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FSJEST

S4

2018
2019

Pr. ABDELHADI AFRANI


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3
L’histoire de la résolution des conflits est traditionnellement présentée comme
directement dépendante de celle de la puissance du pouvoir central. En effet, l’un des signes les
plus marquants de la souveraineté étatique réside dans la prise en charge de la résolution des
conflits, et c’est bien dans l’organisation de la justice publique que l’État trouve le moyen
d’imposer sa souveraineté et de remplir sa fonction de garant de la paix intérieur (pouvoir
régalien).

Ainsi, la croissance de l’autorité aurait pour corollaire celle de sa capacité à juger les
conflits. A l’inverse, les périodes de faiblesse de l’autorité centrale entraîneraient un
affaiblissement corrélatif de la justice publique et permettraient l’épanouissement d’autres modes
de résolution. Ce schéma historique correspond à peu près à celui de la formation des états.
Cependant, avant la naissance de la justice publique une justice privée existait. Elle se manifestait
clairement dans l’institution de la vengeance privée.

La vengeance privée permet à une personne ou à son groupe de se venger d’un crime sans
avoir recours au système judiciaire. D’abord très permissive lorsqu’elle était sans contrôle, on a
dû la restreindre pour en réduire les excès par la loi du talion et l’indemnité.

Si l’on remonte le cours de l’histoire, on constate que la vengeance privée apparut dès que
se formèrent des groupements d’individus. En effet, lors d’un conflit, chaque individu se vengeait
sans intervention d’une autorité politique ou judiciaire. Ce type de vengeance contient deux
éléments encore présents dans nos systèmes de justice contemporains : les notions de
responsabilité individuelle et de punition.

Cependant, la recherche d’un coupable n’était pas encadrée de nombreuses injustices, telles
l’exécution d’innocents souvent disproportionnée, n’était assujettie à aucune limite. Dans ce
contexte, les excès relativisent plus souvent de la règle que de l’exception.

Cette absence de contrôle était source d’instabilité, d’agitation et violence entre tribus, et
privait le groupe de certains guerriers fort utiles en cas de conflits avec une tribu rivale. C’est ce
qui explique l’apparition, au cours de l’antiquité, de certaines restrictions : la loi du talion et
l’indemnité. La loi du talion exige qu’une offense soit punie par une sanction proportionnelle à
l’acte commis, elle est apparue pour la première fois dans le code d’Hammourabi, à Babylone, vers
l’an 2000 AJ. L’indemnité constitue la deuxième restriction à la vengeance privée. C’est parce que
la vengeance donnait lieu à des excès de toutes sorte que germa l’idée d’exiger plutôt une
compensation au profit de la victime/ l’indemnité est une compensation pécuniaire ou matérielle
que le criminel doit verser à la victime ou à sa famille et qui vise à restreindre la vengeance. Ces
premières limites à la vengeance annoncent l’apparition d’un système de justice publique dans
lequel l’État prendra de plus en plus de place.

À partir de l’antiquité, l’État intervient de plus en pus pour règlementer les relations entre
individus et tenter de régler leurs conflits. L’État confère un caractère public à son intervention
en s’appuyant sur son autorité politique.

L’État s’arroge le droit d’imposer des délits et des peines en ce qui concerne la justice
pénale. En matière civile, l’État a toujours eu du mal à monopoliser jusqu’aujourd’hui seul le
règlement des litiges.
4
De nos jours, le droit au juge est un droit de l’homme consacré par de nombreuses
dispositions internationales et internes. Tout État de droit est contraint de mettre en place des
organes dont la mission est de trancher les contestations que lui soumettent les citoyens, quelle
qu’en soit la nature : contentieux privé, contentieux pénal ou contentieux administratif. Le recours
à ces organes obéit à un ensemble de règles :

- D’abord, la détermination de la juridiction devant laquelle le justiciable pourra faire


valoir son droit, l’étude de ces juridictions ainsi que le statut de ces membres
constituent « l’organisation judiciaire ».

- Ensuite, pour intenter une action devant un tribunal ou une cour de l’organisation
judicaire, il faut se plier à une série de règles, se sont les règles de « procédure pénale »,
civile ou administrative.

1- Un problème de juridiction :
- Organisation judiciaire : (Qui rend la justice ? - organes et
personnels)
- Compétence : (Quels sont les pouvoir du juge ?)
2- Un problème d’action
- Action en justice (Quand peut-on agir en justice ?)
- Droit d’agir
- Déroulement du procès (Comment agit-on en justice ? – manière

L’ensemble de ces règles d’organisation et de procédure constitue le droit judiciaire. Le


droit judiciaire joue un double rôle économique et social :

- Sur le plan économique : la valeur des transactions et la valeur économique des droits
dépendent largement de la structure et de la procédure misent en place pour les faire
valoir. Les individus s’engagent d’autant plus facilement qu’ils se sentent protégés
contre de futurs litiges. Ainsi, plus il est rapide et moins couteux d’obtenir le respect
d’un droit de créance, plus ce droit est fort car il est facile de contraindre l’adversaire à
exécuter son obligation. Au contraire, une procédure coûteuse, complexe diminue la
valeur des droits ; ou poussera les justiciables à trouver d’autres modes moins
contraignants pour régler leur différend.

- Sur le plan social : le droit judicaire favorise la paix sociale de deux façons : d’une part
en contrôlant la régularité de certains droits en contrôlant les conditions requissent
pour en bénéficier, d’autre part, en organisant la sanction des droits ce qui permet
d’empêcher les individus de se faire justice à eux-mêmes.

- Dans la logique des choses, l’étude de l’organisation judicaire est préalable à celle des
procédures. Le présent ouvrage era consacré aux lignes directives de l’organisation
judicaire du Maroc d’aujourd’hui, sans omettre, vu le mouvement de restriction et de
réforme que subisse la justice marocaine depuis les cinq dernières années, de parler de
ces projets de réforme. Préalablement à cette étude un aperçu historique des structures
passées nous parait très bénéfique.
5
Historique :

A- L’organisation judiciaire avant 1913


1. La justice du chrâa
2. Les juridictions laïques
a. Les juridictions makhzen
b. La justice coutumière amazighe
3. Les tribunaux rabbiniques
4. Les privilèges de juridiction
B- L’organisation judiciaire pendant le protectorat ou la dispersion juridictionnelle
1. L’organisation judiciaire dans la zone sous protectorat français
a. Les tribunaux anciens
b. Les tribunaux français
2. L’organisation judiciaire dans la zone sous occupation espagnole
3. L’organisation judiciaire dans la zone internationale de Tanger
A- L’organisation judiciaire après l’indépendance

P. structuration P. changement P. construction P. consolidation Après 2011


1955-1965 1965-1974 1974-1993 1993-2010 Depuis 2011
Le législateur fut la loi du 26 la réforme de En effet, l’année 1994 2011, réforme
conscient de la janvier 1965 fut la 1974 Pour atteindre ces va connaitre l’entrée constitutionnelle
complexité de première loi objectifs on note en vigueur de la loi -Suppression des
réorganiser la d’importance d’abord la sur les tribunaux juridictions
justice à l’image votée par le généralisation du administratifs. Trois communales et
d’un Maroc uni. Il parlement, elle système du juge unique ans après une autre d’arrondissement.
procéda d’abord, à réalisa un double en première loi a mis en place les -Création des
la suppression des objectif : instance. Les litiges de juridictions de juridictions de
tribunaux l’unification des faible importance ont commerce. proximité
makhzen, lesquels juridictions et la été confiés à des -Des
furent remplacés marocanisation juridictions nouvelles changements au
par un réseau de et l’arabisation dénommées niveau du
tribunaux de la justice. juridictions système de double
régionaux : La communales et degré de
- Les marocanisation d’arrondissement qui juridictions.
tribunaux de et l’arabisation viennent remplacer les
juges consistaient à anciens tribunaux du
délégués faire de la sada. Pour rapprocher
- Tribunaux nationalité justice et justiciable le
régionaux marocaine une nombre de ces
- Le haut condition pour juridictions passa de 16
tribunal l’exercice de la à 54 puis à 70 et
chérifien fonction de auxquels il faut ajouter
(dahir du 4 magistrat au sein 183 centres de juges
avril 1996). de ces résidents
De plus il créa en tribunaux, et de actuellement. Certaines
1957 la cour faire de la langue modifications ont
suprême pour arabe, langue également été
6
coiffer l’ensemble nationale, la apportées au recours en
de l’édifice seule langue cassation.
judiciaire. La fin de
période va marquer le
début d’une ère
nouvelle avec la
création de juridictions
d’un genre nouveau.

Chapitre préliminaire : les principes fondamentaux de la justice

A- Les principes traditionnels de la justice comme service public

Sont des principes communs à tous les services publics : l’égalité, la gratuité et la permanence.

 Le principe de l’égalité devant la justice :


 Le principe de la gratuité :
 Le principe de la permanence :

B- Les principes spécifiques au service public de la justice

Principe vertical: le
droit aux voies de
recours ou le ppe de
double degré de
juriction

principes Principe
Principe de spécifiques
au SP de la
horizontal: la
séparation
justice collégialité

Principe
d'impartialité et
d'indépendance

 Le principe de séparation : La notion du « pouvoir judicaire » a été utilisé pour


la première fois par le constituant marocain dans le texte de 2011. Ce choix
sémantique est significatif puisqu’il est étroitement lié à une autre expression, celle
de « séparation des pouvoir ». Selon ce philosophe la séparation des pouvoirs
signifie spécialisation des fonctions et indépendance entre légiférer, exécuter et
7
juger. Donc le pouvoir judicaire ne peut s’immiscer dans l’administration, le
pouvoir législatif ne doit intervenir dans la fonction de juger.

 Le principe du double degré de juridiction

Les tribunaux rendent des jugements, les cours d’appel et la cour de cassation rendent des arrêts

2ème
degré
• Cour d'Appel (Arrêts)
• Tribunal de 1ère instance (Jugement) Interjeter
1er degré
l’appel
 Le principe d’indépendance et d’impartialité

- Le juge détient et exerce le pouvoir judiciaire


- Une justice rendue par des juges impartiaux et indépendants doit être considérée
comme une nécessité inhérente à toute société.
- L'indépendance est un moyen d'atteindre l'objectif premier qui est de conserver la
confiance du public à l'égard du système judiciaire. C’est la liberté de juger à l’abri de toute
pression.
- La Constitution fait du pouvoir judiciaire un pouvoir indépendant par rapport aux
pouvoirs exécutif et législatif.

1- La protection des juges


Ce principe a une double
Art. 108 et 109 de la constitution
finalité :
2- La protection contre le juge

Art. 109, 111, 29 et 120 de la constitution


Vocabulaire :

Les personnes engagées dans un procès sont les parties au procès, on parlera aussi de « justiciable »,
de plaideur. Ce dernier terme est trompeur car le plaideur ne plaide pas ; l’avocat plaide pour lui

 Le principe de la collégialité des juridictions

Généralisation de ce principe devant les TPI.


Le fait de soumette le litige à l’examen et à la réflexion de plusieurs juges peut permettre une
meilleure objectivité.
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Partie I
Les organes de la justice
9
Chapitre 1 : les juridictions

1- Les tribunaux de première instance


2- Les tribunaux administratifs
3- Les tribunaux de commerce
4- La cour d’appel
5- La cour d’appel administrative
6- La cour d’appel de commerce
7- La cour de cassation

ORGANISATION JURIDIQUE DU ROYAUME

La cour de
cassation (06)

Chambres: Pénale/Civile /Commerciale /Sociale


/Administrative /Statut personnel et succession

Cours d'appel
Cours d'appel de
Cours d'apel (21) administratives Haute cour
commerce (3)
(2)
Civile/Sociale /Criminelle

Tribunaux de Tribunaux Tribunaux de


première instance Tribunal
administratifs (7) commerce (8) militaire
(68) Chambres
/Section permanent

Juridictions de droit Juridictions Juridictions


commun spécialisées Exceptionnelles

Notion :
1
A- La classification des juridictions

Les juridictions au Maroc peuvent être classés selon trois types classiques :
1
TPI

1er degré TC

TA
Selon le degré
CA

2eme degré CAA

CAC

TPI

Universelle CA

CC
selon la compétence
T et C de commerce

Spéciale T et C administratifs

Juridictions financière

TPI et CA

Juridiction du fond T et CA de administratifs

Selon le rôle T et CA de Commerce

Juridiction de droit La cour de cassation

B- Les juridictions de droit commun

juridictions à
juridictions
compétence la cour de cassation
ordinaires
spécialisées

1- Les juridictions ordinaires :

a- Les tribunaux de première instance :


1
Les tribunaux de première instance sont au nombre de 68 implantés dans les provinces, les
préfectures et les municipalités du royaume. Dans les petites localités, 183 centres de juge résidents
ont été ouverts pour renforcer l’implantation judiciaire des tribunaux de première instance.

Composition :

Président

Des juges et suppléants

Procureur du Roi

Plusieurs substituts

Un greffe

secrétariat du parquet

Organisation :

Les TBI peuvent être divisés selon la nature des affaires qu’ils connaissent en chambre et
section :
Chambres

Civile Commerciale Immobilière Sociale Pénale

Toute chambre peut instruire et juger les affaires soumises au tribunal quelle qu’en soit
leur nature, à l’exception des affaires relevant des sections de la famille et des sections de la justice
de proximité.

Section des affaires de la


famille

Section

Section de justice de
proximité

 Section des affaires de la famille connaissent des affaires : de statut personnel, des
successions, de l’état civil et d’affaires d’homologation et des mineurs, de la KAFALA et
de tout ce qui a trait à la sauvegarde et la protection de la famille.
 Section de justice de proximité : Connaissent des actions personnelles et mobilières qui
n’excèdent pas 5.000 DHS, à l’exception des litiges relatifs au code de la famille, aux
1
affaires immobilières, sociales et les évictions. Elles connaissent également des infractions
prévues par la loi fixant l’organisation et les attributions de la justice de proximité.

La loi a donné la possibilité aux TPI d’être classée, selon la nature des affaires qu’ils
connaissent, c’est ce qui s’est passé pour le tribunal de première instance de Casablanca en
2012.
Schéma des TPI classés

T.civile de 1er Instance

Section de justuce et Chambre Chambre


Chambre civile
de proximité Commerciale immobilière

T.Sociaux de 1er Instance

Chambre des accident de


Section des affaires de la Chambre des conflits de
travail et des maladies
famille travail
professionnelles

T.Pénaux de 1er Instance

Section de justice de Chambre Chambre accident de Chambre des affaires


proximité correctionnelle la circulation des mineurs

Sont crées au sein des tribunaux de première instance y compris eaux qui sont classées
des chambres, dites chambre d’appel, qui traitent de certains appels formés contre les jugements
rendus par elles en premier ressort.

Fonctionnement

Les tribunaux de première instance y compris ceux qui sont classées siègent à juge unique
avec l’assistance d’un greffier, à l’exception des actions en droits réels immobiliers et mixtes et
des affaires de la famille et des successions, hormis la pension alimentaire, sur lesquelles il est
statué en présence de trois juges, y compris le président avec l’assistance d’un greffier.

Lorsqu’il apparait au juge unique que l’une des demandes principales, reconventionnelle
ou en compensation relève de la compétence de la formation collégiale ou se rapporte à une action
1
ayant un lien de connexité avec une action en cours devant cette formation, il se dessaisit de
l’ensemble de l’affaire par décision gracieuse ; le président du tribunal est chargé de transmettre
l’affaire à la formation collégiale.

La présence du ministère public est obligatoire à l’audience pénale, sous peine de nullité de
la procédure et du jugement. En toute autre matière, cette présence est facultative, sauf dans les
cas prévus par la loi.

Quand le tribunal statue en deuxième degré il siège en étant composé de trois juges.

Compétence
Terminologie :

La compétence est l’aptitude d’une juridiction à connaitre d’un procès. Elle permet la
réparation du pouvoir de juge entre les différentes juridictions.

La compétence se détermine par deux plans :


- D’après l’objet du litige : compétence d’attribution, ou (raison matériel) à raison de la
matière. Elle consiste à déterminer à quelle catégorie appartient la juridiction à saisir. À
côté de la nature du litige, la valeur de celui-c’est aussi déterminant.
- D’après la répartition territoriale ou le ressort des juridictions : compétence territoriale ou
régionale.

 Compétence des juridictions de proximité :

1- Compétence d’attribution :

En matière civil : le juge de proximité est compétent pour connaitre toutes les actions
personnelles et mobilières si elles n’excèdent pas la valeur de 5.000 DHS. Il n’est toutefois, pas
compétant pour les litiges relatifs au statut personnel, à l’immobilier, aux affaires sociales et aux
expulsions. Si le demandeur procède à un fractionnement des droits qui lui sont dus afin de
bénéficier de ce que lui confère la loi, il ne sera accédé qu’à ses demandes initiales.
Si la partie défenderesse formule une demande principale pour le calcul de la valeur du litige et le
juge demeure compétent pour le tout.

En matière pénale : le juge de proximité est compétent en matière contraventionnelle. Ces


contraventions sont prévues aux articles 15,16 17 et 18 de la loi n°42-10.

2- Compétence territoriale :

Les juridictions de proximité sont établies dans le ressort des tribunaux de première instance
dont la compétence territoriale se réparti ainsi :
 Les sections des juridictions de proximité au sein des tribunaux de 1 ère instance dont la
compétence territoriale englobe les collectivités locales situées dans le ressort de ces
tribunaux ;
 Les sections des juridictions de proximité au sein des centres du juge siégeant dont la
compétence territoriale englobe les collectivités locales situées dans le ressort du centre
du juge résident.
 Compétence des tribunaux de première instance :
1
La compétence des tribunaux de première instance régi par les dispositions de la procédure
civile, la procédure pénale et celle inscrite dans la loi fixant l’organisation judiciaire.

1- La compétence d’attribution :

Sous réserve de la compétence spéciale attribuée aux sections de la justice de proximité,


les TPI connaissent toutes les affaires civiles, les affaires de la famille, de statuts personnels et
successoraux, commerciaux, administratifs et sociaux, soit en premier ressort, soit à charge
d’appel.

Les TPI connaissent :

- En premier ressort, à charge d’appel devant les chambres des appels des tribunaux de
première instance, des demandes jusqu’à la valeur de 20.000 DHS
- En premier ressort, à charge d’appel devant les cours d’appel, des demandes d’une valeur
supérieure à 20.000 DHS.

En matière pénale : les TPI sont compétents en matière de contraventions et de délits.

2- La compétence territoriale.

La compétence territoriale appartient au TPI du lieu du domicile réel du défendeur.

- Si celui-ci n’a pas de domicile au Maroc, mais y possède une résidence, elle
appartient au tribunal de cette résidence.
- Si le défendeur n’a ni domicile, ni résidence au Maroc, il pourra être devant le
tribunal du domicile ou de la résidence du demandeur ou de l’un d’eux s’ils sont
plusieurs.
- S’il y a plusieurs défendeurs, le demandeur peut saisir, à son choix, le tribunal du
domicile ou de la résidence de l’un d’eux.

Il y a plusieurs dérogations à cette règle, elles sont disposées dans les articles 20 à 29 CPC.

b- Les cours d’appel :

Elles sont chargées de mettre œuvre le principe du double degré de juridiction. Les cours
d’appel sont les juridictions du 2nd degré chargées de statuer sur les appels des juridictions
inférieures (TPI). Il existe actuellement 21 cours d’appel qui couvrent tout le territoire.

Composition :
1
Un premier président et plusieurs
magistrats (conseillers)

Un procuereur général du Roi

Des sibstituts généraux

Un ou plusieurs magistrats chargés de


l'instruction

Un ou plusieurs magistrats des mineurs

Un greffe et un secrétaire du parquet


général

Organisation :
Les CA comprennent sous l’autorité du premier président un certain nombre de chambres
spécialisées comparables aux Chambres du TPI.

Chambre d'appel

Chambre du statut
Chambre civile personnel et Chambre criminelle Chambre sociale
succesoral

Toute chambre eut instruit et juger, quelle qu’en soit la nature des affaires soumises à la
cour.

Les cours d’appel dont les ressorts sont fixés et délimités par décret comprennent des
sections des crimes financiers.

Ces sections comprennent des chambres d’instruction, des chambres pénales, des
chambres pénales d’appel, un parquet général, un secrétariat greffe et un secrétariat du parquet
général

Fonctionnement

Les CA siègent, en toute matière, sous peine de nullité, à trois magistrats (collégialité)
assistés d’un greffier sauf si la loi en dispose autrement

La présence du représentant du ministère public à l’audience pénale est prévue sous peine
de nullité. Son assistance en toute autre matière est facultative, sauf dans les cas déterminés par
le code de procédure civile notamment lorsqu’il est parti principale et dans toutes autres
1
hypothèses prévues par un texte particulier. Les CA peuvent tenir leurs audiences aux sièges des
tribunaux de leur ressort.

Compétence

1- La compétence d’attribution :

Sauf dispositions légales contraires, les cours d’appel connaissent des appels des
jugement des tribunaux de première instance ainsi que les appels des ordonnances rendues par
leurs présidents La cour d’appel est compétente pour connaitre des décisions des tribunaux de
première instance rendues en premier ressort, ainsi que pour toutes les autres matières ou
compétence lui est attribuée par le code de procédure civile ou le code de procédure pénale.

2- La compétence territoriale :

La cour compétente est celle du lieu du domicile réel ou élu du défendeur.

2- Les juridictions ordinaires spécialisées ou les juridictions à compétence spécialisée :

Les juridictions spécialisées comprennent deux ordres de juridictions :

Les juridictions administratives Les juridictions de commerce


• Sont compétentes dès qu'une • Sont compétentes en matière
personne publique est en cause, commerciales, pour les litiges entre
elles interviennet dans les litiges commerçants
entre personne privée, ou entre
personnes publiques

a- Les juridictions administratives

La création des juridictions administratives a pour objectif de combattre les abus et les
excès de pouvoir d’une administration publique omnipotente et tentaculaire et permettant aux
administrés de saisir de telles juridictions pour défendre leurs droits et intérêts à l’encontre de
cette administration.

Les cours d'appel administratives (2nd degré)

Interjeter appel

Les tribunaux administratifs (1er degré)

1- Les tribunaux administratifs


1
Les tribunaux administratifs sont régis par la loi 41.90 promulguées par le Dahir 1.91.225 du
10 sep 1993. Elles sont au nombre de 7 et installées dans les principales régions du royaume : Rabat,
Casablanca, Fès, Marrakech, Meknès, Agadir et Oujda.

Composition :

- Un président et plusieurs magistrats


- Greffe
- Le président du tribunal administratif désigne, pour une
période de 2 ans, parmi les magistrats de celui-ci et sur
proposition de l'assemblée générale un ou plusieurs
commissaires royaux de la loi et du droit.

Les audiences des tribunaux administratifs sont tenues et leurs jugements rendus
publiquement par trois magistrats (collégialité) assistés d’un greffier. La présidence de l’audience
est assurée par le président du tribunal administratif ou par un magistrat désigné à cette fonction
administratif. La présence du commissaire royal de la loi et du droit à l’audience est obligatoire

Compétence

Compétence en raison de la matière

Les tribunaux administratifs sont compétents sous réserve des dispositions des articles 9
et 11 de la présente loi, pour juger, en premier ressort :

 Les recours en annulation pour excès de pouvoir formés contre les décisions des
autorités administratives.
 Les litiges relatifs aux contrats administratifs et actions en réparation des dommages
causés par les actes ou les activités des personnes publiques, à l’exclusion toutefois de
ceux causés sur la voie publique par un véhicule quelconque appartenant à une
personne publique.

Les tribunaux administratifs sont également compétents pour connaitre des litiges nés à
l’occasion de l’application :

 De la législation et de la réglementation des pensions et du capital-décès des agents de


l’État, des collectivités locales, des établissements publics et du personnel de
l’administration de la chambre des représentants.
 De la législation et de la réglementation en matière électorale et fiscale.
 Du droit de l’expropriation pour cause d’utilité publique.
 Des actions contentieuses relatives aux recouvrements des créances du trésor.
 Des litiges relatifs à la situation individuelles des fonctionnaires et agents de l’État, des
collectivités locales et des établissements publics, le tout dans les conditions prévues par
la présente loi. Ils sont, en outre, compétents pour l’appréciation de la légalité des actes
administratifs dans les conditions prévues par l’article 44 de la présente loi.
1
Par dérogation aux dispositions de l’article précédent, la cour de cassation demeure
compétente pour statuer en premier et dernier ressort sur :

 Les recours en annulation pour excès de pouvoir dirigés contre les actes
réglementaires ou individuels du chef du gouvernement.
 Les recours contre les décisions des autorités administratives dont le champ
d’application s’étend au-delà du ressort territorial d’un tribunal administratif.

Compétence territoriale

Les règles de compétence territoriale prévues par les articles 27 à 30 du code de procédure
civile sont applicables devant les tribunaux administratifs, sauf dispositions contraires de la
présente loi ou d’autres textes particuliers. Toutefois, les recours en annulation pour excès de
pouvoir sont portés devant le tribunal administratif du domicile du demandeur ou devant celui
dans le ressort territorial duquel la décision a été prise.

Sont de la compétence du tribunal administratif de Rabat :


 Le contentieux relatif à la situation individuelle des personnes nommées par dahir
ou par décret.
 Le contentieux relevant de la compétence des tribunaux administratifs mais né en
dehors du ressort de ces tribunaux.

2- Les cours d’appel administratives

Les C.A. A sont créés par la loi 80.03 du 2 mars 2006, elles sont au nombre de deux : Rabat
et Marrakech.
Composition

- Un premier président, des présidents de chambre et des


conseillers.
- Greffe
- Le 1er président de la cour d'appel administrative designe
sous proposition de l'assemblée générale pour une période
de deux ans parmi les conseillers un ou plusieus commissaires
royaux de la loi et du droit.

Fonctionnement et attributions

Les audiences des cours d’appel administratives sont tenues et leurs décisions sont rendues
publiquement par trois conseillers dont un président, assistés d’un greffier. La présence du
commissaire royal de la loi et du droit à l’audience est obligatoire. Le commissaire royal de la loi
et du droit expose à la formation de jugement, et en toute indépendance, ses avis écrits qu’il peut
expliciter oralement sur les circonstances de fait comme sur les règles de droit applicables. Ses
avis sont développés sur chaque affaire en audience publique. Le commissaire royal de la loi et du
droit ne prend pas part aux délibérations.
2
Les recours d’appel administratives sont compétents pour connaître, en appel, des
jugements rendus par les tribunaux administratifs et des ordonnances de leurs présidents, sauf
dispositions contraires prévues par la loi

b- Les juridictions de commerce

Les juridictions commerciales ont été crées par la loi n°53-95 du 6 janvier 1997, promulguée
par le dahir n°1.97.65 du 12 février 1997. Ces juridictions fonctionnent depuis mai 1998. Les
juridictions commerciales comprennent d’une part les tribunaux de commerce et d’autre part, les
cours d’appel de commerce.

1- Les tribunaux de commerce

Les tribunaux de commerce sont actuellement au nombre de huit (Rabat, Casablanca, Fès,
Tanger, Marrakech, Agadir, Oujda et Meknès)

Composition :

- Un président, des vice-présidents et des magistrats.


- Un Ministère public composé du procureur du Roi et de un
ou plusieurs substituts.
- Un greffe et un secrétariat du Ministère public.

Le tribunal de commerce peut être divisé en chambres suivant la nature des affaires dont
il est saisi. Toutefois chaque chambre peut instruire les affaires soumises tribunal et y statuer. Le
président du tribunal de commerce désigne, sur proposition de l’assemblée générale, magistrat
chargé du suivi des procédures d’exécution.

Compétence

La compétence en raison de la matière

Les tribunaux de commerce sont compétents pour connaître :


- Des actions relatives aux contrats commerciaux ;
- Des actions entre commerçants à l’occasion de leurs activités commerciales ;
- Des actions relatives aux effets de commerce ;
- Des différends entre associés d’une société commerciale ;
- Des différends à raison de fonds de commerce
- Les affaires liées aux difficultés des entreprises.

Sont exclues de la compétence des tribunaux de commerce les affaires relatives aux accidents
de la circulation.

Le commerçant peut convenir avec le non-commerçant d’attribuer compétence au tribunal de


commerce pour connaitre des litiges pouvant les opposer à l’occasion de l’exercice de l’une des
activités du commerçant. Les parties pourront convenir de soumettre les différends ci-dessus
2
énumérés à la procédure d’arbitrage conformément aux dispositions des articles 306 à 327 du code
de procédure civile.

Le tribunal de commerce est compétent pour connaître de l’ensemble du litige commercial


qui comporte un objet civil.

Les tribunaux de commerce sont compétents pour connaître des demandes dont le
principal excède la valeur de 20.000 dirhams.

La compétence territoriale

La compétence territoriale appartient au tribunal du domicile réel ou élu du défendeur.


Lorsque ce dernier n’a pas de domicile au Maroc, mais y dispose d’une résidence, la compétence
appartient au tribunal de cette résidence.

Lorsque le défendeur n’a ni domicile, ni résidence au Maroc, il pourra être traduit devant
le tribunal du domicile ou de la résidence du demandeur ou de l’un d’eux s’ils sont plusieurs. S’il
y a plusieurs défendeurs, le demandeur peut saisir, à son choix, le tribunal du domicile ou de la
résidence de l’un d’eux.

Par dérogation aux dispositions de l’articles 28 du code de procédure civile, les cations sont
portés :
- En matière de sociétés, devant le tribunal de commerce du lieu du siège social de la société
ou de sa succursale ;
- En matière de difficultés de l’entreprise, devant le tribunal de commerce du lieu du
principal établissement du commerçant ou du siège social de la société ;
- En matière de mesures conservatoires, devant le tribunal de commerce dans le ressort
territorial duquel se trouve l’objet desdites mesures.

Les parties peuvent dans tous les cas convenir par écrit de désigner le tribunal de commerce
compétent.

1- Les cours d’appel de commerce au nombre de 3(Casablanca, Fès et Marrakech)

Composition :
2
- Un premier président, des présidents de chambre et des
conseillers.
- Un Ministère public composé d'un procureur général du Roi
et de ses susbstituts.
- Un greffe et un secrétariat du Ministère public.

Fonctionnement et attributions

La cour d’appel de commerce peut être divisée en chambres suivant la nature des affaires
dont elle est saisie.

Toutefois, chaque chambre peut instruire les affaires soumises à la cour et y statuer. Sauf
dispositions contraires de la loi, les audiences des tribunaux de commerce et des cours d’appel de
commerce sont tenues et leurs jugements rendus par trois magistrats, dont un président, asiates
d’un greffier.

Les cours d’appel de commerce sont compétentes pour les appels formés contre les
jugements du tribunal de commerce. Cet appel doit être fait dans un délai de 15 jours à compter de
la date de notification du jugement, conformément aux dispositions prévues aux articles 134 à 141
du code de procédure civile.

3- La cour de cassation

C’est une juridiction située au sommet de la hiérarchie des juridictions du royaume. La


cour de cassation appelée auparavant la cour suprême a été instaurée par le dahir n°1.57.223 du 27
septembre 1957. Il y a une cour de cassation pour tout le royaume. La compétence de cette
juridiction s’exerce sur les juridictions de droit commun de l’ensemble du pays ainsi que sur les
juridictions spécialisées, telles les juridictions administratives et les juridictions de commerce.

Les juges du fond se penchent tant sur le droit que sur les faits ; ils sont juges du fait. La
cour de cassation ne se prononce que sur l’application et l’interprétation de la règle de droit ; elle
est juge du droit.

Composition
2
- Un premier président.
- Un procureur général du Roi assisté par des avocats
généraux.
- Des présidents de chambre et des conseillers.
- Un greffe
- Un secrétariat du parquet général

Organisation

La cour de cassation se divise en six chambres :

- Une chambre civile dite la première chambre


- Une chambre de statut personnel et successoral
- Une chambre commerciale
- Une chambre administrative
- Une chambre sociale
- Une chambre pénale

Chaque chambre est présidée par un président de chambre. Toute chambre peut
valablement instruire et juger quelle que soit la nature de l’affaire soumise à la cour.

Les audiences de la cour de cassation sont tenues et leurs arrêts sont rendus par cinq
magistrats assistés d’un greffier sauf si la loi en dispose autrement.

La présence du ministère public est obligatoire dans toutes les audiences.

Le rôle de la cour de cassation

La cour de cassation joue un rôle de vigie de l’unité du droit et de la jurisprudence. Elle


connait des pouvoirs en cassation – dernière voies de recours contre une décision définitive rendue
en dernier ressort devant une juridiction supérieure – à l’occasion de l’examen desquels elle veille
au respect de la règle de droit, c’est – dire de la bonne application de la loi par les juridictions
inferieures. Il ne suffirait pas de prévoir des règles de droit identiques pour chaque citoyen, il
fallait encore que ces règles soient appliquées de la même façon. bien sûr, les cours d’appel y
contribuent mais elles ne suffisent pas. Elles peuvent rendre des décisions contradictoires ce rôle
est assuré par la cour de cassation à l’aide du mécanisme de cassation. La cour de cassation a un
rôle d’uniformisation de l’interprétation de la règle de droit.

Le mécanisme de la cassation

La cour de cassation rend des arrêts :


 De rejet lorsqu’elle estime qu’aucune erreur de droit n’a été commise. Le procès est alors
terminé.
 De cassation lorsqu’elle pense que la loi n’a pas été respectée. La cour de cassation ne rejuge
pas autant l’affaire, elle se borne à casser la décision qui lui est soumise c'est-à-dire à la
2
déclarer nulle. Une juridiction de renvoi sera saisie. Le principe selon lequel la cour de
cassation ne juge pas les faits explique le renvoi de l’affaire devant une juridiction qui sera
chargée de rejuger l’affaire en fait et en droit.
La juridiction de renvoi sera une juridiction de même degré que celle qui rendu la décision
cassée. Soit devant celle qui a statué mais autrement composé. Si cette nouvelle juridiction
statue comme la première et si un nouveau pourvoi est formé, par les même moyens, la cour
de cassation siège en une formation spéciale : « toutes chambres réunies »
La position jurisprudentielle adoptée par les « chambres réunies » s’impose alors à la juridiction
de renvoi.

Compétence

La cour statue sur :

- Les pourvois en cassation formés contre les décisions rendues en dernier ressort par toutes
les juridictions du royaume à l’exception des demandes dont la valeur est inférieure à
20.000 dirhams et celles relatives au recouvrement des loyers.
- Les recours en annulation pour excès de pouvoir dirigés contre les actes réglementaires ou
individuels du premier ministre.
- Les recours contre les décisions des autorités administratives dont le champ d’application
s’étend au-delà du ressort territorial d’un tribunal administratif.
- Les recours formés contre les actes par lesquels les juges excèdent leurs pouvoirs.
- Des règlements de juges entre juridictions n’ayant au-dessus d’elles aucune juridiction
commune autre que la cour de cassation etc…

Chapitre 2 : La Cour constitutionnelle


2
Au Maroc, le Conseil constitutionnel (arabe : ‫ )المجلس الدستوري‬est une institution
constitutionnelle marocaine créée en 1992. À cette date, elle vient remplacer la chambre
constitutionnelle de la cour suprême.
Sa mission principale se porte sur le contrôle de la régularité des élections nationales et
référendums.
Depuis la Constitution marocaine de 2011, elle va être remplacé par la Cour Constitutionnelle,
prévue à l'article 129.
Organisation :
Le Conseil constitutionnel est d’abord régi par la Constitution, qui définit notamment les bases
de son organisation, ses attributions essentielles ainsi que l’effet de ses décisions. Il y a ensuite
les lois organiques qui déterminent les règles touchant les divers aspects de son organisation et de
son fonctionnement.
A- La composition de la Cour constitutionnelle
Aux termes de l’article 130 de la constitution du 29 juillet 2011 et de l’article 1 de la loi organique
n°066.13 du 13 août 2014 relative à la cour constitutionnel. Celles-ci sont composée de 12 membres
nommés pour une durée de 9 ans non renouvelable, parmi les personnalités disposant d’une haute
formation dans le domaine juridique et d’une compétence judicaire, doctrinale ou administrative,
ayant exercé leur profession depuis plus de 15 ans, et reconnues pour leur impartialité et leur
probité.
Ces membres sont répartis comme suit :
- 6 désignés par dahir, dont un membre proposé par le secrétariat général du conseil
supérieur des ouléma.
- 3 élus par la chambre des représentants
- 3 élus par la chambre des conseillers.

Composition actuelle de la Cour


2
Nom Mandat Nommé par

Saïd Ihrai - Président 2017-2026 le Roi du Maroc

Mhammed Dasser 2011-2020 le Roi du Maroc

Mohammed Qasri 2011-2020 le Roi du Maroc

Chbihana Hamdati Maa El Ainaine 2005- 2014 le Roi du Maroc

Leila Lamrini 2005-2014 le Roi du Maroc

Mohamed Seddiqi 2008-2017 le Roi du Maroc

Maa El Ainine Chiba 2011-2020 le Pt de la C.B.

Mohammed El Ansari 2017-2026 le Pt de la C.B.

Rachid Lemdaouar 2008-2017 le Pt de la C.B.

Mohammed Aterguine 2011-2020 le Pt de la C.H.

Moulay Rchid Abderrazzaq 2005-2014 le Pt de la C.H.

Mohammed Amine Benabdallah 2008-2017 le Pt de la C.H.

Le roi nomme le président de la cour constitutionnelle par dahir parmi les membres
composant ladite cour.
Les dahirs de nomination du président et des membres da la cour constitutionnelle nommés
par le Roi, ainsi qu’un extrait des procès-verbaux de la séance plénière des deux chambres du
parlement contenant les résultats des élections des membres de chacune des deux chambres sont
publiés au Bulletin Officiel.
Pour éviter tout soupçon de partialité les fonctions des membres de la cour sont incompatible
avec celle de membres de gouvernement, du parlement, du conseil supérieur du pouvoir judicaire,
du conseil économique, social et environnemental ou de toute instance et institution prévues au
titre XII de la constitution.
Elles sont également incompatibles avec l’exercice de doute autre fonction publique ou
mission publique élective ou tout emploi salarié dans une société commerciale et avec l’exercice
de fonction réénumérées par un État étranger, une organisation internationale ou une organisation
internationale non gouvernementale, et avec l’exercice de toute profession à titre libéral.
Les cas de remplacement des membres de la cour sont prévus à l’article 12 de la loi 066.13

B- Les attributions de la Cour constitutionnelle


2
La Cour constitutionnelle a été instituée par la Constitution de 2011 en remplacement du
Conseil constitutionnel. Outre les prérogatives dévolues à ce Conseil en matière de contrôle de la
constitutionnalité des lois et de la transparence des opérations électorales, il a été procédé à
l'élargissement des attributions de la Cour constitutionnelle pour englober le contrôle de la
constitutionnalité des accords internationaux, et pour statuer sur les recours des justiciables pour
inconstitutionnalité de toute législation qui, selon la Cour, porte atteinte aux droits et libertés
stipulés dans la Constitution.

Ainsi, selon l’article 132 de la loi fondamentale du Maroc, la Cour constitutionnelle exerce les
attributions qui lui sont dévolues par les articles de la Constitution et les dispositions des lois
organiques. Elle statue sur la régularité de l'élection des membres du Parlement et des opérations
de référendum.

Les lois organiques avant leur promulgation et les règlements de la Chambre des représentants
et de la Chambre des conseillers doivent, avant leur mise en application, être soumis à la Cour qui
se prononce sur leur conformité à la Constitution.

Aux mêmes fins, les lois et les engagements internationaux peuvent être déférés à la Cour
avant leur promulgation ou leur ratification, par le Roi, le chef du gouvernement, le président de
la Chambre des représentants, le président de la Chambre des conseillers, ou par le cinquième des
membres de la Chambre des représentants ou quarante membres de la Chambre des conseillers.

La Cour constitutionnelle est également compétente pour connaître d'une exception


d'inconstitutionnalité soulevée au cours d'un procès, lorsqu'il est soutenu par l'une des parties que
la loi dont dépend l'issue du litige, porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.
Les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent
aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.

À noter qu’en concrétisation de la haute sollicitude dont SM le Roi Mohammed VI, que
Dieu L’assiste, entoure les institutions nationales, le Souverain avait inauguré, en juin 2014, le
nouveau siège du Conseil constitutionnel, qui a été élevé, conformément aux dispositions
constitutionnelles, au rang d’une Cour Constitutionnelle à part entière.

Cette initiative reflète le souci de SM le Roi, garant de l’indépendance de la justice, de


doter la Cour constitutionnelle de tous les moyens humains et matériels pour accomplir les
missions qui lui incombent et ce, en harmonie avec la place de choix qu’elle occupe désormais
dans l’édifice institutionnel national

Chapitre 3 : Les juridictions financières


2
Le contrôle supérieur des finances publiques est dicté par les exigences de la bonne
gouvernance, de la transparence et de la démocratie, c’est ainsi que le Maroc a tenu, à l’instar de
tous les Etats modernes, à ériger la Cour des comptes en institution constitutionnelle, en lui
confiant la mission de contrôle d’exécution des lois de finances, d’assistance au Parlement et au
Gouvernement dans les domaines relevant de sa compétence et de rendre compte à sa Majesté le
Roi, que Dieu l’Assiste, de l’ensemble de ses activités.

De même, et en vue de promouvoir la politique de décentralisation, la Constitution a


institué des Cours régionales des comptes qu’elle a investies des missions du contrôle des comptes
et de la gestion des collectivités locales et de leurs groupements.

Missions dévolues aux Juridictions Financières ont été, ainsi, mieux définies dans
l’objectif d’assurer l’exercice d’un contrôle intégré et équilibré sur tous les intervenants dans les
différents actes de gestion des finances publiques, à savoir : l’ordonnateur, le contrôleur, et le
comptable public.

Il est à signaler qu’à travers ces vérifications, le contrôle exercé par les Juridictions
Financières n’est plus focalisé essentiellement, comme par le passé, sur la régularité et la
conformité des différents actes de gestion, mais qu’il embrasse dorénavant tous les autres aspects
qui leur sont liés, En outre, ce contrôle privilégie l’approche visant l’appréciation des résultats
atteints par les entités publiques contrôlées en terme d’efficacité, d’économie, d’efficience,
d’environnement et d’éthique (5E).

Tout en poursuivant son objectif fondamental visant à participer activement à la


rationalisation et l’optimisation de la gestion des deniers publics, dans un contexte économique
et financier en quête de la performance tant à l’échelon national qu’international, ce contrôle s’est
élargi à de nouvelles missions portant notamment sur le contrôle des dépenses des partis
politiques, le financement des campagnes électorales et la déclaration obligatoire de patrimoine.
Cet élargissement va sans aucun doute renforcer la transparence et la moralisation de la vie
publique. Entrevue avec M. Driss JETTOU, Premier Président de la Cour des Comptes.

A- La Cour des comptes

VISION

Être une institution modèle reconnue pour sa crédibilité, son professionnalisme et pour l’impact
de ses travaux. Contribuer significativement au renforcement de la reddition des comptes et de la
transparence et à l’amélioration de la gestion publique au bénéfice des citoyens.

VALEURS

 Indépendance
 Professionnalisme
 Intégrité
 Transparence

MISSION
2
 Exercer, en vertu de la Constitution, la mission de contrôle supérieur des finances publiques. Prêter
assistance au Parlement, au Gouvernement et à l’autorité judiciaire dans ses domaines de compétence
fixés par la loi.
 Veiller, à travers l’exercice des compétences qui lui sont conférées par la loi, au respect des principes
de bonne gouvernance, de transparence et de reddition des comptes des organismes publics.

OBJECTIFS STRATÉGIQUES

Objectif 1 : Augmenter l’impact des travaux de l’Institution ;

Objectif 2 : Renforcer la qualité des travaux et la productivité de l’Institution ;


Objectif 3 : Renforcer les capacités professionnelles de l’Institution ;

Objectif 4 : Développer les relations de l’Institution avec les parties prenantes ;

Objectif 5 : Développer les modes de gestion et d’organisation de l’Institution.


Le premier président :
3
Il exerce ses attributions par décision, arrêté, ordonnance et référé.

Il exerce essentiellement les pouvoirs suivants :

 Assure la direction générale et l’organisation des travaux de la Cour.


 Dirige l’administration.
 Approuve le programme annuel des travaux de la Cour, préparé et arrêté par le comité des
programmes et des rapports.
 Coordonne les travaux des Cours régionales.
 Prépare le projet du budget des Juridictions financières dont il est l’ordonnateur ; il peut à
ce titre, déléguer sa signature au secrétaire général de la Cour et instituer sous
ordonnateurs, les Présidents des Cours régionales.
 Préside l’audience solennelle, les chambres réunies, la chambre du conseil, le comité des
programmes et des rapports et le Conseil de la magistrature des juridictions financières.
3
Le procureur général du Roi :

La Cour des Comptes est dotée d’un Parquet Général dirigé par le Procureur Général du
Roi qui est nommé par Dahir. Il exerce le Ministère public dans les matières juridictionnelles
dévolues à la cour et dispose d’un secrétariat. Il est assisté dans l’exercice de ses fonctions par des
Avocats Généraux choisis parmi les Conseillers de la Cour.

Les procureurs du Roi exercent le Ministère public près les Cours Régionales des Comptes et
envoient des rapports au Procureur Général du Roi près la Cour pour l’informer sur le
fonctionnement du Parquet au niveau des CRC.

Ainsi, le rôle du Parquet Général à travers le Procureur Général du Roi s’opère de manières
suivantes :
 En matière de jugement des comptes :
o Il requiert l’application de l’amende prévue envers les comptables publics patents
en cas de non production des comptes dans les délais prescrits par la réglementation
en vigueur.
o Il dépose ses conclusions suite aux rapports aux fins de jugements provisoires et
définitifs établis par les Conseillers rapporteurs.
o Il peut assister aux séances de jugement ou s'y faire représenter par un avocat
général.
o Il défère à la Cour des opérations présumées avoir constitué des gestions de fait.

 En matière de discipline budgétaire et financière :


o Il saisit la Cour par le biais de réquisitions soit de sa propre initiative à partir des
éléments d’informations disponibles (dossiers juridictionnels, plaintes, articles de
presse…), soit à la demande des autorités habilitées (internes ou externes).
o Il dépose ses conclusions suite aux rapports d’instruction établis par les Conseillers
rapporteurs.
o Il assiste aux séances de jugement et peut y émettre de nouvelles réquisitions ; il
peut également s'y faire représenter par un avocat général.

 Dépôt de recours :
Appels formés contre les arrêts rendus par la Cour en premier ressort, pourvoi en cassation
contre les arrêts définitifs rendus en appel par la Cour, recours en révision en cas de découverte
de faits nouveaux.

 Coordination et supervision de l’action du Ministère public près les CRC.


 Étude et saisine du ministre de la justice des faits qui paraissent de nature à justifier une
sanction pénale, de sa propre initiative ou à la demande du premier président, en vue de
prendre les mesures qu'il juge appropriées ; comme il peut, dans le cas de découverte des
faits de nature à justifier une sanction disciplinaire, signaler ces faits à l'autorité ayant
pouvoir disciplinaire à l'égard de l’intéressé.

Les attributions de la cour des comptes :

La Cour des Comptes dispose de plusieurs missions lui permettant de veiller à la régularité,
l’efficience et la transparence de la gestion des finances publiques, et d'assurer ainsi l'exercice d'un
contrôle intégré et équilibré sur tous les intervenants dans les différents actes de gestion
desdites finances.
3
1. Vérification et jugement des comptes

Les comptables publics sont tenus de produire annuellement à la Cour, les comptes pour les
services de l’État et les situations comptables pour les autres organismes dans les formes prévues
par la réglementation en vigueur.

1. L’instruction :
La procédure d’instruction est engagée par la nomination d’un conseiller rapporteur. Durant
l’instruction, le Conseiller rapporteur a de larges pouvoirs d’investigation ; il peut ainsi exiger de
l’ordonnateur, du contrôleur, du comptable public ou de tout autre responsable, toutes précisions
ou justifications qu’il juge nécessaires, dans la limite des compétences de chacun et des documents
qu’il est tenu de conserver en application des dispositions réglementaires en vigueur. Il peut
effectuer sur place toutes les investigations qu’il estime nécessaires à la réalisation de sa mission.

Après avoir accompli ses investigations, le Conseiller rapporteur établit deux rapports dont :

 Le premier relatif à la présentation des résultats de l’instruction du compte accompagné


des pièces justificatives. Il relève s’il y a lieu, les observations sur des faits de nature à
mettre en jeu la responsabilité, notamment de l’ordonnateur, du contrôleur ou du
comptable dans les matières juridictionnelles de la Cour.
 Le deuxième reprend les observations sur la gestion du service, de l’entreprise ou
l’établissement public concerné et qui ont trait à la compétence de la Cour en matière de
contrôle de gestion.

En vue d’accroître les garanties données aux assujettis au contrôle, le premier rapport est remis
à un Conseiller contre rapporteur désigné par le Président de Chambre concernée.

Conseiller contre rapporteur doit dans un délai d’un mois donner son avis sur le premier
rapport et le transmettre au Procureur Général du ROI qui le retourne, accompagné de ses
conclusions, au Président de la Chambre pour inscription au rôle des audiences.

2. Le jugement des comptes :

La formation de jugement statue alors sur pièces et à huis clos après examen du rapport, des
réponses des intervenants dans le processus d’exécution des opérations financières publiques, de
l’avis du contre rapporteur et des conclusions du Procureur Général. La formation de jugement
est composée de cinq magistrats, dont le Président.

Si la Cour ne retient aucune irrégularité à la charge du comptable, elle statue sur le compte par
un arrêt définitif.

Établit l’existence d’irrégularités, elle enjoint au comptable par arrêt provisoire de produire
par écrit ses justifications ou de reverser les sommes qu’elle déclare comme étant dues à
l’organisme public concerné dans un délai de trois mois.

La Cour se prononce par un arrêt définitif, qui établit si le comptable public est quitte, en
avance, ou en débet dans un délai ne dépassant pas un an à compter de la date de l’arrêt provisoire.
3
3. La gestion de fait :
Les opérations de nature à constituer des gestions de fait sont déférées à la Cour des comptes
par le Procureur Général du ROI près la Cour qui agit soit de sa propre initiative, soit à la demande
du Ministère des Finances, des Ministères intéressés, du Trésorier Général du Royaume ou des
comptables publics. En outre, la Cour peut se saisir elle-même et d’office au vu des constatations
faites à l’occasion de la vérification des comptes. Lorsque la Cour déclare une personne comptable
de fait, elle lui enjoint par le même arrêt de produire son compte dans un délai de deux mois.

À partir de là, l’apurement et le jugement des comptes produits par les comptables de fait
obéissent à la même procédure que celle appliquée aux comptables publics patents.

Le comptable de fait, s’il ne fait pas l’objet de poursuites pénales, peut être condamné à une
amende qui est calculée suivant l’importance et la durée de la détention ou du maniement des
fonds et valeurs, sans que le montant de l’amende dépasse le total des sommes indûment détenues
ou maniées.

2. Discipline budgétaire et financière

Les comptables publics sont tenus de produire annuellement à la Cour, les comptes pour les
services de l’État et les situations comptables pour les autres organismes. En matière de discipline
budgétaire et financière, la Cour fonctionne comme une Cour de justice ordinaire avec tout ce que
cela exige comme garanties des droits de la défense, l’audition de toute personne dont la
responsabilité peut être engagée, avec la présence physique du mis en cause et de son avocat à la
séance de jugement, en sus de la citation de témoins.

1. Saisine de la Cour :
La Cour est saisie par le Procureur Général du ROI, de sa propre initiative ou à la demande
du Premier Président ou d’une formation de la Cour, en cas de découverte d’infractions qui
relèvent de compétences de la Cour en matière de discipline budgétaire et financière.

La saisine peut être également faite par le Premier Ministre, le Président de l’une des
Chambres du Parlement, le Ministre des Finances et les Ministres concernés et ce par
l’intermédiaire du Procureur Général du ROI près la Cour des comptes et sur la base de rapports
de contrôle ou d’inspection, appuyés des pièces justificatives.

2. Procédure suivie :
Sur la base des documents qu’il reçoit et des informations et autres documents qu’il peut
demander aux autorités compétentes, le Procureur Général du ROI (PGR) peut décider :

 Soit la poursuite.
 Soit le classement de l’affaire s’il lui apparaît qu’il n’y pas lieu d’engager des poursuites ; il
prend à cet effet une décision motivée qui est communiquée à la partie qui lui a soumis
l’affaire.
3
Cas de poursuite, le Procureur Général du ROI sollicite du Premier Président la désignation
d’un Conseiller rapporteur chargé d’instruire le dossier.

Procureur général du ROI avise les personnes concernées qu’elles sont l’objet de poursuites
devant la Cour et qu’elles sont autorisées à se faire assister dans la suite de la procédure, par un
avocat agréé devant la Cour Suprême.

Le PGR informe également de cette poursuite, le Ministre ou l’autorité dont dépend ou


dépendait le fonctionnaire ou l’agent mis en cause, le Ministre chargé des Finances et, le cas
échéant, le Ministre de tutelle.

L’instruction de l’affaire par le Conseiller rapporteur :

 Une fois nommé, le Conseiller rapporteur reçoit les éléments du dossier et entame son
instruction. Les pouvoirs du Conseiller rapporteur sont très larges puisque selon la Loi, il
a qualité pour procéder à toutes enquêtes et investigations auprès de tous les organismes
publics ou privés, se faire communiquer tous documents et entendre toutes les personnes
dont la responsabilité paraîtrait engagée, ou tous témoins. L’instruction est secrète ; le
Conseiller rapporteur est seulement tenu d’informer le Procureur Général du ROI sur son
déroulement.
 A la fin de l’instruction, le Conseiller rapporteur communique le dossier, accompagné du
rapport d’instruction au PGR qui dépose ses réquisitions.

Consultation du dossier par l'intéressé :

 La personne concernée est informée par le PGR, qu’elle peut, dans les 15 jours suivant la
notification, prendre connaissance du dossier le concernant.
 Cette consultation, qui est permise aussi à l’avocat de l’intéressé, se fait au Greffe de la
Cour. La personne concernée peut également obtenir copies des pièces du dossier. Elle
dispose alors de 30 jours, après la consultation du dossier pour produire, si elle désire, un
mémoire écrit soit par elle-même soit par sa défense. Le mémoire en question est alors
communiqué au PGR. La personne concernée peut solliciter la citation de témoins de son
choix.

3. Audience de jugement :
 Une fois que le Premier Président estime, après l’examen du dossier, que l’affaire est en
état d’être jugée, il ordonne qu’elle soit portée au rôle des audiences de la Chambre
compétente en matière de DBF.
 L’audience se déroule comme devant n’importe quelle autre Cour de justice : Au début de
l’audience, le Conseiller rapporteur donne lecture résumée de son rapport. La personne
concernée, soit par elle-même, soit par son avocat, est appelée à présenter ses explications
et justifications.
 Le PGR présente ses conclusions.
 La Cour et le ministère public peuvent citer toute personne dont le témoignage leur paraît
nécessaire ; la même faculté est reconnue à l’intéressé, avec l’autorisation du Président de
la formation.
 La Cour se retire alors pour délibérer. La formation de jugement est composée de 5
magistrats dont le Président de la formation et le Conseiller rapporteur. La décision est
prise à la majorité des voix.
3
 La Cour rend son arrêt dans un délai maximum de 2 mois à compter de la date de mise en
délibéré de l’affaire, lors d’une audience à laquelle est convoqué l’intéressé ou son
représentant.
 L’arrêt est notifié dans les deux mois suivants son prononcé, à la personne concernée, au
Ministre chargé des Finances, au Ministre intéressé, au PGR, à la partie qui a saisi la Cour
et aux représentants légaux des organismes concernés.

3. Les Sanctions :
La Cour prononce à l’encontre des personnes ayant commis l'une ou plusieurs des infractions
citées, une amende dont le montant calculé selon la gravité et le caractère répétitif de l'infraction,
ne peut être inférieur à mille (1000) dirhams par infraction sans toutefois que le montant de
l'amende par infraction ne puisse dépasser la rémunération nette annuelle que la personne
concernée a perçue à la date de l'infraction. Toutefois, le montant cumulé des amendes précitées
ne peut dépasser quatre (4) fois le montant annuel de ladite rémunération.

La Cour établit que les infractions commises ont causé une perte à l’un des organismes soumis
à son contrôle, elle ordonne à l’intéressé le remboursement à cet organisme des sommes
correspondantes, en principal et intérêts. Les intérêts sont calculés selon le taux légal, à compter
de la date de l'infraction.

La personne concernée et les témoins qui ne répondent pas dans le délai imparti par la Cour,
aux demandes de communication de pièces et documents ou aux convocations qui leur sont
adressées par la Cour, ou refusent de prêter serment ou de témoigner, peuvent être condamnés
par ordonnance du Premier Président à une amende de cinq (500) à deux mille (2000) Dirhams.

Le nouveau code des Juridictions financières a établi des passerelles entre la Discipline
Budgétaire et Financière et l’exercice de l’action pénale et disciplinaire.

4. Appels des arrêts et des jugements

Appels des arrêts et des jugements prononcés par les chambres de la Cour et les Cours régionales
des Comptes.

I- Appels des arrêts prononcés par les chambres de la Cour en premier ressort

Les arrêts prononcés en premier ressort par la Cour sont susceptibles d'être portés en appel
devant la formation inter chambres.

 Appel en matière de jugement des comptes

Parties habilitées à faire appel

Le recours en appel est ouvert au comptable public ou à ses ayants droit, soit à titre personnel,
soit par l'intermédiaire d'un mandataire.

Le même recours est ouvert au ministre chargé des finances, au ministre intéressé, au
procureur général du Roi, au trésorier général du Royaume et aux représentants légaux des
organismes publics concernés.
3
La requête en appel est déposée au greffe de la Cour dans les 30 jours suivant celui de la
notification de l'arrêt définitif.

L’instruction

A la demande du conseiller rapporteur, copie de la requête en appel est notifiée aux autres
parties intéressées, lesquelles peuvent déposer au greffe de la Cour, dans les 30 jours de la
notification qui leur a été faite, leur mémoire en réponse et, le cas échéant, toutes pièces destinées
à son appui.

Le conseiller rapporteur peut exiger des parties intéressées, toutes précisions ou


justifications. Il est notamment habilité à procéder à toutes investigations qu'il juge utiles, sur
pièces et sur place.

Lorsque l’instruction est terminée, le conseiller rapporteur établit son rapport qu'il
transmet accompagné des pièces justificatives et des mémoires des parties intéressées au président
de la formation inter-chambres qui le remet à un conseiller rapporteur.

La suite de la procédure se déroule conformément aux dispositions des articles 34 et 35 de


la loi n°62-99 formant code des JF.

Le jugement

La formation inter chambres se prononce en premier lieu sur la recevabilité de la demande


de l’appel ; si elle juge que l'appel ne remplit pas toutes les conditions de forme exigées, elle
prononce son irrecevabilité par un arrêt définitif.

Si l'appel est recevable, elle statue sur le fond et rend un arrêt définitif dans le cas où elle
confirme l'arrêt objet du recours en appel.

Si l'arrêt objet du recours en appel est infirmé, il est fait application de la procédure prévue
à l'article 37 de la loi n°62-99 ci-dessus.

 Appel en matière de discipline budgétaire et financière

Parties habilitées à faire appel

L'appel est ouvert à la personne concernée, au ministre chargé des finances, au ministre
intéressé, au procureur général du Roi et aux représentants légaux des organismes concernés.

Demande en appel est déposée au greffe de la Cour dans les 30 jours suivant la date de la
notification de l'arrêt.

L’instruction

À la demande du conseiller rapporteur, la requête en appel est notifiée aux autres parties
intéressées, lesquelles peuvent déposer au greffe de la Cour, dans les trente (30) jours suivant la
date de cette notification, leur mémoire en réponse avec, le cas échéant, toutes pièces destinées à
son appui.

Suite de la procédure d'instruction et de jugement se déroule conformément aux


dispositions des articles 59 à 65 de la loi n°62-99 ci-dessus.
3
Le jugement

La formation se prononce en premier lieu sur la recevabilité de la demande en appel sur la


forme ; si elle juge l'appel recevable, elle statue sur le fond.

II- Appel des jugements rendus par les Cours régionales des comptes

 Appel en matière de jugement des comptes

La Cour statue également sur les appels formés contre les jugements définitifs prononcés par les
Cours régionales.

Parties habilitées à faire appel

L’appel est formé , à la requête du comptable public ou de ses ayants droit, à titre personnel
ou par l'intermédiaire d'un mandataire, du ministre de l'intérieur, du wali ou du gouverneur dans
la limite des compétences qui leur sont déléguées en application des textes législatifs et
réglementaires en vigueur, du ministre chargé des finances ou du trésorier régional, préfectoral
ou provincial, du procureur du Roi, du représentant légal de la collectivité locale, du groupement,
de l'établissement ou entreprise public concerné.

L’instruction et le jugement

Dès la désignation d’un conseiller rapporteur chargé de l'instruction, une copie de la


requête est notifiée aux autres parties intéressées, lesquelles peuvent déposer au greffe de la Cour,
dans les 30 jours suivant celui de la notification qui leur a été faite, leur mémoire en réponse avec,
le cas échéant, toutes pièces destinées à son appui.

Le conseiller rapporteur peut exiger des parties intéressées, toutes précisions ou


justifications. Il est notamment habilité à procéder à toutes investigations qu'il juge utiles, sur
pièces et sur place.

Lorsque l’instruction est terminée, le conseiller rapporteur établit son rapport qu'il
transmet accompagné des pièces justificatives et des mémoires des parties intéressées au président
de la chambre concernée qui le remet à un conseiller rapporteur.

La suite de la procédure et le jugement se déroulent selon les modalités prévues aux articles
46 et 47 de la loi n°62-99 ci-dessus.

 Appel en matière de discipline budgétaire et financière

Les jugements des Cours régionales en matière de discipline budgétaire et financière peuvent
faire l'objet d'un recours en appel devant la Cour.

La requête en appel doit être déposée par le requérant au greffe de la Cour régionale dans les
30 jours suivant la date de notification du jugement.

Parties habilitées à faire appel

Le recours en appel est ouvert à la personne concernée, au ministre de l'intérieur, au


ministre chargé des finances et au procureur du Roi.
3
La requête doit être présentée dans les formes et selon les modalités prévues aux articles
141 et 142 du code de procédure civile, à l’exception des dispositions de l’alinéa 3 de l’article 142 qui
ne sont pas applicables.

L’instruction

À la demande du conseiller rapporteur, la requête en appel est notifiée aux autres parties
intéressées, lesquelles peuvent déposer au greffe de la Cour, dans les trente (30) jours suivant la
date de cette notification, leur mémoire en réponse avec, le cas échéant, toutes pièces destinées à
son appui.

La suite de la procédure d'instruction et de jugement se déroule conformément aux


dispositions des articles 59 à 65 de la loi n°62-99 ci-dessus.

Le jugement

La formation se prononce en premier lieu sur la recevabilité de la demande en appel sur la


forme ; si elle juge l'appel recevable, elle statue sur le fond.

5. Contrôle de la gestion

Le cadre du contrôle de la gestion, la Cour vérifie tous les aspects de la gestion, en appréciant,
d’abord, la réalisation des objectifs assignés, les résultats obtenus, ainsi que le coût et les conditions
d’acquisition et d’utilisation des moyens mis en œuvre. Le contrôle de la gestion porte également
sur la régularité et la sincérité des opérations réalisées, ainsi que la réalité des prestations fournies,
des fournitures livrés et des travaux effectués. Ensuite, l’exercice de cette activité permet à la Cour
de s’assurer que les systèmes et les procédures mis en place dans les organismes soumis à son
contrôle garantissant la gestion optimale de leurs ressources et de leurs emplois, la protection de
leur patrimoine et l’enregistrement de toutes les opérations réalisées.

La procédure du contrôle de la gestion

Au vu du programme des travaux de la Cour, le président de la chambre désigne les


conseillers qui procèdent au contrôle de la gestion des organismes inscrits audit programme.
Les conseillers de la Cour des comptes sont habilités à se faire communiquer tous documents ou
pièces justificatives susceptibles de les renseigner sur la gestion de ces organismes et à procéder à
l’audition des personnes dont ils estiment le témoignage nécessaire.

Le Conseiller rapporteur communique ses observations aux responsables des organismes


concernés qui peuvent formuler, le cas échéant, leurs commentaires dans un délai de deux mois
(rapport contradictoire). Passé ce délai, le Conseiller rapporteur établit son rapport, lequel est
délibéré en présence de cinq membres dont le Président de chambre et le conseiller rapporteur.

La chambre peut entendre tout responsable, agent ou contrôleur de l’organisme concerné.


Elle peut aussi ordonner des investigations complémentaires. Elle décide des observations qui
peuvent faire l’objet de lettres du Président de la Chambre aux responsables des organismes
concernés. Les décisions de la Chambre sont prises à la majorité des voix.

Le conseiller rapporteur prépare un projet de rapport particulier qui est soumis à la


délibération de la chambre avant d’être adressé par le Premier Président au Premier Ministre, au
Ministre chargé des Finances et au Ministre de tutelle, lesquels peuvent formuler leurs
3
observations et exprimer leurs avis dans un délai fixé par le Premier Président et qui ne peut être
inférieur à un mois.

Ces rapports, accompagnés des avis et commentaires reçus, sont ensuite transmis au
Comité des programmes et des rapports en vue de leur insertion, le cas échéant, au rapport annuel
de la Cour et au rapport sur l’exécution de la Loi de Finances.

6. Déclaration obligatoire du patrimoine

La date du 15 février 2010 s’est caractérisée par l’entrée en vigueur du dispositif juridique
régissant la déclaration obligatoire de patrimoine (DOP).

Ce dispositif juridique a été publié au bulletin officiel n°5679 en date du 03 novembre 2008
dans sa version arabe, et le n°5680 en date du 06 novembre 2008 dans sa version française.

Le dispositif juridique régissant la DOP a pour finalité de moraliser la vie publique et de


consacrer les principes de responsabilité, de transparence et de protection des deniers publics.

L’obligation de la déclaration de patrimoine reflète ainsi la volonté du Royaume du Maroc


de renforcer la transparence et la moralisation de la gestion de la chose publique en ancrant
davantage les valeurs de droiture, d’intégrité et d’exemplarité, et ce à l'instar des pays
démocratiques avancés.

Afin de garantir l’efficacité et l’indépendance du contrôle des DOP, le législateur a confié


à la Cour des comptes le dépôt, le suivi et le contrôle des déclarations obligatoires de patrimoine.
Cette orientation a été consolidée par les principes de la Constitution de 2011, notamment les
articles 147 et 158 qui disposent respectivement ce qui suit :

 Article 147 : « ….La Cour des Comptes contrôle et assure le suivi des déclarations du
patrimoine…. ».
 Article 158 : « Toute personne, élue ou désignée, assumant une charge publique doit faire,
conformément aux modalités fixées par la loi, une déclaration écrite des biens et actifs
détenus par elle, directement ou indirectement, dès la prise de fonctions, en cours d’activité
et à la cessation de celle-ci ».

Afin de mettre en œuvre ces objectifs et toucher l’ensemble des responsables politiques et
administratifs, qu’ils soient nommés ou élus, un ensemble de mesures législatives ont été
adoptées.

Ainsi, deux (02) dahirs ont été complétés notamment celui qui régit la situation des membres
du Gouvernement et la composition de leur cabinet ainsi que celui portant création de la Haute
autorité de la communication audiovisuelle (HACA). Trois (03) lois organiques ont été également
complétées, à savoir la loi organique relative au Conseil constitutionnel, celle relative à
la Chambre des représentants et enfin celle relative à la Chambre des conseillers.

Dans le même objectif, il a été procédé à l'amendement de trois (03) lois parmi lesquelles la loi
formant statut de la magistrature, celle formant Code des juridictions financières et celle
complétant le dahir portant approbation du Code pénal.
4
Enfin, il a été créé la loi n° 54-06 instituant une déclaration obligatoire de patrimoine de
certains élus des conseils locaux et des chambres professionnelles ainsi que de certaines catégories
de fonctionnaires ou agents publics.

Ces textes de lois ont fixé le contenu de la déclaration, les catégories des assujettis, les
instances chargées de la réception, du suivi et du contrôle, les procédures et les sanctions y
afférentes.

Les catégories d’assujettis visées par les textes régissant la DOP, sont :

 Assujettis exerçant des fonctions gouvernementales et assimilés, à savoir le Chef du


Gouvernement, les ministres, les ministres délégués et les secrétaires d’Etat le cas échéant,
les personnalités assimilées aux membres du gouvernement pour leur situation
administrative et les chefs de cabinet des membres du gouvernement.
 Membres du Conseil constitutionnel.
 Représentants et conseillers du Parlement.
 Magistrats des tribunaux du Royaume.
 Magistrats des juridictions financières.
 Membres du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle.
 Certains élus des conseils locaux et des chambres professionnelles.
 Certains fonctionnaires ou agents publics.

Les déclarations obligatoires de patrimoine préconisées par la loi, se répartissent en quatre types :

 Déclaration préliminaire lors de la nomination ou élection à des fonctions assujettissant à


la déclaration de patrimoine.
 Déclaration complémentaire en cas de modifications intervenues dans le patrimoine pour
certaines catégories d’assujettis (magistrats de l’ordre judiciaire, magistrats des juridictions
financières, certains élus et certains fonctionnaires et agents de l’État).
 Renouvellement de la déclaration obligatoire qui survient tous les trois ans, ou deux ans
selon la catégorie d’assujettis, au mois de février.
 Déclaration de cessation de fonction ou de mandat pour toute autre cause que le décès.

Le non-respect de l’obligation de dépôt de la DOP, de celui des délais de dépôt ainsi que celui
des prescriptions du dispositif juridique régissant la DOP, entraîne les sanctions prévues par la
réglementation en vigueur.

7. Audit des comptes des partis politiques

Audit des comptes des partis politiques et vérification de la régularité des dépenses des
opérations électorales.

En vertu des dispositions de l’article 147 de la Constitution, la Cour des Comptes, audite les
comptes des partis politiques et vérifie la régularité des dépenses des opérations électorales.
4
À ce titre, la Cour procède au :

Contrôle de la contribution accordée par l’État aux partis politiques, et ce pour (Loi organique n°
29-11) :

 La couverture des frais de gestion (Soutien annuel).


 La couverture des frais d’organisation de leurs congrès nationaux ordinaires.
 Le financement des campagnes électorales.

Contrôle du financement des campagnes électorales des candidats aux élections :

 Générales ou partielles législatives relatives à l’élection des membres de la chambre des


représentants (Loi organique n° 27-11) et de la chambre des conseillers (Loi organique n°
28-11).
 Générales relatives à l’élection des membres des conseils des collectivités territoriales (Loi
organique n° 59-11).

Concernant l’audit des comptes annuels, tous les partis politiques, doivent produire à la Cour
des Comptes, leurs comptes annuels, au plus tard le 31 mars de chaque année, certifiés par un
expert-comptable inscrit au tableau de l’ordre des experts comptables, et doivent justifier que les
montants reçus par eux ont été utilisés, aux fins pour lesquelles ils ont été accordés.

De même, les partis ayant bénéficié de la contribution de l’État à la couverture des frais
d’organisation de leurs congrès nationaux ordinaires doivent produire un état des frais
effectivement engagés à cette fin, certifié dans les mêmes formes sus indiquées.

Quant aux partis ayant bénéficié de la participation de l’Etat au financement de leurs


campagnes électorales, ils doivent produire à la Cour des Comptes les pièces justificatives y
afférentes dans un délai maximum de trois mois, à compter de la date de versement de la deuxième
tranche de ladite contribution et justifier que les montants reçus ont été utilisés dans les délais et
selon les formes fixées par voie réglementaire, aux fins pour lesquelles ils ont été accordés.

La Cour procède ensuite à l’audit des comptes annuels et à la vérification des pièces
justificatives des dépenses au titre des participations de l’Etat sus citées.

Si la Cour constate :

 Que le parti n’ait pas produit les pièces et documents justificatifs requis.
 Ou que les pièces produites ne justifient pas, en partie ou en totalité, l’utilisation dudit
montant aux fins pour lesquelles il a été accordé.

Le Premier président adresse une mise en demeure au responsable national du parti, aux fins
de restitution du montant en question au trésor ou de régularisation de la situation.

À défaut de se conformer à la mise en demeure dans un délai de trente jours, le parti perd son
droit au soutien annuel (Art 44 et 45 de la loi organique n° 29-11) et encourt les mesures et
poursuites prévues par les lois en vigueur (Art 47 de la même loi organique).
4
Les travaux de la Cour sont ensuite consignés dans un rapport qui est publié conformément à
l’article 148 de la Constitution.

Quant aux mandataires des listes de candidature ou candidats, ils doivent établir et produire
à la Cour, dans un délai d’un mois à compter de la date de proclamation des résultats du scrutin :

 Un état détaillé des sources de financement de la campagne électorale.


 Un état des dépenses engagées.
 Les pièces justificatives des dépenses.

La Cour des comptes procède ensuite à l’examen de ces documents et s’assure que :

 Sont indiquées avec détail les sources de financement.


 L’état des dépenses a été déposé.
 Sont jointes audit état, les pièces justificatives des dépenses requises.
 Les dépenses sont justifiées.
 Le plafond des dépenses électorales a été respecté (350.000 Dh).

La Cour consigne le résultat de cet examen dans un rapport, qui doit faire mention des
candidats ayant failli à l’une des exigences sus mentionnées.

Au vu desdits rapports, le Premier président met en demeure tout représentant (Art 96 de la


loi organique n° 27-11), conseiller (Art 97 de la loi organique n° 28-11) ou élu (Art 158 de la loi
organique n° 59-11), et ce afin de produire les pièces requises dans un délai de 90 jours.

Faute de quoi, il saisit :

 La Cour constitutionnelle pour prononcer la déchéance du représentant (Art 12- LO 27-11)


ou du conseiller concerné (Art 13 de la loi organique n° 28-11).
 Ou le tribunal administratif compétent pour prononcer l’annulation de l’élection du
candidat concerné (Art 159 de la loi organique n° 59-11).

8. Assistance au parlement et au gouvernement

Assistance au Parlement : À l’égard du Parlement, la Cour peut répondre aux demandes de


précision que les Présidents des deux Chambres du Parlement peuvent lui soumettre, à l’occasion
de l’examen du rapport sur l’exécution de la Loi de finances et de la déclaration générale de
conformité ; lesquels rapport et déclaration accompagnent le projet de Loi de règlement lorsqu’il
est déposé par le Gouvernement auprès de l’une des Chambres du Parlement.

Assistance au Gouvernement : À l’égard du Gouvernement, la Cour peut inscrire à ses


programmes, à la demande du Premier Ministre, des missions d’évaluation de projets publics et
de contrôle de gestion de l’un des organismes soumis à son contrôle.
4
B- Les cours régionales des comptes

Conformément aux dispositions de l’article 149 de la Constitution, les Cours Régionales des
Comptes (CRC) sont chargées d’assurer le contrôle des comptes et de la gestion des régions et des
autres collectivités territoriales et de leurs groupements.

Les dispositions du livre II du Code des Juridictions Financières, consacré aux Cours Régionales
des Comptes, sont entrées en vigueur à partir du premier janvier 2004.

En application des dispositions de l’article 116 de la loi 62.99 formant code des juridictions
financières, le décret n°2.15.556 a fixé le nombre des Cours régionales, leurs noms, leurs sièges
ainsi que leurs ressorts territoriaux. Il s’agit de 12 Cours régionales des comptes installées dans les
villes de : Tanger, Oujda, Fès, Rabat, Béni Mellal, Casablanca, Marrakech, Errachidia, Agadir,
Guelmim, Laâyoune et Dakhla

La création des CRC s’inscrit dans le cadre du processus de renforcement de la politique


de décentralisation et de déconcentration menée par notre pays ; politique qui attribue un rôle de
plus en plus important aux collectivités locales dans la gestion des affaires publiques.

Les missions des Cours Régionales des Comptes au niveau local sont le prolongement de
celles de la Cour au niveau national. Ainsi, les attributions de la Cour et des CRC sont
complémentaires et les compétences, les procédures et l’organisation sont globalement similaires.

Missions
VÉRIFICATION ET JUGEMENT DES COMPTES
La Cour Régionale des Comptes vérifie, instruit et juge, dans la limite de son ressort, les
comptes des collectivités locales et de leurs groupements ainsi que ceux des établissements publics
placés sous leur tutelle.

Les collectivités locales et leurs groupements produisent annuellement à la CRC


concernée, leurs comptes et trimestriellement les pièces justificatives des recettes et dépenses.

Les comptables des autres organismes soumis au contrôle de la CRC doivent produire
annuellement une situation comptable retraçant les opérations de recettes, de dépenses et de
trésorerie tandis que les pièces justificatives peuvent être consultées sur place.

La procédure d’instruction est similaire à celle suivie par la Cour des Comptes. Le
Conseiller rapporteur, après avoir accompli ses investigations, établit deux rapports.

Le premier présente les résultats de l’instruction du compte et relève s’il y a lieu des
observations sur des faits de nature à mettre en jeu la responsabilité, notamment de l’ordonnateur,
du contrôleur ou du comptable dans les matières juridictionnelles de la Cour Régionale.

Le deuxième reprend les observations sur la gestion de la collectivité locale, du


groupement, de l’entreprise ou l’établissement public concerné et qui ont trait à la compétence de
la Cour Régionale en matière de contrôle de la gestion.

Le premier rapport est remis à un Conseiller contre rapporteur désigné par le Président de
la Cour Régionale. Le Conseiller contre rapporteur doit dans un délai d’un mois donner son avis
4
sur le premier rapport et le transmettre au Procureur du Roi près la Cour Régionale qui le retourne,
accompagné de ses conclusions, au Président de la Cour Régionale pour inscription au rôle des
audiences.

La Cour Régionale statue sur pièces et à huis clos après examen du rapport, des réponses
du comptable, de l’avis du contre rapporteur et des conclusions du Procureur du Roi.

La formation de jugement est composée de cinq magistrats, dont le Président. Elle se


prononce à la majorité des voix.

Si la Cour Régionale ne retient aucune irrégularité, elle statue sur le compte par un
jugement définitif. Lorsqu’elle établit l’existence d’irrégularités, elle enjoint au comptable par un
jugement provisoire de produire par écrit ses justifications ou de reverser les sommes qu’elle
déclare comme étant dues à l’organisme public concerné dans un délai de trois mois.

La Cour Régionale se prononce par un jugement définitif dans un délai ne dépassant pas
un an à compter de la date du jugement provisoire.

Le jugement définitif établit si le comptable public est quitte, en avance, ou en débet.

Il est à signaler qu’à l’instar de la Cour des Comptes, des passerelles sont établies entre le
Jugement des comptes, la discipline budgétaire et financière, la gestion de fait et l’action
disciplinaire.

- Gestion de fait
- Discipline budgétaire et financière
- Contrôle des actes budgétaires
- Contrôle de la gestion

Compétences
Conformément aux dispositions de l’article 149 de la Constitution, les Cours Régionales
des Comptes (CRC) sont chargées d’assurer le contrôle des comptes et de la gestion des régions
et des autres collectivités territoriales et de leurs groupements.

Dans la limite de son ressort, la Cour régionale :

 Juge les comptes et contrôle la gestion des collectivités locales, de leurs groupements et des
établissements publics relevant de la tutelle de ces collectivités et groupements.

 Exerce également une fonction juridictionnelle en matière de discipline budgétaire et


financière à l’égard de tout responsable, tout fonctionnaire ou agent :

- des collectivités locales et de leurs groupements.

- des établissements publics relevant de la tutelle de ces collectivités et groupements.

- de toutes sociétés ou entreprises dans lesquelles des collectivités locales ou des


groupements possèdent séparément ou conjointement, directement ou indirectement
une participation majoritaire au capital ou un pouvoir prépondérant de décision. Le
4
wali et le gouverneur sont soumis à la juridiction de la Cour régionale lorsqu’ils
agissent en tant qu’ordonnateur d’une collectivité locale ou d’un groupement.

 Contrôle la gestion des entreprises concessionnaires ou gérantes d’un service public local
et des sociétés et entreprises dans lesquelles des collectivités locales, des groupements, des
établissements publics relevant de la tutelle de ces collectivités et groupements possèdent,
séparément ou conjointement, directement ou indirectement, une participation majoritaire
au capital ou un pouvoir prépondérant de décision.

 Contrôle également l’emploi des fonds publics reçus par des entreprises, autres que celles
citées ci-dessus, des associations, ou tous autres organismes bénéficiant d’une participation
au capital ou d’un concours financier quelle que soit sa forme de la part d’une collectivité
locale, d’un groupement ou de tout autre organisme soumis au contrôle de la Cour
régionale.

 Concourt au contrôle des actes relatifs à l’exécution des budgets des collectivités locales et
de leurs groupements. À ce niveau, le ministre de l’intérieur, le wali ou le gouverneur, dans
la limite des compétences qui leur sont déléguées, conformément à la législation et à la
réglementation en vigueur, peut soumettre à la Cour régionale, toute question se
rapportant aux actes relatifs à l’exécution du budget d’une collectivité locale ou d’un
groupement.

Organisation et fonctionnement
Président

Le Président exerce ses attributions par décision ou ordonnance. Il assure la direction


générale de la Cour régionale et l’organisation de ses travaux ; il exercice les attributions suivantes
:

 Il préside les séances de la Cour régionale et peut également présider les séances
des sections de la Cour régionale.
 Il arrête le programme annuel de la Cour régionale avec la participation des
Présidents de section et en coordination avec le procureur du ROI, en ce qui
concerne les affaires relevant des attributions juridictionnelles de la Cour
régionale.
 Il répartit les travaux entre les conseillers.
 Le ministère public près la Cour régionale est exercée par le procureur du ROI,
désigné parmi les conseillers. Le procureur du ROI peut être assisté d’un ou de
plusieurs substituts.

Le procureur du ROI

Le procureur du ROI exerce son ministère par le dépôt de conclusions et de réquisitions.


Il n’exerce son ministère que dans les matières juridictionnelles dévolues à la Cour régionale.

Il exerce les attributions suivantes :

 Il reçoit communication des rapports concernant les matières


juridictionnelles dévolues à la Cour régionale.
4
 Il requiert du Président, en cas de retard dans la production des comptes,
l’application de l’amende.
 Il assiste aux séances des formations de la Cour régionale et peut y présenter
de nouvelles observations.
 S’il découvre des faits qui relèvent des compétences de la Cour régionale en
matière de gestion de fait ou de discipline budgétaire et financière, il en saisit
la Cour régionale.

Greffe

Le greffe enregistre les comptes et les autres documents comptables produits à la Cour
régionale et en assure la distribution selon le programme des travaux de la Cour régionale.

Le greffe procède ensuite à l’archivage desdits comptes et documents. Il notifie les arrêts
et actes de la Cour régionale et certifie les copies et extraits de ses actes juridictionnels.

Relations Cour des Comptes / Cours Régionales


Les relations organiques :

 Les relations organiques : Les magistrats de la Cour des comptes et des Cours régionales
des comptes forment un corps unique régi par le statut particulier des magistrats, objet du
livre III du Code des Juridictions Financières.
 Le Conseil de la Magistrature des Juridictions Financières veille à l’application dudit
statut.
 Les magistrats qui exercent dans les CRC sont nommés sur proposition du Premier
Président de la Cour des comptes, après avis conforme du Conseil de la Magistrature des
Juridictions Financières.

Les relations fonctionnelles :

 La Cour des comptes (Chambre d’Appel) constitue une juridiction d’appel contre les
jugements rendus par les CRC en matière de jugement des comptes et de discipline
budgétaire et financière.
 Les CRC transmettent à la Cour des comptes copies des rapports qu’elles établissent en
matière de contrôle de la gestion et de l’emploi des fonds publics en vue d’une insertion
éventuelle des observations relevées par les CRC dans le rapport annuel.
 La Cour des comptes coordonne les travaux des CRC et gère leur personnel. Elle exerce
également envers les CRC une mission d’inspection et de contrôle.
 Les juridictions financières disposent d’un budget unique dont le Premier Président de la
Cour est l’ordonnateur. Celui-ci peut néanmoins instituer sous ordonnateurs les
Présidents des CRC.
4
Chapitre 4 : Le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ)
Nomination, la promotion, la retraite et la discipline des magistrats.

Institué par la Constitution de 2011, en remplacement du Conseil supérieur de la


magistrature, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire est un organe de consultation, mais aussi
une force de proposition dans la mesure où il élabore, à son initiative, des rapports sur l’état de la
justice et du système judiciaire, et présente des recommandations appropriées en la matière.

À la demande de SM le Roi, du gouvernement ou du Parlement, le Conseil émet des avis


circonstanciés sur toute question se rapportant à la justice, sous réserve du principe de la
séparation des pouvoirs.

Présidé par le Souverain conformément à l’article 56 de la Constitution, le Conseil se


compose du Premier président de la Cour de cassation en qualité de Président-délégué, du
Procureur général du Roi près la Cour de Cassation, du Président de la première chambre de la
Cour de cassation, de 4 représentants élus, parmi eux, par les magistrats des cours d’appel, et de 6
représentants élus, parmi eux, par les magistrats des juridictions du premier degré. Une
représentation des femmes magistrats doit être assurée, parmi les dix membres élus, dans la
proportion de leur présence dans le corps de la magistrature.

Le conseil est également composé du Médiateur du Royaume, du Président du Conseil


national des droits de l’Homme, de 5 personnalités nommées par SM le Roi, reconnues pour leur
compétence, leur impartialité et leur probité, ainsi que pour leur apport distingué en faveur de
l’indépendance de la justice et de la primauté du droit, dont un membre est proposé par le
Secrétaire général du Conseil supérieur des oulémas.

Selon l’article 116 de la Constitution, le Conseil tient au moins deux sessions par an. Il est
doté de l’autonomie administrative et financière.

En matière disciplinaire, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire est assisté par des
magistrats-inspecteurs expérimentés. L’élection, l’organisation et le fonctionnement du Conseil,
ainsi que les critères relatifs à la gestion de la carrière des magistrats et les règles de la procédure
disciplinaire, sont fixés par une loi organique.

Dans les affaires concernant les magistrats du parquet, le Conseil prend en considération
les rapports d’évaluation établis par l’autorité hiérarchique dont ils relèvent.

Les décisions individuelles du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire sont susceptibles de


recours pour excès de pouvoir devant la plus haute juridiction administrative du Royaume.

La première remarque sur cette composition par rapport à l’ancienne composition du


conseil supérieur de la magistrature est la suivante :

Le ministre de la justice n’est plus non seulement le président délégué du conseil mais en
plus il n’y siège plus, il est exclu de la nouvelle composition. Cette mesure est le fruit des critiques
4
envers l’ancien système qui symbolisait en quelque sorte la main mise du ministère de la justice
sur la magistrature. Juste pour la symbolique, le siège du conseil supérieur de la magistrature se
situait au sein du ministère de la justice.

La loi organique 100.13 a frappé dans ses articles 6 et 7 l’exercice de la fonction de membre
du CSPJ d’un ensemble d’incompatibilités ainsi :

- La fonction de membre du conseil est incompatible, pour les magistrats élus, et l’exercice
réel de fonctions judicaires dans l’une des juridictions.
- La fonction de membre du conseil est incompatible avec membre du bureau d’une
association professionnelle des magistrats ou d’une association qui s’intéresse aux affaires
de la justice.
- La fonction de membre du conseil est incompatible, pour les personnalités nommées par
le roi, avec les membres du gouvernement, du parlement, de la cour constitutionnelle, de
la cour des comptes, du conseil économique, social est environnemental ou de toute
instance et institution prévues au titre XII de la constitution.
- La fonction de membre du conseil est incompatible avec l’exercice de toute profession
juridique ou une fonction publique élective politique ou syndicale, quelle que soit sa nature
ou sa forme.
4
Chapitre 5 : L’inspection des juridictions

Selon l’article 13 de la loi n° 1-74-338 fixant l’organisation judicaire du Royaume,


l’inspection des juridictions est destinée, notamment, à apprécier leur fonctionnement ainsi que
celui des services qui en dépendent, les méthodes utilisées et la manière de servir des personnels
magistrats et greffiers. En d’autres termes l’inspection des juridictions vise l’évaluation de celles-
ci avec comme conséquence le contrôle, la vérification et la surveillance de ces juridictions dans
le but d’unifier leurs modes de fonctionnement, ainsi de desceller les problèmes et les obstacles
qui entravent leur bon fonctionnement. Ceci va permettre d’anticiper des éventuels
dysfonctionnements et d’y remédier ou de faire des propositions pour améliorer le
fonctionnement de la justice. Cela va permettre enfin d’enquêter sur des faits déterminés qui
mettent enfin d’enquête sur des faits déterminés qui mettent en cause la gestion ou le
fonctionnement de ces juridictions.

Il faut préciser que cette inspection porte seulement sur la gestion et le fonctionnement
administratif des juridictions et non pas sur la fonction de juger des magistrats qui gardent leur
totale indépendance. L’inspection des juridictions ne doit pas toucher la souveraineté et
l’indépendance des juges.
En générale, il y a deux types d’inspection :

1- L’inspection centrale :

Ce type d’inspection est prévu dans l’article 13 de la loi du 15 juillet 1974 relative à
l’organisation judicaire. Le ministre de la justice désigne un ou plusieurs magistrats appartenant
à la cour de cassation ou en fonctions à l’administration centrale de son département, pur procéder
à l’inspection des juridictions autres que la cour de cassation ou pour enquêter sur des faits
déterminés.

Les inspecteurs disposent d’un pouvoir général d’investigations, de vérification et de


contrôle. Ils peuvent notamment convoquer et entendre les magistrats et fonctionnaires des
juridictions et se faire communiquer tout document utile. Toutefois, lorsque les investigations
portent sur un magistrat, l’inspecteur qui en est chargé doit être d’un grade égal ou supérieur à
celui du magistrat inspecté. Les rapports d’inspection sont transmis sans délai au ministre de la
justice avec les conclusions des inspecteurs ainsi que leurs suggestions.

Cependant, pour concrétiser la séparation et l’indépendance du pouvoir judicaire par


rapport au pouvoir exécutif représenté par le ministre de la justice. Le projet de la loi organique
n° 100.13 relatives au conseil supérieur du pouvoir judicaire, a attribué l’inspection des juridictions
à ce conseil, comme il ressort des termes de l’article 50 du projet : le conseil dispose d’une
inspection générale des affaires judicaires, une loi détermine sa composition, ses compétences, ses
domaines d’intervention et ses droits et obligations.

L’inspection générale est dirigée par un inspecteur général nommé par Dahir, sur
proposition du président délégué du CSPJ, après consultation des membres du conseil, parmi les
magistrats de grade exceptionnel ou supérieur, pour une durée de 5 ans renouvelable une fois, il
peut être mis fin à cette nomination avant.
5
2- L’inspection locale (surveillance hiérarchiques) :

Les modalités de ce type d’inspection sont posées par l’article 14 et suivant du Dahir
d’organisation judicaire.

Le législateur a confié cette mission, tout d’abord au premier président de la cour de


cassation qui exerce une surveillance sur les magistrats du siège de cette cour d’appel, des cours
d’appel administratives et des cours d’appel de commerce. De même, le procureur général près de
la cour de cassation surveille tous les magistrats du ministère public de ladite cour et les services
du secrétariat du parquet général.

En second lieu, les premiers présidents des cours d’appel, les procureurs généraux du Roi
près ces cours, les premiers présidents des cours d’appel administratives, les premiers présidents
des cours d’appel de commerce et les procureurs généraux du Roi près desdites cours procèdent
personnellement à l’inspection des juridictions de leur ressort dans la limite de leurs attributions
respectives chaque fois qu’ils le jugent utile et au moins une fois par an. Ils rendent compte au
ministre de la justice des constations qu’ils ont faites.

D’autres part, les présidents des tribunaux administratifs, les présidents des tribunaux de
commerce et ceux des tribunaux de première instance exercent leur surveillance sur les magistrats
du siège de leur tribunal, ainsi que sur les services du greffe. Les procureurs du Roi près des
tribunaux de première instance et des tribunaux de commerce ont autorité sur leurs substituts
ainsi que sur les agents du greffe chargés du service pénal ou exerçant dans ces juridictions les
fonctions de secrétaires de parquet ou des fonctions comptable.
5
Partie II
Les acteurs de la justice ou les « gens de justice »

« Les juges trônent, les avocats plaident, les procureurs requièrent »

Pour que la justice soit rendue dans des conditions ménageant les intérêts publics des
citoyens comme les intérêts privés des justiciables, de nombreux intervenants s’associent. Tous
ne font pas profession de contribuer au fonctionnement de la justice à titre principale : on peut
citer les notaires, les oudouls, les experts etc. les auxiliaires de justice sont des professionnels dont
l’activité est de participer à titre essentiel et parfois à titre exclusif, au fonctionnement du service
public de la justice. Il s’agit des avocats, huissiers de justice, greffiers, qui apportent un concours
indispensable aux parties et aux juges.

Les acteurs essentiels restent les magistrats et juges, investis de la mission de rendre les
décisions, auxquels il faut ajouter le ministère public, magistrats chargés de la défense des intérêts
de la loi et de l’ordre public devant les tribunaux.
Pour mieux traiter ses catégories d’acteurs, nous allons d’abord aborder le personnel de
juridictions c'est-à-dire ceux qui relèvent directement du service public de la justice. Ensuite, les
auxiliaires de justice c'est-à-dire ceux qui contribuent par leurs professions à la réalisation de la
justice.
5
Chapitre 1 : Le personnel des juridictions

A- Les magistrats

Au sens étymologique, le magistrat est emprunté du latin « magistratus » qui désigne charge,
fonction publique. Au sens judicaire, le magistrat est une personne ayant un pouvoir judicaire.

La magistrature au Maroc comprend les magistrats de siège constituant la magistrature assise


dont le rôle est de juger (les juges du latin judx, -icis, de jus, le droit, et dicere, dire), et les magistrats
du parquet ou le ministère public constituant la magistrature debout dont le rôle est défendu
l’intérêt général mais ne jugent pas (procureurs, substituts, avocats généraux).
Les notions d’impartialité et d’indépendance du pouvoir judiciaire, qui confère à la fonction
judiciaire sa légitimité suppose un statut propre. Le législateur marocain a soumis les magistrats
un statut particulier indépendant du statut de la fonction publique ; ce statut est régi par la loi du
11 novembre 1974 celui-ci fait l’objet en ce moment d’une redorme qui est arrivée à un stade très
avancé.
1- Les modalités de recrutement des magistrats
a- Mode de recrutement normal

Ce mode de recrutement est régi par le paragraphe 1 de l’article 3 du Dahir du 11 novembre


1974 qui dispose : « Les magistrats sont nommés par les attaches de la justice dans les conditions
prévues le présent Dahir ».

L’article 4 de ce Dahir pose d’abord les conditions d’exercice de la fonction d’attaches de


justice qui sont les suivantes : Nul ne peut être nommé attaché de justice :
- S’il ne possède la nationalité marocaine, sous réserve des incapables prévues dans le code
de la nationalité marocaine.
- S’il ne jouit pas de ses droits civiques et s’il n’est de bonne moralité.
- S’il ne remplit les conditions d’aptitude physiques exigées pour l’exercice de la fonction.
- S’il n’est âgé de 21 an révolus.
- S’il ne se trouve en position régulière au regard des lois relatives aux services militaire et
civil.

L’article 5 poursuit que les attachés de justice sont recrutés selon les besoins des différentes
juridictions par voie de concours ouverts aux personnes remplissant les conditions précitées et
titulaires universitaire qui ne peut être inférieur à une licence. Un texte réglementaire fixe la liste
des diplômes universitaires requis.

Les candidats ayant satisfait aux épreuves du concours sont nommés attachés de justice par
arrêté du ministre de la justice. Ils perçoivent une rémunération fixée par décret. Ils effectuent en
cette qualité un stage dont la durée est fixée par voies réglementaire et qui peut être inférieure à 2
années. A l’issue de la durée du stage. Les attachés de justice qui ont subi avec succès cet examen
seront nommés par Dahir sur propositions du conseil supérieur de la magistrature, au premier
échelon du 3ème grade. Ils sont affectés au sein des différentes juridictions selon leur fonction. La
réforme constitutionnel / loi organique 106.13.
5
b- Mode de recrutement exceptionnel

D’après le deuxième paragraphe de l’article 3 du dahir du 11 novembre 1974, peuvent être


nommés directement à l’un des premier, deuxième ou troisième grade de la magistrature, s’ils
remplissent les conditions de l’article 4 :
1- Les professeurs de droit ayant enseigné une matière fondamentale pendant dix ans.
2- Les avocats justifiant de 15 années d’exercice de leur profession.
3- En ce qui concerne les tribunaux administratifs, les fonctionnaires appartenant à un
grade classé à l’échelle n° 11 ou grade assimilé, justifiant de 10 années au moins de
service publics effectifs et titulaire d’une licence en droit ou d’un diplôme équivalent.

2- Les particularités du ministère public

Composition du ministère public


le ministère public est composé :
- près des tribunaux de première instance: un procureur du Roi est
substituts
- Près des cours d'appel: un procureur général du Roi, des substituts
généraux.
- Près de la cour de cassation: un procureur général du Roi, des avocats
généraux.

À côté des juges, dont la mission est de juger, appelés les magistrats de siège parce qu’ils
rendent la justice assis, il existe une catégorie particulière de magistrats dont la fonction est,
notamment, de veiller au respect de la loi, et de l’ordre public : ce sont les magistrats du ministère
public (ou encore magistrats du parquet ou magistrature debout, parce que lorsqu’un représentant
du ministère public prend la parole à une audience, il se lève et se tient debout à la différence des
magistrats de siège). Les magistrats du parquet sont placés sous la direction et le contrôle de leurs
chefs hiérarchiques et sous l’autorité du ministre de la justice. Ce statut particulier du ministère
public se justifie par le fait que ses fonctions en droit ne consistent pas à « juger ». Contrairement
aux juges de siège qui bénéficient d’un statut d’indépendance : le parquetier aux corps de la
magistrature mais n’est pas un « juge ».

La différence entre magistrat du siège et magistrats du parquet

Les magistrats du siège ont pour mission d'appliquer la loi et de dire le droit après avoir
entendu les différentes parties en litige et leurs avocats.

Selon leur spécialisation, les magistrats exercent, au sein du siège, différentes fonctions : juge
d'instance, juge des enfants, juge d'instruction, juge d'application des peines et juge des affaires
familiales.
5
Les magistrats du siège ont un statut particulier puisqu'ils sont inamovibles et n'ont pas
de contrôle hiérarchique, ce qui leur assure une indépendance vis-à-vis du pouvoir. Ils sont
nommés par le Conseil Supérieur de la Magistrature (qui a également un rôle disciplinaire) et le
gouvernement, selon diverses modalités.

Les magistrats du parquet ont un rôle très différent : ils défendent l'intérêt public.
Procureurs de la République ou substituts, ils sont placés sous l'autorité directe du garde des
Sceaux. Leur rôle est essentiellement répressif, ils ne rendent pas de jugement.
Ils sont les destinataires des plaintes, des procès-verbaux et apprécient l'opportunité des
poursuites. Ils dirigent les services de police et de gendarmerie lors des enquêtes judiciaires.

Parquet : il est debout, il ne juge pas.


Siège : il est assis, il juge

Qu'est-ce que le ministère public ? Le ministère public désigne le service public confié à des
magistrats qui sont chargés d'exercer l'action publique devant toute juridiction répressive. Ils sont
plus aussi appelés "Parquet", ils représentent la société.
Qu'est-ce que l'action publique ? L'action publique est définie à l'article 1 du Code de Procédure
Pénale. C'est une action en justice, mais pas n'importe laquelle. C'est celle qui a pour objet
l'application d'une peine, peine qui par définition, sera prononcée au nom de la société ; le droit
pénal étant d'intérêt général. Puisque le droit pénal est d'intérêt général, l'action est publique. Elle
appartient à tous, même si cette action publique ne peut pas être exercée par n'importe quel
citoyen, sur le mode de l’action populaire. En France, l'exercice de l'action publique est réservé à
certaines personnes, et met aux prises deux catégories de parties : les demandeurs à l'action
publique qui agissent au nom de la société, et les défendeurs à l’action publique.

Le ministère public a vu le jour au Maroc à l’avènement du protectorat avec le dahir du 12


aout 1913 dans les tribunaux de paix, tribunaux de première instance et la cour d’appel de Rabat.
En revanche dans les autres juridictions : religieuses, makhzen et coutumières les autorités du
protectorat ont introduit les commissaires du gouvernement qui jouaient un rôle proche de celui
du ministère public. A l’indépendance cette institution s’est installé une fois pour toute dans le
système judicaire marocain avec le Dahir du 27 novembre 1957 instituant la cour suprême, ensuite
avec le Dahir du 15 juillet 1974 relatif à l’organisation judicaire du royaume dans ses articles 2,6 et
10.
Le rôle et l’indépendance du ministère public reste l’un des sujets qui ont animé le débat
sur la justice ces derniers temps, surtout après la constitution de 2011. La question de
l’indépendance du ministère public par rapport au ministère de la justice a partagé le monde des
juristes, des politiques et de la société civile et même qui été l’un des obstacles qui sont à l’origine
du retard qu’a connu élaboration de certain projet de loi. C’est le cas du projet de la loi organique
relative au conseil supérieur du pouvoir judicaire. Elle est même si on se fie à l’avis de certains
chercheurs la raison derrière l’ambigüité du texte du projet de cette la loi concernant le rapport du
ministère publique et le conseil supérieur du pouvoir judicaire. Surtout dans les dispositions de
l’article 103 de ce projet de loi : le conseil reçoit des rapports sur l’état de la magistrature et de la
justice. Ces rapports émanent surtout :
- Du premier président de la cour de cassation et procureur général du Roi près de celle-ci
chacun selon son domaine de compétence :
- Du procureur général du Roi prés de la cour de cassation en sa qualité du chef du ministère
public sur le fonctionnement du ministère public ;
5
- Du ministre chargé de la justice sur l’administration judicaire, et le bilan de ses exploits et
les programmes de son travail, ainsi les états des professions judicaires ;
- De l’inspection générale des affaires judicaires ;
- Des institutions et instances de protection des droits et des libertés et de la bonne
gouvernance comme prévue dans la constitution ;
- Des associations professionnelles des magistrats ;
- Des associations de la société civile et les organisations non gouvernementales qui
s’intéressent aux affaires de la justice.

Les attributions du ministère public :

 Des attributions extra-judiciaires : le ministère public par exemple vérifie la tenue des
registres de l’état civil, exerce une surveillance sur les officiels ministériels (oudouls,
notaires, interprètes assermentés, huissiers, etc.)
 Des attributions judicaires : elles diffèrent selon la nature des affaires à juger ; civiles ou
pénales :

a- Le rôle du ministère public devant les juridictions civiles :

Tel est le titre du chapitre deuxième du titre premier du code de la procédure civile : le rôle
du ministère public devant les juridictions civiles. Si on se réfère aux dispositions de l’article 6 de
ce code, le ministère public peut agir comme partie principale ou intervenir comme partie jointe,
il représente autrui dans les cas déterminés par la loi.

- Soit comme partie principale : le ministère public agit en qualité de demandeur ou de


défendeur (en qualité de plaideur) dans les cas expressément déterminés par la loi (article
7 du CPC). En pareil cas il est tenu d’assister à l’audience. On dit que le ministère public
agit par voie d’action. Les conséquences de cette action sont les suivantes :

 Il prend la parole comme le fait le plaideur, le premier s’il est demandeur, le second
s’il est défendeur.
 Il ne peut pas être récusé.
 Il peut interjeter appel ou se pourvoir en cassation mais ne peut former des
oppositions.
 Sil perd il ne paie que ses propres frais la partie gagnante paie les siens.
- Soit comme partie jointe : on dit le ministère public agit par voie de réquisition, c(est le
principe en matière civile. Même si sa présence est facultative, il peut être réquisitionné
pour donner son avis à l’audience sur une conséquence de cette intervention sont en
principe opposées aux premières :

 Il prend la parole après les parties ;


 Il peut être récusé par les parties ;
 Il ne peut former des voies de recours ;
 Il ne supporte aucun frais du procès.
Les cas de l’intervention du ministère public comme partie jointe ont été décrites par
l’article 8 du CPC. Il a distingué trois types d’intervention : légale, volontaire ou d’office
par le juge. L’article 9 du CPC donne les cas des communications légales et d’office.
5
b- Le rôle du ministère public devant les juridictions pénales :

En matière pénale contrairement au civile, le ministère public joue un rôle essentiel dans
la procédure. Il est toujours parti principale au procès. Aucune juridiction représentant du parquet.
Ceci est dû au rôle qu’il joue en tant que défendeur de l’intérêt général (la société) et de l’ordre
public. Il est en outre tenu de veiller au respect et à la stricte application de la loi.

Dans a mise en œuvre de l’action publique, le procureur du Roi décide s’il est opportun
d’engager des poursuites ou de classer sans suite dès que les circonstances particulières liées à la
commission des faits poursuites (article 2 et suivant du code de la procédure pénale).

Le législateur marocain a consacré le troisième chapitre du titre I du livre I du code de la


procédure pénale au ministère public. Il l’a divisé en trois sections : dispositions générales, du
procureur du Roi et des attributions du procureur général du Roi près la cour d’appel.

Il ressort des dispositions de ce chapitre que le ministère public est représenté auprès des
tribunaux de première instance par le procureur du Roi en personne ou par ses substituts et exerce
l’action publique dans le ressort dudit tribunal sous l’autorité du procureur général du Roi. Ce
dernier quant à lui représente le ministère public auprès de la cour d’appel en sa personne en
qualité de chef parquet général, ou par ses substituts.

Le procureur général est chargé de veiller à l’application de la loi pénale dans toute
l’étendue du ressort de la cour d’appel. Il exerce son autorité sur tous les magistrats du ministère
public du ressort de sa circonscription, ainsi que sur les officiers et agents de, police judicaire et
sur les fonctionnaires exerçant les fonctions de police judicaire conformément à l’article 17 du
CPP.

Le procureur procède ou fait procéder à tous les actes nécessaires à la recherche des auteurs
des infractions à la loi pénale. Il ordonne qu’ils soient appréhendés et présentés aux fins de
poursuites. Il doit tenir informé le procureur général du Roi des crimes qui parviennent à ses
connaissances ainsi que les événements et infractions graves de nature à troubler la sécurité
publique.

Le procureur général procède en personne ou fait procéder à tous les actes nécessaires à la
recherche des crimes, en appréhender les auteurs et les présenter aux fins de poursuites.

Ceux-ci sont quelques exemples des attributions du procureur et du procureur général du


Roi.

A coté des attributions judicaires le ministère public a des attributions extra-judiciaires :


ainsi par exemple, il vérifie la tenue des registres de l’état civil, exerce une surveillance sur les
officiers ministériels et sur certaines professions libérales (oudouls, notaires, interprètes
assermentés, huissiers, etc.)

3- Les droits et devoirs des Magistrats

Les magistrats sont astreints à certaines obligations, certaines liées à la profession qu’ils
exercent, d’autres à leur situation. Ils sont par exemple astreints à résider au siège de la juridiction
dans laquelle ils exercent. Cependant des dérogations exceptionnelles à caractère individuel et
provisoire peuvent être accordées par le ministre de la justice, après avis des chefs de juridiction
5
a- Les droits d’un magistrat :

 Droit à la protection : Les magistrats sont protégés par l’Etat contre les attaques, les menaces,
les outrages, les injures, les diffamations dont ils peuvent faire l’objet à l’occasion de l’exercice
de leurs fonctions, conformément aux prescriptions de l’article 20 du statut précité. Dans ce
cas l’Etat est subrogé dans les droits et les actions de la victime contre l’auteur du dommage
 Droit à l’avancement normal : Conformément aux dispositions de l’article 23, l’avancement
des magistrats comprend l’avancement de grade et celui d’échelon. Il a lieu de façon
continue de grade à grade et d’échelon à échelon

b- Les devoirs d’un magistrat :

Les magistrats sont astreints à certaines obligations, certaines liées à la profession qu’ils
exercent, d’autres à leur situation. Ils sont par exemple astreints à résider au siège de la juridiction
dans laquelle ils exercent. Cependant des dérogations exceptionnelles à caractère individuel et
provisoire peuvent être accordées par le ministre de la justice, après avis des chefs de juridiction.

 La prestation de serment : Celle-ci est réglementée par les dispositions de l’article 18 du


statut de la magistrature qui stipule que tout magistrat lors de sa nomination à son premier
poste et avant d’entrer en fonction, doit prêter serment en ses termes : « Je jure devant
Dieu de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de garder religieusement le
secret des délibérations et de me conduire en tout comme un digne et loyal
magistrat ».
 Le serment est donc une affirmation solennelle, ayant pour les croyants un caractère
religieux. Cette affirmation, orale ou écrite, par laquelle un magistrat jure devant Dieu de
respecter ses devoirs et ses obligations n’est pas une simple formalité. L’ordre des
magistrats accorde une importance notable à la teneur de ce serment, lequel est considéré
comme un engagement. Il est d’ailleurs rappelé aux jeunes magistrats stagiaires lors des
conférences de stage et à l’occasion des délibérations ou en toute autre occasion. Mais c’est
surtout en matière criminelle que le serment est rappelé avec vigueur, tant l’enjeu est
important chaque fois qu’il s’agit de la liberté individuelle.
 Le secret professionnel : On définit généralement le secret professionnel comme étant une
obligation de ne pas divulguer hors des cas prévus par la loi, des faits confidentiels ou
frappés du sceau du secret dont on a eu connaissance dans l’exercice des fonctions
judiciaires, administratives ou autres.
 Le secret professionnel s’impose aux magistrats autant que pour l’ensemble des
fonctionnaires de l’Etat. Certaines professions libérales (avocats, médecins) y sont
également tenues
 Obligation de réserve : La réserve implique la retenue dans l’expression et le
comportement. Les magistrats sont tenus à l’obligation de réserve que leur impose la
5
nature de leur mission (dignité, droiture, impartialité, modestie). Les magistrats ne
peuvent adhérer ni aux partis politiques ni aux syndicats, ni assister aux meetings,
réunions et congrès en dehors de ceux relatifs à leur profession ou qui revêtent un caractère
culturel. Cette obligation a pour but de placer les magistrats à l’abri des luttes partisanes
susceptibles de porter atteinte à la dignité de leurs fonctions en mettant en doute la
neutralité dont ils ne doivent jamais se départir.
 Interdiction d’exercer une activité rémunérée : Cette mesure a pour but d’éviter aux
magistrats de se trouver dans une situation de dépendance en étant salariés. Ils ne peuvent
non plus s’adonner au commerce, ou exercer les fonctions d’agents d’affaires. Cependant
cette interdiction ne s’étend pas à la production d’œuvres littéraires, scientifiques, ou
artistiques. Toutefois les auteurs ne peuvent à cette occasion faire mention de leur qualité
de magistrat qu’avec l’autorisation du ministre de la justice.
 Déclaration de la fortune des magistrats : En vertu des dispositions de l’article 16 du statut
de la magistrature : « Tout magistrat est tenu de déclarer par écrit et sur l’honneur quels sont les
biens immobiliers et les valeurs mobilières qu’il possède, ainsi que ceux de son conjoint et de ses
enfants mineurs ». Cette déclaration doit être déposée dans les trois mois qui suivent sa
nomination. Le ministre de la justice est chargé de suivre l’évolution de la situation
de fortune des magistrats et des membres de leur famille en application de l’article 17 du
statut.

4- Le personnel judicaire (le personnel des greffiers et le personnel du parquet voire


l’annexe)
5
Chapitre 2 : Les auxiliaires de justice

Ils ont pour rôle de faciliter le déroulement du procès en assistant les magistrats ou les parties.
Selon leur statut juridique. Il y a lieu de distinguer les auxiliaires directes et les auxiliaires
indirectes.

I- Les auxiliaires directs

1. Les fonctionnaires du corps des secrétaires greffiers :

Les secrétaires greffiers ont pour mission : D’assister aux audiences et de transcrire les
jugements sous la dictée (ou d’après les notes) du président ; De conserver les minutes originaux
des jugements et des procès-verbaux ; Délivrer les copies « expéditions » des décisions du tribunal
; De tenir un certain nombre de registre et d’en délivrer les extraits.

2. Les huissiers de justice :

Après la réforme de 1980. Les huissiers de justice, qui relevaient au paravent de la fonction
publique, exercent leurs taches comme des nombres de la profession libérale. Ils ont chargé de
signifier les actes de procédures ou les actes extrajudiciaires, ils sont également chargés de
l’exécution forcée des jugements (saisie).

II- Les auxiliaires indirects :

Bien que leur principale vocation consiste à assister les personnes physique ou morales et à
défendre les intérêts privés, les avocats, les oukils judiciaires et les défenseurs agrées apportent un
précieux concours au fonctionnement de la justice en réparant les dossiers et en développant les
arguments de droit et de faits, à propos d’un litige ils contribuent à éclairer les juges et à faciliter
leur tâche.

1. Les avocats :

Les conditions d’exercice de la fonction d’avocat ainsi que l’organisation des barreaux sont
régies par le dahir du 8 novembre 1979 portant promulgation de la loi n° 19-79, qui sera complété
par un décret du 1er février 1982 déterminant les modalités d’obtention d’un certificat d’aptitude à
la profession d’avocat. Ces réformes ont transformé de façon profonde les conditions d’accès à la
profession d’avocat. Ces conditions sont énumérées par l’article 8 du dahir 1979 on retiendra en
particulier qu’il faut : être de nationalité marocaine, sous réserve des dérogations prévues par les
conventions internationales ; être titulaire d’une licence en droit ou d’un diplôme équivalent ;
jouir de ses droits civiques et civils ; n’avoir pas été l’auteur de faits contraires à l’honneur, à la
probité et aux bonnes mœurs. Sous l’empire du décret royal de 1968, le candidat devait d’abord
subir les épreuves des certificats d’aptitudes à la profession d’avocat et effectuer un stage en suite
dans le cabinet d’un avocat, depuis l’avènement du dahir de 1979, l’examen en question n’est subi
qu’à l’issue d’un stage de deux ans. Le rôle de l’avocat dans le droit judiciaire marocain : Aux
termes de l’article 1er du dahir de 1979, les avocats font partie de la famille judiciaire, leur
profession est une profession libérale et indépendante. La principale attribution de l’avocat,
6
réaffirmée par l’article 4, consiste à plaider, assister, défendre et représenter les parties en justice,
il bénéficie donc d’un monopole de la défense, il s’agit d’une prérogative traditionnelle qui est
reprise par l’article 33 et assister les parties devant les juridictions marocaines les avocats inscrits
au tableau d’un barreau du royaume. Il faut préciser que ce monopole reconnu aux avocats n’est
pas absolu, sans doute, l’article 34 dispose que les requêtes, les mémoires en défense et les
conclusions en toutes matières, sauf en matière pénale, sont obligatoirement présentés par un
avocat, chaque fois que la procédure écrite est édictée par la loi. L’avocat est aussi un mandataire
légal qui est habilité à effectuer de pleins droits tous les actes de la procédure l’avocat peut
également donner des conseils consultation juridique. Il peut rédiger tous les actes sous-seing
privé de quelle nature quelques soient.

2. Les oukils judiciaires :

Institués par un dahir du 7 septembre 1925, les oukils judicaires jouent un rôle à peu près
identique à celui des avocats ; ils assistent et représentent les parties et rédigent tous les actes de
la procédure, or il existe une différence fondamentale entre les deux fonctions dans la mesure où
les oukils judiciaires ne peuvent intervenir que dans les matières qui relèvent du charâa. Selon le
décret royal, du 19 décembre 1968, dans son article 71 « les oukils judiciaires en fonction à la date
d’entrée en vigueur de la présente loi continueront à exercer leur profession dans les conditions
prévues par dahir 7 septembre 1925 à représenter les parties en matière immobilière à l’exception
toutefois du contentieux de l’immatriculation et des litiges relatifs aux immeubles immatriculés.

3. Les défenseurs agréés :

À l’époque du protectorat ils représentaient un corps assez important, leur fonction juridique
n’était pas aussi posée que celle des avocats en raison de l’expérience acquise. L’article 71 précité
du décret royal de 1968 prévoit que les défenseurs agréés seront inscrits d’office dans les barreaux
dès la publication de la présente loi. Les défenseurs agréés assistent et représentent les parties
devant les juridictions du royaume.