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Les mauvais jours finiront

SIÈGE DU MEDEF (NARBONNE), 22 octobre.

RENNES, 20 octobre. PARIS, 16 octobre.

Saccages, incendies et sabotages...


• Mutinés : La proviseure du lycée Romain- • En rade : de nombreux pneus de (mobilier et informatique valsent par supermarché Dia à St Maurice-de-Benost
Rolland se mange une pierre à Argenteuil et camions citernes dégonflés ou crevés aux la fenêtre) à Narbonne le 22 octobre ; (Ain) le 24 octobre ; d’un supermarché Le
celui du lycée de la Tourelle à Sarcelles tâte abords des raffineries ou directement bris des vitrines et peinture contre la Mutant à Saintes le 26 octobre ; de trois
de la lacrymo le 13 octobre ; la voiture de la dans les entreprises de transport comme permanence UMP de St Brieuc le 19 véhicules de la mairie de Castanet le 26 Détruisons tout ce qui nous détruit • novembre 2010
CPE est incendiée, la loge de la gardienne à Caen le 22 octobre ; siphonage des octobre ; coupure d’électricité puis jets octobre...
saccagée et les vitres de la direction bus de transport des ouvriers Peugeot à d’oeufs et fruits pourris dans la salle où se
brisées au lycée Louise-Michel de Bobigny Rougemont (Doubs) le 20 octobre ; blocage réunissait l’association d’un député UMP à • Coupés : Coupure électrique sauvage
le 14 octobre ; la loge de la concierge est des voies de circulation en plusieurs Albertville (Savoie) le 23 octobre ; vitrine du centre commercial V2, de la mairie «Et quand le travailleur s’endort il est bercé par l’insomnie Qui donc délègue en permanence sa vie au grand frère, au simplement eux-mêmes : des révoltés qui n’aspirent ni à
dévastée au lycée Feyder à Epinay le 14 points du réseau SNCF en Ile-de-France brisée du siège de l’UMP à Charleville- et de la police municipale à Villeneuve et quand son réveil le réveille syndicaliste, à l’élu, aux spécialistes en tous genres ? Ne se- influencer le Parlement, ni à améliorer l’existant, certaine-
octobre ; le collège Val D’Huisne au Mans perturbant gravement le trafic le 21 Mézières et affrontements devant le 28 D’Asq le 26 octobre ; idem au ministère il trouve chaque jour devant son lit rait-il pas temps de prendre nos affaires en main, sans chef ment pas à le préserver dans toute sa misère salariée.
est incendié le 19 octobre ; un molotov octobre ; les pneus des véhicules de la octobre... de l’économie à Paris le 28 octobre ; la sale gueule du travail ni organisation au-dessus de chacun ? Certes, à l’heure où l’on jette ces mots sur le papier, l’inten-
crame la loge d’entrée du lycée Léonard famille Thibault sont crevés devant chez lui sabotage d’un faisceau de fibre optique qui ricane qui se fout de lui» Qui donc entretient une proximité avec des oppresseurs, sité n’est plus tout à fait la même que lorsque plusieurs in-
à Montpellier le 18 octobre et trois autres à Draveil (Essonne) le 26 octobre... • Fumés : Incendies d’une Société de France 3 Nord-Pas de Calais et aussi de au prétexte qu’ils sont de la même famille, de la même grédients semblaient pouvoir se compléter un peu partout :
atterrissent contre le collège Herriot à
Chenôve le 20 octobre ; une partie d’un • Fermés : Saccage du bureau du député-
Générale et d’un Pôle Emploi à Paris le 19
octobre ; du centre des Douanes à Rennes
Numericable à Dunkerque le 28 octobre...

[Ces brèves ne sont qu’une petite partie de la


U n récent bilan ministériel précisait qu’en l’espace de
deux semaines (du 12 au 26 octobre), près de 2300 ma-
nifestants avaient été arrêtés, et 360 renvoyés devant des
religion, du même pays ou du même quartier, au lieu de la
chercher chez ses frères de misère ? Ne serait-il pas temps
d’envoyer bouler toutes ces fausses appartenances, ces
blocages des transports et des zones industrielles, émeutes
urbaines et solidarité dans la lutte, attaques affinitaires
nocturnes et manifestations sauvages diurnes, lycéens et
lycée de Brest est incendiée le 23 octobre, maire UMP dans la mairie de Montélimar le 20 octobre ; de la mairie de Tarnos
le lycée Méchain à Laon flambe le 25 le 12 octobre ; toutes les vitres du tribunal (Landes) le 24 octobre ; d’un Intermarché réalité des attaques sans médiation, celle qui est tribunaux qui distribuent à la chaîne des mois de prison identités contraintes, pour enfin se rencontrer entre indivi- pré-retraités. Certes, il n’y a pas eu de blocages offensifs
octobre, une partie du collège de Dun-sur- de commerce de Nanterre s’effondrent le et de sa galerie marchande à St Etienne sortie dans les journaux.] ferme. En face, on ne compterait que 72 policiers et gen- dus et partager ce que nous avons en commun, pour se bat- comme ceux de Barcelone lors de la grève générale du
Meuse suit le 26 octobre... 19 octobre ; saccage du siège du Medef du Rouvray (Rouen) le 24 octobre ; d’un darmes blessés. Si on ajoute à cette pénible comptabilité tre et détruire ce monde de domination et d’exploitation ? 29 septembre 2010, ou de manifestations enflammées
quelques mesures symboliques comme l’équipe cagoulée comme en Grèce au début de l’année. Certes, les grosses
du GIPN envoyée place Bellecour à Lyon contre les émeu-
tiers ; les réquisitions administratives de travailleurs pour
«atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité,
S i on se fout de la revendication sur l’âge de la retraite, de
cette aumône accordée chichement avant la mort, c’est
parce que nous critiquons un monde de travail et d’argent,
médiations syndicales ou politiques (voir le désastre de
l’anti-sarkozysme) pèsent encore de tout leur poids, les
rencontres commencent à peine à s’ébaucher et l’auto-

Mouvementisme et éternel recommencement


à la tranquillité et à la sécurité publiques» ; ou encore l’envoi une vie de morts-vivants et de concurrence, de marchandi- organisation à se chercher, l’imagination dans les formes
de l’armée à Marseille pour briser la grève des éboueurs, ses et de crevards. d’action collectives n’est pas très répandue, les perspec-
il est clair que nous vivons des temps de guerre. L’occasion faisant le larron, pourquoi ne pas sortir de notre tives radicales contre le travail et tout ce qui le produit (et

A toutes celles et ceux qui veulent tout niquer Il faut dire que beaucoup d’entre nous n’ont pas attendu
cette loi sur les retraites pour prendre la
routine de galériens pour tenter de rendre quelques coups qu’il produit) n’en sont qu’à leurs balbutiements. Néan-
moins, personne ne peut jamais prédire ce
rue et y exprimer toute notre rage, tant les qui va se passer demain, et c’est carrément de

O
raisons de se révolter ne manquent pas. toute idée de calcul politique dont il faut se dé-
n pourrait croire que et de ceux qui mettent en prati- Encore un mouvement, encore syndicats, apologie des pratiques On l’a vu, et revu, ce n’est pas la Depuis que nous respirons l’air vicié de ce barrasser maintenant, si on veut plonger dans
l’expérience est notre que leur rage à bras le corps, qui une période de fatigue cérébrale et mise en arrière-plan des quantité qui gouverne l’efficaci- monde de flics et de fric, l’Etat et les riches l’inconnu d’un bouleversement réel. Avec cette
alliée la plus fiable, on avons un rêve au cœur, celui de et physique à courir après des contenus, occupations où l’on té et ce n’est pas la stratégie qui veulent nous enfermer dans leurs écoles, intuition aussi, celle qu’un «mouvement social»
pourrait croire aussi que lorsque reprendre nos vies en main, et de fantasmes que nous avons déjà s’enferme, symbolismes en tout gouverne notre rage. L’éléphant leurs bureaux, leurs cages à poules, leurs sera toujours trop pauvre pour exprimer nos
le sol craque sous nos pieds il est les vivre, parce qu’ici-bas nous enterrés profondément dans genre, recours aux médias etc. se laisse caresser, pas le pou. usines et leurs prisons. Ils tentent de révoltes, tant il reste profondément lié à une
urgent de se replier pour mieux ne faisons que mourir un peu la fosse du désespoir, à mettre alors qu’à coté se déchaîne et nous contraindre à sacrifier toute liberté conception citoyenne de la conflictualité.
contre quelques miettes en fin de mois,
tout défoncer, qu’une vie menée plus, jours après jours, et qu’au- entre parenthèse toutes nos s’émeute une jeunesse au bord Des groupes affinitaires de
pour le triomphe de la liberté
n’est pas qu’une suite d’infirmes
delà, il n’y a rien d’autre que des
faux paradis. Ces pratiques sont
luttes et les sacrifier à des « im-
pératifs » injustifiables. Être
de la crise de nerf qui se venge et
retrouve le goût. D’un coté, des
quelques personnes qui se con-
naissent et ont su développer
contre un sourire à l’assistante sociale ou
une courbette au patron du coin. Et si on
traîne trop des pieds pour aller enrichir
A présent, gauche et droite nous disent que
la loi sur les retraites est votée, et que s’y
opposer serait bafouer cette sacro-sainte dé-
stérilités. On pourrait... On veut de celles que nous préconisons partout, sacrifier de sa personne, émeutes, de l’autre, des automa- une affinité et une connaissance les bourges, on nous menace de crever la mocratie qui sanctifie la continuité de notre
(se faire) croire que derrière la pour dévaster ce monde qui nous Quichotter dans le désert. Faire tismes militants embourbés dans mutuelle aiguisée à travers des gueule ouverte dans la rue ou derrière des exploitation et notre écrasement quotidien
mascarade politique et syndi- humilie, ce sont les perspectives semblant de ne pas remarquer, le vieux monde avec au final, et pratiques et des perspectives barreaux. C’est vrai quoi, nous sommes si à travers la loi. Pourtant, beaucoup s’en con-
cale qui s’agite comme un corps de libération totale de l’individu se faire croire qu’il y a une dif- malheureusement, peu de choses communes ont souvent été bien fainéants que nous osons rechigner à leur trefoutent, parce que ce n’est pas uniquement
fraîchement décapité se cache vis-à-vis des institutions, de l’éco- férence de responsabilité entre qui les relient entre-eux, comme plus efficaces que des masses vendre bras, cerveau, sueur et temps. contre cette réforme qu’ils se bougent.
un semblant de potentialité ré- nomie, de l’exploitation et de la les centrales syndicales et leurs des voisins qui ne réussissent ou informes de gibier à flics. Nous A présent, les syndicats préparent une autre
volutionnaire, d’une autre vie,
d’un autre monde. On se ment,
domination en général qui nous
y poussent. C’est parce que nous
bases, qu’il y a encore quelque
chose à faire dans, avec ou par
ne veulent pas communiquer.
Mais la faute à qui ? Le domaine
parlons là de porter des coups,
de jour comme de nuit, efficaces,
A lors ouais, dans tout le bordel qui se
passe dans la rue depuis la rentrée,
il y a pour nous clairement le refus d’en
retraite en posant quelques dernières jour-
nées traîne-savates bien lointaines (28 octobre
et 6 novembre), tout en continuant de récla-
à soi-même et aux autres. On se pouvons entrevoir autre chose rapport au syndicat. Au fond, d’intervention choisi en dit long reproductibles et précis, pas sym- chier quelques années de plus avant de mer... d’être associés à la réforme à travers
croit autre chose qu’une sorte de que nous nous battons de telle la majorité des radicaux qui ne sur le contenu, aussi vrai que le boliques. Nous parlons de dégâts finir dans un mouroir ou à l’hôpital, dé- PLACE BELLECOUR (LYON), 19 octobre. l’ouverture de négociations. Ils ne font même
professionnel de l’activisme et ou de telle autre façon. donnent plus que dans l’activis- manque ou le refus du contenu réels, nous parlons de contribuer glingués par une vie perdue à essayer plus semblant d’y croire, et s’empressent
de « la radicalisation des mouve- me a déjà enterré le mouvement est en soi un contenu clair, ca- à la guerre sociale dans laquelle de joindre les deux bouts. Mais il y a plus
à ceux qui nous écrasent au quotidien et faire quelques ren-
d’assurer leur fonction policière contre les
ments », pour finir par en faire Cet autre-chose, n’est pas une af- dans sa tête en préparant sa chu- ché sous un impérieux voile de nous n’admettons aucune trêve, encore : il y a toute cette colère contenue jour après jour, «casseurs», les «sans-papiers», et tous ceux qui sortent du
contres passionnantes en chemin ? Pourquoi ne pas s’em-
un mode de vie, un rôle social faire de quelques misérables an- te, en tablant sur des barrages tâtonnement et d’incertitude récupération ou amnistie. On l’a toute la violence des rapports sociaux à renvoyer à la sale rang. En fait, ils ne font ni plus ni moins que ce qu’ils ont
parer de ce moment qui voit défiler des masses d’autocol-
confortable. Mais qui vit de com- nées de retraites, ni de projets de au retour à la normalité, encore de façade. Dans cette situation, vu aussi, ces groupes ne peuvent gueule de l’Etat et des patrons. Toute cette revanche à pren- toujours fait : cogérer la force de travail avec les patrons, et
lants et de promeneurs derrière les syndicats pour tenter
dre contre les matins où il fait encore nuit et qu’on se lève la contestation avec l’Etat.
battre un ennemi a tout intérêt lois, ni même d’un recul partiel des fantasmes de désespérés. aller appuyer candidement des pas non plus tout faire basculer d’exprimer et d’expérimenter autre chose ? Pour cracher
dans la douleur pour partir au bahut ou au turbin. Tout ce Pourtant, force est de constater que l’enthousiasme de ce
de le laisser en vie. de l’exploitation. C’est le boule- piquets de grèves syndicaux tous seuls, parce que les méca- notre rage en affrontant les keufs, en détruisant des vitrines,
dégoût contre les matraques des assassins en uniformes ou qui a été vécu ensemble pendant plus d’un mois conduit
versement intégral des rapports On fait comme si il n’y avait pas avec des œillères nous empê- nismes de la domination ne se en incendiant des lycées, en ravageant des administrations
contre les chefs qui nous pourrissent la journée. Ceux du encore beaucoup de monde à ne pas lâcher l’affaire.
Depuis quelques semaines, le de domination. déjà eu une dizaine d’autres chant d’apercevoir toutes les brisent pas à coup de marteaux ou des permanences électorales, en reprenant la rue, en
turbin, ceux de la rue, tous ceux qui nous humilient avec
foutant le bordel à droite à gauche pour bloquer et saboter
bout de territoire sous domina-
tion de l’Etat français est secoué Nous avons fait le constat, après
mouvements, comme si les cri-
tiques qui avaient suivit chacun
manœuvres politiques sous nos
yeux qui font barricade à toute
dans des vitres ou de molotovs
dans des flics, mais aussi dans
leur maille forcément arrachée sur le dos des autres.
l’économie. Pour expérimenter des pratiques nouvelles et
vivre des rencontres à partir de perspectives qui rompent
A présent, c’est donc plus que jamais le moment de
s’élancer sans suivre un quelconque rythme, qu’il soit
de divers désordres. Grèves, blo-
cages, pillages, émeutes, destruc-
des siècles de guerre sociale
plus ou moins diffuse, que les
d’eux n’étaient bonnes que pour
les mouvements précédents. Sou-
spontanéité pendant que juste à
coté, les flammes prennent de la
l’expérimentation d’une autre
vie dans la lutte, et la subversion I ls nous mènent la guerre, c’est clair, et ils en ont les
moyens. Une guerre sociale entre les riches et les pau-
vres, entre les dominants et les dominés. Cependant, juste
avec l’existant, partager une haine contre la condition
commune qui nous est faite, et en sortir quelques bonnes
extérieur (le calendrier du vote de la loi et des échéances
syndicales) ou stratégique (aider aux blocages de camion-
citernes, mais surtout sans toucher aux oléoducs). N’ayons
tions en tout genre et sabotages pratiques seules ne disaient viens-toi bien d’oublier. hauteur, c’est faire le choix con- quotidienne des rapports inter- idées. Comme en novembre 2005 lors des trois semaines
comme ça, ils n’iraient pas bien loin. En fait, ils profitent pas peur de poser tout ce que nous voulons. Si nous défen-
agitent le train-train quotidien. rien en elles-mêmes des pers- fortable des habitudes, éviter de individuels. L’équilibre doit être enflammées qui ont offert à ce foutu système un avant-goût
surtout de celle qu’on se livre entre nous au nom de la sur- dons des moyens comme le blocage ou le sabotage, c’est
Ici et là, des flics reculent face pectives qu’elles ont pour but Tomber dans le panneau à contribuer au grand saut dans respecté, mouvement ou pas. de l’avenir que nous lui réservons ; comme pendant le CPE
vie, de la famille ou des dernières conneries à la mode. En bien pour interrompre la normalité, briser ce qui va de soi,
aux manifestants, collèges, d’atteindre. On peut menacer chaque fois dans un éternel re- l’inconnu d’un déchaînement lorsque l’agitation étudiante a commencé à être dépassée
fait, ils exploitent aussi tout l’espace qu’on leur laisse en dégager des espaces afin que chacun puisse être un peu
douanes et bureaux de chefs de faire sauter l’usine avec des commencement, ne surtout pas collectif et individuel des pas- Alors cessons de faire de la po- par des rebelles en tout genre lors de longues manifs sau-
fermant nos gueules, en calculant à chaque fois la longueur plus que soi-même. C’est pour se rencontrer directement
vages ponctuées d’affrontements.
partent en fumée alors qu’un bombonnes de gaz pour quel- regarder la réalité en face, appli- sions destructrices. litique, laissons libre cours à de nos chaînes, en ne prenant pas le risque de se mettre en ou indirectement, au-delà des catégories, sur des bases
Ces dernières semaines, tous n’ont donc pas couru der-
peu partout des émeutiers de ques euros de merde, comme on quer des recettes trouvées dans notre créativité et engendrons jeu pour se battre et vivre nos rêves d’une liberté démesu-
rière le sujet du moment, les travailleurs garantis syndi-
anti-autoritaires refusant médiations, rôles et hiérarchies,
tous âges mettent au point des peut s’agenouiller et se livrer à de mauvais livres, sans jamais Disons-le franchement, passer des ruines... rée pour tous. En fait, ils restent bien au chaud parce que dans une tension vers quelque chose d’autre : la subversion
qués qui demandent au mieux le maintien du statu quo,
manœuvres de libération à la toutes les compromissions possi- sortir des habitudes : journées son temps à se tromper devrait les uns rêvent de prendre leur place, tandis que les autres des rapports sociaux et la destruction de toute domination.
au pire l’ouverture de négociations pour aménager leur
fois nouvelles et vieilles comme bles pour atteindre des objectifs d’actions, assemblées générales finir par inquiéter, autrement, Je casse, tu casses, il casse, nous les admirent en espérant bêtement qu’ils vont changer
cage. Beaucoup, lycéens ou pas, improvisent des cortèges
quelque chose (pensons à tous les bouffons qui se sont ré- 29 octobre 2010
le monde avec rage et joie. Les révolutionnaires. Les pratiques (« inter-pro ») dont la seule fina- nous questionnons la sincérité cassons, les mauvais jours finiront spontanés dans les rues, tentent de modifier l’architecture
jouis de l’élection d’un nouveau maître comme Mitterrand
pratiques sont radicales, il n’y a ne sont qu’une anti-chambre lité semble être leur répétition à derrière les velléités affichées de carcérale des grandes villes, s’auto-organisent loin des
en 1981 ou Obama en 2008). En fait, ils ne risquent pas
pas lieu d’en douter. des perspectives, et ce sont des l’infini et leur propre reproduc- radicalité et de rupture avec la [21 octobre 2010] piquets/braséros pour ne confier aucun pouvoir supplé-
vraiment de se sentir menacés tant que la plupart d’entre
perspectives révolutionnaires et tion, mythologie de l’opposition démocratie et ses quelques avan- mentaire à une petite partie du mouvement (raffineurs
nous se consoleront avec de fausses évidences comme «ça
ou éboueurs), délaissent les jeux tactiques d’aspirants au Ce quatre pages est une petite contribution à la lutte en cours, un recueil
Seulement, nous sommes des antiautoritaires que nous sou- entre la base-un-peu-coconne- tages et garanties. a toujours été comme ça», tant que l’autorité ne sera pas
pouvoir sur la meilleure façon de bloquer le pays, bref de quelques textes issus de différentes villes et qui nous ont semblés
femmes et des hommes, de celles haitons voir émerger. mais-sincère et les directions des sapée à la base.
se lancent dans la bataille avec ce qu’ils sont, c’est-à-dire intéressants.
Les retraites on s’en fout, Le front commun des casseurs
on veut plus bosser du tout ! Il est souhaitable de préciser en mini préambule :
la forme ne fait pas le fond. Il n’est donc pas ques-
réactif suite par exemple à une «bavure» policière
comme cela a pu être le cas en novembre 2005
tion ici d’idéaliser des pratiques pour ce qu’elles ou en Grèce plus récemment. Une opportunité de

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seraient en tant que telles, mais de les voir dans un situation est plutôt saisie. Et même si on pourrait
ne énième réforme des retraites fait enco- Alors nous le disons clairement : rien à foutre des contexte bien particulier. en dire de même (la fameuse histoire du prétexte)
re une fois descendre les gens dans la rue. retraites, du pouvoir d’achat et de ce monde pour- quand il s’agit d’émeutes réactives, on trouve ici
Et pourquoi ? Préserver ce qu’il reste du ri que l’on voudrait nous faire défendre. On en a La violence n’est jamais une chose à romantiser, une belle petite spécificité. Alors que des violen-
droit de se reposer d’une vie d’exploitation, d’hu- ras-le-bol de trimer pour avoir le droit de recom- à idéaliser. Elle est juste nécessaire à tout acte de ces réactives ont plus de légitimité ou de raison
miliations et de souffrances en attendant la mort ? mencer le lendemain, que ce soit pour une durée révolte, toute velléité révolutionnaire. Et sans pour évidente de chercher à s’affronter à la cause di-
Conserver la relative garantie qu’apporte une pen- de 40 ou 42 ans. Même vendre une heure de nos autant être menée via de sales stratégies autoritai- recte : la figure du flic. Ici, le flic n’est pas trop la
COLLÈGE VAL D’HUISNE (LE MANS), 19 octobre. sion (souvent de misère) de pouvoir encore payer vies nous paraît abject ! Bien sûr, comme tou-te-s, res. cause de la réforme des retraites. Et même s’il se
ses factures ou son mouroir (pudiquement appelé nous y sommes (souvent) contraints, mais cela ne montre offensif/répressif lors du mouvement, ce

O
maison de retraite ou hôpital) ? veux pas dire que nous nous y résignons. n remarque une différence bien nette n’est pas cela essentiellement, qui contrairement

Organiser la grève avec ce mouvement social en comparai- à ce que veulent faire croire les gentils démocra-
En réalité la plupart des gens n’y croient plus Plutôt que de perdre notre temps en de vaines pro- son avec les précédents les plus récents. tes de gauche (les fameuses «provocations poli-
depuis longtemps et ne sortent que pour exprimer testations et revendications, nous voulons créer un L’entrée des lycéens ne se fait pas de manière cières»), qui fait que l’on veut le niquer, lui et ses
de la servitude volontaire leur colère et leur dégoût avant de retourner à
leur vie de labeur ou de chômage, sans pouvoir
rapport de force qui rende possible la fin de l’ex-
ploitation et de la misère, pas leur aménagement.
tranquille, c’est le moins que l’on puisse dire. La
radicalisation n’est pas menée par une minorité
collègues. C’est autant de la vengeance person-
nelle pour ceux qui connaissent les humiliations
«Il est hors de question de lever le barrage pour alimenter les stations-ser-
vices de Total dans un but lucratif. Il y a une vérification des destinations
nourrir un quelconque espoir dans ces journées en fin de mouvement, mais s’est traduite direc- quotidiennes, que de le mettre à sa place réelle : des produits pétroliers par les organisations syndicales pour que cela ne

I
d’action fantoches appelées par les syndicats. Car Nous voulons brûler nos prisons, pas y installer le tement en actes et ce de manière diffuse. Lire celui qui protège le capital, l’Etat, celui qui concerne que l’approvisionnement pour les services publics de santé (hôpi-
ls/elles parlent de crises de sacrifices nécessaires pour sauver
si l’envie de lutter était vraiment là, les syndicats, câble et la clim’. Nous voulons créer un monde où les brèves d’une des dernières journées nous nous bride tous les jours, celui qui permettrait taux) et de sécurité (police, gendarmerie).»
notre mode de vie, mais tous les sacrifices n’y changeront rien.
ces partenaires sociaux dont la seule finalité est nous pourrons utiliser nos têtes et nos mains en donne un indicateur précis et non équivoque : de nous foutre en taule et de briser les révoltes Franck Manchon, délégué CGT de la raffinerie Total de Grandpuits
Cela fait des années que nombre d’entre nous meurent au
aujourd’hui de contenir la rage populaire, se- accord avec nos cœurs pour faire des choses qui on s’affronte avec les flics, on casse, on brûle, on de demain. Et c’est donc dans un bon sens total déclaration à l’AFP, 19 octobre 2010
travail, gâchent leur vie derrière des machines ou des bureaux,
raient notre première cible. profitent à nous-mêmes et aux autres, pas pour saccage, etc., que ce soit dans une grande ville que la réaction première en le voyant n’est plus
ou sont abattu-e-s par la police. Tout ces sacrifices n’ont servi à
engraisser les patrons et l’Etat. ou dans un petit bled. La contagion est là, la de faire des bisous ou des sit’in devant lui. Mais «Ceux qui jettent des pierres, incendient, cassent des vitrines sont des
rien et le capitalisme se contrefout bien de ce qu’il peut arriver
Tous font l’apologie du travail et du salariat, tous machine est lancée. d’y aller franchement. Plus il y en aura à terre, sarkozystes militants, ils n’ont peut-être pas leur carte (...) mais la seule et
à des individu-e-s qui ne sont au final que des rouages interchan-
négocient en notre nom la paix sociale avec nos Oui, nous sommes des révolutionnaires, mais mieux cela sera. unique personne à qui ils rendent service, c’est le président Sarkozy. Nous
geables, des statistiques dérivant à travers les graphiques de la
bourreaux et trompent la confiance de celles et en cette sombre époque, n’est-il pas urgent de Et c’est là où une deuxième spécificité entre en les regardons avec dégoût.»
production. Croire qu’il est possible de réformer le capitalisme
ceux qui les suivent en leur faisant croire que (re)penser à la révolution ? Pas celle qui consiste à jeu : la figure du jeune de cité de novembre 2005, Mais ne mettons pas simplement le flic au cen- Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche
relève de la naïveté ou de la bêtise.
lutter c’est faire les traîne-savates de temps en remplacer une élite par une autre, mais celle qui qui lors du mouvement lycéen de 2005 ou lors tre de la chose (en petite parenthèse, les services 21 octobre 2010
temps dans la rue et attendre les chiffres du mi- permet à chacun de vivre libre et responsable, so- du mouvement anti-CPE de 2006, venait sur des d’ordre des syndicats devraient prendre leur
Cette mobilisation contre la réforme des retraites, témoigne de la
nistère de l’intérieur devant sa télé le soir. Sûr lidaire entre égaux. Ceci ne dépend que de toi, lui manifs pas vraiment dans le même but que les même dose au quotidien...). Le bras armé du ca- «La CGT appelle les salariés, les grévistes à la vigilance du fait de la
volonté de nombre d’entre nous de ne pas laisser se dégrader en-
qu’ils tremblent les bourges devant ces hordes et elle, en somme : de nous. Cessons de creuser nos manifestants eux-mêmes (et quelques «antago- pital doit effectivement en prendre le plus dans présence de provocateurs dans les initiatives syndicales. Ils incitent à des
core des conditions de vies déjà misérables. La misère est la condi-
apathiques réclamant à grands cris le droit de se tombes en de vaines négociations, Nous n’aurons nismes» se faisaient alors sentir sur le terrain), la gueule, mais cela ne s’arrête certainement pas actes violents susceptibles en retour d’alimenter la répression policière et le
tion morale de tous les opprimé-e-s. Le plus aberrant est que cette
faire exploiter et de jouir de loisirs produits par que ce que nous saurons créer. se retrouvant cette fois-ci du même côté des là. Ce qui est retenu aussi, c’est que ça doit péter, discrédit de la lutte.»
misère est soigneusement organisée de manière à ce que nous y
d’autres exploité-e-s (les fameux droit au travail et barricades. Une certaine jonction se fait enfin. ça doit piller, ça doit brûler. Tout ce qui humilie Communiqué national de la CGT
restions tous. Que ce soit la concurrence entre les salarié-e-s sur le
pouvoir d’achat) ! Ami-e-s, on se fout vraiment de Collectif Libertaire Marius Jacob Ce n’est pas l’unité de classe, mais c’est un joli au quotidien en termes de questions matérielles, 22 octobre 2010
«marché» du travail, ou au sein d’une même entreprise, la concur-
nos gueules... début d’association. Alors qui de l’oeuf ou de la toutes les frustrations et les voies sans issues que
rence entre travailleurs/euses français-e-s et les travailleurs/euses
[tract distribué à Périgueux le 7 septembre 2010] poule a provoqué cela ? Ce n’est pas très intéres- promettent cette société de merde à la plupart
sans-papiers/ères, tout les moyens sont bons pour dresser les in-

«
dividu-e-s les un-e-s contre les autres. Au final chacun-e, combat, sant à savoir. Ce qui est sûr c’est que deux phé- doit prendre des coups, doit valser (quitte à avoir
détruit, rabaisse son/sa voisin-e, pendant qu’au dessus de cette nomènes se sont alors auto-alimentés : les lycéens un esprit immédiat pragmatique et aussi à s’en
mêlée générale, les patron-e-s et les bourgeois-e-s se gavent de ca- A,            ,     bloqueurs adoptant des stratégies (ou au mini- mettre plein les poches).
viar et de champagne en admirant ce spectacle d’un œil distrait.     ,     ,     , ’ mum réactions) plus offensives, les jeunes de la
Chacun-e se satisfait de sa misère quand il/elle regarde celle de       ,           . cité pas forcément régulièrement scolarisés pour Alors en l’état actuel des choses, il ne sert à rien
celui qui a encore moins, mais au final tout le monde reste dans la C ,  ’,    ,         ’. une partie d’entre eux (pas intéressant à nuancer de se dire que cela puisse servir effectivement
misère. Lorsqu’un-e ou plusieur-e-s individu-e-s décident de s’éle- E   ,  ,     ,   ’ ou à développer, ce n’est pas le fond du propos) ou non à grand chose. Une vitrine de pétée ou
ver au dessus de leur condition d’esclaves et de lutter, la police,   ;   A      . venant rejoindre les blocages ou alentours pour une voiture de cramée n’ont jamais changé et ne
les syndicats, la justice, le salariat sont là pour leur rappeler où A   , ’  –     –  ’ épauler lors/profiter des affrontements et appor- changeront jamais en tant que telles le monde,
est leur place et bien souvent l’espoir d’une vie meilleure cède la  , ’ -        ter ainsi leur pierre. Et ça marche. ça c’est sûr. C’est juste que ces derniers jours don-
place à la répression. ’   ,            nent plutôt des indicateurs pour demain, que ce
   ’  . M   ’  . E  On se retrouve avec une série d’actes de violence soit dans ce mouvement ou dans un autre futur.
Il n’est pas question de se contenter du maintien du statu quo sur             . Ô    : où mêmes les médias n’arrivent plus (enfin, plus De plus en plus de gens n’ont rien à perdre et
les retraites, nous voulons TOUT.       ,         ;   tous), à dire que les événements sont uniquement plus à gagner à voir ce monde crever. Et quand
’     . T . dus aux «casseurs infiltrés». Et des profs de lycées la plupart des gens dans la rue se mettront à NOGENT-SUR-MARNE, 19 octobre.
C’est à nous de nous organiser collectivement, de la manière que E   -          ’, de reconnaître avec compassion que les casseurs, commettre toute une série d’actes en forme de

»
nous jugerons appropriée pour reprendre ce qui est à nous. Le ,             ’  ce sont aussi leurs lycéens. Merde alors, la figure non-retour possible. Quand il n’y aura pas 10
spectacle est un rapport social, une dépossession permanente         ,       du barbare se décompose. On se retrouve avec mais 1000 vitrines pétées en simultanées et sans
de la vie, un système qui code tout ce qui nous entoure. Le ca- des témoignages qui ne faisaient pas de doute concertation. Tout commencera.
pitalisme, pourrait bien redistribuer toute la production aux Albert Libertad, Les révoltes utiles mais qui là sont encore plus explicites : la refor-
travailleurs/euses, les structures et les hiérarchies qui le compo- 21 novembre 1907 me des retraites, certes personne n’en veut, mais A quand la mise à feu d’une raffinerie ?
sent maintiendraient tout le monde dans la misère la plus totale. on s’en fout aussi un peu beaucoup. C’est aussi
Un électron libre et révolté qui espère le courant
Q
La dépossession du travailleur/euses des moyens et du produit de uand un patron demande à ses employés d’ac- saccages de permanences de l’UMP, du Medef et de et surtout un bon prétexte pour dégueuler tout
son travail, ainsi que celle de son temps, la falsification des désirs cepter les licenciements et une baisse des salaires, mairies. Nous n’attendons rien des médias. ce que l’on a dans le ventre et que l’on retient très haute tension pour ne pas devoir rester dans le
et les substituts marchands qui nous sont servis pour les combler, «pour sauver l’entreprise», c’est toujours qu’il a déjà pour beaucoup au quotidien. Et comme certains noir... trop longtemps.
c’est cela qui nous maintient dans la misère. Tout l’or du monde décidé de la fermer. Le pouvoir divise pour mieux régner. Les syndicats, lycéens disent, ça suit le mouvement. Je me mets
n’y changera rien. les partis politiques, les patrons nous catégorisent. Ils à casser ou à balancer des pierres sur les keufs PS : appel aux démocrates théoriciens du com-
Quand la droite, la gauche et les médias nous expli- opposent les usagers aux grévistes, les grévistes aux car les autres le font. Et sans doute que cela fait plot : camarades, pour ne plus avoir de doute sur
quent qu’il va falloir travailler plus longtemps «pour bloqueurs, les chômeurs aux travailleurs, les casseurs le fait que ce soient ou pas des flics provocateurs
Groupe anarchiste L’électron libre, du bien. Car en général les mêmes se comportent
sauver notre système de retraites», ils annoncent que aux manifestants. Ils ont recours à la répression et aux
Tours, 11 octobre 2010 (extrait) avec beaucoup plus de docilité envers le système qui pètent des vitrines et commettent les divers
sa fin est programmée. réquisitions pour briser les solidarités. Déjà 2500 arres-
tations depuis trois semaines ; jusqu’à 5 mois de prison (scolaire et plus généralement). On brise enfin actes de violence, notamment lors des cortèges
On veut nous contraindre à travailler deux ans de plus. ferme pour les plus déterminés. certaines de ses propres chaînes. noirs parisiens, procures- toi la prochaine fois
L’exploitation, ça dure toujours trop longtemps. Le une barre de fer et pètes-en une en premier. LYON, rue Victor Hugo 19 octobre.
temps volé ne revient plus ! Ce n’est pas à nous de décider à quelle sauce nous Ce défouloir en forme d’exutoire n’est certaine- C’est la seule thérapie de choc qui te reste à

«
serons mangés. Nous voulons choisir nos modes d’ac- ment pas gratuit et vide de sens. Il est dans la disposition. Sinon tu as encore la possibilité de
Les syndicats tentent de contrôler le mouvement pour tion et d’organisation en dehors des pouvoirs en place. continuité de novembre 2005 à une autre échelle rejoindre le rang des SO et ou encore celui des
rester seuls crédibles face à l’État. Ils espèrent sortir de Jeudi, c’est une journée de manifestations. Profitons-en milices staliniennes en formation. Mais atten- C ’        
(actuellement). Sauf que l’on a effectué quelques
la confrontation avec quelques miettes pour garder la pour nous retrouver, nous organiser et dépasser leurs tion, tu en prendras plein la gueule, car même si     ’. L’ ’ 
recentrements géographiques. Les mêmes, avec
face. Les syndicats négocient la longueur de nos chaî- consignes. Piquets volants, blocages, sabotages… À
on sait que les SO n’ont pas de flics infiltrés dans      ’ . L’ 
leurs nouveaux camarades de rue, qui en 2005
nes ; nous voulons les briser ! nous de choisir et d’assumer ce qui nous paraît le plus ’           
juste et le plus efficace contre l’État et le Capital. se contentaient de foutre le feu à leurs quartiers leurs rangs (ah merde, si, il y a les branches secto-
rielles de flics et de matons dans bon nombre de   ’. I  ’ ,   « 
Les TV, les journaux et les radios reprennent en cœur le s’en vont piller par ex. les magasins d’une rue
syndicats), on sait aussi que ces derniers ont bien  »,        ,
même discours et véhiculent les mêmes images. En fo- Entre eux et nous, il n’y a pas de compte à leur rendre commerçante à Lyon, ou encore tenir la rue à
infiltré leurs têtes. Ils seront donc traités comme ’,    ,  
calisant sur les raffineries ou les éboueurs de Marseille, ; il n’y a que des comptes à régler. proximité d’un lycée à Nanterre. Les deux exem-
tels. Des porcs à saigner. . E , ’ ’    
les médias choisissent d’enterrer la multitude d’initia- ples les plus récents, mais qui sont loin d’être
tives et de pratiques qui fleurissent depuis début sep- Contre l’exploitation, bloquons l’économie ’  . P  ,  ’ 
isolés. On pourrait en citer tant d’autres.

»
tembre : opérations escargot par les routiers, blocages Grève, blocage, sabotage [20 octobre 2010]    , ’ ’   
de supermarchés par leurs employés, grèves reconduc-  ’,   ’.
La différence notable est que là encore, il n’est
tibles des enseignants, des cheminots, des ouvriers de [Paris, 27 octobre 2010]
pas question d’un enchaînement de violence
NANTES, 19 octobre. PSA, des salariés de Radio France, grèves tournantes, Un pavé dans les rouages, décembre 2008