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Université Cadi Ayyad

Faculté Poly-disciplinaire de Saf


Département de biologie

Mémoire de fn d’études

Licence en Biologie et Santé

Etude préliminaire de l’impact


des eaux usées sur les eaux
souterraines de la région de
Sebt Gzoula
Réalisé par: Encadré par: Mr. H. Achtak

Co-encadré par: Mme. Z.


Damsiri
 ELHIDAOUI Aboubakr
 DAHDOUH Hatim

Soutenue le 20 juin 2014 devant le jury

Année universitaire: 2013-2014


Remerciements

Ce projet n’aurait pas été possible sans l’intervention, consciente, d’un grand nombre de personnes. Nous
souhaitons ici les en remercier.
La première personne que nous tenons à remercier est notre encadrant Mr. Achtak Hafid pour l’orientation, la
confiance, la patience qui ont constitué un apport considérable sans lequel ce travail n’aurait pas pu être mené
au bon port. Qu’il trouve dans ce travail un hommage vivant à sa haute personnalité.
Un remerciement spécial à Mme. Zainab Damsiri de nous avoir initié aux techniques d’échantillonnage et le
dosage des paramètres physicochimique ainsi que pour le temps qui a consacré pour la lecture et la correction
du document.
Nos vifs remerciements vont également à tous les professeurs de la filière Sciences de la Vie pour les efforts
déployées le long de notre parcours universitaire.
Nous n’oublions pas nos parents pour leur contribution, leur soutien et leur patience.
Enfin, nous adressons nos plus sincères remerciements à tous nos proches et amis, qui nous ont toujours
soutenue et encouragé au cours de la réalisation de ce mémoire. Merci à tous et à toutes.

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Avant propos

Le travail de recherche présenté dans ce mémoire a été élaboré dans le cadre de notre Projet de fin d’études
pour l'obtention du diplôme de la ‘Licence’ de la Faculté Poly-disciplinaire de Safi, option Biologie et Santé. Le
sujet de ce projet de recherche concerne le problème de la qualité des eaux souterraines dans la région de Sebt
Guzoula. Cette étude est une étape importante dans notre cursus universitaire, c’est la raison pour laquelle il
nous a semblé intéressant de choisir une problématique qui nous permette de faire le trait d’union entre nos
études académiques théoriques et expérimentales.
Cette étude sa vaut être une contribution devant permettre de mettre en relief la problématique de la potabilité
des eaux souterraines dans la région de Safi. Aussi elle contribue à la détermination de certaines sources de
contamination pouvant nuire à la santé de la population utilisatrices des eaux des puits prospectés.
Nous voudrions remercier toutes les personnes qui ont accepté de nous accueillir durant la réalisation de ce
projet, et qui nous ont livré les moyens et des informations de première main sur notre sujet. Nous tenons à
remercier plus spécialement notre encadrant le professeur Hafid ACHTAK qui a été à l’origine de cette étude.

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Sommaire
Introduction générale……………………………………………………………………..5

Chapitre 1 : Synthèse bibliographique …………………………………………..7

 Problèmes majeures de la gestion de l’eau au Maroc…………………………………………7


 Sources de contamination des eaux…………………………………………………………….7
 Normes de qualité de l’eau …………… ……………………………………………………….7
 Les maladies liées à l’eau dans la région d’Abda…………………………………………….. 8
 Détermination de la qualité d’eau …………………………………………………………….10
-Analyses organoleptiques ……………………………………………………………….......10
- Analyses physico-chimiques……………………………………………………………..…..10
 Présentation de la zone d’étude……………………………………………………………... 11
- Cadre administratif………………………………………………………………………….11
- Cadre climatique et réseau hydrographique………………………………………………...11
- Cadre géologique…………………………………………………………………………...11

 Le secteur agricole dans la région ………………………………………………………….....12


 La population de la région……………………………………………………………….…….12
 La répartition de ressources en eaux dans la région ……………………………….….…....12
 Les besoins en eau dans la région ………………………………………………….………....13

Chapitre 2 : Matériels et méthode ……………………………………………….13


 Localisation et échantillonnage………………………………………………………..……...13
 Analyse physicochimique de l’eau……………………………………………..…………..…14
 Analyse statistique des données……………………………………………………..………..15
 Corrélation entre les paramètres………………………………………………………...……15

Résultats et discussions………………………………………………………..………..15
Conclusion et Perspectives…………………………………………………….……….19
Références……… …………………………………………………………….……….………20

Introduction générale
L’eau est une ressource importante pour l’humanité, mais cette dernière a connu ces dernière décennies
une surexploitation qui du à l’effet de la croissance la population, Ce qui favorise l’utilisation de cette ressource

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dans différents secteurs (L’agriculture, la consommation quotidienne…). La nécessité de gérer cette ressource
est primordiale afin d’assurer son développement durable.

Au Maroc, l’eau des puits, au tant qu’une eau souterraine, constitue une part importante du patrimoine
hydraulique du pays (Matee, 2001), et qui mérite un certain intérêt pour sa continuité.
A l’échelle nationale les ressources en eaux souterraines, déjà en quantité limitée, souffrent de plusieurs
problèmes qui causent l’altération de leur qualité. Parmi les facteurs qui participent à cette altération, on cite la
croissance démographique, l’extension de l’agriculture, le développement des unités d’élevages avicoles et
l’utilisation des fosses septiques non contrôlées. En plus, les nappes phréatiques s’avèrent de plus en plus
vulnérables aux changements climatiques (Belghiti et al., 2009). La tentative de garder l’eau des puits en bonne
qualité influence directement et d’une façon apparente la santé. En effet, l’eau consommée doit être de bonne
qualité sanitaire afin d’éviter la survenue de pathologies d’origine hydrique. Quatre siècles avant notre ère,
Hippocrate attirait déjà l’attention de ses confrères sur la relation entre la qualité de l’eau consommée et l’état
de santé d’une population (M.S.S., 2005), et c’est la raison pour laquelle il est nécessaire de contrôler la qualité
de cette eau. L’eau destinée à la consommation humaine ne doit contenir ni substances chimiques dangereuses,
ni germes nocifs pour la santé.

L’eau peut être aussi une source dangereuse de maladie ; selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) cinq
millions de nourrissons et d’enfants meurent chaque année de maladies diarrhéiques dues à la contamination
des aliments ou de l’eau de boisson (PULIM, 1991). La consommation d’une eau potable facteur déterminant
dans la prévention des maladies liées à l’eau, doit bénéficier d’une attention particulière surtout dans les régions
où les eaux souterraines constituent la source principale de l’eau potable pour la population. Dans la province
de Safi, et particulièrement en milieu rurale, la majorité des ménages utilisent l’eau provenant des puits comme
source d’eau potable soit via les puits publics, soit des puits individuels souvent non protégés. Conjuguée à
l’insuffisance des ouvrages d’assainissement et la méconnaissance des règles élémentaires d’hygiène,
l’utilisation de ces puits peut favoriser la propagation des maladies féco-orales.
Face à l'ampleur et la diversité des problèmes liés aux rejets sauvage de ces eaux usées, nous avons entamé une
étude, afin d’évaluer l’influence des eaux usées sur les eaux souterraines dans la région Sebt-Gzoula.

Pour répondre a cette problématique, nous avons commencé dans un premier temps par présenter une synthèse
bibliographique dans laquelle on donnera un bref aperçu sur l’importance des eaux souterraines dans notre
région d’étude, les maladies liées à l’eau ainsi que les méthodes d’évaluation de la qualité de l’eau. Une
deuxième partie est consacrée à une étude de cas sur la qualité physicochimique et bactériologique des eaux des

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puits dans la région de Sebt Guzoula. A partir de ces données, nous avons fait un état des lieux des nappes
phréatiques dans la région de « Abda », afin de bien comprendre en quoi la qualité des eaux souterraines est un
enjeu majeur pour une gestion raisonnée des ressources en eaux potables et aussi pour sensibiliser les décideurs
pour une meilleure application des normes de protection des puits en vue de la réduction de l’incidence des
maladies liées à l’eau. Ainsi nous nous sommes fixés comme objectifs :
Objectif général :
 Etudier la qualité physico-chimique de l’eau des puits de certaines régions de Sebt Guzoula
Objectifs spécifiques :
 Déterminer les éléments présentant un risque pour la santé.
 Faire des propositions d’amélioration de la qualité des eaux des puits.

Chapitre 1 : Synthèse bibliographique


 Problèmes majeures de la gestion de l’eau au Maroc
Au Maroc, les ressources en eau souffrent d’une forte irrégularité dans l’espace et dans le temps. Actuellement,
l’utilisation de 91 à 94 % de la ressource mobilisée pour l’agriculture, est de seulement 6 à 9 % pour
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l’alimentation en eau potable et l’industrie, montre bien la volonté d’un développement du secteur agricole,
bien que l’alimentation en eau potable du monde rural constitue aussi une préoccupation majeure. Malgré cette
politique, les longues périodes de sécheresse conjuguées à l’accroissement des besoins en eau engendrent des
déséquilibres à la fois quantitatifs et qualitatifs de la plupart des nappes aquifères. Pour pallier à cette
vulnérabilité, il y a lieu d’instaurer une gestion intégrée des ressources en eaux souterraines solidaire et
participative, où l’administration et toutes les parties prenantes participent activement, à la mise en œuvre des
dispositions de la loi 10‐95 dont l’objectif est de disposer d’un cadre juridique pour garantir une gestion
rationnelle et durable de l’eau.
A l’échelle de région de Safi, le climat semi-aride caractéristique de cette région est très sévère, avec une forte
évapotranspiration, et une salinisation des sols qui commence à prendre de l'ampleur surtout dans la zone
côtière. En outre, la sécheresse qui perdure depuis des années dans cette région combinée à la rareté des
ressources en eaux superficielles, poussent les gens dans ses zones rurales à utiliser les eaux souterraines
comme unique source d’eau potable et d'irrigation. Une telle utilisation accrue de ces eaux, couplée à une
intensification de l’agriculture, l’absence d’un réseau d’assainissement et le non respect de l’hygiène pourraient
conduire à la détérioration de la qualité des eaux souterraines d’une part et nuire à la santé humaine d’autre
part. Afin de cerner ces problèmes, plusieurs actions s'avèrent nécessaires et primordiales notamment déceler
les zones à risques, trouver des scénarios adéquats pour la gestion durable des ressources en eaux souterraines,
et suivre de près la qualité des nappes phréatiques.
 Sources de contamination des eaux
Les sources de contamination des eaux souterraines sont multiples et sont liées à de nombreuses activités
humaines. Les eaux urbaines constituent une source de contamination des eaux souterraines par leur
concentration en constituants organique et inorganique. D'autres sources peuvent être ajoutées telles que la
pollution de l'air, la pluie, le lessivage des chaussées, etc. Cependant, leurs origines peuvent être complexes et
incluent les eaux pluviales, les eaux usées des fuites des réseaux (Barrett et al., 1999). Les lixiviats d'ordures
ménagères, les fosses septique et essence sont considérés comme des sources de contamination chargées en
polluants et qui ont des impacts environnementaux majeurs sur les ressources en eau disponibles.
 Normes de qualité de l’eau
Une eau de consommation ne doit pas contenir des germes de maladies à transport hydrique, des substances
toxiques ni des quantités excessives de matières minérales et organiques. Elle doit par ailleurs, être limpide,
incolore et ne posséder aucun goût ou odeur désagréable. En outre, l’eau potable doit contenir sans excès un
certain nombre d’éléments minéraux dont la présence lui confère une saveur agréable à l’exclusion de ceux qui
seraient l’indice d’une contamination.

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Tous les pays du monde ne suivent pas les mêmes normes, certains édictent leurs propres normes, d’autres
adoptent celles conseillées par l’OMS. Au Maroc, les normes de qualité de l’eau ont été fixées par l’OMS
(Tableau 1).
Tableau 1: Qualité physico-chimique de l’eau de boisson (Directive de l’OMS 2002) et (Normes marocaines
03/01/007).

Eléments Valeurs indicatives OMS Normes Marocaines Unité


03 /01 /007
VMR VMA VmR
pH 6,5 – 8,5 605<PH<8.5 9.2 6.9 mg/l

Conductivité 500 1300 2700 110 µS/cm

Oxygène dissous 5-8 5<O2<8 - - mg/l

Nitrites 3 - 50 - mg/l

Ammonium 0.5 0.05 0.5 - mg/l

Sulfates 250 200 - - mg/l

Orthophosphate 0 - - - mg/l

 Les maladies liées à l’eau dans la région d’Abda


Dans la nature, l’eau pourrait être le vecteur de transmission privilégié de certaines maladies dites hydriques.
Les pathologies liées au manque d’eau et liées à la présence de substance chimique dans l’eau peuvent être
d’origine bactérienne, virale, et parasitaire.
Maladies d’origine bactérienne : Les eaux peuvent transmettre un certain nombre de maladies d’origine
bactérienne. On cite à titre d’exemple le choléra (Vibriocholerae) et la fièvre gastro-entérite (Salmonella typhi
et E. Coli).
Maladies d’origine virale : On peut citer la poliomyélite, les hépatites virales et entérovirus.
Maladies d’origine parasitaire : dues à des parasites exemples comme l’ankylostomose et le téniasis.
Maladies liées à la présence de substances chimiques dans l’eau (C.R.D.I., 1991).
Selon une étude visée sur la qualité de l’eau au Maroc, la région d’Abda se caractérise par une qualité d’eau
mauvaise à très mauvaise. Par conséquent, la consommation de cette eau peut provoquer certaines maladies
hydriques. Une enquête sanitaire a été effectuée par S.I.A.A.P, leurs résultats sont présentés dans la figure 1.

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Figure 1: Le nombre de cas enregistrés pour certaines maladies hydrique dans différentes zones de la
région d’Abda entre 2008 et 2012.

Selon les résultats obtenus, on note l’absence du cholera et de la poliomyélite durant ces années grâce aux
efforts émis par l’état pour éliminer ces deux fléaux depuis 1980. Par contre, Pour on constate un taux élevé de
l’hepatite A avec certains cas déclarés surtout dans les zones rurales par rapport aux autres mais leur nombre
s’abaisse considérablement à partir de 2009. Concernant la meningite, on remarque un nombre variable de cas
enregistrés suivant les années. Durant cette enquête, le nombre des cas diahérriques a été enregistré seulement
pour les enfants de moins de 5 ans (Figure 2).

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Figure 2: Nombre des cas diahérriques enregistréschez les enfants moins de 5 ans entre 2008 et 2012

Le graphique montre un nombre élevé des cas enregistrés surtout dans les zones rurales (11275 en 2008)
comparativement aux zones urbaines (10824 en 2008). L’évolution de ces valeurs selon les années montre par
contre une diminution des cas diahérriques due essentiellement à la sensibilisation de la population des zones
rurales et aux efforts émis par les responsables pour assurer l’hygiène de l’eau.
Néanmoins, il faut signaler que l’enregistrement a été fait seulement pour les cas d’enfant moins de 5 ans en
absence totale de données relatives à d’autres tranches d’âge.
 Détermination de la qualité d’eau
a. Analyses organoleptiques : Les paramètres organoleptiques sont les propriétés de l'eau telles que sa couleur,
son odeur, son goût et son aspect qui sont perceptibles par les organes sensoriels. On considère que les
paramètres organoleptiques n'ont aucune incidence sur la santé (Chouti, 2007).
b. Analyses physico-chimiques : Il est recommandé d’analyser les caractéristiques de l’eau ci-dessous, qui
peuvent indiquer des problèmes éventuels relatifs à l’eau ou au système d’alimentation en eau.
La température : C'est un paramètre physique qui influence considérablement la multiplication
microbienne ainsi que le métabolisme. Selon la température optimale de développement, les micro-organismes
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sont classés en trois catégories. Les germes mésophiles qui supportent une T° moyenne comprise entre 20 et
40°C.
- Les germes psychrophiles dont la T° optimale de croissance est située entre 0 et 15°C.
- Les germes thermophiles qui se multiplient préférentiellement entre 45 et 85°C.
Il faut noter que la majorité des bactéries pathogènes sont mésophiles. Une température élevée de l’eau offre
ainsi un meilleur potentiel au développement des microorganismes présents dans le milieu. D’une manière
générale, s’il n’existe pas de norme pour la température, il est conseillé que celle-ci ne dépasse pas 15°C.
Le pH : Le pH mesure la basicité ou l'acidité d'une solution. Le pH n’a normalement pas d’effet direct
sur les consommateurs. Toutefois, il reste un paramètre important de la qualité de l’eau car il influence tous les
aspects opérationnels du traitement de l’eau en jouant notamment un rôle sur les réactions chimiques se
déroulant en milieu aqueux. On retiendra que le pH devrait se situer au voisinage de l’équilibre, soit entre 6.8 et
8.2. Cependant chaque espèce à un pH optimum de croissance, Escherichia coli par exemple se multiplie à
partir de pH égal à 4,4 jusqu'à un pH égal à 8. Le pH doit être impérativement mesuré sur le terrain à l’aide
d’un pH-mètre ou par colorimétrie.
La conductivité : La mesure de la conductivité permet d’apprécier la quantité de sels dissous dans
l’eau, ce paramètre doit impérativement être mesuré sur le terrain. La valeur mesurée sur le terrain doit être
comparable à celle mesurée au laboratoire.
L’oxygène dissous : L’oxygène dissous mesure la concentration du dioxygène dissous dans l’eau
(Rodier, 1984), il participe à la majorité des processus chimiques et biologiques en milieu aquatique.
L’orthophosphate : La quantité des phosphates (appelés aussi orthophosphates) d’une eau se mesure en
mg/l. De bonnes pratiques agricoles peuvent limiter les excès de phosphore. Les critères analytiques
du PO4 dans l’eau (CPEPESC, 2004) sont comme suit :
- De 0 à 0,1mg/l : Très bon. - De >0,1 à 0,5 mg/l : Bon.
- De >0,5 à 1 mg/l : Médiocre. - De >1 à 2 mg/l. : Pollution.
- De >2 mg/l. : Très pollué
Les nitrites : Les nitrites sont considérés comme étant des ions intermédiaires entre les nitrates et l’azote
ammoniacal, ce qui explique les faibles concentrations rencontrées en milieu aquatique d’origine profonde
(Rodier, 1984).
L’ammonium : L’azote ammoniacal dans les eaux naturelles peut provenir du lessivage des terres
agricoles et des minéraux argileux ainsi que des eaux d'égouts. Sa concentration est généralement faible dans
l’eau souterraine puisqu’il s’absorbe sur les particules du sol et sur l’argile. La présence d’ammonium indique
généralement une pollution d’origine organique.
6- Présentation de la zone d’étude
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 Cadre administratif
La province de Safi est assurée par une armature administrative se composant de 5 communes urbaines et trente
communes rurales, regroupées au sein de 4 cercles (Annuaire statistique du Maroc, 2008).
 Cadre climatique

Le climat de cette région est une dégradation du climat des plaines atlantiques Nord, avec une aridité croissante
en allant vers le sud, en raison des influences des plateaux qui commencent à se faire sentir. Le cumul des
précipitations est de 300 mm à 400 mm par an selon la nature de l’année. La période des pluies est inférieure à
six mois et se concentre essentiellement entre novembre et mars. Comme sur la côte atlantique nord, les
brouillards et les rosées sont fréquents et l'ensoleillement y est record, plus de 270 jours de Soleil par an. Les
températures sont fortement influencées par le front alizé qui souffle tout au long de l'année. Elles varient,
donc, très peu entre l'hiver et l'été, et s'échelonnent de 16 à 30 °C en janvier et 25 à 42 °C en juillet. Cependant
cette région peut ponctuellement subir des remontées d'air saharien qui peuvent faire grimper les températures
au-delà de 44 °C.

 Cadre géologique
La nature des sols, variant d'un secteur à l'autre, constitue aussi une contrainte majeure au développement
urbain. Ces sols sont composés de plusieurs groupes lithologiques très différents: argile, sable, marnes à gypse,
calcaire argileux bioclastique gréseux ou cristallin. La présence du gypse constitue également un problème
sérieux ; au contact de l'eau, ce matériaux gonfle et perd toute cohésion. Sa réactivité avec le béton et l'acier est
fortement corrosive.
 Le secteur agricole de la région
Ce secteur joue un rôle déterminant dans l'activité économique de la Province. Il occupe presque la moitié de la
population active. Cependant, la production agricole est très liée aux conditions climatiques. Les cultures
pratiquées sont très diversifiées. Il s'agit des céréales (3/4 de la superficie cultivable), des légumineuses, des
maraîchages et des plantations fruitières. La province dispose par ailleurs, d'un important effectif du cheptel et
d'animaux de trait envions 1 249 000 de têtes.
 Population de la région
Selon les Projections du C.E.R.E.D. (2008), la province de Safi est la cinquième sur le plan national de point de
vue démographique avec environs 890.000 habitants avec une prédominance de la population rurale face à
l’urbaine avec 457 milles habitants et 433 milles habitants respectivement.
 La répartition de ressources en eaux dans la région

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Les ressources en eaux dans la province de safi sont généralement faibles, qui s'estiment à 436 millions m3
répartis comme suit :

a - Les eaux superficielles :

L'Oued Tensift constitue le seul fleuve traversant le territoire de la Province. Il prend sa source dans l'Atlas et se
jette dans l'Atlantique à Souira Kédima. Le volume des eaux de Oued Tensift atteint environ 300 millions m 3/an
déversé en grande majorité dans l'Océan Atlantique faute d'un barrage permettant la mobilisation de ses eaux.
La Province dispose par ailleurs, d'un lac artificiel qui s'alimente à partir d'un canal lié au barrage IMFOUT
(Province d'El Jadida) d'un volume de 48 millions m3/an destiné à alimenter les Industries Chimiques, certains
centres urbains de la Province (Ville de Safi Centres Jemâa Shaim, Tlet Bouguedra et Sebt Gzoul) et le
périmètre irrigué (C.R de Sidi Aissa).

b - Les eaux souterraines :

Les réserves en eaux souterraines de la Province sont estimées à 88 millions de m3 dont 50 millions seulement
sont exploitées à des fins agricoles ou domestiques. Ces eaux se trouvent à des profondeurs importantes
séparées généralement de la surface terrestre par des couches argileuses et marneuses défavorisant leur
exploitation.

 Les besoins en eau :

Actuellement, le problème de l'insuffisance des ressources en eau commence à prendre une dimension
importante, d'autant plus que certaines insuffisances tendent à s'installer par suite de l'augmentation
progressive des besoins et des exigences de plus en plus grandes

Tableau 2: Evolution des besoins en eau potable de la ville de Sebt Gzoula (ONEP)

1988 1990 1995 2000 2010

Les besoins moyens 41 49 57 64 81


en eau (l/s )

Chapitre 2 : matériels et méthodes

 Localisation de site d’étude et échantillonnage


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La commune de Sebt Gzoula est située à 32° 7′ Nord et 9° 5′ Ouest et son altitude atteint 210 m. D’après le
recensement de 2004, sa population arrive à 13 943 hab. Elle fait partie de La région d’Abda qui constitue la
partie méridionale de la meseta atlantique. La zone d’étude est une région charnière entre le plateau de
Mouissate et le sahel de Safi.

Figure .3
Localisation
géographique des puits

Tableau 2. Localisation GPS des puits analysés

Distance
Les sites Altitude (m) Le profondeur (m) Localisation GPS
de lac(Km)

SGHAR (P1) 2,8 162 170 N 32°,08 , 083' / H 009° , 05,503'

SGHAR (P2) 2,85 168 230 N 32°,08 , 193' / H 009° , 05,406'

CHANTI (P3) 3 191 200 N 32°,08 , 352' / H 009° , 05,229'

LBRIK (P4) 0,25 183 100 N 32°,06 , 505' / H 009° , 05,163'

LHAMAM(P5) 0,275 207 130 N 32°,06 , 496' / H 009° , 05,159'

LHANOT(P6) 0,4 199 17 N 32°,06 , 402' / H 009° , 05, 248'

PUBLIC (P7) 0,46 191 20 N 32°,06 , 106' / H 009° , 05,293'

Lac (S1) - 100 - N 32°,06 , 369' / H 009° , 05,789'

L’échantillonnage a été effectué avec soin pour éviter la contamination ou la modification les échantillons.
Ainsi, deux séries de prélèvements ont été réalisées:

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Des prélèvements d’échantillons pour l’analyse physico-chimique: Ils ont été mis dans des flacons en plastique
de 500 ml lavés plusieurs fois par l’eau de puits à analyser. L’ensemble des échantillons ont été acheminés dans
une glacière et placé par la suite entre 0°C et 4 °C au laboratoire pour l’analyse. L’analyse a été faite dans un
délai maximum de 24 h après la collecte.

 Analyse physicochimique
- Analyse in situ : Certains paramètres ont été analysées in-situ à savoir le pH, la température, la
conductivité électrique, l’oxygène dissous et la salinité. Ces paramètres présentent de nombreux
avantages en termes de simplicité, de coût et d’efficacité (Dott et al., 1995). L’ensemble de ces analyses
a été réalisé suivant des méthodes standardisées en utilisant un appareil portable multifonctionnel
(WTW).
- Analyse au laboratoire : Les autres facteurs indicateurs d’une pollution minérale à savoir l’ammonium,
le nitrite, l’orthophosphate ont été analysés au laboratoire selon les méthodes d’analyses préconisées par
(Afnor, 1997).
 Traitement statistique des données
-Corrélation entre les paramètres
Le test de corrélation de Pearson a été appliqué sur l’ensemble du jeu de données, à savoir 42 puits et 9
paramètres physicochimiques afin de chercher les différentes corrélations possibles entre ces paramètres et les
expliquer par la suite.

Résultats et discussions
Les résultats des analyses physicochimiques, et les différentes investigations sur le terrain
(observations directes et enquêtes auprès des ménages) ont été obtenus et sont présentés
suivant les différents objectifs de l'étude.
Les résultats des mesures et analyses sont consignés dans sur les Figures suivants :

15
-a- -b-

-c- -d-

16
-e- -f-

-g-
Figure 4: La variation de paramètres physico-chimiques au niveau des puits
étudiés

La Température (fg. 4a): Les valeurs de température des eaux souterraines de la


région de Sebt Gzoula prélevées dans les puits de profondeurs varient entre 170 m et
230 m, (P1, P2,P3, P4) sont comprises entre 25°C et 27°C avec une moyenne de 25.8
°C. Cette fluctuation au niveau des températures peut lier à la profondeur des puits,
mais on peut la négliger car ce critère n’explique pas fortement l’élévation de la
température puisqu’elle est influencée par la période du prélèvement (saison, jour et
nuit, l’heure…).

17
Tandis que Les valeurs de température des eaux usées au nivaux des sites étudiées
dans le lac sont comprises entre 17.1 °C et 23 °C on note que avec des valeurs élèves
de température comme les cas suivante constitue un bon milieu de culture pour les
micro-organismes de l’environnement, ce qui veut dire que l’élévation de la température
des eaux de puits crée des conditions favorables à la pollution des eaux.
Le PH (Fig. 4b) : D’une manière générale les eaux des puits et de lac analysées sont caractérisé par des
valeurs de PH neutres et comprises entre 6.6 P6 et 7.3 P4 pour les puits, et 7.9 pour le lac des eaux usées.
En se référant aux normes de l’OMS (pH compris entre 6,5 et 8,5) pour l’eau potable, et
(entre 6.4 et 8.5) pour l’eau des irrigations 100% de nos eaux des puits analysées sont
recommandées à la consommation humaine ces résultats liées a la profondeurs des puits et de la
nature géologique.
La conductivité (Fig. 4c): Les valeurs de la conductivité enregistrées varient entre 974 µS/cm au
niveau de puit P4 et 1411 µS/cm en P2 avec une moyenne de 1182.48 µS/cm. La totalité des puits (71.42%)
analysées n’ont pas convenables aux normes de l’OMS sauf 28.57% qui sont autorisées à la consommation
humaine
L’oxygène dissous (Fig. 4d) : Les valeurs de l’oxygène dissous sont généralement élevées et
respectant les normes avec des concentrations comprises entre 8.1 mg/l en P2 et 4.84 mg/l en P2 avec une
moyenne de 6.48 mg/l, augmente avec les températures basses. En comparant avec les valeurs de l’OMS
comprise entre 5 et 8 on constate que 85% des puits sont recommandées aux normes tandis que les autres 15%
ont une valeur minimale ou maximale aux normes de l’OMS
L’ortho-phosphate (Fig. 4e): Pour les teneurs en orthophosphates des puits analysés varient entre
0.07 mg/l en P3 et 0.141 mg/l en P5, avec une moyenne maximale enregistrée (1,44 mg/l) au niveau des puits
fermés ces valeurs enregistrées dépassent les normes OMS. En effet, 100% des eaux de puits prélevées sont des
eaux polluées non destinées à la consommation.
L’ammonium (Fig. 4g): Les concentrations de l’ammonium varient entre 0.06 mg/l en P3 et 0.104 mg/l
en P4 selon l’OMS (0.05 mg/l) donc la plupart des puits traitées sont hors de cette norme.
On observe également que la concentration de l’ammonium varie entre 0.299 mg/l P1 et 0.522 mg/l en P2.
Au niveau du lac les valeurs enregistrées sont hors des normes de l’OMS (0.5 mg/l).
Par contre au niveau des puits fermés (Tab. 5), on remarque une moyenne de 1,74 mg l ce qui est hors des
normes de l’OMS d’où la contamination des puits fermés par filtration des eaux du lac.

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Le nitrite (Fig. 4f) : La teneur en nitrites dans les puits varie d'une concentration minimale de 0.8 mg/l
en P3 et une concentration maximale de 0.134 mg/l. Pour les puits fermés aussi ont une valeur moyenne de
0,109 mg/l expliquant la contamination de ces puits par les eaux du lac.
En comparant nos résultats aux normes de l’OMS (0.1 mg/l) le 57% des puits ont des teneurs superieures aux
normes de l’eau potable alors que le 43% ces eaux donc sont succeptible à les exploiter pour la consommation.
Au niveau du lac l’eau présente des teneurs relativement élevées en nitrites.
Tableau 3 : Statistiques descriptives des différents paramètres physicochimique étudiés au niveau des
puits témoins.

Les puits Paramètres Min Max Moyenne Ecart type CV


P4 P7 PH 6.6 7.3 6,94 0,24 3,54
P2 P7 Température (°C) 21.4 27 24,8 2,26 9,14
P2 P5 Oxygène dissous (mg/l) 4.84 8.1 6.48 1,11 17,16
P4 P2 Conductivité (µS/cm) 978 1411 1178 170,24 14,45
P3 P4 Ammonium (NH4+) (mg/l) 0.06 0.104 0,635 0,1 16,88
P3 P5 Nitrite (NO2-) (mg/l) 0.08 0.134 0,03 0,005 16,98
P3 P5 Ortho phosphate (PO4 –3 ) 0,123 0,256 0,197 0,196 22,24

Tableau 4 : Statistiques descriptives des différents paramètres physicochimique étudiés au niveau des
puits fermés (au niveau du lac)

Paramètres Min Max Moyenne Ecart type CV

pH 8,11 8,21 8,15 0,05 0,617


Température (°C) 21,7 22,2 21,93 0,251 1,14
Oxygène dissous (mg/l) 3,72 3,93 3,83 0,105 2,75
Conductivité (µS/cm) 3365 3645 3522 143,06 4,06
Ammonium (NH4+) (mg/l) 1,69 1,82 1,74 0,066 3,81
Nitrite (NO2-) (mg/l) 0,105 0,112 0,109 0.003 3,3
Orthophosphate (PO4-3) 1,35 1,55 1,44 0,101 7,04
(mg/l)

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Conclusion

Dans la province de Safi, et particulièrement en milieu rurale, la majorité des ménages utilisent l’eau
provenant des puits comme source d’eau potable soit via les puits publics, soit des puits individuels souvent
non protégés. Conjuguée à l’insuffisance des ouvrages d’assainissement et la méconnaissance des règles
élémentaires d’hygiène, l’utilisation de ces puits peut favoriser la propagation des maladies dites hydriques, à
cause de ces effets néfastes sur la santé humaine nous avons mené cette étude pour diagnostiquer la qualité des
eaux souterraines sur le plan physicochimique.
Le résultat des paramètres physiques des eaux des puits ne suivent pas tous les normes de l’OMS. Quant aux
résultats chimiques, les valeurs de la majorité des puits analysées sont comprises dans les normes de l’OMS.
Afin d’améliorer la qualité des eaux de puits certains précautions doivent être appliquées a court terme, il faut
sensibiliser les populations et les inciter à traiter l’eau des puits avant consommation, et leur rassurer qu’on peut
faire reculer toutes les maladies d’origine hydrique par un approvisionnement suffisant en eau salubre et par
l’amélioration de l’assainissement et des conditions d’hygiène.
A moyen terme, l’alimentation des quartiers périphériques pourrait être assurée par des forages profonds captant
la nappe profonde. D’autre part assurer l’approvisionnement en eau par le réseau d’adduction moderne
fournissant de l’eau potable aux quartiers non encore suffisamment dotés.
Enfin, des mesures doivent être prises pour une meilleure évacuation des eaux usées et une meilleure
conception des fosses d’aisances et des puisards. Ce qui diminuera la pollution de la nappe superficielle ; afin
de mettre les populations à l’abri des affections liées à l’eau de consommation.
En perspectives nous envisagent d’élargir notre air d’étude pour analyser plus de puits et faire un suivi dans les
différentes saisons et finalement approfondir l’étude bactériologique afin de chercher les germes pathogènes.

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Références

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