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Association Française des Ingénieurs Biomédicaux

Etat de l’art en Imagerie médicale


GROUPE D’EXPERTS AFIB 2016

Coordination
POMMIER Marc
HUHM Hôpitaux Universitaires Henri MONDOR (APHP)

CHAVE Laurence Editorial CH ORANGE


POMMIER Marc Editorial HUHM (APHP)
DEFRENNE Stéphanie Editorial HUPS (APHP)
GRAILLOT Alexandre IRM et Mammographie CHU de ROUEN
BELLENGER Kévin IRM et Mammographie CHU de RENNES
FOURCADE Julien Scanner et médecine nucléaire CHU de TOULOUSE
MARQUET Lara Scanner et médecine nucléaire CHU de LIEGE (BELGIQUE)
DECOSTER Cathy Radiologie numérique Hôpital NECKER (APHP)
SAVOYE Florence Radiologie numérique HU de GENEVE (SUISSE)
BEACCO Claire Echographie CHU de TOURS
GARET Lucie Echographie CH MONTAUBAN
TRIQUET Rodolphe Réseaux et consoles CHU de LILLE
M’MADI Farhat Réseaux et consoles CH NEUCHATELOIS (SUISSE)

Déclaration de liens d’intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêt en relation avec cet article.
SOMMAIRE

EDITORIAL
BEYOND IMAGING : PENSER AU-DELA DE L’IMAGERIE…........................................................................................... 3
*Marc POMMIER, **Laurence CHAVE, ***Stéphanie DEFRENNE

IRM
L’IRM ALLEGE SON EMPLOI DU TEMPS. .................................................................................................................. 12
* Alexandre GRAILLOT, ** Kevin BELLENGER

MAMMOGRAPHIE
LE CONFORT PATIENTE AU SEIN DES PREOCCUPATIONS ........................................................................................ 27
* Alexandre GRAILLOT, ** Kevin BELLENGER

SCANNER
FLEX AND THE CT .................................................................................................................................................... 37
*Lara MARQUET, **Julien FOURCADE

IMAGERIE MOLECULAIRE
DOPAGE AU SILICIUM ............................................................................................................................................ 54
*Lara MARQUET, **Julien FOURCADE

RADIOLOGIE NUMERIQUE
LES NOUVELLES GENERATIONS DE CAPTEURS FONT EVOLUER LE MARCHE ............................................................ 69
*Cathy DECOSTER, ** Florence SAVOYE

TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION
LA MEDECINE EN RESEAUX ..................................................................................................................................... 90
*Farhat M’MADI, **Rodolphe TRIQUET

ECHOGRAPHIE
RETOUR VERS L’INTERVENTIONNEL… ................................................................................................................... 108
*Claire BEACCO, **Lucie GARET

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EDITORIAL

Beyond Imaging : Penser au-delà de l’imagerie…

*Marc POMMIER, **Laurence CHAVE, ***Stéphanie DEFRENNE

*HUHM (APHP) Créteil, **CH ORANGE, ***HUPS (APHP) Bicêtre

Introduction

La médecine centrée sur le patient

Sous le titre « Beyond imaging », la 102ème rencontre du RSNA engage le radiologue à


regarder au-delà de l'image, intégrant l’évolution des connaissances médicales de
spécialité, et à collaborer toujours plus activement avec les médecins référents pour
améliorer la prise en charge des patients. Les radiologues doivent jouer un rôle actif
dans la construction d'équipes multidisciplinaires, évolution déjà bien présente dans les
structures hospitalières françaises. Par leur leadership, ils sont appelés à produire et
accélérer le changement par l'évolution de leurs pratiques, en s’éloignant d’une culture
traditionnelle de la médecine, qui est encore trop hiérarchique et autonome. Leaders, ils
doivent favoriser une culture collaborative et multidisciplinaire, basée sur les services en
équipe, et centrée sur le patient mais également développer des modèles de
fonctionnements innovants pour maîtriser les coûts et augmenter les performances de
qualité des soins et de prise en charge.

La mise en place d'équipes multidisciplinaires et multicentriques a des répercussions sur


la qualité du diagnostic et de la thérapeutique pour les populations entières. La
recherche d'aujourd'hui deviendra la pratique clinique de demain. Les radiologues ne se
cantonnent plus à la description d’images mais doivent y intégrer un grand nombre de
données cliniques, en collaboration avec les médecins, pour définir les axes
thérapeutiques nécessaires à une prise en charge optimale.

Les innovations en matière d'imagerie médicale et de traitement ne cessent d’évoluer


avec un rythme de plus en plus soutenu, les radiologues et industriels doivent rester à
l'avant-garde de la recherche et construire des liens plus solides avec les médecins des
disciplines d’autres spécialités.

La médecine centrée sur le patient et la construction d'équipes multidisciplinaires sont


une composante essentielle dans la prise en charge du patient.

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Les outils électroniques relient les radiologues aux patients

Les portails web collaboratifs d’échanges patients-professionnels, les ressources de


santé en ligne et les médias sociaux se développent et conduisent les radiologues à
utiliser ces outils pour communiquer avec leurs patients.

Le concept de soins personnalisés n’est pas une nouvelle idée mais il se renforce au gré
des avancées technologiques qui concourent à une meilleure intégration de l’ensemble
des données cliniques. C’est devenu le principe directeur de soins de qualité dans les
pratiques d'imagerie diagnostique et interventionnelle. Le développement des outils
électroniques comme vecteur de communication doit favoriser les interactions
personnalisées entre les membres de l'équipe soignante, les patients et les familles. Ils
sont autant de moyens de transfert d’informations.

L'avènement de portails à travers lesquels les patients peuvent directement les consulter
tend à faire évoluer le contenu des comptes rendus radiologiques vers plus de précision
et des terminologies également plus intelligibles par le patient, qui aujourd’hui se
positionne comme acteur principal de sa santé.

Parallèlement, la visibilité de l’offre de soins sur le web devient un enjeu qui permet aux
praticiens et aux médecins de mieux se faire connaître, de dialoguer avec les patients.
Ceux-ci souhaitent des données précises et impartiales sur les différentes procédures et
examens. Aux Etats-Unis, des sites comme RadiologyInfo.org explique comment
différentes radiographies, tomodensitométrie, IRM, échographie, radiothérapie et autres
procédures sont effectuées. Il traite également de comment le patient peut se préparer
aux différents examens. Ce site Web contient plus de 200 descriptions de procédures,
d'examens et de maladies couvrant la radiologie diagnostique et interventionnelle, la
médecine nucléaire, la radiothérapie et la radioprotection. Il est mis à jour fréquemment
avec de nouvelles informations. Ce phénomène se développe en France également et
l’absence de visibilité sur la toile d’une offre de soins pourrait concourir à son extinction.

IA Intelligence Artificielle : quand les machines pensent…

L’intégration de l’intelligence artificielle dans la pratique de la médecine en particulier a


fait largement débat pendant ce congrès. Bien loin de la peur de tracer l’avenir du
radiologue derrière une console compilant toute seule un diagnostic à la faveur
d’algorithmes, nombreuses ont été les interventions sur le sujet soulignant l’importance
de l’humain au centre des multiples informations qui se densifieront au gré de l’évolution
de l’intelligence artificielle.

Ainsi, loin de l’annihiler, l'évolution des outils d’IA, renforcera l’expertise en radiologie.

Les progrès de l'IA se sont accélérés ces dernières années au rythme de l’augmentation
de la puissance des calculateurs. Les progrès récents des développements de réseaux
de neurones artificiels permettent aux ordinateurs d’apprendre de la même façon que les
humains. Ce développement a révolutionné l’IA, notamment dans la précision de
reconnaissance visuelle grâce à des algorithmes d'apprentissage en profondeur, à
l’image du fonctionnement neuronal.

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Ces avancées seront les vecteurs de l’optimisation des diagnostics et des protocoles de
soins toujours plus personnalisés. L'avenir de la radiologie réside dans la bonne
intégration à sa juste place, des outils apportés par les machines alimentées par IA pour
optimiser les soins aux patients. La science des données cliniques qui englobe la
collecte, la transformation et l'analyse, est essentielle à l'évolution de la radiologie.

L’IA automatise, modélise l’historique, permet d’envisager des états prédictifs et d’élargir
les capacités diagnostiques et cliniques mais ne remplacera jamais l’analyse et le recul
du radiologue.

L'amélioration des performances de l'IA se faisant à un rythme beaucoup plus rapide que
celle de l'intelligence humaine, M Ray Kurzweil, expert en IA, a prédit le moment où
l'intelligence machine dépassera celle de tous les humains réunis : horizon 2029…

Les tendances majeures qui transforment le monde de la santé

Dans un monde de la santé en pleine transition, les grandes tendances se dessinent, et


mènent à sa progressive transformation, poussées tant par les réalités économiques que
permises par les évolutions techniques. Toutes conduisent à de nouvelles approches.

Le mode de vie et la démographie évoluent :

Le vieillissement de la population, la dépendance des personnes âgées, l’augmentation


des maladies chroniques, une densité médicale inégale, des accès aux soins compliqués
modifient la démographie et le mode de vie.

La France entre aussi, depuis quelques années, dans la troisième révolution industrielle :
la révolution du numérique,
• Celle des objets connectés, première source de diagnostic, ils amélioreront
l’observance et diminueront le recours à l’urgence, des milliards d’euros seront
économisés grâce au monitoring des patients chroniques, l’homme sera digital et
connecté.
• Celle aussi de la e-santé, qui diminuera le taux d’hospitalisation et donc les
dépenses de santé.
• Celle enfin de l’innovation technologique : robot compagnon pour assister
personnes âgées et handicapées dans leur quotidien, habitat intelligent etc.
L’innovation aidera à bien vieillir.

Les bases de données biomoléculaires feront entrer la médecine dans une nouvelle ère :
carte d’identité génétique, diagnostic produit en temps réel, thérapies ciblées selon le
profil génétique du patient, recherche et production des cellules souches, ouvriront la
voie à la médecine régénératrice, la puissance du Big Data se mettra au service d’un
meilleur diagnostic médical et l’impression 3 D transformera la chirurgie.

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Les financements s’adaptent :

Croissance des besoins, croissance des dépenses de santé et augmentation du déficit


de l’assurance maladie : la première contre-indication des traitements innovants pourrait,
au final, être leur financement.

Nous dirigeons-nous vers un financement par les mutuelles, vers une médecine à deux
vitesses ?

Les géants du numérique, les complémentaires santés et les industriels vont renforcer
leur partenariat afin d’organiser une prestation intégrée.

Les nouvelles opportunités favorisées par le BIG DATA seront un des leviers majeurs
pour permettre de conjuguer innovation et efficience pour répondre aux nouveaux défis
éthiques et sociaux.

Les lieux de soins changent :

L’hôpital de demain sera ambulatoire, d’excellence pour les soins aigus, équipé de
plateaux techniques mutualisés et communicants. Le domicile sera le premier lieu de
prise en charge du patient évoluant dans un environnement connecté. Coordonner son
parcours de soins sera la priorité et la nouvelle tâche des médecins-coordonnateurs de
parcours.
De nouveaux critères de rémunération émergeront pour les professionnels de santé, des
centres de soins et centres diagnostics connectés au patient avec de nouveaux critères
comme la qualité de prise en charge.

Le patient est un consommateur informé :

Le patient exige de l’information et de la transparence, il se renseigne et devient capable


de plus d’autodiagnostic et d’automédication. Il consulte aussi les indicateurs qualité et
les avis sur les établissements, il influence leur fréquentation.
Impliqué dans sa prise en charge, demain il gérera ses données, fera partie des
associations de patients, elles mêmes parties prenantes et forces de proposition dans la
recherche et les innovations thérapeutiques. Cette exigence de repositionnement est
déjà forte aujourd’hui et nécessite pour toutes les structures une adaptation importante
de sa communication.

L’objectif numéro un sera le bien-être et la qualité de vie, le plus longtemps possible et à


son domicile.

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Organisation de l’offre industrielle face à un plateau technique de radiologie en
mutation

2016 est une année riche en transformations en France notamment : mise en place des
fonctions achat communes dans les Groupements Hospitaliers de Territoires,
recommandations en matière de mutualisation des achats par la DGOS, réforme de la
commande publique. Autant de changements que les organisations en santé et les
industriels doivent prendre aujourd’hui en compte.

Ce contexte national est bien présent dans les esprits. Actuellement la radiologie est
l’une des spécialités qui a le plus de mal à recruter. Près de 40,9% des postes restent
vacants et cela s’aggravera avec le grand nombre de départs à la retraite prévu. La
nouvelle loi santé instaurant les groupements hospitaliers de territoires à partir du 1er
janvier 2016 prévoit comme l’un de ses piliers, des plateaux techniques d’imagerie
mutualisés.

Il est probable qu’à la faveur de cette réorganisation la radiologie accentue son


orientation vers la télé-imagerie via des partenariats publics-privés. La mutualisation des
services devrait permettre de mieux organiser la prise en charge d’un patient dans un
territoire en fonction de positionnements différenciés des structures.
Cette réorganisation a également vocation à instaurer une rationalisation des
équipements au sein du territoire.

Ces enjeux apportent une résonance particulière aux solutions techniques présentées
par les industriels, affichant un large panel de solutions qui favoriseront l’interopérabilité
nécessaire des données hospitalières, l’optimisation des processus métier, la
sécurisation de l’accès, la traçabilité et l’archivage.

Ce segment porteur depuis un certain nombre d’années est nettement perçu comme l’un
des domaines apte à dégager des marges de manœuvres importantes comparativement
à la vente de modalités qui devrait au mieux stagner. Les industriels l’ont bien compris et
renforcent non seulement leurs portfolios de solutions d’accompagnements mais mettent
en place des organisations dédiées pour y répondre.

Les fonctions Achat et Engineering vont sans aucun doute être fortement réorganisées
par ces regroupements au sein des GHT. Au-delà des solutions techniques à apporter,
l’évolution du paysage des interlocuteurs à adresser est différemment perçue par les
industriels : une source d’angoisse pour les uns et d’opportunités pour les autres.

Certains industriels ont d’ores et déjà réorganisé leurs forces de ventes pour répondre à
des entités « resserrées ». De manière plus prégnante, un grand nombre d’industriels
affiche, de façon plus ou moins structurée, le développement d’un pôle de compétence
orienté vers le conseil. Afin de répondre aux enjeux que représentent le regroupement de
nos structures et les impératifs de la démographie dans certaines régions, nos plateaux
techniques notamment doivent se réorganiser.

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L’analyse des besoins en matière d’imagerie, du flux qu’elle génère et l’organisation
optimisée en ressources tant humaines que matérielles, laissent envisager un marché de
conseil et d’audit en expansion. Cela créé un potentiel de marché important dont les
résultats orienteront les choix techniques de demain à mettre en œuvre.

Cela permet de mieux comprendre pourquoi ces nouvelles missions ne font pour l’heure
pas forcément l’objet d’une rémunération, dans la mesure où elles constituent une porte
d’entrée privilégiée au sein des structures.

De manière concomitante, le renforcement de l’achat via les centrales d’achat laisse


envisager un référencement multi attributaire, du moins si elles se maintiennent au
pluriel. Ainsi la mise en concurrence, en fin de processus d’analyse du besoin, pourrait
accuser une forte baisse. L’ensemble des industriels constate d’ores et déjà cette
tendance en observant le faible nombre de procédures formalisées locales engagé cette
année. L’impératif pour un industriel d’être un partenaire du projet très en amont sera
donc renforcé : de fournisseurs, les industriels souhaitent devenir des partenaires
stratégiques de nos établissements.
Enfin cette évolution en matière de solution d’achat aura des conséquences attendues
en matière de nombre d’industriels sur le marché. Nous assistons cette année déjà à un
grand nombre de regroupements / rachats / partenariats sur le développement commun
de lignes de produits. Cette tendance se renforcera.

Quelques évolutions du paysage industriel

Nous observons cette année 2016, la création du groupe NGI en janvier, acquisition par
le groupe Numerix de Global Imaging On Line, leader des solutions RIS PACS. Le
groupe français NGI propose une vision globale de l’imagerie médicale. Il en est train
d’étoffer sa gamme de modalités en se rapprochant du constructeur nîmois de table
télécommandée DMS Imaging.

Chez PRIMAX, quelques mouvements de personne en 2016, mais une équipe qui se
stabilise en fin d’année. Primax devient une filiale de GMM puisque GMM prend une part
majoritaire d’actionnariat. La gamme actuelle proposée en France va s’étendre avec
l’intégration des d’équipements GMM pour lesquels Primax aura l’exclusivité de vente.

HITACHI HEALTHCARE poursuit le développement de sa gamme en échographie


adressant en particulier le secteur porteur de l’imagerie interventionnelle. Il renonce pour
l’instant à la distribution sur le territoire de ses équipements d’imagerie en coupe scanner
et IRM dont le positionnement technique et/ou économique n’est pas favorable.

Siemens Healthcare créé en juillet 2015, entité juridiquement indépendante et regroupant


toutes les activités santé a été courant 2016 renommée SIEMENS HEALTHINEERS:
nouveau logo, nouvelles couleurs pour le géant allemand. Mais ce changement de nom
n’est pas qu’une opération marketing, car Siemens entend donner aujourd’hui une totale
autonomie de management à sa division santé, avec notamment une entrée en bourse
annoncée en novembre dernier. Cette entité
s’appuie sur le secteur de l’imagerie, et renforce le champ de la biologie moléculaire en
2016 par l’acquisition de la start up New Oncologie. Elle développe également un
troisième pilier autour de la collecte des données, son hébergement et consolide un
partenariat fort avec IBM sur le traitement des données et le développement de
l’Intelligence Artificielle.

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SAMSUNG annonce une belle année 2016 dans le secteur de l’échographie avec la
promotion de son modèle de mise à disposition en gestion de parc, assuré par un
référencement via UNIHA. Le scanner et l’IRM présents sur les stands l’année dernière
ont disparu, avec une stratégie annoncée de favoriser les scanners de niches à l’image
du Ceretom (embarqué dans un camion) ou du Bodytom (scanner mobile per opératoire).

TOSHIBA MEDICAL est racheté par son compatriote CANON en mars 2016. Pour
Canon, cette acquisition représente une importante extension de son activité médicale
pour le moment limitée à quelques équipements, notamment dans le secteur de
l’ophtalmologie. A ce jour, une majeure partie des approbations a été obtenue. Une
année 2017 qui s’annonce donc plus claire pour Toshiba.

Via l’acquisition de Vital, Toshiba acquiert en novembre dernier Karos Health, entreprise
canadienne, novatrice en informatique de la santé. Cette acquisition permet à Toshiba de
proposer un ensemble de solution informatique dans une perspective de devenir un
partenaire incontournable du DATA management.

PHILIPS se sépare de la partie Lightening, qui fait son entrée en bourse. La société se
recentre sur le bien être avec une couverture allant du home care toujours plus connecté
jusqu’à l’hospitalier en imagerie comme en clinique. Il annonce également sa volonté de
renforcer son offre de conseil porté dans tous ses domaines de compétences
(amélioration du workflow en imagerie, gestion des alarmes en environnements de
soins…).

Les actualités réglementaires en radiophysique et radioprotection, ou révisons nos


basiques…

En marge du congrès, le questionnement sur nos pratiques est sous tendu par un
environnement réglementaire toujours plus contraint. L’année 2017 ne fera pas exception
et va tester nos capacités d’adaptation, celles des PCR et radiophysiciens de nos
établissements.

L’ANSM a publié deux nouvelles décisions le 21 novembre 2016 concernant le contrôle


qualité des installations de radiodiagnostic et des installations de radiologie
interventionnelle qui entreront en vigueur le 30 mars 2017. Elles abrogeront les décisions
du 24 septembre 2007 et 12 août 2015.

Elles instaurent la séparation entre radiologie conventionnelle et interventionnelle et pour


cette dernière instaure, en plus des CQI et CQE complets et annuels, un CQI trimestriel
devant être réalisé par l’exploitant ou sous sa responsabilité. Donc une tache
supplémentaire à confier aux manipulateurs, aux constructeurs, à un organisme certifié ?
La question reste posée et la certitude est bien celle d’une augmentation des coûts
d’exploitation et des temps d’indisponibilité des équipements.

Enfin la Directive 2013/59/Euratom, (modifications dans le Code du Travail), dont la


transposition doit être effective avant le 06 février 2018 apporte une modification de
l’organisation des contrôles techniques de radioprotection. Il est exigé un contrôle
technique externe initial ainsi que les contrôles techniques internes. Les contrôles
externes périodiques seront supprimés.

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Parallèlement, la directive européenne concernant la prévention à l’exposition des
travailleurs aux champs magnétiques vient d’être transposée à la loi française par le
décret du 03 aout 2016. Comme pour les rayonnements ionisants, l’employeur établit
une fiche de poste de travail lorsque le travailleur est susceptible d’être exposé à des
champs magnétiques. Il désigne en outre une personne chargée d’assurer la fonction de
conseiller à la prévention des risques liés aux champs électromagnétiques.

Cette personne réalise l’évaluation des risques, la mise en œuvre de toutes mesures
propres à assurer la santé et la sécurité des travailleurs. Dans le cas de nos intervenants
sur l’IRM, le texte prévoit que l’accès au poste de travail fasse l’objet d’une habilitation
nominative délivrée par l’employeur auprès du DIRECCTE. Cette nouvelle
réglementation ne manque pas de nous interpeller quant à sa mise en œuvre. Ces
missions rappellent fortement celles de PCR et leur champ d’action déjà vaste pourrait
être étendu. Les ingénieurs ne manqueront pas non plus d’être interpellés notamment
dans la mise en place des moyens techniques et/ou contrôles à mettre en œuvre pour la
mesure des valeurs d’exposition.

Et l’équipement dans tout ça ?

La volonté affichée d’évolution du positionnement de nos partenaires industriels pour


devenir acteurs du DATA management et partenaires stratégiques dans l’évolution de
nos plateaux techniques n’efface pas pour autant la place nécessaire à l’innovation
technologique. Pour se démarquer sur un marché toujours plus concurrentiel cette
composante demeure bien l’un des piliers de l’image que nos fournisseurs souhaitent
donner avec des parts d’investissement en recherche et développement qui demeurent
très élevées.

Aussi, les nouveautés, évolutions de gammes ne sont pas en reste. Nous n’avons pas
détecté de réelle rupture technologique, mais plutôt des équipements qui évoluent pour
se faire oublier, plus simples à installer pour certains, plus rapides, ultra portables et ultra
connectés pour d’autres, à l’ergonomie souvent revisitée pour le confort patient ou
utilisateur.

La majeure partie des nouveautés innovations découvertes sur les stands est tournée
vers secteur porteur de l’interventionnel. Pour GE, SIEMENS, PHILIPS et TOSHIBA, la
plus forte croissance des ventes en 2016 a été enregistrée sur les salles
interventionnelles (+20 % chez Philips par exemple). Tous s’accordent à dire que
l’imagerie interventionnelle et les thérapies moins invasives ont de beaux jours devant
elles et contrairement aux autres modalités qui se maintiennent mais stagnent, ce
secteur présente une capacité de développement certain sur lequel ils se doivent d’être
présents.

Les actes radioguidés font partis des leviers pour favoriser le virage ambulatoire tant
surveillé par les autorités de santé de notre pays. Très répandues en chirurgie
cardiaque, les opérations "mini invasives" investissent progressivement d’autres
spécialités : neurologie (traitement des AVC), orthopédie (pose de prothèses…),
oncologie (injections ciblées de chimiothérapie). Elles représentent une option efficace
pour les patients qui ne peuvent pas être traités par les techniques conventionnelles
comme la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie.

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Plus précise, moins invasive, avec des suites opératoires plus légères et une sortie plus
précoce pour le patient, cette technique thérapeutique pratiquée, selon les
établissements, par des chirurgiens et/ou des radiologues (le débat reste ouvert …)
contribue à abaisser fortement les coûts de santé. Même si l’investissement est coûteux,
le système de santé devrait s’y retrouver rapidement puisqu’elle réduit à la fois les
risques opératoires et les temps d’hospitalisation..

Chez Siemens, l’Artis Pheno (salle hybride) prend la relève du Zeego qui a 8 ans déjà et
permet des examens beaucoup plus rapides (68 % plus rapide pour la tête par exemple,
15 % pour le corps), plus surs. Le système est recouvert d’un revêtement qui facilite son
asepsie en limitant la multiplication des organismes. Il est également plus flexible, mieux
adapté à la prise en charge des patients fragiles, obèses, âgés. Dans la salle Siemens,
un échographe est intégré aux consoles de navigation, avec une sonde sans fil.

Toshiba a présenté l’année dernière l’Infinix 4DCT qui permet d’associer et fusionner les
fonctionnalités de l’angiographie et du scanner dans la même salle et dans le même
temps. Un site en France est déjà équipé, deux autres vont suivre…

Chez Philips, le focus porte sur le soft avec la présentation d’OncoSuite, solution
d'oncologie de nouvelle génération, permettant aux médecins d'apporter une analyse et
un traitement ciblé, mini-invasif des lésions tumorales en réduisant l'impact sur les tissus
sains en offrant aux cliniciens une meilleure vue des cibles du traitement.

Ainsi l’interventionnel est à l’honneur comme cela sera détaillé notamment en radiologie
conventionnelle comme en échographie. Nous verrons également au fil de cet article
néanmoins un maintien de l’excellence technique dans toutes les modalités.

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IRM
L’IRM allège son emploi du temps.

* Alexandre GRAILLOT, ** Kevin BELLENGER


* CHU Hôpitaux de Rouen, ** GCS UniHA RENNES

Introduction

Contexte mondial et français.

Le marché mondial des IRM représente en 2016 un Chiffre d’Affaire de 5,61 milliards de
dollars et devrait atteindre 7,19 milliards de dollars d'ici 2021. [1]

Le marché d'IRM est segmenté sur la base de l'architecture, de l'intensité du champ, de


l'application et de la région. L’architecture différencie les IRM fermés et ouverts.
L'intensité du champ est divisée en IRM de bas champ (inférieure à 1,5T), haut champ
(1,5T-3T) et très haut champ (4T et plus). Le segment d'IRM à très haut champ connaît
la croissance la plus rapide, tandis que l'IRM haut champ constitue le parc installé le plus
important. La prédominance des IRM 1,5T peut être attribuée au nombre élevé de
remplacements et à l’adoption croissante de produits performants.

En terme d’application, les IRM sont classifiés en fonction des anatomies suivantes :
colonne vertébrale et musculo-squelettique, cérébral et neurologique, vasculaire, pelvien
et abdominal, mammaire et enfin cardiaque. Dans ce marché, la neurologie détient la
part principale suivie par l'IRM musculo-squelettique et colonne. Le taux de croissance
élevé de ce marché peut être attribué à l'augmentation de la population vieillissante et à
une plus grande sensibilisation au diagnostic précoce.

L'augmentation de la population gériatrique, les progrès dans les techniques d'IRM telles
que le développement d'aimants supraconducteurs (SC), l'architecture ouverte, l'IRM
très-haut champ et les nouvelles applications logicielles devraient favoriser la croissance
mondiale de l’IRM. De même, les marchés émergents (tels que la Chine, l'Inde, le Brésil
et le Moyen-Orient) et de nouveaux domaines d'application tels que la détection de la
sclérose en plaques et du cancer du sein ainsi que l'avènement des IRM hybrides (TEP-
MR) offrent de nouvelles opportunités de croissance aux acteurs du marché. [1]

A contrario, le coût élevé des systèmes, l'appauvrissement des gisements d'hélium et le


recul des taux de remboursement en IRM pourraient affecter sa croissance entre 2016 à
2021.

Une analyse approfondie du marché mondial a révélé que l'accent était de plus en plus
mis sur le remplacement des systèmes d'IRM de faible champ par des systèmes d'IRM à
champ élevé. [1]

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Les principaux acteurs en IRM sont GE Healthcare, HITACHI Medical Corporation
(Japon), PHILIPS Healthcare (Pays-Bas), SIEMENS Healthineers (Allemagne) et
TOSHIBA Medical Systems (Japon).

Le marché de l’IRM en France en 2016 est en croissance de 7% et poursuit sa lente


progression passant ainsi de 11,1 (2015) à 13,1 (2016) machines par million d’habitants,
bien en dessous de la moyenne européenne (20 IRM/million d’h). Cette amélioration
n’est manifestement pas proportionnée à la croissance des besoins avec un délai
d’attente moyen estimé à 30,6 jours en 2016 (30,3 en 2015), loin des objectifs du Plan
Cancer 2014-2019 (20 jours). Il subsiste par ailleurs une forte inégalité territoriale avec
des délais d’attente variant de 19,4 à 44,8 jours selon les régions. Certaines voient leurs
délais exploser à l’image de la région Rhône-Alpes (32,8 jours en 2016 contre 22,8 en
2015). [2] Le SNITEM estime qu’il est urgent de définir collectivement les outils adéquats
de pilotage des ressources et des organisations, au service d’une imagerie efficiente.

L’apparition des IRM haut-champs dédiés/spécialisés Ostéo-articulaire (décision de


l’UNCAM du 20 mars 2012) [3] n’a vraisemblablement pas permis d’obtenir des résultats
satisfaisants et d’atteindre les objectifs du SROS fixés à 1045 machines installées fin
2016.

La récente Loi de modernisation du système de santé propose "d’harmoniser et de


simplifier le cadre relatif aux conditions d’implantions et aux conditions techniques de
fonctionnement pour les activités de soins et d’équipements matériels lourds", précise la
Direction générale de l’Offre de soins (DGOS). Désormais, les autorisations d’installation
ne seront plus attribuées par équipements mais en fonction de l’activité médicale. Le
ministère de la Santé indique que "cette nouvelle modalité intégrera les conditions de
qualité et de sécurité de fonctionnement absentes dans les autorisations d’équipements,
uniquement centrées sur les objectifs quantifiés d’offre de soins". [4] L’IRM rejoint enfin le
régime général d’autorisation d’activités de soins qui compte déjà 18 disciplines.
D’autre part, la piste des IRM bas champs est de nouveau étudiée : une étude médico-
économique mandatée par l’ARS permettra d’évaluer l’impact en terme de workflow
d’une IRM bas champ dédiée OA en remplacement d’une IRM dédiée OA haut champ.

La directive européenne relative aux champs électromagnétiques (2013/35/EU)


retranscrite par le décret français 2016-1074 du 3 aout 2016 fait également partie des
nouvelles contraintes réglementaires en IRM. Les niveaux d’exposition des travailleurs
doivent être comparés aux Valeurs déclenchant l’Actions (VA) et Valeurs Limites
d’Exposition (VLE). Les VA sont les « niveaux d’exposition opérationnels » au-delà
desquels des mesures ou moyens de prévention doivent être mis en œuvre et, pour
celles concernant les effets biophysiques directs, en deçà desquels les VLE sont
considérées comme respectées.

Les VLE ne doivent être dépassées sauf dérogation particulière. On constate qu'aucune
mesure n’a encore été prise par les constructeurs qui considèrent maitriser les lignes de
champs de leur machine d’une part et les limites de SAR (débit d'absorption spécifique)
d’autre part.

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Les hôpitaux devront également prendre en compte ce décret par l’adoption de
protocoles assurant la sécurité du patient et des opérateurs. Néanmoins, les premières
analyses semblent démontrer que sur les IRM conventionnels (1.5T, 3T), il est fortement
improbable d'atteindre les VA et les VLE. Seules des plateformes ultra-haut-champ (7T
et plus) seraient susceptibles de nécessiter des mesures particulières. Il s'agira donc
dans un premier temps d'analyser les zones réelles de risque et de déterminer qui dans
l'institution endosse le rôle de cette PCR des champs électromagnétiques.

Tendances 2016-2017

Le marché français des IRM enregistre une progression modérée des aimants 3T qui
représentent un peu plus du tiers des acquisitions en 2015. Les IRM 1,5T se
maintiennent à près de deux tiers des machines installées, laissant une place
anecdotique aux IRM bas champs. Cette répartition devrait se maintenir dans les 3 à 4
prochaines années compte-tenu de l’absence de perspectives concrètes du côté des
ultra-hauts-champs (7T) et sauf évolution majeure de la réglementation concernant les
bas-champs.

L’IRM en France en 2016/2017 est un marché gravitant autour de 4 sociétés majeures :


GE, PHILIPS, SIEMENS et TOSHIBA dont les parts de marché en 1,5T sont
respectivement de 38%, 13%, 44% et 5%. [5] HITACHI a quant à lui annoncé l’arrêt de la
commercialisation de ses IRM en France au 1er janvier 2017 et ESAOTE, spécialisé dans
les IRM bas-champs ne peut actuellement trouver sa place dans le contexte
réglementaire français.

De nombreuses nouvelles machines sont présentées à l’occasion de ce RSNA 2016


allant du 1.5T entrée de gamme (Siemens) au 3T haut de gamme ou « vaisseau Amiral »
(Toshiba et GE).

Nous avons rencontré beaucoup de nouveaux acteurs chinois et coréens présentant des
machines tantôt classiques (1,5T polyvalente) tantôt « exotiques » (haut champ
spécialisé en imagerie du sein, bas champ dédié à la néonatologie…etc.), mais peu sont
commercialisées en Europe (absence de marquage CE, offre inadaptée). Enfin, la
société Swissray rejoint le marché et présente un nouvel IRM 1,5T 71cm "abordable".

Le marché des petits tunnels reste en déclin (moins de la moitié des ventes françaises
en 2016). Néanmoins, les firmes se démarquent concernant leurs stratégies. GE favorise
ses développements en 70cm et cantonne le 60cm aux machines d'entrée de gamme
(Creator, Explorer) bien que ce segment représente encore 50% de ses ventes de 1.5T
(soit 24 plateformes vendues) en 2016. Siemens perpétue et renouvelle sa gamme de
petits tunnels considérant qu’elle garde et gardera une place importante pour toutes les
plateformes, qu'elles soient économiques, spécialisées OA ou haut de gamme.

RSNA 2016 pages : 14/130


D’un point de vue technique, la vitesse reste une préoccupation majeure des
constructeurs. Trois stratégies étaient développées l’an dernier pour gagner du temps:
- Les protocoles automatisés dits "push button" (ViosWorks, GoBrain)
- les séquences synthétiques (MAGIC, NOVA+)
- les acquisitions « Multicoupes » (SMS, Multiband)

L'Acquisition Comprimée ou "Compressed Sensing", nouveauté présentée comme la


reconstruction itérative de l’IRM, vient cette année se joindre aux nouvelles techniques
en développement ou déjà commercialisées.

Le confort patient intéresse toujours les constructeurs qui améliorent et optimisent leurs
systèmes de projection d’image ou d’immersion du patient dans le tunnel (Philips et
Toshiba).

Il est reconnu que le gadolinium utilisé comme produit de contraste en IRM présente un
risque de survenue de fibrose néphrogénique systémique (FNS) chez des patients
atteints d’une insuffisance rénale. A cet effet, des recommandations relatives à son
utilisation ont été émises depuis 2009 par l’agence européenne du médicament (EMEA).
D'autres études récentes ont montré que le Gadolinium s'accumulait de façon résiduelle
dans le cerveau. [6] Les dangers de ces résidus sont sans doute liés à la structure
moléculaire de l'agent chimique qui accompagne le Gadolinium dans le corps des
patients. Les habitudes des radiologues sont donc appelées à changer et les
constructeurs ont tous développé (et développent encore) des séquences "sans gado"
exploitant les phénomènes de susceptibilité magnétique pour notamment l'angiographie
et le diagnostic neurologique (thromboses, ischémie, tumeurs…).

Un nouveau type d'aimant pourrait également faire son apparition et être à l'origine d'une
nouvelle génération d'IRM médicaux. Développés dans deux laboratoires du Centre
d'Energie Atomique (CEA), les FFC-MRI (Fast Fluid Cycling - Magnetic Resonance
Imaging) ou IRM à cyclage rapide de champ magnétique, permettent de faire varier
l'intensité du champ magnétique et pourraient proposer dans les années à venir une
solution moins coûteuse, plus précise mais moins sensible que les IRM à aimant
permanents actuels. Ils pourraient ouvrir des perspectives dans la détection précoce de
certaines maladies (cancer, arthrose, sarcopénie). [7]

Les constructeurs d'IRM doivent répondre à un objectif de rentabilité et d'efficience dans


un marché mondial aux exigences hétérogènes et dans un contexte économique
défavorable mais néanmoins en croissance.
Il en découle d'une part, une rationalisation des gammes et le développement de
machines "low-end", "éconologiques", aux coûts d’acquisition, d’installation et
d’exploitation maitrisés.

Pour autant, l'arrivée de nouveaux acteurs sur les IRM d'entrée de gamme impose aux
majeurs du secteur de se démarquer par le développement de nouvelles techniques
(acquisition multi-coupes, acquisition comprimée, nouvelles technologies d’antennes) et
de plateformes universitaires haut de gamme.

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L’offre industrielle

ESAOTE

http://www.esaote.com/

Bien que sa stratégie se positionne majoritairement en ultrasons avec une part limitée de
l’IRM à 10% de son CA, la société ESAOTE est le leader mondial de l’IRM dédiée Ostéo-
articulaire (OA). Elle compte aujourd'hui un parc installé de plus de 2800 machines dans
le monde.

En France, le contexte réglementaire favorisant l'implantation des machines haut-champ,


ESAOTE se limite à quelques installations expérimentales ou vétérinaires.
Le débat est quoi qu'il en soit relancé et une étude médico-économique mandatée par
l’ARS est initiée à l'hôpital Lariboisière, afin d’évaluer la pertinence d’une IRM bas champ
O-Scan dédiée OA en remplacement d’une IRM dédiée OA haut champ. ESAOTE
espère toujours l’ouverture du marché des bas champs en France.

La gamme d’IRM ESAOTE se résume à 3 plateformes :

G-Scan Brio, aimant permanent ouvert de 0,25T avec fonction Tilt (FOV 27cm).
O-Scan, aimant permanent fermé de 0,31T dédié aux extrémités (FOV 14cm)
S-Scan, aimant permanent ouvert de 0,25T (FOV 27cm)

ESAOTE poursuit son programme "Exp Evolution" débuté en 2013 qui permet de
constater, année après année, une très nette amélioration de la qualité image et de
l'ergonomie ("Zero Filling", Drug&Drop").

La firme italienne affirme sa volonté de s'ouvrir à d'autres anatomies et annonce au cours


de ce RSNA 2016 un nouveau package d'imagerie cérébrale "Head imaging" (en cours
d'approbation FDA). Disponible sur les G-Scan et S-Scan en FOV étendu, il permet de
réaliser des séquences classiques (Spin Echo T1, FSE T2, Fast FLAIR, GE et 3D Steady
State) à l'exception de la diffusion et de l'angio-IRM (TOF). Ce package est bien entendu
associé à une toute nouvelle antenne tête 4 canaux. ESAOTE affirme ainsi sa volonté
d’ouvrir ses IRM au corps entier.

Deux autres antennes sont présentées en 2016: Une antenne épaule 3 canaux et une
antenne XXL souple abdomen pour les patients obèses.

L'Advanced MRI Dynamics (Rheuma Map) est une cartographie couleur avec
quantification de l’inflammation pour la rhumatologie disponible sur les 3 plateformes
Ce module permet aux cliniciens de différencier les zones pathologiques des structures
anatomiques telles que les vaisseaux en superposant des cartes de couleur sur les
images.

Les acquisitions dynamiques (des cervicales, de l'épaule et TMJ) sont également en


développement.
L'EVO 3D (séquence 3D isotropique), le Speed-Up Pro (nouveaux modes d'acquisitions
et de reconstructions pour réduire les temps d'acquisition de 40%), le X-MAR (réduction
des artefacts métalliques et amélioration la résolution en contraste) et enfin le E-spine
(protocole d'acquisition automatisé de la colonne vertébrale) présentés l'an dernier sont
désormais des produits disponibles sur la gamme IRM d'ESAOTE.

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GE HEALTHCARE

http://www3.gehealthcare.fr

General Electric dispose de son propre engineering et fabrication d’IRM depuis 1983.
Avec un chiffre d’affaire (2015) de 66 millions d’euros et une part de marché de 38,5% en
France, il est le deuxième acteur du secteur. L’IRM représente près d’un tiers de son
activité en imagerie médicale ce qui en fait un axe prioritaire de développement et
concentre une majeure partie des investissements en recherche et développement.

General Electric finalise cette année le cycle “Signa Returns” (2012-2016) avec le
renouvellement intégral de sa gamme d’IRM et entame désormais le cycle “MR
Tomorrow’s today”. GE prétend disposer à ce jour de la gamme la plus complète et la
plus innovante du marché. Il est intéressant de noter que GE ne dispose plus que de 2
plateformes dotées d’un tunnel de 60 cm à 1.5T. Ces machines au coût ajusté peuvent
être destinées aux marchés émergents, aux privés ou aux GIE ou encore en tant qu'IRM
spécialisé ostéo-articulaire. La stratégie de GE à 3T prédit à court terme la fin du 60cm y
compris pour les IRM orientés recherche.

GE présente cette année la plateforme Signa Artist (1.5T tunnel 70cm à vocation
hospitalière doté d’un lit mobile, d’une nouvelle chaine RF et d’une clé recherche).
Il s’agit de la déclinaison du Signa Architect 3T. Le RSNA 2016 est l’occasion d’annoncer
l’arrivée prochaine de l’IRM 3T Signa Premier, considéré comme le futur vaisseau amiral
GE et disponible en 2018 (en cours d’approbation FDA).
Ainsi la gamme GE Signa se décompose désormais de la manière suivante (de l’entrée
de gamme au haut de gamme) :

Signa Creator (1.5T - 60cm - Gradients 33 mT/m – SR 120 T/m/s, orienté “OA”)
Signa Explorer (1.5T – 60cm Gradients 33 mT/m – SR 120 T/m/s)
Signa Voyager (1.5T – 70cm - Gradients UHE 36 mT/m - SR 150 T/m/s)
Signa Artist (1.5T – 70cm – Gradients XP 44 T/m 200 mT/m/s)

Signa Pioneer (3T – 70cm - Gradients UHE 36 mT/m – SR 150 T/m/s)


Signa Architect (3T – 70cm - Gradients 44 mT/m – SR 200 T/m/s)
Signa Premier (3T - 70 cm - Gradients à confirmer) Disponibilité 2018.
Signa PET-MR (PET couplé à un 3T – 60cm avec insertion du détecteur PET)

Figure 1 - Gamme IRM GE Healthcare (2016)

RSNA 2016 pages : 17/130


Le Signa Premier affiche des caractéristiques particulièrement alléchantes puisqu’il sera
doté de nouveaux gradients haute performance SuperG dont les données techniques ne
sont pas dévoilées. Il sera équipé d’une nouvelle chaine RF (TDI 146 canaux). Il
disposera par ailleurs d’un aimant très homogène (50cm à 2.5ppm) issu du Signa
Architect.

Le Premier est aussi l’occasion de présenter une nouvelle technologie d’antenne (AIR
Technology). Il s’agit d’antennes légères permettant de concentrer plus d’éléments dans
le FOV (couverture d’un élément et ADC par centimètre) et de limiter la perte de signal
liée à la superposition des bobines de cuivre. GE utilise en effet un nouvel alliage dont la
nature n’a pas été révélée. Leur design permettra d’optimiser la couverture du patient et
d’exploiter au mieux les techniques d’imagerie parallèles. Trois antennes Air Technology
sont présentées : une antenne tête 48 éléments sur 35cm de couverture, une antenne
souple rachis et abdomen antérieure 30 éléments sur 65cm et postérieure 60 éléments
sur 110cm. Celles-ci permettront d’exploiter les performances de cette nouvelle
plateforme.

GE présente cette année une nouvelle plateforme de séquences et d’innovations


appelée Signa Works et intégrant une nouvelle interface logicielle et de nouvelles
explorations cliniques.

L’interface utilisateurs s’en voit améliorée avec l’affichage entre autre de la taille des
pixels et de la bande passante, la possibilité de placer automatiquement le navigateur,
de glisser-déposer des séquences dans la fenêtre de visualisation ou encore l’intégration
d’Auto-Protocoles visant à réduire la durée des apnées.

Parmi les outils les plus remarquables, on citera :


En neurologie ostéo-articluaire et oncologie, l’HyperSense est une technique
d’accélération par acquisition compressée des séquences 3D. Ce ”compress sensing”
est une acquisition aléatoire du plan de Fourier et de réduction du bruit par itérations
successives. Il devrait permettre une réduction de temps d’acquisition de 30% à 50%.

L’HyperCube est une acquisition volumique en petit champ centré sur la région
anatomique intéressant la neuro, l’oncologie et l’ostéo-articluaire.
La séquence ViosWorks développée par GE et s’appuyant sur une solution de post
traitement automatisée en CLOUD de la société Arterys est une technioque d’imagerie
du flux cardiaque sans apnée 7D de 8 à 10 minutes.

L’HyperBand est une technique de diffusion en neuro permettant de diviser le temps


d’acquisition par 3 en effectuant l’acquisition de trois coupes simultanées.

GE poursuit également sa communication sur la séquence MAGIC (désormais


approuvée par la FDA et marquée CE) et présente MAGIC Diffusion, une nouvelle
approche d'acquisition en diffusion. Cette séquence synthétique, pour les examens neuro
et oncologie toute anatomie permet de réduire les temps d’acquisition en diffusion et de
reconstruire différentes valeurs de diffusion sans effectuer l’acquisition.

RSNA 2016 pages : 18/130


PHILIPS

http://www.philips.fr/healthcare

Philips commercialise des IRM depuis 1980 avec sa première machine appelée Proton.
La vision de la firme néerlandaise est concentrée sur 3 axes majeurs visant à offrir
l’accès aux examens IRM à tous les patients : Premium IQ proposant des techniques
d’acquisition rapides, robuste et simples à interpréter ; iPatient améliorant la gestion des
patients et assurant un meilleur confort de travail pour le médecin et le manipulateur; in-
Bore, une solution d’immersion et de projection d’image offrant confort et sérénité
nécessaires à la coopération du patient.

La gamme IRM Philips se résume à 5 plateformes 1.5 et 3T. En plus du Multiva (1.5T
entrée de gamme analogique en 8, 16 ou 32 canaux), Philips décline désormais sa
gamme d’IRM Ingénia bénéficiant du système d’antennes numérisées dStream en 1.5T,
3T, disponibles en tunnel 60 (CX) ou 70cm. Pour répondre au besoin des marchés
émergents et à forte rentabilité, une nouvelle gamme devrait être présentée lors du
prochain ECR de Vienne (printemps 2017), mais aucune information n’a filtrée durant le
RSNA.

Figure 2 - Gamme IRM Philips (2016)

La gamme d’IRM Philips est composée des plateformes suivantes :

Multiva 1.5T (8/16 canaux -Gradients 33 mT/m – SR 120 T/m/s)


Multiva 1.5T oStream (32 canaux -Gradients 33 mT/m – SR 120 T/m/s)
Ingenia 1.5T Omega HP (architecture dStream - Gradients 45 mT/m – SR 200 T/m/s)

Ingenia 1.5T S / Omega (architecture dStream - Gradients 33 mT/m – SR 120 T/m/s)


Ingenia 1.5T Cx Omega (architecture dStream - Gradients 33 mT/m – SR 120 T/m/s)
Ingenia 3T Omega HP (architecture dStream - Gradients 45 mT/m – SR 200 T/m/s)
Ingenia 3T Cx Omega (architecture dStream - Gradients 40 mT/m – SR 120 T/m/s)
Ingenia 3T Cx Quasar Dual (dStream - Gradients 80 mT/m – SR 200 T/m/s)

Philips présente sa nouvelle architecture dSync, le cerveau des IRM Philips 100% digital
permettant un contrôle de tous les éléments avec une plus grande précision.

RSNA 2016 pages : 19/130


Les IRM Ingenia sont prêtes pour les évolutions futures afin de mieux appréhender
l’arrivée des nouvelles techniques d’acquisition, de reconstruction et de traitements du
signal.

L’infrastructure à large bande numérique synchronisée permet une nouvelle approche de


l’IRM grâce à une reconstruction des séquences en temps reel, de nouveaux modèles de
reconstruction, de nouvelles méthodes d’acquisition (Multi-écho Acquisitions
instantanées Accélérations avancées) et des performances réseau améliorées.

Trois nouvelles antennes 16 canaux sont présentées cette année:


• Antenne Epaule (réglable en hauteur et en angle)
• Antenne pied cheville
• Antenne main poignet

A noter la possibilité de mettre en parallèle deux antennes micro pour les acquisitions
Sense.

Le système InBore est également amélioré. In-bore Connect est un système unique
guidant le patient et incluant désormais une barre de progression, permettant au patient
de mieux comprendre où il en est du déroulement de l’examen.
Philips communique plus particulièrement sur la neuroradiologie et introduit 8 nouvelles
stratégies d’acquisitions et de visualisations qui aident à répondre à des questions
cliniques complexes, repoussent les frontières diagnostiques et fournissent des solutions
conviviales, sans produit de contraste:

Le Black Blood Imaging permet la suppression du signal des vaisseaux. L’imagerie


sang noir combinée avec des acquisitions isotropiques 3D TSE fournit des données de
résolution spatiale élevée avec effet « sang noir » sur des anatomies comme le cerveau,
l’ensemble tête-cou, le foie, etc.
L’imagerie ZOOM diffusion, haute résolution propose un champ d’acquisition plus petit
pour le cerveau le rachis et la prostate.
Le 4D TRANCE est une technologie Angio IRM dynamique à haute résolution temporelle
qui permet l’angiographie du cerveau entier sans utiliser de produit de contraste grâce à
la présence exogène du signal sanguin.

Le MultiBand SENSE permet l’excitation et l’acquisition simultanées de plusieurs


volumes. MultiBand SENSE est conçue pour être utilisée en IRM fonctionnelle et DTI et
permet d’accélérer les durées d’acquisition.

Le 3D ASL Neuro Specialist est une technique d’imagerie de perfusion non-injectée par
marquage des Spin (ASL) en 3D.

Le 3D NerveView est une technique qui améliore l’imagerie des faisceaux de nerf du
plexus brachial en fournissant une acquisition haute résolution T2w TSE avec un signal
réduit de la lumière persistante des veines.

Le Longitudinal Brain Imaging permet un affichage optimisé des séquences. La


comparaison est ainsi simplifiée en chargeant, alignant et enregistrant des images du
cerveau acquises à différents moments.

NeuroQuant est une application de Segmentation, de classification et de quantification


automatique des structures cérébrales.

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SIEMENS Healthineers

https://www.healthcare.siemens.fr/

Siemens change de nom et de logo et devient Siemens Healthineers (contraction de


Healthcare, Innovation et Engineers). Cette modification est le reflet d’une séparation des
activités Santé au sein du groupe Siemens.

Siemens affiche une position de leader sur le marché mondial et français (52% de part
de marché) de l’IRM. Ils se distinguent des concurrents avec une gamme
particulièrement étoffée de plateformes 1.5, 3T et 7T visant à couvrir tout type de besoin
pour les centres libéraux, CH, CHU et centres de recherche. Siemens collabore à un
projet de recherche plus ambitieux encore dans l’unité Neurospin du CEA à Saclay d’une
IRM très haut champ.

Contrairement à nombre de ses concurrents, Siemens réaffirme sa volonté de poursuivre


le développement de machines à tunnel 60cm qui permettent de proposer des machines
compétitives d’une part et garantissent une excellente homogénéité de champ d’autre
part. Cela n’empêche en rien le développement de machines 70cm qui connaissent un
fort développement ces dernières années.

Figure 3 - Gamme IRM Cliniques Siemens (2016)

La gamme d’IRM Siemens est composée des plateformes suivantes :

Essenza (1.5T- 60cm - 8/16/24 canaux -Gradients 30 mT/m – SR 100 T/m/s)


Sempra (1.5T- 60cm - 16 canaux - Gradients 30 mT/m – SR 100 T/m/s)
Amira (1.5T - 60 cm - 16 / 24 canaux - Gradients 33 mT/m – SR 125 T/m/s)
Aera (1.5T - 70cm – 24/48/64 canaux - Gradients 33 mT/m - SR 125 T/m/s ou 45 mT/m -
SR 200 T/m/s)
Spectra (3T - 60cm - 24 canaux - Gradients 33 mT/m – SR 125 T/m/s)
Verio (3T - 70 cm - 18 ou 32 canaux 45 mT/m – SR 200 T/m/s)
Skyra (3T - 70cm - 48, 64 ou 128 canaux - Gradients 45 mT/m – SR 200 T/m/s)
Prisma (3T recherche - 60 cm - 64 ou 128 canaux - Gradients 80 mT/m - 200 T/m/s)
Magnetom (7T recherche - 60cm - 32 canaux - Gradients 70 mT/m – SR 200 T/m/s)

RSNA 2016 pages : 21/130


Siemens présente au RSNA 2016 une nouvelle plateforme 1,5T 16 canaux avec un
tunnel de 60cm de diamètre appelée Sempra. Bien que possédant un coût
d’investissement légèrement supérieur à l’Essenza, cette plateforme se veut plus
économique à la fois en termes de contraintes d’installation et de coût d’exploitation.
Sempra bénéficie de la technologie « zero helium boil off » qui garantie une limitation de
la consommation de l’IRM par recyclage de l’hélium, recompressé puis réinjecté dans le
circuit. Sa consommation électrique est de 29 kVA en fonctionnement ce qui en fait une
des machines les moins consommatrices du marché en 1.5T. Le mode « eco power »
permet un arrêt automatique du refroidissement de la tête froide lors d’une inutilisation
prolongée de la machine.

Elle inclut de base le "3 Dot" neurologie, rachis et ostéo-articulaire, le mode « Advanced
WARP », amélioration du mode WARP (gestion des implants).

La Sempra pourra donc à la fois répondre au cahier des charges d’une machine
spécialisée ostéo-articulaire ou à celui d’une machine de routine clinique polyvalente.
Siemens annonce un coût global de fonctionnement 8% inférieur à l’Essenza pourtant
positionné légèrement en dessous dans la gamme, ce qui pose la question de la
cohabitation des deux machines.

Siemens annonce également la fin de commercialisation de la plateforme Avanto (que


l’on peut considérer à terme comme remplacée par la Sempra).

Au-delà des nouvelles machines, la communication de Siemens cette année repose sur
trois axes principaux :
- Automatiser et simplifier les examens, notamment grâce aux protocoles «push
button » (GoBrain)
- Réduire la durée d’examen en trouvant le meilleur compromis temps/qualité
image, grâce aux acquisitions multi-coupes (SMS) et l’acquisition comprimée
(Compressed Sensing).
- Aller plus loin dans la caractérisation des tissus avec le Fingerprinting.

Siemens améliore son protocole GoBrain, un protocole “push button” composé de 5


acquisitions à visée neurologique présenté lors du RSNA 2015.

La nouvelle version GoBrain plus intègre désormais de nouvelles séquences en


complément des séquences de base telles que l’imagerie de contraste et de diffusion, le
tout en 10 à 14 minutes (selon puissance du champ), contre plus de 30 minutes en cas
de réalisation des séquences non optimisées. Siemens affiche sa volonté d’étendre ce
type de protocoles à d’autres anatomies pour simplifier, rendre non opérateur-
dépendantes et toujours plus reproductibles les acquisitions IRM. Aucun calendrier
prévisionnel de sortie n’a été dévoilé quant à l’extension de ce type de protocoles.

A noter également que la plateforme Syngo Via passe en version VB20, sans toutefois
engendrer de révolution majeure en terme d’ergonomie ou de fonctionnalités.

Pour aller plus loin dans la caractérisation tissulaire, Siemens présente cette année la
cartographie Magnetic Resonance Fingerprinting. Le MRF est une nouvelle approche
d'acquisition de données, conçue pour fournir des cartes quantitatives
multiparamétriques avec un haut niveau de robustesse et de reproductibilité.

Grâce à des cartes multiparamétriques acquises simultanément, MRF est conçu pour
permettre la caractérisation des tissus avec des paramètres quantitatifs précis

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Le Case Western Reserve University (CWRU) est partenaire exclusif de Siemens
Healthineers afin de perfectionner cette méthode prometteuse.

Siemens poursuit le développement de la multi-coupe simultanée (SMS) présenté l’an


dernier et désormais déployé en routine clinique en neurologie sur les machines haut de
gamme de la marque. L’objectif à terme est de pouvoir appliquer cette acquisition multi-
coupes sur tout type de machine (L'Amira en est équipé depuis cette année), de
séquences et anatomies. La France est pilote dans le déploiement du SMS en mode
TSE. Les résultats présentés lors des JFR 2016 au symposium Siemens sont très
positifs.

Siemens présente cette année l’acquisition comprimée (Compressed Sensing), une


technique permettant de trouver la solution la plus parcimonieuse d'un système linéaire
sous-déterminé. Ce mode d’acquisition permet de limiter l’information acquise, pour
ensuite, par reconstruction itérative, retrouver une image de qualité diagnostique. Il s’agit
donc de trouver un compromis idéal entre temps d’acquisition et qualité image, comme
c’est le cas lors de l’utilisation de la reconstruction itérative en CT.

Le principe est le suivant : le plan de Fourier est sous échantillonné de façon incohérente
et aléatoire, ce qui permet de réduire le temps d’acquisition. L’échantillonnage aléatoire
et la reconstruction itérative permettent de conserver une bonne résolution spatiale et de
ne pas perdre d’information, tout en s’abrogeant des artefacts (aliasing). Siemens fonde
beaucoup d’espoir sur cette nouvelle technique notamment pour les acquisitions temps
réel permettant par exemple à terme la réalisation de séquences en respiration libre, ou
encore l’amélioration de la qualité image sur les séquences cardiaques.

Le Compressed Sensing sera déployé en 2017 sur les plateformes Aera et Skyra mettant
à profit les 48 canaux et le calculateur GPU.

Siemens met en avant son package « Entreprise solutions » qui constitue une offre de
service complète allant de l’audit organisationnel de pré-installation à l’assistance au
déploiement ou encore l’organisation dans le cadre d’une restructuration de l’activité.
Siemens croit beaucoup en la plus value apportée par le service et le conseil dans le
cadre des investissements hospitaliers, d’autant plus dans le contexte actuel lié aux GHT
et au programme médical commun, qui vont apporter de nouvelles problématiques.

TOSHIBA

http://www.toshiba-medical.eu/fr/

Annoncé fin 2015, le rachat de TOSHIBA par la société CANON reste tout à fait
transparent hormis un subtil changement de la couleur du logo dont le rouge prend la
teinte de son désormais propriétaire et confrère japonais.
Au premier décembre 2016, le constructeur nippon a installé 33 IRM dont 4 spécialisés
OA et un 3T. Il a pour ambition d’atteindre une part de marché en France de 10% d’ici
2020.

La gamme IRM Toshiba propose à la fois des plateformes 1,5T d’ouverture intermédiaire
et large et 3T de large ouverture, Grâce au développement d’un design affiné des
gradients et de la chaine RF, TOSHIBA parvient à proposer des tunnels plus larges tout
en préservant l’homogénéité du champs et la grandeur des volumes d’acquisition (FOV).
La gamme IRM 3T est complétée cette année par la nouvelle plateforme annoncée
durant le RSNA 2016: le Galan 3T.

RSNA 2016 pages : 23/130


La gamme TOSHIBA est donc désormais la suivante :

ELANOsteo 1.5T (Tunnel 63 cm - Gradients 33 mT/m - SR 125 T/m/s)


ELAN 1.5T (Tunnel 63 cm - Gradients 33 mT/m - SR 125 T/m/s)
TITAN v3 1.5T (Tunnel 71 cm – 8/16/32 canaux - Gradients 34 mT/m - SR 148 T/m/s)
TITAN 3T (Tunnel 71 cm - 16/32 canaux - Gradients 30 / 45 mT/m - SR 203 T/m/s)
GALAN 3T (Tunnel 71 cm – 128 canaux - Sure RF Tx/ Rx – Gradients 33mT/m -
200mT/m/s)

La communication de TOSHIBA au cours de ce RSNA 2016 est concentrée sur 3 axes


principaux :

En premier lieu il présente la nouvelle plateforme 3T, le GALAN 3T. Equipé du même
aimant que le TITAN 3T, le GALAN 3T bénéficie de 128 canaux et d’une nouvelle
technologie de gradients comprimés à haute pression avec refroidissement avancé
offrant des caractéristiques polyvalentes (33mT/m - SR 200mT/m/s). Sur ce nouveau
modèle l’accent est mis sur les conditions d’implantation annoncées comme
comparables à un IRM 1.5T en termes de surface au sol, de raccordement électrique, et
des lignes de champs magnétiques comprimées grâce à un tout nouveau système de
blindage.

La chaine RF du Galan 3T est unique et innovante aussi bien en émission qu’en


réception :
- PURE RF Tx est un système démission breveté offrant une meilleure transmission de la
RF et une limitation de la SAR.
- PURE RF Rx est une technologie brevetée de réduction active du bruit externe
permettant d’augmenter le rapport signal sur bruit de 20%.

Fruit de son rachat par la firme nipponne l’an dernier, OLEA propose en exclusivité sur
les plateformes TOSHIBA le NOVA+. Il s’agit d’une séquence d’IRM synthétique
permettant d’obtenir des images multi-contrastes à partir de l’acquisition des
cartographies T1 et T2. Cette séquence est d’ores et déjà utilisée en neuro IRM dans
certains pays. Toshiba annonce poursuivre son développement pour élargir le périmètre
des applications cliniques de Nova + à l’ostéo articulaire puis à terme au corps entier.

Dernière nouveauté de ce RSNA 2016, le MR Theater propose une expérience du


patient en immersion. Un projecteur amagnétique HD diffuse dans le tunnel des images
animées afin d’immerger le patient dans une ambiance reposante et calme et ainsi
garantir la qualité de l’examen.

AUTRES FOURNISSEURS

HITACHI couvre une gamme large d’IRM allant du bas champ au très haut champ. Il
avait annoncé l’an dernier l’arrivée d’un 3T ovale de 74cm.
La firme nippone interrompt la commercialisation de ses IRM en France au 1er janvier
2017. HITACHI assurera la maintenance des machines installées jusqu’à leur
renouvellement. Cette information transmise oralement n’a néanmoins pas fait l’objet
d’un communiqué officiel.

SAMSUNG avait communiqué en IRM au cours du RSNA 2015 en pré-annonçant un 3T


appelé Nex HR 70. La société coréenne prend du recul cette année et ne donne plus
aucune information sur la commercialisation de cette machine.

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SWISSRAY entre sur le marché des IRM et présente cette année une nouvelle machine
1.5T large tunnel (71cm), le SR Pulse 710. Cette plateforme abordable se dote de
caractéristiques modestes (16 canaux, gradients de 33 mT/m, antennes phased array
multiéléments, zero boil off). Développé par les équipes américaines, le SR Pulse 710
est "FDA approved" et semble destiné avant tout au marché nord-américain. Aucune
commercialisation en France n’est pour le moment indiquée par la firme.

Enfin, de plus en plus de nouveaux acteurs asiatiques (essentiellement chinois et


coréens) font leur apparition sur le RSNA et proposent des machines allant du bas
champ spécialisé au haut champ polyvalent. La société MAGSPIN, par exemple,
propose des IRM bas champs dédiés néonatologie (Nindo) ou ostéo-articulaire
(Armous). Ces machines non marquées CE, ont peu de chance à court terme d’être
commercialisées en Europe.

Conclusion

L'IRM allège son emploi du temps.

Nous constatons une forme de "pondération" dans le développement en IRM et l'accent


est d’avantage mis sur des machines "entrée de gamme". Le marketing prend alors le
relai pour compenser l'absence d'innovation majeure ces dernières années.

Néanmoins, l’arrivée de nouveaux acteurs impose aux leaders du marché d’innover et de


se démarquer des plateformes low-end. On voit donc apparaître de nouveaux 3T haut de
gamme (GALAN TOSHIBA et Premier GE) et quelques nouvelles machines 1.5T
optimisées.

Le temps est précieux en IRM car il répond à la triple problématique de la qualité image,
du confort patient et de la rentabilité des machines. Ainsi, les développements s'orientent
en majeure partie vers des techniques d'acquisition et de reconstruction visant à gagner
du temps :

- Les protocoles "push button" (ViosWorks GE, GoBrain + SIEMENS) qui


permettent d’optimiser les acquisitions et gagner du temps. Ils ne constituent
néanmoins pas une révolution technologique.
- Les nouvelles techniques d’acquisition plus rapides et plus robustes (Premium iQ
PHILIPS).
- Les séquences synthétiques qui posent la question du temps gagné par les
manipulateurs mais de l’effet pervers que peut engendrer ce genre de données
illimitées pour le radiologue (MAGIC GE, NOVA+ TOSHIBA).
- Les acquisitions « multi-coupes » (HyperBand GE, SMS SIEMENS) qui comme
pour le multi-barrettes en scanner permettent d’accélérer les acquisitions mais
demandent une puissance de calcul élevée et restent pour le moment limitées à la
neuroradiologie.
- Les acquisitions comprimées (HyperSense GE, Compressed Sensing SIEMENS)
qui peuvent être comparées à la reconstruction itérative du scanner, constituent
une vraie nouveauté à fort potentiel mais nécessitent là encore des
reconstructeurs puissants.

De nouvelles séquences font leur apparition à l’instar de PHILIPS qui propose une série
de 8 nouvelles techniques pour la neurologie. Quelques nouvelles antennes (ESAOTE,
PHILIPS) sont aussi dévoilées. Cette année GE innove particulièrement avec une
nouvelle gamme d’antennes Air Technology plus légères et sans boucle de cuivre qui
profitera dans un premier temps à la future plateforme 3T Signa Premier.

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Enfin le confort patient est chaque année amélioré et les firmes optimisent leurs
systèmes d’immersion du patient dans le tunnel pour le rendre plus détendu et coopératif
(InBore Connnect PHILIPS, MR Theatre TOSHIBA).

Références
[1] Marketsandmarkets.com (Juin 2016) - "Magnetic Resonance Imaging (MRI) Systems Market by
Architecture - Global Forecast to 2021"
[2] APMnews (juillet 2016) - "Le délai moyen pour un examen d'IRM stagne toujours autour de 30 jours"
(enquête des fabricants 2016) – juillet 2016
[3] "Décision du 20 mars 2012 de l'UNCAM relative à la liste des actes et prestations pris en charge par
l'assurance maladie"
[4] Thema Radiologie (11 mars 2016) - "Implantation d’IRM en France: la réforme est en marche"
[5] SNITEM
[6] Thema Radiologie (5 mai 2015) - "Le gadolinium est-il dangereux à long terme?"
[7] Les défis du CEA n° 210 (Septembre 2016) - "Nouveau scanner identifié"

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MAMMOGRAPHIE
Le confort patiente au sein des préoccupations
* Alexandre GRAILLOT, ** Kevin BELLENGER
* CHU Hôpitaux de Rouen, ** GCS UniHA RENNES

Introduction

Contexte Français

La mammographie de dépistage représente en France une volumétrie de 2.530.000


examens en 2015 (1) avec un taux de participation estimé à 51,5% de la population cible
(1)
. L’objectif européen étant pour rappel, d’une participation de 70% de la population
cible soit une volumétrie de 3.450.000 examens de dépistage (3) si ce taux de
participation était atteint. L’objectif national fixé par le plan cancer étant de 65%. (4) Cette
volumétrie potentielle d’examens, combinée au vieillissement de la population, laisse
présager une croissance constante des besoins pour cette modalité d’imagerie en
dépistage.

Tendances du marché

Les efforts successifs des différents plans de dépistage visent à atteindre l’objectif de
70% de la population cible (3), notamment en diminuant le délai d’accès à la modalité
d’imagerie mais également en rassurant les femmes sur l’examen en lui-même. C’est
également le parti pris par les industriels du secteur qui misent sur l’ergonomie patiente
et le ressenti de l’examen pour diminuer le stress lié à la compression mammaire,
douloureuse et anxiogène. Tous se placent dans une optique non plus d’examen mais
d’expérience, avec des ambiances lumineuses, des designs travaillés pour adoucir les
courbes du dispositif, une ergonomie de préhension adaptée à toutes les physionomies
ou encore de nouvelles méthodes de compression limitant au maximum la douleur.

La tomosynthèse étant désormais adoptée par tous et maitrisée, elle ne semble plus
représenter pour les industriels un argument majeur de différenciation, d’autant plus sur
le marché Français, encore en attente de la validation du contrôle qualité tomosynthèse
et des modes 2D synthétiques pour le dépistage. Cette impasse réglementaire semble
favoriser les modèles dits « évolutifs » moins chers que les modèles tomosynthèses
purs, mais garantissant de pouvoir en cas d’évolution de la règlementation faire évoluer
le mammographe et intégrer la tomosynthèse.

L’absence de protocole encadrant l’interprétation et la seconde lecture laisse suggérer


un statut quo concernant la tomosynthèse pour les deux prochaines années à venir à
minima, ce qui est corroboré par les discussions avec les industriels du secteur.

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Le mode 2D synthétique se répand de plus en plus parmi les fournisseurs et est validé
en utilisation dans le cadre du dépistage dans certains pays tels que les Etats Unis,
l’Espagne, l’Italie ou encore la Norvège. Cette validation progressive en dépistage dans
différents pays est un signe prometteur confirmant que la tomosynthèse s’impose petit à
petit comme un outil clinique de premier recours dans le cadre du dépistage du cancer
du sein.

Etat du marché

En 2015 le Marché global de la mammographie représentait environ 17 millions d’euros


hors taxes tous secteurs confondus (public et privé), soit un volume de machines entre
85 et 100 machines par an. Par rapport à 2014 le marché est en légère décroissance en
terme de machines vendues, mais en croissance en termes de chiffre d’affaire ce qui
traduit une augmentation du prix moyen, reflet de la tendance des sites à s’équiper de
plus en plus de machines évolutives ou directement équipées de tomosynthèse.

La baisse du nombre d’unités vendues se poursuit, explicable notamment par le


regroupement des cabinets privés et le passage au numérique entrainant une
augmentation du workflow par machine. L’effet GHT est encore mal évalué par les
industriels mais devrait se sentir en 2017 avec une répartition des ventes plus forte
qu’aujourd’hui entre les modèles avec tomosynthèse « haut de gamme » pour les
hôpitaux supports et des modèles de routine évolutifs tomosynthèse ou non, pour les
hôpitaux annexes.

L’impact sur la structure privée est lui plus évident avec un regroupement s’accélérant et
qui devrait continuer d’impacter les ventes à la baisse pour 2017 avec un non
renouvellement important des machines analogiques dans de nombreux centres privés
au profit de la mutualisation.

L’offre industrielle

FUJIFILM

Fort de son expérience en mammographie (10 000 systèmes CR mammo dans le


monde), Fujifilm installe son premier mammographe AMULET à capteur plein format en
janvier 2009.

Cette même année, la firme nippone dévoile sa technologie propriétaire de capteur plan
au Sélénium amorphe 50 microns, ainsi que sa suite logicielle sur une base mécanique
Siemens.

2011 marque l'arrivée de la deuxième génération d’AMULET entièrement conçue par


Fujifilm.

En 2013, la société Fujifilm bouleverse le marché avec le seul mammographe capable de


combiner deux angulations différentes sous tomosynthèse. Le système Innovality
concentre toutes les avancées de la R&D Fujifilm avec un système capteur plan
innovant. Le pixel désormais hexagonal de la technologie HCP (Hexagonal Close
Pattern) permet à l’utilisateur d'avoir le choix entre deux protocoles différents en
tomosynthèse.
Un angle court de 15° qui apporte les bénéfices de la tomosynthèse en respectant le
confort de la patiente avec une réalisation en 04 secondes et une dose équivalente à la

RSNA 2016 pages : 28/130


2D. Un angle plus important de 40° en 09 secondes qui permet d’affiner le diagnostic
dans un cadre de suivi ou pour des analyses plus complexes.

L’innovality concentre aujourd’hui le savoir-faire de Fujifilm en mammographie 2D :

• tomosynthèse 15° et 40°, 2D


• tomosynthèse combinées dans une seule compression
• vue synthétique S-View
• biopsie,
• biopsie sous tomosynthèse en 15°ou 40°,
• abord vertical ou latéral (confort d’utilisation, lésion profonde et respect du
décolleté de la patiente)
• angiomammographie.

Le système Innovality s’appuie sur les caractéristiques du capteur plan à conversion


directe (a-Se) avec technologie HCP (Hexagonal Close Pattern) développé par Fujifilm.
Ce capteur offre une résolution de 50 microns pour des images de qualité supérieure
avec un niveau de dose réduit (moins 20% par rapport à l’ancien modèle) et un contraste
élevé dans l’analyse du sein. Il est équipé d’un nouvel exposeur automatique i-AEC,
Automatic Exposure Control. Celui-ci permet d’optimiser la précision d’exposition quelles
que soient les épaisseurs et les densités traversées, et d’effectuer une exposition en
automatique pour les seins avec implants mammaires. De plus, un intervalle de
seulement 15 secondes entre les expositions autorise un flux de travail optimisé. La
technologie choisie permet en outre l'acquisition des 15 expositions de la tomosynthèse
respectivement en 4 et 9 secondes dans les modes ST (angle fermé de 15°) et HR
(angle ouvert de 40°).

Enfin, cette technologie réduit la dose d’exposition ainsi que le temps d’acquisition et
d’affichage des images (5 secondes).

En termes de biopsie, le mammographe Innovality permet l’abord vertical et latéral droit


ou gauche (confort d’utilisation, lésion profonde et respect du décolleté de la patiente)
lors de la biopsie afin de répondre aux différents scénarios.

La biopsie sous tomosynthèse est possible dans les deux angles et sous les deux
abords, vertical et latéral afin de cibler les lésions non visibles en 2D et apporte la qualité
du 50 microns lors du repérage de micro calcifications.

Un localisateur permet l’analyse radiologique des carottes lors de l’examen sans


décomprimer la patiente.

Pour le confort de la patiente, Fujifilm a développé une pelle flexible dite sweet flex qui
épouse la forme du sein et permet un meilleur ressenti lors de la compression.
La conception de la pelle ergonomique respecte les contours du sein et permet une
répartition plus uniforme de la pression exercée afin de réduire l’inconfort de l’examen
tout en assurant une séparation adéquate des tissus. Une gamme complète de pelles
spécifiques est disponible, pour un positionnement et une compression adaptés à tous
types de seins. Elle comprend notamment des pelles spécialement conçues pour les
petites poitrines.

La compression peut se faire dans les deux modes : motorisé et manuel. La particularité
étant un retour de force en mode manuel qui permet une perception physique du ressenti
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de la patiente, ce qui permet d'affiner le réglage dans un ratio confort de la
patiente/exigences techniques optimales.

Dans les cas difficiles la patiente peut s’auto comprimer et ainsi augmenter le seuil
d’acceptation de l’examen.

La colonne est éclairée par une lumière indirecte s’estompant lorsque le système est
éteint, créant ainsi une ambiance relaxante. Cet éclairage permet de réduire le stress lié
aux examens.

La société FUJIFILM n'a fait aucune annonce au cours de ce RSNA 2016 concernant
des nouveautés et innovations sur sa gamme de mammographes.

GENERAL ELECTRIC

Nouveauté de ce RSNA, présentée à l’occasion du SIFEM et des JFR, General Electric


lance son nouveau mammographe : le Pristina et également la nouvelle plateforme Seno
Iris.

L’offre General Electric en mammographie comprenait déjà un modèle 2D de routine


évolutif tomosynthèse et stéréotaxie numérique, le SenoEssential. Le modèle avec
tomosynthèse (SenoClaire) et angiomammographie (SenoBright), se positionnant sur un
segment haut de gamme avec possibilité de réaliser des biopsies sous stéréotaxie.

General Electric propose donc logiquement le Pristina comme un complément de gamme


sur un segment dit performance/premium, en visant un cœur de cible ayant besoin de
fonctionnalités et applications avancées, typiquement les CHU, Hôpitaux supports de
GHT, Centres de lutte contre le cancer ou encore centres privés orientés vers l’imagerie
de la femme.

Développé et produit en France dans l’usine de Buc, le dernier né de la gamme, le


Senographe Pristina est le fruit de 5 années de recherches et développement par les
équipes françaises. L’argumentaire de vente s’articule autour de l’humain, de la patiente
au personnel avec les points forts suivants :
• l’expérience patiente
• le confort d’examen,
• l’expérience utilisateur
• l’ergonomie de travail
• la performance clinique
• les outils d’interprétation.

Le travail de design de la plateforme Pristina a pour but d’améliorer le ressenti patient au


cours de l’examen en limitant le stress et la douleur induite par l’examen de
mammographie. En premier lieu le statif possède des courbes épurées limitant l’aspect
massif, bien qu’embarquant désormais l’armoire technique qui peut être camouflée par
un plaquage adéquat, créant ainsi le premier mammographe encastrable. Au niveau des
poignées, le système de préhension a également été spécialement étudié pour garantir
une position confortable ne créant pas de tensions musculaires pour la patiente et limite
le risque de mouvement.

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Un tout nouveau système de compression du sein est présenté. Ce dispositif permet à la
patiente de gérer elle-même la compression du sein par le biais d’une télécommande
Wifi. La patiente optimise la compression reçue car le manipulateur applique dans un
premier temps, le seuil minimum de compression pour obtenir une bonne performance
clinique, puis la patiente prend le relai pour compresser grâce à la télécommande. Selon
les premiers résultats des sites tests, General Electric annonce que ce dispositif permet
une compression plus importante par la patiente elle-même qu’en cas de compression
par un manipulateur. Ceci permet à la fois de réduire les paramètres d’irradiation et
d’obtenir une meilleure qualité image en diminuant l’épaisseur du sein imagé.

Sur le volet expérience utilisateur et ergonomie de travail l’élément de nouveauté


principal sur ce modèle est la position parking du tube permettant de dégager le tube sur
le côté afin de libérer l’espace de travail pour le manipulateur en partie haute lors du
placement du sein.

Au niveau des spécifications techniques, le Pristina propose un mode tomosynthèse


Step and Shoot avec un balayage de 25° (-12.5°/+12.5°), en 9 projections, le tout réalisé
en 9 secondes. Le détecteur silicium amorphe employé présente une taille de pixel de
100 microns sans bining en tomosynthèse. Le niveau de dosimétrie annoncé est
équivalent à celui d’une acquisition 2D.

L’acquisition tomosynthèse peut être visualisée en coupes fines (milimétriques), coupes


épaisses dites « slabs » permettant une diminution du temps de lecture et du volume de
l’examen et en mode 2D synthétique. La reconstruction de l’acquisition tomosynthèse est
réalisée grâce à l’algorythme itératif : ASIR DBT, tiré de l’expérience de General
Electrique sur le sujet en scanner.

Nouveauté sur la plateforme SenoIris, la sortie d’un système de diagnostique assisté par
ordinateur (CAD) dédié à la tomosynthèse : VPreviewEnhanced.

Les développements actuels s’orientent vers la mammographie interventionnelle sur la


plateforme Pristina ainsi qu’un nouveau mode d’angio-mammographie, le SenoBright HD
annoncé pour une disponibilité commerciale dans le courant de l’année 2017.

General Electrique annonce une part de marché de 20% en 2015 et 30% en 2016. La
base installée est de 500 machines avec une volonté forte de pénétrer le marché pour
atteindre les 40% de parts de marché à l’orée 2020.

GIOTTO

La société Italienne, distribuée en France par la société PRIMAX, affiche en 2016 les
premières ventes de leur modèle Giotto Class, dans le secteur privé avec 7 plateformes
installées dont 3 avec la table de macrobiopsie dédiée faisant la particularité du système
GIOTTO. Toutefois il n’a encore été réalisé aucune vente dans le secteur public en dépit
de leur récent référencement en centrale d’achat.

Bien qu’ayant connu quelques difficultés dues à la restructuration de la société courant


2016, PRIMAX s’affiche désormais confiant et affiche les meilleurs résultats depuis la
création de la société avec un support de maintenance plus étoffé que jamais. Toujours
soutenu par la société GMM (actionnaire minoritaire, bientôt majoritaire de PRIMAX), la
société continue d’avancer sur le marché français en misant beaucoup d’espoirs sur le
secteur public notamment en mammographie.

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GIOTTO dévoile un tout nouveau modèle leur permettant de compléter leur gamme cette
fois-ci sur le segment de marché des modèles sans tomosynthèse et évolutifs vers la
tomosynthèse.

Ce nouveau modèle conserve les même spécifications en matière de tube à rayons X et


de détecteur. La motorisation de l’ensemble d’émission est déjà présente sur ce modèle
et l’évolution nécessite juste une mise à jour logicielle et une intervention au niveau du
mécanisme pour activer les fonctions motrices de l’ensemble de détection.

La différence majeure entre ce modèle et le modèle Giotto Class réside dans les
possibilités de mouvements du statif. Le modèle évolutif pourra s’incliner vers l’avant et
l’arrière pour faciliter l‘installation de la patiente et la réalisation des mammographies. Le
Giotto Class S effectuera des biopsies en en position assise ou en décubitus latéral
uniquement, et non en position procubitus comme le modèle Giotto Class.

PRIMAX ne communique pas encore de tarif sur ce modèle dont la commercialisation


devrait être effective début 2017.

Au catalogue toujours présent et mis en avant par PRIMAX, le modèle haut de gamme
avec tomosynthèse Giotto Class qui possède comme particularité principale la possibilité
de réaliser des biopsies sous tomosynthèse en procubitus en association avec la table
de macrobiopsie dédiée développée par Giotto.

HOLOGIC

HOLOGIC commercialise des mammographes depuis 1996 et se positionne comme


leader mondial avec une part de marché de 58% et de 70% en tomosynthèse.
STEPHANIX distribue en exclusivité en France les produits HOLOGIC (mammographie,
table de macrobiopsie) depuis 2001.

HOLOGIC s'adresse aussi bien à des clients privés que publics en proposant des
mammographes 2D, 3D, équipés de ses propres capteurs 24x29cm au sélénium
amorphe hautement purifié. Il fabrique également une nouvelle table dédiée de
macrobiopsie, un système de macrobopsie accessoire pour son mammographe ainsi que
du matériel de gestion et de radiographie des prélèvements.

Depuis plus de 12 ans Hologic a apporté des contributions importantes pour le confort de
la patiente en supprimant notamment les barres de maintien qui provoquaient la
contraction du muscle pectoral et rendaient la compression douloureuse en incidence
oblique. La palette FAST a également été développée: celle-ci s’incline vers le mamelon
lors de la compression afin d’avoir une force mieux répartie sur l’ensemble de la surface
du sein.

La gamme Selenia de mammographe Hologic se décline en versions Dimension 3000 et


6000 respectivement 2D seule et évolutive tomosynthèse avec d’autres options, 2D et
2D+3D notamment.

En tomosynthèse HOLOGIC travaille sur un mode d’acquisition en continu avec un


temps de balayage de 3,7s. L’angle de balayage est de 15° (-7,5/+7,5°) avec 15
projections. Le temps de reconstruction est inférieur à 0,5s. HOLOGIC utilise un
algorithme spécifique pour la tomosynthèse mammaire en rétroprojection filtrée dédiée
avec une partie itérative pour assurer un meilleur rendu de contraste. Le détecteur est
mobile pendant le balayage et les coupes reconstruites sont espacées tous les 1 mm.

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L’utilisateur peut à la lecture de la tomosynthèse appliquer une coupe épaisse (MIP) de
son choix (i.e : 10mm).

La tomosynthèse HOLOGIC permet à la patiente d’avoir une expérience identique à une


mammographie en 2D, de réduire le risque de flou cinétique et d'assurer un meilleur
confort pour la patiente qui ne reste sous compression que 6s maximum.

Le matériel dispose de l’agrément FDA pour une utilisation en dépistage de masse


organisé (DMO) avec le mode 2D+Tomosynthèse ainsi que pour le mode Tomosynthèse
(seule) + C-View™

HOLOGIC dispose également de l'angiomammographie et l'angiotomosynthèse qui


permet alors de combiner les aspects fonctionnels et physiologiques de l'imagerie. Il est
également possible de réaliser des biopsies sous tomosynthèse et Hologic travaille à un
mode de biopsie sous angiomammographie

Au cours du RSNA 2016, HOLOGIC a mis en avant trois nouveautés:

- Une nouvelle table dédiée de macrobiopsie Affirm Prone™. Présenté à l'ECR


2016 et désormais disponible à la vente, avec déjà près de 10 installations en
France. Le kit de biopsie accessoire Affirm ™ pour le Selenia Dimensions,
système de biopsie utilisable en stéréo et en biopsie sous Tomosynthèse. Il est le
premier système au monde a avoir réalisé une biopsie mammaire sous
tomosynthèse en 2010. Installé très haut sur le statif, il permet de conserver le
même compresseur (confort, accessibilité à l’espace, simplicité de mise en place
inférieur à 30s) et offre un débattement de 15,4cm. Les palettes sont
radiotransparentes avec un champ image de 18x24cm et 2 tailles de fenêtre de
biopsie (50x50mm et 50x70mm). Le déplacement du tube en Stéréo et
tomosynthèse est motorisé diminuant le temps d’acquisition. Enfin, il est possible
en fin de prélèvement de faire un contrôle radiographique des spécimens avec
l’aiguille en place et sans rien retirer aussi bien en 2D qu’en Biopsie sous
tomosynthèse.

- Un nouveau système de biopsie aspirée par le vide Brevera™ complète la configuration.


Il permet outre le prélèvement des spécimens de les radiographier (grâce à un capteur a-
Se et un mini générateur rayon X intégré) et permet de contrôler le prélèvement sans
manipulation et d'envoyer l'image obtenue grâce à sa connectivité au RIS/PACS. Il est
désormais approuvé par la FDA, marqué CE et commercialisé d'ici février 2017

- Un bras latéral pour le kit Affirm™ (biopsie accessoire pour le kit de biopsie 2D/3D). Ce
dernier facilite les biopsies des petits seins et petits foyers.

- HOLOGIC présente également sa nouvelle console AWS6000 à l'ergonomie remaniée.


En plus d'un design épuré, la console permet le déclenchement des X aux pieds, se dote
de la hauteur variable motorisée et permettra d'accueillir les nouveautés des 10 ans à
venir.

PHILIPS

L’offre Philips en Mammographe se compose toujours pour le moment d’une seule


plateforme : le Microdose SI, associé à sa station d’interprétation IntelliSpaceBreast. Une
future plateforme sera dévoilée à l’ECR de Vienne, dénommée Microdose S90, elle
permettra la tomosynthèse, la 2D synthétique et l’imagerie spectrale. Les spécifications
techniques de ce modèle n’ont pas pu encore être dévoilées lors de ce RSNA.

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Pas de nouveauté sur la plateforme Microdose SI, ce mammographe permettant
uniquement la réalisation d’acquisitions 2D sans tomosynthèse. Ce mammographe
numérique conserve les mêmes spécificités avec pour particularité la présence d’un
détecteur à comptage de photons issus du prix Nobel de Mr CHARPAK, permettant à
qualité d’image identique de réduire la dose délivrée par réduction du bruit issus du
rayonnement diffusé. Le détecteur est composé de 21 barettes de détection qui
permettent d’obtenir une résolution de 50 microns. A noter que cette technologie est
également utilisée par la société EOS Imaging.

Le microdose SI dispose également d’un exposeur automatique SmartAEC, permettant


une adaptation en continu des paramètres d’irradiations durant le balayage du sein en
fonction de sa densité et de son épaisseur. Cette technologie permet de participer à la
réduction de dose et d’afficher des doses moyennes par sein parmi les plus faibles du
marché (0,6mGY par sein en moyenne ; source : Philips)

La technologie Spectral Imaging permet d’utiliser l’intégralité du spectre de rayons X pour


analyser plus finement les différentes structures présentes dans le sein et en déduire une
mesure de densité. Cette mesure appelée MicroDoseDensity Score, se traduit en cartes
de densité ensuite corrélée au score BI-RADS. La réalisation de cette carte ne
nécessitant aucune nouvelle série de clichés car utilisant le cliché 2D initial.

Autre particularité du mammographe MicroDose, le Diagnostic Scan, permet la


réalisation d’agrandissements focalisés sans recours à un support d’agrandissement
physique.

Philips annonce la fin du partenariat de distribution avec la société Numérix Global


Imaging sur la partie mammographie, reprenant en direct la vente et la maintenance des
MicroDose SI et prochainement S90. A noter que le parc installé restera sous contrat de
maintenance NGI et le parc ne sera pas repris en support de maintenance par Philips
pour l’instant. Toutefois les futures installations bénéficieront du support de maintenance
Philips.

Philips annonce une très faible part de marché en France : inférieure à 5% qui peut
s’expliquer en partie par un manque d’attractivité de l’offre Philips dû jusqu’à lors à
l’absence d’un modèle tomosynthèse et évolutif tomosynthèse. Trou dans la gamme
bientôt comblé par l’arrivée prochaine du S90 déjà en test dans certains sites cliniques
aux Etats Unis et en Europe notamment.

L’accent est mis au niveau communication de la part de Philips sur la gestion de la dose
et de la qualité, qui ne doit pas donner lieu à un compromis mais être optimum pour les
deux paramètres. L’ergonomie du dispositif est également un point important pour
Philips, aussi bien pour la patiente dans l’optique de diminuer le stress et la douleur, que
pour les équipes de manipulateurs.

PLANMED

Aucune nouveauté présentée durant ce RSNA aussi bien au niveau technologique que
commercial, Planmed étant toujours distribué par le même réseau de distributeurs
locaux, au nombre de 8 sur le territoire français. A ce jour il n’est pas annoncé de volonté
d’offrir à une plus grosse structure un accord de distribution national ce qui permettrait
pourtant une visibilité supérieure de l’offre Planmed sur le territoire français. La gamme

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se compose toujours de deux modèles : l’un pour les mammographies de routine, le
Nuance, et l’autre évolutif tomosynthèse le Clarity.

SIEMENS

Siemens n’annonce pas cette année de nouveauté technologique dans le cadre du


RSNA. Aucune sortie annoncée non plus avant l’année prochaine en termes d’options ou
de fonctionnalités. Siemens restant sur sa gamme composée de deux produits aboutis
qui remplacent au fur et à mesure le parc de modèles analogiques installés arrivant en
fin de support pour les modèles Mammomat 1000 et Mammomat 3000.

Le Mammomat fusion conserve ses caractéristiques en termes d’acquisitions 2D avec un


positionnement tarifaire attractif pour ce modèle toutefois non évolutif. L’inspiration,
modèle avec tomosynthèse est désormais livrée de base en version PRIME.

La technologie PRIME (Progressive Reconstruction Intelligently Minimizing Exposure) est


une méthode d’acquisition sans grille anti-diffusante, qui, associée à un algorithme de
reconstruction progressive permet de supprimer le rayonnement diffusé pour obtenir une
image de bonne qualité sans compromis sur la dose.

La modalité de tomosynthèse disponible sur l’Inspiration reste la même avec la


spécificité de couvrir une angulation très large (-25°/+25°) et un nombre important de 25
projections. Ceci permet à Siemens d’annoncer une résolution en profondeur de 3mm
grâce au mode Tomosynthèse HD, mode de reconstruction itératif permettant d’obtenir,
une résolution de 85 microns.

La limitation de la dose est un argument majeur chez Siemens. Le tube utilisé à anode
en tungstène en opposition aux tubes à anodes en molybdène plus largement utilisés en
mammographie, fait partie des particularités de conception annoncées comme
participant à la réduction de la dose délivrée. Le système OpDose associé à l’algorithme
AEC permet une adaptation des paramètres d’exposition de façon automatique en
fonction de l’épaisseur et de la densité du sein imagé, avec une délivrance de la dose de
manière optimale. L’existence d’un protocole prothèse se place dans la même optique de
limiter la dose quel que soit la typologie de patiente traitée.

Le détecteur à conversion directe de technologie Selenium amorphe affiche une taille de


pixel de 85 microns et une efficacité quantique de détection (DQE) annoncée comme
une des meilleures du marché à 70%, toujours dans l’optique de diminuer la dose par
cette fois ci l’aspect efficacité de détection. Ce capteur est également un des plus fins du
marché (4,5cm), facilitant le positionnement de la patiente et améliorant le confort de
l’examen, autre point essentiel de la communication Siemens.

En effet d’un point de vue communication, l’accent est mis sur le bien être de la patiente
qui est entre autres assuré par le système Moodlight, consistant en un panneau lumineux
éclairé à l’arrière du statif, dont la couleur peut être choisie. Ce système permet la mise
en ambiance de la salle d’examen pour diminuer l’anxiété de la patiente.

Autre point fort au niveau de l’ergonomie, le système OpComp qui équipe les deux
modèles, garanti un niveau de compression ajusté pour chaque type de sein en fonction
de sa densité et son épaisseur, limitant la douleur patiente tout en assurant une qualité
image suffisante pour ne pas avoir à réitérer le cliché en cas de compression trop faible.

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Point de confort patient, mais également de confort pour le personnel manipulateur, le
statif autorise une rotation isocentrique non limitée garantissant un positionnement à la
fois plus simple des patientes et également moins douloureux.

En termes de biopsie, la stéréotaxie est disponible sur les deux modèles, en abords
frontaux et latéraux pour un accès plus aisé pour les seins de petites tailles par exemple.

Concernant l’imagerie synthétique Siemens propose son mode Insight 2D et Insight 3D


qui sont deux modes d’imagerie synthétique permettant de reconstruire des images 2D
et 3D à partir d’une acquisition tomosynthèse. Siemens annonce la publication d’un
article de la FDA prouvant que seul son mode tomosynthèse permet de s’affranchir des
clichés 2D pour le dépistage.

Des développements sont en cours concernant le mode angio-mammographie et le


mode biopsie sous tomosynthèse sans toutefois de planning clair de disponibilité de ces
options.

Siemens est confiant sur le contrôle qualité Tomosynthèse annonçant que son produit
répond au cahier des charges établit jusqu’alors. La part de marché annoncée est de
10% en France tous secteurs confondus ce qui laisse une forte marge de progression
sur un marché identifié par Siemens comme stratégique.

Conclusion

Peu de nouveauté ont été présentées cette année en mammographie avec seulement
deux nouvelles plateformes et peu d’évolutions sur les plateformes existantes. Cette
année la volonté des fournisseurs pour le marché français a été de mettre en avant
l’expérience patiente et l’ergonomie des mammographes aussi bien pour la patiente que
pour le personnel avec le double objectif de réduire l’inconfort patient et d’augmenter le
flux patient en optimisant le travail des manipulateurs.

Le fait que la tomosynthèse ne représente pas un axe majeur de communication pour le


marché français s’explique en premier lieu par les contraintes réglementaires. La
décision sur le contrôle qualité tomosynthèse est toujours en attente de validation et bien
que tous semblent apaisés sur la capacité à répondre aux exigences de ce contrôle
qualité, il n’y a aucune visibilité sur une éventuelle date de publication. Au-delà du
contrôle qualité, les sujets d’un protocole de lecture et de la validation du mode 2D
synthétique semblent encore loin d’aboutir. L’optimisme est toutefois permis au regard de
la diffusion de la tomosynthèse dans d’autres pays ou le mode 2D synthétique est utilisé
pour le dépistage comme aux Etats Unis, en Espagne, en Italie ou encore en Norvège.

L’effort a été mis par les fournisseurs pour compléter leur gamme, ainsi ils proposeront
tous en 2017 au moins une plateforme de routine et une plateforme évolutive
tomosynthèse. Cette volonté traduisant une segmentation des gammes en
mammographie qui se confirme et persiste sur le marché français comme international.

Références
(1) http://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/Depistage-et-detection-precoce/Depistage-du-
cancer-du-sein
(2) http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-chroniques-et-
traumatismes/Cancers/Evaluation-des-programmes-de-depistage-des-cancers
(3) European guidelines for quality assurance in breast cancer screening and diagnosis (European
Commission)
(4) Plan Cancer 2009-2013. Synthèse : 5 axes, 30 mesures, 118 actions (Ministère de la santé/Inca)

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SCANNER

Flex and the CT

*Lara MARQUET, **Julien FOURCADE

*CHU de Liège, **CHU de Toulouse

Introduction

La modalité scanner a connu ses dernières années des évolutions technologiques


majeures qui lui ont donné une nouvelle dynamique :

- Les techniques de reconstruction itérative ont permis tout d’abord de limiter


l’irradiation patient qui constituait un frein au développement de cette modalité
puis dans un deuxième temps d’améliorer la qualité des examens en réhaussant
les résolutions spatiale et en contraste.

- Les nouveaux scanners à large détecteur et/ou rotation très rapide ont ouvert la
voie aux indications jusque-là limitées par une résolution temporelle ou une
rapidité d’acquisition insuffisantes (cardiologie, perfusion, patients difficiles).

- Les évolutions de l’acquisition en double-énergie ou de l’imagerie spectrale, ont


fait entrer progressivement cette technique dans une véritable réalité clinique.

Fort de ces évolutions, combinées avec un taux d’équipement certes insuffisant (de
l’ordre de 25 scanners par million d’habitants en moyenne dans les pays de l’OCDE en
2014) mais plus favorable que l’IRM (15 par million d’habitants en moyenne dans les
pays de l’OCDE en 2014), le scanner s’est imposé comme un examen de référence et de
première intention dans de nombreuses situations cliniques.

Pour autant, si c’est principalement pour ses qualités d’imagerie anatomique


tridimensionnelle que cette modalité s’est imposée, c’est son évolution vers le
fonctionnel, la caractérisation et la quantification qui lui permet aujourd’hui
d’envisager sereinement l’avenir et la concurrence avec l’IRM.

Ces dernières années, nous nous sommes fait l’écho au travers de l’état de l’art de la
modalité scanner des avancées technologiques présentées chaque année par les
industriels : scanner double-source, larges détecteurs, imagerie spectrale, techniques de
reconstruction itérative… sont autant de techniques que nous avons mises en valeur au
travers de nos articles.

Cette année, la tendance des industriels semble avoir sensiblement évolué, passant d’un
discours un peu techniciste (course au nombre de barrettes, à la résolution temporelle, à
la rapidité de reconstruction…) centré sur la machine et ses performances, à un discours
plus orienté vers la prise en charge du patient et l’inscription dans la pratique clinique de
ces évolutions technologiques.

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En effet, si la recherche et développement offre régulièrement de nouvelles applications,
de nouveaux outils permettant d’étendre les indications du scanner, le nombre de
machines installées et le temps médical restent quant à eux stable ou déclinant. C’est
ainsi par une meilleure intégration des nouveautés techniques et par l’optimisation du
temps d’interprétation que passent nécessairement l’acceptation et la généralisation de
ces outils.

Cette tendance, dont les détails seront présentés dans le chapitre sur l’offre industrielle,
peut-être illustrée par quelques nouveautés de ce RSNA 2016 :

- SIEMENS décline cette année au travers de plusieurs nouvelles machines sa


philosophie de prise en charge du patient en scanner : porter le patient au centre
de l’attention par une nouvelle interface d’acquisition, mobile et intuitive et rendre
le scanner aussi simple et accessible que la radiographie conventionnelle.

- Les plateformes de segment très haut de gamme (GE Revolution CT, PHILIPS
IQon Spectral CT, SIEMENS Somatom Force, TOSHIBA Aquilion One)
progressent ou se déclinent afin d’intégrer un très haut contenu technologique
dans des machines plus flexibles et plus faciles :

o à installer : minimisation des contraintes d’implantation


o à utiliser : nouvelles interfaces de programmation, nouveaux protocoles
d’acquisition plus simples et reproductibles, y compris pour les examens
complexes, lasers de collimation…
o à exploiter en routine : intégration des outils de post-traitement
spécialisés (imagerie spectrale, perfusion) dans les serveurs de post-
traitement ; personnalisation, protocolisation, automatisation et optimisation
du travail de post-traitement pour améliorer le workflow et économiser du
temps médical.

Ces évolutions ont vocation à élargir la cible des structures de soins visées, jusqu’alors
limitée aux services de radiologie d’expertise, et ainsi tirer plus largement parti des
bénéfices cliniques et d’une confiance diagnostique supérieurs offerts par ce type
d’équipement (notamment en première intention dans des contextes de soins critiques
ou d’urgence ou encore en pédiatrie où les contraintes liées au patient sont maximales –
dosimétrie, immobilité, rythme cardiaque).

Le marché

Le marché mondial est stable, en légère croissance portée par les pays émergents sur
des scanners d’entrée de gamme.

Le marché français se situera autour de 200 machines en 2016 soit sensiblement le


même volume qu’en 2015.

GENERAL ELECTRIC reste leader en France avec environ 50% de parts de marché,
devant SIEMENS puis TOSHIBA qui sont tous deux en assez nette progression
(respectivement 26% et 18% de parts de marché).

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La diminution tendancielle amorcée en 2014 de la part de scanner 20 mm au profit du 40
mm se confirme en 2016 ; par ailleurs, le marché des scanners très hauts de gamme
semble très progressivement s’élargir au-delà des applications purement cardio-
vasculaires (urgences, pédiatrie).

L’UGAP a conclu cet été un marché multi-attribué référençant les gammes complètes de
scanners des trois industriels suivants : SIEMENS qui a terminé en première position
suivi par GE (deuxième position) et TOSHIBA. Notons que PHILIPS a référencé une
partie de sa gamme par le biais du lot imagerie de routine combinant scanner et IRM.

Les positions sur les trois principales centrales d’achat public sont ainsi les suivantes :
- GE : intégralité de la gamme référencée au RESAH et à l’UGAP.

- PHILIPS : scanners 16 à 64 coupes (MX16, Ingenuity Flex et Ingenuity Core) et


Big Bore référencés à l’UGAP, scanners 16 coupes Ingenuity Flex et Big Bore à
UniHA.

- SIEMENS : intégralité de la gamme référencée à l’UGAP.

- TOSHIBA : intégralité de la gamme référencée à l’UGAP et référencement de la


gamme PRIME (80 et 160) à UniHA.

L’offre industrielle

GENERAL ELECTRIC HEALTHCARE

La société GE HEALTHCARE continue ses développements en scanner même si la


gamme évolue peu cette année.

Les nouveautés de l’année ont en commun la volonté de démocratisation des


technologies scanner, la recherche de performance et de standardisation des pratiques
dans l’objectif de délivrer partout, à chaque patient et à chaque fois le bon diagnostic.

La gamme se compose de trois familles de scanners, toutes vendues avec une


reconstruction itérative (ASIR ou ASIR-V) et toutes compatibles avec la double-énergie
(détecteur classique) ou l’imagerie spectrale (détecteur Gemstone) :

- La gamme Revolution : il s’agit des scanners hauts de gamme du constructeur qui


vont du scanner d’excellence sans compromis (Revolution CT) au scanner
polyvalent et évolutif (Revolution Evo) ; toute la gamme Revolution est compatible
avec la dernière génération de reconstruction itérative ASIR-V (jusqu’à 100%
d’itératif – cf. ci-après) :

o Revolution CT : détecteur Gemstone, 160 mm de couverture en z (un


organe en une rotation), générateur de 103 kW, vitesse de rotation de 0,28
s par tour, 0,23 mm de résolution spatiale, imagerie spectrale par switch kV
ultra-rapide (0,25 ms)

o Revolution CT ES : annoncé au RSNA 2015 et présenté cette année, il


s’agit de la déclinaison du Revolution CT avec une couverture en z de 80
mm. Cette machine est présentée comme la référence en utilisation
polyvalente, pour les services d’urgences, la pédiatrie (pas besoin de
sédation), l’imagerie spectrale et l’oncologie. Ses caractéristiques sont

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identiques au Revolution CT, avec un détecteur de 80 mm (upgradable
vers le 160 mm).

o Revolution HD : équipé du détecteur Gemstone 40 mm et décliné en


version HD (sans imagerie spectrale) et HD GSI (Gemstone Spectral
Imaging) pour l’imagerie spectrale par kV switching (0,25 ms).

o Revolution Evo : scanner polyvalent, 40 mm de couverture, qui fait le lien


entre les gammes Optima et Revolution ; il offre de multiples possibilités de
configurations qui en font un scanner évolutif et adaptable à une multitude
de besoins cliniques (hors imagerie spectrale) ; il peut recevoir les deux
modules de reconstruction itérative ASIR ou ASIR-V.

- La gamme Optima CT540 et CT520 : détecteur 20 mm, reconstruction itérative


ASIR (la différence entre 520 et 540 se situant au niveau de la puissance du
générateur, du tube RX et de la vitesse de rotation).

- La gamme Discovery avec le Discovery RT : scanner large bore (80 cm) pour la
radiothérapie, l’imagerie bariatrique (lit bariatrique) mais également pour
l’interventionnel temps réel (RT pour Real Time) ; disponible avec un générateur
60 ou 100 kW.

GEHC met l’accent cette année sur ASIR-V, sa technique de reconstruction itérative
temps réel (50 images par seconde) disponible sur la gamme Revolution qui offre
désormais la possibilité de travailler à 100% d’itératif (contre 60% d’itératif maximum
précédemment, couplé avec la rétroprojection filtrée).

Cette nouveauté qui permet une réduction drastique du bruit et donc une amélioration
sensible de la qualité image en termes de résolution spatiale et de résolution en
contraste trouve un intérêt majeur pour les examens à fort contraste (vasculaire par
exemple) ; en effet, les post-traitements automatisés dont l’efficacité est souvent limitée
du fait du bruit ou des artéfacts dans les images voient leurs performances nettement
améliorées au fur et à mesure que l’on réduit le bruit dans les images. Le workflow et
donc la productivité s’en trouvent ainsi améliorés.

Le Revolution CT reçoit cette année quelques évolutions :

- Possibilité dans un même protocole de combiner une acquisition axiale puis


hélicoïdale (intérêt pour les TAVI notamment)
- Possibilité de travailler avec un pitch ouvert de 1,5 qui, associé à une couverture
de 80 mm par rotation, offre des capacités d’acquisition ultra-rapides (437 mm/s).

Ces techniques qui ont pour but de faciliter l’utilisation de ce type de plateforme
permettent d’envisager des avancées dans les champs suivants :

- Prise en charge de l’AVC et visualisation rapide de la zone infarcie (acquisition


carotides et cerveau en une fois)

RSNA 2016 pages : 40/130


- Possibilité d’acquérir de larges volumes en respiration libre : la couverture
hélicoïdale de 80 mm associée à une vitesse de rotation de 0,28 s permet
d’acquérir un thorax entier en respiration libre. Intérêt fort pour les patients lourds
(réanimation) et la pédiatrie.

L’imagerie de perfusion est également mise en avant cette année au travers d’articles
décrivant l’intérêt en routine clinique du scanner large détecteur pour réaliser une
imagerie de perfusion d’un organe (foie, reins) sans déplacement de table. Le
développement de cette technique ouvre des perspectives réjouissantes : substitution
d’examens réalisés en IRM, quantification, évaluation de l’efficacité d’un traitement
(analyse totale du foie par exemple)…

L’imagerie spectrale constitue cette année encore un sujet d’actualité. Une cinquantaine
de sites français utilise l’imagerie spectrale avec une plateforme GEHC ; on constate
qu’avec l’expérience, les sites utilisateurs affinent leurs pratiques et paramètrent la
machine pour ne reconstruire en spectral que les sets d’images qui tirent parti de cette
technique (embolie pulmonaire, détection de lithiase…), ce qui facilite le workflow et le
recours à cette technique en routine.
De plus, l’association de l’acquisition double énergie et du nouveau principe itératif dédié
au GSI (100% d’itératif) permet l’accès à l’imagerie spectrale avec un impact
dosimétrique neutre.

Enfin, GEHC annonce cette année deux évolutions pour les consoles d’acquisition CT
visant à harmoniser les pratiques quels que soient le scanner, l’utilisateur ou l’hôpital :
- Imaging Protocol Manager : il s’agit de protocoles visant à obtenir la même
qualité d’examen quel que soit le scanner utilisé. La disponibilité de ces protocoles
est annoncée cette année sur les gammes Revolution Evo, Revolution HD,
Optima CT660, Discovery CT750 HD puis un peu plus tard sur les LightSpeed
VCT via un upgrade de la console.

- Dose-Optimized CT Protocols : il s’agit d’une solution de gestion de protocoles


multi-modalités (scanner, IRM, médecine nucléaire, radiologie numérique) via le
cloud destinée à réduire le temps d’accès aux protocoles récemment développés,
toujours dans l’objectif d’offrir la même qualité diagnostic partout et pour tout le
monde.

Les évolutions présentées par GEHC cette année mettent en lumière la stratégie de la
société en ce qui concerne la modalité scanner que l’on pourrait résumer en trois points :
- Passer d’une imagerie anatomique à une imagerie informative et fonctionnelle
grâce au développement de l’imagerie spectrale et de l’imagerie de perfusion qui
deviennent accessibles en routine.

- Permettre la démocratisation de ces évolutions en minimisant leur impact


dosimétrique : passage à une reconstruction 100% itérative avec ASIR-V.

- Gagner en fluidité et en productivité par la mise en œuvre d’outils informatiques


performants, intuitifs et reproductibles (nouvelle version AW 7) afin de rendre
l’augmentation du contenu informatif de l’examen scanographique compatible
avec un temps médecin toujours plus précieux.

Ces axes stratégiques s’accompagnent d’une volonté forte de maintenir un haut niveau
de satisfaction client qui se traduit à plusieurs niveaux :

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- sur le terrain, par l’embauche de nouveaux ingénieurs d’application pour la
modalité scanner et la création d’un poste de management dédié à la gestion de
la base installée CT.

- En termes d’outils, par le développement des services digitaux : sessions


thématiques live expert, déploiement de l’application online et du partage
d’expérience sur la communauté GE Care.

- En matière de maintenance en développant la maintenance partagée dans une


approche partenariale et de partage de responsabilité.

HITACHI MEDICAL SYSTEMS

Au RSNA l’année dernière, HITACHI MEDICAL SYSTEMS France nous indiquait une
probable réorientation de sa stratégie sur le territoire.

HITACHI nous confirme cette année la mise en veille de ses activités de vente de
scanners (et d’IRM) en France pour une durée indéterminée.

En clair, HITACHI France continuera à maintenir sa base installée (10 scanners en


France) mais ne proposera plus de scanner à la vente.

Cette situation est liée à la particularité du marché français qui a connu ces dernières
années une forte érosion des prix et, par voie de conséquence, l’effondrement des
marges commerciales des fabricants.

HITACHI MEDICAL fabriquant l’intégralité de ses scanners au Japon avec un coût de


production que l’on imagine aisément supérieur aux concurrents disposant d’usines en
Chine, n’est actuellement pas en mesure de proposer à sa filiale française des prix de
vente en adéquation avec le marché local.

HTACHI France réévaluera périodiquement sa position au regard de l’évolution du


marché français et de la stratégie de développement de sa maison-mère.

PHILIPS HEALTHCARE

Nous avons largement relaté ces dernières années les déboires de PHILIPS liés à la
fermeture préventive et temporaire de leur usine de production de Cleveland.

Les conséquences ont été très lourdes pour le groupe qui n’a pu durant de longs mois
livrer le haut de gamme de ses modalités scanner (notamment l’IQon Spectral CT) ou
médecine nucléaire (notamment le PET-CT numérique Vereos).

Le message de cette année est clair : la situation est sous contrôle et en passe de
revenir à la normale.

L’usine de Cleveland a redémarré fin 2015 et tous les scanners sont aujourd’hui produits
dans les délais nominaux de 8 à 10 semaines.

PHILIPS ne présente pas de nouvelle plateforme scanner cette année ; cependant,


PHILIPS souhaite se repositionner sur cette modalité en mettant en avant la spécificité

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de la technologie spectrale de son IQon Spectral CT et son savoir-faire en matière
d’interface, d’algorithmique et de post-traitement : reconstruction itérative iDose4,
interface iPatient, technique de reconstruction « model based » IMR (Model Based
Interative Reconstruction) et serveur de post-traitement IntelliSpace Portal.

La gamme de scanners PHILIPS est donc inchangée et s’articule autour de 3 groupes de


systèmes selon la segmentation suivante :

- Scanners « Premium » :
o IQon Spectral CT détecteur double couche à détection spectrale, 40 mm de
couverture
o iCT 128 et 256 couvrant respectivement 40 et 80 mm

- Scanners « Performance » :
o Ingenuity 64 et 128 : 64 barrettes de détection de 0,625 mm soit 40 mm de
couverture en z, 64 ou 128 coupes en reconstruction

- Scanners « Value » :
o Ingenuity 16 et 32 : 24 barrettes, couverture de 24 mm, 16 ou 32 coupes en
reconstruction
o MX 16 Evo : 24 barrettes, couverture de 24 mm, générateur 50 kW
o Brilliance Big Bore : pour la radiothérapie essentiellement (16 coupes, 24
mm en z)

Tous les scanners reçoivent désormais de base la reconstruction itérative iDose4.

Egalement disponibles :

- O-MAR pour la correction des artéfacts métalliques. Notons que la correction mono-
énergie O-MAR, particulièrement efficace pour dégager les structures qui ne sont pas à
proximité directe de la prothèse constitue un complément idéal à l’imagerie spectrale qui
offre quant à elle une meilleure correction d’artéfacts pour les structures adjacentes au
matériel prothétique. La combinaison des deux techniques offre une visualisation parfaite
des structures et améliore ainsi la confiance diagnostique.

- L’interface iPatient qui garantit un même niveau qualitatif quel que soit le patient et
une fluidification du workflow.

- IMR (à partir de l’Ingenuity 64), la solution itérative « model based » (ou plus
exactement « Knowledge-Based Iterative Reconstruction » car il s’agit en réalité
d’un modèle simplifié de MBIR) de PHILIPS, présentée dès 2014 permettant, avec
des temps de reconstruction raisonnables (à partir d’1,5 minutes), d’accéder à une
imagerie à bas contraste.

L’IQon Spectral CT qui coiffe la gamme scanners a été annoncé lors du RSNA 2014,
présenté lors du RSNA 2015 et est dorénavant installé dans 28 sites cliniques, dont un
en France (centre d’imagerie de l’Hôpital privé d’Antony) et un en Belgique (Cliniques
Universitaires UCL Saint-Luc à Bruxelles).

La plateforme rencontre selon PHILIPS un vrai succès commercial illustré par les 80
commandes déjà enregistrées dans le monde (une trentaine aux USA, une cinquantaine
en Europe).

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Ce scanner représente un véritable pari technologique, PHILIPS étant jusqu’à présent la
seule société à avoir développé un système permettant de discriminer les énergies à la
détection.

PHILIPS dispose aujourd’hui d’un recul clinique sur cette technologie et présente cette
année de nombreux cas cliniques mettant en lumière les intérêts de l’acquisition
spectrale.

Si les bénéfices de cette technologie se situent assez naturellement dans les domaines
de l’oncologie (optimisation de la différenciation tissulaire en imagerie spectrale offrant
une meilleure caractérisation des lésions) et de l’imagerie cardio-vasculaire (amélioration
du contraste dans les vaisseaux par l’imagerie spectrale et diminution des quantités de
produit de contraste injectées), PHILIPS communique également sur des situations
cliniques d’urgences (AVC, embolie) profitant directement de l’apport du spectral. En
effet, l’identification de zones hypo ou hyper perfusées en technologie non-spectrale peut
s’avérer incorrecte ou incomplète alors que l’information spectrale permet un diagnostic
complet et fiable sans recours à une autre technique.

Par ailleurs, PHILIPS évalue à 90% le taux d’examen réalisés en spectral avec l’IQon
Spectral CT contre seulement 30% pour un scanner conventionnel disposant d’un
module double-énergie.

Ces arguments plaident logiquement pour un positionnement de cette technologie


spectrale pas uniquement dans les services d’imagerie d’expertise mais également
comme machine de première intention pour la prise en charges des urgences.

L’IQon Spectral CT se veut ainsi l’illustration de la stratégie PHILIPS qui consiste à offrir
le bon diagnostic du premier coup pour orienter efficacement le patient vers le parcours
de soin le mieux adapté (« First time right »).

Concernant les post-traitements, PHILIPS suit la cadence d’une nouvelle version


d’IntelliSpace Portal tous les ans. La version 9.0 présentée cette année propose, dans le
domaine scanner, les nouveautés suivantes :

- Intégration dans ISP V9 de toutes les applications spectrales (l’outil de revue


dédié à l’imagerie spectrale Spectral CT Viewer, les outils cliniques avancés
Spectral AVA pour le vasculaire, Comprehensive Cardiac Analysis Enhanced pour
la cardiologie et MMTT Enhanced pour l’oncologie) ; signalons également que la
Spectral Magic Glass qui permet une visualisation et une navigation dans les
données spectrales peut désormais être intégrée directement dans un viewer
PACS.
- L’outil de post-traitement cardiaque avancé CT CCA Enhanced, en plus de
supporter directement les données spectrales, offre un nouvel algorithme
d’extraction des lumens des artères coronaires plus robuste.

- L’outil CT TAVI intègre désormais l’inspection aortique complète évitant ainsi le


recours à l’outil AVA pour réaliser la planification complète de la pose d’une valve.

D’autres évolutions concernant indirectement le champ de l’imagerie CT sont intégrées


dans ISP V9.0 :

- Intégration de l’intelligence artificielle (Machine Learning) : méthode


d’apprentissage permettant d’intégrer les méthodes de travail du radiologue afin
d’anticiper ses actions et d’optimiser son temps de travail.

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-
- Flux de travail optimisé : intégration dans ISP de la dictée vocale, amélioration du
workflow (30% de gain de temps) et transfert rapide d’images DICOM (service
WADO-RS – Web Access to Dicom Objects).

Enfin, PHILIPS annonce également la version 2.2 de DoseWise Portal, sa solution DACS
(Dose Archiving and Communication System).

Les nouveautés présentées cette année par PHILIPS démontrent la volonté de


l’industriel de se repositionner comme un acteur majeur en scanner et illustrent sa
stratégie et sa vision autour des axes suivants :

- Redéfinition de l’imagerie scanner par l’apport du spectral qui apporte une


nouvelle dimension à cette modalité compte-tenu de ses facultés de détection,
d’analyse et de quantification.

- Confiance diagnostique au travers de l’apport du spectral, renforcée par les outils


de reconstruction itérative iDose4 et IMR : fournir un diagnostic précis du premier
coup (« first time right »).

- Amélioration du workflow et optimisation du temps de travail en post-traitement


afin d’exploiter au mieux ces nouvelles informations dans un contexte de temps
médical restreint.

SAMSUNG

SAMSUNG avait soulevé depuis le RSNA 2014 un vent d’enthousiasme en annonçant


son arrivée sur le marché du scanner haut de gamme avec une plateforme entièrement
développée en interne.

Même si le statif du NexCT 7 était présenté sur le stand SAMSUNG lors du RSNA 2015,
quelques doutes avaient légitimement été émis compte-tenu du niveau d’avancement du
développement, notamment concernant la partie applicative.

SAMSUNG annonce cette année avoir repoussé la commercialisation de son NexCT 7,


sans communiquer pour autant de date de commercialisation ; SAMSUNG indique
toutefois que le développement de la plateforme se poursuit.

SAMSUNG, qui annonçait une entrée en concurrence frontale avec les acteurs majeurs
déjà bien installés sur ce marché, marque donc une nette inflexion dans sa stratégie ;
celle-ci est parfaitement illustrée par les concepts de stratégie d’entreprise exposés en
2005 par W. Chan Kim et Renée Mauborgne : « Red Ocean Strategy vs Blue Ocean
Strategy ».

Ainsi, au lieu de mener une guerre frontale sur un marché déjà très bien établi (red
ocean strategy) SAMSUNG préfère désormais se consacrer à la conquête de nouveaux
marchés (blue ocean strategy) avec des produits offrant de réelles innovations, gage
d’une différenciation marquée avec la concurrence déjà installée.

Illustration de cette stratégie, SAMSUNG base sa communication cette année sur ses

RSNA 2016 pages : 45/130


deux scanners issus du rachat de Neurologica : le scanner corps entier BodyTom et le
scanner cérébral CereTom.

Le BodyTom est un scanner corps entier mobile fonctionnant sur batterie,


essentiellement orienté vers l’imagerie per-opératoire. Il dispose d’un statif ouvert (85
cm), d’un détecteur 32 coupes de 1,25 mm (40 mm de couverture), d’une vitesse de
rotation d’une seconde par tour et d’un générateur 42 kW.

Le statif, auto-blindé, pèse 1,6 tonne et dispose d’un système de motorisation pour
assurer les déplacements de la machine et les acquisitions (par translation du statif le
long d’une table d’opération radiotransparente).

Ce scanner est entièrement autonome et fonctionne sur batterie, que ce soit pour ses
déplacements comme pour les acquisitions (SAMSUNG annonce une autonomie de 10
heures en conditions normales d’utilisation).

Compte-tenu de notre régime d’autorisation national, les applications sur le marché


français sont essentiellement per-opératoires dans le cadre d’interventions chirurgicales
assistées par navigation (essentiellement en neurochirurgie, chirurgie du rachis ou
orthopédique). Ce type de solution permet de réaliser directement au bloc opératoire,
patient en position de chirurgie, le scanner pré-opératoire, le suivi du geste couplé à la
navigation chirurgicale et l’imagerie post-opératoire pour l’évaluation de la qualité et de la
complétude du geste.

SAMSUNG revendique une première installation en France début novembre 2016 dans
une clinique à Marseille en neurochirurgie (biopsies de métastases cérébrales
notamment).

S’agissant d’un sujet présentant un fort intérêt clinique, SAMSUNG a engagé des
discussions avec les différentes centrales d’achat, y compris sur des modèles de
financement innovants (alternatifs à l’investissement).

SAMSUNG propose également un scanner dédié à la tête, le CereTom. Il s’agit d’un


petit scanner (H 153 cm, L 134 cm, l 73 cm, 438 kg) de 32 cm d’ouverture équipé d’un
détecteur 8 coupes de 1,25 mm.

C’est avec ce scanner que SAMSUNG participe à un projet dont l’objectif est d’évaluer la
faisabilité, l’intérêt clinique et médico-économique de la thrombolyse pré-hospitalière de
l’infarctus cérébral, réalisée grâce à une ambulance équipée d’un scanner.

L’étude devrait débuter mi-2017, une fois les modalités de fonctionnement clairement
établies et l’ambulance embarquant le scanner prête.

Bien conscient des difficultés inhérentes au système de santé français pour le


développement de ces solutions de scanners mobiles, SAMSUNG travaille sur des
modèles médico-économiques alternatifs pour valoriser ces activités en l’absence de
remboursement. Ces solutions passeront nécessairement par :

- la démonstration des gains qualitatifs liés à l’utilisation de ces techniques :


diminution des durées de séjour, rétablissement du patient plus rapide dans le
cadre des interventions en chirurgie mini-invasive guidée par l’image.

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- l’estimation et la valorisation des examens qui pourraient être réalisés sur nos
scanners traditionnels sur les plages libérées par le recours à une solution mobile
de ce type (patients de réanimation qui représentent une activité lourde, complexe
à mettre en œuvre et mal rémunérée en l’absence de forfait technique externe).

SIEMENS HEALTHINEERS

Après un RSNA 2015 relativement calme pour la modalité scanner, SIEMENS revient
cette année avec de nombreuses nouveautés dans ce domaine.

En effet, trois nouvelles plateformes ont été introduites en 2016 : le Somatom Drive
dans la gamme des scanners double-source, la plateforme Somatom go. et le
Somatom Confidence RT Pro pour la simulation en radiothérapie.

Ces nouveautés ont en commun une même ambition : offrir le meilleur de la technologie
(généralisation du détecteur Stellar) dans une approche humaine de l’examen, centrée
sur le patient.

Le Somatom Drive a été officiellement introduit à l’ECR 2016 ; il vient compléter la


gamme des scanners double-source de SIEMENS en complément des Somatom Force
et Flash.

Ce nouveau scanner hérite du statif du Force et introduit une nouvelle interface tactile
(quatre grandes tablettes fixées sur chaque côté du statif) qui permet de programmer les
acquisitions au plus près du patient et introduit la nouvelle tendance de SIEMENS en
scanner qui sera poussée plus avant sur sa nouvelle plateforme Somatom go.

Ce scanner partage le même détecteur que le Flash (détecteur Stellar 40 mm) mais
bénéficie d’une évolution du tube Straton qui offre désormais la possibilité de réglage des
kV de 70 à 140 par incréments de 10 kV. Par ailleurs, il dispose d’un filtre Sn sur chacun
des deux tubes RX (un seul sur le Flash) permettant une meilleure filtration spectrale des
photons X de basse énergie (qui participent à l’irradiation patient mais sont inutiles à la
formation de l’image pour les examens SPC). Cette filtration présente ainsi un fort intérêt
dans le cadre des bilans répétés (poumons, colon…).

SIEMENS lance également au RSNA 2016 une nouvelle plateforme Somatom go. qui
illustre la philosophie SIEMENS en scanner ; ce concept, développé à partir des retours
des clients utilisateurs de scanners SIEMENS, propose une nouvelle approche de
l’examen scanographique, visant à donner plus d’humanité à une modalité très
technologique et à repositionner le patient, et non plus la machine, au centre de
l’attention.

Pour ce faire, SIEMENS a repensé complètement la façon d’accueillir, d’installer et


d’accompagner le patient durant son examen avec une volonté de décloisonner et de
démocratiser le scanner, rapprochant son mode de fonctionnement de celui d’un examen
de radiographie conventionnelle.

Ainsi, la programmation et l’acquisition se font désormais à partir d’une tablette tactile


mobile très intuitive, la console d’acquisition devenant optionnelle. Par ailleurs le scanner
a été conçu pour pouvoir être installé très facilement avec un statif compact et léger qui
embarque pourtant tous les éléments techniques (y compris le reconstructeur) et des
besoins énergétiques que SIEMENS annonce très réduits (sans plus de détails
techniques pour l’instant).

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Cette plateforme se décline en deux modèles :

- Somatom go.Now (couverture de 10 mm en z et lit à hauteur fixe)

- Somatom go.Up (couverture de 20 mm en z et lit à hauteur variable)

Il faut noter que les deux Somatom go. disposent du détecteur Stellar, preuve que
SIEMENS n’entend pas faire de compromis sur la qualité image.

Cette plateforme, qui disposera du marquage CE en mars 2017, illustre la nouvelle


tendance forte de SIEMENS en scanner : humanisation de l’examen et démocratisation
de la technologie, sans compromis sur la qualité d’image.

Troisième plateforme scanner présentée cette année (ASTRO 2016), le Somatom


Confidence RT Pro est un nouveau scanner de simulation qui présente des
caractéristiques intéressantes pour ce segment.

Le statif reprend globalement le design du Drive avec une ouverture de 80 cm pour la


simulation en radiothérapie et également pour l’interventionnel, le Confidence pouvant
être équipé du module interventionnel qui a fait le succès de SIEMENS dans ce
domaine.

Ce scanner dispose également du détecteur Stellar et offre la possibilité de travailler à


différents niveaux de haute tension : l’objectif est de gagner en qualité d’image et donc
en précision dans le contourage et l’identification des lésions par rapport aux tissus
sains, en prenant en considération le profil du patient (enfant, adulte « standard », adulte
obèse).

Il dispose des outils DirectDensity (outil qui permet justement de travailler avec différents
niveaux de kV mais avec une seule courbe de calibration pour le TPS) et RT Image Suite
intégré sur syngo.via qui améliore le workflow, notamment pour les cas complexes.

La gamme scanner de SIEMENS est donc désormais la suivante :

- Somatom Force, Drive et Flash qui constituent la gamme double-source, tous


équipés du détecteur Stellar. Le Force dispose des nouveaux tubes RX
Vectron et de détecteurs plus larges (60 mm) que le Drive et le Flash (40 mm)
qui sont quant à eux équipés de tubes Straton.

- Somatom Definition Edge : il s’agit de la plateforme haut de gamme monotube


du constructeur, également équipée du détecteur Stellar 40 mm.
- Somaton Definition AS : machine la plus vendue sur le marché français. Cette
gamme dispose d’une ouverture de 78 cm et reçoit par défaut le détecteur
« classique » UFC mais est prête pour recevoir le détecteur Stellar en upgrade
(« Stellar ready »). Décliné en AS 64 et 128.

- Somatom Perspective : décliné en 16, 32, 64 et 128 coupes ; l’ensemble de la


gamme est évolutif (du 16 au 128) permettant de s’adapter à une évolution des
besoins intervenant durant la vie du scanner.

- Somatom Scope : scanner 16 coupes sur le segment « éco » (économique et


écologique).

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- Somatom Confidence RT Pro : pour la radiothérapie et l’interventionnel
(détecteurs Stellar).

- Somatom go. décliné en go.Now (détecteur Stellar 10mm) et go.Up (détecteur


Stellar 20 mm).

Citons également les nouveautés côté serveur de post-traitement : syngo.via reçoit une
nouvelle version VB20 que SIEMENS présente comme l’alliance de la puissance et de la
simplicité.

Cette nouvelle version est centrée sur la personnalisation et la protocolisation par la


formation (tutoriels intégrés, vidéos, e-learning) et l’application (prise en main à distance
par la hotline applicative).

L’ambition de SIEMENS au travers de cette nouvelle version est de progresser


significativement en simplicité d’utilisation et ainsi améliorer la perception clients parfois
sévère sur ce critère.

syngo.via VB20 intègre un nouveau mode de rendu volumique nommé « Cinematic


VRT » dont l’objectif est de visualiser l’anatomie non plus seulement comme des
nuances de gris mais avec une approche de type photo-réaliste faisant apparaître les
effets des ombres et de la profondeur. Ce post-traitement, disponible pour les images CT
et MR, offre des images très réalistes qui sont rendues possibles par la modélisation de
la physique de la lumière, déjà utilisée par l’industrie cinématographique pour rendre plus
réalistes les personnages incrustés numériquement. La modélisation des effets de
l’interaction des photons lumineux avec les structures anatomiques (réflexion sur une
surface, pénétration, diffusion et diffraction dans un tissu…) permet d’ajouter une
nouvelle dimension de réalisme photographique aux images.

Ce nouveau mode de rendu volumique offre des perspectives cliniques particulièrement


intéressantes pour les chirurgiens (qui auront ainsi une vue très détaillée et photo-
réaliste d’une fracture avant d’entamer la procédure chirurgicale), pour les patients à qui
il sera plus facile d’expliquer la position d’une fracture ou d’une lésion ou encore pour les
étudiants en médecine qui trouveront avec ses nouvelles images une alternative à la
dissection pour la visualisation et l’identification de structures anatomiques internes.

Autre nouveauté cette année, SIEMENS intègre dorénavant sa solution serveur pour la
recherche dans le cadre de partenariats scientifiques (syngo.via Frontier) directement
dans l’environnement de syngo.via. Entre autres fonctions, syngo.via Frontier propose
d’accéder aux prototypes SIEMENS mais également aux prototypes clients susceptibles
de devenir plus tard des produits commerciaux (comme ce fut le cas par exemple pour le
Cinematic VRT décrit précédemment).

syngo.via Frontier connaît un vrai succès en France avec des installations récentes à
l’Hôpital Européen Georges Pompidou, au CHU de Nîmes ou au CHU de Bordeaux.

A travers ces nouveautés, SIEMENS démontre son ambition et sa philosophie sur le


segment scanner : offrir le meilleur de la technologie (généralisation du détecteur Stellar
sur toutes ses nouvelles plateformes, quel que soit leur niveau de gamme) dans une
approche personnalisée et humanisée de l’examen (nouvelle interface mobile permettant
de consacrer le maximum de temps au contact du patient, outils favorisant une approche
individualisée de l’examen) en maintenant un haut niveau de productivité
(standardisation, optimisation des workflow, simplification du post-traitement syngo.via).

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TOSHIBA MEDICAL SYSTEMS

TOSHIBA, qui dispose d’une base installée de 16 000 scanners dans le monde, fête
cette année son 1200ème Aquilion One. L’activité scanner connaît une forte croissance au
niveau mondial qui se confirme également en France depuis quelques années
maintenant.

TOSHIBA présente cette année deux nouveaux scanners : l’Aquilion One Genesis, 3ème
génération de scanner à large détecteur, et le Lightning SP, nouveau scanner 40 mm.

L’Aquilion One Genesis intègre tout le savoir-faire de la société en scanner à large


système de détection et a été conçu pour limiter les contraintes liées à son installation et
à son utilisation : statif très compact, très évasé sur l’arrière, nécessitant une puissance
de raccordement électrique raisonnable (125 kVA) et présentant un poids comparable à
de nombreux statifs de scanner du marché de gamme inférieure (environ 2300 kg).

Le statif très évasé sur l’arrière évite l’effet de stress ou de claustrophobie que peuvent
ressentir les patients dans un scanner à large détecteur ; il permet un accès facile au
patient ce qui présente des avantages en terme de confort, de sécurité ou encore dans le
cadre d’une activité interventionnelle.

Autre particularité, le statif dispose de la fonction tilt (+/- 30°) ce qui constitue un point de
différenciation avec les scanners concurrents de même gamme et présente un intérêt en
interventionnel mais également pour la dosimétrie des zones radiosensibles, en
perfusion cérébrale par exemple.

L’Aquilion One Genesis intègre Pure Vision Optics, une nouvelle chaîne d’acquisition
entièrement renouvelée depuis la production jusqu’à la détection en passant par la
distribution et la transmission des photons :

- Production : le nouveau tube MegaCool permet dorénavant de travailler de façon


quasi-systématique avec le petit foyer, même avec des constantes élevées.

- Distribution : modification du spectre d’émission RX par filtration afin d’éliminer les


photons de basse énergie qui ne participent pas à l’image mais irradient
inutilement.

- Transmission : modélisation et correction du diffusé à partir des données brutes


afin de garantir une qualité d’image uniforme sans sacrifier les photons primaires
(contrairement aux grilles anti-diffusé)

- Détection : le scanner est équipé du détecteur Pure Vision présenté lors du RSNA
2014.

Cette nouvelle chaîne optique offre ainsi de meilleures performances en termes de


qualité d’image et de dosimétrie.

Autre nouveauté, le collimateur est équipé de lasers qui permettent de définir la boîte
d’acquisition directement sur la table et de lancer l’acquisition depuis le statif ; cette
fonction n’est évidemment possible qu’en acquisition axiale (pas en hélicoïdal) et évite de
faire un mode radio.

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Enfin, le reconstructeur d’image a également été upgradé et atteint désormais une
vitesse de reconstruction de 80 images par seconde en AIDR 3D.

TOSHIBA lance également cette année le Lightning SP, un scanner 40 mm (80 x 0,5
mm) disponible en 80 ou 160 coupes.

Quelques caractéristiques techniques :


- Grand tunnel de 78 cm
- Générateur de 50 kW
- Vitesse de rotation de 0,5 s
- 2 versions de table : 1,80 m de long supportant 205 kg ou 2 m de long supportant
300 kg
- Il dispose des mêmes outils que le One et le Prime : AIDR 3D, Adaptive
Diagnostics, SEMAR, double énergie, perfusion… ainsi que l’option débattement
latéral du lit.
-
Ce scanner, marqué CE, présenté à l’ECR et dont la commercialisation a commencé (les
premières livraisons interviendront début 2017), viendra compléter la gamme en se
positionnant juste à côté du Prime qui reste la machine privilégiée en 40 mm pour les
centres souhaitant faire de la cardiologie.

Le Lightning SP trouvera sa place comme machine de complément ou comme machine


de référence en 40 mm pour les centres ne faisant pas de cardiologie. Ses
caractéristiques techniques associées à un positionnement prix avantageux au regard du
Prime devraient lui offrir des perspectives encourageantes.

La gamme Toshiba, à nouveau récompensée cette année par l’Award « Best in Klass »
se compose des plateformes suivantes :

- Aquilion One : Next Generation (0,35 s par rotation), Vision (0,275 s par rotation),
Genesis (nouveauté RSNA 2016) : couverture de 160 mm (320 x 0,5 mm), 78 cm
d’ouverture

- Aquilion Lightning (16, 32 coupes) annoncé au RSNA 2015 et Lightning SP (80 et


160 coupes) présenté cette année.

- Aquilion Prime 80 et 160 : 40 mm, générateur 60 kW (pour le Prime 80) ou 72 kW


(Prime 160), 78 cm d’ouverture, 0,35 s par tour.

- Aquilion RXL : détecteur 40 barrettes de 32 mm (16 x 0,5 mm + 24 x 1mm),


décliné en RXL16 et RXL32, 0,5 s par tour (0,4 s en option), générateur 60 kW,
ouverture de 72 cm.

- Aquilion LB : ouverture de 90 cm équipé du détecteur de l’Aquilion RXL et destiné


à la simulation en radiothérapie.

L’année dernière, TOSHIBA avait présenté FIRST, sa reconstruction itérative MBIR, qui
dispose aujourd’hui d’un recul clinique suffisant pour confirmer les attentes entrevues
l’année passée.

RSNA 2016 pages : 51/130


Cette technique, disponible sur la gamme Aquilion One uniquement, nécessite des
temps de reconstruction de 3 (pour un volume de 16 cm) à 6 minutes ; la pratique
clinique démontre une utilité non pas uniquement dans le champ dosimétrique mais
essentiellement sur l’amélioration de la résolution spatiale à bas contraste.

TOSHIBA propose toujours la double énergie par deux méthodes : switch kV en


hélicoïdal et mode Wide Volume en axial (un passage à bas kV suivi d’un passage à
hauts kV).

TOSHIBA, fidèle à sa stratégie de développement en scanner centrée sur l’exploitation


du large détecteur, continue à développer chaque année de nouvelles applications ; cette
année, la firme annonce une application en WIP particulièrement prometteuse et
attendue : la CT FFR (CT Fractional Flow Reserve) ou évaluation de la réserve de flux
coronaire en scanner.

Les sociétés savantes s’accordent aujourd’hui sur la nécessité de rechercher la présence


d’une ischémie myocardique avant d’envisager un geste de revascularisation chez un
patient porteur d’une coronaropathie.

En l’absence d’ischémie, le traitement médicamenteux (qui permettra de prévenir


efficacement un syndrome coronarien aigu) reste l’indication thérapeutique privilégiée. La
présence d’une ischémie myocardique chez ces patients, identifiée par une diminution
des capacités d’adaptation du réseau artériel coronarien, autrement appelées réserve
coronaire, justifiant quant à elle le recours à la revascularisation.

Actuellement, la méthode de référence pour l’évaluation de la réserve coronaire consiste


à étudier de façon invasive le gradient de pressions au niveau de la sténose coronaire à
l’état de base et sous test hyperhémique. L’étude de la perfusion myocardique par
tomographie par émission de positons représente la seule méthode non invasive validée
mais celle-ci se trouve limitée en pratique clinique par la disponibilité de la technique, son
coût et sa lourdeur de mise en œuvre. On comprend alors tout l’intérêt de développer
une technique d’évaluation de la réserve coronaire en scanner.

La technique que proposera TOSHIBA est basée sur une méthode de post-traitement qui
prendra une quinzaine de minutes et qui permettra l’évaluation de la réserve coronaire
pour les sténoses intermédiaires (entre 40 et 70% de sténose).

Les premières études en cours sont très encourageantes avec un très bon niveau de
corrélation entre la FFR évaluée par scanner et la FFR mesurée par la méthode de
référence par cathétérisme. TOSHIBA prévoit une disponibilité commerciale aux
alentours de mi-2017.

Toujours dans le domaine du post-traitement, TOSHIBA indiquait l’année dernière


travailler à l’intégration des outils de post-traitement OLEA MEDICAL, désormais
propriété de TOSHIBA, dans la dernière version de sa solution de post-traitement Vitrea ;
c’est désormais chose faite.

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Conclusion

La modalité scanner aura été à l’honneur cette année avec la présentation de plusieurs
nouvelles machines et une actualité riche autour des technologies récemment
introduites : imagerie spectrale, perfusion, techniques de reconstruction itérative…

Même si ce dynamisme technologique offre naturellement des perspectives


réjouissantes, la tendance semble être désormais à une intégration plus poussée de ce
contenu technologique pour en généraliser l’utilisation et en exploiter tout le potentiel :
- Humanisation de l’examen et approche moins techniciste : recentrer l’attention
sur le patient au travers notamment d’interfaces mobiles et intuitives.

- Intégration fluide et transparente dans les protocoles des nouvelles applications et


technologies (imagerie spectrale, reconstructions itératives) de façon à en
démocratiser l’utilisation et ainsi maximiser la confiance diagnostique de
l’examen.

- Amélioration des outils de post-traitement (intelligence artificielle, outils


automatisés, centralisation des outils sur une même plateforme) pour rendre
l’augmentation du contenu clinique de l’examen compatible avec la pénurie de
temps médical d’interprétation.

Pour développer encore son champ d’action, la modalité scanner doit ainsi faire face à
un paradoxe : conjuguer son dynamisme technologique avec une conjoncture
économique et médicale qui n’y est pas naturellement et spontanément favorable.
A ce titre, le développement très rapide des technologies de l’information, les progrès
dans la gestion des flux massifs de données, l’apport de l’intelligence artificielle sont
autant de raisons d’envisager l’avenir avec optimisme.

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IMAGERIE MOLECULAIRE

Dopage au Silicium

*Lara MARQUET, **Julien FOURCADE

*CHU de Liège, **CHU de Toulouse

Introduction

L’article de l’année dernière, intitulé « L’empreinte du digital », mettait en lumière les


progrès des techniques de détection « numériques » en médecine nucléaire : il
présentait les différentes technologies de détection existantes en SPECT (capteurs
Cadmium Zinc Telluride – CZT – petits et grands champs), en PET/CT (d-SiPM) et en
PET/MR (SiPM).

Si la généralisation de ces techniques de détection posait encore question (coût élevé,


niveau de performance par rapport aux techniques analogiques), on pouvait pressentir
une actualité chaude sur le sujet et des annonces prochaines.

Ce RSNA 2016 valide bien cette tendance avec la disponibilité sur le marché d’une
gamma caméra numérique grand champ à détecteurs CZT (GE Discovery NM/CT 670
CZT) et d’un nouveau PET/CT « digital » (GE Discovery MI) venant concurrencer le
PHILIPS Vereos, certes présenté en 2013 mais non encore livrable à ce jour en raison
des problèmes de production déjà longuement relatés (cf. ci-dessous).

Si les performances théoriques de ces techniques restent encore à démontrer en


situation clinique réelle, expliquant ainsi une position plus prudente de certains
industriels, l’histoire semble cependant en marche et ce bon vieux photomultiplicateur
(PM) analogique peut commencer à préparer une retraite bien méritée après plusieurs
dizaines d’années de règne sans partage.

Ce mouvement prendra encore plusieurs années, les techniques de « digital PM »


n’étant pas encore toutes arrivées au même niveau de maturité. En effet, rappelons ici
que si la digitalisation d’une gamma-caméra par détecteur CZT ne souffre d’aucune
ambiguïté (l’ensemble de la chaîne de détection est ainsi numérisée), celle du PET/CT
mérite d’être regardée de plus près car elle confond deux technologies voisines :

- La technique du d-SiPM développée par PHILIPS équipant le PET/CT Vereos.

- La technique du SiPM utilisée par GE et SIEMENS d’abord en PET/MR (pour


s’affranchir des effets du champ magnétique sur le PM) puis aujourd’hui par GE
dans son nouveau PET/CT Discovery MI.

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Nous vous renvoyons à la lecture de l’article de 2015 qui précisait en détail les
différences entre ces deux technologies ; en substance, il faut d’abord comprendre que,
pour ces deux techniques, seule la partie PM est digitalisée (la phase de conversion
photon gamma / photon lumineux restant à la charge du cristal scintillant).

Par ailleurs, si le d-SiPM parvient à coupler un élément de cristal (4 mm x 4 mm) à un


élément de détection, ce n’est pas le cas du SiPM dont les cellules de détection
intéressent plusieurs éléments de cristal.

Ainsi, si le d-SiPM de PHILIPS semble sur le papier présenter des avancées


particulièrement intéressantes, il convient de rappeler que le PET/CT Vereos n’est pas
encore véritablement disponible à l’installation et que sa technologie doit encore faire la
démonstration clinique de ses qualités une fois les premières machines installées.

Pour mémoire, PHILIPS a dû interrompre la production des équipements de médecine


nucléaire fabriqués à Cleveland en raison de la fermeture préventive de cette usine (cf.
articles des années précédentes). Cette unité de production a aujourd’hui redémarré et la
situation est la suivante :

- PHILIPS dispose d’un blacklog d’une centaine de PET/CT analogiques à livrer


ainsi que 58 commandes de Vereos en souffrance.

- Début novembre 2016, la production des PET/CT analogiques a repris et les


livraisons de systèmes en attente seront honorées entre la fin décembre 2016 et
le printemps 2017.

- La production des Vereos démarrera en Q2 2017 pour des livraisons en Q3 et Q4


2017 ; PHILIPS garantit que la situation sera régularisée pour tous les clients lui
ayant maintenu leur confiance avant la fin 2017.

A ce sujet, il faut noter que la grande majorité des clients ayant commandé un Vereos
semble avoir maintenu son engagement, signe de ses attentes quant à cette nouvelle
technologie.

Pour les nouvelles commandes, la situation est la suivante :

- PET/CT analogique : une commande aujourd’hui sera livrée Q3 2017

- PET/CT numérique : une commande aujourd’hui sera livrée Q1 2018

PHILIPS, très confiant dans cette technologie, s’attend à un gros succès commercial du
Vereos et a ainsi décidé de mettre en œuvre une nouvelle ligne de production à Haïfa en
Israël afin qu’à terme cette usine puisse assumer la production des Vereos pour le
marché européen (l’usine de Cleveland continuant à produire les Vereos pour le marché
américain).

Autre innovation récente dans le domaine de l’imagerie moléculaire et des techniques


d’imagerie hybride, le PET/MR à acquisition simultanée qui a bénéficié ces dernières
années d’un engouement probablement disproportionné. Si le développement des
machines et leurs mises sur le marché (d’abord SIEMENS avec le Biograph mMR en
2011 puis GE avec le Signa PET/MR en 2014 – PHILIPS disposant d’une solution à
statifs dissociés) ont soulevé un véritable enthousiasme, celui-ci semble aujourd’hui
retombé à un niveau plus conforme avec les nombreuses difficultés à outrepasser : coût,
contraintes d’implantation, indications cliniques, paramétrage machine…

RSNA 2016 pages : 55/130


Du fait de ces nombreuses contraintes, la base installée reste faible ce qui limite de fait
le rythme de progression de la recherche clinique.

En France, trois machines sont installées ; la quatrième (Henri Mondor), qui a été le seul
dossier PET/MR de l’année 2016, vient d’être remportée par SIEMENS. Cette installation
s’inscrit dans un projet visant à trouver un modèle économique pour cette modalité
hybride dans le contexte français.

Une fois ce quatrième appareil installé, les positions sur le territoire seront donc
équilibrées avec deux PET/MR GE (la Pitié-Salpêtrière et le DSV-I²BM de l’Hôpital
d’Orsay) et deux SIEMENS (CERMEP à Lyon et Henri Mondor, non encore installé).

Pour rappel, les principaux intérêts cliniques du PET/MR se situent :


- En oncologie : il s’agit de profiter à la fois de la simultanéité des acquisitions pour
les tissus mous, pour lesquels la fusion serait difficile et imparfaite, et également
de la très bonne résolution en contraste de l’IRM pour ces mêmes tissus mous.

- En neurologie (système nerveux central) : domaine qui tire avantage de la


simultanéité des acquisitions PET et MR (couplage temporel des informations
issues de l’IRM fonctionnelle et du PET).

- En pédiatrie afin de tirer avantage du caractère non-ionisant de l’IRM.

- Citons également la cardiologie pour l’évaluation de la récupération des zones


lésées aux suites d’un infarctus, ou encore évaluation prospective du risque de
rupture des plaques d’athérome.

Outre les difficultés techniques et organisationnelles, le développement du PET/MR est


également tributaire de l’arrivée de nouveaux traceurs.

Ce RSNA 2016 aura montré une volonté commune des industriels, quelles que soient les
modalités, de faire progresser la technique tout en améliorant les conditions d’utilisation
des machines (rapidité, accessibilité, reproductibilité), d’interprétation des examens
(automatisation, simplification du workflow) et en favorisant le confort du patient.

Les modalités de médecine nucléaire ne dérogent pas à la règle et présentent différentes


nouveautés ou évolutions s’inscrivant dans cette perspective : nouvelle technique
Q.Clear chez GE permettant de réduire la durée de reconstruction en fin d’examen,
extension du module de quantification xSPECT Quant de SIEMENS à de nouveaux
isotopes, meilleure intégration des outils de post-traitements ou de logiciels tiers dans les
serveurs d’application, numérisation de la détection permettant d’envisager de nouvelles
possibilités, y compris dans le champ radiopharmaceutique, et offrant des perspectives
nouvelles dans une approche plus personnalisée de l’examen.

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Le marché

Le marché des gamma-caméras en France est stable en unités, autour de 30 à 35


machines par an, uniquement en renouvellement et presque exclusivement en caméras
hybrides (il ne reste que quelques unités vendues sans CT) ; la majorité de ces dossiers
(19) a été remportée par SIEMENS, devant GE.

Si le nombre de machines reste constant, le nombre d’examens réalisés en France a


tendance à décroître légèrement au profit du PET.

La base installée française, de l’ordre de 480 gamma-caméras, est dominée par


SIEMENS qui détient un peu plus de 50% de parts de marché, devant GE.

Concernant le PET, le marché français se situe autour de 18 à 20 machines par an,


essentiellement en renouvellement mais avec cependant quelques créations (2 à 4 par
an) qui rendent ce marché parmi les plus dynamiques d’Europe.

En 2016, SIEMENS et GE se partagent équitablement les dossiers (une dizaine chacun),


PHILIPS restant sur une position marginale compte-tenu du contexte actuel.

Signalons cette année la mise en place par l’UGAP d’une offre multi-attributaire en
médecine nucléaire :

- gamma-caméra : référencement des gammes complètes de SIEMENS (1ère


position) et GE (2ème position).

- PET/CT : référencement des gammes complètes de GE (1ère position), SIEMENS


(2ème position) et PHILIPS.

- PET/MR : référencement des deux PET-MR à acquisition simultanée du marché :


Biograph mMR de SIEMENS et Signa PET MR de GE.

L’offre industrielle

GE HEALTHCARE

Gamma caméras et SPECT/CT

Une première grande nouveauté en imagerie moléculaire cette année du côté de GE


Healthcare est la présentation officielle du premier SPECT CT digital. Lors du RSNA
2015, GE Healthcare mentionnait l’arrivée prochaine d’une caméra combinant un grand
champ à un détecteur numérique CZT, qui était alors en test à Haïfa. La première
caméra hybride Discovery NM/CT 670 CZT est à présent officialisée. L’arrivée sur le
marché de ce premier SPECT/CT muni de la technologie CZT ouvre la voie du
numérique appliqué aux caméras généralistes.

GE Healthcare décrit le CZT comme la technologie du futur en médecine nucléaire. Le


coût associé à la production et à la mise en place de cette nouvelle technologie pour les
grands champs semble à présent maitrisé pour GE Healthcare, et une première
installation a été faite aux Hospices Civils de Lyon. Une seconde installation suivra
prochainement au CHU de Bordeaux.

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Une version upgradable vers le CZT est également commercialisée, le Discovery
NM/CT 670 Pro, sur lequel il suffira de changer les têtes analogiques pour les remplacer
par des têtes CZT. Cette option à coût un peu moindre permet pour les centres de ne
pas se priver directement de la possibilité d’évoluer vers du digital.
Le CZT, de par ses caractéristiques intrinsèques (efficacité de détection, résolution en
énergie, résolution spatiale) permet, au-delà de la réduction des doses injectées et/ou
des temps d’acquisition, d’ouvrir le champ des examens possibles en médecine
nucléaire : accès à la quantification, amélioration du rapport contraste sur bruit et
examens à doubles isotopes.

Le reste de la gamme gamma caméra est inchangée et nous rappelons ici les
caractéristiques techniques principales de celle-ci :

Gamma caméras et SPECT/CT :

- Brivo NM 615 : gamma caméra d’entrée de gamme simple tête.

- Discovery NM 630 : gamma caméra double tête (détecteurs Advanced Elite


NXT) avec évolutivité vers un système hybride Discovery NM/CT 670.

- Optima NM/CT 640 : gamma caméra hybride milieu de gamme avec un CT


non diagnostique 4 coupes.

- Discovery NM/CT 670 : gamma caméra hybride avec un CT diagnostique 8


coupes (Optima 540).

- Discovery NM/CT 670 Pro (présenté ci-dessus) : gamma caméra hybride


avec un CT diagnostique 16 coupes (Optima 540) avec possibilité d’upgrade
vers le Discovery NM/CT 670 CZT en changeant les têtes analogiques pas des
têtes CZT.

- Discovery NM/CT 670 CZT (présenté ci-dessus) : gamma caméra hybride


avec détecteur CZT.

Gamma caméras dédiées :

- Mammo-scintigraphie : Discovery NM 750b.

- Cardiologie : Discovery NM 530c (gamma caméra double tête avec détecteurs


CZT).

La reconstruction itérative ASIR est disponible sur toutes les caméras.

Logiciel
Le logiciel Xeleris 4.0 a été marqué CE au mois de juin 2016 et est désormais disponible
sur serveur (Xeleris xFL), physique ou virtuel. Il comprend la Q.Suite, logiciel de
segmentation et de quantification automatique, avec, entre-autres, les modules suivants:
- Q.Lung (poumon)
- Q.Brain (cerveau)
- Q.Metrix : suivi du traitement.

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PET/CT

La seconde grande nouveauté du côté de General Electric est la sortie de leur PET/CT
digital, le Discovery MI, et de sa déclinaison « Digital Ready », le Discovey MI DR.

Le marquage CE a été obtenu au mois de novembre 2016 pour ces deux nouveautés et
les premiers PET/CT digitaux Discovery MI ont été installés récemment à Uppsala
(Suède) et à Stanford en Californie. Une dizaine de PET/CT digitaux sont actuellement
en cours d’installation en Europe.

La technologie utilisée dans le détecteur LightBurst Digital (Fig. 1) du Discovery MI est


basée sur la même que celle utilisée pour les PET/MR. Les photomultiplicateurs sont
remplacés par des SiPM. Un SiPM est lui-même constitué de centaines de cellules
photodétectrices (diodes à avalanche ou APD pour Avalanche PhotoDiodes) de très
petites dimensions. Chaque APD réagit de manière binaire (soit au repos, soit détection
de photon). Le signal SiPM est obtenu en cumulant les signaux de l’ensemble des
cellules APD, et on obtient en sortie une mesure analogique de la quantité de lumière
détectée.

Fig. 1 – Détecteur LightBurst Digital (source GE HEALTHCARE)

Les détails techniques sur la gamme PET/CT :


- Discovery iQ :
o De trois à cinq anneaux (15,7 à 26 cm).
o Diminution de la dose injectée par deux (< 2 MBq/kg).
o Diminution du temps d’acquisition par deux.
o Détecteur LightBurst à sensibilité élevée.
o Scanner Optima CT 540 (couverture 20 mm).
- Discovery MI DR :
o Version « Digital Ready » (digitalisation par un remplacement de
l’anneau).
o Cristal LYSO.
o Scanner Revolution EVO.
o Résolution spatiale 4 mm.
o Résolution temporelle de temps de vol : 549 ps.
- Discovery MI
o Détecteur LightBurst Digital basé sur les SiPM.
o Scanner Revolution EVO.
o Résolution spatiale 4 mm.
o Résolution temporelle : 385 ps.
o FOV axial : 15 cm.
o FOV transaxial : 70 cm.
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La reconstruction itérative ASIR-V est disponible sur chaque PET/CT.

Logiciel
GE introduit cette année une nouvelle technique de reconstruction prospective Q.Clear :
le principe consiste à reconstruire le pas n-1 pendant l’acquisition du pas suivant ;
l’attente en fin d’examen est ainsi limitée au temps de reconstruction du dernier pas soit
90 secondes environ.
Q.Clear permet de faire des reconstructions 100% itératives, améliorant la visualisation
des lésions, la quantification (SUVmean), le contraste et le signal sur bruit. Cette
technique permet d’envisager l’utilisation de nouveaux traceurs générant plus de bruits
(comme le Gallium) grâce aux gains obtenus par cette technique de reconstruction.

PET/MR

GE reste optimiste concernant la technologie PET/MR qui semble repartir de façon


encourageante après un léger ralentissement et une petite perte d’engouement.
Cependant, la faible diffusion de la technologie limite le rythme des avancées de la
recherche clinique.

Récemment GE a remporté plusieurs marchés de PET/MR. Un Signa PET/MR sera


installé à Bruxelles et 4 en Angleterre (pour l’évaluation des maladies
neurodégénératives principalement).

Quelques intérêts cliniques de la technologie PET/MR ont été énoncés dans


l’introduction de ce chapitre.

Les nouveautés sur le Signa PET/MR de ce RSNA 2016 :


- Le Signa PET/MR recevra courant 2017 la suite Q.Clear ainsi que MR Works (cf.
article MR).

- Séquence ZTE (Zero TE) : même si la correction d’atténuation reste basée sur les
données CT préalablement acquises, cette séquence permettra de mieux réaliser
la cartographie du crâne en MR pour les patients qui ne peuvent avoir de CT
préalable (pédiatrie, patients trépanés…)

Nous rappelons ici quelques caractéristiques techniques du Signa PET/MR :

Caractéristiques du détecteur PET :


- Cristal LBS.
- Détecteur SiPM.
- FOV 60x60 cm.
- 25 cm en axial.
- Sensibilité de 21 cps/kBq.
- Résolution temporelle avec le TOF : 400 ps.
Caractéristiques de la partie MR
- Aimant 3T.
- Tunnel de 60 cm.
- FOV 50 cm.
- Gradients : amplitude 44 mT/m.
- SR 200 T/M/s.
Caractéristiques de l’ensemble :

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- Détecteur PET intégré à l’isocentre de l’IRM pour une imagerie PET et IRM en
simultané.
- Gating ECG et gating respiratoire.
- Séquences d’acquisition de dernière génération (SilentScan, …).

Enfin, il faut mentionner que GE offre des solutions sur l’intégralité de la chaîne en
imagerie moléculaire : cyclotrons (MINItrace, PETtrace, GENtrace), modules de synthèse
radiopharmaceutique (gammes FASTlab et TRACERlab) et caméras PET/CT.

PHILIPS

Gamma caméras et SPECT/CT

A ce jour, en attendant le retour de Philips Healthcare sur le marché des gamma


caméras et SPECT/CT, la firme collabore avec Mediso pour cette branche de l’imagerie
moléculaire. Mediso commercialise les caméras de la famille AnyScan et de la famille
Nucline mais nous n’avons pas eu accès aux informations techniques de ces
équipements.

PET/CT

La reprise de la production à Cleveland et l’ouverture d’un deuxième site de production à


Haïfa vont permettre d’installer la centaine de PET/CT analogiques Ingenuity TF en
attente de livraison et la soixantaine de PET/CT digitaux (Vereos).
Les deux gammes (analogique et digitale) restent fondamentalement inchangées depuis
l’année dernière et nous rappellerons ici les principales caractéristiques de chacune.

Analogique :

L’Ingenuity TF (2011) est la combinaison de la plateforme PET Astonish TF et de la


plateforme CT Ingenuity.

En 2006, Philips sortait la technologie ASTONISH TF time of flight (TOF) en clinique


(disponible sur le PET/CT Gemini TF), qui depuis lors est devenue une technologie de
référence en imagerie moléculaire grâce au potentiel d’amélioration de la qualité d’image
et d’une quantification plus précise. La technologie TOF améliore considérablement le
rapport signal sur bruit et augmente les capacités de détection de lésions en
comparaison aux systèmes non TOF. Cette technique est désormais intégrée sur tous
les PET/CT haut de gamme du marché.

Caractéristiques techniques du PET/CT Ingenuity TF:


Partie scanner :
- 40mm disponible en 16, 32, 64 ou 128 canaux.
- Tunnel de 70 cm de diamètre
- Refroidissement par air
Partie PET :
- Cristaux LYSO (4 mm x 4 mm)
- Tunnel de 70 cm de diamètre
- 420 photomultiplicateurs
- Résolution temporelle 495 ps
- FOV axial : 18 cm
- FOV transaxial : 67,6 cm

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Le PET/CT Ingenuity TF dispose des dernières suites logicielles :
- Reconstruction itérative iDose4 (4ème génération)
- O-MAR (Orthopedic Metal Artifact Reduction)
- iPatient, service d’imagerie personnalisée axée sur le patient
- SyncRight : Synchronisation de l’injection avec le déclenchement RX

PHILIPS livrera son premier Ingenuity TF de nouvelle génération en France avant la fin
du premier trimestre 2017.

Digital :

Le PET/CT Vereos, présenté au RSNA 2013 est essentiellement produit dans l’usine de
Cleveland dont la réouverture offre désormais une vraie visibilité sur les délais de
livraison. Il s’agit du premier PET/CT digital muni de la technologie Digital Photon
Counting (DPC) ou d-SiPM qui convertit le signal lumineux directement en un signal
numérique. Le DPC réalise un couplage 1 :1 entre élément de cristal et photodétecteur.

Fig. 2 – PM vers DPC (source PHILIPS HEALTHCARE)

La numérisation via le DPC permet au PET/CT d’améliorer les caractéristiques


suivantes :
- Résolution volumétrique
- Gain de sensibilité
- Précision quantitative
- Dose injectée divisée par deux (par rapport au PET/CT Gemini).

Il reste à ce jour le seul PET/CT entièrement digitalisé avec couplage 1 :1 entre élément
de cristal et élément de détection.

Les avantages cliniques de ce système sont nombreux :


- Augmentation de la détectabilité des lésions
- Augmentation de la caractérisation des lésions
- Tracking plus efficace de la progression des lésions

La technologie du Vereos n’a pas fondamentalement évolué depuis son introduction


mais reste révolutionnaire pour l’imagerie moléculaire, ouvrant la voie à des domaines
cliniques encore non-exploités.

Les performances annoncées permettent d’envisager l’utilisation de nouveaux traceurs à


durée de demi-vie plus courte (choline et carbone 16 par exemple).

Ces perspectives ouvrent la voie à un véritable changement de paradigme dans


l’approche des traitements en oncologie ambulatoire, offrant la possibilité d’évaluer

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l’efficacité d’une thérapie par chimiothérapie dès le début du traitement et éviter ainsi les
situations d’échec thérapeutique.

Philips, qui croit beaucoup en cette technologie et prévoit une explosion des ventes dans
les prochaines années, annonce avoir conservé la confiance d’une majorité de ses
clients malgré l’arrêt de production et les retards de livraison.

Un bref rappel technologique du Vereos :


Partie scanner :
- 40 mm disponible en 64 ou 128 canaux
- Rotation 0,3 s en mode cardiaque
- Générateur 80 kW (ou 105 kW effectif avec iDose4)
- Détecteur Solid-State GOS de 43008 éléments
Partie PET :
- Cristaux LYSO (4 mm x 4 mm)
- 23040 détecteurs
- Chaque pixel contient 3200 microcellules capables de détecter un photon
- FOV axiale : 16,4 cm
- FOV transaxiale : 67,6 cm
- TOF : 325 ps
Le PET/CT Vereos est muni des dernières suites logicielles Philips :
- Reconstruction itérative iDose4 (4ème génération)
- O-MAR (Orthopedic Metal Artifact Reduction)
- iPatient, service d’imagerie personnalisée axée sur le patient
- SyncRight : Synchronisation de l’injection avec le déclenchement RX

Ainsi qu’énoncé dans l’introduction de ce chapitre, PHILIPS s’engage à honorer les


commandes du Vereos qui étaient en attente de livraison avant la fin de l’année 2017 et
toute nouvelle commande du Vereos sera livrée durant le premier trimestre 2018.

Logiciel :
Le logiciel IntelliSpace Portal en est à sa 9e version et le viewer médecine nucléaire a été
amélioré. Au niveau nouveauté, notons l’intégration des fonctionnalités suivantes au
niveau de la médecine nucléaire :
- Corridor 4DM : quantification cardiaque.
- Emory Cardiac Toolbox 4.1.
- Cedars Sinaï Cardiac Suite (AutoQuant).
Pour rappel, IntelliSpace Portal est une solution multi modalité qui intègre désormais le
support multi-vendeurs (intégration de logiciels tiers dans ISP).

PET/MR

Philips n’a fait aucune annonce cette année, mais au vu de sa maitrise à la fois de l’IRM
numérique (avec l’évolution dSync présentée cette année), du PET numérique (DPC) et
du PET/MR à statifs dissociés, une annonce prochaine ne serait pas surprenante.

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SIEMENS HEALTHINEERS

Gamma caméras et SPECT/CT

La nouveauté pour SIEMENS HEALTHINEERS cette année en gamma caméra


SPECT/CT est l’introduction des modules de quantification xSPECT Quant pour les
isotopes 123I, 111Ln, et 177Lu sur la gamme Intevo.

La gamme Intevo (SPECT/CT haut de gamme) est basée sur la technologie xSPECT.
Cette technologie change considérablement l’avenir des caméras hybrides en réalisant
une intégration complète du SPECT avec le CT (et donc réalise un alignement précis),
contrairement à la fusion mécanique des systèmes conventionnels (Fig. 3).

Fig. 3 - SPECT/CT conventionnel vers xSPECT (source SIEMENS HEALTHINEERS)

L’information spatiale détaillée des tissus provenant du CT est utilisée pour interpréter
les données provenant de la partie gamma caméra. xSPECT est un nouveau fondement
technologique permettant de développer de nouvelles applications. Les deux premières
applications de xSPECT :

- xSPECT Bone : haute résolution en imagerie osseuse, basée sur l’information de


différenciation tissulaire venant du CT
- xSPECT Quant : méthodologie de quantification absolue et reproductible,
compatible avec 99mTc, 123I, 111Ln, 177Lu.

Les caractéristiques de la gamme Intevo :

- CT de 2, 6 ou 16 coupes
- Tunnel de 70 cm
- Électrocardiogramme intégré
- IQ.SPECT : acquisition cardio-centrique qui permet de réaliser une acquisition
cardiaque en 4 minutes (dose standard), 8 minutes (dose divisée par deux) ou 16
minutes (dose divisée par quatre).

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La gamme complète :

- Intevo : La gamme reste sensiblement identique à l’année dernière, avec comme


point notable l’Intevo 6 UHD qui complète la gamme en se positionnant entre
l’Intevo 6 et l’Intevo 16 et qui permet d’accéder aux coupes inframillimétriques.

- Intevo Excel : mêmes caractéristiques sans les reconstructions avancées et avec


un CT 2 coupes.

- Symbia T : avec un CT de 2, 6 ou 16 coupes.

- Symbia Evo : caméra non-hybride.

- Symbia Evo Excel : mêmes caractéristiques que la Symbia EVO mais avec un lit
plus petit.

SIEMENS HEALTHINEERS considère que l’avenir de la SPECT passe par une


utilisation plus forte de la technique pour guider ou planifier les traitements et engage
donc ses développements dans cette voie, d’où les modules de quantification absolue et
reproductible afin, par exemple, d’aider à la planification en radiothérapie interne
sélective.

Pour SIEMENS HEALTHINEERS, qui a étudié la question dès 2004, la technologie de


numérisation de la détection par CZT avec collimateur parallèle ne présente pas
suffisamment d’avantages cliniques au regard du coût encore élevé du CZT.

PET/CT

SIEMENS HEALTHINEERS avait étendu sa gamme Biograph PET/CT en 2015 avec


l’introduction du Biograph Horizon.

Les caractéristiques communes à la gamme Biograph (Horizon et mCT) se situent au


niveau des détecteurs TEP : même taille de cristaux, même résolution spatiale, même
capacité TOF notamment. La différence principale se situe au niveau du diamètre du
statif et du type de CT qui y est couplé. Le Biograph Horizon se veut plus adapté aux
contraintes financières du marché et dispose de prérequis d’implantation réduits, refroidi
par air et consommant moins d’énergie que le Biograph mCT.

Cette année, SIEMENS HEALTHINEERS introduit la technologie FlowMotion et le


gating HD-Chest sur le Biograph Horizon :

- La technologie FlowMotion est présentée par SIEMENS HEALTHINEERS


comme étant la nouvelle technique de référence en termes d’acquisition ; cette
technique est propre à SIEMENS HEALTHINEERS sur le marché des PET/CT.
Elle élimine le fonctionnement en « Stop & Go » pour réaliser une acquisition avec
un mouvement continu du plateau. SIEMENS HEALTHINEERS a équipé ses
PET/CT Biograph du FlowMotion qui est l’une de leurs particularités.

- La technique de gating respiratoire HD Chest est basée sur l’amplitude de la


respiration au lieu de la technique conventionnelle basée sur la phase respiratoire.
L’inconvénient de la technique conventionnelle se situait au niveau des variations
occasionnelles de l’amplitude respiratoire des patients. Ce changement de

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technique permet au logiciel de déterminer les phases respiratoires qui ne sont
pas appropriées à l’acquisition d’image et de réduire ainsi le bruit. HD Chest était
auparavant réservé au Biograph mCT, il est à présent déployé sur l’ensemble de
la gamme.

Caractéristiques techniques :
- Biograph mCT :
o Cristaux LSO (4 mm x 4 mm)
o Tunnel 78 cm de diamètre
o CT Somatom Definition AS en version 20, 40, 64 ou 128 coupes
o Résolution temporelle 540 ps
o Upgradable en Flow
- Biograph mCT Flow: idem avec le déplacement continu de la table (FlowMotion).
- Biograph mCT Flow Edge : idem que le Flow, avec le CT Somatom Definition
Edge 128 coupes.
- Biograph Horizon : mêmes caractéristiques que le Biograph mCT avec :
o Scanner Somatom Perspective 16 ou 32 coupes
o Tunnel de 70 cm de diamètre
- Biograph Horizon Flow : mêmes caractéristiques que le Biograph Horizon et
muni du FlowMotion

La gamme Biograph dispose de la suite logicielle complète et notamment :


- Reconstruction itérative SAFIRE
- Réduction d’artéfact métallique IMAR, également utilisable pour la correction
d’atténuation

Autre nouveauté : le logiciel PET Dose Report, présentant un rapport de dose patient,
disponible sur le Biograph Horizon.

Sur le marché des PET/CT, SIEMENS HEALTHINEERS a une approche différente de


ses concurrents qui proposent dès à présent des PET/CT à détecteurs SiPM. Pour
SIEMENS HEALTHINEERS, l’implémentation de cette technologie dans la première
génération de PET/CT à SiPM n’offrirait pas de performances supérieures à ce qu’ils
arrivent à obtenir avec leurs PET/CT à PMT, plus spécifiquement en ce qui concerne le
compromis sensibilité/résolution spatiale/largeur du FoV.

La firme indique préférer valider des gains importants, sans compromis, avant
d’implémenter ce type de détecteur, afin de passer un vrai gap de performances et ouvrir
ainsi de nouvelles perspectives cliniques pour les patients.

En parallèle, SIEMENS HEALTHINEERS a orienté ses efforts sur l’amélioration de la


qualité clinique de l‘examen et du workflow patient via notamment le FlowMotion et le
HD-Chest, ce qui transparait également dans leurs nouveautés au niveau CT (voir
chapitre Scanner).

Logiciel
syngo.via en est à la version VB20 et intègre le post traitement PET/CT et SPECT/CT.

Il intègre notamment le module Multi Foci Segmentation, qui permet de trouver de façon
automatique des lésions qui dépassent un seuil de SUV prédéterminé plus rapidement et
avec une meilleure reproductibilité.

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PET/MR

SIEMENS HEALTHINEERS capitalise sur la nouvelle version de logicielle MRE11 pour


son Biograph mMR. Cette version intègre les évolutions liées à l’IRM, notamment au
niveau de l’amélioration significative de la correction d’atténuation.
Malgré un marché limité en nombre d’unités, SIEMENS HEALTHINEERS constate
toujours un intérêt particulier pour la technologie et l’émergence de
projets essentiellement au sein de centres académiques d’importance déjà équipés de
PET/CT et d’IRM pour leur activité clinique.

SIEMENS HEALTHINEERS croit en l’avenir de cette technologie, essentiellement dans


le champ de l’oncologie afin de tirer avantage de la meilleure résolution en contraste de
l’IRM. L’évolution de cette technologie passera principalement par la synergie des deux
modalités (par ex : gating PET basé sur l’IRM).

Les caractéristiques techniques du PET/MR Biograph mMR :


Partie PET :
- Cristal LSO
- Détecteur SiPM : 448 blocs de détection, 9 diodes à avalanche par bloc, 64
cristaux (4 x 4 mm) pour un bloc de détection
- FOV axiale : 25,8 cm
- FOV transaxial : 58,8 cm
- Sensibilité 13,2 cps/kBq
- Résolution spatiale : 4,5 mm en axial et 4,4 mm en transversal.
Partie IRM :
- Aimant 3T
- Tunnel de 60 cm
- FOV de 45 x 50 x 50 cm
- Gradients d’amplitude 45 mT/m
- SR de 200 T/m/s.

TOSHIBA

En imagerie moléculaire, Toshiba propose toujours son PET/CT Celesteion dont les
caractéristiques n’ont pas évolué depuis l’année dernière. La nouveauté réside dans le
marquage CE tout récent de l’appareil. Une première machine sera installée sur le
marché Européen début 2017, en Espagne.
Les caractéristiques du PET/CT Celesteion
PET :
- Tunnel de 88 cm de diamètre (le plus large du marché)
- Cristaux à base de Lutétium de 4 x 4 mm
- 30720 cristaux
- Résolution TOF : 450 ps
- FOV axiale : 19,6 cm
- FOV transaxiale : 70 cm
CT :
- CT Aquilion LB
- Tunnel de 90 cm de diamètre
- Générateur 72 kW
- Détecteur de 32 mm
- Vitesse de rotation de 0,5 s
- Logiciel AIDR 3D
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Toshiba France, dont les activités en imagerie lourde (scanner principalement) décollent
depuis peu, préfère adopter une stratégie attentiste quant à une éventuelle introduction
du Celesteion sur un marché français très concurrentiel. La situation pourra évoluer en
fonction des retours d’expérience sur les autres marchés européens.

Conclusion

L’évènement marquant de ce RSNA en imagerie moléculaire restera l’introduction sur le


marché par GE d’une gamma caméra grand champ à détecteurs CZT et d’un PET/CT à
détecteurs SiPM.

L’autre information majeure concerne la société PHILIPS, lourdement handicapée ces


dernières années par ses problèmes de production mais qui voit enfin le bout du tunnel
et peut ainsi se projeter avec optimisme dans la commercialisation de son très
prometteur PET/CT Vereos.

SIEMENS, acteur majeur sur le marché de la médecine nucléaire, n’est pas en reste et
poursuit ses développements dans l’objectif d’améliorer toujours la qualité clinique de
l’examen, sans compromis, que ce soit en SPECT ou en PET.

La vitalité technologique portée pas ces industriels et associée à un discours très engagé
de leur part apporte la preuve que l’imagerie moléculaire constitue plus que jamais une
discipline dynamique et d’avenir.

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RADIOLOGIE NUMERIQUE

Les nouvelles générations de capteurs font évoluer le marché

*Cathy DECOSTER, ** Florence SAVOYE

*CHU NECKER (APHP), **HU de GENEVE

Introduction

Cette année des grandes tendances sont ressorties en radiologie numérique avec des
propos convergents entre tous les constructeurs et distributeurs : nouvelle gamme et
complément de gamme d’équipements, nouveaux capteurs fixes, dynamiques et même
« souples », approche client différente pour une optimisation de la solution proposée afin
d’être au plus près des besoins et de l’enveloppe budgétaire. Malgré ces nouveautés, les
films sont encore d’actualité car certains dépistages ne sont toujours pas dématérialisés.

Fort de proposition de gamme d’équipements très complète, équipée d’interfaces


logicielles identiques pour optimiser l’ergonomie et proposer des solutions globales pour
l’ensemble des modalités, les professionnels de santé peuvent, en résumant par l’image,
cuisiner leur propre salade ….(…de tomate, de concombre…) c’est-à-dire marier des
marques différentes et homogénéiser le parc avec des capteurs mobiles.

Le capteur permet de faire le lien entre les différents systèmes et ainsi de moderniser,
« up grader », à moindre coût, un plateau technique de radiologie vieillissant. La
tendance est de faire disparaitre les frontières entre les marques. Cependant, certains
industriels, Philips, Siemens ou encore Samsung cloisonnent encore leur modalité avec
des systèmes n’acceptant que leur propre modèle (par exemple aucune détection pour
l’éjection du tiroir avec un blocage de compatibilité) avec l’argument principal de
conserver le même marquage CE.

Les grands fabricants de capteurs sur le marché européen : Canon, Thales, Konica,
Viework, Varian …, s’orientent tous vers des capteurs mobiles et compatibles pour le
marché du rétrofit.

Après plusieurs années guidées par le développement des performances techniques des
technologies de plus en plus puissantes et complexes, les constructeurs s’orientent
maintenant sur des systèmes aux caractéristiques dégradées, comme par exemple le
poids, ou bien avec des matériaux moins nobles pour les capteurs, sans dégrader pour
autant la qualité image mais nécessitant forcément plus de dose.

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Dans le contexte économique contraint des établissements de santé, ceci permet de
rester au plus proche des besoins en proposant des équipements pour lesquels il est
possible de choisir le générateur, le tube ou le capteur plan en fonction du budget bien
sûr mais surtout des applications cliniques et de la qualité recherchée et enfin, de
l’homogénéité du parc. Certains proposent encore des équipements analogiques
pouvant être upgradés dans un deuxième temps.

Les industriels montrent clairement leur volonté d’aider les clients à la réorganisation de
leur plateau technique d’imagerie en proposant des solutions de maintenance à distance
en temps réel, de suivi des flux de travail ou une gestion de l’automatisation. Elles
réfléchissent à des solutions d’assurance pour les capteurs au vu du prix, de leur fragilité
relative liée notamment à une utilisation intensive.

Concernant les stratégies de chacune des sociétés, et sur l’ensemble des produits
proposés, la table télécommandée est toujours présente au catalogue, qu’elle soit
automatisée ou non. Stéphanix annonce approcher le marché américain. Philips a sorti
sa nouvelle table télécommandée en 2016 et Agfa l’annonce pour courant 2017, elle était
d’ailleurs présente sur leur stand. La question reste posée pour la tomosynthèse.
Certains commercialisent déjà leur modèle avec cette possibilité, pour d’autres, la
réflexion est en cours.

Idem pour les salles Os-poumons proposées par tous, de l’entrée de gamme au très haut
de gamme pour répondre à l’ensemble des besoins. Les évolutions se poursuivent sur
les logiciels métiers et les applications. Un nouveau concept voit le jour avec la création
de salles Os-poumon «mixtes» c’est à dire une salle de radio équipée d’une table
télécommandée dans laquelle on ajoute suspensions plafonnières et ou potters muraux.

Pour les mobiles de radiographie, le marché est en train d’exploser. L’objectif est de
rendre cet équipement équivalent à une salle Os-poumon en terme fonctionnement,
ergonomie identique, bras télescopiques et mêmes logiciels métiers... Par effet de
gamme, les mobiles analogiques sont encore présents chez tous. Cette année
Carestream, Samsung, Fuji présentent de nouveaux modèles. A noter, une forte
présence de SEDECAL en OEM.

Technologiquement parlant, la grille virtuelle est en développement ou déjà proposée :


solution logicielle intégrant un post-traitement de l’image pour rehausser la qualité et qui
permet de s’affranchir du poids de la grille et de réduire la dose avec une qualité image
équivalente.

Tous les fournisseurs s’accordent à dire que la technologie capteur plan a permis une
réduction de dose de 20 % par rapport aux systèmes plaques. Cependant, aucune étude
comparative n’a été clairement réalisée pour démontrer les qualités des différentes
technologies.

Le détecteur est caractérisé par sa DQE (Efficacité Quantique de Détection) qui précise
l’efficacité avec laquelle le capteur utilise la dose disponible en fonction de la fréquence
spatiale. ….Mais le détecteur n’étant pas le seul élément de la chaine image et
responsable de la dose, le choix devient compliqué pour les futurs utilisateurs.

Les performances dépendent de la stratégie des industriels d’associer les différents


éléments techniques : générateur, tube, logiciels de traitements d’image, caméra et bien
sûr détecteur… La dose est LE sujet d’actualité de tous mais, rappelons tout de même
qu’un autre moyen de réduire la dose est de mettre en place un réel compromis entre
qualité d’image et dose ce qui nécessite une excellente formation des utilisateurs et un

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accompagnement applicatif des fournisseurs dans les services d’imagerie auprès des
manipulateurs et des radiologues.

Cette année, pour la radiologie interventionnelle, les nouveautés se trouvent sur les
logiciels et applications « métiers », une nouvelle technologie de capteur et des
nouveaux mobiles de radioscopie chez des industriels qui n’en avaient pas dans leur
gamme auparavant.

L’univers du bloc opératoire attire de plus en plus et nous voyons Stéphanix dans ce
domaine ainsi que d’autres (Samsung et Primax) en réflexion sérieuse pour être présents
sur ce créneau. Cette année, les mobiles de radioscopie affichent une réelle volonté de
concurrencer les salles interventionnelles avec des performances qui se veulent
comparables comme la 3D chez Ziehm et avec l’énorme avantage de contraintes
d’implantation nettement moins lourdes.

Certaines sociétés (GE, HOLOGIC ou encore ZIEHM) ont présenté une nouvelle
génération de détecteur dit CMOS (Complementary Metal Oxide Semi-conductor). Cette
technologie donne une meilleure qualité d’image avec une taille du pixel extrêmement
fine de 100µm à 75µm en fonction des modèles. Ce détecteur permet de diminuer la dose et
d’avoir une résolution d'image équivalente grâce à une réduction du bruit électronique.

Pour le moment cette technologie est présente sur les champs de petites tailles mais un
déploiement courant 2017 est prévu sur d’autres dimensions. Il faut bien garder en tête
que la dose reçue par le patient doit être celle nécessaire pour voir ce que le praticien a
besoin de voir. Ce que nous imaginons avec le CMOS est qu’il est possible d’avoir une
très belle image avec moins de rayons.

Malgré une présence de plus en plus forte des capteurs plans, les sociétés continuent de
commercialiser des amplificateurs de brillance pour répondre à tous les besoins.

Il n’est pas simple de trouver la définition exacte d’une salle hybride. Mais suite aux
différents échanges que nous avons eus sur les stands, nous allons essayer d’éclaircir
les termes avant de présenter les solutions exposées.

La salle d’angiographie est une salle de radiologie dédiée aux interventions mini
invasives. Elle est équipée d’un système d’imagerie en arceau robotisé au sol comme le
PHENO de chez SIEMENS ou sur roulette avec un repérage par laser pour le IGS
730/40 de chez GE, mono ou bi plan, avec une table plane de radiologie transparente.
L’objectif est de pouvoir réaliser des actes médicaux sous radio guidage et contrôler en
temps réel les résultats par des systèmes d’imagerie.

Dans ce domaine, cette année, peu de nouveautés sur les statifs : Toshiba présente un
arc en C constitué d’un double arceau pour augmenter le degré de rotation et renomme
sa gamme, et SIEMENS propose une nouvelle version de son Zeego appelé désormais
PHENO.

Si cette salle d’angiographie est équipée d’une table chirurgicale ou est utilisée pour la
réalisation de chirurgie lourde, la structure est appelée salle interventionnelle ou encore
salle hybride. Une salle interventionnelle est une salle d’opération dotée d’un système
d’imagerie pour réaliser des interventions mini-invasives et/ou basculer sur des
chirurgies complexes lourdes.

Une salle hybride peut aussi être équipée de plusieurs dispositifs médicaux d’imagerie
tels que le scanner dans lequel TOSHIBA croit et investit vraiment ou l’IRM où GE,

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PHILIPS et SIEMENS sont bien présents. Dans ce domaine SIEMENS propose deux
stratégies différentes : une IRM au sol ou plafonnière avec un partenariat exclusif fort
IMRIS.

Chacune des 4 sociétés présentes sur ce marché a son propre point de vue et axe son
développement différemment avec des couplages de modalités IRM ou scanner, ou
encore des partenariats différents pour les tables d’opération. La comparaison technique
s’avère délicate et dépend de la prise en charge médicale et des différents partenariats
concernés.

Axées initialement sur les opérations cardiovasculaires et neurochirurgicales, les salles


interventionnelles deviennent polyvalentes. On ne note pas de révolution majeure sur
l’ergonomie et sur les technologies des solutions existantes mais les sociétés ont cette
année proposé énormément d’applications métiers spécifiques pour aider et guider les
praticiens dans leurs gestes.

Les ingénieurs biomédicaux ont un vrai challenge à relever lors de leur participation à la
création de ce type de salle. Pour répondre aux besoins cliniques, techniques, et aux
contraintes budgétaires, les sociétés proposent un panel de solutions mais la première
question à se poser est: quels types d’intervention seront réalisés dans la ou les salles ?

Les offres industrielles en radiologie conventionnelle et interventionnelle.

TRIXELL - trixell.com

Trixell, 60 ans d’expérience dans le domaine de l’imagerie et des rayons X fabrique des
tubes conventionnels, avec amplificateur de brillance, des détecteurs statiques et
dynamiques (pour table R&F, arceau C-Arm, angiographie, panoramique dentaire), des
caméras et des logiciels de traitement d’images… Afin de répondre aux différents
besoins, Trixell se veut flexible et propose les éléments indépendamment les uns des
autres (tube avec ou sans caméra par exemple) ou en intégration avec des packages
des arceaux ou des enveloppes de tube avec la partie mécanique.

Cette année, un nouveau détecteur portable de même qualité image mais à un tarif
inférieur est présenté; il est plus lourd car fabriqué avec de matériaux moins nobles, et il
conserve l’auto détection pour la fonction rétrofit. Trixell propose deux possibilités pour le
scintillateur, l’iodure de cesium (CsI) ou l’oxysulfure de gadolinium (GOS). Le gadolinium
est moins onéreux mais nécessite plus d’énergie donc plus de dose.

Deux types de détecteurs dynamiques en 43x43 cm existent: le RF, haut de gamme,


graphie et fluoroscopie avec plus de modes disponibles et une plus grande vitesse
d’acquisition (convient au vasculaire) et le FL (FluoroLight) graphie et fluoroscopie
également mais plus limité en vitesse d’acquisition. Pour ces capteurs dynamiques, le
challenge est d’acquérir rapidement des grands champs, avec une bonne résolution et
des doses les plus basses possibles. Pour les fabricants, tout l’enjeu repose sur les
compromis à faire entre champ, vitesse et résolution.

Pour 2017, des détecteurs dynamiques (21*21cm et 30*30cm) orientés chirurgie et


conventionnel sont prévus.

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VIEWORKS - idetec-medical-imaging.com

Fabricant coréen, Vieworks développe ses capteurs numériques à technologie a-Si


(photodiodes silicium amorphe). La gamme intègre des capteurs statiques (série VIVIX-
S) pour la numérisation des examens de radiographie, et des capteurs dynamiques
(série VIVIX-D) pour la numérisation des examens de fluoroscopie et de radiographie.

Les capteurs statiques (série VIVIX-S) peuvent être fixes ou portables, filaires ou wifi, de
différentes tailles 24x30cm, 35x43cm et 43x43cm, avec possibilité de travailler en mode
Trigger (interface avec le générateur) ou en mode AED (Automatic Exposure Détection)
grâce aux cellules de détections automatiques des rayons intégrées dans le détecteur.
En mode AED, le capteur détecte automatiquement les X sans aucune liaison avec le
générateur, ce qui permet de numériser les équipements analogiques existants sans
aucune modification.

Le scintillateur des capteurs statiques est soit CSI, soit GOS. Le CSI, cristal de forme
longitudinal, offre une meilleure qualité image (plus de dynamique), et une meilleure
DQE (moins de dose) que le GOS.

Les capteurs dynamiques (série VIVIX-D) sont fixes ou filaires, avec des caractéristiques
techniques spécifiques à leurs utilisations. Les dimensions, la taille du pixel et la cadence
d’acquisition sont différentes et propres aux applications. Par exemple : 15x15cm,
119µm, 28fps, pour Cone beam CT et mini Arceau C-arm. 25x30cm, 124µm, 9fps, pour
Cone beam CT et Céphalométrie. 23x23cm, 179µm, 29fps, pour arceau type C-arm et
le30x30cm, 145µm, 14fps pour arceau C-arm et R/F.

IDETEC MEDICAL IMAGING

Société française spécialisée dans la fabrication et la commercialisation d’équipements


de radiologie est le représentant exclusif des capteurs Vieworks en France.

L’interface logicielle reste un critère de choix important. Les fabricants travaillent sur la
rapidité de détection des rayons. Le temps d’exposition est aussi l’un des paramètres
clefs pour maitriser la dose.

Pour 2017 toujours, Vieworks annonce la sortie de son capteur dynamique VIVIX-D au
format 43x43cm (17x17"), permettant la numérisation de radiographie et de fluoroscopie
sur table télécommandée avec une résolution de 140µm.

AGFA Healthcare - agfa.com

Agfa Healthcare, très présent dans le domaine des réseaux, propose des solutions
complètes pour la gestion des flux de travail, la connectivité, la prise en charge patient
avec les équipements DR et dans certains cas le maintien des CR et films. Avec la sortie
cette année de la nouvelle table télécommandée DR 800, Agfa peut enfin proposer une
gamme complète où chaque équipement est équipé de logiciels et interfaces utilisateurs
identiques. La DR 800 sera commercialisée fin 2017 en France. Elle sera équipée d’un
capteur dynamique Thales.

L’interface utilisateur, la station d’acquisition NX et le logiciel de traitement d’images


MUSICA, sont entièrement développées par AGFA. Cette année, MUSICA évolue avec

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de nouveaux algorithmes pour le renforcement des contours sur les images osseuses et
aussi avec une grille virtuelle pour les clichés pulmonaires.

Deux modèles de tables Os-Poumon sont exposées: la DR 400 avec colonne sur rail au
sol, positionnable dans de petits espaces (4*2m) grâce à un générateur intégré dans la
table et la DR 600 avec une suspension plafonnière, entièrement automatisée. L’image
est visualisable sur l’écran tactile en salle. En 2017, la DR 600 sera proposée en version
semi automatisée afin d’être accessible à tous les budgets.

AGFA propose une salle à arceau motorisé DX-D 300 adaptée aux petits espaces et aux
grands flux de patients reste néanmoins peu présente en France.

AGFA distribue des capteurs Wifi pour les installations analogiques fixes ou portables
(rétrofit) afin de numériser toutes les installations. Ces solutions, mutualisables avec
l’ensemble de la gamme DR optimisent les investissements et homogénéisent le flux de
travail. Pour les capteurs, deux technologies d’écran de conversion cohabitent: la gamme
CsI et la gamme GOS, disponibles en 3 tailles: 35*43cm, 25*30cm, 43*43cm.

Agfa propose la version 9 du mobile numérique DX-D 100+ compatible avec la gamme
de capteurs Wifi. Il dispose d’une colonne télescopique rétractable, une tête de tube
permettant des mouvements sur les trois axes et un bandeau lumineux: le vert pour
indiquer que le tube est prêt et jaune quand le tube émet des rayons. Des
authentifications par badge et/ou lecture code barre sont disponibles avec un objectif
d’amélioration du flux patient (le manipulateur retrouve sur le mobile la worklist comme
en salle).

Concernant la tomosynthèse et/ou la 3D, demande régulière des clients, la réflexion est
en cours entre pertinence des examens et apport clinique mais des idées et
développements verront certainement le jour en 2018-2019.

CARESTREAM - carestream.com

Carestream souhaite être présent sur l’ensemble du marché et propose une gamme
complète de produits, des plus simples aux plus automatisés avec un réel souci
d’optimiser la dose. Carestream apporte aussi des solutions rétrofits adaptées au parc
existant.

CARESTREAM propose deux types de capteurs (DRX Plus et le DRX Core) à


scintillateurs de CsI ou GOS afin de proposer une alternative financière. Les 3
dimensions sont disponibles 35*43cm, 25*30cm, et le 43*43cm. Le DRX CORE est plus
attractif financièrement mais ses critères techniques sont moins avantageux : plus lourd,
moins étanche... Le DRX Plus, capteur sans fil, plus léger, plus résistant au choc et
étanche (immergeable 30 min) peut être dédié et partagé sur l'ensemble des modalités.

La salle Os-poumon DRX Ascend présentée sur un segment entrée de gamme se


décline avec tube sur colonne ou sur suspension plafonnière. La salle DRX Evolution
Plus a déjà évolué au niveau des motorisations et du design pour laquelle le capteur
43*43 Wifi est désormais disponible. La bi énergie fait son apparition pour les clichés
thoraciques: c’est le principe d’acquisition avec hautes et basses énergies permettant la
soustraction de la cage thoracique dans la réalisation de clichés pulmonaires.

Pour fin 2017, il est prévu des nouvelles applications avancées de tomosynthèse.

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On retrouve la même plateforme DirectWiew et Image Suite sur l’ensemble des
équipements DR proposés. Cette année, la nouveauté concerne un logiciel Smart Grid
qui permet de réduire l’impact du diffusé sur la qualité image. Ce logiciel permet de
s’affranchir de la grille et donc de limiter la dose pour les clichés pulmonaires, de
bassins, ou de colonnes.

Il n’y a pas de nouveautés sur les salles télécommandées DRX-Excel et DRX-Excel Plus.

CARESTREAM propose 3 mobiles de radiographie. Le DRX-Revolution, produit


Carestream, polyvalent avec une colonne rétractable automatiquement, 32 kW. Le DRX
Motion Mobile, 165 kg, non motorisé, analogique ou numérique (évolutif capteur DRX
WIFI). L'upgrade de la version standard en numérique pouvant être réalisé
ultérieurement permet la récupération des doses automatiquement. Le DRX Revolution
NANO, produit Carestream, 93 kg, est mobile tout en étant non motorisé. Il sera
commercialisé au 3ième trimestre 2017. La technologie au niveau du tube, à base de
CNT, dont le rendement amélioré permet de l'associer à un générateur d’une faible
puissance 8 kW tout en permettant une utilisation polyvalente.

Le CarestreamOnSight 3D Extremity utilise la technologie ConeBeam CT pour la


réalisation de l'imagerie 2D et 3D des extrémités en charge. Il est destiné à une
utilisation en routine en orthopédie (traumatologie, post-chirurgie...) et en rhumatologie.

Une acquisition dure 25 secondes. Il est caractérisé par un anneau qui se positionne à
l'horizontal ou à la verticale avec une ouverture facilitant l’accessibilité patient. Le CBCT
possède 3 tubes afin d’éliminer les problèmes d’artefact et de couvrir un large champ.
Les applications logicielles donnent accès à une imagerie post chirurgie orthopédique
avec une excellente visualisation des implants (correction optimisée des artefacts
métalliques). Le logiciel Soft Tissue permet une visualisation des tissus mous (tendons,
ménisques, par exemple).

Les projets pour 2017/2018, sont 4 nouveaux mobiles de radiographie, un ConeBeam


CT pour le crâne et une nouvelle génération de capteur plan mobile dits « souples »
(horizon 2019).

DMS IMAGING – dms-imaging.com

En 2016, la société DMS APPELEM a changé d’identité pour devenir DMS IMAGING.
Société française, DMS IMAGING est spécialisée dans la fabrication et le
développement de systèmes de radiologie et d’ostéo-densitomètrie. Environ 150 tables
télécommandées et plus de 500 ostéo-densitomètres sont produits par an et vendus
dans le monde entier.

En 2017, la construction d’une nouvelle usine regroupant le site de production et le siège


administratif démarre. L’ouverture est programmée pour le 1er janvier 2018.
La table télécommandée haut de gamme PLATINUM, a connu quelques évolutions
notamment le bandeau lumineux indiquant l’état du système (pouvoir s’assurer que la
salle est allumée sans avoir besoin d’aller vérifier sur la console d’acquisition). Et aussi
la mise à disposition de solutions de contrôle de la table pour un maximum de flexibilité
pour les utilisateurs, également des fonctions dédiées à l’imagerie avec produit de
contraste.

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L’évolution la plus notable est le changement de la chaine de motorisation augmentant
fortement la fiabilité de la table. Pour 2017, DMS Imaging évoque la tomosynthèse, pour
laquelle les essais cliniques ont commencé au CHU de Montpellier courant 2016.

Cette table est en OEM chez CARESTREAM (sous le nom de DR Excel Plus) et
TOSHIBA (sous le nom de XANTARA). La signature d’un partenariat avec NGI (Numérix,
Global Imaging) devrait être officialisée en tout début d’année. DMS Imaging a de plus
annoncé la signature d’un partenariat industriel avec Canon, pour compléter l’offre des
capteurs plans dynamiques. La société fabrique également une table télécommandée
entrée de gamme, l’Optima dont les fonctionnalités sont les mêmes que la PLATINUM
mais à hauteur fixe et pour des patients plus légers.

DMS propose aussi un kit de rétrofit : EZ2GO (capteurs + tablette) qui n’a pas besoin de
routeur. Le capteur et la partie numérisation viennent de chez Trixell.

Le logiciel BIOMOD 3S est une solution de reconstruction 3D du rachis à partir de 2


clichés face et profil des longs axes, et d’une image optique (patron lumineux et 4 petites
pastilles radio opaques qui serviront au recalage pour la reconstruction 3D). Cette
solution, adaptable sur toutes tables télécommandées peut être une alternative
économique intéressante face au système concurrent EOS car elle permet un suivi
intermédiaire optique donc sans dose !

Pour 2017, les réflexions de développement portent sur des projets pour les membres
inférieurs et la planification opératoire.

EOS - eos-imaging.com

EOS est un système de stéréoradiographie basse dose permettant l’acquisition


simultanée des images face et profil du corps entier en position debout ou assise. A
partir de ces 2 images, la station de revue sterEOS réalise la modélisation 3D de
l’enveloppe osseuse du patient en charge et le calcul automatique de paramètres
cliniques 2D et 3D notamment pour les pathologies du rachis (scoliose, rachis
dégénératifs) et des membres inférieurs (alignement et déformation des membres
inférieurs, post-op PTH).

La nouvelle version sterEOS permet aux radiologues le partage automatique de


l’information avec les médecins, à chaque étape du parcours de soin ainsi que l’envoi
direct des images stéréo-radiographiques vers EOS 3DServices et EOSapps. Les
EOSapps sont des solutions de planification chirurgicale 3D en ligne, basées sur les
images EOS 2D/3D en position fonctionnelle et les données du patient. Elles permettent
le choix et le positionnement automatique d’implants les mieux adaptés à l’anatomie 3D
du patient, ainsi qu’une simulation de l’effet de la chirurgie et son impact sur les
paramètres cliniques du patient.

Le logiciel hipEOS permet de planifier une arthroplastie primaire totale de la hanche par
sélection et positionnement automatique, en 3D, des deux composantes de l’implant et
permet d’anticiper les conséquences de la stratégie de pose de prothèse sur la longueur
de jambe, l’offset et la torsion fémorale, critères clés pour la réussite de ce type de
chirurgie.

Le logiciel kneeEOS est dédié à la planification de l’arthroplastie totale du genou et


permet d’anticiper les conséquences de la stratégie de pose de prothèse sur

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l’alignement, la rotation et la flexion du membre inférieur. Il met à disposition plusieurs
implants 3D de nombreux fabricants.

Pour la chirurgie de rachis, le logiciel spineEOS permet une planification 3D avec comme
objectif clé la restauration de l’équilibre sagittal, basé sur des valeurs de référence chez
l’adulte et l’enfant, avec prise en compte des mécanismes compensatoires du bassin et
du genou.

Des études cliniques sont en cours sur différents centres pour s’assurer de la justesse
des logiciels. Pour l’avenir, l’objectif est de poursuivre le développement de ces logiciels
de planification par l’introduction de modèles biomécaniques et cinématiques.

FUJIFILM MEDICAL SYSTEMS - fujifilm.com

FUJIFILM a pour objectif de proposer des solutions complètes lors de la numérisation


des différentes modalités, notamment avec le capteur portable qui permet un upgrade
des mobiles radiologies analogiques, une optimisation des workflow et une mutualisation
des équipements. C’est ainsi que progressivement les lecteurs de plaques sont
remplacés. Avec sa gamme de capteurs FUJIFILM représente 57% de part de marché
en France.

Le capteur mobile FDR DEVO II, développé et fabriqué par Fujifilm, est actuellement
référencé à l’UGAP. Il se décline en trois formats 36*43, 24*30 et 43*43 et en deux
technologies : scintillateurs CsI, ou GOS, il est entièrement immergeable (norme IPX6)
et la couche d’Hydroxide Argent le recouvrant permet une auto désinfection.

Les capteurs sont à auto détection, la mémoire interne est de 100 images et la
technologie à matrice de photodiode inversée (irradiation Side Sampling) augmente
l’efficacité dosimétrique du système et la résolution en contraste.

Deux consoles d’acquisition sont développées par FUJI. L’ADVANCE pour les
installations fixes et la console portable GO FLEX pour les appareils mobiles. Fujifilm a
intégré un nouveau post-traitement Virtual Grid ainsi qu’un traitement de rehaussement
de contraste spécialement étudié pour visualiser les examens sur tablette ou
smartphone.

Pas de nouveautés sur les deux salles d’os-poumons mises sur le marché en 2015. La
FDR SMART, entrée de gamme, entièrement manuelle, est équipée du capteur plan
WIFI DEVO II. La VISIONARY SUITE, également compatible avec DEVO II, haut de
gamme, entièrement motorisée avec mémoire de position et asservissements complets.

Elle peut être équipée du capteur WIFI spécifique HANDY MODULE, dédié aux
nouvelles applications cliniques, de la tomosynthèse et la double énergie.
FUJIFILM propose également deux salles télécommandées à capteur plan dynamique :
la VISIONARY DRF, (fabriquée par Stephanix) équipée d’un capteur TRIXELL 43X43cm,
et la salle télécommandée SONIALVISION G4 fabriquée par SHIMADZU avec un
capteur dynamique 43X43cm FUJIFILM.

FUJIFILM propose 2 mobiles de radiographie : Le FCR GO, mobile à lecteur de plaque


intégré, solution économique et le FDR GO, à capteur plan WIFI, motorisé (8 heures
d’autonomie en fonctionnement), compatible avec tous les formats où le capteur peut
être mutualisé avec une ou plusieurs autres modalités du service.

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Début Janvier 2017, il est prévu la sortie du nouveau mobile FDR Nano, beaucoup plus
léger et adapté à tous types d’examens avec les capteurs WIFI FUJIFILM. Pour 2017,
développements prévus sur le capteur dynamique, Fujifilm n’indique pas de volonté
d’orienter les recherches sur la 3D.

GENERAL ELECTRIC - gehealthcare.fr

Cette année General Electric fait son grand retour en DR avec la sortie d’une salle OS-
poumon, d’un capteur et d’un mobile de radioscopie mobile. GE peut désormais proposer
une solution globale allant jusqu’au PACS.

GE lance cette année la commercialisation d’une nouvelle génération de détecteurs


mobiles fabriqués par GE, le FlashPad HD décliné en 36cm*43cm et 24cm*30cm pour la
pédiatrie, avec une taille de pixel de 100 microns et une DQE annoncée à 75%. Ce
détecteur sera disponible seulement pour la radiologie conventionnelle et compatible
avec les anciennes générations de marque GE.

Les détecteurs sont connectés au Cloud GE pour la mise en place de rapport d’activité
dans l’objectif d’améliorer les flux de travail des plateaux de radiologie. Pour 2017,
l’installation du nouveau capteur sur les salles mobiles et le développement d’autres
tailles comme le 43*43 cm sont prévus.

La nouvelle salle os-poumon Proteus XRF sortira en 2017. Cette salle sera disponible
avec le capteur Konica Minolta sans suspension plafonnière et sera proposée
principalement pour les cabinets privés avec une transition de l’analogique au
numérique. Dans la gamme Os-Poumon on retrouve l’Optima XR 646 qui constitue
l’entrée de gamme et la Discovery XR656 Plus salle haut de gamme qui dispose des
fonctionnalités permettant d’augmenter la productivité (motorisation, positionnements
automatique, suspension plafonnière avec écran tactile) ainsi que des applications
d’imagerie avancées.

Cette année, l’application Auto Image Pasting qui permet une reconstruction du corps
entier et la Dual Energy qui permet d'obtenir, en une seule acquisition fixe et faible dose,
de multiples images de l'anatomie examinée, supprimant virtuellement les structures qui
se superposent et permettant de mieux visualiser l'anatomie de l'avant vers l'arrière
notamment thorax, abdomen, membres supérieurs et inférieurs et rachis sont mises en
place.

GE poursuit son investissement sur la tomosynthèse avec des études cliniques déjà
publiées sur les nodules pulmonaires ainsi que sur les fractures en orthopédie. Pas de
volonté de développer le 3D à l’heure actuelle en radiologie numérique ; le besoin n’étant
pas encore clairement défini cliniquement

Pour les mobiles de radiographie, sont disponibles l’Optima XR220 amx, avec capteur
plan sans fil “FlashPad” et l’Optima XR200amx analogique et le nouveau Optima
XR240amx avec le nouveau capteur FlashPad HD.

Pas de nouveauté sur la table télécommandée Connexity fabriquée en OEM par GMM
avec des éléments IGE pour la partie logiciel et le capteur TRIXEL pour la fluoroscopie.

GE propose également une solution de rétrofit sur ses gammes AMX et OPTIMA avec
son capteur et utilise le capteur KONICA pour les autres marques. Le partage et la
mutualisation multi-marque sont en cours de réflexion.

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Deux nouveaux mobiles de radioscopie, continuité de la famille ELITE, sont présentés
cette année. Il s’agit de l’Elite Miniview et l’OEC Elite CFD. Le MiniView est un mini-
arceau qui se contrôle d’une seule main avec un capteur CMOS de nouvelle génération,
mobile et compact dédié à la chirurgie des extrémités et également utilisé pour les
épaules. L’OEC Elite CFD est un arceau à capteur plan, dédié à la chirurgie générale,
orthopédique, du rachis et traumatologie. GE a modifié toute la chaine image pour
intégrer ce nouveau détecteur (CMOS).

Cette technologie promet d’améliorer la qualité image (contraste et résolution) tout en


diminuant la dose grâce à une meilleure sensibilité aux rayons X. Le générateur de 15kW
est équipé d’un système de refroidissement pour les chirurgies longues ; il se retrouve
dans le corps du mobile donnant un tube plus petit et fin pour permettre un meilleur
positionnement de l’arceau par rapport à la table chirurgicale ; cette architecture offre
également un champ de vision plus grand. Deux tailles de détecteur sont disponibles sur
l’OEC Elite CFD: 31*31cm et 21*21cm.

Sur la partie des salles angiographies, Ge dispose toujours de sa gamme IGS en


configuration monoplan (séries 3 et 5), biplan (série 6) ou hybride (série 7). GE s’est
consacré à une nouvelle philosophie avec un développement de logiciels sous forme de
packages (ASSIST) pour aider à planifier le geste interventionnel, le guider et mieux
l’évaluer.

Six packages sont désormais disponibles pour le vasculaire (chirurgie aortique), la


radiologie interventionnelle, l’oncologie, la cardiologie interventionnelle et la
neuroradiologie interventionnelle. Suite à une étude statistique (étude faite sur des sites
GE), il est ressorti que 63 pourcents des interventions effectuées dans les sites où ces
packages ASSIST ont été mis en place, font appel à ASSIT, ce qui a permis la réduction
de dose, d’agent de contraste et du temps opératoire.

L’une des grosses nouveautés sur les salles biplans, est la mise en place de la fusion
2D/3D sur le plan B latéral, permettant un choix de plan en fonction de l’anatomie du
patient.

GE ne propose pas de monoplan plafonnier et se différencie, pour la chirurgie


interventionnelle, avec son système Discovery IGS 7 séries mobile guidé par laser. Les
systèmes Discovery IGS 730 (capteur 30x30cm) et Discovery IGS 740 (capteur
40x40cm, également utilisé pour la radiologie et l’oncologie interventionnelles), disposent
d’un arceau mobile avec une géométrie de c arm d’un rayon de 88 cm (distance entre le
tube et le détecteur), ce qui permet des rotations autour du patient pour des acquisitions
3D aisément. L’un des avantages de la gamme Discovery est le peu d’espace
nécessaire pour la mise en place de ces salles, environ 35m². Le Discovery IGS 730 est
compatible avec la table Magnus de chez MAQUET.

Pour 2017 GE poursuit les développements des applications logiciels pour la cardiologie
et le vasculaire. La mise à jour logicielle des systèmes installés sera possible. La 3D est
en cours de développement, technologie dans laquelle GE croit vraiment et investit.

KONICA MINOLTA - konicaminolta.fr

KONICA MINOLTA propose une gamme complète, du film aux équipements CR et DR


ainsi que des capteurs pour le ré-trofit, quelques soit les marques et modèles. Un accord
de partenariat officiel avec GE Healthcare existe.

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KONICA MINOLTA présente la deuxième génération de capteurs plans AERODR sans
fil. La technologie est identique sur l’ensemble de la gamme. Une méthode de
conversion indirecte, une Détection Automatique d’Exposition qui permet de travailler sur
les tables télécommandées et les salles os-poumon. Le capteur est fabriqué avec un
scintillateur CsI et alimenté par un condensateur lithium-ion permettant de réduire le
temps de charge à moins de 30 minutes et d’augmenter la durée de vie à 7 ans
minimum.

3 tailles sont disponibles (35*43cm , 43*43cm , 24*30cm ). La monocoque carbone est


étanche (IPX 6) et le capteur résiste à une chute de 1 m et près de 310 kg de pression.
Aujourd’hui la gamme AeroDR est une des plus légère du marché (1,7kg/2,6kg/3,6kg).

KONICA MINOLTA propose aussi une solution portable intégrée dans une valise.Les
images sont visualisées sur la console de lecture CS-7 en moins de 3 secondes. Le
logiciel développé par KONICA MINOLTA est commun à toutes les installations et
propose en option la grille intégrée au travers du software « Intelligent Grid ».

KONICA MINOLTA propose deux salles Os-poumon (AeroDR X50 et AeroDR X70 à
suspension plafonnière).

Pour 2017, le capteur plan AeroDR HD, le plus léger du marché avec un pixel de 100
microns est annoncé.

NGI GROUP - ngigroup.fr

NGI Group se compose de 3 entités dont NGI Medical Imaging pour la distribution
d’équipements de radiologie numériques avec un accord de distribution exclusif avec
SAMSUNG pour l’ensemble de sa gamme de radiologie conventionnelle. NGI, désormais
capable de couvrir l’intégralité des besoins d’un service

Trois salles Os-Poumons sont disponibles avec le lancement du GC70 semi automatisé
en milieu de gamme et peu destiné au marché français. La GU60A arceau en U, salle
totalement automatisée, avec un capteur 43x43cm (fixe ou mobile), réalisation de rachis
en entier possible avec une grande amplitude (134cm). Un écran tactile (30,4 cm) de
rappel est situé sur le tube.

La GF50, avec une colonne au sol, est une salle complète, non automatisée et
économique. Elle dispose d’un capteur plan wifi 36x43cm, ainsi que d’un plateau flottant
télécommandé avec déblocage des mouvements au pied grâce à la présence d’un
capteur infrarouge. Le suivi Potter/Tube automatique (auto-tracking), aide l’utilisateur au
positionnement des incidences sur la table. La GC85A, milieu de gamme, est dotée de
capteurs fixes/Wifi de dimensions 36x43cm, 43x43cm et 25x30 cm qui peuvent être
partagés avec un potter mural ou avec un mobile.

Le système, entièrement automatisé pour l’acquisition des incidences radiologiques


permet une multitude de positionnements préprogrammés. Avec le S-Align les
incidences en direct sont plus ergonomiques grâce à l’affichage de l’angle du capteur
plan sur l’écran tactile du tube, (ceci permet d’orienter le faisceau avec un angle de 90°
entre le rayon et le capteur plan). Le traitement d’image (SVUE-3) est réalisé sur un
écran tactile (QHD 27’’) avec un panel d’outils pour traiter les images directement sur la
console.

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Samsung fabrique une gamme de capteurs statiques à CsI et à conversion indirecte qui
intègre une déposition directe de la matrice TFT sur le scintillateur, le traitement du
signal est ainsi amélioré. La gamme de capteurs Wifi, mutualisable avec les systèmes de
radiologie Samsung se décline sous trois formats 43x43, 36x43 et 25x30 (modèle
étanche). Des capteurs de chocs sont intégrés, pour mettre en évidence les chutes.
Samsung ne commercialise pas de capteurs dynamiques. NGI conserve les capteurs
Thales.

Le nouveau mobile GM85A (remplaçant du GM60) fabriqués par SAMSUNG pèse 349
kilos et présente un faible encombrement. C’est un appareil haut de gamme, équipé d’un
logiciel pour grille automatisée, du post traitement image (pose de cathé), et d’une
colonne tri télescopique. Un écran tactile sur le tube facilite la prise de cliché

Un nouveau partenariat avec DMS Imaging est prévu en janvier 2017. NGI Medical
Imaging complète ainsi sa gamme avec deux tables télécommandées Ariane,
polyvalente et entièrement automatisée et Armony (hautes performances à un prix
attractif). Elles seront équipées d’un capteur dynamique Thalès, qui pourra être complété
par un capteur wifi. Il sera est également mis en place une véritable télémaintenance sur
les pièces de la table, et pas seulement sur la numérisation.
Pour 2017, des réflexions sont en cours pour la commercialisation d’amplificateur de
blocs opératoires.

PHILIPS - philips.fr/healthcare

Philips est présent sur le DR avec une gamme de salles Os-Poumon, une salle
télécommandée, des mobiles de radiographie et un capteur plan pour numériser ses
propres installations. Cette année, Philips lance à la fois une nouvelle salle Os-Poumon
la Digital Diagnost C50 entièrement numérique, équipée de capteurs plans wifi ou fixe et
une salle télécommandée à capteur plan dynamique la CombiDiagnost R90 remplaçante
de la salle télécommandée JUNO dRF, est équipée d’éléments haut de gamme et utilise
le capteur dynamique TRIXELL à Csi. Il est possible d’y ajouter une suspension
plafonnière, un potter mural et des capteurs plans wifi.

L’ensemble des salles est proposé avec le tube SRO à anode tournante et le générateur
Velera. Les réglages (Intelligent Exposures IQX) régulant automatiquement les kV, le
temps entre les pulses sont des moyens de réduire la dose.

L’ensemble des consoles de travail des modalités DR sont proposées avec l'interface
utilisateur ELEVA et l’algorithme de post-traitement UNIQUE et Dynamic Unique qui
homogénéise la qualité image. Le SkyFlow Plus, algorithme qui permet de travailler sans
grille avec un contraste image équivalent à celui obtenu avec la grille est disponible pour
toutes les parties anatomiques. La dose est ainsi réduite.

Le partage des capteurs WIFI SkyPlate entre les différentes salles et mobiles
DIAGNOST est possible. Il s’agit du Sharing.

Au niveau des mobiles de radiologie, PHILIPS propose le MobileDiagnost OPTA non


motorisé, analogique et upgradable ultérieurement avec le capteur plan wifi, le
MobileDiagnost M50 numérique et non motorisé. et le mobile DIAGNOSTwDR/M90,
haut de gamme, numérisé, motorisé, léger, maniable, dont la colonne est retractable,
équipé du capteur WIFI SkyPlate (disponible au format 36*43cm et/ou 24*30cm).

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La radiologie interventionnelle et les mobiles de blocs sont regroupés dans une seule et
même ligne produit : Philips IGT (Image Guided Therapy).

Au niveau des radioscopies mobiles une large gamme est disponible de l’amplificateur
de brillance au capteur plan. Le BV Vectra pour toutes applications hors vasculaire, le BV
Endura pour toutes applications dont le vasculaire, le BV Pulsera pour le vasculaire, la
cardiologie et la neurologie (en 23cm ou 31 cm). Le tube peut être à anode fixe ou
tournante. Le Véradus Néo et le VeradiusUnity sont disponibles avec des capteurs 27*27
cm TRIXELL. La différenciation se fait au niveau logiciel et ergonomie. Ils sont équipés
du système ClearGuide. PHILIPS ne parle pas de mobile de radioscopie 3D à l’heure
actuelle.
Les salles d’angiographie se retrouvent sous l’intitulé Allura proposant des solutions
monoplan et biplan, équipées de capteur THALES de 15, 10 ou 20 pouces (diagonale du
capteur) : Allura Centron, Allura FD10, FD20, FD10/10, FD20/20, FD20/10, FD20/15 et le
nouveau Intuis. Ces produits sont dotés du tube RX MCR dont la technologie permet des
examens longs, un fonctionnement sans bruit et une qualité d’image à des doses
réduites. L’Intuis peut être fixe ou mobile avec un capteur de 15 pouces et un générateur
entre 80 et 100 kW. La fonctionnalité avancée AlluraClarity IQ spécifiquement
développée pour réduire la dose sans compromis sur la qualité image se retrouve sur
toute la gamme.

Tous les outils fonctionnent en temps réel, la visualisation des stents automatisés,
roadmap 2D, du roadmap 3D et MR/CT avec asservissement complet de l’arceau ainsi
que la perfusion 2D sont disponibles.

En cardiologie, des nouvelles applications métiers voient le jour comme le Stent Boost
Dynamic : optimisation de la visualisation des stents intra-coronariens en temps réel, le
Dynamic Coronary Roadmap 2D temps réel qui nécessite une seule injection pour
analyser la coronaire et le HeartNavigator R3 qui est un outil d’aide au guidage dans les
procédures structurelles.

En radiologie l’Open Trajectory est un nouveau mode d’acquisition Cone Beam CT via
une rotation excentrée et spécifique pour réponde à la demande d’obtenir en une seule
acquisition la reconstruction complète du foie. Le LUMITM-CT est un outil développé en
partenariat avec le laboratoire pharmaceutique BTG pour adapter la qualité des images
et les solutions de reconstructions au repérage des microbilles LUMI utilisés pour les
traitements par chimio-embolisations.

Enfin en neuro-radiologie, l’Aneurysm Flow permet d’évaluer pendant une procédure de


traitement d’un anévrisme intra-cranien, l’efficacité du geste : la pose du dispositif venant
dévier le flux d’un anévrisme.

PRIMAX - primax.fr

Primax est une société française créée en 2000. Cette année, un partenariat fort avec
GMM, fabricant de tables et de mobiles a été engagé: Primax sera désormais le
distributeur exclusif en France de la gamme GMM avec une ouverture sur les pays
d’Europe et du Maghreb.

A partir de janvier 2017, Primax commercialisera trois modèles de tables


télécommandées : l’OPERA, la SWING et la CLISIS EXEL (toutes équipées au choix du
capteur FL ou RF de THALES). L’objectif étant d’avoir une large gamme pour répondre à
tous les types d’examens et de marchés.

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La CLISIS EXEL est disponible depuis 2016 avec des capteurs portables et la
tomosynthèse afin de rendre cette technologie accessible aux établissements de soins
excentrés, avec un accès limité au scanner.

Du côté des salles Os-poumons, deux modèles existent. La salle KALOS, entièrement
automatisée et robotisée, qui propose un support patient avec un plateau fixe et un
capteur « flottant » totalement synchronisé avec les mouvements du tube RX. Elle peut
gérer plusieurs capteurs plans THALES (fixes et/ou Wifi). Elle intègre la fonction "auto-
positionnement", ainsi la suspension plafonnière se centrera automatiquement au niveau
de la table ou du porte capteur vertical. Le positionnement automatique est
personnalisable en fonction des besoins du service de radiologie. Afin d’offrir une solution
manuelle plus simple, la salle os/poumons Calypso avec suspension plafonnière, table à
plan flottant et potter mural est également proposée.

Primax propose aussi un système de numérisation PRIMO-W, solution qui permet de


numériser des salles Os-poumons, des mobiles de radiographie analogiques, et de
compléter des salles télécommandées en utilisant un ou des capteurs plans Wifi
(THALES) aux formats 35x43 et/ou 24x30 cm.

Sur l’ensemble des produits de radiologie numérique Primax peut proposer deux types
de capteurs dynamiques Thales: le modèle FL convenant à la majorité des examens
conventionnels et le modèle RF plus particulièrement préconisé pour la radiologie
interventionnelle et pour la pédiatrie, avec système de refroidissement et double contrôle
de l’image.

La majorité des logiciels sur les systèmes sont issus du développement ATS (actionnaire
de Primax et partenaire historique de Thales). Concernant les tubes, 80 % des systèmes
sont équipés de marque IAE et Varian.

Primax proposera 2 mobiles de radio: l’EXAIRO analogique et l’ EXAIRO Plus, mobile


motorisé avec capteur WIFI.

Suite à la fin de distribution des mobiles de radioscopie Ziehm, Primax envisage la


commercialisation d’un arceau de bloc: Symbol FP qui devrait sortir courant 2017.

L’année 2017 sera marquée par beaucoup de nouveautés avec un objectif fort de
développer une gamme complète sur l’ensemble des produits des équipements DR.

SIEMENS HEALTHINEERS - www.healthcare.siemens.fr

Siemens HEALTHINEERS souhaite proposer une gamme complète et cohérente de


dispositifs médicaux numériques avec un détecteur de marque Trixell, le logiciel interface
SYNGO et ses propres générateurs. Siemens propose aussi un capteur mobile et une
tablette MaxDR (Trixell) pour les solutions rétrofits.

Cette année, SIEMENS propose une nouvelle table Os- poumon, entrée de gamme, la
Multix Fusion Max. On retrouve toujours l’Ysio Max automatisée. La MultitomRax, salle
multi-utilisation : fluoroscopie, angiographie urgence, 3D sortie au RSNA 2015, l’objectif
est le développement de la 3D pour diminuer le temps d’acquisition et optimiser l’auto
calibration de l’iso centre. La Multitom Rax permet une acquisition 3D en charge (pas
seulement une reconstruction 2D) en s’affranchissant ainsi des autorisations
d’installation de scanner.

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Actuellement une seule salle est installée en France et une vingtaine dans le monde.
Concernant les mobiles de radiologie et les salles télécommandées, il n’y a pas de
nouveautés. On retrouve le Mobilett Mira Max (numérique), XP Hybrid et XP Eco
(analogique). Pour les salles télécommandées, la Luminos DRF, le capteur et l’interface
sont de dernière génération et homogènes avec l’ensemble de la gamme MAX.

En 2017, Siemens axe son développement sur la rationalisation de la famille Max et la


mise en activité des technologies (3D) sur la Multitom Rax.

Le secteur Advanced Therapy de chez SIEMENS HEALTHINEERS englobe les arceaux


de bloc opératoire et les salles interventionnelles.

SIEMENS HEALTHINEERS propose une gamme complète d’arceaux de radioscopie


mobiles, allant de l’amplificateur au capteur plan avec une nouvelle famille Cios. Les
amplificateurs de brillance Arcadis Avantic et Siremobil Compact ne seront plus
commercialisés. Deux arceaux à capteurs plans sont sur le marché, avec les mêmes
détecteurs et une résolution de 194 microns : le Cios Fusion à orientation orthopédique,
avec un tube de 2,3kW deux tailles de détecteurs (30cm*30cm ou 20cm*20cm) et le
Cios Alpha, haut de gamme motorisé et équipé de système de refroidissement actif à
huile pour les interventions nécessitant des longues périodes de scopie (générateur
25kW).

Ces dispositifs sont équipés d’une grille facilement amovible. Il n’y a pas de
développement 3D prévu à l’heure actuelle sur les capteurs plans. La 3D est disponible
sur l’amplificateur Arcadis Orbic.

La table de radioscopie mobile, modèle Artis Zee MP est conservée mais aucun
développement n’est prévu. L’atout principal de cette table est d’être la seule sur le
marché à permettre de choisir l’emplacement de l’accroche entre l’arceau et la table
(droite ou gauche).

Pour les salles d’angiographie SIEMENS HEALTHINEERS propose une famille


complète, gamme Artis (One, Q, Zeego, Zee et Q.zen), allant de la salle monoplan avec
suspension plafonnière ou au sol, à la salle biplan ou encore le robot articulé
interventionnel. Depuis les évolutions faites sur l’interface PURE, toujours déclinée sur
l’ensemble de la gamme, ou sur le détecteur en silicone cristallin retrouvé sur la gamme
Q.Zen, SIEMENS HEALTHINEERS se consacre au développement des outils tels que
l’imagerie 3D/4D de flux, de perfusion et cartographie, de guidage pour les poses
d’endoprothèse aortique.

Il est désormais possible d’avoir un guidage laser avec une approche multi-aiguilles.
L’une des ambitions est de développer d’avantage la 3D avancée en neuroradiologie
avec l’arrivée de nouveaux outils pour 2017. Avec la gamme Q-Zen, SIEMENS
HEALTHINEERS propose une seule taille de détecteur 30cm*30cm. Il n’est pas prévu
de développement d’autre dimension pour 2017.

Sur les salles robotisées interventionnelles, SIEMENS HEALTHINEERS présente le


nouvel arceau à orientation chirurgicale le PHENO. Ce robot est destiné à remplacer le
Zeego. Le Pheno sera commercialisé courant 2017 et présente un asservissement total
avec les tables chirurgicales Trumpf et Maquet. Une seule taille de capteur disponible en
30cm*40cm et avec toujours le concept d’isocentre libre dans l’espace. Les particularités
du Pheno par rapport au Zeego se trouvent sur le capot avec une matière plastique au
PH particulier pour améliorer l’hygiène. La taille du C est légèrement augmentée, à 95

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cm pour le confort opératoire et enfin les câbles de raccordement plafonnier
disparaissent.

Une nouveauté à signaler est l’intégration dans les salles interventionnelle d’un
échographe ultraportable (la base est fixée sur l’arrière de l’écran principale de salle
d’examen) fonctionnant en WIFI pour une intégration directe au logiciel.
Pour 2017 Siemens travaille sur la conception d’environnement interventionnel innovant
avec la volonté des sites de développer le multi-salles et les associations de partenaires.

STEPHANIX - stephanix.com

STEPHANIX développe et fabrique en France des équipements de radiologie allant des


tables télécommandées, des salles Os-poumons aux mobiles de radiologie. Les
matériels fabriqués sont équipés de capteurs plans CANON ou TRIXELL. STEPHANIX
offrent différentes solutions de rétrofit de tables télécommandées, salles d’os et mobiles
avec des capteurs plans associés à des ordinateurs fixes, portables ou tablettes.

Ces capteurs sont statiques, filaires (fixes ou extractibles) ou Wifi de différentes


dimensions (de 24x30 cm à 43x43cm) et disposent de coques de protection
particulièrement robustes. Les capteurs wifi disposent de l’option « auto trigger »
permettant de se passer de connexion filaire avec le générateur.

Pour 2017 est attendu une nouvelle solution nomade pour les rétrofits.

La salle Os-poumon Xtreme DReam, est disponible en différentes configurations :


manuelle, asservie ou à auto-positionnement ; la suspension légère facilite les
déplacements manuels. Le système d’auto-positionnement permet de gagner en rapidité
et en précision. Pour 2017, quelques modifications sur le design de la suspension, sur
son pilotage avec une poignée capacitive en fonction de la pression de la main, et un
écran de report plus grand sur le tube.

STEPHANIX fabrique aussi deux tables télécommandées : D2RS et Evidence qui ont
obtenu le label Origine France Garantie (au moins 50% des pièces sont d’origine
France).

La table télécommandée Evidence DReam à capteur plan statique intégré ou wifi est
associé à un amplificateur de brillance pour la scopie. Il est dorénavant possible de
charger le capteur wifi à l’intérieur du bucky de table grâce à un câble d’alimentation
aimanté. La table D2RS a aussi obtenu la certification FDA. Elle est équipée d’un capteur
plan dynamique. Le capteur Canon est extractible permettant ainsi la réalisation
d’examens de radiologie, de radioscopie mais aussi des projections en direct.

Plusieurs nouveautés sont présentées : la compression escamotable, le mode DSA


(Digital Substraction Angiography) et la tomosynthèse.

Le mobile de radiologie motorisé Movix Series DReam possède la colonne escamotable.


Toujours présents aussi les petits mobiles de 4 et 8 kW. Un mobile, prototype en cours
de développement, était exposé cette année, une solution compacte avec une
mobilisation du tube plus fluide. Un système de badge et de mise en sécurité du capteur
sera disponible. Une autre solution de petit mobile de haute puissance à condensateurs
verra le jour en 2017.

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STEPHANIX propose déjà la fonction de la grille virtuelle sur son mobile et mène des
tests de validation pour l’appliquer à toutes les applications DR.

STEPHANIX se lance également sur le marché des blocs opératoires avec un mobile de
radioscopie (présenté au JFR 2016 et présent au RSNA). Ce dispositif est développé et
fabriqué par ATS. Plusieurs modèles sont disponibles avec des formats de capteurs de
21*21 ou 30*30 cm, de puissance 5 ou 15 kW. Leur rotation n’est pas motorisée et ils ne
disposent donc pas du mode 3D.

A l’heure actuelle, STEPHANIX assure la distribution de l’arceau Fluoroscan® InSight


d’HOLOGIC,système compact pour l’imagerie orthopédique des extrémités. On retrouve
un capteur rectangulaire 15*12cm à technologie CMOS d’une résolution de 75µm qui
pivote sur lui-même pour s’adapteraux différentes morphologies. Le système est doté
d’un écran tactile de 24 pouces avec une découpe allant jusqu'à 10 images. En 2016 un
nouveau disque SSD permettant le stockage de 10 000 images est en place. De
nouveaux post traitements améliorent la qualité des images en supprimant notamment
les artéfacts métalliques.

Pour l’avenir, STEPHANIX travaille sur de nouveaux projets de tables télécommandées


et ouvre des pistes de partenariats avec d’autres acteurs importants de la radiologie, de
capteurs plans par exemple.

Swissray – swissray.com

La société Swissray s’attaque au marché français depuis 2016 par le biais de revendeurs
comme SITECH à Grenoble. Swissray propose une gamme entièrement numérique:
salle Os-poumon, mobiles de radiographie (modèle ddRCruze sorti en 2015) et
radioscopie ddRImpulse doté d’un capteur Csi de 26*30cm. Technologiquement, elle a
fait le choix d’utiliser pour sa gamme les capteurs Thales en combinaison avec les tubes
Toshiba, considérés comme extrêmement robustes et avec une irradiation limitée.
Toutefois les tubes Varian ou Cpi s’adaptent et peuvent aussi être proposés.

Est présentée au RSNA comme nouveauté 2017 la salle Os-poumon ddRAura : système
plus rapide à l’utilisation notamment pour la réalisation des examens de scoliose avec
une irradiation basse grâce au tube Toshiba. Le système est motorisé avec les dernières
avancées comme l’écran sur le potter et l’image sur l’écran du tube. Swissray n’a pas
choisi l’option de la grille virtuelle. Cette salle existe en version colonne et suspension.

Sur l’ensemble des équipements proposés est installé le logiciel Swissvision pour
conserver une homogénéité de travail. Ce logiciel est développé par la société elle-
même en Suisse (Cern).
Pour l’avenir, la société Swissray se concentre sur le développement de salles
d’angiographies afin de proposer une gamme complète en radiologie numérique.

TOSHIBA Medical France – Toshiba-medical.eu

La nouveauté 2016 sur les salles d’angiographie, se trouve sur un arceau monoplan
plafonnier avec « 5 axes de rotation », permettant une accessibilité sans compromis et
sans perte d’angulation: une couverture totale patient en longitudinal et en latéral.

Il faut noter que cette année, la gamme complète interventionnelle se décline au sol ou
plafond, en mono ou biplan, change de nom : Infinix-i Core+ (au sol), Infinix-i Sky (au

RSNA 2016 pages : 86/130


plafond), Infinix-i sky+ (au plafond CBCT latéral), Infinix-i Biplane (pour les biplans),
Hybride : Infinix-I hybrid et Infinix-I hybrid+ et au sol 3 axes de rotation Infinix-i Core.

TOSHIBA propose toujours sur sa gamme des capteurs de dimension 20x20, 30x30 ou
30x40 cm avec une table standard, basculante, hybride. Des accords existent avec
Maquet et Trumph.

Les outils proposés par Toshiba en angiographie sont présents sur toute la gamme et
cette année, de forts axes de développement sur la dose patient avec le SPOT ROI™ qui
est une évolution du SPOT FLUORO™, exclusivité TOSHIBA permettant de réaliser une
collimation réglable et asymétrique en fluoroscopie (actif également en acquisition
graphie en mode soustrait) ainsi que DOSERITE™ : Outil de gestion de la dose patient
en temps réel, DOSE TRACKING SYSTEM™ (DTS) qui permet d’informer l’opérateur et
de lui proposer un changement d’incidence et de paramètres , visant à minimiser le
cumul de dose sur un point donné (point chaud), et ce vis-à-vis d’un seuil d’alarme
préalablement fixé.

La fusion temps réel de l'imagerie IRM avec la fluoroscopie est désormais disponible
avec des nouveaux outils comme la segmentation, l’analyse des anévrismes cérébraux
(CAA) et l’outil d’optimisation de la visualisation du stent (DDS) déjà disponibles l’année
dernière.

Une évolution des outils d’imagerie volumique avec l’acquisition rapide de mode 3D, un
roadmap 3D avec correction des mouvements en temps réel (simultané avec le road
map2D), imagerie rotationnelle type ConeBeam et un nouveau mode rotationnel 3D
basse dose (3D Low Dose) et Haute vitesse (80°/sec.) sont désormais disponibles.

Enfin une mise en place d’imagerie « couleur » pour la neuroradiologie et le périphérique


vasculaire : Parametric Imagingpour le statique et ColorCoded Circulation pour le
dynamique et l’étude des flux sont présentés.

Autant de nouveaux logiciels d’aide métier permettant de développer de nouvelle


technologie et approche comme la salle interventionnelle concept ANGIO/CT Infinix-i
4D/CT™ combinaison d’un arceau d’angiographie au plafond (Infinix-i Sky, capteur plan
30X40 cm, 5 axes de rotation) et d’un scanner mobile (au choix Aquilion One, Aquilion
Prime et Aquilion Large Bore), avec une interface commune et une table unique qui
permet une synchronisation des données.

Les deux modalités se reconnaissent dans l’espace : Il est ainsi possible de déterminer
une zone d’intérêt sur une modalité et l’autre se centrera automatiquement sur celle-ci
(GUIDANCE) avec des outils de réduction de la dose proposés, identiques à chaque
modalité unique (CT/Angio).

Le principal intérêt de ce système multi-modalités est de permettre le recours à l'imagerie


en coupe dans la même unité de lieu (une salle de 60 m2 semble être suffisante) et
quasiment dans la même unité de temps, le patient endormi sur la table pouvant passer
d'une modalité à l'autre juste avant, pendant, ou juste après la procédure, permettant
ainsi au clinicien de mieux planifier et finaliser la thérapie. Il est dédié aux procédures
interventionnelles combinées, neuro-cardiovasculaires, oncologiques, ostéoarticulaires.

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Une première installation en France a déjà eu lieu. Toshiba propose deux tables de
radiologie conventionnelle sans nouveauté 2016. La table basculante polyvalente
télécommandée avec arceau ULTIMAX-I™ capteur plan statique ou dynamique de
43X43cm le plus grand du marché.

La table basculante XANTARA pour l’imagerie DR et RF développée en collaboration


avec la société DMS-IMAGING.

ZIEHM Imaging – ziehm.com

Il y a 10 ans, ZIEHM a été la première société à proposer un arceau mobile à capteur


plan. Elle a poursuivi son développement et propose cette année l’intégration de la
technologie CMOS disponible sur la radioscopie mobile Ziehm Vision RFD avec une
taille de capteur de 20*20cm et une taille du pixel de 100µm.

Le Ziehm Vision RFD est livré avec un générateur monobloc d'énergie de 20 kW adapté
aux procédures vasculaires, une anode tournante et un refroidissement par fluide
caloriporteur (Advanced Active Cooling). Il sera développé avec la technologie CMOS
courant 2017.

A l’heure actuelle, Ziehm est la seule société à proposer une radioscopie mobile, Vision
RFD 3D à capteur plan avec la 3D, générateur monobloc d'énergie de 25 kW et un
capteur de 30*30cm. (il existe dans la gamme un amplificateur de brillance 3D de
diamètre 23cm).

L’avantage du RFD est son angulation à 180 degrés.Avec le 3D, il est important d’avoir
un couplage avec les navigations qui existent avec les systèmes Brainlab et Stryker. Le
couplage avec Medtronic est en cours de négociation.

Depuis 2016, la grille amovible est commercialisable sur certains modèles permettant de
jouer sur les irradiations patients.

Ziehm Imaging est le partenaire de distribution exclusif des systèmes OrthoScan en


France dédiés aux extrémités :

- l’OrthoScan FD Pulse équipé d’un générateur monobloc à mode impulsionnel


avec un capteur 15x15cm.

- l’OrthoScan Mobile DI, portatif de 16kg avec un capteur 15,5*11,5cm destiné à la


consultation. La grande nouveauté sur ces deux modèles est la mise en place de
capteur avec la technologie CMOS.

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Conclusion

Le RSNA montre que les industriels s’intéressent toujours au développement des


systèmes numériques qui évoluent beaucoup en termes de souplesse, de mobilité et
d’expertise clinique.

Il faut toutefois s’interroger sur le développement de certaines technologies comme la 3D


et ou la tomosynthèse. Certains examens sont pris en charge sur d’autres modalités
comme le scanner avec des rapidités d’exécution et des qualités d’examen pour le
moment non égalable.

Nous pouvons voir un intérêt pour le 3D pour les centres excentrés ou privés n’ayant peu
d’accès aux scanners dont les installations sont réglementées par les autorisations.

Il ne faut pas oublier aussi le grand engouement des hôpitaux à remplacer leur salle os
poumon par des scanners dits ultralow dose. Le lien entre la radiologie numérique et le
scanner se resserre et les radiologues doivent se poser les bonnes questions et peut
être mettre en place des compromis sur la qualité d’image.

Les sociétés restent prudentes et cherchent encore les intérêts et les parts de marché
avant de se lancer dans de nouvelles technologies.

Le détecteur mobile dit « consommable », financièrement plus abordable devrait


également modifier les organisations actuelles.

La proposition d’une gamme complète et homogène reste la ligne de conduite de tous


les constructeurs avec une volonté pour certains d’entrer dans les blocs opératoires.
Dans la même lignée, nous devrions prochainement avoir beaucoup plus de produits et
de concurrence en radiologie interventionnelle.

Rendez-vous dans un an, au RSNA 2017, pour clarifier et affiner tous ces points.

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TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION

La médecine en réseaux

*Farhat M’MADI, **Rodolphe TRIQUET

*Hôpital neuchâtelois (Suisse), **CHRU de Lille

Introduction

Si pendant plusieurs décennies, le PACS (Picture archiving and communication system)


accouplé au RIS (Radiology information system) a été considéré comme le cœur du
système du management électronique des données et des images du département
d'imagerie médicale, lors de ce RSNA 2016, un nouveau concept a été fortement mis en
avant, celui de "l'Enterprise imaging". Ce concept qui dépasse le simple cadre du service
de radiologie ou de l'hôpital a l’ambition de répondre aux besoins d'un territoire de santé
en lien avec le parcours du patient. Il s'intéresse à la fois à l'acquisition de l'image, à son
analyse et sa visualisation (qu’elle soit Dicom ou non Dicom).

Par ailleurs, il permet d'optimiser le workflow en s'appuyant et s'intégrant avec les


solutions déjà existantes et permettant une communication sécurisée entre les différents
acteurs de soins (patient y compris). Pour cela, "l'Enterprise imaging" s'appuie sur les
outils qui ont fait le succès du PACS et du RIS et des progrès de l'informatique avec la
mise en place d'archivages neutres et mutualisés, l'émergence de technologies web et
l'utilisation du Cloud.

Ces changements annoncés s'inscrivent parfaitement dans l'actualité et les modifications


organisationnelles qui se produisent dans la plupart des pays Européens où l'on assiste
à une concentration des établissements de soins et une refonte du paysage sanitaire.

En France, le décret relatif aux groupements hospitaliers de territoire (GHT) créés par la
loi de modernisation du système de santé prévoit qu'un schéma directeur du système
d'information (SDSI) du GHT doit être élaboré au 1er janvier 2018, et qu'au 1er janvier
2021, le système d'information (SI) convergent "comprend des applications identiques
pour chacun des domaines fonctionnels et utilise un identifiant unique pour les patients".
Face à cet objectif ambitieux et compte tenu de réalités diverses en termes de plateaux
techniques et de SI au sein des différents GHT constitués, la question qui se pose déjà
est celle de la convergence par l'intégration ou par l'interopérabilité des différents
systèmes.

Pour aider les établissements à faire face à ce changement, le 05 décembre dernier, la


Direction générale de l'offre de soins (DGOS) a édité un guide méthodologique intitulé,
"stratégie, optimisation et gestion commune d’un système d’information convergent" dans
lequel on retrouve un chapitre dédié à la gestion de l’imagerie médicale.

RSNA 2016 pages : 90/130


A la lumière de ce RSNA, il paraît d’ores et déjà utile d’intégrer en complément des
éléments figurant dans ce guide, la réflexion autour de la mise en place d’un concept
"d’Enterprise Imaging".

Vers l'urbanisation des systèmes d'information (SI)

Les spécialistes de l’IT définissent l’urbanisation des SI comme étant une spécialité
informatique qui consiste à faire évoluer le SI d'une entreprise dans son ensemble. Le
but étant de garantir sa cohérence vis-à-vis des objectifs du métier de cette entreprise en
prenant en compte ses contraintes externes et internes, tout en tirant parti des
opportunités de l'état de l'art informatique dans le respect des coûts/qualité/délai (Club
URBA-EA).

Dans le contexte actuel, cette approche est celle privilégiée par l'ensemble des acteurs
du marché de l'imagerie médicale. En effet, c'est une démarche qui se construit étape
par étape et s'inscrit naturellement dans les projets métiers en privilégiant
l'interopérabilité (capacité à faire interagir différents systèmes issus de fournisseurs
différents) et l'interchangeabilité (capacité à pouvoir remplacer certaines applications
sans pour autant perturber le reste du système d'information). Cette vision permet en
outre, à l’ensemble des fournisseurs actuels du marché d’exister, néanmoins, la
redondance des solutions proposées entre VNA, RIS et PACS laissent penser que
certains acteurs vont devoir très vite se repositionner au risque de disparaître.

Standardisation et interopérabilité

Comme évoqué plus haut, l'interopérabilité des systèmes est l’un des enjeux majeurs de
l’urbanisation des SI. Celle-ci s'appuie aujourd'hui sur des applications full web (HTML5),
sur le protocole XDS et la VNA.

XDS : Cross Enterprise Document Sharing


Le profil IHE XDS décrit une infrastructure reposant sur des normes pour gérer l'échange
de données médicales sensibles entre les entreprises médicales et se décompose en 3
éléments principaux :

• Le XDS repository qui permet l'archivage de données de multiples formats (PDF,


DICOM, JPEG…)
• Le XDS registry qui permet de répondre aux besoins de sécurité et d'identification
lors d'échanges de données médicales
• Le XDS viewer qui permet quant à lui de visualiser tout type de données et/ou
documents depuis n’importe quel type d'écran

La VNA (Vendor Neutral Archive) déjà évoquée lors du précédent rapport RSNA 2015,
peut être définie comme étant une archive non propriétaire, centralisée dans laquelle tout
système de communication ouvert peut accéder. La VNA jouant alors le rôle de "hub",
point unique qui serait accessible par l'ensemble des acteurs de santé car basé sur des
protocoles informatiques standards permettant ainsi l’échange de tout type de données.

Les limites que nous pouvons citer à l'interopérabilité résident dans le fait que toutes les
applications médicales ne sont à ce jour pas normalisées. La radiologie avec la norme
RSNA 2016 pages : 91/130
DICOM ayant une avance singulière dans ce domaine, toutes les VNA ne sont pas XDS
compatibles et toutes les applications ne sont pas toujours 100% full web même si elles
sont annoncées telles quelles par les fournisseurs.

Le schéma idéal de l’interopérabilité (R. Breslin Trumonix Ltd)

Le Big data

En cette année 2016, un bon nombre de sessions a porté sur le thème du Big Data.
Dans cette thématique nous pouvons relever l'initiative de deux firmes, l'une Zebra
Medical Vision (firme israélienne), la seconde, Merge (société rachetée par IBM en 2015
pour 1 milliard de dollars).

Cette dernière équipe plus de 7'500 établissements de santé aux Etats-Unis avec sa
plateforme de traitement d'imagerie médicale (Merge Healthcare) qui s'intéresse à une
approche innovante du diagnostic, non axée uniquement sur la visualisation mais en
intégrant et analysant les différentes informations cliniques (résultats de laboratoires,
tests génomiques, examens cliniques…) associées aux images.

Ainsi en collectant des millions de clichés d'images avec les informations cliniques
correspondantes, l'objectif est de pouvoir créer des algorithmes diagnostiques de
nouvelle génération qui pourraient s'adapter aux variations d'images et ainsi renforcer les
capacités d'aide au diagnostic. Cela pourrait apporter une aide précieuse dans la prise
de décision notamment pour les maladies cardiovasculaires et cancéreuses, selon
Nancy Koenig, General Manager de Merge.
L'offre industrielle (par ordre alphabétique)

AGFA

En 2015, le chiffre d’affaires d’AGFA HEALTHCARE s’est monté à 1,098 milliards


d’euros, pour un nombre d’employés avoisinant les 5'800. Le budget consacré aux
investissements pour la recherche et le développement (R&D) est de 144 millions
d’euros. Concernant le marché français, le CA du secteur IT est estimé à 80M€ dont 51
M€ pour le PACS.

RSNA 2016 pages : 92/130


Avec plus de 15 ans d’expérience dans le développement des PACS, AGFA
HEALTHCARE est l’une des références sur le marché des systèmes d’information de
santé et d’imagerie médicale. Cette année a été présentée la version 8.1 de leur solution
" Enterprise Imaging ". Cette plateforme se présente sous forme modulaire avec
notamment une solution complète PACS pour la radiologie, une archive neutre VNA, une
visionneuse universelle Xero, un serveur d'échanges inter établissement Exchange, un
portail patients, une suite d'outils pour la cardiologie et une solution d'informatique
décisionnelle, Business Intelligence

Les nouveautés 2016

En termes de partage et d’échanges, Agfa Healthcare a lancé son nouveau portail


(Integrated Care Gateway), clé de voute de son approche convergente dédiée au GHT.
Ce portail permet de gérer bien plus que l'imagerie, étant interopérable avec l'ensemble
des systèmes d'informations du marché.

Par ailleurs, Agfa Healthcare poursuit la commercialisation et l'actualisation de leur RIS


Qdoc qui est présent dans plus de 50 sites en France. Une nouvelle version de Iplan,
l'outil de planification qui permet de proposer des services de demande de rendez-vous
depuis le Web pour les prescripteurs voire les patients eux-mêmes est désormais
disponible.

L’enrichissement de Xero pour la visualisation des images radiologiques avec des outils
de post-traitement et d'outils spécifique à certaines spécialités comme le dentaire,
l'ophtalmologie et l'anatomopathologie est un axe prioritaire de développement de la
société tout comme la convergence des plateformes PACS et VNA.

CARESTREAM

La société CARESTREAM fait partie des leaders mondiaux pour l’IT. La solution Vue
couvre toutes les modalités nécessaires aux établissements de santé :

- VNA Vue Archive pour l’archivage des données DICOM et non DICOM,
- Vue PACS qui présente la particularité d’intégrer 95% des outils de post-
traitement " utiles " aux radiologues et cliniciens (Carestream a présenté en 2016
les outils de perfusion cérébrale MR et CT). La vision de Carestream étant qu’un
bon PACS doit nécessairement améliorer l’efficacité du service.
- Vue Connect : pour l’échange et le partage des informations dans un ou entre
établissements de santé. Cette solution représente un instrument efficace pour
faire converger des SI d’imagerie.
- MyVue : le portail qui permet l’accès aux examens pour les patients ainsi que de
leurs médecins traitants.
- Le viewer universel Vue Motion permet de visualiser des examens stockés dans la
solution de VNA tout en permettant l’accès à des outils avancés (MIP/MPR/3D).
Cet outil est un produit ZFP.

Pour le RIS, compte tenu des particularités de facturation française, CARESTREAM a un


partenariat avec la société Nicesoft.

Carestream dispose en France de deux Datacenter mutualisés et redondants et à


tendance à favoriser le recours à des solutions Cloud (90% des nouvelles installations de

RSNA 2016 pages : 93/130


Carestream sur ce modèle). L’avantage étant de ne pas avoir à investir dans du
hardware d’une part onéreux, d’autre part à obsolescence rapide.

Les nouveautés 2016

CARESTREAM a présenté la plateforme CCP (clinical collaboration platform) qui permet


à des services producteurs d’images (anatomopathologie, dermatologie, ophtalmologie
etc.) d’intégrer des données de tous formats via un portail web.

La solution Worklist Orchestrator permet de générer des listes de travail intelligentes en


fonction de critères définis par l’hôpital et le groupe d’établissements (heures d’ouverture,
personnes disponibles etc.). Cela en fait un outil d’organisation du travail très utile dans
le cadre de la mise en place des GHT.

La société a également présenté un pack d’outils communicants (chat, partage de


session, vidéo conférence etc.).

Enfin CARESTREAM, en partenariat avec Zebra, s’intéresse au Big Data et permet


d’ores et déjà de proposer aux radiologues des indications sur l’ostéoporose, la teneur
en gras du foie, le score calcique etc., sur la base d’algorithmes prédictifs.

EDL

EDL est une société française créée il y a 23 ans, basée dans le Var (La Seyne sur Mer),
éditrice d'applications indépendantes ou intégrées couvrant la gestion du service de
radiologie (RIS), la diffusion des images et leur gestion (PACS), la dictée numérique et la
reconnaissance vocale des comptes-rendus. La société regroupe autour de différents
pôles environ 50 personnes et compte plus de 450 clients publics et privés.

Depuis 2015, le RIS EDL est proposé en version full web. Afin d'élargir sa palette de
solutions, EDL a créé en 2015 sa filiale FDView suite au rachat de MEDIC-IS, ce qui
l'amène à se positionner également comme fournisseur de solutions de PACS. Son
produit Xplore Pacs se distingue par l'intégration d’un module de télé-radiologie et de
gestion des vacations permettant aux radiologues de très simplement passer d’un site à
un autre en minimisant le trafic réseau. Xplore PACS s’intègre nativement avec Xplore
(et les autres RIS du marché) ce qui améliore la productivité et le confort de travail du
radiologue.

La solution Zero Foot Print (ZFP) Xplore Connect permet de partager, de manière
sécurisée, images et comptes rendus aux patients et prescripteurs. Des versions PDF,
JPEG ou Dicom des images sont disponibles pour ces derniers en fonction de leurs
besoins.
Le viewer XploreView complète efficacement le dispositif Xplore PACS et offre la
possibilité d'intégrer l'imagerie au dossier patient de manière efficace et ergonomique. Il
intègre des outils avancés pour l’imagerie conventionnelle (goniométrie, bascule de
hanche…) ainsi que pour l’imagerie en coupe (MIP, MPR…). Son extension pour la
diffusion des images aux correspondants en ZFP (Xplore Connect) propose une version
permettant d'avoir la même interface sur les tablettes tactiles (Android, IOS) ou les
smartphones. Les correspondants peuvent choisir l’outil le plus adapté à leur situation.

EDL ne développe pas à ce jour de solution VNA mais poursuit sa politique de


partenariat avec de nombreux acteurs pour la fourniture de VNA. Il est à relever que sa

RSNA 2016 pages : 94/130


plateforme RIS Xplore s'interface avec les solutions leaders du marché et intègre la
technologie de reconnaissance vocale et un PACS, tous deux développés par EDL.

Pour conclure, la mise en place de son portail de services : prise de RDV par internet,
confirmation de RDV par SMS ou diffusion aux patients et correspondants constitue la
grande nouveauté 2016.

ESAOTE

ESAOTE se présente aujourd’hui comme une entreprise du top 10 des firmes


internationales de l’imagerie diagnostique avec ses solutions d’échographie (50% de son
CA), d’IRM dédiées (10%), d’IT (14%) et de services. Dans le domaine de l’IT, ESAOTE
avec sa filiale eBit propose la plateforme de gestion RIS-CVIS-PACS "Suite Estensa" qui
a déjà été présentée en 2015.

Les nouveautés 2016 :

Cette année, les nouveautés autour de cette plateforme s’articulent autour de 3


principaux axes :
- L’intégration de la VNA pour la gestion des données Dicom et non Dicom
provenant d’autres systèmes d’information. Cette solution s’appuie sur les
standards actuels, à savoir les formats d’échanges XDS, XDS-I et HL7
- La mobilité favorisée par une visionneuse universelle "Suitestensa Review Zero
foot Print " qui propose également des outils avancés de mesures et d’analyse
des images provenant des différentes modalités (CT, IRM, US…) et "Suitestensa
Web&Mobile ", qui offre aux médecins la possibilité d’accéder aux informations
via tout type de périphérique fonctionnant sous Windows, Mac OS, IOS et
Android.
- Le portail d’échanges patient qui permettra au patient d’être acteur de sa santé et
de sa prise en charge en ayant accès à ses examens directement depuis son
domicile depuis n’importe quel appareil mobile.
- ESAOTE continue par ailleurs à développer des outils de post-traitements
avancés liés au domaine cardiovasculaire (Vessel analysis) ou à la tomosynthèse
(Breast Tomosynthesis).

FUJIFILM

La société FUJIFILM dispose d’une offre large allant d’une plateforme dédiée à
l’archivage à des solutions expertes dans le post-traitement des images. La gamme
couvre également le PACS, dont une nouvelle version est présentée cette année et le
RIS, proposé dans le secteur privé uniquement.

Depuis l’an dernier et le rachat de TeraMedica, FUJIFILM propose SYNAPSE VNA, une
archive neutre, permettant de stocker tous les types de données dans leur format natif
(sans ajout de métadonnées propriétaires). Compatible avec toutes les marques de
modalités (Dicom ou non Dicom) et de PACS, cette solution est aussi proposée comme
architecture mutualisée permettant l’interconnexion de systèmes d’information
hétérogènes, et notamment en réponse aux besoins de convergence des systèmes
d’information de GHT.

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En complément de cette archive, FUJIFILM propose SYNAPSE Mobility, un viewer
universel HTML5 interfacé avec les dossiers patients des établissements concernés,
capable de donner un accès contextuel simple à toutes les données stockées des
patients pris en charge.

Une des particularités de Synapse Mobility est de disposer d’une fonction de


collaboration permettant la visioconférence et le partage en temps réel d’écrans entre
différents médecins spécialistes. Par ailleurs, compatible avec toutes les plateformes
informatiques, il offre également un accès à l'ensemble des données de l’archive neutre
à partir de tout accessoire mobile (tablette, Smartphone, PC). En l’absence de VNA, il
permet un accès direct aux données des PACS existants.

Avec l’émergence des archives neutres, FUJIFILM repositionne son PACS et propose
SYNAPSE 5, la nouvelle version de son offre existante. Ce produit met l’accent sur la
rapidité d’accès aux données et son entière compatibilité avec les archives neutres du
marché.

La particularité de Synapse 5 est une nouvelle technologie de « Rendu Serveur » où tous


les traitements sont réalisés et mutualisés au niveau du serveur. Les clients connectés
bénéficient alors plus rapidement de l’information recherchée, sans avoir à télécharger la
masse, toujours plus importante, de données médicales à traiter.

Rapidité d’accès et sécurité des données sont donc parmi les avantages de cette
solution, au même titre que la facilité d’administration des serveurs et des postes de
consultations dont les pré-requis techniques sont simplifiés.

L’interface du poste de travail a été totalement revue en intégrant notamment de


nouveaux post-traitements avancés (la visualisation des examens de tomosynthèse en
mammographie ou le traitement en volume des examens de modalités en coupe).
Enfin le PACS Synapse est proposé en déploiement local (mono ou multi sites) ou en
mode Cloud au travers d’une offre packagée par le fournisseur.

Depuis plusieurs années maintenant, FUJIFILM est reconnu comme un fournisseur de


logiciels de post-traitements avancés. Son produit Synapse 3D s’appuie sur sa neutralité
vis-à-vis des fournisseurs de modalités et continue d’évoluer en proposant de nouvelles
fonctionnalités.

SYNAPSE 3D repose entièrement sur des développements internes et couvre la plupart


des spécialités cliniques. Cependant une offre est spécifiquement packagée pour
proposer les applications attendues dans les services de radiologie, de cardiologie ou de
chirurgie.

GE HEALTHCARE

GE HEALTHCARE est capable de répondre à tous les besoins en matière de


technologie de l’information dédiée à l’imagerie : VNA, PACS, RIS, échange et partage,
viewer XDS, post-traitement.

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Les nouveautés 2016 :

GE HEALTHCARE continue à faire évoluer ses solutions :


- -PACS avec Centricity PACS Enterprise Edition incluant Universal Viewer
- -Productivité et Profondeur clinique: Volume Share 7 embarqué dans le PACS,
Reporting (Dictée numérique ou reconnaissance vocale),...
- VNA avec Centricity Clinical Archive - GE classée mondialement N°1 en site VNA
installés (IHS Technology Medical Enterprise Data Storage Market). GE considère
que la dissociation de l’archive constitue une tendance forte au niveau mondial.
- Multiples applications avancées embarquées dans le PACS ou non: Oncologie,
Cardiologie, Vasculaire, Senologie...
- Des nouvelles solutions et des nouveaux services :
- Collaboration avec Centricity 360: Portail Patient, Portail Médecin de Ville,
Echange de cas entre Professionnels de santé...
- Analytics avec la société Healthcare Insight (entreprise spécialisée dans le big
data) : il s’agit d’un outil d’aide à la décision : services pour générer des tableaux
de bord et indicateurs personnalisés venant de données GE ou non afin d'aider
les établissements de santé et les professionnels de santé à améliorer et mesurer
leurs performances cliniques, opérationnelles ou financières.
- Ces différentes solutions permettent à GE de répondre aux besoins à différents
niveaux :
- Département d’imagerie : le PACS qui intègre le post-traitement avancé (solution
serveur fusionné) permet à tout le département un accès au même niveau de
performance. Le PACS GE intègre de plus en plus de fonctions qui se situaient au
niveau du RIS (dictée, comptes-rendus, worklist…).
- Au niveau de l’hôpital, avec la mise à disposition des résultats aux prescripteurs
intra ou extra-hospitaliers, ou l’accès à tous types de données notamment dans le
cadre des RCP grâce à sa solution d’archive neutre.
- Au niveau du territoire de santé : la solution GE est capable de s’intégrer aux
différents RIS/PACS, générer des listes de travail au niveau du territoire et
adresser les examens à interpréter à un radiologue de garde par exemple.
- Hors de la structure de santé avec Centricity 360 : pour les échanges de cas
(2ème avis, avant transfert d’un patient…), pour les médecins de ville et pour les
patients.
- Enfin GE développe des services Health Cloud (une sorte "d’Apple store médical"
avec des applications qui sont soit des développements GE soit des
développements tiers).

INTRASENSE

Spécialiste du logiciel d’imagerie médicale, INTRASENSE a été créée en 2004. Avec


plus de 50 employés sur les 5 continents, la société a construit un réseau de distribution
couvrant plus de 35 pays.

L’entreprise Intrasense commercialise toujours son produit Myrian, suite logicielle de


visualisation et de post-traitement d’images médicales pour le diagnostic et le suivi des
cancers et maladies chroniques. Cette solution se veut être un concept de "post-
traitement neutre" et s’intégrer aux différents HIS, RIS, PACS, modalités, écrans du
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marché. En termes de déploiement, Myrian peut être installé en stand-alone ou en mode
client léger, à l’intérieur et à l’extérieur de l’hôpital.

Les nouveautés 2016 du produit portent sur l’amélioration de l’interface en vue


d’accroître l’ergonomie et homogénéiser les protocoles d’affichage et la disponibilité de
nouveaux modules pour l’analyse d’images IRM du sein et de la prostate.

En termes de stratégie d’entreprise, INTRASENSE a annoncé lors de ce RSNA le


lancement de Myrian Studio, un environnement de développement spécifique permettant
aux équipes R&D et industrielles partenaires de créer de nouvelles applications cliniques
directement dans l'interface de Myrian

MAINCARE

Comme annoncé l’an dernier MAINCARE a présenté sa solution Conserus. Cette


solution est basée sur une archive neutre développée par Maincare (Mc Kesson) aux
standards IHE.

Les différentes briques de cette solution sont :


- Conserus Image Repository constitue l’entrepôt unique des données cliniques du
patient.
- Conserus Clinical Data Exchange : permet la recherche, la mise à disposition et le
partage de données patients (images Dicom et non Dicom et autres documents
cliniques) de façon simple avec le même outil.
- Conserus Enterprise Viewer est un viewer universel WADO (HTML5 ZFP) validé
pour le diagnostic (CE médical et FDA) qui peut être utilisé en mode collaboratif
ainsi que sur des dispositifs mobiles (smartphones et tablettes). Ce viewer permet
la collaboration entre des établissements ne disposant pas du même PACS et
dispose de fonctionnalités de post-traitement (MIP/MPR/3D).

A noter que MAINCARE ne propose pas de RIS.

Le PACS Mc Kesson est disponible en version full WEB et permet via un lien contextuel
d’accéder à des post-traitements avancés. Maincare dispose d’une intégration complète
avec Terarecon et Vital Images.

MEDIAN TECHNOLOGIES

Fondée en 2002, MEDIAN TECHNOLOGIES est une société française basée à Sophia-
Antipolis active dans la conception de logiciels d'imagerie médicale et de services dédiés
aux essais cliniques en oncologie.

En 2016, MEDIAN TECHNOLOGIES a surtout renforcé son positionnement aux Etats-


Unis pour consolider sa présence dans la gestion de projets d’imagerie dans les essais
cliniques et poursuit sa politique d’expansion par le biais de nouveaux référencements
auprès des "Big Pharma" et des sociétés de biotechnologie.

Nous pouvons relever également le partenariat intervenu avec Miscrosoft dans le courant
de l’année 2016 afin de lancer un projet commun pour "développer de nouvelles
méthodes de détection, de diagnostic et de suivi des cancers basées sur l'analyse du big
data".
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Pour ce faire, MEDIAN TECHNOLOGIES va installer son système de détection Ibiopsy
sur la plateforme de Cloud Azure de Microsoft. Ibiopsy permet de détecter les
phénotypes de divers cancers grâce à l'extraction et la mesure de biomarqueurs
d'imagerie. Il fournit "des capacités d'analyse des images médicales qui vont permettre
d'extraire en temps réel des biomarqueurs d'imagerie, indicateurs pour le diagnostic et le
traitement des cancers", ont indiqué les deux sociétés dans leur communiqué de presse
commun.

Cette initiative s’inscrit dans la médecine de précision amenée à révolutionner la pratique


médicale selon F. Brag CEO de MEDIAN TECHNOLOGIES : "Precision Medicine is
about to revolutionize how diagnostic and biological data is used to pinpoint and deliver
care that is preventive, targeted and effective"

NGI

Le Groupe NGI est né l’an dernier de la fusion de Numerix et de Global Imaging On Line.
NGI est une entreprise 100% Française dédiée à l’optimisation des services et plateaux
d’imagerie et à l’amélioration de la prise en charge des patients. NGI dispose de plus de
1000 sites publics et privés installés en France.

NGI propose une offre qui se veut ergonomique et intégrée de la prise de rendez-vous à
la facturation en passant par l’administration et l’interprétation des examens.

Pas de VNA à proprement parlé chez NGI mais GXD5 PACS qui en présente tous les
attributs. Comme son nom l’indique, il s’agit du PACS de 5ème génération (depuis 1999).
La version 3.1.1 présentée cette année apporte une meilleure interopérabilité ainsi que
de meilleurs outils d’administration et de partage.

GXD5 RIS est une solution de gestion des services d’imagerie hautement
personnalisable. Le RIS présente cette année un module de pointage automatique des
écritures bancaires, un module de pointage des collaborateurs des plateaux techniques
et un nouveau module de reconnaissance vocale basé sur Nuance Dragon.

La suite GXD5 permet l’échange des données, le second avis, et le partage de données
médicales via son serveur de résultats images et comptes rendus sur un portail ville
hôpital.

GXD5 Viewer, viewer universel de la gamme, permet de lire, comparer (2D et MPR),
imprimer, télécharger les données médicales. Il est décliné en deux versions, l'une
installable sur un ordinateur, l'autre accessible en zero foot print depuis n'importe quel
appareil.

GXD5 DIAGNOSTICS répond aux principaux besoins des radiologues. Elle va couvrir
100% des demandes en radiographie / mammographie, échographie, 70% des
demandes en CT, et 90% en MR. Pour les applications avancées (ex : lung, vessel,
cardiac, …), NGI s'appuiera sur des partenaires reconnus mondialement comme Vital
Images, Olea Médical ou encore Cadens Imaging. L'ensemble des applications
avancées sont complètement intégrées dans le système d'information GXD5.

Enfin NGI élargit son spectre fonctionnel avec des partenaires exclusifs comme Doctolib
(leader français de la prise de rdv patient par internet) ou Momentum (Outil d'aide à la

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planification grâce à un moteur de résolutions de contraintes avec intelligence artificielle
intégrant également un module RH et une badgeuse électronique).

Par ailleurs, NGI a également développé une solution Parcours Patient, dispositif unique
sur le marché, intégrant un workflow spécifique, des outils, bornes et écrans de rappels
pour une meilleure prise en charge du patient.

NGI souhaite continuer à faire bénéficier les services hospitaliers de ses systèmes
d’information, obtenir la labellisation VNA de ses solutions, et enrichir les fonctionnalités
de la partie GXD5 Diagnostics.

NICESOFT

Depuis le début des années 2000 NICESOFT offre à ses clients un Système
d'Information Radiologique 100% Web qui ne nécessite aucun déploiement sur les
postes clients. Dès 2010, l'application PACS est également 100% Web et complète la
solution RIS-PACS Venus pour l'ensemble du plateau d'imagerie : radiologie et
médecine nucléaire. Les développements et le support sont assurés par une équipe de
13 ingénieurs (pour un effectif total de 16 employés) basés à Paris.

En termes de pénétration du marché, Venus équipe 70% des services de médecine


nucléaire en France (médecine libérale et établissements hospitaliers) et une vingtaine
de services de radiologie comme ceux du CHU de Rouen ou de Reims. A noter que
Nicesoft est également présent en Suisse, en Allemagne, en Belgique, en Italie.

L'année 2016 a vu la mise en œuvre des premiers portails de prise de rendez-vous


directe par le patient sur internet ce qui nécessite une intégration étroite avec le RIS : le
paramétrage des types d'examen doit remonter depuis le RIS ainsi que la disponibilité
des différentes ressources (équipements, personnels). Enfin, Nicesoft a équipé son
premier centre de radiothérapie à l'Hôpital Franco-britannique.

OLEA MEDICAL

La société Française basée à La Ciotat fait partie du groupe Toshiba depuis fin 2015.
OLEA MEDICAL est spécialisée dans le post-traitement en IRM et constitue aujourd’hui
le gold standard du post traitement en neurologie. Il s’agit de la seule console IRM multi-
constructeur disposant des marquages CE et FDA. L'automatisation et la robustesse des
algorithmes constituent leur marque de fabrique. OLEA MEDICAL compte aujourd’hui
258 clients dans le monde.

La solution OLEA MEDICAL est constituée d’une suite d’applications dédiées par organe
et par pathologie (Neuro, Imagerie de la femme, Prostate, Osteo, Foie...). Les futurs
développements et améliorations devraient avoir lieu sur le sein, la prostate et le foie.

Les nouveautés 2016 :

Parmi les nouveautés proposées cette année on peut citer :


- le viewer Olea Vision embraqué dans un cockpit. Ce concept a priori "gadget" (le
radiologue s’assoit dans un fauteuil et a face à lui 3 écrans de visualisation ainsi
qu’une souris et un clavier) a rencontré un fort succès au RSNA 2016 notamment
avec la clientèle du Moyen Orient.

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- l’an dernier Olea annonçait un module d’IRM synthétique qui permet à partir de 2
acquisitions T1/T2 mapping rapides (6minutes) sur le corps entier, de reconstruire
toutes les autres séquences. Selon Olea ce module est désormais finalisé mais la
validation CE-DM devrait être faite en 2017.

PHILIPS

La principale nouveauté présentée lors de ce RSNA est la technologie iIlumeo issue de


l’intelligence adaptative. C'est un concept émergent combinant des modèles et
connaissances spécifiques (p. ex. dans le domaine de la radiologie) et l’intelligence
artificielle pour déboucher sur une expérience adaptative et contextuelle, constituant
ainsi une aide au diagnostic.

Principe de fonctionnement : Illumeo permet d’associer des fonctions de perception du


contexte à des fonctions avancées d’analyse des données pour compléter le travail du
radiologue. L’intelligence intégrée enregistre les préférences du radiologue et, pour aider
l’utilisateur, adapte l’interface utilisateur en proposant des outils et mesures sur la base
d’une évaluation du contexte clinique. Les avantages attendus sont un meilleur workflow
pour un diagnostic plus précis et des soins prodigués optimisés. La nouvelle technologie
peut être intégrée à des systèmes existants, notamment Philips IntelliSpace PACS.

Illumeo exploite également les données du Big Data, en effet via le Data Analytics
Engine, le logiciel apporte au radiologue les informations afférentes les plus pertinentes
dans une seule vue d’ensemble à partir de plusieurs sources. Ce "Patient Briefing"
intégral comprend une liste des troubles du patient (en cours de développement), des
résultats de laboratoire de précédents rapports.

Grâce à Illumeo, le radiologue peut aussi générer des rapports dynamiques,


éventuellement avec des images 3D ou des quantifications d’images sur la base d'une
saisie minimum de l’utilisateur. Ces informations peuvent être intégrées dans le PACS et
sont accessibles via des systèmes DPI. Pour faciliter la collaboration, elles peuvent être
partagées au sein de l’ensemble de l’organisation hospitalière sous la forme d’un tableau
de bord multidisciplinaire d’informations patient.

Concernant la plateforme de post-traitement IntelliSpace Portal, pas de grande


nouveauté annoncée lors de ce RSNA 2016 si ce n’est le lancement de la dernière
version 9.0, qui dispose désormais d’une suite complète d’outils et de fonctions pour la
neurologie.

SECTRA

SECTRA est le nouveau venu sur le marché Français avec la création en juin 2016 de la
filiale française. D’origine Suédoise (fondée en 1978), Sectra compte aujourd'hui des
clients dans plus de 60 pays, des filiales dans 14 pays et de nombreux partenaires.
SECTRA se consacre exclusivement à l’informatique d’imagerie médicale et à
l’innovation dans ce domaine grâce à une collaboration étroite avec de nombreux centres
de recherches et d’universités.

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La société se positionne comme un acteur majeur en matière de déploiement de
solutions complexes incluant l’intégration avec de nombreux RIS et DPI à l’échelle
mondiale.

Le PACS SECTRA a reçu pour la 3eme année consécutive le prix "Best in KLAS" de la
plus grande satisfaction client. (Source : www.KLASresearch.com)

Sectra Enterprise Image Management est une solution intégrée comprenant :

- Sectra VNA qui constitue un archivage neutre et indépendant conçu pour gérer,
tout type d’image (DICOM, JPEG, PDF, ECG, EEG, lames
d’anatomopathologie…) et de fichier (son, vidéo…), flux XDS et viewer web
universel.
o Sectra Uniview est un viewer universel ZFP (PC, mac, tablette, smartphone...). Il
inclut des outils de mesures classiques et la reconstruction 3D pour la
visualisation des images et des comptes rendus.

- Sectra PACS est optimisé pour un environnement de forte productivité. Il est


conçu pour réduire le temps de traitement des examens (affichage rapide des
séries, efficacité des listes de travail, teaching file, Peer review, tag morphing) et
améliorer la communication des résultats entre la radiologie et les autres services.
o Sectra IDS7 est un viewer web qui dispose d’applications cliniques avancées
Outils MIP/MPR (synchronisation anatomique).
Outils 3D (fusion d’images PET/CT, analyse des vaisseaux, suivi des
tumeurs, segmentation osseuse).
Outils avancés (Tomosynthèse, planification chirurgicale du foie,
coloscopie virtuelle, module IRM du sein, du pelvis et de la prostate,
planification préopératoire orthopédique 2D et 3D (trauma) avec
calques numériques). Il est également possible d'intégrer Sectra
IDS7 avec de nombreux autres partenaires (appel contextuel de
l’outil tiers depuis les images).

- Sectra Image Exchange Portal (IEP) est une solution cloud permettant le transfert
et l’échange sécurisé des images entre professionnels de santé. Cette solution
favorise l’échange d’informations entre les différents établissements (antériorités
du patient, demande de Télé expertise et de Téléradiologie…). Peu importe le
RIS, DPI ou PACS en place dans les établissements, IEP permet de transférer de
manière sécurisée les examens à partir de requête simple. Le portail est
également conçu pour envoyer aux patients et correspondants, par email un lien
sécurisé vers les images et le compte rendu. L’exemple de l’Angleterre est à ce
titre pertinent, où à l’échelle du pays, 400 institutions sont connectées, 12 000
examens/jours échangés pour 19 000 utilisateurs avec Sectra IEP.

- Sectra Education Table est une table destinée aux CHU et Universités. Cette table
tactile interactive permet la reconstruction et la visualisation de CT/IRM, la
dissection virtuelle, l'accès en ligne à une bibliothèque internationale de cas.

Parmi les particularités de l'offre on peut mentionner :

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- la position de Sectra sur une approche intégrée des soins avec une seule et
même interface couvrant l’oncologie, la cardiologie, la mammographie,
l’orthopédie et l’anatomopathologie. Un parcours patient consolidé au travers d’un
diagnostic intégré aidant ainsi à la coordination des soins en supprimant les
barrières traditionnelles entre les services.

- Sectra Pathology PACS qui est conçu sur la même plateforme que le Sectra
Radiology PACS. La gestion et l’archivage des images se font en commun; une
vue consolidée de la maladie du patient pour aider les médecins à poser un
diagnostic plus précis et choisir le bon traitement à prodiguer lors de la prise en
charge et le suivi du cancer.

- Sectra MDT qui est un module dédié de gestion des Réunions de Concertations
Pluridisciplinaire.

- Sectra Monitoring qui est un outil de surveillance proactive permettant à Sectra


d’assurer un service optimal de haute disponibilité (monitorage en temps réel).

- Sectra DoseTrack qui est une solution en ligne pour la surveillance des doses de
radiation qui consigne et permet l’analyse des données relatives aux doses issues
de toutes les sources ionisantes du service d’imagerie.

- Sectra DataWarehouse et Sectra BizTrack analytics qui collectent et fournissent


un ensemble d'outils statistiques permettant de piloter l'activité du service.

SIEMENS HEALTHINEERS

SIEMENS HEALTHINEERS est un des leaders mondiaux du marché de la santé. Cette


société propose une large gamme de produits et de services pour les plateaux
techniques d’imagerie, infrastructures IT, systèmes thérapeutiques, plateaux de
laboratoire, appareils auditifs, et accessoires médicaux. Le siège allemand se situe à
Erlangen en Bavière, tandis que le siège français se situe à Saint-Denis (93).

En matière d’IT, la business line Syngo propose l'offre de post-traitement d'images liée
aux modalités. La nouvelle division Services e-Santé (Digital Health Services, DS) quant
à elle déploie les solutions informatiques pour la gestion de l'image (Enterprise Imaging
IT), des solutions d'analyse de données (écosystème Teamplay), des solutions de
coordination de soins et de collaboration (plateforme sense). En pilote sur le marché
américain, DS propose également ses services de téléradiologie et une offre de
"Population Health Management" en partenariat avec IBM Watson Health.

Module VNA du produit Enterprise Imaging IT, syngo.share est la solution d'archivage
neutre multimédia de SIEMENS HEALTHINEERS (sans DICOMisation) permettant à
l'établissement de mettre le patient au centre des parcours de soins. Colonne vertébrale
du dossier patient, la solution archive l'intégralité des documents cliniques (comptes
rendus, images, vidéos, ECG, EEG, résultats de polysomnographie...), se positionnant
ainsi comme archive unique des données cliniques de l'établissement (ou de plusieurs).

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En termes de PACS, SIEMENS HEALTHINEERS propose toujours syngo.plaza et son
RIS syngo Workflow SLR, ce dernier non disponible sur le marché français.
Concernant les Viewer, SIEMENS HEALTHINEERS propose différents types de
produits :

- Client syngo.plaza, outil métier pour la radiologie pour l'affichage des images
DICOM 2D et 3D (incluant MIP / MPR / VRT / fusion / labellisation automatique du
rachis et des côtes)

- Clients syngo.share, capable d'afficher tout type de fichiers multimédia dans la


même fenêtre (DICOM, vidéo, pdf, jpeg...)

- ResolutionMD, viewer web "Zero foot print" capable de se connecter à plusieurs


bases et/ou archives. On peut ainsi accéder aux images même si elles ne sont
pas dans une base de données unique. Par ailleurs, Resolution MD évite la
duplication de ces données en récupérant les images à la volée sans les
conserver à la fermeture de l'examen.

Focus sur Teamplay

L'écosystème teamplay utilise la masse de données générée dans les images DICOM
(anonymisées avant traitement) pour restituer des analyses structurées. Avec cet outil
doté de plusieurs modules, les chefs de service, cadres, ingénieurs biomédicaux peuvent
piloter l'activité du service et améliorer son fonctionnement.

- Le module "Utilisation" se focalise sur les performances du département


d’imagerie, tandis que le module "Dose" aide à monitorer les niveaux de dose des
examens. Ces deux modules traitent toutes les modalités DICOM, tous
constructeurs confondus.

- "Protocoles" permet la gestion centralisée des protocoles des scanners et IRM


Siemens,

- "Images" offre un environnement sécurisé pour les échanges d'images en


permettant de collaborer pour la recherche et la formation.

- En termes de développement et de stratégie, Siemens Healthineers met l’accent


sur la solution Enterprise Imaging IT et le développement de sa plateforme e-
Santé. Pour la France en particulier, cela vise à se positionner en tant qu’acteur
majeur dans les différentes réorganisations hospitalières en cours avec la mise en
place des GHT.

TELEMIS

Editeur de logiciel spécialisé dans le PACS, TELEMIS est née en 1999 d'une Spin off de
l'Université Catholique de Louvain la Neuve. Aujourd'hui Telemis compte 65 personnes
et est présent dans 4 pays, Belgique (Louvain la Neuve), France (Toulouse), Suisse

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(Neuchâtel), Italie (Turin). L’offre Telemis se décline en local ou hébergée chez son
partenaire HDS.

La solution proposée par TELEMIS, est un MACS (Multimédia Archiving and


Communication System). Cette solution existe chez TELEMIS depuis plus de 10 ans
avec de nombreuses références en France comme à l'étranger. Cette solution permet
d'appréhender tout format de données (Dicom et non Dicom) de radiologie, microscopie,
dermatologie endoscopie, avec une gestion de cycle de vie des données, des outils de
visualisation adaptés à chacune des spécialités médicales, tout en étant intégrés au SI
des établissements de santé. Selon TELEMIS, la conservation du format natif des
données permet d'envisager cette solution comme un véritable Dossier Patient
d'Imagerie Médicale.

Les principales caractéristiques du produit TELEMIS sont les suivantes :

- dispose de tous processus d’échange et de partage de façon native pouvant être


utilisé dans les cadres de télé-expertise & télé-radiologie.

- intégration avec tous les RIS du marché ainsi que tous les DPI.
- outils de post-traitements inclus dans son offre de base (MPR, MIP, VRT, suivi
oncologique...).

- utilisation de solutions de post-traitements avancés constructeurs ou


indépendantes, peut se faire directement dans Telemis par le biais d'appels
contextuels avancés basés sur la modalité, type d'examens...

- solution de gestion des "méga-images" de lames d'anatomopathologie. A l'instar


des Google Maps, la solution permet de naviguer dans une lame à distance, via
une technologie de streaming "Zero foot print".

Les nouveautés 2016 :

Les améliorations présentées lors de ce RSNA portent essentiellement sur l’optimisation


des viewers de mammographie et de radiothérapie et du logiciel de suivi oncologique.

TERARECON

TERARECON est le pionnier des serveurs d’applications indépendants. Sa base


installée est de près de 6000 systèmes dans le monde.

Face à l’explosion du nombre de données et la migration des archives vers des VNA
Terarecon prône la dissociation de l’archive et de la visualisation et table sur un futur
"Viewer First" versus "Data First".

La solution TERARECON est interopérable avec les PACS tout comme les VNA et est
composée de 4 modules principaux :

- iReview pour le diagnostic


- iEMV pour la visualisation
- iShare pour le partage

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- iMobility pour les captures d’images et le partage.

TERARECON propose désormais de l’impression 3D couleur sous forme d’abonnement


à un service et au paiement à la gravure. Il faut envoyer le fichier souhaité par internet et
la gravure est envoyée sous 72 heures.

TERARECON s’intéresse également à l’AI (intelligence artificielle) afin d’améliorer


l’expérience utilisateur.

VITAL IMAGES

VITAL IMAGES est l'un des principaux fournisseurs de solutions informatiques d'imagerie
médicale, notamment la visualisation avancée CT/IRM (cœur, colon, foie, poumons).
VITAL IMAGES met également à disposition les applications développées par Olea en
IRM (perfusion cérébrale, mammographie etc).

Suite au rachat de Karos Health, VITAL IMAGES dispose d’une VNA (Vitrea VNA) et de
solutions de diagnostique EasyViz (en client lourd ou en version web HTML5). Dans le
but de s’inscrire dans la problématique des GHT, Vitrea VNA dispose des blocs eMPI,
XDS Registry XDS Repository et des profils XDS permettant l’échange et le partage au
niveau territorial ou régional tout en respectant les standards IHE.

Les solutions sont évolutives pour répondre aux besoins uniques des hôpitaux et des
centres d'imagerie et elles donnent accès à l'information clinique n'importe quand et
n'importe où.

Conclusion

La mise en place des GHT dont l’un des piliers est la convergence des systèmes
d’informations, va conduire à de profondes modifications des organisations et des
infrastructures. Les industriels l’ont bien compris et chacun positionne son produit en
mettant en avant ses points forts.

Certains mettent en avant l’expérience utilisateur et les outils d’aide pour les radiologues.

D’autres mettent surtout l’accent sur la capacité de leurs solutions respectives à


répondre aux besoins d’interopérabilité, de gestion du parcours patient, et de productivité
du plateau technique.

Enfin pour d’autres, il s’agit de mettre le focus sur l’intégration de la solution proposée
dans l’environnement IT existant des établissements hospitaliers.
Le choix des solutions à mettre en place devra se faire en positionnant le curseur allant
de la solution la plus intégrée (un seul industriel pour tout faire) à la solution la plus
avancée (le meilleur pour chaque item). La solution la plus intégrée a comme avantage
de limiter les développements coûteux d’interfaces, mais comme inconvénient de
restreindre l’accès aux dernières technologies.

Le choix devra également tenir compte de l’environnement immédiat qu’il s’agisse de


software ou de hardware. En effet les établissements d’un même GHT n’auront pas
forcément les moyens de changer leurs solutions de PACS, de RIS ou autre à courte
échéance. Sur le plan hardware beaucoup de données sont à prendre en considération.
Datacenter propre au GHT ? Serveurs disséminés interconnectés ? Solution de Cloud

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confiée à un tiers ? Ces choix ne pourront s’opérer que sur la base de l’existant mais
aussi sur des considérations d’infrastructure telles que la bande passante des liaisons
numériques à disposition.

En matière d’IT, nous n’avons pas encore trouvé de haricot magique...

Lexique :
EMPI : enterprise master patient index : EMPI crée un identifiant unique pour chaque
patient et maintient à jour la table de correspondance entre les examens et les patients
et inversement.
HDS : hébergeur de données de santé
MIP : maximum intensity projection (permet de rehausser le contraste des vaisseaux par
rapport aux tissus environnants)
MPR : multiplanar reformation (reconstruction multiplanaire)
RCP : Réunions de Concertations Pluridisciplinaire
WADO : Web Access to Dicom Objects
ZFP : zero foot print, fonctionne sur n’importe quel navigateur WEB sans avoir à installer
de plugin

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ECHOGRAPHIE
Retour vers l’interventionnel…

*Claire BEACCO, **Lucie GARET

*CHU TOURS, **CH MONTAUBAN

Introduction
Quelques chiffres sur le marché français de l’échographie (SNITEM) 2015-2016 et au-
delà….

Les données concernant le marché français de l’échographie tous segments confondus


ont été colligées par le SNITEM (hors résultats de Fujinon-Sonosite de Mindray non
membres du SNITEM) :

• Chiffre d’Affaires stable : 150 millions d’euros (croissance inférieure à 1% par


rapport à 2014) dont 71% réalisés dans le privé
• Nombre d’unités vendues : 4750 unités vendues (+ 14,6 % par rapport à 2014)

Prix moyen d’un échographe : 31 000 € HT, en baisse par rapport à 2014

Cette tendance spécifique du marché français, déjà relevée en 2014 et 2015, va se


maintenir puisqu’il est envisagé qu’en France d’ici à 2 ans, 50% des échographes seront
vendus entre 20 et 50 000 € HT.

Cette spécificité fait se poser des questions aux différents fournisseurs internationaux,, et
notamment asiatiques lorsqu’ils souhaitent s’implanter sur le marché français. A cela
s’ajoute pour les achats publics un contexte financier toujours difficile et le recours
croissant aux centrales d’achat qui modifient les circuits de décision et d’acquisition. La
plupart des fournisseurs rencontrés sont référencés dans au moins une centrale d’achat
et souhaitent disposer dans leur gamme d’au moins un produit de positionnement pour
les procédures lancées par les centrales où l’effet prix est important.

Si l’on examine la répartition du chiffre d’affaires par discipline et évolution, la tendance


déjà sentie au RSNA 2015 se maintient :

• Diminution du chiffre d’affaires en Radiologie : de 45 M€ (30 %) en 2016 à 43,5


M€ (28%) en 2018,
• Croissance limitée du chiffre d’affaires en Gynécologie et Cardiologie :
respectivement 39,3 et 37 M€ (soit 26,5 et 25%) en 2016 avec une croissance
estimée à 2018 de +4%,
• Croissance plus nette pour les ventes de machine en Point of Care et «x-
Ologies » (Rhumatologie, Endocrinologie…) machine de spécialité : 18 M€ en
2016 avec une croissance estimée à 2018 de +5%.
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Fusion et Navigation sans confusion

L’interventionnel demeure un axe de développement important chez nombre de


fournisseurs présents sur le RSNA 2016, et ce comme nous l’observons depuis quelques
années maintenant. Dans ce cadre, cette année 2016 voit se multiplier chez les
différents constructeurs la mise sur le marché de solutions de fusion d’image combinées
à la navigation, et ce avec un nombre croissant de modalités : classiquement scanner,
IRM, mais aussi Pet scan, TEP-IRM, cone beam, mammographie et même angiographie.
Cette fusion, appelée également recalage, permet de combiner pour un même patient
une image fonctionnelle et une morphologique.

La technique la plus commune utilise lors de l’examen échographique un boitier créant


un champ électromagnétique, installé au plus près du patient afin de repérer la sonde (à
la manière d’un GPS). Un capteur est positionné sur la sonde et ses mouvements sont
suivis grâce aux variations du champ. Une première synchronisation des deux images
est faite automatiquement (par reconnaissance des niveaux de gris).Pour ce qui est de la
fusion proprement dite, deux méthodes se distinguent ensuite pour réaliser la
synchronisation :

• Repérage/marquage à l’aide de points caractéristiques sur les deux images : des


repères anatomiques ou morphologiques clairs sont repérés sur les deux prises
de vue. Le repérage est alors praticien-dépendant, et la qualité de la fusion
dépend du nombre de points relevés qui peut allonger le temps de préparation de
l’examen échographique,

• Repérage à l’aide de marqueurs : ceux-ci sont positionnés pour la prise d’image


avec la première modalité, puis refixés à l’identique (ou laissés en place) pour
l’examen échographique. Le principal inconvénient est la difficulté à positionner le
marqueur à l’emplacement exact. En contrepartie on note une diminution du
temps de préparation de l’examen.

Nombre de fournisseurs proposent également de positionner des capteurs sur les


aiguilles de ponction/biopsie ou les instruments thérapeutiques : leurs mouvements sont
suivis en per interventionnel sur les différentes modalités d’imagerie et il est possible
dans la phase préparatoire de définir des trajectoires optimales et des zones à éviter sur
la base des images issues de la première modalité. Lors du geste écho guidé, ces
informations sont affichées sur les images échographiques et morphologiques.

Aujourd’hui, nous sommes la plupart du temps sur un recalage rigide où les mouvements
naturels du patient (respiration, …) ne peuvent être pris en compte de façon dynamique
et dans leur totalité dans la fusion.

Cette fonctionnalité de fusion-navigation est une avancée majeure dans le milieu de


l’échographie et permet une amélioration de la qualité et de la sécurité des gestes
invasifs tels que les biopsies. Quand on connaît l’importance d’améliorer la sensibilité
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des biopsies pour fiabiliser le diagnostic précoce des cancers, tels que le cancer de la
prostate, on comprend l’intérêt des constructeurs à intégrer la fusion-navigation sur les
machines haut de gamme. On observe ainsi l’apparition de machines dédiées à
l’interventionnelle à l’ergonomie adaptée et intégrant outre la fusion-navigation
l’élastographie et le contraste.

Le tour de l’offre industrielle 2016 et au-delà…

Alpinion

Cette société coréenne est présente sur le marché de l’échographie depuis 2007 ; elle
emploie 270 personnes dans le monde et dispose depuis 2012 d’une structure propre en
France, Alpinion France. Elle est implantée dans 18 pays essentiellement via des
distributeurs et a commercialisé depuis sa création environ 7 000 machines (soit une
croissance 15 % par an uniquement sur des prises de parts de marché). La plateforme
européenne pour la maintenance et notamment la fourniture de pièces détachées est
située à Munich ; la structure Alpinion France dispose d’un SAV en propre.

Elle assure également le développement et la fabrication de l’ensemble des sondes (dont


la dernière génération « single cristal ») destinées à sa gamme d’échographes E-cube.
La série regroupe 7 machines : E-cube 15, 11, 9 , 7 et 5, 1 échographe portable premium
Ecube i7, ainsi qu’une machine dédiée à la recherche E-cube 12R.

Figure 1 : La gamme Alpinion (source Alpinion)

Les E-cube 15, 11 et 9 sont conçus sur une même plateforme mobile totalement
ajustable en hauteur et en orientation. Ils sont dotés d’un écran de réglage tactile et d’un
clavier ; ils disposent d’un connecteur multiple (4 sondes pour l’E-cube15 et 3 sondes
pour les autres modèles). Ces matériels polyvalents sont destinés à toutes les spécialités
en particulier l’Obstétrique et Gynécologie, la Radiologie générale et la Cardiologie-
Vasculaire mais aussi ALR, MSK, Urologie, Endocrinologie.

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Les modèles 11 et 15 disposent de l’élastographie par compression sur les sondes
linéaires et endocavitaires, des programmes d’écho de stress et d’imagerie 3D-4D ainsi
que de la détection et du suivi d’aiguille. Les modèles 5 et 7 sont plus compacts et d’une
ergonomie plus classique (pilotage par clavier, réglage en hauteur uniquement…). La
plupart des sondes sont compatibles sur toute la série. Pour 2017, Alpinion annonce la
sortie de l’E-cube 8 et de l’E-cube 15 exp intégrant une nouvelle technologie d’Imagerie
Tissulaire.

Carestream

Présent depuis plus d’un an dans le domaine de l’échographie, Carestream présente au


RSNA 2016 les dernières avancées sur sa gamme Touch qui regroupe le Touch Prime
XE (échographe premium) et le Touch Prime :

• Sonde ETO 2D 64 éléments, mobile dans 4 directions, permettant de positionner


ces machines en Cardiologie et qui porte le nombre de sondes disponibles sur ces
machines à 14,
• Doppler Smart Flow multidirectionnel et indépendant de l’angle,
• Fusion avec les images de scanner : la solution présentée est issue d’un
partenariat avec la société Clear Guide. Il s’agit d’un système de repérage optique
de marqueurs spécifiques ; ceux-ci sont positionnés sur le patient pour l’examen
scanner et gardés pour l’examen échographique. La solution se compose d’une
console tactile de visualisation des images CT et échographiques, d’une tête
optique positionnable sur la plupart des sondes d’échographie et du logiciel dédié
Clear Guide Scenergy. Cette solution permet d’intégrer les déformations
tissulaires en temps réel et devrait réduire sensiblement le temps de réalisation du
processus de fusion par rapport à la technique conventionnelle de marquage de
points (- 50% annoncé). Cette solution est également utilisable pour le repérage et
le suivi d’aiguille (biopsie, ablation de tumeurs, brachythérapie…). Cette méthode
sera disponible début 2017 et permettra d’envisager par la suite une solution pour
la fusion des images d’IRM.

Figure 2a et 2b : la solution Clear Guide pour la fusion d’image


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(source site Carestream)

La commercialisation de la gamme Touch a démarré en 2016 aux Etats-Unis, en Italie et


en Grande Bretagne. Cette année 2016 a permis à la structure française de Carestream :

• D’augmenter son effectif et de mettre en place une équipe clinique et SAV


spécialisée avec une répartition réfléchie en fonction de l’organisation des GHT,

• De réaliser des essais dans de nombreux établissements publics et privés afin de


faire connaître ces nouveaux produits et de préciser leur positionnement.
Différentes études ont été réalisées avec des structures françaises, en particulier
sur l’apport du tout tactile en matière d’ergonomie et d’hygiène,

• De se positionner auprès des centrales d’achats françaises en vue des prochains


appels d’offres.
Pour les mois à venir, en plus des avancées citées plus haut, Carestream annonce
également la sortie d’une sonde convexe très basse fréquence pour les examens
abdominaux les plus difficiles, celle d’une technologie d’imagerie harmonique innovante
et de l’élastographie par ondes de cisaillement.

Esaote

Présent sur le marché depuis 35 ans, Esaote poursuit son développement sur le secteur
de l’échographie. Avec 135 000 équipements vendus dans le monde et un chiffre
d’affaires en constante augmentation (289 M€ en 2015 et 300M€ en 2016), ce domaine
représente aujourd’hui 50% des ventes de la société.

Esaote a axé sa stratégie sur la polyvalence avec une offre de produits généralistes, tout
en conservant un bon niveau dans les domaines vasculaire, obstétrique et cardiologique.
Du côté des nouveautés, 2016 sera marquée chez Esaote par la sortie des plateformes
Mylab Eight, Mylab Eight Exp et du MyLab6 Crystaline.

Le MyLab6 Crystaline, appareil certes généraliste mais performant pour la cardiologie


car il combine l’ergonomie du MyLab Six et les performances du formateur de faisceau
du MyLab Seven, ce qui améliore la qualité des images réalisées sur les patients peu
échogènes.

Le MyLab Eight Exp est, quant à lui, orienté radiologie et interventionnel et apporte un
gain de puissance dans le contraste, ainsi que quelques fonctionnalités intéressantes :

- Une cartographie avec indice de qualité pour les mesures de l’élastographie


ShearWave sur la sonde abdominale,

- Le Virtual Navigator pour la fusion d’image et la réalisation de courbes de


carottage des biopsies,

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-

- Le VirtualBiopsie, qui permet grâce à un capteur placé classiquement à l’extrémité


de l’aiguille d’en augmenter la précision de suivi. Il met également à disposition
des aiguilles à usage unique avec capteur sur la pointe (améliore la précision du
repérage), avec notamment la possibilité de définir une cible et une trajectoire
prévisionnelle pour la préparation de l’intervention.

De manière générale, Esaote poursuit le développement des outils d’enseignement avec


la fonctionnalité BodyCamera qui filme les gestes échographiques, ainsi que le BodyMap
qui permet une localisation précise des zones de passage de la sonde, très utile par
exemple dans le domaine du musculo-squelettique.

Enfin, l’échographie à distance est dorénavant possible avec le mode MyLab Remote qui
permet un contrôle à l’aide d’une tablette (compatible Apple) qui communique par wifi
avec l’échographe. En plus des gains apportés en matière d’ergonomie, la présence
d’une surface plus facilement nettoyable assure de meilleures conditions d’hygiène.

Fujinon – Sonosite

Après 2 années nécessaires à la mise en place opérationnelle de la fusion Sonosite-


Fujifilm, l’année 2016 a vu le renouvellement de 2 échographes de sa gamme Point-Of-
Care. Toujours fidèles aux standards de fabrication SonoSite centrés sur l’ergonomie, la
simplicité d’utilisation et la robustesse des fonctionnalités étendues comme le contraste
ou l’élastographie n’ont pas été de ce fait intégrées. En France 380 échographes des
gammes ci-dessous ont été commercialisés.

La plateforme Sonosite II entièrement tactile (écran capacitif) dispose du marquage CE


depuis mi 2016 : elle est essentiellement destinée (dans la droite ligne du S-Nerve) aux
gestes d’ALR et dispose des modes Doppler, de réglages optimisés et de solution de
guidage d’aiguille. Son interface tactile facilement nettoyable est bien adaptée aux
gestes « interventionnels » simples.

La plateforme Sonosite Edge II plus conventionnelle dans son ergonomie et disposant


d’un clavier de commande étanche est plus polyvalente.

A noter que ces 2 produits partagent les mêmes fonctionnalités et disposent d’une large
gamme de sondes permettant de couvrir un champ étendu d’applications cliniques. Ils
se distinguent sur le marché français par une garantie totale (sondes incluses) de 5 ans.
Ils disposent également de tutoriels embarqués d’aide à la réalisation des examens et à
la ponction.

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La gamme est complétée de :

• l’ultraportable i-Viz disposant maintenant de 2 sondes (1 phased array et une


linéaire 5-10 MHz et de fonctionnalités avancées en terme de connectivité,

• l’échographe tout tactile X-Porte sorti en 2013 : depuis cette sortie il a bénéficié
d’évolutions pour améliorer son efficacité en POC: amélioration importante de
l’ergonomie du package de calculs cardiaques, implémentation du calcul assisté
de la fraction d’éjection, solutions de post traitements (calculs sur images
archivées). Toutes ces fonctionnalités disponibles et la gamme de sondes
proposées (12 sondes dont une ETO 2D) en font un appareil polyvalent pour les
applications avancées en point of care pouvant couvrir de multiples applications
allant de l’anesthésie jusqu’aux soins intensifs. Son grand écran et ses tutoriels
embarqués sont de bonnes solutions pour les cliniciens qui enseignent
l’échographie,

• l’échographe Vevo MD ultra hautes fréquences (produit par la société Visualsonics


acquise en 2012 par Sonosite) a été mis sur le marché mondial en 2016 et est à
ce jour le seul échographe au monde pouvant aller jusqu’à 70 MHz. Il vise un
marché pour le moment très spécifique nécessitant des gammes de fréquences
très élevées : vasculaire, musculo-squelettique, néonatalogie, dermatologie. La
plateforme dispose de 3 sondes linéaires de fréquence 22, 30 et 70 MHz qui lui
permettent d’obtenir une imagerie très superficielle de très haute résolution (on
visualise ainsi les structures tissulaires de l'épiderme et du derme avec une
résolution de 30 microns à 50 MHz).

GE Healthcare

2016 a été pour GE France l’année de la réorganisation avec la création de l’entité


commerciale Rayons X (ostéodensitomètre, mammographe et mobile) et US. Les
équipes de ventes (10 vendeurs sur le territoire français, chacun en charge de ces 2
domaines) travaillent par spécialités et non plus par type d’équipements (Sénologie, bloc
opératoire, MSK…). L’objectif de cette nouvelle organisation est de fournir une réponse
globale, claire et directe aux clients sur l’ensemble de l’activité radiologique.
Il en va de même au niveau des équipes de techniciens tous à même de faire du niveau
1 dans les 2 domaines (les interventions de niveau 2 ou supérieur demeurent à la charge
des techniciens référents par domaine). Une étude préliminaire a montré que dans ces
domaines 30 à 40% des pannes peuvent être résolues à distance, d’où en 2016 le
développement parallèle des solutions de connections des machines pour prise en main
par le SAV.

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Le second axe de développement pour 2016 est l’orientation marquée vers
l’interventionnel avec :

• une solution de fusion avec les images de scanner, cone beam, pet scan,
pet IRM, IRM disponible sur les machines premium XD Clear. Elle est basée sur
une technique de synchronisation automatique des modalités avec l’examen
échographique en temps réel,

• une solution de repérage 3D (marqueur GPS placé sur l’instrument) avec


définition d’une marge de sécurité pour la réalisation des gestes de ponction et
d’ablation.

2016 a été pour GE une année de croissance du chiffre d’affaires avec une forte
dominante des ventes dans le privé (75%).

En ce qui concerne les matériels, cette année a vu :

• La sortie en septembre 2016 d’une nouvelle version du LOGIQ P9 (lancé au


RSNA2015). Cet appareil a bénéficié d’évolutions dans le domaine musculo
squelettiques : sonde haute fréquence 22 MHz, outil d’aide à la visualisation
d’aiguille et sonde à touche programmable pour faciliter les gestes d’infiltration,

• La sortie du nouveau LOGIQ S7XDClear : appareil pour l’échographie de routine


positionné en termes de tarif en entrée de gamme ; il est particulièrement adapté
pour les examens abdominaux profonds. Il est doté du formateur de faisceau Agile
qui équipe le S8 et utilise la même gamme de sondes XDClear,

• Le développement des ventes de l’échographe polyvalent LOGIQ S8 et de


l’échographe Premium LOGIQ E9 présentés au RSNA 2015 : le S8 est en 2016 la
plateforme la plus vendue de la gamme GE,

• Ces deux plateformes XDclear disposent de technologies innovantes : nouvelle


génération de formateur de faisceau, nouveau moniteur OLED et nouvelles
sondes (C3-10D sonde microconvexe pour la pédiatrie, L3-9iD sonde intra-
opératoire, et BE9CS sonde endocavitaire bi-plan pour l’urologie).

Dernière nouveauté dans le domaine de la Gynécologie-Obstétrique (Gamme Voluson) :


les Voluson E8 et E10 disposent depuis 2016 du nouveau formateur de faisceau
Radiance System Architecture (version BT17) offrant de nouvelles capacités 3D/4D et un
écran O’Led est proposé en standard sur le Voluson E10.

Pour 2017 les axes de développement demeurent identiques avec un focus marqué sur
les domaines suivants : le musculo-squelettique et la sénologie notamment à travers le
positionnement fort de la solution Invenia aBUS (voir « Bruits de Congrès » dans les
pages suivantes).

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Hitachi

La société maintient son positionnement général présenté en 2015 : proposer des


solutions pour la prise en charge globale des patients du diagnostic à la thérapeutique.
La gamme Ultrasons d’Hitachi se décline autour de 3 plateformes :

• Ligne Prosound : F31, F37, α6 et 7, et haut de gamme F75. Ces produits sont
issus de la gamme Aloka d’origine sauf le F31 et le F37, fruits de la recherche
Hitachi-Aloka,

• Ligne HiVision : Noblus, Avius, Preirus et Ascendus, issus des développements


Hitachi,

• Ligne Arietta : développée depuis la fusion Hitachi-Aloka, dans laquelle on


retrouve :

Arietta Prologue mis sur le marché en 2016 comme


annoncé. Ce modèle portable entièrement tactile
dispose du même formateur de faisceau (128
canaux) et de la même gamme de sondes que
l’Arietta 70. Sa compacité et ses performances le
destinent aux Urgences, à l’anesthésie (ALR), aux
examens musculo-squeletiques notamment en
rhumatologie, mais aussi à l’ensemble des examens
réalisés au chevet du patient. Il est doté des modes
doppler mais pas des fonctionnalités avancées
telles que l’élastographie et le contraste.

Figure 3 : Arietta Prologue (source site Hitachi)

Arietta 60 et 70 v4.0
L’Arietta V70, échographe polyvalent et multidisciplinaire, reste le fer de lance de la
marque et il dispose :

• du mode de fusion en temps réel RVS (Real-Time Virtual Sonography), disponible


maintenant sur 16 sondes de la gamme,

• de 2 modes d’imagerie de contraste :


o par modulation d’amplitude : pour l’examen des tissus profonds.
o par inversion d’impulsion : cela permet d’obtenir une réponse de meilleure
résolution mais de plus faible pénétration pour l’examen des tissus
superficiels,

• de 2 modes de cartographie d’élastographie :


o par compression manuelle (Real time Tissue Elastography) optimisée pour
l’examen des structures superficielles.
o par onde de cisaillement, ShearWave multimesures avec indice de fiabilité,
pour l’examen des structures plus profondes (foie typiquement).

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• de la dernière génération de l’eFlow (mode d’imagerie couleur apportant une
haute définition de la micro-vascularisation),

• du mode doppler double (ouverture de 2 portes en simultané) avec une même


sonde,

• du doppler continu désormais disponible sur l’ensemble des sondes,

• d’une sonde per-opératoire compatible avec les trocards utilisés sur le robot Da
Vinci,

• de la possibilité de connecter 2 sondes de mêmes fréquences abdominales ou


linéaires et de réaliser l’acquisition simultanée sur ces 2 sondes.

Nouveautés 2017, à retrouver à l’ECR 2017


Arietta Precision : identique à l’Arietta Prologue il sera destiné au bloc opératoire et à
l’imagerie interventionnelle. Il sera doté d’un grand écran déportable et d’une tablette
tactile pour le pilotage de l’échographe, il devrait disposer du contraste.

Sonde linéaire technologie CMUT (Capacitive Micromachined Ultrasonic Transducer) : la


solution retenue pour l’émission et la réception des ultrasons n’est plus basée sur des
cristaux piézo-électriques mais des « mini-tambours » en silicium placés entre 2
électrodes. Chaque tambour consiste en une cavité en silicium sur laquelle une
membrane mince est suspendue. Le fond de la cavité et la membrane constituent les
électrodes. Si un courant alternatif est appliqué à travers les électrodes d'un tambour, la
membrane commence à vibrer à une fréquence proche de la fréquence de résonance de
la membrane, produisant ainsi des ondes sonores ultrasonores. A l’inverse, si des ondes
sonores ultrasonores frappent la surface de la membrane, il commence aussi à vibrer,
produisant ainsi un signal électrique. Appliquée à la conception de sondes
d’échographies cette technologie permet de disposer de transducteur à large bande
passante, peu limitée en fréquence d’émission : le signal est de meilleure qualité et les
images obtenues également.

Konica Minolta

Après avoir racheté la société Japonaise Panasonic Ultrason en


2012, Konica a lancé en Europe durant l’été 2016 la
commercialisation du SonImageHS1, spécialisé dans le domaine
musculo-squelettique et le point of care. Cet échographe compact
et léger, équipé de base d’une batterie, se pilote via un écran
tactile et un clavier simplifiéet dispose de l’ensemble des modes
doppler et d’une gamme de 4 sondes (sonde convexe abdominale
2-5 MHz, 2 sondes linéaires 4-14 MHz et 4-18 MHz et 1 sonde
phased array 2-4 MHz).

Figure 4 : SonImageHS1 (source Konica-Minolta)

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Cet appareil propose divers outils de navigation comme le suivi de l’aiguille pour les
biopsies (par repérage des mouvements tissulaires induits) et intègre de base l’imagerie
d’harmoniques. L’élastographie de contrainte est planifiée dans les développements
futurs.

Une cinquantaine d’unités ont été vendues depuis 2 ans sur les marchés américains et
japonais.

La structure Konica Minolta France est maintenant organisée pour prendre en charge le
SAV des échographes ; elle s’appuiera sur un réseau de distributeurs mais souhaite
gérer en direct les ventes « Grands Comptes » et positionner le Soninmage HS1 sur le
segment MSK.

Cette internalisation du SAV, mais également de la conception et de la fabrication des


sondes, permet à Konica Minolta de conserver la maîtrise totale du produit.

Du côté des nouveautés 2017, un nouvel échographe marqué CE et FDA sera proposé
au second trimestre. Il faudra cependant attendre quelques mois de plus avant l’arrivée
en France de ce produit, plus généraliste que le SonImage HS1, ses premières cibles
étant les USA et le Japon. Equipé d’un écran tactile, il permet une prise en main à
distance. Une large gamme de sondes sera proposée (linéaire, convexe, microconvexe,
endocavitaire, club de golf), ainsi que le contraste.

Mindray

Après son lancement commercial à l’ECR2016, Mindray officialise la mise sur le marché
américain du Resona 7 présenté en avant-première l’an passé à Chicago. Il s’agit d’une
machine Premium avec panneau de contrôle tactile et un large écran de visualisation
orientable. Il intègre la technologie Zonare pour la formation d’images sans focalisation. Il
dispose des modalités de contraste, de fusion d’images (scanner et IRM) et de mode V-
Flow pour la quantification et visualisation des faibles débits. Il est équipé de 5
connecteurs de sondes actifs et d’une large gamme de sondes : linéaires, abdominales,
phased array, per-opératoires, ETO 2D depuis 2016, endocavitaire 2D et 3D et
matricielles jusqu’à 22 MHz. L’élastographie par compression est disponible sur toutes
les sondes et l’élastographie par onde de cisaillement uniquement sur la sonde linéaire
actuellement.

Compte tenu de ses performances, cet équipement vise le marché de la radiologie, de


l’obstétrique et de la cardiologie.

Le Resona 6 est d’ores et déjà disponible en Europe et une vingtaine d’unités ont été
commercialisées sur 2016.

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La gamme Mindray se compose actuellement de 16 autres machines :

• le TE7 lancé en 2015 est issu de la R&D Mindray avec les utilisateurs. Cette
machine mobile est dotée d’un écran tactile facilement décontaminable et pourvue
d’une interface intuitive de type smartphone. L’ensemble des modes Doppler est
proposé et la gamme de sondes est large : convexe, linéaire, phased array,
endocavitaire, ETO et club de golf. Cette machine est destinée au marché Point of
Care (urgences, soins intensifs…), Gynécologie, Urologie, Vasculaire et à tous les
secteurs réalisant de l’échographie en musculo-squelettique….

• La gamme des 3 portables Mindray série M : M9, M7 et M6,

• La série DCxx qui regroupe 12 équipements sur chariot (DC-30 à 70, DC-7 et 8
exp, DC-N2 et N3)

Pour l’année 2017 la société annonce :

• Sur le Resona 7 la possibilité de réaliser l’élastographie Shear Wave sur la sonde


convexe,

• La sortie du nouveau M7 intégrant l’élastographie, le contraste et les spécificités


de l’écho de stress. Cet appareil sera destiné aux examens cardio-vasculaires.

Oscadi

Cette petite société de 14 employés basée sur l’île de La Réunion développe un


échographe ultra portable interfacé à 100% avec l’iPad d’Apple. Cette tablette dédiée a
pour nom Oscult et fonctionne aujourd’hui avec 5 sondes (linéaire 12-5MHz, convexe 5-
2MHz, 2 micro-convexe 4-2MHz et 10-5MHz, endovaginale).

Figure 5 : Oscult (source Oscadi)

Le marquage CE médical est prévu pour Mars 2017 avec une commercialisation en
suivant. Ce produit cible les urgences, l’ALR et la rhumatologie, et bénéficiera des outils
de géolocalisation qui équipent couramment les tablettes de ce type avec une batterie de
6h d’autonomie. A ce jour la société ne propose pas de doppler, mais permet un partage
de l’examen en temps réel.
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Philips

Philips illustre l’orientation générale des sociétés qui développent aujourd’hui des
appareils polyvalents se positionnant en milieu de gamme. De fait, Philips a choisi de
suivre les principaux axes de développement suivants :

• L’amélioration de l’ergonomie d’utilisation,

• L’amélioration des diagnostics médicaux à travers notamment une solution


d’élastographie par compression tissulaire et shear wave (2D-SWE à haute
cadence d’acquisition),

• La prise en charge globale des patients, avec le développement de la fusion


d’image sur toutes les modalités (produits Affiniti et EPIQ) et de la navigation
interventionnelle pour des biopsies écho-guidées plus ciblées et plus sûres
(définition d’une cible, planification de la procédure et suivi en temps réel de
l’aiguille),

• L’intelligence anatomique par la reconnaissance d’organe fusion automatisée


basée sur l’arborescence vasculaire....

Le portfolio Philips s’articule autour de 3 gammes de produits distinctes déjà


commercialisés : CompactXtreme CX50 en échographe portable, l’Affiniti et l’Epiq en
systèmes base-fixe.

Le petit nouveau de la gamme Affiniti est Affiniti 30, introduit à l’occasion de ce RSNA.
S’appuyant sur le même formateur de faisceau « Precision » que les Affiniti 50 et 70, il
offre des performances simples (panel d’options limité), sans compromis sur la qualité
d’image et à un prix compétitif. Affiniti 30 dispose cependant de nombreux outils
d’automatisation des réglages pour l’imagerie 2D et le Doppler, de l’élastographie de
microdéformations tissulaires et de l’échocardiographie de stress.

La gamme Epiq, présente également des nouveautés avec la sortie de la version


Evolution 3.0 et ses différentes applications :
• MaxVue, offrant une visualisation 21,5‘’ plein écran et haute définition,

• ElastQ, application d’élastographie shear-wave hépatique temps-réel, multipoints


et à haute cadence d’acquisition, offrant une large boite d’analyse, une confidence
map (évaluation en temps réel de la qualité du shear-wave) ainsi que des
possibilités de quantification sur images actives, gelées et stockées,

• PercuNav, proposant une solution de fusion d’image automatisée Us-IRM, une


intégration complète de l’imagerie de contraste au process de fusion et une
compatibilité avec les instruments de repérage CIVCO eTRAX,

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• Amélioration globale de la qualité image (résolution spatiale et en contraste)

Cette année est également marquée par l’introduction de la nouvelle version logicielle
d’Affiniti : Continuum 1.0 apportant une amélioration de la qualité d’image notamment
pour le vasculaire et la gynécologie. Cette version intègre également les modes MaxVue
et PercuNav, AutoReg CT (automatisation de la fusion d’images par reconnaissance de
l’arborescence vasculaire sur les données CT et US).

Dans le segment ultraportable, notons l’évolution de l’échographe sur tablette dédiée


VisiQ en 2 concepts distincts :

• un nouveau concept produit devant sortir dans les prochains mois,

• Lumify : le développement de ce produit présenté au RSNA 2015


(application logicielle pour terminaux numériques Android ultra portable
avec Doppler couleur) s’est poursuivi en 2016. Il est maintenant doté de 3
sondes : une linéaire L12-4, une abdominale C6-2 et une phased array S4-1.
A noter que le modèle économique de lancement en France de ce concept
échographique est encore en phase de réflexion. Il n’est disponible à ce jour
qu’aux Etats-Unis : l’application est téléchargeable gratuitement et les
sondes sont à la location.

Samsung

Avec environ 1200 nouvelles machines vendues depuis 3 ans en France, le domaine de
l’échographie permet à Samsung de voir son chiffre d’affaires augmenter de 40%. Cette
croissance est notamment portée par un catalogue enrichi en seulement trois ans par 9
nouvelles machines. Les résultats en France restent en ligne avec ceux du groupe au
niveau mondial.
3 axes de développement ont été privilégiés :

• Une amélioration de l’ergonomie générale du poste de travail,

• Des créations de nouvelles sondes,

• L’appui sur l’intelligence artificielle, qui s’illustre notamment en sénologie,


par l’outil S-Detect, qui grâce au Deep-Learning permet de donner une
indication Bi-Rad au travers des signes échographiques. Un outil équivalent
existe aussi pour la thyroïde. L’IA permet notamment de reconnaître des
formes par le biais de la méthode d’association point par point en s’appuyant
sur une banque de données d’images similaires.

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La gamme généraliste Hybrid Station (HS) va continuer de s’étoffer avec deux nouveaux
appareils, sur lesquels de plus amples informations devraient être transmises lors de
l’ECR 2017. Le reste de la gamme reste inchangé, avec des produits qui partagent une
ergonomie similaire basée sur une interface tactile. Ces appareils se différencient alors
par le nombre de sondes compatibles et leur puissance (HS 50 et HS 60 en 128 canaux
et Hs 70 en 192 canaux).

La gamme Premium continue de progresser avec de nouvelles versions pour le RS80


présentées aux RSNA et le WS80 présentées à l’ISUOG. L’arrivée d’un nouvel appareil
en cardiologie est attendue pour 2018.

Le RS80, échographe axé sur l’aide au diagnostic et l’interventionnel est équipé de la


fusion d’image (scanner, IRM), sur un point anatomique, avec compensation de la
respiration, de la navigation pour les biopsies ainsi que l’élastographie ShearWave et de
la fonction produit de contraste.

Le WS80 est quant à lui orienté gynécologie et obstétrique : il intègre de nouveaux outils
d’aide au diagnostic (IOTA pour l’oncologie de l’ovaire et Cervix pour le contrôle de la
perméabilité du col de l’utérus).

Les développements à venir vont intégrer :

• la généralisation du mode 5D déjà existant sur le WS80 (3D + temps + mesures


automatiques) couplé à des solutions d’intelligence artificielle pour permettre la
caractérisation la plus automatique possible des tissus cancéreux.

• l’amélioration de l’ergonomie des postes de travail des différentes machines


Samsung en fonction des pratiques, habitudes et contraintes des utilisateurs
cibles.

• le développement de nouvelles sondes.

Enfin et dans un souci d’exhaustivité, il ne faut pas oublier l’appareil portable HM70, et
l’échographe tablette ultra-portable PT60.

La gestion au quotidien d’un parc de plus en plus grand et généraliste, porté par une
gamme aussi étendue, a entraîné la conception par Samsung de nouveaux modèles
économiques. Une offre de gestion de parc « Optimum Service » a été référencée dans
le cadre d’un appel d’offres UniHA pour un minimum de 15 machines sur 5 ans. Cette
offre est modulable selon la quantité et les modèles détenus, afin d’être compétitive
auprès de l’ensemble des secteurs hospitaliers (de l’échographe de cardiologie à
l’échographe portable).

Samsung propose avant tout engagement de l’établissement dans ce schéma un audit


du parc existant afin d’identifier les services cibles et l’organisation d’essais pour valider
l’adhésion aux produits Samsung et les configurations nécessaires.

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En contrepartie du règlement d’un loyer par machine, Samsung assure, outre la
fourniture de l’échographe (sondes et logiciels requis inclus), la mise à disposition d’une
plateforme d’e-learning, et un SAV complet (échographe et sondes).
Ce service est particulièrement adapté aux établissements aux capacités
d’investissement limitées, ou simplement pour faciliter la gestion avec un mode plus
flexible d’organisation.

Siemens Healthineers

Mai 2016 : Siemens Healthcare devient Siemens Healthineers…


Comme annoncé au RSNA 2015, l’année 2016 a été celle de la commercialisation
effective de la gamme Premium S1000, S2000 et S3000 Touch destinés aux sites
d’expertise et à la recherche. Ces produits représentent plus de 40% des ventes
d’échographe chez Siemens et ont reçu un bon accueil notamment dans l’utilisation en
vasculaire. Ces produits intègrent les 3 types d’élastographie :

• par nano compression,

• en mode cartographie Shear wave avec carte de qualité,

• en mode ARFI pour l’évaluation de la fibrose hépatique.

En cardiologie, la gamme des sondes s’est enrichie d’une sonde ETO 3D


particulièrement adaptée à la cardiologie interventionnelle. Ce domaine se positionne
comme une des cibles de Siemens Healthineers qui travaille sur la mise au point d’un
logiciel pour la fusion des images produites par la salle d’angiographie coronaire et
l’échographe de marque Siemens.

La société a également physiquement intégré l’échographe Free Style et ses sondes


sans fil (2 sondes linéaires et 1 convexe disponibles) dans la salle de coronarographie et
interfacé ce produit avec le poste de commande de la salle notamment pour la
récupération de la work list.

Le P500 lancé l’an passé, intègre de base deux logiciels exclusifs : Dynamic Persistence
permettant une adaptation continue du lissage de l’image en fonction des déplacements
de la sonde et l’Auto Flash Color Artifact Suppression éliminant totalement les artefacts
de mouvements en doppler couleur. Cette plateforme à l’ergonomie étudiée possède un
écran tactile permettant l’usage de gants. Très rapidement cette plateforme intègrera une
option cardiologique complète avec sonde trans-thoracique adulte et pédiatrique et
l’automatisation complète des mesures les plus courantes d’un examen de cardiologie
standard.

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Le NX3, plateforme légère et mobile qui bénéficie des avancées ergonomiques de la
gamme S Touch est déclinée en 2 équipements, NX3 et NX3 Elite. Le NX3 Elite peut
recevoir notamment une sonde superficielle de 16MHz ainsi qu’une une sonde
endocavitaire couvrant un secteur image de 220°, l’élastographie fait également partie
des options disponibles sur cette plateforme.

La gamme NX lancée au RSNA 2015 s’élargit en 2016 avec la mise sur le marché du
NX2. Un effort particulier sera fait sur le prix de ces produits afin de pouvoir se
positionner sur les futures consultations lancées par les centrales d’achat françaises et
intégrant des demandes pour des équipements avec un fort effet prix.
Des nouveautés sont attendues mais elles ne seront présentées qu’en 2017 et rien n’a
filtré lors de cette édition du RSNA. Patience donc….

Sonoscanner

Présente sur le pavillon français Sonoscanner confirme sa position sur le marché


mondial et la croissance de son chiffre d’affaires (+ 40% sur les 5 dernières années). Il
se répartit toujours à part égale entre le marché français et l’export (dont 20 % en Asie).
L’année 2016 a vu la diffusion de l’échographe ultraportable U-Lite dont 500 unités ont
été vendues tant aux USA qu’en Europe.

Comme cela avait été annoncé l’an passé, la société a mis sur le marché mi 2016 le U-
lite Exp qui se caractérise par la possibilité de connecter à la plateforme différentes
sondes (contrairement au U-Lite). Six sondes sont disponibles à ce jour : 2 sondes
convexes dont 1 haute fréquence, 1 sonde endocavitaire, 1 sonde phased array et 2
sondes linéaires. Ce concept se caractérise également par un système de connecteur
breveté placé côté sonde du câble unique. Compte tenu de la gamme de sondes
connectables, les disciplines cibles de ce produit sont diverses : urgence, abdominal,
digestif, obstétrique, gynécologie, urologie, anesthésie, ostéo-articulaire, et pneumologie
(un protocole spécifique « Blue Protocol » intégrant des réglages spécifiques a été
développé pour cette application).

Ce produit n’est pas encore approuvé FDA et donc non disponible sur le marché
américain ; l’obtention de l’agrément FDA pour le U-lite Exp est un des objectifs de la
société pour 2017.

Figure 6 : Nouvelles Sondes U-Lite (source Sonoscanner)

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2016 a également vu la mise sur le marché d’une version particulière de l’Orchéo Lite :
l’Orchéo Lite TE dédié à la télé-échographie. Sur le site où se déroulent les examens, on
trouve l’échographe dédié pilotable à distance équipé d’une sonde motorisée spécifique ;
sur le site expert le médecin référent manipule une sonde virtuelle : les mouvements
d’orientation de cette sonde sont reproduits par les moteurs de la sonde sur le site
patient et l’expert peut prendre la main à distance sur les réglages de l’échographe.

Les échographes U-lite ultraportable (version mono sonde ou version Mesure du volume
vésical), OrcheoLite portable et OrchéoXQ sur chariot (écran 21’ tactile) demeurent bien
sûr au catalogue Sonoscanner même s’ils n’étaient pas présentés sur ce RSNA 2016.
Petit cocorico : l’Orchéo Lite TE et sa sonde sont installés dans la station ISS pour la
réalisation des examens échographiques sur Thomas Pesquet.

Supersonic Imagine

Pour cette société française, l’année 2016 a été celle de la restructuration de son équipe
de direction rejointe en Novembre par Madame LESSIEUR, ancienne présidente de
Philips Healthcare France. Elle emploie 160 personnes dans le monde, dont 35 en Chine
et 100 en France. 82 % de son chiffre d’affaires est réalisé à l’export et le marché chinois
est devenu en 2015-2016 un marché clé pour la vente de l’Aixplorer. Depuis 2009, date
de la sortie de la V1 de cette machine, 1600 unités ont été vendues dans le monde.

Même si l’Aixplorer peut se positionner sur le segment de l’imagerie générale compte-


tenu de la gamme de sondes disponibles, des fonctionnalités avancées (contraste, mode
Doppler ultra sensible, fusion…), sa maitrise de la technologie de l’élastographie
shearwave 2D et de l’imagerie ultra rapide ont conduit Supersonic à faire le choix de la
spécialisation clinique.

Pour le sein, ce choix de développement de la société trouve sa justification dans


plusieurs études réalisées en Chine et qui démontrent l’intérêt de l’échographie pour
diminuer les biopsies sur les seins denses.

En s’appuyant sur ces recherches réalisées dans ce pays qui représente un de ses
meilleurs marchés en 2015, la société sort cette année un nouveau package-sein lancé
lors des JFR qui propose les caractéristiques techniques suivantes :

• Une nouvelle sonde 18 Mhz, qui permet de couvrir tous les besoins avec
l’amélioration globale de tous les modes Doppler,

• Une nouvelle sonde club de golf 20 Mhz,

• Un Doppler ultra-rapide (AngioPLUS) qui apporte une amélioration de la résolution


temporelle et spatiale,

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• Le mode TriVu qui permet l’affichage simultané du mode B, de l’élastographie et
du Doppler ultra-sensible.

Sur le package hépatologie, il faut noter l’apport d’une amélioration des outils de
reporting (moyenne, valeur médiane, rapport d’évaluation de la fibrose hépatique), ainsi
que sur le ratio rein/foie qui remplace l’estimation de la stéatose du fibroscan.

Supersonic apporte également des avancées avec le système AngioPLUS, qui assure
l’analyse des flux lents dans les petits vaisseaux (fonctionne sur les sondes linéaires et
convexes). Egalement proposée, l’application Ultrafast Imaging permet de capter une
plus grande quantité d’ondes de cisaillement avec une élastographie en temps réel
(jusqu’à 20 000 images/seconde). A noter que l’élastographie est d’ailleurs disponible sur
toutes les sondes et toutes les applications cliniques avec une bonne cadence image.

Sur Aixplorer, la navigation et fusion d’image (CT/IRM/Pet scan) sont désormais


disponibles (mise à jour des anciennes versions possible) avec l’ensemble des modes.

Concernant les innovations futures, plusieurs études et travaux de recherche sont


actuellement en cours dans les domaines de l’imagerie du cerveau ou de l’isolement
dans le placenta du flux de la mère par rapport au flux de l’enfant.

Toshiba

Le rachat de Toshiba-Medical par Canon a marqué les esprits en 2016, et ce


regroupement va déboucher sur un élargissement du portefeuille de la nouvelle entité
avec la réunion des deux organisations de R&D.

En échographie, la gamme Toshiba est divisée en trois familles :


• Xario Platinum
• Aplio Platinum
• Aplio I series – sorti aux JFR 2016

La famille des Xario Platinum, disponible à UNIHA, regroupe deux modèles compacts
(100 et 200), adaptés pour l’interventionnel, la salle de travail en obstétrique ou la
radiologie générale mono-organe (sénologie par exemple). Elle possède une large
gamme de sondes : sonde ETO pour une utilisation en cardiologie, sondes per-
opératoires, endocavitaire biplan pour l’urologie notamment…. Les produits de la gamme
disposent du contraste, de l’élastographie par compression ainsi que l’ensemble des
modes Doppler dont le SMI (Superb Microvascular Imaging). Ce nouveau mode doppler,
disponible depuis 2 ans sur la gamme Aplio Platinium, permet de soustraire les micro-
déplacements tissulaires des micro-flux sanguins, et ainsi d’afficher une cartographie
vasculaire très riche, particulièrement pour les petits vaisseaux de la distalité.

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La famille des Aplio Platinum est constituée des versions 300 et 400 (radiologie
conventionnelle mono et multi organe), qui s’équiperont en 2017 de la fusion avec la
smart-fusion (IRM et scanner) et de l’élastographie ShearWave avec cartographie
couleur et critères de qualité. La version 500 complète la gamme : elle est d’ores et déjà
dotée de l’ensemble des fonctionnalités précitées et du contraste quantitatif CHI ; il est
clairement positionné en interventionnel notamment pour les examens et biopsie de la
prostate guidées par fusion IRM, les biopsies difficiles et les gestes d’ablations. Dans ce
cadre, les modalités de fusion (rapide à l’aide d’une synchronisation sur 1 à 3 points)
mais également la solution d’aide au repérage d’aiguille « Smart Navigation » utilisant un
capteur fixé sur tout modèle d’aiguille se révèle particulièrement intéressantes.

La nouveauté cette année 2016 est le lancement (JFR+RSNA) de l’appareil haut-de-


gamme Aplio I series, positionné « au-dessus » et complémentaire de l’Aplio Platinum, et
dont un exemplaire a déjà été commercialisé en France. Ce produit qui bénéficie d’un
nouveau design et d’une ergonomie optimisée se décline en 3 versions : l’Aplio 700 et
800, appareils polyvalents configurables selon le besoin et l’Aplio 900 spécialisé dans la
cardiologie et équipé d’une sonde matricielle ETO 3D. Cet échographe possède un écran
de visualisation de 23’’ et un écran tactile de 12,1’’.

L’ergonomie de travail a été retravaillée notamment au niveau du clavier dont le nombre


de touches est réduit de 54% par rapport à l’Aplio 500, ce qui assure une
minimisation/optimisation du mouvement des mains lors de l’utilisation. La maniabilité de
l’ensemble a été accrue et son temps de mise en route réduit à 20s.

Un affichage double et distinct des images échographiques et Scanner/IRM/mammo est


possible avec le mode iSense. La Fusion d’images avec différentes phases d’acquisition,
plans de visualisation ou types de séquences est également disponible. Un capteur
(auto-track) fixé sur le patient lors de l’acquisition permet de procéder à une Fusion
automatique ainsi que de s’abroger des problèmes de mouvement après Fusion

Cet échographe est équipé d’un nouveau formateur de faisceaux 3D avec un pinceau de
focalisation fin dans les deux plans de l’espace qui permet l’obtention de coupes très
fines avec un rapport signal sur bruit très élevé. Une nouvelle sonde matricielle (24 MHz,
imagerie haute résolution) offre une résolution spatiale et en contraste bien supérieure
aux standards actuels. De manière générale, les sondes, plus légères et larges (56mm),
offrent une gamme en fréquence élargie (convexe entre 1 et 8 MHz). Cette bande
passante plus étendue permet un gain dans l’uniformité de l’image et une meilleure
adaptation aux différents morphotypes patients. Il est dorénavant possible de passer en
3ème harmonique au besoin sur les sondes convexes. Ce niveau, cent fois inférieur à la
fréquence fondamentale améliore la résolution spatiale et la finesse.

Avec le mode d’Elastographie par ondes de cisaillement (Shear wave), une option de
mesure automatique est également disponible afin d‘éviter les différences inter
opérateurs (ex : fibrose hépatique).

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Les tendances pour l’avenir sont identiques aux tendances générales avec une réflexion
sur les reconnaissances d’organes, le guidage des biopsies par la fusion d’image. Si
Toshiba prévoit pour 2017 le lancement de nouveaux appareils portables, il n’est pas
envisagé pour l’instant d’appareil Ultra-portable.

« Bruits » de congrès

D’autres solutions pour l’échographie en sénologie, suite…


Ces dernières années ont permis la réalisation de nombreuses études démontrant
l’intérêt de combiner mammographie et échographie. Ce double diagnostic apporte un
avantage médical certain pour les seins denses, particularité physiologique des femmes
jeunes et très présente dans la population chinoise. On comprend donc l’intérêt que
peuvent constituer des solutions de screening échographiques fiables, car supprimant le
caractère praticien-dépendant, et rapides permettant aux manipulateurs de radiologie
d’effectuer l’examen et libérant du temps médical. Les solutions proposées permettent
après reconstruction de disposer d’une imagerie 3D du sein et notamment d’une coupe
coronale particulièrement informative mais non accessible en échographie « manuelle ».

D’un point de vue technique pas de nouvelles solutions présentées sur ce RSNA 2016 et
le tour d’horizon de l’article RSNA 2015 est toujours d’actualité (seule la solution
SonoCine n’était plus présente) on distingue donc :
• Patiente en décubitus ventral sur un lit dédié :
o SOFTVUE - Delphinus Medical Technologies (matériel non marqué CE,
uniquement présent sur le continent Nord-américain pour le moment). Le sein
est placé dans une couronne de détecteurs qui se déplace verticalement dans
un puit ayant le volume d’une miche de pain. On réalise une imagerie
échographique classique mais également une image de transmission des US,
o SOFIA-Hitachi : ce lit est doté d’un orifice dans lequel est placé le sein. Il est
équipé d’une sonde linéaire de 9,2 cm de large. La sonde est connectée à un
échographe Hitachi et sa rotation permet l’acquisition des images < 1 mn par
sein.
• Patiente en décubitus dorsal sur un divan et sonde dédiée positionnée sur bras
qui réalise le balayage du sein.
o Chez General Electric, ce système dédié et fermé s’appelle ABUS (Automatic
Breast Ultrasound System),
o Chez Siemens, le système s’appelle ABVS (Automated Breast Volume
Scanner) : la sonde spécifique positionnée sur un bras porteur est relié à
l’échographe Siemens S2000 par un connecteur de sonde classique. Trois
acquisitions sont réalisées automatiquement (20 s/acquisition) et les images
transférées vers la station de travail qui permet leur traitement pour un
affichage dans n’importe quel plan d’intérêt. Depuis sa mise au point ce
système a été amélioré en intégrant les remontées utilisateur : ainsi sera-t-il
possible dès la prochaine version en janvier 2017 d’importer les données de
mammographie dans le dossier ABVS et de réaliser la synchronisation d’une
zone d’intérêt repérée sur différentes antériorités pour le suivi.

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A ce jour, les 3 derniers appareils ci-dessus sont marqués CE et proposés sur le marché
français pour un coût de l’ordre de 120 000 à 150 000 euros. Dans le contexte de la
maitrise des dépenses de santé en France, on comprend que ces matériels peinent
encore à trouver leur place sur le marché de l'imagerie médicale et dans les cabinets de
sénologie. Les sociétés disposant de ce type de produit dans leur gamme ont tous fait
part lors du RSNA 2016 de leur choix de placer leur solution sur le devant de la scène
dès 2016 et pour les années à venir. Ainsi GE indique avoir mis en place sur l’AP-HP 4
machines ABUS pour la réalisation d’une étude multicentrique ABUS vs tomosynthèse
en mammographie qui devrait permettre d’affiner le positionnement de telles solutions
échographiques dans le dépistage. A suivre donc…

Les sondes sans fil, une réalité sans plus….


Cette année ne voit pas l’avènement des sondes d’échographie sans fil qui avaient
pourtant suscité un réel intérêt les années précédentes : parmi les majors, seuls
Siemens propose cette solution sur sa machine Free Style. Une présence à noter
toutefois, celle de la société canadienne Clarius basée à Vancouver.

Créée il y a seulement 2 ans, elle emploie 50 personnes et propose un concept


particulier d’échographe ultraportable : la sonde portable sans fil, embarquant l’énergie,
l’électronique et le traitement de signal pour la production de l’image échographique, est
reliée en WIFI à un support type tablette ou smartphone (fonctionnant sous iOS ou
Androïd) dotée d’une application dédiée pour la visualisation en Noir et Blanc. La société
propose 2 sondes étanches et particulièrement résistantes aux chocs (coque en
magnésium) : une sonde linéaire 4-13 MHz et 1 sonde convexe 2-6 MHz, cette dernière
permettant aussi de faire de l’imagerie cardiaque (« phased array virtuelle »).

Selon la spécialité sélectionnée sur l’application un ensemble de préréglages (gain et


fréquence) est transmis à la sonde pour faciliter l’usage ; les images quant à elles sont
stockables dans un Cloud dédié Clarius. Les cibles de ce produit sont les urgentistes, les
anesthésistes pour les ALR et les applications musculo squelettiques.

Le poids de la sonde est d’environ 500 g (avec batterie) ; le temps de charge annoncé
est de 90 mn pour une autonomie en fonctionnement de 45 mn (7 jours en stand-by).
L’approbation FDA est attendue pour janvier 2017 et le marquage CE pour cette même
année. Les modes Doppler ainsi que l’interface DICOM sont annoncés pour le 1er
semestre 2017. Il restera à ce produit à l’ergonomie particulière à se trouver une place !

Figure 7 : la solution Clarius (source site Clarius)


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CONCLUSION

Nous avons pu observer cette année une scission du marché sur lequel on trouve :

• Des échographes ultraportables basés sur des supports informatiques mobiles


grand public, types tablette,
• Des échographes sans fonctionnalités avancées et pour lesquels les fournisseurs
sont à même de faire jouer l’effet prix : ils ont le plus souvent un ou deux
domaines cibles pour lesquels ils disposent de sondes bien ciblées mais peuvent
également être utilisé pour des applications généralistes,
• Des échographes haut de gamme dotés d’applications et de sondes particulières.

Certaines sociétés ont fait le choix de l’une ou l’autre des familles mais les majors du
domaine tentent de concilier les 3 dans leur gamme complète.

Les axes de travail que nous avons retrouvé chez bon nombre de fournisseurs pour 2016
et les années à venir sont :
• La simplicité d’utilisation, l’ergonomie, l’adaptation de l’outil aux conditions d’usage
(focus sur l’hygiène) et la mise à disposition de tutoriels accessibles sur les
machines
• L’ultraportabilité déclinée selon différentes formes même s’il nous semble que ce
domaine intéresse moins les majors de l’échographie qui cherchent encore leur
positionnement.
• L’interventionnel avec le développement des solutions de fusion-navigation.

Le focus présenté dans cet article reste centré sur le marché français de l’échographie et
ne peut refléter l’étendue et la diversité d’offres des très nombreuses sociétés présentes
au RSNA et sur le marché mondial.

Nous avons pu noter au cours de nos rencontres que mondialement l’échographie est
appelée à toucher un nombre d’acteurs de santé plus large. Des solutions techniques
sont disponibles avec des appareils de plus en plus compactes et simples, utilisables par
un public élargi aux non-médecins, comme les manipulateurs de radiologie, les
sonographistes, les kinésithérapeutes….

Ces matériels attrayants ont encore du mal à se positionner sur le marché français tant
pour des questions techniques (sécurité des données, « volatilité » des matériels…) que
pour des questions plus « réglementaires » de formation des personnels non médicaux.
En France la demande en échographie est importante à la fois chez les acteurs
classiques (radiologues, cardiologues,….) et chez les nouveaux acteurs potentiels mais
les investissements en matériel médical ne vont pas en augmentant, il est donc plus que
jamais nécessaire pour les sociétés et les établissements de santé de réfléchir sur de
nouveaux modèles économiques intégrant matériels et services connexes.

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