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RESEAUX IP DE NOUVELLE GENERATION

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Table des matières

Etat de l’art sur la QoS et la gestion de la mobilité dans les réseaux NGN ...................................... 3
Introduction ........................................................................................................................................... 3
1.1 Réseaux NGN ............................................................................................................................. 3
1.1.1 Définition et principes fondamentaux ............................................................................... 3
1.1.2 3GPP IMS ............................................................................................................................ 6
1.1.3 TiSPAN IMS ........................................................................................................................ 9
1.2 QoS dans les réseaux NGN ..................................................................................................... 12
1.2.1 Introduction à la QoS ........................................................................................................ 12
1.2.2 Métriques de performance de la QoS .............................................................................. 12
1.2.3 Exigences en QoS des applications................................................................................... 13
1.2.3.1 Applications audio et vidéo ..................................................................................... 13
1.2.3.2 Applications de données .......................................................................................... 14
1.2.4 Qualité d’expérience QoE ................................................................................................. 14
1.2.4.1 Définition .................................................................................................................. 14
1.2.4.2 Méthodes de mesure de la QoE .............................................................................. 15
1.2.5 Mécanismes de QoS dans les réseaux IP ......................................................................... 19
1.2.6 Mécanismes de QoS dans les réseaux d’accès ................................................................. 21
1.2.7 Architectures de QoS pour les réseaux NGN .................................................................. 23
1.3 Gestion de la mobilité dans les réseaux NGN........................................................................ 25
1.3.1 Mobilité au niveau « Réseau » .......................................................................................... 26
1.3.2 Mobilité au niveau « Transport »..................................................................................... 27
1.3.2.1 Solutions basées sur TCP et UDP........................................................................... 27
1.3.2.2 Solutions de mobilité basées sur SCTP .................................................................. 28
1.3.3 Mobilité au niveau « Application » .................................................................................. 30
1.3.4 Mobilité au niveau « Liaison de données » ...................................................................... 31
1.3.5 Solutions de mobilité « Cross Layer » ............................................................................. 33
1.3.6 Synthèse sur l’état de l’art sur la mobilité ...................................................................... 34

2
Chapitre
Etat de l’art sur la QoS et la gestion de la
mobilité dans les réseaux NGN

Introduction

Ces dernières années, les évolutions conjointes de l’informatique et des télécommunications,


l’apparition de nouveaux types d’applications distribuées multimédia, l’évolution du
comportement des utilisateurs, le succès d’Internet et de la téléphonie mobile sont à l’origine
de la définition des principes fondamentaux des réseaux de nouvelle génération (NGN).
Ainsi, pour offrir à leurs clients des services ubiquitaires avec un moindre coût d'investissement,
les opérateurs ont opté pour la solution de la convergence des réseaux de télécommunication
issue de différentes technologies. En effet, l'interfonctionnement des réseaux hétérogènes
permettra de tirer avantage des réseaux d'accès disponibles et d'offrir aux utilisateurs mobiles
une continuité de services.
Les nouveaux défis des réseaux NGN sont alors la convergence des services (voix, vidéo et
données), la convergence des réseaux autour du mode paquet, l’offre de service sans coupure
en passant d’un réseau à un autre (handovers horizontal et vertical), l’ubiquité, le support de
terminaux multimédias et multi-interfaces, le déploiement de services disponibles de bout en
bout accessibles depuis n’importe quel réseau d’accès.
Dans ce chapitre, nous commençons par introduire les réseaux de nouvelle génération NGN et
l’architecture IMS selon les spécificités de 3GPP et TISPAN ETSI. Ensuite, nous abordons la
notion de qualité de service en présentant les méthodes de mesure de la qualité d’expérience de
l’utilisateur et de la QoS dans les réseaux NGN. Enfin, nous présentons un aperçu des solutions
de mobilité existantes dans la littérature. Nous concluons ce chapitre par une synthèse qui
justifie nos choix par rapport à la suite de nos travaux.

1.1 Réseaux NGN


1.1.1 Définition et principes fondamentaux
L’évolution des réseaux d’accès et des équipements terminaux ainsi que le besoin des
utilisateurs de pouvoir accéder aux plateformes des différents services quel que soit le type de
terminal et la technologie du réseau d’accès, ont poussé les chercheurs à définir une architecture

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unifiée et facilement extensible : les réseaux de nouvelle génération (NGN : Next Generation
Network).
Ainsi, l’objectif de l’architecture NGN est de permettre à des utilisateurs utilisant différents
terminaux d’accéder à plusieurs types de services via des réseaux d’accès variés. Dans ce
contexte, l’un des défis majeurs est de gérer les besoins des différents utilisateurs en termes de
qualité de service (QoS : Quality of Service), et de mobilité.
L’ITU-T (International Telecommunication Union) a publié deux recommandations concernant
les réseaux NGN. La première recommandation, Y.2001 [ITU 04a], définit les principales
caractéristiques d’un réseau NGN, tandis que la deuxième, Y.2011 [ITU 04b], propose une
architecture fonctionnelle. Les recommandations [ITU 04c] et [ITU 06] introduisent
respectivement la qualité de service et la mobilité dans les réseaux NGN. Le comité technique
TISPAN de l’ETSI (European Telecommunications Standards Institute) a aussi défini une
architecture fonctionnelle pour les réseaux NGN largement inspirée de celle proposée par
l’ITU-T. Les définitions des organismes de normalisation tels que l’ETSI et l’ITU-T restent
assez vagues et dressent une liste générale des principales caractéristiques des réseaux NGN
qui se veulent multi-réseaux, multiservices, multi-protocoles et multi-terminaux.
Les principales caractéristiques d’un réseau NGN sont :
• Assurer la convergence des réseaux fixes et mobiles vers une plateforme répartie et
unifiée ;
• Cœur de réseau unique pouvant prendre en charge de multiples services (voix, données,
contenus audiovisuels, etc.) ;
• Réseau utilisant le mode paquet pour le transport de tous les types d’information ;
• Séparation du plan de commande (signalisation, commande) et du plan de
transport/commutation ;
• Réseau avec des interfaces ouvertes entre le transport, la commande et les applications ;
• Réseau avec qualité de service garantie pour différents types de trafic et pour les accords
SLA.
D’un point de vue opérateur, un réseau NGN doit remplir les conditions générales suivantes :
• Augmentation des bénéfices en offrant aux clients une gamme de services multimédia,
facile à utiliser et rémunérateurs ;
• Garantie de qualité de service nécessaire ;
• Souplesse pour l’élaboration de l’offre de services ;
• Réduction des coûts prévisibles grâce au partage de l’infrastructure et des systèmes ;
• Diminution des dépenses d’exploitation et de maintenance ;

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• Utilisation d’interfaces ouvertes permettant le déploiement rapide de nouveaux services
et d’applications.

La Figure 1.1 présente l’architecture générique des réseaux NGN. Les principales
caractéristiques de cette architecture sont l’évolution du cœur du réseau vers le « tout IP » et la
décomposition en plans fonctionnels séparés par des interfaces ouvertes qui assure à la fois le
passage à l’échelle et la flexibilité de l’architecture en offrant une facilité d’interconnexion et
d’intégration de nouveaux services.

Mobilité des utilisateurs


QoS de bout en bout

Figure 1.1 : Architecture générique des NGN

L’architecture NGN est décomposée principalement en trois plans : le plan de transport, le


plan de service et le plan de contrôle. Le plan de transport fournit une connectivité IP aux
différents composants d’un NGN tout en garantissant une QoS de bout-en-bout. Le plan de
service regroupe les plates-formes d’exécution de service et de diffusion de contenu. Son rôle
principal est de masquer la diversité technologique au client et aux fournisseurs de services, et
fournir des interfaces génériques pour la création de nouveaux services. Enfin, le plan de
contrôle fait référence aux fonctions de contrôle liées à l’établissement d’une session
multimédia ainsi qu’au contrôle des ressources dans le réseau de transport et l’accès au plan de
service. Ce plan rassemble l’ensemble des serveurs en charge des mécanismes de contrôle

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d’appel (Etablissement/Fermeture de session et Négociation de paramètres de session entre
applications distantes) qui permettent de piloter la mise en place de ressource dans le réseau.
Grâce à cette architecture NGN, un service est défini indépendamment des technologies des
réseaux d’accès et du terminal utilisé. L’interaction entre les NGN est les réseaux traditionnels
est assurée par différentes passerelles d’interconnexion afin de garantir une compatibilité avec
les technologies déployées actuellement.
Dans le monde des télécommunications, l’IMS (IP Multimedia Subsystem) représente une
réalisation du concept NGN qui a été conçue pour fournir à l’utilisateur la possibilité d’établir
des sessions multimédia dans un environnement de convergence fixe/mobile. L’architecture
IMS a été standardisée par le 3GPP et ETSI. Les deux organismes n’ont pas normalisé les
nœuds mais leurs fonctions, ce qui permettra aux opérateurs d’avoir une certaine liberté au
niveau de l’implémentation matérielle.

1.1.2 3GPP IMS


L’architecture IMS a évolué à travers multiples versions 3GGP. Elle a été introduite par 3GPP
dans la release 5 (GPRS/UMTS access) et mise à jour dans les releases 6 (WLAN) et 7 (DSL
access). Selon la spécification 3GPP release 5 de l’UMTS: «L’architecture IMS constitue une
couche logique intermédiaire entre, d’un côté les terminaux mobiles et les réseaux de transport
orientés IP et, de l’autre côté, des services applicatifs télécoms gérés par des serveurs opérés
par l’opérateur ou des fournisseurs tiers ».

Figure 1.2: Plateforme 3GPP IMS

Ainsi, l’architecture IMS (Figure 1.2) constitue une plateforme unique pour toute une gamme
de services qui permet d’assurer la compatibilité entre les réseaux mobiles 3G, les réseaux à
commutation de circuits RTCP/RNIS et Internet pour les services vocaux et multimédia ; et
d'offrir de nouvelles applications en un temps minimum. Elle apporte plusieurs améliorations
aux réseaux de télécommunications, telles que l’indépendance de l’accès assurée par la

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séparation des différentes couches et l’offre de services sans coupure dans un environnement
de mobilité à plusieurs niveaux (utilisateur, terminal, service et session).
L’architecture IMS, illustrée dans la Figure 1.3, reprend l’approche en couches des réseaux
NGN basée sur le principe de découpage du réseau en plusieurs plans fonctionnels indépendants
séparés par des interfaces ouvertes. Cette décomposition en plans assure le passage à l’échelle
et rend cette architecture flexible en offrant une facilité d’interconnexion et d’intégration de
nouveaux services. Elle permet également de passer d’un développement vertical des services
qui sont définis indépendamment les uns des autres, sur tous les plans, vers un développement
horizontal qui permet la réutilisation de fonctionnalités communes entre services. Pour
permettre le déploiement d’applications et de services multimédia sur tout type de réseau fixe,
mobile ou sans fil, l’IMS se base sur le protocole IP. Pour le contrôle et l’administration des
services, elle se base sur les protocoles standards de l’Internet définis par l’IETF,
principalement le protocole SIP.

Figure 1.3 : Architecture détaillée de l'IMS

Les trois plans opérationnels distincts au sein de l'architecture IMS sont le plan d'application,
le plan de contrôle et le plan de transport appelé aussi plan utilisateur. Le plan d’application
contient les serveurs d’application qui représentent un environnement de déploiement de
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nouvelles applications. L’implémentation des applications dans la couche de service est
indépendante du réseau d’accès, ce qui facilite l’intégration de nouveaux services. Le plan de
contrôle assure le contrôle de la session et le routage de la signalisation entre les différentes
entités participantes dans une session. Selon la spécification de l’IMS [IMS 10], les éléments
de base du plan de contrôle sont le HSS (Home Subscriber Server) et le CSCF (Call State
Control Function). Enfin le plan de transport est basé sur le protocole IP et assure le transport
des données entre les différentes entités du réseau.
Les principales entités composant l’architecture IMS peuvent être classées en trois catégories :
- Elément de contrôle de session ou CSCF (Call State Control Function) : qui est
l’élément de base du réseau IMS. Il assure le contrôle des appels et des sessions
multimédia. On distingue trois types de serveur de contrôle de session : le serveur proxy
(P-CSCF), le serveur d’interrogation (I-CSCF) et le serveur de services (S-CSCF).
- Eléments assurant l’interfonctionnement avec le domaine circuit tel que l’entité MGCF
(Media Gateway Control Function) qui assure la conversion des messages ISUP
(Signalisation RTC) en des messages SIP (Signalisation IMS). Elle permet également
de sélectionner le CSCF approprié afin de remettre la signalisation SIP qu'il génère, au
sous-système IMS.
- Serveurs d’application et ressources média tel que l’entité MRF (Multimedia Resource
Function) qui assure l’établissement des conférences multimédia. L’entité MRF est
décomposée en deux fonctions : MRFC (Multimedia Resource Function Controller) et
MRFP (Multimedia Resource Function Processor).

Le cœur du domaine IMS se base essentiellement sur deux protocoles : SIP et Diameter. Le
Protocole SIP (Session Initiation Protocol) est utilisé au sein de l'IMS car il s'adapte aux
équipements utilisés et il est considéré comme fiable (de nombreuses extensions du protocole
sont normalisées) et sécurisé. Il utilise les principes des protocoles HTTP et SMTP, réputés
comme étant des protocoles très intéressants dans le monde IP. La principale utilisation de SIP
est l'établissement, la modification et la clôture des sessions multimédia entre deux terminaux.
SIP est ainsi le protocole clef de l'architecture IMS. Le corps des messages SIP utilise le
protocole SDP (Session Description Protocol), utilisé pour la description de flux issus de
médias (adresses et ports utilisés, type de média, codage, etc.). Le protocole Diameter est une
évolution du protocole AAA (Authentification, Authorization and Accounting Protocol). La
sécurité fournie par Diameter est présente via IPSEC ou TLS.

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D’autres protocoles sont utilisés dans le cœur du réseau IMS tels que COPS, RTP et RTCP. Le
protocole COPS (Common Open Policy Service) est un protocole flexible de types
Requête/Réponse basé sur le protocole TCP qui supporte les politiques de contrôle et permet
de la qualité de service au niveau de l'IMS. Alors que le protocole RTP (Real Time Protocol)
est utilisé pour fournir les fonctions de transport pour la transmission en temps réel de données.
Il est utilisé conjointement avec le protocole RTCP (Real Time Control Protocol) pour
permettre le contrôle des données livrées.

1.1.3 TiSPAN IMS


Le comité TISPAN (Telecommunications and Internet converged Services and Protocols for
Advanced Networking) de l’ETSI a adopté l’architecture IMS dans son architecture NGN au
niveau du plan de service pour assurer le contrôle des sessions multimédia. L’architecture IMS
a été étendue par le comité TISPAN, en rajoutant des composants spécifiques, afin de supporter
l’interopérabilité entre différents réseaux. Pour ce faire, TISPAN ajoute le sous-système
d'attachement au réseau (NASS, Network Attachment Subsystem) et le sous-système de contrôle
d'admission de la ressource (RACS, Ressource Admission Control Subsystem).

Figure 1.4 : L’architecture NGN de TISPAN ETSI

Le sous-système d'attachement au réseau (NASS) et le sous-système de contrôle d'admission


de la ressource (RACS) sont deux importants sous-systèmes mais ne sont pas définis dans le
cœur IMS. Ils sont toutefois normalisés par les standards ETSI TISPAN.

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L’architecture NGN TISPAN (Figure 1.4) peut être divisée en trois couches [ETS 11a]:
- Une couche de service composée de serveurs d'application ;
- Une couche de contrôle contenant le noyau IMS (IMS Core) et d'autres services ;
- Une couche de transport comprenant l'équipement de l’utilisateur, le réseau d'accès, le
sous-système d'attachement au réseau NASS et le sous-système de contrôle d'admission
de la ressource RACS.
Le NASS se comporte à la fois comme un serveur DHCP pour la configuration dynamique de
l’adresse IP et d’autres paramètres, et un client RADIUS pour l’authentification de l’utilisateur.
Alors que le RACS est le sous-système chargé de l’allocation des ressources demandées par les
applications et du contrôle d'admission pour les trafics dans le réseau d'accès et dans le nœud
de bordure IP se trouvant à la limite du cœur de réseau. En outre, il couvre des aspects relatifs
à la création et à la modification des politiques de trafic, à la QoS de bout en bout et à la
tarification au niveau du transport.
Le RACS comprend deux sous fonctions qui sont RACF et S-PDF. L’entité RACF (Resource
and Admisssion Control Function) contrôle la réservation des ressources et l’entité S-PDF
(Serving Policy Decision Function) effectue des décisions de politique basées sur le profil de
l’utilisateur. Les décisions du RACS sont par la suite appliquées par les entités du plan de
transport.
Dans le cœur de réseau, il existe deux principaux types de BGF qui sont la BGF de Cœur (C-
BGF) se trouvant à la frontière entre un réseau d'accès et un réseau cœur, du côté réseau de
cœur; et la BGF d’Interconnexion (I-BGF) se trouvant à la frontière entre deux cœurs de
réseaux.
TISPAN [KOO 05] réutilise le cœur du réseau IMS et étend la normalisation 3GPP pour les
services IPTV. Plusieurs spécifications de TISPAN NGN Release 2 et 3 traitent l'intégration de
l'IPTV dans les réseaux NGN. Les spécifications décrivent l’application IPTV en termes
d'exigences de service, d'architecture fonctionnelle incluant la définition des fonctions,
protocoles de communication, points de référence, etc. La spécification [ETS 11a] propose une
architecture générique pour les réseaux NGN en général alors que la spécification [ETS 11b]
définit l'architecture IPTV qui repose sur IMS pour le contrôle de session.

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Figure 1.5 : Architecture IPTV basée sur ETSI TISPAN IMS

La Figure 1.5 illustre les différentes entités fonctionnelles qui composent l'architecture IPTV
basée sur IMS. L’exécution du service IPTV implique la fonction de contrôle de média MCF
(Media Control Function), la fonction de distribution MDF (Media Delivery Function), ainsi
que la fonction SCF (Service Control Function) responsable de la gestion des services. La
fonction SCF permet de contrôler l’accès au service IPTV lors de la phase d’initialisation ou
pendant la session (lors de la modification des paramètres de la session IPTV). Par exemple, la
SCF se base sur les profils utilisateurs IPTV pour autoriser ou refuser l'accès au service.
Les données relatives au profil utilisateur et les données spécifiques au service IPTV sont
détenues par l’UPSF. Les fonctions SDF (Service Delivery Function) et SSF (Service Selection
Function) fournissent les informations nécessaires au terminal utilisateur pour sélectionner un
service IPTV. L’utilisateur peut communiquer avec les serveurs d’application IPTV via
différentes interfaces à des fins différentes. Les messages échangés entre le terminal utilisateur
et la SCF pour la gestion de la session IPTV sont transférés via le cœur IMS. L’interface Ut est
utilisée pour la configuration du profil de service. L’interface Xc permet d’échanger des
messages de contrôle du média entre le terminal et la MCF, alors que l’interface Xd assure
l’échange de données entre l’UE et la MDF.

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1.2 QoS dans les réseaux NGN
1.2.1 Introduction à la QoS
La notion de qualité de service a fait son apparition dans les réseaux IP afin de répondre aux
nouvelles exigences de certains types d’application telles que les applications interactives à
contraintes temps réel et les applications multimédia.
Dans la littérature, plusieurs définitions de la qualité de service, notée en abrégé QoS, on été
proposées. En effet, chaque communauté possède sa propre définition de la QoS :
- Le standard ISO 8402 [ISO 00] définit la qualité de service comme étant l’ensemble des
caractéristiques d’un service qui déterminent sa capacité à satisfaire des besoins
formulés ou supposés.
- L’IETF [CRA 98] définit la qualité de service comme étant la capacité à séparer le trafic
ou à différencier différents types de trafic afin de traiter certains flux différemment
d'autres flux.
- La recommandation E800 de l’ITU-T [ITU 93] définit la QoS de façon générique
comme étant l’effet global de la performance du service qui détermine le degré de
satisfaction d’un utilisateur de ce service. Cette définition reflète une perception de la
qualité de service observée par un utilisateur en se basant principalement sur des critères
subjectifs en fonction du type de service offert. Ainsi, la QoS peut être vue sous deux
angles distincts selon que l’on s’intéresse au point de vue de l’utilisateur ou du
fournisseur (Figure 1.6).

Figure 1.6 : La QoS selon l’ITU [36]

1.2.2 Métriques de performance de la QoS


L’évaluation des métriques de performance [PAX 98] permet d’établir une base de
connaissance sur le niveau de performance et sur la fiabilité du réseau. Ces métriques sont

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définies par la communauté scientifique et les organismes de standardisation au sein de l’IETF
et de l’ITU afin d’obtenir une connaissance précise aussi bien pour les utilisateurs que les
fournisseurs de service qui leurs permettra de bien quantifier les performances du réseau qu’ils
offrent (les fournisseurs) ou qu’ils demandent (les utilisateurs). Ces métriques doivent être
exprimées en unités de mesure universelles comme la seconde pour la mesure des délais.
Les principales métriques qui caractérisent la qualité de service d’un service IP sont :
- Le délai de transfert des paquets, exprimé en millisecondes, correspond au temps que
met le paquet pour traverser le réseau d’un point d’entrée à un point de sortie. Il est
généralement mesuré de bout en bout mais peut l’être sur une portion du réseau.
- La gigue, exprimée en millisecondes, désigne la variation du délai de transfert des
paquets dans le réseau.
- Le débit d’informations, exprimé en bit par seconde (bit/s ou bps) ou en octet par
seconde, représente la quantité d’informations transmise par seconde.
- Le taux de perte de paquet représente le pourcentage de paquets perdus par rapport au
nombre total de paquets émis. Les pertes de paquets peuvent être dues à des phénomènes
de congestion sur le réseau ou à une mauvaise qualité du lien.

1.2.3 Exigences en QoS des applications


1.2.3.1 Applications audio et vidéo
La connaissance des besoins des différentes applications en termes de QoS permet aux
fournisseurs de service d’assurer la QoS requise pour le bon fonctionnement des applications
en cours et par conséquent de mieux satisfaire l’utilisateur final. Le Tableau 1.1 présente les
différentes recommandations de l’ITU-T [ITU 01] qui doivent être respectées par les
applications pour fonctionner correctement.

Degré de Débits Taux de perte


Application Délai unilatéral Gigue
symétrie typiques de paquets

Conversation Idéal : <150 ms


Bidirectionnel 4 – 64 kbit/s < 1 ms < 3%
audio Limite :<400 ms

Messagerie Lecture : <1s


Unidirectionnel 4 – 32 kbit/s < 1 ms < 3%
vocale Enregistrement : <2s
Streaming
Unidirectionnel 16 – 128 kbit/s <10s << 1 ms < 1%
audio
Vidéo- Idéal : <150 ms
Bidirectionnel 16 – 384 kbit/s < 1 ms < 1%
conférence Limite :<400 ms
Streaming
Unidirectionnel 16 – 384 kbit/s <10s < 1 ms < 1%
vidéo

Tableau 1.1 : Recommandations de l'ITU-T pour les applications audio/vidéo

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1.2.3.2 Applications de données
Le Tableau 1.2 présente les valeurs recommandées par l’ITU-T [ITU 01] pour garantir la QoS
demandée par les applications de données. Contrairement aux applications audio/vidéo, les
applications de données sont moins exigeantes en termes de délai de transmission. Cependant,
un taux de perte nul est indispensable pour la majorité des applications de données.

Taux de perte
Application Degré de symétrie Débits typiques Délai unilatéral
des paquets
Idéal : <2s/page
Navigation web Unidirectionnel ~ 10 ko 0%
Acceptable : <4s/page
Transfert de Idéal : < 15s
Unidirectionnel 10Ko – 10 Mo 0%
données Acceptable : < 60s
Jeux interactifs Bidirectionnel < 1 Ko < 200 ms 0%
Bidirectionnel
Telnet < 1 Ko <200 ms 0%
(asymétrique)
Idéal : <2s
E-mail Unidirectionnel < 10 Ko 0%
Acceptable : <4s
Fax Unidirectionnel ~10 Ko <30 s/ page < 10-6 (BER)
Application
Unidirectionnel ~ 1 Mo Plusieurs minutes 0%
d’arrière plan
Tableau 1.2 : Recommandations de l'ITU-T pour les applications de données

1.2.4 Qualité d’expérience QoE


Avec l’émergence de nouveaux services et de nouvelles applications multimédia très exigeants
en termes de qualité de service, les paramètres de la QoS deviennent insuffisants pour évaluer
la qualité du service fournie à l’utilisateur. En effet, les mesures objectives des paramètres de
QoS tels que le débit, les délais de transmission, la gigue, le taux de perte des paquets ne
permettent pas nécessairement de refléter la perception d’un service que pourrait avoir un
utilisateur. Par exemple le taux de perte, un indicateur largement utilisé dans le domaine de la
qualité, n’est pas toujours fiable lorsqu’il s’agit de qualité d’expérience. En fait, une perte
élevée ne signifie pas automatiquement une mauvaise perception.
Ainsi, du point de vue utilisateur, la notion de qualité d’expérience QoE devient plus importante
que la QoS. La QoE permet de révéler la qualité d’un service tel qu’il est perçu par l’utilisateur
et de refléter le taux de satisfaction du service rendu. L’objectif des opérateurs réseau ne doit
plus se limiter à optimiser l’utilisation des ressources réseau et garantir de bonnes performances
aux applications, mais les opérateurs doivent également se préoccuper de la satisfaction des
clients qui est étroitement liée à leurs qualités d’expérience.

1.2.4.1 Définition

La Qualité d'Expérience (QoE, Quality of Experience) est définie par l’ITU [ITU 07] comme
étant l’acceptabilité globale d’une application ou d’un service, tel qu’il est perçu subjectivement

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par l’utilisateur final. La QoE est en partie liée à la QoS mais elle diffère d’elle à bien des
égards. La QoS est basée sur une mesure objective des composants qui constituent le service
alors que la QoE est basée sur une mesure subjective de la performance d’utilisation d’un
service auprès de l’utilisateur. De plus, la QoS est orientée réseau alors que la QoE est orientée
utilisateur.
Si nous considérons le service de téléphonie sur IP, l’approche QoE définit la qualité d’écoute
d’une communication selon l’indice MOS (Mean Opinion Score) attribué par un échantillon
d’utilisateurs et qui varie de 0 (très mauvais) à 5 (excellent) ; alors que l’approche QoS consiste
à mesurer les paramètres techniques du réseau (délai, perte des paquets, etc.) et des codecs qui
influent la qualité de la voix. L’évaluation de la QoE, appelée aussi PQoS (Perceived Quality
of Service) permet de détecter la dégradation du service du côté utilisateur et de déclencher par
la suite le processus de remédiation nécessaire.

1.2.4.2 Méthodes de mesure de la QoE


Dans la littérature, plusieurs méthodes ont été définies pour évaluer la qualité d’expérience de
l’utilisateur. Ces méthodes de mesure de la QoE peuvent être classées en deux catégories :
l’approche subjective, l’approche objective. Dans ce qui suit, nous donnerons un aperçu des
différentes approches.
1.2.4.2.1 Approche subjective
Généralement, les évaluations subjectives sont réalisées par des sujets humains qui sont invités
à mesurer la qualité globale perçue dans un environnement contrôlé (Figure 1.7). Les conditions
générales d’observation qui constituent l’environnement de test, peuvent influencer le résultat
de cette évaluation tels que : le type du terminal (PDA, ordinateur portable, Smartphone, etc.)
et ses caractéristiques (écran d’affichage, navigateur utilisé, charge CPU, etc.) et l’utilisateur
(âge, expérience, taux d’intérêt, langue, etc.).
La méthode subjective la plus fréquemment utilisée est le MOS qui est recommandée par l'union
internationale de télécommunication (UIT) [ITU 96].

Figure 1.7 : Compagne de mesure subjective

15
Le principe de calcul du MOS est basé sur un sondage auprès d’un échantillon de personnes
représentatives du reste de la population pour quantifier un flux multimédia. Les participants à
ce sondage sont invités à écouter et ou visualiser un signal (voix/vidéo) et son équivalent codé-
décodé. Puis les participants vont attribuer une note pour caractériser la qualité du signal perçue.
La note peut varier entre 0 (très mauvais) et 5 (excellent, comparable à la version d'origine). La
moyenne des notes fournies constitue le MOS (Tableau 1.3).
Le MOS apporte une évaluation quantitative fiable basée sur une expérience perceptuelle réelle.
Cependant, la mise en place de cette méthode est complexe et très couteuse en termes de temps
et de main-d’œuvre. Le MOS requiert un grand nombre d'auditeurs/observateurs, et des
équipements audio adaptés. De plus, pour obtenir des résultats corrects, il est indispensable de
former les sujets à la bonne façon d’attribuer les notes. Les informations collectées sont par la
suite traitées et analysées pour réaliser des statistiques. Enfin, ce processus de test ne peut pas
être complètement automatisé et ne peut pas être utilisé pour des outils de suivi temps réel.
Mean Opinion Score (MOS)
MOS Qualité Dégradation
5 Excellente Imperceptible
4 Bonne Perceptible mais pas gênante
3 Moyenne Légèrement gênante
2 Mauvaise Gênante
1 Très mauvaise Très gênante
Tableau 1.3 : Echelle MOS

Dans la recommandation UIT-R BT.500-11 [ITU 02], nous retrouvons les méthodes
d’évaluation subjectives de la qualité des images de télévision. Dans ce qui suit, nous présentons
les méthodes les plus connues :
- Méthode à double stimulus utilisant une échelle de dégradation : DSIS (Double
Stimulus Impairment Scale) : permet d’évaluer l’effet d'une dégradation due à la
transmission. Il s’agit de présenter à l’observateur d'abord une image de référence non
dégradée puis la même image dégradée. L’observateur doit ensuite donner son avis sur
la seconde image, tout en gardant à l'esprit la première. [ref ?]
- Méthode à un seul stimulus (Single Stimulus Methods) : il s’agit de présenter une seule
image ou séquence d'images à l'observateur qui fournit une notation de l'ensemble de la
présentation. [ref ?]
- Méthode de comparaison de stimulus (Stimulus Comparison Method) : il s’agit de
présenter deux images ou séquences d'images à l'observateur qui fournit un indice de la
relation entre les deux présentations. [ref ?]

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- Evaluation continue de la qualité avec stimulus unique : SSCQE (Single Stimulus
Continuous Quality Evaluation) permet de mesurer la qualité vidéo sur des séquences
plus longues, représentative du contenu vidéo et des statistiques d'erreur. Il s’agit de
mesurer la qualité des systèmes par rapport à une référence. [ref ?]
- Méthode à double stimulus utilisant une échelle de qualité continue : DSCQS
(Double Stimulus Continuous Quality Scale) : il s’agit de présenter à l'observateur une
paire d'images provenant de la même source, l'une ayant passé par le système à évaluer
et l'autre venant directement de la source. L'observateur doit évaluer la qualité des deux
images. Cette méthode permet donc d’évaluer les effets de la transmission sur la qualité
de la séquence. [ref ?]

D’autres méthodes de mesure subjectives pour les services multimédias sont décrites dans la
recommandation UIT-T Rec. P.910 [ITU 08], telles que ACR (Absolute Category Rating) et
DCR (Degradation Category Rating). La méthode ACR est à un seul stimulus où les
observateurs évaluent chaque vidéo de test sans comparaison avec une référence explicite.
1.2.4.2.2 Approche objective
A cause de leurs complexités et leurs coûts élevés, l’utilisation des méthodes subjectives est
limitée aujourd’hui à des fins scientifiques. Pour ces raisons, les travaux s’orientent vers les
méthodes objectives de mesure de la QoE qui sont plus rapides, moins coûteuses et simples à
mettre en œuvre. L’objectif des mesures objectives de qualité est de prévoir la note attribuée à
la qualité de perception du signal codé par les sujets participants au sondage. La prévision de la
qualité de perception permettra d’automatiser le processus d’évaluation de la qualité et de
rendre le processus plus adapté aux applications temps réel. Ainsi, la corrélation des mesures
objectives avec les résultats des tests subjectifs devient un critère de performance très important
pour évaluer l’efficacité de la méthode de mesure. Plus le critère objectif est corrélé avec les
mesures subjectives, plus il constitue une bonne mesure pouvant se substituer au jugement
humain.
La majorité des méthodes objectives sont basées sur des algorithmes et des équations qui
permettent de comparer les échantillons originaux à ceux traitées par les codeurs. Cette méthode
nécessite la possession de la séquence source considérée comme entité de référence dans le
processus d’évaluation de la qualité. Parmi les méthodes les plus connues qui mesurent la
qualité vidéo en faisant une différence entre les images, nous citons:

17
- Peak Signal to Noise Ratio (PSNR): est une mesure objective de la qualité visuelle
d’une image, basée sur la comparaison de la qualité de l'image compressée par
rapport à l'image originale au niveau du signal.

- Erreur Quadratique Moyenne (Mean Square Error MSE): est une méthode de
mesure basée sur le calcul de la moyenne arithmétique des carrés des écarts entre
l’image originale et l’image déformée.
𝐿2
𝑃𝑆𝑁𝑅 = 10 𝑙𝑜𝑔10
𝑀𝑆𝐸
Où L désigne la valeur de pixel dynamique (L= 255 pour un signal monotone de 8 bit / pixel)
𝑁
1
𝑀𝑆𝐸 = ∑(𝑥𝑖 − 𝑦𝑖 )2
𝑁
𝑖=1

Avec N le nombre total de pixels et xi/ yi les valeurs du ième pixel dans le signal initial/ déformé.

Les méthodes objectives les plus connues pour mesurer la qualité de la parole sont le SSNR
(Segmental SNR), le PSQM (Perceptual Speech Quality Measures) [ITU 98] et sa version
améliorée PESQ (Perceptual Evaluation of Speech Quality) [ITU 00]. Normalisé par l’UIT-T
sous le nom P.862, PESQ permet d’évaluer la qualité d’écoute dans de nombreuses conditions
de dégradation (perte de paquets, distorsion due au codage et bruit de fonds, rapport
signal/bruit). Les mesures obtenues sont en corrélation proche de 0,935 avec les données
subjectives.
Le fait que ces méthodes requièrent le signal audio/vidéo de référence rend leurs utilisations
dans des applications telles que la VoIP et l’IPTV difficile et peu pratique puisque les séquences
de référence ne sont pas nécessairement accessibles. En outre, même si la séquence de référence
est disponible, la déformation du signal codé peut engendrer un problème de synchronisation
entre les deux séquences.
Pour ces raisons, les récents travaux de recherche ont mis l'accent sur le développement de
méthodes permettant d'évaluer la qualité de perception d’un contenu multimédia dans les
réseaux de télécommunications en se basant sur des métriques qui utilisent seulement des
caractéristiques structurelles extraites du signal d'origine. Les méthodes de mesure objectives
qui ne requièrent pas de disposer d’un signal de référence, les plus communément utilisées sont
l’ITUT P.563 [MAL 06] et le E_model [ITU 03]. Ces méthodes sont basées sur des mesures
physiques (délai, écho, bruit,...) du système à évaluer et exploitent les propriétés du conduit
vocal pour déterminer la distorsion.
Il existe d'autres méthodes de mesure de qualité vidéo plus complexes telles que :

18
- Pseudo Subjective Quality Assessment (PSQA) ;
- Moving Picture Quality Metric (MPQM) [BRA 96] ;
- Color Moving Pictures Quality Metric (CMPQM) est une extension de la métrique
MPQM qui tient compte de l'effet de la couleur sur la qualité perçue ;
- Normalized Video Fidelity Metric (NVFM) ;
- Video Quality Metric (VQM).

La méthode VQM [PIN 04] est développée par l’ITS (Institute for Telecommunication
Sciences) afin de fournir une mesure objective perçue de la qualité vidéo. Elle mesure les effets
perceptibles des déficiences vidéo (le flou de mouvement saccadé, le bruit global et la distorsion
de couleur, etc.) et les combine en une seule mesure. Les résultats des tests montrent que VQM
a une forte corrélation avec l'évaluation subjective de la qualité vidéo et a été adoptée par l'ANSI
en tant que norme de qualité vidéo objective.
La méthode PSQA est une approche hybride, proposée dans [RIC 05], qui combine les
techniques d’évaluation subjective et objective. PSQA peut être appliquée aussi bien à la VoIP
qu’à la vidéo. L’idée principale est d'avoir plusieurs échantillons déformés évalués
subjectivement, puis d'utiliser les résultats de cette évaluation pour enseigner à un réseau de
neurones aléatoire la relation entre les paramètres qui provoquent la distorsion et la qualité
perçue.

1.2.5 Mécanismes de QoS dans les réseaux IP


Les principales architectures de gestion de QoS dans les réseaux IP sont : IntServ (Integrated
Services), DiffServ (Differentiated Services) et MPLS (MultiProtocol Label Switching).
Le modèle IntServ a été défini par l’IETF dans le but de fournir une architecture de QoS
homogène de bout en bout. C’est un modèle qui se base sur la réservation des ressources via le
protocole de signalisation RSVP (Ressource ReSerVation Protocol).
En plus du service Best-Effort, le modèle IntServ prend en charge deux types de services :
- le service de charge contrôlée (CLS : Controlled Load Service) qui fournit la même
QoS à un flux indépendamment de l’état de surcharge du réseau ;
- le service garanti (GS : Guaranteed Service) qui est destiné aux applications ayant
des besoins stricts en termes de débit, délai et pertes.
Malgré sa robustesse, le modèle IntServ n’a pas réalisé le succès attendu pour assurer la QoS
dans les réseaux IP. Parmi les points faibles de ce modèle, nous citons : le problème de passage
à l’échelle, la complexité de déploiement du modèle, et la surcharge du réseau due à l’utilisation
du protocole RSVP pour la réservation des ressources.

19
Pour faire face aux défaillances de l’IntServ, l’IETF a défini un autre modèle de QoS plus
simple à mettre en œuvre appelé DiffServ. Le modèle DiffServ a introduit la notion de classe
de service. En effet, ce modèle propose de séparer le trafic en différentes classes, contrairement
à IntServ qui a opté à une séparation par flux. Par conséquent, les routeurs DiffServ vont traiter
tous les paquets d'une classe donnée de la même manière, sans distinction d'émetteur ni de
récepteur. Chaque classe est identifiée par une valeur codée dans l'en-tête IP. Cette
classification doit se faire sur les routeurs de bordures à l'entrée du réseau.
Avec l’introduction de la notion de l’agrégation de flux, l’architecture DiffServ est considérée
comme l’architecture la plus adaptée aux réseaux IP. Cependant, le fait que l’allocation des
ressources ne soit pas automatisée est un des inconvénients de ce modèle qui ne tient pas compte
des changements dynamiques au sein du réseau.
Pour résoudre ce problème, une solution hybride IntServ/DiffServ a été définie qui repose sur
la combinaison des deux modèles. L’idée est d’utiliser IntServ dans les réseaux périphériques
alors que le modèle DiffServ est utilisé dans les réseaux de transit. Cette solution ne permet pas
de résoudre le problème d’allocation des ressources dynamiques qui persiste dans les domaines
DiffServ.

L’architecture MPLS, définie par l’IETF, repose sur l’utilisation de commutation de labels dans
le but d’unifier les modes de commutation de circuit et de paquet. En effet, dans un réseau
MPLS, les labels contenus dans les entêtes permettent de router les paquets.
L’objectif d’une architecture MPLS est de permettre d'acheminer, sur une infrastructure unique,
différents types de trafic en exploitant plus efficacement les ressources du réseau tout en
respectant les contraintes de fonctionnement associées.
Le principe de fonctionnement de MPLS est basé sur les notions suivantes :
- la FEC (Forwarding Equivalence Class) qui va déterminer le chemin des paquets
ayant des caractéristiques communes,
- le label MPLS qui contient les informations qui permettent d’identifier une FEC
au niveau d’un routeur,
- le LSP (Label Switch Path) qui représente le chemin d’une FEC dans un réseau
MPLS.
Dans une architecture MPLS, on distingue deux types de routeurs : LSR (Label Switch Routeur)
et LER (Label Edge Router). Situé au cœur du réseau, le LSR est responsable de la commutation
des paquets en fonction de leurs labels, alors que le LER se trouvant sur la bordure du réseau

20
est responsable de l’affectation des labels aux paquets entrants et de la suppression des labels
pour les paquets sortants.

Après avoir introduit les mécanismes de QoS déployés dans les réseaux IP, nous présenterons
dans la section suivante quelques mécanismes de QoS propres à certains réseaux d’accès à
savoir les réseaux WiFi, Wimax et UMTS.

1.2.6 Mécanismes de QoS dans les réseaux d’accès


1.2.6.1 Réseaux WiFi
Pour assurer une qualité de service adéquate dans les réseaux sans fil, le standard IEEE 802.11
a défini deux méthodes d’accès au canal: Distributed Coordination Function (DCF) et Point
Coordination Function (PCF). La méthode DCF se base sur la technique CSMA/CA (Carrier
Sense Multiple Access / Collision Avoidance) qui permet aux terminaux sans fil de gérer eux-
mêmes l’accès distribué et équitable au support de transmission. Tandis que la méthode PCF se
base sur un point de coordination qui gère l’accès au support en interrogeant les terminaux sans
fil.
Cependant, les méthodes proposées par l’IEEE 802.11 présentent quelques inconvénients tels
que le risque de monopolisation du support par un terminal sans fil dans le cas de la méthode
PCF ; ou encore l’absence de garanties de QoS due au partage équitable du support dans la
méthode DCF.
Pour pallier aux limitations des méthodes d’accès de 802.11, le standard 802.11e a défini deux
nouvelles fonctions : EDCF (Enhanced Distributed Coordination Function) et HCF (Hybrid
Coordination Function). Ainsi, on distingue deux mécanismes d’accès au support dans 802.11e
: accès avec contention et accès contrôlé. La méthode d’accès avec contention, appelée EDCA
(Enhanced Distributed Channel Access), se base sur la fonction EDCF afin de proposer un
service de différentiation introduisant quatre catégories d’accès au niveau MAC. La deuxième
méthode, offrant un accès contrôlé, appelée HCCA (HCF Controlled Channel Access), se base
sur la fonction HCF afin de gérer l’accès des terminaux au support de transmission.
1.2.6.2 Réseaux UMTS
Les systèmes mobiles de seconde génération ont été développés pour transporter principalement
de la voix qui représentait la quasi totalité du trafic. Cependant, les systèmes 3G ont été conçus
pour fournir à ses usagers de nouveaux services multimédia en plus du service de la voix, ceci
a entrainé une augmentation du trafic de type données.
L'UMTS permet de multiplexer sur le même média des informations générées par des sources
indépendantes. Il supporte ainsi le trafic de données avec des bandes passantes différentes et

21
des besoins de qualité de service différents. Le grand challenge de l'UMTS est de pouvoir
supporter divers types d'applications sur un même support de transmission, tout en tenant
compte des objectifs en termes de qualité de service pour chacun d'eux.
Comme la qualité de service offerte par le réseau UMTS est relative au service utilisé, nous
allons présenter, dans ce qui suit, les différentes classes de QoS.
Le réseau UMTS a défini quatre classes de QoS : classe conversationnelle, classe streaming,
classe interactive et classe Background.
- La classe conversationnelle : les applications de cette classe nécessitent un service
bidirectionnel en temps réel impliquant deux utilisateurs humains ou plus. Les
contraintes dépendent donc de la perception humaine : la limite sur le délai maximum
toléré est une limite stricte car toute dégradation sur le délai induirait une perte de
qualité notable dans la perception humaine du signal. Les exemples de ce type
d'applications sont la téléphonie, la vidéophonie, la voix sur IP, les jeux interactifs.
- La classe Streaming : les applications de cette classe impliquent un utilisateur humain
et un serveur de données. Ce sont des applications temps réel asymétriques ou les
données sont transférées du réseau vers les mobiles. Le manque d'interactivité entre
l'utilisateur et la source de données autorise des délais un peu plus importants que dans
les cas des applications de type conversationnelle, et ce sans perturber la QoS. Les
exemples d'applications de type diffusion sont les nouvelles applications issues de
l'Internet, telles que les applications audio ou vidéo sur demande.
- La classe interactive : les applications de cette classe impliquent un utilisateur
(machine ou humain) dialoguant avec un serveur de données ou d'applications.
Contrairement aux deux classes précédentes, les performances temps réel ne sont pas
nécessaires, il s'agit seulement d'attendre un certain temps pour répondre aux requêtes.
Par contre les informations ne doivent pas être altérées. Les exemples d'applications
de type interactif sont la navigation sur l'Internet, l'accès aux bases de données ainsi
qu'aux serveurs d'applications.
- La classe Background : les applications de cette classe impliquent un utilisateur, le
plus souvent un équipement terminal, réalisent l'envoi et la réception de données en
tache de fond. L'absence d'interactivité pour ces applications fait que l'utilisateur à
l'origine de la requête n'est pas en attente d'une réponse dans une limite de temps fixée.
Ce sont donc les applications les moins sensibles au délai, mais sont très sensibles aux
erreurs sur l'information transférée. Les exemples d'applications de type tache de fond

22
sont le courrier électronique, le transfert de messages courts (SMS pour Short
Messages Services), le téléchargement de données ou de fichiers.

La principale différence entre ces classes de QoS est leur sensibilité au retard, en fonction de
la nature du trafic.

1.2.6.3 Réseaux Wimax

Dès sa conception, WiMAX prend en charge la gestion de la qualité de service. Il s’appuie sur
des mécanismes permettant d’établir des circuits, d’allouer dynamiquement de la bande
passante en fonction de la classe de service pour proposer le niveau de qualité de service
approprié.
Les cinq classes de service spécifiées dans le réseau Wimax sont:
- Unsolicited Grant Services (UGS) : le service UGS est destiné au trafic temps réel
caractérisé par un envoi périodique de paquets de taille fixe tel que la voix sur IP.
- Extended Real-Time Polling System (ERTPS) : le service ERTPS permet aux
utilisateurs de spécifier la taille de leurs paquets. Par contre la cadence d’envoi des
paquets est fixe.
- Real-time Polling Services (RTPS) : cette classe respecte le temps réel. Les paquets
sont envoyés sans délai. La taille des paquets comme les cadences d’émission sont
variables. Ce service est destiné au transport de la vidéo.
- Non-Real-time Polling Services (NRTPS) : le temps réel n’est pas garanti, et la taille
comme la cadence d’envoi des paquets est quelconque. Seule la bande passante est
garantie globalement. Cette classe optimise le transfert des fichiers.
- Best effort (BE) : cette classe est dédiée au trafic internet. Elle ne propose aucune
garantie de niveau de qualité de service.

1.2.7 Architectures de QoS pour les réseaux NGN


Dans un environnement de réseaux NGN, la gestion de la QoS est une tâche qui est répartie
entre différents opérateurs et fournisseurs de services à travers différentes couches verticales.
Ainsi est né le besoin de développer une solution de QoS de bout en bout permettant de
dissimuler l’hétérogénéité des mécanismes de QoS de chaque technologie d’accès. La gestion
de la QoS dans les réseaux NGN intègre aussi bien les mécanismes définis pour la gestion de
la QoS dans les réseaux IP que les mécanismes proposés dans les réseaux d’accès.

23
De nombreuses recherches et efforts de standardisation ont été menés pour proposer des
solutions de gestion de la QoS de bout en bout dans les réseaux NGN. Les principales
propositions sont les suivantes :
- L’architecture NGN ITU-T définie dans la recommandation [ITU 04c] ;
- L’architecture IMS ;
- De nombreux projets IST ont défini des architectures orientées QoS. L’un des plus récents
est le projet EuQoS (End to End Quality of Service support over heterogeneous networks)
[MIN 09] qui propose une architecture globale de gestion de la QoS de bout-en-bout dans
un environnement Internet multi-domaine hétérogène. Ce projet se focalise essentiellement
sur la signalisation inter et intra-domaine et sur le contrôle d’admission spécifique aux
différentes technologies sous-jacentes en s’appuyant également sur des protocoles tels que
COPS, NSIS et SIP.

Figure 1.8 : Architecture de QoS dans les réseaux NGN

L’architecture globale de QoS pour les réseaux NGN présentée dans la Figure 1.8 est la version
simplifiée de l’ensemble des architectures de QoS proposées par l’ITU, ETSI et 3GPP [MIN
09]. Cette architecture de QoS repose sur une décomposition horizontale spatiale en deux plans
principaux « Service » et « Transport », une décomposition spatiale verticale en plusieurs

24
domaines (Terminal utilisateur, Réseau utilisateur, Réseau d’accès et Réseau cœur) et une
décomposition temporelle des mécanismes de provisionnement de la QoS dans le réseau.

Le plan de « Transport » est décomposé en deux couches de gestion de ressources :


- La couche NTI (Network Technology Independant), gérée par le SN (SLS Negotiator), a
pour rôle de fournir au client et au fournisseur de service des interfaces génériques
masquant l’hétérogénéité des réseaux et des politiques de QoS sous-jacentes.
- La couche NTD (Network Technology Dependant), gérée par le NC (Network Controller),
permet à l’opérateur de gérer les ressources du réseau d’une manière optimisée.

Au niveau service, la signalisation SIP assure la mise en place d’un service de communication
(enregistrement et authentification de l’utilisateur, et autorisation à l’utilisation du service en
fonction du profil utilisateur) et la réservation des ressources dans les réseaux de transport
impliqués. Les proxys SIP négocient avec les gestionnaires des ressources les niveaux de QoS
associés à chaque média impliqué dans la session.
Enfin, la couche de contrôle est divisée en deux parties : une partie aux opérateurs de réseau
(au niveau de la couche transport) et une autre partie relative aux fournisseurs de services (au
niveau de la couche de service).

1.3 Gestion de la mobilité dans les réseaux NGN

La gestion de la mobilité dans un environnement NGN devient une des principales


problématiques dans le domaine des communications modernes. Durant ces dernières années,
plusieurs solutions ont évolué afin de dépasser ce défi qui consiste à permettre à l’utilisateur
d’être connecté en tout lieu, avec n’importe quel type de terminal et en empruntant n’importe
quel réseau d’accès.
Dans un tel environnement, la mobilité des utilisateurs n’est plus l’unique événement
déclencheur d’un changement de réseau d'accès. L’exécution du handover peut être déclenchée
pour permettre à l’utilisateur de se connecter au réseau d'accès offrant la meilleure connectivité
et les meilleures performances.
Dans ce qui suit, nous présentons les protocoles les plus connus qui proposent de gérer la
mobilité au niveau réseau, transport et application. Puis, nous présentons le nouveau standard
IEEE 802.21 qui permet d’accélérer efficacement les changements de réseaux en opérant au
niveau des couches basses. Enfin, nous présentons quelques solutions de type « Cross Layer »
basées sur l’interaction de plusieurs couches du modèle protocolaire TCP/IP.

25
1.3.1 Mobilité au niveau « Réseau »

De nombreux travaux sur la gestion de la mobilité au niveau de la couche réseau ont été
proposés. En effet, sa position dans la pile protocolaire lui permet, d’une part, de conserver la
connectivité de l’utilisateur indépendamment de la technologie utilisée et, d’autre part, de
basculer les communications d’une façon transparente pour les couches supérieures.

Mobile IP (MIP) [PER 02] est la norme proposée par l'IETF pour gérer la mobilité au niveau
de la couche réseau. Afin de rediriger les paquets de réseau mère à l'emplacement actuel du
nœud mobile, MIP a introduit le concept d’agent mère (HA: Home Agent) et l’agent relais (FA :
Foreign Agent). Durant le handover, le nœud mobile doit s'inscrire auprès de l’agent mère,
attendre pour l'attribution des canaux, et mettre à jour son emplacement dans la base de données
du HA. Puis, tous les paquets du MN (Mobile Node) seront interceptés par le HA et transmis à
travers le tunnel établi entre le FA et le HA. Ce modèle de routage est appelé "Triangle de
routage" et constitue un inconvénient majeur de MIP, en particulier pour le trafic temps réel.

La version 6 du protocole MIPv6 [JOR 04] a été proposée afin de résoudre le problème de
routage triangulaire en envoyant des messages de type Binding Updates (BU). Malgré cette
optimisation, MIPv6 souffre d’un long temps de latence et d’un taux de perte élevé durant le
handover qui s’avère pénalisant pour les applications à contrainte temps. Plusieurs travaux ont
été réalisés pour remédier à ces lacunes et permettre de meilleures performances.

Le protocole FMIPv6 (Fast handover MIPv6) [KOO 05] est une amélioration du protocole
MIPv6 qui a été défini afin de réduire les délais de handover. Et ceci en agissant sur le temps
de détection du mouvement du nœud mobile et le temps d’enregistrement de la nouvelle CoA
(Care of Address).

Le protocole HMIPv6 (Hierarchical MIPv6) [CAS 00] a pour objectif d’améliorer la gestion
des déplacements dans un domaine en se basant sur un modèle hiérarchique de la mobilité (on
parle de mobilité locale à l’intérieur d’un domaine ou globale avec changement de domaine).
La solution HMIPv6 est avantageuse dans le cas de la mobilité à l’intérieur d’un domaine,
puisque la mobilité sera gérée localement et la signalisation de mobilité sera limitée à des
domaines réduits.

Le protocole PMIPv6 (Proxy MIPv6) [DEV 07] permet la gestion de la mobilité au niveau du
réseau sans que les mécanismes de mobilité ne soient nécessairement implémentés au niveau
des nœuds mobiles. Ainsi, la spécificité de PMIPv6 est de permettre aux nœuds mobiles qui
n’implémentent pas de client MIP d’accéder aux fonctions de mobilité.

26
Le Protocole CIP (Cellular IP) [VAL 99] a été proposé pour gérer la mobilité inter-domaines
en se basant sur MIP. La spécificité de CIP est d’assurer une connectivité passive et un
mécanisme de paging.

La gestion de la mobilité avec le protocole HAWAII (Handoff-Aware Wireless Access Internet


Infrastructure) [RAM 02] est faite de façon très similaire à CIP. Le protocole HAWAII
présente les spécificités suivantes :
- Le support de la connectivité passive et du paging ;
- Les stations faisant partie d’une zone de paging sont toutes membres du même groupe
IP multicast ;
- Le support de mécanismes de QoS comme RSVP est prévu directement dans sa
spécification.
Bien qu’elles permettent de réduire le temps de handover, les solutions que nous venons de citer
présentent certaines défaillances telles que :
- La nécessité de modifier l’infrastructure du réseau et de définir de nouvelles entités du
réseau ;
- L’ajout d’entêtes supplémentaires à chaque paquet IP dès que le nœud mobile se situe
dans un réseau visité ;
- Le passage par un tunnel bidirectionnel est pénalisant en termes de délai
d’acheminement de paquet et de temps d’interruption.

1.3.2 Mobilité au niveau « Transport »

Au cours des dernières années, la gestion de la mobilité au niveau de la couche de transport a


suscité l’intérêt des chercheurs dans le domaine des télécommunications pour bénéficier du
contrôle de flux offert par la couche de transport et de la facilité de déploiement de ces solutions
de bout en bout. Les premières solutions de mobilité se sont basées sur les protocoles TCP et
UDP, ensuite d’autres approches plus intéressantes ont été proposées avec la standardisation de
SCTP [STE 07] et mobile SCTP (mSCTP) [STE 07a].
Dans ce qui suit, nous présenterons quelques solutions, opérant au niveau de la couche
transport, ayant pour objectif d’assurer la mobilité d’une manière transparente.

1.3.2.1 Solutions basées sur TCP et UDP

Dans [HSI 03], les auteurs proposent une nouvelle architecture du protocole TCP pour supporter
la mobilité des utilisateurs. Cependant, d'énormes changements doivent être effectués sur
l'ensemble du réseau pour atteindre cet objectif. TCP-Migration [SNO 00] est une autre solution

27
de mobilité basée sur TCP qui vise à assurer la migration de la connexion TCP d’une manière
transparente grâce à une nouvelle option dans le paquet SYN qui a été ajoutée pour identifier
le paquet de l’ancienne connexion TCP. L'avantage de cette approche est qu'elle ne nécessite
aucune modification de l'infrastructure réseau, seule la pile TCP des nœuds extrémités doit être
mise à jour. Cependant, elle peut souffrir de retards significatifs non adaptés aux applications
temps réel.

I-TCP (Indirect TCP) [BAK 95] propose une solution de mobilité qui nécessite la présence
d’une passerelle sur le chemin de transport des données entre le correspondant et le terminal
mobile. Ainsi le chemin de transport sera divisé en deux parties : une partie entre le
correspondant et la passerelle où une connexion TCP est établie, et une partie entre la passerelle
et le terminal mobile au niveau de laquelle une connexion I-TCP est créée. Afin de supporter I-
TCP, la couche transport du terminal mobile doit être modifiée. Cependant, les applications
bénéficient toujours de la transparence au niveau des deux extrémités de la communication.

Le protocole M-TCP (Mobile-TCP) est une version améliorée du protocole I-TCP. M-TCP
[HAA 97] est implémenté au niveau du terminal mobile et fonctionne comme un protocole de
la couche liaison permettant de connecter ce terminal à la passerelle via un réseau sans fil. La
passerelle permet de maintenir une connexion TCP permanente avec le correspondant et
redirige, d’une façon transparente, tous les paquets venant de ce correspondant vers le terminal
mobile.

M-UDP (Mobile UDP) est une implémentation du protocole UDP modifié dans le but de
supporter la mobilité des utilisateurs. M-UDP [BRO 96] permet de gérer la mobilité d’une
manière très semblable à celle adoptée par I-TCP et M-TCP. En effet, l’implémentation de M-
UDP se base sur le même modèle en faisant appel à une passerelle qui permet d’assurer une
connexion entre le terminal mobile et son correspondant. Cette passerelle permet d’assurer une
connexion ininterrompue entre les deux extrémités de la communication dans un
environnement mobile.

Enfin, le protocole MPTCP (Multi Path TCP) [MTC 11] est une version modifiée du protocole
TCP qui a introduit la notion de chemins multiples dans une même connexion TCP, et ce d’une
manière transparente à l’application.

1.3.2.2 Solutions de mobilité basées sur SCTP

Plusieurs solutions ont proposé une gestion de la mobilité en se basant sur le protocole SCTP
(Stream Control Transmission Protocol) [STE 07] et plus particulièrement sur la propriété

28
multi-homing de SCTP. Le protocole mSCTP [STE 07a] est une première proposition de gestion
de la mobilité basée sur SCTP. Elle utilise l’extension de reconfiguration dynamique d’adresse
(DAR : Dynamic Address Reconfiguration) qui permet à une extrémité d’ajouter ou supprimer
une adresse de l’association ou même de changer l’adresse primaire dans une association SCTP
active. Ces opérations sont réalisées grâce aux nouveaux paramètres ADD, DELETE et
CHANGE. Bien que théoriquement le protocole mSCTP offre une mobilité sans interruption,
cette solution a un inconvénient dû au fait qu’elle ne gère pas la localisation du MN lors de son
déplacement.

SIGMA (Seamless IP diversity based Generalized Mobility Architecture) [FU 06] est une
solution de gestion de la mobilité de la couche transport qui permet de résoudre le problème de
localisation du MN dont souffre mSCTP. Comme mSCTP, SIGMA propose une solution de
mobilité basée sur le multi-homing et l’extension DAR de SCTP. Cependant, SIGMA propose
en plus un mécanisme de localisation basé sur la mise à jour de l’association du nom de l’hôte
avec l’adresse du DNS. La mise à jour de localisation se fait parallèlement au changement
d’adresse IP primaire. Cependant, la solution SIGMA ne tient pas compte des paramètres de
qualité de service pour prendre une décision de handover.

L’approche ECHO proposée dans [FIT 09] étend SIGMA par la considération des paramètres
affectant directement la qualité de la voix dans la phase de décision du handover. Dans un
premier temps, le modèle de l’IUT E-Model est utilisé pour trouver une correspondance entre
ces paramètres et la qualité de service perçue par l’utilisateur pour le service VoIP. Ensuite, les
scores MOS pour chaque réseau d'accès sont utilisés pour prendre des décisions de handover,
ce qui a pour conséquence d’améliorer les performances de l’application VoIP.
D’autres travaux ont proposé des améliorations du protocole mSCTP tel que mobile CMT
(mCMT) [BUD 09] qui propose une extension de mSCTP en le combinant avec CMT
(Concurrent Multipath Transfer) [HUA 10] et MIH (Media Independent Handover) pour
améliorer les performances du handover. L'inconvénient majeur de mCMT est que le délai du
handover peut être important lorsque les nœuds communicants sont connectés à des réseaux
présentant des délais de transmission longs.
Dans [EZZ 09], les auteurs proposent un schéma hiérarchique pour la gestion de la mobilité au
niveau transport, appelé HTM (Hierarchical Transport layer Mobility). Pour faire face à la
mobilité locale et réduire le délai du handover ainsi que la charge de signalisation, HTM a
introduit une nouvelle entité UMA (Unité Mobilité des Anchor). Pour mettre à jour la

29
localisation des utilisateurs mobiles, HTM a également défini un mécanisme de gestion de
localisation basé sur le service DNS dynamique (DDNS).
D’autres travaux [HUA 07] [BUD 09] [SHI 11] [KIM 11] et [HUA 11] ont également proposé
des solutions de mobilité visant à améliorer les performances du handover vertical dans un
environnement de réseaux hétérogènes en se basant sur la propriété multi-homing et le
mécanisme DAR de SCTP.
Les avantages de ces solutions sont : (a) Assurer une continuité de service durant le handover
(b) Pas besoin de mettre en place de nouvelles entités du réseau (c) Routage optimisé : pas de
routage triangulaire. Cependant, elles présentent quelques inconvénients comme :
(i) Nécessité de mettre à jour certaines applications ne supportant pas le protocole SCTP,
(ii) Problème lors d’un déplacement entre deux réseaux distincts appartenant à une même
technologie, en effet, prévoir deux interfaces par type de réseau n’est pas rentable.

1.3.3 Mobilité au niveau « Application »

La gestion de la mobilité au niveau de la couche application a également reçu beaucoup


d'attention étant donné que cette catégorie de solutions est presque indépendante des
technologies sous-jacentes. Actuellement, il existe de nombreuses études [GOO 08] [SCH 00]
qui ont porté sur le support de la mobilité au niveau applicatif. L’une des principales approches
pour la gestion de la mobilité à ce niveau consiste à utiliser le protocole SIP.
Le protocole SIP (Session Initiation Protocol) [ROS 02] a été proposé par l'IETF, c'est un
protocole de signalisation dont l'objectif est l'établissement, la modification et la terminaison
de sessions multimédias entre deux terminaux. SIP peut fonctionner au dessus de plusieurs
protocoles de transport comme TCP, UDP ou SCTP et sert également de protocole de gestion
de la mobilité principalement grâce au maintien des sessions actives lors de la mobilité des
utilisateurs.
Comme SIP a été adopté par 3GPP comme protocole de signalisation pour l’architecture IMS,
il a été la solution logique et naturelle à utiliser dans cet environnement de réseaux hétérogènes.
Cependant, SIP en soi ne garantit pas le maintien des connexions TCP et SCTP ou des liaisons
UDP lors du déplacement, donc de nouvelles extensions du protocole telles que S-SIP [ZHA
07] sont nécessaires pour gérer la mobilité des utilisateurs.
Les auteurs de [KIM 09] ont examiné la capacité de SIP à gérer la mobilité des terminaux dans
un environnement de réseaux hétérogènes tel qu’IMS, qui correspond à la capacité de changer
de réseau d'accès, tout en maintenant des sessions multimédia en cours.

30
La solution mSIP [KOH 08] est une extension du protocole SIP basée sur l’utilisation de
mécanisme du « Bicasting » (c'est-à-dire envoyer le paquet sur les deux chemins, l’ancien et le
nouveau) quand le mobile se trouve dans la zone de chevauchement de deux domaines. mSIP
permet de réduire le temps de latence et le taux de perte des paquets durant le handover.

1.3.4 Mobilité au niveau « Liaison de données »

L’organisme de standardisation IEEE (IEEE Computer Society) a travaillé sur la norme IEEE
802.21 [IEE 09] appelée également MIH (Media Independant Handover) afin de définir un
standard qui permet de répondre aux besoins actuels de mobilité. En effet, l’objectif de ce
groupe de travail est de définir un standard qui permet d’optimiser et d’accélérer le handover
entre les réseaux hétérogènes.
Pour décider de la nécessité d’un handover, le standard 802.21 tient compte des contraintes
suivantes:
• Continuité de service : permettre le « make before break » handover pour que le
changement du réseau d’accès ne soit perceptible par l’utilisateur.
• Qualité de service : 802.21 considère deux aspects de QoS, la QoS requise par une
application durant le handover et la QoS comme étant un paramètre intervenant dans la
décision de la nécessité du handover.
• Découverte de réseau : 802.21 fournit à l’utilisateur MIH des informations sur le réseau,
telles que : link type, link identifier, link availability, link quality
• Choix du réseau : 802.21 permet aux utilisateurs de choisir entre 802.3, 802.11, 802.16,
et les réseaux 3GPP, 3GPP2. Le choix d’un réseau se base sur plusieurs critères, tels
que QoS demandée, prix, préférences de l’utilisateur.
• Gestion de l’énergie : minimiser l’énergie dépensée lors de la découverte des réseaux
candidats.
La norme définit une entité logique appelée le MIHF (MIH Function) qui permet à travers les
trois services qu’elle fournit (événement, commande et information) de faciliter les handovers
entre les réseaux hétérogènes et d’apporter l’intelligence nécessaire à l’entité qui doit
sélectionner le réseau d’accès. En effet, la fonction MIH est une couche fine au sein de la pile
de protocoles de gestion de mobilité du nœud mobile et des éléments réseau, qui permet
d’assurer la communication entre les couches supérieures et inférieures à travers des points
d’accès de service (SAP) et d’assister le processus de décision du handover.

Les principaux services de MIH sont : le service d’évènement, le service de commande, le


service d’information.

31
- Le service MIES (Media Independent Event Service) permet de détecter des changements
dans les propriétés des couches inférieures (physique et liaison), et de déclencher les
évènements appropriés. Ceci permet de déterminer s’il y a besoin d’effectuer un handover.
Les évènements sont lancés à partir des interfaces et peuvent être classés en deux types : les
« MIH Event » qui sont envoyés par le MIHF à destination des couches supérieures, et les
« Link Event » qui se propagent des couches inférieures vers le MIHF. Ces évènements
peuvent être par exemple : Link UP, Link Down, Link Handover Imminent, etc.
- Le service MICS (Media Independent Command Service) est un service qui met à
disposition de l’utilisateur un ensemble de commandes qui peuvent être échangées de façon
locale ou distante. Ces commandes servent à véhiculer des décisions et sont divisées en
deux types. Les « MIH Commands » transmises par l’utilisateur en direction du MIHF qui
les exécute dès la réception. Et les « Link Commands » qui vont du MIHF vers les couches
inférieures. Ce service utilise les informations fournies par le MIES pour exécuter les
commandes telles que MIH handover initiate ou encore MIH handover prepare.
- Le service d’information MIIS (Media Independent Information Service) : L’utilisateur
mobile doit avoir une vue d’ensemble afin de faciliter le choix du réseau et la gestion de la
mobilité dans un milieu où coexistent une multitude de technologies d’accès. Le service
d’information MIIS définit un ensemble d’éléments d’information et leurs structures afin
de faciliter la description des réseaux. Il fournit, également, des mécanismes, de type
requête/réponse, qui permettent à un terminal mobile de découvrir et de collecter des
informations sur les caractéristiques et les services offerts par le réseau d’accès utilisé et les
réseaux voisins. Ces informations permettent une prise de décision plus efficace du
handover à travers les réseaux hétérogènes. Ces informations peuvent concerner le type de
réseau, le canal à utiliser, l’adresse MAC du point d’accès, le débit, la QoS, la sécurité, etc.
Ces informations sont disponibles aussi bien pour les couches supérieures que les couches
inférieures.
Ainsi, le MIHF permet à travers les trois services fournis (événement, commande et
information) de faciliter les handovers entre les réseaux hétérogènes et d’apporter l’intelligence
nécessaire à l’entité qui doit sélectionner le réseau d’accès.
Lors de la sélection du réseau d’accès, le MN et le réseau ont besoin d’échanger des
informations sur les réseaux existants afin de sélectionner le meilleur réseau. Ceci peut entraîner
la sélection d’un réseau différent du réseau actuel, qui peut nécessiter un handover entre des
technologies différentes. Une fois le nouveau réseau choisi et le handover initié, les protocoles
de gestion de la mobilité tels que le protocole IP Mobile peuvent être utilisés afin de gérer les

32
aspects du routage des paquets tels que la mise à jour de l’adresse et la livraison des paquets
vers le nouveau réseau. Cependant, le protocole 802.21 définit des évènements déclencheurs de
la couche liaison tels que « Link Going Down » et « Link Up » qui peuvent être utilisés pour
indiquer le départ et l’arrivée des terminaux mobiles sur les réseaux d’accès. Ainsi, ces
indications peuvent remplacer les protocoles de signalisation de la couche réseau (Mobile IP,
SIP, etc.) et permettent donc d’accélérer le processus du handover.

1.3.5 Solutions de mobilité « Cross Layer »


Plusieurs chercheurs se sont intéressés à l’approche Cross-layer pour la gestion de la mobilité.
Le concept de Cross-layer permet la définition de protocoles ou de mécanismes qui éliminent
l’isolation des couches du modèle OSI. Ainsi, il autorise la communication entre deux, ou
plusieurs couches dans le but d’améliorer les performances globales du système. Ceci peut être
réalisé par la définition de nouvelles interfaces au niveau des couches qui permettent de
récupérer leurs paramètres de performances.
Plusieurs techniques Cross-layer ont été proposées [HUA 10a] et [SAD 11] pour améliorer les
performances des protocoles de gestion de la mobilité. La solution proposée dans [LEU 09]
gère la mobilité d’un groupe d’utilisateurs en se basant sur la combinaison des protocoles SIP
et SCTP. SHIP est une autre solution de type Cross Layer [26], basée sur les protocoles SIP et
HIP.
FASM (The FMIP auxilliary SIP and MIH handover mechanism) [TAN 11] est une solution
cross layer basée sur la combinaison des trois protocoles SIP, FMIP et MIH. Elle permet
d’améliorer les performances du handover vertical en agissant sur le temps d’interruption du
service et le taux de perte des paquets et en utilisant les informations fournies par MIH pour
optimiser la décision du handover. FASM introduit un nouveau module HDM (Handover
Decision Module) qui assure un fast handover et contribue au choix du prochain réseau d’accès.
SmSCTP (The SIP based mobile Stream Transmission Protocol) [CHI 10] est une solution de
mobilité basée sur SIP et mSCTP. SmSCTP a été défini afin de gérer la mobilité des utilisateurs
dans un environnement de réseaux hétérogènes (UMTS, WLAN) et d’assurer une continuité de
service durant le handover. La décision du handover dépend principalement de l’état de la
batterie du terminal.
Les travaux de simulation réalisés dans [LE 07] ont montré que la solution de gestion de
mobilité intégrant les protocoles MIP et SIP permet de réduire les délais du handover et
minimise la charge de signalisation du réseau, comparée aux deux autres solutions séparées
MIP et SIP. Ceci a permis aux auteurs de conclure que la solution de gestion de la mobilité de

33
type cross-layer peut fournir une meilleure gestion de la mobilité pour le service en temps réel
dans une architecture IMS et obtenir une bonne évolutivité de la solution.

1.3.6 Synthèse sur l’état de l’art sur la mobilité


Dans les réseaux de nouvelle génération, la gestion de la mobilité a pour objectif d’assurer le
passage d’une technologie d’accès à une autre tout en garantissant une mobilité transparente et
une continuité de service. Il faut donc que les handovers inter-technologies s’effectuent avec
un minimum de temps d'interruption, un faible taux de perte de paquets et un coût de
signalisation réduit.
Les premières solutions de mobilité opèrent au niveau de la couche réseau en se basant sur le
protocole MIP, mais ce type de solutions souffre de la dépendance des nœuds du réseau et de
délais de handover importants. Bien qu’un grand nombre de travaux aient été réalisés dans le
but d’améliorer les performances du protocole MIP, ces travaux ont un inconvénient majeur
qui est la contrainte d’ajout d’infrastructure supplémentaire pour rendre la mobilité transparente
aux couches supérieures.
Plusieurs études [ZEA 07] [KIM 08] [TSA 08] [FIT 09] [EZZ 10] [GOY 13] ont été menées
pour comparer les solutions les plus connues, et opérant à différents niveaux de la pile
protocolaire. Par exemple, [GOY 13] présente un aperçu de l’ensemble des travaux utilisant le
protocole mSCTP pour la gestion de la mobilité, qu’il compare par la suite aux protocoles de
mobilité de la couche réseau MIP et ses variantes HMIPv6 et FMIPv6. Dans [KIM 08], les
auteurs comparent les performances des protocoles MIPv6 et mSCTP dans un réseau IP.
D’après les résultats obtenus, les auteurs concluent que mSCTP permet de réduire les délais du
handover comparé au MIP et que cette approche est encore plus performante lorsque la durée
de passage par une zone de chevauchement est suffisante pour l’exécution du handover vertical
comparé au handover horizontal.
À la fin de cette étude des solutions existantes, nous concluons que les solutions de la couche
transport utilisant le protocole SCTP et ses extensions sont les plus adaptés à un environnement
NGN caractérisé par l’hétérogénéité des réseaux d’accès et par un trafic multimédia à contrainte
temps réel. En effet, plusieurs travaux ont montré que ce type de solution permet de réduire les
délais du handover par rapport aux solutions basées sur MIP et SIP. De plus, grâce au multi-
homing, le protocole mSCTP semble être la solution idéale pour gérer le handover vertical en
permettant à l’utilisateur d’être connecté à plusieurs réseaux simultanément et basculer d’une
technologie à une autre en fonction de ses besoins.

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