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Linx

Le "français des affaires" : contenu et enseignement


I Darricades Rakotobe

Résumé
Le français des affaires peut désigner diverses formations : français économique et commercial, français professionnel, celui
des chargés d'affaires, des conseillers en placement.. Avoir une solide connaissance de la. vie économique et commerciale
française et acquérir une compétence communicative en milieu professionnel sont les objectifs le plus fréquents. Cette
compétence passe par l'étude et la maîtrise de la diversité des discours et des documents des situations professionnelles du
français des affaires associées à une réflexion sur les questions d'interculturalité.

Abstract
Business French can mean several types of courses : French Economics and Commerce, profession-related French, French for
people in charge of affairs andfor investment consultants. 7b have a solid knowledge of the economic and commercial life in
France and to obtain conununicative competence in the professional environment are the most usual objectives. This
competence is developed through the study and the mastery of the variety of speech and documents of professional situations
in which Business French is used as well as through reflections on intercultural questions.

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Darricades Rakotobe I. Le "français des affaires" : contenu et enseignement. In: Linx, n°27, 1992. Les Français Professionnels.
pp. 93-101;

doi : https://doi.org/10.3406/linx.1992.1249

https://www.persee.fr/doc/linx_0246-8743_1992_num_27_2_1249

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Le français des affaires,

contenu et enseignement

Isabelle Rakotobe-Darricades

par
Résumé
économique
des
milieuprofessionnel
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sur
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Le
et
questions
commerciale
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Abstract
Business French can mean several types of courses : French Economics
and Commerce, prqfession-relatedFrench, Frenchfor people in charge ofaffairs
andfor investment consultants. 7b have a solid knowledge ofthe economic and
commercial life in France and to obtain conununicative competence in the
professional environment are the most usual objectives. This competence is
developed through the study and the mastery of the variety of speech and
documents ofprofessional situations in whichBusiness French is used as well
as through reflections on intercultural questions.

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Isabelle Rakotobe-Darricades

D,e la même façon que l'expression "les affaires" situe un domaine


d'activité sans en préciser le contenu, le français des affaires a
longtemps été synonyme de "français de spécialité" dans le domaine
professionnel. Il le reste encore aujourd'hui dans certaines écoles de
langue. Celles-ci mettent en place un grand nombre de formations très
diverses sous l'appellation de "français des affaires" : préparation à la
vie professionnelle en Afrique francophone, apprentissage du
vocabulaire technique français etc. Cependant l'ampleur et la diversité des
demandes de formations dans ce domaine nécessitaient d'en préciser
les limites. C'est ainsi qu'à partir du groupe terminologique "français
de spécialité" de nouvelles dénominations sont apparues : les français
des professions, les français par "secteurs" (le français scientifique et
technique, le français des sciences humaines), etc. Ceux-ci se
différencient du "français des affaires" et lui donnent un contenu enfin
plus défini : celui du français économique et commercial. Le français
des affaires ne disparaît pas pour autant complètement du français
des professions, n s'apparente notamment au français de la diplomatie
et constitue un enseignement professionnel à part entière pour tous
les "chargés d'affaires". Il peut également être synonyme de français
des activités commerciales et financières et désigner des programmes
d'études pour les "agents d'affaires", les "conseillers en placement" ou
les "gérants de biens".
Le français des affaires peut recouvrir plusieurs formations. Le
contenu de la formation va dépendre des besoins des apprenants.

Quelques caractéristiques de la situation


d'enseignement/apprentissage du français
des affaires
Enseigner le français des affaires demande une grande
souplesse. Le cours doit être constamment remis à jour en fonction de
l'évolution des données économiques, du niveau de compétence des
apprenants, de leur aptitude et de leur désir d'apprendre, la variété
des professions des apprenants exigent du professeur une bonne
organisation pour la collecte de documents très divers, souvent dans
de courts délais. Sa connaissance du milieu professionnel nécessite
un continuel réajustement. L'une des démarches constantes de
l'enseignant est de préciser les limites de l'enseignement du français des

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Le fiançais des affaires, contenu et enseignement

affaires d'avec celles de renseignement des affaires, de l'économie, du


commerce, n ne s'agit pas de dispenser une formation de "contenu",
une formation professionnelle mais de donner à l'apprenant les
moyens linguistiques adéquats pour exercer sa profession en français,
accéder à des informations de "contenu", connaître les documents et
les habitudes comportementales propres au secteur professionnel
qu'il étudie ou dans lequel il travaille.
L'enseignant se trouve dans une situation peu habituelle
lorsqu'il enseigne à des professionnels. D s'agit en général de personnes
occupant des postes-clés et dont les compétences sont reconnues,
certains sont des "décideurs", des dirigeants. Ces apprenants exigent
beaucoup de leur professeur. Ayant laissé de multiples
responsabilités, ils ne supportent pas l'idée de perdre du temps. L'enseignant est
amené à démontrer son aptitude à enseigner, de la conviction dans
ses choix méthodologiques et dans la pertinence du programme
élaboré. D est fréquent que ces apprenants s'efforcent dans les
premiers moments du cours de tester le professeur. N'ayant pas suivi de
cours depuis plusieurs années, ils pensent parfois, réussir leur
formation grâce à un comportement combatif, ils cherchent donc à
mettre en place une forte concurrence entre les apprenants et à
prouver leur supériorité. D est difficile pour ces personnes de
commettre des erreurs, d'être reprises. Elles essaient donc d'être aussi
brillantes que possible en classe. L'enseignant peut également rencontrer des
difficultés avec des apprenants fortement attachés, compte tenu de
leurts) précédente(s) expérience(s) d'apprentissage d'une langue, à la
traduction, à de longues leçons de grammaire et à la lecture à haute
voix de textes. Là aussi, il faudra faire preuve d'une grande crédibilité
professionnelle pour amener l'apprenant à accepter une autre
approche et un autre contenu dans l'enseignement proposé.
A l'opposé, certains professionnels ayant déjà appris plusieurs
langues et/ou voyageant souvent apprennent avec une rapidité
déconcertante.
Il est important de permettre à l'apprenant de prendre en charge
de façon de plus en plus autonome sa formation. Dès le début, il est
conseillé à l'enseignant de lui proposer le moyen d'expérimenter toute
nouvelle acquisition : c'est une des conditions majeures du succès de
sa formation. Le professeur ne doit pas hésiter à conduire les
apprenants en dehors de la salle de cours, s'ils sont en France ou en pays
francophone, ou à amener en classe le plus grand nombre possible de
documents et à inviter des professionnels du domaine du français des
affaires. Concernant le contenu même de son programme de
formation, il semble essentiel que l'apprenant fasse lui-même, dès que
possible une partie des démarches nécessaires à sa formation, par

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Isabelle Rakotobe-Darricades

exemple contacter des entreprises pour leur rendre visite, confirmer


leur venue et/ou leur envoyer un c.v.
La dernière phase de sa formation peut, par exemple être conçue
comme la réalisation d'une vaste enquête sur l'une des questions
majeures en relation avec ses propres objectifs de formation. Enquête
proposée par le professeur sous forme d'une étude de marché ou d'une
recherche sur un thème comme celui de la création d'entreprise.
L'apprenant, guidé par le professeur, fixera ses objectifs et partira à
la découverte des lieux et des personnes qui lui permettront de mener
à bien son enquête.

Profil des apprenants


Trois grandes familles d'apprenants s'intéressent à ce domaine :
des étudiants, des professeurs de Français Langue Étrangère (F.L.E.)
et certaines catégories professionnelles.
Leur compétence linguistique et leurs connaissances
économiques et professionnelles sont très variables. Un minimum d'heures de
F.L.E. est, en général, requis pour l'accès à une formation de français
des affaires. Les connaissances de l'économie et des habitudes
professionnelles françaises sont souvent étonnamment faibles.

Les étudiants, optant pour une formation en français des


affaires, se destinent, en général, aune vie professionnelle en contact d'une
façon ou d'une autre avec la France, les entreprises ou institutions
françaises. Leur connaissance de la situation socio-économique est
souvent inexistante même s'ils ont déjà suivi une formation de haut
niveau en commerce international, celle-ci faisant d'eux surtout des
spécialistes d'un domaine sans aucune connaissance des autres
domaines même directement liés à celui-ci. Le cours comporte une
composante linguistique adaptée à leur niveau, un enseignement de
base en économie (les apprenants n'ayant souvent aucune
connaissance de l'économie de leur propre pays) et une initiation à la vie
professionnelle (certains n'ont pas encore d'expérience
professionnelle). Une fois cet enseignement de base mis en place, l'enseignant
établit un programme plus spécifique.
Les professeurs F.L.E. ont, en général, déjà enseigné le français
de la vie quotidienne. Ils souhaitent se préparer à l'enseignement du
français des affaires. Il est fréquent que les professeurs F.L.E. , chargés
de formation en français des affaires et des professions dans leur
propre pays aient un rôle de conseillers. Ils sont sollicités par des
entreprises locales, des professeurs de commerce ou d'économie
désireux de s'informer de façon plus approfondie sur l'économie et le

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Le français des affaires, contenu et enseignement

commerce français. C'est une responsabilité Impressionnante pour


ces professeurs lorsqu'ils n'ont accès dans leur propre pays qu'à un
nombre très restreint d'informations et lorsqu'ils ont à former les
correspondants locaux des entreprises ou des institutions originaires
de la France ou d'une région, d'un pays francophone. Certains pays
d'Europe ou d'Asie mènent de plus en plus des actions de formation
en Afrique francophone par exemple.
Le troisième type d'apprenants est constitué de professionnels
de nationalité étrangère, exerçant déjà une profession en relation avec
le monde économique et commercial français et souhaitant recevoir
une formation dans leur domaine en français.
C'est donc une panoplie diverse de profils se déclinant elle-même
en autant de personnes aux attentes variées pour lesquelles se
dégagent des objectifs adaptés.

Objectifs généraux
La liste suivante propose des objectifs couramment rencontrés
pour une formation en "français des affaires" :
- Découverte ou réactualisation des connaissances de la vie
économique et commerciale française.
_- Initiation ou perfectionnement des connaissances du monde
du travail français : commerce, entreprise, institutions, économie, vie
sociale.
- Acquisition d'une compétence linguistique pour l'accès à
l'Information, la remise à jour régulière de celle-ci et l'aptitude à
diffuser des données concernant sa propre entreprise.
- Acquisition de la compétence linguistique spécifique au
domaine de l'apprenant
- Acquisition d'une compétence communicative optimale :
comportement, attitudes, gestuelle, relations professionnelles.
- Sensibilisation et réflexion sur les questions d'interculturalité
en milieu professionnel.

Plus qu'un ensemble de connaissances et/de compétences, c'est


un véritable savoir-faire que l'apprenant va devoir acquérir. Il s'agit ici
de lui donner les moyens de partir à la quête des données dont il a
besoin pour vivre dans un nouveau milieu qui restera toujours
différent de celui auquel il est habitué.
Apprendre à vivre dans un environnement nouveau nécessite
une adaptation souvent rapide chez le professionnel. Celle-ci accroît
la qualité des contacts et conditionne le succès des actions menées.

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Isabelle Rakotobe-Darricades

Les habitudes comportementales françaises en milieu professionnel


font l'objet de nombreuses questions.
Le milieu des affaires est un milieu qui est en constante évolution
et formation. S'informer est essentiel au bon fonctionnement de
certains secteurs en particulier celui de la finance où les responsables
doivent se tenir en permanence informés (par exemple : des nouveaux
produits en matière de placements). Cette "autoformation continue"
s'effectue au moyen de la lecture de la presse spécialisée, de l'écoute
de certains programmes à la radio, et surtout de la participation active
à des colloques et à des associations spécialisées souvent réservées
exclusivement à une profession.

Toute formation en français des affaires commence par la


maîtrise des interactions simples de la vie quotidienne, formation
essentielle pour l'apprenant.
La deuxième phase de cette formation est une initiation
progressive à la vie professionnelle et économique français. L'apprenant
appelé aussi stagiaire, accède à la documentation et au monde de
l'entreprise français. Cette étape peut se réaliser par un programme
d'étude accompagné de visites de centres de documentation et
d'entreprises/institutions français.
La troisième phase amène l'apprenant à faire connaissance de
façon approfondie avec le milieu professionnel qui l'intéresse
particulièrement, n prend conscience de la spécificité de celui-ci et de ses
différences d'avec le milieu professionnel de son pays d'origine. L'idéal
est de proposer des stages de plusieurs semaines avec des contacts
professionnels français accompagnés de cours de perfectionnement
linguistique et d'une dominante de réflexion sur l'interculturel. A
l'étranger, il convient de multiplier autant que possible les contacts
avec les professionnels et entreprises francophones implantées sur
place.
L'un des objectifs de formation en français des affaires souvent
rencontrés est celui de la préparation aux examens de la Chambre de
Commerce et d'Industrie de Paris (C.C.I.P.). Nous ne proposons pas
un programme de formation à ces examens. La C.C.I.P. met à la
disposition des écoles, des candidats et des professeurs une série de
documents d'information pour la préparation de ceux-ci1.

Pour se procurer ces documents, s'adresseràlaC.C.I.P.-D.RI.D.E. 28, rue de l'Abbé


Grégoire, 75279 Paris cedex 06.

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Le français des affaires, conterai et enseignement

Situations d'utilisation du français des affaires


Les situations d'utilisation du français des affaires
appartiennent à la fois à celles de la vie courante et à celles de la vie
professionnelle. On peut les rassembler autour de trois axes : celui des
interactions de la vie quotidienne (se déplacer, se loger, se nourrir,
téléphoner, correspondre...), celui de l'accès à la connaissance de la
vie économique sociale et professionnelle française (lire la presse et les
livres spécialisés, assister à des conférences, s'entretenir avec des
spécialistes.. .) et celui des interactions propres au milieu professionnel
concerné.

Recueil des supports et des éléments


pédagogiques
Une fois le cadre des principales situations et capacités commu-
nicatives défini, l'étape suivante va consister pour le professeur à
collecter les différents documents qui vont servir de supports à son
cours. La démarche la plus intéressante consiste à se déplacer dans
les divers lieux informatifs sur ce sujet et à rassembler le maximum
de documents possibles : l'objectif est de collecter les documents
professionnels spécifiques du domaine enseigné. L'expérience montre
que l'accès à ceux-ci n'est pas aussi difficile qu'on pourrait l'imaginer
de prime abord. Le professeur se trouve muni de "supports de cours"
authentiques en parfaite adéquation avec le contenu de sa formation.
n est toujours très intéressant également d'avoir recours aux
outils didactiques existants, même si le professeur décide de baser son
cours sur sa propre production pédagogique. Une bibliographie sur le
français des affaires existe. Elle est réactualisée tous les ans2.

Le français des affaires est sans doute l'un des domaines du


F.L.E. où les professeurs élaborent en permanence un grand nombre
d'outils pédagogiques pour répondre à la diversité des besoins et les
renouvellent sans cesse pour leur conserver toute leur actualité.

Discours et contenus des documents


pédagogiques
L'enseignement des affaires est très souvent essentiellement
basé sur des documents issus de la presse. Ce choix est tout-à-fait

2 Cette bibliographie est réalisée par la D.RI.D.E. dont les références sont notées
ci-dessus.

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Isabelle Rakotobe-Darricades

pertinent pour la documentation, composante essentielle du monde


des affaires. Cependant, il convient de proposer d'autres types de
discours, celui de la communication d'entreprise : discours de type
publicitaire, descriptif, du compte-rendu, discours législatif,
administratif, financier, comptable, commercial, informatif, le discours des
interactions professionnelles ou quotidiennes... Ne proposer à
l'étudiant que des dossiers élaborés à partir de la presse est insuffisant :
il n'est pas préparé à la pluralité des discours des affaires. L'apprenant
a besoin de se familiariser non seulement avec le contenu mais aussi
avec les opérations énonciatives propres à chacun de ces discours
spécialisés. Le "rapport annuel", connu aussi sous le nom de "rapport
d'activité", est l'un des documents présentant une grande diversité de
discours. A l'origine, document comptable de grande simplicité, il est
devenu une véritable carte de visite de l'entreprise ou de l'institution
consacrant une grande partie à la description des produits ou actions
de celle-ci. Il peut être un support pédagogique intéressant.
Un cours de français des affaires n'est pas un cours des affaires,
c'est-à-dire un cours d'économie, de commerce... n s'agit de donner à
l'apprenant les moyens linguistiques nécessaires à la compréhension
des documents utilisés, des opérations énonciatives, du lexique propre
aux discours spécialisés rencontrés et des situations de
communication du domaine des affaires concerné. Cependant la compréhension
des documents et des situations d'utilisation du français des affaires
passera souvent par la nécessité pour le professeur de donner
beaucoup d'informations d'ordre économique, commerciale,
comportementale inhérentes aux affaires.
Le discours du français des affaires, de la communication
d'entreprise est de plus en plus fréquemment un objet de recherche
en particulier en analyse de discours, la lecture de ces analyses peut
être d'un grand apport pour l'élaboration du contenu langagier des
outils pédagogiques3.
Les questions d'interculturalité sont une composante non
négligeable d'un cours de français des affaires. Il ne s'agit pas de prendre
la place des consultants, spécialistes dans ce domaine, mandatés par
les entreprises pour préparer des professionnels à travailler dans un
nouveau pays ou plus simplement à tester leur aptitude à un tel
bouleversement de vie. L'interculturel doit être un sujet de réflexions
et d'échanges d'expériences. C'est un domaine délicat car il est
directement lié à l'identité personnelle.

Nous vous conseillons la lecture de J. Peytard et S. Moirand (1992) : Discours et


enseignement du français. Hachette, Paris, Vous y trouverez également une
bibliographie traitant du/des discours et des relations entre discours et
apprentissage des langues.

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Le français des affaires, contenu et enseignement

Le français des affaires et l'Europe

Depuis quelques années de nouvelles demandes de formations


apparaissent. Elles sont liées au développement de l'Europe. Le
"véhicule" linguistique ne change pas : le français, le "domaine" reste
le même : les affaires. Cependant il ne s'agit plus uniquement des
affaires en France. Certains apprenants, éloignés géographiquement
de l'Europe, élargissent leur demande à d'autres pays francophones
européens. La Belgique, siège de nombreuses entreprises
multinationales, est l'objet d'une demande régulière concernant son économie et
ses caractéristiques professionnelles. Pour d'autres, la France est une
porte d'accès à l'Europe : les apprenants ou leur organisme de tutelle
demandent une formation en français traitant des affaires en France,
mais aussi, si possible, abordant 'les affaires" en Europe. Les
apprenants européens ou provenant de pays proches de l'Europe, ont une
demande de formation qui reste essentiellement axée sur la France.
Ils sont en général très sensibles aux questions d'interculturalité.

Le français des affaires se distingue-t-il linguis-


tiquement du français ordinaire ?
A la lecture de notre étude, il pourrait apparaître que
l'appellation distinctive "français des affaires" repose uniquement sur des
critères socio-professionnels et non sur des critères linguistiques. Le
discours des interactions de la vie courante, par exemple, appartient
à cleui du français ordinaire. L'analyse des discours professionnels
montre, par contre, la présence de marques linguistiques propres à
chaque profession. Le français des affaires regroupe plusieurs français
professionnels linguistiquement distincts : le français de la gestion, le
français du marketing, le français de la finance (rénumération n'est
pas exhaustive). Ces français professionnels se différencient lexicolo-
giquement. Une analyse de ces discours plus approfondie laisserait
apparaître sans doute d'autres distinctions linguistiques.

Isabelle Rakotobe-Darricades

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