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ACCORD COMMERCIAL

AVEC LE MERCOSUR –
UN ÉNORME POTENTIEL COMMERCIAL
POUR L’UE ET LA FRANCE

Les négociations en cours avec le Mercosur concernent les quatre pays fondateurs du
Mercosur que sont l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay :

Une région qui compte 260 millions de consommateurs.

La 7e économie mondiale et le 5ème marché mondial, avec


un produit intérieur brut de plus de 2 200 milliards d’euros.

Des marchés encore fermés avec des barrières


tarifaires et non-tarifaires élevées.

L’UE exporte pour 42 milliards d’euros de biens (chiffres


2016) et 22 milliards de services (2015).

Une destination importante pour les investissements européens, avec un


stock d’investissement de 378 milliards d’euros en 2015.

Le commerce est essentiel à la croissance et l’emploi dans l’Union


européenne. Un milliard d’euros d’exportation soutient 14 000 emplois
au sein de l’UE.

Le Mercosur et la France
La France est l’un des Etats-Membres qui bénéficierait le plus de cet accord. La
France est le deuxième fournisseur de biens et de services du Mercosur
parmi les pays de l’Union européenne (derrière l’Allemagne).

→→ La France exporte chaque année quelque 6 milliards d’euros de biens (2016)


et 3 milliards d’euros de services (2015) vers le Mercosur. Vis-à-vis du +3 milliards
d’euro
Mercosur, elle est :

Le premier exportateur européen dans l’aéronautique

Le second exportateur de services

Le troisième exportateur de produits pharmaceutiques et de produits chimiques

Le troisième exportateur de produits de la plasturgie

Le quatrième fournisseur d’instruments de précision et d’instruments de mesure


→→ Les exportations françaises sont des produits à haute valeur ajoutée qui ont un fort taux de création
d’emplois.

→→ En 2016 la France a importé pour 3 milliards d’euros de biens du Mercosur. Plus de la moitié de ces
importations sont des matières premières dont dépendent les éleveurs et les producteurs français,
comme le soja (1/4 des importations françaises provenant du Mercosur), les graines de café et, le
minerai de fer.

Agriculture : des opportunités à saisir…


Depuis le lancement des négociations avec le Mercosur en 1999, l’agriculture européenne est
devenue beaucoup plus compétitive. L’UE est ainsi devenue le 1er exportateur mondial
de produits agricoles.

Les exportations françaises, selon une étude d’impact économique


(2011) :
Ces chiffres sont liés aux droits de douane élevés dans ces secteurs, jusqu’à 35%
pour les produits les plus importants, par exemple textiles (35%), voitures (35%),
produits laitiers (28%), chocolats et bonbons (20%), spiritueux (jusqu’à 35%),
champagne (20% au Brésil, 35% en Argentine), d’autres vins (20%).

35% 20% 20% 20%

35% 28% 35% 35%

Les produits agricoles et agro-alimentaires ne représentent aujourd’hui que 5 % des exportations


européennes vers le Mercosur. Il s’agit essentiellement de produits à haute valeur ajoutée. La France est
le premier exportateur de produits laitiers (notamment de fromages) dans le Mercosur, ainsi que de vins
et spiritueux. Un accord réduirait significativement ou pourrait même éliminer les restrictions tarifaires et
non-tarifaires existant sur ces exportations, apportant des bénéfices tangibles pour le secteur agricole et
alimentaire européen. Sur un marché de 260 millions de consommateurs, le potentiel de croissance est
considérable.

→→ Le Mercosur est un marché clé pour les exportations européennes


d’huile d’olive, de pommes de terre congelées, de malt, de pâtes, de
chocolat, de fruits et légumes (notamment de poires, de prunes, de
kiwis et de pommes) de vins et de spiritueux, comme la vodka ou le
whisky. Les exportateurs de ces produits qui sont très souvent à haute
valeur ajoutée bénéficieraient directement de l’élimination des droits de
douane à l’importation.

→→ Pour les produits comme les produits laitiers, nos exportations vers le
Mercosur restent aujourd’hui à des niveaux très limités en comparaison de ce qu’on observe dans
les pays du voisinage du Mercosur ou sur des marches comparables, du fait des droits de douane
prohibitifs sur certains produits clés.

→→ L’accord traitera aussi de la question de l’accès aux matières premières, et notamment des taxes à
l’exportation qui sont imposées par le Mercosur sur certains produits très utilisés par les Européens
comme le soja. L’objectif est de garantir une meilleure sécurité d’approvisionnement et un meilleur
prix pour les éleveurs européens, qui sont très dépendants du Mercosur pour l’alimentation du bétail.

→→ L’accord devrait également garantir un niveau élevé de protection pour les nombreuses boissons et
produits alimentaires européens qui bénéficient en Europe d’une indication géographique établissant
leur lien avec une région bien spécifique. Du fait des liens historiques entre les pays européens et du
Mercosur, le Mercosur est en effet une région où les produits européens traditionnels font très souvent
l’objet de copies et beaucoup de produits français traditionnels ne jouissent aujourd’hui que d’une
protection limitée. Le chapitre de l’accord sur les indications géographiques
devrait inclure des dizaines de produits français, parmi lesquels les fromages,
les charcuteries et les vins les plus réputés, leur offrant au Mercosur le même
niveau de protection que celui dont ils bénéficient en Europe.

L’accord inclut un chapitre sur la sécurité des aliments et sur la santé animale
et végétale (questions sanitaires et phytosanitaires). Entre autres choses,
les dispositions correspondantes faciliteront l’enregistrement des établissements autorisés
à exporter et garantira que les audits effectués dans ce domaine sont effectués de manière
effective et transparente.

Tout en protégeant les produits sensibles


Dans certaines filières agricoles, l’UE et le Mercosur sont parfaitement
complémentaires et atteignent leur pic de production à des moments différents
de l’année, du fait de leur localisation dans l’hémisphère nord et l’hémisphère sud.
D’autres produits, comme le bœuf, l’éthanol et le sucre, sont qualifiés de produits
sensibles du point de vue européen.

Pour conclure cet accord, il est inévitable d’octroyer un certain accès au marché au pays du Mercosur
dans ces produits, car ils font partie de leurs principaux produits d’exportation. Toute ouverture
illimitée et incontrôlée est cependant exclue. Il existe des mécanismes, comme les contingents
tarifaires, qui permettent à l’UE d’octroyer une ouverture limitée au Mercosur sur ces produits, tout
en sauvegardant les intérêts des producteurs européens. Dans le cadre de ces
contingents tarifaires, les pays du Mercosur sont autorisés à exporter à droit réduit
un volume de marchandises qui a été préalablement agréé.

…et en maintenant des normes européennes rigoureuses


Les standards de sécurité alimentaire de l’UE resteront les mêmes. Aucun accord commercial
ne peut affecter la capacité de l’UE de prendre les dispositions nécessaires en cas de risque
pour la santé. Le Mercosur est déjà une source majeure d’importation de viande bovine et
de volaille pour l’UE. Toutes les importations doivent respecter les normes européennes
en matière de sécurité alimentaire, qui sont extrêmement rigoureuses. L’accord avec le
Mercosur ne changera rien à cela.

A l’inverse, le chapitre sur la sécurité alimentaire et la santé végétale et animale renforcera la


coopération avec les autorités des pays partenaires et permettra, grâce à un système de notifications
plus direct et plus efficace, d’accélérer l’échange d’informations sur les risques potentiels.

Les principaux gains pour les entreprises européennes

1. Elimination de droits de douanes

→→ L’accord éliminera les droits de douane très élevés dans les secteurs clés, y compris
ceux où le volume des échanges est déjà élevé :

voitures et pièces détachées 35%

machines 20-35%

produits chimiques 35%

produits pharmaceutiques 35%


→→ Ceci profitera aussi aux secteurs où le commerce a jusqu’à présent été limité à un niveau extrêmement
limité du fait de droits de douanes prohibitifs, par example aux produits textiles, un secteur où
les exportations vers le Mercosur restent très limitées en comparaison des pays voisins, à cause
des droit de douane de l’ordre de 35% pour l’habillement et pour les chaussures et de 26% pour les
tissus.

→→ Les nombreuses entreprises européennes déjà établies dans les pays du Mercosur seront en mesure
d’importer des pièces de rechange et des biens intermédiaires plus facilement, ce qui favorisera leur
compétitivité.

2. Un accès privilégié
1 Un accès privilégié à son marché par rapport à ce qu’il offre aux entreprises
non-européennes. L’UE sera la première puissance commerciale de son niveau à conclure
un tel accord avec le Mercosur, ce qui lui permettra de bénéficier d’une prime du premier
entrant sur le marché.

3. Prise en compte des barrières non-tarifaires


Les deux parties de l’accord vont simplifier leurs procédures douanières respectives et
travailler ensemble plus étroitement sur les questions de standard et de réglementations
techniques, afin d’éviter que des différences injustifiées n’handicapent les échanges
entre les deux blocs.

4. Services and investissement


Les engagements pris par les pays du Mercosur dans le cadre de l’OMC sont relativement
limités. L’accord diminuera les nombreuses barrières de toutes sortes qui empêchent les
entreprises européennes de fournir des services dans les pays du Mercosur. Les fournisseurs
européens de services sont présentes au Mercosur, principalement dans les technologies de
l’information, les télécoms, les services aux entreprises, les services financiers et les transports,
pour un volume d’affaire de 21,5 Mds€. L’accord pourrait ouvrir plus avant le marché des
services dans le Mercosur et apporter une plus grande sécurité juridique aux fournisseurs
européens.

C’st particulièrement important pour la France, qui était en 2015 le 2ème plus
grand fournisseur européen de services du Mercosur, avec près de 3 milliards
de services fournis, notamment dans les transports, le tourisme, les technologies
de l’information et les services aux entreprises.

5. Marchés publics
Les pays du Mercosur ne sont pas membres de l’Accord sur les Marchés Publics à l’OMC. Cela
signifie que les marchés publics importants restent très souvent inaccessibles aux entreprises
européennes. L’accord entre l’UE et le Mercosur a pour but de permettre aux entreprises
européennes de participer aux appels d’offres dans les pays du Mercosur, comme c’est déjà le
cas aujourd’hui pour les entreprises du Mercosur dans les pays membres de l’UE.

6. Dispositions concernant les petites et moyennes entreprises (PME)


Les PME représentent 94% de toutes les entreprises françaises actives à l’exportation.
L’accord a pour objectif d’assister les entreprises européennes, quelle que soit leur taille, et en
particulier les PME. Les PME sont souvent dissuadées de se développer sur de nouveaux marchés
du fait de contraintes bureaucratiques inutiles en douane, d’exigences de certification et de
tests coûteux, et elles peinent dans certains cas à comprendre les exigences réglementaires
et les procédures à suivre pour commercialiser leurs produits. Grâce à cet accord, l’UE et le
Mercosur vont mettre en place des plateformes en ligne qui donneront aux PME un accès
facilité à l’information nécessaire sur les exigences à l’importation et leur permettront de
profiter pleinement des dispositions préférentielles contenues dans l’accord.
Une contribution au developpement durable
Tant l’UE que le Mercosur restent engagés à mettre en œuvre l’accord de
Paris sur le climat. Dans ce cadre, l’engagement du Brésil inclut les actions
pour combattre la déforestation.

L’accord va:

Inclure un chapitre dédié au commerce et au développement durable. Cela va permettre de


renforcer les relations commerciales et l’investissement tout en respectant pleinement l’environnement.
Il couvrira les points comme la gestion durable des forêts, la protection de la faune et de la flore et le
respect des droits de travailleurs.

Créer un nouveau forum de discussion pour rendre le commerce plus durable.

Permettre aux deux parties de travailler étroitement pour une agriculture plus durable, par exemple en
promouvant le bien-être animal et cherchant des solutions au problème de résistance aux antibiotiques.

Assurer l’accès pour tous aux médicaments à des prix abordables.

Garantir le droit des Etats de réguler.

Aborder, dans la partie de l’accord d’association dédiée au dialogue politique les questions des droits
des communautés indigènes.

Inclure des dispositions sur la société civile en lui donnant la possibilité de suivre de la mise en œuvre
de l’accord, y compris pour les questions environnementales.

Inclure des dispositions visées à promouvoir la conduite responsable des entreprises. Plusieurs
initiatives existent déjà, y compris la moratoire sur le soja entre les entreprises productrices, les ONG
environnementales et le gouvernement au Brésil et les initiatives du secteur privé de l’UE sur des chaînes
d’approvisionnement. avec un impact zéro sur la déforestation.