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LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE

Pierre Quader

LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (1)


28 juillet 2013

INTRODUCTION

Première Partie : La ligne opportuniste de droite de Maurice Thorez à la Libération


(1944-1945)
Introduction
A) Les éléments du communisme. Friedrich Engels. Socialisme utopique et
socialisme scientifique, 1944.
B) Karl Marx et Friedrich Engels. Manifeste du parti communiste, 1944.
1) Haute trahison crime des trusts ; la France accuse !
2) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon
n° 1. L’économie et les classes sociales en France. Septembre 1945
3) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon
n° 3 L’économie et l’Etat socialistes. Septembre 1945
4) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon
n° 4 La nation. Novembre 1945
5) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon
n° 5 Le Parti. Novembre 1945
6) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon
n° 6 Les principes de la politique communiste. Décembre 1945
7) La vie du Parti. Novembre-Décembre 1944
8) La doctrine communiste. Marx, Engels, Lénine, Staline en six cours. Les bases
théoriques du communisme.
9) Histoire du Pari Communiste Français ; Vingt-cinq ans de lutte pour le salut
du peuple de France. 1944
10) Les communistes dans la bataille pour la libération de la France. Rapport
présenté au comité central du Parti Communiste Français le 31 août 1944 par
Jacques Duclos.
11) S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter
le testament de nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14
décembre 1944 par Jacques Duclos secrétaire du Parti Communiste Français
et Maurice Thorez, secrétaire général du Parti Communiste Français à la
manifestation commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et Lucien
Sampaix « morts pour que vive la France ».
12) La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par
Florimond Bonte, député de Paris, membre de l’Assemblée consultative,
discours prononcé le 21 novembre 1944 devant l’Assemblée consultative
Préface de Marcel Cachin.
13) Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les
communistes et la propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle
des sociétés savantes

Deuxième partie : Le programme du Conseil National de la Résistance, programme


bourgeois de restauration du capitalisme français
Troisième partie : Le rôle de la franc-maçonnerie

ANNEXE 1 : REPERES CHRONOLOGIQUES

ANNEXE 2 : BIBLIOGRAPHIE :

ANNEXE 3 : Acteurs de la période 1939-1945 ayant appartenu avant, pendant ou


après à la Franc-maçonnerie.

ANNEXE 4 : Le Grand-Orient n'est pas vraiment un phare de la résistance à


l'oppression.

ANNEXE 5 : Membres du Conseil national de la Résistance au 27 mai 1943 :

ANNEXE 6 : Le programme du Conseil national de la Résistance.

INTRODUCTION

Le passé comporte de nombreux enseignements. Le rôle de l’étude historique est bien


de s’appuyer sur les erreurs du passé pour ne plus les renouveler aujourd’hui et dans l’avenir.
Ainsi, lors de la Seconde guerre mondiale, les représentants prolétariens de la
Résistance n’ont pas su correctement lier la lutte contre l’Occupant et la question sociale,
l’insurrection contre les nazis et leurs alliés, et l’insurrection populaire contre les exploitants
capitalistes. En un mot, ils n’ont pas su lier leurs actions de résistance avec la question sociale
en France.
Par contre, la classe bourgeoise a parfaitement su lier ses intérêts nationaux et ses
intérêts de classe sociale dominante. Elle a conservé deux fers au feu : Pétain, en cas de
triomphe des Allemands, et de Gaulle, en cas de triomphe des Alliés. De plus, lors de chaque
étape, de Gaulle a fait en sorte que la bourgeoisie demeure dominante et conserve les manettes
du pouvoir. En ce sens, de Gaulle a été un des hommes politiques (bourgeois) des plus habiles
du XX° siècle.
Comment explique le comportement des représentants de la classe ouvrière,
essentiellement le Parti Communiste Français, qui regroupait son avant-garde ?
Si l’on considère les résistants communistes, à titre individuel, ils se sont battus, en
donnant leur vie, tel Eugénio Ferrari contre l’Occupant nazi. Leur objectif immédiat était bien
de débarrasser le sol national de l’Occupant, en s’alliant avec le plus grand nombre, y compris
une fraction non négligeable de la classe bourgeoise. Mais leur objectif était également, au-delà
de la Libération nationale, de sortir du conflit en créant les conditions d’une société nouvelle,
socialiste, puis communiste. Ce serait faire injure à leur mémoire que de défendre un autre point
de vue, à savoir la Restauration sous quelque forme que ce soit, d’une société capitaliste, même
aménagée ou « améliorée ».
Que c’est-il alors passé ? La lutte de lignes, au sein du Parti Communiste Français a
conduit à ce que l’emporte une ligne révisionniste, représentée par Maurice Thorez et Jacques
Duclos. Petit à petit, cette ligne est devenue dominante, instaurant la ligne de conduite : « Un
seul Etat, un seul gouvernement, une seule armée ». De fait, cette ligne a scindé la lutte contre
l’oppresseur nazi et ses alliés français, et la question nationale, faisant de la libération du
territoire national la priorité unique et renvoyant la question nationale, la révolution
prolétarienne, aux « calendes grecques ». Cela a donc conduit les dirigeants à mettre la classe
ouvrière et sa lutte, ainsi que la lutte de s masses populaires, au service de la classe bourgeoise.
Cette clique a donc pris le pouvoir au sein du Pari Communiste Français, et privée la classe
ouvrière de son autonomie et de ses objectifs propres. Il ne s’agit pas d’une erreur, d’une simple
contradiction au sein du peuple, mais bien d’une trahison : ces aristocrates « ouvriers » ont
représenté, sous le couvert d’un verbiage marxiste, les intérêts de la classe bourgeoise au sein
de la classe ouvrière. Il s’agit d’une contradiction antagonique entre ennemis de classe.
Il en résulte que le programme qui est résulté de la Résistance est un programme de
collaboration de classe, un programme en réalité bourgeois, de restauration de la société
capitaliste, le programme du Conseil national de la Résistance.
Une autre conséquence de cette trahison des dirigeants du P 3C3F est l’indigence de
l’épuration. Si la cible du P 3C3F, ce sont les nazis et leurs alliés français, un grand nombre de
collaborateurs font passer au travers des mailles du filet ou seront purement et simplement
amnistiés lors des années qui suivent de conflit mondial.
Dans le contexte international, avec la chute du stalinisme, en URSS, il en est résulté :
Une collusion et une répartition des rôles entre gaullistes et pseudo-
communistes du P « C »F, par exemple concernant la question coloniale ;
En France, le P « C »F s’est toujours opposé aux mouvements révolutionnaires
(après 1945, en 1968,…), au profit du productivisme ;
Au niveau international le P « C »F s’est d’abord mis au service de l’URRS,
seconde superpuissance impérialiste, puis après la chute de celui-ci, il s’est
mis au service de la social-démocratie. Il est devenu la cinquième roue et la
voiture balai du « socialisme « bourgeois.
Cette fonction du P « C » F étant toujours plus éventée et mise à jour, ceci explique la
dégénérescence de ce Parti, qui n’est plus que l’ombre de lui-même.
Nous examinerons donc, en première partie, comment s’est exprimée la ligne
opportuniste représentée par Maurice Thorez, ligne qui a conduit à ne pas mener la guerre
populaire à son terme, mais à faire rendre les armes à la bourgeoisie, et à faire entre les ouvriers
dans les usines comme larbins de la classe bourgeoise.
Dans une seconde partie, nous analyserons le programme su Conseil national de la
Résistance, programme de restauration du capitalisme, d’un capitalisme moderne et revigoré
par rapport à l’existant d’avant la Seconde guerre mondiale. L’autre alternative était, si la ligne
révolutionnaire l’avait emportée au sein du Parti Communiste Français, de créer un second
pouvoir, de briser l’Etat bourgeois, et d’instaurer un État socialiste.
Enfin dans une troisième partie, sera examiné le rôle qu’ont joué les francs-maçons
dans cette situation difficile et contrastée.

Si des résistants se sont battus et sont morts dans les combats contre l’envahisseur
nazi, comme le pasdecalaisien Eusébio Ferrari, mort à 22 ans, c’est bien pour que soit instauré
un pouvoir populaire, et non pour que soit instauré un régime bourgeois, celui de la IV°
République, suivi de la V° République.
A la fin de la seconde guerre mondiale, le Parti Communiste Français était un parti
puissant, bientôt le premier parti de France. Qu’est-ce qui a fait que la prise de pouvoir par le
PCF n’a pas réellement été envisagée, ou bien qu’elle a été un échec ? La présence de l’armée
américaine et des forces coalisées sur le sol de France ? La force de de Gaulle ? Non. La cause
principale est une cause interne à la classe ouvrière, et plus particulièrement propre à la fraction
dirigeante de la classe ouvrière, la direction du PCF. La cause principale est la ligne
opportuniste, capitularde et révisionniste des dirigeants du PCF, Maurice Thorez et Jacques
Duclos. Ces derniers se sont mis à la remorque de la bourgeoisie et de de Gaulle.
Cette ligne a éliminé les résistants révolutionnaires. Cette ligne opportuniste était à
l’œuvre depuis le Front Populaire. Les dirigeants du PCF se sont comportés comme une
représentation de l’idéologie bourgeoise au sein de la classe ouvrière.
Il faut donc mettre en œuvre une « pensée » qui, lors de la prochaine prise de pouvoir
par la classe ouvrière, crée une situation qui empêche de placer la classe ouvrière sous la
conduite de la bourgeoisie.

Entre les deux guerres mondiales, la franc-maçonnerie française occupe une place
majeure dans l'appareil politique de la République et s'implique fortement dans ses combats.
Elle sera donc particulièrement touchée lorsque la République s'effondrera face aux troupes
allemandes en 1940.
Le régime de Vichy et l'occupant allemand s'unissent pour organiser dès
octobre1940 une importante exposition antimaçonnique qui circulera dans toute la France. Le
thème général affirme l'existence d'un complot de l'anti-France, qui aurait été responsable de
l'effondrement du pays, et qui aurait été organisé, selon les thèses de l'Action française, par « le
juif, le protestant, le maçon et le métèque ».
Un service des sociétés secrètes est organisé en 1941. Bernard Faÿ, administrateur de
la Bibliothèque Nationale, est nommé à sa tête et chargé de classer les archives saisies dans les
loges, d'orchestrer la propagande antimaçonnique et surtout de dresser des fiches afin de
répertorier tous les anciens francs-maçons, de les surveiller et de les radier des professions
libérales comme de la fonction publique. Ce service publie la revue « Documents
maçonniques » qui voit dans la franc-maçonnerie l'une des causes principales de la défaite. Une
loi de 1941 applique le « statut des juifs » aux francs-maçons. Le film antimaçonnique « Forces
occultes » est réalisé et projeté à Paris en1943[29].
À la Libération, un millier de francs-maçons français ont été déportés ou tués, la
plupart pour leurs activités de résistance ou à cause de leurs origines juives. Les temples ont été
pillés, les archives confisquées. Lorsque les loges se relèvent, des comités d'épuration souvent
spontanés se mettent en place. Au total, le nombre de francs-maçons actifs a diminué des deux
tiers. La franc-maçonnerie française mettra vingt ans à retrouver ses effectifs d'avant guerre.
Elle préfère désormais se tourner davantage vers la réflexion philosophique, voire spirituelle
que l'action directement politique. Alors que jusqu'en 1940, les maçons défilaient au grand jour,
leurs réunions étant annoncées dans la presse, ils se protègent désormais dans le secret.
La condamnation communiste de la franc-maçonnerie diminue considérablement en
France à partir de 1945, principalement en raison de la fraternité née pendant laRésistance entre
gaullistes, communistes et francs-maçons face à leur ennemi commun : le régime de Vichy

La fonction de la franc-maçonnerie en France.

La fonction de la franc-maçonnerie est de faire émerger « ce qui n’est pas », c’est-à-


dire l’utopie. La franc-maçonnerie a toujours été initiatrice et déclencheur du nouveau et
accoucheuse de l’avenir. C’est l’étincelle qui met le feu à la plaine.
Bien évidemment, il s’agit de s’inscrire en faux contre toute théorie complotiste, du
genre « complot judéo-maçonnique : c’est là une conception typique du fascisme. Par contre, il
convient de s’interroger sur l’influence réelle, au niveau social, de la franc-maçonnerie, hier et
aujourd’hui.
1) Le XVIII° siècle : En 1789, les « bras nus » sont dominés par la bourgeoisie.
Naissance du prolétariat. La Franc-maçonnerie est au-dessus du mouvement.
Une étude, notamment de la Révolution française de 1789, démontre que la franc-
maçonnerie, en amont de ce mouvement révolutionnaire, a fortement impliquée la classe
aristocratiques, les nobles et le haut clergé, dont la noblesse de robe, tel le représentant de celle-
ci, que fut Montesquieu. Sont moins concernés les représentants de la couche supérieure du
Tiers-Etat, la bourgeoisie.
En introduisant des idées progressives, comme la tolérance, la lutte contre
l’absolutisme, la lutte contre la torture, la lutte contre l’emprise réactionnaire de l’Eglise
catholique, etc., la franc-maçonnerie a contribué au renversement de l’ancien système et à la
création d’un nouveau système, au même titre qu’un certain nombre d’autres facteurs : las
académies, les 10000 nobles qui ont participé à la lutte pour l’indépendance des Etats-Unis,
représentés par La Fayette, le philosophisme, symbolisé par la loge des Neuf Sœurs, etc.
Ainsi, la franc-maçonnerie a contribué à mobiliser les couches les plus progressives
de la noblesse (« Philippe Egalité »,…) et du clergé (abbé Grégoire, évêque Talleyrand,…) au
déclenchement de la Révolution de 1789.
Il faut cependant préciser que le socle économique et social était déjà depuis longtemps
préparé à ce mouvement et il s’y prêtait bien.
Les loges maçonniques étaient « spécialisées » socialement, ne regroupant souvent
exclusivement que des représentants de l’aristocratie, hommes et femmes, ces dernières étant
associées dans le cadre des « loges d’adoption ». Ces loges « aristocratiques » étaient en général
fermées aux catégories sociales bourgeoises inférieures, cette dernière couche (négociants,
manufacturiers,…) se regroupant dans leurs loges propres et spécifiques.
D’ailleurs, pour limiter le recrutement à la catégorie « noble », l’une des raisons, mais
pas la seule, de la création des « hauts-grades » était destinée à la préservation de ct entre-soi.
Cependant si une partie de l’aristocratie a contribué à amorcer le mouvement
révolutionnaire, d’autres nobles ont trahi les idéaux de la franc-maçonnerie : d’une part, une
partie des nobles contre-révolutionnaires ont fui la France et émigré à partir de 1789. D’autre
part, certains aristocrates ont quitté et délaissé le mouvement révolutionnaire, au fur et à mesure
de son avancée, où en tout cas le freiner, et arrêter le mouvement de la Révolution à l’une de
ses étapes : par exemple, la monarchie constitutionnelle. Ceci explique la trahison des idéaux
révolutionnaires par une partie des aristocrates, mais également des hauts bourgeois, dans le
cadre d’une entente des possédants, au fur et à mesure que le peuple, composé des sans-culottes
et des enragés, s’est emparé de ces idéaux, pour les emmener à leur ultime conclusion : la
Constitution de l’An III, et la république sociale, représentée par le deuxième pouvoir,
populaire, que fut la Commune insurrectionnelle de Paris de 1792.
La Révolution a aboutit à la victoire de la bourgeoisie sur la féodalité, victoire non
définitive, puisqu’au siècle suivant, il y eut diverses tentatives de Restauration. La bourgeoise
a affirmé et fondé son pouvoir et son Etat par diverses étapes : la Terreur, Robespierre, le
Directoire et Napoléon I°.
Lors de la révolution, les idéaux d’égalité de tous les hommes, de libertés
fondamentales, de laïcité et de tolérance, de déchristianisation, etc. sont sorties des Temples
maçonniques pour illuminer et entrer dans la réalité sociale. Ces idées ont été discutées, en
particulier, dans les divers clubs patriotiques qui ont pris alors naissance. Il en est résulté une
quasi-mise en sommeil des loges maçonniques elles-mêmes.
Avec Napoléon 1° (Tout comme la tentative de Napoléon III°) on assiste à une mise
en place d’une franc-maçonnerie de « caserne », c’est-à-dire une maçonnerie aux ordres au
pouvoir en place.

2) Le XIX° siècle : En 1871, le prolétariat est autonome et mature. Il se libère et


construit son Etat. La franc-maçonnerie est à côté.
Socialement, le recrutement au sein des loges maçonniques se renouvelle : il s’agit
alors essentiellement de bourgeois, de petits-bourgeois et d’intellectuels. Les loges deviennent
des « lieux de parole », où s’expriment sans aucune censeure les idées « républicaines », qui
vont s’exprimer en-dehors des Temples surtout en 1830, en 1848 et enfin lors de la commune
de Paris en 1871. A chaque fois, la franc-maçonnerie est un creuset d’idées avancées, et elle
joue un rôle de déclencheur des mouvements sociaux. Encore une fois, lorsque le peuple
s’empare de ces idéaux, les loges disparaissent ou sont mises en sommeil, et on voit l’apparition
de divers clubs.
Les maçons de la III° République étaient plutôt opposés à la maçonnerie des « hauts-
grades », en raison de leur conception très égalitariste.
Quel est le « ressort », la « mécanique » qui permet à la maçonnerie de parvenir à ses
fins ?
La franc-maçonnerie pose un certain nombre de valeurs, qui forment une « table de la
loi », bien au-delà de la simple réalité sociale : autrement dit, la conduite de la réalité sociale
fait en sorte que l’infrastructure a pris de l’avance sur la superstructure. La franc-maçonnerie
contribue à un « rattrapage » de la superstructure par rapport à une infrastructure qui est à
l’étroit, étant bridée.
De plus, la « clôture » des loges maçonniques, appelée « le secret », crée une sorte de
« pouvoir » des loges (on dit « un maçon libre dans une loge libre »), en dehors du pouvoir
officiel. Pour être précis, la maçonnerie représente les valeurs d’une catégorie sociale (la
noblesse et le haut clergé au XVIII° siècle, la bourgeoisie au XIX° siècle), valeurs qui n’ont pas
encore cours dans la société réelle, mais valeurs qui correspondent déjà à la réalité du socle de
l’infrastructure. Ces valeurs couvent un certain nombre d’années dans les « serres » que sont
les loges maçonniques et ne demandent qu’à éclore à la lumière du soleil. Lorsque les conditions
sociales objectives sont réunies, ces valeurs passent tout naturellement dans la réalité sociale,
les forces populaires s’en emparant pour les faire entrer d ns la réalité.
Les forces populaires emmènent ces valeurs bien souvent au-delà des limites que
souhaiteraient leur assigner les « initiateurs » et les « lanceurs d’alerte » : en quelque sorte, le
peuple prend « au mot » les classes nouvellement dominante, d’où les exigences des sans-
culottes en 1792, ou ben la tentative d’instaurer une dictature du prolétariat par les Communards
de 1871.
Il est à noter qu’à chaque fois, au cours de la lutte, l’émergence des femmes qui
aspirent à la libération contre le patriarcat et le machisme, a conduit à l’apparition des loges
d’adoption au XVIII° Siècle et à l’initiation féminine à la fin du XIX° siècle.

3) Le XX° siècle : Le prolétariat dispose de son propre parti, le Parti Communiste


Français. Ce parti a une ligne prolétarienne juste de 1920 à 1953. La franc-
maçonnerie doit se mettre au service du prolétariat.
Le recrutement concerne surtout la bourgeoisie, mais également la petite-bourgeoisie
(enseignants, boutiquiers, artisans,…). Cela signifie que la fraternité dans les loges, par
exemple, n’est pas universelle, mais « censitaire », en raison de la cherté et du coût (en argent
et en temps) qu’il faut pouvoir consentir pour appartenir au mouvement (cotisation annuelle,
coût des agapes, achat du matériel et des décors, etc.). Sont exclus en particulier les ouvriers et
les petits paysans.
Peu à peu se dessine l’objectif de la République sociale, correspondant à une réalité
sociale fondée sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Les principaux idéaux de la Commune de
paris, tels la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la laïcité, en particulier dans l’enseignement, ont
peu à peu pris place dans la réalité.
Il y a extension des droits sociaux et affirmation des droits de l’homme au niveau
international, création de la Société des Nations, puis de l’O.N.U.
Un point spécifique du XX° siècle, c’est l’existence pendant une trentaine d’année, du
Parti Communiste Français, qui donne à la classe ouvrière son autonomie. Après la mort de
Staline, ce parti est devenu un embryon de la bourgeoisie sociale-démocrate.

4) Et aujourd’hui ? Le Parti « Communiste » Français est un parti révisionniste, un


embryon de la social-démocratie bourgeoise. La franc-maçonnerie doit aider à
l’émergence d’un nouveau parti révolutionnaire.
Les responsables du Grand Orient de France ont publié le 25 janvier 2013 un
« Manifeste des francs maçons du Grand Orient de France. Une espérance républicaine pour
le 21 ème siècle ». C’est une sorte de Manifeste du Parti Maçonnique, dont la conclusion est
une reprise de la devise communiste : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses
besoins ». Il est en effet déclaré, page 20 : « […] c’est le changement radical de paradigme qu’il
faut viser : une distribution des revenus non plus en fonction du travail et de la détention du
capital, mais surtout en fonction des besoins de chacun. »
Deux critiques principales peuvent être formulées à l’encontre de ce document. La
première critique concerne la lutte que souhaite mener le GODF contre la féodalité financière :
il existerait une « laïcité » au niveau financier, consistant à séparer l’Etat de l’argent. Il convient
de donner aux mots leurs vrais sens, et de maintenir la lutte pour la laïcité dans le domaine des
croyances religieuses. La finance n’est, en tant que telle, ni bien, ni mal : ce qu’il convient
d’apprécier, c’est l’usage fait par la finance, placée au service de la majorité, ou bien au service
de la minorité. La seconde critique concerne la nature de l’Etat : L’Etat est aujourd’hui
confisqué par les puissances d’argent, c’est-à-dire la haute-bourgeoisie. Il s’agit bien de briser
cet Etat et de laisser le peuple et son avant-garde, composé de la classe ouvrière, construire un
nouvel Etat, comme cela a été fait par les Communards en 1871.
A noter que le GODF a effectué sa « révolution culturelle », et, après divers « pas de
clercs », procède enfin à l’initiation des femmes, traitées comme étant « des frères » comme les
autres.
Cependant, la « mécanique » maçonnique conserve toute son efficience, et la force de
l’égrégore agit indépendamment de la volonté et des désirs des individus. Cette force conduit
plus que jamais à affirmer l’égalité (sociale de tous), la liberté (démocratique) et la fraternité
(entre les peuples).
Aujourd’hui, la bourgeoisie est divisée en trois branches : la « droite républicaine »
(ce sont les successeurs de Cavaignac, de Thiers et de de Gaulle), la gauche sociale-démocrate
(ce sont les successeurs de Blum et de Mitterrand) et le fascisme (ce sont les successeurs du
général Boulanger et de Pétain). Pour défendre ses intérêts propres, chacune de ces branches
essaie de mobiliser le peuple.
Malgré toutes les tentatives d’entrisme, de la part des fascistes, la franc-maçonnerie
n’est pas soluble dans l’idéologie fasciste. Les valeurs défendues par la franc-maçonnerie ne
pourront jamais être partagées avec le fascisme.
La « mécanique » maçonnique est un instrument de coercition, et éventuellement
d’éjection, des membres qui tenteraient de tirer la couverture à eux, tels Cahuzac et consorts.
Ceux qui, comme Cahuzac, sont des maçons de pacotille, qui pensent se cacher dans les loges
pour se livrer aux pires prévarications, sont éjectés et livrés à la justice populaire. Il en a été
ainsi des maçons girondins en 1793, qui ont eu la « gorge tranchée », en conformité avec leur
engagement maçonnique. Divers maçons, qui étaient des républicains sociaux et des
révolutionnaires, lors de la Commune de Paris de 1871, qui sont devenus ensuite
« possibilistes », boulangistes et même monarchistes, se sont retrouvés dans les poubelles de
l’Histoire.
Aujourd’hui, une partie des maçons s’engage pour la fraction de droite de la
bourgeoisie (par exemple Alain Bauer en faveur de Sarkozy), une autre partie des maçons se
met à la remorque de la fraction sociale-démocrate de la bourgeoisie (par exemple Mélenchon).
Si la maçonnerie veut être à nouveau initiateur et déclencheur des valeurs, dont celles
du travail et du logement pour tous, ce n’est ni l’une ni l’autre orientation qu’il convient de
prendre. L’enjeu, ce n’est ni la droite, ni la gauche, bourgeoises l’une et l’autre, ce qui serait se
mettre au service de la minorité la plus riche, au service du MEDEF, mais l’enjeu est de cliver
la franc-maçonnerie sur la force populaire, ce qui est se mettre au service du plus grand nombre,
de l’intérêt général et donc au service du peuple.
Une fois donnée l’impulsion initiale, il convient d’avoir suffisamment confiance dans
le peuple pour que celui-ci conquière son autonomie et crée une République sociale, à l’image
de ce qui se déroule dans les loges, et de ce que la Commune a réalisé en 1871 à Paris.
Première Partie : La ligne opportuniste de droite de Maurice Thorez à la
Libération (1944-1945)

INTRODUCTION
Le parti Communiste français a été le premier parti de la résistance en France. A
l’issue de la guerre, il disposait de nombreux atouts lui permettant d’engager éventuellement
l’insurrection, de détruire l’Etat bourgeois et de prendre le pouvoir en France, de construire
l’Etat socialiste afin d’instaurer le socialisme.
Pourtant dès 1944, la tendance dominante de la direction du Parti, représentée par
Maurice Thorez, est de rendre les armes, de dissoudre les milices populaires et de placer le parti
sous la direction de la bourgeoisie, représentée par de Gaulle.
C’est que, depuis quelques temps déjà, régnait à la direction du Parti Communiste
Français, une ligne révisionniste, opportuniste de droite, qui l’avait emportée, dans le cadre de
la lutte entre deux lignes.
En conséquence, du fait de cette ligne opportuniste, le Parti n’avait plus d’autonomie,
mais était rattaché à la classe bourgeoise, développant un point de vue légaliste, bientôt
électoraliste : en un mot, le Parti Communiste Français avait fait le choix de s’intégrer dans les
institutions bourgeoises et avait renoncé à les détruire.
C’est ce qu’avait bien compris le représentant de la classe bourgeoise, de Gaulle. En
novembre 1944, une amnistie rendit possible le retour de Russie en France de Maurice Thorez,
secrétaire du parti communiste. En expliquant pourquoi il y consentit, de Gaulle note :
« Compte tenu des circonstances d’antan, des événements survenus depuis, des
nécessités d’aujourd’hui, je considère que le retour de Maurice Thorez à la tête du parti
communiste peut comporter, actuellement, plus d’avantages que d’inconvénients. […] Dès le
lendemain de son retour en France, il aide à mettre fin aux dernières séquelles des « milices
patriotiques » que certains, parmi les siens, s’obstinent à maintenir dans une nouvelle
clandestinité. Dans la mesure où lui permet la sombre et dure rigidité de son parti, il s’oppose
aux tentatives d’empiètement des comités de libération et aux actes de violence auxquels
cherchent à se livrer des équipes surexcitées. A ceux – nombreux – des ouvriers, en particulier
des mineurs, qui écoutent ses harangues, il ne cesse de donner comme consigne de travailler
autant que possible et de produire coûte que coûte. » (Charles de Gaulle, Mémoires de guerre,
tome 3, Le salut, 1944-1946, Plon, Paris, 1959, pages 100-101)
Il est important de comprendre :
Comment la ligne défaitiste a pu l’emporter au Parti Communiste Français ;
Comment cette ligne se manifeste dans la propagande du Parti Communiste
Français ;
Comment la ligne révolutionnaire a été vaincue.

La ligne révisionniste se manifeste par des références à la nation, non comme cadre
de la révolution prolétarienne, mais comme objectif : il s’agit d’être les meilleurs défenseurs
de la nation française, en oubliant que celle-ci est alors sous domination bourgeoise. C’est un
reniement évident de la lutte des classes. Sont mises en avant les références au drapeau
« national » bleu blanc rouge, à la Marseillaise, à la reconstitution de l’économie, d’une armée
nationale, etc., le Parti Communiste Français se présentant comme le meilleur défenseur de la
nation, à l’avant-garde de la lutte contre le fascisme.
Cette ligne opportuniste de droite se manifeste également par une cible limitée aux
« trusts », aux « deux cent familles », « l’oligarchie financière »,… qui ont trahi les intérêts
nationaux. La cible n’est donc plus la bourgeoise en tant que classe, une partie conséquente de
celle-ci, dite « bourgeoisie nationale » étant intégrée dans le peuple. Est donc niée la
contradiction antagonique entre bourgeoisie et prolétariat, au profit d’une contradiction entre la
nation française et une infime minorité de représentants des trusts, qui ont trahi la nation au
profit de la collaboration avec l’occupant nazi. L’ennemi se réduit à l’ « oligarchie financière » :
l’objectif stratégique n’est donc plus de renverser la bourgeoisie et de prendre le pouvoir par
les armes, mais simplement d’ « épurer » la société française, en la débarrassant de ses mauvais
éléments collaborationnistes.
Une fois cette ligne imposée aux membres du Parti Communiste Français, la
bourgeoisie pouvait être rassurée et mettre en place les nouvelles institutions de la IV°
république, ceci avec la complicité des dirigeants communistes.
On justifie ce reniement du marxisme léninisme par le contexte international (La
France était alors occupée par les forces armées alliées, qui n’auraient pas laissé se propager
une insurrection en France, la ligne de Staline, de partage du monde entre l’Est et l’Ouest, la
France tombant dans l’escarcelle de l’Ouest,…).
On peut, à cela, opposer la situation en Chine : le Parti Communiste Chinois, sous
l’impulsion de Mao Tsé-toung, avait une ligne révolutionnaire juste et a su prendre le pouvoir
et instaurer un Etat socialiste en 1949.
Le point clé à saisir, c’est la lutte interne au sein du Parti Communiste Français, entre
la ligne opportuniste bourgeoise et la ligne révolutionnaire. Ou bien, c’est une ligne
opportuniste qui l’emporte, qui nie la contradiction principale entre bourgeoisie et prolétariat,
et lui substitut une lutte entre la « nation » et une infime minorité de « traîtres » à la nation, ou
bien, c’est une ligne révolutionnaire qui n’oublie jamais son objectif stratégique « classe contre
classe » et qui aboutit à terme au renversement de l’Etat bourgeois auquel est substitué un
nouvel Etat socialiste.
Ce n’est que par les critiques formulées par le Parti Communiste d’Union Soviétique,
dirigé par Staline qu’a été freinée et empêchée le mouvement du Parti communiste français
dans la fange révisionniste. Le courant opportuniste de droite est apparu dès les années trente,
et il a pu s’affirmer après la mort de Staline. Alors les révisionnistes représentés par Thorez et
Duclos, ont pu se vautrer dans les idées bourgeoises, et vendre le Parti ouvrier çà la classe
bourgeoise.
L’influence de l’URSS sur le PCF, cela n’a pas été un accélérateur, mais un frein du
révisionnisme, jusqu’à la mort de Staline.
Dés sa naissance, un parti communiste doit intégrer une ligne révolutionnaire, et
ensuite, dans le cadre de la lutte entre lignes au sein du parti, faire en sorte que la ligne
révolutionnaire soit dominante.
Du point de vue militaire, cela signifie que le parti communiste, dès sa création, doit
avoir une ligne claire sur les objectifs : préparation d’un renversement violent de l’Etat ancien,
ne jamais perdre de vue la cible principale,…
En conséquence, on peut en déduire, que, en 1944, le Parti Communiste Français
n’avait déjà plus une ligne révolutionnaire de renversement de la bourgeoisie, mais était prêt à
se placer sous la direction de l’idéologie bourgeoise, ceci en brandissant les drapeaux de Marx,
Lénine et Staline. C’est dire qu’il était prêt à déposer les armes, à renier toute insurrection, et à
écraser les représentants de la ligne révolutionnaire en son sein.
Ce reniement se fait souvent au nom d’une « modernisation » du marxisme, d’une
mise à jour de celui-ci par rapport à une réalité objective qui aurait changé. Mais
fondamentalement, ce qui n’a pas changé, c’est l’existence des classes sociales et l’exploitation
des autres classes, dont le prolétariat, par la classe bourgeoise.
De nos jours, les révisionnistes modernes utilisent les mêmes arguties pour soit disant
rénover le marxisme et lui substituer la collaboration de classe : cela a été le cas en 2006 du
Parti Communiste du Népal, qui, comme le PCF en 1944, a contribué à désarmer le peuple pour
le mettre au service de la bourgeoisie.
Dès 1944, les fruits de la victoire, que le peuple français récolta au prix de son sang,
furent rapidement usurpés par la grande bourgeoisie. A ce moment-là, les dirigeants du Parti
Communiste, le premier grand parti de France, jouissant d’une forte influence parmi les masses
populaires, appliquèrent de façon erronée une ligne déviationniste de droite, et crurent pouvoir
changer la politique de la bourgeoisie et le système capitaliste par la voie parlementaire.
Aspirant à des postes élevés et à de bons salaires, la clique dirigeante du PCF fit un compromis
honteux avec la grande bourgeoisie, rendit les armes et abandonna la lutta armée.
Pour l’avenir, il convient de retenir les leçons suivantes :
La question du pouvoir est centrale : l’objectif du Parti communiste, que ce
soit en période de paix ou de guerre, est de prendre le pouvoir par tous les
moyens, et d’instaurer la dictature du prolétariat.
Comme le disait Mao Tsé-toung, sans armée, le peuple n’a rein : il est
indispensable de disposer d’une armée rouge, indépendante et sous la direction
unique du Parti communiste. Cet outil se prépare à tout moment, même en
temps de paix. Il semble que le Parti communiste français ne s’est jamais
préoccupé réellement de cette tâche ;
Le Parti Communiste Français ne s’est véritablement préoccupé d’aucune de ces deux
questions.
Bien plus, très tôt, dès la mise en œuvre du Front Populaire, c’est une ligne
opportuniste de droite qui s’est petit à petit imposée, personnalisée par Maurice Thorez. La
seconde guerre mondiale n’était même pas terminée, qu’elle s’est manifestée par le mot
d’ordre : « Un seul Etat, une seule armée, une seule police ». En fin de compte, la direction
révisionniste a mis le Parti communiste, puis l’ensemble de la classe ouvrière, sous la direction
de la class bourgeoise. Cela a conduit, de 1945 à 1960, à renoncer à tous les aspects du
marxisme-léninisme, pour s’enfoncer définitivement dans la fange de l’opportunisme.

Sont présentés ci-dessous, 15 documents du Parti Communiste, publiés en 1944 et


1945.
Les citations sont en couleur rouge.
Les deux premiers documents, A et B, sont deux textes classiques du marxisme. Alors
que, à la fin de la guerre, le papier est plutôt rare, il apparaît que ces publications, destinées à la
formation des militants, dans le cadre de l’école du Parti, ont aussi pour objectif d’occuper
pleinement le territoire idéologique du marxisme-léninisme : on peut donc tout à fait en paroles
se réclamer de cette idéologie scientifique et révolutionnaire, tout en défendant en paroles une
ligne opportuniste.

A) Les éléments du communisme. Friedrich Engels. Socialisme utopique et


socialisme scientifique ; 1944
« L’ordre social actuel est la création de la classe actuellement dominante, la
bourgeoisie.
L’antagonisme entre les forces productives et la propriété capitaliste se traduit par un
antagonisme de classe.
La séparation s’était accomplie entre les moyens de production, concentrés dans les
mains des capitalistes, et les producteurs, réduits à ne posséder que leur force de travail.
L’antagonisme entre production sociale et appropriation capitaliste s’affirme comme
antagonisme entre prolétaires et bourgeois.
La solution de tous les antagonismes est dans l’appropriation des forces productives
par la société (socialisation des moyens de production et d’échange). Mission du prolétariat :
abolition des classes et des Etats de classe.
L’abolition des classes, comme tout autre progrès social, devient praticable, non par la
simple conviction, dans les masses, que l’existence de ces classes est contraire à l’égalité, à la
justice ou à la fraternité, non par la simple volonté de les détruire, mais par l’avènement de
nouvelles conditions économiques. »
L’analyse de classe est énoncée, mais tout aussi vite abandonnée dans les faits, et
remplacée par la lutte contre l’ennemi, représenté par les nazis, et leurs alliés, les vichyssois et
les grands trusts.

B) Karl Marx et Friedrich Engels. Manifeste du pari communiste. 1944


« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes.
Le gouvernement moderne n’est qu’un comité administratif des communes affaires de
la classe bourgeoise.
La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle essentiellement révolutionnaire.
La bourgeoisie se façonne un monde à son image.
La bourgeoisie a soumis la campagne à la ville.
Elle a concentré la propriété dans un petit nombre de mains.
Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son
sein.
Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points :
1°) Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font
valoir les intérêts indépendants de la nationalité et communs à tout le prolétariat ;
2) Dans les différentes phases de la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent
toujours et partout les intérêts du mouvement intégral.
Pratiquement, les communistes sont donc la fraction la plus résolue des partis ouvriers
de tous les pays, la fraction qui entraîne toutes les autres ; théoriquement, ils ont sur le reste du
prolétariat l’avantage d’une intelligence claire des conditions, de la marche et des fins générales
du mouvement prolétaire.
La révolution française, par exemple, a aboli la propriété féodale au profit de la
propriété bourgeoise.
Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe
dominante.
Le pouvoir politique à proprement parler, est le pouvoir d’une classe pour l’oppression
des autres.
Les socialistes bourgeois veulent les conditions de vie de la société moderne sans les
luttes et les dangers qui en dérivent fatalement. Ils veulent la bourgeoisie sans le prolétariat. »
Dans les faits, nulle part est mis en avant la nécessité stratégique de la révolution
socialiste, et donc à la fois l’autonomie du prolétariat par rapport à la bourgeoisie et son rôle
dirigeant lors de chaque étape. Ce qui est mis en avant de façon pratique, c’est l’inféodation du
prolétariat, par l’intermédiaire du Parti Communiste, aux intérêts de la bourgeoisie, à la fois
pour chasser l’ennemi nazi de France et reconstruire la Nation.
1) Haute trahison crime des trusts ; La France accuse !
« Notre jugement à l’égard des trusts est irrémédiable et définitif. Ils portent pour une
grande part la responsabilité des malheurs qui se sont abattus sur notre pays.
Notre pays, possesseur du troisième empire colonial de l’univers.
Souhait de modernisation du capitalisme français. Intérêt national.
La responsabilité des trusts dans la stagnation de l’agriculture.
La responsabilité des oligarchies financières.
Hitler, c’est l’ange gardien des deux cents familles.
Les militants communistes placés par la confiance des ouvriers à la tête des grandes
fédérations syndicales n’ont en aucun cas négligé de lier à la question des quarante heures celle
de l’augmentation du rendement en instruments de la défense nationale par l’amélioration de la
technique et des méthodes d’organisation.
Dans le phénomène de la trahison, l’aspect national et l’aspect social sont si
étroitement unis qu’ils se confondent.
Le rôle des banques fut naturellement de première importance dans cette vassalisation
de l’économie française. »
La notion de Nation est mise en avant, non pas comme cadre de la lutte de classe, mais
comme objectif : il s’agit bien de la Nation bourgeoise, qu’il convient de restaurer et de
consolider.
« La loi de la conscience nationale plus forte que la loi du profit.
L’unanimité des français patriotes et honnêtes attend des techniciens qu’ils servent la
justice et la nation en coopérant de toutes leurs forces à l’œuvre d’élémentaire salubrité publique
aujourd’hui même.
L’économie française ;
Commission de surveillance des trusts.
Cette commission doit recevoir des pouvoirs d’enquête illimités ; elle devrait être
composée de représentants du pouvoir public, de délégués de l’Assemblée Consultative, de
délégués des organisations les plus représentatives des classes moyennes (Fédération nationale
du petit commerce et de l’artisanat, Association des techniciens et ingénieurs français,
Confédération paysanne, Front national judiciaire, etc.), des techniciens de la classe ouvrière,
enfin des représentants du monde de la science et de la pensée.
Au nom de la sécurité nationale pour la transformation des trusts en entreprises
publiques.
Super gouvernement secret, qui a usurpé la souveraineté du peuple dans les relations
internationales. Ce gouvernement secret, c’est celui des trusts.
Sous peine de duperie, il ne faut donc pas se contenter de passer par les armes les
traîtres du Comité des Forges, du Comité des Houillères, du trust Kuhlmann, des grandes
banques, etc. Il faut extirper pour l’avenir aussi les racines de la trahison en supprimant
l’indépendance de la féodalité financière par rapport à l’Etat ; en abolissant les trusts de même
que les rois de France ont aboli les grands fiefs, ces foyers de perpétuelle rébellion ; en
prononçant la confiscation des entreprises et biens des trusts pour cause d’utilité publique,
comme nécessaire à la souveraineté nationale et à la sûreté du pays.
Gestion de l’Etat.
C’est au nom du salut public qu’il faut exproprier les trusts.
Intérêt suprême de la Patrie.
Le Droit traditionnel de la France autorise les pouvoirs publics à se subordonner à un
commerçant défaillant quand il s’agit de nourrir la population ; il ne saurait à plus forte raison
s’opposer à la prise en charge par l’Etat d’entreprises dont les propriétaires agissent pour la
mort des citoyens et de l’Etat.
Pour légitimer la transformation des entreprises des trusts en entreprises publiques, il
n’y a pas lieu de faire appel à une conception nouvelle, à une conception socialiste du Droit ; la
conception traditionnelle du Droit administratif français est la vraie base de cette opération. En
effet, s’il est exact que pour cette conception traditionnelle « les intérêts publics sont des intérêts
à caractère politique, c’est-à-dire touchant à ce qu’on peut appeler, au sens large, la police de
la cité », il n’est pas moins certain que « le contrôle de la production et de la répartition des
richesses peut rentrer dans la police de la cité en tant qu’il est une garantie de bon ordre et de
développement social. » « L’utilité publique peut donc viser des objectifs économiques …,
mais à titre de moyen et non de fin. ». D’où la définition suivante : « Ressortit à l’intérêt
publique cette part des intérêts communs aux membres d’une collectivité qui touche à la police
de la cité et garde un caractère politique, alors même qu’il lui est donné satisfaction par un
contrôle de l’économie. »
Nous empruntons la formule à l’édition de 1943 du Précis élémentaire de Droit
Administratif d’Hauriou, ouvrage orthodoxe s’il en est. Cette formule suffit à notre
démonstration : c’est au nom seul de « la police de la cité », sous sa forme suprême : la
sauvegarde de la sûreté, la défense nationale, que nous demandons la transformation des trusts
en entreprises publiques.
Pourquoi l’aliénation des entreprises serait contre-indiquée ?
C’est donc la transformation des entreprises des trusts en entreprises publiques qui
s’impose.
Peine capitale. Traîtres : empêcher à toute force la reprise de la production, voilà leur
politique.
Il est donc urgent que les entreprises des traîtres soient confisquées au profit de la
nation.
Leur fonctionnement doit être confié à des comités mixtes à la production.
Ces comités sont composés du personnel de maîtrise et des techniciens d’une part, et
des ouvriers d’autre part.
Les Comités ont à cœur de remettre les usines en marche, d’augmenter le volume de
la production.
La sauvegarde des droits des actionnaires patriotes.
Propriété exclusive de l’Etat.
Nationalisation.
L’ex-actionnaire non compromis reçoit donc notification de la valeur de sa créance sur
l’Etat.
Rente française pour l’amortissement du secteur économique nationalisé.
Economie mixte.
La France doit défendre l’ensemble des classes moyennes contre les effets de la
politique d’extermination que les trusts ont si cruellement poursuivis à leur égard.
Coupables : les Boches, les trusts maîtres absolus de l’Etat fasciste.
Vers l’épanouissement et l’initiative des cadres :
L’extension considérable des responsabilités et du rôle des ingénieurs et techniciens…
qui résulteront de la nationalisation.
Pour la première fois, les cadres seront appelés à jouer un rôle à la mesure de leurs
capacités et de leur dévouement.
Le but est : rendre à la France d’en deçà et d’au-delà des mers, une et indivisible, la
place qu’elle doit normalement occuper dans le monde et que le parasitisme putride des trusts
l’avait mise hors d’état de conserver. Le but est l’indépendance économique et politique de la
France. »
La cible n’est pas la bourgeoisie, mais elle est limitée aux trusts, À aucun moment, il
ne s’agit de transformer la lutte nationale en lutte sociale, pour prendre le pouvoir par la
violence. La prise de pouvoir est renvoyée aux calendes grecques, par la voie des élections,
dans le cadre de la « démocratie bourgeoise ».

2) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n°


1. L’économie et les classes sociales en France. Septembre 1945
« III. Les monopoles et l’oligarchie financière :
La centralisation des capitaux :
Il se forme ainsi une oligarchie financière maîtresse des plus grandes banques et des
plus importantes entreprises du pays. Cette oligarchie qui était désignée, dès avant la guerre,
par le terme « les deux cents familles ».
Véritables intérêts de la Nation et de son peuple. »
La nation est réduite à la notion des « deux cent familles » ! On retrouve les notions
d’oligarchie financière et des grandes banques, mises en avant aujourd’hui par la social-
démocratie, afin de détourner le prolétariat et le peuple de la lutte des classes.

3) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n°


3 L’économie et l’Etat socialistes. Septembre 1945
I) « Qu’est-ce que le socialisme ?
A) La propriété sociale des moyens de production.
La suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme.
La propriété est sociale, alors que les moyens de production sont propriété individuelle.
La propriété socialiste revêt deux formes principales :
1) Propriété d’Etat (Biens du peuple tout entier).
2) Propriété coopérative (Exemple : kolkhoz).
II) Les quatre raisons du triomphe d’une économie socialiste :
1) Tous les obstacles qui s’opposent au développement de la production en régime
capitaliste ont disparu : « Ce que nous vous demandons, ce n’est pas de produire
beaucoup, mais de produire cher ».
2) Le socialisme établit une économie sans crise.
3) Le socialisme crée une émulation au travail sans précédent.
4) Le socialisme met la machine au service de l’homme.
III) L’Etat socialiste :
L’Etat est l’instrument de domination d’une classe.
La révolution socialiste comporte la destruction de la machine de l’Etat capitaliste et
l’instauration d’un Etat nouveau :
1) Nécessité de l’Etat après la révolution socialiste :
a) Dans la période de construction du socialisme, cet Etat a trois tâches
principales à accomplir :
1) Il doit briser la résistance des grands propriétaires fonciers et des
capitalistes renversés et expropriés par la révolution socialiste, liquider
leurs tentatives de tout genre et de tout ordre.
2) Il doit encore organiser l’édification socialiste en rassemblant le
peuple entier autour de la classe ouvrière, éduquer les masses
populaires et orienter ce travail de façon à préparer la liquidation, la
suppression des classes.
3) Il doit organiser une puissante force armée pour la lutte contre les
ennemis de l’extérieur et sauvegarder ainsi les conquêtes de la
révolution socialiste.
b) Dans la société socialiste :
2) Les Soviets, base de l’Etat en URSS : « Conseils »
3) La dictature du prolétariat :
a) « La dictature du prolétariat ne peut être la démocratie « intégrale », la
démocratie pour tous, et pour les riches et pour les pauvres. » (Staline)
b) La dictature du prolétariat institue une démocratie réelle, sans précédent, pour
le peuple.
4) L’épanouissement de la démocratie socialiste :
Droit au travail ; droit de recevoir un emploi : garanti avec rémunération du travail
selon sa quantité et sa qualité.
Contrôle et révocabilité des élus par les électeurs.
1) De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail.
2) De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins.
IV) Comment se fait le passage du socialisme au communisme :
1) Développement de la production.
2) Les différences entre les travailleurs manuels et intellectuels, entre la ville
et la campagne tendent à s’effacer. »

4) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n°


4 La nation. Novembre 1945
« Par contre les communistes se sont montrés les meilleurs et les plus ardents
défenseurs de leur patrie.
Le Parti Communiste est à l’avant-garde de la lutte pour l’intérêt national.
L’histoire nous enseigne, en effet, qu’à chaque époque une classe sociale montante
incarne le véritable intérêt national.
La haute trahison des trusts.
Le PC, premier parti national, sa politique a été la seule vraiment conforme aux intérêts
de la Nation.
Les trusts, ennemis de la Nation.
Les trusts désorganisent la vie économique du pays.
Les trusts organisent la trahison de Munich : les trusts sans patrie.
Trahison ouverte des trusts sous l’occupation.
Les trusts sabotent la Renaissance Française.
Au moment où tous les efforts du pays devraient être tendus en vue de l’accroissement
de la production, pour une restauration rapide de l’économie française, où, à l’appel du Parti
Communiste et de son secrétaire général Maurice Thorez, mineurs, métallurgistes, cheminots,
ouvriers du bâtiment, etc., rivalisent d’ardeur eu travail, n’a-t-on pas vu le Comité des houillères
exploiter les veines les plus pauvres et les grandes firmes industrielles marcher au ralenti ?
Ainsi la classe ouvrière, soutenue par ses alliés (paysans et classes moyennes), défend
de la manière la plus conséquente les intérêts de la nation, tandis que les deux cents familles les
sacrifient en toute occasion à leur égoïsme de classe.
Patriotisme n’est pas chauvinisme.
Cosmopolitisme et patriotisme.
Le parti communiste, parti de la classe ouvrière, est le grand parti national.
Conditions de l’indépendance nationale.
Une économie sans trusts. Expropriation des trusts, retour à la nation des grands
moyens de production.
Une armée nationale et démocratique.
Une armée nationale et républicaine.
Le maintien et l’élargissement de la démocratie.
C’est pourquoi un gouvernement issu du peuple souverain, contrôlé par lui et
s’appuyant sur lui pour assurer le maintien et l’élargissement de la démocratie, est une des
conditions premières de l’indépendance nationale.
L’union de la classe ouvrière avec l’ensemble des forces nationales et démocratiques.
La question nationale et coloniale.
Trois principes :
Premier principe : égalité des droits.
Deuxième principe : le droit de libre expression allant jusqu’à la
séparation.
Troisième principe : le droit des nations à se séparer ne signifie pas
l’obligation de se séparer.
Les territoires français d’outre-mer :
Thorez : « une politique vraiment française »
« Nous n’avons jamais cessé de montrer que, par exemple, l’intérêt des populations de
l’Afrique du Nord était dans leur union avec le peuple de France. »
Jamais n’est clairement posée la question de la direction du mouvement : qui dirige ?
La bourgeoisie ou le prolétariat ? Le fait de refuser une direction par le prolétariat conduit
inévitablement à placer le prolétariat sous la direction de la bourgeoisie.

5) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n°


5 Le Parti. Novembre 1945
« Dans une société divisée en classes sociales, chaque classe ou fraction d’une classe
trouve son expression politique dans un parti pour conserver les privilèges qu’elle détient ou
mettre fin à l’exploitation dont elle est victime.
Un parti défend toujours les intérêts d’une classe ou d’une fraction de classe. Il groupe
des hommes et des femmes pour la réalisation de certains objectifs politiques, autour d’un
programme et de moyens d’actions déterminés.
I) Le parti, avant-garde de la classe ouvrière :
1) Le Parti Communiste, héritier des traditions révolutionnaires de la classe
ouvrière française. 1871 : premier exemple, encore embryonnaire, d’un Etat
prolétaire, et d’une démocratie authentique.
2) Le Parti Communiste continue et développe le communisme à la lumière de la
science marxiste.
3) Le Parti Communiste achève l’organisation du prolétariat ébauchée par le
mouvement ouvrier révolutionnaire dans notre pays.
4) Le Parti Communiste, parti d’un type nouveau. Lénine, sur le plan philosophique,
a développé, le matérialisme dialectique de Marx et d’Engels à la lumière des
découvertes les plus récentes de la science.
a) Unité de pensée : Cette politique scientifique exclut évidemment toute division
du Parti en « tendances » ou « fractions », comme tout opportunisme et toute
« synthèse ».
b) Liaison avec les masses : Chaque Parti de la II° Internationale était, comme dit
Staline, « un appareil électoral approprié aux élections parlementaires et à la lutte
parlementaire. »
c) Discipline de fer.
II) Le Parti, rassembleur des forces nationales progressives :
1) La classe ouvrière, classe montante, dont les intérêts s’identifient avec ceux de
la Nation :
[…] domination d’une nouvelle caste, celle du capital financier.
2) Le Parti Communiste, Parti de la Nation :
14 juillet 1935 : Jacques Duclos… Tandis que l’après-midi, près d’un million de
manifestants à Paris rendaient au Peuple la « Marseillaise » et le Drapeau Tricolore.
… notre Parti apparaît comme le seul artisan de l’union de la Nation.
Charles Debarge : fondation du premier groupe de francs-tireurs en décembre 1940. »
L’utilisation de la « Marseillaise », chant bourgeois, et l’utilisation du drapeau
bourgeois bleu blanc rouge aurait du donner lieu à des critiques !
« Sans le Parti Communiste, il n’y aurait pas eu de résistance française… marcher au
poteau d’exécution en chantant la « Marseillaise ». Nul n’oserait plus aujourd’hui s’étonner de
voir les communistes brandir le drapeau tricolore ou entonner l’hymne national.
3) Le Parti Communiste, Parti des Bâtisseurs :
…être le Parti de la Renaissance française, continuer la France.
III) Un parti de type nouveau
1) L’unité de pensée
2) L’unité d’organisation : Le centralisme démocratique
3) L’unité dans l’action
Un homme du Parti, c’est celui qui subordonne tous les actes de sa vie publique et
privée à l’intérêt du Parti, qui se confond avec l’intérêt de la France.
… au peuple, qui a fait la grandeur de la patrie, le droit de faire ses lois et de désigner
les dirigeants capables de les appliquer. »

6) L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n°


6 Les principes de la politique communiste. Décembre 1945
« Staline : « La théorie devient sans objet si elle n’est pas rattachée à la pratique
révolutionnaire ; de même exactement que la pratique devient aveugle si la voie n’est pas
éclairée par la théorie révolutionnaire. »
« La théorie n’est pas un dogme mais un guide pour l’action »
Staline « Les principes du léninisme »
a) La stratégie :
La stratégie s’assigne trois objectifs principaux :
1) Fixer la direction du coup principal à porter ;
2) Elaborer un plan destiné à atteindre le but projeté ;
3) Lutter pour la réalisation de ce plan.
b) La tactique :
Le mot « politique » est souvent discrédité par le fait qu’il a servi à dissimuler la
soumission de certains hommes et de certains partis aux intérêts d’une classe privilégiée.
Les communistes ne se bornent pas à interpréter les événements ; ils luttent pour les
influencer, pour les modifier dans le sens des intérêts de la classe ouvrière et du peuple. La
théorie marxiste-léniniste n’est pas seulement un instrument de compréhension, elle est aussi et
surtout un instrument d’action.
I) Principes généraux de la stratégie et de la tactique communistes :
a) La stratégie :
6 février 1934 : première tentative d’assaut fasciste contre le peuple et la
République.
Octobre 1934 : idée du Front Populaire pour le pain, la liberté et la paix.
Août 1934 : « Front Français »
La tactique :
Staline « Principes du léninisme »
« Si la stratégie a pour but de gagner la guerre, par exemple contre le tsarisme ou la
bourgeoisie, de mener jusqu’au bout la lutte contre le tsarisme, ou la bourgeoisie, la tactique,
elle, s’assigne des objectifs moins essentiels, car elle s’efforce de gagner non pas la guerre dans
son ensemble, mais telles ou telles batailles, tels ou tels combats, de réaliser avec succès telles
ou telles campagnes, telles ou telles actions appropriées à la situation concrète, pendant une
période donnée d’essor ou de déclin de la révolution. La tactique est une partie de la stratégie,
subordonnée à celle-ci et destinée à la servir. »
II) Les règles permanentes d’action :
a) On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule :
Lénine : »On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule. Jeter l’avant-garde seule dans
la bataille décisive tant que la classe tout entière, tant que les grandes masses n’ont pas pris soit
une attitude d’appui direct à l’avant-garde, soit tout au moins de neutralité bienveillante …
serait non seulement une sottise, mais un crime. » (La Maladie infantile du communisme)
« L’unité par en bas, toujours ; par en haut et par en bas, quelquefois ; par en haut
seulement, jamais. »
b) Il importe de bien déterminer l’ennemi principal et le coup principal à porter :
Par exemple, au cours d’une consultation électorale, il est nécessaire de déterminer
l’ennemi principal contre lequel il faut porter le maximum de coups au lieu de disperser ses
efforts tout en risquant de commettre des erreurs préjudiciables au Parti.
c) Il faut discerner ce qui est réalisable dans une période donnée :
Lénine : « rassembler à l’endroit décisif, au moment décisif, des forces beaucoup
supérieures à celles de l’ennemi. »
d) On doit savoir saisir la préoccupation sensible du peuple au moment donné : Le
PCF « un grand Parti de gouvernement et le premier Parti de France » refuse en
décembre 1945, de se poser la question de l’instauration du socialisme en France !
Incompréhensible !
Etienne Fajon disait au X° Congrès du Parti : « Les bavardages sur l’instauration
du socialisme en France à l’époque actuelle n’ont aucun sens ou sont le fait de
provocateurs chargés de diviser les forces démocratiques, car les conditions
indispensables à cette instauration ne sont pas créées. Ce qui est réalisable
présentement, ce sont les trois grandes tâches clairement fixées par Maurice
THOREZ : la renaissance économique par l’augmentation de la production, le
renouvellement de la démocratie, l’unité de la classe ouvrière. »
e) La tactique est inséparable de l’action et du travail de masse.
f) Les communistes gardent toujours « la tête froide ».
III) Lutte contre les déformations de notre stratégie et de notre tactique. »

7) La vie du Parti. Novembre-Décembre 1944


« Projet de Charte d’unité de la classe ouvrière de France vers la suppression de
l’exploitation de l’homme par l’homme.
Destruction de la dictature du capital, c’est un élargissement considérable de la
démocratie pour le peuple, pour les ouvriers, les paysans, les intellectuels et l’ensemble des
masses laborieuses. C’est la dictature du prolétariat.
« Le programme que se propose de réaliser le PCF est, en premier lieu, de libérer la
France de la domination des trusts, coupables de trahison, de reconstruire l’industrie en la
modernisant, de rénover l’agriculture, d’assurer une véritable renaissance de la Nation et de
créer une France nouvelle. »
« Une grande armée nouvelle » : …tous les moyens qui permettront à notre pays de
reconstruire une grande armée nationale nouvelle.
Etats généraux de la Renaissance nationale.
« Souveraineté française » : remettre le pays à sa place de toujours
« Tout un peuple, debout derrière son gouvernement et son président, le Général de
Gaulle »
« Vive la France libre et indépendante »
Le drapeau français
« L’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par
l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production »
Nationalisations
« Participation des travailleurs à la direction de l’économie »
« La diversité de la composition sociale de notre parti »
La Marseillaise
Ouvrir toutes grandes les portes du Parti
Un effort doit être porté vers le développement du Parti dans les entreprises, bases de
la production indispensable à la poursuite de l’effort de guerre, et au relèvement économique
de notre pays. Le grand Parti de la Renaissance française.
Programme CNR :
- L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
- L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale impliquant
l’éviction des grandes féodalités économiques et financières et de la direction de
l’économie ;
- Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des
intérêts particuliers à l’intérêt général ;
- L’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par
l’Etat ;
- Le retour à la nation de tous les grands moyens de production monopolisés,
fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des
compagnies d’assurances et des grandes banques ;
- …une élite véritable, non de naissance, mais de mérite et constamment
renouvelée par les apports populaires. »

8) La doctrine communiste. Marx, Engels, Lénine, Staline en six cours. Les bases
théoriques du communisme.
« L’impérialisme et les guerres impérialistes :
Durant la période de l’impérialisme, le capitalisme apparaît sur son déclin. Il est
rétrograde à tous les points de vue (destruction de la démocratie bourgeoise, étouffement de la
pensée technique et de l’art) ; il devient un capitalisme « pourrissant », « agonisant ». La paix
vraiment stable ne peut résulter que de la liquidation du système des trusts, du retour à la nation
de tous les grands moyens de production, de la suppression de l’exploitation de l’homme par
l’homme.
La Révolution Sociale et l’Unité Nationale :
Seul, le prolétariat peut accomplir la révolution sociale par la suppression de la
propriété des trusts, mais il ne peut l’accomplir seul. Il l’accomplit en se mettant à la tête de
toute la nation, en particulier en s’alliant étroitement avec la paysannerie et les couches pauvres
des classes moyennes. Cette alliance est une condition indispensable au succès de la
transformation sociale, de la renaissance nationale.
Le Parti Communiste :
Quels sont les caractères propres du Parti Communiste ?
I) Ecole de courage et d’abnégation : Parti intransigeant vis-à-vis des attentistes
et des capitulards.
II) Doctrine scientifique. Centralisme démocratique. Devenir communiste, c’est
s’engager à penser chaque situation, à reconnaître toutes les erreurs commises
(autocritique).
III) Le Parti Communiste est « le Parti de l’immense masse de la Nation ».

9) Histoire du Parti Communiste Français ; Vingt-cinq ans de lutte pour le salut du


peuple de France. 1944
« La quatrième étape de l’histoire de notre parti est celle où il se place en tête de la
guerre nationale contre Hitler et la 5° colonne.
Le fascisme est la dictature terroriste de la fraction la plus réactionnaire, la plus
impérialiste et la plus chauvine de la grande bourgeoisie.
Chapitre VIII :
La lutte du parti communiste français pour l’insurrection nationale :
Dès juillet 1940, le Parti Communiste relève le drapeau de l’indépendance nationale
et de la démocratie française.
Au début de 1941, le Parti Communiste lance l’idée du Front National.
Fidèle à son passé de lutte pour l’union de la nation française, il (le PCF) a entendu
aider de toutes ses forces au groupement de tous les Français dignes de ce nom dans une même
organisation large, sans distinction de convictions philosophiques, de croyances religieuses ou
d’opinions politiques, pour la délivrance et le relèvement de la France. C’est ce rassemblement
qui porte le nom de Front National de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France.
…On voit combien vile est la calomnie qui représente le Parti Communiste n’étant
passé à l’action contre Hitler et n’ayant organisé le ralliement des Français qu’après le
déclenchement de l’agression nazie contre l’URSS.
Le Front National est devenu la plus forte des organisations de type nouveau de la
Résistance française.
« Pour avoir des droits demain, la France doit se battre aujourd’hui ! »
Mot d’ordre du Général de Gaulle : « L’insurrection nationale est inséparable de la
libération nationale ».
C’est au Front National que sont adhérents les héroïques Francs Tireurs et Partisans
Français (FTPF), patriotes de toute opinion, de toute croyance et de toute condition sociale qui
ont été les premiers pionniers de la lutte armée contre l’envahisseur sur le sol de la Patrie et qui
marchent aujourd’hui au premier rang des Forces Françaises de l’Intérieur. C’est le Front
National qui a contribué puissamment à faire du mot d’ordre de l’insurrection nationale un mot
d’ordre de masse.
Toujours plus avant dans la voie de l’action. Le développement progressif des formes
de l’action jusqu’au niveau de l’insurrection nationale.
En premier lieu, le Parti Communiste a dû soutenir une longue lutte pour faire
comprendre que la barbarie effroyable des nazis, auteurs de la « guerre totale », ne pouvait être
anéantie qu’en sachant bien qu’il s’agit d’un adversaire auquel toute considération d’humanité
est étrangère.
Par conséquent, les différentes méthodes qui pouvaient être employées ne devaient
être jugées que du point de vue de leur efficacité, en partant du principe que le peuple français
était en état de légitime défense.
Ce sera l’honneur du Pari Communiste d’avoir constamment lutté contre l’attentisme
en organisant, en accord avec les possibilités successives offertes par la situation, les actions de
plus en plus poussées, qui doivent aboutir à l’insurrection nationale.
L’ennemi barbare cherchait à combattre par la terreur la plus sanglante la résistance
des peuples opprimés contre le nôtre. Mais précisément parce qu’il s’agissait d’un ennemi
barbare, la renonciation à la lutte n’aurait pu mettre aucun frein à sa barbarie. Il fallait au
contraire développer le sabotage et les opérations de lutte armée.
Vaincre l’hitlérisme et refaire la France.
Le Parti Communiste est par excellence le Parti capable de faire revivre réellement la
nation française. »
Jamais n’est posée la question militaire. Pourtant, comme l’a indiqué Mao Tsé-toung,
sans armée rouge, la classe ouvrière n’a rien ! La question militaire devrait se poser à tout
moment : même petit, même faible, idéologiquement le parti de la classe ouvrière devrait poser
cette question. Cette absence de la problématique démontre, s’il en est besoin, que les dirigeants
opportunistes du Parti Communiste n’avaient jamais eu l’intention de prendre véritablement le
pouvoir et d’instaurer un Etat socialiste !

10) Les communistes dans la bataille pour la libération de la France. Rapport présenté
au comité central du Parti Communiste Français le 31 août 1944 par Jacques
Duclos.
« L’insurrection parisienne :
La trêve : les négociations de la trêve voulaient laisser partir les Allemands au lieu
d’appeler les parisiens à les exterminer ou à les capturer.
…les saboteurs de la remise en route de l’économie nationale.
Il semble que certains hommes de la Résistance ont cru que notre Parti voulait faire
l’insurrection communiste dans Paris. Peut-être même cette crainte ridicule a-t-elle contribué à
déterminer la conclusion de la trêve, ce qui montre que l’anticommunisme et la peur du Peuple
conduisent tout droit à pactiser avec l’ennemi, mais cela prouve une fois de plus que certains
éléments nous connaissent bien mal.
Nous avons dit et répété que ce que nous voulons, c’est :
- Libérer la France
- Châtier les traîtres
- Donner la parole au peuple. »
Ceci est un aveu ! Il est évident que les bourgeois, ennemis de classe des prolétaires,
s’attendaient à ce que le Parti Communiste transforme l’insurrection nationale en insurrection
socialiste. Mais ce n’était pas l’intention des dirigeants en place du Parti Communiste, dont
l’intention était de rétablir le cadre bourgeois et de placer les ouvriers sous la dictature de la
bourgeoisie.

« Mettre sur pied une grande armée française en y intégrant des unités de FFI.
Nous voulons donner la parole au peuple.
Cela signifie que nous entendons veiller à ce que le plus rapidement possible le peuple
soit consulté dans des conditions de loyauté absolue.
Cela signifie que nous voulons voir la France devenir une véritable démocratie où la
souveraineté populaire ne sera pas une formule, mais une réalité.
Notre parti a confiance dans le peuple et il ne se doute pas que la France se donnera
un régime de liberté, une véritable république assurant effectivement la souveraineté populaire.
… les communistes qui ont été les pionniers de la lutte armée contre les boches doivent
être aux premiers rangs de ceux qui entendent travailler à doter la France d’une puissante armée,
expression de la nation toute entière.
Page 22 : Il appelle les communistes à renforcer les rangs des FTP et par cela même,
à grossir les unités FFI qui doivent pouvoir s’intégrer dans la nouvelle Armée Française, armée
du Peuple au service de la Nation. »

http://paul-quader.over-blog.com/la-résistance-et-la-franc-maçonnerie-1

***

LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (2)


28 juillet 2013

Le PCF adopta très tôt comme idéal la « nation ». Il voulut réconcilier le drapeau
national et le drapeau rouge, la Marseillaise et l’Internationale. Pendant et après guerre, la
direction du PCF se soumit progressivement à de Gaulle au niveau de la stratégie politico-
militaire et ne profita pas vraiment du formidable élan populaire et du prestige du Parti dû à la
résistance.

1) S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter le


testament de nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14 décembre
1944 par Jacques Duclos secrétaire du Parti Communiste Français et Maurice
Thorez, secrétaire général du Parti Communiste Français à la manifestation
commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et Lucien Sampaix « morts pour
que vive la France ».
« Thorez : « Il faut que nous restions unis pour la reconstruction, comme nous l’avons
été, comme nous le sommes encore dans la lutte contre l’Allemand et contre les vichyssois…
Soyons unis, Français et Françaises. Soyons unis pour travailler et pour battre l’ennemi. »
2) La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par Florimond
Bonte, député de Paris, membre de l’Assemblée consultative, discours prononcé le
21 novembre 1944 devant l’Assemblée consultative Préface de Marcel Cachin.
« Les deux erreurs fondamentales de l’entre-deux guerres :
La première faute essentielle consiste en ce que le principal fauteur de guerres,
l’impérialisme allemand, n’a pas été entièrement désarmé et détruit, et que ses racines politiques
et économiques ont été laissées absolument intactes.
La deuxième faute essentielle consiste en ce que tous les hommes d’Etat des pays
démocratiques n’ont pas voulu comprendre l’immense portée historique de la grande révolution
socialiste d’octobre 1917, accomplie par un peuple insurgé contre une oppression séculaire.
Trois conditions de la paix :
- D’abord, anéantir partout le fascisme ;
- Ensuite, maintenir l’union des principaux Etats de la coalition
antihitlérienne, aussi indispensable pour établir une paix juste et stable
qu’elle est indispensable pour conquérir la victoire totale sur l’hitlérisme ;
- Enfin, empêcher à tout prix que la haine du peuple puisse faire oublier,
comme par le passé, que l’alliance franco-soviétique est une des
conditions nécessaires de la sécurité française.
[La France] est et elle doit rester une grande puissance africaine.
Les tâches essentielles de la politique française.
Il faut donc donner à notre politique extérieure de solides assises intérieures. Nous
considérons que pour obtenir ce résultat, les tâches essentielles à accomplir sont les suivantes :
Premièrement, la création, l’organisation, l’armement et la mise en action rapide d’une
forte armée nationale, démocratique, une et indivisible, fraternellement liée au peuple et
honorée par le peuple dans ses officiers, ses sous-officiers et ses soldats, unis dans un même
amour de la patrie et de la République.
Deuxièmement, la réorganisation rapide de l’économie française délabrée, la remise
en, marche des usines et des transports, le rétablissement des échanges normaux entre la ville
et la campagne et la distribution rationnelle d’un ravitaillement substantiel.
Troisièmement, la pratique d’une politique d’épuration sévère, de châtiment
impitoyable, calquée sur celle de la Convention et du Comité de salut public, politique qui,
seule, est capable de débarrasser le pays des malfaiteurs de la trahison et des agents hitlériens,
et de maintenir l’ordre républicain contre les saboteurs de la lutte libératrice et de la renaissance
française.
Quatrièmement, l’application intégrale du programme de démocratie politique, de
démocratie économique, de démocratie sociale, adopté le 16 mars 1944 dans la clandestinité
par toutes les organisations rassemblées dans le Conseil national de la Résistance.
Cinquièmement, la réalisation d’une politique d’union du peuple de France et de toutes
les populations de la France d’Outre-mer par la satisfaction des légitimes revendications de ces
peuples, dont les fils travaillent et combattent actuellement sous les drapeaux pour la conquête
de la liberté. »

3) Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les


communistes et la propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle des
sociétés savantes
« Les communistes et la propriété :
La calomnie anticommuniste la plus répandue est peut-être celle qui a trait à la position
de notre Parti sur le problème de la propriété. Au dire de nos détracteurs, les communistes
seraient des ennemis de la propriété privée, des « partageux » ; le communisme serait la
négation de la propriété. Quels sont donc le »s « arguments » mis en avant pour prétendre que
les communistes veulent abolir la propriété du cultivateur, du boutiquier, de l’artisan ?
Ces « arguments » peuvent se ramener à deux.
Les communistes, dit-on d’abord, affirment que le développement économique tend à
l’élimination de la petite industrie, du petit commerce, de la petite exploitation en général. Ils
se prononcent donc contre la petite propriété.
Les communistes, ajoute-t-on, ont inscrit dans leur programme d’avenir la propriété
sociale des principaux moyens de production. Puisqu’ils sont pour la propriété sociale, ils sont
les ennemis de la propriété privée.
C’est en regard de ces singuliers « arguments » que nous allons préciser notre position
sur la question.
LES TRUSTS DESTRUCTEURS DE LA PROPRIETE :
Ainsi, depuis l’apparition des trusts, on enregistre dans notre pays une diminution
constante du nombre de propriétaires par rapport au nombre de ceux qui ne possèdent rien. Plus
généralement, rappelons que le nombre de salariés, dépourvus de toute propriété personnelle,
est passé en France de 1 300 000 en 1851 à 11 000 000 en 1939.
LA PROPRIETE SOUS HITLER :
Le premier soin des nazis fut de procéder à l’expropriation brutale et massive des
paysans dans des régions entières de la France.
L’OFFENSIVE DES TRUSTS CONTRE LA PROPRIETE SE POURSUIT :
SUPPRESSION DES TRUSTS POUR GARANTIR LA PROPRIETE
INDIVIDUELLE :
Préserver la propriété fruit du travail personnel et familial, et pour cela abolir la
« propriété » des coalitions qui ruinent les petites gens et trahissent la France, telle est la
position conséquente exprimée dans tous les documents de notre Parti.
L’abolition du grand capital sans patrie pour assurer le droit de propriété à la masse
des citoyens, c’est, depuis que le communisme existe, l’essence même de son programme
d’avenir.
Mais il faut ajouter qu’en attendant que la nation puisse en finir avec les trusts qui l’ont
divisée, pillée, et trahie, les communistes ont soutenu, soutiennent et soutiendront la propriété
privée par leur politique de défense des revendications des classes moyennes.
DEFENSE DES CLASSES MOYENNES : PROPRIETE SOCIAZLMISTE ET
PROPRIETE PRIVEE :
Constitution soviétique de 1936, article 9 : « La loi admet les petites économies privées
des paysans individuels et des artisans fondées sur le travail et excluant l’exploitation du travail
d’autrui. »
LA VOIE DE LA COOPERATION.
Le kolkhoz. En propre. Une économie auxiliaire, une maison d’habitation le bétail
productif la volaille et le menu matériel agricole<
LE PROBLEME DU MOMENT :
Le problème d’aujourd’hui, c’est l’union des Français pour la victoire et pour la
reconstruction de la France, l’union des Français quelle que soit leur position sur les formes de
la propriété dans l’avenir.
Le problème d’aujourd’hui, pour ce qui touche à la propriété, c’est la confiscation sans
indemnité des biens des traîtres, mot d’ordre qui réalise l’unanimité de tous les Français.
Bavarder en ce moment sur la « nationalisation » ou le « socialisme », cela revient tout
bonnement à obscurcir le clair mot d’ordre de confiscation des biens des traîtres et à favoriser
la réédition d’expériences comme la prétendue nationalisation des chemins de fer qui consistant
avant la guerre à renflouer et à enrichir les magnats des Compagnies aux frais de la nation.
Cela revient aussi à diviser le peuple français en partisans et adversaires du
« socialisme », et par suite à retarder la victoire et la reconstruction de la France.
Pour l’instant, il faut châtier les traîtres des trusts et confisquer leurs biens et
entreprises.
C’est à la nation elle-même qu’il appartiendra demain, quand l’ennemi sera écrasé et
quand la France aura retrouvé tous ses fils prisonniers, déportés, dispersés, de dire
souverainement quelle structure économique et sociale elle entend adopter pour prévenir le
retour de ses récents malheurs et pour créer les conditions de sa renaissance rapide et de son
essor ininterrompu. »

CONCLUSION :
Comme l’indiquent les camarades chinois, pages 340 et 341 de l’ouvrage « Histoire
économique des grands pays capitalistes » Editions du peuple Pékin, Octobre 1975, Texte
traduit du chinois et édité par E 100en 1977 :
« En août 1944, les forces armées révolutionnaires françaises libérèrent Paris et, au
mois de septembre de la même année, la France fut pratiquement libérée tout entière.
Mais les fruits de la victoire, que le peuple français récolta au prix de son sang, furent
rapidement usurpés par la grande bourgeoisie. A ce moment-là, les dirigeants du Parti
communiste, le premier grand Parti de France, jouissant d’une forte influence parmi les masses
populaires, appliquèrent de façon erronée une ligne déviationniste de droite, et crurent pouvoir
changer la politique de la bourgeoisie et le système capitaliste par la voie parlementaire.
Aspirant à des postes élevés et à de bons salaires, la clique dirigeante du P.C.F. fit un compromis
honteux avec la grande bourgeoisie, rendit les armes et abandonna la lutte armée. Moins de
trois ans après, les communistes furent expulsés du gouvernement par les forces réactionnaires,
et devinrent aussitôt l’objet d’une cruelle répression. Cette erreur historique du Parti
communiste français est une grave leçon qui doit mettre en garde le prolétariat et les peuples
révolutionnaires du monde entier. »
Dans certaines régions, comme le sud-ouest, les FFI exercent un pouvoir de fait et
partout se développe une agitation presque révolutionnaire.
Dissolution des milices armées issues de la résistance est un acte de trahison de la
classe ouvrière : le désarmement des milices communistes est facilité par l’attitude légaliste du
secrétaire général du Parti Communiste Français : Maurice Thorez.
Lors des élections législatives du 21 octobre 1945, le principal vainqueur est le PCF,
qui obtient le plus de voix et de sièges. C’est le premier parti de France. Avec les socialistes de
la SFIO, les communistes sont majoritaires à l’assemblée.
Dans le premier gouvernement de Gaulle, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF,
devient ministre d’Etat. Le PCF recule aux élections législatives de juin 1946. Mais le 10
novembre 1946, le PCF redevient le premier parti de France.
Le Parti communiste a refusé de donner à la résistance un prolongement
révolutionnaire, en vue de la prise du pouvoir, alors que le contexte était de type
prérévolutionnaire.
Parlementarisme, légalisme, électoralisme : d’abord présenté, en paroles, comme une
tactique par la direction du PCF, ces objectifs deviennent dans les faits, la stratégie, la seule, du
PCF.
Les commissaires de la République trouvent en face d’eux dans chaque région, des
autorités de fait, les comités de libération – locaux et départementaux (CLL et CDL) – ainsi que
des forces armées issues des FTP qui s’étaient substituées en « milices patriotiques », en mars
1944 (sorte de police supplétive constituée de citoyens armés aux ordres des CDL.
Partout des hommes armés prêts à faire la révolution. Partout des tribunaux populaires
procédant à des jugements et des exécutions sommaires contre les collaborateurs (près de 10
000 personnes exécutées, avec ou sans jugement, pendant l’été 1944).
Le Gouvernement Provisoire de la République Française décide du désarmement des
« milices patriotiques », malgré les protestations des résistants et surtout des communistes. Les
résistants doivent s’engager dans l’armée française qui s’organise pour accélérer la libération
du territoire et porter la guerre en Allemagne. Dès lors la résistance ne dispose plus d’une force
armée à sa disposition et les CDL se délitent.
Le rôle et l’attitude du PCF : Son prestige est important. Il garde ses organisations
propres (Front National et FTP).
A son retour d’URSS, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, décide fin 1944,
de jouer le jeu de la « démocratie » bourgeoise :
Le PCF ne tentera pas de prendre le pouvoir par la force.
Le 28 octobre 1944, avec l’appui de Thorez, ministre d’Etat, le GPRF décide
la dissolution des milices patriotiques et leur intégration dans l’armée.
Le problème de l’ordre bourgeois est désormais réglé et il revient, plus ou moins vite,
selon les régions.
Les élections municipales d’avril-mai 1945 sont un premier pas vers un retour à la
légalité bourgeoise.
Le remplacement de l’épuration spontanée par des tribunaux bourgeois est un second
pas.
Les tribunaux spontanés et révolutionnaires ont prononcé 10 à 40 000 condamnations
(9 000 morts environ).
Des tribunaux officiels sont créés : Chambres civiques et Haute Cour de Justice.
163 077 dossiers sont instruits. La répartition des peines prononcées est :
Mort : 4 %
Travaux forcés : 8 %
Réclusion : 16 %
Dégradation nationale : 25 %
Acquittement : 17 %
Non-lieu : 30 %
Pétain est jugé, condamné à mort et sa peine sera commuée en réclusion à perpétuité.
Pierre Laval et Maurice Darnand seront exécutés parmi d’autres.
L’épuration fut sévère dans les milieux intellectuels et chez les humbles, modérée
parmi les fonctionnaires et notamment les hauts fonctionnaires, faible dans les milieux
économiques et chez les nantis.
Le PCF bénéficie d’un gros prestige. Sa ligne politique s’appuie sur :
La mise en œuvre du programme du CNR ;
Une vigoureuse propagande patriotique et productiviste.
L’élan productif : Dès septembre 1944, toutes les forces politiques et syndicales se
lancent dans « la bataille de la production ».
Maurice Thorez (« Un seul Etat, une seule armée, une seule police ») a cautionné la
décision de de Gaulle d’incorporer les milices patriotiques aux forces régulières bourgeoises.
La lutte entre deux lignes dans le PCF : Dans la pratique, le parti ne réussit pas à
combiner la lutte pour la révolution socialiste et celle contre le fascisme et tomba dans la
déviation de droite qui consistait à se poser en tant qu’aile gauche de la coalition de toutes les
forces unies en vue d’abattre le fascisme.
Le PCF adopta très tôt comme idéal la « nation ». Il voulut réconcilier le drapeau
national et le drapeau rouge, la Marseillaise et l’Internationale. Pendant et après guerre, la
direction du PCF se soumit progressivement à de Gaulle au niveau de la stratégie politico-
militaire et ne profita pas vraiment du formidable élan populaire et du prestige du Parti dû à la
résistance.
Les partisans de la prise du pouvoir furent écartés.
1945-1960 : le triomphe du révisionnisme : Le PCF n’entend pas prendre le pouvoir,
alors qu’il était évident que cette question devait être centrale, le rapport de force étant
favorable. En octobre 1945, le PCF a ainsi 26.1 % des voix (20.3 % des inscrits). Mais, suivant
la logique de soumission ouverte par le Front Populaire, Thorez lance comme principe « Un
seul Etat, une seule armée, une seule police ». Le PCF sabote les grèves et prône la relance de
la production.
Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait cinq ministres communistes (sur un total de vingt),
exactement là où il faut calmer les luttes de classe : l’économie nationale, la production
industrielle, le travail, la production de l’armement (le ministère de la guerre étant divisé en
deux pour empêcher les communistes d’avoir accès aux nominations), Thorez étant enfin
ministre d’Etat.
1946 : Dans une interview au Times, Thorez défend une ligne de passage pacifique au
socialisme : « Les progrès de la démocratie à travers le monde permettent d’envisager pour la
marche du socialisme d’autres chemins que ceux suivis par les communistes russes […]. Nous
avons toujours pensé et déclaré que le peuple de France, riche d’une glorieuse tradition,
trouverait lui-même sa voie vers plus de démocratie, de progrès, de justice sociale. »
Maurice Thorez a détaché la lutte contre le fascisme de la lutte contre le socialisme :
« Le problème n’est pas le choix entre le communisme et le fascisme, mais entre le fascisme et
la démocratie. » (Fils du peuple, page 87).

CONCLUSION

Outre la contradiction entre le peuple français et l’ennemi nazi, sur le sol nationale, il
coexiste également la contradiction principale entre la bourgeoisie et le prolétariat. Le
prolétariat, dans le cadre de la guerre impérialiste, a ses objectifs propres, qui sont l’insurrection
et l’instauration d’une dictature du prolétariat.
Le parti communiste chinois, grâce à Mao Tsé-toung, a su brillamment mener ces deux
contradictions à leur terme : lutte contre l’envahisseur japonais, et lutte pour l’instauration d’un
Etat de démocratie nouvelle, puis d’un Etat socialiste.
En France, le PCF n’avait pas de Pensée-Guide. Ses chefs, Thorez et Duclos, étaient à
la tête d’une ligne opportuniste de droite. S’ils ont mené la guerre contre la bourgeoisie fasciste,
représentée par Pétain et Laval, ils n’ont pas prôné l’autonomie prolétarienne, mais se sont mis
à la remorque de la bourgeoisie « républicaine », représentée par de Gaulle. En cela, ils ont fait
servir le prolétariat comme force d’appoint d’une fraction de la bourgeoisie contre une autre
fraction de la bourgeoisie. Le vainqueur de la contradiction entre bourgeoisie et prolétariat,
c’est en fin de compte de Gaulle.
Ainsi, la bourgeoisie a pu instaurer une république bourgeoise ; les deux fractions de
la bourgeoisie se sont ensuite réconciliées pour mener la lutte du camp impérialiste contre le
camp socialiste.
Deuxième partie : Le programme du Conseil National de la Résistance, programme
bourgeois de restauration du capitalisme français

ANNEXE 1 : REPERES CHRONOLOGIQUES


1944
Janvier : Arrestation de Marcel Prenant
1° février : Création des FFI
15 mars : Publication du « Programme du CNR »
Mars : La Milice et les Allemands donnent l’assaut au plateau des Glières
1-4 avril : Fernand Grenier et François Billoux entrent au gouvernement provisoire
d’Alger
4 juin : Prise de Rome
6 juin : Débarquement des Américains et des Anglais en Normandie
31 juillet Percée d’Avranches (du 06/06 au 31/07, les Allemands avaient pu contenir
les alliés en Normandie
2 août : Rédaction du texte de l’affiche de mobilisation d’Ouzoulias
7 août : Nomination de Von Choltitz, commandant du « Gross Paris »
Ouzoulias à Saint Rémy pour soumettre l’affiche à Tillon
8 août : Eisenhower et Bradley envisagent de contourner Paris
Tillon écrit à Rol FTP, mais chef des FFI de la région parisienne pour
mettre sous ses ordres tous les FTP de la région parisienne
10 août : Début de la grève des cheminots parisiens. Affichage de l’affiche
d’Ouzoulias. Appel à l’insurrection de Paris par le CMN des FTP
11 août : Libération de Chartres
13 août : Grève de la gendarmerie dans la région parisienne
15 août : Grève de la police parisienne. Débarquement franco-américain en
Provence. Tillon établit son QG avenue de Saint-Mandé
17 août : Libération d’Orléans
18 août : Grève générale lancée par les syndicats. Libération des prisonniers politiques
de la Santé. Affiche à l’insurrection du PCF, signée de tous les élus du
Parti>. Jean Jérôme libéré
19 août Début de l’insurrection parisienne et occupation de la préfecture de police
20 août : Trêve à Paris
21 août : Les combats reprennent à Paris
23 août : La 2° DB de Leclerc s’ébranle en direction de Paris. Duclos écrit à Lecoeur
et lui demande de joindre Allais (Tillon)
24 août : Trois chars de Leclerc (Capitaine Dronne) à l’Hôtel de Ville
25 août : Reddition de Von Choltitz. Duclos et Frachon rentrent à Paris
26 août : De Gaulle descend les Champs Elysées. Festivités au siège du Parti
6 septembre : Entrevue Duclos-De Gaulle
9 septembre : Tillon ministre de l’air, Billoux ministre de la santé
23 novembre : Entrée de Leclerc à Strasbourg
27 novembre : Retour de Thorez à Paris
27 décembre : Fabien saute sur une mine
1945 et après
Février 1945 : Conférence à Yalta (Staline, Roosevelt, Churchill)
8 mai 1945 : Capitulation de l’Allemagne nazie. Massacre de Sétif, en Algérie
(45 000 morts).
6 septembre 1945 : Frachon co-secrétaire général de la CGT (avec Jouhaux)
21 novembre 1945 : 5 ministres communistes au gouvernement (Torez, Tillon, à
l’armement, Billoux, Marcel Paul, Croizat)
20 janvier 1946 : De Gaulle démissionne de la présidence du conseil
29 janvier 1946 : Gouvernement Gouin : Thorez vice-premier ministre, 5 ministres
communistes (Tillon, Croizat, Paul, Billoux et Casanova) et 2 sous-
secrétaires d’Etat, Lecoeur au charbon et Patinaud
4 décembre 1946 : A la Chambre 23 voix (sur 579) manquent à Thorez pour être investi
premier ministre
4 mai 1947 : Le premier ministre Ramadier révoque les ministres communistes
22 septembre 1947 : Ouverture en Pologne de la conférence de Slarska-Porcha. 9 Partis
Communistes sont représentés. Autocritique de Duclos au nom du PCF.
Les Partie Communistes se plongent dans la guerre froide
Novembre 1947 : Vague de grèves très violentes, surtout dans les mines
Fin 1947 : Raph transfère le dispositif clandestin à Lecoeur
Avril 1948 : Jouhaux fait scission de la CGT pour créer FO
10 octobre 1950 : Thorez, malade, part se faire soigner à Moscou
28 mai 1952 : Manifestation contre « Ridgway la peste ». Arrestation de Duclos
(affaire des pigeons)
1° juillet 1952 : Remise en liberté de Duclos
1° septembre 1952 : Mise en accusation de Marty et Tillon au Bureau Politique
5 mars 1953 : Mort de Staline
5 mars 1954 : Mise en accusation de Lecoeur devant le comité central. Suicide de
Camphin
25 février 1956 : XX0 congrès du PCUS à Moscou, Rapport de Khrouchtchev sur les
crimes de Staline
11 juillet 1964 : Mort de Thorez
Juin 1967 : Frachon laisse le secrétariat général de la CGT à Georges Séguy
Juin 1969 : Jacques Duclos, candidat aux élections présidentielles obtient 21,5 % des
suffrages exprimés
3 juin 1970 : Appel de Tillon, Garaudy, Kriegel-Valrimont et Pronteau contre la
politique de normalisation en Tchécoslovaquie
3 juillet 1970 : Tillon exclu du Parti
25 avril 1975 : Mort de Jacques Duclos
4 août 1975 : Mort de Benoît Frachon
Juillet 1993 : Mort de Charles Tillon

ANNEXE 2 : BIBLIOGRAPHIE :
A Les éléments du communisme. Friedrich Engels. Socialisme utopique et socialisme
scientifique ; 1944
B Karl Marx et Friedrich Engels. Manifeste du pari communiste. 1944

1 Haute trahison crime des trusts ; La France accuse !


2 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 1. L’économie
et les classes sociales en France. Septembre 1945
3 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 3 L’économie
et l’Etat socialistes. Septembre 1945
4 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 4 La nation.
Novembre 1945
5 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 5 Le Parti.
Novembre 1945
6 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 6 Les
principes de la politique communiste. Décembre 1945
7 La vie du Parti. Novembre-Décembre 1944
8 La doctrine communiste. Marx, Engels, Lénine, Staline en six cours. Les bases théoriques du
communisme.
9 Histoire du Pari Communiste Français ; Vingt-cinq ans de lutte pour le salut du peuple de
France. 1944
10 Les communistes dans la bataille pour la libération de la France. Rapport présenté au comité
central du Parti Communiste Français le 31 août 1944 par Jacques Duclos.
11 S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter le testament de
nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14 décembre 1944 par Jacques Duclos
secrétaire du Parti Communiste Français et Maurice Thorez, secrétaire général du Parti
Communiste Français à la manifestation commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et
Lucien Sampaix « morts pour que vive la France ».
12 La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par Florimond Bonte, député
de Paris, membre de l’Assemblée consultative, discours prononcé le 21 novembre 1944 devant
l’Assemblée consultative Préface de Marcel Cachin.
13 Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les communistes et
la propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle des sociétés savantes
ANNEXE 3 :
Acteurs de la période 1939-1945 ayant appartenu avant, pendant ou après à la
Franc-maçonnerie. Collaborateurs.

Otto Abetz (1903-1958) : Ambassadeur de l’Allemagne à Paris pendant la Seconde


Guerre mondiale. Enseignant. Il rejoint le parti nazi en 1931. Il fut initié à la franc-maçonnerie,
membre de la loge Goethe de la GLF. En 1932, il épouse Suzanne de Bruyker, française et
secrétaire du journaliste Jean Luchaire.

Georges Albertini (1911-1983) : Socialiste et pacifiste avant la Seconde guerre


mondiale, il passe à l’extrême droite et s’engage dans la collaboration. Après guerre, il anime
la revue anticommuniste Est-Ouest et devient une éminence grise de Georges Pompidou.
Professeur. Militant de la SFIO en 1932. Il devient en 1942 le second de Marcel Déat en
exerçant la fonction de secrétaire administratif et organisateur du Rassemblement national
populaire (RNP), acquis à la collaboration avec l’Allemagne nazie. Il s’illustre notamment par
son zèle de sergent recruteur contre la Résistance, par un anticommunisme et un antisémitisme
particulièrement violents. Un de ses éditoriaux àNational populaire, en juin 1942, s’intitule :
« Le communisme, entreprise juive ». Condamné à la Libération, il bénéficie d’une clémence
assez incompréhensible. Ami de Vincent Auriol. Il devient après guerre anticommuniste, et
parmi ses contacts, on trouve Jean Baylot, fondateur de la Grande Loge nationale française, ou
encore Henri Frenay. Il fut le conseiller occulte – via Claude Harmel, pseudonyme de l’ancien
collaborateur Guy Lemonnier – de, entre autres, Alain Madelin, Patrick Devedjian, Gérard
Longuet et Hervé Novelli, et, via l’Institut d’histoire sociale, de Georges Pompidou.

Henri, Albert, François, Joseph Raphaël Alibert (1887-1963) : Juriste. Monarchiste


catholique. Maître des requêtes au Conseil d’Etat. Proche de l’Action française. A partir de
1937, il devient un proche du maréchal Pétain. Collaborateur, ministre de Vichy, il a mis en
place une législation antisémite. Il fait réviser les naturalisations. Le 13 août 1940, il promulgue
la loi de dissolution des « sociétés secrètes » (franc-maçonnerie et autres) ainsi que des lois à
caractère antisémite (lois Alibert). Il met en place la Cour suprême de justice. Il sera signataire
du statut des Juifs d’octobre 1940. A la Libération, il est condamné à mort par contumace, à la
dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens le 7 mars 1947. En exil en Belgique,
il est finalement amnistié en 1959 par le Général de Gaulle.
Robert Amadou (1924-2006) : Franc-maçon du Rite Memphis-Misraïm (initié en
juin 1943 par Robert Ambelain). Maître écossais à la Grande Loge Nationale Française Opéra
(mars 1966).

Robert Ambelain pseudonyme Aurifer (1907-1997) : Franc-maçon. Homme de


lettres. Historien. Il fut Grand maître mondial de la Grande Loge de Memphis-Misraïm.

Etienne Antonelli : Professeur d’économie politique à la Faculté de Droit de Lyon.


Economiste. Député SFIO de la Savoie de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre
GODF en 1933-1936.

Paul Anxionnaz (1902-1997) : Polytechnicien. Il entre en maçonnerie en 1926, à la


loge «Liberté ». Membre du Parti Radical. Pendant la guerre, il se rallie à de Gaulle et rejoint
les Forces Françaises Libres. En 1944, il est membre de l’Assemblée consultative provisoire,
antigaulliste. Elu député de la Marne en 1946. Radical mendésiste. Il accède aux ateliers
supérieurs, il est admis au chapitre « L’Avenir » en 1964, au Conseil Philosophique de
« L’Etoile Polaire » en 1967, et au Grand Collège des Rites en 1972. Elu au Conseil de l’Ordre
du GODF en 1962, il en devient Grand Maître en 1964. Puis il est à nouveau Grand Maître de
1966 à 1969. En 1964, l’obédience regroupe 450 loges.
Il dirige le Grand Orient au moment des événements de 1968 qui provoquent un vif
émoi dans les loges. L’obédience prend position en faveur des étudiants et des grévistes et
couvre Paris d’affiches. Un groupe de jeunes maçons d’extrême gauche s’installe rue Cadet,
forme un comité de vigilance révolutionnaire et n’accepte de se retirer qu’après négociations.
Le Grand Orient fait parvenir des vivres et des médicaments aux étudiants retranchés dans la
Sorbonne. En 1969, les loges décident de répondre aux aspirations de la jeunesse, et
s’intéressent à la sexualité et à la loi du silence.

Emmanuel d’Astier de La Vigerie (1900-1969) : Issu d’une famille anoblie en 1929,


sous la Restauration. Ses années de lycée seront marquées par son adhésion à l’Action française.
Ecrivain et politique. Résistant, il fonde le mouvement de résistance Libération-Sud et le journal
Libération. Il devient, en novembre 1943 et jusqu’en septembre 1944, commissaire à l’Intérieur
de la France libre. Après-guerre, il sera l’un des compagnons de route du PCF, puis gaulliste de
gauche.

Raoul Aubaud (1881-1966) : Député radical de l’Oise de 1928 à 1940. Secrétaire


général du Parti radical-socialiste en 1934. Le 10 juillet, il vote en faveur du projet de loi
constitutionnel accordant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Franc-maçon. Conseiller de
l’Ordre GODF en 1930-1933.

Julien Aubart Obarjansky (1921-1977) : Julien est déporté en 1943 à Auschwitz. Il


sera du nombre des survivants de ce camp d’extermination.

Lucie Aubrac, de son vrai nom Lucie Samuel, née Bernard (1912-2007) :
Résistante. Epouse de Raymond Aubrac.

Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel (1914-2012) : Fils de


commerçants juifs aisés. Résistant. Ingénieur civil des ponts-et-Chaussées. Il participe, dans la
région lyonnaise, à la création du mouvement Libération-Sud, plus tard intégré dans les
Mouvements unis de la Résistances (MUR), dont le bras armé fut l’Armée secrète : Aubrac y
secondera le général Delestraint.
Gabriel Auphan (1894-1982) : Officier de marine, contre-amiral. Il fut secrétaire
d’Etat à la Marine du gouvernement de Vichy. Il défendit la thèse du double-jeu de Vichy,
restant loyal à la mémoire du maréchal Pétain.

Jules Vincent Auriol (1884-1966) : Avocat. Ministre socialiste des Finances, de 1936
à 1937, dans le cabinet du Front populaire dirigé par Léon Blum, puis garde des Sceaux de 1937
à 1938, dans le troisième et quatrième, cabinet de Camille Chautemps. Il est l’un des 80
parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940.
Président de la République sous la IV° République.

Charles Barlet, ou François Charles Barlet, nom de plume d’Albert


Faucheux(1838-1921) : Occultiste. Directeur de l’Enregistrement. Un des premiers membres
de la branche française de la Société Théosophique.

Joseph Barthélemy (1874-1945) : Juriste. Ministre de la justice sous le régime de


Vichy. Docteur en droit en 1900, puis agrégé en 1906. Député du Gers en 1919. Ennemi du
Front populaire, et opposé au soutien de la France aux républicains espagnols. Il justifie la
cession des Sudètes à l’Allemagne nazie en 1938. Il rallie le régime de Vichy dès août 1940, et
il est ministre de la justice du 27 janvier 1941 au 26 mars 1943. Signataire de la loi sur le statut
des juifs du 2 juin 1941.

Paul Louis Arthur Baudouin (1894-1964) : Inspecteur des Finances. Ministre des
Affaires étrangères du 17 juin au 26 octobre 1940 dans le gouvernement Philippe Pétain, puis
dans celui de Laval. Il signe la loi en date du 3 octobre 1940 portant statut des juifs aux côtés
de Philippe Pétain, Pierre Laval, Raphaël Alibert, Marcel Peyrouton, Charles Huntziger, Yves
Bouthillier et François Darlan.

Jean Baylot (1897-1976) : Carrière administrative dans la poste, puis préfet.Franc-


maçon. Il reçoit entre 1921 et 1923 les trois degrés maçonniques dans la loge parisienne « La
Fraternité des Peuples » et s’affilie en 1929 aux « Amis de l’Humanité ». A partir du printemps
1941, il devient l’un des principaux animateurs de la résistance maçonnique. Ecrivain, partisan
de l’Algérie française, rallié au général de Gaulle, Baylot fait campagne pour le oui au
référendum de 1958. Durant ces années, Baylot est réélu deux fois au Conseil de l’Ordre. Il est
également cofondateur des loges « Rectitude » (Marseille) et « Europe Unie » (Paris). En 1958,
il rompt avec le Grand Orient et rejoint la Grande Loge Nationale Française, dite « Bineau ». Il
cofonde plusieurs ateliers, dont la loge de recherches n° 81 Villars de Honnecourt (1966).
Auteur de La voie substituée(1968), ouvrage sur l’évolution du Grand Orient de France au XIX°
siècle. Préfet de police de Paris de 1951 à 1954, c’est sous sa responsabilité que la police
réprime violemment une manifestation d’Algériens, le 14 juillet 1953, où sept manifestants sont
tués.

René Belin (1898-1977) : Syndicaliste. Syndicaliste CGT, élu e,n 1933 au Bureau
confédéral, il anime une tendance très anticommuniste autour de l’hebdomadaireSyndicats. En
1940, il choisit la voie de la Révolution nationale et devient ministre du travail de Pétain du 14
juillet 1940 au 18 avril 1942. Il signe la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs. Il est le
principal rédacteur de la Charte du travail, un corporatisme à la française qui doit unir patrons
et salariés.
Jean Bergeret (1895-1953) : Général. Secrétaire de l’Air dans le gouvernement de
Vichy du 6 septembre 1940 au 19 avril 1942. Le 24 décembre 1942, après l’Opération Torch,
il se rallie au général Henri Giraud et la France libre.

William Bertrand (1881-1961) : Avocat. Député radical de Charente-Inférieure de


1914 à 1919 et de 1924 à 1939. Plusieurs fois ministre. Le 10 juillet 1940, il vote les pleins
pouvoirs au maréchal Pétain. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

Georges Augustin Bidault (1899-1983) : Résistant. Issu d’une famille de


propriétaires ruraux fortement attachés au catholicisme. Professeur d’histoire. Résistant dans le
réseau Combat à Lyon. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai
1943. Un des fondateurs du MRP pendant la IV° République. Il mène une politique
anticommuniste. Partisan de l’Algérie française, membre de l’Organisation de l’armée secrète.

Jean Baptiste Bidegain (1870-1926) : Personnalité du Grand Orient de France


impliquée dans l’affaire des fiches. Il devint par la suite militant et essayiste anti maçon. Il se
suicida en 1926. Initié en 1893 à la loge Le Travail et Vrais Amis Fidèles de la Grande Loge
symbolique écossaise. Il est accueilli au Grand Orient de France par le docteur Blatin président
de l’obédience en 1894, et en devient secrétaire rue Cadet. Il fonde en 1902 la très
républicaine Revue du XX° siècle, et avec le collectiviste Lucien Deslinières, la loge L’Action
Socialiste. Initié au 18° grade, et secrétaire adjoint de l’Ordre. En 1904, sous le sigle « G.T. »,
il contacte le député nationaliste Jean Guyot de Villeneuve, « écœuré de l’usage que l’on faisait
des fiches, voulant, dans un but patriotique, quitter la franc-maçonnerie en criant tout haut la
vérité ». Le but est de faire tomber Combes. Pour Bidegain, le GODF refusera toujours
d’intégrer des ouvriers, qui selon les directives de l’Ordre, ne doivent être initiés qur très
exceptionnellement afin de na pas nuire à sa puissance financière. Il a écrit : Le Grand-Orient
de France. Sa Doctrine et ses Actes, 1905, Librairie antisémite. .

Jacques Bingen (1908-1944) : Ingénieur. Figure éminente de la Résistance française,


membre de la France libre dès 1940 puis délégué du général de Gaulle auprès de la Résistance
intérieure française, du 16 août 1943 à son arrestation par la Gestapo, le 12 mai 1944. Il se
suicida pour ne pas parler, et son corps n’a jamais été retrouvé. Il est le beau-frère d’André
Citroën.

André Léon Blum (1872-1950) : Issu de la grande bourgeoisie. Un des dirigeants de


la SFIO, parti socialiste.

Jean Boissel (1891-1951) : Sergent en 1914, aviateur, mutilé à 100 %. Architecte,


journaliste et militant d’extrême droite. Directeur et fondateur de l’hebdomadaire
collaborationniste parisien Le Réveil du peuple en 1943. En 1934, il crée une légion frontiste
dénommée Front franc (Racisme International Fascisme) se voulant « antimaçonnique,
antiparlementaire et antijudéométèque ». En 1936, il fonde la Ligue mondiale antijuive. C’est
« Neuneuil » dans D’un château l’autre de Céline.

Emile Bollaert (1890-1978) : Carrière préfectorale de 1919 à 1940. En septembre


1940, ayant refusé de prêter serment au maréchal Pétain, il est relevé de ses fonctions. Il entre
dans la Résistance en 1941. Le général de Gaulle, par décret du 1° septembre 1943, le nomme
délégué général du Comité français de la Libération nationale auprès du Conseil national de la
Résistance, pour remplacer Jean Moulin.
Claude Bouchinet-Serreulles (1912-2000) : Résistant et diplomate. Il embarque sur
le Massilia à destination du Maroc. Il s’engage le 23 juillet 1940 dans les Forces françaises
libres. Adjoint de Jean Moulin en 1943.

Berthe Bouchet, née Boulanger (1896-1945) : Initiée en 1930 à la Loge n° 36 « Paix-


Humanité » du droit Humain, à l’Orient de Nancy. Première femme de la loge à être vénérable
en 1937. Arrêtée le 20 mai 1943 par la Gestapo pour fait de propagande et de résistance, elle
est déportée à Ravensbrück et gazée au printemps de 1945.

Claude Bourdet alias Lorrain dans la résistance (1909-1996) : Déporté, écrivain,


journaliste, polémiste. Militant politique de l’UGS puis du PSU. Il participe à la fondation de
Combat avec Henri Frenay, dont il sera membre du comité directeur puis représentant en 1943,
lors du départ de Frenay à Londres puis à Alger. Il est l’un des fondateurs du parti socialiste
unifié (PSU) en avril 1960. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai
1943.

René Bousquet (1909-1993) : Haut fonctionnaire. A exercé, sous le gouvernement de


Pierre Laval, les fonctions administratives de Secrétaire général à la police du régime de Vichy
du 18 avril 1942 au 31 décembre 1943, et à ce titre, fut l’organisateur de la Rafle du Vel d’Hiv.
En septembre 1941, préfet régional dans la Marne, il se distingue en maintenant en fonction les
élus radicaux et francs-maçons. A-t-il été lui-même franc-maçon ? Voir la lettre de Georges
Marcou, Grand Maître de la Grande Loge de France du 21 octobre 1977, adressée à Bousquet :
« Permettez-moi, cher Monsieur, de vous saluer comme un ami parce qu’en fait, je pense que
vous pourriez être mon frère. ».
Max Lagarrigue, dans 99 questions…La France durant l’Occupation, explique : « Ce
haut-fonctionnaire applique méthodiquement la politique vichyste, à quelques exceptions près
toutefois. En effet, Bousquet laisse en place des élus radicaux et surtout francs-maçons dont les
maires de Vitry et de Reims. Ce dernier, Paul Marchandeau, n’est autre que l’auteur du décret-
loi d’avril 1939, interdisant les propos antisémites – attitude qui laisse à penser que Bousquet a
été initié à la franc-maçonnerie lorsqu’il exerçait à la préfecture de Montauban. ». Bousquet est
assassiné de cinq balles le 8 juin 1993.

Aristide Briand (1862-1932) : Diplomate, onze fois Président du Conseil et vingt


trois fois ministre. Député socialiste de Saint-Etienne en 1902.

Jean Bricaud (ou Joanny Bricaud) (1881-1934) : Occultiste. Franc-


maçon(irrégulier) du rite Memphis Misraïm.

Fernand de Brinon (1885- exécuté le 15 avril 1947 au fort de Montrouge, près de


Paris) : Issu de la noblesse de robe. Avocat, journaliste. Agent de la collaboration avec les
Allemands pendant la Seconde guerre mondiale. Traître à la Nation et espion au service de
l’Occupant. Il a épousé au début des années 1930, Jeanne Louise Rachel Franck, juive et
divorcée, connue sous le nom de Lisette de Brinon (1896-1982).

Pierre Brossolette (1903-1944) : Initié franc-maçon, en 1927, par la Loge « Emile


Zola » de Paris, avant de s’affilier à l’ « Aurore Sociale » de Troyes. Résistant, arrêté en 1944,
il se suicida le 22 mars, respectant jusqu’à la mort la loi du silence. Adhère à la Section française
de l’internationale ouvrière (SFIO) en 1929. Il est également membre de la Ligue des droits de
l’homme et de la Ligue internationale contre l’antisémitisme.
Antoine Frédéric Brunet (1868-1932) : Député républicain-socialiste du
département de la Seine de 1914 à 1919 et de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre
GODF.

Marcel Bucard (1895-1946) : Membre du Faisceau de Georges Valois, premier parti


à se revendiquer ouvertement du fascisme, dès 1925. Il fonde en 1933 le mouvement fasciste,
s’inspirant du fascisme italien et participe aux émeutes du 6 février 1934. En 1941, il se range
du côté de la Collaboration et reforme son mouvement sous le nom de parti Franciste. Il est
cofondateur de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF°. Il est condamné
à mort le 21 février 1946, et fusillé le 19 mars dans les fossés du fort de Châtillon.

Marcel Cachin (1869-1958) : Directeur de l’Humanité en 1918. Membre du Comité


directeur du Parti Communiste Français. Initié franc-maçon à la Loge « La Concorde
castillonnaise » en 1889, démissionna en 1901.

Julien Maurice Cain (1887-1974) : Haut fonctionnaire. Administrateur général de la


Bibliothèque nationale. Il s’embarque sur le Massilia le 21 juin 1940. Déporté Buchenwald.

Léo Campion (1905-1992) : Chansonnier-humoriste et haut dignitaire de la franc-


maçonnerie, qu’il fréquenta pendant plus de 60 ans. C’est le 7 avril 1930 que Léo sera initié à
l’atelier bruxellois des « Amis Philanthropes », du Gand Orient de Belgique. Il gravira
successivement tous les degrés jusqu’au 33° et siègera au Consistoire d’Ile-de-France. Auteur
de « Le drapeau noir, l’équerre et le compas ».

Antoine Capgras (1876-1964) : Enseignant et directeur d’école. Député SFIO de


Tarn-et-Garonne de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1926-1929.
En 1934, il devient secrétaire général du nouveau parti « néo-socialiste », l’Union Socialiste et
Républicaine. Pris en otage par la Gestapo, il est libéré en 1944.

Jean Cassou (1897-1986) : Résistant, écrivain, critique d’art, traducteur et poète. En


1936, il participe au cabinet de Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts
du Front populaire. Il est alors favorable à l’aide à la République espagnole, se rapproche du
Parti communiste, avec lequel il rompt en 1939, lors du pacte germano-soviétique.

Georges Catroux (1877-1969) : Général d’armée. Ministre de la IV° République.


Ambassadeur. Il rejoint de Gaulle.

Jean Cavaillès (1903- fusillé le 17 février 1944 à Arras) : Philosophe, logicien et


mathématicien. Héros de la Résistance. Cofondateur du réseau Libération-Sud, il rejoint le
réseau Libération-Nord.

Pierre Caziot (1876-1953) : Ingénieur agronome. Ministre du gouvernement de


Vichy, il a signé la loi portant statut des juifs du 3 octobre 1940 et la loi antisémite du 2 juin
1941.

Louis Ferdinand Céline, né Louis Ferdinand Destouches (1894-1961) : Médecin et


écrivain. Auteur de pamphlets antisémites. Auteur notamment de Bagatelles pour un
massacre (1937), L’Ecole des cadavres (1938), et Les Beaux-Draps (1941),
Robert Chambeiron (1915-) : Résistant français, compagnon de Jean Moulin.
Secrétaire général adjoint du CNR. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27
mai 1943.

Jean Jacques Chapou (1909-1944) : Franc-maçon. Jeune instituteur, qui a été démis
de ses fonctions parce qu’il est franc-maçon. Il a pris « Kléber » comme nom de guerre en
Corrèze, et « Philippe » dans le Lot. Chef des MUR du lot, il déplore le peu d’activité de la
résistance avant le débarquement et rejoint les FTP en mars 1944. Il libère Carjac avec son
groupe de résistants, le 10 avril 1944. Il libère Tulle le 7 juin 1944, aux côtés de Marcel
Godefroy, plombier de trente ans, militant communiste et ancien de la guerre d’Espagne.
Chapou meurt le 16 juillet 1944 près de Bourganeuf (Creuse). Pris dans une embuscade, blessé,
il vide son chargeur avant de se donner la mort.

Camille Charvet, née Kahn (1881-1944) : Membre, durant l’entre-deux-guerres, de


la Ligue des Droits de l’Homme, du Groupe socialiste féminin, de l’Union rationaliste et de la
Libre Pensée, et de la Ligue internationale contre l’antisémitisme et le racisme. Initiée, dans les
années 1920, à la fédération du droit Humain. Résistante très active dès le début de la Seconde
Guerre mondiale, c’est le 25 janvier 1943 qu’elle est arrêtée par la Gestapo. Torturée, elle est
expédiée au camp de Drancy, puis à Auschwitz, le 2 juillet 1944. Servant alors comme
infirmière dans un bloc affecté aux malades, elle meurt quelques semaines seulement avant la
Libération.

François Chasseigne (1902-1977) : Journaliste. Député de l’Indre en 1932, maire


d’Issoudun et membre du gouvernement de Vichy. On dit de lui qu’il est un « ancien
communiste passé à la SFIO ». Il vote les pleins pouvoirs pour le maréchal le 10 juillet 1940 à
Vichy. Il fréquente Lafont, le chef tortionnaire de la Gestapo française. Pacifiste, il est membre
de la Milice. Ami de la LICA (ancienne LICRA) en 1936, il est aux « Amis de la Waffen SS »
en 1944.

Camille Chautemps (1885-1963) : Il est initié le 8 décembre 1906 aux


« Démophiles » du Grand Orient, à Tours. Il est reçu compagnon et maître le 25 juillet 1908, et
est élu vénérable le 26 novembre 1910, à 25 ans. Il est réélu l’année suivante. Il retrouve dans
sa loge le député René Besnard, conseiller de l’Ordre en 1906. Il s’affilie aux « Enfants de
Rabelais », en 1925, et accède au 18°, en 1919, puis au 30°, en 1925, du Rite Ecossais, au
chapitre, puis à l’aréopage des « Démophiles ».
Selon la fiche établie par Vichy, il se serait affilié, en 1931, à la loge « La République »
(Grande Loge de France) qui réunit plusieurs parlementaires. L’affaire Stavisky le contraint à
abandonner la présidence du Conseil, car des membres de sa famille sont compromis, ainsi
qu’un membre des « Démophiles », Louis Proust, aussitôt radié par le Grand Orient. La
maçonnerie est mise en cause au congrès radical de Clermont ? Chautemps en prend la défense,
lui attribuant le mérite d’avoir formé son intelligence et son caractère. L’extrême-droite le
présente comme l’instrument de la maçonnerie, lui attribuant suite d’une erreur de l’abbé
Tourmentin, le grade de Souverain Prince Rose-Croix (32° du Rite Ecossais).
En 1938, la loge « L’Unité Maçonnique » le met, ainsi que Jean Zay, en accusation en
tant que membre du gouvernement Daladier, pour ne pas avoir secouru les républicains
espagnols et avoir laissé les nazis s’emparer de l’Autriche, puis dépecer la Tchécoslovaquie.
Chautemps écrit à Groussier, le président du Conseil de l’Ordre, pour s’indigner que les maçons
les plus anciens et les plus « courageusement fidèles » soient ainsi attaqués, alors que ceux qui
ont appartenu aux gouvernements d’Union Nationale (dirigés par et pour le profit de la réaction)
ont été épargnés. Groussier lui répond que le Conseil de l’Ordre a voté un passage à l’ordre du
jour et infligé un blâme sévère à l’ « Unité Maçonnique ».
Chautemps est ministre d’Etat, vice-président du Conseil, dans le cabinet Pétain, en
1940. A Vichy, Paul Ramadier, qui s’était, en 1934, porté garant de l’intégrité de Chautemps
auprès de Grousset, l’aborde : « Et la maçonnerie, qu’allez-vous en faire ? ». Il répond : « Elle
sera dissoute. D’ailleurs, peu m’importe. Je lui ai donné plus qu’elle m’a apporté ». Selon
les Cahiers secrets de l’armistice, publiés par Chautemps après la guerre, le maréchal lui aurait
conseillé de quitter la maçonnerie avant sa dissolution ; Chautemps aurait refusé et obtenu la
promesse verbale qu’aucune sanction ne serait prise contre les maçons fonctionnaires. Après la
publication du décret prononçant sa dissolution, le 14 août 1940, il aurait conseillé aux frères
de se soumettre pour ne pas déclencher de nouvelles querelles entre Français en un tel moment.
Il est envoyé par Pétain aux Etats-Unis, mais sa mission prend fin à la suite de la loi du 10
novembre 1941 qui interdit aux maçons toute participation aux fonctions publiques. Il se met
alors au

Pierre Chevallier (1909-1951) : Médecin. Il a participé à la Résistance. Maire


d’Orléans. Député du Loiret. Il meurt assassiné par sa femme.

Constant Chevillon : Il est désigné comme son successeur martiniste en septembre


1932 par Jean Bricaud. Il sera arrêté, puis assassiné par la Gestapo, selon des modalités qui
restent énigmatique, en 1944, au domicile de l’épouse de Jean Bricaud.

Eugène Claudius-Petit (1907-1989) : Résistant. Fils de cheminot. Catholique


pratiquant. En 1942, il appartient au comité de direction de Franc-tireur. En 1943, il fut un des
membres fondateurs du CNR, où il représente les MUR (Mouvements unis de la
Résistance). Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. De sa
création en 1956 à 1977, il dirige la Sonacotra, Société nationale de construction pour les
travailleurs, (Sonacotral, Société nationale de construction pour les travailleurs algériens
jusqu’aux accords d’Evian en 1962), principal gestionnaire de foyers de travailleurs migrants
en France.

Augustin Denis Marie Cochin (1876-1916) : Historien et sociologue. Issu d’une


famille bourgeoise anoblie au XVIII° siècle. Catholique et légitimiste. Pour lui, la Révolution
française serait un coup d’Etat organisé à partir de sociétés de pensée qui auraient prévu et
organisé leur prise de pouvoir et non un mouvement populaire spontané. L’expression « théorie
du complot » est apparue en réaction à la parution de ses théories. Ses livres désignent la franc-
maçonnerie comme une des instigatrices de la révolution française, avec d’autres « sociétés de
pensées » (salons philosophiques, clubs politiques, loges maçonniques, plus tard partis
idéologiques).

Louis Colson (1875-1951) : Général. Polytechnicien. Membre du gouvernement de


Vichy.

Pascal Copeau (1908-1982) : Journaliste. Fils de l’homme de théâtre Jacques Copeau.


Il intègre tôt la Résistance, devenant chef de Libération-Sud, membre de l’exécutif des
Mouvements unis de la résistance (MUR) et l’un des fondateurs du Conseil national de la
résistance. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Roger Coquoin (dit Lenormand) (1897-1943) : Résistant, responsable du


mouvement Ceux de la Libération. En 1929, il est chef du laboratoire de Chimie de l’Académie
de Médecine. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Raymond Corbin : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF de 1929 à 1932.


Daniel Bouyjou Cordier (1920-) : Issu d’une famille de négociants bordelais,
royalistes maurrassiens. Au début de la guerre, il est fascisant, antisémite, antisocialiste,
anticommuniste, antidémocrate et ultranationaliste. Ancien Camelot du roi, engagé dans la
France libre dès juin 1940, puis marchand d’art, critique, collectionneur et organisateur
d’expositions et historien. Secrétaire de Jean moulin en 1942-1943.

Georges Corneau : Franc-maçon. Douze ans Conseiller de l’Ordre GODF.


Propriétaire-directeur du journal du Petit Ardennais.

Johannis Corneloup (1888-1978) : Reçu maçon à Paris le 10 décembre 1908 à la loge


« Les Etudiants ». Le 14 avril 1919, Corneloup reçoit les grades de compagnon et de maître et
devient secrétaire de sa loge. Il est élu vénérable dix ans plus tard. Il reçoit entre-temps le 18°
en juillet 1923, le 30° en juin 1928, puis le 31°, 32°, et 33° de 1932 à 1938.

Pierre Dominique Costantini ou commandant Costantini (1889-1986) : Militaire,


journaliste, écrivain et collaborateur. En 1940, il fonde la Ligue française d’épuration,
d’entraide et de collaboration européenne, mouvement collaborationniste. Le 8 juillet 1941, il
cofonde avec Jean Boissel, Marcel Déat, Pierre Clémenti et Eugène Deloncle la Légion des
volontaires français contre le bolchevisme (LVF). Les membres de la LVF prêtèrent serment
de fidélité personnelle à Adolf Hitler, en 1943, lors d’un meeting qui se tint au Vel d’Hiv. En
1943, il fonde l’Union des journalistes anti-maçons.

Paul Custaud (1890-1975) : Assureur à Toulon. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre


GODF en 1935-1938. Membre du Parti Socialiste de France. Il adhère à la SFIO en 1937. Il
impulse la Résistance dès fin 1940, en animant les réunions clandestines de la loge toulonnaise
de La Réunion. Il collabora à plusieurs réseaux de renseignement, et organisa l’Armée secrète
dans le Haut-Var. Il fut le seul maçon français à siéger ès qualité, comme représentant de la
franc-maçonnerie en tant que telle, à un Comité Départemental de Libération, celui du Var.

André Isaac, dit Pierre Dac (1893-1975) : Humoriste et comédien français. Il fut,
pendant la Seconde Guerre mondiale une figure de la résistance contre l’occupation de la France
par l’Allemagne nazie. A la Libération, il rentre à Paris où il est reçu apprenti à la Loge « Les
Compagnons ardents » de la Grande Loge de France », le 18 mars 1946. Il en restera membre
jusqu’en 1952.

Edouard Daladier (1884-1970) : Figure du parti radical. Professeur d’histoire.


L’homme de Munich.

Marius Dalloni : Professeur de géologie à la faculté des sciences d’Alger. Franc-


maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Il contribua, avec Jean Cazemajou, autre conseiller de
l’Ordre GODF, ingénieur-conseil à Rabat, à créer en novembre 1942, en Afrique du Nord, un
Conseil provisoire maçonnique en liaison avec une soixantaine de loges françaises à l’étranger
et dans la partie de l’Empire libérée de la tutelle de Vichy, ainsi qu’à obtenir du gouvernement
d’Alger la disparition des lois antimaçonniques de Vichy.

Jean Louis Xavier François Darlan (1881-1942) : Amiral. Ministre de la Marine du


premier gouvernement du maréchal Pétain puis, en février 1941, chef du gouvernement de
Vichy. Il est assassiné le 24 décembre 1942. Fils de Jean-Baptiste Darlan (1848-1912), député
républicain progressiste, en faveur de Dreyfus, qui avait été Garde des Sceaux dans le
gouvernement de Jules Méline, il a grandi en milieu républicain et franc-maçon.
Agnostique et plutôt radical-socialiste, Darlan est attaché aux valeurs de laïcité (mais n’est pas
hostile à l’Eglise), de petite propriété, de patriotisme et de morale. Chef du gouvernement, il
cède beaucoup aux Allemands, mais obtient peu en contrepartie.

Aimé Joseph Darnand (1897- mort fusillé au fort de Châtillon, à Fontenay-aux-


Roses, le 10 octobre 1945) : Issu d’une famille modeste de l’Ain (père cheminot). Militaire.
Une figure majeure de la collaboration française. Ancien combattant de la Grande Guerre et de
1939-1940, militant d’extrême droite dans l’entre-deux-guerres, il est un soutien actif et précoce
du maréchal Pétain et du régime de Vichy. Militant de l’Action française de 1925 à 1928, puis
Croix-de-feu, et à partir de 1936, au Parti populaire français (PPF). Responsable de « La
Cagoule » à Nice. Membre honoraire de la SS en 1943. Fondateur et dirigeant de la Milice
française. Selon Darnand, « la démocratie, c’est l’antichambre du bolchevisme ». Le serment
de la Milice mentionne entre autres le combat contre « la lèpre juive ». Le mouvement se veut
à la fois antisémite, anticommuniste, anticapitaliste et révolutionnaire.

Louis Darquier, plus connu sous son nom d’emprunt Louis Darquier de
Pellepoix(1897-1980) : Journaliste, militant antisémite, militant d’extrême droite. Issu d’une
famille de notables. Il est commissaire général aux questions juives dans le régime de Vichy à
partir de mai 1942.

Marcel Déat (1894-1955) : Normalien, journaliste et intellectuel. Socialiste, puis néo-


socialiste et collaborationniste. Député SFIO de 1926 à 1928 et de 1932 à 1936. Il participe à
la création le 5 novembre 1933 du Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), séduit
par les modèles fascistes. Il clame qu’il ne veut pas « mourir pour Dantzig ». En 1941, il devient
le fondateur du Rassemblement national populaire (RNP), parti collaborationniste, qui se
déclare socialiste et européen. Il termine sa carrière politique en 1944, comme ministre du
Travail et de la Solidarité nationale dans le gouvernement de Vichy, et s’enfuit à Sigmaringen
avec le dernier carré des ultra-collaborationnistes, puis en Italie. Certains ultras le taxèrent
de Franc-maçon, alors qu’il n’a jamais été initié. . Le RNP est dénoncé comme repaire de
« faux-déclarants », de « maçons sans tabliers », de non-initiés qui suivent les directives
maçonniques, possèdent l’esprit maçonnique, ont fait des conférences en loges.

Jacques Debü-Bridel (1902-1993) : D’abord proche de Charles Maurras et de


l’Action française, il devient membre du mouvement Le Faisceau et se joindra à la Fédération
républicaine de Louis Marin. Résistant. Militant antinazi dès 1935, il entre en résistance dès
octobre 1940, à l’Organisation Civile et Militaire et au NAP (Noyautage de l’Administration
Publique). Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Un des leaders
du gaullisme de gauche (Union démocratique du travail).

Philippe Dechartre, de son vrai nom Jean Duprat-Geneau (1919-) : Résistant. Un


des responsables du courant gaulliste de gauche.

Théophile Pierre Delcassé (1852-1923) : Issu d’une famille de la petite-bourgeoisie


rentière. De conviction anticléricale, il est initié à la franc-maçonnerie au mois de janvier 1886,
dans la loge de « La fraternité latine » de Foix. Il est l’un des artisans du rapprochement de la
France et de la Grande-Bretagne qui aboutit à la signature de l’Entente cordiale. Elu député en
1889, réélu pendant trente ans jusqu’en 1919. Lié au parti colonial, il siège au centre. Ministre
des Colonies, puis des Affaires étrangères.

Antoine Octave Eugène Deloncle (1890-assassiné le 7 janvier 1944) : Cofondateur


de « La Cagoule » en 1935. Polytechnicien. Ingénieur du Génie maritime. Il adhère d’abord à
l’Action française, puis fonde en 1935, avec Jean Filliol, l’Organisation secrète d’action
révolutionnaire nationale (OSARN), connue de la police sous le nom deComité secret d’action
révolutionnaire (CSAR) et surnommé par la presse « La Cagoule ». Fin 1940, il crée le
Mouvement social révolutionnaire pour la Révolution nationale (MSR), soutenant le maréchal
Pétain, puis se rapproche de Marcel Déat, avec le Rassemblement national populaire.

René Dommange (1888-1977) : Avocat. Editeur musical. Député conservateur. En


décembre 1935, il dépose un amendement hostile à la franc-maçonnerie lors du débat sur les
ligues, voté par 91 parlementaires de droite. Décoré de la francisque. Membre de la Milice
française (carte n° 20780).

Jacques Duclos (1896-1975) : Dirigeant du Parti Communiste Français. [Il convient


de rechercher la date d’initiation et la loge d’affiliation de Duclos]

Pierre Dumas (1891-1967) : Résistant toulousain, journaliste, écrivain. Il a été député


(MRP) de la Haute-Garonne du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946.

Karl Epting (1905-1979) : Représentant de la culture allemande dans le Pris des


années 30 et 40, ainsi que collaborateur fidèle de l’ambassadeur d’Allemagne à paris, Otto
Abetz.

Matthias Erzberger (1875-1921) : Journaliste. Membre du Zentrum (aile gauche du


parti). Il est assassiné le 26 août 1921 par des nationalistes appartenant à l’Organisation Consul.

Jean André Faucher, connu comme écrivain sous les pseudonymes d’Asmodée etLe
Cousin Jean (1921-1999) : Franc-maçon. Militant nationaliste et vichyste dans sa jeunesse,
gauche radical-socialiste ensuite, dignitaire de la franc-maçonnerie. Collaborateur condamné
à mort par contumace par la cour d’assise de la Haute-Vienne en 1944.
A l’âge de 16 ans, Faucher s’engage au Parti populaire français (PDF) de Jacques
Doriot. Il s’engage après la défaite dans la Légion française des combattants en Haute-Vienne,
et devient conseiller ouvrier des Chantiers de jeunesse. Paul Marion le fait devenir délégué à la
Propagande du maréchal Pétain. Il participe au journal collaborationniste Je suis partout, dans
lequel il fait l’éloge de la Révolution nationale. Lors de l’épuration, Jean André Faucher est
dénoncé comme étant un indicateur de la Gestapo, et la Cour de justice de Limoges le condamne
(juin 1946) à l’indignité nationale, et à la peine de mort par contumace pour « crime de trahison
en temps de guerre ». En 1951, il participe au journal La Sentinelle, prônant le « racisme
scientifique ». Il soutient le mouvement de Pierre Poujade. Il soutient les partisans de l’Algérie
française. Un tract de l’OAS distribué en 1964 brise la réputation de Faucher dans le milieu,
l’accusant d’être un indicateur des Renseignements généraux, infiltré dans l’OAS pour
dénoncer ses membres.
Ayant rencontré Charles Hernu, il est initié à la franc-maçonnerie, comme membre de
la Grande Loge de France (GLF) et adhère au Parti radical-socialiste. Il est fondateur du club
Louise Michel (1962), et le secrétaire général de l’Atelier républicain (fondé en 1962), club
exclusivement composé de maçons, qui incarnait l’aile gauche du Parti radical, et dont l’objectif
était de « redéfinir un socialisme solidariste en face du socialisme de tradition marxiste ». Il
soutient ensuite Mitterrand. Tout en créant l’association Les amis d’Edouard Drumont. Tout en
publiant des articles dans des journaux d’extrême –droite, comme le Crapouillot, Minute, … il
poursuit son ascension dans la franc-maçonnerie : en 1977, il est faut grand secrétaire de la
Grande Loge de France
Bernard Faÿ (1893-1978) : Universitaire, professeur au Collège de France,
administrateur général de la Bibliothèque nationale sous le régime de Vichy et écrivain.
Condamné à l’emprisonnement à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l’occupant, il fut
gracié en 1959 par le Président Coty. Il dénonce le complot judéo-maçonnique. Il joue un rôle
très important dans la politique antimaçonnique de Vichy. Il est nommé chef du service des
sociétés secrètes (SSS). Il publie pendant quatre ans une revue Les Documents maçonniques
(dont le rédacteur en chef est le catholique traditionnaliste Robert Vallery-Radot). Il fait tourner
un film, organise des conférences, une grande exposition au Petit-Palais en octobre-novembre
1941 et crée à Paris un musée permanent des sociétés secrètes. Il répertorie les anciens francs-
maçons dans un fichier de près de 60000 noms, qui sert notamment à exclure les anciens maçons
de la fonction publique.

Eusebio Ferrari (1919-1942) : Résistant communiste. Le 25 août 1941, Ferrari fut


l’un des auteurs de l’attentat contre l’Oasis, un café-dancing de la rue de Paris à Lille, où furent
tués deux officiers allemands. Il fut abattu par la gendarmerie française à Anzin le 18 février
1942.

Paul Fesch (1858-1910) : Abbé. Journaliste, essayiste et ecclésiastique catholique. A


écrit une Bibliographie de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes.

Louis Charles Olivier de Fremond de la Merveillère (1854-1940) : Officier.


Activiste antimaçonnique. Partisan de l’<Action Française. Il fut directeur du Comité Anti-
Maçonnique et Anti-juif de Loire-Atlantique.

Louis Oscar Frossard, ou Ludovic Oscar Frossard (1889-1946) : Instituteur.


Secrétaire général de la SFIO à partir de 1918, puis secrétaire général du jeune Parti
Communiste Français, issu du Congrès de Tours. Il est hostile à la bolchevisation du parti et
refuse la 22° condition de Moscou (le Komintern interdit l’appartenance à la franc-maçonnerie).
Il démissionne le 1° janvier 1923. Il sera ministre dans sept gouvernements entre 1935 et 1940.
Il vote pour donner les pleins pouvoirs à Pétain. Vichyste, il anime, en zone Sud, Le Mot
d’ordre, où il vante les bienfaits de la révolution nationale. .

Maurice Gustave Gamelin (1872-1958) : Général. Il commanda l’armée française


pendant la drôle de guerre de 1939-21940 et vit sa stratégie mise en déroute par les Allemands
lors de la percée de Sedan. Pendant le régime de Vichy, il fut arrêté et interné en Allemagne.

Eugène Gauthier : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Il participa activement


aux groupes clandestins maçonniques de résistance, l’Atelier de la Bastille(automne 1940),
devenu Conseil Provisoire de la Maçonnerie Française (janvier 1941), puisComité d’Action
Maçonnique (printemps 1943), et au réseau Patriam Recuperare.

Léon Gontier( ?-1944) : Militaire. Franc-maçon. Dernier vénérable de la


logePicardie avant la Seconde guerre mondiale. Conseiller de l’Ordre GODF. Co-fondateur du
groupe de résistance Libération-Nord en 1941, organisateur de la résistance dans la Somme.
Arrêté par la Gestapo le 13 janvier 1944. Déporté et mort à Neuengamme le 31 décembre 1944.

Arthur Groussier (1863-1957) : Ingénieur. Syndicaliste. Franc-maçon. Initié en mai


1885 à « L’Emancipation », il s’affilie, en 1892, à la Loge « Bienfaisance et Progrès », à
Paris. Il en devient le vénérable en 1896 et la préside presque sans interruption jusqu’en 1922.
Elu au Conseil de l’Ordre en 1907. Auteur d’un Mémoire sur l’histoire de la franc-maçonnerie.

Charles André Joseph Pierre Marie de Gaulle (1890-1970) : Général, écrivain. Il


est à la tête de la France de 1944 à 1946, puis de 1959 à 1969.

Emile Goude (1870-1941) : Militant syndical. Député du Finistère de 1910 à


1936.Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF de 1924 à 1925.

Bernard Guillemin, dit le Commandant Bernard : Chef de réseau Francs-Tireurs


et Partisans (FTP) en 1942, de l’Auxois (Bourgogne).

Georges Guingouin (1913-2005) : Instituteur. Jusqu’en 1952, militant du Parti


Communiste Français, qui joua un rôle de premier plan dans la résistance française, à la tête
des maquis de la montagne limousine (il fut surnommé « lo Grand » et le « Préfet du Maquis »).

http://paul-quader.over-blog.com/la-résistance-et-la-franc-maçonnerie-2

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LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (3)


28 juillet 2013

André Haarbleicher : (? - mort en déportation en 1944) Polytechnicien. Conseiller


d’Etat. Directeur des constructions navales, puis de la flotte de commerce et du matériel naval
au ministère de la marine marchande. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

Claude Harmel, alias Guy Lemonnier mort dans la nuit du 14 au 15 novembre


2011) : Journaliste activiste collaborationniste, spécialiste de l’anti-syndicalisme. Avant la
Seconde guerre mondiale, il est membre des Etudiants socialistes, de la SFIO de 1934 à 1939,
et de la tendance Syndicats de la CGT. En 1940, il rejoint le Rassemblement national populaire
de Marcel Déat. Figure de l’anticommunisme, il travaille avec l’Union des industries et métiers
de la métallurgie (UIMM°. En 1976, il devient secrétaire général de l’Institut d’histoire sociale
(IHS°.

Philippe Henriot (1889-1944) : Homme politique d’extrême droite, figure de la


collaboration en France avec l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Abattu par
un commando du COMAC (mouvement de Résistance) à Paris le 28 juin 1944.

Eugène Charles Hernu (1923-1990) : Franc-maçon. Député-maire PS à


Villeurbanne, il fut ministre de la Défense sous la présidence de François Mitterrand.
Charles Hernu a été initié en 1947 à la Loge « La Tradition Jacobite », devenue« La
Tradition Jacobine » de la Grande Loge de France à Saint-Germain –en-Laye. Il sera également
affilié à la Loge « Aristide Briand » du Grand Orient de France à Paris à partir de 1950, ainsi
qu’à partir de 1953 à la Loge n° 556 « Chéops » de la Grande Loge de France, puis rejoint en
1955 la Loge « Locarno » du Grand Orient de France. A partir de 1959, il est membre à part
entière de la Loge « Locarno » du Grand Orient de France, loge renommée « Locarno 28 » en
1972, et donc membre du Grand Orient de France. Il en deviendra vénérable à la fin des années
1960, avant d’être radié en 1979 pour défaut de paiement. En 1977, Hernu est retourné à la
Grande Loge de France en 1978 et s’est affilié à la Loge n° 155 « Tolérance et Cordialité » à
Lyon.
Dans Les Francs-Maçons des années Mitterrand, Grasset, 1994, Patrice Burnat et
Christian de Villeneuve ont refait l’enquête sur l’attitude de Charles Hernu durant l’Occupation.
Selon eux, ce dernier n’a pas eu le passé de résistant dépeint par certains de ses biographes.
D’après des témoins, il aurait participé au ministère vichyssois de l’Information. Et c’est un
maçon, ami de son père, maçon également, Maurice Berla, secrétaire du comité d’épuration de
Lyon, qui lui aurait permis d’être épargné à la Libération.

Stéphane Frédéric Hessel (1917-2013) : Diplomate, ambassadeur, résistant, écrivain.


Résistant, il est arrêté et déporté à Buchenwald.

Charles Huntziger (1880-1941) : Officier général. Secrétaire d’Etat à la Guerre dans


le gouvernement de Vichy, puis commandant en chef des forces terrestres (septembre 1941). Il
meurt dans un accident d’avion. Sa veuve est la première récipiendaire de l’ordre de la
Francisque.

Maurice Jattefaux (1890-1955) : Instituteur, directeur d’école primaire, inspecteur


d’académie, puis inspecteur principal de la jeunesse et des sports. Franc-maçon. A exercé
quatre mandats de conseiller de l’Ordre GODF.

Henri Jules Louis Jeanson (1900-1970) : Ecrivain, journaliste, dialoguiste, Satrape


du collège de Pataphysique. Journaliste au journal La Bataille, organe de la CGT. Pacifiste
intégral. Il travaille aussi dans divers journaux : Journal du peuple, Hommes du jour, Canard
enchaîné.

Ernest Jouin (1844-1932) : Abbé et prêtre catholique, journaliste et auteur. Il a écrit


de nombreux ouvrages antimaçonniques et antisémites. Il a fondé en 1912 la Revue
internationale des sociétés secrètes, qui a pour objectif de faire la lumière sur le « péril
maçonnique ». Conspirationniste, il s’inscrit dans la lignée des dénonciateurs du complot tel
Barruel. Auteur de La Judéo-maçonnerie et la loi de séparation (vers 1920-1921).

Henri (ou Henry) Adrien Calloc’h de Kérillis (1889-1958) : Journaliste, figure du


nationalisme pendant l’entre-deux-guerres. En octobre 1938, il est l’un des deux députés non
communistes – et le seul de droite – à voter contre les accords de Munich.

Albert Julien Kirchmeyer (1898-) : Les années 30 voient Albert Kirchmeyerentrer


en Franc-maçonnerie. Son parrain d'initiation est le Colonel Gustave Eychène, figure paternelle
pour Albert et avec lequel il organisera Patriam Recuperare. Albert est apprenti en 1932 à la
loge les Travailleurs de Levallois-Perret, devient compagnon en 1934 et maître en 1935. Il est
engagé aussi en politique et appartient depuis 1928 et jusqu'en 1936 au comité radical-socialiste
de Levallois-Perret. La société SACAP est créée en 1937. . Cette société servira de couverture
aux activités de Résistance et aux tenues maçonniques clandestines de L'Atelier de la Bastille.
C'est là que naissent L'Atelier de la Bastille, L.E.F. (Liberté-Egalité-Fraternité), La Ligue, Le
Cercle et cette adresse servira encore de bureau à Patriam Recuperare après l'arrestation d'Albert
Kirchmeyer.
Gérard Kloppel (1940-2008) : Franc-maçon. Il a marqué l’histoire moderne du rite
Memphis-Misraïm et celle du Martinisme. Initié en 1963 dans une Loge de la Grande Loge de
France. En 1965, il rejoint le rite de Memphis-Misraïm de Robert Ambelain. Membre de la
Nouvelle Acropole, proche de l’extrême-droite.

Maurice Kriegel-Valrimont (1914-2006) : Résistant. Militant à la CGT et aux


Jeunesses communistes en 1936.

Guy La Chambre (1898-1975) : Membre de la Gauche indépendante, puis du Parti


radical-socialiste et enfin du Centre national des indépendants et paysans. Il vote les pleins
pouvoirs au maréchal Pétain en juillet 1940. Il comparaît au procès de Riom en 1942 comme
l’un des responsables de la défaite.

Jean Maurice Lahy (1872-1943) : Psychologue et sociologue. Franc-maçon. Très


actif au Grand orient de France, il est membre des loges Athéna et Agni. Il est à plusieurs
reprises élu au Conseil de l’Ordre en 1913 et 1921-1924. Il adhère au Parti Communiste après
le Congrès de Tous en décembre 1920, et quittera ce Parti en 1923, afin de rester franc-maçon.
.

Philippe Lamour (1903-1992) : Président des « Faisceaux universitaires »


(leFaisceau de Georges Valois et Jacques Arthuys), premier parti fasciste organisé en France.
En 1936, il se prononce pour « un fascisme intégral : social, économique, policier et juridique ».

Joseph Laniel (1889-1975) : Industriel. Député du Calvados de 1932 à 1958,


succédant à son père, député de 1896 à 1932. Il vote les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940.
Il devient ensuite résistant. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai
1943.

François de La Rocque (dit de Séverne) (1885-1946) : Colonel. Président des Croix-


de-Feu, puis du Parti social français.

Charles Laurent : Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai


1943. Il représente Libération-Nord.

Pierre Laval (1883-1945) : Avocat. Franc-maçon. Entre en franc-maçonnerie en


1907, probablement au Grand Orient de France. Il est, immédiatement après Philippe Pétain, la
personnalité la plus importante de la période du régime de Vichy et le principal maître d’œuvre
de la politique de collaboration d’Etat avec l’Allemagne nazie. Chef du Gouvernement de Vichy
du 18 avril 1942 au 19 août 1944. Il déclara vouloir fonder une loge nationale unique protégée
par l’Etat. Il est condamné à mort le 9 octobre 1945 pour « Haute trahison en ayant aidé
l’ennemi et violé la sécurité de l’Etat ». Fusillé le 15 octobre 1945.

Félix Lebosse : Résistant lyonnais. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.


Fondateur du réseau « Le Coq Enchaîné ». Il fut arrêté et interné au camp de Compiègne, d’où
il fut libéré en septembre 1944 par l’avance militaire alliée.

Bernard Lecache (1895-1968) : Fils d’émigrés juifs ukrainiens. Journaliste.Franc-


maçon. Membre du Grand Orient de France, il y fonde la loge Abbé Grégoire. Fondateur de la
Ligue contre les pogroms en 1927, devenue la Ligue internationale contre le racisme et
l’antisémitisme (LICRA) en 1979. Il en est le président de 1927 à 1968. Il adhère dans les
premiers au Parti Communiste Français en 1921. Rédacteur à l’Humanité. Obligé de choisir
entre la franc-maçonnerie et le Parti en 1923, comme tous les communistes, proche de
l’association philosophique, il refuse de choisir et est exclu du PCF.

Jacques Lecompte-Boinet (1905-1974) : Fils et petit-fils d’officier, gendre du général


Mangin. Fonctionnaire dans les services financiers de la Préfecture de la Seine. Il construit Ceux
de la Résistance (CDLR) avec l’aide de pierre Arrighi. Résistant, responsable du
mouvement Ceux de la Résistance. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27
mai 1943.

René Lemière (1885-1952) : Enseignant et résistant. Franc-maçon. Le vénérable


René Lemière fut membre de la loge Thémis, du Grand Orient de France, à l’époque seule loge
caennaise. Thémis était ouvertement anticléricale et républicaine. Il fut révoqué par Vichy de
son poste de directeur d’école. Il fut membre du réseau normand Centurie. Il était aussi membre
de l’antenne caennaise du mouvement Patriam Recuperare, composée essentiellement
d’enseignants francs-maçons.

André Le Troquer (1884-1963) : Il se prononce contre la demande d’armistice en


juin 1940. Il s’embarque à bord du paquebot Massilia. Membre du Conseil National de la
Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Daniel Ligou (1921-2013) : Franc-maçon. Historien. A écrit « Le dictionnaire de la


Franc-maçonnerie ». Initié en 1949, dans sa ville natale à Montauban. Il rejoint la loge
« Solidarité Progrès » à Dijon, dont il a été vénérable entre 1968 et 1970. A cette époque, il
accède au Conseil de l’Ordre du GODF, qu’il quitte en 1973.

Emile Loubet (1838-1929) : 8° président de la République, de 1899 à 1906.

Jean Luchaire (1901- mort fusillé le 22 février 1946 au fort de Châtillon) : Journaliste
et patron de presse. Collaborationniste. Homme de gauche, il se fait le promoteur d’un
rapprochement entre la France et l’Allemagne. Il fonde en 1927, le mensuel Notre Temps, qui
appuie le pacifisme, et qui a pour collaborateurs : Bertrand de Jouvenel, André Weil-Curiel,
Jacques Chabannes, Pierre Brossolette et Pierre Mendès-France. En novembre 1940, il fonde le
journal collaborationniste Les Nouveaux Temps.

Aimé Machon (1878-1936) : Pharmacien. Franc-maçon. Chancelier du Grand


Collège des Rites.

Jean Charles Mamy Pseudonyme : Paul Riche (1902-1949) : Réalisateur, monteur,


acteur, scénariste, journaliste. Franc-maçon. Vénérable de la Loge Renan, du Grand Orient de
France. En 1940, il devient journaliste de la collaboration. Il est rédacteur en chef de L’Appel,
le journal de Pierre Costantini,, membre du Parti populaire français (PPF) et surtout à la point
de la lutte contre la franc-maçonnerie qu’il rend responsable de tous les maux dont la France
est accablée. Son dernier film, Forces occultes (1943) est une œuvre de propagande, attaque
virulente contre la franc-maçonnerie, le parlementarisme et les juifs, dénonçant un complot
judéo-maçonnique. Il est fusillé le 29 mars 1949 au fort de Montrouge, à Arcueil.

Georges Mandel, de son vrai nom Louis Georges Rothschild (1885-assassiné le 7


juillet 1944 en forêt de Fontainebleau par la Milice française) : Journaliste. Conservateur.
Jacques Gagliardi, ancien dirigeant de l’UIMM, ex-comité des forges, déclare dans un
entretien au journal Le Monde du 24 juillet 2008 : « Tout le monde sait bien qu’avant 1914 des
campagnes électorales sont financées par le Comité des Forges. M. Georges Mandel, qui était
d’origine très modeste, menait grand train, et tout le monde se demandait d’où il tirait son train
de vie. Eh bien, c’était le Comité des Forges qui subvenait à ses besoins, comme pour bien
d’autres. ».

Jean Marie Rivière, dit Jean Marquès-Rivère (1903-2000) : Ecrivain et journaliste.


D’abord sollicité par la théosophie et la franc-maçonnerie, il s’intéresse par la suite au
traditionalisme de René Guénon. Sous l’Occupation il adopte une politique de collaboration
avec els nazis et contribue à la propagande par la publication de pamphlets violemment
antisémites et antimaçonniques. Il était le scénariste du film de Jean Mamy,Forces
occultes (1943).

André Marquet (1884-1955) : Chirurgien-dentiste. Issu de l’extrême-gauche. Député


et maire socialiste de Bordeaux, ministre du Travail du gouvernement Gaston Doumergue II, il
est ministre de l’Intérieur dans les gouvernements Pétain et Laval V. Il prône la collaboration
avec l’Allemagne. Concernant la franc-maçonnerie, il déclare : « Pour le Maréchal, un Juif n’est
jamais responsable de ses origines, un Franc-maçon l’est toujours de son choix ».

Jean Martinon (1910-1976) : Chef d’orchestre et compositeur. Il a composé la


musique du film Forces occultes (1943).

Charles Marie Photius Maurras (1868-1952) : Journalise, essayiste, poète,


théoricien du nationalisme intégral. Il dirige le journal L’Action française, fer de lance du
mouvement Action française, autour de Léon Daudet, Jacques Bainville et Maurice Pujo.
Nationaliste et contre-révolutionnaire, l’Action française prône une monarchie traditionnelle,
héréditaire, antiparlementaire et décentralisée, mais également un antisémitisme d’Etat. Il
soutint le régime de Vichy. Le 28 janvier 1945, la cour de justice de Lyon déclare Charles
Maurras coupable, de haute trahison et d’intelligence avec l’ennemi et le condamne à la
réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale.

Pierre Mendès-France (1907-1982) : Gouverneur du Fonds monétaire international


(1947). Président du Conseil en 1953. Il met fin à la guerre d’Indochine. Initié franc-maçon, en
1928, à la Loge « Union et Progrès », à Pacy-sur-Eure. Se met en sommeil en 1945.

André Mercier (1901-1970) : Membre du parti Communiste Français depuis


1929.Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Christian Message (1905-1958) : En 1940, il lance le journal La Défense passive,


puis l’hebdomadaire La France national-socialiste, organe de son parti, le Parti National-
socialiste français.

Pierre Meunier (1908-1996) : Membre de la Résistance intérieure française et


compagnon de Jean Moulin. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai
1943.

Alexandre Millerand (1859-1943) : Socialiste, qui évolue à droite au fur et à mesure


de son parcours ministériel.

Jacques Mitterrand (1908-1991) : Ingénieur des Travaux publics. Deux fouis


Conseiller de l’Ordre du Grand Orient de France (1946-1949 et 1951-1954). En 1931, il adhère
à la Ligue des Droits de l’Homme et au Parti radical-socialiste. Le 20 juin 1933, il est reçu
apprenti dans la loge parisienne « La Justice » qui lui confère le grade de compagnon le 18 mai
1934 et celui de maître le 19 mars 1935. Mobilisé en 1940, dans un bataillon aéropostiers, il
s’engage dans la résistance. Il entre au Front National, et en devient le responsable adjoint pour
l’Ile-de-France.

Guy Mollet (1905-1975) : Professeur d’anglais. Franc-maçon de la loge « La


Conscience » à l’Orient d’Arras. Après avoir été maçon pendant une trentaine d’années à Arras,
il démissionne du Grand Orient, n’ayant pas supporté l’attitude de certains frères de la SFIO
qui ont considéré que sa mise à l’écart devenait souhaitable.

Gaston Monnerville (1897- 1991) : Avocat. Initié à l’âge de 21 ans, à la loge


toulousaine « La Vérité 280 » de la Grande Loge de France. Il appartient aux loges
écossaises « Le Flambeau » (Toulouse), dont il est le cofondateur, puis à Paris, en 1924, à « La
Prévoyance 88 » où il exerce divers offices, dont celui de vénérable, de 1935 à 1937. Il s’affilie
aux loges « Colonies 596 » et « La France Equinoxiale 93 » à Cayenne. Il est admis à la loge
de perfection « Perfection Ecossaise 135 » en 1928, au chapitre 72 des « Fidèles Ecossais » en
1931 et à l’Aréopage n° 309 « Lutétia » en 1937, avant d’accéder au Suprême Conseil.
Engagement dans la Résistance, à Combat, et dans le maquis de Haute-Auvergne.

Emilienne Marie Mopty, née Wantiez (1907- décapitée le 18 janvier 1943 à Cologne
par l’armée nazie) : Résistante et militante communiste. Mère de trois enfants et femme de
mineur. Durant la guerre, elle prend la tête des manifestantes lors de la grève des mineurs du
Nord-Pas-de-Calais de 1941. Elle fait partie des francs-tireurs dans le bassin minier.

Gaston Mardochée Brunswick, dit Montéhus (1872-1952) : Il est initié franc-


maçon, en 1902, à la Loge du Grand Orient « L’Union » à Belleville.

August Moritz (1913- ?) : Chef de section (Gestapo) dans les services de la police de
sûreté allemande basée à Lyon. A partir de janvier 1944, il est à l’instar de Klaus Barbie, l’un
des deux chefs de section à seconder l’Obersturmbannführer Werner Knab. Il est condamné à
mort par contumace par la justice française, le 30 janvier 1954 à Marseille, puis à Lyon le 25
novembre 1954.

Emile Henry Muselier (1882-1965) : Amiral. Il organisa les Forces navales


françaises libres.

Paul Naudon

Carl (ou Karl) Albrecht Oberg (1897-1965) : Général SS avec le grade de


Obergruppenführer et le titre de Chef Supérieur de la SS et de la Police pour la France. Il prend
ses fonctions le 1° juin 1942 pour s’occuper de la lutte contre les réseaux de la résistance
française et responsable de la question juive. Lui et ses collaborateurs rendent le port de l’étoile
jaune obligatoire, et règlent et ordonnent la déportation d’environ 100000 personnes dans les
camps de la mort. Il est surnommé « le boucher de paris ».

P
Maurice Paillard : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

Gabriel Parisot (1871-1945) : Franc-maçon. Deux fois conseiller de l’Ordre GODF


en 1932-1935 et 1938-1940. Trésorier adjoint de la fédération SFIO de l’Ain, président de la
section de Bourg-en-Bresse de la Ligue des droits de l’homme.

Alexandre Maurice Marie Parodi (1901-1979) : Haut fonctionnaire et résistant.


Membre du Conseil d’Etat à compter de 1926 comme auditeur. Il devient en mars 1944 délégué
général du Comité de libération nationale en France occupée. Ministre des territoires libérés en
août 1944, il participe à l’insurrection de Paris et organise la mise en place des nouvelles
autorités civiles. En mars 1944, à la demande du général de Gaulle, il devient délégué général
du Comité de libération nationale en France occupée, succédant à ce poste, après le préfet Emile
Bollaert, à Jean Moulin.

Edmond Marie Emile Pascal (1889-1967) : D’abord instituteur, puis haut


fonctionnaire et préfet. Radical-socialiste. Il est membre de la loge maçonnique de Gap, au
Grand Orient de France. Grand Maître adjoint du GODF. Limogé le 29 juin 1941 par le régime
de Vichy. Il préside en 1944 le Comité Départemental Haut-Alpin de la Libération.

Madeleine Pelletier (1874-1939) : Elle est reçue apprentie le 27 mai 1904 à la loge
parisienne « La Philosophie Sociale » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise. Elle s’affilie
à la Loge « Diderot », dont elle devient vénérable. En juillet 1906, elle fonde un nouvel atelier
« Stuart-Mill ».

Amboise Peloquin : Militaire. Médecin général. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre


GODF. Un des premiers et principaux animateurs de la résistance maçonnique.

Paul Jules Perrin (1891-1950) : Ingénieur. Député SFIO de la Seine de 1932 à 1936,
puis PSDF (Renaudel-Marquet). Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1936-1938. Il
est membre de la Ligue des droits de l’homme depuis 1928, et appartient à son comité central
(1938-1940). Il se rallia au régime de Vichy. Il se rallia au Rassemblement national populaire
de Marcel Déat et aurait appartenu à France-Europe de Francisque Desphilippon.

Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain (1856-1951) : Maréchal. Jugé à la


Libération pour intelligence avec l’ennemi et haute trahison par la Haute Cour de justice.

François Piétri (1882-1966) : Ministre des Communications du 12 juillet au 6


septembre 1940 dans le gouvernement Pierre Laval sous le régime de Vichy. Ambassadeur de
Vichy en Espagne en 1940 jusqu’à 1944.

Charles Jean Guillaume Platon (1886-exécuté le 28 août 1944 à Valojoulx) :


Amiral. Membre du gouvernement de Vichy de 1942 à 1943. Le 18 août 1944, il est capturé
par les maquisards FTP de Dordogne du 6° bataillon des Forces françaises de l’intérieur,
conduit au hameau de Paternoster, traduit en cour martiale et condamné à mort.

Jacques Ploncard, dit Jacques Ploncard d’Assac (1940-2005) : Ecrivain et


journaliste. Disciple d’Edouard Drumont et de Charles Maurras, il adhère à l’Action française
en 1927. En 1933, il fonde le Front national ouvrier paysan, avec Henry Coston, Albert Monniot
et Jean Drault. En 1936, il rejoint le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot. Il appuie
la Révolution nationale du maréchal Pétain, qui le décore de la francisque. Il travaille avec
Bernard Faÿ et Henry Coston au Service des sociétés secrètes basé rue Cadet, chargé de
répertorier les archives de la franc-maçonnerie. Il a collaboré au journal Documents
maçonniques.

Gaston Poittevin (1880- mort en déportation le 18 mars 1944 au camp de


concentration de Buchenwald) : Issu du milieu des vignerons champenois. Député-maire
socialiste et responsable syndical. Député de la Marne de 1919 à 1936. Franc-maçon.
Conseiller de l’Ordre GODF en 1932-1935 et 1938-1940.

Vicomte Léon de Poncins (1897-1976) : Journaliste et essayiste catholique. Il


explique la plupart des grands bouleversements politiques et révolutionnaires de la modernité
par l’action de courants issus de certaines sociétés secrètes porteuses d’une « foi » de nature
diabolique opposée à celle du christianisme. Ce sont des thèses antimaçonniques et contre-
révolutionnaires. Dans ses essais conspirationnistes, il dénonce des complots maçonniques (les
liens entre la franc-maçonnerie et la révolution française, la Société des Nations, etc.) et
l’influence juive dans les affaires catholiques. Il est anti judaïque, et anticommuniste.

Adrien Pouriau : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

Bertrand Pujo (1878-1964) : Général d’armée aérienne. Ministre de l’Air du


gouvernement Pétain en juin 1940.

Otto Rahn (1904-1939) : Ecrivain et archéologue allemand. Il entre dans la


Schutzstaffel (SS) comme archéologue en 1935.

Paul Ramadier (1888-1961) : Fondateur des Etudes socialistes à Rodez, avocat à la


Cour d’appel de Paris, militant coopératif, Ramadier amorce une carrière politique au cabinet
d’Albert Thomas, ministre de l’Armement en 1916. Il est élu maire de Decazeville en 1919 et
député de Villefranche-de-Rouergue en 1928. Ramadier est initié, le 22 février 1913, à la Loge
ruthénoise « La Parfaite Union ». Il y est reçu compagnon le 7 juin 1914, maître le 20 juillet
1915 et il accède au chapitre le 3 novembre 1920. Il s’allie en 1924 à « La Nouvelle Cordialité »,
à Villefranche-de-Rouergue. Il est l’un des 80 parlementaires à voter contre Pétain à Vichy en
1940. Il répond à la circulaire d’application de la loi du 14 août 1940 interdisant la franc-
maçonnerie : « Je ne puis apporter ma collaboration à la loi du 14 août 1940. Je tiens pour
inviolables les droits de la conscience. C’est pourquoi j’ai adhéré à la franc-maçonnerie voici
près de trente ans et j’y reprendrai ma place dès que la législation récente aura été abrogée. Je
ne puis faire ce que je blâme ni condamner ce que je voudrais pouvoir recommander. ». Il
franchit tous les degrés de l’écossisme jusqu’au 33° qu’il obtient le 4 septembre 1954.

Lucien Romain Rebatet (1903-1972) : Ecrivain, journaliste et critique musical et


cinématographique. Ayant débuté à l’Action française, il rejoint ensuite Je suis partoutqui se
réclame du fascisme ; en 1942, il publie Les Décombres, féroce pamphlet antisémite et
collaborationniste.

Maurice Reclus (1883-1972) : Historien. Fils du géographe Onésime Reclus, neveu


du géographe Elisée Reclus. Docteur ès lettres. Président de section au conseil d’Etat. Membre
de l’Académie des sciences morales et politiques en 1937. Il préside en 1942 la commission
antimaçonnique créée par Laval pour mettre en œuvre les lois de 1941.

Emile Renard : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.


Jean Paul Reynaud (1878-1966) : Avocat.

Charles Riandey (1892-1976) : Initié le 21 octobre 1917 à la loge parisienne « Union


et Bienfaisance », qui l’élit comme vénérable le 15 novembre 1922. Antisémite. Le 29 janvier
1942, il remet à l’inspecteur de police français S ? Moerschel, directeur des Services des
Associations Dissoutes, un résumé de ses activités maçonniques, où il écrit : « J’ai combattu,
avec beaucoup d’autres, au prix de pénibles épreuves, l’envahissement de la maçonnerie par les
juifs ». Dans une lettre qu’il adresse au R.6P. Berteloot, le 19 mars 1943, son antisémitisme
s’exprime plus nettement encore.
Engagé dans la Résistance en avril 1943, il est arrêté par la Gestapo le 14 juin 1944 et
déporté le 21 août à Buchenwald.

Maurice Ripoche, pseudo Dufour (1895-18 ou 20 juillet 1944 à Cologne) :


Ingénieur I.C.A.M. de la promotion 1915. Résistant et fondateur du mouvement Ceux de la
Libération (CDLL). Arrêté puis guillotiné par les Allemands. Il fut aide de camp du général
de Gaulle. Arrêté en juillet 1942 à Paris, transféré à la prison de Derendorf, il fut jugé et
condamné à mort en mai 1944, décapité en juillet.

Marie Rolland (1873-1946) : Institutrice. Initiée le 12 août 1906 dans la première loge
du Droit Humain, dans l’Ouest, à Auray. Elle crée, en 1908 le « Triangle » de Nantes qui
devient en août 1909 la Loge n° 32, baptisée « Guépin ». Entrée dans la Résistance, dès juin
1940. Elle aurait été une des rares femmes à recevoir la reddition d’un général ennemi.

Marc Rucart (1893-1964) : Journaliste. Résistant. Franc-maçon. Il est initié le 6


février 1916, à Orléans, à la Loge « L’Indépendance 398 » relevant de la Grande Loge de
France., promu compagnon et maître le 2 juillet 1916. Puis il entre au Grand Orient de France
quand celui-ci s’implante dans les Vosges. Affilié à « La Fraternité Vosgienne d’Epinal », le
29 mars 1925, il devient orateur en 1927. Il s’inscrit ensuite au Droit Humain, où il s’affilie en
1929. Dans une lettre de Marc Rucart, adressée à un frère maçon, il déclare que son mandat
parlementaire est « un outil supplémentaire pour le travail du Grand Œuvre ». Membre du
Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Louis Saillant (1910-1974) : Syndicaliste et résistant. Adhérent de la Fédération CGT


du Bâtiment, il est d’abord proche de Léon Jouhaux et de la tendance non-communiste de la
CGT, majoritaire jusqu’en 1947. Il rejoint le mouvement de résistanceLibération-
Nord. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Camille Savoire (1869-1951) : Fondateur et premier Grand Prieur du Grand Prieuré


des Gaules en 1935. Initié le 14 octobre 1892 à « La Réforme », loge relevant de la Grande
Loge Symbolique Ecossaise, il rejoint le Grand Orient de France un an plus tard.

Marcel Sembat (1862-1922) : Avocat. Journaliste. Franc-maçon. Il fut vice-


président du Conseil de l’Ordre du GODF et membre de la Ligue des droits de l’homme (LDH).
Devenu député socialiste de Paris, il est l’une des figures les plus illustres de la SFIO. Au
congrès de Tours, en décembre 1920, il vota contre l’adhésion à la III° Internationale.

Jacques Henry Simon (1909- mort en déportation en 1944) : Résistant, responsable


du mouvement Organisation civile et militaire (OCM). Avocat au Conseil d’Etat et à la Cour
de cassation. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.
Georges Suarez (1890-1944) : Juif et fasciste. Ecrivain, essayiste et journaliste.
Pacifiste, puis collaborationniste. Il fut le premier journaliste condamné à mort lors de
l’épuration. Il est proche de Bertrand de Jouvenel et de Fernand de Brinon. En 1935, aux côtés
de Drieu La Rochelle, Paul Marion et Pierre Pucheu, il se rapproche du Parti Populaire français
(PPF) de Jacques Doriot, puis après 1940, des collaborationnistes. Condamné à mort en 1944,
il est fusillé le 9 novembre.

Serge Tchakhotine ou Sergeï Stepanovitch Tchakhotine (1883-1973):


Microbiologiste et sociologue allemande d’origine russe. Il est l’un des initiateurs de la forme
de propagande moderne, à l’origine expérimentée en Allemagne pour contrer l’hitlérisme.
Opposé à la Révolution d’Octobre, il est, pendant la guerre civile russe, le conseiller à la
propagande du général Piotr Krasnov des armées blanches antibolcheviques. En 1932, avec le
chercheur et politicien Carlo Mierendorff, il invente la figure des « trois flèches » qui deviendra
le symbole du Front de fer (1931-1933). A publié : Le Viol des foules par la propagande
politique.

André Pierre Gabriel Amédée Tardieu (1876-1975) :

Jacques Tauran (1930-2002) : Franc-maçon. Ancien cadre de l’UDCA de Pierre


Poujade et l’un des fondateurs du Front National. Membre de la GLNF.

Justin Terrade (1872-1948) : Professeur d’histoire au lycée d’Aubenas (Ardèche).


Membre de la SFIO, puis du PCF, puis à nouveau de la SFIO. Franc-maçon. Conseiller de
l’Ordre GODF en 1924 et 1925. Chef du secrétariat du GODF de 1925 à 1938.

Gaston Tessier (1887-1960) : Syndicaliste, dirigeant de la CFTC et résistant. Il est


fondateur du mouvement de résistance Libération-Nord et représente la CFTC au
CNR. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Président de la
CFTC de 1948 à 1953.

Germaine Tillion (1907-2008) : Ethnologue et résistante.

Xavier Joseph Vallat (1891-1972) : Avocat, journaliste, d’extrême droite. Son nom
reste attaché à l’antisémitisme d’Etat du gouvernement de Vichy. Antisémite, il réclame dès
1930 la dissolution des obédiences maçonniques. Auteur de Le Problème juif. Secrétariat
Général à l’Information et à la Propagande, 1942.

Robert Vallery-Radot (Robert Marie-René) (1885-1970) : Ecrivain et journaliste.


Grand ami de François Mauriac et Georges Bernanos. Fasciste pendant les années 1930, il
rejoint le régime de Vichy en 1940. Il assure la rédaction d’une feuille antimaçonnique intitulée
Documents Maçonniques (1941-1944) avec Bernard Faÿ et Jean Marquès-Rivière. Après la
guerre, il se réfugie en Espagne. Ordonné prêtre en 1953, il devient le père Irénée.

Georges Valois, de son vrai nom Alfred Georges Gressent (1878-1945) : Georges
Valois milite d’abord dans des mouvements anarchistes. Il devient le disciple de Georges Sorel.
En 1906, il adhère au mouvement de Charles Maurras. Il est le maître d’œuvre du Cercle
Proudhon (1911). Ses idées sont une préfiguration du fascisme. En 1925, il fonde Le Faisceau,
mouvement fasciste.

Aimé Verdeaux (1881-1960) : Docteur en médecine. Franc-maçon. Deux fois


Conseiller de l’Ordre GODF, en 1931-1934 et 1936-1939. Membre du Parti radical-socialiste.
Maire de Tarnac et conseiller général de Bugeat (Corrèze).

François Verdier (1900-assassiné par la Gestapo le 27 janvier 1944) : Résistant. Issu


de la bourgeoisie toulousaine. Franc-maçon. Dignitaire franc-maçon, secrétaire de la Ligue
des droits de l’homme, lorsqu’éclate la guerre en 1939. Chef régional des MUR, pour la région
R4 (Toulouse).

Jean Pierre Vernant (1914-2007) : Historien et anthropologue. Résistant. Adhérant


aux Jeunesses communistes, il entre dans la Résistance. Après la guerre, il demeure au sein du
Parti Communiste Français, qu’il quitte en 1969.

Francis Viaud (1899-1985) : Franc-maçon. Grand Maître du Grand Orient de France.

Pierre Villon, de son vrai nom Roger Salomon Ginsburger (1901-1980) : Fils du
rabbin Moïse Ginsburger. Architecte et décorateur à Paris. Il adhère en 1922 au PCF. Il a été
un des principaux rédacteurs du programme social du CNR. Membre du Conseil National de la
Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Maurice Violette (1870-1960) : Initié en mars 1893 à « Bienfaisance et Progrès »,


loge populaire dans le X° arrondissement de Paris. Violette réunit 16 maçons, le 10 janvier
1905, pour ouvrir les feux, sous le maillet de Durantel, de « Justice et Raison ». Cette loge
s’inquiète, en 1917, des buts de la guerre, salue « la victoire du prolétariat russe », dénonce les
morts inutiles et n’accepte qu’une paix par

Georges Voronoff: Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Mort en déportation


au camp d’Auschwitz.

Maxime Weygand (1867-1965) : Général. Membre de l’Académie française. Il reste


après-guerre un défenseur de la mémoire du maréchal Pétain, et soutient les partisans de
l’>Algérie française pendant la guerre d’Algérie.

Pierre Winter (1891-1952) : Médecin, biologiste et hygiéniste. Membre du parti Le


Faisceau et du Parti fasciste révolutionnaire. Ami de Le Corbusier. Adepte des thèses d’Alexis
Carrel que celui-ci exposa dans son livre L’Homme, cet inconnu, paru en 1935. Pendant la
guerre, il écrit dans la presse collaborationniste. En 1944, il est Inspecteur Général du travail
du gouvernement de Vichy.

Michel Albert Jean Joseph Ybarnégaray (1883-1956) : Avocat. Proche des ligues
fascisantes : Jeunesses patriotes 5JP° et ensuite Croix-de-Feu où il accède au plus haut niveau
de la hiérarchie, il est, après 1936, un des cadres du Parti social français (PSF) du colonel de La
Roque.

Z
Michel Sigismond Zaborowski : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.
Résistant.

Jean Zay (1905-1944) : Avocat. Initié en 1926 à la Loge « Etienne Dolet » d’Orléans.

Fred (Frédéric Victor) Zeller (1912-2003) : Artiste peintre. Homme


politique.Franc-maçon. Militant Trotskiste pendant les années 1930-1940, il est élu à la tête
du Grand Orient de France en 1971, poste qu’il conserve jusqu’en 1973. Il rencontre Léon
Trotski, dont il deviendra l’ami et plus tard le secrétaire, à son arrivée à Paris en 1932. L’artiste
devient résistant dès le début de l’Occupation. Il est reçu en 1953dans la loge « L’Avant-Garde
maçonnique », du GODF.

ANNEXE 4 :
Le Grand-Orient n'est pas vraiment un phare de la résistance à l'oppression.
Voici la lettre d'Arthur Groussier, président du Conseil de l'Ordre, au maréchal Pétain,
envoyée le 7 août 1940.
« A M. le Maréchal Pétain, chef de l'Etat français
Monsieur le Maréchal,
Devant les malheurs de la patrie, tous les Français doivent consentir les plus grands
sacrifices ; mais en est-il de plus douloureux que celui de détruire l'œuvre à laquelle on a
donné le meilleur de sa pensée et de son cœur ? Si pénible que cela nous soit, nous croyons
accomplir notre devoir présent en nous soumettant à la décision du gouvernement français
concernant la Franc-maçonnerie du Grand-Orient de France, tout en vous présentant, en
raison des mensonges répandus sur cet Ordre philosophique, une déclaration aussi
solennelle que respectueuse.
Dans l'impossibilité absolue de réunir l'Assemblée ou le Conseil qui détiennent les
pouvoirs statutaires en cette matière, mais nous appuyant sur la confiance qui nous a maintes
fois été accordée et prenant l'entière responsabilité de notre charge, nous déclarons que le
Grand-Orient de France cesse son fonctionnement et que toutes les Loges qui en relèvent
doivent immédiatement renoncer à poursuivre leurs travaux, si elles ne l'ont déjà fait.
Sans doute, comme toutes les institutions humaines, la Franc-maçonnerie
française a eu ses faiblesses, mais durant ses deux siècles d'existence, elle compte à son
actif de belles pages d'histoire depuis les encyclopédistes jusqu'au maréchal Joffre,
vainqueur de la Marne. Elle a brillé par sa grandeur morale, elle ne peut rougir ni de son
idéal ni de ses principes. Elle succombe victime d'erreurs à son endroit et de mensonges,
car dans son essence elle a le respect de la pensée libre, des convictions et des croyances
sincères. Elle a toujours honoré le travail. Son but suprême est l'amélioration morale et
matérielle des hommes dont elle voudrait poursuivre l'union par la fraternité. Elle a
conscience, dans les événements douloureux que la France vient de traverser, de n'avoir
failli ni à sa tradition, ni au devoir national. A de nombreuses reprises, elle a fait appel aux
bons offices du président Roosevelt dans le but de maintenir la paix entre les peuples et
c'est le cœur saignant qu'elle a vu se déchaîner l'effroyable conflit.
Combien d'hommes politiques et autres a-t-on prétendu être Francs-maçons qui ne
l'ont jamais été. Et comme l'on se trompe facilement en affirmant que le Grand-Orient de
France, dans les vingt dernières années, a été le maître du pouvoir ou son serviteur.
Il n'a jamais non plus subi une direction étrangère, notamment celle de la Grande-
Loge d'Angleterre avec laquelle il n'a aucun rapport, ni officiel ni officieux depuis 1877.
En sens contraire, il n'a jamais cherché à influencer aucune puissance maçonnique d'autre
pays, qui ont toujours eu le haut souci de leur indépendance nationale.
Si, actuellement, nous ne pouvons donner personnellement la preuve de nos
affirmations, puisque nos archives ont été saisies au siège et à nos domiciles par les autorités
d'occupation, il doit exister en France non occupée une documentation qui peut sans
conteste en démontrer la véracité.
On insinue que nous sommes aux ordres de la finance internationale. Les
signataires de cette lettre qui figurent parmi les plus hauts dignitaires de l'Ordre maçonnique
sont restés de situation modeste ; la simplicité et la dignité de leur vie, faciles à contrôler,
leur permettent de dédaigner une si déshonorable imputation.
La Banque de France est le seul établissement bancaire, avec les chèques postaux,
où le Grand-Orient de France possède un compte courant. Des titres, au reste bien modestes,
sont des titres français : rentes sur l'Etat et Bons de la Défense nationale.
Enfin, le principal grief qui est fait, c'est d'être une société secrète, ce qui est
encore inexact au sens légal du mot. Le 3 janvier 1913, le Grand-Orient de France devenait
une association déclarée, ayant personnalité civile en déposant ses statuts et en renouvelant
tous les ans, à la préfecture, le dépôt des noms de ses trente-trois administrateurs. Il suffit
du reste de consulter l'annuaire universel Didot-Bottin-Tome Paris pour trouver aux
"Professions" à la rubrique "Franc-maçonnerie" toutes les indications du Grand-Orient de
France avec les noms et professions des membres du Bureau.
Le Grand-Orient de France comptait parmi les forces spirituelles qui composaient
notre nation. Sa fermeture suffira t'elle à apaiser certaines haines ? Puisse-t-elle au moins
aider au rapprochement de tous les Français qui, avec des tempéraments différents, ont
l'intention de travailler loyalement au redressement moral et à la prospérité de la France.
Nous vous prions, Monsieur le Maréchal, de vouloir bien agréer l'assurance de
notre profond respect... »

Lors du Convent du Grand-Orient de 1945, Arthur Groussier revendique pleinement


la paternité du texte. Il a tout fait pour qu'on ne poursuive pas les Francs-maçons. Il remarque
que, pendant toute la durée de la guerre, aucun Franc-maçon ne lui a adressé de reproche pour
cette lettre. Les frères moralistes ne sont pas non plus des modèles de la résistance à
l'oppression.
Il rajoute :

"Mon sentiment était que pesait sur moi la responsabilité du sort des Maçons. Il
ne fallait pas qu'un acte de moi pût servir à faire traiter les Maçons, puisqu'on en avait la
liste, comme on a traité les Juifs. Les Maçons qui ont été poursuivis et maltraités l'ont été
comme résistants, et non pas comme Maçons."
ANNEXE 5 :
Membres du Conseil national de la Résistance au 27 mai 1943 :

Outre Moulin et ses deux collaborateurs, Pierre Meunier et Robert Chambeiron, ont
participé à la réunion du 27 mai 1943 :
Les représentants des huit grands mouvements de résistance :
Pierre Villon du Front national de la résistance créé par le Parti communiste français
Roger Coquoin pour Ceux de la Libération,
Jacques Lecompte-Boinet pour Ceux de la Résistance,
Charles Laurent pour Libération-Nord,
Pascal Copeau pour Libération-Sud,
Jacques-Henri Simon pour Organisation civile et militaire,
Claude Bourdet pour Combat,
Eugène Claudius-Petit pour Franc-Tireur ;
Les représentants des deux grands syndicats d'avant-guerre :
Louis Saillant pour la CGT,
Gaston Tessier pour la CFTC ;
Et les représentants des six principaux partis politiques de la Troisième République :
André Mercier pour le PC,
André Le Troquer pour la SFIO,
Marc Rucart pour les radicaux,
Georges Bidault pour les démocrates-chrétiens,
Joseph Laniel pour l’Alliance démocratique (droite modérée et laïque),
Jacques Debû-Bridel pour la Fédération républicaine (droite conservatrice et
catholique).

ANNEXE 6 :
Le programme du Conseil national de la Résistance.

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE


Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis
ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur
hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute
production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un
million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de
milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus
valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.
Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux
opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent,
mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir
de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses
agents, commencée dès 1940.
Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps
l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés
dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de
grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et
permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour
l’épreuve décisive.
Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout
en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils
constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne
peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils
veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre
l’envahisseur et contre l’oppresseur.
Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ;
qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls
le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront
de subsister et de vaincre.
Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le
11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers,
l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat
que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central,
dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée
de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et
qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.
En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales
syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par
les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée
l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale
inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée,
sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et
militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.
Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état
major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les
Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple
glorieux des patriotes corses.
Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans
trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la
victoire.
Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger
vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :
D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de
villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement,
par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.
Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la
libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme
directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.
Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire
participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de
Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion
et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche
essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée
pour la Libération.
Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions
données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes
les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.
Ces comités devront :
1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se
nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel
humain de la résistance ;
2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de Darnand ainsi que les
mouchards et les traîtres ;
3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes
français ;
4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre
part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et
vichyssoise ;
5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la
santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations
et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les
Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites
par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population
un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;
6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes
de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;
7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et
d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production
destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;
8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les
prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des
syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la
paysannerie française.
Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que
développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :
a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par
l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en
particulier parmi les réfractaires ;
b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I,
organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont
l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres
de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre
la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités
départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le
strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.
Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de
l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la
coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :
1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi
en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de
guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore
désarmés ;
2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui
les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;
3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités
compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum
d’efficacité ;
4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en
proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les
manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des
paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et
d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève
et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant
provisoire.
Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se
fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques,
philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée,
rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de
jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui
élargira progressivement ses objectifs et son armement.
Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du
territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses
richesses pourront être préservées.
Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable
d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de
rénovation de la patrie. »

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE


Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre
ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements,
partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester
unis après la libération :
1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de
Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France
dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;
2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de
l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou
qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;
3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir,
l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les
gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que
la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice
par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et
coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national
inaliénable ;
4) Afin d’assurer :
L’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français
par le rétablissement du suffrage universel ;
La pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des
puissances d’argent et des influences étrangères ;
La liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
L’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
Le respect de la personne humaine ;
L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
a) Sur le plan économique :
L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant
l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts
particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image
des Etats fascistes ;
L’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat
après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail
commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des
grandes banques ;
Le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes,
agricoles et artisanales ;
Le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et
d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation
des travailleurs à la direction de l’économie.
b) Sur le plan social :
Le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et
l’amélioration du régime contractuel du travail ;
Un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de
traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité
d’une vie pleinement humaine ;
La garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de
la monnaie ;
La reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant,
doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens
d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion
appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
La sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de
licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
L’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique
de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par
une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de
l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un
juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes
familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
Une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
Le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de
la terreur fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations
indigènes et coloniales.
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction
et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs
parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui
auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non
de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction
instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que
leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.
Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les
élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.
L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans
l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de
confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout
ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.
En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de
son président le général De Gaulle !
En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !
LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE »

http://paul-quader.over-blog.com/la-résistance-et-la-franc-maçonnerie-3

***

LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (4)


28 juillet 2013

1. L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 5 Le Parti.


Novembre 1945

« Dans une société divisée en classes sociales, chaque classe ou fraction d’une classe trouve
son expression politique dans un parti pour conserver les privilèges qu’elle détient ou mettre
fin à l’exploitation dont elle est victime.
Un parti défend toujours les intérêts d’une classe ou d’une fraction de classe. Il groupe des
hommes et des femmes pour la réalisation de certains objectifs politiques, autour d’un
programme et de moyens d’actions déterminés.

1. Le parti, avant-garde de la classe ouvrière :

1. Le Parti Communiste, héritier des traditions révolutionnaires de la classe ouvrière française.


1871 : premier exemple, encore embryonnaire, d’un Etat prolétaire, et d’une démocratie
authentique.
2. Le Parti Communiste continue et développe le communisme à la lumière de la science marxiste.
3. Le Parti Communiste achève l’organisation du prolétariat ébauchée par le mouvement ouvrier
révolutionnaire dans notre pays.
4. Le Parti Communiste, parti d’un type nouveau. Lénine, sur le plan philosophique, a développé,
le matérialisme dialectique de Marx et d’Engels à la lumière des découvertes les plus récentes
de la science.

1. Unité de pensée : Cette politique scientifique exclut évidemment toute division du Parti en
« tendances » ou « fractions », comme tout opportunisme et toute « synthèse ».
2. Liaison avec les masses : Chaque Parti de la II° Internationale était, comme dit Staline, « un
appareil électoral approprié aux élections parlementaires et à la lutte parlementaire. »
3. Discipline de fer.
1. Le Parti, rassembleur des forces nationales progressives :

1. La classe ouvrière, classe montante, dont les intérêts s’identifient avec ceux de la Nation :

[…] domination d’une nouvelle caste, celle du capital financier.

1. Le Parti Communiste, Parti de la Nation :

14 juillet 1935 : Jacques Duclos… Tandis que l’après-midi, près d’un million de manifestants
à Paris rendaient au Peuple la « Marseillaise » et le Drapeau Tricolore.
… notre Parti apparaît comme le seul artisan de l’union de la Nation.
Charles Debarge : fondation du premier groupe de francs-tireurs en décembre 1940. »
L’utilisation de la « Marseillaise », chant bourgeois, et l’utilisation du drapeau bourgeois bleu
blanc rouge aurait du donner lieu à des critiques !
« Sans le Parti Communiste, il n’y aurait pas eu de résistance française… marcher au poteau
d’exécution en chantant la « Marseillaise ». Nul n’oserait plus aujourd’hui s’étonner de voir les
communistes brandir le drapeau tricolore ou entonner l’hymne national.

1. Le Parti Communiste, Parti des Bâtisseurs :

…être le Parti de la Renaissance française, continuer la France.

1. Un parti de type nouveau

1. L’unité de pensée
2. L’unité d’organisation : Le centralisme démocratique
3. L’unité dans l’action

Un homme du Parti, c’est celui qui subordonne tous les actes de sa vie publique et privée à
l’intérêt du Parti, qui se confond avec l’intérêt de la France.
… au peuple, qui a fait la grandeur de la patrie, le droit de faire ses lois et de désigner les
dirigeants capables de les appliquer. »

1. L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 6 Les principes
de la politique communiste. Décembre 1945

« Staline : « La théorie devient sans objet si elle n’est pas rattachée à la pratique
révolutionnaire ; de même exactement que la pratique devient aveugle si la voie n’est pas
éclairée par la théorie révolutionnaire. »
« La théorie n’est pas un dogme mais un guide pour l’action »
Staline « Les principes du léninisme »

1. La stratégie :

La stratégie s’assigne trois objectifs principaux :

1. Fixer la direction du coup principal à porter ;


2. Elaborer un plan destiné à atteindre le but projeté ;
3. Lutter pour la réalisation de ce plan.

1. La tactique :
Le mot « politique » est souvent discrédité par le fait qu’il a servi à dissimuler la soumission de
certains hommes et de certains partis aux intérêts d’une classe privilégiée.
Les communistes ne se bornent pas à interpréter les événements ; ils luttent pour les influencer,
pour les modifier dans le sens des intérêts de la classe ouvrière et du peuple. La théorie marxiste-
léniniste n’est pas seulement un instrument de compréhension, elle est aussi et surtout un
instrument d’action.

1. Principes généraux de la stratégie et de la tactique communistes :

1. La stratégie :

6 février 1934 : première tentative d’assaut fasciste contre le peuple et la République.


Octobre 1934 : idée du Front Populaire pour le pain, la liberté et la paix.
Août 1934 : « Front Français »
La tactique :
Staline « Principes du léninisme »
« Si la stratégie a pour but de gagner la guerre, par exemple contre le tsarisme ou la bourgeoisie,
de mener jusqu’au bout la lutte contre le tsarisme, ou la bourgeoisie, la tactique, elle, s’assigne
des objectifs moins essentiels, car elle s’efforce de gagner non pas la guerre dans son ensemble,
mais telles ou telles batailles, tels ou tels combats, de réaliser avec succès telles ou telles
campagnes, telles ou telles actions appropriées à la situation concrète, pendant une période
donnée d’essor ou de déclin de la révolution. La tactique est une partie de la stratégie,
subordonnée à celle-ci et destinée à la servir. »

1. Les règles permanentes d’action :

1. On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule :

Lénine : »On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule. Jeter l’avant-garde seule dans la bataille
décisive tant que la classe tout entière, tant que les grandes masses n’ont pas pris soit une
attitude d’appui direct à l’avant-garde, soit tout au moins de neutralité bienveillante … serait
non seulement une sottise, mais un crime. » (La Maladie infantile du communisme)
« L’unité par en bas, toujours ; par en haut et par en bas, quelquefois ; par en haut seulement,
jamais. »

1. Il importe de bien déterminer l’ennemi principal et le coup principal à porter :

Par exemple, au cours d’une consultation électorale, il est nécessaire de déterminer l’ennemi
principal contre lequel il faut porter le maximum de coups au lieu de disperser ses efforts tout
en risquant de commettre des erreurs préjudiciables au Parti.

1. Il faut discerner ce qui est réalisable dans une période donnée :

Lénine : « rassembler à l’endroit décisif, au moment décisif, des forces beaucoup supérieures à
celles de l’ennemi. »

1. On doit savoir saisir la préoccupation sensible du peuple au moment donné : Le PCF « un grand
Parti de gouvernement et le premier Parti de France » refuse en décembre 1945, de se poser la
question de l’instauration du socialisme en France ! Incompréhensible !

Etienne Fajon disait au X° Congrès du Parti : « Les bavardages sur l’instauration du socialisme
en France à l’époque actuelle n’ont aucun sens ou sont le fait de provocateurs chargés de diviser
les forces démocratiques, car les conditions indispensables à cette instauration ne sont pas
créées. Ce qui est réalisable présentement, ce sont les trois grandes tâches clairement fixées par
Maurice THOREZ : la renaissance économique par l’augmentation de la production, le
renouvellement de la démocratie, l’unité de la classe ouvrière. »

1. La tactique est inséparable de l’action et du travail de masse.


2. Les communistes gardent toujours « la tête froide ».

1. Lutte contre les déformations de notre stratégie et de notre tactique. »

1. La vie du Parti. Novembre-Décembre 1944

« Projet de Charte d’unité de la classe ouvrière de France vers la suppression de l’exploitation


de l’homme par l’homme.
Destruction de la dictature du capital, c’est un élargissement considérable de la démocratie pour
le peuple, pour les ouvriers, les paysans, les intellectuels et l’ensemble des masses laborieuses.
C’est la dictature du prolétariat.
« Le programme que se propose de réaliser le PCF est, en premier lieu, de libérer la France de
la domination des trusts, coupables de trahison, de reconstruire l’industrie en la modernisant,
de rénover l’agriculture, d’assurer une véritable renaissance de la Nation et de créer une France
nouvelle. »
« Une grande armée nouvelle » : …tous les moyens qui permettront à notre pays de reconstruire
une grande armée nationale nouvelle.
Etats généraux de la Renaissance nationale.
« Souveraineté française » : remettre le pays à sa place de toujours
« Tout un peuple, debout derrière son gouvernement et son président, le Général de Gaulle »
« Vive la France libre et indépendante »
Le drapeau français
« L’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après
consultation des représentants de tous les éléments de cette production »
Nationalisations
« Participation des travailleurs à la direction de l’économie »
« La diversité de la composition sociale de notre parti »
La Marseillaise
Ouvrir toutes grandes les portes du Parti
Un effort doit être porté vers le développement du Parti dans les entreprises, bases de la
production indispensable à la poursuite de l’effort de guerre, et au relèvement économique de
notre pays. Le grand Parti de la Renaissance française.
Programme CNR :

 L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;


 L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale impliquant l’éviction des
grandes féodalités économiques et financières et de la direction de l’économie ;
 Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à
l’intérêt général ;
 L’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat ;
 Le retour à la nation de tous les grands moyens de production monopolisés, fruits du travail
commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des
grandes banques ;
 …une élite véritable, non de naissance, mais de mérite et constamment renouvelée par les
apports populaires. »

1. La doctrine communiste. Marx, Engels, Lénine, Staline en six cours. Les bases théoriques du
communisme.

« L’impérialisme et les guerres impérialistes :


Durant la période de l’impérialisme, le capitalisme apparaît sur son déclin. Il est rétrograde à
tous les points de vue (destruction de la démocratie bourgeoise, étouffement de la pensée
technique et de l’art) ; il devient un capitalisme « pourrissant », « agonisant ». La paix vraiment
stable ne peut résulter que de la liquidation du système des trusts, du retour à la nation de tous
les grands moyens de production, de la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme.
La Révolution Sociale et l’Unité Nationale :
Seul, le prolétariat peut accomplir la révolution sociale par la suppression de la propriété des
trusts, mais il ne peut l’accomplir seul. Il l’accomplit en se mettant à la tête de toute la nation,
en particulier en s’alliant étroitement avec la paysannerie et les couches pauvres des classes
moyennes. Cette alliance est une condition indispensable au succès de la transformation sociale,
de la renaissance nationale.
Le Parti Communiste :
Quels sont les caractères propres du Parti Communiste ?

1. Ecole de courage et d’abnégation : Parti intransigeant vis-à-vis des attentistes et des capitulards.
2. Doctrine scientifique. Centralisme démocratique. Devenir communiste, c’est s’engager à
penser chaque situation, à reconnaître toutes les erreurs commises (autocritique).
3. Le Parti Communiste est « le Parti de l’immense masse de la Nation ».

1. Histoire du Parti Communiste Français ; Vingt-cinq ans de lutte pour le salut du peuple de
France. 1944

« La quatrième étape de l’histoire de notre parti est celle où il se place en tête de la guerre
nationale contre Hitler et la 5° colonne.
Le fascisme est la dictature terroriste de la fraction la plus réactionnaire, la plus impérialiste et
la plus chauvine de la grande bourgeoisie.
Chapitre VIII :
La lutte du parti communiste français pour l’insurrection nationale :
Dès juillet 1940, le Parti Communiste relève le drapeau de l’indépendance nationale et de la
démocratie française.
Au début de 1941, le Parti Communiste lance l’idée du Front National.
Fidèle à son passé de lutte pour l’union de la nation française, il (le PCF) a entendu aider de
toutes ses forces au groupement de tous les Français dignes de ce nom dans une même
organisation large, sans distinction de convictions philosophiques, de croyances religieuses ou
d’opinions politiques, pour la délivrance et le relèvement de la France. C’est ce rassemblement
qui porte le nom de Front National de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France.
…On voit combien vile est la calomnie qui représente le Parti Communiste n’étant passé à
l’action contre Hitler et n’ayant organisé le ralliement des Français qu’après le déclenchement
de l’agression nazie contre l’URSS.
Le Front National est devenu la plus forte des organisations de type nouveau de la Résistance
française.
« Pour avoir des droits demain, la France doit se battre aujourd’hui ! »
Mot d’ordre du Général de Gaulle : « L’insurrection nationale est inséparable de la libération
nationale ».
C’est au Front National que sont adhérents les héroïques Francs Tireurs et Partisans Français
(FTPF), patriotes de toute opinion, de toute croyance et de toute condition sociale qui ont été
les premiers pionniers de la lutte armée contre l’envahisseur sur le sol de la Patrie et qui
marchent aujourd’hui au premier rang des Forces Françaises de l’Intérieur. C’est le Front
National qui a contribué puissamment à faire du mot d’ordre de l’insurrection nationale un mot
d’ordre de masse.
Toujours plus avant dans la voie de l’action. Le développement progressif des formes de
l’action jusqu’au niveau de l’insurrection nationale.
En premier lieu, le Parti Communiste a dû soutenir une longue lutte pour faire comprendre que
la barbarie effroyable des nazis, auteurs de la « guerre totale », ne pouvait être anéantie qu’en
sachant bien qu’il s’agit d’un adversaire auquel toute considération d’humanité est étrangère.
Par conséquent, les différentes méthodes qui pouvaient être employées ne devaient être jugées
que du point de vue de leur efficacité, en partant du principe que le peuple français était en état
de légitime défense.
Ce sera l’honneur du Pari Communiste d’avoir constamment lutté contre l’attentisme en
organisant, en accord avec les possibilités successives offertes par la situation, les actions de
plus en plus poussées, qui doivent aboutir à l’insurrection nationale.
L’ennemi barbare cherchait à combattre par la terreur la plus sanglante la résistance des peuples
opprimés contre le nôtre. Mais précisément parce qu’il s’agissait d’un ennemi barbare, la
renonciation à la lutte n’aurait pu mettre aucun frein à sa barbarie. Il fallait au contraire
développer le sabotage et les opérations de lutte armée.
Vaincre l’hitlérisme et refaire la France.
Le Parti Communiste est par excellence le Parti capable de faire revivre réellement la nation
française. »
Jamais n’est posée la question militaire. Pourtant, comme l’a indiqué Mao Tsé-toung, sans
armée rouge, la classe ouvrière n’a rien ! La question militaire devrait se poser à tout moment :
même petit, même faible, idéologiquement le parti de la classe ouvrière devrait poser cette
question. Cette absence de la problématique démontre, s’il en est besoin, que les dirigeants
opportunistes du Parti Communiste n’avaient jamais eu l’intention de prendre véritablement le
pouvoir et d’instaurer un Etat socialiste !

1. Les communistes dans la bataille pour la libération de la France. Rapport présenté au comité
central du Parti Communiste Français le 31 août 1944 par Jacques Duclos.

« L’insurrection parisienne :
La trêve : les négociations de la trêve voulaient laisser partir les Allemands au lieu d’appeler
les parisiens à les exterminer ou à les capturer.
…les saboteurs de la remise en route de l’économie nationale.
Il semble que certains hommes de la Résistance ont cru que notre Parti voulait faire
l’insurrection communiste dans Paris. Peut-être même cette crainte ridicule a-t-elle contribué à
déterminer la conclusion de la trêve, ce qui montre que l’anticommunisme et la peur du Peuple
conduisent tout droit à pactiser avec l’ennemi, mais cela prouve une fois de plus que certains
éléments nous connaissent bien mal.
Nous avons dit et répété que ce que nous voulons, c’est :

 Libérer la France
 Châtier les traîtres
 Donner la parole au peuple. »
Ceci est un aveu ! Il est évident que les bourgeois, ennemis de classe des prolétaires,
s’attendaient à ce que le Parti Communiste transforme l’insurrection nationale en insurrection
socialiste. Mais ce n’était pas l’intention des dirigeants en place du Parti Communiste, dont
l’intention était de rétablir le cadre bourgeois et de placer les ouvriers sous la dictature de la
bourgeoisie.

« Mettre sur pied une grande armée française en y intégrant des unités de FFI.
Nous voulons donner la parole au peuple.
Cela signifie que nous entendons veiller à ce que le plus rapidement possible le peuple soit
consulté dans des conditions de loyauté absolue.
Cela signifie que nous voulons voir la France devenir une véritable démocratie où la
souveraineté populaire ne sera pas une formule, mais une réalité.
Notre parti a confiance dans le peuple et il ne se doute pas que la France se donnera un régime
de liberté, une véritable république assurant effectivement la souveraineté populaire.
… les communistes qui ont été les pionniers de la lutte armée contre les boches doivent être
aux premiers rangs de ceux qui entendent travailler à doter la France d’une puissante armée,
expression de la nation toute entière.
Page 22 : Il appelle les communistes à renforcer les rangs des FTP et par cela même, à grossir
les unités FFI qui doivent pouvoir s’intégrer dans la nouvelle Armée Française, armée du Peuple
au service de la Nation. »

1. S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter le testament de
nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14 décembre 1944 par Jacques Duclos
secrétaire du Parti Communiste Français et Maurice Thorez, secrétaire général du Parti
Communiste Français à la manifestation commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et
Lucien Sampaix « morts pour que vive la France ».

« Thorez : « Il faut que nous restions unis pour la reconstruction, comme nous l’avons été,
comme nous le sommes encore dans la lutte contre l’Allemand et contre les vichyssois…
Soyons unis, Français et Françaises. Soyons unis pour travailler et pour battre l’ennemi. »

1. La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par Florimond Bonte, député


de Paris, membre de l’Assemblée consultative, discours prononcé le 21 novembre 1944 devant
l’Assemblée consultative Préface de Marcel Cachin.

« Les deux erreurs fondamentales de l’entre-deux guerres :


La première faute essentielle consiste en ce que le principal fauteur de guerres, l’impérialisme
allemand, n’a pas été entièrement désarmé et détruit, et que ses racines politiques et
économiques ont été laissées absolument intactes.
La deuxième faute essentielle consiste en ce que tous les hommes d’Etat des pays
démocratiques n’ont pas voulu comprendre l’immense portée historique de la grande révolution
socialiste d’octobre 1917, accomplie par un peuple insurgé contre une oppression séculaire.
Trois conditions de la paix :

 D’abord, anéantir partout le fascisme ;


 Ensuite, maintenir l’union des principaux Etats de la coalition antihitlérienne, aussi
indispensable pour établir une paix juste et stable qu’elle est indispensable pour conquérir la
victoire totale sur l’hitlérisme ;
 Enfin, empêcher à tout prix que la haine du peuple puisse faire oublier, comme par le passé,
que l’alliance franco-soviétique est une des conditions nécessaires de la sécurité française.
[La France] est et elle doit rester une grande puissance africaine.
Les tâches essentielles de la politique française.
Il faut donc donner à notre politique extérieure de solides assises intérieures. Nous considérons
que pour obtenir ce résultat, les tâches essentielles à accomplir sont les suivantes :
Premièrement, la création, l’organisation, l’armement et la mise en action rapide d’une forte
armée nationale, démocratique, une et indivisible, fraternellement liée au peuple et honorée par
le peuple dans ses officiers, ses sous-officiers et ses soldats, unis dans un même amour de la
patrie et de la République.
Deuxièmement, la réorganisation rapide de l’économie française délabrée, la remise en, marche
des usines et des transports, le rétablissement des échanges normaux entre la ville et la
campagne et la distribution rationnelle d’un ravitaillement substantiel.
Troisièmement, la pratique d’une politique d’épuration sévère, de châtiment impitoyable,
calquée sur celle de la Convention et du Comité de salut public, politique qui, seule, est capable
de débarrasser le pays des malfaiteurs de la trahison et des agents hitlériens, et de maintenir
l’ordre républicain contre les saboteurs de la lutte libératrice et de la renaissance française.
Quatrièmement, l’application intégrale du programme de démocratie politique, de démocratie
économique, de démocratie sociale, adopté le 16 mars 1944 dans la clandestinité par toutes les
organisations rassemblées dans le Conseil national de la Résistance.
Cinquièmement, la réalisation d’une politique d’union du peuple de France et de toutes les
populations de la France d’Outre-mer par la satisfaction des légitimes revendications de ces
peuples, dont les fils travaillent et combattent actuellement sous les drapeaux pour la conquête
de la liberté. »

http://paul-quader.over-blog.com/la-résistance-et-la-franc-maçonnerie-4
***

LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (5)


28 juillet 2013

1. Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les communistes et la
propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle des sociétés savantes

« Les communistes et la propriété :


La calomnie anticommuniste la plus répandue est peut-être celle qui a trait à la position de notre
Parti sur le problème de la propriété. Au dire de nos détracteurs, les communistes seraient des
ennemis de la propriété privée, des « partageux » ; le communisme serait la négation de la
propriété. Quels sont donc le »s « arguments » mis en avant pour prétendre que les communistes
veulent abolir la propriété du cultivateur, du boutiquier, de l’artisan ?
Ces « arguments » peuvent se ramener à deux.
Les communistes, dit-on d’abord, affirment que le développement économique tend à
l’élimination de la petite industrie, du petit commerce, de la petite exploitation en général. Ils
se prononcent donc contre la petite propriété.
Les communistes, ajoute-t-on, ont inscrit dans leur programme d’avenir la propriété sociale des
principaux moyens de production. Puisqu’ils sont pour la propriété sociale, ils sont les ennemis
de la propriété privée.
C’est en regard de ces singuliers « arguments » que nous allons préciser notre position sur la
question.
LES TRUSTS DESTRUCTEURS DE LA PROPRIETE :
Ainsi, depuis l’apparition des trusts, on enregistre dans notre pays une diminution constante du
nombre de propriétaires par rapport au nombre de ceux qui ne possèdent rien. Plus
généralement, rappelons que le nombre de salariés, dépourvus de toute propriété personnelle,
est passé en France de 1 300 000 en 1851 à 11 000 000 en 1939.
LA PROPRIETE SOUS HITLER :
Le premier soin des nazis fut de procéder à l’expropriation brutale et massive des paysans dans
des régions entières de la France.
L’OFFENSIVE DES TRUSTS CONTRE LA PROPRIETE SE POURSUIT :
SUPPRESSION DES TRUSTS POUR GARANTIR LA PROPRIETE INDIVIDUELLE :
Préserver la propriété fruit du travail personnel et familial, et pour cela abolir la « propriété »
des coalitions qui ruinent les petites gens et trahissent la France, telle est la position conséquente
exprimée dans tous les documents de notre Parti.
L’abolition du grand capital sans patrie pour assurer le droit de propriété à la masse des citoyens,
c’est, depuis que le communisme existe, l’essence même de son programme d’avenir.
Mais il faut ajouter qu’en attendant que la nation puisse en finir avec les trusts qui l’ont divisée,
pillée, et trahie, les communistes ont soutenu, soutiennent et soutiendront la propriété privée
par leur politique de défense des revendications des classes moyennes.
DEFENSE DES CLASSES MOYENNES : PROPRIETE SOCIAZLMISTE ET PROPRIETE
PRIVEE :
Constitution soviétique de 1936, article 9 : « La loi admet les petites économies privées des
paysans individuels et des artisans fondées sur le travail et excluant l’exploitation du travail
d’autrui. »
LA VOIE DE LA COOPERATION.
Le kolkhoz. En propre. Une économie auxiliaire, une maison d’habitation le bétail productif la
volaille et le menu matériel agricole<
LE PROBLEME DU MOMENT :
Le problème d’aujourd’hui, c’est l’union des Français pour la victoire et pour la reconstruction
de la France, l’union des Français quelle que soit leur position sur les formes de la propriété
dans l’avenir.
Le problème d’aujourd’hui, pour ce qui touche à la propriété, c’est la confiscation sans
indemnité des biens des traîtres, mot d’ordre qui réalise l’unanimité de tous les Français.
Bavarder en ce moment sur la « nationalisation » ou le « socialisme », cela revient tout
bonnement à obscurcir le clair mot d’ordre de confiscation des biens des traîtres et à favoriser
la réédition d’expériences comme la prétendue nationalisation des chemins de fer qui consistant
avant la guerre à renflouer et à enrichir les magnats des Compagnies aux frais de la nation.
Cela revient aussi à diviser le peuple français en partisans et adversaires du « socialisme », et
par suite à retarder la victoire et la reconstruction de la France.
Pour l’instant, il faut châtier les traîtres des trusts et confisquer leurs biens et entreprises.
C’est à la nation elle-même qu’il appartiendra demain, quand l’ennemi sera écrasé et quand la
France aura retrouvé tous ses fils prisonniers, déportés, dispersés, de dire souverainement quelle
structure économique et sociale elle entend adopter pour prévenir le retour de ses récents
malheurs et pour créer les conditions de sa renaissance rapide et de son essor ininterrompu. »

CONCLUSION :
Comme l’indiquent les camarades chinois, pages 340 et 341 de l’ouvrage « Histoire
économique des grands pays capitalistes » Editions du peuple Pékin, Octobre 1975, Texte
traduit du chinois et édité par E 100en 1977 :
« En août 1944, les forces armées révolutionnaires françaises libérèrent Paris et, au mois de
septembre de la même année, la France fut pratiquement libérée tout entière.
Mais les fruits de la victoire, que le peuple français récolta au prix de son sang, furent
rapidement usurpés par la grande bourgeoisie. A ce moment-là, les dirigeants du Parti
communiste, le premier grand Parti de France, jouissant d’une forte influence parmi les masses
populaires, appliquèrent de façon erronée une ligne déviationniste de droite, et crurent pouvoir
changer la politique de la bourgeoisie et le système capitaliste par la voie parlementaire.
Aspirant à des postes élevés et à de bons salaires, la clique dirigeante du P.C.F. fit un compromis
honteux avec la grande bourgeoisie, rendit les armes et abandonna la lutte armée. Moins de
trois ans après, les communistes furent expulsés du gouvernement par les forces réactionnaires,
et devinrent aussitôt l’objet d’une cruelle répression. Cette erreur historique du Parti
communiste français est une grave leçon qui doit mettre en garde le prolétariat et les peuples
révolutionnaires du monde entier. »
Dans certaines régions, comme le sud-ouest, les FFI exercent un pouvoir de fait et partout se
développe une agitation presque révolutionnaire.
Dissolution des milices armées issues de la résistance est un acte de trahison de la classe
ouvrière : le désarmement des milices communistes est facilité par l’attitude légaliste du
secrétaire général du Parti Communiste Français : Maurice Thorez.
Lors des élections législatives du 21 octobre 1945, le principal vainqueur est le PCF, qui obtient
le plus de voix et de sièges. C’est le premier parti de France. Avec les socialistes de la SFIO,
les communistes sont majoritaires à l’assemblée.
Dans le premier gouvernement de Gaulle, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, devient
ministre d’Etat. Le PCF recule aux élections législatives de juin 1946. Mais le 10 novembre
1946, le PCF redevient le premier parti de France.
Le Parti communiste a refusé de donner à la résistance un prolongement révolutionnaire, en vue
de la prise du pouvoir, alors que le contexte était de type prérévolutionnaire.
Parlementarisme, légalisme, électoralisme : d’abord présenté, en paroles, comme une tactique
par la direction du PCF, ces objectifs deviennent dans les faits, la stratégie, la seule, du PCF.
Les commissaires de la République trouvent en face d’eux dans chaque région, des autorités de
fait, les comités de libération – locaux et départementaux (CLL et CDL) – ainsi que des forces
armées issues des FTP qui s’étaient substituées en « milices patriotiques », en mars 1944 (sorte
de police supplétive constituée de citoyens armés aux ordres des CDL.
Partout des hommes armés prêts à faire la révolution. Partout des tribunaux populaires
procédant à des jugements et des exécutions sommaires contre les collaborateurs (près de 10
000 personnes exécutées, avec ou sans jugement, pendant l’été 1944).
Le Gouvernement Provisoire de la République Française décide du désarmement des « milices
patriotiques », malgré les protestations des résistants et surtout des communistes. Les résistants
doivent s’engager dans l’armée française qui s’organise pour accélérer la libération du territoire
et porter la guerre en Allemagne. Dès lors la résistance ne dispose plus d’une force armée à sa
disposition et les CDL se délitent.
Le rôle et l’attitude du PCF : Son prestige est important. Il garde ses organisations propres
(Front National et FTP).
A son retour d’URSS, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, décide fin 1944, de jouer le
jeu de la « démocratie » bourgeoise :

 Le PCF ne tentera pas de prendre le pouvoir par la force.


 Le 28 octobre 1944, avec l’appui de Thorez, ministre d’Etat, le GPRF décide la dissolution des
milices patriotiques et leur intégration dans l’armée.

Le problème de l’ordre bourgeois est désormais réglé et il revient, plus ou moins vite, selon les
régions.
Les élections municipales d’avril-mai 1945 sont un premier pas vers un retour à la légalité
bourgeoise.
Le remplacement de l’épuration spontanée par des tribunaux bourgeois est un second pas.
Les tribunaux spontanés et révolutionnaires ont prononcé 10 à 40 000 condamnations (9 000
morts environ).
Des tribunaux officiels sont créés : Chambres civiques et Haute Cour de Justice.
163 077 dossiers sont instruits. La répartition des peines prononcées est :

 Mort : 4 %
 Travaux forcés : 8 %
 Réclusion : 16 %
 Dégradation nationale : 25 %
 Acquittement : 17 %
 Non-lieu : 30 %

Pétain est jugé, condamné à mort et sa peine sera commuée en réclusion à perpétuité. Pierre
Laval et Maurice Darnand seront exécutés parmi d’autres.
L’épuration fut sévère dans les milieux intellectuels et chez les humbles, modérée parmi les
fonctionnaires et notamment les hauts fonctionnaires, faible dans les milieux économiques et
chez les nantis.
Le PCF bénéficie d’un gros prestige. Sa ligne politique s’appuie sur :

 La mise en œuvre du programme du CNR ;


 Une vigoureuse propagande patriotique et productiviste.

L’élan productif : Dès septembre 1944, toutes les forces politiques et syndicales se lancent dans
« la bataille de la production ».
Maurice Thorez (« Un seul Etat, une seule armée, une seule police ») a cautionné la décision
de de Gaulle d’incorporer les milices patriotiques aux forces régulières bourgeoises.
La lutte entre deux lignes dans le PCF : Dans la pratique, le parti ne réussit pas à combiner la
lutte pour la révolution socialiste et celle contre le fascisme et tomba dans la déviation de droite
qui consistait à se poser en tant qu’aile gauche de la coalition de toutes les forces unies en vue
d’abattre le fascisme.
Le PCF adopta très tôt comme idéal la « nation ». Il voulut réconcilier le drapeau national et le
drapeau rouge, la Marseillaise et l’Internationale. Pendant et après guerre, la direction du PCF
se soumit progressivement à de Gaulle au niveau de la stratégie politico-militaire et ne profita
pas vraiment du formidable élan populaire et du prestige du Parti dû à la résistance.
Les partisans de la prise du pouvoir furent écartés.
1945-1960 : le triomphe du révisionnisme : Le PCF n’entend pas prendre le pouvoir, alors qu’il
était évident que cette question devait être centrale, le rapport de force étant favorable. En
octobre 1945, le PCF a ainsi 26.1 % des voix (20.3 % des inscrits). Mais, suivant la logique de
soumission ouverte par le Front Populaire, Thorez lance comme principe « Un seul Etat, une
seule armée, une seule police ». Le PCF sabote les grèves et prône la relance de la production.
Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait cinq ministres communistes (sur un total de vingt), exactement
là où il faut calmer les luttes de classe : l’économie nationale, la production industrielle, le
travail, la production de l’armement (le ministère de la guerre étant divisé en deux pour
empêcher les communistes d’avoir accès aux nominations), Thorez étant enfin ministre d’Etat.
1946 : Dans une interview au Times, Thorez défend une ligne de passage pacifique au
socialisme : « Les progrès de la démocratie à travers le monde permettent d’envisager pour la
marche du socialisme d’autres chemins que ceux suivis par les communistes russes […]. Nous
avons toujours pensé et déclaré que le peuple de France, riche d’une glorieuse tradition,
trouverait lui-même sa voie vers plus de démocratie, de progrès, de justice sociale. »
Maurice Thorez a détaché la lutte contre le fascisme de la lutte contre le socialisme : « Le
problème n’est pas le choix entre le communisme et le fascisme, mais entre le fascisme et la
démocratie. » (Fils du peuple, page 87).
CONCLUSION

Outre la contradiction entre le peuple français et l’ennemi nazi, sur le sol nationale, il coexiste
également la contradiction principale entre la bourgeoisie et le prolétariat. Le prolétariat, dans
le cadre de la guerre impérialiste, a ses objectifs propres, qui sont l’insurrection et l’instauration
d’une dictature du prolétariat.
Le parti communiste chinois, grâce à Mao Tsé-toung, a su brillamment mener ces deux
contradictions à leur terme : lutte contre l’envahisseur japonais, et lutte pour l’instauration d’un
Etat de démocratie nouvelle, puis d’un Etat socialiste.
En France, le PCF n’avait pas de Pensée-Guide. Ses chefs, Thorez et Duclos, étaient à la tête
d’une ligne opportuniste de droite. S’ils ont mené la guerre contre la bourgeoisie fasciste,
représentée par Pétain et Laval, ils n’ont pas prôné l’autonomie prolétarienne, mais se sont mis
à la remorque de la bourgeoisie « républicaine », représentée par de Gaulle. En cela, ils ont fait
servir le prolétariat comme force d’appoint d’une fraction de la bourgeoisie contre une autre
fraction de la bourgeoisie. Le vainqueur de la contradiction entre bourgeoisie et prolétariat,
c’est en fin de compte de Gaulle.
Ainsi, la bourgeoisie a pu instaurer une république bourgeoise ; les deux fractions de la
bourgeoisie se sont ensuite réconciliées pour mener la lutte du camp impérialiste contre le camp
socialiste.

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LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (6)


28 juillet 2013

Deuxième partie : Le programme du Conseil National de la Résistance, programme bourgeois


de restauration du capitalisme français

ANNEXE 1 : REPERES CHRONOLOGIQUES


1944
Janvier : Arrestation de Marcel Prenant
1° février : Création des FFI
15 mars : Publication du « Programme du CNR »
Mars : La Milice et les Allemands donnent l’assaut au plateau des Glières
1-4 avril : Fernand Grenier et François Billoux entrent au gouvernement provisoire d’Alger
4 juin : Prise de Rome
6 juin : Débarquement des Américains et des Anglais en Normandie
31 juillet Percée d’Avranches (du 06/06 au 31/07, les Allemands avaient pu contenir les alliés
en Normandie
2 août : Rédaction du texte de l’affiche de mobilisation d’Ouzoulias
7 août : Nomination de Von Choltitz, commandant du « Gross Paris »
Ouzoulias à Saint Rémy pour soumettre l’affiche à Tillon
8 août : Eisenhower et Bradley envisagent de contourner Paris
Tillon écrit à Rol FTP, mais chef des FFI de la région parisienne pour mettre sous ses ordres
tous les FTP de la région parisienne
10 août : Début de la grève des cheminots parisiens. Affichage de l’affiche d’Ouzoulias. Appel
à l’insurrection de Paris par le CMN des FTP
11 août : Libération de Chartres
13 août : Grève de la gendarmerie dans la région parisienne
15 août : Grève de la police parisienne. Débarquement franco-américain en Provence. Tillon
établit son QG avenue de Saint-Mandé
17 août : Libération d’Orléans
18 août : Grève générale lancée par les syndicats. Libération des prisonniers politiques de la
Santé. Affiche à l’insurrection du PCF, signée de tous les élus du Parti>. Jean Jérôme libéré
19 août Début de l’insurrection parisienne et occupation de la préfecture de police
20 août : Trêve à Paris
21 août : Les combats reprennent à Paris
23 août : La 2° DB de Leclerc s’ébranle en direction de Paris. Duclos écrit à Lecoeur et lui
demande de joindre Allais (Tillon)
24 août : Trois chars de Leclerc (Capitaine Dronne) à l’Hôtel de Ville
25 août : Reddition de Von Choltitz. Duclos et Frachon rentrent à Paris
26 août : De Gaulle descend les Champs Elysées. Festivités au siège du Parti
6 septembre : Entrevue Duclos-De Gaulle
9 septembre : Tillon ministre de l’air, Billoux ministre de la santé
23 novembre : Entrée de Leclerc à Strasbourg
27 novembre : Retour de Thorez à Paris
27 décembre : Fabien saute sur une mine
1945 et après
Février 1945 : Conférence à Yalta (Staline, Roosevelt, Churchill)
8 mai 1945 : Capitulation de l’Allemagne nazie. Massacre de Sétif, en Algérie (45 000 morts).
6 septembre 1945 : Frachon co-secrétaire général de la CGT (avec Jouhaux)
21 novembre 1945 : 5 ministres communistes au gouvernement (Torez, Tillon, à l’armement,
Billoux, Marcel Paul, Croizat)
20 janvier 1946 : De Gaulle démissionne de la présidence du conseil
29 janvier 1946 : Gouvernement Gouin : Thorez vice-premier ministre, 5 ministres
communistes (Tillon, Croizat, Paul, Billoux et Casanova) et 2 sous-secrétaires d’Etat, Lecoeur
au charbon et Patinaud
4 décembre 1946 : A la Chambre 23 voix (sur 579) manquent à Thorez pour être investi premier
ministre
4 mai 1947 : Le premier ministre Ramadier révoque les ministres communistes
22 septembre 1947 : Ouverture en Pologne de la conférence de Slarska-Porcha. 9 Partis
Communistes sont représentés. Autocritique de Duclos au nom du PCF. Les Partie
Communistes se plongent dans la guerre froide
Novembre 1947 : Vague de grèves très violentes, surtout dans les mines
Fin 1947 : Raph transfère le dispositif clandestin à Lecoeur
Avril 1948 : Jouhaux fait scission de la CGT pour créer FO
10 octobre 1950 : Thorez, malade, part se faire soigner à Moscou
28 mai 1952 : Manifestation contre « Ridgway la peste ». Arrestation de Duclos (affaire des
pigeons)
1° juillet 1952 : Remise en liberté de Duclos
1° septembre 1952 : Mise en accusation de Marty et Tillon au Bureau Politique
5 mars 1953 : Mort de Staline
5 mars 1954 : Mise en accusation de Lecoeur devant le comité central. Suicide de Camphin
25 février 1956 : XX0 congrès du PCUS à Moscou, Rapport de Khrouchtchev sur les crimes de
Staline
11 juillet 1964 : Mort de Thorez
Juin 1967 : Frachon laisse le secrétariat général de la CGT à Georges Séguy
Juin 1969 : Jacques Duclos, candidat aux élections présidentielles obtient 21,5 % des suffrages
exprimés
3 juin 1970 : Appel de Tillon, Garaudy, Kriegel-Valrimont et Pronteau contre la politique de
normalisation en Tchécoslovaquie
3 juillet 1970 : Tillon exclu du Parti
25 avril 1975 : Mort de Jacques Duclos
4 août 1975 : Mort de Benoît Frachon
Juillet 1993 : Mort de Charles Tillon

ANNEXE 2 : BIBLIOGRAPHIE :
A Les éléments du communisme. Friedrich Engels. Socialisme utopique et socialisme
scientifique ; 1944
B Karl Marx et Friedrich Engels. Manifeste du pari communiste. 1944

1 Haute trahison crime des trusts ; La France accuse !


2 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 1. L’économie
et les classes sociales en France. Septembre 1945
3 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 3 L’économie
et l’Etat socialistes. Septembre 1945
4 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 4 La nation.
Novembre 1945
5 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 5 Le Parti.
Novembre 1945
6 L’école élémentaire du Parti Communiste Français – Première série – Leçon n° 6 Les
principes de la politique communiste. Décembre 1945
7 La vie du Parti. Novembre-Décembre 1944
8 La doctrine communiste. Marx, Engels, Lénine, Staline en six cours. Les bases théoriques du
communisme.
9 Histoire du Pari Communiste Français ; Vingt-cinq ans de lutte pour le salut du peuple de
France. 1944
10 Les communistes dans la bataille pour la libération de la France. Rapport présenté au comité
central du Parti Communiste Français le 31 août 1944 par Jacques Duclos.
11 S’unir pour vaincre le fascisme et pour reconstruire la France c’est exécuter le testament de
nos héros. Discours prononcés au Vélodrome d’Hiver le 14 décembre 1944 par Jacques Duclos
secrétaire du Parti Communiste Français et Maurice Thorez, secrétaire général du Parti
Communiste Français à la manifestation commémorative de l’assassinat de Gabriel Péri et
Lucien Sampaix « morts pour que vive la France ».
12 La politique extérieure de la France et l’indépendance nationale par Florimond Bonte, député
de Paris, membre de l’Assemblée consultative, discours prononcé le 21 novembre 1944 devant
l’Assemblée consultative Préface de Marcel Cachin.
13 Amicale des juristes communistes. Etienne Fajon Député de la Seine ; Les communistes et
la propriété. Conférence prononcée le 6 décembre 1944. Salle des sociétés savantes
ANNEXE 3 :
Acteurs de la période 1939-1945 ayant appartenu avant, pendant ou après à la Franc-
maçonnerie. Collaborateurs.

Otto Abetz (1903-1958) : Ambassadeur de l’Allemagne à Paris pendant la Seconde Guerre


mondiale. Enseignant. Il rejoint le parti nazi en 1931. Il fut initié à la franc-maçonnerie, membre
de la loge Goethe de la GLF. En 1932, il épouse Suzanne de Bruyker, française et secrétaire du
journaliste Jean Luchaire.

Georges Albertini (1911-1983) : Socialiste et pacifiste avant la Seconde guerre mondiale, il


passe à l’extrême droite et s’engage dans la collaboration. Après guerre, il anime la revue
anticommuniste Est-Ouest et devient une éminence grise de Georges Pompidou. Professeur.
Militant de la SFIO en 1932. Il devient en 1942 le second de Marcel Déat en exerçant la fonction
de secrétaire administratif et organisateur du Rassemblement national populaire (RNP), acquis
à la collaboration avec l’Allemagne nazie. Il s’illustre notamment par son zèle de sergent
recruteur contre la Résistance, par un anticommunisme et un antisémitisme particulièrement
violents. Un de ses éditoriaux à National populaire, en juin 1942, s’intitule : « Le communisme,
entreprise juive ». Condamné à la Libération, il bénéficie d’une clémence assez
incompréhensible. Ami de Vincent Auriol. Il devient après guerre anticommuniste, et parmi ses
contacts, on trouve Jean Baylot, fondateur de la Grande Loge nationale française, ou encore
Henri Frenay. Il fut le conseiller occulte – via Claude Harmel, pseudonyme de l’ancien
collaborateur Guy Lemonnier – de, entre autres, Alain Madelin, Patrick Devedjian, Gérard
Longuet et Hervé Novelli, et, via l’Institut d’histoire sociale, de Georges Pompidou.

Henri, Albert, François, Joseph Raphaël Alibert (1887-1963) : Juriste. Monarchiste


catholique. Maître des requêtes au Conseil d’Etat. Proche de l’Action française. A partir de
1937, il devient un proche du maréchal Pétain. Collaborateur, ministre de Vichy, il a mis en
place une législation antisémite. Il fait réviser les naturalisations. Le 13 août 1940, il promulgue
la loi de dissolution des « sociétés secrètes » (franc-maçonnerie et autres) ainsi que des lois à
caractère antisémite (lois Alibert). Il met en place la Cour suprême de justice. Il sera signataire
du statut des Juifs d’octobre 1940. A la Libération, il est condamné à mort par contumace, à la
dégradation nationale à vie et à la confiscation de ses biens le 7 mars 1947. En exil en Belgique,
il est finalement amnistié en 1959 par le Général de Gaulle.
Robert Amadou (1924-2006) : Franc-maçon du Rite Memphis-Misraïm (initié en juin 1943
par Robert Ambelain). Maître écossais à la Grande Loge Nationale Française Opéra (mars
1966).

Robert Ambelain pseudonyme Aurifer (1907-1997) : Franc-maçon. Homme de lettres.


Historien. Il fut Grand maître mondial de la Grande Loge de Memphis-Misraïm.

Etienne Antonelli : Professeur d’économie politique à la Faculté de Droit de Lyon.


Economiste. Député SFIO de la Savoie de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre
GODF en 1933-1936.

Paul Anxionnaz (1902-1997) : Polytechnicien. Il entre en maçonnerie en 1926, à la loge


«Liberté ». Membre du Parti Radical. Pendant la guerre, il se rallie à de Gaulle et rejoint les
Forces Françaises Libres. En 1944, il est membre de l’Assemblée consultative provisoire,
antigaulliste. Elu député de la Marne en 1946. Radical mendésiste. Il accède aux ateliers
supérieurs, il est admis au chapitre « L’Avenir » en 1964, au Conseil Philosophique de
« L’Etoile Polaire » en 1967, et au Grand Collège des Rites en 1972. Elu au Conseil de l’Ordre
du GODF en 1962, il en devient Grand Maître en 1964. Puis il est à nouveau Grand Maître de
1966 à 1969. En 1964, l’obédience regroupe 450 loges.
Il dirige le Grand Orient au moment des événements de 1968 qui provoquent un vif émoi dans
les loges. L’obédience prend position en faveur des étudiants et des grévistes et couvre Paris
d’affiches. Un groupe de jeunes maçons d’extrême gauche s’installe rue Cadet, forme un comité
de vigilance révolutionnaire et n’accepte de se retirer qu’après négociations. Le Grand Orient
fait parvenir des vivres et des médicaments aux étudiants retranchés dans la Sorbonne. En 1969,
les loges décident de répondre aux aspirations de la jeunesse, et s’intéressent à la sexualité et à
la loi du silence.

Emmanuel d’Astier de La Vigerie (1900-1969) : Issu d’une famille anoblie en 1929, sous la
Restauration. Ses années de lycée seront marquées par son adhésion à l’Action française.
Ecrivain et politique. Résistant, il fonde le mouvement de résistance Libération-Sud et le journal
Libération. Il devient, en novembre 1943 et jusqu’en septembre 1944, commissaire à l’Intérieur
de la France libre. Après-guerre, il sera l’un des compagnons de route du PCF, puis gaulliste de
gauche.

Raoul Aubaud (1881-1966) : Député radical de l’Oise de 1928 à 1940. Secrétaire général du
Parti radical-socialiste en 1934. Le 10 juillet, il vote en faveur du projet de loi constitutionnel
accordant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF
en 1930-1933.

Julien Aubart Obarjansky (1921-1977) : Julien est déporté en 1943 à Auschwitz. Il sera du
nombre des survivants de ce camp d’extermination.

Lucie Aubrac, de son vrai nom Lucie Samuel, née Bernard (1912-2007) : Résistante. Epouse
de Raymond Aubrac.

Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel (1914-2012) : Fils de commerçants
juifs aisés. Résistant. Ingénieur civil des ponts-et-Chaussées. Il participe, dans la région
lyonnaise, à la création du mouvement Libération-Sud, plus tard intégré dans les Mouvements
unis de la Résistances (MUR), dont le bras armé fut l’Armée secrète : Aubrac y secondera le
général Delestraint.
Gabriel Auphan (1894-1982) : Officier de marine, contre-amiral. Il fut secrétaire d’Etat à la
Marine du gouvernement de Vichy. Il défendit la thèse du double-jeu de Vichy, restant loyal à
la mémoire du maréchal Pétain.

Jules Vincent Auriol (1884-1966) : Avocat. Ministre socialiste des Finances, de 1936 à 1937,
dans le cabinet du Front populaire dirigé par Léon Blum, puis garde des Sceaux de 1937 à 1938,
dans le troisième et quatrième, cabinet de Camille Chautemps. Il est l’un des 80 parlementaires
à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940. Président de la
République sous la IV° République.

Charles Barlet, ou François Charles Barlet, nom de plume d’Albert Faucheux (1838-
1921) : Occultiste. Directeur de l’Enregistrement. Un des premiers membres de la branche
française de la Société Théosophique.

Joseph Barthélemy (1874-1945) : Juriste. Ministre de la justice sous le régime de Vichy.


Docteur en droit en 1900, puis agrégé en 1906. Député du Gers en 1919. Ennemi du Front
populaire, et opposé au soutien de la France aux républicains espagnols. Il justifie la cession
des Sudètes à l’Allemagne nazie en 1938. Il rallie le régime de Vichy dès août 1940, et il est
ministre de la justice du 27 janvier 1941 au 26 mars 1943. Signataire de la loi sur le statut des
juifs du 2 juin 1941.

Paul Louis Arthur Baudouin (1894-1964) : Inspecteur des Finances. Ministre des Affaires
étrangères du 17 juin au 26 octobre 1940 dans le gouvernement Philippe Pétain, puis dans celui
de Laval. Il signe la loi en date du 3 octobre 1940 portant statut des juifs aux côtés de Philippe
Pétain, Pierre Laval, Raphaël Alibert, Marcel Peyrouton, Charles Huntziger, Yves Bouthillier
et François Darlan.

Jean Baylot (1897-1976) : Carrière administrative dans la poste, puis préfet. Franc-maçon. Il
reçoit entre 1921 et 1923 les trois degrés maçonniques dans la loge parisienne « La Fraternité
des Peuples » et s’affilie en 1929 aux « Amis de l’Humanité ». A partir du printemps 1941, il
devient l’un des principaux animateurs de la résistance maçonnique. Ecrivain, partisan de
l’Algérie française, rallié au général de Gaulle, Baylot fait campagne pour le oui au référendum
de 1958. Durant ces années, Baylot est réélu deux fois au Conseil de l’Ordre. Il est également
cofondateur des loges « Rectitude » (Marseille) et « Europe Unie » (Paris). En 1958, il rompt
avec le Grand Orient et rejoint la Grande Loge Nationale Française, dite « Bineau ». Il cofonde
plusieurs ateliers, dont la loge de recherches n° 81 Villars de Honnecourt (1966). Auteur de La
voie substituée (1968), ouvrage sur l’évolution du Grand Orient de France au XIX° siècle.
Préfet de police de Paris de 1951 à 1954, c’est sous sa responsabilité que la police réprime
violemment une manifestation d’Algériens, le 14 juillet 1953, où sept manifestants sont tués.

René Belin (1898-1977) : Syndicaliste. Syndicaliste CGT, élu e,n 1933 au Bureau confédéral,
il anime une tendance très anticommuniste autour de l’hebdomadaire Syndicats. En 1940, il
choisit la voie de la Révolution nationale et devient ministre du travail de Pétain du 14 juillet
1940 au 18 avril 1942. Il signe la loi du 3 octobre 1940 portant statut des juifs. Il est le principal
rédacteur de la Charte du travail, un corporatisme à la française qui doit unir patrons et salariés.

Jean Bergeret (1895-1953) : Général. Secrétaire de l’Air dans le gouvernement de Vichy du 6


septembre 1940 au 19 avril 1942. Le 24 décembre 1942, après l’Opération Torch, il se rallie au
général Henri Giraud et la France libre.
William Bertrand (1881-1961) : Avocat. Député radical de Charente-Inférieure de 1914 à
1919 et de 1924 à 1939. Plusieurs fois ministre. Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs
au maréchal Pétain. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

Georges Augustin Bidault (1899-1983) : Résistant. Issu d’une famille de propriétaires ruraux
fortement attachés au catholicisme. Professeur d’histoire. Résistant dans le réseau Combat à
Lyon. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Un des fondateurs
du MRP pendant la IV° République. Il mène une politique anticommuniste. Partisan de
l’Algérie française, membre de l’Organisation de l’armée secrète.

Jean Baptiste Bidegain (1870-1926) : Personnalité du Grand Orient de France impliquée dans
l’affaire des fiches. Il devint par la suite militant et essayiste anti maçon. Il se suicida en 1926.
Initié en 1893 à la loge Le Travail et Vrais Amis Fidèles de la Grande Loge symbolique
écossaise. Il est accueilli au Grand Orient de France par le docteur Blatin président de
l’obédience en 1894, et en devient secrétaire rue Cadet. Il fonde en 1902 la très
républicaine Revue du XX° siècle, et avec le collectiviste Lucien Deslinières, la loge L’Action
Socialiste. Initié au 18° grade, et secrétaire adjoint de l’Ordre. En 1904, sous le sigle « G.T. »,
il contacte le député nationaliste Jean Guyot de Villeneuve, « écœuré de l’usage que l’on faisait
des fiches, voulant, dans un but patriotique, quitter la franc-maçonnerie en criant tout haut la
vérité ». Le but est de faire tomber Combes. Pour Bidegain, le GODF refusera toujours
d’intégrer des ouvriers, qui selon les directives de l’Ordre, ne doivent être initiés qur très
exceptionnellement afin de na pas nuire à sa puissance financière. Il a écrit : Le Grand-Orient
de France. Sa Doctrine et ses Actes, 1905, Librairie antisémite.

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LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (7)


28 juillet 2013

Jacques Bingen (1908-1944) : Ingénieur. Figure éminente de la Résistance française, membre


de la France libre dès 1940 puis délégué du général de Gaulle auprès de la Résistance intérieure
française, du 16 août 1943 à son arrestation par la Gestapo, le 12 mai 1944. Il se suicida pour
ne pas parler, et son corps n’a jamais été retrouvé. Il est le beau-frère d’André Citroën.

André Léon Blum (1872-1950) : Issu de la grande bourgeoisie. Un des dirigeants de la SFIO,
parti socialiste.

Jean Boissel (1891-1951) : Sergent en 1914, aviateur, mutilé à 100 %. Architecte, journaliste
et militant d’extrême droite. Directeur et fondateur de l’hebdomadaire collaborationniste
parisien Le Réveil du peuple en 1943. En 1934, il crée une légion frontiste dénommée Front
franc (Racisme International Fascisme) se voulant « antimaçonnique, antiparlementaire et
antijudéométèque ». En 1936, il fonde la Ligue mondiale antijuive. C’est « Neuneuil »
dans D’un château l’autre de Céline.

Emile Bollaert (1890-1978) : Carrière préfectorale de 1919 à 1940. En septembre 1940, ayant
refusé de prêter serment au maréchal Pétain, il est relevé de ses fonctions. Il entre dans la
Résistance en 1941. Le général de Gaulle, par décret du 1° septembre 1943, le nomme délégué
général du Comité français de la Libération nationale auprès du Conseil national de la
Résistance, pour remplacer Jean Moulin.

Claude Bouchinet-Serreulles (1912-2000) : Résistant et diplomate. Il embarque sur


le Massilia à destination du Maroc. Il s’engage le 23 juillet 1940 dans les Forces françaises
libres. Adjoint de Jean Moulin en 1943.

Berthe Bouchet, née Boulanger (1896-1945) : Initiée en 1930 à la Loge n° 36 « Paix-


Humanité » du droit Humain, à l’Orient de Nancy. Première femme de la loge à être vénérable
en 1937. Arrêtée le 20 mai 1943 par la Gestapo pour fait de propagande et de résistance, elle
est déportée à Ravensbrück et gazée au printemps de 1945.

Claude Bourdet alias Lorrain dans la résistance (1909-1996) : Déporté, écrivain, journaliste,
polémiste. Militant politique de l’UGS puis du PSU. Il participe à la fondation de Combat avec
Henri Frenay, dont il sera membre du comité directeur puis représentant en 1943, lors du départ
de Frenay à Londres puis à Alger. Il est l’un des fondateurs du parti socialiste unifié (PSU) en
avril 1960. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

René Bousquet (1909-1993) : Haut fonctionnaire. A exercé, sous le gouvernement de Pierre


Laval, les fonctions administratives de Secrétaire général à la police du régime de Vichy du 18
avril 1942 au 31 décembre 1943, et à ce titre, fut l’organisateur de la Rafle du Vel d’Hiv. En
septembre 1941, préfet régional dans la Marne, il se distingue en maintenant en fonction les
élus radicaux et francs-maçons. A-t-il été lui-même franc-maçon ? Voir la lettre de Georges
Marcou, Grand Maître de la Grande Loge de France du 21 octobre 1977, adressée à Bousquet :
« Permettez-moi, cher Monsieur, de vous saluer comme un ami parce qu’en fait, je pense que
vous pourriez être mon frère. ».
Max Lagarrigue, dans 99 questions…La France durant l’Occupation, explique : « Ce haut-
fonctionnaire applique méthodiquement la politique vichyste, à quelques exceptions près
toutefois. En effet, Bousquet laisse en place des élus radicaux et surtout francs-maçons dont les
maires de Vitry et de Reims. Ce dernier, Paul Marchandeau, n’est autre que l’auteur du décret-
loi d’avril 1939, interdisant les propos antisémites – attitude qui laisse à penser que Bousquet a
été initié à la franc-maçonnerie lorsqu’il exerçait à la préfecture de Montauban. ». Bousquet est
assassiné de cinq balles le 8 juin 1993.

Aristide Briand (1862-1932) : Diplomate, onze fois Président du Conseil et vingt trois fois
ministre. Député socialiste de Saint-Etienne en 1902.

Jean Bricaud (ou Joanny Bricaud) (1881-1934) : Occultiste. Franc-maçon (irrégulier) du


rite Memphis Misraïm.

Fernand de Brinon (1885- exécuté le 15 avril 1947 au fort de Montrouge, près de Paris) : Issu
de la noblesse de robe. Avocat, journaliste. Agent de la collaboration avec les Allemands
pendant la Seconde guerre mondiale. Traître à la Nation et espion au service de l’Occupant. Il
a épousé au début des années 1930, Jeanne Louise Rachel Franck, juive et divorcée, connue
sous le nom de Lisette de Brinon (1896-1982).

Pierre Brossolette (1903-1944) : Initié franc-maçon, en 1927, par la Loge « Emile Zola » de
Paris, avant de s’affilier à l’ « Aurore Sociale » de Troyes. Résistant, arrêté en 1944, il se suicida
le 22 mars, respectant jusqu’à la mort la loi du silence. Adhère à la Section française de
l’internationale ouvrière (SFIO) en 1929. Il est également membre de la Ligue des droits de
l’homme et de la Ligue internationale contre l’antisémitisme.

Antoine Frédéric Brunet (1868-1932) : Député républicain-socialiste du département de la


Seine de 1914 à 1919 et de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

Marcel Bucard (1895-1946) : Membre du Faisceau de Georges Valois, premier parti à se


revendiquer ouvertement du fascisme, dès 1925. Il fonde en 1933 le mouvement fasciste,
s’inspirant du fascisme italien et participe aux émeutes du 6 février 1934. En 1941, il se range
du côté de la Collaboration et reforme son mouvement sous le nom de parti Franciste. Il est
cofondateur de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF°. Il est condamné
à mort le 21 février 1946, et fusillé le 19 mars dans les fossés du fort de Châtillon.

Marcel Cachin (1869-1958) : Directeur de l’Humanité en 1918. Membre du Comité directeur


du Parti Communiste Français. Initié franc-maçon à la Loge « La Concorde castillonnaise » en
1889, démissionna en 1901.

Julien Maurice Cain (1887-1974) : Haut fonctionnaire. Administrateur général de la


Bibliothèque nationale. Il s’embarque sur le Massilia le 21 juin 1940. Déporté Buchenwald.

Léo Campion (1905-1992) : Chansonnier-humoriste et haut dignitaire de la franc-maçonnerie,


qu’il fréquenta pendant plus de 60 ans. C’est le 7 avril 1930 que Léo sera initié à l’atelier
bruxellois des « Amis Philanthropes », du Gand Orient de Belgique. Il gravira successivement
tous les degrés jusqu’au 33° et siègera au Consistoire d’Ile-de-France. Auteur de « Le drapeau
noir, l’équerre et le compas ».

Antoine Capgras (1876-1964) : Enseignant et directeur d’école. Député SFIO de Tarn-et-


Garonne de 1924 à 1932. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1926-1929. En 1934,
il devient secrétaire général du nouveau parti « néo-socialiste », l’Union Socialiste et
Républicaine. Pris en otage par la Gestapo, il est libéré en 1944.

Jean Cassou (1897-1986) : Résistant, écrivain, critique d’art, traducteur et poète. En 1936, il
participe au cabinet de Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du Front
populaire. Il est alors favorable à l’aide à la République espagnole, se rapproche du Parti
communiste, avec lequel il rompt en 1939, lors du pacte germano-soviétique.

Georges Catroux (1877-1969) : Général d’armée. Ministre de la IV° République.


Ambassadeur. Il rejoint de Gaulle.

Jean Cavaillès (1903- fusillé le 17 février 1944 à Arras) : Philosophe, logicien et


mathématicien. Héros de la Résistance. Cofondateur du réseau Libération-Sud, il rejoint le
réseau Libération-Nord.

Pierre Caziot (1876-1953) : Ingénieur agronome. Ministre du gouvernement de Vichy, il a


signé la loi portant statut des juifs du 3 octobre 1940 et la loi antisémite du 2 juin 1941.

Louis Ferdinand Céline, né Louis Ferdinand Destouches (1894-1961) : Médecin et écrivain.


Auteur de pamphlets antisémites. Auteur notamment de Bagatelles pour un
massacre (1937), L’Ecole des cadavres (1938), et Les Beaux-Draps (1941),
Robert Chambeiron (1915-) : Résistant français, compagnon de Jean Moulin. Secrétaire
général adjoint du CNR. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Jean Jacques Chapou (1909-1944) : Franc-maçon. Jeune instituteur, qui a été démis de ses
fonctions parce qu’il est franc-maçon. Il a pris « Kléber » comme nom de guerre en Corrèze, et
« Philippe » dans le Lot. Chef des MUR du lot, il déplore le peu d’activité de la résistance avant
le débarquement et rejoint les FTP en mars 1944. Il libère Carjac avec son groupe de résistants,
le 10 avril 1944. Il libère Tulle le 7 juin 1944, aux côtés de Marcel Godefroy, plombier de trente
ans, militant communiste et ancien de la guerre d’Espagne. Chapou meurt le 16 juillet 1944
près de Bourganeuf (Creuse). Pris dans une embuscade, blessé, il vide son chargeur avant de se
donner la mort.

Camille Charvet, née Kahn (1881-1944) : Membre, durant l’entre-deux-guerres, de la Ligue


des Droits de l’Homme, du Groupe socialiste féminin, de l’Union rationaliste et de la Libre
Pensée, et de la Ligue internationale contre l’antisémitisme et le racisme. Initiée, dans les
années 1920, à la fédération du droit Humain. Résistante très active dès le début de la Seconde
Guerre mondiale, c’est le 25 janvier 1943 qu’elle est arrêtée par la Gestapo. Torturée, elle est
expédiée au camp de Drancy, puis à Auschwitz, le 2 juillet 1944. Servant alors comme
infirmière dans un bloc affecté aux malades, elle meurt quelques semaines seulement avant la
Libération.

François Chasseigne (1902-1977) : Journaliste. Député de l’Indre en 1932, maire d’Issoudun


et membre du gouvernement de Vichy. On dit de lui qu’il est un « ancien communiste passé à
la SFIO ». Il vote les pleins pouvoirs pour le maréchal le 10 juillet 1940 à Vichy. Il fréquente
Lafont, le chef tortionnaire de la Gestapo française. Pacifiste, il est membre de la Milice. Ami
de la LICA (ancienne LICRA) en 1936, il est aux « Amis de la Waffen SS » en 1944.

Camille Chautemps (1885-1963) : Il est initié le 8 décembre 1906 aux « Démophiles » du


Grand Orient, à Tours. Il est reçu compagnon et maître le 25 juillet 1908, et est élu vénérable
le 26 novembre 1910, à 25 ans. Il est réélu l’année suivante. Il retrouve dans sa loge le député
René Besnard, conseiller de l’Ordre en 1906. Il s’affilie aux « Enfants de Rabelais », en 1925,
et accède au 18°, en 1919, puis au 30°, en 1925, du Rite Ecossais, au chapitre, puis à l’aréopage
des « Démophiles ».
Selon la fiche établie par Vichy, il se serait affilié, en 1931, à la loge « La République » (Grande
Loge de France) qui réunit plusieurs parlementaires. L’affaire Stavisky le contraint à
abandonner la présidence du Conseil, car des membres de sa famille sont compromis, ainsi
qu’un membre des « Démophiles », Louis Proust, aussitôt radié par le Grand Orient. La
maçonnerie est mise en cause au congrès radical de Clermont ? Chautemps en prend la défense,
lui attribuant le mérite d’avoir formé son intelligence et son caractère. L’extrême-droite le
présente comme l’instrument de la maçonnerie, lui attribuant suite d’une erreur de l’abbé
Tourmentin, le grade de Souverain Prince Rose-Croix (32° du Rite Ecossais).
En 1938, la loge « L’Unité Maçonnique » le met, ainsi que Jean Zay, en accusation en tant que
membre du gouvernement Daladier, pour ne pas avoir secouru les républicains espagnols et
avoir laissé les nazis s’emparer de l’Autriche, puis dépecer la Tchécoslovaquie. Chautemps
écrit à Groussier, le président du Conseil de l’Ordre, pour s’indigner que les maçons les plus
anciens et les plus « courageusement fidèles » soient ainsi attaqués, alors que ceux qui ont
appartenu aux gouvernements d’Union Nationale (dirigés par et pour le profit de la réaction)
ont été épargnés. Groussier lui répond que le Conseil de l’Ordre a voté un passage à l’ordre du
jour et infligé un blâme sévère à l’ « Unité Maçonnique ».
Chautemps est ministre d’Etat, vice-président du Conseil, dans le cabinet Pétain, en 1940. A
Vichy, Paul Ramadier, qui s’était, en 1934, porté garant de l’intégrité de Chautemps auprès de
Grousset, l’aborde : « Et la maçonnerie, qu’allez-vous en faire ? ». Il répond : « Elle sera
dissoute. D’ailleurs, peu m’importe. Je lui ai donné plus qu’elle m’a apporté ». Selon
les Cahiers secrets de l’armistice,publiés par Chautemps après la guerre, le maréchal lui aurait
conseillé de quitter la maçonnerie avant sa dissolution ; Chautemps aurait refusé et obtenu la
promesse verbale qu’aucune sanction ne serait prise contre les maçons fonctionnaires. Après la
publication du décret prononçant sa dissolution, le 14 août 1940, il aurait conseillé aux frères
de se soumettre pour ne pas déclencher de nouvelles querelles entre Français en un tel moment.
Il est envoyé par Pétain aux Etats-Unis, mais sa mission prend fin à la suite de la loi du 10
novembre 1941 qui interdit aux maçons toute participation aux fonctions publiques. Il se met
alors au

Pierre Chevallier (1909-1951) : Médecin. Il a participé à la Résistance. Maire d’Orléans.


Député du Loiret. Il meurt assassiné par sa femme.

Constant Chevillon : Il est désigné comme son successeur martiniste en septembre 1932 par
Jean Bricaud. Il sera arrêté, puis assassiné par la Gestapo, selon des modalités qui restent
énigmatique, en 1944, au domicile de l’épouse de Jean Bricaud.

Eugène Claudius-Petit (1907-1989) : Résistant. Fils de cheminot. Catholique pratiquant. En


1942, il appartient au comité de direction de Franc-tireur. En 1943, il fut un des membres
fondateurs du CNR, où il représente les MUR (Mouvements unis de la Résistance). Membre du
Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. De sa création en 1956 à 1977, il
dirige la Sonacotra, Société nationale de construction pour les travailleurs, (Sonacotral, Société
nationale de construction pour les travailleurs algériens jusqu’aux accords d’Evian en 1962),
principal gestionnaire de foyers de travailleurs migrants en France.

Augustin Denis Marie Cochin (1876-1916) : Historien et sociologue. Issu d’une famille
bourgeoise anoblie au XVIII° siècle. Catholique et légitimiste. Pour lui, la Révolution française
serait un coup d’Etat organisé à partir de sociétés de pensée qui auraient prévu et organisé leur
prise de pouvoir et non un mouvement populaire spontané. L’expression « théorie du complot »
est apparue en réaction à la parution de ses théories. Ses livres désignent la franc-maçonnerie
comme une des instigatrices de la révolution française, avec d’autres « sociétés de pensées »
(salons philosophiques, clubs politiques, loges maçonniques, plus tard partis idéologiques).

Louis Colson (1875-1951) : Général. Polytechnicien. Membre du gouvernement de Vichy.

Pascal Copeau (1908-1982) : Journaliste. Fils de l’homme de théâtre Jacques Copeau. Il


intègre tôt la Résistance, devenant chef de Libération-Sud, membre de l’exécutif des
Mouvements unis de la résistance (MUR) et l’un des fondateurs du Conseil national de la
résistance. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Roger Coquoin (dit Lenormand) (1897-1943) : Résistant, responsable du mouvement Ceux


de la Libération. En 1929, il est chef du laboratoire de Chimie de l’Académie de Médecine.
Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Raymond Corbin : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF de 1929 à 1932.

Daniel Bouyjou Cordier (1920-) : Issu d’une famille de négociants bordelais, royalistes
maurrassiens. Au début de la guerre, il est fascisant, antisémite, antisocialiste, anticommuniste,
antidémocrate et ultranationaliste. Ancien Camelot du roi, engagé dans la France libre dès juin
1940, puis marchand d’art, critique, collectionneur et organisateur d’expositions et historien.
Secrétaire de Jean moulin en 1942-1943.
Georges Corneau : Franc-maçon. Douze ans Conseiller de l’Ordre GODF. Propriétaire-
directeur du journal du Petit Ardennais.

Johannis Corneloup (1888-1978) : Reçu maçon à Paris le 10 décembre 1908 à la loge « Les
Etudiants ». Le 14 avril 1919, Corneloup reçoit les grades de compagnon et de maître et devient
secrétaire de sa loge. Il est élu vénérable dix ans plus tard. Il reçoit entre-temps le 18° en juillet
1923, le 30° en juin 1928, puis le 31°, 32°, et 33° de 1932 à 1938.

Pierre Dominique Costantini ou commandant Costantini (1889-1986) : Militaire,


journaliste, écrivain et collaborateur. En 1940, il fonde la Ligue française d’épuration,
d’entraide et de collaboration européenne, mouvement collaborationniste. Le 8 juillet 1941, il
cofonde avec Jean Boissel, Marcel Déat, Pierre Clémenti et Eugène Deloncle la Légion des
volontaires français contre le bolchevisme (LVF). Les membres de la LVF prêtèrent serment
de fidélité personnelle à Adolf Hitler, en 1943, lors d’un meeting qui se tint au Vel d’Hiv. En
1943, il fonde l’Union des journalistes anti-maçons.

Paul Custaud (1890-1975) : Assureur à Toulon. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF


en 1935-1938. Membre du Parti Socialiste de France. Il adhère à la SFIO en 1937. Il impulse
la Résistance dès fin 1940, en animant les réunions clandestines de la loge toulonnaise de La
Réunion. Il collabora à plusieurs réseaux de renseignement, et organisa l’Armée secrète dans le
Haut-Var. Il fut le seul maçon français à siéger ès qualité, comme représentant de la franc-
maçonnerie en tant que telle, à un Comité Départemental de Libération, celui du Var.

http://paul-quader.over-blog.com/la-résistance-et-la-franc-maçonnerie-7

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LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (8)


28 juillet 2013
D

André Isaac, dit Pierre Dac (1893-1975) : Humoriste et comédien français. Il fut, pendant la
Seconde Guerre mondiale une figure de la résistance contre l’occupation de la France par
l’Allemagne nazie. A la Libération, il rentre à Paris où il est reçu apprenti à la Loge « Les
Compagnons ardents » de la Grande Loge de France », le 18 mars 1946. Il en restera membre
jusqu’en 1952.

Edouard Daladier (1884-1970) : Figure du parti radical. Professeur d’histoire. L’homme de


Munich.

Marius Dalloni : Professeur de géologie à la faculté des sciences d’Alger. Franc-maçon.


Conseiller de l’Ordre GODF. Il contribua, avec Jean Cazemajou, autre conseiller de l’Ordre
GODF, ingénieur-conseil à Rabat, à créer en novembre 1942, en Afrique du Nord, un Conseil
provisoire maçonnique en liaison avec une soixantaine de loges françaises à l’étranger et dans
la partie de l’Empire libérée de la tutelle de Vichy, ainsi qu’à obtenir du gouvernement d’Alger
la disparition des lois antimaçonniques de Vichy.
Jean Louis Xavier François Darlan (1881-1942) : Amiral. Ministre de la Marine du premier
gouvernement du maréchal Pétain puis, en février 1941, chef du gouvernement de Vichy. Il est
assassiné le 24 décembre 1942. Fils de Jean-Baptiste Darlan (1848-1912), député républicain
progressiste, en faveur de Dreyfus, qui avait été Garde des Sceaux dans le gouvernement de
Jules Méline, il a grandi en milieu républicain et franc-maçon. Agnostique et plutôt radical-
socialiste, Darlan est attaché aux valeurs de laïcité (mais n’est pas hostile à l’Eglise), de petite
propriété, de patriotisme et de morale. Chef du gouvernement, il cède beaucoup aux Allemands,
mais obtient peu en contrepartie.

Aimé Joseph Darnand (1897- mort fusillé au fort de Châtillon, à Fontenay-aux-Roses, le 10


octobre 1945) : Issu d’une famille modeste de l’Ain (père cheminot). Militaire. Une figure
majeure de la collaboration française. Ancien combattant de la Grande Guerre et de 1939-1940,
militant d’extrême droite dans l’entre-deux-guerres, il est un soutien actif et précoce du
maréchal Pétain et du régime de Vichy. Militant de l’Action française de 1925 à 1928, puis
Croix-de-feu, et à partir de 1936, au Parti populaire français (PPF). Responsable de « La
Cagoule » à Nice. Membre honoraire de la SS en 1943. Fondateur et dirigeant de la Milice
française. Selon Darnand, « la démocratie, c’est l’antichambre du bolchevisme ». Le serment
de la Milice mentionne entre autres le combat contre « la lèpre juive ». Le mouvement se veut
à la fois antisémite, anticommuniste, anticapitaliste et révolutionnaire.

Louis Darquier, plus connu sous son nom d’emprunt Louis Darquier de Pellepoix (1897-
1980) : Journaliste, militant antisémite, militant d’extrême droite. Issu d’une famille de
notables. Il est commissaire général aux questions juives dans le régime de Vichy à partir de
mai 1942.

Marcel Déat (1894-1955) : Normalien, journaliste et intellectuel. Socialiste, puis néo-socialiste


et collaborationniste. Député SFIO de 1926 à 1928 et de 1932 à 1936. Il participe à la création
le 5 novembre 1933 du Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), séduit par les
modèles fascistes. Il clame qu’il ne veut pas « mourir pour Dantzig ». En 1941, il devient le
fondateur du Rassemblement national populaire (RNP), parti collaborationniste, qui se déclare
socialiste et européen. Il termine sa carrière politique en 1944, comme ministre du Travail et de
la Solidarité nationale dans le gouvernement de Vichy, et s’enfuit à Sigmaringen avec le dernier
carré des ultra-collaborationnistes, puis en Italie. Certains ultras le taxèrent de Franc-maçon,
alors qu’il n’a jamais été initié. . Le RNP est dénoncé comme repaire de « faux-déclarants », de
« maçons sans tabliers », de non-initiés qui suivent les directives maçonniques, possèdent
l’esprit maçonnique, ont fait des conférences en loges.

Jacques Debü-Bridel (1902-1993) : D’abord proche de Charles Maurras et de l’Action


française, il devient membre du mouvement Le Faisceau et se joindra à la Fédération
républicaine de Louis Marin. Résistant. Militant antinazi dès 1935, il entre en résistance dès
octobre 1940, à l’Organisation Civile et Militaire et au NAP (Noyautage de l’Administration
Publique). Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Un des leaders
du gaullisme de gauche (Union démocratique du travail).

Philippe Dechartre, de son vrai nom Jean Duprat-Geneau (1919-) : Résistant. Un des
responsables du courant gaulliste de gauche.

Théophile Pierre Delcassé (1852-1923) : Issu d’une famille de la petite-bourgeoisie rentière.


De conviction anticléricale, il est initié à la franc-maçonnerie au mois de janvier 1886, dans la
loge de « La fraternité latine » de Foix. Il est l’un des artisans du rapprochement de la France
et de la Grande-Bretagne qui aboutit à la signature de l’Entente cordiale. Elu député en 1889,
réélu pendant trente ans jusqu’en 1919. Lié au parti colonial, il siège au centre. Ministre des
Colonies, puis des Affaires étrangères.

Antoine Octave Eugène Deloncle (1890-assassiné le 7 janvier 1944) : Cofondateur de « La


Cagoule » en 1935. Polytechnicien. Ingénieur du Génie maritime. Il adhère d’abord à l’Action
française, puis fonde en 1935, avec Jean Filliol, l’Organisation secrète d’action révolutionnaire
nationale (OSARN), connue de la police sous le nom de Comité secret d’action
révolutionnaire(CSAR) et surnommé par la presse « La Cagoule ». Fin 1940, il crée le
Mouvement social révolutionnaire pour la Révolution nationale (MSR), soutenant le maréchal
Pétain, puis se rapproche de Marcel Déat, avec le Rassemblement national populaire.

René Dommange (1888-1977) : Avocat. Editeur musical. Député conservateur. En décembre


1935, il dépose un amendement hostile à la franc-maçonnerie lors du débat sur les ligues, voté
par 91 parlementaires de droite. Décoré de la francisque. Membre de la Milice française (carte
n° 20780).

Jacques Duclos (1896-1975) : Dirigeant du Parti Communiste Français. [Il convient de


rechercher la date d’initiation et la loge d’affiliation de Duclos]

Pierre Dumas (1891-1967) : Résistant toulousain, journaliste, écrivain. Il a été député (MRP)
de la Haute-Garonne du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946.

Karl Epting (1905-1979) : Représentant de la culture allemande dans le Pris des années 30 et
40, ainsi que collaborateur fidèle de l’ambassadeur d’Allemagne à paris, Otto Abetz.

Matthias Erzberger (1875-1921) : Journaliste. Membre du Zentrum (aile gauche du parti). Il


est assassiné le 26 août 1921 par des nationalistes appartenant à l’Organisation Consul.

Jean André Faucher, connu comme écrivain sous les pseudonymes d’Asmodée et Le Cousin
Jean (1921-1999) : Franc-maçon. Militant nationaliste et vichyste dans sa jeunesse, gauche
radical-socialiste ensuite, dignitaire de la franc-maçonnerie. Collaborateur condamné à mort
par contumace par la cour d’assise de la Haute-Vienne en 1944.
A l’âge de 16 ans, Faucher s’engage au Parti populaire français (PDF) de Jacques Doriot. Il
s’engage après la défaite dans la Légion française des combattants en Haute-Vienne, et devient
conseiller ouvrier des Chantiers de jeunesse. Paul Marion le fait devenir délégué à la
Propagande du maréchal Pétain. Il participe au journal collaborationniste Je suis partout, dans
lequel il fait l’éloge de la Révolution nationale. Lors de l’épuration, Jean André Faucher est
dénoncé comme étant un indicateur de la Gestapo, et la Cour de justice de Limoges le condamne
(juin 1946) à l’indignité nationale, et à la peine de mort par contumace pour « crime de trahison
en temps de guerre ». En 1951, il participe au journal La Sentinelle, prônant le « racisme
scientifique ». Il soutient le mouvement de Pierre Poujade. Il soutient les partisans de l’Algérie
française. Un tract de l’OAS distribué en 1964 brise la réputation de Faucher dans le milieu,
l’accusant d’être un indicateur des Renseignements généraux, infiltré dans l’OAS pour
dénoncer ses membres.
Ayant rencontré Charles Hernu, il est initié à la franc-maçonnerie, comme membre de la Grande
Loge de France (GLF) et adhère au Parti radical-socialiste. Il est fondateur du club Louise
Michel (1962), et le secrétaire général de l’Atelier républicain (fondé en 1962), club
exclusivement composé de maçons, qui incarnait l’aile gauche du Parti radical, et dont l’objectif
était de « redéfinir un socialisme solidariste en face du socialisme de tradition marxiste ». Il
soutient ensuite Mitterrand. Tout en créant l’association Les amis d’Edouard Drumont. Tout en
publiant des articles dans des journaux d’extrême –droite, comme le Crapouillot, Minute, … il
poursuit son ascension dans la franc-maçonnerie : en 1977, il est faut grand secrétaire de la
Grande Loge de France

Bernard Faÿ (1893-1978) : Universitaire, professeur au Collège de France, administrateur


général de la Bibliothèque nationale sous le régime de Vichy et écrivain. Condamné à
l’emprisonnement à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l’occupant, il fut gracié en 1959
par le Président Coty. Il dénonce le complot judéo-maçonnique. Il joue un rôle très important
dans la politique antimaçonnique de Vichy. Il est nommé chef du service des sociétés secrètes
(SSS). Il publie pendant quatre ans une revue Les Documents maçonniques (dont le rédacteur
en chef est le catholique traditionnaliste Robert Vallery-Radot). Il fait tourner un film, organise
des conférences, une grande exposition au Petit-Palais en octobre-novembre 1941 et crée à Paris
un musée permanent des sociétés secrètes. Il répertorie les anciens francs-maçons dans un
fichier de près de 60000 noms, qui sert notamment à exclure les anciens maçons de la fonction
publique.

Eusebio Ferrari (1919-1942) : Résistant communiste. Le 25 août 1941, Ferrari fut l’un des
auteurs de l’attentat contre l’Oasis, un café-dancing de la rue de Paris à Lille, où furent tués
deux officiers allemands. Il fut abattu par la gendarmerie française à Anzin le 18 février 1942.

Paul Fesch (1858-1910) : Abbé. Journaliste, essayiste et ecclésiastique catholique. A écrit


une Bibliographie de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes.

Louis Charles Olivier de Fremond de la Merveillère (1854-1940) : Officier. Activiste


antimaçonnique. Partisan de l’<Action Française. Il fut directeur du Comité Anti-Maçonnique
et Anti-juif de Loire-Atlantique.

Louis Oscar Frossard, ou Ludovic Oscar Frossard (1889-1946) : Instituteur. Secrétaire


général de la SFIO à partir de 1918, puis secrétaire général du jeune Parti Communiste Français,
issu du Congrès de Tours. Il est hostile à la bolchevisation du parti et refuse la 22° condition de
Moscou (le Komintern interdit l’appartenance à la franc-maçonnerie). Il démissionne le 1°
janvier 1923. Il sera ministre dans sept gouvernements entre 1935 et 1940. Il vote pour donner
les pleins pouvoirs à Pétain. Vichyste, il anime, en zone Sud, Le Mot d’ordre, où il vante les
bienfaits de la révolution nationale. .

Maurice Gustave Gamelin (1872-1958) : Général. Il commanda l’armée française pendant la


drôle de guerre de 1939-21940 et vit sa stratégie mise en déroute par les Allemands lors de la
percée de Sedan. Pendant le régime de Vichy, il fut arrêté et interné en Allemagne.

Eugène Gauthier : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Il participa activement aux


groupes clandestins maçonniques de résistance, l’Atelier de la Bastille (automne 1940),
devenu Conseil Provisoire de la Maçonnerie Française (janvier 1941), puis Comité d’Action
Maçonnique (printemps 1943), et au réseau Patriam Recuperare.

Léon Gontier( ?-1944) : Militaire. Franc-maçon. Dernier vénérable de la loge Picardie avant
la Seconde guerre mondiale. Conseiller de l’Ordre GODF. Co-fondateur du groupe de
résistance Libération-Nord en 1941, organisateur de la résistance dans la Somme. Arrêté par la
Gestapo le 13 janvier 1944. Déporté et mort à Neuengamme le 31 décembre 1944.
Arthur Groussier (1863-1957) : Ingénieur. Syndicaliste. Franc-maçon. Initié en mai 1885 à
« L’Emancipation », il s’affilie, en 1892, à la Loge « Bienfaisance et Progrès », à Paris. Il en
devient le vénérable en 1896 et la préside presque sans interruption jusqu’en 1922. Elu au
Conseil de l’Ordre en 1907. Auteur d’un Mémoire sur l’histoire de la franc-maçonnerie.

Charles André Joseph Pierre Marie de Gaulle (1890-1970) : Général, écrivain. Il est à la
tête de la France de 1944 à 1946, puis de 1959 à 1969.

Emile Goude (1870-1941) : Militant syndical. Député du Finistère de 1910 à 1936. Franc-
maçon. Conseiller de l’Ordre GODF de 1924 à 1925.

Bernard Guillemin, dit le Commandant Bernard : Chef de réseau Francs-Tireurs et Partisans


(FTP) en 1942, de l’Auxois (Bourgogne).

Georges Guingouin (1913-2005) : Instituteur. Jusqu’en 1952, militant du Parti Communiste


Français, qui joua un rôle de premier plan dans la résistance française, à la tête des maquis de
la montagne limousine (il fut surnommé « lo Grand » et le « Préfet du Maquis »).

André Haarbleicher : (? - mort en déportation en 1944) Polytechnicien. Conseiller d’Etat.


Directeur des constructions navales, puis de la flotte de commerce et du matériel naval au
ministère de la marine marchande. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

Claude Harmel, alias Guy Lemonnier mort dans la nuit du 14 au 15 novembre 2011) :
Journaliste activiste collaborationniste, spécialiste de l’anti-syndicalisme. Avant la Seconde
guerre mondiale, il est membre des Etudiants socialistes, de la SFIO de 1934 à 1939, et de la
tendance Syndicats de la CGT. En 1940, il rejoint le Rassemblement national populaire de
Marcel Déat. Figure de l’anticommunisme, il travaille avec l’Union des industries et métiers de
la métallurgie (UIMM°. En 1976, il devient secrétaire général de l’Institut d’histoire sociale
(IHS°.

Philippe Henriot (1889-1944) : Homme politique d’extrême droite, figure de la collaboration


en France avec l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Abattu par un commando
du COMAC (mouvement de Résistance) à Paris le 28 juin 1944.

Eugène Charles Hernu (1923-1990) : Franc-maçon. Député-maire PS à Villeurbanne, il fut


ministre de la Défense sous la présidence de François Mitterrand.
Charles Hernu a été initié en 1947 à la Loge « La Tradition Jacobite », devenue « La Tradition
Jacobine » de la Grande Loge de France à Saint-Germain –en-Laye. Il sera également affilié à
la Loge « Aristide Briand » du Grand Orient de France à Paris à partir de 1950, ainsi qu’à partir
de 1953 à la Loge n° 556 « Chéops » de la Grande Loge de France, puis rejoint en 1955 la Loge
« Locarno » du Grand Orient de France. A partir de 1959, il est membre à part entière de la
Loge « Locarno » du Grand Orient de France, loge renommée « Locarno 28 » en 1972, et donc
membre du Grand Orient de France. Il en deviendra vénérable à la fin des années 1960, avant
d’être radié en 1979 pour défaut de paiement. En 1977, Hernu est retourné à la Grande Loge de
France en 1978 et s’est affilié à la Loge n° 155 « Tolérance et Cordialité » à Lyon.
Dans Les Francs-Maçons des années Mitterrand, Grasset, 1994, Patrice Burnat et Christian de
Villeneuve ont refait l’enquête sur l’attitude de Charles Hernu durant l’Occupation. Selon eux,
ce dernier n’a pas eu le passé de résistant dépeint par certains de ses biographes. D’après des
témoins, il aurait participé au ministère vichyssois de l’Information. Et c’est un maçon, ami de
son père, maçon également, Maurice Berla, secrétaire du comité d’épuration de Lyon, qui lui
aurait permis d’être épargné à la Libération.

Stéphane Frédéric Hessel (1917-2013) : Diplomate, ambassadeur, résistant, écrivain.


Résistant, il est arrêté et déporté à Buchenwald.

Charles Huntziger (1880-1941) : Officier général. Secrétaire d’Etat à la Guerre dans le


gouvernement de Vichy, puis commandant en chef des forces terrestres (septembre 1941). Il
meurt dans un accident d’avion. Sa veuve est la première récipiendaire de l’ordre de la
Francisque.

Maurice Jattefaux (1890-1955) : Instituteur, directeur d’école primaire, inspecteur


d’académie, puis inspecteur principal de la jeunesse et des sports. Franc-maçon. A exercé
quatre mandats de conseiller de l’Ordre GODF.

Henri Jules Louis Jeanson (1900-1970) : Ecrivain, journaliste, dialoguiste, Satrape du collège
de Pataphysique. Journaliste au journal La Bataille, organe de la CGT. Pacifiste intégral. Il
travaille aussi dans divers journaux : Journal du peuple, Hommes du jour, Canard enchaîné.

Ernest Jouin (1844-1932) : Abbé et prêtre catholique, journaliste et auteur. Il a écrit de


nombreux ouvrages antimaçonniques et antisémites. Il a fondé en 1912 la Revue internationale
des sociétés secrètes, qui a pour objectif de faire la lumière sur le « péril maçonnique ».
Conspirationniste, il s’inscrit dans la lignée des dénonciateurs du complot tel Barruel. Auteur
de La Judéo-maçonnerie et la loi de séparation (vers 1920-1921).

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LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (9)


28 juillet 2013

Henri (ou Henry) Adrien Calloc’h de Kérillis (1889-1958) : Journaliste, figure du


nationalisme pendant l’entre-deux-guerres. En octobre 1938, il est l’un des deux députés non
communistes – et le seul de droite – à voter contre les accords de Munich.

Albert Julien Kirchmeyer (1898-) : Les années 30 voient Albert Kirchmeyer entrer en Franc-
maçonnerie. Son parrain d'initiation est le Colonel Gustave Eychène, figure paternelle pour
Albert et avec lequel il organisera Patriam Recuperare. Albert est apprenti en 1932 à la loge les
Travailleursde Levallois-Perret, devient compagnon en 1934 et maître en 1935. Il est engagé
aussi en politique et appartient depuis 1928 et jusqu'en 1936 au comité radical-socialiste de
Levallois-Perret. La société SACAP est créée en 1937. . Cette société servira de couverture aux
activités de Résistance et aux tenues maçonniques clandestines de L'Atelier de la Bastille. C'est
là que naissent L'Atelier de la Bastille, L.E.F. (Liberté-Egalité-Fraternité), La Ligue, Le Cercle
et cette adresse servira encore de bureau à Patriam Recuperare après l'arrestation d'Albert
Kirchmeyer.

Gérard Kloppel (1940-2008) : Franc-maçon. Il a marqué l’histoire moderne du rite Memphis-


Misraïm et celle du Martinisme. Initié en 1963 dans une Loge de la Grande Loge de France. En
1965, il rejoint le rite de Memphis-Misraïm de Robert Ambelain. Membre de la Nouvelle
Acropole, proche de l’extrême-droite.

Maurice Kriegel-Valrimont (1914-2006) : Résistant. Militant à la CGT et aux Jeunesses


communistes en 1936.

Guy La Chambre (1898-1975) : Membre de la Gauche indépendante, puis du Parti radical-


socialiste et enfin du Centre national des indépendants et paysans. Il vote les pleins pouvoirs au
maréchal Pétain en juillet 1940. Il comparaît au procès de Riom en 1942 comme l’un des
responsables de la défaite.

Jean Maurice Lahy (1872-1943) : Psychologue et sociologue. Franc-maçon. Très actif au


Grand orient de France, il est membre des loges Athéna et Agni. Il est à plusieurs reprises élu
au Conseil de l’Ordre en 1913 et 1921-1924. Il adhère au Parti Communiste après le Congrès
de Tous en décembre 1920, et quittera ce Parti en 1923, afin de rester franc-maçon. .

Philippe Lamour (1903-1992) : Président des « Faisceaux universitaires » (le Faisceau de


Georges Valois et Jacques Arthuys), premier parti fasciste organisé en France. En 1936, il se
prononce pour « un fascisme intégral : social, économique, policier et juridique ».

Joseph Laniel (1889-1975) : Industriel. Député du Calvados de 1932 à 1958, succédant à son
père, député de 1896 à 1932. Il vote les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940. Il devient
ensuite résistant. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

François de La Rocque (dit de Séverne) (1885-1946) : Colonel. Président des Croix-de-Feu,


puis du Parti social français.

Charles Laurent : Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Il


représente Libération-Nord.

Pierre Laval (1883-1945) : Avocat. Franc-maçon. Entre en franc-maçonnerie en 1907,


probablement au Grand Orient de France. Il est, immédiatement après Philippe Pétain, la
personnalité la plus importante de la période du régime de Vichy et le principal maître d’œuvre
de la politique de collaboration d’Etat avec l’Allemagne nazie. Chef du Gouvernement de Vichy
du 18 avril 1942 au 19 août 1944. Il déclara vouloir fonder une loge nationale unique protégée
par l’Etat. Il est condamné à mort le 9 octobre 1945 pour « Haute trahison en ayant aidé
l’ennemi et violé la sécurité de l’Etat ». Fusillé le 15 octobre 1945.

Félix Lebosse : Résistant lyonnais. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Fondateur du


réseau « Le Coq Enchaîné ». Il fut arrêté et interné au camp de Compiègne, d’où il fut libéré en
septembre 1944 par l’avance militaire alliée.

Bernard Lecache (1895-1968) : Fils d’émigrés juifs ukrainiens. Journaliste. Franc-maçon.


Membre du Grand Orient de France, il y fonde la loge Abbé Grégoire. Fondateur de la Ligue
contre les pogroms en 1927, devenue la Ligue internationale contre le racisme et
l’antisémitisme (LICRA) en 1979. Il en est le président de 1927 à 1968. Il adhère dans les
premiers au Parti Communiste Français en 1921. Rédacteur à l’Humanité. Obligé de choisir
entre la franc-maçonnerie et le Parti en 1923, comme tous les communistes, proche de
l’association philosophique, il refuse de choisir et est exclu du PCF.

Jacques Lecompte-Boinet (1905-1974) : Fils et petit-fils d’officier, gendre du général


Mangin. Fonctionnaire dans les services financiers de la Préfecture de la Seine. Il construit Ceux
de la Résistance (CDLR) avec l’aide de pierre Arrighi. Résistant, responsable du
mouvement Ceux de la Résistance. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27
mai 1943.

René Lemière (1885-1952) : Enseignant et résistant. Franc-maçon. Le vénérable René


Lemière fut membre de la loge Thémis, du Grand Orient de France, à l’époque seule loge
caennaise. Thémisétait ouvertement anticléricale et républicaine. Il fut révoqué par Vichy de
son poste de directeur d’école. Il fut membre du réseau normand Centurie. Il était aussi membre
de l’antenne caennaise du mouvement Patriam Recuperare, composée essentiellement
d’enseignants francs-maçons.

André Le Troquer (1884-1963) : Il se prononce contre la demande d’armistice en juin 1940.


Il s’embarque à bord du paquebot Massilia. Membre du Conseil National de la Résistance
(CNR) au 27 mai 1943.

Daniel Ligou (1921-2013) : Franc-maçon. Historien. A écrit « Le dictionnaire de la Franc-


maçonnerie ». Initié en 1949, dans sa ville natale à Montauban. Il rejoint la loge « Solidarité
Progrès » à Dijon, dont il a été vénérable entre 1968 et 1970. A cette époque, il accède au
Conseil de l’Ordre du GODF, qu’il quitte en 1973.

Emile Loubet (1838-1929) : 8° président de la République, de 1899 à 1906.

Jean Luchaire (1901- mort fusillé le 22 février 1946 au fort de Châtillon) : Journaliste et patron
de presse. Collaborationniste. Homme de gauche, il se fait le promoteur d’un rapprochement
entre la France et l’Allemagne. Il fonde en 1927, le mensuel Notre Temps, qui appuie le
pacifisme, et qui a pour collaborateurs : Bertrand de Jouvenel, André Weil-Curiel, Jacques
Chabannes, Pierre Brossolette et Pierre Mendès-France. En novembre 1940, il fonde le journal
collaborationniste Les Nouveaux Temps.

Aimé Machon (1878-1936) : Pharmacien. Franc-maçon. Chancelier du Grand Collège des


Rites.

Jean Charles Mamy Pseudonyme : Paul Riche (1902-1949) : Réalisateur, monteur, acteur,
scénariste, journaliste. Franc-maçon. Vénérable de la Loge Renan, du Grand Orient de France.
En 1940, il devient journaliste de la collaboration. Il est rédacteur en chef de L’Appel, le journal
de Pierre Costantini,, membre du Parti populaire français (PPF) et surtout à la point de la lutte
contre la franc-maçonnerie qu’il rend responsable de tous les maux dont la France est accablée.
Son dernier film, Forces occultes (1943) est une œuvre de propagande, attaque virulente contre
la franc-maçonnerie, le parlementarisme et les juifs, dénonçant un complot judéo-maçonnique.
Il est fusillé le 29 mars 1949 au fort de Montrouge, à Arcueil.
Georges Mandel, de son vrai nom Louis Georges Rothschild (1885-assassiné le 7 juillet 1944
en forêt de Fontainebleau par la Milice française) : Journaliste. Conservateur.
Jacques Gagliardi, ancien dirigeant de l’UIMM, ex-comité des forges, déclare dans un entretien
au journal Le Monde du 24 juillet 2008 : « Tout le monde sait bien qu’avant 1914 des
campagnes électorales sont financées par le Comité des Forges. M. Georges Mandel, qui était
d’origine très modeste, menait grand train, et tout le monde se demandait d’où il tirait son train
de vie. Eh bien, c’était le Comité des Forges qui subvenait à ses besoins, comme pour bien
d’autres. ».

Jean Marie Rivière, dit Jean Marquès-Rivère (1903-2000) : Ecrivain et journaliste. D’abord
sollicité par la théosophie et la franc-maçonnerie, il s’intéresse par la suite au traditionalisme
de René Guénon. Sous l’Occupation il adopte une politique de collaboration avec els nazis et
contribue à la propagande par la publication de pamphlets violemment antisémites et
antimaçonniques. Il était le scénariste du film de Jean Mamy, Forces occultes (1943).

André Marquet (1884-1955) : Chirurgien-dentiste. Issu de l’extrême-gauche. Député et maire


socialiste de Bordeaux, ministre du Travail du gouvernement Gaston Doumergue II, il est
ministre de l’Intérieur dans les gouvernements Pétain et Laval V. Il prône la collaboration avec
l’Allemagne. Concernant la franc-maçonnerie, il déclare : « Pour le Maréchal, un Juif n’est
jamais responsable de ses origines, un Franc-maçon l’est toujours de son choix ».

Jean Martinon (1910-1976) : Chef d’orchestre et compositeur. Il a composé la musique du


film Forces occultes (1943).

Charles Marie Photius Maurras (1868-1952) : Journalise, essayiste, poète, théoricien du


nationalisme intégral. Il dirige le journal L’Action française, fer de lance du mouvement Action
française, autour de Léon Daudet, Jacques Bainville et Maurice Pujo. Nationaliste et contre-
révolutionnaire, l’Action française prône une monarchie traditionnelle, héréditaire,
antiparlementaire et décentralisée, mais également un antisémitisme d’Etat. Il soutint le régime
de Vichy. Le 28 janvier 1945, la cour de justice de Lyon déclare Charles Maurras coupable, de
haute trahison et d’intelligence avec l’ennemi et le condamne à la réclusion criminelle à
perpétuité et à la dégradation nationale.

Pierre Mendès-France (1907-1982) : Gouverneur du Fonds monétaire international (1947).


Président du Conseil en 1953. Il met fin à la guerre d’Indochine. Initié franc-maçon, en 1928,
à la Loge « Union et Progrès », à Pacy-sur-Eure. Se met en sommeil en 1945.

André Mercier (1901-1970) : Membre du parti Communiste Français depuis 1929. Membre
du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Christian Message (1905-1958) : En 1940, il lance le journal La Défense passive, puis


l’hebdomadaire La France national-socialiste, organe de son parti, le Parti National-socialiste
français.

Pierre Meunier (1908-1996) : Membre de la Résistance intérieure française et compagnon de


Jean Moulin. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Alexandre Millerand (1859-1943) : Socialiste, qui évolue à droite au fur et à mesure de son
parcours ministériel.

Jacques Mitterrand (1908-1991) : Ingénieur des Travaux publics. Deux fouis Conseiller de
l’Ordre du Grand Orient de France (1946-1949 et 1951-1954). En 1931, il adhère à la Ligue
des Droits de l’Homme et au Parti radical-socialiste. Le 20 juin 1933, il est reçu apprenti dans
la loge parisienne « La Justice » qui lui confère le grade de compagnon le 18 mai 1934 et celui
de maître le 19 mars 1935. Mobilisé en 1940, dans un bataillon aéropostiers, il s’engage dans
la résistance. Il entre au Front National, et en devient le responsable adjoint pour l’Ile-de-
France.

Guy Mollet (1905-1975) : Professeur d’anglais. Franc-maçon de la loge « La Conscience » à


l’Orient d’Arras. Après avoir été maçon pendant une trentaine d’années à Arras, il démissionne
du Grand Orient, n’ayant pas supporté l’attitude de certains frères de la SFIO qui ont considéré
que sa mise à l’écart devenait souhaitable.

Gaston Monnerville (1897- 1991) : Avocat. Initié à l’âge de 21 ans, à la loge toulousaine « La
Vérité 280 » de la Grande Loge de France. Il appartient aux loges écossaises « Le Flambeau »
(Toulouse), dont il est le cofondateur, puis à Paris, en 1924, à « La Prévoyance 88 » où il exerce
divers offices, dont celui de vénérable, de 1935 à 1937. Il s’affilie aux loges « Colonies 596 »
et « La France Equinoxiale 93 » à Cayenne. Il est admis à la loge de perfection « Perfection
Ecossaise 135 » en 1928, au chapitre 72 des « Fidèles Ecossais » en 1931 et à l’Aréopage n°
309 « Lutétia » en 1937, avant d’accéder au Suprême Conseil. Engagement dans la Résistance,
à Combat, et dans le maquis de Haute-Auvergne.

Emilienne Marie Mopty, née Wantiez (1907- décapitée le 18 janvier 1943 à Cologne par
l’armée nazie) : Résistante et militante communiste. Mère de trois enfants et femme de mineur.
Durant la guerre, elle prend la tête des manifestantes lors de la grève des mineurs du Nord-Pas-
de-Calais de 1941. Elle fait partie des francs-tireurs dans le bassin minier.

Gaston Mardochée Brunswick, dit Montéhus (1872-1952) : Il est initié franc-maçon, en


1902, à la Loge du Grand Orient « L’Union » à Belleville.

August Moritz (1913- ?) : Chef de section (Gestapo) dans les services de la police de sûreté
allemande basée à Lyon. A partir de janvier 1944, il est à l’instar de Klaus Barbie, l’un des deux
chefs de section à seconder l’Obersturmbannführer Werner Knab. Il est condamné à mort par
contumace par la justice française, le 30 janvier 1954 à Marseille, puis à Lyon le 25 novembre
1954.

Emile Henry Muselier (1882-1965) : Amiral. Il organisa les Forces navales françaises libres.

Paul Naudon

Carl (ou Karl) Albrecht Oberg (1897-1965) : Général SS avec le grade de Obergruppenführer
et le titre de Chef Supérieur de la SS et de la Police pour la France. Il prend ses fonctions le 1°
juin 1942 pour s’occuper de la lutte contre les réseaux de la résistance française et responsable
de la question juive. Lui et ses collaborateurs rendent le port de l’étoile jaune obligatoire, et
règlent et ordonnent la déportation d’environ 100000 personnes dans les camps de la mort. Il
est surnommé « le boucher de paris ».

Maurice Paillard : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.


Gabriel Parisot (1871-1945) : Franc-maçon. Deux fois conseiller de l’Ordre GODF en 1932-
1935 et 1938-1940. Trésorier adjoint de la fédération SFIO de l’Ain, président de la section de
Bourg-en-Bresse de la Ligue des droits de l’homme.

Alexandre Maurice Marie Parodi (1901-1979) : Haut fonctionnaire et résistant. Membre du


Conseil d’Etat à compter de 1926 comme auditeur. Il devient en mars 1944 délégué général du
Comité de libération nationale en France occupée. Ministre des territoires libérés en août 1944,
il participe à l’insurrection de Paris et organise la mise en place des nouvelles autorités civiles.
En mars 1944, à la demande du général de Gaulle, il devient délégué général du Comité de
libération nationale en France occupée, succédant à ce poste, après le préfet Emile Bollaert, à
Jean Moulin.

Edmond Marie Emile Pascal (1889-1967) : D’abord instituteur, puis haut fonctionnaire et
préfet. Radical-socialiste. Il est membre de la loge maçonnique de Gap, au Grand Orient de
France. Grand Maître adjoint du GODF. Limogé le 29 juin 1941 par le régime de Vichy. Il
préside en 1944 le Comité Départemental Haut-Alpin de la Libération.

Madeleine Pelletier (1874-1939) : Elle est reçue apprentie le 27 mai 1904 à la loge parisienne
« La Philosophie Sociale » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise. Elle s’affilie à la Loge
« Diderot », dont elle devient vénérable. En juillet 1906, elle fonde un nouvel atelier « Stuart-
Mill ».

Amboise Peloquin : Militaire. Médecin général. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.


Un des premiers et principaux animateurs de la résistance maçonnique.

Paul Jules Perrin (1891-1950) : Ingénieur. Député SFIO de la Seine de 1932 à 1936, puis
PSDF (Renaudel-Marquet). Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF en 1936-1938. Il est
membre de la Ligue des droits de l’homme depuis 1928, et appartient à son comité central
(1938-1940). Il se rallia au régime de Vichy. Il se rallia au Rassemblement national populaire
de Marcel Déat et aurait appartenu à France-Europe de Francisque Desphilippon.

Henri Philippe Benoni Omer Joseph Pétain (1856-1951) : Maréchal. Jugé à la Libération
pour intelligence avec l’ennemi et haute trahison par la Haute Cour de justice.

François Piétri (1882-1966) : Ministre des Communications du 12 juillet au 6 septembre 1940


dans le gouvernement Pierre Laval sous le régime de Vichy. Ambassadeur de Vichy en Espagne
en 1940 jusqu’à 1944.

Charles Jean Guillaume Platon (1886-exécuté le 28 août 1944 à Valojoulx) : Amiral.


Membre du gouvernement de Vichy de 1942 à 1943. Le 18 août 1944, il est capturé par les
maquisards FTP de Dordogne du 6° bataillon des Forces françaises de l’intérieur, conduit au
hameau de Paternoster, traduit en cour martiale et condamné à mort.

Jacques Ploncard, dit Jacques Ploncard d’Assac (1940-2005) : Ecrivain et journaliste.


Disciple d’Edouard Drumont et de Charles Maurras, il adhère à l’Action française en 1927. En
1933, il fonde le Front national ouvrier paysan, avec Henry Coston, Albert Monniot et Jean
Drault. En 1936, il rejoint le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot. Il appuie la
Révolution nationale du maréchal Pétain, qui le décore de la francisque. Il travaille avec
Bernard Faÿ et Henry Coston au Service des sociétés secrètes basé rue Cadet, chargé de
répertorier les archives de la franc-maçonnerie. Il a collaboré au journal Documents
maçonniques.
Gaston Poittevin (1880- mort en déportation le 18 mars 1944 au camp de concentration de
Buchenwald) : Issu du milieu des vignerons champenois. Député-maire socialiste et
responsable syndical. Député de la Marne de 1919 à 1936. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre
GODF en 1932-1935 et 1938-1940.

Vicomte Léon de Poncins (1897-1976) : Journaliste et essayiste catholique. Il explique la


plupart des grands bouleversements politiques et révolutionnaires de la modernité par l’action
de courants issus de certaines sociétés secrètes porteuses d’une « foi » de nature diabolique
opposée à celle du christianisme. Ce sont des thèses antimaçonniques et contre-
révolutionnaires. Dans ses essais conspirationnistes, il dénonce des complots maçonniques (les
liens entre la franc-maçonnerie et la révolution française, la Société des Nations, etc.) et
l’influence juive dans les affaires catholiques. Il est anti judaïque, et anticommuniste.

Adrien Pouriau : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

Bertrand Pujo (1878-1964) : Général d’armée aérienne. Ministre de l’Air du gouvernement


Pétain en juin 1940.

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LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (10)


28 juillet 2013

Otto Rahn (1904-1939) : Ecrivain et archéologue allemand. Il entre dans la Schutzstaffel (SS)
comme archéologue en 1935.

Paul Ramadier (1888-1961) : Fondateur des Etudes socialistes à Rodez, avocat à la Cour
d’appel de Paris, militant coopératif, Ramadier amorce une carrière politique au cabinet
d’Albert Thomas, ministre de l’Armement en 1916. Il est élu maire de Decazeville en 1919 et
député de Villefranche-de-Rouergue en 1928. Ramadier est initié, le 22 février 1913, à la Loge
ruthénoise « La Parfaite Union ». Il y est reçu compagnon le 7 juin 1914, maître le 20 juillet
1915 et il accède au chapitre le 3 novembre 1920. Il s’allie en 1924 à « La Nouvelle Cordialité »,
à Villefranche-de-Rouergue. Il est l’un des 80 parlementaires à voter contre Pétain à Vichy en
1940. Il répond à la circulaire d’application de la loi du 14 août 1940 interdisant la franc-
maçonnerie : « Je ne puis apporter ma collaboration à la loi du 14 août 1940. Je tiens pour
inviolables les droits de la conscience. C’est pourquoi j’ai adhéré à la franc-maçonnerie voici
près de trente ans et j’y reprendrai ma place dès que la législation récente aura été abrogée. Je
ne puis faire ce que je blâme ni condamner ce que je voudrais pouvoir recommander. ». Il
franchit tous les degrés de l’écossisme jusqu’au 33° qu’il obtient le 4 septembre 1954.

Lucien Romain Rebatet (1903-1972) : Ecrivain, journaliste et critique musical et


cinématographique. Ayant débuté à l’Action française, il rejoint ensuite Je suis partout qui se
réclame du fascisme ; en 1942, il publie Les Décombres, féroce pamphlet antisémite et
collaborationniste.

Maurice Reclus (1883-1972) : Historien. Fils du géographe Onésime Reclus, neveu du


géographe Elisée Reclus. Docteur ès lettres. Président de section au conseil d’Etat. Membre de
l’Académie des sciences morales et politiques en 1937. Il préside en 1942 la commission
antimaçonnique créée par Laval pour mettre en œuvre les lois de 1941.

Emile Renard : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF.

Jean Paul Reynaud (1878-1966) : Avocat.

Charles Riandey (1892-1976) : Initié le 21 octobre 1917 à la loge parisienne « Union et


Bienfaisance », qui l’élit comme vénérable le 15 novembre 1922. Antisémite. Le 29 janvier
1942, il remet à l’inspecteur de police français S ? Moerschel, directeur des Services des
Associations Dissoutes, un résumé de ses activités maçonniques, où il écrit : « J’ai combattu,
avec beaucoup d’autres, au prix de pénibles épreuves, l’envahissement de la maçonnerie par les
juifs ». Dans une lettre qu’il adresse au R.6P. Berteloot, le 19 mars 1943, son antisémitisme
s’exprime plus nettement encore.
Engagé dans la Résistance en avril 1943, il est arrêté par la Gestapo le 14 juin 1944 et déporté
le 21 août à Buchenwald.

Maurice Ripoche, pseudo Dufour (1895-18 ou 20 juillet 1944 à Cologne) : Ingénieur


I.C.A.M. de la promotion 1915. Résistant et fondateur du mouvement Ceux de la
Libération (CDLL). Arrêté puis guillotiné par les Allemands. Il fut aide de camp du général
de Gaulle. Arrêté en juillet 1942 à Paris, transféré à la prison de Derendorf, il fut jugé et
condamné à mort en mai 1944, décapité en juillet.

Marie Rolland (1873-1946) : Institutrice. Initiée le 12 août 1906 dans la première loge du Droit
Humain, dans l’Ouest, à Auray. Elle crée, en 1908 le « Triangle » de Nantes qui devient en août
1909 la Loge n° 32, baptisée « Guépin ». Entrée dans la Résistance, dès juin 1940. Elle aurait
été une des rares femmes à recevoir la reddition d’un général ennemi.

Marc Rucart (1893-1964) : Journaliste. Résistant. Franc-maçon. Il est initié le 6 février 1916,
à Orléans, à la Loge « L’Indépendance 398 » relevant de la Grande Loge de France., promu
compagnon et maître le 2 juillet 1916. Puis il entre au Grand Orient de France quand celui-ci
s’implante dans les Vosges. Affilié à « La Fraternité Vosgienne d’Epinal », le 29 mars 1925, il
devient orateur en 1927. Il s’inscrit ensuite au Droit Humain, où il s’affilie en 1929. Dans une
lettre de Marc Rucart, adressée à un frère maçon, il déclare que son mandat parlementaire est
« un outil supplémentaire pour le travail du Grand Œuvre ». Membre du Conseil National de la
Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Louis Saillant (1910-1974) : Syndicaliste et résistant. Adhérent de la Fédération CGT du


Bâtiment, il est d’abord proche de Léon Jouhaux et de la tendance non-communiste de la CGT,
majoritaire jusqu’en 1947. Il rejoint le mouvement de résistance Libération-Nord. Membre du
Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.
Camille Savoire (1869-1951) : Fondateur et premier Grand Prieur du Grand Prieuré des Gaules
en 1935. Initié le 14 octobre 1892 à « La Réforme », loge relevant de la Grande Loge
Symbolique Ecossaise, il rejoint le Grand Orient de France un an plus tard.

Marcel Sembat (1862-1922) : Avocat. Journaliste. Franc-maçon. Il fut vice-président du


Conseil de l’Ordre du GODF et membre de la Ligue des droits de l’homme (LDH). Devenu
député socialiste de Paris, il est l’une des figures les plus illustres de la SFIO. Au congrès de
Tours, en décembre 1920, il vota contre l’adhésion à la III° Internationale.

Jacques Henry Simon (1909- mort en déportation en 1944) : Résistant, responsable du


mouvement Organisation civile et militaire (OCM). Avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de
cassation. Membre du Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Georges Suarez (1890-1944) : Juif et fasciste. Ecrivain, essayiste et journaliste. Pacifiste, puis
collaborationniste. Il fut le premier journaliste condamné à mort lors de l’épuration. Il est proche
de Bertrand de Jouvenel et de Fernand de Brinon. En 1935, aux côtés de Drieu La Rochelle,
Paul Marion et Pierre Pucheu, il se rapproche du Parti Populaire français (PPF) de Jacques
Doriot, puis après 1940, des collaborationnistes. Condamné à mort en 1944, il est fusillé le 9
novembre.

Serge Tchakhotine ou Sergeï Stepanovitch Tchakhotine (1883-1973): Microbiologiste et


sociologue allemande d’origine russe. Il est l’un des initiateurs de la forme de propagande
moderne, à l’origine expérimentée en Allemagne pour contrer l’hitlérisme. Opposé à la
Révolution d’Octobre, il est, pendant la guerre civile russe, le conseiller à la propagande du
général Piotr Krasnov des armées blanches antibolcheviques. En 1932, avec le chercheur et
politicien Carlo Mierendorff, il invente la figure des « trois flèches » qui deviendra le symbole
du Front de fer (1931-1933). A publié : Le Viol des foules par la propagande politique.

André Pierre Gabriel Amédée Tardieu (1876-1975) :

Jacques Tauran (1930-2002) : Franc-maçon. Ancien cadre de l’UDCA de Pierre Poujade et


l’un des fondateurs du Front National. Membre de la GLNF.

Justin Terrade (1872-1948) : Professeur d’histoire au lycée d’Aubenas (Ardèche). Membre de


la SFIO, puis du PCF, puis à nouveau de la SFIO. Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF
en 1924 et 1925. Chef du secrétariat du GODF de 1925 à 1938.

Gaston Tessier (1887-1960) : Syndicaliste, dirigeant de la CFTC et résistant. Il est fondateur


du mouvement de résistance Libération-Nord et représente la CFTC au CNR. Membre du
Conseil National de la Résistance (CNR) au 27 mai 1943. Président de la CFTC de 1948 à 1953.

Germaine Tillion (1907-2008) : Ethnologue et résistante.

Xavier Joseph Vallat (1891-1972) : Avocat, journaliste, d’extrême droite. Son nom reste
attaché à l’antisémitisme d’Etat du gouvernement de Vichy. Antisémite, il réclame dès 1930 la
dissolution des obédiences maçonniques. Auteur de Le Problème juif. Secrétariat Général à
l’Information et à la Propagande, 1942.
Robert Vallery-Radot (Robert Marie-René) (1885-1970) : Ecrivain et journaliste. Grand ami
de François Mauriac et Georges Bernanos. Fasciste pendant les années 1930, il rejoint le régime
de Vichy en 1940. Il assure la rédaction d’une feuille antimaçonnique intitulée Documents
Maçonniques (1941-1944) avec Bernard Faÿ et Jean Marquès-Rivière. Après la guerre, il se
réfugie en Espagne. Ordonné prêtre en 1953, il devient le père Irénée.

Georges Valois, de son vrai nom Alfred Georges Gressent (1878-1945) : Georges Valois
milite d’abord dans des mouvements anarchistes. Il devient le disciple de Georges Sorel. En
1906, il adhère au mouvement de Charles Maurras. Il est le maître d’œuvre du Cercle Proudhon
(1911). Ses idées sont une préfiguration du fascisme. En 1925, il fonde Le Faisceau,
mouvement fasciste.

Aimé Verdeaux (1881-1960) : Docteur en médecine. Franc-maçon. Deux fois Conseiller de


l’Ordre GODF, en 1931-1934 et 1936-1939. Membre du Parti radical-socialiste. Maire de
Tarnac et conseiller général de Bugeat (Corrèze).

François Verdier (1900-assassiné par la Gestapo le 27 janvier 1944) : Résistant. Issu de la


bourgeoisie toulousaine. Franc-maçon. Dignitaire franc-maçon, secrétaire de la Ligue des
droits de l’homme, lorsqu’éclate la guerre en 1939. Chef régional des MUR, pour la région R4
(Toulouse).

Jean Pierre Vernant (1914-2007) : Historien et anthropologue. Résistant. Adhérant aux


Jeunesses communistes, il entre dans la Résistance. Après la guerre, il demeure au sein du Parti
Communiste Français, qu’il quitte en 1969.

Francis Viaud (1899-1985) : Franc-maçon. Grand Maître du Grand Orient de France.

Pierre Villon, de son vrai nom Roger Salomon Ginsburger (1901-1980) : Fils du rabbin
Moïse Ginsburger. Architecte et décorateur à Paris. Il adhère en 1922 au PCF. Il a été un des
principaux rédacteurs du programme social du CNR. Membre du Conseil National de la
Résistance (CNR) au 27 mai 1943.

Maurice Violette (1870-1960) : Initié en mars 1893 à « Bienfaisance et Progrès », loge


populaire dans le X° arrondissement de Paris. Violette réunit 16 maçons, le 10 janvier 1905,
pour ouvrir les feux, sous le maillet de Durantel, de « Justice et Raison ». Cette loge s’inquiète,
en 1917, des buts de la guerre, salue « la victoire du prolétariat russe », dénonce les morts
inutiles et n’accepte qu’une paix par

Georges Voronoff: Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Mort en déportation au camp


d’Auschwitz.

Maxime Weygand (1867-1965) : Général. Membre de l’Académie française. Il reste après-


guerre un défenseur de la mémoire du maréchal Pétain, et soutient les partisans de l’>Algérie
française pendant la guerre d’Algérie.

Pierre Winter (1891-1952) : Médecin, biologiste et hygiéniste. Membre du parti Le Faisceau


et du Parti fasciste révolutionnaire. Ami de Le Corbusier. Adepte des thèses d’Alexis Carrel
que celui-ci exposa dans son livre L’Homme, cet inconnu, paru en 1935. Pendant la guerre, il
écrit dans la presse collaborationniste. En 1944, il est Inspecteur Général du travail du
gouvernement de Vichy.
Y

Michel Albert Jean Joseph Ybarnégaray (1883-1956) : Avocat. Proche des ligues
fascisantes : Jeunesses patriotes 5JP° et ensuite Croix-de-Feu où il accède au plus haut niveau
de la hiérarchie, il est, après 1936, un des cadres du Parti social français (PSF) du colonel de La
Roque.

Michel Sigismond Zaborowski : Franc-maçon. Conseiller de l’Ordre GODF. Résistant.

Jean Zay (1905-1944) : Avocat. Initié en 1926 à la Loge « Etienne Dolet » d’Orléans.

Fred (Frédéric Victor) Zeller (1912-2003) : Artiste peintre. Homme politique. Franc-maçon.
Militant Trotskiste pendant les années 1930-1940, il est élu à la tête du Grand Orient de France
en 1971, poste qu’il conserve jusqu’en 1973. Il rencontre Léon Trotski, dont il deviendra l’ami
et plus tard le secrétaire, à son arrivée à Paris en 1932. L’artiste devient résistant dès le début
de l’Occupation. Il est reçu en 1953dans la loge « L’Avant-Garde maçonnique », du GODF.

ANNEXE 4 :
Le Grand-Orient n'est pas vraiment un phare de la résistance à l'oppression.
Voici la lettre d'Arthur Groussier, président du Conseil de l'Ordre, au maréchal Pétain, envoyée
le 7 août 1940.
« A M. le Maréchal Pétain, chef de l'Etat français
Monsieur le Maréchal,
Devant les malheurs de la patrie, tous les Français doivent consentir les plus grands sacrifices ;
mais en est-il de plus douloureux que celui de détruire l'œuvre à laquelle on a donné le meilleur
de sa pensée et de son cœur ? Si pénible que cela nous soit, nous croyons accomplir notre devoir
présent en nous soumettant à la décision du gouvernement français concernant la Franc-
maçonnerie du Grand-Orient de France, tout en vous présentant, en raison des mensonges
répandus sur cet Ordre philosophique, une déclaration aussi solennelle que respectueuse.
Dans l'impossibilité absolue de réunir l'Assemblée ou le Conseil qui détiennent les pouvoirs
statutaires en cette matière, mais nous appuyant sur la confiance qui nous a maintes fois été
accordée et prenant l'entière responsabilité de notre charge, nous déclarons que le Grand-Orient
de France cesse son fonctionnement et que toutes les Loges qui en relèvent doivent
immédiatement renoncer à poursuivre leurs travaux, si elles ne l'ont déjà fait.
Sans doute, comme toutes les institutions humaines, la Franc-maçonnerie française a eu ses
faiblesses, mais durant ses deux siècles d'existence, elle compte à son actif de belles pages
d'histoire depuis les encyclopédistes jusqu'au maréchal Joffre, vainqueur de la Marne. Elle a
brillé par sa grandeur morale, elle ne peut rougir ni de son idéal ni de ses principes. Elle
succombe victime d'erreurs à son endroit et de mensonges, car dans son essence elle a le respect
de la pensée libre, des convictions et des croyances sincères. Elle a toujours honoré le travail.
Son but suprême est l'amélioration morale et matérielle des hommes dont elle voudrait
poursuivre l'union par la fraternité. Elle a conscience, dans les événements douloureux que la
France vient de traverser, de n'avoir failli ni à sa tradition, ni au devoir national. A de
nombreuses reprises, elle a fait appel aux bons offices du président Roosevelt dans le but de
maintenir la paix entre les peuples et c'est le cœur saignant qu'elle a vu se déchaîner l'effroyable
conflit.
Combien d'hommes politiques et autres a-t-on prétendu être Francs-maçons qui ne l'ont jamais
été. Et comme l'on se trompe facilement en affirmant que le Grand-Orient de France, dans les
vingt dernières années, a été le maître du pouvoir ou son serviteur.
Il n'a jamais non plus subi une direction étrangère, notamment celle de la Grande-Loge
d'Angleterre avec laquelle il n'a aucun rapport, ni officiel ni officieux depuis 1877. En sens
contraire, il n'a jamais cherché à influencer aucune puissance maçonnique d'autre pays, qui ont
toujours eu le haut souci de leur indépendance nationale.
Si, actuellement, nous ne pouvons donner personnellement la preuve de nos affirmations,
puisque nos archives ont été saisies au siège et à nos domiciles par les autorités d'occupation, il
doit exister en France non occupée une documentation qui peut sans conteste en démontrer la
véracité.
On insinue que nous sommes aux ordres de la finance internationale. Les signataires de cette
lettre qui figurent parmi les plus hauts dignitaires de l'Ordre maçonnique sont restés de situation
modeste ; la simplicité et la dignité de leur vie, faciles à contrôler, leur permettent de dédaigner
une si déshonorable imputation.
La Banque de France est le seul établissement bancaire, avec les chèques postaux, où le Grand-
Orient de France possède un compte courant. Des titres, au reste bien modestes, sont des titres
français : rentes sur l'Etat et Bons de la Défense nationale.
Enfin, le principal grief qui est fait, c'est d'être une société secrète, ce qui est encore inexact au
sens légal du mot. Le 3 janvier 1913, le Grand-Orient de France devenait une association
déclarée, ayant personnalité civile en déposant ses statuts et en renouvelant tous les ans, à la
préfecture, le dépôt des noms de ses trente-trois administrateurs. Il suffit du reste de consulter
l'annuaire universel Didot-Bottin-Tome Paris pour trouver aux "Professions" à la rubrique
"Franc-maçonnerie" toutes les indications du Grand-Orient de France avec les noms et
professions des membres du Bureau.
Le Grand-Orient de France comptait parmi les forces spirituelles qui composaient notre nation.
Sa fermeture suffira t'elle à apaiser certaines haines ? Puisse-t-elle au moins aider au
rapprochement de tous les Français qui, avec des tempéraments différents, ont l'intention de
travailler loyalement au redressement moral et à la prospérité de la France.
Nous vous prions, Monsieur le Maréchal, de vouloir bien agréer l'assurance de notre profond
respect... »

Lors du Convent du Grand-Orient de 1945, Arthur Groussier revendique pleinement la paternité


du texte. Il a tout fait pour qu'on ne poursuive pas les Francs-maçons. Il remarque que, pendant
toute la durée de la guerre, aucun Franc-maçon ne lui a adressé de reproche pour cette lettre.
Les frères moralistes ne sont pas non plus des modèles de la résistance à l'oppression.
Il rajoute :
"Mon sentiment était que pesait sur moi la responsabilité du sort des Maçons. Il ne fallait pas
qu'un acte de moi pût servir à faire traiter les Maçons, puisqu'on en avait la liste, comme on a
traité les Juifs. Les Maçons qui ont été poursuivis et maltraités l'ont été comme résistants, et
non pas comme Maçons."

http://paul-quader.over-blog.com/la-résistance-et-la-franc-maçonnerie-10

***

LA RÉSISTANCE ET LA FRANC-MAÇONNERIE (11)


28 juillet 2013
ANNEXE 5 :
Membres du Conseil national de la Résistance au 27 mai 1943 :

Outre Moulin et ses deux collaborateurs, Pierre Meunier et Robert Chambeiron, ont participé à
la réunion du 27 mai 1943 :
Les représentants des huit grands mouvements de résistance :
Pierre Villon du Front national de la résistance créé par le Parti communiste français
Roger Coquoin pour Ceux de la Libération,
Jacques Lecompte-Boinet pour Ceux de la Résistance,
Charles Laurent pour Libération-Nord,
Pascal Copeau pour Libération-Sud,
Jacques-Henri Simon pour Organisation civile et militaire,
Claude Bourdet pour Combat,
Eugène Claudius-Petit pour Franc-Tireur ;
Les représentants des deux grands syndicats d'avant-guerre :
Louis Saillant pour la CGT,
Gaston Tessier pour la CFTC ;
Et les représentants des six principaux partis politiques de la Troisième République :
André Mercier pour le PC,
André Le Troquer pour la SFIO,
Marc Rucart pour les radicaux,
Georges Bidault pour les démocrates-chrétiens,
Joseph Laniel pour l’Alliance démocratique (droite modérée et laïque),
Jacques Debû-Bridel pour la Fédération républicaine (droite conservatrice et catholique).

ANNEXE 6 :
Le programme du Conseil national de la Résistance.

I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE


Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou
tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien
poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production
utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de
prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par
l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont
déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.
Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations
militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi
de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la
France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses
agents, commencée dès 1940.
Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir
et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur
volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande
envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et
permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour
l’épreuve décisive.
Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre
afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent
que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se
contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire
la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur
et contre l’oppresseur.
Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après
avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le
développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront
de subsister et de vaincre.
Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11
Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers,
l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat
que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central,
dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée
de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et
qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.
En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et
des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les
forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union
véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale
inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée,
sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et
militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.
Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major
interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français
dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des
patriotes corses.
Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la
guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.
Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers
l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :
D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de
villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la
formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.
Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération
(C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la
plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.
Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de
façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi
bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien
donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera
de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la
Libération.
Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par
les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes
d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.
Ces comités devront :
1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à
se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain
de la résistance ;
2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de Darnand ainsi que les mouchards
et les traîtres ;
3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes
français ;
4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la
solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;
5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des
Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des
grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les
Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites
par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population
un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;
6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de
prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;
7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et
d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production
destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;
8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements
excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde
de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.
Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe
cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :
a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement
des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier
parmi les réfractaires ;
b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organisées
milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera
facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui
sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la
provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités
départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le
strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.
Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état
major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la
coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :
1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en
harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de
guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore
désarmés ;
2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus
aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;
3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes
à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;
4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant
pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations
patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des
ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations
industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la
vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.
Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans
l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques,
philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée,
rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de
jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui
élargira progressivement ses objectifs et son armement.
Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire
national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses
pourront être préservées.
Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au
lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie. »

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE


Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but
qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis
ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis
après la libération :
1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle
pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa
puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;
2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration
et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront
associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;
3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir,
l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les
gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que
la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice
par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et
coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national
inaliénable ;
4) Afin d’assurer :
L’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le
rétablissement du suffrage universel ;
La pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances
d’argent et des influences étrangères ;
La liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
L’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
Le respect de la personne humaine ;
L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
a) Sur le plan économique :
L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des
grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à
l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats
fascistes ;
L’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après
consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun,
des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes
banques ;
Le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles
et artisanales ;
Le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration,
pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à
la direction de l’économie.
b) Sur le plan social :
Le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du
régime contractuel du travail ;
Un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui
assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie
pleinement humaine ;
La garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la
monnaie ;
La reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de
larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence,
dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant
aux représentants des intéressés et de l’État ;
La sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le
rétablissement des délégués d’atelier ;
L’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix
agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une
législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de
l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un
juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les
jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
Une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
Le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur
fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et
coloniales.
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et
d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents,
afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les
capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance
mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par
Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient
fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.
Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du
peuple la continuité de l’action gouvernementale.
L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans
l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un
stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division
qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.
En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son
président le général De Gaulle !
En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !
LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE »

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