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Cours N° 03 : Méthodes intégrales

Méthodes Intégrales

Introduction..............................................................................................................................2
Formulations intégrales..........................................................................................................2
Problème physique : Problème aux limites ....................................................................2
Méthodes des résidus pondérés : formulation intégrale Forte.....................................3
Formulation variatonnelle : Forme intégrale faible.......................................................4
Intégration par partie : ...............................................................................................4
Application des conditions aux limites : ................................................................4
Résumé :....................................................................................................................................5
Fonctionnelles et formes quadratiques : (voir 1A).............................................................5
Forme quadratique :............................................................................................................5
Définition d’une fonctionnelle ..........................................................................................6
Stationnarité de la fonctionnelle :............................................................................6
Application à un problème de mécanique : une barre en traction- compression .........7
Méthodes des résidus pondérés : formulation intégrale Forte.....................................7
Formulation variatonnelle : forme intégrale faible........................................................7
Application des conditions aux limites : ................................................................7
Forme quadratique :............................................................................................................8
Définition d’une fonctionnelle ..........................................................................................8
Stationnarité de la fonctionnelle :............................................................................8
Définitions mécaniques : ...................................................................................................8
Théorème de l’énergie potentielle : (principe de stationnarité).........................9
Exemple de conduction thermique :...................................................................................10
Définition du problème aux limites : (modèle mathématique) :................................10
Définition d’une fonctionnelle :......................................................................................10
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Introduction
Nous avons vu dans le cours précédent (Méthode de Différences Finies : MDF), que la
recherche d'une solution approchée est obtenue en transformant les dérivations partielles
dans l'équation d'équilibre locale en une opération algébrique écrite en un nombre fini
de points (discrétisation) du domaine. Nous obtenons ainsi un système algébrique à
résoudre.
Nous allons voir dans ce cours une autre démarche d'approximation basée sur le
principe de vérifier l’équation d’équilibre au sens intégral. Nous essayons de donner
une interprétation à ces intégrales lorsque cela est possible. En effet nous avons vu dans
le cours N°1 que la description d’un phénomène physique peut être faite au sens local :
équation d’équilibre ou au sens global (intégral) équation du bilan.
Cette démarche peut donc trouver toute sa justification dans le sens physique qu'elle
peut traduire. Nous reviendrons sur ce point un peu plus loin
Nous passerons en revue les différentes approches intégrales possibles : forme intégrale
forte, forme faible, fonctionnelle…
Nous reviendrons au prochain cours (cours N°5) sur l’approche numérique qui
permettra de résoudre la forme intégrale retenue pour la recherche de la solution
approchée du problème original.

Formulations intégrales

Problème physique : Problème aux limites


Considérons un problème physique continu stationnaire à une dimension gouverné par
le système d'équations «différentielles/ aux dérivées partielles » suivant :
 d  du ( x ) 
−  a  + cu ( x ) − q ( x ) =0 où 0 ≤ x ≤ Léquationd ' équilibre
 dx  dx 
 (3.1)
 u 0 =u  du ( x ) 
 ( ) 0 et  a  = Q 0 conditionsaux lim ites
  dx  x =L
Où a=a(x), c=c(x), q=q(x), u 0 et Q0 sont données.

Ce problème est représentatif d’un grand nombre d’applications physiques importantes.


 u = ledéplacementtransversal

Equation d ' unecorde  a = la tension
 q = laforcetransversaledistribuée

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 u = ledéplacementlongitudinal
 a = EA

Unebarreentraction - compression 
 q = laforcedistribuéelelong delabarre
 Q 0 = force axiale a u b o u t
 u = la température
 a = λ conductivité thermique

Uneconductionthermique 
 q = lachaleur produite
 Q 0 = fluxthermiqueaubout
 u = pressionhydrostatique
 4
 a = π D  D = diamètre, µ = vis cos ité
Unécoulementdans un tube   128 µ 
 q = sourcefluide (= 0)

 Q 0 = débit au bout

Méthodes des résidus pondérés : formulation intégrale


Forte

Nous appelons résidu la quantité R (u) défini par :


d  du ( x ) 
R (u N ) = −  a N  + cu N ( x ) − q ( x ) (3.2)
dx  dx 
R (u) = 0 pour la solution exacte du problème et R (u N ) # 0 pour la solution approchée.
R (u N ) est appelée aussi fonction erreur.
La notion de résidu trouve son explication dans le faite que nous pouvons l’associer
aussi à une notion d’erreur due à l’approximation.

Soit la forme intégrale suivante :

 d  du ( x )  
∫ Ω
ϕ ( x) ⋅ −  a
 dx  dx


+ cu ( x ) − q ( x )  dΩ = 0

(3.3)

Dans cette forme intégrale, la fonction ϕ est dite «fonction de pondération » et la


fonction u sera approximée par :
N
u (x) ≅ u N (x) =
∑j =1
a j × P j ( x ) + P0 ( x ) (3.4)

Comme nous l’avons signalé plus haut, cette approximation peut être locale
(approximation sur un sous domaine : éléments finis) ou globale, auquel cas les
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fonctions d’approximation doivent satisfaire certaines conditions parmi lesquelles les
conditions aux limites et l’ordre de dérivation dans l’opérateur L.

Cette forme intégrale est dite aussi forme intégrale forte


(intégrale pondérée ou résidu pondéré).

Formulation variatonnelle : Forme intégrale faible

Intégration par partie :


Au lieu d’utiliser directement la forme intégrale (forme intégrale forte), nous pouvons
aussi faire une intégration par partie qui nous donne :
L  d  du (x )  
∫ 0
ϕ ( x ) ⋅ −  a
 dx  dx 
 + cu ( x ) − q ( x )  dx = 0

L L L
d ϕ ( x ) du ( x)  du ( x ) 
∫ 0 dx
a
dx
dx +
0 ∫
ϕ ( x ) ⋅ cu ( x ) − q ( x )  dx − ϕ ( x ) a
 dx
 = 0 (3.5)
0

Sous cette forme, nous avons réparti l’ordre de dérivation entre la fonction inconnue u
et la fonction de pondération ϕ. Cette répartition a diminué l’ordre de dérivation de u et
va donc facilité la recherche de son approximation.

C’est un avantage considérable de l’utilisation d’une formulation faible. Il peut être


encore plus significatif si l’opérateur du problème est d’ordre de dérivation plus élevé
(exemple d’une poutre en flexion simple : ordre quatre).
Un autre avantage important est de faire apparaître dans les intégrales de bords d’une
manière explicite des conditions aux limites.
C’est le cas dans notre exemple de la condition en x = L. Cette condition peut être donc
prise en compte directement.

Application des conditions aux limites :


L’application de la deuxième condition aux limites (en x = L), nous donne :
L L
dw ( x ) du ( x )
∫ 0 dx
a
dx
dx +

0
w ( x ) ⋅ cu ( x ) − q ( x )  dx
(3.6)
du ( x )
− w ( L ) Q 0 + w ( 0 )a =0
dx x = 0
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Nous imposons d’autre part que ϕ(0) = 0. Ce choix va éliminer l’autre

intégrale de bord qui reste.
Nous avons donc finalement :

L L
dw ( x ) du ( x )
∫ 0 dx
a
dx
dx +

0
w ( x ) ⋅  cu ( x ) − q ( x )  dx − w ( L ) Q 0 = 0 (3.7)

C’est la forme intégrale faible associée à notre problème initial.

Les fonctions u et ϕ doivent être une fois dérivable et en plus u(0) = u 0 et ϕ(0) = 0.
En particulier, la recherche de l’approximation de u doit être faite dans cet espace
fonctionnel.
Remarquons qu’au départ la recherche de l’approximation était dans l’espace des
fonctions deux fois dérivables.

Résumé :
Nous pouvons dire qu’une formulation faible a deux avantages essentiels : elle permet
d’une part de diminuer d’ordre de dérivabilité requis pour la fonction inconnue et
d’autre part de prendre en compte directement certaines conditions aux limites. Ces
deux avantages facilitent la recherche des fonctions d’approximation.

Fonctionnelles et formes quadratiques : (voir 1A)

Forme quadratique :
Dans certains cas, en particulier dans notre exemple et plus généralement pour les cas
ou l’ordre de dérivation dans l’opérateur est pair, la forme intégrale faible (ou
variationnelle) est symétrique par rapport à u et ϕ. Elle se met sous la forme :
 L L
dϕ ( x ) du ( x )
 B (ϕ , u ) =


0 ∫ dx
⋅a ⋅
dx
dx +
0 ∫
ϕ ( x ) ⋅c ⋅u (x ) dx
(3.8)
L



L(ϕ ) =
0 ∫
ϕ ( x ) ⋅ q ( x ) dx + ϕ ( L ) Q 0

B (ϕ , u ) − L (ϕ ) = 0 (3.9)
Nous pouvons choisir ϕ ( x ) ≡ δ u ( x ) où δ est la variation de la fonction u. En effet
l’espace fonctionnel de ϕ, que nous avons définie ci-dessus (à savoir l’ordre de
dérivabilité est celui de u et ϕ est nulle là où u est connue) , est vérifié par la fonction
variation δu de u. Nous pouvons, donc écrire aussi :
B (δ u, u) − L (δ u ) = 0 (3.10)
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Définition d’une fonctionnelle


Nous définissons la fonction de u (fonctionnelle : fonction de fonction) suivante :
1
I ( u ) = B (u , u ) − L (u ) (3.11)
2
I(u) est dite la fonctionnelle associée au problème.
Comme B est symétrique et linéaire et L est linéaire, le calcul de la variation de cette
fonctionnelle, nous donne :
1 
δ I = δ  B (u , u )  − δ L ( u )  = B ( δ u , u ) − L ( δ u ) (3.12)
2 

Stationnarité de la fonctionnelle :
En comparant (3.12) avec (3.10) et en identifiant ϕ àδ u , la recherche de la solution
consiste donc, dans ce cas, à rendre cette fonctionnelle stationnaire :
δ I (u ) = 0 (3.13)
En plus de cet aspect purement formel cette fonctionnelle traduit, dans certain cas, des
principes de la physique. En effet, pour un problème mécanique, cette fonctionnelle
représente l’énergie potentielle totale et sa stationnarité représente le principe de
minimisation de l’énergie potentielle totale. Nous allons présenter cet aspect dans
l’exemple ci-dessous.
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Application à un problème de mécanique : une


barre en traction- compression

L, A, E
r
F

Les équations du problème sont données par :

 d  du ( x ) 
 −  EA ( x )  = f ( x ) pour 0p xp L
 dx  dx 

 u ( 0) = 0 (3.14)

 du (x )
EA ( x ) =F
 dx
 x =2
∂u ( x )
ε (x) = et σ ( x ) = Eε ( x ) (3.15)
∂x

Méthodes des résidus pondérés : formulation intégrale


Forte
L L
d  du ( x ) 

0 ∫
ϕ ( x )  EA
dx  dx
 dx =
 0 ∫
ϕ ( x ) f ( x ) ∀ϕ (3.16)

Formulation variatonnelle : forme intégrale faible


L L L
dϕ ( x ) du ( x )  du ( x ) 
∫ 0 dx
EA
dx
dx − ϕ ( x ) EA
 dx  0
 =

0
ϕ ( x ) f (x ) (3.17)

Application des conditions aux limites :


Si en plus, nous choisissons ϕ dans l’espace des fonctions une fois dérivable et nulle en
x = 0. nous avons :
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L L
dϕ ( x ) du ( x )
∫ 0 dx
EA
dx
dx − ϕ ( L ) F =

0
ϕ (x ) f ( x ) (3.18)

∀ϕ ∈ à l ' ensemble des fonctions unefoisdérivableet telleque ϕ ( 0 ) = 0


Donc, il s'agit de trouver u (x) qui vérifie cette équation intégrale. C'est la formulation
variationnelle du problème de la barre en traction-compression.

Forme quadratique :
 L
dϕ (x ) du ( x )
 B (ϕ , u ) =


0 ∫ dx
⋅ EA ⋅
dx
dx
(3.19)
L

 L (ϕ ) =
 0∫ ϕ ( x ) ⋅ f ( x ) dx + ϕ ( L ) F

B (ϕ , u ) − L (ϕ ) = 0 (3.20)
Nous pouvons choisir ϕ ( x ) ≡ δ u ( x ) où δ est la variation de la fonction u.
B (δ u, u) − L (δ u ) = 0 (3.21)

Définition d’une fonctionnelle


1
I (u ) = B (u , u ) − L (u ) (3.22)
2
I(u) est dite la fonctionnelle associée au problème.

Stationnarité de la fonctionnelle :
Comme B est symétrique et linéaire et L est linéaire, nous pouvons écrire :
1 
δ  B ( u , u )  − δ L ( u ) = 0 = δ I (3.23)
2 
La recherche de la solution consiste à rendre cette fonctionnelle stationnaire :
δ I (u ) = 0 (3.24)

Définitions mécaniques :

♦ On dit qu’un champ w(x) est cinématiquement admissible si w ∈ W où :


W = {w / w possède unedérivée première bornée et w ( 0 ) = 0}
♦ L’énergie potentielle d’un champ w cinématiquement admissible est définie :
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L L
1
V (w ) =
2 0 ∫ ε ( w ) σ ( w) dx −
∫ 0
wfdx − w ( L ) F (3.25)

 L
1



B ( w) =
2 0 ∫
ε ( w ) σ ( w) dx énergie déformation
⇒ V (w ) = B (w ) − L ( w)
L

 L ( w) =
 0 ∫wfdx + w ( L ) F travail des forcesextérieures

(3.26)

Théorème de l’énergie potentielle : (principe de


stationnarité)
Parmi tous les champs de déplacement cinématiquement admissible w, le
champ de déplacement solution (réel) u est celui qui minimise l’énergie potentielle.
Si u est le champ solution, nous avons : V ( w ) f V ( u ) ∀w C.A. et δV ( u ) = 0
D’autre part Comme B est symétrique et linéaire et L est linéaire, nous pouvons
écrire :
1 
δ V = δ  B (u , u )  − δ L (u )  = 0 où encore B (δ u, u) − L (δ u ) = 0 (3.27)
2 

V est la fonctionelle associée au problème telle que nous l’avons définie auparavant.
En effet nous avons : V ≡ I
δ u ( x ) est la variation du champ de déplacement u. Elle appartient bien à l’espace
fonctionnel défini pour w auparavant.

L L
d du ( x )
∫ 0 dx
(δ u ( x) ) EA dx
dx − δ u ( L ) F =
∫ 0
δ u ( x) f ( x ) (3.28)

L L
d du ( x )
∫0
δ u ( x ) f (x ) dx + δ u ( L ) F −
144444244444 0 dx
3 14444

(δ u ( x)) EA
4244444
dx
dx = 0
3
(3.29)

travaildes forcesextéreires 2 fois l ' énergiede déformation


C’est le principe des travaux virtuels, où le champ δ u ( x ) peut être n’importe quel autre
champ de déplacement virtuel continûment dérivable.

C’est aussi la forme variationnelle du problème telle que nous l’avons défini
auparavant.
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Nous montrons bien à travers cet exemple la relation directe (au moins dans ce cas)
entre les différents types de formulations intégrales (aspect qui peut paraître purement
formel ou mathématique) et l’aspect physique du problème. Cette identification n’est
pas évidente tout le temps.

Exemple de conduction thermique :

Définition du problème aux limites : (modèle


mathématique) :
Le transport de chaleur par diffusion se caractérise par une densité de flux
proportionnelle au gradient de température : Loi de Fourier
r uur
q = −kgradT T est la température, k ≡ Wm −1 ° C −1
la conductivité thermique.
Soit une barre de section constante petite devant la longueur, le phénomène de
conduction thermique se présente sous la forme :
 ∂ 2T ( x )
k + Q ( x) = 0 0 < x < L
 2
∂x (3.30)

 dT ( 0 )
 T (L ) = T 0 et k = −q 0
 dx
q0 T0

L x
0

Définition d’une fonctionnelle :


Considérons la fonctionnelle suivante :
L 2 L
1  ∂T 
F ( x, T , T ′ ) = k
∫ 
2 0  ∂x 
 dx − ∫ 0
TQdx − T 0 q 0 (3.31)

En utilisant les propriétés de la variation d’une fonctionnelle (1A), nous avons :

L L
 ∂T
  ∂T  

δ F ( x, T , T ′ ) = k  ⋅ δ 

0  ∂x
  ∂ x  
  dx − ∫ 0
δ T ⋅ Qdx − δ T 0 ⋅ q 0 (3.32)

 ∂T  ∂
Nous avons d’autre part : δ   = [ δ T ] , La stationnarité de cette fonctionnelle
 ∂x  ∂x
nous donne :
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L L
 ∂T  ∂ ( δ T )

δ F ( x, T , T ′ ) = k
0

 ∂ x
⋅
 ∂ x ∫
dx −
0
δ T ⋅ Qdx − δ T 0 ⋅ q 0 = 0 (3.33)

Une intégration par partie nous donne :


L 
∂ 2T    ∂T    ∂T  

∫  k

0  ∂x 
 + Q  ⋅ δ Tdx + k 
2 


 ∂x  x= L
⋅ δ T ( L ) −  k  
  ∂x  x= 0
+ q 0  ⋅δ T 0 = 0

(3.34)
Comme la variation δT est une fonction quelconque, exceptée en x = L où elle doit être
nulle , nous avons :
  ∂ 2T 
 k + Q =0
  ∂x 2 
 (3.35)
  ∂T 
k   + q0 = 0
  ∂ x  x= 0
qui n’est rien d’autre que le système (3.30) .