lourdes comme expliqué plus haut,

les schistes bitumineux, qui désignent - à tort puisqu'il n'y a pas de bitume - un mélange de
roches et de kérogène qui n'a pas subi de pyrolyse. Il s'agit donc de combustibles fossiles qui
se sont arrêtés "avant le pétrole" dans la chaîne de transformation, et ces ressources devraient
plutôt être comptées dans la catégorie des charbons, à l'instar de la tourbe ou de la lignite. Ils
peuvent être transformés en pétrole en subissant une pyrolyse (à 500 °C pour ne pas attendre
un million d'années) dans une usine, mais le bilan énergetique est très mauvais (en général le
rendement est négatif, c'est à dire que l'on dépense plus d'énergie que l'on en obtiendra ensuite
en brûlant le combustible obtenu).

Dans tous les cas de figure le pétrole non conventionnel correspond à des produits "pâteux",
voire solides, et souvent mélangés à la roche avec une proportion minoritaire pour la partie
organique. Ce sont des gisements beaucoup plus difficile à exploiter que le pétrole "classique"
:
s'il sagit d'huiles extra-lourdes, ou de sables bitumineux, il faut par exemple y injecter de la
vapeur sous pression (pour fluidifier le "pétrole" en le réchauffant, et lui permettre de sortir
sous la pression de la vapeur), ce qui nécessite de consacrer à l'extraction quelques dizaines de
pour cent de l'énergie qui sera fournie par le "pétrole" extrait,

s'il s'agit de schistes bitumineux, l'extraction du combustible s'apparente à une activité


minière, et le combustile peut ne représenter que quelques %, en poids, de la roche qu'il
imprègne. Certains géologues préconisent même de ne pas en tenir compte dans l'inventaire
des réserves.

Il est aussi possible d'exploiter les gaz qui se sont formés dans une roche mère sans avoir
migré ensuite : les "gaz de schiste".

En savoir plus sur la formation du pétrole : la page d'André Bourque, professeur à l'Université
Laval (Québec)

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