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Théorie du four à induction à haute fréquence

G. Ribaud

To cite this version:


G. Ribaud. Théorie du four à induction à haute fréquence. J. Phys. Radium, 1923, 4 (6), pp.185-197.
�10.1051/jphysrad:0192300406018500�. �jpa-00204388�

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SÉRIF, VI. -

Juix 1923 N° 6.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE
ET

LE RADIUM

THÉORIE DU FOUR A INDUCTION A HAUTE FRÉQUENCE


Par M. G. RIBAUD.
(Faculté des Sciences de Strasbourg.)

Le four à induction à haute fréquence comprend en principe un enrou-


lement métallique à l’intérieur duquel on dispose une substance conduc-
trice de l’électricité; si l’enroulement est parcouru par des courants de haute
fréquence la substance devient le siège de courants de Foucault qui
l’échauffent.
Dans le présent travail nous nous proposons de calculer ce que doit
être le rendement d’un tel four, c’est-à-dire le rapport entre l’énergie calo-
rifique recueillie dans la substance et l’énergie électrique empruntée à la
source de haute fréquence.

1. Cas d’un four alimenté par un courant sinusoïdal entretenu de


pulsation w. Ce cas serait celui d’un four alimenté par un alternateur à
-

haute fréquence, dont la fréquence reste fixe et indépendante de la réaction


de la substance sur le circuit inducteur. Nous admettrons que le circuit
inducteur est constitué par un solénoïde de haüteur h, de section S, compor-
tant n spires et dans lequel nous supposerons le champ uniforme. Nous
supposerons la substance à chauffer faite d’un cylindre conducteur de
résistivité p, de hauteur h, de diamètre et centré sur le solénoïde induc-
teur. Nous désignerons en outre par r la résistance ohmique du cylindre,
par 1 sa self-inductance et par i l’intensité qui le traverse et enfin par I
l’intensité dans le solénoïde inducteur I = Io sin
a) Chaltffage des métaux solides et fondus. Comme il s’agit ici de
--

corps très conducteurs et de courants de fréquences élevées nous suppose-

rons que l’épaisseur dans laquelle se propagent les courants induits a une
valseur négligeable
(1) Dans le
cuivre etpour des fréquences de l’ordre de 50 000 p : s, l’intensité est réduite
à 0,1 de ;aleua à une profondeur de 0,~ mm, dans le mercure, à une profondeur de
sa
5mm. Nous laisserons de côté, pour l’instant, le cas du charbon pour lequel cette approxi-
mation ne serait pas légitime, du moins pour des fours dont le diamètre ne dépasse pas
quelques centimètres.
17

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:0192300406018500


186

Le cylindre conducteur est traversé par un flux sinusoïdal

induisant une intensité

avec

Pour des fréquences de l’ordre de 50 000 p : s. (w =


3. ~0°~ et pour un

diamètre de substance de 6 cm le rapport


pl 1 r W lprend dans le cas du cuivre
i _

(p = 2
103), du du mei-cure (p 10) les xTaleui?s re s-
ploMI) (p === 20.103),
(p ==- 2 Slliyantes : t ÜO,32, 11. Ces du mercure (p === 10") les plus grandes
pectives suivantes : 100, 32, 1 ~. Ces valeurs seraient encore plus grandes
dans le cas de fréquences plus élevées et pour des fours de plus grands
diamètre.
On est autorisé, on le voit, à Jlégliger r2 devant l’ (,)2 au dénominateur

de l’expression (1), en outre l’angle q est très voisin


de j de sorte que

l’intei-isité i est en opposition de phase avec 1.


"L’énergie iD recueillie par seconde dans la substance prend dès lors la
valeur simple :

Cette recueillie est des


proportionnelle au carl’é
efficaces proportionnelle
et de
if Iri la substance, toutes choses
égales elle est proportiorlnelle au diamètre occupé par la substance dans le
four, propoel iOilllellc aussi aux racines carrées de la résistivité (’) et de la
fréquence. .

Le rendement est, on le faible dans le cas des métaux ou alliages


très conducteurs (cuivre, argent.laitons), et notablement plus élevé dans le
cas des métaux peu conducteurs (plomb, chrome). La formule ci-dessus

est également valablc dans le cas des métaux magnétiques (fer, lichel...),

(’) Cette proportionnalité entre l’énergie recueillie et la racine carrée de la résistivité


se vérifie bien sur les nombres que nous avons donnés ailleurs pour le cuivre, le laiton et
le plomb. Recherches et Inventions, t. 40 (février 1 Q23), p. 2G.
187

il suffit de dans l’expression de r, la résistivité p par la per-


111ultiplier.
méabilité du métal. Notons d’aillcurs en passant que le rendement doit
croître notablement lorsque la température du métal chauffé il
augmente,
est également plus éleyé pour le métal il l’état de fusion.

b) des corps peu conducteurs (charbon...). Dans ce qui


précède nous avons envisagé le cas des métaux pour lesquels l’épaisseur de
la couche de « skin effect » est négligeable.
Dans le des corps peu conducteurs on est obligé de tenir compte
cas

de la loi de répartitipn de l’intensité et de la phase dans la profondeur du


conducteur, dans ces conditions le calcul de la résistance r et de la self
inductance 1 devient très compliqué. Sans développer les calculs il est
néanmoins possible de préyoir le sens et l’ordre de grandeur de la variation
du rendement.

Si l’on suppose que l’on a affaire à des cylindres de très grands


diamètres, l’expression de l’é11crgie recueillie dans la substance peut s’écrire
sous la forme approchée suivante :

Cette énergie est maximum lorsque la résistance r est égale à 1 w. Un


calcul simple donne pour la résistivité p correspondant au maximum la
valeur:

Le d’éne)-gie recueillie est atteint pour des de p


grandes que û) et el sont plus grandes.
En réalité r croît plus vite et l û) croit moins vite que ne le voudraient
les expressions (2) données plus haut de sorte que le maximum est atteint
pour des yaleurs de VP inférieures à la valeur théoéique.
On voit en outre que la valeur du de l’énergie recueillie est
proportionnelle IL ~~c~ et à d.
a) de substances très pelllconductrices. L’expression (3)
-

montre facilement qu’au delà (lit si p augmente; le terme 1’’2 du


déi-toiiiiiia leur devenant prépondéea11t et la self inductance l devenant de
plus en plus faible, recueillie clécroit ‘,tuès vite.
L’ensemble des résultats ci-dessus est résumé dans la figure 1 - les
courbes ont été tracées pour des diamèlres de substances de quelques centi-
188

mètres et pour des fréquences variant de 10000 à 120 000 p : s, en portant-en


abscisses Vp et en ordonnées, 7

L’énergie recueillie est maximum pour des résistivités intermédiaires


entre celles du mercure et du graphite. Les courbes montrent en outre que,

Fig. 9 .
pour les fréquences élevées, les rendements sont meilleurs pour le graphite
que pour le mercure ; dans le cas des basses fréquences c’est l’inverse qui
se produit (1).
°

ll. Cas d’un four alimenté par une installation à étincelle. En -

principe une telle installation sera constituée par un circuit de décharge

Fig. 2.

comprenant une capacité C, un éclateur E, et un solénoïde S (enroulement


du four). (Fig. 2.)

(i> Ce résultal nous avait été donné par l’expérience (loc. cil.).
189

Une source à haut potentiel charge la capacité C; si v est le


potentiel
explcsif dans l’éclateur, au moment où la différence de
potentiel aux bornes
de la capacité C atteint la valeur V une étincelle éclate, la capacité C se
décharge dans un circuit dont nous désignerons la résistance par ,~ (’), la
self inductance par L. Si l’on ne dispose pas de substance conductrice à
l’intérieur de S, l’énergie rayonnée à l’extérieur étant faible toute l’énergie
1/2 se retrouve finalement sous forme de chaleur dissipée par effet

Joule dans le circuit.


Supposons maintenant que l’on dispose à l’intérieur de S une subs-
tance cylindrique conductrice, cette substance va être parcourue par des
courants induits, une partie de l’énergie de la décharge va se retrouver
sous forme de chaleur dans la substance. Nous prendrons pour valeur du

rendement le rapport entre l’énergie calorifique recueillie par la substance


et l’énergie fournie à la capacité par la source qui l’alimente.
Dans un précédent travail (2) nous avons eu l’occasion d’insister sur les
faits suivants : la puissance fournie à la capacité ne se trouve pas accrue
par la présence de la substance et tout essai de rapprochement avec un
transformateur que l’on charge plus ou moins doit être écarté ; il est en
outre impossible de négliger la réaction, nécessairement importante, de la
substance sur le circuit inducteur.
Nous désignerons par L l’intensité dans le circuit de décharge, nous
assimilerons en outre comme nous l’avons fait plus haut le cylindre con-
ducteur à un circuit de self inductance 1, de résistance ~’, parcouru par un
courant d’intensité i ; nous appellerons M le coefficient d’induction mutuelle

des deux circuits.


Les intensités i et 1 sont fournies par les équations différentielles
suivantes :

Chauffage des métaux. -


Nous admettrons encore que la couche de
skin effect a une épaisseur négligeable.
(~) représente la résistance ohmique du circuit de décharge augmentée de la résis-
~
tance équivalente de l’étincelle. Nous supposerons dans ce qui suit R constant, les résultats
des mesures que nous donnerons plus loin montrent que, pour les éclateurs que nous avons
utilisés, cette supposition est légitime.
(2) G. RiBAUD. Bulletin Recherches et hu’entions, t. 29 (mars i 922), p. 18.
190

Nous ferons plus loin le calcul de l’amortissement des oscillations et nous


montrerons qu’il reste en pratique suffisamment faible pour que l’on puisse
le négliger et admettre, conme nous l’a-N-ons fait plus haut. que l’on a affaire 4

à des oscillations entretenues de pulsation c~. Les intensités i et 1 restent


encore pratiquement en opposition de phase et, de l’équation (6). on tire

expression11 qui, transporte dans (5) iouinil, facilement après simplifications

La à du
four’ a pour e f fet, on le voit, de
dinzinuer la self dit de r1érharge (1) et la
résist(Ulre R de ce (’il’cuit quantité li’ ---1?ÿ7’ (que nous appellerons
résistance apparente de la substance). Le circuit de décharge absorbe une
énergie la substance reçoit une quantité d’énergie l’) et le ren-
r
il,
de?nent
ernenf de cc , . . l’on
Si 1" a " la
mesuré l reSlS--

tance R et la pulsation w, on peut calculer ce rendement. Pour un four de


7 cm de diamètre, de hauteur 3 cm (20 spires, C = 0,~ lj,. f ), contenant, un
cylindre de mercure de 6 cm de diamètre, les valeurs de R et ru mesurées
étaient respectiyement R === 0)55 olim, w 0,9.106. Le calcul donne pour
==

la résistance apparente du mercure la valeur n’r 0,42 ohm, et


_ =

,
pour le
p =
0,43; l’expérience
P fournit 0.38. Pour un

cylindre de laiton dans les mêmes conditions lv’ 0,095 ohm; rende-
=

ment calculé : 0,15, rendement mesuré : 0,12.~. L’accord enti«e le calcul et


l’expérience est, on le vToit, très satisfaisant ; il le serait encore davantage
,
si l’on n’admettait pas comme nous l’avons fait que le champ est uniforme à
l’intérieur du solénoïde inducteur.
Il n’est peut être pas inutile de faire remarquer qu’en cours de chauffe,,
la résistance de la substance augmentant, le rendement doit croître très
notablement (dans le rapport de 1 à 2 lorsqu’on passe de la température
ordinaire à la température de ~. 000° C).
L’équation (7) permet de calculer la pulsation et l’amortissement dans
le four en charge. Même pour les très grandes valeurs du rendement la

1’) Ce fait se vérifie aisément par l’expérience. Un four de .7 cm de diamètre, qui


donnait à vide une longueur d’onde ‘, = 2 000 n~, nous a donné après introduction d’un
cylindre de laiton ou de mercure de 6 cm de diamètre une longueur d’onde de i 400 m.
(2) C’est bien ce que fournit l’expérience plus loin.)
191

résistance totale (Il + -R’) du four n’intervient pas dans le calcul de la


pulsation w laquelle est donnée par :

Le coefficient d’amortissemen-ü. (i qui figure dans l’e-,-xpressioii : .


a pour valeur :

il augmente avec le couplage des circuits et avec le helldcment. Dans le


premier exemple choisi ci-dessus (chauffage du mercure) sa valeur 5.10’,
reste faible vis à vils de w et l’on est en droit de le négliger, comme nous
1"avons fait plus haut 1 ’) .
1II. Étude des facteurs qui influent sur le rendement du four à haute
fréquence. Nous avons trouvé pour lév valeur du rendement,
-

dans le
cas d’une installation à étincelle, l’expression suivante

r désignantla résistance du cylindre conducteur placé dans le four, n le


nombre de tours de l’enroulelnent et R la résistance du circuit de décharge
(résistance de l’étincelle et résistance ohmique du conducteur).
La discussion complète de cette expression présente quelques diffi-
cultés : la résistance de l’étincelle est une fonction mal connue de la capa-
cité et de la self inductance, la résistance ohmique du circuit de décharge,
ainsi que r, sont également fonctions de la fréquence ~~’l.

(1) Le calcul montre que, dans le cas d’un coefficient d’amortissement a, l’expression CI)
donnée pouri devient:

avec

Etant donnée la faible valeur de a, étant donné également que r est négligeable vis à vis
de l’expression de l’énergie recueillie s’écrit encore

(2) Nous avons indiqué ailleurs (loc. cit.) comment on peut entreprendre une étude
expérimentale du rendement. La quantité de chaleur recueillie est mesurée par une
méthode calorimétrique ; une étude systématique entreprise par cette méthode nous a
montré en particulier l’existence, pour chaque substance d’une capacité fournissant un
rendement maximum.
192

Un simple examen de cette expression montre toutefois que le rende-


ment augmente avec r; il est d’autant plus élevé, toutes choses égales, que
la résistance .~ du circuit de décharge est plus faible.

a) hzycence dit Le reaclement, pour un cylindre de métal


F. -

très conducteur, croit. on le voit. proportionnellement à la racine carrée


de la résistivité du métal., dans un même four il croit en outre à peu prés
proportionnellenzent (tU dit cylindre (’).
La théorie ci-dessus permet en outre de prévoir que toute cause qui
augmenterà r, accroîtra le rendement. En particulier si l’on ménage dans le
cylindre conducteur des fentes radiales. pratiquées sur toute la hauteur du
cylindre, de façon â accroître le trajet des lignes de courant, on doit
augmenter le rendement. L’expérience nous a confirmé ce fait : il est
possible par ce procédé de multiplier par 3 la vateur du rendement fourni
par un cylindre de laiton.
Influence de l’étal de (livision de la substance chauffée. Au point de --

vue pratique, en particulier pour la fusion des métaux et alliages; il semble

en outre intéressant de rechercher l’’influence de l’état de division de la

substance à chauffer. Nous supposerons qu’au lieu d’utiliser un cylindre


plein de diamètre D on dispose côte il côte des cylindres isolés de
diamètre d, de façon à réaliser le même volume. Nous supposerons en
outre que, dans chacun de ces cylindres, l’épaisseur de la couche d’effet
skin est négligeable; nous négligerons également l’induction de chacun des
cylindres sur les cylindres voisins. Dans ces conditions le calcul montre
aisément que le fait de diviser la substance accroit notablenzent le rende-
ment ; il existe en un dimczètre d pour lequel le rendernent est
Ce diamètre optimum correspond au cas où, dans chacun des
cylindres, la résistance r est égale il la réactance lw ; sa valeur théorique a
pour expression :

Ce dianlètre est, on le voit, plus fctible que le rnétal est


plus conducteur et la fréqueJu’c plus Dans le cas du cuivre et
--

pour des fréquences de 50 000 ce diamètre est de l’ordre de 0,6 mm, pour
le plomb de l’ordre de mm.
2
Le calcul montre aussi que, pour les métaux, l’énergie maximum
recueillie dans la substance ainsi divisée est notablement supérieure à celle
que recueillerait un cylindre plein de même volume. Cette énergie maximum

(1) C’est bien ce que nous a donné l’expérience (loc. cil.).


193

doit être sensiblement la même pour des substances différentes à condition


de choisir, pour chacune d’elles, le diamètre optimum.
Il est bien entendu que, étant données les approximations faites au
début, les résultats donnés ci-dessus fournissent seulement le sens et l’ordre
de grandeur des phénomènes. Des expériences de mesure, non encore
achevées, confirment d’ailleurs ces conséquences de la théorie, en parti-
culier l’existence pour chaque métal, d’un diamètre fournissant un rende-
ment maximum.

b) Résistance des éclateurs pour fou)-s à induclion de haute fré-


qitence. -

L’expression du rendement montre le très grand intérêt qu’il y


a à diminuer autant que possible la résistance du circuit de décharge. Les

conducteurs seront constitués par de larges bandes de cuivre, l’enroulement


du four sera fait de tube de cuivre refroidi par une circulation d’eau. En
pratique d’ailleurs il est facile de se rendre compte que la résistance de
l’enroulement du four est, dans le cas général, faible par rapport à celle de
l’étincelle. Ce fait suffit à montrer l’importance de l’éclateur dans une
installation à haute fréquence à étiii(,-elle, et je voudrais insister sur tout
l’intérêt que présente une étude systématique de la résistance des B

éclateurs.
Dès le début de mes études sur le four à induction à haute fréquence,
en janvier 1920, j’ai été amené à utiliser des éclateurs tournants avec refroi-

dissement à eau. La puissance disponible dans l’installation, actuellement


de 15 kilowatt, sera portée très prochainement à 25 kilowatts; les inten-
sités de haute fréquence réalisables pour l’instant dépassent 150 ampères (1).
J’ai eu l’occasion d’insister sur le fait suivant qui m’a été donné
par de nombreuses mesures. Si, dans un même four, la capacité C du cir-
cuit de décharge restant la même, on dispose un corps conducteur et si l’on
introduit dans le four des puissances différentes (en rhangeant la tension V
aux bornes de la l’expérience montre que l’énergie recueillie dans
~

la substance est très sensiblement proportionnelle à l’énergie dépensée (~).


Autrement dit le rendement d’un bon éclateur tournant doit être, dans de
larges limites,y indépendant de l’intensité qui le traverse .
(i) La puissance de cette installation a pu être accrue grâce à deux subventions
accordées par le Comité Directeur de la Fondation Edmond de Rothschild que je sais
heureux de pouvoir remercier ici.
.

(z) G. RIBAUD. Communication à la Société françflise de Physique (22 février 1922) et


Bull. Dir. Invenlions, t. 29 (192?), p.181. J’ai fait remarquer que ce résultat tenait au
fait que, dans les équations différentielles (5) et (6), on suppose les coefficients constants.
Si l’on multiplie Y’ par un coefficient a, les valeurs instantanées de 1 et i se trouvent
également multipliées par a, et les énergies dans les deux circuits, ainsi que Fénergie totale,
doivent se trouver multipliées par a2.
194

Ceci n’eat valable bien entend que si l’éclateur fournit une étincelle
pure sans superposition de régime d’arc. Un éclateur fonctioniianl de façon
défectueuse (soufflage insuffisant, élévation de température des électrodes.
mauvaise réalisation de la résonance); ne renlplit évidement pas ces
conditions.
Nous youdrions préciser ce que doiyent être les illtensités dans un
circuit dc four à haute fréquence alimenté par une installation à étincelle.
En l’absence de substance à l’intérieur de l’enroulement du four (four
fonctionnant à vide), l’énergie rayonnée à l’extérieur étant négligeable,
toute l’énergie tV four11ie par le transforn1atellr doit finalement se retrouver
sous forme d’effet Joule dans le circuit de décharge. Si R est la résistance

du circuit (résistance de l’étincelle et résistance métallique des conducteurs)


l’intensité efficace I, mesurée avec un alnpèremétre haute fréquence, est
donnée par la relation RI’, relation qui. en passant, perlnet de faire
une étude de la résistance approchée des diverses parties du circuil, en

fonction de la capacité et de la self-inductance (~).


L’expérience nous a montré qu’à vide, la capacité et la self-inductance
restant les mêmes, de efficace,
autrement dit la que est pratiquenlent indé-
(le l’il-iteïîsl 1 (,’ C).
On trouvera ci-dessous les nombres relatifs à un four de diamètre 20 cm
(self 2.10’ cgs, fréquence 50000).

La résistance du circuit de décharge est, on le voity sensiblement


~1) La méthode qui nous a donné les meilleurs résultats consiste à mesurer d’abord
l’intensité efficace et la puissance dans le circuit comprenant l’étincelle et le four vide, on
ajoute ensuite dans le circuit une résistance ohmique, sans self-inductance, égale à celle du
four, constituée par un conducteur rectiligne de même section et de même longueur que
l’enroulement du four. La période des oscillations n’est pas modifiée de facon sensible.
Les nouvelles mesures de l’intensité efficace et de la puissance, combinées avec les
. premières, permettent aisément de calculer la résistance de l’étincelle et celle du four.
(2) Cette résistance dépend en revanche dela capacité et de la self-inductance du circuit-
195

constante. (Résistance de l’étincelle : ~,~ ohm, résistance des conducteurs


~a,3 ohm. )
Si l’on mesure en outre l’intensité dans une spire métallique placée à
°

l’intérieur du leur, l’expérience montre également que le carré de cette


intensité est proportionnel à l’énergie dépensée dans le circuit de
décharge.
Si l’on place enfin une substance conductrice il l’intérieur de l’enrou-
telnent d11 fou r, l’arnortissement et la fréquence des oscillations sont
augmentés. une partie de l’énergie disponible se l’etL’oLllTe finalement sous
forme de chaleur dans la substance, l’autre est dépensée Cl1 effet Joule dans
le circuit de décharge. L’intensité dans le circuit est naturellement plus
faible qu’à vide, et d’autant plus faible que l’énergie cédée à la substance
est plus grande. ,

L’expérience nous a montré encore que (tontes choses restant égales).,


le carré de efficace dans le circuit de décharge est proportionnel
ri r pnergie dépensée, proportionnel aussi ii ca lorifique
recueillie clrrns la suús!((nf’e.
On trouver ci-dessous les nombres obtenus avec deux fours de
dilnensions différentes. Le four 1 de diamètre 7 cm, contenait à son inté-
rieur un creuset de charbon de 6 cm de diamètre.

Le courant dans le four était, à vide, de 50 ampères haute fréquence,


pour une puissance de 1,2hw. (Résistance du circuit de décharge 0.5 ohm
environ; résistance de l’étincelle : O~45 ohm ;-, résistance du conduc-
teur 0,05 011m). Le rendement, mesuré par une méthode calorimé-
trique directe, était d’environ 0.65.
196

Le four 11, de plus grandes dimension (20 cm de diamètle), contenait


à son intérieur un creuset de graphite de 10 cm de diamètre,
Si l’on se reporte il la théorie donnée plus haut les nombres de la der-
nière colonne représentent la résistance totale de l’installation : résistance
totale du circuit de décharge augmentée de la résistance apparente de la
substance placée dans le four.
Pour le four I. la résistance du circuit de décharge étant égale a
0,5 ohnl, la résistance apparente de la substance est d’environ 1,3 ohm et
l’expression
p du rendement nous fournit une valeur .2013
l,
= 0,7,
> > en bon accord

avec la mesure directe.


Les rendements comparés de divers éclateurs peuvent sdétudier, on le
voit, par des mesures d’intensités dans le circuit de décharge; toutes
choses égales (capacité, dimensions du four et de la substance), le rende-

ment d’un éclateur sera d’autant meilleur que


q le rapport
PPC 12aura une
valeur

plus faible,La mesure, faite à vide, pourra d’ailleurs donner des résultats
,

intéressants sur les résistances comparées de ces éclateurs.


.
Remarquons toutefois que cette étude comparée se fera de façon beau-
coup plus précise en mesurant au calorimètre la quantité de chaleur dégagée
dans la substance placée à l’intérieur du four,

Conclusions. -
En résulné nous avons montré que, dans le cas du
chauffage des corps très conducteurs (métaux et alliages solides ou fondus),
qu’il s’agisse d’un four alimenté par un alternateur à haute fréquence ou
par une installation à étincelle, la substance placée à l’intérieur de l’en-
roulement du four se comporte comme une résistance supplémentaires
égale à la résistance effective de la substance pour les courants de haute
fréquence utilisés multipliée par le carré du nombre de tours de l’enroule-
ment. L’énergie recueillie dans cette substance est, toutes choses égales,
proportionnelle att carré de t’intensité efficace, proportionnelle all
occupé par la substance clans le four, cctca racines de
la résistivité et de la
Le calcul montre en outre qu’un accroissement de la résistance de la
substance accroît le rendelnent et qu’en particulier il existe chaque
substance un état de division fournissant reu(lenzent
Nous avons développé également l’étude de la décharge dans le circuit
d’une installation a étincelle et montré que l’on pouvait calculer le rende-
.

ment d’une telle installation; ce augmente en particulier lors-


197

qu’on dil1lÎ1lue la résistance dit cirr’llit cle Dans cet ordre d’idées
nous avons insisté sur l’intérêt que présente l’étude du rendement des écla-
teurs et montré comment on pouvait interpréter les mesures d’intensités
de haute fréquence effectuées dans le circuit de décharge.
Dans le cas de substances peu conctuctrices, sans développer les cal-
culs, nous avons montré que le rendenlent du fozcr doit passer par un
pour une résistivité qui dépend de la fréquence, nous avons
également donné les courbes représentant la quantité de chaleur recueillie
dans la substance en fonction des divers facteurs susceptibles d’inter-
venir.

Manuscrit reçu le 20 avril 1923.

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