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LimsGoujet7e éd Page I Vendredi, 2.

février 2007 4:15 16

Christian GOUJET
Christian RAULET
Christiane RAULET

Comptabilité
de gestion

5
:10
80
22
23
:10
73
51
09
35
T:3
TA
ET
-S
ES
AL
CI
SO
ET
S
UE
IQ
OM
ON
EC
ES
QU
DI
RI
JU
7 édition
e
ES
NC
IE
SC
S
DE
TE
CUL
FA
m:o
x.c
vo
lar
o
ch
1.s
uh
LimsGoujet7e éd Page II Vendredi, 2. février 2007 4:15 16

Chez le même éditeur


Collection Tertiaire Sup

Robert Maéso, André Philipps et Christian Raulet


 Comptabilité financière (manuel et corrigés)

Christian et Christiane Raulet, Christian Goujet


 Comptabilité de gestion (manuel et corrigés)

Ghislaine Legrand et Hubert Martini


 Management des opérations de commerce international (manuel et corrigés)

Corinne Pasco-Berho
 Marketing international (manuel et corrigés)
 Commerce international (Collection Express)

Hubert Martini, Pascal Lézin, Jean-Michel Richard et Alain Toullec

5
:10
 Outils de gestion pour les commerciaux (manuel et corrigés)

80
22
23
:10
73
51
09
35
T:3
TA
ET
-S
ES
AL
CI
SO
ET
S
UE
IQ
OM
ON
EC
ES
QU
DI
RI
JU
ES
NC
IE
SC
S
DE
TE
CUL
FA
m:o
x.c
vo
lar

© Dunod, Paris, 2007


o
ch

ISBN 978-2-10-050950-8
1.s
uh

Le titre précédent de cet ouvrage, initialement en deux volumes,


était Comptabilité analytique et contrôle de gestion
50950_ComptaGest_TDM.fm Page III Lundi, 22. janvier 2007 1:25 13

TABLE DES MATIÈRES

TABLE DES MATIÈRES

AVANT-PROPOS V

5
:10
80
22
23
Partie 1

:10
73
La comptabilité de gestion

51
09
35
en coûts complets

T:3
TA
ET
-S
CHAPITRE 1 Les objectifs et les moyens de la comptabilité de gestion 3

ES
AL
CHAPITRE 2 L'organisation générale d'une comptabilité de gestion 14

CI
SO
CHAPITRE 3 Le calcul des charges incorporables 18

ET
CHAPITRE 4 Les charges directes et les charges indirectes 24

S
UE
CHAPITRE 5 Le traitement des charges indirectes 29

IQ
OM
CHAPITRE 6 La méthode fondée sur des coefficients d’équivalence 46

ON
EC
CHAPITRE 7 Les principes de comptabilisation 49

ES
CHAPITRE 8 Les coûts d'achat 53

QU
DI
CHAPITRE 9 La tenue des comptes de stocks 57
RI
JU
CHAPITRE 10 Les coûts de production 66
ES
NC

Produits finis et produits intermédiaires


IE
SC

CHAPITRE 11 Les coûts de production 74


S
DE

Produits en cours, produits dérivés


TE

CHAPITRE 12 Les coûts hors production 82


CUL
FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

CHAPITRE 13 Les coûts de revient 89


m:o

CHAPITRE 14 Les résultats 98


x.c
vo

CHAPITRE 15 Problème d’ensemble de coûts complets 107


lar
o
ch

CHAPITRE 16 Les comptabilités par activités 115


1.s
uh

Partie 2
Analyse des coûts et calcul des marges

CHAPITRE 17 La variabilité des charges 127


CHAPITRE 18 Le seuil de rentabilité 139
CHAPITRE 19 L’imputation rationnelle des charges de structure 151

III
50950_ComptaGest_TDM.fm Page IV Lundi, 22. janvier 2007 1:25 13

COMPTABILITÉ DE GESTION ET CONTRÔLE DE GESTION

CHAPITRE 20 Le coût variable et les marges 163


CHAPITRE 21 Le coût marginal 173
CHAPITRE 22 Les cessions internes 180

Partie 3
Coûts préétablis
et contrôle de gestion

CHAPITRE 23 Gestion budgétaire ou prévisionnelle et contrôle de gestion 189

5
CHAPITRE 24 La gestion budgétaire des ventes : prévisions 193

:10
80
CHAPITRE 25 Budgétisation et contrôle des ventes 207

22
23
CHAPITRE 26 Gestion de la production : programme de production 213

:10
73
CHAPITRE 27 La gestion de la production : les coûts préétablis 227

51
09
CHAPITRE 28 Les écarts sur coûts variables de production 237

35
T:3
CHAPITRE 29 Les écarts sur coûts contenant des charges de structure 242

TA
ET
CHAPITRE 30 Le rapprochement entre coûts et budgets 250

-S
ES
CHAPITRE 31 La gestion des approvisionnements 256

AL
CI
CHAPITRE 32 Budgétisation et contrôle des approvisionnements 269

SO
CHAPITRE 33 La gestion des investissements : prévisions 279

ET
S
CHAPITRE 34 La gestion des investissements : budgétisation et contrôle 292

UE
IQ
CHAPITRE 35 Gestion de la trésorerie 303

OM
ON
CHAPITRE 36 La synthèse des prévisions : le budget général 312

EC
CHAPITRE 37 Le tableau de bord 319

ES
QU
DI
RI
Chaque série correspond à un chapitre de l’ouvrage JU
ES

et le numéro de la série est le même que celui du chapitre.


NC
IE

SÉRIE 1 : 329 – SÉRIE 2 : 331 – SÉRIE 3 : 333 – SÉRIE 4 : 335 – SÉRIE 5 : 338 – SÉRIE 6 :
SC
S

343 – SÉRIE 7 : 345 – SÉRIE 8 : 347 – SÉRIE 9 : 349 – SÉRIE 10 : 353 – SÉRIE 11 : 358 –
DE
TE

SÉRIE 12 : 362 – SÉRIE 13 : 365 – SÉRIE 14 : 373 – SÉRIE 15 : 377 – SÉRIE 16 : 382 –
CUL

SÉRIE 17 : 386 – SÉRIE 18 : 389 – SÉRIE 19 : 394 – SÉRIE 20 : 398 – SÉRIE 21 : 404 –
FA
m:

SÉRIE 22 : 410 – SÉRIE 23 : 414 – SÉRIE 24 : 416 – SÉRIE 25 : 420 – SÉRIE 26 : 424 –
o
x.c
vo

SÉRIE 27 : 429 – SÉRIE 28 : 433 – SÉRIE 29 : 436 – SÉRIE 30 : 440 – SÉRIE 31 : 442 –
lar
o

SÉRIE 32 : 447 – SÉRIE 33 : 451 – SÉRIE 34 : 455 – SÉRIE 35 : 462 – SÉRIE 36 : 466 –
ch
1.s

SÉRIE 37 : 472 – SÉRIE 38 : 476 –


uh

ANNEXES
Nomenclature des comptes de la classe 9 483
Annexe statistique 485
Extraits de la table de la fonction intégrale de la loi normale centrée,
réduite N (0, 1) 487
INDEX 488

IV
50950_ComptaGest_TDM.fm Page V Lundi, 22. janvier 2007 1:25 13

AVANT-PROPOS

AVANT-PROPOS

Cet ouvrage, destiné aux étudiants préparant les examens et concours de l’enseignement
supérieur, propose une méthode d’apprentissage de la comptabilité de gestion, ou comptabi-
lité analytique et contrôle de gestion. Concis, mais très complet, il comporte de nombreux
exemples et beaucoup d’applications. Ainsi conçu, il peut être également utile aux praticiens.

5
:10
La comptabilité analytique s’est développée essentiellement au cours du XX e siècle. Utilisée

80
22
seulement par quelques entreprises industrielles au début du siècle, avec des objectifs limités,

23
:10
elle a peu à peu pris de l’ampleur à partir de la Seconde Guerre mondiale et cette évolution

73
s’est accélérée à chaque période de crise.

51
09
35
Progressivement, les problèmes de coûts sont devenus prépondérants dans la prise de déci-

T:3
sion des entreprises. La production de masse, qui suppose un bénéfice unitaire réduit pour

TA
ET
conquérir les marchés, la concentration industrielle, qui exige – pour bénéficier des économies

-S
ES
d’échelle – un contrôle rigoureux des charges de structure et des rendements, sont à l’origine

AL
d’une analyse de plus en plus serrée des charges de l’entreprise. Les évolutions récentes, liées

CI
SO
à l’automatisation et à la diminution des charges proportionnelles aux volumes de produc-

ET
tion, induisent de nouvelles nécessités d’observation des charges de structure et des charges

S
UE
indirectes.

IQ
OM
À la constatation des coûts de revient s’est ajoutée l’étude de leurs variations, d’où l’éclate-

ON
EC
ment du coût pour la recherche d’une meilleure adaptation d’une production diversifiée aux

ES
conditions du marché, à la prévision de l’exploitation et au contrôle de gestion. Ce qui peut

QU
DI
aller jusqu’à gérer des coûts pour ne pas dépasser un niveau préalablement fixé comme objec-
RI
tif, comme cela se fait actuellement dans la pratique des coûts cibles. JU
ES
NC

Quelles que soient les méthodes de calcul et leurs évolutions, les principes de base et la termi-
IE

nologie restent les mêmes, et l’ouvrage est construit en conséquence. Une première partie
SC
S

concerne l’étude des coûts constatés, dont la synthèse conduit au coût de revient. Lorsque la
DE
TE

méthode générale de calcul des coûts constatés est bien établie, une seconde partie présente
UL

les principes d’analyse des coûts. La variabilité des coûts en fonction du volume de produc-
C
FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

tion est ainsi mise en évidence. Cela conduit à l’étude du seuil de rentabilité, aux calculs de
m:o
x.c

coûts variables et des marges correspondantes, à l’imputation rationnelle des charges de


vo
lar

structure et au coût marginal. Outre les principes de ces calculs, chaque notion est présentée
o
ch

en faisant ressortir son apport à la préparation des décisions de gestion.


1.s
uh

Les bases de la comptabilité de gestion ainsi posées, il est possible dans une troisième partie
d’aborder la gestion sous son aspect prévisionnel et l’articulation des coûts avec les budgets.
Nous espérons que l’outil ainsi conçu rendra les services attendus aux étudiants confrontés
aux problèmes posés par l’apprentissage de cette discipline.
Nous souhaitons que les utilisateurs nous fassent part de leurs observations pour qu’il puisse
en être tenu compte lors des mises à jour de ce manuel.

LES AUTEURS

V
50950_ComptaGest_p001p124 Page 2 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

uh
1.s
ch
olar
vo
x.c
om:
FA
CUL
TE
DE
S
SC
IE
NC
ES
JU
RI
DI
QU
ES
EC
ON
OM
IQ
UE
S
ET
SO
CI
AL
ES
-S
ET
TA
T:3
35
09
51
73
:10
23
22
80
:10
5
50950_ComptaGest_p001p124 Page 1 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

PARTIE 1

5
:10
80
22
23
:10
73
51
09
35
T:3
TA
ET
-S
ES
AL
CI
La comptabilité

SO
ET
S
UE
IQ
OM
de gestion en coûts
ON
EC
ES
QU
complets NC
IE

JU
ES

DI
RI
SC
S
DE
TE
CUL
FA
m:o
x.c
vo
lar
o
ch
1.s
uh
50950_ComptaGest_p001p124 Page 2 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

uh
1.s
ch
olar
vo
x.c
om:
FA
CUL
TE
DE
S
SC
IE
NC
ES
JU
RI
DI
QU
ES
EC
ON
OM
IQ
UE
S
ET
SO
CI
AL
ES
-S
ET
TA
T:3
35
09
51
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:10
23
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:10
5
50950_ComptaGest_p001p124 Page 3 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

1 • LES OBJECTIFS ET LES MOYENS DE LA COMPTABILITÉ DE GESTION

Chapitre 1

LES OBJECTIFS ET
LES MOYENS DE LA

5
:10
COMPTABILITÉ

80
22
23
:10
73
DE GESTION

51
09
35
T:3
TA
ET
-S
ES
AL
1. Analyse des charges

CI
SO
2. Notion de coûts

ET
S
UE
3. Types de coûts

IQ
OM
ON
EC
ES
QU
DI
RI
JU
ES
NC

La comptabilité financière est entièrement orientée vers la saisie de données


IE
SC

d'après leur nature et vers la détermination :


S
DE
TE

– des résultats globaux de l'entreprise ;


CUL

– des situations active et passive à un moment donné.


FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

m:o

Son optique est financière.


x.c
vo

La comptabilité de gestion(1) ou comptabilité analytique est conçue pour :


lar
o
ch
1.s

– analyser les résultats et faire apparaître leurs éléments constitutifs ; ce faisant,


uh

elle permet des contrôles de rendements et de rentabilités et fournit un grand nom-


bre d'éléments pour la gestion de l'entreprise ;
– compléter la comptabilité financière ou comptabilité générale en lui donnant
des bases d'évaluation de certains éléments d'actif (stocks de produits fabriqués,
immobilisations créées par l'entreprise…) ;

(1) Les expressions « comptabilité de gestion » et « comptabilité financière » tendent à se substituer


à « comptabilité analytique » et « comptabilité générale ».

3
50950_ComptaGest_p001p124 Page 4 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

– fournir des bases afin d'établir les prévisions de charges et produits, et en assu-
rer le contrôle.
En conséquence, les objectifs d'une telle comptabilité conduisent à faire une
analyse des charges et des produits, à calculer des coûts(1) et à évaluer les stocks
apparaissant au cours du processus de fabrication.
Avant d'entreprendre l'étude détaillée de la comptabilité de gestion et afin de
bien préciser les buts recherchés, les principes de calcul et la terminologie qui
sera employée, envisageons les aspects essentiels de l'analyse.

1. Analyse des charges

5
:10
80
22
23
:10
Une comptabilité de gestion ayant pour but l'analyse des résultats, son existence

73
51
dans une entreprise conduit nécessairement à une analyse détaillée des charges.

09
35
Plusieurs procédures peuvent être envisagées.

T:3
TA
ET
-S
1.1 Analyse par fonctions

ES
AL
CI
SO
On entend par fonction un ensemble d'actions concourant à un même but.

ET
S
UE
EXEMPLES : approvisionnement, production, distribution, administration…

IQ
OM
L'ensemble des activités d'une entreprise peut être ainsi subdivisé suivant le rôle

ON
EC
qu'elles jouent et les charges correspondantes réparties suivant les mêmes critè-

ES
res.

QU
DI
RI
En fait, cette procédure, indépendante de la mise en place d'une comptabilité de JU
ES

gestion complète visant à calculer des coûts, est souvent utilisée pour une
NC
IE

analyse globale du compte de résultat, notamment dans les entreprises commer-


SC
S

ciales petites et moyennes.


DE
TE
CUL

1.2 Analyse par produit


FA
m:o
x.c
vo

Pour une entreprise fabriquant plusieurs produits ou plusieurs types de


lar
o

produits, il est de première importance de répartir les charges entre ces produits :
ch
1.s
uh

– afin de savoir si tous sont rentables lorsque les prix de vente sont fixés indé-
pendamment de la volonté des dirigeants de l'entreprise ;
– afin de fixer des prix de vente permettant de réaliser des bénéfices sur tous les
produits lorsque l'entreprise peut fixer lesdits prix de vente.

(1) Retenons pour l'instant le sens courant de cette expression que nous définirons ci-après avec
plus de précision.

4
50950_ComptaGest_p001p124 Page 5 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

1 • LES OBJECTIFS ET LES MOYENS DE LA COMPTABILITÉ DE GESTION

EXEMPLE : l'entreprise MOBURO fabrique des armoires métalliques de bureau. Elle vend
deux modèles A et B. Son compte de résultat se résume ainsi :

Achats consommés 500 000 Production vendue 900 000


Charges de personnel 300 000 Perte 100 000
Autres charges 200 000
1 000 000 1 000 000

Les ventes de A s'élèvent à 200 000 € et les ventes de B à 700 000 €. Des estimations fai-
tes par le comptable, il résulte que 2/5 des achats concernent A, ainsi que 1/3 des charges

5
de personnel et la moitié des autres charges.

:10
80
22
23
Analyser les charges afin de déceler l'origine de la perte.

:10
73
51
09
35
SOLUTION

T:3
TA
ET
-S
Totaux Articles A Articles B

ES
AL
Achats 500 000 200 000 300 000

CI
SO
Charges de personnel 300 000 100 000 200 000

ET
S
UE
Autres charges 200 000 100 000 100 000

IQ
OM
1 000 000 400 000 600 000

ON
EC
Ventes 900 000 200 000 700 000

ES
QU
Résultats – 100 000 – 200 000 100 000

DI
RI
JU
ES

La perte de 100 000 est la résultante d'une perte de 200 000 sur A et d'un bénéfice
NC
IE

de 100 000 sur B. Il y a lieu de modifier les conditions d'exploitation de l'exercice


SC
S

suivant.
DE
TE
CUL

L'abandon des articles A est une solution à laquelle on pense immédiatement,


FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

m:

mais cet exemple est simplifié et n'apporte pas suffisamment d'informations pour
o
x.c
vo

une prise de décision. En effet, l'abandon de la production de A ne permettrait


lar
o
ch

peut-être pas de faire disparaître immédiatement toutes les charges qui lui sont
1.s
uh

attribuées. Dans la réalité, il faut donc approfondir l'analyse.

1.3 Analyse par commande

Les entreprises, au lieu de fabriquer des produits pour les vendre sur stock
produisent parfois à la commande (généralement pour des biens coûteux ayant
des caractères particuliers). Une analyse des charges doit alors permettre de faire
apparaître celles qui concernent chaque commande :

5
50950_ComptaGest_p001p124 Page 6 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

– pour en fixer le prix,


– pour déterminer si la réalisation de chacune entraîne bénéfice ou perte.
Que ce soit pour les produits ou les commandes, il apparaît d'ores et déjà qu'il
serait intéressant de disposer d'une analyse prévisionnelle. Celle-ci peut être
faite dans le cadre du calcul de coûts préétablis.
Pour l'instant, nous n'étudierons que des coûts constatés complets ou coûts réels
complets calculés a posteriori.

1.4 Analyse par centres d'activité

5
L'exploitation industrielle ou commerciale est fragmentée entre des services ou

:10
80
centres d'activité divers, notamment :

22
23
:10
– des services techniques, tels que les ateliers, les bureaux d'études, les services

73
51
d'entretien ;

09
35
– des services commerciaux, tels que les services d'achat, la direction commer-

T:3
TA
ciale, les services d'expédition, les magasins de ventes ;

ET
-S
– des services généraux, tels que le secrétariat, la comptabilité, les services finan-

ES
AL
ciers, la direction générale, le service informatique.

CI
SO
L'activité des services est à l'origine des charges ; c'est pourquoi il est logique de

ET
S
UE
chercher à répartir les charges d'une période par centres d'activité. Cette réparti-

IQ
OM
tion permet de mieux contrôler les charges et de mettre en jeu des responsabili-

ON
tés, une personne étant responsable de chaque centre d'activité et des charges

EC
ES
correspondantes.

QU
DI
RI
EXEMPLE : considérons le cas de l'analyse par produit du paragraphe 1.2. JU
ES

Les armoires A et B sont fabriquées par passages successifs dans deux ateliers.
NC

Atelier I : fabrication des pièces élémentaires de chaque modèle.


IE
SC

Atelier II : assemblage des pièces élémentaires.


S
DE

Établir dans ce cas une analyse par centres d'activité.


TE
CUL
FA

SOLUTION
m:o
x.c
vo

Service
lar

Totaux Atelier I Atelier II


o
ch

administratif
1.s
uh

Achats 500 000 400 000 100 000


Charges de personnel 300 000 50 000 100 000 150 000
Autres charges 200 000 100 000 50 000 50 000
1 000 000 150 000 550 000 300 000

Analyse par centres d'activité et analyse par produit peuvent être très proches.
C'est notamment parfois le cas lorsque l'entreprise a pour objet la prestation de
services.

6
50950_ComptaGest_p001p124 Page 7 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

1 • LES OBJECTIFS ET LES MOYENS DE LA COMPTABILITÉ DE GESTION

EXEMPLE : M. Payron exploite un hôtel-restaurant comprenant un immeuble acheté


2 400 000 € et les immobilisations suivantes :
• Matériel et mobilier : hôtel 625 000
: restaurant 675 000
: bar 200 000
• Installations : hôtel 1 500 000
: restaurant 400 000
: bar 100 000
À la fin du premier exercice, le compte « Résultat » se présente comme suit :

5
:10
80
22
Résultat

23
:10
73
Achats consommés 2 135 718 Ventes 3 896 000

51
09
Charges de personnel 841 260 Recettes Hôtel 625 200

35
T:3
Impôts et taxes 383 600 Perte 48 838

TA
Autres charges 587 460

ET
-S
Dotations aux

ES
amortissements 622 000

AL
CI
SO
4 570 038 4 570 038

ET
S
UE
IQ
M. Payron voudrait connaître les résultats de chacune des branches d'activité hôtel, res-

OM
taurant, bar. À cet effet, le comptable réunit les renseignements suivants.

ON
EC
ES
QU
1) Les ventes se décomposent comme suit :

DI
RI
– ventes restaurant : 2 096 000 JU
ES
NC

– ventes bar : 1 800 000


IE
SC
S
DE

2) Le dépouillement des diverses charges donne les chiffres ci-dessous :


TE
CUL
FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Hôtel Restaurant Bar


m:o
x.c

Charges de personnel 247 080 529 320 64 860


vo
lar
o

Impôts et taxes 8 400 191 200 184 000


ch
1.s
uh

Autres charges 179 480 277 060 130 920

3) Les consommations ont été les suivantes :

Hôtel Restaurant Bar


Denrées 758 250 18 560
Vins 4 000 224 178 296 480
Divers 15 096 99 210 719 944

7
50950_ComptaGest_p001p124 Page 8 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

4) Les amortissements sont pratiqués aux taux linéaires suivants


Immeuble 3%
Matériel 10 %
Installations 20 %
L'amortissement de l'immeuble sera pris en charge par chaque exploitation en fonction
des surfaces occupées par chaque branche, à savoir
Restaurant 2/8
Hôtel 5/8
Bar 1/8

5
:10
Présenter un tableau de répartition des charges par centre d'activité et un tableau des

80
22
23
résultats.

:10
73
51
SOLUTION

09
35
T:3
• Tableau des charges par activité

TA
ET
-S
ES
Nature des charges Hôtel Restaurant Bar

AL
CI
SO
Consommations de denrées 758 250 18 560

ET
Consommations de vins 4 000 224 178 296 480

S
UE
IQ
Consommations diverses 15 096 99 210 719 944

OM
ON
Charges de personnel 247 080 529 320 64 860

EC
ES
Impôts et taxes 8 400 191 200 184 000

QU
DI
Autres charges 179 480 277 060 130 920
RI
JU
ES

Amortissement matériel 62 500 67 500 20 000


NC
IE

Amortissement installations 300 000 80 000 20 000


SC
S
DE

Amortissement immeuble 45 000 18 000 9 000


TE
UL

Total 861 556 2 244 718 1 463 764


C
FA
m:
o
x.c

• Tableau des résultats


vo
lar
o
ch
1.s

Éléments Hôtel Restaurant Bar


uh

Produits 625 200 2 096 000 1 800 000


Charges 861 556 2 244 718 1 463 764
Bénéfice 336 236
Perte 236 356 148 718

Contrôle : 336 236 – (236 356 + 148 718) = – 48 838.


La somme des résultats partiels est égale au résultat global.

8
50950_ComptaGest_p001p124 Page 9 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

1 • LES OBJECTIFS ET LES MOYENS DE LA COMPTABILITÉ DE GESTION

2. Notion de coûts

2.1 Définitions
D'une manière générale, les différents coûts d'un produit (bien ou prestation de
service) sont constitués par un ensemble de charges supportées par l'entreprise
en raison de l'exploitation de ce bien ou de cette prestation de service.
• Un coût est donc une accumulation de charges sur un produit (bien ou presta-
tion de service) à un certain stade de son élaboration.
On pourra calculer ainsi en particulier un coût d'achat, un coût de production.

5
:10
• Un coût de revient(1) est une accumulation de charges sur un produit au stade

80
22
23
final de son élaboration (vente incluse).

:10
73
• Une marge est une différence entre un prix de vente et un coût.

51
09
35
• Un résultat est une différence entre un prix de vente et un coût de revient.

T:3
TA
ET
-S
2.2 Composantes des coûts et coûts de revient

ES
AL
CI
SO
Les charges prises en considération pour calculer les coûts sont appelées charges

ET
incorporables ou charges incorporées(2).

S
UE
IQ
OM
Elles sont de deux types : les charges directes et les charges indirectes.

ON
EC
A. Charges directes

ES
QU
DI
Ce sont les éléments qui concernent le coût ou le coût de revient d'un seul
RI
JU
produit ou d'une seule commande. Il y a affectation des charges directes aux
ES
NC

coûts lors de leur détermination.


IE
SC
S

EXEMPLES : matières incorporées au produit, amortissement d'une machine ne servant


DE
TE

qu'à la fabrication d'un seul produit.


CUL
FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

m:

B. Charges indirectes
o
x.c
vo

Ce sont les éléments qui concernent plusieurs coûts et coûts de revient et doivent
lar
o
ch

de ce fait faire l'objet d'une analyse avant imputation.


1.s
uh

EXEMPLE : des travaux d'entretien faits dans tous les ateliers.

(1) Cette notion correspond à l'expression usuelle de « prix de revient ». Il importe d'abandonner
cette expression car un prix correspond, non à une somme de charges, mais à une valeur déterminée
par le jeu de l'offre et de la demande sur un marché.
(2) La comptabilité de gestion reprend en principe les charges par nature de la comptabilité finan-
cière, mais elle ne les reprend pas toujours dans leur totalité. Elle ne retient pas les charges ayant un
caractère exceptionnel ou anormal, ce qui conduit à distinguer les charges incorporables et les char-
ges non incorporables, distinction qui sera étudiée au chapitre 3.

9
50950_ComptaGest_p001p124 Page 10 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

Finalement, nous pouvons schématiser ainsi ces principes :

I
m
p
Charges u
Analyse t
indirectes a
t
i Coûts
Charges o partiels
incorporables n et coûts
de revient

5
Charges

:10
Affectation

80
directes

22
23
:10
73
51
09
35
T:3
TA
ET
-S
Ces deux types de charges seront étudiés plus en détail aux chapitres 4 et 5.

ES
AL
CI
SO
ET
2.3 Hiérarchie des différents coûts

S
UE
IQ
OM
ON
A. En l'absence de stocks

EC
ES
QU
DI
Le cycle d'exploitation d'une entreprise industrielle fait apparaître des phases
RI
JU
auxquelles correspondent des coûts successifs. Phases de l'exploitation et coûts
ES
NC

respectifs peuvent être schématisés ainsi :


IE
SC
S
DE
TE
UL

Achats Production Distribution


C
FA
m:o
x.c
vo
lar

Coûts
o
ch
1.s

de
uh

distribution

Coûts Coûts
Charges d’achat de
incorporables Coûts revient
de
production

10
50950_ComptaGest_p001p124 Page 11 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

1 • LES OBJECTIFS ET LES MOYENS DE LA COMPTABILITÉ DE GESTION

• Les coûts d'achat sont constitués par l'ensemble des charges supportées en rai-
son de l'achat des marchandises ou des matières.
• Les coûts de production sont constitués par l'ensemble des charges supportées en
raison de la création de produits ou services par l'entreprise.
• Les coûts de distribution sont constitués par l'ensemble des charges supportées
en raison des opérations relatives à la conclusion et à l'exécution de la vente.
Pour tenir compte de l'aspect chronologique de ces stades de calcul, on parle
souvent de hiérarchie. Il est à noter que, en l'absence de stocks(1) :
– les coûts d'achat sont inclus dans les coûts de production ;
– les coûts de revient sont la somme des coûts de production et des coûts hors

5
production(2).

:10
80
22
23
Remarque : nous parlons essentiellement de coûts de produits (incluant les

:10
73
coûts de commandes) mais il ne faut pas perdre de vue que l'on peut calculer des

51
09
coûts fonctionnels (étude par fonctions) et des coûts de centre d'activité et de

35
T:3
responsabilité (étude par centres).

TA
ET
-S
B. En présence de stocks

ES
AL
CI
En réalité, les produits qui parcourent le cycle d'exploitation ne le font pas de

SO
ET
manière instantanée. En conséquence, lorsque l'on observe la situation à un

S
UE
moment donné, il existe des stocks (sans parler des produits en cours de fabrica-

IQ
OM
tion dont il sera question plus tard) de matières, de produits finis…

ON
EC
Lorsqu'un stock apparaît à un stade quelconque du cycle de production, il modi-

ES
fie la procédure de calcul des coûts. Sans préciser pour l'instant les méthodes de

QU
DI
calculs nous pouvons signaler que l'existence de ces stocks conduit à compléter
RI
JU
les schématisations du type de celle du paragraphe A.
ES
NC
IE

Ainsi, dans le cas de matières achetées pour être progressivement utilisées dans la
SC
S

fabrication, nous pouvons schématiser les liens entre coûts et stocks ainsi :
DE
TE
CUL
FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

m:o
x.c
vo
lar
o
ch
1.s
uh

(1) Voir le paragraphe 2 ci-après et le chapitre 9 sur les stocks.


(2) On entend par « coûts hors production » les coûts de distribution et toutes autres charges incor-
porables aux coûts de revient que l'entreprise ne souhaite pas incorporer aux coûts de production.

11
50950_ComptaGest_p001p124 Page 12 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

Coûts
d’achat (1) (2)
Entrées Sorties
Coûts
Stock initial Stock final
de
production

Autres
charges

5
:10
80
22
(1) Coûts d'achat des matières achetées. (2) Coûts d'achat des matières utilisées.

23
:10
73
51
09
3. Types de coûts

35
T:3
TA
ET
-S
Dans ce qui précède, pour une première approche concrète, nous avons mis

ES
AL
l'accent sur les coûts que l'on peut constater aux différents stades du cycle

CI
SO
d'exploitation.

ET
S
Calculs et analyse conduisent à dégager de nombreux autres types de coûts. On

UE
IQ
peut les classer en les définissant par rapport à trois critères.

OM
ON
• Le contenu des coûts : chaque coût calculé peut prendre en considération tou-

EC
ES
tes les charges supportées au titre de l'élément étudié (coût complet) ; ou seule-

QU
DI
ment les charges ayant des caractéristiques particulières (coût partiel) telles que
RI
JU
la variabilité lorsque la production varie (coût variable), ou les liens manifestes
ES
NC

avec le produit étudié (coût direct).


IE
SC

• Le moment de calcul des coûts : suivant que les coûts sont déterminés anté-
S
DE

rieurement aux faits qui les engendrent (coûts préétablis) ou postérieurement


TE
UL

(coûts constatés dits « coûts réels » ou « coûts historiques »). La comparaison de


C
FA
m:

ces coûts conduit à déterminer des « écarts ».


o
x.c
vo

• Le champ d'application du coût étudié : citons les plus usuels en les détaillant
lar
o
ch

plus ou moins :
1.s
uh

– coût par fonction économique ;


– coût par moyen d'exploitation : magasin, rayon ou partie de rayon ; usine, atelier
ou poste de travail ; bureau… ;
– coût par production (activité d'exploitation) : ensemble ou famille de produits,
unité de produit, stade d'élaboration d'un produit ;
– coût par centre de responsabilité : ensemble de charges dont on peut attribuer la
responsabilité à une personne (directeur, chef de service, contremaître…)
– autres coûts : par région, par groupe de clients…

12
50950_ComptaGest_p001p124 Page 13 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

1 • LES OBJECTIFS ET LES MOYENS DE LA COMPTABILITÉ DE GESTION

En résumé, chaque définition d'un coût implique de choisir l'une des caractéristi-
ques proposées par chacune des colonnes du tableau suivant :

Contenu Moment de calcul Champ d’application


a) Coûts complets a) Coûts constatés a) Fonction
b) Coûts partiels : b) Coûts préétablis b) Moyen
– coût variable c) Production
– coût direct d) Responsabilité
e) Autres…

5
:10
À chaque combinaison de ces critères correspond un type de coût.

80
22
23
EXEMPLES

:10
73
51
– Coût complet préétabli d'un atelier : a), b), b).

09
35
– Coût variable constaté d'un produit : b), a), c).

T:3
TA
Dans la première partie, nous étudions les coûts complets constatés, dans la

ET
-S
deuxième partie, les coûts partiels, et dans la troisième partie nous traiterons des

ES
AL
coûts préétablis.

CI
SO
Dans ce premier chapitre, nous avons précisé l'essentiel de la terminologie et les

ET
S
principes de base de la comptabilité de gestion.

UE
IQ
OM
Avant d'étudier plus en détail les méthodes employées nous consacrerons un

ON
chapitre à présenter schématiquement l'organisation d'ensemble en généralisant

EC
ES
les principes envisagés ci-dessus.

QU
DI
RI
JU
ES

EXERCICES : série 1.
NC
IE
SC
S
DE

MOTS-CLÉS
TE
CUL
FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

• Affectation • Analyse des charges • Centre d’activité • Charges directes


m:o

• Charges incorporables • Charges indirectes • Commande • Composantes


x.c
vo
lar

• Coût • Coût de revient • Fonction • Hiérarchie des coûts • Imputation


o
ch

• Marge • Objectif • Résultat


1.s
uh

13
50950_ComptaGest_p001p124 Page 14 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

Chapitre 2

L’ORGANISATION
GÉNÉRALE

5
D’UNE COMPTABILITÉ

:10
80
22
23
:10
73
DE GESTION

51
09
35
T:3
TA
ET
-S
ES
AL
1. Produit unique

CI
SO
2. Produits multiples

ET
S
UE
IQ
OM
ON
EC
ES
L'ensemble du processus de calcul des coûts peut être représenté par un organi-

QU
DI
gramme.
RI
JU
À chaque stade, des problèmes se posent. Les chapitres suivants auront pour but
ES
NC

de présenter des techniques de résolution de ces problèmes. L'étude préalable


IE
SC

d'un tel organigramme doit permettre de ne pas perdre de vue :


S
DE
TE

– les objectifs,
UL

– la place de chaque calcul particulier dans le processus d'ensemble.


C
FA
m:o
x.c
vo
lar

1. Produit unique
o
ch
1.s
uh

Afin de simplifier le problème dans un premier temps, considérons le cas théori-


que d'entreprises n'exploitant qu'un seul produit.

1.1 Cas d'une entreprise commerciale


EXEMPLE : imaginons le cas d'une entreprise exclusivement commerciale achetant un pro-
duit unique en vue de le revendre sans transformation. Supposons qu'elle veuille en
déterminer le coût de revient.

14
50950_ComptaGest_p001p124 Page 15 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

2 • L'ORGANISATION GÉNÉRALE D'UNE COMPTABILITÉ DE GESTION

Dans ce cas, il n'apparaît pas de coût de production et l'organigramme d'ensem-


ble peut être présenté ainsi :

Analyse

Coûts
hors
production

5
:10
Charges

80
22
indirectes

23
:10
73
51
09
Charges Coût

35
T:3
incorpo- Coût de

TA
rables d’achat revient

ET
-S
Charges

ES
directes

AL
CI
SO
ET
S
UE
IQ
OM
Entrées et sorties

ON
Charges directes Charges indirectes de stocks et divers

EC
ES
QU
DI
RI
JU
L'analyse des charges indirectes n'a pour but dans ce cas que leur partage entre
ES
NC

coût d'achat et coûts hors production. Il est bien évident que dans le cas d'un seul
IE
SC

produit une telle analyse ne s'impose pas pour le calcul du coût de revient, si ce
S
DE

n'est pour évaluer le stock et en tenir compte dans le calcul dudit coût de revient.
TE
CUL
FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

1.2 Cas d'une entreprise industrielle


m:o
x.c
vo
lar

EXEMPLE : imaginons le cas d'une entreprise achetant une matière unique M qu'elle
o
ch

transforme pour obtenir un seul type de produit fini P destiné à la vente.


1.s
uh

Dans ce cas, il apparaîtra un stade conduisant à la détermination du coût de pro-


duction et il y aura lieu de stocker, d'une part, les matières et, d'autre part, les pro-
duits finis.

15
50950_ComptaGest_p001p124 Page 16 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

L'organigramme se trouve modifié comme il suit :

Analyse

Coûts
hors
production
Charges
indirectes

Coût Coût
Coût
Charges de

5
d’achat de

:10
incorpo- production
de revient

80
rables de

22
Charges M de
P

23
directes M P P

:10
73
51
09
35
T:3
TA
Charges directes Charges indirectes Entrées et sorties de stocks et divers

ET
-S
ES
AL
CI
SO
Nous pouvons faire les mêmes commentaires que dans le cas précédent.

ET
S
UE
IQ
OM
2. Produits multiples

ON
EC
ES
QU
Les entreprises produisent plus généralement plusieurs produits ; l'organi-

DI
RI
gramme devient donc plus complexe. JU
ES
NC

EXEMPLE : l'entreprise PITA fabrique deux produits P et Q. Pour cela, elle utilise deux
IE
SC

matières M 1 et M 2 combinées dans des proportions différentes pour obtenir P et Q. Tous


S
DE

les coûts sont composés de charges directes et de charges indirectes.


TE
UL

Présenter un organigramme de comptabilité analytique pour cette entreprise en conser-


C
FA

vant les symboles utilisés précédemment dans les schémas.


m:o
x.c
vo
lar
o
ch
1.s
uh

16
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

SOLUTION

MOTS-CLÉS
EXERCICES : série 2.
Analyse

Coûts hors
production

• Organigramme • Organisation
Coût
Charges de Coût
indirectes Coût production de
d’achat de revient
de P de
50950_ComptaGest_p001p124 Page 17 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

Charges M1 P P
incorpo- M1
rables
Coût Coût
Charges d’achat Coût de
directes de de revient
M2 production de
M2 de Q
Q Q

uh Charges directes Charges indirectes Entrées et sorties de stocks et divers


1.s
ch
olar
vo
x.c
om:
FA
CUL
TE
2 • L'ORGANISATION GÉNÉRALE D'UNE COMPTABILITÉ DE GESTION

DE
S
SC
IE
NC

17
ES
JU
RI
DI
QU
ES
EC
ON
OM
IQ
UE
S
ET
SO
CI
AL
ES
-S
ET
TA
T:3
35
09
51
73
:10
23
22
80
:10
5
50950_ComptaGest_p001p124 Page 18 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

Chapitre 3

LE CALCUL DES
CHARGES

5
:10
INCORPORABLES

80
22
23
:10
73
51
09
35
T:3
TA
ET
-S
ES
AL
1. Importance de la périodicité des calculs

CI
SO
2. Importance du choix des charges

ET
S
UE
IQ
OM
ON
EC
ES
QU
DI
Les charges que la comptabilité de gestion incorpore dans les coûts et les coûts
RI
JU
de revient constituent les charges incorporables.
ES
NC
IE

Ces charges sont supportées par l'entreprise et pour la plupart constatées par la
SC
S

comptabilité financière. Leur détermination conduit cependant à examiner deux


DE
TE

particularités.
CUL

La première est due à la différence de temps qui peut exister entre le moment où
FA
m:o

se fait le calcul des coûts et celui où une charge est constatée par la comptabilité
x.c
vo

générale.
lar
o
ch
1.s

EXEMPLE : si le calcul des coûts est mensuel, au mois de février on ne connaît pas, par la
uh

comptabilité générale, la prime d'assurances, si elle est payée pour l'année au mois de
juin.
La seconde difficulté tient au fait que l'on peut laisser de côté, pour le calcul des
coûts, des charges qui ont un caractère exceptionnel ou sans rapport avec des
productions déterminées.
EXEMPLE : frais de premier établissement.
Il faut donc identifier les charges à retenir pour le calcul des coûts.

18
50950_ComptaGest_p001p124 Page 19 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

3 • LE CALCUL DES CHARGES INCORPORABLES

1. Importance de la périodicité des calculs

La période de calcul des coûts est généralement plus courte que l'exercice :
période trimestrielle ou plus souvent mensuelle.
Certaines charges sont quotidiennes ou mensuelles et sont alors connues au
moment du calcul des coûts.

EXEMPLE : consommation de matières, dépenses de salaires.


D'autres sont trimestrielles ou annuelles.

5
:10
EXEMPLE : loyers, amortissements, impôts.

80
22
23
On détermine alors le montant correspondant à la période de calcul des coûts

:10
73
par une répartition de la charge annuelle. Cette répartition est dite méthode de

51
09
l'abonnement.

35
T:3
TA
EXEMPLE : l'atelier d'usinage d'une entreprise fabrique chaque mois 2 500 pièces d'un

ET
-S
modèle unique. Les machines utilisées ont été acquises pour 3 000 000 € et sont amortis-

ES
AL
sables sur cinq ans.

CI
SO
ET
Amortissement annuel : 3 000 000/5 = 600 000 €

S
UE
Amortissement mensuel : 600 000/12 = 50 000 €

IQ
OM
Soit, pour une pièce fabriquée : 50 000/2 500 = 20 € d'amortissement à inclure

ON
EC
dans le coût de production.

ES
QU
DI
D'une manière générale, on dresse un tableau des charges dont la périodicité est
RI
JU
différente de celle de calcul des coûts, et on calcule pour chacune d'elles le
ES
NC

montant de l'abonnement, c'est-à-dire le montant incorporable aux coûts de la


IE
SC

période.
S
DE
TE
UL

EXEMPLE : une entreprise calcule ses coûts mensuellement. Elle récapitule dans un
C
FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

tableau les charges à prendre en compte dans les coûts de revient et dont la périodicité
m:o

n'est pas mensuelle.


x.c
vo
lar
o
ch

Nature Périodicité Montant Abonnement


1.s
uh

Taxe professionnelle Année 7 200 600


Loyers Trimestre 36 000 12 000
Redevances pour brevets Année 48 000 4 000
Primes d'assurance Année 27 000 2 250
Intérêts d'emprunt Semestre 18 000 3 000
Dotations aux amortissements Année 72 000 6 000
27 850

19
50950_ComptaGest_p001p124 Page 20 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

2. Importance du choix des charges


Il convient d'inclure dans les coûts tous les éléments ayant un caractère normal,
en rapport avec l'activité de l'entreprise. Il s'agit, de façon générale, de toutes les
charges correspondant à des facteurs concourant à la production ou la vente du
produit.
Les critères conduisant à l'inclusion ou à l'exclusion d'un élément dans le calcul
des coûts doivent avoir un caractère de permanence dans le temps et dans
l'espace.
EXEMPLE : des pertes sur créances irrécouvrables peuvent être incorporées ou non dans le

5
:10
coût des produits, selon leur caractère plus au moins normal pour l'entreprise considérée.

80
Mais il convient, pour permettre la comparaison des coûts dans le temps, de retenir la

22
23
:10
même solution d'une période à l'autre.

73
51
09
35
2.1 Les charges supplétives

T:3
TA
ET
-S
Dans les calculs de coûts, la comptabilité de gestion peut prendre en compte des

ES
charges non enregistrées en comptabilité financière. Ces charges sont dites

AL
CI
supplétives et constituent des « différences d'incorporation pour éléments

SO
ET
supplétifs ».

S
UE
IQ
Elles sont notamment prises en considération par des entreprises voulant calcu-

OM
ler des coûts de revient qui ne dépendent ni du mode de financement de l'entre-

ON
EC
prise ni de son régime juridique (société ou entreprise individuelle par exemple).

ES
QU
On peut ainsi considérer comme charges supplétives certaines rémunérations.
DI
RI
JU
ES

A. La rémunération théorique des capitaux propres


NC
IE

Les coûts obtenus seront alors comparables à ceux d'une entreprise financée par
SC
S
DE

des emprunts.
TE
UL

EXEMPLE : les capitaux propres d'une entreprise s'élèvent à 1 000 000 €. Les capitaux
C
FA
m:

empruntés à long terme par ce type d'entreprise sont généralement rémunérés au taux
o
x.c
vo

annuel de 9 %. Les coûts sont calculés tous les mois.


lar
o
ch

Éléments supplétifs incorporés annuellement : 1 000 000  9/100 = 90 000.


1.s
uh

Éléments supplétifs incorporés mensuellement : 90 000/12 = 7 500.


Notons également que l'on peut considérer que ce coût des capitaux propres
prend en compte l'intérêt que l'entreprise pourrait percevoir si elle prêtait ses
capitaux. La privation de ce revenu financier constitue en quelque sorte un coût.

B. La rémunération du travail de l'exploitant


L'exploitant d'une entreprise individuelle est rémunéré par le bénéfice de son
entreprise. Mais cette rémunération n'est pas comptabilisée comme charge par la

20
50950_ComptaGest_p001p124 Page 21 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

3 • LE CALCUL DES CHARGES INCORPORABLES

comptabilité financière, contrairement à celle des dirigeants d'entreprises socié-


taires(1).
La prise en compte d'une telle rémunération dans les coûts permet de rendre les
coûts comparables entre entreprises à régime juridique et fiscal différent.
Elle présente aussi l'avantage de tenir compte de l'activité effective de l'exploi-
tant, au même titre que de celle d'un personnel salarié.

2.2 Les charges non incorporables


Si certaines charges peuvent être ajoutées, à l'inverse, parfois, des charges enre-
gistrées par la comptabilité financière ne sont pas prises en compte dans les

5
:10
80
calculs de coûts. Elles sont dites charges non incorporables.

22
23
Ce sont essentiellement :

:10
73
51
• des charges hors exploitation : c'est le cas en particulier des charges exception-

09
35
nelles, en raison de leur caractère anormal pour l'exercice ;

T:3
TA
• certaines charges d'exploitation à caractère non récurrent : il s'agit de charges

ET
-S
que l'on ne retrouvera pas chaque année dans la comptabilité de l'entreprise,

ES
AL
par exemple, une provision pour litige avec un salarié, des frais d'établisse-

CI
SO
ment ;

ET
S
UE
• certaines charges d'exploitation dont le montant ne correspond pas à l'estima-

IQ
OM
tion de l'entreprise. Ce sont notamment certains amortissements et certaines

ON
dépréciations ou provisions.

EC
ES
Pour les charges non incorporables, on parle de « différences d'incorporation

QU
DI
sur autres charges » et en exclut les différences liées aux amortissements, dépré-
RI
JU
ciations et provisions que la comptabilité de gestion appelle charges d'usage et
ES
NC

charges étalées.
IE
SC
S
DE

2.3 Les charges d'usage et les charges étalées


TE
CUL
FA
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit.

Les différences d'appréciation des amortissements, dépréciations et provisions


m:o
x.c

en comptabilité financière d'une part et en comptabilité de gestion d'autre part


vo
lar

peuvent faire naître tantôt des charges non incorporables, tantôt des charges supplé-
o
ch
1.s

tives. On parle de « différences d'incorporation sur amortissements, déprécia-


uh

tions et provisions ».

A. Amortissements et charges d'usage


La « charge d'usage » correspond à l'amortissement économique des biens. Elle
diffère généralement de l'amortissement porté en comptabilité financière qui
obéit souvent à des règles et contraintes fiscales.

(1) Il s'agit des sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés.

21
50950_ComptaGest_p001p124 Page 22 Mardi, 9. janvier 2007 9:56 09

LA COMPTABILITÉ DE GESTION EN COÛTS COMPLETS

Cette charge d’usage peut être calculée :


– sur la base de la valeur actuelle du bien (et non pas de son coût d'achat),
– sur une durée réelle probable d'utilisation.

On a donc : Charge d’usage = Valeur d’usage de l’immobilisation


--------------------------------------------------------------------------------------------------
Durée prévue d’usage

Il ne s'agit là que d'une suggestion et nombre d'entreprises calculent leurs coûts


sur la base des amortissements comptabilisés en fonction de la durée d'utilisa-
tion fiscalement admise.
B. Provisions, dépréciations et charges étalées

5
:10
80
Aux dotations aux dépréciations et aux provisions de la comptabilité financière

22
23
:10
se substituent des « charges étalées », déterminées selon des critères définis par

73
51
l'entreprise.

09
35
En résumé, les notions de charges supplétives et de charges non incorporables,

T:3
TA
de charges d'usage et de charges étalées peuvent s'illustrer ainsi :

ET
-S
ES
AL
CI
SO
Appellations en

ET
Exemples comptabilité de gestion Conséquences sur les coûts

S
UE
IQ
OM
Rémunération fictive

ON
EC
des capitaux propres Différences

ES
d’incorporation pour Charges supplétives

QU
Rémunération du éléments supplétifs

DI
RI
travail de l’exploitant
JU
ES
NC
IE

« Charges d’usage »
SC

(à la place des
S
DE

amortissements Différences
TE
UL

comptabilisés) d’incorporation sur


C
FA

amortissements, ou
m:

« Charges étalées » dépréciations et


o
x.c

(à la place des provisions


vo
lar

dépréciations et
o
ch

provisions
1.s

comptabilisées