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TAMPION - 2018

BLANADET Pierre Jean Victor (Tome 1)

12 avril 1915 :

Incorporation au 104ème Régiment d’Infanterie Territoriale à Roanne. Victor


BLANADET y fait probablement ses classes jusqu’au 28 juin 1915.

Roanne – Casernement du 104ème Régiment Territorial

29 juin 1915 :

Mutation au 106ème Régiment d’Infanterie Territoriale (futur 301ème Régiment


d’Infanterie Territoriale).
A cette époque, le régiment est loin du front, dans la zone nord du camp
retranché de Paris, où il effectue divers travaux défensifs.

1er septembre 1915 :

Les trois bataillons formant le 106ème Régiment d’Infanterie Territoriale cessent


d’appartenir à ce corps pour constituer une nouvelle unité : le 301ème Régiment
d’Infanterie Territoriale.
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Ce régiment, associé entre autres au 291ème Régiment Territorial, constitue la


193ème Brigade, elle-même intégrée à la 97ème Division.

Le 1er Bataillon – auquel appartient probablement Victor BLANADET – compte


« 9 officiers, 800 hommes de troupe (répartis en 4 Compagnies d’environ 200
hommes) et 8 chevaux ».

2 et 3 septembre 1915 :

« Le 2 septembre, le régiment quitte le camp retranché de Paris.


Le 3 septembre, il arrive par voie ferrée en gare de Cuperly, dans la zone des
armées » (à l’arrière immédiat du front).

Gare de Cuperly

Au soir du 3 septembre, il cantonne au Mont Frenet à environ 5 kilomètres au


nord-est de Cuperly (sud-est de Reims / nord-est de Châlons-en-Champagne).
Note – A cette époque, le Mont Frenet abrite un Centre d’Ambulances qui
deviendra un important Hôpital d’Evacuation des Armées : il est d’ailleurs
probable que le régiment de Victor BLANADET ait participé à la construction
de cet hôpital.
De nos jours, en lieu et place de l’hôpital, se trouve une grande nécropole
nationale.
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Ci-dessus, le Mont Frenet


- A gauche : baraquements de l’Hôpital d’Evacuation des Armées (photographie prise
pendant la guerre).
- Au centre : cimetière militaire (photographie prise peu après la fin de la guerre).
- A droite : nécropole nationale (de nos jours).

Du 4 au 19 septembre 1915 :

« Durant son séjour au Mont Frenet, le régiment creuse 2500 mètres de


tranchées à large ouverture 1 mètre 80, et 1300 mètres à 1 mètre 40 ».

Du 20 au 23 septembre 1915 :

Le régiment lève le camp (20 septembre) et rejoint Mailly-Champagne à environ


20 kilomètres à l’ouest de son ancienne position.

Mailly-Champagne (photographie probablement prise avant-guerre)


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23 septembre 1915 :

Les trois bataillons du 301ème Régiment sont à Mailly (à environ 7 kilomètres au


sud-est de Reims).
« Le 2ème Bataillon reste sur place ; le 1er Bataillon et le 3ème Bataillon occupent
les tranchées du Bois des Zouaves ».

Durant toute la période où le Régiment stationne dans cette région, les bataillons
se succèdent, « soit à Mailly (au repos), soit au Bois des Zouaves (en réserve de
première ligne) ».

Le « Bois des Zouaves »

25 septembre 1915 :

Début de la seconde offensive de Champagne.

Sans réellement participer aux combats, la 97ème Division Territoriale (Division


à laquelle le 301ème Régiment est rattaché), située à l’extrême gauche du
dispositif, reste à l’arrière des troupes qui mènent l’attaque.
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29 septembre 1915 :

A cette date, la 97ème Division comprend les éléments et occupe les


cantonnements suivants :

- 193ème Brigade :

301ème Territorial à Mailly et au « bois des Zouaves »,


291ème Territorial à Sillery,
61ème Régiment d’Infanterie à Puisieulx et au « bois des Zouaves »,

- 194ème Brigade :

211ème Territorial aux environs de Beaumont sur Vesle,


300ème Territorial à Ludes,
118ème Territorial aux alentours de Verzenay.

9 octobre 1915 :

Fin de la seconde offensive de Champagne. Au prix de 27851 tués, 53658


prisonniers et disparus, 98305 blessés, les troupes françaises ont progressé de
quelques kilomètres.

15 octobre 1915 :

Le 1er Bataillon est à Ludes (2 kilomètres à l’ouest de Mailly).

De gauche à droite : Ludes.


- Rue des écoles (photographie datant probablement d’avant-guerre).
- Cimetière militaire (date indéterminée, probablement pendant la guerre ou dans
l’immédiat après-guerre).
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Le 2ème Bataillon reste à Mailly.


Le 3ème Bataillon est à Sillery (proche du front, à environ 4 kilomètres au nord
de Mailly).

Sillery
- A gauche, la mairie-école (photographie prise avant-guerre, probablement au début
du siècle).
- Au centre, le château en ruines (photographie prise dans l’immédiat après-guerre).
- A droite, la nécropole nationale (érigée après la guerre).
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17 octobre 1915 :

Sur le front de la 97ème Division, la répartition des troupes est la suivante :

- Le Quartier-Général de la 193ème Brigade est à Mailly :

291ème Régiment Territorial :


2 bataillons dans le secteur de Sillery,
1 bataillon à Mailly (en réserve).
301ème Régiment Territorial :
1 bataillon au Bois des Zouaves,
1 bataillon coupé en deux – 2 compagnies à Mailly, 2 à Sillery,
1 bataillon à Ludes (en réserve).
Sont aussi provisoirement rattachés à la Brigade :
3 bataillons du 118ème Régiment Territorial à La Pompelle,
1 bataillon du 245ème Régiment d’Infanterie à La Pompelle.

- Le Quartier-Général de la 194ème Brigade est à Verzenay :

300ème Régiment Territorial :


2 bataillons au Bois des Zouaves,
1 bataillon à Verzenay (en réserve.
211ème Régiment Territorial :
2 bataillons aux Marquises (secteur à l’extrême gauche de la Division),
1 bataillon à Verzy.

19 octobre 1915 :

Ce jour - 19 octobre - et le lendemain - 20 octobre - les Allemands lancent une


violente contre-offensive sur tout le front à l’est de Reims.
Le 301ème Régiment est engagé et subit ses premières pertes.
La seule lecture de son Journal de Marche (retranscrit plus loin en intégralité) ne
permet pas d’avoir une vision globale de la bataille. Les informations suivantes
viennent donc des Journaux de la 193ème Brigade, de la 194ème Brigade, et de la
97ème Division.

La comparaison de toutes ces sources est d’ailleurs intéressante car elle montre
bien comment le même événement peut être « interprété » et laisser une
impression totalement différente sur le lecteur.
Ainsi, le Journal de Marche de la 193ème Brigade est une succession de
communiqués plus ou moins compréhensibles. Il semble avoir été écrit à la hâte,
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probablement le jour même, et offre la vision d’une grande confusion, pour ne


pas dire d’une grande panique.
Le Journal de Marche de la 194ème Brigade est quant à lui laconique. Le peu dont
il fait état minimise visiblement les faits.
Le Journal de Marche de la 97ème Division est écrit à l’imparfait et a été rédigé
après les combats. Entre ses lignes, on devine une certaine rivalité entre les
généraux. On peut sans doute le soupçonner d’être « arrangeant » avec les
événements qu’il relate :

A 07 H 20, l’ennemi bombarde violemment toutes les positions occupées par la


197ème Division avec « des obus asphyxiants dégageant des vapeurs chlorées ».
Profitant du vent qui souffle en direction des lignes françaises, il projette aussi
depuis le sol des « brumes mortelles dont les nappes arrivent jusqu’au canal de
la Marne, et dont les effets se font sentir jusqu’à Mailly ».

Brumes mortelles sur le front de Champagne en octobre 1915


- A gauche : projection de gaz chloré par « tuyaux » (vue aérienne).
- A droite : nappe de gaz progressant vers les lignes françaises (vue depuis le sol)

A 09 H 10, le commandant du sous-secteur de la Pompelle rend compte que « la


ferme d’Alger est fortement attaquée par des éléments d’infanterie ennemie ».
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Page précédente : la ferme d’Alger et le fort de la Pompelle


- A gauche : soldats français en poste devant les ruines de la ferme d’Alger.
- A droite : photographie prise depuis la ferme d’Alger – Au premier plan, les défenses
du boyau d’accès à l’arrière du site ; au deuxième plan, la route de Châlons ; tout au
fond, le fort de la Pompelle – Ici, les lignes allemandes sont dans le dos du photographe.

Carte des premières lignes dans le secteur de la Pompelle


Les lignes françaises (étalées tout au long de l’ancienne route de Châlons) apparaissent
en vert, les lignes allemandes en bleu. La « ferme d’Alger » est sur la droite, au nord-est
du fort de la Pompelle.

A 09 H 15, le Général commandant la 193ème Brigade fait savoir à son supérieur,


le Général commandant la 97ème Division, qu’il est « sans nouvelles de [ses]
sous-secteurs : toutes [ses] relations téléphoniques sont interrompues, tous [ses]
agents de liaison sont blessés ».
A 09 H 20, l’artillerie lourde française tire trop court : ordre est donné
d’allonger le tir.
A 09 H 30, le commandant du sous-secteur de Sillery rend compte qu’il est à
son tour attaqué par l’infanterie ennemie.
A 09 H 53, un chef de secteur nommé « Cdt SL » ou « CSL » (non identifié –
peut-être s’agit-il du commandant du secteur de « Sillery ») signale que « les
Allemands arrivent par petits bonds » sur son aile droite. Avec insistance, il
demande des renforts, puis annonce, quelques minutes plus tard, que « l’ennemi
est rentré dans ses lignes ».
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Vers 10 H 00, les chefs de secteur rendent compte que « l’infanterie ennemie qui
a essayé d’aborder nos tranchées a été clouée sur place par nos mitrailleuses et
nos tirs de barrage ».
A la même heure, l’artillerie française lourde de Sillery « prend sous son feu le
bois en V (en face de la ferme d’Alger) où des renforts ennemis amenés en auto
sont signalés ».
A 11 H 40, sur pratiquement toute la ligne de front, les chefs de secteur font
avancer leurs réserves de troisième ligne car « les troupes de première ligne
[sont] très éprouvées par les gaz ».
A midi, « l’arrivée d’un régiment de renfort (le 112ème Régiment d’Infanterie)
est annoncée pour la nuit du 19 au 20 : 1 bataillon à Mailly, 1 bataillon à
Ludes, 1 bataillon à Verzenay ».
A 15 H 30, le Général commandant la 97ème Division reçoit ce communiqué du
Général commandant le Corps d’Armée (son supérieur hiérarchique) :
« L’ennemi ayant pris pied dans les tranchées des Marquises (à l’extrémité
ouest de la zone défendue par la Division), deux pelotons du 6ème Chasseurs
d’Afrique sont mis à la disposition du Colonel commandant le 211 ème Régiment
comme troupes de contre-attaque ».
A 16 H 00, le Général commandant la 97ème Division met à disposition du
Général commandant la 194ème Brigade deux compagnies du 301ème Régiment
« en vue de relever les unités les plus fatiguées dans le secteur [du] Bois des
Zouaves ».
A 17 H 20, le commandant du secteur de Puisieulx envoie ce message au
Général commandant la 193ème Brigade : « Compagnie A signale avec insistance
l’intoxication de tous ses gradés et hommes. Compagnie B a beaucoup de
malades. Compagnie C a moins souffert. ».
La 193ème Brigade fait état de ses premières pertes : « Pertes connues – SL (?) 12
morts dont 1 officier du 291ème [Régiment], évacués 506 dont 31 blessés (soit 31
blessés par éclats d’obus ou par balles et 475 intoxiqués par les gaz) – en outre
28 hommes du Génie et 8 du 301 (301ème Régiment) – Le 118 (118ème Régiment)
très éprouvé ».
Note – Cette dernière mention est raturée puis remplacée par « assez éprouvé ».
La ligne suivante, totalement raturée, est illisible.

En fin de journée, tirs et émissions de gaz cessent sur toute la ligne : les
Allemands ont momentanément stoppé leur offensive.
Pour la 97ème Division, la situation des troupes est la suivante :

- En première ligne :
Secteur des Marquises : le 211ème Régiment en entier (soit 3 bataillons) + 60
cavaliers.
Secteur « Bois des Zouaves » : 6 compagnies du 301ème, 2 compagnies du
300ème et 1 compagnie de cavaliers à pied.
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Secteur de la Pompelle : le 118ème Régiment en entier (soit 3 bataillons) + 1


bataillon du 245ème d’Infanterie.
Secteur de Sillery : le 291ème Régiment + 2 compagnies du 301ème.
- En deuxième ligne :
2 compagnies du 300ème Régiment (localisation non précisée), 3 compagnies
du 301ème Régiment (localisation non précisée).
- En réserve à l’arrière :
1 compagnie du 301ème à Ludes, 2 compagnies du 300ème à Verzenay, le
112ème Régiment d’Infanterie (1 bataillon à Mailly, 1 bataillon à Ludes, 1
bataillon à Verzenay.
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Les « Marquises » dans les faubourgs de Reims


Le 19 octobre 1915, cette position, à l’extrême gauche du secteur défendu par la 97ème
Division, était occupée par les hommes du 211ème Régiment Territorial (194ème Brigade).

20 octobre 1915 :

Vers midi, après le calme relatif de la nuit et de la matinée, l’artillerie


allemande exécute un bombardement qui va en s’accentuant jusqu’à 15 H 00.
A 16 H 30, les Allemands lancent une nouvelle « attaque dans les mêmes
conditions que la veille, mais plus violente encore. L’ennemi déclenche sur nos
tranchées une fusillade nourrie, en même temps qu’une émission de gaz
suffocants, de couleur verdâtre, se présentant sous forme de nuages et
s’échappant de tuyaux placés [devant leurs] tranchées de première ligne ».
« L’artillerie allemande redouble d’intensité et exécute des tirs de barrage avec
obus de tous calibres et obus à gaz asphyxiants sur les routes débouchant de la
montagne de Reims ». Suite à ces tirs de barrage, le Général de Division est
immobilisé entre deux postes de commandement. C’est le Général commandant
la 193ème Brigade qui prend la direction de toutes les opérations : « Ordre
d’alerte est donné dans tous les secteurs. Notre artillerie déclenche des tirs de
barrages en avant de tout notre front ».
A 16 H 35 puis à 16 H 45, le poste de commandement de Puisieulx demande
« d’urgence renforts », « tirs de barrage très efficaces ».
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A 17 H 07, le poste de commandement de Sillery annonce : « Sillery


complètement envahi par les gaz ». A 17 H 08, le poste de commandement de
Puisieulx annonce à son tour : « Puisieulx envahi par gaz ».
A 17 H 15, nouveau message de Sillery : « Les gaz ont envahi complètement
Sillery. La Compagnie de réserve (il s’agit de la 11ème Compagnie du 301ème
Territorial) que je voulais conduire au « petit Billy » (site non localisé) tombe en
route, asphyxiée. Seul avec 2 ou 3 hommes au poste. Impossible sortir pour se
porter en avant. Aucune nouvelle du front. Aucun agent de liaison n’a pu
franchir le barrage sur le front de Sillery ».
A 17 H 45, message de la Division à Sillery : « Tenez tant que vous pourrez ». A
la même heure, message de Sillery : « Confirme les bruits d’une fusillade vers le
canal au pont de Sillery ».
A 18 H 25, « téléphoniste de Sillery fait savoir : 1ère ligne aurait été occupée par
ennemi ».
Note – En fait, cette information est erronée. D’après le Journal de la 97 ème
Division, l’infanterie ennemie n’a jamais atteint les premières lignes françaises :
« Elle avait, à la suite de l’émission de gaz, prononcé trois attaques. Sur la
ferme d’Alger, le bois des Zouaves, et l’ouvrage intermédiaire ». Mais toutes ces
attaques « étaient repoussées définitivement ».

A 18 H 30, « Puisieulx fait savoir que sous-secteur gauche tient bon malgré que
les hommes de 1ère ligne soient incommodés par les gaz ».
A cette même heure, le Général de la 193ème Brigade « reprend le
commandement de sa Brigade seulement » (le Général de Division a enfin
rejoint son poste) : « il donne ordre de diriger un bataillon de renfort (du 112ème
Régiment) sur le secteur de Sillery ».
A 18 H 55, message de Puisieulx : « Le Colonel (illisible) du 38ème Corps
d’Armée est au PC de la ferme (illisible). Il a assuré le commandement à la
place du Colonel (illisible). Il a donné ordre au bataillon (du 245ème Régiment)
de venir renforcer le secteur. Les compagnies de ce bataillon sont arrivées.
Violent bombardement. Les Allemands sont arrêtés ».
A 19 H 15, message de Sillery : « Commandant secteur fait demander renfort à
tout prix. Les hommes du secteur droit tiennent à grand peine et sont à bout de
force ». Réponse : « Un bataillon du 112ème [Régiment] parti comme renfort ».
A 19 H 40, message du téléphoniste de Sillery : « Situation paraît bonne. Gros
obus tombent à nouveau sur Sillery. Dans sous-secteur droit, l’artillerie tire
trop court. Ai entendu donner ordre pour allonger le tir ».
A 20 H 55, message de Sillery : « Sous-secteurs tiennent quoique très éprouvés.
J’envoie à chacun des sous-secteurs une compagnie. Le reste (2 compagnies) en
réserve à Sillery. Renseignement transmis aussitôt à Général de Division ».
A 21 H 10, le Colonel Morand-Monteil « téléphone de Sillery être arrivé avec
bataillon du 112ème – Ordre lui est donné de rentrer à Romont ».
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Note – Le château de Romont à Mailly – ci-dessous – est le Poste de


Commandement où se réunissent les généraux.

Le Château de Romont à Mailly-Champagne

A 21 H 45, message de Puisieulx au Général commandant la 193ème Brigade :


« Tout va bien, attaques repoussées – dégâts par gaz. Le Bataillon du 245ème
[Régiment] est arrivé à 18 H 30 : deux compagnies sont envoyés à cette heure là
en 1ère ligne, une dans chaque sous-secteur comme renfort ; les deux autres
maintenus au canal, en réserve, à la disposition du Colonel qui a pris le
commandement du secteur (il s’agit du Colonel envoyé par le Corps d’Armée –
voir plus haut 18 H 55). Communications téléphoniques rétablies. Deux attaques
ont été tentées… ».
Note – A cet endroit précis, le Journal de la 193ème Brigade s’interrompt
brutalement. Plus rien n’est inscrit jusqu’au 3 novembre. Il s’agit peut-être d’un
« oubli » de l’opérateur chargé de numériser les images. Ou bien une page a été
arrachée ? …
L’information suivante (la dernière de la journée) provient du seul Journal de la
97ème Division :

23 H 15 – « Sur l’ordre du Corps d’Armée, le 112ème Régiment [est] employé à


relever les éléments les plus fatigués du 291 ème et du 300ème dans le secteur
Sillery et Bois des Zouaves. Les bataillons du 300 ème et du 301ème qui devaient
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relever cette nuit font [leurs] relèves sans incident, le calme ayant persisté toute
la nuit ».

19 et 20 octobre 1915 : retranscription intégrale du Journal du 301ème


Territorial :

- Premier Bataillon – Rappel : ce bataillon est probablement celui de


BLANADET Victor.

Les 1ères et 2èmes Compagnies, à l’ouvrage 04 (non localisé) ont été en réserve.
La 2ème a été envoyée ensuite au Canal et le long de la voie ferrée, puis
relevée et renvoyée à Mailly. Ces deux compagnies n’ont pas eu à souffrir des
gaz et n’ont eu aucune perte.
La 3ème Compagnie occupait en première ligne l’ouvrage des 500 mètres (non
localisé). Elle reçut le 19 un bombardement intense de torpilles, mais eut un seul
blessé. L’ouvrage des 500 mètres, très étendu, était difficile à défendre, d’autant
plus que 7 mètres de tranchées s’étaient effondrées sous le coup d’obus.
L’adjudant D., seul avec sa section, loin de son Capitaine, a maintenu sa section
et a même essayé de réparer sa tranchée. Le soldat F., malgré les obus, a servi
d’agent de liaison, remplissant son devoir sans hésiter, malgré la mitraille qui
tombait dans les tranchées.
La 4ème Compagnie, à l’ouvrage de la Mare (position défensive proche du bois
des Zouaves), a eu beaucoup à souffrir des gaz asphyxiants et a d’abord perdu
beaucoup d’hommes, près de la moitié de l’effectif : ces hommes ont été
retrouvés dans la suite au poste de secours de Sillery. A signaler – Monsieur le
Sous-Lieutenant R., lequel, voyant une patrouille ennemie s’avancer au poste
d’écoute, à 150 mètres des tranchées, s’y rendit pour faire tenir tête à son
poste ; malgré les gaz, n’a pas voulu quitter ses hommes jusqu’à ce que la
patrouille fut partie, refusant tout secours immédiat ; sa mission terminée, est
venu rendre compte, mais à ce moment a succombé et a été évacué dans un état
grave. – Le Sous-Lieutenant M., alors que presque toute sa section était
asphyxiée, est resté à son poste, a fait preuve de la plus grande énergie, et par
sa présence a maintenu le reste de sa section aux créneaux, faisant tirer sans se
soucier du malaise qu’il ressentait ; n’a pas voulu se faire évacuer. – B.,
caporal à cette section, a su maintenir et entraîner ses hommes jusqu’à ce qu’il
soit tombé asphyxié. Etat grave. Etant tout seul au poste d’écoute, a su
maintenir ses hommes malgré une attaque de l’ennemi qu’il a repoussée.

- Deuxième Bataillon :

Le 19 à 13 heures, le 2ème Bataillon était porté sur les deuxièmes positions


d’où il était relevé dans la nuit sans incident. Devant relever le secteur de
Sillery, ce bataillon recevait l’ordre d’aller, dans la journée du 20, faire
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reconnaître ses emplacements. Les quatre commandants de Compagnies (5ème,


6ème, 7ème et 8ème Compagnie) partirent, mais vers 17 heures, alors qu’ils étaient
dans les boyaux, ils furent surpris par la vague de gaz et malheureusement, à
demi asphyxiés, ils tombèrent et durent être évacués au plus tôt dans un état
grave. Les autres sous-officiers purent être arrêtés à temps et rejoindre leurs
compagnies respectives, le soir, dans les positions occupées. A 17 heures, le
Bataillon alerté fut de nouveau envoyé sur ses positions, Romont, Ferme St
Jean, La Cuche (ces deux dernières positions, probablement proches du château
de Romont à Mailly, ne sont pas localisées). Le Commandant, quoique atteint
par les gaz alors qu’il accompagnait ses Capitaines, rejoignit son Bataillon à
Romont. A 24 heures, le Bataillon allait dans les tranchées de Sillery où il est
encore.

- Troisième Bataillon :

Ce Bataillon avait, le 19 octobre, deux compagnies au moulin de Sillery (11 ème


et 12ème), deux compagnies à Mailly (9ème et 10ème). Dans la soirée, ces deux
[dernières] compagnies, réserve de Division, furent envoyées au secteur Bois des
Zouaves d’où elles furent dirigées par le Commandant du secteur sur divers
points de la défense.
[La] 9ème Compagnie ne fut employée que le 20 au soir : 1 section ½ au Bois des
Zouaves, ½ section au Haricot (non localisé – probablement une position
défensive en forme de haricot aux alentours du Bois des Zouaves), le reste en
réserve. A reçu de nombreuses torpilles : 2 blessés. Aucun homme touché par
asphyxie.
[La] 10ème Compagnie [est allée] remplacer la 4ème [compagnie] à la Mare. N’a
eu aucune perte en hommes. Ces derniers ont fait bonne contenance, mais sont
très fatigués.
[La] 11ème Compagnie fut prise dans une vague terrible. Avait-elle négligé de
mettre ses masques à temps ? Toujours est-il qu’elle a été presque anéantie.
Capitaine G. râlant dans un boyau. Lieutenant D. et M. tombés et évacués.
Adjudant C., Sergent-major A., Fourrier B. disparus (on ne sait où ils ont été
évacués). Sergent G. évacué, Sergent N. tué par un éclat d’obus. Le 20
[octobre], il ne restait de cette compagnie que les sergents T. [et] S., les
caporaux B. et M., 10 hommes – tous de la 4ème section en réserve au Canal
(position défensive de troisième ligne).
Monsieur V. a bien mené sa 12ème Compagnie qui est restée en réserve. A subi
par asphyxie une perte de 28 hommes.

Fin de la retranscription.
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Ci-dessus : masques à gaz rudimentaires en 1915

Pour la 97ème Division, la répartition et le nombre total des pertes est le suivant :

193ème Brigade :
- 291ème Territorial : 43 tués (dont 41 suite à intoxication) + 992 blessés ou
intoxiqués (dont 103 mourront ultérieurement).
- 301ème Territorial : 22 tués (dont 16 suite à intoxication) + 224 blessés ou
intoxiqués (dont 27 mourront ultérieurement).

194ème Brigade :
- 211ème Territorial : 8 tués (par balles ou par éclats d’obus) + 278 intoxiqués
(dont 10 mourront ultérieurement).
- 300ème Territorial : 14 tués (dont 11 suite à intoxication) + 396 blessés ou
intoxiqués (dont 151 mourront ultérieurement).

Auquel il faut ajouter :

- Artillerie Divisionnaire : aucun tué, 12 blessés ou intoxiqués (dont 4


mourront ultérieurement).
- Troupes du Génie Divisionnaire : 1 tué (suite à intoxication) + 40 blessés
ou intoxiqués (dont 9 mourront ultérieurement).

Auquel s’ajoutent encore les tués, blessés et intoxiqués des unités rattachées
temporairement à la Division ou des unités arrivées en renfort pendant les
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combats. Voici des extraits de leurs Journaux respectifs ainsi que l’état des
pertes de ces unités :

- 118ème Régiment d’Infanterie Territoriale :


« Le 19, à 7 H 30, une violente canonnade allemande se déclenche : des obus de
tous calibres (77 à 210) et de toute nature (explosifs, shrapnels, asphyxiants)
tombent sur nos tranchées, sur nos batteries, sur le village de Puisieulx et les
routes plus en arrière, formant barrage pour les réserves. Quelques minutes
plus tard, le village de Puisieulx est pris dans les gaz asphyxiants, mais pas
d’une façon très intense. Le Colonel fait demander par téléphone au
Commandant du sous-secteur de droite ce qui se passe, mais le sous-secteur de
droite ne répond pas. Nous apprenons cependant, par un poste intermédiaire,
que le Commandant [du sous-secteur droit] est en plein gaz chlorés, qu’il
demande des munitions, mais que les téléphonistes ne peuvent pas parler parce
que le poste est envahi par les gaz.
Le sous-secteur de gauche prévient également qu’il est dans les gaz et soumis à
un violent bombardement…/… Des cartouches sont portées au sous-secteur de
droite…/…
Vers 8 H 00, deux attaques allemandes, suivant de près le nuage asphyxiant se
[produisent] en face de la Compagnie A (il s’agit en fait d’une compagnie du
245ème, à l’extrême droite du secteur – voir carte), mais elles [sont]
immédiatement fauchées par les mitrailleuses et quelques torpilles lancées par
le canon de 58 : elles [peuvent] à peine dépasser [leur propre réseau de] fils de
fer…/…
On n’a pas de nouvelles de la Pompelle, dont les liaisons téléphoniques sont
coupées. On sait seulement qu’au début de l’action le Capitaine F. a été
légèrement blessé, le Lieutenant D. tué, et que le fort continue à être fortement
bombardé par des projectiles de gros calibre.
Vers 8 H 30, deux compagnies de réserve [prennent position] au Sud du canal.
Vers 10 H 00, grâce au temps brumeux, deux [autres] compagnies arrivent à
Puisieulx.
La canonnade diminue d’intensité. A 11 H 30, les deux Commandants de sous-
secteur rendent compte que tout paraît fini. Les pertes de la journée sont les
suivantes :
- tués (par balles ou éclat d’obus) : 1 sous-Lieutenant, 2 hommes de troupe (les
hommes de troupes désignent ici sous-officiers et soldats),
- morts par intoxication : 2 capitaines, 4 hommes de troupes,
- blessés par le feu : 1 capitaine, 9 hommes de troupe,
- évacués pour intoxication : 1 Lieutenant, 1 sous-Lieutenant, 289 hommes de
troupe,
- disparu (présumé recueilli par des formations sanitaires d’autres unités) : 1
homme de troupe.
Aucune précision sur les décès ultérieurs.
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018
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La nuit du 19 au 20 est calme, sauf une fusillade un peu plus nourrie que de
coutume.
Le 20 au matin, la situation est calme : pas un coup de canon. Le magasin à
munitions de la voie ferrée est regarni à 120.000 cartouches…/…
Vers 15 H 45, une vive fusillade, suivie de près par une violente canonnade et
un envoi de gaz asphyxiants, est le signal d’une nouvelle attaque. Les tirs de
barrage [sont] immédiatement déclenchés par les Commandants de sous-
secteurs.
Les communications téléphoniques sont rapidement coupées entre le poste de
Commandement et Puisieulx, mais elles subsistent entre le poste de
Commandement et le sous-secteur de droite, et entre le poste voie ferrée et le
sous-secteur de gauche.
Le Colonel (commandant le 118ème Territorial) quitte Puisieulx à 16 H 00 pour
rejoindre son P.C. de la voie ferrée, mais pris dans un barrage de gaz
asphyxiants, il est ramené à Puisieulx, fortement intoxiqué : le Capitaine-adjoint
qui se trouvait accidentellement dans le sous-secteur de droite…/…et le
Capitaine D. de l’Etat-Major du [38ème] Corps d’Armée, qui lui aussi se trouvait
accidentellement dans les lignes…/…assurent le service.
…/… Une attaque allemande, dirigée sur la Compagnie B [est] repoussée ; deux
allemands, porteurs de cheddite (explosif destiné à détruire les fils de fer
barbelés) [arrivent] jusqu’à quelques mètres de notre réseau (barbelés) mais ne
[peuvent] l’atteindre.
Note – L’attaque porte sur la tranchée au centre des premières lignes du sous-
secteur gauche – voir carte plus haut. A ce moment, les défenseurs de cette
tranchée sont la 5ème Compagnie, arrivée en renfort la nuit précédente, ainsi que
les survivants de la 3ème Compagnie qui tiennent la position depuis la veille.

A 17 H 30, le Commandant F., du 245ème, précédant son Bataillon (il s’agit du


5ème Bataillon du 245ème Régiment d’Infanterie, jusque là tenu en réserve à
l’arrière du front) arrive au P.C. de la voie ferrée. Quoique intoxiqué en
traversant le barrage de gaz au Sud du canal, il tient à rejoindre le
Commandant B. (commandant le 6ème Bataillon du 245ème Régiment
d’Infanterie) qui est de plus en plus fatigué par les gaz.
A 18 H 30, le [9ème] Bataillon du 131ème Régiment, qui a reçu dès 17 H 00, par
agent de liaison, l’ordre de rejoindre la voie ferrée, arrive et envoie aussitôt une
compagnie en renfort au sous-secteur droit, et une compagnie de renfort au
sous-secteur gauche. Les deux autres compagnies de ce Bataillon restent
provisoirement à la voie ferrée.
Dès 17 H 30, les blessés et intoxiqués ont commencé à arriver au poste de
secours du pont Couraux (le pont qui traverse le canal – voir carte plus haut).
Les brancardiers des compagnies ne suffisent pas. Les musiciens et clairons sont
demandés d’urgence. Ils arrivent dans la nuit et travaillent sans arrêt, jusqu’au
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22 dans le milieu de la journée, à l’évacuation des blessés et à l’inhumation des


morts.
A 19 H 30, l’action d’infanterie paraît terminée.
Le dénombrement [des] pertes est le suivant :
- tués (par balles ou éclat d’obus) : 1 officier, 1 homme de troupe,
- morts par intoxication : 6 officiers, 101 hommes de troupes,
- blessés par le feu : 1 officier, 9 hommes de troupe,
- évacués pour intoxication : 5 officiers, 560 hommes de troupe,
- disparu (présumé recueilli par des formations sanitaires d’autres unités) : 2
hommes de troupe.
Les jours suivants, jusqu’au 27 octobre, 49 hommes seront encore évacués pour
intoxication durant les combats du 19 et du 20.
Aucune précision sur les décès ultérieurs.

- 245ème Régiment d’Infanterie (6ème Bataillon) :


19 octobre : « Dans la matinée, le 6ème Bataillon qui occupe les tranchées de la
Pompelle - Ferme d’Alger [essuie] une tentative d’attaque allemande. Vers 7
heures, deux compagnies (22ème et 24ème) [signalent] que des objets, [pouvant]
être pris pour des havresacs, apparaissent sur les parapets des tranchées
allemandes …/… Bientôt, les observateurs [remarquent] le lancement de quatre
bombes lumineuses d’une couleur teinte rose, puis, quelques instants après, la
formation de deux nappes de gaz asphyxiant dirigées sur les tranchées de la
ferme d’Alger. L’alerte [est] donnée immédiatement et le tir de barrage de notre
artillerie déclenché. Les nappes de gaz, après avoir franchi les tranchées de
première ligne, [descendent] vers le canal à l’allure d’un homme au pas [de]
gymnastique, puis se [dirige] sur Puisieulx. Après le passage de cette nappe de
gaz, les Allemands [sortent] de leurs tranchées [et tentent] de franchir leur
réseau de fil de fer. Les premiers qui se [portent] ainsi en avant, [ont] sur le dos
des objets ressemblant de loin à des pulvérisateurs. Accueillis par notre feu
d’infanterie, par le feu de nos mitrailleuses, par le tir de notre artillerie, et
particulièrement par le tir des canons de 58mm, ces Allemands [tombent] entre
leurs tranchées et leur réseau de fil de fer. Beaucoup [sont] atteints au moment
où ils [franchissent] le parapet de leurs tranchées. Cette attaque [est] suivie
d’un bombardement violent avec obus de tous calibres et obus à gaz suffocant et
lacrymogène, bombardement qui [dure] pendant 3 heures et demie.
Les pertes subies dans cette journée sont les suivantes :
- tués (par balles ou éclat d’obus) : 2 soldats,
- morts par intoxication : 2 sergents, 1 caporal-fourrier, 1 caporal, 13
soldats,
- blessés par le feu : 4 soldats,
- évacués pour intoxication : 4 officiers, 10 sergents, 14 caporaux, 170
soldats,
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- disparus (présumés recueillis par des formations sanitaires d’autres unités) :


12 soldats ».
Aucune précision sur les décès ultérieurs.
20 octobre : « Vers 16 H 15, une violente fusillade éclate subitement des
tranchées ennemies face au secteur La Pompelle – ferme d’Alger. Puis un
bombardement intense de nos positions commence, avec obus de tous calibres et
obus asphyxiants. Comme la veille, une nappe de gaz asphyxiants se dirige vers
nos tranchées…/… A 16 H 30, l’infanterie ennemie tente alors de déboucher de
ses tranchées, mais elle est arrêtée net par notre feu de mousqueterie, par le feu
de nos mitrailleuses, et par notre artillerie. Une nouvelle nappe de gaz est
remarquée, et le bombardement de nos tranchées, notamment avec obus
suffocants, redouble d’intensité. Peu après, l’ennemi tente, sans y parvenir, une
nouvelle sortie de ses tranchées, puis une troisième qui est également repoussée.
L’action se poursuit jusqu’à 21 heures, l’ennemi continuant à manifester son
activité par un très violent bombardement. Entre temps, le 5ème Bataillon est
alerté [et] …/… rejoint [notre] position vers 20 heures. La relève du 6ème
Bataillon par le 5ème s’effectue sans incident, dans le plus grand calme…/…
Précédemment, était arrivé dans le secteur un renfort : le 9ème Bataillon du
131ème d’Infanterie…/…
Pendant cette journée, le 118ème Régiment Territorial, dont deux bataillons
occupaient le secteur, fut très éprouvé notamment par l’action des gaz
asphyxiants.
Nos pertes sont les suivantes :
- tués par le feu : 1 adjudant, 1 caporal, 7 soldats,
- morts par intoxication : 2 caporaux, 2 soldats,
- blessés par le feu : 1 officier, 1 adjudant, 4 sergents, 1 caporal, 15 soldats,
- évacués pour intoxication : 4 officiers (dont le Chef de Bataillon), 1 sergent-
major, 8 sergents, 8 caporaux, 76 soldats,
- disparus : 2 soldats (présumés recueillis par des formations sanitaires autres
que celles du Corps) ».
Aucune précision concernant les décès ultérieurs.

- 112ème Régiment d’Infanterie :


Aucune information sur ce Régiment. Le Journal du 112 ème débute en 1916, les
journaux précédents sont perdus ou ont été détruits.

- 6ème Chasseurs d’Afrique (deux pelotons de Cavaliers à pied) :


Aucune perte le 19 octobre.
Le 20 octobre, « à 18 H 00, le chasseur L. est tué par éclat d’obus dans la
tranchée des Marquises. A 21 heures 30, le chasseur B. est blessé en allant
ravitailler la Cavalerie à pied au Bois des Zouaves. Le Lieutenant M. est évacué
(congestion pulmonaire due aux gaz asphyxiants) ».
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- 131ème Régiment d’Infanterie (9ème Bataillon) :


19 octobre – « Le 9ème Bataillon est alerté à 7 heures. Départ à 9 H 30 [en]
direction de Taissy. Position d’attente prise à 10 H 45 sur la rive Sud du canal
entre le moulin Cliquet et la ferme Couraux (autre nom de la ferme d’Alger).
Fin de l’alerte à 19 H 00. Retour à Taissy pour y cantonner la nuit.
20 octobre – Le 9ème Bataillon est alerté à 16 H 00 : les Allemands attaquent sur
tout le front Est de Reims et font usage de gaz et obus asphyxiants. Le Bataillon
renforce les unités les plus éprouvées …/… du secteur de la Pompelle ».
Aucune perte connue pour ce Bataillon.

Nécropole de Sillery
Au premier plan, l’obélisque érigé à la mémoire des soldats de la 97ème Division
Territoriale tombés les 19 et 20 octobre 1915.
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Après la bataille, fin octobre 1915 :

La 97ème Division est progressivement retirée du front pour se « reposer » et


reconstituer ses forces. Le 301ème Régiment arrive à Chamery, 10 kilomètres au
Sud de Reims, le 22 octobre.

Chamery – Photographie non datée, probablement d’avant-guerre

29 octobre 1915 :

Le Général commandant le 38ème Corps cite à l’ordre du Corps d’Armée le


Colonel M. commandant le 3ème Bataillon du Régiment.
« Officier supérieur de réelle valeur, conduit admirablement son Bataillon dans
toutes les circonstances. A fait preuve dans les combats des 19 et 20 octobre
d’une endurance et d’une énergie remarquables. A su donner à ses Compagnies
nouvellement formées une valeur appréciable ».

Rappel – Le 3ème Bataillon, dont le Chef vient d’être honoré, comprend la 11 ème
Compagnie qui fut presque totalement anéantie au cours des combats.
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31 octobre 1915 :

« Le Général commandant la 193ème Brigade cite à l’ordre de [sa] Brigade les


militaires dont les noms suivent :
- Louis F., médecin aide major de 2ème classe du 301ème. A fait preuve dans les
combats des 19 et 20 octobre de la plus grande énergie. A circulé dans les
boyaux pour porter secours aux hommes malgré les gaz asphyxiants.
- Marius D., adjudant à la 3ème Compagnie du 301ème Territorial. Alors que sa
section était bombardée et torpillée, que la tranchée était détruite sur une
certaine longueur, a conservé tout son sang froid, a montré la plus grande
énergie, maintenant sa section en main et faisant même réparer la tranchée
malgré un feu intense de l’ennemi.
- Jean-Baptiste B., caporal à la 4ème Compagnie du 301ème. Dans un poste
d’écoute lors de l’attaque du 19 octobre par gaz asphyxiants, …/… a ramené
ses hommes avec calme et en ordre à la tranchée …/… après avoir donné
l’alarme et assuré l’exécution des consignes relatives à son poste. N’a
consenti à se faire soigner que sur l’ordre formel de son Capitaine. A été
évacué dans un état grave ».

1er novembre 1915 :

« Le Lieutenant-Colonel commandant le 301ème Territorial cite à l’ordre du


Régiment les militaires dont les noms suivent :
- Adrien M., sous-Lieutenant à la 4ème Compagnie…/… Malgré le
bombardement a assuré la garde de son ouvrage dans l’attaque du 19
octobre, n’ayant plus avec lui aucun sous-officier pour l’aider, s’est
prodigué, montrant dans cette circonstance une énergie des plus méritantes.
- Paul R., sous-Lieutenant 4ème Compagnie. Dans des circonstances
particulièrement difficiles au moment de l’attaque du 19 octobre, n’a songé
qu’à ses hommes, s’est porté vivement en avant dans un boyau d’écoute pour
assurer la défense. Trahi par ses forces, a fini par tomber. Très gravement
atteint, a été évacué.
- Auguste F., soldat de 2ème classe, 3ème Compagnie. Employé comme homme
de liaison, n’a jamais hésité à remplir sa mission malgré un bombardement
intense des tranchées. A montré du sang-froid et du courage en portant à
plusieurs reprises des ordres urgents ».

10 et 11 novembre 1915 :

« Le 301ème reçoit 172 hommes de renfort qu’il affecte au 3 ème Bataillon (10
novembre), [et] 83 hommes de renfort qu’il affecte au 2 ème Bataillon » (11
novembre).
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12 novembre 1915 :

Le 1er Bataillon (venu de Chamery) et le 2ème Bataillon (venu de Mailly)


« occupent le secteur de Reims ». Le 3ème Bataillon est à Nanteuil-la-Fosse.
Aucune autre précision géographique, aucun renseignement immédiat sur
l’activité des soldats durant cette période.

Photographies de Reims en 1915


- En haut à gauche : civils quittant la ville pendant un bombardement,
- En haut à droite : une rue bombardée,
- En bas à gauche : une autre rue bombardée,
- En bas à droite : encore une rue bombardée.

14 novembre 1915 :

Arrivée en renfort de 65 hommes, tous affectés au 1er Bataillon.


Ce même jour, le Général de Brigade « remercie et adresse ses félicitations à
Messieurs les médecins et tout leur personnel des hôpitaux de la Région où les
officiers, sous-officiers et soldats de la Brigade évacués à la suite des attaques
des 19 et 20 octobre ont été très bien soignés ».
Pendant la nuit, le 2ème Bataillon est relevé aux tranchées (secteur de la « Butte
de Tir » à Reims-Bétheny) par le 3ème Bataillon.
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Situation de la 97ème Division :


- La 193ème Brigade est disposée ainsi : les trois bataillons du 301ème et 1
Bataillon du 291ème se relaient entre les tranchées (secteur de Reims-
Bétheny) et l’arrière (repos à Chamery). Les deux autres bataillons du 291 ème
occupent quant à eux le secteur de Reims-Neuvilette, à la gauche immédiate
du 301ème.
- La 194ème Brigade (300ème et 211ème Territoriaux) stationne sur ses anciennes
positions, au sud-est de Reims, à Taissy et à Mailly.
Les bataillons sont relevés tous les douze jours.

Secteur de Reims – Lignes françaises (en bleu) et allemandes (en rouge)

Note – Cette carte représente le front tel qu’il est fin 1917.
En 1915, le réseau est moins dense mais les positions sont les mêmes.

19 novembre 1915 :

Le 301ème reçoit 42 hommes en renfort, tous affectés au 2ème Bataillon.


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22 novembre 1915 :

« Le 1er Bataillon, aux tranchées secteur de Reims (à Bétheny), est relevé (par
un bataillon du 291ème) et vient au repos à Chamery ».

25 novembre 1915 :

Dans la nuit du 25 au 26, le 2ème Bataillon quitte Chamery, où il est en repos,


pour aller relever le 3ème Bataillon dans le secteur « Butte de Tir » à Bétheny.
Le 3ème Bataillon revient à Chamery.
Ce même jour, le 1er Bataillon reçoit un renfort de 50 hommes. La 3ème et la 4ème
Compagnie vont cantonner à Ormes et Les Mesneux (voir carte juste au-dessus,
en bas, à gauche) pour y effectuer des travaux sur la seconde position.

Ci-dessus : Ormes, la briqueterie – Avant-guerre (à gauche) et en 1915 (à droite)


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Page précédente : Les Mesneux – Photographie non datée (probablement après-guerre)

4 décembre 1915 :

« Le 1er Bataillon part dans la nuit pour relever un bataillon du 291 ème [dans le]
sous-secteur de Bétheny ».

Bétheny – Entrée du faubourg par le côté Reims

7 décembre 1915 :

« Le caporal D., 6ème Compagnie, est blessé au cours d’un bombardement de


Reims ».

17 décembre 1915 :

Le 1er Bataillon rentre des tranchées et vient cantonner :


- 1ère et 2ème Compagnies à Chamery,
- 3ème et 4ème Compagnies à Montbré (Montbré est l’un des forts qui ceinturent
Reims, au sud-est, assez loin du front).

25 décembre 1915 :

« La 97ème Division ne fournira plus que quatre bataillons aux tranchées :


- 1 bataillon du 301ème (193ème Brigade) dans le secteur de Reims-Bétheny,
- 1 bataillon du 211ème (194ème Brigade) dans le secteur de Taissy,
- 1 bataillon du 211ème (194ème Brigade) dans le secteur de Mailly,
- 1 bataillon du 300ème (194ème Brigade) dans le secteur de Mailly ».
Les autres bataillons de la 97ème Division « sont employés à des travaux
urgents », soit, après mouvement :
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193ème Brigade :
2 bataillons du 301ème à Verzenay (le 1er et le 3ème), 3 bataillons du 291ème, l’un à
Ville-en-Selve, l’un à Louvois, et le troisième réparti en 1 compagnie à Ludes, 1
compagnie à Germaine, et 2 compagnies à Ay.
194ème Brigade :
1 bataillon du 211ème à Verzy, 2 bataillons du 300ème à Verzy.
Aucune précision sur la nature de ces « travaux urgents », sauf pour les deux
compagnies du 291ème qui « sont employées à Ay au déchargement de matériel
du Génie ».

Position de la 97ème Division Territoriale le 29 décembre 1915


Sur cette carte, les unités de la 193ème Brigade sont en bleu foncé, celles de la 194ème
Brigade en bleu clair. La ligne de front est en rouge.
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Ne figurent pas les autres unités françaises qui occupent aussi le secteur : la 30ème
Division d’Infanterie à Reims, et la 52ème Division d’Infanterie à Mailly.

10 janvier 1916 :

Le 3ème Bataillon quitte Verzenay et vient cantonner à Villers-Allerand (juste à


côté de Rilly-la-Montagne, à mi-chemin entre Ludes et Chamery).

Villers-Allerand
A gauche : carte postale annotée en 1918, mais datant probablement d’avant guerre,
A droite : photographie prise pendant la guerre, probablement en 1915

13 janvier 1916 :

Le 2ème Bataillon quitte Reims et vient cantonner à Verzy.

18 janvier 1916 :

« En exécution de l’ordre du Général en Chef (Joffre), échange de 25 gradés et


hommes veufs pères de 4 enfants et classes antérieurs à 1893 avec les 13 ème et
20ème Régiments Territoriaux ».

19 janvier 1916 :

« Echange de 79 gradés et hommes pères de 5 enfants avec le 12 ème


Territorial ».

22 janvier 1916 :

« Le 2ème Bataillon quitte Verzy dans la matinée et vient cantonner à Verzenay.


La 3ème Compagnie (1er Bataillon), mise à disposition du Génie, est détachée à
Verzy ».
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A gauche : Verzenay (la gare) – A droite : Verzy (la mairie)


Photographies non datées, probablement d’avant-guerre

23 janvier 1916 :

« Le 301ème reçoit un renfort de 1 adjudant et 49 hommes qui sont affectés aux


2ème et 3ème Bataillons ».

4 février 1916 :

Sur ordre du 38ème Corps, la 11ème Compagnie (3ème Bataillon) est détachée à
Courtaumont (environ 2 kilomètres au sud-est de Chamery) « pour y faire des
travaux ».

14 février 1916 :

« Par ordre du Général commandant le 38ème Corps d’Armée, deux compagnies


du 2ème Bataillon (7ème et 8ème) sont mises à la disposition du Colonel
commandant l’artillerie de la 97ème Division pour l’exécution des travaux
d’emplacement des batteries ».

17 février 1916 :

« Remise des Drapeaux aux Régiments de la 97ème Division par le Général


Joffre…/… En remettant au Colonel le Drapeau du 301 ème, le Général en Chef a
manifesté son contentement pour la bonne tenue et la belle allure des troupes, et
a adressé les paroles les plus élogieuses pour le 301 ème : Je sais – a dit le
Général Joffre – que le 301ème est un excellent Régiment. Je suis fier de lui
confier ce drapeau. Je suis sûr qu’il saura toujours le défendre ».

24 février 1916 :

« Les 5ème et 6ème Compagnies (2ème Bataillon) quittent Verzenay et vont


cantonner à Villers-Marmery (tout à côté de Verzy, à 2,5 kilomètres au sud-est
de Verzenay) pour y exécuter des travaux ».
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Villers-Marmery
A gauche, la gare (photographie non datée, probablement d’avant guerre)
A droite, le cimetière militaire (photographie non datée, probablement d’après guerre)

26 février 1916 :

Le Régiment quitte Verzenay et va cantonner :


- 1er Bataillon à Villers-Allerand,
- 2ème Bataillon à Rilly-la-Montagne,
- 3ème Bataillon à Reims.

« Dans la nuit du 26 au 27, le 3 ème Bataillon prend le service des tranchées dans
le sous-secteur des Cavaliers de Courcy…

Sous-secteur des « Cavaliers de Courcy » au nord de Reims

…/…
- La 9ème Compagnie à la Neuvillette (2ème ligne),
- La 10ème Compagnie à la Ferme Pierquin (2ème ligne),
- La 11ème Compagnie aux Cavaliers de Courcy (1ère ligne),
- La 12ème Compagnie à la Neuvillette (2ème ligne) ».
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La ferme Pierquin

La Neuvillette : le cimetière où sont creusées les tranchées de premières lignes


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27 février 1916 :

Le 1er et le 2ème Bataillon viennent à leur tour à Reims, Le premier cantonne aux
« Caves Mumm », le second est au « service des tranchées » dans le sous-secteur
de la « Voie ferrée » (non localisé).
Ce même jour, le caporal P. et le soldat M., de la 11 ème Compagnie (3ème
Bataillon) sont blessés par des éclats d’obus. « Le caporal P., grièvement blessé,
est l’objet d’une proposition pour la Médaille Militaire ».

2 mars 1916 :

« Les soldats Henri L., Evariste E., Antoine R., Pierre B. et Abel G. sont blessés
légèrement par éclats d’obus ».

5 mars 1916 :

« Le 1er Bataillon relève dans le sous-secteur des Cavaliers de Courcy le 3ème


Bataillon qui vient au repos à Reims ».

11 mars 1916 :

« Relève du 2ème Bataillon par le 3ème Bataillon dans le sous-secteur Voie ferrée.
Le 2ème Bataillon vient au repos à Reims ». Note – Ainsi, tous les 6 jours, les
bataillons se succèdent au repos (à Reims), et en 1ère et 2ème lignes (sous-secteurs
des Cavaliers de Courcy et de la Voie ferrée).

17 mars 1916 :

Nouvelle rotation des bataillons.


D’autre part, « par ordre du Corps d’Armée, la 2ème et la 3ème Compagnie (1er
Bataillon) vont cantonner à Courcelles pour y exécuter des travaux ».

20 mars 1916 :

« Le 301ème quitte Reims et est remplacé dans le sous-secteur des Cavaliers de


Courcy et de la Voie ferrée par des unités de la 52 ème Division (320ème Régiment
d’Infanterie).
Le Régiment vient cantonner :
- 3ème Bataillon à Ormes,
- 2ème Bataillon à Thillois,
- 1er Bataillon à Courcelles ».

Thillois, Ormes et Courcelles sont des faubourgs à l’Ouest de Reims :


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Thillois, Ormes et Courcelles


De gauche à droite :
- Soldats français devant une maison à Thillois,
- Ormes (photographie datant de 1918 – en 1916, le village était moins détruit),
- L’entrée de l’hôpital militaire de Courcelles-Sapicourt.

22 mars 1916 :

« A partir du 22 mars, et provisoirement, la 193 ème Brigade est au point de vue


de son emploi tactique sous les ordres du Général commandant la 52 ème
Division. Elle continue à faire partie de la 97ème Division au point de vue
personnel et administratif ».

23 mars 1916 :

« Dans la soirée, le 2ème Bataillon quitte ses cantonnements de Thillois pour se


rendre dans le secteur de Bétheny. Le 3ème Bataillon quitte Ormes pour se
rendre dans le secteur de la Neuvillette-Pierquin-ligne intermédiaire ».

4 avril 1916 :

« Relève du 3ème Bataillon par le 1er dans le sous-secteur de la Neuvillette ».


Note – La rotation des bataillons s’effectue ainsi tous les 12 jours.

17 avril 1916 :

Léon R., caporal mitrailleur, est évacué pour « plaie de la partie inférieure de la
jambe droite occasionnée par un éclat d’obus ».

22 avril 1916 :

Bombardement des cantonnements occupés par le 2ème Bataillon (cantonnements


situés 37 avenue du Champ de Mars, à Reims) : deux soldats sont blessés et
évacués. Henri T., soldat de la 6ème Compagnie, « blessures multiples par éclat
d’obus, main gauche, gorge, avant-bras droit, état grave » ; Charles S., soldat
de la 8ème Compagnie, « blessures par éclat d’obus face postérieure du bras
droit ».
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24 avril 1916 :

Jean C., soldat de la 5ème Compagnie (2ème Bataillon), est blessé lors d’un
bombardement, rue Werlé à Reims : « éclats d’obus pénétrants à la hanche
droite, contusions multiples ».

26 avril 1916 :

Jean P., soldat téléphoniste, est blessé (avant-bras) par éclats d’obus à la Ferme
Pierquin.

29 avril 1916 :

Joseph H., caporal à la 8ème Compagnie (2ème Bataillon), blessé par éclats d’obus
à Bétheny, décède le même jour à l’hôpital de Pargny-les-Reims (faubourg sud-
ouest de Reims) : « plaies multiples et profondes à la face, au thorax, aux bras
et aux cuisses ».
Jacques C., soldat à la 8ème Compagnie, blessé par éclats d’obus à Bétheny,
décède le lendemain à l’hôpital temporaire de Pargny-les-Reims : « blessures
multiples au bras droit, à la cuisse, à la jambe droite et au thorax ».
Nicolas C. et Jean M., soldats à la 8ème Compagnie, sont aussi blessés ce même
jour, au même endroit, par éclats d’obus : « plaies multiples des membres
supérieurs et inférieurs » pour le premier, « plaies multiples à la face, au bras, à
une cuisse et aux jambes » pour le second.

Ci-dessus : une tranchée française dans le secteur de Bétheny


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25 mai 1916 :

« Relève du 3ème Bataillon par le 1er Bataillon dans le secteur de la Neuvillette et


Pierquin. La 1ère Compagnie reste à Courcelles (travaux des routes). La 4 ème
Compagnie va cantonner à Villedommange (extraction de pierres). Les 2 ème et
3ème Compagnies [sont] à la Neuvillette (probablement en deuxième ligne) ».
« Le 3ème Bataillon vient cantonner à Reims, à la disposition du 283 ème Régiment
d’Infanterie ».
Note – A cette date, le 2ème Bataillon est toujours dans le secteur de Bétheny.

8 juin 1916 :

« Le 301ème reçoit 246 hommes de renfort provenant de la dissolution du 4 ème


Bataillon du 86ème Territorial. Ce renfort se décompose comme suit : 1
adjudant-chef, 1 adjudant, 1 sergent-major, 2 sergents-fourriers, 8 sergents, 20
caporaux, 213 hommes ».

25 juin 1916 :

Effectifs du Régiment à la date du 25 juin 1916 :


- CHR (Compagnie Hors Rang : poste de commandement, cuisine,
approvisionnement, administration, etc.) : 212 hommes, 99 chevaux.
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- 1er Bataillon (soit 1ère, 2ème, 3ème et 4ème Compagnies) : 770 hommes, 34
chevaux.
- 2ème Bataillon (soit 5ème, 6ème, 7ème et 8ème Compagnies) : 774 hommes, 34
chevaux.
- 3ème Bataillon (soit 9ème, 10ème, 11ème et 12ème Compagnies) : 702 hommes, 34
chevaux.
Autres unités rattachées :
- 1ère Compagnie de Mitrailleuses de Régiment : 114 hommes, 51 chevaux et
mulets.
- 2ème Compagnie de Mitrailleuses de Régiment : 92 hommes, 30 chevaux et
mulets.
- 2ème Compagnie de Mitrailleuses de Brigade : 126 hommes, 36 chevaux et
mulets.

30 juin 1916 :

Joseph B. et Pierre B., de la 11ème Compagnie, sont tués par éclats d’obus près
de la cité de Bétheny, au lieu-dit « La crèche » commune de Reims : « blessures
multiples avec grand délabrement, fractures multiples, mort instantanée ».

23 juillet 1916 :

Joseph L., caporal, est blessé par un éclat de shrapnel : « blessure au genou, sur
la rotule ; accident survenu en rentrant du travail au moment où ce caporal
allait pénétrer dans son abri au cantonnement de Bétheny ».

5 août 1916 :

« La 1ère Compagnie, cantonnée à Courcelles, se rend par voie de terre à


Romain (à une quinzaine de kilomètres, au nord-ouest de Reims) pour y
effectuer pendant un mois des travaux de route ».
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Page précédente : Romain entre 1914 et 1917. En 1918, durant la dernière grande
offensive allemande, le village sera très endommagé par les bombardements.

20 août 1916 :

« Le Lieutenant-Colonel du 301ème prend le commandement du [sous-]secteur


Cavaliers de Courcy / Voie ferrée de Laon (secteur de la Neuvillette). Le 3ème
Bataillon va occuper les premières lignes ».

Cavaliers de Courcy – Corvée de soupe le long du canal

Cavaliers de Courcy, vue aérienne (1916) – Lignes françaises et allemandes


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Secteur de la Neuvillette, sous-secteur des Cavaliers de Courcy


- En bas, au centre : la Ferme Pierquin.
- En haut, premières lignes françaises (non détaillées) et lignes allemandes (détaillées).

25 août 1916 :

« Le Lieutenant-Colonel du 301ème passe le commandement du secteur au


Colonel du 410ème d’Infanterie. Les Compagnies du 301ème occupant ce secteur
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…/… rentrent à Reims et sont mises à la disposition de la défense de [la cité], à


l’exception de(s) :
- 9ème Compagnie, qui occupe le « Village nègre » (non localisé), sous-secteur
de la voie ferrée,
- 6ème Compagnie, ½ à l’Aviation (non localisé), ½ [au] dépôt des machines
(non localisé),
- la 2ème Compagnie de Mitrailleuses de Régiment, qui occupe Pierquin (1
section), Village nègre (1 section), et cimetière de Laon (1 section),
- 2ème et 3ème Compagnies [qui] occupent le secteur de la Neuvillette ».

14 septembre 1916 :

« Le 1er Bataillon, à l’exception de la 1ère Compagnie qui reste à Romain, est


relevé du secteur de la Neuvillette et remis à [disposition de] la 97ème Division
pour occuper les premières lignes dans le secteur de « l’Allée noire » (secteur
situé à l’est de Reims, à environ 1 kilomètre à l’ouest du fort de la Pompelle).
Toutes les autres unités du Régiment sont destinées à la défense de
Reims…/… ».

27 septembre 1916 :

« Les 5ème, 6ème et 7ème Compagnies (2ème Bataillon) relèvent dans le secteur de
l’Allée noire les 2ème, 3ème et 4ème Compagnies (1er Bataillon) qui rentrent à
Reims affectées à [sa] défense ».

9 octobre 1916 :

« Le 3ème Bataillon (seulement les 9ème, 10ème et 12ème Compagnies – la 11ème


Compagnie reste en réserve à Reims) relève [le 2ème Bataillon] dans le sous-
secteur de l’Allée noire. Ce mouvement se fait dans la nuit…/… ».

18 octobre 1916 :

« La 11ème Compagnie part pour [Romain] afin de relever la 1ère Compagnie qui
prend le cantonnement de la 11ème…/… ».

21 octobre 1916 :

« Le 1er Bataillon au complet (4 Compagnies) relève dans le sous-secteur de


l’Allée noire le 3ème Bataillon qui rentre à Reims. Ce mouvement se fait dans la
nuit du 20 au 21 ».
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25 octobre 1916 :

« Violent bombardement de Reims de 15 H 00 à 17 H 00. Trois obus tombent


pendant le ravitaillement près du lieu des distributions. Pas de blessés ».

27 octobre 1916 :

« Nouveau bombardement de Reims pendant toute la journée, de 7 heures ½ à


17 H 00, avec quelques rares accalmies. La 12ème Compagnie est sérieusement
éprouvée : 2 morts et 4 blessés dont un officier. Un blessé à la 1ère Compagnie
de Mitrailleuses de Régiment.
Liste des tués et blessés :
- Gabriel V., sous-Lieutenant 12ème Compagnie, blessé – Plaie du genou droit
par éclat d’obus.
- Mathurin T., 12ème Compagnie, tué, mort probablement instantanée – Plaies
multiples, plaie région du cœur, par éclats d’obus.
- Ovide Antoine B., caporal 12ème Compagnie, blessé – Section complète de la
cuisse gauche, section bras droit au niveau du coude – Décédé à
l’ambulance.
- Lévy B., caporal 12ème Compagnie, blessé – Plaies multiples nuque, nez et
membres inférieurs par éclats d’obus.
- Guillaume T., soldat 12ème Compagnie, blessé – Plaie pénétrante à l’épaule
gauche, plaies (et fracture) cuisse gauche et pied gauche par éclats d’obus.
- Jules P., soldat 12ème Compagnie, blessé – Plaie pénétrante de la région
dorsale gauche ayant vraisemblablement intéressée le poumon, par éclat
d’obus.
Note – A la 12ème Compagnie, tous les tués ou blessés sont frappés à cette
adresse : « cantonnement caves Kinkelmann, boulevard Henri Vasnier,
commune de Reims », peut-être par le même obus.
- Pierre G., soldat, agent de liaison à la 1ère Compagnie de Mitrailleuses de
Régiment, blessé – Plaie par éclat d’obus, très superficielle, de la région
auxiliaire (Note – Le terme « auxiliaire » ne renvoie à aucune partie du
corps humain – Peut-être faut-il comprendre : « maxillaire ») côté droit,
survenu Place de la République à Reims ».

Note – A la suite de ces événements, tous les blessés survivants – à l’exception


du sous-Lieutenant Gabriel V. – sont cités à l’ordre du Régiment, sans autre
motif… qu’ils ont été blessés ! Ainsi, Lévy B. : « A été grièvement blessé au
cours d’un bombardement violent pendant lequel il a donné l’exemple d’un
grand sang froid et d’un bel entrain ». Guillaume T. : « Pendant un violent
bombardement, alors qu’il se rendait à son service, a été très grièvement
blessé ». Jules P. « A été grièvement blessé au cours d’un bombardement violent
pendant lequel il a donné à ses camarades l’exemple du mépris du danger.
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Pierre G. : « Blessé au cours d’un violent bombardement en accomplissant


froidement sa mission. A demandé, après s’être fait panser, à ne pas être évacué
et a repris son service pendant le bombardement ». ».

Sont également cités, à l’ordre du Régiment, ou à l’ordre de la 193ème Brigade,


médecins ou brancardiers intervenus auprès des blessés.
Auguste L., médecin-major de 2ème classe, chef de service au 301ème Territorial :
« Pendant un violent bombardement qui avait fait plusieurs victimes dans une
Compagnie éloignée de son poste de secours, s’est empressé d’aller sous les
obus soigner les blessés et assurer leur transport, donnant un bel exemple à son
personnel ».
Jacques Frédéric G., sergent brancardier, et Antoine P., caporal brancardier
(même citation, au mot près) : « Pendant un violent bombardement, a
parfaitement secondé le médecin-chef et assuré l’évacuation des blessés sous les
obus, avec le plus grand zèle et au mépris total du danger ».
Marcel Eugène G., médecin-auxiliaire : « Pendant un bombardement intense de
la ville, n’a pas hésité à aller porter secours à des blessés, a aidé à les panser et
à les transporter dans des ambulances malgré les obus qui tombaient dans la
rue, donnant ainsi le plus bel exemple de sang froid et de courage ».
François L., brancardier cycliste : « Pendant un bombardement intense à Reims,
a assuré la liaison, traversant sans souci du danger les parties de la ville les
plus battues, et a donné ainsi le plus bel exemple du sentiment du devoir et du
mépris du danger ».
Pierre S., conducteur de la voiture d’ambulance : « Au cours d’un violent
bombardement, a montré le plus grand sang froid et beaucoup de courage en
allant chercher des blessés. A maîtrisé ses chevaux affolés par les éclatements
de projectiles, restant crânement à leur tête, malgré les obus, jusqu’à ce que les
blessés aient été transportés dans la voiture ».
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Page précédente : ambulance hippomobile – Photographie datée de 1915.

Abel S., brancardier : « Pendant un violent bombardement à Reims, a traversé


toute la ville pour aller au secours des blessés. A donné l’exemple du devoir et
du plus grand sang froid en contribuant à l’évacuation, sous les obus, des plus
grièvement atteints ».

28 octobre 1916 :

« Le Régiment offre une soirée récréative à toutes les troupes du secteur ».

Soldats en représentation théâtrale (1917)

2 novembre 1916 :

« Le 2ème Bataillon au complet relève dans le sous-secteur de l’Allée noire le 1er


Bataillon ».

7 novembre 1916 :

Un soldat tué et deux blessés à la 1ère Compagnie de Mitrailleuses de Régiment.


Un soldat blessé à la 12ème Compagnie.
Tous sont cités à l’ordre du Régiment :
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Hippolyte G., soldat à la 1ère CMR : « Frappé mortellement au cours d’un


violent bombardement, en donnant à ses camarades l’exemple du mépris du
danger ».
Marius B., soldat à la 1ère CMR : « Blessé très grièvement au cours d’un violent
bombardement. A fait preuve devant ses camarades, avant d’être évacué, de la
plus grande énergie et du plus bel exemple ».
Marius C., soldat à la 1ère CMR : « Blessé très grièvement au cours d’un violent
bombardement. N’a proféré aucune plainte et a fait preuve, devant ses
camarades, jusqu’à ce qu’il soit évacué, du plus grand courage ».
Jean D., soldat à la 12ème Compagnie : « Blessé au cours d’un violent
bombardement. Cuisinier de la Compagnie, s’est obstiné à plusieurs reprises à
continuer son service, en dehors des abris, malgré les obus ».

Cuisine roulante (photographie datée de 1915)

13 novembre 1916 :

« Le 1er Bataillon relève le 2ème Bataillon dans le sous-secteur de l’Allée noire ».

15 novembre 1916 :

Deux blessés à la 12ème Compagnie, tous deux cités à l’ordre du Bataillon :


Joseph L., sergent : « Blessé en ramenant sa demie section du travail. A donné à
ses hommes, en face du danger, un bel exemple de sang froid et d’énergie ».
Gabriel L., caporal : « Blessé en revenant du travail. A gardé devant ses
hommes, malgré sa blessure, une belle attitude devant le danger ».
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18 novembre 1916 :

« La 11ème Compagnie, travaillant aux routes (et cantonnée à Romain), est


relevée par la 6ème Compagnie. La 11ème Compagnie rentre à Reims ».

29 novembre 1916 :

« Relève du 1er Bataillon à l’Allée noire par les troupes russes. Le 1 er Bataillon
va cantonner à Boursault (proche d’Epernay, à une vingtaine de kilomètres au
sud-ouest de Reims), au repos ».

Soldats russes en France


- A gauche : à leur arrivée en France,
- A droite : sur le front de Champagne en 1916.

3 décembre 1916 :

« Le 2ème Bataillon [va] cantonner à Boursault, le 3ème Bataillon à Damery


(village limitrophe, au nord-est de Boursault), au repos ».

Boursault et Damery
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- A gauche : le château de Boursault, vu de la plaine,


- A droite : Damery en 1917.

7 décembre 1916 :

Le Général commandant la Vème Armée cite à l’ordre du 38ème Corps d’Armée le


Lieutenant-Colonel V. commandant le 301ème Régiment Territorial :
« Excellent Chef de Corps qui a rendu des services distingués pendant quatorze
mois, devant l’ennemi, et en particulier dans une place soumise à des
bombardements constants ».

18 décembre 1916 :

« La 97ème Division est mise à la disposition de la Vème Armée pour construire un


tronçon de voie ferrée entre Fère-en-Tardenois et Fismes. Le Régiment quitte
ses cantonnements de repos pour se rendre par étapes à Mareuil-en-Dôle (à
vingt kilomètres plein ouest de Reims), où il arrive le 19 ».

Mareuil (date indéterminée – probablement avant guerre)

31 décembre 1916 :

Le Régiment fait le compte de ses pertes depuis le début de la campagne. Ainsi


apparaissent des décès jusqu’alors tenus sous silence.

2 soldats sont déclarés morts par suicide :


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- Joseph M., soldat en permission à Tracy-sur-Loire, décédé le 27 juillet 1916


suite à un « accident de chemin de fer ».
- Louis A., sergent-major, décédé le 22 décembre 1916 à Chéry-Chartreuve
(aucune précision supplémentaire).

5 soldats sont déclarés morts de maladie (sans plus de précisions) :


- Gilbert D., soldat, décédé en ambulance le 20 octobre 1915.
- Jean-Baptiste D., soldat, décédé en ambulance le 27 octobre 1915.
- Jean-François R., soldat, décédé à l’hôpital d’Epernay le 31 octobre 1915.
- Jean A., soldat, décédé à l’hôpital de Murat (Cantal) le 2 août 1916.
- Guillaume C., maréchal-des-logis, décédé à Taissy le 10 novembre 1916.

55 soldats sont déclarés morts « des suites de blessures par les gaz » après la
bataille des 19 et 20 octobre 1915.

Ainsi, le nombre de morts depuis le début de la campagne s’élève à 118.


Le nombre de blessés ou gazés ayant jusqu’alors survécus s’élève à 172.

14 janvier 1917 :

Le 301ème quitte Mareuil pour aller occuper les cantonnements suivants :


- 1er Bataillon à Chéry-Chartreuve,
- 2ème Bataillon réparti entre Chéry-Chartreuve, Villesavoye, et « La
Maladrerie » (non localisé – probablement un lieu-dit),
- 3ème Bataillon à Saint-Thibaut.

Plan de situation
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Chéry-Chartreuve pendant la guerre

Villesavoye (en 1918)


Cette photographie a été prise après l’échec de la dernière grande offensive allemande
qui a laissé la ville en ruines. En 1917, Villesavoye était un village plutôt tranquille, assez
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éloigné du front. Seul le terrain d’aviation – situé non loin, où opérait une escadrille de
chasse française – avait été bombardé par les Allemands.

Saint-Thibaut (photographie non datée, probablement d’avant guerre)

22 janvier 1917 :

Le 301ème reçoit du dépôt de Riom (siège de la 97 ème Division d’Infanterie


Territoriale) un renfort de 30 hommes.

30 janvier 1917 :

« Les 3ème et 4ème Compagnies quittent Chéry. Elles vont occuper quatre
baraques en bordure du chemin vicinal Fismes-Villesavoye ».

1er février 1917 :

« Au cours des travaux de nuit exécutés par la 3ème Compagnie du 301ème, sur le
chantier de la voie ferrée en construction, secteur Bazoches-Fismes, un
éboulement de terrain occasionne la mort du soldat V. Michel. Le caporal R. est
légèrement contusionné par le même éboulement ».

25 février 1917 :
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« Les 1ère et 2ème Compagnies quittent Chéry pour aller baraquer au camp du
Moulin Neuf (environs de Fismes) ».

Fismes
- A gauche : avant guerre, en 1900.
- A droite : en 1918, après le passage des troupes allemandes.

26 février 1917 :

Nouvelle organisation des Régiments de Réserve (constitués de jeunes appelés


ayant déjà accompli leur service militaire, rappelés sous les drapeaux pour la
durée de la guerre) et des Régiments de Territoriaux (constitués de rappelés
relativement âgés – jusqu’à 40 ans – ou de jeunes rappelés soutien de famille
nombreuses – les unités de Territoriaux sont « normalement » non combattantes,
ou engagées dans des secteurs calmes).

Dorénavant, par ordre du Grand Quartier Général, tous les régiments sont
organisés sur le modèle des Régiments d’Active (constitués de soldats de
métiers ou de jeunes appelés effectuant leur service militaire au moment de la
déclaration de guerre) : 3 bataillons par régiment (c’est déjà le cas du 301ème
qui n’est donc pas concerné par cette mesure), et 3 compagnies + 1 compagnie
de mitrailleuses par bataillon.
Ainsi, concrètement, pour le 301ème, la 4ème Compagnie, la 8ème Compagnie, et la
12ème Compagnie cessent d’appartenir à leurs bataillons respectifs (1 er, 2ème, et
3ème) pour intégrer le dépôt divisionnaire (cantonné à Villesavoye) sous le
commandement direct du Général commandant la 97ème Division.

28 février 1917 :

Le nouvel ordre de bataille du 301ème Régiment est donc le suivant :


L’Etat-Major est composé d’un Chef de Corps (Lieutenant-Colonel), d’un
Capitaine-adjoint, d’un Médecin-Major, d’un Officier chargé des détails, d’un
Officier d’approvisionnement, d’un Officier téléphoniste, d’un Officier porte-
drapeau, et d’un Officier sapeur-pionnier.
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La CHR – Compagnie Hors Rang – est composée de tous les soldats « de


service », secrétariat, administration, approvisionnement, armurerie, etc.
Le 1er Bataillon est composé de 3 Compagnies (1ère, 2ème et 3ème) + la 1ère
Compagnie de Mitrailleuses.
Le 2ème Bataillon est composé de 3 Compagnies (5ème, 6ème et 7ème) + la 2ème
Compagnie de Mitrailleuses.
Le 3ème Bataillon est composé de 3 Compagnies (9ème, 10ème et 11ème) + la 3ème
Compagnie de Mitrailleuses.

Le Dépôt Divisionnaire récupère les 4ème, 8ème et 12ème Compagnies.

4 avril 1917 :

« Ordre de la VIème Armée : le 301ème est mis – sauf le Dépôt Divisionnaire – à


la disposition du 1er Corps d’Armée Colonial ».

5 avril 1917 :

« Le Régiment fait mouvement dans la matinée et se porte :


- Etat-Major et 1er Bataillon à Jouaignes,
- 2ème Bataillon à Quincy-sous-le-Mont,
- 3ème Bataillon à Lesges ».

Jouaignes (photographie non datée)


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Quincy-sous-le-Mont (photographie prise avant guerre)

Lesges (photographie prise avant guerre)

6 avril 1917 :

« Le Régiment se porte :
- Etat-Major, 1er Bataillon, 3ème Bataillon à Billy-sur-Aisne,
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- 2ème Bataillon à Acy ».

Billy-sur-Aisne (photographie non datée, probablement après guerre)

Acy (photographie d’avant guerre)


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Mouvements des 5 et 6 avril 1917 / Position du 301ème au soir du 6 avril

7 avril 1917 :

[Dans la nuit du 7 au 8 avril], « le 301ème relève deux bataillons du 116ème


d’Infanterie, un bataillon du 62ème d’Infanterie, et deux escadrons du 25ème
Dragons (Cavalerie) dans le secteur du Fort de Condé, sous les ordres du
Général commandant la 2ème Division d’Infanterie Coloniale ».
Le 1er Bataillon est réparti entre Sermoise (2ème Compagnie et 1ère Compagnie de
Mitrailleuses), Bucy-le-Long (1ère Compagnie, en réserve), et Sainte-Marguerite
(3ème Compagnie, en réserve – Note : Ste Marguerite est un lieu-dit rattaché à la
commune de Bucy). Le 2ème Bataillon va à Missy, le 3ème Bataillon à Chivres.

Sermoise, route de Soissons (photographie non datée)


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Soldats français travaillant sur la route de Bucy-le-Long

Bucy-le-Long
- A gauche : tombe allemande à l’entrée du village.
- A droite : convoi de prisonniers allemands dans les rues du village.
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Missy
- A gauche : une rue du village en 1917.
- A droite : soldats français traversant Missy dans un véhicule blindé (mars 1917).

Sainte Marguerite (photographie prise après guerre)

Chivres
- A gauche : vue panoramique (photographie d’avant guerre).
- A droite : école et mairie (photographie d’avant guerre).

Missy :
- A gauche : une rue du village (1917).
- A droite : soldats français traversant Missy dans un véhicule blindé (mars 1917).
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Page précédente : Chivres


- A gauche : vue panoramique (photographie d’avant guerre).
- A droite : école et mairie (photographie d’avant guerre).

Chivres : officiers français posant dans les ruines du village (1917)


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11 avril 1917 :

« Les 4ème, 8ème et 12ème Compagnies (du Dépôt Divisionnaire) vont cantonner à
[Fismes] à la disposition du service routier ».

13 avril 1917 :

« Au cours d’une attaque par l’ennemi d’un petit poste (à Missy), le 301ème a
deux blessés ». [A 19 H 15], « le soldat Joseph L., 6ème Compagnie, est blessé au
pouce gauche par un éclat d’obus ». [A 21 H 00], « l’adjudant Régis S., 5ème
Compagnie, est blessé à l’épaule gauche par un éclat de grenade ».

15 avril 1917 :

Une patrouille est « envoyée en plein jour pour faire démasquer l’ennemi ». Elle
« bouscule un petit poste, ramène des fusils et équipements. En rejoignant ses
lignes, le soldat G., 10ème Compagnie, est blessé d’une balle de fusil et meurt
pendant son transport au Poste de Secours ».

Soldats allemands sur les hauteurs du Chemin des Dames (avril 1917)
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16 avril 1917 :

Après plusieurs jours d’intense préparation d’artillerie, début officiel de la


grande offensive du Chemin des Dames.
Durant les attaques, la mission de la 193ème Brigade (301ème + 291ème Régiments
Territoriaux) est de tenir le front dans les « secteurs passifs », Fort de Condé
pour le 301ème, Vregny (au nord-est de Chivres) pour le 291ème. Pour soutenir
ses forces, la Brigade dispose du Dépôt Divisionnaire de la 2 ème Division
d’Infanterie Coloniale, soit :
- 3 compagnies du 24ème Régiment Colonial à l’ouest de Vregny,
- 3 compagnies du 22ème Régiment Colonial, la première à l’ouest de Missy, la
seconde au sud-est de Ste Marguerite, la troisième à Le Moncel (lieu-dit
rattaché à Bucy),
- 2 compagnies du 43ème Régiment Colonial et 2 compagnies du 41ème
Régiment Colonial à Bucy.

17 avril 1917 :

« Relève des 9ème et 10ème Compagnies (du 3ème Bataillon positionné à Chivres)
par les 1ère et 3ème Compagnies (du 1er Bataillon, jusqu’alors en réserve à Bucy -
Ste Marguerite) ».

16 avril 1917 : début de l’offensive du Chemin des Dames.


Note – La petite étoile blanche au nord de Missy signale la position du Fort de Condé.
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17 avril 1917 :

« Relève des 9ème et 10ème Compagnies (en ligne à Chivres) par les 1ère et 3ème
Compagnies (jusqu’alors en réserve à Bucy – Ste Marguerite) ».

18 avril 1917 :

« Trois déserteurs du 9ème Régiment allemand se rendent à des hommes du


291ème. Ces déserteurs, de nationalité polonaise, annoncent un repli des troupes
[ennemies] ».

« Sur les ordres reçus de la 2ème Division d’Infanterie Coloniale, le Général


commandant la 193ème Brigade prescrit des reconnaissances …/… qui ont pour
but de s’assurer du retrait possible des troupes ennemies ».

« Deux reconnaissances, l’une du 3ème Bataillon, sous les ordres du sous-


Lieutenant L. accompagné du sous-Lieutenant F., officier de renseignements,
l’autre du 2ème Bataillon, sous les ordres du sous-Lieutenant D., abordent le
Fort de Condé qu’elles trouvent évacué par l’ennemi ».

Fort de Condé – L’entrée (1917)


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Fort de Condé – Aperçu des ruines (1917)

Plus au nord, une reconnaissance envoyée par le 291 ème Régiment est
« accueillie par des tirs nourris de mitrailleuses » et se retire « en perdant un
homme ». Une deuxième reconnaissance aborde une ferme jusqu’alors occupée
par les Allemands, la trouve abandonnée, et saisit « un matériel assez
important ».

19 avril 1917 :

« La 193ème Brigade passe sous les ordres du Général commandant la 158 ème
Division d’Infanterie.
Le 301ème Régiment se porte sur le plateau au nord du Fort de Condé. La 5 ème
Compagnie fait, le matin, la reconnaissance de Condé-sur-Aisne et de Celles-
sur-Aisne d’où les Allemands se sont retirés en hâte ».
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Page précédente : Condé-sur-Aisne


- A gauche : ruines de l’ancien Prieuré (1917),
- A droite : char français Schneider dans les rues de Condé-sur-Aisne (avril 1917).

Carte de situation

La ligne de front, tracée en rouge, est ici incertaine car les positions, du fait de
l’offensive Nivelle et du relatif retrait des troupes allemandes, évoluent sans cesse.
Les flèches vertes indiquent les mouvements opérés par le 301ème le 20 avril 1917.
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20 avril 1917 :

« Le matin, le Régiment reçoit l’ordre de se porter en réserve de [la 158ème


Division d’Infanterie] à Chivres, au sud du Fort de Condé. A son arrivée, il est
mis à la disposition de la 3ème Division d’Infanterie Coloniale et reçoit l’ordre
de se porter dans la région de Neuville-sur-Margival :
- 1er Bataillon à Terny,
- 2ème Bataillon et Etat-Major à Neuville-sur-Margival,
- 3ème Bataillon à Sorny.

Margival
- A gauche : au fond : le village / au premier plan : pièce d’artillerie abandonnée par
les Allemands.
- A droite : une rue du village.

Terny-Sorny
- A gauche : ruines de l’église.
- A droite : la route de Margival.

« Le 301ème fournit les réserves et les travailleurs du 41ème RIC (Régiment


d’Infanterie Coloniale) dans le sous-secteur Sorny – Ferme de Bessy-Laffaux, et
se tient prêt à relever (en première ligne) les unités du 41ème dans ce sous-
secteur ».
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Carte de situation au soir du 20 avril 1917

Les trois bataillons du 301ème sont en réserve à l’arrière du front. Les premières lignes
sont tenues par deux bataillons du 41ème Régiment d’Infanterie Coloniale au nord, et
deux bataillons du 22ème Régiment d’Infanterie Coloniale au sud.

A 21 H 00, trois soldats de la 2ème Compagnie de Mitrailleuses (2ème Bataillon)


sont blessés par éclats d’obus à Neuville-sous-Margival :
- « Jean C., sergent : plaie pénétrante de la cuisse gauche, petite plaie [dans]
la région temporale droite,
- Jean T., soldat : petite plaie pénétrante jambe gauche,
- Antoine F., soldat : contusion du pied gauche, [au] niveau du coup de pied ».
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22 avril 1917 :

« Le 1er Bataillon relève [en première ligne] un bataillon du 41ème Régiment


d’Infanterie Coloniale dans le sous-secteur de Sorny.
Le 2ème Bataillon reste en réserve à Neuville-sur-Margival ».

Deux blessés à Neuville-sur-Margival :


- à 15 H 00, « Valère J., pionnier, Compagnie Hors Rang, renversé par
l’explosion d’un obus, plaies sans gravité, non évacué ».
- à 21 H 30, « Joseph M., caporal brancardier, 1ère Compagnie, petite plaie
pénétrante au niveau du pli fessier côté droit, plaie pénétrante du flanc droit,
éraflure du thorax côté droit ».

Neuville-sur-Margival : ce qui reste de l’église…


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23 avril 1917 :

« Le 3ème Bataillon est mis à la disposition de la 3ème Division d’Infanterie


Coloniale pour [des] travaux. [Dans la soirée], il va cantonner au Banc de
Pierre (lieu-dit rattaché à la commune de Leuilly, à l’ouest de Vauxaillon) ».

Carte de situation au soir du 23 avril 1917

Position de la 193ème Brigade (301ème + 291ème Régiments Territoriaux), ici en bleu clair,
et des unités provisoirement rattachées (1 compagnie du 3ème Chasseurs d’Afrique + 1
bataillon du 43ème Régiment d’Infanterie Coloniale + 2 bataillons du 41ème Régiment
d’Infanterie Coloniale), ici en bleu foncé.

Les flèches rouges symbolisent le retrait stratégique des troupes allemandes depuis le 16
avril.

Les pointillés rouges marquent l’ancien emplacement de la ligne de front.


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24 avril 1917 :

« Etat des pertes du 24 avril :


- Julien L., caporal à la 9ème Compagnie : broiement du membre inférieur
droit. Accident survenu à 20 H 30 à Leuilly. Mort à 22 H 05 à l’ambulance
du mont de Leuilly.
- Joseph C., soldat à la 9ème Compagnie : broiement des membres inférieurs.
Accident survenu à 20 H 30 à Leuilly. Mort à 22 H 05 à l’ambulance du
mont de Leuilly.
- André M., sous-Lieutenant à la 9ème Compagnie : plaies multiples des
membres inférieurs, fesse gauche, avant-bras gauche, main gauche, joue
gauche. Accident survenu à 20 H 30 à Leuilly.
- Marin M., soldat à la 9ème Compagnie : plaie pénétrante de la poitrine, ligne
axillaire postérieure. Accident survenu à 20 H 30 à Leuilly.
- Jean D., soldat à la 9ème Compagnie : plaie en séton de la fosse sus-épineuse
droite, cuisse droite, bras droit. Accident survenu à 20 H 30 à Leuilly.
- Louis G., soldat à la 9ème Compagnie : plaies multiples de la tête. Plaies
multiples et superficielles des mains. Accident survenu à 20 H 30 à Leuilly.
- Jean-Baptiste M., soldat à la 9ème Compagnie : plaie superficielle de
l’auriculaire droit. Non évacué. Accident survenu à 20 H 30 à Leuilly.
- Jacques B., soldat à la 9ème Compagnie : contusion de la région pariétale
gauche. Non évacué. Accident survenu à 20 H 30 à Leuilly ».

Leuilly-sous-Coucy – Lieu-dit « Banc de Pierre » (avant guerre)


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Leuilly-sous-Coucy en 1917
- A gauche : vue d’ensemble.
- A droite : soldats français bivouaquant au pied de l’église.

- « Marie-Pierre L., soldat, 6ème Compagnie : blessé par éclats d’obus, vers
minuit, à la ferme Montgarny (à Margival) ».

Ferme de Montgarny, les ruines

A 19 H 00, Ferdinand C., soldat à la 1ère Compagnie, [est] tué par éclat d’obus
[dans la] tranchée de Laffaux ».

Ce même jour – 24 avril 1917 – « une section du 301ème sous les ordres du sous-
Lieutenant P., s’empare d’une tranchée [ennemie], dite « Tranchée de Fer », à
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Laffaux, et l’occupe, ainsi que les éléments avancés à l’est, et la partie ouest du
« Boyau de l’Ortolan ».
Ces positions sont organisées au fur et à mesure.
Le Général commandant la 3ème Division d’Infanterie Coloniale adresse ses
félicitations au Régiment pour l’occupation de cette tranchée.

Ci-dessus : Laffaux avant guerre – Ci-dessous : Laffaux en 1917


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25 avril 1917 :

A 23 H 00, dans les tranchées de Laffaux, Robert P., sergent à la 3ème


Compagnie, est blessé au « thorax, côté droit ».

26 avril 1917 :

A 09 H 00, Jean R., soldat à la 1ère Compagnie, est blessé par éclat d’obus :
« plaie omoplate gauche ».

27 avril 1917 :

« Etat des pertes du [jour] :


- Louis L., soldat à la 3ème Compagnie : petit éclat d’obus, face dorsale du pied
droit. Accident survenu dans les tranchées de Laffaux.
- Louis P., soldat à la 3ème Compagnie : plaie par éclat d’obus de la région
frontale côté gauche, et éraflure de l’arcade sourcilière. Accident survenu
dans les tranchées de Laffaux.
- Marc D., soldat à la 3ème Compagnie : blessé par éclat d’obus, talon gauche.
Accident survenu dans les tranchées de Laffaux.
- Claude V., sergent à la 3ème Compagnie de Mitrailleuses : blessé à la main
par éclat d’obus, à 23 H 00, dans un chantier des premières lignes au nord
de Laffaux. Non évacué ».
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Page précédente : tombes françaises sur un plateau au nord de Laffaux

28 avril 1917 :

A 19 H 00, Louis S., caporal à la 3ème Compagnie, est blessé dans les tranchées
de Laffaux : « plaie par balle [dans] la paume de la main droite, petite
écorchure de la face dorsale de la main gauche ».

A 22 H 00, « le petit poste de la Tranchée de Fer est attaqué par une patrouille
ennemie qu’il repousse en lui tuant un homme ».

Note – Cet événement n’est pas unique. C’est le seul dont fasse état le 301 ème
Régiment, mais en date « du 24 au 29 avril », le Journal de Marche de la 193ème
Brigade signale : « Au cours de cette période, et pendant la nuit, plusieurs
patrouilles allemandes qui tentaient de surprendre nos petits postes (Boyau de
l’Ortolan, Tranchée de la Chèvre) ont été repoussées par nos troupes ».

Soldats allemands attaquant une position française à la grenade

29 avril 1917 :

« Dans la nuit du 29 au 30, le 1 er Bataillon est relevé (en première ligne) par les
éléments de la Division de Cavalerie « Brécard » (4ème, 9ème et 11ème Cuirassiers
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à pied), et va bivouaquer au ravin des « Ribaudes » à l’ouest du « Banc de


Pierre », à la disposition de la 3ème Division d’Infanterie Coloniale pour
travaux ».

Note – Les cavaliers à pied de la Division Brécard et les fantassins de la 3 ème


Division Coloniale vont, dans les jours qui viennent, lancer une offensive contre
les lignes allemandes situées entre le « Mont des Singes » et le « Moulin de
Laffaux ».
Le but de cette offensive est de rejeter l’ennemi le plus loin possible à l’est (en
direction de Pinon-Vaudesson), et de précipiter sa retraite le long du canal de
l’Oise, la Division Brécard agissant au sud, la 3ème Division d’Infanterie
Coloniale agissant au nord. Au centre du dispositif, la 2 ème Division d’Infanterie
Coloniale suivra le mouvement et viendra renforcer les positions conquises.

Le 301ème Régiment ne participe pas activement à cette offensive. Avant le début


des opérations, il a pour mission de préparer le terrain (creusement de tranchées,
de boyaux, d’abris). Pendant les opérations, il assurera l’approvisionnement en
munitions des unités combattantes.

30 avril 1917 :

« Le 2ème Bataillon reste à Neuville-sur-Margival à la disposition de la Division


de Cavalerie Brécard pour travaux.
Le 3ème Bataillon va bivouaquer au « Mont des Tombes » (lieu-dit au nord de
Leuilly) à la disposition de la 3ème Division d’Infanterie Coloniale pour
travaux ».
A 19 H 00, faubourg St Waast à Soissons, Léon S., soldat de la Compagnie Hors
Rang, est blessé par éclats de grenade avec « plaies multiples » : dans une zone
aussi éloignée du front, une blessure par grenade ne peut être qu’un accident ou
une tentative de suicide.

Soissons : quelques ruines après les bombardements allemands


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1er mai 1917 :

Début de la préparation d’artillerie (bombardement intensif des premières lignes,


boyaux d’accès, et arrières immédiats de l’ennemi) en vue de l’offensive
initialement prévue le 2 mai.

Artilleurs français

« Après relève, les éléments du 301ème sont répartis entre la 3ème Division
Coloniale et la Division de Cuirassiers à pied « Brécard » pour exécution de
travaux urgents de première ligne :
- 1er Bataillon (1ère, 2ème et 3ème Compagnies + 1ère Compagnie de
Mitrailleuses) au ravin des Ribaudes, à la disposition du Génie de la 3 ème
Division Coloniale.
- 2ème Bataillon – 5ème Compagnie : Quartier des Trous, à la disposition du 4ème
Cuirassiers à pied, pour le ravitaillement de la première ligne en munitions.
– 6ème Compagnie : Quartier de Laffaux, à la disposition du 9ème Cuirassiers
à pied, pour le ravitaillement de la première ligne en munitions. – 7ème
Compagnie : Quartier de Margival, à la disposition du 11ème Cuirassiers à
pied, pour le ravitaillement de la première ligne en munitions – 2ème
Compagnie de Mitrailleuses : en position contre avions, à la disposition de
la Division de Cuirassiers « Brécard ».
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- 3ème Bataillon (9ème, 10ème et 11ème Compagnies) au ravin du Mont des


Tombes, à la disposition de la 3ème Division d’Infanterie Coloniale, travaux
de préparation à l’attaque en première ligne, et ravitaillement de la première
ligne en munitions – 3ème Compagnie de Mitrailleuses : en position contre
avions, à la disposition de l’Etat-Major du 1er Corps d’Armée Colonial (qui
regroupe les 2ème et 3ème Divisions Coloniales) ».

2 mai 1917 :

L’offensive, initialement prévue ce jour, est reportée au 4 mai. La préparation


d’artillerie se poursuit.

Carte de situation au matin du 2 mai 1917

La ligne verte représente les premières lignes françaises.


Les lignes rouges marquent les premières et deuxièmes lignes allemandes.
Rectangles bleus : unités du 301ème Régiment Territorial, sauf les Compagnies de
Mitrailleuses 2 et 3, détachées respectivement auprès de la Division de Cuirassiers à pied
« Brécard » (4ème + 9ème + 11ème Cuirassiers) et du 1er Corps Colonial (2ème + 3ème
Divisions d’Infanterie Coloniale), pour la lutte anti-aérienne, et dont les positions ne sont
nulle part précisées.
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Au « Banc de Pierre », Jean-Baptiste M., soldat à la 3ème Compagnie, est blessé


« au genou gauche et à la main gauche » par « balle de Ruby ».
Note – Le Ruby est un modèle de revolver en usage dans l’armée française : à
cette distance du front, il ne peut donc s’agir que d’un accident ou d’une
blessure volontaire.

4 mai 1917 :

Une fois de plus, l’attaque prévue ce jour est reportée au lendemain.

A 09 H 00, à Neuville-sur-Margival, Alphonse R., soldat à la 7ème Compagnie,


est blessé par éclat d’obus.

Objectifs de l’offensive du 5 mai 1917 (prévisions)


Ligne continue verte : premières lignes françaises / positions de départ de l’offensive.
Ligne pointillée verte : objectif final de l’offensive.
Lignes continues rouges : premières et deuxièmes lignes allemandes.
Flèches bleu clair : progression prévue pour la 3ème Division Coloniale.
Flèches bleu foncé : progression prévue pour la Division Brécard » (Cuirassiers à pied).
Flèches noires : progression prévue pour le 37ème Corps.
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Note – La 2ème Division Coloniale (proche de Soissons) devait initialement suivre les pas
des premières vagues et foncer vers le « Point du Jour » (en haut à droite de la carte).

5 mai 1917 (seconde bataille de l’Aisne, premier jour) :

A 04 H 45, la 3ème Division Coloniale et la Division de Cuirassiers « Brécard »


s’élancent hors de leurs tranchées.
En face, les Allemands sont prêts. Alertés par les tirs de préparation des derniers
jours (canonnades intensives depuis le 1er mai), ils déclenchent immédiatement
un formidable contre-barrage d’artillerie.

Au nord, devant Vauxaillon, l’attaque de la 3ème Division Coloniale est


rapidement stoppée sur les pentes abruptes du Mont des Singes.

Soldats français à l’assaut sur les pentes du Chemin des Dames

Plus au sud, la Division de Cuirassiers « Brécard » connaît un meilleur sort :


appuyée par des tanks (4 chars Schneider par régiment), précédée par un barrage
roulant de 75 (canons français à tir rapide), elle avance dans un premier temps
au rythme de 50 mètres par minute.
Le 4ème Régiment attaque vers le « Château de la Motte », lieu-dit au sud-ouest
du village d’Allemant.
Le 9ème charge directement face au moulin de Laffaux.
Le 11ème progresse vers les carrières de Fruty.
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Cuirassiers français
- A gauche : en parade, montés sur leurs grands chevaux en 1915.
- A droite : mis à pied, sur le front de la seconde bataille de l’Aisne en 1917.

Après une course sous le feu de plusieurs centaines de mètres, les Cuirassiers
enlèvent presque partout les premières lignes ennemies, qu’ils nettoient à la
baïonnette et à la grenade.
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Page précédente : une tranchée allemande « nettoyée » après un assaut

Puis ils tentent une percée plus avant.

Au nord, sur la ligne d’attaque du 4ème Régiment, deux tanks sont vite détruits.
Les deux autres atteignent le « Château de la Motte » (abords sud-ouest
d’Allemant) où le troisième char est à son tour détruit. Le dernier fait alors demi
tour et entraîne dans sa retraite les Cuirassiers qui jusqu’alors le suivaient.

Chars français « Schneider »


- A gauche : sur la route menant au front.
- A droite : sur le front, détruit par l’artillerie allemande.

Au sud, le 11ème Régiment progresse péniblement vers les carrières de Fruty.

Cuirassiers à pied menant un assaut (Seconde bataille de l’Aisne – 1917)

Mais avant d’atteindre ce premier objectif, il est pris sous le tir de mitrailleuses
ennemies, positionnées en nids, et qui forment un barrage de feu infranchissable.
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Mitrailleurs allemands (photographie légèrement postérieure – 1918)

Finalement dans l’impossibilité d’avancer, les Cuirassiers du 11ème Régiment


reculent et se mettent à l’abri derrière le parapet des tranchées allemandes qu’ils
viennent de prendre.

Au centre, seul le 9ème Régiment continue à avancer, mais très lentement et sans
réelle coordination avec toutes les unités engagées. Désormais à la pointe de
l’offensive, face aux mitrailleuses qui protègent le moulin de Laffaux, sous le tir
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des canons qui maintenant le prennent presque exclusivement pour cible, il doit
de plus repousser trois violentes contre-attaques d’infanterie.
En fin de matinée, dangereusement exposé, risquant l’encerclement, le 9 ème
Régiment ne progresse plus et s’enterre sur place pour conserver ses positions.

A l’extrême droite du dispositif, l’attaque du 37ème Corps (dont la 158ème


Division d’Infanterie) qui devait initialement « pousser » en direction du
Chemin des Dames) est aussi vite arrêtée. Le feu ennemi est tellement intense
que la plupart des soldats ne peut même pas déboucher de ses propres tranchées.

Les Cuirassiers ne renoncent pas. Au début de l’après-midi, leurs bataillons sont


à nouveau en ordre de bataille.
A 13 H 30 ils repartent à l’attaque.

Le 4ème Régiment enlève à la baïonnette le « Château de la Motte » (au sud-ouest


d’Allemant). Mais l’ennemi contre-attaque, et à 16 H 00 la position est
abandonnée. Une fois de plus, les soldats reculent et rejoignent les abris relatifs
de leurs positions de départ.

Lieu-dit « Château de la Motte », près du village d’Allemant

Le 9ème Régiment lance un nouvel assaut sur le moulin de Laffaux. Dès qu’il
débouche de ses tranchées, il est accueilli par un tir très violent. L’intervention
de deux blindés, qui engagent à bout portant les mitrailleuses ennemies, sauve
quelque peu la situation. Mais la progression est difficile : elle se fait mètre
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après mètre, à coups de fusil et de grenades. Les Allemands s’accrochent encore


aux ruines du moulin.

Laffaux, les ruines du moulin

Le 11ème Régiment attaque sur deux fronts : les carrières de Fruty et le mont de
Laffaux.
Ci-dessous : les carrières de Fruty
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Du côté de Fruty, les soldats progressent par petits bonds, de trous d’obus en
trous d’obus, ou rampent entre les boyaux et les tranchées bouleversés par le tir
de l’artillerie. Dès qu’ils atteignent les abris allemands, ils les nettoient à coups
de grenade, fusillent à bout portant tous ceux qui tentent d’en sortir. Finalement,
la garnison finit par se rendre.

Carrière de Fruty : l’entrée des abris où se dissimulaient les Allemands

Du côté du mont de Laffaux, quatre blindés suivent l’infanterie. Dans un


premier temps, leur intervention est assez efficace : ils traversent sans mal le
barrage d’artillerie et arrivent à point nommé pour secourir les Cuirassiers,
littéralement cloués au sol par le feu des mitrailleuses allemandes. Les
« Schneiders » nettoient quelques centres de résistance, mais ils sont finalement
victimes de leur blindage. Trop lourds, ils s’embourbent ou tombent dans des
trous d’obus d’où ils ne peuvent ressortir. L’un des chars est abandonné sur
place, les trois autres réussissent tant bien que mal à se dégager de la boue, et
reviennent piteusement à leur point de départ. L’infanterie est à nouveau en tête
à tête mortel avec les mitrailleuses : éparpillée tout au long de la pente, elle ne
progresse plus du tout et tient difficilement ses positions.

En fin d’après-midi, sur l’ensemble du front, l’offensive semble totalement


bloquée. Seuls les Cuirassiers s’obstinent encore : à 18 H 00, ils relancent une
nouvelle attaque et gagnent un peu de terrain. Mais l’objectif final est loin d’être
atteint…
A la nuit tombée, la situation est la suivante :
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Le 11ème Régiment occupe la partie sud des Carrières et - après une charge
furieuse menée par un Chef de Bataillon qui entraîne ses hommes la canne à la
main - finit par s’emparer du mont de Laffaux… mais il en est immédiatement
chassé par le tir précis de mitrailleuses allemandes bien dissimulées.
Le 9ème Régiment réussit à prendre les ruines du moulin et atteint la route qui
mène de Laffaux au « Château de la Motte ».
Quant au 4ème Régiment, il n’a même pas l’occasion d’attaquer : il est lui-même
fortement attaqué par l’infanterie allemande. Presque submergé, il ne doit son
salut qu’à l’intervention in extremis de ses voisins du 9ème Régiment !

Seconde bataille de l’Aisne – Situation au soir du 5 mai 1917

- Ligne continue verte : position de départ au matin du 5 mai 1917.


- Ligne pointillée verte : objectif final de l’offensive (plan initial des Généraux).
- Ligne continue rouge : nouvelle ligne de front au soir du 5 mai 1917.
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A 21 H 00, un violent orage éclate et les armes se taisent. Dans la nuit, sur un
champ de bataille devenu fleuve de boue, les unités de réserve relèvent les unités
de première ligne.
Ainsi se termine la première journée de la seconde bataille de l’Aisne.

Après la bataille : brancardiers français cherchant à identifier les cadavres

5 mai 1917 (pour le 301ème Régiment d’Infanterie Territoriale) :

Le 301ème Régiment d’Infanterie Territoriale n’est pas engagé activement dans


les combats de la seconde bataille de l’Aisne, mais préposé à
l’approvisionnement des troupes d’assaut, il n’en subit pas moins quelques
pertes :
- A 10 H 00, à Laffaux : François B., 5ème Compagnie « Tué au cours de
l’approvisionnement en munitions des premières lignes. Le corps est resté
dans les lignes et n’a pu être ramené ».
- Même heure, à Laffaux : Jean-Marie D., 5ème Compagnie « Blessure à
l’abdomen par balle. Etat grave ».
- Même heure, à Laffaux : Marcellin A., 5ème Compagnie « Blessures multiples
et légères par éclats d’obus à la figure ».
- Même heure, à Laffaux : Julien A., 5ème Compagnie « Plaie par éclat d’obus
de la cornée de l’œil gauche ».
- Même heure, à Laffaux : Antoine A. (Compagnie inconnue) « Blessure par
balle de la face externe cuisse droite ».
- A 14 H 00, au plateau d’Antioche (site limitrophe de Vauxaillon, au sud-
ouest) : Jean F., 9ème Compagnie « Plaies multiples à la tête, à l’abdomen et
aux membres inférieurs. Mort immédiate ».
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- Même heure, au plateau d’Antioche : Joseph B., 9ème Compagnie : « Plaies


multiples, à la tête, à l’abdomen et aux membres inférieurs. Mort
immédiate ».
- Même heure, au plateau d’Antioche : Michel P., 9ème Compagnie « Plaie
pénétrante poitrine base droite, région antérieure par éclat d’obus ».
- Même heure, au plateau d’Antioche : Grégoire L., 9ème Compagnie « Plaies
par éclats d’obus, gros délabrement région interne tiers inférieur jambe
droite ».
- A Laffaux (heure inconnue) : Maurice C., 5ème Compagnie « Plaie profonde
de la région pariétale avec issue (sortie ?) de la matière cérébrale. Blessé
grave ».
- A Laffaux (heure inconnue) : Joseph D., 6ème Compagnie « Plaie par éclat
d’obus de la surface dorsale de la main droite ».
- A 21 H 00, au plateau d’Antioche : Salvador B., caporal, 9ème Compagnie
« Eraflure par éclat d’obus de la région thoracique postérieure gauche ».

6 mai 1917 (seconde bataille de l’Aisne – deuxième jour) :

Au petit matin, des reconnaissances constatent que le terrain, détrempé par les
fortes pluies de la nuit, est devenu impraticable pour les chars. Malgré tout, les
Généraux décident de poursuivre l’offensive.
Après un bombardement de six heures (de 10 H 00 à 16 H 00), Coloniaux,
Cuirassiers à pied, et fantassins du 37ème Corps repartent à l’assaut.
La 3ème Division d’Infanterie Coloniale attaque à nouveau le mont des Singes
(sans jamais atteindre le sommet) et progresse un peu sur le plateau au sud de
celui-ci.

Le « mont des Singes »


- A gauche, vu depuis le bas de la pente.
- A droite, charge de fantassins français pendant la seconde bataille de l’Aisne.
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Plus au sud, la Division de Cuirassiers à pied « Brécard » réussit au début


quelques percées :

- A gauche, le 4ème Cuirassiers, malgré une progression rendue très difficile


par le terrain boueux, attaque le « Château de la Motte » et s’en empare. Mais
violemment contre-attaqué, menacé d’encerclement (car les Coloniaux de la
3ème Division, piétinant sur le plateau sud du bois des Singes, ne protègent
pas son flanc gauche), il doit encore une fois reculer. A la nuit tombée, il se
dégage à la baïonnette et revient sur des positions plus défendables.

Château de la Motte – Le bois

- Au centre, le 9ème Cuirassiers parvient jusqu’au ravin d’Allemant, qu’il


nettoie à la grenade. Plus bas, il se positionne solidement au pied du mont de
Laffaux. Puis il attaque les abords nord de Fruty et conquiert la grande
carrière, dite « carrière 66ter ». Mais ce dernier succès est de courte durée :
sous la pression des mitrailleuses et des canons lourds ennemis, il doit lui
aussi abandonner sa position.

- A droite, le 11ème Cuirassiers, attaque également les carrières de Fruty, par


les abords sud. Mais la 158ème Division d’Infanterie – qui devait soutenir
son flanc droit – reste désespérément absente, et il doit lui aussi renoncer…

A 18 H 00, le Général Maistre, commandant la VIème Armée, donne enfin l’ordre


de suspendre toutes les attaques et de s’installer sur les positions conquises.
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Carrière de Fruty – Repaires de mitrailleuses allemandes

A 21 H 00, les Allemands lancent une dernière contre-attaque qui se brise sous
le feu des canons français. La bataille est terminée.
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Page précédente : seconde bataille de l’Aisne – situation au soir du 6 mai 1917.


- Ligne continue vert clair : position de départ le 5 mai 1917.
- Ligne continue vert foncé : ligne de front au soir du 5 mai / position de départ au
matin du 6 mai 1917.
- Ligne continue bleue : ligne de front au soir du 6 mai 1917.
- Ligne pointillée vert clair : objectif final de l’offensive (non atteint).

6 mai 1917 (pour le 301ème Régiment Territorial, et spécialement pour


BLANADET Victor) :

Victor BLANADET n’assiste pas au second jour de la bataille décrite plus haut,
puisque dans la nuit du 5 au 6 (vers 2 heures du matin), devant Vauxaillon, lui-
même et deux autres soldats de son régiment sont surpris par l’éclatement d’un
obus tandis qu’ils creusent une parallèle de départ.

Note – Une parallèle de départ est une fosse, de forme généralement


rectangulaire, aménagée en avant de la tranchée de première ligne, et dans
laquelle les vagues d’assaut se regroupent juste avant une offensive. Dans le cas
présent, la parallèle est destinée aux Coloniaux de la 3ème Division qui
attaqueront, dès le lendemain, le mont des Singes…

Les ruines de Vauxaillon (au premier plan) et le « mont des Singes » (en arrière-plan)
Cette photographie date de l’immédiat après guerre.
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La croix blanche, située approximativement à l’emplacement des premières lignes


françaises au soir du 5 mai 1917, marque l’endroit où Victor BLANADET et ses
camarades ont probablement été blessés.

- Antoine B., soldat à la 1ère Compagnie, 1er Bataillon « plaie par éclat d’obus
[au] poignet droit ».
- Adrien C., soldat à la 1ère Compagnie, 1er Bataillon « plaie par éclat d’obus
de l’hypochondre gauche (région du foie) ».
- Jean Pierre Victor BLANADET, 1ère Compagnie, 1er Bataillon « blessé par
éclat d’obus, jambe droite ».

Suite à cette blessure, Victor BLANADET sera, en date du 20 juillet 1917, cité
à l’ordre de son régiment :
« Blessé grièvement le 5 mai 1917, face à l’ennemi, en exécutant la nuit, en
première ligne, une parallèle de départ dans un secteur des plus actifs. Croix de
guerre ».

Mais en ce jour, ou plutôt en cette nuit – 6 mai 1917 – il est probablement


ramené dans les tranchées de première ligne, puis pris en charge par des
brancardiers qui l’acheminent jusqu’au poste de secours le plus proche.

Brancardiers français transportant un blessé (bataille de l’Aisne – 1917)


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Poste de premier secours derrière les lignes françaises (bataille de l’Aisne – 1917)

Du 7 mai au 9 août 1917 (à propos du seul BLANADET Victor) :

Pendant cette période, il est impossible de suivre la trace de Victor


BLANADET (sauf à fouiller les archives – si elles existent encore – de tous les
hôpitaux de la région).
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Page précédente : un hôpital militaire proche de Soissons


Note – Cette photographie date de 1917, et il est précisé dans sa légende que les trois
soldats visibles ont été « blessés à Laffaux pendant la bataille de l’Aisne ».

Il est probable qu’après avoir reçu les premiers soins, Victor BLANADET ait
été rapidement évacué vers l’arrière, d’abord en auto-ambulance, vers un hôpital
militaire proche de Soissons, puis par train, vers un hôpital de convalescence
beaucoup plus éloigné du front.
Après sa guérison, il est probable qu’il ait bénéficié d’une permission, soit à son
dernier domicile connu – Paris, rue de Ménilmontant – soit en famille – du côté
d’Entraygues, dans l’Aveyron.

Ci-dessus : permissionnaires à Paris (1917)

Ci-dessous : deux photographies d’Entraygues (probablement d’après guerre)


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Quoi qu’il en soit, avant de retrouver Victor BLANADET aux armées – à partir
du 10 août 1917 – voici brièvement, pour information, la suite de l’histoire du
301ème Territorial :
-------------------------------------------------------------------------------------------------
Entre le 7 et le 11 mai, le Régiment reste en position et continue à
approvisionner les premières lignes. L’artillerie allemande, encore très active,
occasionne de nombreuses pertes.
7 mai, à 13 H 40 à Laffaux : 2 blessés (1 grave, 1 léger) – à 19 H 00 (pas
d’indication de lieu) : 3 tués (2 sur le coup, le troisième « décédé à
l’ambulance » – à 20 H 45 à Vauxaillon : 2 tués, 1 disparu et 1 blessé « lors
d’un bombardement ».
8 mai, à 01 H 00 à la ferme Bessy : 1 brancardier blessé.
10 mai, à 17 H 00 au bivouac des Ribaudes : 5 tués et 8 blessés.
11 mai, à midi au bivouac des Ribaudes : 1 blessé par éclat d’obus – même
heure à Vauxaillon : 1 blessé par balle.

Dans la nuit du 11 au 12 mai, le Régiment fait mouvement et vient cantonner à


Vasseny (2ème Bataillon) et Vailly (1er et 3ème Bataillon). Le 2ème Bataillon est
mis « à la disposition du Commandant des travaux des gares ». Les 1er et 3ème
Bataillons « sont mis à la disposition de la VIème Armée pour être employés par
le Chef du réseau de la voie de 0,60 (petite voie ferrée) ».
Note – Vailly-sur Aisne est situé non loin de la ligne de front, entre Chivres et
Soupir. Vasseny est moins exposé, beaucoup plus au sud, proche de Sermoise.

Vailly (à gauche) et Vasseny (à droite)

14 mai, à 17 H 00 à Vailly : 1 blessé léger par éclat d’obus.


18 mai, « le 2ème Bataillon se porte à Bucy et reste à la disposition du Chef des
travaux des gares ».
21 mai, à 15 H 00 à Chavonne (environ un kilomètre à l’est de Vailly) : 1 blessé
« par éclat d’obus au cours des travaux ».
3 juin, à 14 H 30 à Bucy : 1 blessé par éclat d’obus « fracture ouverte de la
cuisse droite ».
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6 juin, à 12 H 30 à Vailly : 1 blessé « à la poitrine, au bras droit et au pied droit


par éclats d’obus ».
7 juin, à 13 H 30 à Vailly : 1 blessé « plaie pénétrante de la région du foie par
éclat d’obus ».
9 juin, à 14 H 30 à Vailly : 1 blessé léger « par éclat d’obus, non évacué ».
10 juin, à 21 H 00 à Vailly : 1 blessé « par éclat d’obus ».
12 juin : « Les 1ère et 2ème Compagnies (1er Bataillon) vont cantonner à Sainte-
Marguerite (commune de Bucy), les 9ème et 10ème (3ème Bataillon) à Crouy, la
11ème et la 3ème Compagnie de Mitrailleuses (3ème Bataillon) à Cuffies. Ces unités
restent à la disposition du Chef de réseau de la voie de 0,60 ».
Note – Crouy est situé à environ deux kilomètres de Bucy, au nord-ouest.
Cuffies est situé à la gauche immédiate de Crouy.

Crouy (à gauche) et Cuffies (à droite)

Ce même jour – 12 juin – à 18 H 45 à Vailly : 1 blessé par éclat d’obus.


13 juin, à 10 H 00 à Vailly : 1 blessé « plaie de la nuque par éclat d’obus, issue
de matière cérébrale ».

17 juin 1917 : « Le Lieutenant-Colonel V., commandant le 301ème Régiment


d’Infanterie Territoriale, est relevé de son commandement. Il est mis en congé
illimité et remplacé par le Colonel breveté H. (décision du général en Chef) ».

Note – Cet événement, qui ressemble à un limogeage pur et simple, reste


inexpliqué.
Il est possible que des éléments du 301ème se soient mutinés, et que le
Lieutenant-Colonel en subisse les conséquences.
Il est également possible que les pertes des derniers jours, très importantes pour
des Territoriaux, aient fini par alarmer ses supérieurs…
Quoi qu’il en soit, aucun document ne vient confirmer ces deux hypothèses : on
peut juste constater qu’après la prise de fonction du « Colonel breveté H. »,
d’autres officiers sont « remplacés » (notamment le Lieutenant-Colonel
commandant le 2ème Bataillon) ; et le Journal de Marche du Régiment ne fait
plus état d’aucune perte. Mais il s’agit peut-être de simples coïncidences…
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23 juin : « La 3ème Compagnie et la 1ère Compagnie de Mitrailleuses (1er


Bataillon) vont cantonner à Crouy et restent à la disposition du Chef du service
de la voie de 0,60 ».
3 juillet : « La 3ème Compagnie de Mitrailleuses (3ème Bataillon) est chargée de
la garde des mutins au Camp Saint-Paul, près de Soissons, où elle cantonne ».
20 juillet : « Le Dépôt Divisionnaire de la 193ème Brigade est dissous. Les 4ème,
8ème et 12ème Compagnies du 301ème Régiment sont réparties entre les Bataillons
correspondants ». Ce même jour : « Les 10ème et 11ème Compagnies (3ème
Bataillon) vont cantonner à Juvigny (à environ deux kilomètres de Terny-Sorny,
plein ouest) et continuent les travaux de la voie de 0,60 ».

Juvigny : les ruines de l’église

11 août : « Les 5ème et 6ème Compagnies cantonnent à Juvigny à la disposition du


Chef de service des gares et dépôts avancés ».
19 août : « La 7ème Compagnie cantonne à Soissons / St Waast à la disposition
du Chef de service des gares et dépôts avancés »…
Ainsi de suite les jours suivants : les compagnies font de petits mouvements,
toujours dans la région, et toujours à la disposition, soit « du Chef de service des
gares et des dépôts avancés », soit « du Chef du service de la voie de 0,60 ».
Puis en date du 23 septembre 1917 :
« En exécution de la décision …/… du Général commandant en Chef, le
Régiment est dissous. Ses éléments sont répartis ainsi » : suivent 5 feuillets où
sont listées les nouvelles affectations des officiers, sous-officiers, hommes de
troupe, voitures, chevaux et mulets...
Le « Colonel breveté H. » signe alors la dernière page du Journal de Marche, et
referme ainsi la courte histoire du 301ème Régiment d’Infanterie Territoriale.
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BLANADET Pierre Jean Victor


(Tome 2 - période du 10 août 1917 jusqu’au 1er décembre 1917)

Présentation générale de son nouvel environnement :

Le 10 août 1917, Victor BLANADET, remis de sa blessure, est affecté au 38ème


Régiment d’Infanterie Territoriale stationné sur le front de Lorraine.

Front de l’Ouest en 1917

Ligne rouge = front au 10 août 1917.

Ronds verts = positions successivement tenues par le 301ème Territorial :


- 1 : secteurs nord de Paris,
- 2 : secteurs sud-ouest de Reims (bataille des 19 et 20 octobre 1915),
- 3 : secteurs de Reims et nord de Reims,
- 4 : secteurs nord-est de Soissons (seconde bataille de l’Aisne – 5 et 6 juin 1917).

Rond rouge = position tenue le 10 août 1917 par le 38ème Territorial.


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Il arrive probablement en gare de Lunéville, puis rejoint (à pied ? en véhicule


hippomobile ? en véhicule motorisé ?) sa nouvelle unité à Bauzemont (Meurthe-
et-Moselle).

Lunéville : quelques ruines.

Faubourgs de Lunéville – La route qui mène à Bauzemont.

Le 38ème Territorial n’a que deux bataillons :


- 1er Bataillon (1ère, 2ème , 3ème Compagnies + 1ère Compagnie de Mitrailleuses),
- 2ème Bataillon (5ème, 6ème, 7ème Compagnies + 2ème Compagnie de
Mitrailleuses).
Le troisième Bataillon (9ème, 10ème, 11ème Compagnies + 3ème Compagnie de
Mitrailleuses), rattaché à la 37ème Division d’Infanterie, a quitté « définitivement
le Corps et le secteur » en date du 8 août 1917.
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A partir du 16 août, un bataillon d’un autre régiment (1 er Bataillon du 41ème


Territorial) « tiendra lieu de troisième Bataillon » pour le Régiment, mais
« provisoirement rattaché » il ne sera jamais intégré au 38ème Territorial.

Victor BLANADET est donc versé dans l’un des bataillons restants (1er ou 2ème),
mais à défaut de documents précisant son affectation, il est impossible de savoir
lequel…

En ce jour – 10 août 1917 – le 38ème Territorial est ainsi disposé :


- Le 1er Bataillon est au repos, en réserve, aux alentours de Bauzemont.
- Le 2ème Bataillon tient quant à lui les premières lignes au nord et au sud de
l’étang de Parroy.

Bauzemont – Photographie prise avant guerre

Note – Aucune photographie ne montre Bauzemont pendant la guerre ou dans


l’immédiat après guerre. Mais la proximité du front (environ 4 kilomètres), ainsi que
l’état des autres villages alentours (tous en ruines), laissent à penser qu’en 1917 cette
« belle image » n’est plus qu’un lointain souvenir.
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Le 38ème Régiment Territorial est rattaché à la 59ème Division d’Infanterie qui


est composée de trois régiments de combat (à trois bataillons) :
- 325ème Régiment d’Infanterie,
- 277ème Régiment d’Infanterie,
- 232ème Régiment d’Infanterie,
+ trois régiments de Territoriaux (à seulement deux bataillons) :
- 38ème Régiment d’Infanterie Territoriale,
- 41ème Régiment d’Infanterie Territoriale,
- 48ème Régiment d’Infanterie Territoriale.

L’ensemble de la 59ème Division (environ 10000 hommes), auxquels s’ajoutent


les 17ème, 18ème, et 152ème Divisions d’Infanterie (en tout environ 40000
hommes) forment le 9ème Corps d’Armée, lui-même intégré à la VIIIème
Armée.

59ème Division - Carte du secteur tenu par la Division au 10 août 1917

- Ligne bleue : les premières lignes françaises.


- Ligne rouge : les premières lignes allemandes.
- Lignes noires en pointillés : limites gauches et droites du secteur défendu par la
Division.

Le sous-secteur défendu par le 38ème Régiment d’Infanterie Territoriale est ici situé à
l’extrême droite du secteur de la Division, entre le nord du village de Bures et le sud de
l’étang de Parroy (digue de Parroy).
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38ème Territorial – Carte détaillée du sous-secteur tenu par le Régiment au 10 août 1917

- Ligne bleue : premières lignes françaises.


- Ligne rouge : premières lignes allemandes.

Le 2ème Bataillon – qui tient actuellement les premières lignes de ce sous-secteur – est
positionné entre le poste avancé de la Marne et le poste avancé de la Digue.

10 août 1917 :

Aucun événement particulier. Toutes les unités signalent une « journée calme »
avec « peu d’activité des deux artilleries ».
La Division fait état de « reconnaissances et embuscades » entraînant quelques
« tirs de mitrailleuses », mais sans conséquences.

11 août 1917 :

« Activité d’artillerie un peu supérieure aux jours précédents : 330 coups


ennemis » sur l’ensemble du front de la 59ème Division.

12 août 1917 :

L’artillerie ennemie est « un peu active », « supérieure à la moyenne ».


Quelques « tirs de mitrailleuses à longue portée » sont entendus.
Le 38ème Territorial fait état d’un soldat tué : « Le soldat C. de la 2ème
Compagnie (1er Bataillon), est blessé par éclat d’obus sur la route de Bauzemont
à Bathelémont, et meurt dans le transport à cette dernière localité ».
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Bathelémont-les-Bauzemont
- A gauche : avant guerre,
- A droite : le cimetière où sont enterrés – entre autres – les trois premiers soldats
américains tués en France (décembre 1917).

13 et 14 août 1917 :

« Journées calmes », « faible activité des deux artilleries ».

15 août 1917 :

Dans l’ensemble, « journée calme ». A l’extrême gauche du front tenu par la


59ème Division, le 325ème Régiment signale une « activité de l’artillerie
[ennemie] supérieure à la normale : de nombreux obus [tombent] sur divers
points du [secteur], et notamment dans le [sous-secteur] de Mazerulles. Notre
artillerie riposte ».

Mazerulles – Quelques ruines, dont l’école à droite.


Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018
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Page précédente : positions tenues par la 59ème Division le 16 août 1917.


- Ligne bleue : premières lignes françaises.
- Ligne rouge : premières lignes allemandes.
- En bleu foncé : unités « organiques » constituant la 59ème Division (325ème, 277ème et
232ème Régiments d’Infanterie).
- En bleu clair : unités territoriales provisoirement rattachées (38ème, 48ème et 41ème
Régiments d’Infanterie Territoriale).

Note – Les deux bataillons du 41ème Territorial, tout juste arrivés dans la région,
forment le troisième bataillon des deux autres régiments Territoriaux. Ainsi, le
1er Bataillon (en réserve à Einville) est provisoirement rattaché au 38ème
Territorial, et le 2ème Bataillon (en réserve à Drouville) est provisoirement
rattaché au 48ème Territorial.
L’agrandissement ci-dessous précise les positions autour de l’étang de Parroy
(secteur tenu par le 38ème Régiment Territorial et le 6ème Bataillon du 277ème
Régiment d’Infanterie) :

Note – Les éléments des Compagnies de Mitrailleuses, non représentés ici, sont
répartis tout au long du front.

16 août 1917 :

« Journée calme » : aucun événement sur le front du 38ème Territorial.


En forêt de Ranzey, le 48ème Territorial signale : « nombreux coups de fusil et
rafales de mitrailleuses » en représailles d’un tir de l’artillerie française sur
Bézange.
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Position française en forêt de Ranzey

17 août 1917 :

Journée calme sur l’ensemble du front.

A 11 H 30, à la lisière sud du bois de Raon (au nord du village d’Hoéville), le


48ème Territorial signale : « Un obus [de] 105 tombe sur [une] batterie [de] DCA,
tue 2 hommes et en blesse 3 dont 1 grièvement ».

Dans la nuit du 17 au 18, le 1er Bataillon du 41ème Territorial quitte Einville et


« relève, sans incidents, les éléments du 277ème sur les emplacements [de]
réserve du [secteur de] Bauzemont ».

18 août 1917 :

Pas d’événements particuliers sur le front du 38ème Territorial.

Le 48ème Territorial signale : « Tirs de harcèlement jour et nuit. Notre artillerie


tire 50 obus vers [la] forêt de Bézange. L’artillerie allemande envoie près de 80
obus sur Raon, Ranzey, route de Bézange, Hoéville…/… A 8 heures, à
Hoéville, obsèques des 2 artilleurs de la DCA » (tués la veille).
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Hoéville
- A gauche : avant guerre.
- A droite : en 1917.

Le 325ème Régiment signale : « un avion ennemi est abattu par un des nôtres au
cours de la matinée (point de chute : lisière du bois d’Atilloncourt, lignes
ennemies) ».

- A gauche : carte de situation permettant de localiser le « point de chute » de l’avion,


ainsi que le bois de Raon, Hoéville, etc.
- A droite : Atilloncourt (carte postale allemande).

19 août 1917 :

Sur l’ensemble du front, « activité un peu plus forte que les jours précédents des
deux artilleries : 374 contre 420 ».
Note – Dans les journaux des unités, les tirs français sont habituellement
signalés avant les tirs allemands. Le « score » serait donc de 374 pour la France,
et de 420 pour l’Allemagne…

« Le Général C., commandant la 59ème Division, visite à son PC (d’Hoéville) le


Lieutenant-Colonel commandant le 48ème Régiment Territorial ».
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20 août 1917 :

Le 38ème Territorial fait état d’un blessé (sans précision de lieu ou d’heure) :
« Le soldat M., 6ème Compagnie, détaché à l’observatoire d’Armée, est blessé
par éclat d’obus à la figure et au bras. [Il est] évacué à l’ambulance
d’Einville ».

Einville
- A gauche : rue de la Poste (non datée, probablement d’avant guerre).
- A droite : place de la Fontaine – cette carte postale a été expédiée en janvier 1918,
mais la photographie date vraisemblablement d’avant guerre.

Le 48ème Territorial signale : « Tirs de harcèlement habituels des mitrailleuses.


Artillerie assez active : environ 70 obus allemands sont lancés vers la batterie
des vergers au nord d’Hoéville ».

Nuit du 20 au 21 août 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « Vers minuit, une patrouille ennemie, embusquée


au coude de la route Arracourt-Réchicourt, est dispersée par le groupe franc. Le
soldat R., de la 7ème Compagnie, est blessé par balle de fusil. Il meurt le 22, à
l’ambulance [d’Einville], après avoir reçu la veille au soir, des mains du
Colonel commandant le Régiment, la médaille militaire et la croix de guerre
avec palme ».

Le 325ème Régiment signale : « Rencontre de patrouilles en avant de Moncel.


Echange de coups de fusil et de grenades : nous avons un homme tué et un
blessé ».

21 août 1917 :

Sur l’ensemble du front de la Division : « Activité habituelle de l’artillerie et des


engins d’Infanterie (mitrailleuses et fusils-mitrailleurs) ».
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Durant la première partie de la nuit, le 232ème relève le 325ème et signale :


« Rafales de mitrailleuses et coups de fusil échangés entre les premières lignes :
un blessé léger non évacué…/… Trois drachens ennemis observent le secteur ».

Drachen allemand

22 août 1917 :

« Vers 06 H 00, une patrouille ennemie s’approche des abords de la route


Athienville – Bezange-la-Grande. Elle est dispersée par nos feux d’infanterie ».

« Vers 23 H 00, une patrouille (allemande) s’avançant sur la route de Parroy


vers le poste de la Digue est dispersée par une patrouille du 38ème Territorial.
Le réseau (de barbelés) .../… a été trouvé cisaillé en deux points ».
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Page précédente : soldats français en position au poste avancé de la Digue de Parroy


(photographie prise fin 1915).

Ci-dessous : soldats allemands à l’entrée du village de Parroy (photographie non datée).

23 août 1917 :

« Dans la matinée, au poste avancé de la Digue de Parroy, le soldat V., de la


5ème Compagnie (du 38ème Territorial), est blessé par éclat d’obus au cours
d’un bombardement ».

Pendant la nuit (de 1 H 30 à 1 H 45), dans le secteur tenu par le 232 ème (à l’aile
gauche de la Division) : « Violent bombardement avec obus de tous calibres,
torpilles et obus à gaz sur le P.A. (Point d’Appui) Pétain (à égale distance entre
le village de Moncel et le village de Sornéville). A la faveur de ces tirs, une
fraction ennemie exécute un coup de main sur le moulin de Moncel, d’ailleurs
inoccupé. Elle est repoussée par nos tirs de barrage et les feux de nos
mitrailleuses, fusils-mitrailleurs et [grenades] VB. Le reste de la nuit est calme.
Pertes : 1 tué, 3 blessés ».

24 août 1917 :

« Journée calme ». Le 232ème signale simplement « une centaine d’obus ennemis


sur différents points de nos lignes ».
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Front de la 59ème Division – Carte de situation


Les ronds blancs cerclés de rouge permettent de localiser les événements des derniers
jours :
- 1 : blessure mortelle du soldat R. dans la nuit du 20 au 21 août.
- 2 : rencontre des patrouilles en avant de Moncel dans la nuit du 20 au 21 août.
- 3 : patrouille ennemie dispersée sur la route d’Athienville » le 22 août à 06 H 00.
- 4 : patrouille ennemie dispersée à la digue de Parroy le 22 août à 23 H 00 / blessure
du soldat V. dans la matinée du 23 août.
- 5 : violent bombardement du Point d’Appui « Pétain » dans la nuit du 23 au 24 août.
- 6 : coup de main sur le moulin de Moncel dans la nuit du 23 au 24 août.

25 août 1917 :

Sur l’ensemble du front de la Division : « Activité plus faible que d’habitude de


l’artillerie. Tirs habituels des engins de tranchée ».

Quelques « engins de tranchée »

- A gauche : mitrailleuse « Hotchkiss » française (1917).


- A droite : mitrailleuses « Maxim » allemandes (1917).
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Ci-dessous, d’autres « engins de tranchée » :

- A gauche : fusil-mitrailleur français.


- A droite : grenade VB montée sur un fusil « Lebel ».

Sur le front du 232ème : « La section d’élite (groupe franc) tend une embuscade
au moulin de Moncel et va reconnaître l’itinéraire suivi par la reconnaissance
allemande ayant opéré sur Moncel la nuit précédente. Elle relève de
nombreuses traces de passage dans le moulin et aux abords, et établit que
l’ennemi a suivi la route ».

26 août 1917 :

Le 48ème Territorial (secteur Hoéville-Ranzey) remarque : « une certaine activité


inaccoutumée des Allemands en face de nos lignes. [Le Général de Division]
conseille d’ouvrir l’œil. Cependant, la nuit et la journée sont très calmes. Rien à
signaler en dehors des tirs d’artillerie et de mousqueterie habituels ».

27 août 1917 :

« Journée calme ». La nuit venue, de nombreux balayages de projecteurs et tirs


de fusées éclairantes « dénotent une certaine inquiétude chez l’ennemi, surtout
en face du sous-secteur de gauche (Moncel-Mazerulles) ».

Dans le sous-secteur d’Arracourt, le 277ème signale : « Vers 20 H 30, la section


franche du Régiment …/…, allant se poster en embuscade au pont de la Loutre,
nord-ouest d’Arracourt, rencontre une patrouille d’une trentaine d’Allemands
[et] la charge impétueusement à la baïonnette. Après un corps à corps violent,
l’ennemi s’enfuit, laissant 3 blessés entre nos mains, et poursuivi par les feux de
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mousqueterie et de VB de la section. Un de nos hommes est tué, un autre


légèrement blessé ».

Patrouille du 27 août 1917


- A gauche : le village d’Arracourt (1916).
- A droite : carte de situation.

28 août 1917 :

« Temps brumeux et pluie. Journée très calme ».

29 août 1917 :

« Journée pluvieuse. Calme presque complet ».


De nombreux travailleurs allemands sont entendus en forêt de Bezange.

30 août 1917 :

« Journée calme. Faible activité d’artillerie ».


Autour de l’étang de Parroy, sur le front du 38ème Territorial, le 1er Bataillon
relève le 2ème Bataillon en première ligne.
31 août 1917 :
Sur l’ensemble du front de la Division, « tirs habituels de fusils-mitrailleurs et
de mitrailleuses ».
Le sergent N., du 277ème, est blessé.
Note – En date du 31 août, le journal du Régiment ne mentionne pas cette
blessure. Elle apparaît seulement sur un document annexe : « Etat nominatif des
officiers, sous-officiers et soldats tués, blessés, faits prisonniers ou disparus aux
avant-postes d’Arracourt du 6 août au 15 octobre 1917 ». Sans aucune autre
précision.

En soirée, le 325ème Régiment – qui effectuait des « travaux aux alentours des
cantonnements de Serres-Champenoux-Réméréville » – remonte en première
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ligne dans le secteur Mazerulles-Moncel. Il relève le 232ème Régiment qui


devient réserve d’Armée.

Nuit du 31 août au 1er septembre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : 01 H 10 – Après un « violent bombardement [sur


le] Point d’Appui de la Digue, deux forts groupes ennemis [font] irruption par
deux brèches pratiquées dans nos réseaux. Ils en sont rejetés, mais font 13
prisonniers. Ils laissent 1 tué et du matériel ».
« Au cours du bombardement sur les batteries françaises (situées légèrement en
arrière, cote 273 et pont d’Hénaménil), le sergent J., de la 7ème Compagnie, est
frappé mortellement d’un éclat d’obus au moment où il s’apprêtait à conduire
sa section en renfort au poste de la Digue ».

Total des pertes au 38ème Territorial :


- à la Digue : 1 tué, 4 blessés, 13 disparus (tous de la 1ère Compagnie).
- au pont d’Hénaménil : 1 tué (sergent J. de la 7ème Compagnie).

D’après les services de renseignements de la VIIIème Armée, « l’ennemi a en


retour 30 blessés et 10 tués ».

Coup de main sur le P.A. de la Digue – Carte de situation


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1er septembre 1917 :

« En soirée, on retrouve au P.A. de la Digue le cadavre du soldat G., 1 ère


Compagnie, qui avait été signalé comme disparu ».

2 septembre 1917 :

« Activité moyenne des deux artilleries…/…Vers 21 H 00, une patrouille


ennemie d’environ 7 hommes est éventée au nord de Bures par un de nos postes
de surveillance ».

Bures, quelques ruines : en 1915 (à gauche), et en 1916 (à droite)

3 septembre 1917 :

A 23 H 00, les guetteurs du 48ème Territorial signalent des « bruits de voiture sur
la route de Bezange ». Le Commandant du secteur « présume une relève » et
demande un tir de barrage : 50 obus sont tirés.
A Moncel, « une patrouille ennemie est éventée et mise en fuite par une de nos
patrouilles ».

4 septembre 1917 :

Le 325ème Régiment (en première ligne dans le sous-secteur Mazerulles-Moncel)


signale : « L’artillerie ennemie se montre agressive dès le matin et continue
toute la journée. De nombreux obus tombent sur différents points du secteur.
Deux hommes sont blessés au Bois-le-Comte (à l’ouest de Moncel). Notre
artillerie riposte énergiquement. Le tir se prolonge une partie de la nuit ».
Ce même jour, deux hommes du 277ème Régiment sont également blessés (sans
plus de précisions).
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5 septembre 1917 :

« Journée calme. Faible activité de l’artillerie ».


Le 325ème Régiment signale : « Grande activité des deux aviations au cours de
la journée et de la nuit ».
Dans la nuit du 5 au 6, le 232ème Régiment relève le 277ème sur ses positions.

6 septembre 1917 :

En soirée, le 48ème Régiment Territorial signale : « Les Allemands bombardent


violemment nos Points d’Appui de « Pioche », « Charrue » et « Sapinière » (voir
page suivante la carte détaillée du secteur ; en réalité, ces positions sont tenues
par le 41ème Régiment Territorial, le 2ème Bataillon étant provisoirement rattaché
au 48ème).
Nous répondons sur le bois de Saveguières (non localisé, probable lieu-dit en
forêt de Bezange) et Bezange.
A 20 H 45, à la suite de nos tirs, des plaintes et cris [sont] entendus provenant
de la direction de Bezange ».

Bezange

- En haut à gauche : le village avant guerre.


- En haut à droite : le village pendant la guerre (occupé par les Allemands).
- En bas à gauche : réseau (de barbelés) allemand à l’entrée du village.
- En bas à droite : soldats allemands en forêt de Bezange (photographie antérieure,
1914 ou 1915).
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Front tenu par le 48ème Régiment Territorial et le 2ème Bataillon du 41ème Territorial
Les carrés bleu clair représentent une compagnie. Le premier chiffre indique le
régiment, le second chiffre indique le bataillon (exemple : 41/2 = une Compagnie du
41ème Régiment, 2ème Bataillon).
Les Compagnies de Mitrailleuses (une par bataillon) ne sont pas représentées ici, les
mitrailleurs étant répartis tout au long de la ligne de front.
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Note – A cette époque, le modèle défensif des armées françaises n’est plus celui
du « mur d’hommes », agglutinés dans les tranchées, et prêts à se faire tuer sur
place plutôt que de reculer. Les positions s’étalent en profondeur.
En avant de la première ligne, des « postes d’écoute » abritent un ou plusieurs
guetteurs chargés de surveiller le no man’s land.
Quelques mètres en arrière, la première ligne à proprement parler est occupée
par de petites fractions : des escouades (maximum une quinzaine d’hommes).
Les P.A. (Points d’Appui) ou C.R. (Centres de Résistance), légèrement en retrait
et mieux protégés, regroupent l’essentiel des forces : sections (environ 50
hommes à effectifs pleins) et compagnies (4 sections, soit environ 200 hommes
à effectifs pleins). En cas d’intrusion ennemie, ces unités peuvent rapidement
contre-attaquer.

7 septembre 1917 :

Sur l’ensemble du front : « Journée calme. Activité moyenne des deux


artilleries ».

8 septembre 1917 :

Le 41ème Territorial (2ème Bataillon rattaché au 48ème Territorial dans le secteur


d’Hoéville – voir carte page précédente) signale : « Le soldat I., 6ème
Compagnie, est atteint, à la suite d’une chute en service commandé, d’une
fracture double de la jambe droite…/… François C., 7 ème Compagnie, est blessé
légèrement au pied droit, vers 17 heures, par un éclat d’obus ».

Sur le front tenu par le 232ème Régiment (secteur de Valhey, sous-secteurs


d’Athienville et d’Arracourt – voir carte pages suivantes) : « Tirs de l’artillerie
allemande, notamment dans la région d’Arracourt. Riposte de nos batteries sur
les ouvrages ennemis au nord d’Arracourt, vers Juvrecourt et Bezange…/… A
21 H 45, une patrouille ennemie tente de s’approcher du château d’Arracourt :
elle se replie dans la direction de la ferme d’Hartauville sous le feu de nos
mitrailleuses …/… Au cours de la nuit, échange de coups de fusil et nombreuses
rafales de mitrailleuses : 2 [mitrailleurs] blessés ».

« Dans la nuit du 8 au 9 septembre, le 2 ème Bataillon (du 38ème Territorial)


relève le 1er Bataillon du 41ème Territorial.
Position des Compagnies après relève :
- 5ème Compagnie au P.A. « Aéro »,
- 6ème Compagnie au P.A. « Artois »,
- 7ème Compagnie au P.A. « Yser ».
Le 1er Bataillon du 41ème Territorial vient occuper « les emplacements fixés pour
le Bataillon de réserve du secteur [de] Bauzemont » (voir carte page suivante).
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Carte de situation – Localisation des P.A.


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Carte de situation – Localisation des P.A.


Note – Dans les deux cartes (ci-dessus et page suivante), les numéros de Compagnies ne
figurent pas car ils ne sont mentionnés dans aucun document.
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De même, les Compagnies et Sections de Mitrailleurs, répartis tout au long du front, ne


sont pas représentés.

Carte de situation – Localisation des P.A.

Rappel – Le 277ème Régiment d’Infanterie (autre régiment de la 59ème Division) qui


n’apparaît sur aucune de ces cartes, est actuellement tenu en réserve à Champenoux
(5ème Bataillon), Reméréville (6ème Bataillon) et Serres (4ème Bataillon).
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9 septembre 1917 :

« Activité moyenne des deux artilleries ».


Vers 18 H 30, dans le secteur d’Erbéviller, au P.A. « Labyrinthe », « un sergent
de la 21ème Compagnie (Louis P. du 6ème Bataillon du 325ème Régiment) est tué.
[En représailles] notre artillerie prend à partie les batteries ennemies ».
A 19 H 50, dans le secteur d’Hoéville, au P.A. « Pioche », le soldat Jean-
Baptiste N. (5ème Compagnie du 41ème Territorial) est « blessé légèrement à la
cuisse droite par une balle de mitrailleuse venant d’un tir fauchant des
Allemands ».
A la nuit tombée, au nord de Moncel, « une patrouille de la 19ème Compagnie se
heurte à un détachement ennemi et perd deux hommes » : Albert G. et Désiré R.
(tous deux du 325ème Régiment, 5ème Bataillon) signalés « disparus ».

10 septembre 1917 :

Le 38ème Territorial reçoit un renfort de 322 hommes « dont 1 adjudant, 6


sergents et 8 caporaux ». Tous arrivent à Lunéville et « de là sont dirigés sur
Bauzemont ».

11 septembre 1917 :

Sur l’ensemble du front de la Division : « Journée calme. Tirs habituels de


fusils-mitrailleurs et harcèlement de mitrailleuses ».

Le 38ème Territorial signale « 11 hommes, provenant de l’Artillerie, sont


reversés à leur arme d’origine ».

Dans le secteur d’Hoéville, lors d’un bombardement « par gros calibre sur [les]
tranchées [du] P.A. Pioche », le 41ème Territorial signale :
- « Le sous-Lieutenant René R., [Chef de Section à la] 5ème Compagnie, est tué
à 22 H 40, par un éclat d’obus, à son poste de commandement (du bois Ste
Marie)…/…
- Le soldat Edouard S., 5ème Compagnie, agent de liaison devant le PC du
Capitaine, est légèrement atteint aux reins par un éclat d’obus.
- Le soldat Nicolas C., 5ème Compagnie, sentinelle (dans un poste d’écoute en
avant des premières lignes) est blessé au doigt, à l’épaule et au pied.
Blessure sans gravité.
- Le soldat H. est blessé légèrement ».
Note – La blessure du soldat H. est mentionnée uniquement dans le Journal du
48ème Territorial : les Journaux du 41ème Territorial et de la 59ème Division n’en
font pas état.
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12 septembre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « 32 agriculteurs de la classe 1891 (nés vers


1871) sont dirigés sur le Dépôt pour être rendus à la terre ». De même, le 41ème
Territorial (1er Bataillon rattaché au 38ème) signale : « 153 militaires agriculteurs
de la classe 1891 sont dirigés sur le Dépôt où ils sont détachés aux travaux
agricoles ».

Le 232ème (secteur de Valhey) signale : « Au petit jour, tirs au fusil et rafales de


mitrailleuses sur Arracourt. Pendant la journée, nombreux tirs de l’artillerie
ennemie sur les régions Athienville-Arracourt : notre artillerie riposte sur [les
tranchées] ennemies et la forêt de Bezange ».

13 septembre 1917 :

« A Hoéville, obsèques du sous-Lieutenant R., 41ème Territorial, dont le corps est


dirigé sur Nancy ».

Hoéville – Vue intérieure de l’église en ruines

« Au cours de l’après-midi, une reconnaissance (1 officier et 4 hommes du


325ème Régiment) réussit à pénétrer sans être inquiétée dans les bâtiments au
nord-est de la station de Moncel où elle aperçoit [une vingtaine de] Boches au
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repos. N’étant pas en nombre, la reconnaissance fait demi tour et rentre sans
incident ».
« Vers 23 H 00, une patrouille allemande en embuscade sur la route
d’Arracourt à Bezange est mise en fuite à coups de fusil et de grenades par une
patrouille du 232ème ».
Perte du jour (apparemment sans rapport avec les événements ci-dessus) : 1
blessé au 232ème d’Infanterie (Médecin auxiliaire B.).

14 septembre 1917 :

« A minuit 30, une patrouille allemande, présumée à l’est de la ferme Ste Marie
(P.A. de la Charrue) lance des grenades à fusil vers [nos tranchées avant d’être]
dispersée à coups de VB ». Pertes, 3 blessés au 41ème Territorial :
- Soldat François J., 2ème Compagnie de Mitrailleuses, « grièvement blessé par
éclats de grenade » ;
- Adjudant François B., 2ème Compagnie de Mitrailleuses, « blessé légèrement
par éclat d’obus » ;
- Soldat Félix F., 6ème Compagnie, « légèrement blessé à l’œil droit par éclat
de grenade ou projection de pierre ».

« A 08 H 30, les sergents M. et M. de la 1 ère Compagnie de Mitrailleuses (41ème


Territorial) sont blessés grièvement au P.A. Charrue ».
« A 12 H 10, un obus [de] 150, au P.A. Roseaux, tue le soldat D. de la 7 ème
Compagnie (48ème Territorial), et blesse le soldat L. de cette Compagnie ».

Soldats allemands tractant un canon de 150


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« Le 2ème Bataillon du 41ème Régiment Territorial est relevé sans incidents par le
1er Bataillon du 48ème. Les Compagnies occupent les emplacements suivants :
5ème Compagnie à Hoéville, 6ème Compagnie au bois du Raon, 7ème Compagnie
au ravin des Fées (en forêt de Ranzey) »
Les Compagnies 1, 2 et 3 du 48ème prennent donc les positions de première ligne
« Pioche », « Charrue », « Sapinière » – voir carte secteur d’Hoéville pages
précédentes.

15 septembre 1917 :

Sur l’ensemble du front : « Journée calme. Activité beaucoup plus faible que
d’habitude de l’artillerie ».

Le 325ème Régiment signale : « Vers 21 H 20, notre artillerie exécute un tir de


cent obus de 75 sur la station de Moncel. L’artillerie ennemie riposte
énergiquement et immédiatement sur nos positions de la Grande Goutte (nom
du sous-secteur englobant les P.A. de Moncel, Rozebois et Ravin) : François R.,
un guetteur de la 19ème Compagnie est tué à Rozebois ».

Canon de 75 français
Note – Contrairement aux projectiles de plus gros calibre, relativement lents, et qui
déchirent le ciel dans un bruit infernal, l’obus de 75 arrive si vite que les combattants,
même très aguerris, n’ont pas le temps de l’entendre, de lire sa trajectoire, et donc de
s’en protéger. C’est le cauchemar des Allemands.

Le 38ème Territorial signale : « Le soldat S., 1ère Compagnie de Mitrailleuses,


retour de permission, est trouvé à Dombasle noyé dans le canal ».
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Dombasle sur Meurthe, à l’arrière du front – Un pont détruit

16 septembre 1917 :

Artillerie peu active, échanges habituels de tirs de fusils-mitrailleurs et de


mitrailleuses. Dans l’ensemble « Journée calme ».
A 22 H 00, le 325ème Régiment signale : « A Moncel, un homme de la 23ème
Compagnie (Ernest C.) se tue en voulant lancer une grenade sur une patrouille
ennemie [qui] s’approche de nos lignes ».

Grenades à main : française (à gauche), allemandes (à droite)


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17 septembre 1917 :

Le 325ème Régiment signale : « A partir de midi, notre artillerie exécute des tirs
sur la gare (ou station) de Moncel : 800 obus de 220, 150 obus spéciaux
(comprendre : à gaz), et 200 de 75. L’artillerie ennemie riposte énergiquement
et bombarde les batteries du secteur et nos premières lignes toute la journée ;
elle exécute également de violents tirs de barrage vers 21 H 30. Aucun incident
à signaler ».

Gare (ou station) de Moncel – Photographie d’avant guerre


Note – Située à l’extérieur du village, la gare de Moncel était, avant guerre, poste
frontière entre la France et l’Allemagne.

Pendant la nuit, le 38ème Territorial signale : « Le 1er Bataillon est relevé dans
le sous-secteur de l’Etang par le 1er Bataillon du 41ème Territorial, auquel 90
hommes (provenant du renfort venu le 10) sont prêtés jusqu’à nouvel ordre ».

18 septembre 1917 :

« Une forte patrouille envoyée à 4 heures du matin sur la station (gare) de


Moncel constate qu’à la suite du tir du 17 tout le terrain a été bouleversé. Seul
un petit bâtiment, à proximité du chemin de fer, est encore debout. Ce bâtiment
est occupé par un poste ennemi ».

Pendant la journée, « tirs de [notre artillerie] – 175 obus de 220 – sur la station
de Moncel. Tirs de l’artillerie ennemie sur la région ouest de Moncel,
Arracourt, et bois Ste Marie ».
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19 septembre 1917 :

23 soldats non agriculteurs (classes 1891 et 1892), arrivés avec les renforts du
10 septembre, quittent le 38ème Territorial. En échange, le Corps reçoit 9
sergents et 17 caporaux venus du 52ème Territorial (Régiment dissout).

2 adjudants, 1 sergent-major, 8 sergents, 7 caporaux et 64 soldats de la classe


1891 (non agriculteurs) + 1 sergent et 1 soldat de la classe 1892 (issus des
régions envahies) quittent le 41ème Territorial. En échange, le Corps reçoit 466
militaires, gradés compris, venus du 52ème Territorial (Régiment dissout).

Dans la journée, « tirs à obus spéciaux sur la partie encore occupée de la gare
de Moncel ».

A 20 H 05, le 325ème Régiment signale : « Une patrouille ennemie tente de


s’approcher de la route Mazerulles-Moncel. Elle est dispersée à coups de
grenades et se replie ».

A 23 H 30, le 41ème Territorial (1er Bataillon) signale : « Le caporal K., de la 2ème


Compagnie, est tué d’un coup de feu par une de nos sentinelles, alors qu’il allait
contrôler une ancienne chicane dans le réseau [d’une tranchée] du sous-secteur
de l’Etang ».

Réseaux de barbelés devant une tranchée française (1915)


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20 septembre 1917 :

Sur l’ensemble du front : « Activité normale des deux artilleries ».


Le 232ème Régiment signale : « Quelques rafales de mitrailleuses de part et
d’autre. Notre artillerie exécute de nombreux tirs sur différents points des
positions ennemies. L’artillerie allemande ne répond que faiblement sur
Arracourt et [le bois] de Bénamont » : un soldat blessé, Pierre G., 14ème
Compagnie.
Le 325ème Régiment fait état d’un soldat blessé à Moncel : Victor B. – Sans
aucune autre précision.
4 adjudants, 17 sergents, 24 caporaux et 215 soldats de la classe 1892 quittent le
41ème Territorial et sont dirigés vers Nancy.

21 septembre 1917 :

« Journée calme ». Vers Arracourt, « Quelques coups de fusil sont échangés au


cours de la nuit. Assez nombreuses rafales de mitrailleuses ».

22 septembre 1917 :

« 379 militaires du 124ème Territorial passent au 41ème Territorial et sont pris à


l’effectif des 6ème et 7ème Compagnies (2ème Bataillon) ».
Le 325ème Régiment signale : « Au petit jour, une reconnaissance va explorer les
bâtiments de la station de Moncel qui ne sont plus occupés par les Allemands.
Elle rentre dans nos lignes sans avoir été éventée ».
Dans la journée : « Quelques minens sur Moncel ».

Mortiers de tranchée allemands ou « Minens »


Petit calibre (à gauche) et gros calibre (à droite)
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23 septembre 1917 :

« Journée calme ».

Dans la nuit du 23 au 24 septembre, « Le 2ème Bataillon du 41ème Territorial


relève sans incidents le 2ème Bataillon du 48ème Territorial dans le sous-secteur
de Ranzey. Les unités occupent les emplacements suivants : 5ème Compagnie au
camp de Diane (P.A. Pierres et Chênes), 6ème Compagnie au P.A. des Bruyères,
7ème Compagnie au P.A. des Roseaux ».
Le 2ème Bataillon du 48ème vient occuper les positions de réserve : 5ème
Compagnie au P.A. de Raon, 6ème Compagnie à Hoéville, 7ème Compagnie au
P.A. des Fées – voir carte pages précédentes.

24 septembre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « Au cours d’un bombardement, le soldat P. de la


6ème Compagnie est blessé à la joue par éclat d’obus (P.A. Artois) ».

122 hommes (issus du 61ème Territorial dont le 5ème Bataillon est en cours de
dissolution) arrivent en renfort au 41ème Territorial.

Le 232ème Régiment signale : « Pendant la journée, assez grande activité de


l’artillerie ennemie qui exécute de nombreux tirs sur la région d’Arracourt, et
des tirs de contre-batterie au nord-est de Bathélemont. Une cinquantaine de
torpilles (autre nom donné aux « minens ») sur [les P.A] Hartauville et
Arracourt. Nous ripostons sur les [tranchées] ennemies de la forêt de Bezange ».

Le 325ème Régiment fait état d’un blessé à Mazerulles, Jean R., « soldat de 1ère
classe, décédé à l’infirmerie ». Sans plus de précisions.

25 septembre 1917 :

« Journée calme, mousqueterie faible ».

Le 48ème Territorial signale : « [A minuit], « une patrouille heurte nos réseaux


[de la] tranchée Courtine (endroit non localisé, probablement vers le bois Ste
Marie). Des coups de fusil et un tir de VB immédiatement déclenché mettent les
Allemands en fuite ».

Dans la nuit du 25 au 26, le 277ème Régiment relève le 232ème dans le secteur de


Valhey.
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Après la relève, les trois bataillons du 232ème vont « au repos : 4ème Bataillon à
Serres, 5ème Bataillon à Champenoux, 6ème Bataillon à Reméréville ».
Les trois bataillons du 277ème occupent les premières lignes : « 4ème Bataillon
sous-secteur Jumelles-Arracourt, 5ème Bataillon sous-secteur d’Athienville, 6ème
Bataillon (en réserve) sous-secteur de Bathelémont (21ème Compagnie à
Bathelémont, 22ème Compagnie dans le bois de Bénamont, 23ème Compagnie à
Valhey).

26 septembre 1917 :

Le 48ème Territorial signale : « A 11 H 50, un avion allemand, à la suite d’un


combat et d’un tir de DCA, tombe [dans le bois Ste Marie]. Deux officiers
aviateurs blessés sont faits prisonniers, soignés aux postes de secours du
Bataillon et du Régiment, puis dirigés sur l’ambulance de Voirincourt (dans le
village de Laneuvelotte, au sud-ouest de Champenoux). L’appareil est enlevé de
nuit par les services de l’Armée ».
Note – les blessures des deux aviateurs sont très légères : le premier souffre
d’une plaie à l’arcade sourcilière, l’autre de contusions multiples sans gravité.

Le 41ème Territorial récupère la 9ème Compagnie de son ancien 3ème Bataillon


(détaché début août 1917). Cette compagnie est « mise à disposition du Génie »
de la 59ème Division, et « occupe les emplacements suivants : 1 peloton (deux
sections) à Bauzemont, 1 section à Valhey, 1 section à Bathelémont ».

Le 38ème Territorial signale : « Dans la nuit du 26 au 27, le 2ème Bataillon est


relevé des avant-postes par le 1er Bataillon ».

27 septembre 1917 :

« Un blessé au 41ème Territorial par éclat d’obus. Non évacué ».

Sur le front du 325ème Régiment : « A 22 H 00, une patrouille allemande lance


quelques grenades sur une tranchée du P.A. Pétain. Elle est dispersée par nos
feux ».

28 septembre 1917 :

Sur le front du 325ème Régiment : « A 23 H 00, une patrouille ennemie


s’approche du moulin de Moncel (sur la Loutre noire, un peu au nord du village)
où se [trouve] une de nos embuscades. Elle est poursuivie par nos grenadiers ».
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Le moulin de Moncel – Photographie (de très mauvaise qualité) datée de 1912

Sur le front du 48ème Territorial : « A minuit, une [reconnaissance] ennemie forte


de 30 hommes, après avoir ouvert une brèche [dans] nos réseaux, se jette sur la
patrouille du caporal C. assurant la liaison entre les P.A. Charrue et Sapinière.
Après un violent corps à corps, le soldat D. qui marchait en tête de cette
patrouille, blessé grièvement, [est] enlevé par les Allemands. L’alerte donnée,
[nos] feux mettent en fuite la reconnaissance ennemie dont la piste [est] suivie
jusqu’à la Loutre. Un calot, quatorze grenades, une ceinture, un pan de chemise
maculé de sang, ainsi que le porte-monnaie et la plaque d’identité du soldat D.
[sont] trouvés sur cette piste. Pertes : 1 disparu ».

29 septembre 1917 :

Le Journal de la 59ème Division signale deux blessés du 277ème Régiment.

Note – Le Journal du 277ème est d’une pauvreté affligeante. A part quelques


mouvements de troupe, mutations, décorations, nominations et promotions
d’officiers – événements sans grand intérêt – il ne mentionne rien. Chaque jour,
c’est la même litanie : « Le Régiment stationne sur ses positions ». Les seules
informations le concernant émanent donc de la Division.

30 septembre 1917 :

« Journée calme. Mousqueterie très faible ».

Le 48ème Territorial signale : « En avant du P.A. Charrue, une patrouille ayant


reconnu des traces de passage et des réseaux coupés, la 3 ème Compagnie tend
une embuscade. Aucun résultat ».
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1er octobre 1917 :

« Journée calme. Faible activité de l’artillerie allemande…/…A midi, un avion


ennemi, attaqué par trois des nôtres au-dessus de la forêt de Champenoux,
tombe en flammes entre Champenoux et la Bouzule (lieu-dit rattaché à la
commune de Laneuvelotte). Appareil et passagers carbonisés ».

La forêt de Champenoux (1917)

Note – La sépulture au premier plan – « 3 bavarois » – n’a rien à voir avec l’avion
abattu. Il s’agit probablement de fantassins tués fin août ou début septembre 1914
lorsque les Allemands se battaient encore dans la région.

Le Service de Santé de la 59ème Division signale : « Le Médecin-Général


Divisionnaire L. (médecin-chef de la Division), à la suite d’un accident
d’automobile, est hospitalisé pour contusions multiples : fractures du péroné
gauche, écrasement du mollet droit avec lésions artérielles, état de choc très
prononcé ».

De 19 H 30 à 01 H 30 : nouvelle embuscade de la 3ème Compagnie du 48ème


Territorial. Sans résultat.
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2 octobre 1917 :

« Journée calme. Activité de l’artillerie allemande moyenne. Pertes : un blessé


du Génie par éclat d’obus (dans le secteur d’Hoéville – 48ème Territorial) ».

« Monsieur L. (médecin-chef de la Division) est dans le même état. Le choc ne


diminue pas ».

3 octobre 1917 :

« Monsieur L. [développe] une gangrène à la jambe droite. L’état général étant


mauvais – pouls petit, très rapide – une intervention [est] impossible. Décès
dans la nuit du 3 au 4 ».

Cas de gangrène dans un hôpital pendant la guerre

« Activité de l’artillerie (ennemie) particulièrement forte vers la région bois de


Bénamont, Bathélemont et Bauzemont ».

La 59ème Division signale un blessé au 325ème Régiment, « par accident ».


Aucune autre précision.

« A 20 H 20, une forte patrouille allemande, ayant éventé une de nos


embuscades au sud-est de Bézange-la-Grande, est dispersée à coups de fusil ».
Note – Cet événement – mentionné uniquement par la Division – est peut-être le
même que celui décrit page suivante par le 48ème Territorial. Mais il peut aussi
s’agir d’une embuscade tendue par le 277ème Régiment.
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« Une embuscade de la 2ème Compagnie [du 48ème Territorial], de 20 H 00 à 2


heures du matin, en avant [des premières lignes], reste sans résultat ».

4 octobre 1917 :

« Journée très calme. Faible activité de mousqueterie et des mitrailleuses ».

Dans la nuit du 4 au 5, le 48ème Territorial signale : « relève du 1er Bataillon par


le 2ème Bataillon ».

5 octobre 1917 :

« Vers 4 heures (du matin), une reconnaissance du 325ème Régiment disperse à


coups de fusil et de VB une patrouille allemande d’une douzaine d’hommes sur
la route de Pettoncourt à Atilloncourt ».

Pettoncourt – La fontaine (à gauche), l’église (à droite)

Atilloncourt – L’église (vue extérieure à gauche, vue intérieure à droite)


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En fin d’après-midi, le 48ème Territorial signale : « Mouvement continu en forêt


(de Bezange) faisant prévoir une relève de l’ennemi ».

Soldats-travailleurs allemands en forêt de Bezange

Dans la nuit du 5 au 6, le 38ème Territorial signale : « Le 2ème Bataillon prend


les avant-postes dans le sous-secteur de l’Etang [où il] relève le 1er Bataillon du
41ème Territorial ».
Cette même nuit, le 6ème Bataillon du 277ème Régiment « relève le 5ème Bataillon
dans le sous-secteur d’Athienville ».
Cette même nuit, « Les 3 bataillons du 232ème Régiment relèvent dans le secteur
d’Erbeviller les 3 bataillons du 325ème ».

6 octobre 1917 :

« Journée calme. Feux de mousqueterie habituels. Faible activité des deux


artilleries ».

Le Journal du 9ème Corps d’Armée signale des « embuscades tendues à la ferme


Ste Marie (au nord du bois du même nom) et sur la route Bezange-Arracourt.
Sans résultat ». Informations non reprises par ailleurs.

Dans l’après-midi, « obsèques du Médecin-Général L. ».


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7 octobre 1917 :

« Journée calme. Faible activité de l’artillerie ».

Le 38ème Territorial signale : « 30 hommes de la classe 1897 quittent le Corps


(à raison de 15 par Bataillon) pour faire partie de la section de récupération du
matériel constituée à Serres ».

8 octobre 1917 :

« Journée absolument calme. Quelques tirs de mousqueterie ».

Le 232ème Régiment signale : « Quelques coups de fusil au cours de l’après-midi


dans la direction de Moncel ».

A partir de ce jour et jusqu’au 15 octobre, la 59 ème Division effectue un


redéploiement vers un autre secteur :
A 09 H 30, le 325ème Régiment – actuellement au repos – « embarque dans des
camions-autos à Reméréville et à Champenoux pour aller cantonner dans les
villages au sud-est de Lunéville : 4ème Bataillon à Moyen, 5ème et 6ème Bataillons
à Remenoville. Arrivée à 16 H 00. Les [nouveaux] cantonnements sont très
resserrés et manquent absolument de paille ».
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Page précédente : mouvements du 325ème Régiment le 8 octobre 1917 (la ligne de front
est en rouge).

Remenoville et Moyen, théâtres de violents combats en août 1914


- A gauche :Remenoville (tombes à l’entrée du village en ruines).
- A droite : alentours de Moyen (une grande tombe sur le champ de bataille).

9 octobre 1917 :

« Journée calme ».
« D’ordre de la VIIIème Armée, le 48ème Territorial et le 2ème Bataillon du 41ème
Territorial sont relevés par le 12ème Régiment d’Infanterie dans le secteur
d’Hoéville. Commencée à 09 H 30, la relève totale est terminée à 19 H 00, sans
incidents ».

10 octobre 1917 :

« Journée calme. Activité faible des deux artilleries ».

« Le 2ème Bataillon du 41ème Territorial est dirigé par camions-autos sur les
cantonnements suivants : ½ Compagnie de la 7ème à Toul, ½ Compagnie de la
7ème à Saizerais, la 5ème Compagnie à Vathiménil, la 6ème Compagnie à
Manoncourt-en-Vernois, la 2ème Compagnie de Mitrailleuses à Lunéville – pour
être employé à des travaux « Terrains d’aviation » à la disposition de
l’Aéronautique de l’Armée ».
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Page précédente : appareils de l’escadrille 89 sur l’aérodrome de Manoncourt-en-


Vermois (1917).

41ème Territorial : mouvements du 2ème Bataillon le 10 octobre 1917

Toul (à gauche) et Saizerais (à droite) – Photos non datées, probablement avant guerre

Nancy
- A gauche : bombardée par un canon allemand à longue portée (1916).
- A droite : bombardée par un avion allemand en octobre 1917.
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Lunéville
- A gauche : exposition d’un avion allemand abattu après avoir bombardé la ville
(janvier 1916).
- A droite : réparations provisoires d’un pont détruit par les Allemands en 1914.

Vathiménil
- A gauche : le centre du village – Photo non datée, probablement avant guerre.
- A droite : un pont détruit par les Allemands.

« Le 48ème Territorial fait mouvement selon l’ordre de la VIII ème Armée et


embarque à 8 H 00 par camions automobiles pour être transporté :
- 1er Bataillon : 2 Compagnies à Moncel (il s’agit de Moncel-les-Lunéville, à
ne pas confondre avec l’autre Moncel, sur la ligne de front), 2 Compagnies à
Laronxe.
- 2ème Bataillon : 2 Compagnies à Bénaménil, 2 Compagnies à Fréménil.
Quatre jours pleins de repos sont accordés au Régiment ».
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Page précédente : Laronxe.


- A gauche : avant guerre.
- A droite : l’une des rares photographies prise par un soldat avec son propre appareil
(1915).

48ème Territorial : mouvements du 10 octobre 1917

Bénaménil et Fréménil
- A gauche : Bénaménil, les ruines du moulin en 1917.
- A droite : Fréménil avant guerre (pas de photographies disponibles pendant ou juste
après la guerre).
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« Dans la nuit du 9 au 10, trois bataillons du 411ème Régiment d’Infanterie


relèvent sans incidents dans le secteur d’Erbeviller les trois bataillons du 232 ème
Régiment…/… A 11 H 00, le Régiment embarque en camions-autos pour gagner
ses [nouveaux] cantonnements : 4ème Bataillon à Rehainviller, 5ème Bataillon à
Moncel-les-Lunéville, 6ème Bataillon à Hériménil. Arrivée vers 15 heures ».

232ème Régiment d’Infanterie : mouvements du 10 octobre 1917

Hériménil, quelques ruines


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Rehainviller, quelques ruines

11 octobre 1917 :

Pour les unités de la Division qui sont encore en premières lignes (277 ème
Régiment, 38ème Territorial et 1er Bataillon du 41ème Territorial) : « Journée
calme. Tirs habituels de mousqueterie. Faible activité de l’artillerie ».

Les autres unités (325ème Régiment, 232ème Régiment, 48ème Territorial, et 2ème
Bataillon du 41ème Territorial) font des « travaux de propreté, de nettoyage » ou
se reposent dans leurs nouveaux cantonnements.

12 octobre 1917 :

Sur le front : « Très faible activité de l’artillerie, tirs de harcèlement de


mitrailleuses ».

Le 48ème Territorial (au repos à l’est et au sud-est de Lunéville – voir carte pages
précédentes) signale : « Par suite de difficultés de cantonnement, le 1er Bataillon
(à Moncel et Laronxe) modifie ses emplacements comme suit : 1ère et 2ème
Compagnies à Chenevières (environ 1 km au sud-est de Laronxe), 3ème
Compagnie à la ferme « Basse Mondon » (sortie sud-est de Moncel) et
dépendances chevaux du PGM (probablement « Peloton de Gendarmes
Montés »), 1ère Compagnie de Mitrailleuses à la ferme « Mississippi » (environ
1 km au nord-ouest de Laronxe) ».

13 octobre 1917 :

Pour les unités encore en première ligne, un seul mot : « Calme ».


Le 9ème Corps d’Armée signale une « embuscade sans résultat sur la route
Arracourt-Bezange » : il s’agit probablement d’une opération menée par les
nouveaux arrivants de la 18ème Division.
A l’arrière, « Instruction de diverses spécialités » pour le 325ème Régiment.
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14 octobre 1917 :

« Le 1er Bataillon du 41ème Territorial, en ligne dans le sous-secteur de


Bauzemont, est relevé dans la nuit du 13 au 14, et vient en entier cantonner à
Einville.
A midi, la 1ère Compagnie est dirigée par camions-autos à Baccarat (et dans les
environs immédiats) pour y effectuer des travaux d’exploitation forestière.
[Les] 2ème, 3ème Compagnies (et la 1ère Compagnie de Mitrailleuses) font
mouvement par voie de terre sur Jolivet (étape) puis sur Manonviller (et
Croismare) pour y être employées comme manutentionnaires au dépôt [du]
matériel du Génie.
A 15 H 15, la CHR (Compagnie Hors-Rang) embarque par camions-autos pour
Toul, pour être à la disposition de l’Etat-Major (de la VIIIème Armée) pour la
construction d’abris ».

41ème Territorial, 1er Bataillon : mouvements des 14 et 15 octobre 1917

Einville, route de Jolivet (à gauche) et Jolivet (à droite)


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Croismare
- A gauche : vue générale.
- A droite : entrée du village.
Photographies non datées, probablement d’avant guerre.

Manonviller
- En haut, à gauche et à droite : entrées du village – Photographies prises avant
guerre.
Note – Il n’existe pas de photographies de Manonviller-village pendant la guerre ou
dans l’immédiat après guerre. En 1917, c’était probablement un joli tas de gravats.
- En bas à gauche : le fort de Manonviller, à environ 2 kilomètres au nord-est du
village (1915).
- En bas à droite : le fort de Manonviller (vue aérienne).
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Baccarat, quelques ruines

« Dans la nuit du 13 au 14, les 1er et 2ème Bataillons (du 38ème Territorial) sont
relevés aux avant-postes par le 32ème Régiment (de la 18ème Division). Les
troupes sont enlevées en camions :
- Le 1er Bataillon [est mis] à la disposition du Génie pour la construction
d’une voie [ferrée] de 0,60 – La 1ère Compagnie [vient] à Laneuveville-aux-
Bois, ; les 2ème, 3ème Compagnies, et la 1ère Compagnie de Mitrailleuses
cantonnent à Manonviller.
- Le 2ème Bataillon est [mis] à la disposition du service télégraphique pour la
construction d’une ligne téléphonique – La 5ème Compagnie [vient] à
Bienville ; la 6ème Compagnie à Crion et Sionviller ; la 7ème Compagnie à
Froide-Fontaine ; la 2ème Compagnie de Mitrailleuses à la ferme Champel
(moins d’un kilomètre au sud de Froide-Fontaine).
- La Compagnie Hors-Rang (secrétariat, comptabilité, administration, etc.),
cantonnée à Méréville (à quelques kilomètres au sud de Nancy), est à la
disposition du Génie de la VIIIème Armée pour la construction d’abris.

Laneuveville-aux-bois, pendant un bombardement (1917)


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Crion
Note – Cette photographie a été prise fin août 1914, par les occupants allemands,
quelques jours avant qu’ils ne soient chassés de la région.

Méréville (photographie non datée, probablement d’avant guerre)


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38ème Territorial : mouvements du 14 octobre 1917

A la fin de ces mouvements, « Le 38ème Territorial n’est plus endivisionné et ne


dépend plus que de la VIIIème Armée » :

Le Régiment n’est plus rattaché à la 59ème Division.

Note – C’est aussi le cas des deux autres régiments de Territoriaux.

Malgré tout, les destins du Régiment et de ses anciens co-divisionnaires sont


toujours fortement liés : les 41ème, 48ème Territoriaux, les 232ème, 277ème, 325ème
d’Infanterie opèrent encore dans la même région, et bientôt la 59 ème Division
remontera en ligne pour tenir le front à seulement quelques kilomètres en avant.
Poursuivre cette histoire sans plus se préoccuper des « voisins » du 38ème
Territorial n’aurait donc pas grand intérêt. Pour la narration, « la situation reste
inchangée ».

15 octobre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « Arrivée d’un renfort de 1 sergent, 2 caporaux et


20 hommes venus du Dépôt et affectés au 1er Bataillon ».
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La 2ème Compagnie du 41ème Territorial se rend au fort de Manonviller « pour y


constituer la garnison ». La 3ème Compagnie reste à Manonviller (village) « pour
y effectuer des travaux [sur la] 2ème position (2ème ligne de défense) ».
Les 1ère et 2ème Compagnies du 48ème Territorial se rendent à Saint-Clément (sud
immédiat de Laronxe) « pour exécuter des travaux aux baraquements ».

Saint-Clément (photographie non datée, probablement avant guerre)

Le 232ème Régiment (au repos dans la banlieue sud de Lunéville) effectue des
« Travaux d’entretien et de nettoyage ».
Le 325ème Régiment fait de l’instruction dans « diverses spécialités »
Le 277ème Régiment (secteur de Valhey) est « relevé par le 66ème Régiment et
embarque en camions à Einville à destination de : Glonville (4ème Bataillon et
19ème Compagnie), Ménil-Flin (6ème Bataillon, 17ème et 18ème Compagnies du 5ème
Bataillon, CHR), Chenevières (5ème et 6ème Compagnies de Mitrailleuses) ».

Cantonnements à Ménil-Flin
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Glonville

277ème Régiment : mouvements du 15 octobre 1917


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16 octobre 1917 :

Pour les unités de la 59ème Division et les Régiments Territoriaux anciennement


rattachés : « La situation reste inchangée ».

La VIIIème Armée communique : « Dans la nuit du 16 au 17, violent


bombardement (avions) de Nancy par torpilles à grandes puissances : outre de
nombreux projectiles dispersés sur toute la ville et qui ont réduit en poussière de
nombreuses maisons, une torpille est tombée sur le quai de la gare au moment
où les voyageurs montaient dans le train de 18 H 45. Le total des victimes connu
actuellement est de 32 morts et 72 blessés ».

Nancy : bombardement du 16 octobre 1917


- En haut : le quai de la gare au lendemain du bombardement.
- En bas à gauche : une salle d’école touchée par une « torpille ».
- En bas à droite : une rue de la ville.
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17 octobre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « 21 soldats des classes 1893 et 1894 passent à la


9ème Compagnie de (illisible – peut-être « munitions ») de Broussey-en-
Woëvre ».

18 octobre 1917 :

« Nouveau bombardement de Nancy dans la nuit du 17 au 18 : 2 victimes ».

La 59ème Division (232ème, 277ème et 325ème Régiment) qui se prépare à faire


mouvement pour reprendre les premières lignes dans son nouveau secteur,
envoie « à tous les Médecins ou Chefs de détachement une note de service pour
s’assurer :
- si tous les hommes ont 2 masques (à gaz) avec boîte métallique,
- si ces masques ont un anneau supplémentaire de sertissage,
- si les Médecins ou Chefs de détachement ont bien reçu la dernière circulaire
au sujet des effets du sulfure d’éthyle dichloré (gaz moutarde, utilisé pour la
première fois par les Allemands en juillet 1917) et des moyens pour traiter
les intoxiqués ».
A 15 H 00, « Le 5ème Bataillon (du 325ème Régiment) est embarqué par camions-
autos et va cantonner à Ogéviller (3 kilomètres au sud-est de Domjevin) ».

Ogéviller (photographie non datée, probablement immédiat après guerre)


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19 octobre 1917 :

Dans la nuit du 18 au 19 octobre, les 5ème et 6ème Bataillons du 232ème


Régiment « sont embarqués en camions à destination de Manonviller. Dans la
matinée, le 4ème Bataillon quitte ses cantonnements de Rehainviller et va
occuper ceux de Moncel-les-Lunéville ».
A 05 H 30, les 5ème et 6ème Bataillons du 277ème Régiment « quittent leurs
cantonnements pour se rendre par voie de terre à Domjevin et Bénaménil ».

Domjevin (1917)

Le 9ème Corps d’Armée communique : « Vers 15 H 00, une bombe d’avion


[tombe] sur Ménil-Flin (3 civils blessés) et une bombe [tombe] sur St Clément (2
soldats et 2 femmes blessés) ».

Bombardiers allemands « Gotha » (1917)


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Page précédente : carte de situation – La ligne de front est en rouge.


Rappel (voir plus haut, cartes de mouvements) :
- Le 4ème Bataillon du 277ème est toujours à Glonville.
- Le 4ème et le 6ème Bataillon du 325ème sont toujours à Moyen et Remenoville.

20 octobre 1917 :

La 59ème Division remonte en première ligne.


Dans la nuit du 19 au 20, les 5ème et 6ème Bataillons du 232ème Régiment
« relèvent dans le sous-secteur de Vého et de la Sapinière les éléments du 125 ème
Régiment d’Infanterie et du 82ème Régiment d’Infanterie Territoriale qui
occupaient ces deux sous-secteurs »…/…Le 4ème Bataillon vient occuper « les
cantonnements de Manonviller et de Bénaménil ».
Cette même nuit, le 277ème Régiment « relève des éléments du 125ème Régiment
d’Infanterie dans le secteur de Domjevin. Le 5ème Bataillon occupe le sous-
secteur « Zeppelin », le 6ème Bataillon le sous-secteur « Rognelle…/…Le 4ème
Bataillon quitte Glonville pour venir cantonner à Domjevin (en réserve) ».
Cette même nuit, le 5ème Bataillon du 325ème Régiment « quitte Ogéviller pour le
sous-secteur de Notre-Dame de Lorette ».
Le 9ème Corps d’Armée communique : « Vers 06 H 25, trois dirigeables
allemands sont aperçus dans la région sud-est de Lunéville. L’un d’eux est
abattu et tombe en flammes à 800 mètres nord de Chenevières (06 H 30)…/…».

Le Zeppelin L 44 tombé en flammes le 20 octobre


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Article (extrait) et photographie parus dans « L’Illustration » à propos du Zeppelin L 44

« …/… A 07 H 45, deux dirigeables sont signalés désemparés entre Raon-


l’Etape et Rambervillers. Une heure après, ils sont signalés en dérive vers le
sud-ouest ».
Note – Ce jour là, deux autres Zeppelins se posent en catastrophe : le L 49 à
Bourbonne-les-Bains (capturé intact), et le L 45 dans le lit asséché de la rivière
Buech près de Sisteron (incendié par son équipage). Tous revenaient d’une
mission de bombardement sur Londres.

Autre information du 9ème Corps d’Armée (griffonnée en bas de page de son


Journal) : « Quatre Bataillons américains de la 1ère Division d’Infanterie
arrivent dans le secteur de Sommerviller (région Maixe-Einville) ».

Extrait du Journal du 9ème Corps d’Armée en date du 20 octobre


Dans le coin gauche, tout en bas, griffonnée semble-t-il à la hâte, une nouvelle sans
aucune importance : l’arrivée des premiers américains dans une zone de front français !
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Le 325ème Régiment signale : « Dans le courant de la journée, un homme de la


18ème Compagnie (Louis C.) est grièvement blessé pendant le bombardement de
Saint-Martin, cantonnement du Chef de Bataillon ».

21 octobre 1917 :

Le 48ème Territorial signale : « Jour de repos aux Bataillons sauf pour un


peloton (2 sections soit ½ Compagnie) de la 1ère Compagnie de garde au
Zeppelin abattu en avant de Chenevières ».

Le 325ème Régiment fait mouvement : le 4ème Bataillon vient à Bénaménil, le 6ème


Bataillon vient à Moyen. « Journée calme dans le secteur (Notre-Dame de
Lorette) tenu par le 5ème Bataillon ».

Sur la ligne de front : « Faible activité » de l’infanterie et de l’artillerie


ennemies. « Pertes : néant ».

22 octobre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « Par suite de modifications, le Corps est


cantonné comme suit :
- Etat-Major et Compagnie Hors-Rang à Méréville, l’Approvisionnement à
Jolivet,
- 1er Bataillon – 1ère Compagnie à Laneuveville, 2ème Compagnie et 1ère
Compagnie de Mitrailleuses à Manonviller, et 3ème Compagnie au camp
Fortoul (endroit non localisé – probablement un lieu-dit de Manonviller-
village, ou un camp proche du fort de Manonviller),
- 2ème Bataillon – 5ème Compagnie à la ferme du Charmois (lieu-dit du village
de Bonviller), 6ème Compagnie à Crion et Sionviller, 7ème Compagnie à la
ferme de Froide-Fontaine, et 2ème Compagnie de Mitrailleuses à la ferme
Champel ».
« 20 hommes de la classe 1894 passent à la Compagnie de secteur C/5 58 (non
identifié – il s’agit sans doute de la 5ème Compagnie d’une unité d’artillerie
officiant sur des canons de 58 mm) à Lénoncourt pour être employés dans des
batteries de position ».
« 19 caporaux venant du 41ème Territorial sont répartis dans les diverses
Compagnies ».

Sur le front : « Journée assez calme ».


Le 232ème Régiment signale : « Une embuscade tendue pendant la nuit au boyau
de Champagne (voir carte page suivante) ne donne aucun résultat ».
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Le 325ème Régiment signale « un homme tué au cours du bombardement de nos


premières lignes (Georges B. de la 17ème Compagnie) ».
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Page précédente : carte de situation / localisation des secteurs.


Les premières lignes françaises sont en bleu, les premières lignes allemandes en rouge.
Les lignes brisées indiquent les limites de secteurs dont les noms sont en italiques.
La croix rouge marque l’emplacement présumé du « Boyau de Champagne ».

23 octobre 1917 :

Sur le front de la 59ème Division : « Nuit et journée calmes. Faible activité de


l’artillerie de part et d’autre ».

Le 9ème Corps d’Armée communique : « L’artillerie de campagne américaine de


la 1ère Division exécute son premier tir (tir de surprise sur travailleurs) ».

24 octobre 1917 :

Sur le front du 232ème Régiment, « une embuscade tendue au cours de la nuit (au
ruisseau de Leintrey) reste sans résultats. Nombreuses rafales de notre artillerie
sur les ouvrages ennemis. L’artillerie allemande riposte notamment sur nos
positions du secteur de la Sapinière ».
Note – Le ruisseau de Leintrey marque la séparation entre le secteur de Vého, à
gauche, et le secteur du Zeppelin, à droite : voir cartes ci-après.
Dans la matinée, le 325ème Régiment annonce « un homme blessé par balle »,
Martial B. de la 19ème Compagnie (pas d’autre précision).
Le 9ème Corps d’Armée signale : « Les quatre bataillons américains actuellement en
deuxième ligne dans le secteur de Sommerviller passent en première ligne ».
Note – Sommerviller, village situé à moins de dix kilomètres au nord-ouest de Lunéville est
assez loin du front. En fait, les Américains occupent maintenant les premières lignes dans
le secteur de Bathelémont-Bauzemont, à l’endroit même où le 38ème Territorial stationnait
encore il y a quelques jours.

25 octobre 1917 :

Le 232ème Régiment signale : « Quelques rafales de mitrailleuses ennemies au cours de la


nuit. Faible activité des deux artilleries. Vers 19 H 50, une patrouille ennemie, qui
longeait nos réseaux, est dispersée par quelques coups de fusil et des tirs de VB ».
La 59ème Division signale : « Une patrouille ennemie tentant de s’approcher du point de
Résistance « New-York » (secteur du Zeppelin – voir cartes ci-après) est dispersée par nos
feux…/… Embuscades à la corne nord-ouest Sapinière, et à la lisière du bois B (il s’agit
probablement du « Bois de Bouleaux », ancien nom du bois Zeppelin) : sans résultats ».
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Page précédente : secteurs Sapinière, Vého et Zeppelin, cartes de situation.


Les ouvrages allemands (Ouv. 1, Ouv. 2, etc.) sont des fortifications, généralement en
béton, abritant une petite garnison, des mitrailleuses et des canons de tranchées.

26 octobre 1917 :

« Sans modification » pour le 38ème Territorial. Le 1er Bataillon, aux alentours de


Laneuveville et Manonviller est toujours à disposition du Génie pour la
construction d’une voie ferrée de 0,60. Le 2ème Bataillon, aux alentours de
Crion-Sionviller, est toujours à disposition du Service Télégraphique de l’Armée
pour la construction d’une ligne téléphonique.

Soldats français au travail


- A gauche : construction d’une voie ferrée de 0,60 (1917).
- A droite : construction d’une ligne téléphonique (1917).

Sur le front de la 59ème Division : « Nombreux tirs de l’artillerie ennemie,


notamment dans la région d’Emberménil. Nos batteries ripostent sur différents
points des positions ennemies ».
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Page précédente : Emberménil (vue générale, photographie prise depuis le toit de la


Poste).

« Vers 11 H 00, tirs de mitrailleuses sur un avion ennemi qui, à très faible
hauteur, survolait nos positions de la Sapinière ».

En soirée, « après la soupe, le 4ème Bataillon (du 325ème Régiment) quitte


Bénaménil pour aller cantonner à Herbeviller ».

27 octobre 1917 :

Sur le front : « Aucune action importante d’artillerie ni d’infanterie. Embuscade


au bois Boué (secteur Zeppelin), reconnaissance au bois – illisible – : sans
résultat ».

Le 325ème Régiment signale : « Le 6ème Bataillon cantonné à Moyen quitte cette


localité à la première heure et vient occuper les cantonnements du 4ème
Bataillon à Bénaménil. Au cours de la marche, un conducteur (Jules X – le nom
est illisible) se tue accidentellement en tombant de sa voiture …/… Le 4 ème
Bataillon quitte Herbeviller à 17 H 30 et va relever dans le secteur Notre-Dame
de Lorette le 5ème Bataillon qui vient cantonner, après relève, à Herbeviller ».
Dans la nuit, « relève sans incident » pour le 232ème Régiment. Le 4ème Bataillon
occupe désormais le secteur Vého. Le 6ème Bataillon tient le secteur Sapinière.
Le 5ème Bataillon vient cantonner : 2 Compagnies à Manonviller, 2 Compagnies
à Bénaménil.
28 octobre 1917 :
Sur le front : « Activité générale de l’ennemi faible »
« Dans la nuit du 28 au 29, le 4ème Bataillon (du 277ème Régiment) relève le 5ème
Bataillon dans le secteur Zeppelin. Le 5ème Bataillon vient cantonner à
Domjevin ».
Le Service Médical de la 59ème Division constate le « bon état sanitaire des
troupes : 65 soldats indisponibles, 3 évacuations dont 2 bronchites et 1 gale ».
Le 9ème Corps d’Armée signale « un officier américain blessé ». Il s’agit du
Lieutenant H. « blessé à la cuisse par un éclat d’obus au [P.A.] Jumelles (voir
carte « secteur de Valhey » plus haut). C’est le premier américain blessé à la
guerre par le feu de l’ennemi ».
29 octobre 1917 :
Six soldats du 38ème Territorial sont cités à l’ordre du Régiment, « les trois
premiers pour avoir fait partie du groupe franc et s’y être fait remarquer, les
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trois autres pour leur conduite dans l’affaire du 1 er septembre (coup de main
allemand sur le PA de la Digue) ».

Sur le front du 232ème Régiment : « Dans la journée, notre artillerie de


campagne tire de nombreuses rafales sur les organisations ennemies. Le
mauvais temps provoque de nombreux éboulements dans les boyaux et tranchées
qui sont, par place, envahis par l’eau. Les travaux de remise en état sont
commencés immédiatement…/… Dans la nuit du 29 au 30, deux sections de la
15ème Compagnie se placent successivement en embuscade [devant] le
Rémabois. Sans résultat ».

325ème Régiment : « Le 5ème Bataillon quitte Herbeviller et vient cantonner à


Moyen. Le 6ème Bataillon, cantonné à Bénaménil, est employé aux travaux de la
deuxième position ».

30 octobre 1917 :

Sur le front : « Artillerie française très active. L’artillerie allemande reste peu
active. Aucune activité d’infanterie. Continuation des travaux de remise en état
des boyaux et tranchées ».
« Embuscade au ravin nord-est (non localisé – probablement entre la tranchée
« Astoria » et l’ « Ouvrage Stutzour »), reconnaissance aux abords du bois
d’Oyonnax (devant le secteur Rognelle) : sans résultat ».

Le Service Médical de la 59ème Division constate : « Une épidémie d’oreillons


sévit sur les enfants de Bénaménil. Aucun soldat n’a encore été atteint. Les
mesures prophylactiques ont été demandées, notamment la fermeture des écoles
pendant un mois et leur désinfection ».

31 octobre 1917 :

232ème Régiment : « Aucune action [de] l’infanterie [ennemie]. L’artillerie


française reste très active et exécute de nombreux tirs (parfois par rafales) sur
les organisations en face du sous-secteur…/…Continuation des travaux
d’assainissement des boyaux, tranchées et abris…/…Dans la nuit du 31 octobre
au 1er novembre, embuscade tendue au Sud du Rémabois. Sans résultat ».

277ème Régiment : « Embuscade aux Bois Parallèles (secteur Rognelle – voir


carte page suivante) : sans résultat ».
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Secteur Rognelle (détail) – Carte de situation


Les deux canons marquent l’emplacement connu de deux batteries Divisionnaires.
Note – La ligne de front française n’est évidemment pas aussi simple qu’il y paraît en
comparaison des lignes allemandes. En avant et en arrière, il y a tout un réseau de postes
avancés, postes d’écoute, boyaux et tranchées secondaires. Mais les rares cartes que l’on
trouve dans les « Journaux de Marche » restent toujours discrètes sur l’emplacement de
ces ouvrages. Probablement par crainte des espions.

1er novembre 1917 :

232ème Régiment (secteurs Sapinière et Vého) : « Activité des deux artilleries.


Grande activité de l’aviation. L’état général des boyaux et tranchées est en voie
d'amélioration…/…Embuscade au Sud de l’Ouvrage 2, sans résultat ».
277ème Régiment (secteurs Zeppelin et Rognelle) : « Reconnaissance au bois
Oyonnax, sans résultat ».
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325ème Régiment (secteur Notre-Dame de Lorette) : « Journée calme dans le


secteur du 4ème Bataillon (en ligne) ». Les deux autres bataillons (à l’arrière du
front) « visitent [les] cimetières de Gerbeviller » (Sud de Lunéville) où reposent
des centaines de soldats français, tombés fin août 1914, pendant les premiers
combats.
Note – L’histoire ne dit pas si les hommes du 325 ème ont eux aussi subi un
discours du docteur Camus, maire de Gerbeviller, qui s’exclama en 1915, lors
d’une mémorable cérémonie : « Ceux qui versent leur sang pour la Patrie, ne
demandent pas qu’on les pleure. Entre les plus beaux noms, leurs noms sont les
plus beaux (sic) ».

Gerbeviller (ruines et cimetière)

2 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Notre artillerie reste active. Les tirs ennemis augmentent
d’intensité ». Dans la nuit du 2 au 3, une nouvelle embuscade tendue devant le
Rémabois ne donne aucun résultat.
277ème Régiment : « Embuscade à l’Est des Bouleaux (bois Zeppelin) : RAS ».
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Page précédente : le bois « Zeppelin ».

3 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Le tir de l’artillerie ennemi atteint une grande intensité sur
tout le secteur. Notre artillerie riposte par de nombreuses rafales, notamment à
17 H 15, sur toute la première ligne face au secteur…/… Entre 21 et 23 heures,
une patrouille allemande entendue à proximité des entonnoirs (endroit non
localisé avec certitude – probablement au sud du Rémabois où des
« entonnoirs » sont encore visibles de nos jours) est mise en fuite par un tir de
VB…/… En raison de l’état d’énervement de l’ennemi, de fortes patrouilles
circulent toute la nuit dans chaque [poste avancé] ».
277ème Régiment : « Embuscade à la lisière nord-est du bois Boué, sans
résultat ».

Le 9ème Corps d’Armée communique : « Vers 03 H 30, à la suite d’une courte et


violente préparation d’artillerie, l’ennemi a exécuté un coup de main sur Artois
(voir carte « Secteur de Bauzemont », pages précédentes), nous y enlevant 12
soldats américains. D’après des renseignements fournis par un déserteur*,
l’opération aurait été effectuée par un détachement de 200 hommes appartenant
pour la plupart à un Stosstrupp (corps-francs allemands) ». Bilan de
l’opération : 3 tués, 4 blessés, 12 disparus de la Division Américaine + 2 tués
français de la 18ème Division.
Note* – Le déserteur dont parle le communiqué est en fait un lorrain qui s’est
présenté, quelques minutes après l’opération, au petit poste du cimetière
d’Arracourt. Il faisait partie du Stosstrupp.

1ère Division Américaine


- A gauche : les prisonniers du « coup de main » (carte postale allemande).
- A droite : les funérailles à Bathelémont des trois premiers tués sur le sol de France.

Le Service Médical de la VIIIème Armée communique : « Un train d’évacuation


doit prendre malades et blessés évacués du Centre Hospitalier de Nancy. Le
médecin de l’Armée va assister aux opérations de chargement : il remarque un
certain nombre d’indigènes (probablement des soldats de la Division
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Marocaine) [atteints de] pieds de tranchées (gelures graves), et dont les pieds
sont enveloppés de pansements très épais. Il fait ouvrir plusieurs de ces
pansements et constate que les pieds sont revenus à leur état normal, sans
rougeur, ni gonflement. Sur une trentaine d’hommes évacués pour ce motif, il
n’y en avait pas un seul qui fut réellement atteint. Aussi, tous ont été
retenus…/…Des observations sont adressées au Médecin-Chef de la Place de
Nancy pour être transmises au Médecin-Chef de l’hôpital qui a commis cette
grave irrégularité ».

Soldat atteint de « pieds de tranchées »

4 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie moins grande que la veille de part et


d’autre. Aucune action d’infanterie…/… Dans la nuit du 4 au 5, le 5ème Bataillon
relève le 6ème Bataillon dans le secteur de Sapinière. Relève terminée à 03 H 00
sans incident ».
277ème Régiment : « Embuscade au bois Natali, sans résultat ».
325ème Régiment : « Journée calme dans le secteur du 4ème Bataillon…/… Le
6ème Bataillon quitte Bénaménil à 16 H 30 pour aller relever en première ligne
le 4ème Bataillon dans le secteur Notre-Dame de Lorette. Relève sans incident.
Après relève, le 4ème Bataillon vient passer la nuit à Herbeviller ».

Le Service Médical de la 59ème Division constate « un cas en observation pour


oreillons » (232ème Régiment).
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5 novembre 1917 :
232ème Régiment : « L’artillerie ennemie est très active, elle exécute des tirs sous
forme de rafales violentes et courtes ». Deux blessés « atteints assez
gravement » du côté de la gare d’Emberménil : sous-Lieutenant André D. et
Sergent Camille R., tous deux de la 17ème Compagnie.

Emberménil, la Gare (ou Station)

277ème Régiment : « Embuscade au ruisseau de Leintrey, sans résultat.


Embuscade au bois des Bouleaux (bois Zeppelin), sans résultat…/... Dans la
nuit du 5 au 6, le 6ème Bataillon, relevé dans le secteur Rognelle par le 5ème, vient
cantonner à Domjevin ».
325ème Régiment : « Journée calme dans le secteur du 6ème Bataillon (Notre-
Dame de Lorette). Le 4ème Bataillon quitte Herbeviller à la première heure et
vient cantonner à Moyen. Le 5ème Bataillon quitte Moyen et vient cantonner à
Bénaménil ».

La VIIIème Armée signale : « Des avions ennemis ont lancé quelques bombes sur
Baccarat et sur Moyen : ni victimes, ni dégâts ».

6 novembre 1917 :

Au 38ème Territorial, 6 soldats, chargés des chiens de guerre, sont mutés au


chenil militaire de l’Armée à Tournon. Pour les autres : « Sans modification ».
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232ème Régiment : « Tirs de harcèlement habituels des deux artilleries ».


Le Bataillon de réserve du 277ème Régiment (à Domjevin), « procède à une
installation d’infirmerie de cantonnement et à la consolidation des postes de
secours ». Rien à signaler pour les deux Bataillons en ligne.
325ème Régiment : « Journée calme ». Le 5ème Bataillon effectue des « travaux »
(sans plus de précisions) sur les lignes arrières.

Au cours de la journée, le sous-Lieutenant L., officier artilleur dans le secteur


tenu par la 59ème Division est « blessé par l’éboulement d’un abri ».

7 novembre 1917 :

232ème Régiment : « L’état des tranchées et boyaux est redevenu à peu près
normal : quelques petits éboulements se produisent encore, aussitôt relevés…/…
L’artillerie ennemie exécute toujours des tirs de harcèlement très nourris,
particulièrement sur la station (gare d’Emberménil)…/… Notre artillerie de
campagne tire de nombreuses et violentes rafales sur les Amienbois (grande
forêt à l’Est de Leintrey) et le Débarcadère (au nord du Rémabois, le long de la
portion de voie ferrée sous contrôle allemand) »…/…

Leintrey
- A gauche : soldats allemands dans les ruines du village.
- A droite : cimetière allemand à la lisière des Amienbois.

Voie ferrée entre Emberménil et Leintrey (ancienne ligne Paris-Strasbourg)


- A gauche : côté français (photographie prise en mars 1917).
- A droite : position allemande juste en avant du « Débarcadère ».
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…/… Pendant la nuit, « embuscades au Nord-Est du Rémabois et à la


porcherie d’Emberménil, sans résultat. Une patrouille allemande tentant
d’aborder les Entonnoirs (postes avancés français au sud du Rémabois) est
dispersée par nos feux ».
Note – Ces dernières informations sont données par la 59 ème Division seulement.
Le « Journal de Marche » du 232ème Régiment n’en fait pas état.

Les « Entonnoirs » au Sud du Rémabois


- A gauche : peu après la fin de la guerre.
- A droite : de nos jours.
Ces entonnoirs, profonds de 10 à 15 mètres, sont consécutifs à l’explosion de mines
allemandes sous les positions françaises en juillet 1916 : 83 hommes y laissèrent la vie.

Rien à signaler pour les 277ème et 325ème Régiments.

Le Service Médical Divisionnaire découvre deux nouveaux « cas d’oreillons »


chez des soldats qui avaient cantonné dans une maison de Bénaménil où deux
enfants étaient atteints par cette maladie. « Les soldats sont immédiatement
évacués par autos spéciales. La paille et la paillasse sont brûlées. Les
couvertures, les murs et le plancher sont désinfectés au soufre ».

8 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Dans la journée, tirs de harcèlement des deux artilleries.


Vers 19 H 00, rafales de mitrailleuses ennemies sur Poncheville (c’est le nom du
P.A. – Point d’Appui – au Sud des « Entonnoirs », à l’extrémité droite du
secteur de Vého)…/… Deux embuscades [sont] tendues de 20 heures à 1 heure
à gauche et à droite des Entonnoirs : rien à signaler ».
277ème Régiment : rien à signaler.
325ème Régiment : « Un homme de la 22ème Compagnie (Gaston R.) est blessé
dans l’après-midi par un éclat d’obus (pas d’autre précision) ».
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9 novembre 1917 :

Sur l’ensemble du front, « activité de l’artillerie forte ».


277ème Régiment : « Embuscades aux bois Parallèles et [vers] le bois
Rectangulaire, sans résultat ».

10 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Aucune action importante d’infanterie. Par contre, activité


toujours forte des deux artilleries ». Dans la nuit, « embuscades au Nord du P.A.
Sapinière et au Nord du P.A. Poncheville, sans résultat ».

277ème Régiment : [Sur ordre du Général commandant la 59ème Division],


« l’introduction dans le secteur de Domjevin d’un [second] Bataillon du 325ème
Régiment s’opère par le glissement sur la droite du 5 ème Bataillon occupant le
quartier Rognelle.
Le secteur comprend trois quartiers (ou sous-secteurs) :
- Zeppelin : 1 bataillon du 277ème,
- Caverot (Rognelle Nord) : 1 bataillon du 277ème,
- Rognelle (Sud) : 1 bataillon du 325ème ».

325ème Régiment : « Journée calme dans le secteur du 6ème Bataillon. Le 5ème


Bataillon, cantonné à Bénaménil, monte en première ligne occuper le quartier
Rognelle. Le 4ème Bataillon quitte Moyen à la première heure et vient cantonner
à Bénaménil ».

11 novembre 1917 :

Des nouvelles du 38ème Territorial… « A l’occasion de l’Emprunt National


(souscription lancée par l’Etat pour financer la guerre), le Capitaine B. et le
Caporal C., employés à la Banque de France, bénéficient d’un congé de deux
mois. Le Capitaine C., notaire, [bénéficie] d’une permission de 25 jours ».
Pour les autres : « Sans modification ».

232ème Régiment : « Dans la première partie de la nuit, une patrouille ennemie


tente de longer le réseau couvrant le P.A. Poncheville : elle est dispersée par
nos tirs de fusils-mitrailleurs…/… Activité des deux artilleries toujours vives,
notamment sur le P.A. Station ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme dans le secteur des 5ème et 6ème Bataillons ».
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018
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Page précédente (carte de situation) : position de la 59ème Division d’Infanterie /


localisation des P.A. « Station », « Sapinière » et « Poncheville » / localisation des
« Entonnoirs ».

12 novembre 1917 :
232ème Régiment : « Moins grande activité de l’artillerie ennemie que les jours
précédents…/… Au cours de la nuit, le 6ème Bataillon relève sans incident le 4ème
Bataillon dans la quartier Vého…/… Embuscade au Sud-Est des « Entonnoirs »,
sans résultat ».
325ème Régiment : « Journée calme…/… Dans la nuit, le 4ème Bataillon relève le
6ème Bataillon dans le quartier Notre-Dame de Lorette. Relève sans incident ».
Le Service Médical de la Division signale : « Affections prédominantes :
rhumes, angines. 72 indisponibles. 10 évacuations pour des affections variés,
dont un cas d’oreillons survenu au 325ème Régiment (contracté à Bénaménil) ».
13 novembre 1917 :
232ème Régiment : « L’artillerie ennemie continue à se montrer moins active,
surtout sur le quartier de la Sapinière. Quelques rafales de mitrailleuses au
cours de la nuit…/… Nouvelle embuscade au Sud-Est des « Entonnoirs :
toujours sans résultat.
277ème Régiment : « Le 4ème Bataillon, relevé dans la nuit dans le quartier
« Zeppelin » par le 6ème Bataillon, vient cantonner à Domjevin ».

Domjevin, la gare (1916)

14 novembre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « La 5ème Compagnie fournit un détachement de 2


sergents, 4 caporaux et 50 hommes pour la construction de positions d’affûts
trucks en forêt de Parroy ».
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Note – Les affûts trucks sont des wagons circulant sur les voies de 0,60 pour le
transport des munitions et des pièces d’artillerie.

Ci-dessus : construction d’un affût truck pour une pièce d’artillerie


Ci dessous : cimetière militaire en forêt de Parroy (1915)
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232ème Régiment : « Nuit calme. La journée [est] marquée par une


recrudescence de l’artillerie ennemie, notamment sur Emberménil, la station et
Vého ».

Ci-dessus : Emberménil, le cimetière (1918)


Ci-dessous : Vého, le village en ruines (1916)
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Dans le secteur du 277ème Régiment (quartier Zeppelin), une patrouille


allemande s’approche des premières lignes et lance quelques grenades.
325ème Régiment : « Journée calme ».

15 novembre 1917 :

Sur l’ensemble du front : « Nuit et journée calmes. Activité d’artillerie forte ».

16 novembre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « 9 soldats du 1er Bataillon sont dirigés sur Nancy
pour compléter le Magasin Central d’Armée ». Pour les autres : « Sans
modification ».

232ème Régiment : « Assez vive activité d’artillerie durant la journée…/… Aux


Prés bois (voir plus haut carte « Secteurs Sapinière Vého, détail »), « vers 20 H
30, une de nos embuscades [surprend] une reconnaissance ennemie d’une
vingtaine d’hommes du 47ème Régiment Landwehr, qu’elle attaque aussitôt. Au
cours du combat qui s’ensuit, 3 allemands sont tués (laissés sur le terrain), et 4
faits prisonniers, parmi lesquels 1 officier et 1 sous-officier. Nous n’avons, de
notre côté, aucune perte. Le reste de la nuit est calme ».

La 59ème Division signale : « Certaine activité de l’infanterie ennemie entre


Chazelles et Gondrexon (sans plus de précision) ».
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Deux villages français sur la première ligne allemande :


- Page précédente : Chazelles.
- Ci-dessous : Gondrexon.

La VIIIème Armée s’inquiète aussi d’ « activité de l’infanterie ennemie dans la


région de Gondrexon (sans plus de précision) ».

Le Service Médical de la VIIIème Armée signale : « Visite [d’un cantonnement]


où stationnent 400 Cingalais qui travaillent [sur] un camp d’aviation. Les
hommes sont logés dans des granges très froides et très sales, couchent sur le
sol, saignent leurs animaux dans les rues, n’ont pas de feuillées (endroits où les
hommes font leurs besoins), en un mot, vivent dans des conditions hygiéniques
des plus défavorables et constituent un danger permanent pour les
cantonnements voisins où de nombreuses troupes sont au repos. Le Médecin de
l’Armée envoie une équipe sanitaire [et] détache un médecin pour y assurer le
service. En même temps, des instructions sont données au Major de
cantonnement et à l’officier anglais qui les commande pour que le village soit
nettoyé et organisé pour le couchage, feuillées, etc. ».

17 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie habituelle. Dans la première partie de


la nuit, quelques rafales de mitrailleuses. Un soldat blessé (par éclat d’obus),
Guillaume B., de la 17ème Compagnie (sans plus de précision) ».

18 novembre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « 1 sergent, 1 caporal et 21 hommes sont dirigés


sur divers points pour constituer des équipes d’ouvriers des camps et
cantonnements ». Pour les autres : « Sans modification ».
Rappel – Le 1er Bataillon du 38ème est stationné aux alentours de Manonviller et
Laneuveville pour la construction d’une voie ferrée de 0,60. Le 2ème Bataillon est
stationné aux environs de Crion-Sionviller pour la construction d’une ligne
téléphonique. Quelques éléments sont en forêt de Parroy…
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Tous sont encore très proches du front, notamment à Laneuveville, en forêt de


Parroy et à Manonviller qui sont régulièrement bombardés par les canons à
longue portée allemands :

Laneuveville : une position française de deuxième ligne à la sortie Nord-Est du village

Forêt de Parroy : un blockhaus allemand


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Le paysage depuis les ruines du fort de Manonviller


Sur ces deux vues, la forêt de Parroy est à gauche, le village d’Emberménil au centre, et
la ligne de front (Nord) tenue par la 59ème Division à droite.

232ème Régiment : « Vers 04 H 45, une patrouille ennemie est entendue à l’Est
du P.A. Poncheville. Elle est aussitôt dispersée par nos tirs de fusils-mitrailleurs
et de grenades…/… Très vive activité d’artillerie, notamment vers la fin de la
journée. Un blessé par éclat d’obus : Paul H., soldat de la 21ème Compagnie,
plaie pénétrante de l’abdomen, décédé dans la journée du 19 novembre ».
En soirée :
277ème Régiment : « Embuscade au Nord du bois Zeppelin, sans résultat ».
A la limite des secteurs Rognelle (277ème Régiment) et Notre-Dame de Lorette
(325ème Régiment) : « Un petit groupe ennemi débouchant de la [lisière] Ouest
du Bois Viard est dispersé par nos feux ».

19 novembre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « 13 hommes du 1er Bataillon sont dirigés sur


Manonville-en-Haye (Nord de Toul) pour construction de voies de 0,60 ». Pour
les autres : « Sans modification ».

Sur l’ensemble du front de la Division : « Activité d’artillerie plus intense. A la


suite de ces tirs, pouvant être [annonciateur] d’un coup de main sur [le quartier]
Zeppelin, déclenchement d’un tir de barrage sur les organisations ennemies
entre le ruisseau de Leintrey et Gondrexon ».
232ème Régiment : « Vers 20 H 00, une patrouille allemande tente d’aborder nos
réseaux à l’Est de la voie ferrée (PA Station). Elle est repoussée par des tirs de
grenades et de VB. Une patrouille, lancée immédiatement à sa poursuite ne peut
la rejoindre ».

20 novembre 1917 :

« Nuit et journée calmes. Très faible activité d’artillerie ».


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21 novembre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « 6 sergents venus du 37ème Territorial et 10


sergents venant du 63ème Territorial sont affectés au [Régiment] et répartis dans
les diverses Compagnies ».

232ème Régiment : « Même activité d’artillerie que les jours précédents. Au


cours de la nuit, quelques rafales de mitrailleuses sur la région Nord de la
Sapinière ».
277ème Régiment : « Dans la nuit du 21 au 22, le 5ème Bataillon, relevé dans le
quartier Caverot par le 4ème Bataillon, vient cantonner à Domjevin…/…
Embuscade au Nord du bois Zeppelin, sans résultat ».
325ème Régiment : « Le 6ème Bataillon quitte Bénaménil à 02 H 00 et va relever
dans le quartier Rognelle le 5ème Bataillon. Relève sans incident…Journée calme
dans le secteur ».

22 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Même activité d’artillerie que précédemment…/…


Favorisée par le beau temps, l’aviation se montre assez active, notamment au
cours de l’après-midi…/… Au cours de la nuit, légère fusillade et rafales (de
mitrailleuses) ».
Rien à signaler pour les autres Régiments.

23 novembre 1917 :

Sur l’ensemble du front : « Nuit et journées calmes ».


325ème Régiment : « Reconnaissance au ruisseau d’Albe (affluent de la Vezouze,
quartier Notre-Dame de Lorette), sans résultat »…/… Le 5ème Bataillon (en
réserve à Bénaménil) est employé aux travaux de deuxième position.

24 novembre 1917 :

232ème Régiment : « L’artillerie se montre plus active que les jours précédents,
notamment sur le quartier Sapinière. Assez nombreuses rafales de mitrailleuses
au cours de la nuit…/…Un caporal blessé par éclat d’obus, Emile D., 15 ème
Compagnie, plaies à la jambe et au mollet ».

25 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Nuit et journée calmes : l’activité d’artillerie est


sensiblement moins grande que la veille ».
277ème Régiment : « Un caporal blessé par balle, plaie dans la région du
coude ».
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Note – Cette dernière information provient d’un recoupement entre les Journaux
de la 59ème Division, du Service Médical Divisionnaire, du 9ème Corps et de la
VIIIème Armée. Le 277ème Régiment n’en parle pas. Pour cette raison, le blessé
n’est pas cité nommément.
325ème Régiment : « [Nouvelle] reconnaissance au ruisseau d’Albe, sans
résultat ».

Le Service Médical de la VIIIème Armée communique : « Le contrôle postal de


la correspondance a signalé des plaintes formulées contre le régime alimentaire
de malades en traitement dans un hôpital. Le Médecin de l’Armée s’est rendu à
l’improviste, au moment de la distribution du soir, et a constaté que la cuisine
était très soignée, que la nourriture ne laissait rien à désirer, ni comme quantité,
ni comme quantité. D’autre part, tous les hommes interrogés ont été unanimes à
déclarer qu’ils n’avaient aucune réclamation à élever contre l’alimentation ou
les soins qui leur étaient donnés ».

- A gauche : censeurs postaux au travail à l’arrière du front.


- A droite : repas dans un hôpital militaire « 3 étoiles ».

26 novembre 1917 :

232ème Régiment : « L’artillerie ennemie se montre peu active…/… Quelques


rafales de mitrailleuses au début de la matinée. Légère fusillade, de part et
d’autre, au cours de la nuit ».
Rien à signaler pour le 277ème Régiment.
325ème Régiment : « Journée calme. Quelques obus au cours de la matinée dans
le secteur Notre-Dame de Lorette ».
27 novembre 1917 :
232ème Régiment : « Très faible activité d’artillerie. Quelques rafales de
mitrailleuses sur la région des Entonnoirs ».
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Rien à signaler pour les autres Régiments.


Le Service Médical de la 59ème Division, quant à lui, fait état de « 2 cas de
grippe avec accidents nerveux ».

28 novembre 1917 :

232ème Régiment : « L’artillerie [ennemie se montre] assez active au cours de la


journée et exécute de nombreux tirs de harcèlement. Quelques coups de fusil et
rafales de mitrailleuses au cours de la nuit ».

277ème Régiment : « 1 blessé par éclat d’obus, plaie de la région sous-


occipitale » (information donnée par la 59ème Division).

325ème Régiment : « Journée calme. Quelques obus dans le secteur…/… Le 5 ème


Bataillon relève le 4ème dans le quartier Notre-Dame de Lorette : aucun incident.
Le 4ème Bataillon va cantonner à Bénaménil ».
En soirée, « reconnaissances aux abords du bois Carlet et à la [lisière] Nord-Est
des Hayes d’Albe, sans résultats ».

Zone de front du 325ème Régiment : quartiers Rognelle et Notre-Dame de Lorette


Localisation du ruisseau d’Albe, des Hayes d’Albe et du bois Carlet.

29 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Recrudescence d’activité de l’artillerie qui se traduit par de


nombreux tirs. Légère fusillade et rafales de mitrailleuses ennemies au cours de
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la nuit. Nous ripostons par des tirs de VB sur les positions ennemies au Nord
des entonnoirs ».
277ème Régiment : « Dans la nuit du 29 au 30, le 6ème Bataillon, relevé dans le
quartier Zeppelin par le 5ème, vient cantonner à Domjevin ».
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité des deux artilleries ».

Le 9ème Corps d’Armée signale « 2 blessés à la 59ème Division » (information


non reprise par ailleurs).

Le Service Médical de la VIIIème Armée fait son « Grand Rapport de l’Armée,


auquel assistent les Généraux Pétain (Commandant en Chef des forces
françaises) et Castelnau (Chef d’Etat-Major des Armées)…/…

Les généraux Pétain (à gauche, en 1917) et Castelnau (à droite, en 1915)

…/… Le Médecin de l’Armée rend compte :


- De l’état sanitaire de l’Armée qui se maintient toujours excellent.
- De l’état d’avancement des travaux [dans les hôpitaux de premier secours]
qui sont actuellement, pour ainsi dire, suspendu du fait du manque de
matériel et d’ouvriers de métier (maçons etc.).
- D’une visite d’un cantonnement où vient d’arriver une Compagnie de
travailleurs Malgaches. Leur cantonnement est déplorable, ils sont couchés
sur le sol avec quelques brins de paille interposés. Ils grelottent sans feu.
Seize ont déjà été évacués pour pneumonie ; d’autres sont en instance
d’évacuation pour la même affection ; des mesures sont prises pour
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améliorer le cantonnement [et] pour leur donner les soins nécessaires. Mais
un rapport est adressé au Commandement pour lui signaler le peu de
résistance de ces indigènes, sur lesquels, en raison de la rigueur du climat,
on ne peut guère compter comme travailleurs ».

Travailleurs Malgaches (1917)

30 novembre 1917 :

232ème Régiment : « Nombreux tirs de harcèlement d’artillerie, de part et


d’autre, pendant toute la journée. Courtes rafales de mitrailleuses à différentes
reprises…/… Au cours de la nuit, quelques tirs de VB en réponse aux grenades
lancées par l’ennemi dans la direction des Entonnoirs ».
277ème Régiment : « Une patrouille allemande [est repoussée] par nos feux dans
les réseaux du bois Zeppelin ».
325ème Régiment : « Journée calme. Quelques obus au cours de l’après-midi
dans le quartier Rognelle ».

Le 9ème Corps fait état d’un soldat « blessé à la 59ème Division » (information
non reprise par ailleurs).
Note – Aucune explication à ce sujet. Les trois blessés des 29 et 30 novembre
étaient peut-être trop « légers » pour être objets de notifications. Ou ils ont été
pris en charge hors des Services de Santé Divisionnaires. Ou bien, il s’agit
simplement d’erreurs.

1er décembre 1917 :

Le 38ème Territorial signale : « Par ordre de la VIIIème Armée du 23 novembre n°


697 et l’ordre du 9ème Corps d’Armée du 26 novembre n° 2371, deux
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Compagnies du 2ème Bataillon (7ème Compagnie et 2ème Compagnie de


Mitrailleuses) sont mises à la disposition de la CVN (« Construction à Voie
Normale » ou « Chemin de fer à Voie Normale ») pour travaux dans la forêt de
Mondon (2 km au sud de Manonviller – voir carte du 19 octobre 1917) et vont
cantonner à Ménil-Flin (à la lisière sud-est de la forêt) ».

Note – Il s’agit donc de construire une voie ferrée « normale » (écartement de 1


mètre 435), probablement à l’usage de canons lourds à longue portée.

- A gauche : observatoire français en forêt de Mondon (1917).


- A droite : soldats construisant un Chemin de fer à Voie Normale (CVN).

232ème Régiment : « Moins grande activité d’artillerie que les deux jours
précédents…/… Une embuscade tendue pendant la nuit à l’ouest des Prés Bois
ne donne aucun résultat ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité des deux artilleries…/… En
soirée, « reconnaissance au ruisseau d’Albe, sans résultat. Embuscade sur le
chemin de terre [entre] Chazelles et Blémerey, sans résultat ».

Le Service Médical de la 59ème Division annonce un nouveau « cas de grippe ».

Note – Cette mini épidémie de grippes (avec complications) semble


particulièrement préoccuper le Médecin de la Division. Il s’agit probablement
des premiers cas de la « grippe espagnole » qui, dans les mois suivants, fera des
millions de morts.
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BLANADET Pierre Jean Victor


(Tome 3 - période du 2–12-1917 jusqu’au 11 février 1918 + suivi 59 DI)

Situation générale :

Position du 38ème Régiment d’Infanterie Territoriale

Les points bleus distinguent les villages ou lieux-dits occupés par les divers éléments du
38ème Territorial.
Le crochet bleu (au centre à droite) situe le secteur du front tenu par la 59 ème Division
(232ème, 277ème et 325ème Régiments d’Infanterie).

Au matin du 2 décembre, le 38ème Territorial est disposé ainsi :

1er Bataillon :
- 1ère Compagnie à Laneuveville (construction d’une voie ferrée de 0,60),
- 2ème Compagnie à Manonviller (construction d’une voie ferrée de 0,60),
- 3ème Compagnie au camp Fortoul – non précisément localisé, présumé aux
alentours de Manonviller – (construction d’une voie ferrée de 0,60),
- 1ère Compagnie de Mitrailleuses à Manonviller (construction d’une voie
ferrée de 0,60).
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2ème Bataillon :
- 5ème Compagnie à Bonviller (construction d’une ligne téléphonique), sauf 50
hommes détachés en forêt de Parroy pour la construction d’affûts trucks,
- 6ème Compagnie à Crion et Sionviller (construction d’une ligne
téléphonique),
- 7ème Compagnie à Ménil-Flin, travaillant en forêt de Mondon (construction
d’une voie ferrée « normale », 1 mètre 435 d’écartement),
- 2ème Compagnie de Mitrailleuses à Ménil-Flin, travaillant en forêt de Mondon
(construction d’une voie ferrée « normale »).

- Compagnie Hors-Rang et Etat-Major du Régiment à Méréville


(construction d’abris).

Avertissement au lecteur !
Depuis son retrait des premières lignes, le 13 octobre 1917, le 38ème Territorial
n’est plus « endivisionné ». Cependant, ce troisième tome (tout comme le
second) relate essentiellement l’histoire de la 59ème Division, et se réfère assez
souvent au 9ème Corps et à la VIIIème Armée. Plusieurs raisons à cela :
D’abord, il y a la subtile différence entre « rattachement », « détachement » –
décisions purement militaires – et « attachement » tout court. Il est difficile de
couper, même sur papier, des liens unissant des hommes qui ont longtemps
combattu côte à côte.
Ensuite, il y a la proximité, car s’il n’est plus aux côtés de la Division, le 38 ème
Territorial se tient désormais sur ses arrières immédiats. Il constitue sa deuxième
ligne de défense, et dépend encore d’elle, du moins partiellement, pour ses
approvisionnements.
Enfin, il y a la richesse du sujet. Parler du seul 38 ème Territorial, hors de tout
contexte, n’aurait guère de sens, et surtout aucun intérêt : ça tiendrait en deux
pages, et le lecteur s’endormirait toutes les trois lignes. Car il faut bien l’avouer,
les bruits de scie du Régiment – en forêt de Mondon, de Parroy ou d’ailleurs –
sont d’un ennui aussi mortel qu’un tir de mitrailleuses…

2 décembre 1917 :

38ème Territorial : « L’Etat-Major du 2ème Bataillon, la 7ème Compagnie et la


2ème Compagnie de Mitrailleuses sont cantonnés à Ménil-Flin pour construction
de voies nouvelles. Le ravitaillement est assuré à St Clément par la 59 ème
Division ».

Sur le front de la Division :


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232ème Régiment : « Recrudescence des tirs de harcèlement d’artillerie. Légère


fusillade ennemie au cours de la nuit…/… Reconnaissance aux Prés Bois, sans
résultat ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme…/… Reconnaissance au ruisseau d’Albe,
sans résultat ».

Le Journal de la 59ème Division signale : « Une patrouille recueille un paquet de


proclamations de l’armistice russe dans nos réseaux (sans autre précision) ».

Les Journaux de l’Infanterie Divisionnaire et du Service de Santé signalent tous


deux « un blessé au 232ème, plaie de la fesse par éclat d’obus » (information non
reprise par ailleurs).

3 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie toujours vive…/…Pendant la nuit, en


réponse à des tirs de mitrailleuses ennemies, [nous tirons] quelques rafales de
fusils-mitrailleurs ».
325ème Régiment : « Journée calme. Activité de l’artillerie ennemie supérieure à
la moyenne ».

La 59ème Division signale de nombreux tirs d’artillerie sur Manonviller.

Le Service de Santé Divisionnaire signale « Deux sapeurs du Génie blessés par


éclats d’obus sur la route de Blémerey…/… Un homme du CVAD (conducteur
d’un véhicule chargé de l’approvisionnement de la Division) évacué pour plaies
pénétrantes de l’abdomen consécutives à des coups de couteaux ».
Note – S’il y eut enquête, elle n’apparaît dans aucun document. Il peut s’agir
d’un règlement de comptes, d’une querelle d’ivrognes, ou d’une auto-mutilation.
Une chose est sûre : pour une fois, les Allemands n’y sont pour rien…

4 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Pendant la journée, nombreux tirs de harcèlement des deux


artilleries…/… Nuit calme ».
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie ».

5 décembre 1917 :

38ème Territorial : « 20 hommes de la 5ème Compagnie vont cantonner à


Croismare pour construction de positions d’affûts-trucks en forêt de Parroy. La
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3ème Compagnie quitte le camp Fortoul à destination de Varangéville (sud-est de


Nancy – voir carte page 1) pour travailler à des voies de 0,60 ».

Varangéville (en 1914) – Embarquement de blessés français et allemands

232ème Régiment : « Très grande activité d’artillerie sur tout le secteur. Tirs de
mitrailleuses ennemies au cours de la nuit…/… 5 blessés par explosion d’une
fusée : l’un d’eux décède [à l’ambulance] ». Pas d’autres précisions.
277ème Régiment : « 1 blessé, Louis R., caporal à la 15ème Compagnie ».
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie dans
le quartier Rognelle, nulle dans le quartier Notre-Dame de Lorette…/... Un
homme de la 6ème Compagnie de Mitrailleuses, Octavien D., soldat de première
classe, est tué au cours de la matinée ».

Le Service de Santé Divisionnaire signale : « Deux autres blessés (du Génie) et


deux tués par éclats d’obus (pas d’autres précisions sur ces deux derniers) ».

6 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Tirs de harcèlement d’artillerie toujours très vifs,


notamment sur les crêtes et les voies de communication. Nuit calme ».
277ème Régiment : « 1 blessé, sous-Lieutenant G., 4ème Compagnie ».
325ème Régiment : « Journée calme. Quelques avions ennemis survolent nos
lignes…/… [Dans la nuit], le 4ème Bataillon relève, dans le quartier Rognelle, le
6ème Bataillon [qui vient] cantonner à Bénaménil ».
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Page précédente : carte de situation.


La première ligne française est en bleu foncé, la première ligne allemande en rouge.
Les lignes brisées indiquent les limites de secteurs (ou quartiers).

La 59ème Division signale : « activité d’artillerie plus forte sur [nos] batteries de
la région de Domjevin…/… [En soirée], manifestations de patrouilles ennemies
sur la droite du secteur (probablement face au quartier Notre-Dame de
Lorette) ».

Note – A propos des Journaux de Marche et de la difficulté d’obtenir des


renseignements précis et recoupés :

Dans la nuit du 5 au 6 décembre, le Journal du 9 ème Corps d’Armée fait état


d’une importante attaque au gaz dans le secteur précédemment occupé par le
38ème Territorial : « De 23 H 50 à 02 H 30, une grande quantité d’obus toxiques
de différents calibres [sont] envoyés sur la région « Aéro », « Artois », « Yser »,
« Marne », ainsi que sur Arracourt. En même temps, nos batteries de la région
Bathélemont-Bauzemont sont bombardés par obus asphyxiants. Pertes : 22 tués
par intoxication, 54 évacués pour intoxication, et 6 blessés (vraisemblablement
par éclats d’obus).

L’information est confirmée par le Service Médical de l’Armée qui annonce


encore plus de pertes – 99 au total dont 25 morts (15 sur le terrain, 10 dans les
ambulances) – et donne quelques précisions « techniques » : « Les gaz de la
série chlorée paraissent avoir été les gaz dominants. Dans un certain nombre de
cas, les accidents relèvent de l’ypérite ».

Bizarrement, le Journal de la VIIIème Armée – pourtant directement concernée –


n’en dit pas un mot, et se contente de relater quelques bombardements sans
gravité, par aéronefs, à plusieurs dizaines de kilomètres de là…

Finalement, voici la version du 66ème Régiment – dont les hommes tenaient les
positions attaquées : « A minuit, l’ennemi fait exploser devant le P.A. « Artois »
des dépôts de mines à gaz et déclenche une minute après un violent
bombardement par obus et mines toxiques sur ce P.A., sur « Yser », « Marne »,
et la région du P.C de « Gypse ». Les hommes, croyant à une attaque allemande
au bruit de la première explosion, sautent au parapet où ils reçoivent en pleine
figure les premières bouffées de gaz. Les masques sont aussitôt mis, mais déjà
des hommes intoxiqués tombent et meurent quelques minutes après. Le
bombardement continue jusqu’à 01 H 30, particulièrement violent sur
« Artois ». Nos batteries sont arrosées par obus toxiques jusqu’à 03 H 00.
Aucune attaque d’infanterie ne suit, seule une patrouille s’approche de nos
réseaux vers 03 H 30 ».
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Attaque « toxique » du 5-6 décembre 1917 – Cartes de situation


- A gauche : localisation de l’attaque par rapport aux positions du 38ème Territorial
(points bleus) et de la 59ème Division (crochet bleu).
- A droite : détail du secteur attaqué avec localisation des P.A. (Points d’Appui).

7 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie toujours grande ».


277ème Régiment : « Dans la nuit du 7 au 8, le 4ème Bataillon, relevé dans le
quartier Caverot (appelé aussi « Rognelle-Nord ») par le 6ème Bataillon vient
cantonner à Domjevin ».
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie.
Quelques tirs de réglage et de harcèlement vers Blémerey ».

Le 9ème Corps signale « un blessé à la 59ème Division ». Cette information est


reprise uniquement par le Service de Santé Divisionnaire : « 1 évacué pour
blessure de guerre [au] 232ème ». Pas d’autre précision.

Le Service de Santé de la VIIIème Armée communique : « Enquête à l’Hôpital 14


(non identifié) au sujet de plaintes adressées au Général commandant l’Armée
sur la nourriture des malades et blessés. Le Médecin de l’Armée constate
qu’elles sont fondées et qu’elles sont imputables à l’organisation défectueuse
des cuisines. D’autre part, la tenue des salles est médiocre par suite de la
suppression progressive des infirmiers remplacés par des femmes de salle.
Enfin, les moyens de stérilisation pour les salles d’opération sont rudimentaires.
C’est ainsi qu’il n’existe qu’un seul autoclave pour un hôpital de 1200 blessés ».
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8 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Très nombreux tirs de harcèlements d’artillerie sur tout le


secteur. Nuit calme…/… 1 soldat blessé, Alfred G., 22 ème Compagnie, plaies des
deux cuisses par éclat d’obus ».
277ème Régiment : « 2 blessés, Pierre A., soldat à la 21ème Compagnie, et
Jérémie T., soldat à la 22ème Compagnie ».
Note – D’après plusieurs rapports – 59ème Division, Service de Santé
Divisionnaire, et 9ème Corps – l’un d’eux décèdera le lendemain à l’ambulance.
Mais impossible de savoir lequel : son nom n’apparaît nulle part… L’autre,
semble-t-il, n’est que légèrement blessé : « plaie du poignet gauche par éclat
d’obus ».
325ème Régiment : « Journée calme. Activité de l’artillerie ennemie supérieure à
la normale. Nombreux tirs d’interdiction (tirs de barrage) dans tout le secteur ».

« Grand rapport » du Service de Santé de la VIIIème Armée : « Le Médecin de


l’Armée rend compte du nombre des intoxiqués lors de la dernière attaque (nuit
du 5 au 6 décembre) et signale les conditions défectueuses où se trouvent les
deux bataillons malgaches qui viennent d’arriver dans l’Armée. En raison de la
rigueur du climat, il est à craindre qu’il ne se produise un déchet énorme.
Beaucoup de ces indigènes sont atteints de pneumonies, plusieurs sont déjà
décédés ».

9 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie un peu moins grande que les jours
précédents. Echange de quelques coups de fusil et rafales de mitrailleuses au
cours de la nuit ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. L’artillerie ennemie continue à se montrer
plus active qu’à l’ordinaire. Nombreux tirs de réglage…/… Quelques avions
ennemis survolent nos lignes ».

10 décembre 1917 :

Le 38ème Territorial fait mouvement : « Tous les mouvements sont exécutés par
voie de terre ».

1er Bataillon :
- La 1ère Compagnie, la 2ème Compagnie, et la 1ère Compagnie de
Mitrailleuses viennent cantonner au bois de Sainte Libaire, au sud
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

d’Hoéville. « Ces trois compagnies sont employées à des constructions de


voies de 0,60 ».
- La 3ème Compagnie reste à Varangéville, elle aussi employée à la
construction d’une voie de 0,60.

2ème Bataillon :
- La 5ème Compagnie vient à Croismare « pour la construction de positions
d’affûts-trucks en forêt de Parroy ».
- La 6ème Compagnie vient à Ville-en-Vermois « à la disposition du Service
Télégraphique ».
- La 7ème Compagnie et la 2ème Compagnie de Mitrailleuses restent à Ménil-
Flin pour la construction de voies ferrées « normales » en forêt de Mondon ».

- La Compagnie Hors-Rang et l’Etat-Major du Régiment restent à Méréville


pour la construction d’abris.

Nouvelles positions du 38ème Territorial (en bleu clair) au matin du 11 décembre

- La ligne de front est en rouge.


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- Le crochet bleu foncé indique le secteur des premières lignes occupé par la 59 ème
Division.

Hoéville
- En haut à gauche : avant guerre.
- En haut à droite : une rue pendant la guerre.
- En bas à gauche : réunion d’Etat-Major devant une grange.
- En bas à droite : une position de seconde ligne française aux alentours du village.
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Page précédente : Ville-en-Vermois (photographie non datée, probablement d’avant


guerre.

232ème Régiment : « L’activité de l’artillerie ennemie est redevenue très grande.


Rafales de mitrailleuses de part et d’autre pendant la nuit ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. L’artillerie ennemie continue à exécuter de
nombreux tirs de réglage sur nos premières lignes. Notre artillerie contrebat
l’artillerie allemande. Plusieurs avions ennemis survolent nos lignes ».

Le 9ème Corps d’Armée signale : « Au cours de la nuit, à la suite d’une courte et


violente préparation d’artillerie, l’ennemi exécute un coup de main sur le P.A
« Marne » dont elle enlève la garnison. Pertes : 1 tué, 18 blessés, 40 disparus ».

Rappel – Ce secteur était tenu par le 38ème Territorial jusqu’au 13 octobre 1917.
C’est aussi le secteur qui vient de subir une attaque au gaz durant la nuit du 5 au
6 décembre.

Une fois de plus, le Journal de la VIIIème Armée passe totalement sous silence
cet événement. Dans la même nuit, il signale un seul « disparu » à « l’ouest
d’Arracourt » où « une de nos patrouilles se heurte à une embuscade ennemie ».

Quant à l’unité directement concernée (32ème Régiment d’Infanterie) elle rejette


toute responsabilité sur ses prédécesseurs :
« Nuit du 9 au 10 – Relève du 66ème Régiment par le 32ème dans le quartier de
Bauzemont. Sans incident. Les emplacements ne correspondent pas à ceux du
plan de défense : dans les différents P.A, l’ancienne première ligne abandonnée
a été reprise comme ligne de résistance…/…
A 05 H 00, l’ennemi, à la faveur d’un bombardement déclenché entre l’étang de
Parroy et le P.A « Artois », fait une brèche aux réseaux du saillant de « Marne »
(au moyen d’une charge allongée), prend ce saillant à revers, et capture la
valeur de 3 demies sections.
Ce coup de main a été extrêmement rapide. Notre barrage, déclenché
instantanément, n’est arrivé qu’après l’irruption de l’ennemi dans nos lignes.
Tout au plus a-t-il pu gêner sa retraite…/…
Une patrouille, envoyée à la tombée de la nuit, n’a rien découvert que 200
mètres de fil téléphonique et un morceau de papier confirmant l’ordre de
bataille : 4ème Landwehr Bavarois.
Le succès de ce coup de main n’est imputable qu’aux mauvaises dispositions
d’occupation prises par les prédécesseurs et que le 32 ème Régiment n’avait pas
encore eu le temps de modifier ».
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11 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Très nombreux tirs de harcèlement de l’artillerie ennemie,


notamment sur le quartier Sapinière. Légère fusillade et quelques rafales de
mitrailleuses au cours de la nuit…/… A 11 H 00, entre Laneuveville et
Emberménil, un avion allemand qui survolait nos lignes est abattu par notre
artillerie. Appareil hors d’usage, passagers tués ».

Ci-dessus : canon de 75 français contre-avion.


Ci-dessous : avion allemand abattu derrière les lignes françaises.
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277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».


325ème Régiment : « Journée calme. L’artillerie ennemie continue à se montrer
agressive : nombreux [tirs] de réglage sur nos batteries. Assez grande activité
des deux aviations, notamment de l’aviation française ».

12 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Nombreux tirs de harcèlement d’artillerie toute la


journée…/…[A la nuit tombée], tirs de VB dans la direction de bruits entendus
dans nos réseaux (barbelés) ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. Très peu d’obus au cours de la journée ».

La 59ème Division signale : « Nouvelle manifestation de patrouilles ennemies


vers « Berthelot » (3ème fois) ».

Note – « Berthelot » est un P.A. (Point d’Appui) dans le secteur « Zeppelin »


tenu par le 277ème.
Malheureusement, le Journal de ce Régiment est désespérément vide. Il ne
signale jamais rien. Rien sauf l’éternelle litanie : « Le Régiment stationne sur ses
positions ».
Tous les renseignements le concernant, à part les relèves, mutations,
permissions, décorations ou promotions d’Officiers (assez peu intéressants),
proviennent donc d’autres sources (Division, Corps d’Armée, Armée, Services
de Santé), et sont souvent imprécis ou partiels.
Ainsi, lorsque la Division annonce et souligne « 3ème fois », l’information semble
tomber du ciel : jusqu’à présent, aucune patrouille ennemie n’avait été signalée
dans ce secteur.

Le 9ème Corps d’Armée précise : « Une patrouille ennemie, qui tentait d’aborder
nos lignes du P.A. « Berthelot », est dispersée par nos feux ».

13 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie toujours aussi vive. Minens sur les
« Entonnoirs »…/… Nuit calme ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. Nombreux tirs de l’artillerie ennemie dans
la direction de Saint-Martin et Blémerey. Pas de dégâts. Riposte de notre
artillerie ».
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Blémerey
- A gauche : au premier plan, un trou d’obus – au second plan, le village en ruines
(photographie probablement prise en 1914 ou 1915).
- A droite : soldats français dans le village (photographie probablement prise en 1916
ou 1917).

14 décembre 1917 :
232ème Régiment : « Très nombreux tirs de harcèlement sur tout le secteur.
Quelques rafales de fusils-mitrailleurs en réponse aux tirs de mitrailleuses
ennemis…/… Une embuscade tendue au cours de la nuit ne donne aucun
résultat ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. L’artillerie ennemie se montre moins active
que dans la journée du 13 : quelques obus entre 17 et 19 heures…/… [A la nuit
tombée], le 6ème Bataillon relève dans le quartier de Notre-Dame de Lorette le
5ème Bataillon. Ce dernier va cantonner à Bénaménil. Relève sans incident ».
Le Service de Santé Divisionnaire signale : « 110 indisponibles suite à la
vaccination antityphoïdique effectuée au 277ème Régiment…/…
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Page précédente : vaccination antityphoïdique dans un hôpital militaire.

…/… Un cas d’oreillons au cantonnement de Manonviller du 232 ème


Régiment (4ème Bataillon, actuellement au repos) ».

15 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie un peu mois vive que les jours
précédents…/…Légère fusillade de part et d’autre…/…[Devant le quartier
Sapinière], une embuscade tendue pendant la nuit [ne donne] aucun
résultat…/… Relève sans incident dans le quartier Vého du 5 ème Bataillon par le
6ème Bataillon…/… 1 blessé : Victor G., soldat à la 23ème Compagnie, plaie du
pouce et de l’index, sans gravité ».
277ème Régiment : « Dans la nuit du 15 au 16, le 5ème Bataillon, relevé dans le
quartier Zeppelin par le 4ème, vient cantonner à Domjevin ».
325ème Régiment : « Journée calme. Assez grande activité de l’artillerie
ennemie, notamment dans le quartier Notre-Dame de Lorette (une centaine
d’obus) ».

16 décembre 1917 :

232ème Régiment : « L’activité de l’artillerie reste vive de part et


d’autre…/…Quelques rafales de mitrailleuses ennemies, vers 05 H 30, route de
Vého. De notre côté, tirs de mitrailleuses en direction de Leintrey ».

Côté français : Vého (à gauche) - Côté allemand : Leintrey (à droite)

277ème Division : « Le Régiment stationne sur ses positions ».


325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie ».

La 59ème Division s’inquiète : « Différents indices – observateurs, patrouilles,


minens (obus de mortier), réglages (d’artillerie) – semblent faire prévoir un
coup de main sur « Berthelot » ».
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Carte détaillée du secteur « Zeppelin », localisation de la position « Berthelot »

Les lignes brisées indiquent les limites de secteurs.


La première ligne française est en bleu.
Les tranchées, boyaux, et ouvrages (blockhaus) allemands sont en rouge.

Le 9ème Corps s’inquiète aussi d’une : « recrudescence d’activité de l’artillerie


ennemie dans le secteur de Saint-Clément ».

Note – Saint-Clément est le nom de l’ensemble du secteur tenu par la 59 ème


Division, depuis Sapinière au nord, jusqu’à Notre-Dame de Lorette au sud.

La VIIIème Armée signale : « 200 travailleurs d’A.L.G.P. (Artillerie Lourde à


Grande Puissance) arrivent pour travaux en forêt de Mondon. 200 travailleurs
arriveront vers le 20 décembre pour travaux dans la région de Saint-Clément ».
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Deux beaux spécimens d’ALGP


- A gauche : obusier de 320 sur rail (1917).
- A droite : obusier sur le front de Verdun (1916).

17 décembre 1917 :

232ème Régiment : « L’activité de l’artillerie a tendance à diminuer. Embuscade


tendue pendant la nuit, sans résultat ».
277ème Régiment : aucune communication.
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie ».

La 59ème Division signale : « Manifestation de patrouilles [allemandes] vers


« Entonnoirs » (au sud du Rémabois, secteur du 232ème Régiment) et au bois
« Hayes d’Albe » (le long de la rivière éponyme, devant le front du 325 ème
Régiment) ».

La VIIIème Armée s’inquiète à son tour de l’ « activité marquée de l’ennemi dans


le secteur de Saint-Clément ».

18 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie moindre que les jours précédents.


Rafales de mitrailleuses ennemies sur les [positions] « Rémabois » et
« Belgique » (non localisées – probablement vers les « Entonnoirs »). Légère
fusillade de part et d’autre. [A la tombée de la nuit], embuscade sans résultat ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ». Le Service de
Santé Divisionnaire signale « un cas d’oreillons ».
325ème Régiment : « Journée calme. Activité de l’artillerie ennemie légèrement
supérieure aux jours précédents : tirs de réglage sur nos batteries ».

La 59ème Division signale : « RAS sauf tirs de mitrailleuses sur la région de


Reillon ».

Le 9ème Corps signale : « Agitation inaccoutumée de l’infanterie ennemie dans le


secteur de Baccarat (au sud du secteur tenu par la 59ème Division) ».
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19 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Dans la journée, nombreux tirs d’artillerie sur tout le


secteur. Tirs de fusils-mitrailleurs en réponse aux coups de fusil et tirs de
mitrailleuses ennemies. Même embuscade que les jours précédents, sans
résultats ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ». Le Service de
Santé Divisionnaire signale « un cas de blennorragie ».
325ème Régiment : « L’artillerie ennemie montre une certaine activité au cours
de l’après-midi. Nombreux réglages sur nos batteries. Notre artillerie riposte et
exécute un tir de barrage vers 19 H 30 au vu d’une fusée rouge lancée par les
Allemands ».

20 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Vers minuit, déclenchement d’un violent bombardement et


d’un tir intense de mitrailleuses sur [nos tranchées du secteur Vého]. Notre
artillerie et toutes les mitrailleuses du quartier ripostent immédiatement par des
tirs de barrage en avant des premières lignes [allemandes]. Aucune action de
l’infanterie ennemie n’a lieu sur nos positions. Mais un coup de main est
exécuté sur le secteur voisin…/… Le reste de la journée est calme.
Pertes : 7 tués, 6 blessés ».
277ème Régiment : « Vers 6 heures, l’ennemi déclenche un tir très violent de
torpilles sur « Berthelot », et d’obus de 77 et de 105 sur [les positions voisines].
Dès le début du bombardement, les deux petits postes [à l’est de Berthelot]
furent assaillis chacun par une trentaine d’Allemands appartenant à un
stosstrupp, auxquels des pionniers avaient frayé le chemin dans nos réseaux.

Stosstruppen allemands (troupes de choc)


- A gauche : avant un assaut.
- A droite : pendant un assaut, franchissant un réseau de barbelés.
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La garnison de Berthelot, 40 hommes de la 14ème Compagnie, reçut les


assaillants à coups de grenades et se défendit jusqu’au corps à corps.
L’ennemi se replia, abandonnant un cadavre et un sous-officier grièvement
blessé dans nos fils de fer.
Au cours de la journée, deux autres prisonniers furent recueillis en avant de nos
lignes, terrés dans un trou d'obus. Pendant l’action, le sous-lieutenant C. fut tué
d’une grenade alors qu’il incitait, debout sur le parapet, ses hommes à la
résistance.
Les pertes s’élèvent à 4 tués, 12 blessés, et 1 disparu (grièvement blessé)…/…

Quelques cadavres allemands et français

…/… A la même heure, un petit détachement ennemi, qui tentait d’aborder New-
York (voir carte « Secteur Zeppelin, détail », pages précédentes), fut arrêté au
contact de nos fils de fer et dispersé par des feux rapidement déclenchés ».

A propos de l’attaque sur Berthelot, la 59ème Division communique :


« A 06 H 05, à la faveur d’un violent bombardement puis d’un tir [de] grosses
torpilles et obus de moyen calibre, un stosstrupp en 4 groupes assaille le P.A.
Berthelot (277 RI). Après un combat acharné, au corps à corps [et] à la
grenade, au cours duquel le lieutenant C. commandant le P.A. est tué sur le
parapet de la tranchée en haranguant ses hommes, l’ennemi se replie
abandonnant un sous-officier blessé, un mort, et deux prisonniers valides (39ème
Régiment Landsturm).
Le coup de main a été accompagné d’une diversion d’artillerie sur [le secteur de
Vého] et d’un tir d’interdiction par mitrailleuses sur la région de Reillon ».

A propos de cette même attaque, le Service de Santé Divisionnaire


communique : « Parmi les blessés, 4 sont décédés à l’ambulance : 3 du 277ème
Régiment, 1 du 232ème Régiment ».
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La VIIIème Armée communique simplement : « Un coup de main ennemi échoue


sur la région de Reillon. Nous ramenons deux prisonniers ».

Ce même jour, au sud des secteurs attaqués, le 325 ème Régiment signale :
« Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie ».

21 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Moins grande activité d’artillerie que les jours précédents.
Nuit calme. Le Service de Santé Divisionnaire signale « un [nouveau] cas
d’oreillons » au sein du Régiment.
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Calme complet dans tout le secteur ».

22 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Nombreux tirs de harcèlement d’artillerie pendant tout


l’après-midi. Quelques rafales de mitrailleuses au cours de la nuit…/…3
blessés légers par éclats d’obus : Léon T. sergent à la 18 ème Compagnie,
Auguste M., caporal à la 15ème Compagnie, et Firmin S., soldat à la 15ème
Compagnie ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. [Pendant la nuit], le 5ème Bataillon relève
dans le quartier Rognelle le 4ème Bataillon ».

La 59ème Division signale : « Circulation active dans le secteur des Amienbois (à


l’est de Leintrey) ».

Le Médecin de l’Armée fait son « Grand Rapport » au « Général commandant


l’Armée : [il] rend compte de l’état sanitaire de l’Armée qui se maintient
satisfaisant ; il signale [aussi] l’éclosion d’une épidémie d’oreillons à poussée
rapide ».
Note – Des cas d’oreillons se déclarent dans l’ensemble de l’Armée, mais ici le
Médecin fait particulièrement allusion à un Dépôt de la 39 ème Division, aux
environs de Nancy, où 35 cas ont été récemment confirmés.

23 décembre 1917 :

Des nouvelles du 38ème Territorial : « Par ordre de la VIIIème Armée 3ème


Bureau, la 6ème Compagnie quitte Ville-en-Vermois pour aller cantonner à
Tonnoy (environ 5 kilomètres au sud de Ville-en-Vermois), toujours à la
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disposition du Service Télégraphique. Le mouvement [se fait] par voie de


terre ».

Tonnoy (photographie non datée, probablement d’avant guerre)

232ème Régiment : « Très nombreux tirs de harcèlement d’artillerie pendant


toute la journée. Au cours de l’après-midi et dans la seconde partie de la nuit,
assez nombreuses rafales de mitrailleuses ».
277ème Régiment : « Dans la nuit du 23 au 24, le 6ème Bataillon, relevé dans le
quartier Caverot par le 5ème Bataillon, vient cantonner à Domjevin ».
325ème Régiment : « Au cours de l’après-midi, l’artillerie ennemie se montre
assez active et exécute des tirs de réglages sur nos batteries, principalement
dans le quartier Rognelle. Quelques avions survolent nos lignes ».

24 décembre 1917 :

Encore des nouvelles du 38ème Territorial :


« Par note de la VIIIème Armée, la 5ème Compagnie quitte Croismare et son
chantier de « Grande Taille » (en forêt de Parroy) pour aller cantonner à
Champenoux à disposition du Service Télégraphique. Le mouvement [se fait]
par voie ferrée ».
Note – En fait, la 5ème Compagnie fêtera Noël à Agincourt (environ 5 kilomètres
au sud-ouest) « faute de place à Champenoux. Elle rejoin[dra] Champenoux le
26 décembre, dans la journée ».
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Agincourt
- A gauche : photographie non datée, peut-être légèrement après guerre.
- A droite : en 1915.

Champenoux
- A gauche : photographie non datée, probablement avant guerre.
- A droite : le cimetière militaire (pendant la guerre ou dans l’immédiat après guerre).

232ème Régiment : « Pendant la journée, moins grande activité [de l’artillerie


allemande]. Vers 17 H 30, tirs des mitrailleuses du quartier Vého provoquée par
un lancement de fusées rouges exécuté de divers points par l’ennemi. Calme
durant le reste de la nuit ».
277ème Régiment : aucune information.
325ème Régiment : « Au cours de l’après-midi, l’artillerie ennemie continue ses
réglages avec des obus de petit calibre : notre artillerie riposte…/… Quelques
rafales de nos mitrailleuses sur la région de Gondrexon ».

25 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Nuit et journée calmes ».


277ème Régiment : aucune information.
325ème Régiment : « Journée calme ».
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26 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie assez faible sur tout le secteur. Une
circulation anormale [de soldats allemands] isolés a été remarquée à plusieurs
reprises au cours de la journée. Au cours de la nuit, quelques coups de fusil…/...
Dans la direction d’Avricourt, de nombreux bruits de train sont entendus ».
Note – Ancienne frontière entre la France et l’Allemagne, Avricourt est situé sur
l’ancienne ligne de chemin de fer « Strasbourg-Paris », à environ 2 kilomètres
au nord-est d’Amenoncourt. Il y a en fait deux villages : « Avricourt français »
et « Avricourt allemand ». En 1917, les deux sont occupés par les Allemands.

Avricourt
- A gauche : vue générale d’Avricourt allemand avec, au premier plan, la voie ferrée
(photographie prise depuis Avricourt français – non datée, probablement d’avant
guerre).
- A droite : le cimetière d’Avricourt, enterrement de soldats allemands.

277ème Régiment : « Le régiment stationne sur ses positions ».


325ème Régiment : « Journée calme. Aucune activité d’artillerie ni d’aviation ».

27 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Assez vive activité d’artillerie sur le quartier Sapinière au


cours de la journée : 1 soldat tué, Eugène A., soldat à la 19ème Compagnie…/…
Nuit calme ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. RAS ».

La 59ème Division communique : « Activité anormale de l’ennemi semblant faire


pressentir une nouvelle action ».

Le 9ème Corps signale : « Reconnaissance à la [lisière] sud-est du bois des Haies


d’Albe, qui constate que le pont de la route de Domèvre sur le ruisseau d’Albe
est obstrué mais non gardé ».
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Secteur Notre-Dame de Lorette (détail)


En bleu : les premières lignes françaises.
En rouge : les tranchées et boyaux allemands.
Les lignes noires brisées marquent les limites du secteur.
Les deux crochets orangés, au centre de la carte, situent le pont « obstrué mais non
gardé » dont parle le 9ème Corps.

Note – Bien qu’il n’en fasse aucune mention, la reconnaissance du « pont


obstrué » a probablement été faite par une patrouille du 325ème Régiment.

- A gauche : soldats français dans un petit poste aux alentours de Domèvre.


- A droite : soldats allemands posant dans les ruines de Domèvre.
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Domèvre, quelques ruines

28 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Vers minuit, l’ennemi déclenche sur tout le secteur un très
violent bombardement par torpilles et obus de tous calibres. Puis il localise son
tir sur le quartier Vého, avec une plus grande intensité sur le P.A. Poncheville
qui est complètement isolé et soumis à un tir par projectiles toxiques. Un coup
de main étant à craindre, toute notre artillerie et les mitrailleuses du quartier
entrent en action par des tirs de barrage.
L’action d’infanterie se produit sur deux de nos postes du P.A. Poncheville. En
partie repoussé à la grenade, l’ennemi réussit cependant à aborder un des
postes dont les occupants avaient été mis hors de combat par intoxication,
enlève un caporal et trois soldats, puis se replie avec une précipitation qui le
force à abandonner sur le terrain un cadavre et du matériel. De très nombreuses
taches de sang relevées sur la neige permettent de supposer que l’ennemi a eu
plusieurs blessés.
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La canonnade diminue graduellement d’intensité puis s’arrête complètement


vers 03 H 00.
Le reste de la journée est calme ».
Pertes : 4 tués (2 par obus, 2 par gaz), 7 blessés, 57 intoxiqués, 4 disparus.

Quartier Vého (détail) – Attaque allemande du 28 décembre 1917


En bleu foncé : première ligne française.
En rouge : tranchées, boyaux et ouvrages allemands (blockhaus).
Les lignes noires brisées marquent les limites de secteurs.
La flèche rouge représente l’attaque des fantassins allemands.

277ème Régiment : « A deux reprises, l’une de minuit à 1 heure, l’autre de 1


heure 30 à 3 heures, l’ennemi déclenche de violents tirs d’obus et de minens
dont de nombreux toxiques, sans action d’infanterie.
Au cours du bombardement, 3 soldats sont tués, le sous-lieutenant D. et 6
hommes sont blessés ».

325ème Régiment : « De minuit à 3 heures, canonnade violente à gauche du


secteur et sur les batteries entre Blémerey et Fréménil. Tirs de contre
préparation de notre artillerie…/… Journée calme ».

A propos des mêmes événements, la 59ème Division communique : « A minuit,


violent bombardement par minens et obus de tous calibres à gaz toxiques sur
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Poncheville, avec bombardement par obus sur toute la ligne de la voie ferrée
aux bois Parallèles (au nord du quartier Rognelle) »…/…
Rappel – Les « minens », « minenwerfers » ou « torpilles » sont des obus à
ailettes lancés par des mortiers. La trajectoire quasi verticale de ces projectiles
leur permet d’éclater, non pas sur les bords, comme la plupart des obus
« classiques », mais à l’intérieur des tranchées. Les plus gros calibres sont ainsi
surnommés « éventreurs de tranchées ». L’équivalent français est le fameux
« crapouillot ».

Minenwerfer allemand (à gauche) et crapouillot français (à droite)

…/… A la faveur de ce bombardement, un stosstrupp en deux groupes aborde


les « Entonnoirs » ouest et est (positions françaises avancées devant le PA
Poncheville). Il est repoussé à l’entonnoir ouest à coups de grenades et laisse un
mort sur le terrain (47ème Régiment Landsturm). A l’entonnoir est, il réussit à
enlever le petit poste de quatre hommes intoxiqués par les gaz ».
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Page précédente : soldats munis de masques à gaz (à gauche), et attaque aux gaz (1916, à
droite).

La VIIIème Armée donne une version très édulcorée de l’événement : « Le 28


décembre, un coup de main tenté par l’ennemi dans la région de Vého échoue.
Quatre de nos hommes ont disparu ».

29 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Nuit et journée très calmes…/…[Au cours de la nuit], la


14ème Compagnie, très éprouvée par l’opération du 28, est relevée par la 23 ème
Compagnie au P.A. Poncheville…/… Par décision du Général commandant le
9ème Corps, le Capitaine Clément Abel F. commandant la 14 ème Compagnie, et le
Capitaine-Adjudant-Major Marcel P. passent au 114ème Régiment ».
Note – Ces « mutations » concernent les deux officiers commandant la 14 ème
Compagnie : son chef et son adjoint. Au lendemain d’une journée où la
Compagnie a été « très éprouvée» (la quasi totalité des soldats intoxiqués sont
de la 14ème), il est difficile de croire qu’il s’agit d’une simple coïncidence.

277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».


325ème Régiment : « Journée calme. Aucune activité de l’artillerie ennemie ».

30 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Nuit et journée calmes. Très faible activité d’artillerie.


Dans la nuit, le 6ème Bataillon relève sans incident le 4ème Bataillon dans le
quartier Vého ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. L’artillerie ennemie se montre très active
dans l’après-midi : nombreux réglages sur toutes les batteries du secteur (230
obus environ). Notre artillerie riposte. Le calme se rétablit vers 17 heures ».

Le Service de Santé de l’Armée fait savoir que trois des soldats intoxiqués, puis
évacués à la suite de l’attaque du 28, sont « décédés ». Et de préciser : « Les
intoxiqués sont dus à un bombardement par obus toxiques à l’oxychlorure de
carbone. L’ypérite ne paraît pas en cause ».

31 décembre 1917 :

232ème Régiment : « Assez grande activité d’artillerie pendant la journée. Nuit


calme ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
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325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie au


cours des 24 heures. Quelques tirs de harcèlement sur nos batteries de
Domjevin et de Saint-Martin ».

La 59ème Division signale : « L’infanterie ennemie est active : circulation,


observation…/… 3 intoxiqués tardifs au 232ème ».

1er janvier 1918 :

232ème Régiment : « Tirs de harcèlement habituels de l’artillerie ennemie. Une


trentaine de petites torpilles dans la région des Prés Bois (voir carte détaillée du
secteur). Quelques coups de fusil et rafales de mitrailleuses au cours de la
nuit ».
277ème Régiment : « Dans la nuit du 31 décembre, le 4ème Bataillon, relevé dans
le secteur Zeppelin par le 6ème, vient cantonner à Domjevin, à l’exception de la
13ème Compagnie qui va cantonner à Bénaménil ».
325ème Régiment : « « Journée calme. Très peu d’activité de l’artillerie ennemie.
Nuit particulièrement calme ».

La 59ème Division observe : « Cris, chants, coups de fusil, fusées éclairantes à


l’occasion du nouvel an dans les tranchées ennemies…/… [Dans la journée],
activité d’artillerie assez forte, notamment tirs de harcèlement sur nos
batteries ».

Le Service de Santé de l’Armée constate : « A la suite de la dernière attaque par


les gaz, un certain nombre d’hommes ont été atteints malgré le port des
masques. Des prélèvements ont été opérés à raison de 75 masques pris au
hasard dans chacun des Régiments de l’Armée. Un examen minutieux a
démontré qu’un tiers de ces masques étaient en mauvais état. Le Médecin de
l’Armée a adressé un rapport au Général commandant l’Armée pour qu’un
contrôle plus sévère et une surveillance plus rigoureuse fussent établis dans
chaque unité ».

2 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Moins grande activité d’artillerie que les jours précédents.
Une embuscade tendue au cours de la nuit à la Porcherie (non localisée
précisément – probablement près de la station d’Emberménil) ne donne aucun
résultat ».
277ème Régiment : aucune communication.
325ème Régiment : « « Journée calme. Quelques obus de petit calibre au cours
de l’après-midi ».
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Le Médecin de l’Armée visite un Centre Dentaire : « Le travail est toujours très


actif : on arrive à la production de plus de 200 dentiers par mois ».

3 janvier 1918 :

Le 38ème Territorial donne de ses nouvelles : « Le corps passe 10 hommes au


Génie pour le service des ballons de protection ».

232ème Régiment : « Tirs de harcèlement habituels de l’artillerie ennemie au


cours de la journée…/… Vers 20 heures, des bruits de circulation d’une
patrouille ennemie, entre le Leintrey (ruisseau) et les Entonnoirs, déclenchent un
tir d’obus VB. Les bruits cessent immédiatement…/… Calme pendant le reste de
la nuit ».
Rappel – Les grenades VB (ou obus VB) sont de petits projectiles lancés avec le
canon d’un fusil « ordinaire ».

Grenade (en bas à droite) et grenadiers VB

277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».


325ème Régiment : « Journée particulièrement calme ».

4 janvier 1918 :

D’autres nouvelles du 38ème Territorial : « Le corps passe 11 hommes au 2ème


Groupe d’Aviation [et] reçoit du 37ème Territorial 3 sergents et 13 caporaux ».
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Position du 38ème Territorial le 4 janvier 1918


- En rouge : la ligne de front.
- Le crochet bleu foncé (à droite) indique la position de la 59ème Division (59 D.I.).
CM1 et CM2 sont les abréviations pour 1ère et 2ème Compagnies de Mitrailleuses. CHR
est l’abréviation de Compagnie Hors Rang.

232ème Régiment : « Nuit et journée calmes. Très faible activité de l’artillerie


ennemie ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie au
cours de l’après-midi. Quelques avions survolent nos lignes ».

5 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Pendant la journée, activité d’artillerie supérieure à celle


des jours précédents…/… Au cours de l’après-midi, l’aviation ennemie s’est
montrée active : plusieurs avions ont survolé à très faible altitude le secteur
Vého, [semblant] coopérer à des réglages d’artillerie sur des points importants
de [ce secteur]…/… Nuit calme ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
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325ème Régiment : « Journée calme. Assez grande activité de l’artillerie ennemie


au cours des 24 heures : tirs de harcèlement sur nos premières lignes et nos
batteries. Grande activité des deux aviations dans l’après-midi ».

6 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Faible activité sur l’ensemble du secteur…/… Dans la


seconde partie de la nuit, une reconnaissance sort de nos lignes avec mission de
vérifier si nos réseaux devant Vého sont intacts, et de relever toute piste révélant
le passage de patrouilles ennemies. La reconnaissance exécute sa mission sans
incident et ne remarque rien d’anormal ».

Ci-dessus : patrouille devant un réseau de barbelés


Ci-dessous : soldats réparant des chevaux de frise
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277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».


325ème Régiment : « Nombreux obus dans le secteur, principalement [sur]
Rognelle. Notre artillerie riposte sur les organisations ennemies ».

La 59ème Division signale s’alarme d’une « circulation anormale entre


Amenoncourt (à l’est de Leintrey) et Blamont (à l’est de Verdenal)».

Amenoncourt pendant l’occupation allemande


- A gauche : en ruines.
- A droite : en feu.

Blamont pendant l’occupation allemande


- A gauche : la rivière Vezouze.
- A droite : office religieux allemand dans les ruines du village.

Le Médecin Divisionnaire reçoit le sous-secrétaire d’état Godard, rattaché au


Ministère de la Guerre, Service de la Santé, qui « visite le secteur, en particulier
l’Ambulance de Chenevières, le cantonnement et le Poste Chirurgical de
Domjevin, l’Ambulance de St Clément ».

Le Médecin de l’Armée reçoit aussi la visite du sous-secrétaire Godard qui


« s’intéresse aux travaux d’agrandissement de l’Hôpital St Nicolas (sud-est de
Nancy), voit ensuite l’Ambulance 1/74 (non localisée) avec son centre de
prothèses dentaires, l’Hôpital de Rosières (entre Nancy et Lunéville), l’Hôpital
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de Chanfontaine (ou « Chaufontaine ? – non localisé), l’Hôpital de Moyen, et le


Service des gazés et ypérités de Lunéville ».

- A gauche : Lunéville en 1917 (photographie prise depuis le toit de la gare).


- A droite : le sous-secrétaire Godard.

7 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Echange de quelques coups de fusil entre guetteurs…/…


L’artillerie ennemie se montre plus active que les jours précédents : [elle paraît]
procéder à de nombreux réglages, notamment sur le [quartier] Vého. Au cours
de ces tirs, une de nos positions de mitrailleuses est complètement détruite et
trois mitrailleurs sont tués : Auguste G., Clément T. et Eugène R., tous de la 6 ème
Compagnie de Mitrailleuses ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « L’artillerie ennemie [est] toujours active. Au cours de
l’après-midi, une centaine d’obus [tombe] sur le quartier Rognelle, 70 sur le
quartier Notre-Dame. Un homme de la 4ème Compagnie de Mitrailleuses est
blessé par éclats d’obus : Charles M. …/…[Pendant la nuit], le 6ème Bataillon
relève dans le quartier Rognelle le 5ème Bataillon qui descend au repos à
Bénaménil ».

La 59ème Division signale : « Travaux suspects à l’ouvrage du Groin (voir plus


haut : carte « secteur Notre-Dame de Lorette »). Tirs de réglage sur « Zeppelin »
et Reillon (secteur tenu par le 277ème) ».

8 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Au cours de la journée, tirs d’artillerie très vifs sur nos
voies de communications. Pendant la première partie de la nuit, nombreuses
rafales de mitrailleuses des ouvrages 5 et 8 (l’ouvrage 8 n’est pas localisé –
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l’ouvrage 5 apparaît sur la carte « secteur de Vého », voir plus haut). Nous
ripostons par un tir d’artillerie sur les mitrailleuses reconnues…/… Relève sans
incident, dans le quartier Sapinière, du 5ème Bataillon par le 4ème ».
277ème Régiment : « Dans la nuit, le 5ème Bataillon, relevé dans le quartier
Caverot par le 4ème Bataillon, vient cantonner à Domjevin, à l’exception de la
18ème Compagnie qui va cantonner à Bénaménil ».
325ème Régiment : « L’activité de l’artillerie ennemie s’est encore accrue au
cours de la journée. Continuation des réglages sur nos premières lignes par
obus et minens ».

La 59ème Division s’alarme : « Depuis le 1er janvier, activité anormale de


l’artillerie [allemande] : réglages sur toute [notre] première ligne. L’ennemi
semble projeter [un autre] coup de main ».

Le Médecin Divisionnaire annonce « un cas d’oreillons au 232ème ».

9 janvier 1918 :

232ème Régiment : aucune communication.


277ème Régiment : aucune communication.
325ème Régiment : « L’artillerie ennemie poursuit méthodiquement ses réglages
et ses harcèlements : 150 obus environ sur Notre-Dame de Lorette ».

La 59ème Division signale : « Les réglages se poursuivent, par obus et minens,


sur « Berthelot » (quartier Zepellin) ».
Le Médecin Divisionnaire trouve un autre « cas d’oreillons », cette fois-ci au
277ème Régiment.
10 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Pendant la journée, très nombreux tirs de harcèlement sur


tout le secteur : 1 blessé, caporal Edmond Toussaint R., 23ème Compagnie…/…
Echange de quelques coups de fusil au cours de la nuit ».
277ème Régiment : « De 14 à 15 heures, en exécution de l’Ordre Général
numéro 1020/S de la Division d’Infanterie du 4 décembre 1917, une émission de
gaz a lieu dans le secteur [du] front compris entre le point 285.5 nord du bois
Vannequel et un point situé à 80 mètres au nord du boyau Unal.
Dans la nuit qui suit, une section commandée par le sous-lieutenant M. et
comprenant 4 sous-officiers, 28 caporaux et soldats, effectue à 22 H 00, sans
aucune perte, un coup de main sur le petit poste de la [lisière] sud du bois
Oyonnax. La section parvient, sans préparation d’artillerie, à enlever le poste
en entier, après une lutte courte et violente. Deux cadavres ennemis restent sur
le terrain. La section ramène trois prisonniers dont un blessé ».
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Emission de gaz du 10 janvier 1918


En bleu foncé : première ligne française. En rouge : première ligne allemande. Les
flèches oranges symbolisent l’émission de gaz. Le point rouge situe le « petit poste »
allemand au sud du bois Oyonnax.

Coup de main du 10 janvier 1918


En bleu foncé : premières lignes françaises. En rouge : tranchées et boyaux allemands.
Les xxxx marquent les emplacements des principaux réseaux barbelés allemands. La
flèche grise situe l’objectif et indique le trajet probable de la section d’attaque.
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Position allemande après un assaut français

325ème Régiment : « A 15 H 00, nous exécutons une émission de gaz dans les
lignes ennemies, accompagnée de nombreux tirs d’artillerie et de mitrailleuses.
L’ennemi réagit assez faiblement sur nos tranchées de première ligne et sur nos
batteries, mais, au cours de ces représailles, nous avons un tué (Louis H., 14ème
Compagnie), un blessé (Fernand B., 14ème Compagnie), et un homme légèrement
intoxiqué par obus à gaz au 6ème Bataillon (François V.)…/… Nuit calme.
L’ennemi lance de nombreuses fusées éclairantes indiquant son inquiétude ».

Le Médecin Divisionnaire signale : « 1 cas de rougeole au 325ème Régiment…/...


11 intoxiqués [au 33ème Génie]. Ces intoxiqués sont dus à l’opération effectuée
sur le front Reillon-Blémerey par [une] Compagnie Spéciale du Génie ».

Le 9ème Corps signale : « Un disparu à la 59ème Division (information non reprise


par ailleurs) ».

11 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Nombreux tirs de harcèlement des deux artilleries au cours


de la journée. Nuit calme ».
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277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».


Note – Dans son bilan mensuel des tués, blessés et disparus, le Régiment
annonce pour cette journée : 3 blessés, Henri T., soldat à la 21ème Compagnie,
André T., soldat à la 22ème Compagnie, et Jean F., soldat à la 13ème Compagnie.
D’autre part, la 59ème Division apporte ces précisions : 1 blessé par éclat d’obus,
et 2 intoxiqués.
325ème Régiment : « Journée calme. Aucune activité de l’artillerie ennemie ».

La 59ème Division signale : « L’ennemi réagit violemment par son artillerie.


Poursuite des tirs de MW (minenwerfer) sur [les secteurs de Vého et
Zeppelin] ».

Le 9ème Corps signale : « Journée calme, sauf dans le secteur de la 59 ème


Division où l’artillerie ennemie a encore accentué son activité,
vraisemblablement en raison de notre opération spéciale ».

Le Médecin Divisionnaire signale : « 2 cas de rougeole et 1 cas d’oreillons au


232ème ».

Le Médecin de la VIIIème Armée visite l’hôpital Malgrange (Nancy) et constate :


« Par suite de l’insuffisance du personnel, l’état d’entretien de l’hôpital est très
défectueux. Les salles sont malpropres. Les baraques et édifices, dans la cour
pour augmenter la capacité des locaux, ont été dégradés par le mauvais temps
de l’hiver. Le Médecin-chef de l’hôpital reçoit les instructions pour procéder
d’urgence à leur réparation ».

12 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Très faible activité d’artillerie pendant toute la journée. Au


cours de la nuit, quelques coups d’une mitrailleuse ennemie située dans la
région de l’ouvrage 8 ».
Erratum – D’après le 9ème Corps, l’ouvrage 3 – ainsi dénommé sur les cartes
précédentes – serait en fait l’ouvrage 8.
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie. Au
cours de l’après-midi, tirs de harcèlement sur nos premières lignes de Notre-
Dame de Lorette ».

Le 9ème Corps signale : « Le disparu signalé le 10 à la 59ème Division est


retrouvé ».
Note – Pas d’autre précision. Il peut s’agir d’un « égaré » ou d’un « déserteur »,
mais il est probable que ce disparu soit en fait mort. Voir journée suivante.
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Soldat mort (français ? ou allemand ?) « enterré » par une gerbe d’obus

Le Médecin Divisionnaire relève « un nouveau cas de rougeole au 232ème ».

13 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Nuit et journée calmes ».


277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie au
cours des 24 heures ».

Le Médecin Divisionnaire signale : « 1 blennorragie contractée aux armées au


232ème, 2 intoxiqués tardifs au 33ème Génie, et 1 tué au 325ème par éclat d’obus ».
Note – Le tué du 325ème est probablement le soldat annoncé « disparu » puis
« retrouvé » par le 9ème Corps.

14 janvier 1918 :

Des nouvelles du 38ème Territorial : « Le [Régiment] fournit 16 hommes au 2ème


Groupe d’Aviation, et 11 hommes au 3ème Génie ». Pour les autres : « Sans
modifications ».

232ème Régiment : « Pendant la journée, l’artillerie allemande se montre


beaucoup plus active que les jours précédents et exécute, notamment sur les
« Entonnoirs », un tir d’environ 120 torpilles de moyen calibre…/… Quelques
coups de fusil et rafales de mitrailleuses au cours de la nuit…/… Dans la
seconde partie de la nuit, une reconnaissance sort de nos lignes avec mission de
s’assurer qu’il n’existe devant nos réseaux aucune trace de patrouille ennemie,
et de voir si l’ennemi a des sentinelles en arrière de son premier réseau. Elle
remplit sa mission et rentre sans incident ».
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277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».


Note – A cette date, la 59ème Division signale au 277ème : « 1 intoxiqué léger »,
Alexis B., soldat à la 14ème Compagnie.

325ème Régiment : « Journée calme. Tirs de harcèlement et de surprise sur nos


premières lignes, notamment sur Rognelle ».

Le Médecin Divisionnaire signale : « un cas d’oreillons au 3ème Génie, trois


hommes grièvement blessés [dans l’artillerie divisionnaire] par suite
d’éclatement de [leur] pièce ».

15 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Journée et nuit particulièrement calmes ».


277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. [Au cours de la nuit], le 5ème Bataillon
relève dans le secteur Notre-Dame de Lorette le 4ème Bataillon qui descend au
repos à Bénaménil ».

16 janvier 1918 :

A Drouville (environ 2 kilomètres au sud d’Hoéville), le Commandant V. remet


la croix de guerre à huit soldats du 38ème Territorial.

Soldats français décorés dans les ruines d’un village


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Drouville, le château et la ferme en 1913

Drouville, le château et la ferme pendant la guerre

232ème Régiment : « Nuit et journée très calmes. Dans le quartier Vého, relève
sans incident du 6ème Bataillon par le 5ème Bataillon ».
277ème Régiment : aucune communication.
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie ».

17 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie presque nulle dans tout le secteur.


Pendant la nuit, assez nombreuses rafales de mitrailleuses sur la route Vého-
Leintrey ».
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277ème Régiment : « Le 6ème Bataillon, relevé dans le secteur Zeppelin par le


5ème, vient cantonner à Domjevin, à l’exception de la 22 ème Compagnie qui va
cantonner à Bénaménil ».
325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie ».

18 janvier 1918 :

232ème Régiment : « L’artillerie ennemie montre une plus grande activité que les
jours précédents. Quelques coups de fusil et nombreuses rafales de mitrailleuses
sur la route de Vého à Leintrey ».
325ème Régiment : « Journée calme. Activité de l’artillerie légèrement
supérieure aux jours précédents ».

19 janvier 1918 :

Le 38ème Territorial communique : « En exécution d’un ordre du Général en


Chef, les militaires des classes 1898 et 1899 sont passés dans des formations
actives (non Territoriales) : 7 officiers, 50 sous-officiers, 54 caporaux et 210
hommes sont affectés au 9ème Bataillon du 157ème Régiment d’Infanterie ».

232ème Régiment : « Même activité d’artillerie que les jours précédents se


traduisant par de nombreux tirs de harcèlement. Quelques rafales de
mitrailleuses sur la route entre Leintrey et Vého. 1 blessé : soldat François R. de
la 19ème Compagnie ».
325ème Régiment : « Journée calme. Assez grande activité de l’artillerie (une
centaine d’obus) principalement sur nos batteries. Quelques avions français et
ennemis survolent nos lignes ».
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Page précédente : un biplan allemand.

Le Médecin Divisionnaire signale : « Un cas de blennorragie au 232ème et un


cas au 277ème. Un cas d’intoxication au 232ème (en rebouchant un obus) ».
Note – « Reboucher un obus » n’est pas une expression connue dans le
vocabulaire de cette époque. Il faut peut-être comprendre : « en rebouchant un
trou d’obus ».
20 janvier 1918 :
232ème Régiment : « A 20 H 30, une émission de gaz est faite [en direction du
Rémabois], tandis que notre artillerie et [nos] mitrailleuses de [secteur]
exécutent des tirs violents sur les premières lignes et les voies de communication
de l’ennemi. Dès les premières rafales, l’artillerie allemande déclenche des tirs
de barrage sur la route Vého-Leintrey et sur les boyaux conduisant aux
[endroits] d’où a lieu l’émission. En même temps, elle bombarde très
violemment nos premières lignes et les abords du P.C. Vergers (non précisément
localisé). L’activité d’artillerie se maintient très vive jusqu’à environ minuit,
puis cesse presque complètement. Aucune réaction de l’infanterie ennemie ».
Pertes : 1 intoxiqué – sergent Charles C. de la 17ème Compagnie – et 1 blessé
(probablement par éclat d’obus) – soldat Pierre B. de la 15ème Compagnie.

Emission de gaz du 20 janvier 1918


En bleu foncé : première ligne française. En rouge : tranchées, boyaux et ouvrages
(blockhaus) allemands. Les flèches oranges symbolisent l’émission de gaz.
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277ème Régiment : « Le Colonel R., commandant le 277ème, est remis à la


disposition du Ministre et dirigé, à cet effet, sur le Dépôt. Le Chef d’escadron
M. prend le commandement provisoire du Régiment ».
Note – A cette date, la 59ème Division signale pour le 277ème « 3 tués – Alexis D.,
Alexandre H., Ernest R., tous de la 18ème Compagnie – et 2 blessés – Pierre D.
soldat de la 17ème Compagnie, Albert G., sergent à la 18ème Compagnie ».

325ème Régiment : « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie au


cours des 24 heures ».

Le Médecin Divisionnaire signale : « 1 tué, 6 intoxiqués et 3 blessés par éclat


d’obus au 33ème Génie (c’est sans doute cette unité qui a réalisé l’émission de
gaz), 3 tués au 277ème (pas d’autre précision) ».

21 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Nuit et journée très calmes. Activité d’artillerie presque


nulle…/… Une embuscade tendue au cours de la nuit ne donne aucun résultat ».
Pertes par éclats d’obus : 2 tués – Albert R., sergent, et Louis G., soldat – 1
blessé – Eugène G., soldat – tous de la 19ème Compagnie. Aucune autre
précision.
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. Très faible activité de l’artillerie ennemie.
Quelques avions survolent nos lignes ».

Le 9ème Corps d’Armée signale : « A 8 heures, le Général commandant le 7 ème


Corps prend le commandement de la zone : secteurs de Baccarat (au sud du
quartier Notre-Dame de Lorette), St Clément (c’est le nom de l’ensemble du
secteur tenu actuellement par la 59ème Division), Lunéville (au nord du quartier
Sapinière, en forêt de Parroy), et Sommerviller (c’est le nom de l’ancien secteur
tenu par la 59ème Division, depuis l’étang de Parroy jusqu’au quartier
d’Erbéviller). Le Quartier-Général du 9ème Corps se transporte à
Champigneulles (banlieue nord de Nancy), en réserve du Grand Quartier-
Général. Les E.N.E. (Eléments Non Endivisionnés) sont maintenus
provisoirement à la disposition du 7ème Corps d’Armée (c’est le cas du 38ème
Territorial).
Note – Dans les jours et les semaines qui suivent, les autres unités du 9 ème Corps
(entre autres, 152ème Division d’Infanterie, 59ème Division d’Infanterie, 17ème
Division d’Infanterie – la 97ème Division d’Infanterie étant dissoute) vont
progressivement quitter la zone, remplacés par des éléments du 7 ème Corps, et
rejoindre de nouveaux cantonnements en réserve du Grand Quartier-Général.
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Le Médecin de l’Armée « assiste à la conférence du Médecin-Major Jeanbrau


sur un procédé simplifié de transfusion du sang ».

22 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Au cours de la journée, tirs de harcèlement d’artillerie.


Quelques tirs de minens et de granatenwerfers (lance-grenades) sur la région
des « Entonnoirs » paraissent être des tirs de réglage…/… Vers 22 H 00, un
soldat allemand sans armes se présente à l’entonnoir numéro 4 et est recueilli
par nos postes…/… Une embuscade tendue dans la seconde partie de la nuit ne
donne aucun résultat

Granatenwerfer (à gauche) et prisonnier allemand (à droite)

277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».


325ème Régiment : « Journée calme. Activité de l’artillerie ennemie légèrement
supérieure aux jours précédents. Tirs de harcèlement sur nos premières
lignes ».

Le Médecin Divisionnaire signale un nouveau cas de blennorragie « contractée


aux armées ». Pas d’autre précision.

23 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Nuit et journée très calmes ». 1 tué, Antonin C., soldat à la
15ème Compagnie (pas d’autres précisions).
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
325ème Régiment : « Faible activité de l’artillerie ennemie : quelques obus dans
le [secteur] Notre-Dame de Lorette…/… Au cours de la nuit, le 4ème Bataillon
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relève dans le secteur Rognelle le 6ème Bataillon qui descend au repos à


Bénaménil ».

24 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Journée très calme. Grande activité d’aviation favorisée


par le beau temps…/… [Pendant la nuit], relève sans incident, dans le secteur
Sapinière, du 4ème Bataillon par le 6ème…/… Une [nouvelle] embuscade ne donne
aucun résultat ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
Note – La 59ème Division signale des « réglages d’artillerie sur « Carrefour » et
« Berthelot » ».
325ème Régiment : « Assez grande activité de l’artillerie ennemie : au cours de
l’après-midi, tirs de harcèlement sur nos premières lignes…/… De nombreux
avions français survolent nos lignes ».

Avions français (Breguet XIV) en escadrille

La VIIIème Armée signale : « Un de nos avions est tombé accidentellement dans


nos lignes : observateur tué, pilote blessé ».

25 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Nuit et journée calmes. Quelques tirs d’une vingtaine de


torpilles de gros et moyen calibre sur la région des « Entonnoirs » ».
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277ème Régiment : « Le 4ème Bataillon, relevé dans le secteur Caverot (ou


Rognelle-Nord) par le 6ème Bataillon, va cantonner à Domjevin, à l’exception de
la 15ème Compagnie qui va cantonner à Bénaménil ».
Note – A cette date, dans le bilan mensuel des tués, blessés, intoxiqués et
disparus, le soldat Jean L., 23ème Compagnie, est inscrit comme « blessé ».
325ème Régiment : « Journée calme. Activité moyenne de l’artillerie ennemie au
cours des 24 heures ».

Le Médecin de la VIIIèmeArmée signale : « Dans la nuit, des avions ennemis ont


survolé l’usine et le village de Pompey (environ 4 kilomètres au nord-ouest de
Nancy). A 19 H 45, trois bombes sont tombées sur la rue Haute que l’avion a
suivi d’un bout à l’autre. Il y a eu 6 morts et 8 blessés. 3 sont déjà décédés des
suites de leurs blessures. La majeure partie des victimes étaient réfugiées dans
un corridor devant lequel une bombe a explosé. Aucune consigne n’oblige les
habitants à descendre à la cave en cas d’alerte, sinon il n’y aurait pas eu de
victimes à déplorer.
Une deuxième torpille est tombée devant l’hôpital. Il n’y a pas eu de victimes,
mais seulement des dégâts matériels : toutes les fenêtres ont été pulvérisées.
Je demande que le Génie soit invité à faire les réparations le plus tôt possible
pour permettre de continuer l’occupation des salles ».

26 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Tirs de harcèlement d’artillerie habituels. Au cours de la


première partie de la nuit, l’ennemi lance une très grande quantité de fusées
rouges sur tout le front du secteur ».
325ème Régiment : « Assez grande activité d’artillerie sur Rognelle-Sud et Notre-
Dame de Lorette ».

Le Médecin Divisionnaire signale : « Une rougeole au 232ème…/… Un homme


atteint d’arrachement de la main par éclatement de grenade (pas plus de
précisions : il s’agit peut-être du soldat Jean L. du 277ème – voir plus haut) ».

27 janvier 1918 :

Nouvelles du 38ème Territorial : « Le Chef de Bataillon B. (2ème Bataillon) remet


à Ménil-Flin la croix de guerre au lieutenant S., au sergent A., et au soldat D.,
[tous] de la 7ème Compagnie ».

232ème Régiment : « Tirs de harcèlement plus nombreux que les jours


précédents. Nuit calme ».
277ème Régiment : « Le Régiment stationne sur ses positions ».
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325ème Régiment : « Journée calme. Assez grande activité de l’artillerie ennemie


au cours de la nuit ».
Le Médecin Divisionnaire signale un nouveau cas de rougeole au 232ème.
28 janvier 1918 :
232ème Régiment : « La journée est relativement calme, caractérisée seulement
par une assez grande activité d’aviation…/… Très grande activité d’artillerie
pendant toute la nuit se traduisant par des tirs nombreux et violents de
harcèlement et contre-batterie : 1 tué par éclat d’obus, soldat Louis T., 18 ème
Compagnie ».
277ème Régiment : « [Sur ordre] de la 59ème Division, le 6ème Bataillon, occupant
le [secteur] Rognelle-Nord (Caverot), relève les unités du 325ème Régiment
occupant le [secteur] Rognelle-Sud ».
Note – Ce mouvement s’échelonne sur plusieurs jours, du 28 au 31 janvier.
Momentanément, le 5ème Bataillon « s’étale sur la droite » et occupe deux
secteurs : Zeppelin et Caverot (Rognelle-Nord).
325ème Régiment : « Journée calme. Activité ordinaire de l’artillerie ennemie.
La 13ème Compagnie quitte [la zone de front] et vient cantonner à Fréménil ».
Le Médecin Divisionnaire signale un nouveau cas de rougeole au 232ème.
29 janvier 1918 :
232ème Régiment : « Journée assez calme : moins grande activité d’artillerie que
précédemment. Quelques rafales de mitrailleuses au cours de la nuit ».
2 blessés à la 23ème Compagnie : Lieutenant Edmond B. (plaies multiples par
éclats d’obus) et sous-Lieutenant Pierre A. (plaies de l’estomac et du foie par
éclats d’obus, décédé à l’hôpital de Lunéville).
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Page précédente : l’Hôpital militaire de Lunéville.


Ci-dessous : le cimetière militaire de Lunéville.

277ème Régiment : aucune communication.


325ème Régiment : « Journée calme. Les 14ème et 15ème Compagnies sont relevés
par le 277ème. La 15ème Compagnie va cantonner à Fréménil, la 14ème
Compagnie à Domjevin ».

30 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Activité d’artillerie presque nulle. Une embuscade, tendue


au cours de la nuit à proximité du [Rémabois], ne donne rien ».
277ème Régiment : aucune communication.
325ème Régiment : « Journée calme, faible activité de l’artillerie ennemie ».

31 janvier 1918 :

232ème Régiment : « Quelques rafales des mitrailleuses ennemies de l’ouvrage 7


sur la région des « Entonnoirs »…/…
En exécution de l’ordre général numéro 1164, la 59 ème Division doit être relevée
dans le secteur par la 14ème Division d’Infanterie. La journée est employée aux
préparatifs de la relève. Commencement de la relève dans la nuit du 31 janvier
au 1er février ».
« A 17 H 30, le 4ème Bataillon quitte Manonviller et va cantonner à Laronxe
(13ème Compagnie) et St-Clément (14ème, 15ème et Compagnie de Mitrailleuses) ».
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277ème Régiment : aucune communication.


Note – Pendant cette journée, la 59ème Division signale « 1 tué et 4 blessés par
éclats d’obus au 277ème » : Marie P., tué, 4ème Compagnie de Mitrailleuses –
Eugène B. et Eugène C., blessés, tous deux à la 14 ème Compagnie – Henri B.,
blessé, 13ème Compagnie – Jean O., blessé, 18ème Compagnie.
325ème Régiment : « Journée calme…/…
La 59ème Division étant relevée dans le secteur par la 14ème Division, le 4ème
Bataillon quitte Fréménil et va cantonner à Lunéville. Le 6 ème Bataillon quitte
Bénaménil et va cantonner à Lunéville ».
1er février 1918 :
232ème Régiment : « Nuit et journée calmes ». Le Régiment poursuit son retrait
progressif de la zone de front.
277ème Régiment : « En exécution de l’ordre général numéro 1164, le Régiment
est relevé dans le secteur par le 60ème Régiment d’Infanterie (14ème Division). »
Note – Le retrait, commencé dans la nuit du 1er au février, s’échelonnera
jusqu’au 4 février.
« Le 4ème Bataillon quitte Domjevin à 17 H 30 pour aller cantonner à Flin et
Ménil-Flin ».
325ème Régiment : « Journée calme ».
2 février 1918 :
232ème Régiment : « Dans la deuxième partie de la nuit, les 5ème et 6ème
Compagnies sont relevés dans les secteurs Vého et Sapinière par deux
Bataillons du 44ème Régiment d’Infanterie (14ème Division)…/… A 03 H 30, le
4ème Bataillon quitte les cantonnements de Laronxe et St-Clément – que doivent
venir occuper les 5ème et 6ème Bataillons – et va cantonner à Xermaménil
(banlieue sud de Lunéville) ».

Xermaménil – Photographies non datées, probablement avant guerre


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277ème Régiment : aucune communication.


Note – La 59ème Division donne ces informations : « Les 5ème et 6ème Bataillons,
relevés dans les secteurs Zeppelin et Rognelle par des éléments du 60 ème
Régiment (14ème Division), vont cantonner à Laronxe et St-Clément ».
325ème Régiment : « A partir de minuit, le 5ème Bataillon est relevé par un
Bataillon du 35ème Régiment (14ème Division) et vient cantonner à Fréménil…/…
A 17 H 00, il quitte Fréménil pour aller cantonner à Lunéville et Moncel-les-
Lunéville ».
3 février 1918 :
232ème Régiment : « Le 4ème Bataillon quitte Xermaménil et vient cantonner à
Vigneulles (10 km à l’ouest de Lunéville). Vers 4 heures, les 5ème et 6ème
Bataillons quittent [leurs] cantonnements de Laronxe et St-Clément, et viennent
cantonner à Mont-sur-Meurthe et Blainville (banlieue sud-ouest de Lunéville) ».

Mont-sur-Meurthe (à gauche) et Blainville (à droite)

277ème Régiment : « Le 4ème Bataillon quitte son cantonnement pour se rendre à


Reménoville (environ 10 kilomètres au sud de Lunéville) ».
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Page précédente : Reménoville.

325ème Régiment : « Repos dans les cantonnements ».


Le Général C. commandant la 59ème Division communique à toutes ses troupes :
« La Division quitte le 5 février le secteur où elle est entrée le 15 octobre
dernier. Je tiens à constater que ces 3 mois et demi, par une température
souvent rigoureuse et dans un terrain toujours difficile, ont été bien employés.
L’entretien et l’amélioration des organisations existantes et des cantonnements,
la construction d’abris, la pose de réseaux de fil de fer sur une surface de
350.000 mètres carrés environ, représente un travail de chaque jour opiniâtre et
continu et assurent des résultats durables.
L’ennemi, en dehors de ses harcèlements journaliers, a violemment attaqué, à
deux reprises, nos [positions] de première ligne. Les belles résistances de
Poncheville et de Berthelot, doivent rester dans l’esprit de tous un exemple de ce
que peut la valeur du fantassin, appuyé par une artillerie vigilante. De notre
côté, et sans aucune perte, nous avons enlevé brillamment une reconnaissance
ennemie et un poste de première ligne.
J’exprime à tous, fantassins, artilleurs, génie et services, ma grande satisfaction
pour les efforts fournis avec un dévouement et un zèle dont je me rends bien
compte (souligné dans le texte), et avec un moral qui n’a jamais faibli.
Le Général commandant la 59ème D.I. (Division d’Infanterie). Signé : C. ».
4 février 1918 :
232ème Régiment : « Les 5ème et 6ème Bataillons quittent les emplacements de
Blainville et Mont-sur-Meurthe et vont cantonner à Barbonville (environ 5
kilomètres au sud-ouest de Lunéville) ».
277ème Régiment : « Le 4ème Bataillon se rend à Ferrières (environ 10 kilomètres
au sud-est de Nancy, environ 10 kilomètres à l’ouest de Lunéville), son
cantonnement définitif ».

Barbonville (avant guerre, à gauche) et Ferrières (pendant la guerre, à droite)

325ème Régiment : « Travaux de propreté, revues, et préparation au départ ».


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5 février 1918 :

232ème Régiment : « Inspection, revues, et travaux de propreté pour [les trois


Bataillons]. Les 5ème et 6ème Compagnies de Mitrailleuses vont occuper les
cantonnements de Charmois (moins de 10 kilomètres au sud-ouest de
Lunéville).

Charmois

277ème Régiment : « Le 5ème Bataillon va cantonner à Saffais (voir carte plus


bas), le 6ème à Vigneulles ».
Note – Saffais était un camp d’entraînement militaire. Les soldats s’y
familiarisaient avec de nouvelles techniques de combat (coordination par « feu
roulant » avec l’artillerie, collaboration avec les blindés, avec l’aviation, etc.).
Bien sûr, tout cela était classé ultra-secret : il n’existe donc aucune photographie
d’époque de ce village ni des communes alentours.
325ème Régiment : « Les 4ème et 6ème Bataillons quittent Lunéville pour aller
cantonner :
4ème Bataillon –
- 15ème Compagnie à Einville,
- 13ème, 14ème Compagnies et 4ème Compagnie de Mitrailleuses à Raville,
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Einville (à gauche, en 1915) et Raville, le pont (à droite)

6ème Bataillon –
- 21ème, 22ème, et 23ème Compagnies à Maixe. La 6ème Compagnie de
Mitrailleuses reste à Lunéville à la disposition de la Gare pour
manutention ».

Maixe – L’église à gauche (1915) – Vue panoramique des environs (à droite)

6 février 1918 :

Des nouvelles du 38ème Territorial : « 20 hommes et 1 sergent de la 6 ème


Compagnie sont détachés à Varangéville (pas d’autres précisions) ».

232ème Régiment : « Travaux de propreté, revues ».

277ème Régiment : « La 6ème Compagnie de Mitrailleuses termine son


mouvement et vient cantonner à Vigneulles (camp de Saffais) ».

325ème Régiment : « Le 5ème Bataillon quitte Lunéville pour aller cantonner :


- 19ème Compagnie et 5ème Compagnie de Mitrailleuses à Valhey
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- 17ème et 18ème Compagnie à Serres ».

Serres (en 1915)

Le Service Sanitaire de la VIIIème Armée communique :


« Le médecin de l’Armée apprend qu’un cas de [variole] s’est déclarée chez un
malgache. Il procède à une enquête qui donne le résultat suivant :
Un soldat du 24ème Malgache est rentré pour varicelle le 20 décembre à
l’Hôpital de Nancy. Le 18 janvier, on a placé dans la salle où il se trouvait
encore deux italiens atteints également de varicelle. Le soldat malgache, sorti
guéri le 24 janvier, est retourné à son cantonnement [pour revenir] à l’Hôpital
le 2 février avec une éruption de variole nettement caractérisée.
Dans ces conditions, on est amené à conclure rétrospectivement que les deux
italiens avec lesquels il avait été hospitalisé étaient atteints, non pas de
varicelle, mais de varioloïde. Ce qui semble confirmer cette hypothèse, c’est que
l’aumônier de l’Hôpital est actuellement atteint de variole, ainsi qu’un ouvrier
civil qui était en traitement dans le même pavillon.
Mesures prises :
Les cantonnements (des deux Italiens et du Malgache) sont [interdits] à toutes
les troupes de la VIIIème Armée. Isolement du personnel de l’Hôpital et mise en
quarantaine des malades restant dans les pavillons. Vaccination du personnel et
des malades. Vaccination des Italiens et des Malgaches cantonnés [au même
endroit que les infectés]. Vaccination de tous les Italiens [de la] VIIIème Armée.
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Désinfection des locaux occupés par les unités italiennes et malgaches


auxquelles appartiennent les malades.
Les cas initiaux ayant présenté tous les caractères d’une varicelle bénigne,
l’attention des Médecins est attirée sur la nécessité d’isoler sans tarder tous les
cas suspects ».

7 février 1918 :

Des nouvelles du 38ème Territorial : « Le soldat D., 6ème Compagnie, s’est cassé
la jambe aux travaux, en tombant dans une tranchée en construction à
Flavigny ».

Flavigny (photographie non datée, probablement après guerre)

232ème Régiment : « Commencement de la période d’instruction que le


[Régiment] doit accomplir au camp de Saffais : tir, exercices de détail ».
277ème Régiment : « Le Régiment conserve ses cantonnements ».
325ème Régiment : près d’Einville, 1 soldat tué « en service commandé », Léon
P., conducteur, mort « par accident : chute de voiture [puis] écrasement par une
[autre] voiture ».

Le 9ème Corps communique : « La 59ème Division, relevée dans le secteur de St-


Clément par la 14ème Division, est regroupée dans la région de Rosières pour
être employée en partie aux travaux* dans le secteur de Sommerviller, le reste à
l’instruction (à Saffais) ».
Note – * Aucune précision supplémentaire sur la nature de ces travaux.
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Carte de situation / Localisation des cantonnements de la 59ème D.I et du 38ème R.I.T.

- En bleu foncé : 59ème Division d’Infanterie.


- En bleu clair : 38ème Régiment Territorial (positions inchangées depuis le 26
décembre 1917 – voir carte en date du 4 janvier pour la répartition détaillée des
éléments du Régiment).
- En rouge : la ligne de front.

8 février 1918 :

Des nouvelles du 38ème Territorial : « La 5ème Compagnie quitte Champenoux et


va cantonner à Dommartemont (banlieue nord-est de Nancy). Elle reste à la
disposition du Service Télégraphique de l’Armée…/… Par ordre du vétérinaire,
le cheval Charlot a été abattu (fracture du tibia) ».

232ème Régiment : « Exercices de détails aux environs des cantonnements…/…


Le Général de Castelnau, commandant le GAE (Groupe d’Armées de l’Est)
visite les cantonnements de Vigneulles ».
277ème Régiment : « Le Régiment conserve ses cantonnements ».
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325ème Régiment : « Continuation des travaux ».

9 février 1918 :

232ème Régiment : « Exercices de tir pour un Bataillon, exercices de détails


[pour les deux autres] ».
277ème Régiment : « Le Régiment conserve ses cantonnements ».
325ème Régiment : « Continuation des travaux ».

10 février 1918 :

232ème Régiment : « Repos ».


277ème Régiment : « Le Régiment conserve ses cantonnements ».
325ème Régiment : « Repos et travaux de propreté ».

Positions détaillées du 38ème Territorial et de la 59ème Division au soir du 10 février

En bleu clair : 38ème Territorial.


En bleu foncé : 59ème Division (les 232ème et 277ème Régiments sont à l’entraînement au
camp de Saffais, le 325ème Régiment effectue des travaux aux alentours de Sommerviller.
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

11 février 1918 :

A cette date, Pierre Jean Victor BLANADET quitte le 38ème Régiment


d’Infanterie Territoriale pour être versé au 13ème Escadron du Train.

Pour information (à propos du 38ème Territorial) :

Le 38ème Territorial reste sur ses positions jusqu’au 26 mars 1918.


Le 27 mars, il quitte la région Lorraine pour aller dans la Somme, vers Amiens,
en arrière du front tenu par les Anglais.

Fin mars 1918 – Mouvements du 38ème Territorial et de la 59ème Division

- Ligne rouge : le front depuis fin 1914.


- Flèches rouges : offensive allemande fin mars 1918.
- Ligne pointillé rouge : avance extrême de l’offensive allemande.
- Flèches vertes : mouvements du 38ème Territorial et de la 59ème Division depuis le
sud-est de Nancy jusqu’au sud d’Amiens.
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

Sous le feu des Allemands, qui lancent ici leur dernière grande offensive, le
Régiment mène divers travaux (creusement de tranchées, rebouchage de trous
d’obus, réfection de routes) et subit quelques pertes : 15 tués, 16 intoxiqués, 38
blessés.
A partir du 23 juillet, le 9ème Corps d’Armée contre-attaque avec succès. Le
Régiment ravitaille les troupes de première ligne, évacue les blessés, et
contribue à acheminer vers l’arrière les prisonniers allemands qui se comptent
maintenant par milliers.
Le 15 août 1918, le 38ème Territorial est dissous et ses éléments sont répartis vers
d’autres unités.

Pour information (à propos de la 59ème Division d’Infanterie) :

Jusqu’au 26 mars 1918, la 59ème Division reste en retrait du front : les 232ème,
277ème, 325ème Régiments poursuivent alternativement leur instruction au camp
de Saffais et leurs travaux de seconde ligne dans le secteur de Sommerviller.
Fin mars, à l’instar du 38ème Territorial, la Division quitte la région Lorraine et
débarque à Breteuil (environ 20 kilomètres au sud d’Amiens – voir carte page
précédente) au secours des Anglais largement débordés par l’offensive
allemande.
Dès leur arrivée, les trois Régiments « s’installent en cantonnement d’alerte et
procèdent à la reconnaissance des positions éventuelles de défense au Nord et à
l’Est de Flers-sur-Noye (environ 10 kilomètres au sud d’Amiens) ».
Début avril, ils prennent position sur un front allant de Coulemelle à
Esclainvillers (au sud-est de Flers-sur-Noye) et commencent à subir des pertes
du fait des « bombardements intermittents » : 2 tués, 4 blessés du 1er au 3 avril.

Le 4 avril, les 232ème, 325ème Régiments et le 6ème Bataillon du 277ème tiennent


des positions défensives aux alentours d’Ailly-sur-Noye.
Plus au sud, les 4ème et 5ème Bataillons du 277ème sont placés en première ligne.
« A 17 H 25, ordre est donné de procéder à l’attaque de Mailly-Raineval : à 18
H 50, l’attaque est arrêtée » sous le feu de l’ennemi. « Pendant la nuit, les
Bataillons s’organisent en profondeur ».
Pertes du jour :
- 232ème : 1 tué, 7 blessés.
- 277ème : 3 tués, 9 blessés.
- 325ème : 3 blessés.

5 avril – « Au point du jour, l’ennemi prononce une attaque vers le bois de


l’Arrière : il est repoussé ».
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

A 11 H 30, le 277ème Régiment lance, sur Mailly-Raineval, une attaque vite


« arrêtée par [un] barrage d’artillerie très dense et par le feu des
mitrailleuses ».

Ci-dessus : Mailly-Raineval, vue panoramique.


Ci-dessous : Mailly-Raineval, ruines fumantes.
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A 14 H 00, deux Bataillons du 325ème (4ème et 6ème) attaquent les positions


ennemies entre Aubvillers et Malpart : des mitrailleuses ennemies positionnées
vers Grivesnes arrêtent très vite la progression.

Ci-dessus : soldats français aux environs de Grivesnes.


Ci-dessous : Grivesnes en ruines.
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A 14 H 45, un Bataillon du 232èm, un Bataillon du 277ème, et le 5ème Bataillon du


325ème attaquent Sauvillers, sans succès.

Soldats français sur la route de Sauvillers (fin mars, début avril 1918)

Sauvillers-Mongival
- A gauche : avant guerre.
- A droite : après la bataille.

Vers 15 H 00, les attaques reprennent, là aussi sans aucun succès.


De son côté, l’ennemi « lance une violente contre-attaque sur les ailes » et force
un repli immédiat des unités les plus avancées.
Pertes du jour :
- 232ème : 5 tués, 29 blessés.
- 277ème : 48 tués, 152 blessés.
- 325ème : 42 tués, 397 blessés, 207 disparus.
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5 avril 1918 – Carte de situation


- En bleu : les villages occupés par les Français.
- En rouge : les villages occupés par le Allemands.
Note – Avec la reprise, dans ce secteur, de la guerre de mouvement, et le chaos qui
semble régner partout en cette journée, la ligne de front et les positions des diverses
unités sont impossibles à déterminer précisément.

A la tombée de la nuit, le 325ème Régiment signale :


« Les pertes sont sensibles. Sur les troupes engagées au combat, il reste :
- 4ème Bataillon : 246 hommes (dont 5 officiers et 18 sous-officiers).
- 6ème Bataillon : 246 hommes (dont 3 officiers et 18 sous-officiers).
Il ne reste à la 21ème Compagnie (6ème Bataillon) qu’un sous-officier et 18
hommes.
Assez grande proportion de tués, beaucoup de blessés légers. Blessures surtout
par balles, très peu par éclats d’obus ».

6 avril 1918 :

232ème Régiment :
« Les Bataillons rentrent dans leurs cantonnements :
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- Le 4ème Bataillon, relevé par des fractions du 26ème Bataillon de Chasseurs à


pied, est mis en réserve et placé à la bifurcation des routes Sourdon-Mailly-
Louvrechy.

La route de Sourdon à Louvrechy


Note – Cette photographie a été prise en juillet 1918, après que les Français aient
définitivement repoussé les Allemands. On peut y voir Clémenceau (deuxième à partir
de la gauche) en visite à l’arrière du front.

- Le 5ème Bataillon cantonne à Sourdon.


- Le 6ème Bataillon cantonne à Louvrechy.
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Page précédente : soldats français dans les ruines de Louvrechy.

A la tombée de la nuit, le 4ème Bataillon relève un Bataillon du 171ème Régiment


à la lisière Est du bois de Mongival ».

277ème Régiment : « Ordre est donné pour les 4ème et 5ème Bataillons de
reprendre, à 14 H 30, l’attaque sur Mailly-Raineval. L’attaque est déclenchée à
l’heure prévue. Seule la Compagnie de gauche réussit à progresser légèrement
en raison du feu de nombreuses mitrailleuses et d’un bombardement intense ».
Le 6ème Bataillon communique : « L’installation dans le bois de Mongival est
très précaire. On creuse, car le bombardement est très violent ».
325ème Régiment : « Les 4ème et 6ème Bataillons sont relevés par un Bataillon du
355ème Régiment et vont occuper [une] position de repli aux lisières Est et Nord-
est du bois de Coullemelle [avec] mission éventuelle de contre-attaque.
Installation dans des trous de tirailleurs et ébauche de tranchées que les
hommes creusent immédiatement. Les restes des Bataillons se réorganisent : on
forme dans chacun d’eux 4 Compagnies à 3 sections. Durant la journée, violent
bombardement du bois de Coullemelle ».

Positions de la 59ème Division au soir du 6 avril


En bleu : les villages tenus par les Français.
En rouge : les villages tenus par les Allemands.
Note – Les autres unités françaises présentes dans ce secteur (notamment les 19ème et
26ème Bataillons de Chasseurs à pied, le 171ème Régiment d’Infanterie, le 172ème
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Régiment d’Infanterie, et le 355ème Régiment d’Infanterie) ne figurent pas sur cette


carte.

Pertes du jour :
- 232ème : 2 tués, 6 blessés.
- 277ème : 1 tué, 6 blessés.
- 325ème : 11 tués, 43 blessés.

7 avril 1918 :

232ème Régiment : « Dans la nuit du 7 au 8, le 5ème Bataillon relève des éléments


du 172ème Régiment et du 277ème Régiment dans le bois de Mongival ».
277ème Régiment : « Cette journée n’est pas plus calme que la précédente. Les
77, 105, 130, et 155 (il s’agit de calibres d’obus d’artillerie) criblent le bois
(probablement le bois de l’Avrière – appelé aussi « bois de l’Arrière » ou « bois
de l’Arrière-cour ») et ses abords ».
325ème Régiment : « La défense des lisières du bois [Coullemelle] continue à
s’organiser ».
Pertes :
- 232ème : 2 tués, 8 blessés.
- 277ème : 0 tué, 5 blessés.
- 325ème : 0 tué, 10 blessés.
8 avril 1918 :
Peu de changements durant cette journée.
Pertes :
- 232ème : 0 tué, 9 blessés.
- 277ème : 0 tué, 3 blessés.
- 325ème : 1 tué, 1 blessé.
9 avril 1918 :
Peu de changements. A quelques détails près, les Régiments restent sur leurs
positions.
Pertes :
- 232ème : néant.
- 277ème : 5 tués, 15 blessés.
- 325ème : 2 blessés.
10 avril 1918 :
Peu de changements.
Pertes :
- 232ème : 5 tués, 5 blessés.
- 277ème : 1 tué, 12 blessés.
- 325ème : néant.
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11 avril 1918 :

La 59ème Division se voit confier une zone de première ligne (voir carte page
suivante).
Le 232ème Régiment signale : « L’organisation défensive du secteur est encore à
l’état embryonnaire : aucun fil de fer, pas de boyaux, circulation impossible de
jour…/… Grande activité d’artillerie au cours de la journée : tirs de
harcèlement ennemis sur la première ligne et le village de Thory…/… Vers 20
heures, des rassemblements ennemis sont vus [au] sud-ouest de Sauvillers et
violemment canonnés ».

Sauvillers, d’autres ruines

Pas de changement pour le 277ème Régiment.

Le 325ème Régiment « organise la deuxième ligne de défense ».


Pertes :
- 232ème : 8 blessés.
- 277ème : 1 tué, 7 blessés.
- 325ème : 10 blessés.
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12 avril 1918 :
232ème Régiment : « Le Lieutenant-Colonel B., commandant le Régiment, est tué
par un éclat d’obus au cours d’une reconnaissance sur un terrain découvert (Est
de la route Thory-Ainval). Le Chef de Bataillon L. prend le commandement ».
Pas de changement pour les 277ème et 325ème Régiments.
Pertes :
- 232ème : 2 tués, 2 blessés.
- 277ème : 6 blessés.
- 325ème : néant.

Zone de front de la 59ème Division


- Ligne bleu foncé : première ligne française (avérée d’après une carte d’époque).
- Ligne rouge : première ligne allemande (avérée d’après une carte d’époque).
- En pointillés bleu foncé : première ligne française (non avérée mais présumée).
- En pointillés rouge : première ligne allemande (non avérée mais présumée).

13 avril 1918 :

232ème Régiment : « Grande activité des deux artilleries. Tirs de harcèlement


habituels, notamment sur le bois de Mongival. Au cours de la nuit, quelques
obus toxiques sur Thory et ses abords ».
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Thory
- A gauche : l’église avant guerre.
- A droite : l’église pendant la guerre.

277ème Régiment : « Dans la nuit du 12 au 13, la 18ème Compagnie relève une


Compagnie du 232ème : le sous-secteur nord de la Division se trouve uniquement
occupé par le Régiment (voir carte page précédente) ».
325ème Régiment : « Continuation des travaux (deuxième ligne de défense). La
position est bombardée par des obus à gaz ».
Pertes :
232ème : 3 tués, 8 blessés.
277ème : 9 blessés.
325ème : 3 tués, 18 blessés.

Le Journal de la 59ème Division signale : « Pendant la nuit, bombardement par


obus toxiques (ypérite) du village de Sourdon et d’un certain nombre de
batteries ».

14 avril 1918 :

232ème Régiment : « A 02 H 00, une patrouille, sortie au Nord du bois de


Mongival, se heurte à un petit poste ennemi devant le bois des Arrachis, et est
accueillie par des feux de mitrailleuses et un barrage d’artillerie…/… [Dans la
journée], les travaux d’organisation (creusement d’abris, de boyaux, de
tranchées, pose de barbelés) sont poussés activement ».
277ème Régiment : relève entre Bataillons au cours de la nuit.
325ème Régiment : « Continuation des travaux. Douze hommes sont évacués
pour intoxication ».
Pertes :
232ème : 2 tués, 1 blessé.
277ème : 1 tué, 1 blessé.
325ème : 5 blessés.
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Le 9ème Corps signale : « Pertes de la 59ème Division depuis l’entrée de ses


éléments dans le secteur du Corps d’Armée jusqu’au 14 avril :
- Officiers – 8 tués, 34 blessés, 8 disparus.
- Hommes – 152 tués, 932 blessés, 212 disparus ».
15 avril 1918 :

232ème Régiment : « Une patrouille sort de nos lignes vers 01 H 00 : sans


incident…/… [Dans la journée], activité d’artillerie moyenne ».
277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses emplacements ».
325ème Régiment : « Continuation de l’organisation de la seconde position ».
Pertes :
232ème : 1 tué, 3 blessés + 2 gazés légers.
277ème : 4 blessés.
325ème : 7 blessés.
16 avril 1918 :
232ème Régiment : « Nombreux tirs de harcèlement de l’artillerie ennemie…/…
Des boyaux de communication sont amorcés à l’intérieur du bois de Mongival et
au sud du bois de Fay jusqu’au cimetière d’Ainval…/… A 21 H 30, un soldat
allemand est fait prisonnier au Nord du bois de Mongival : il s’était égaré au
cours d’une corvée…/… Une patrouille, sortie à 02 H 00, explore le terrain
compris entre le bois des Arrachis et le bois Carré (au Nord du bois de
Mongival) : rentrée sans incident à 03 H 45 ».

277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses emplacements ».


Note – Concernant le 277ème, la Division apporte cette information : « Les
lieutenants B., S., C. et le Capitaine S. sont tués au PC du Chef de Bataillon ».
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Page précédente : tombes des lieutenants et du capitaine tués

Note – Les photographies ci-dessus (à gauche : tombe du Lieutenant C. – à droite :


tombes des Lieutenants C., S., B. et du Capitaine S.) figurent dans le Journal de Marche
du 277ème, ce qui est très inhabituel, voire émouvant. Pourtant, le Régiment ne dit mot de
l’événement, se contentant du sempiternel « Le Régiment reste sur ses emplacements ».
On peut supposer que parmi les rédacteurs du Journal figurait un ami personnel de ces
officiers, et qu’il leur rendait ainsi hommage…

325ème Régiment : « Continuation des travaux. Journée calme ».

Pertes :
232ème : 2 tués, 3 blessés + 1 intoxiqué.
277ème : 6 tués, 13 blessés.
325ème : 2 blessés.

Le Médecin Divisionnaire signale : « Le Chef de Bataillon H. du Génie est


évacué pour fatigue générale ».

17 avril 1918 :

232ème Régiment : « Patrouilles dans la nuit : RAS…/… [Pendant la journée],


grande activité de l’artillerie, en réponse à nos propres tirs : 1500 obus environ
sur le Bataillon de réserve*…/… Des avions ennemis jettent des bombes sur
Thory ».
Note* – En règle générale, un secteur de première ligne se divise en deux sous-
secteurs, chacun étant défendu par un Bataillon. Le troisième Bataillon reste
« en réserve », un peu à l’arrière du front, prêt à intervenir en cas de besoin.

277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses emplacements ».


325ème Régiment : « Continuation des travaux. Journée calme ».
Pertes :
232ème : 1 tué, 4 blessés + 1 gazé léger.
277ème : 2 tués, 8 blessés.
325ème : 1 blessé + 1 gazé moyen.

18 avril 1918 :

232ème Régiment : « Une patrouille sort dans la nuit du 17 au 18 pour explorer


les abords Sud-Ouest du bois des Arrachis : RAS…/… Une patrouille ennemie,
tentant vers 01 H 00 de s’approcher du saillant Nord-Est du bois des Arrachis,
est repoussée par nos feux…/… Journée marquée par un violent harcèlement de
l’artillerie ennemie ».
277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses emplacements ».
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325ème Régiment : « Continuation des travaux. Journée calme ».


Pertes :
232ème : 1 tué, 2 blessés.
277ème : 3 tués, 8 blessés (dont 1 décède ultérieurement à l’ambulance) + 2 gazés
légers.
325ème : néant.
19 avril 1918 :
232ème Régiment : « Bruits de patrouilles ennemies, accompagnées de chiens, à
01 H 00 et à 03 H 00, au Sud-Est du bois de Mongival…/… [Dans la journée],
assez grande activité d’artillerie. [De] nombreux avions survolent les lignes ».
277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses emplacements ».
325ème Régiment : « Continuation des travaux. Journée calme ».
Pertes :
232ème : 1 tué, 3 blessés.
277ème : 6 blessés.
325ème : 1 blessé.
Le 9ème Corps signale : « Bombardement de nos villages, particulièrement de
Sourdon, par l’artillerie ennemie ».
20 avril 1918 :
232ème Régiment : « Une patrouille [sortie entre 02 H 30 et 04 H 00] confirme
qu’il n’existe aucune organisation ennemie en dehors du bois des Arrachis.
[Pendant la journée], grande activité d’artillerie [et] nombreux avions ».
277ème Régiment : « Dans la nuit du 19 au 20, le 6ème Bataillon relève, au bois
Chaufourès,, le 4ème Bataillon qui vient occuper les emplacements du Bataillon
réservé ».
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Page précédente : secteur du 277ème Régiment – Schéma d’occupation (source : Journal


du 277ème d’Infanterie)

Le 20 avril 1918 :
- Le 6ème Bataillon (Compagnies 21, 22 et 23) occupe le C.R. (Centre de Résistance)
Chauffourés.
- Le 4ème Bataillon (Compagnies 13, 14 et 15) vient occuper les positions du Bataillon
de soutien.
- Le 5ème Bataillon (Compagnies 17, 18, 19) tient le C.R. Sauvillers, au contact
immédiat du 232ème Régiment, sur sa droite.
- Les Compagnies de Mitrailleuses (CM4, CM5 et CM6) ne sont pas représentées ici,
car leurs éléments sont répartis tout au long du front.

Note – Le secteur au nord de Chauffourés est tenu par un Régiment de la 37ème Division.

325ème Régiment : « Continuation des travaux. Journée calme ».

Pertes du jour :
232ème : néant.
277ème : 2 tués, 6 blessés.
325ème : néant.
21 avril 1918 :
232ème Régiment : « Grande activité d’artillerie pendant la nuit ; moins grande
durant la journée…/… Vers 08 H 15, un avion ennemi est abattu par un avion
français et tombe en flammes à l’Ouest de Thory (région du cimetière)…/… De
22 H 30 à 23 H 30, bombardement par obus toxiques du Bataillon en réserve ».

277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses emplacements ».

325ème Régiment : « Continuation des travaux. Journée calme ».

Pertes du jour :
232ème : 6 blessés.
277ème : 2 blessés.
325ème : néant.

22 avril 1918 :

232ème Régiment : « A 03 H 15, une reconnaissance d’une section, commandée


par le sous-Lieutenant G., est menée dans le terrain compris entre le bois de
Mongival, la lisière Sud du bois des Arrachis et la route, en vue de surprendre
un petit poste situé dans une haie, au bord de la route. La reconnaissance,
vivement conduite, fouille tout le terrain qu’elle trouve inoccupé…/… A partir
de 14 H 00, violent bombardement de Thory et de ses abords ».
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Thory : soldats français dans les ruines du village

277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses emplacements ».


325ème Régiment : « Continuation des travaux. Journée calme ».
Pertes :
232ème : 1 tué, 2 blessés + 1 intoxiqué léger.
277ème : 3 tués, 3 blessés.
325ème : 3 blessés.

La Division signale : « Au milieu de la nuit, tir de 300 obus toxiques sur la


région d’Ainval ».

23 avril 1918 :

232ème Régiment : « Patrouille à 03 H 30 au Sud-Ouest des Arrachis : RAS…/…


Dans la journée, assez grande activité d’artillerie ».
277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses emplacements ». La Division
donne cette information : « Quelques torpilles sur Chauffourés »
325ème Régiment : « Continuation des travaux. Journée calme ».
Pertes :
232ème : 2 blessés.
277ème : 6 blessés + 1 intoxiqué moyen.
325ème : néant.
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Le secteur de la 59ème Division est étendu. Des éléments du 277ème occupent


désormais ce qui était le Nord du secteur tenu par le 232 ème Régiment, qui glisse
lui-même vers le Sud. « Le nouveau dispositif est réalisé dans la nuit du 23 au
24 ».

24 avril 1918 :

232ème Régiment : « Moins grande activité d’artillerie que les jours précédents
sauf sur le C.R. Mongival ».
277ème Régiment : aucune communication, mais la Division signale pour ce
Régiment « 1 disparu » (information reprise uniquement par le 9ème Corps).
325ème Régiment : « Le 5ème Bataillon relève en première ligne un Bataillon du
277ème en avant de Thory (C.R. des Arrachis) ».
Pertes :
232ème : néant.
277ème : 1 tué, 1 blessé + 1 gazé léger + 1 disparu ?
325ème : 1 blessé + 1 gazé léger.

Le 9ème Corps signale : « Des rencontres de patrouilles sur notre front, ainsi
qu’un violent bombardement ennemi au Nord de l’aire qui s’étend jusqu’à notre
secteur, font déclencher pendant la nuit (de 3 heures à 6 heures) des tirs de
neutralisation et de contre-préparation…/… Journée relativement calme, sans
action d’infanterie…/… Nombreux tirs d’obus à gaz : la relève prévue de la
59ème Division par la 165ème Division est suspendue et retardée de 24 heures ».

25 avril 1918 :

232ème Régiment : « Assez grande activité d’artillerie française et ennemie.


Rafales de mitrailleuses sur Aubvillers».
277ème Régiment : « Dans la nuit du 25 au 26, les [deux Bataillons en ligne] sont
relevés par deux Bataillons du 325ème, et vont occuper les emplacements de la
deuxième position (Louvrechy et Sourdon) ».
325ème Régiment : « Les 4ème et 6ème Bataillons relèvent en première ligne, dans
le sous-secteur Nord, le 277ème Régiment ».
Pertes :
232ème : 2 blessés.
277ème : 2 blessés.
325ème : néant.

Le 9ème Corps signale : « La limite du Corps d’Armée est modifiée et s’étend


vers le Sud. La liaison est faite à droite avec la 1 ère Division U.S.
(américaine)…/… La relève de la 59ème Division par la 165ème est l’objet d’un
contrordre ».
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26 avril 1918 :

232ème Régiment : « Assez grande activité des deux artilleries. De nombreux


avions ennemis survolent nos lignes à très faible hauteur. [En raison de
l’extension du secteur vers le Sud], le C.R. Mongival est étendu jusqu’à 175
mètres de la route Thory-Ainval ».
277ème Régiment : « Dans la nuit du 26 au 27, le Bataillon en réserve est relevé
par un Bataillon du 325ème ».
325ème Régiment : « Bombardement assez intense des premières lignes ».
Pertes :
232ème : néant.
277ème : 2 tués, 3 blessés, 1 disparu*.
325ème : 1 blessé.
Note* – Peut-être s’agit-il du disparu du 24 avril, signalé deux jours plus tard
par son Régiment.

La 59ème Division signale : « En exécution de l’Ordre Général 1378/3, la 3ème


Division relèvera la 59ème dans les nuits du 27 au 28 et du 28 au 29 ».

27 avril 1918 :

232ème Régiment : « Grande activité d’artillerie française et ennemie. [Dans la


nuit], le 4ème Bataillon est relevé par [un] Bataillon du 272ème Régiment
d’Infanterie au C.R. Mongival. Relève terminée à 01 H 15 le 28 avril. Le 4 ème
Bataillon va cantonner à Hallivillers (moins de 10 kilomètres au Sud-Ouest de
Thory) ».
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

Page précédente : Hallivillers (photographie non datée, probablement d’avant guerre).

277ème Régiment : aucune communication.


325ème Régiment : « L’artillerie ennemie se montre active au cours de l’après-
midi. Dans la première partie de la nuit, les 5ème et 6ème Bataillons sont relevés
par deux Bataillons du 51ème Régiment d’Infanterie et viennent cantonner à
Chaussoy (environ 5 kilomètres à l’Ouest de Thory) ».

Chaussoy (photographie non datée – probablement d’avant guerre)

Pertes du jour :
232ème : 3 tués, 4 blessés.
277ème : 1 tué, 1 blessé (d’après le Journal de la 59ème Division).
325ème : 1 tué, 6 blessés.

28 avril 1918 :

232ème Régiment : « Relève des 5ème et 6ème Bataillons par deux Bataillons du
272ème Régiment d’Infanterie. Le 5ème Bataillon va cantonner à Hallivillers. Le
6ème Bataillon va cantonner à Lawarde-Mauger (environ 7 kilomètres à l’Ouest
de Thory) ».
277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment : « Journée calme. Au cours de la nuit, le 4ème Bataillon est
relevé et rejoint les 5ème et 6ème Bataillons à Chaussoy. Relève sans incident ».
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Pertes :
232ème : 3 tués, 3 blessés.
277ème : néant.
325ème : néant.

29 avril 1918 :

232ème Régiment : « Le 4ème Bataillon fait mouvement et va cantonner à Le


Gallet (dans l’Oise, à environ 20 kilomètres au Sud-Ouest de Thory) ».

Ci-dessus : Le Gallet (village), photographie non datée.


Ci-dessous : Le Gallet (vue panoramique des alentours).
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277ème Régiment : « Pertes totales du Régiment du 4 au 29 avril 1918 : 109 tués,


412 blessés, 5 disparus…/…
Dans la nuit du 28 au 29, le Régiment est relevé sur ses positions par le 87 ème
Régiment d’Infanterie, et va cantonner :
- 4ème et 6ème Bataillon à Paillart (environ 5 kilomètres au Sud-Ouest de
Thory).
- 5ème Bataillon à Esquennoy (limitrophe de Paillart, environ 6 kilomètres au
Sud-Ouest de Thory).

Esquennoy : passage d’un régiment en avril 1918.

325ème Régiment : « Les 5ème et 6ème Bataillons font mouvement sur la Chaussée-
du-bois-de-l’écu (dans l’Oise, une quinzaine de kilomètres au Sud-Ouest de
Thory) et Oursel-Maison (limitrophe de Chaussée, légèrement au Nord), en
direction de Grandvilliers où toute la Division est groupée en vue d’un
embarquement ».

Pertes : néant pour tous les Régiments.


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La Chaussée-du-bois-de-l’écu, la gare (photographie non datée)

La 59ème Division communique : « En exécution de l’Ordre Général 1383/3, les


éléments de la 59ème Division seront embarqués en chemin de fer, à partir du 1 er
mai à 18 heures, aux gares de Grandvilliers, Marseille-le-Petit, St-Omer-en-
Chaussée ».

Grandvilliers, la gare (au début du siècle)


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30 avril 1918 :

Les trois Régiments d’Infanterie de la 59ème Division se regroupent au Sud-Est


de Grandvilliers en vue de leur « embarquement ».

Retrait du front de la 59ème Division / Carte de situation

- En rouge : zone du front tenu par la Division avant son retrait.


- Flèche verte : mouvement général de la Division.

Le 9ème Corps d’Armée communique :


« Fin de la relève de la 59ème Division par la 3ème Division…/…
Pertes totales de la 59ème Division (depuis son arrivée sur le front de Somme) :
- 198 tués,
- 1127 blessés,
- 221 disparus ».
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BLANADET Pierre Jean Victor


(Tome 4 – Suivi 59ème DI – Période du 1er mai au 15 septembre 1918)

Du 1er au 5 mai 1918 :

Les trois Régiments d’Infanterie de la 59ème Division quittent leurs positions et


viennent cantonner aux environs de Revigny-sur-Ornain (à une douzaine de
kilomètres au Nord-Ouest de Bar-le-Duc).
En date du 2 mai, la Division intègre la IIème Armée.

Position de la 59ème Division au 5 mai 1918


- En rouge : ligne de front.
- Point bleu : zone de repos de la Division.

Du 6 au 10 mai 1918 :

Pour tous les Régiments : repos dans les cantonnements, travaux de propreté
(« douches, lavage des effets et du linge »), revues, et entraînement au tir
(notamment au fusil-mitrailleur).

Durant toute cette période, le Corps Médical signale de « nombreux


indisponibles », quelques cas de rougeole, et « un certain nombre de
courbatures fébriles ».
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En date du 10 mai, le 232ème Régiment fait état des effectifs suivants :


- Compagnie Hors Rang : 11 officiers et 308 hommes.
- 4ème Bataillon : 17 officiers et 742 hommes.
- 5ème Bataillon : 15 officiers et 730 hommes.
- 6ème Bataillon : 15 officiers et 723 hommes.
Soit un total de 58 officiers et 2503 hommes pour l’ensemble du Régiment.
Note – Les autres régiments ne font pas état de leurs effectifs mais, après apport
de renforts venus du Dépôt, il est probable que les chiffres soient sensiblement
les mêmes.

11 mai 1918 :

La 59ème Division quitte ses cantonnements et prend position aux alentours de


Sommedieue (Sud-Est de Verdun).

Retour en première ligne de la 59ème Division


- Flèche verte : mouvement vers Sommedieue le 11 mai 1918.

Dans la nuit du 11 au 12, la Division « relève la 2ème Division d’Infanterie [de


marines] U.S. dans le secteur Eix-Trésauvaux.
Le 4ème Bataillon du 232ème relève un Bataillon du 9ème Régiment de Marine
américain dans le CR Monts (Sud du dispositif).
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Le 5ème Bataillon du 325ème relève un Bataillon du 6ème Régiment de Marine


américain dans le secteur Ronvaux (Centre du dispositif) …/…
Activité très faible d’artillerie ».

Position de la 59ème Division


- En rouge : ligne de front.
- En pointillés rouges : zone tenue par la 59ème Division.

12 mai 1918 :

232ème Régiment – « Le 5ème Bataillon relève [en première ligne] un bataillon du


20ème Régiment [de Marine] U.S. …/… Le 6ème Bataillon est placé en réserve ».

277ème Régiment – « Dans la nuit du 12 au 13, le 4 ème Bataillon relève [en


première ligne] un bataillon du 5ème Régiment de Marine américain ».

Le Corps Médical signale « 3 oreillons…/… et [12 cas de] grippe (10 au 277ème
et 2 au 325ème ».
Note – Quatre autres cas de grippe sont aussi signalés au Dépôt Divisionnaire. Il
s’agit probablement des premiers cas de la grippe espagnole qui fera, dans les
mois suivants, des millions de victimes civiles et militaires.
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Sommedieue
- A gauche : le village (date indéterminée, probablement avant guerre).
- A droite : marines américains dans les rues de Sommedieue (1918).

13 mai 1918 :

232ème Régiment – « Le secteur [du Régiment] est limité au Nord par le secteur
Ronvaux (tenu par le 325ème), au Sud par le secteur Rupt (tenu par la 127ème
Division) ».
Note – Au soir du 13 mai, deux bataillons sont en première ligne (4 ème et 5ème),
le 6ème est tenu en réserve.

277ème Régiment – « Dans la nuit du 13 au 14, le 6ème Bataillon relève un


bataillon du 5ème Régiment de Marine américain ».

325ème Régiment – « Le 6ème Bataillon relève un bataillon du 6ème Régiment de


Marine américain ».

14 mai 1918 :

« Même situation, mêmes emplacements » pour tous les Régiments. Faible


activité de l’artillerie ennemie : le 232ème fait état d’une « trentaine d’obus » sur
ses tranchées de première ligne.

Le Corps Médical signale 3 cas d’oreillons, 3 cas de rougeoles (au 325ème), et 25


cas de grippes (5 au 232, 16 au 277, 4 au 325).

Du 15 au 17 mai 1918 :

232ème Régiment –
15 mai : « Journée calme, faible activité des deux artilleries ». /
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Eix sur la ligne de front (secteur Nord – date indéterminée)

16 mai. : « Une cinquantaine d’obus [sur nos premières lignes] : Joseph H.,
soldat à la 18ème Compagnie est [légèrement] blessé. Notre artillerie riposte par
un tir de représailles ». /
17 mai : « Vers 18 H 00, un tir de notre artillerie détruit un Drachen ennemi ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».


325ème Régiment – « Journées calmes. Aucune activité de l’artillerie ennemie.
Rien à signaler ».

Ronvaux sur la ligne de front (secteur Centre – date indéterminée)


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Fresnes sur la ligne de front


Secteur Sud, côté allemand – date indéterminée

Le Corps Médical signale : 15 mai : 11 cas de grippes au 325ème / 16 mai : 8 cas


d’oreillons, 5 cas de grippes / 17 mai : 5 oreillons, 1 blennorragie, et 1 grippe.

18 mai 1918 :

232ème Régiment – « Dans la nuit du 17 au 18, une reconnaissance sort de nos


lignes avec mission de tendre une embuscade. La reconnaissance reste en place
environ une heure et rentre sans incident : aucun bruit ni aucun indice de
passage [ne sont] relevés…/… A 09 H 30, un avion allemand est abattu par
l’artillerie en avant de nos lignes ».
Note – La Division donne une autre version de ce dernier événement : « Un
avion boche, mitraillé par un des nôtres, est contraint d’atterrir [entre les
lignes] ».

277ème et 325ème Régiments – Rien à signaler : « Mêmes emplacements, même


situation ».

Le Corps Médical annonce un nouveau cas de grippe au 232ème.

19 mai 1918 :

232ème Régiment – « Au cours de la nuit, deux reconnaissances [sortent de nos


lignes pour se porter] :
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- l’une au point où est tombé l’avion allemand avec mission d’enlever et de


rapporter les appareils de bord, et d’assurer la destruction de l’avion ;
- la deuxième, à la filature de Bonzée (Ouest de Fresnes), avec mission de
couvrir la première et de détourner l’attention de l’ennemi.
Ces différentes missions sont remplies [avec succès] : les reconnaissances
rapportent une mitrailleuse, un altimètre, une boussole, un appareil et des
plaques [photographiques] ».

Croix rouge : emplacement probable de l’avion.

Pour les autres régiments – « Journée calme ; même situation, mêmes


emplacements ; aucune activité de l’artillerie [ennemie] ».

Note – Le 75ème Bataillon de Tirailleurs Sénégalais (23 officiers, 108 sous-


officiers, 1156 caporaux et soldats) intègre la 59ème Division et va cantonner
« au camp des Sénégalais » (2 kilomètres Nord-Nord-Est de Sommedieue).

20 mai 1918 :

325ème Régiment – « Journée calme dans tout le secteur…/…Vers 01 H 45, une


patrouille allemande tente de couper nos réseaux en avant de la tranchée de
l’étang. Accueillie à coups de fusils-mitrailleurs et de grenades, les Allemands
se sauvent, abandonnant sur le terrain 4 pétards (grenades) à manche ».
Le Corps Médical signale « 3 cas de grippe au 232ème ».
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

21 mai 1918 :

232ème Régiment – Rien à signaler.

277ème Régiment – Dans la nuit du 20 au 21 mai, le 4ème Bataillon (en réserve)


relève en première ligne le 5ème Bataillon.
Dans la même nuit, une patrouille de 28 hommes du 6 ème Bataillon, menée par le
Lieutenant M., reçoit pour mission de reconnaître les défenses françaises du
secteur, de « relever avec précision toute brèche ou piste suspecte ; en cas
d’accrochage, [de] combattre et faire des prisonniers ».
La patrouille part du sud de la zone tenue par le Régiment et progresse vers le
nord : ferme de Mandre, bois Chenu, Moncet…

Nuit du 21 au 22 mai – Sous-secteur (détail) tenu par le 277ème Régiment


- En bleu : premières lignes françaises.
- En rouge : tranchées et positions allemandes connues et cartographiées.
- Flèches vertes : relève du 5ème Bataillon par le 4ème .
- Flèches bleues : trajet de la patrouille du lieutenant M.
- Explosion : emplacement probable de l’escarmouche.
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Voici le rapport d’exécution du lieutenant M. :


« …/… A minuit, nous voyons un groupe boche longeant les réseaux, direction
Nord-Sud, à une cinquantaine de mètres de nous. L’ennemi cherche à se
dérober en obliquant vers le Sud-Est. Nous manœuvrons pour lui couper la
retraite [en] obliquant vers le Nord-Est. Après poursuite, nous rejoignons
l’ennemi. J’ouvre un feu intense de VB, grenades, coups de fusil, et donne le
signal de l’assaut. Nous sommes accueillis par une volée de grenades qui nous
cause des pertes. Engageant un corps à corps rapide, l’ennemi est
irrésistiblement mis en fuite : 2 prisonniers sont capturés, 4 cadavres ennemis
restent sur le terrain, des blessés boches s’enfuient en gémissant.
Nous rentrons sans être inquiétés à 02 H 30. La troupe allemande m’a semblé
forte d’une vingtaine d’hommes ».
Pertes françaises : 1 tué et 7 blessés par éclats de grenades.

325ème Régiment – « Vers 8 heures du matin, les Allemands essaient de nouveau


de couper nos réseaux de l’étang. Entendus par nos sentinelles, qui ouvrent le
feu immédiatement, ils font demi tour et rentrent dans leurs lignes poursuivis
par nos tirs de fusils-mitrailleurs.
[Le reste de la journée est] calme dans tout le secteur ».

22 mai 1918 :

232ème Régiment – « Dans la nuit, une reconnaissance* sort de nos lignes avec
mission de rapporter les débris de l’avion abattu le 18. Cette mission est remplie
sans incident et la reconnaissance rapporte une mitrailleuse, des morceaux de
l’avion, et différents objets ».
* Note : une première reconnaissance avait déjà eu lieu dans la nuit du 18 au 19
mai.

277ème Régiment – 1 blessé par éclats d’obus (aucune autre précision).

325ème Régiment – « A 2 heures du matin, après un feu violent de 77 et 105, un


détachement ennemi en trois colonnes, assaille notre ligne de surveillance de la
ferme des Souloges (tranchée de l’étang*) »…/…
* Note – A ce même endroit, deux patrouilles allemandes, tentant de couper les
réseaux barbelés, avaient déjà été repoussées dans la nuit du 20 au 21 mai, et au
matin du 21 mai
…/… « Il est aussitôt contre-attaqué par nos feux et par les fractions
d’occupation qui s’étaient repliées dès le [début du] bombardement. La
situation est rétablie à 03 H 15 »…/…
Pertes : 3 blessés par éclats d’obus, dont un décédera à l’hôpital de Belrupt
(Sud-Est de Verdun) le lendemain.
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…/… « [Le reste de la journée est] « particulièrement calme »…/…

Patrouilles allemandes des 20 et 21 mai / Attaque du 22 mai


- En bleu : premières lignes françaises.
- En rouge : tranchées ou positions allemandes connues et cartographiées.
- Flèche rouge : attaque allemande.

…/…« Dans la première partie de la nuit, le 4ème Bataillon (jusqu’alors tenu en


réserve) relève le 5ème Bataillon [en première ligne] ».

Note – A l’arrière, un sergent de la 18ème Compagnie, « de garde dans un poste


de police, est brûlé (mort ? blessé ?) dans l’incendie du poste » : pas d’autres
informations sur les causes du sinistre, ni sur l’état du blessé.

Du 23 au 29 mai 1918 :

232ème Régiment –
Dans la nuit du 26 au 27 mai, « une reconnaissance va chercher et rapporte le
moteur de l’avion allemand abattu le 18 mai »…/…

Dans la nuit du 27 au 28, « vers minuit 30, une patrouille ennemie tente
d’aborder nos lignes au Nord de Trésauvaux (limite Sud du secteur tenu par la
Division) en ouvrant une brèche dans les réseaux. Eventée par les sentinelles,
elle est accueillie par des tirs de VB et de fusils-mitrailleurs, et mise en fuite.
Une patrouille, lancée immédiatement à sa poursuite, ne peut la rejoindre. Les
traces d’une quinzaine d’hommes [sont] relevées ».

Dans la nuit du 28 au 29 mai, « une reconnaissance, sortie avec mission


d’explorer le terrain en avant de nos lignes, [ne remarque] rien d’anormal ».
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Trésauvaux
- A gauche : localisation du village sur le front de la 59ème Division / attaque allemande
durant la nuit du 27 au 28 mai.
- A droite : photographie des ruines de Trésauvaux (date indéterminée).

277ème Régiment –
28 mai : deux blessés par éclats d’obus (signalés uniquement par la Division,
sans autres précisions).

325ème Régiment –
Journées calmes jusqu’au 26 mai.
Le 27 mai, « Grande activité de l’aviation et de l’artillerie ennemie. De
nombreux obus tombent sur nos premières lignes, principalement sur
Watronville et Ronvaux (400 obus environ) ». Information corroborée par la
Division qui signale : « Activité marquée de l’artillerie ennemie » [sur les
premières lignes et à l’arrière].

Durant la période du 23 au 29 mai, le Corps Médical Divisionnaire fait état de


huit oreillons, trois rougeoles, et trois grippes.

30 mai 1918 :

232ème Régiment – « Vers 22 H 00, quelques coups de fusil et quelques


[grenades] VB sont tirés dans la direction de bruits entendus dans les
réseaux…/… Au cours de la nuit, le 4ème Bataillon relève le 5ème [en première
ligne] ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Activité normale de l’artillerie ennemie.


Quelques avions survolent nos lignes au cours de la matinée ».

Le Corps Médical signale un nouveau cas d’oreillons au 232ème.


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31 mai 1918 :

232ème Régiment – « Au cours de la nuit, une embuscade est tendue à proximité


des traces récentes de passage de l’ennemi : elle ne donne aucun
résultat »…/… [Pendant la journée], « recrudescence de l’activité de
l’artillerie » : 3 tués et 2 mitrailleurs blessés*.
*Note – De son côté, le Corps Médical ne signale qu’un seul blessé : il est donc
probable que l’un des deux blessés soit mort durant son transport.

277ème Régiment – Dans la nuit du 31 mai au 1er juin, le 5ème Bataillon relève en
première ligne le 6ème Bataillon…/… Un blessé par éclat d’obus (signalé
uniquement par le Corps Médical Divisionnaire, sans autre précision).

325ème Régiment – « Journée calme…/… Dans la première partie de la nuit du


31 mai au 1er juin, le 5ème Bataillon relève le 6ème [en première ligne] ».

Le Commandant de la IIème Armée envoie cette note de service à tous ses


subordonnés :
« Il faut économiser les effectifs à tout prix !
Conduite à tenir en cas d’attaque :
- S’il y a bombardement systématique, les groupes de combat laissent des
guetteurs vigilants [et] se replient sur la ligne d’abris la plus rapprochée.
- Si l’attaque n’est pas précédée de tirs de destruction, ou à défaut d’abris
[proches]…/… les troupes de garde résistent sur place ».

1er juin 1918 :

232ème Régiment –
« Vers 00 H 20, une patrouille ennemie [approche] un de nos petits postes (aux
environs de Bonzée – voir photographie page suivante). Eventée, elle est
accueillie par un tir de VB et grenades qui la met en fuite. L’officier qui la
commandait est fait prisonnier…/…

Vers 01 H 00, une deuxième troupe ennemie cherche à contourner par l’Ouest le
village de Villers provisoirement évacué [pour] la nuit. Les assaillants sont
aperçus par une ronde qui ouvre immédiatement le feu et, renforcée par des
groupes voisins, se lance à leur poursuite : un soldat allemand, [gravement]
blessé, est fait prisonnier ; de nombreux objets sont ramassés sur le terrain…/…
[Dans la journée], nombreux tirs de harcèlement des deux artilleries ».

Note – Le 75ème Bataillon de Tirailleurs Sénégalais, jusqu’alors en


« instruction » aux alentours de Sommedieue (voir journée du 19 mai), « est mis
à disposition du 232ème Régiment d’Infanterie ».
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Bonzée-en-Woëvre (photographie prise en 1915)

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie. Rien


à signaler ».

Le Corps Médical Divisionnaire signale « une grippe et un blessé léger par


éclats d’obus au 232ème ».

Le Général commandant la IIème Armée reçoit ce télégramme du Groupe


d’Armées de l’Est (GAE) :
« Le Général Commandant en Chef prescrit de prendre toutes mesures pour
passer inopinément à la guerre de mouvement. Les grands parcs (artillerie,
munitions, vivres, fourrages, combustibles) ne devront conserver à l’avant que
les éléments susceptibles de se déplacer par voie de terre. Le reste devra être
replié à proximité des gares régulatrices ».

2 juin 1918 :

232ème Régiment – « Activité d’artillerie toujours vive ».

Note – Le 75ème Bataillon Sénégalais quitte ses positions autour de Sommedieue


et vient cantonner sur les arrières immédiats du front tenu par le 232 ème.
« Mouvement commencé à 19 H 00, terminé à 22 H 00 ». Le Général
commandant l’Infanterie Divisionnaire « doit faire des propositions
concernant : 1. La continuation de l’instruction, ou 2. Son emploi immédiat sur
le front par amalgame avec les Compagnies des Bataillons blancs ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».


325ème Régiment – « Journée calme. Rien à signaler ».
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3 juin 1918 :

232ème Régiment – « Journée calme. L’artillerie ennemie exécute un tir de


contre-batterie assez violent sur nos batteries ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ». Le Corps Médical
Divisionnaire signale « un cas de rougeole ».
325ème Régiment – « Journée calme. Aucune activité de l’artillerie ».

4 juin 1918 :

232ème Régiment – Une embuscade, tendue au cours de la nuit, ne donne « aucun


résultat »…/… Le soldat M., de la 23ème Compagnie, est blessé par éclats d’obus
(blessure de gravité « moyenne »).

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ». Un blessé*.


*Note – Comme d’habitude, le 277ème ne donne aucune autre information. En ce
jour, seul le Corps Médical signale ce blessé : « évacuation du lieutenant M.
pour plaie accidentelle du nez par éclat de grenades ».

325ème Régiment – « Rien à signaler dans le secteur ».

Le GAE. (Groupe d’Armées de l’Est) envoie cette instruction à la IIème Armée :


« N’accepter le combat que sur la position avec repli préparé…/… Le but de
[cette] note est le suivant : en cas d’attaque en force et par surprise, l’ennemi
doit trouver, au-delà de la zone de ses bombardements préliminaires, une
résistance organisée ».

5 juin 1918 :

232ème Régiment – « Journée calme. Faible activité des deux artilleries ».


277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie, assez grande
activité de l’aviation ».

La IIème Armée reçoit copie d’une lettre du Général Foch :


« Cette lettre résume les directives que le Général Foch a données aux armées
alliées depuis la date de sa prise de commandement : facteurs moraux,
échelonnement en profondeur, l’esprit que doit inspirer [le] commandement [et]
l’exercice ».

Le Corps Médical de la IIème Armée semble s’inquiéter d’une grande offensive


allemande et communique à son ministère de tutelle :
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« En cas de reprise de la guerre de mouvement, il serait de toute nécessité de


…/… diriger sur l’arrière toutes les infirmières ».

6 juin 1918 :

232ème Régiment – « Journée calme. Assez grande activité d’aviation…/… Un


blessé léger par éclats d’obus : soldat R., mitrailleur ».
75ème Bataillon de Sénégalais (rattaché au 232ème Régiment) – « Deux
Compagnies (1ère et 4ème) et la Compagnie de mitrailleuses montent en
[première] ligne. Les 2ème et 3ème Compagnies sont maintenues [à l’arrière] en
réserve de sous-secteur ».

277ème Régiment – « En exécution [d’un] ordre de la 59ème Division, le 36ème


Bataillon de Sénégalais* est affecté au 277ème et vient occuper les camps de
l’Hôpital, Joffre, et Déramé…/… Le 6ème Bataillon relève, dans la nuit du 6 au 7
juin, un bataillon du 325ème dans le sous-secteur Ronvaux ».
*Note – Le Journal de Marche et d’Opérations du 36ème Bataillon de Sénégalais
est introuvable, probablement détruit. Les sources concernant ce bataillon
proviennent donc exclusivement du 277ème Régiment d’Infanterie, de la 59ème
Division et de la IIème Armée.

325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie…/…


Par suite du nouveau dispositif d’occupation, le 325 ème Régiment passe en
réserve de la IIème Armée. Dans la nuit du 6 au 7 juin, les 4ème et 5ème Bataillons
sont relevés du sous-secteur Ronvaux et vont cantonner : 4ème Bataillon à
Ancemont, 5ème Bataillon à Sommedieue. Le 6ème Bataillon, maintenu en secteur,
occupe le Centre de Résistance Haudiomont ».

7 juin 1918 :

232ème Régiment – « Au cours de la journée, tirs de harcèlement des deux


artilleries ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses emplacements ».

325ème Régiment –
Les deux bataillons tenus en réserve de la IIème Armée (4ème et 5ème) rejoignent
leurs cantonnements définitifs (camps aux alentours de Sommedieue).
Le 6ème Bataillon, associé à un bataillon du 232 ème et à un bataillon du 277ème,
reste en ligne dans le sous-secteur Ronvaux-Haudiomont.
Voir carte page suivante.
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Position de la 59ème Division au matin du 7 juin 1918


- En rouge : ligne de front.
- Rectangles bleus : Bataillons des Régiments « organiques » de la Division (232ème RI,
277ème RI, 325ème RI).
- Rectangles jaunes : Bataillons de Tirailleurs Sénégalais rattachés provisoirement à la
Division (36ème et 75ème ).

8 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une embuscade, tendue au cours de la nuit, [ne donne]


aucun résultat. [Dans la journée], activité d’artillerie assez vive ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses emplacements ».
325ème Régiment – Pour les deux bataillons de réserve : « repos, travaux de
propreté, nettoyage des armes ».
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9 juin 1918 :

232ème Régiment –
« Une embuscade, tendue pendant la nuit, [reste] sans résultat. [Dans la
journée], activité d’artillerie presque nulle…/…
Le 5ème Bataillon, réserve du sous-secteur Ronvaux, est placé en réserve
d’Armée. Il fait mouvement dans la nuit du 9 au 10 juin et vient cantonner à
Sommedieue. Il [sera] éventuellement remplacé dans ses différentes missions par
une Compagnie prélevée sur chacun des sous-secteurs [voisins] ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses emplacements ».

325ème Régiment –
Pour les deux bataillons de réserve : « travaux de propreté, revues diverses ».
Concernant le bataillon en ligne : la DCA et une mitrailleuse du 6ème Bataillon
abattent un avion allemand dans le secteur d’Haudiomont ; « l’avion est détruit
par notre artillerie ».

Haudiomont, les ruines (date indéterminée)

Le Grand Quartier Général envoie une note à la IIème Armée « sur l’emploi des
chars légers :
[Le char léger] « a pour rôle de favoriser la progression de l’infanterie seule
capable d’occuper définitivement le terrain. En principe, les chars légers ne
doivent être employés qu’en masse. La section de chars légers est la véritable
unité de combat ; elle ne doit jamais être fractionnée ».
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Chars légers Renault

10 juin 1918 :

232ème Régiment – « Vers 04 H 30, trois soldats français, évadés d’Allemagne,


[sont] recueillis par nos [avant]-postes de Bonzée…/… [Dans la journée], tirs de
l’artillerie ennemie assez violents ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses emplacements ».
325ème Régiment – Pour les deux bataillons de réserve : « Instruction ».

11 juin 1918 :

232ème Régiment – « Au cours de la nuit, nombreuses rafales de mitrailleuses de


part et d’autre…/… Dans la journée, échange de tirs entre batteries d’artillerie.
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses emplacements ».
325ème Régiment – Pour les deux bataillons de réserve : instruction et exercices
au tir.

12 juin 1918 :

232ème Régiment – « Journée calme, activité d’artillerie presque nulle ».


277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses emplacements ».
325ème Régiment – « Par ordre de la IIème Armée, le Régiment est mis en entier à
la disposition de la 34ème Division d’Infanterie pour relever, dans le sous-
secteur Han-Bislée, le 88ème Régiment d’Infanterie ». Le 6ème Bataillon, resté en
ligne à Haudiomont, est relevé et vient cantonner à Sommedieue. Les deux
bataillons de réserve partent immédiatement pour Koeur.
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Mouvement du 325ème Régiment


- A gauche : mouvement vers Koeur devant le saillant allemand de St Mihiel.
- A droite : le village de Koeur-la-Petite (photographie prise en 1915).

13 juin 1918 :

232ème Régiment – « Quelques tirs de harcèlement des deux artilleries. Assez


grande activité de l’aviation ».

277ème Régiment – Deux Compagnies du 36ème Sénégalais, jusqu’alors réservées


à l’arrière « relèvent respectivement, dans la nuit du 12 au 13, la Compagnie du
4ème Bataillon tenant le point d’appui d’Eix, et la Compagnie du 5ème Bataillon
tenant le point d’appui Moncet (Châtillon) ». Les Compagnies relevées vont en
réserve à l’arrière.

325ème Régiment –
« Journée calme dans le [nouveau] secteur. Quelques tirs de l’artillerie
ennemie »…/…
« Le 6ème Bataillon, embarqué à Sommedieue à 14 H 00, débarque à 18 H 00 au
Village Nègre* où il reste cantonné (en réserve) ».
*Note – A cette époque, l’appellation « Village Nègre » est couramment
employée : elle désigne un camp sommaire de cabanes ou de tentes. Dans le cas
présent, l’endroit (aux environs de Koeur) n’est pas précisément localisé.

14 juin 1918 :

232ème Régiment – « [Pendant la nuit], une patrouille ennemie cherche à


s’approcher de nos réseaux de Bonzée. Accueillie par des tirs de grenades et de
VB, elle se retire aussitôt…/… [Dans la journée], activité d’artillerie nulle ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses emplacements ».


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325ème Régiment – « Journée calme, faible activité de l’artillerie ennemie…/…


Vers 15 H 00, deux téléphonistes, réparant les lignes entre Bislée et Koeur,
[aperçoivent] à quelques mètres un groupe d’Allemands cachés dans l’herbe.
Les téléphonistes courent prévenir le poste le plus [proche], à Bislée. Une
patrouille, [partie] à la recherche des Allemands, leur coupe la retraite. Le
soldat G., en tête de la patrouille, mis en joue par un Allemand, lui tire dessus et
le blesse. Les autres, se voyant découverts et cernés, se rendent.
Sont capturés : 1 officier et 4 soldats.
Deux patrouilles explorent aussitôt les environs sans découvrir rien
d’anormal ».

Le Corps Médical Divisionnaire signale un cas d’oreillons (au Dépôt) et un


blessé léger au 75ème Sénégalais (sans autre précision).

La IIème Armée envoie cette instruction à tous ses Commandants :


- « Echelonnement des forces – Un Bataillon par Division sur la position de
barrage, les réserves de Corps d’Armée aussi fortes que possible sur la
position de résistance, le minimum des troupes sur la première position »,
et relaie ce télégramme reçu du Groupe d’Armée de l’Est :
- « Multipliez coups de main ou embuscades pour identification (des forces
ennemies directement opposées) et pour notre propre sécurité ».

15 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une embuscade tendue au cours de la nuit à la cote 248


(Nord-Ouest de Manheulles) ne donne aucun résultat…/… [Durant la journée],
notre artillerie exécute un tir sur un groupe de travailleurs vu à la lisière Sud-
Ouest du Bois-Haut (endroit non localisé) »…/… Dans la soirée du 15 au 16, la
2ème Compagnie du 75ème Sénégalais relève une Compagnie du 232ème au point
d’appui des « Blusses » (sous-secteur de Ronvaux).

277ème Régiment – Dans la soirée du 15 au 16, la 3ème Compagnie du 36ème


Sénégalais relève la 22ème Compagnie du 277ème au point d’appui « Crète » (Sud
de Ronvaux).

325ème Régiment – « Journée calme, aucune activité de l’artillerie ennemie et de


l’aviation au cours des 24 heures ».

Le Corps Médical Divisionnaire signale 1 cas d’oreillons et 2 suicides « par


coup de fusil dans la tête ». Pas d’autres précisions.
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« Le Quartier Général de la IIème Armée se porte de Souilly (25 kilomètres, à vol


d’oiseau, du front) à Laheycourt (35 kilomètres du front) ».

16 juin 1918 :

232ème Régiment – « Journée calme, activité d’artillerie presque nulle ».


75ème Bataillon de Tirailleurs Sénégalais – « En exécution [d’un ordre] du
Colonel commandant le 232ème Régiment, un détachement (1 officier, 3 sergents
européens, 1 adjudant, 7 gradés indigènes, 34 tirailleurs) est désigné pour
exécuter un coup de main sur la tranchée de Croizille (Nord-Ouest de
Manheulles). Ce détachement [reçoit] pour mission d’enlever les postes
[avancés] et de ramener des prisonniers. L’opération, [commencée] à 20 H 00
[se termine] à 02 H 00, sans aucune perte : les petits postes avaient été évacués
par l’ennemi ».

277ème Régiment – La 22ème Compagnie du 277ème, relevée au début de la nuit,


vient cantonner au camp de la Chiffoure (au Sud-Est de Sommedieue).

325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie.


Quelques tirs de destruction sur les batteries du secteur. Rien à signaler ».

La 59ème Division signale : « Une reconnaissance commandée par le lieutenant


M. (du 277ème) surprend une patrouille de liaison [ennemie] entre Moranville et
Blanzée et fait deux prisonniers* ».
*Note – Cette dernière information est aussi reprise par la IIème Armée .
Pourtant, comme à son habitude, le Journal de Marche du 277ème n’en parle pas.

Note du Général Foch à tous ses Commandants :


« La méthode d’attaque allemande est caractérisée par la surprise, la violence,
la rapidité de l’exécution, la manœuvre, la profondeur de la pénétration. Nous
devons donc chercher le renseignement. La première position ne pouvant
vraisemblablement tenir sur toute son étendue, la deuxième position doit être
sérieusement tenue par des troupes en place. Mission unique des troupes :
résister sur place…/… S’il y a brèche, la majeure partie des forces disponibles
devra d’abord étayer les flancs, puis ensuite contre-attaquer ».

17 juin 1918 :

232ème Régiment – « Vers minuit, des indices semblent révéler la présence d’une
patrouille ennemie en avant de [nos premières lignes]. Des grenades sont
lancées dans cette direction et tout bruit suspect cesse aussitôt…/… Durant
l’après-midi, assez nombreux tirs de harcèlement des deux artilleries ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
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325ème Régiment – « Journée calme, activité habituelle de l’artillerie ennemie.


Aucune activité de l’aviation ».

18 juin 1918 :

232ème Régiment – « Journée calme, notre artillerie exécute un tir d’une


soixantaine d’obus [aux alentours de Manheulles] ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Journée calme. L’activité de l’artillerie ennemie semble
cependant plus grande que les jours précédents ».

19 juin 1918 :

232ème Régiment – « Journée très calme. Aucune activité d’artillerie ».


75ème Bataillon Sénégalais – Dans la nuit du 18 au 19 juin, la 3ème Compagnie
relève la 4ème Compagnie en première ligne.
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Journée calme. L’artillerie ennemie continue à se montrer
plus active. Rien à signaler ».

20 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une embuscade est tendue, sans résultat, dans la région
Est de Bonzée…/… Activité d’artillerie presque nulle ».
75ème Bataillon Sénégalais – Dans la nuit du 19 au 20 juin, la Compagnie de
Mitrailleurs du Bataillon relève la 4ème Compagnie de Mitrailleurs du 232ème en
première ligne…/… Cette même nuit, « un coup de main, tenté par une section
du 75ème [sur un petit poste ennemi] au Sud de Manheulles, est éventé et ne
donne aucun résultat » : 1 tirailleur – Adama G. de la 2ème Compagnie – blessé
d’éclats de grenades à la cuisse, est laissé entre les lignes…/… « Dans le
courant de l’après-midi, le tirailleur Tiécoura T. de la Compagnie de
Mitrailleuses, est blessé grièvement à l’œil par un éclat de 105 ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie.


Aucune activité de l’aviation ».

Note du Général Foch à tous ses Commandants :


« Le Général en Chef rappelle qu’il se réserve la rédaction exclusive des
Instructions ou Directives ayant trait à la tactique de combat…/… Les
Commandants de Groupe d’Armées ou d’Armée sont invités à retirer et annuler
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toutes instructions tactiques et de soumettre au Général en Chef les


observations qu’ils croiraient utiles de formuler ».

21 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une [nouvelle] embuscade, tendue au cours de la nuit dans


la région Est de Bonzée, [ne donne aucun résultat] ».
75ème Bataillon Sénégalais – En début de nuit, « une reconnaissance est
accueillie à coups de fusil à la corne Nord-Ouest du bois de Manheulles : 1
tirailleur blessé…/… Cette même nuit (21 au 22 juin), le tirailleur Adama G.,
blessé d’éclats de grenades à la cuisse et laissé sur le terrain (voir journée
précédente), « est ramené dans nos lignes par le tirailleur Satalla D. qui était
resté avec lui ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Activité habituelle de l’artillerie ennemie.


Aucune activité de l’aviation ». 1 soldat tué, Célestin V., sans autre précision.

Le Corps Médical Divisionnaire signale : « Le sous-lieutenant L., du 232ème,


[est] évacué pour plaie de la cuisse par éclat accidentel de grenade ».

22 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une embuscade, tendue dans les mêmes conditions que la
nuit précédente, reste sans résultat…/… [Dans la journée], très faible activité
d’artillerie ». 1 blessé léger, soldat François C. de la 22ème Compagnie – sans
autre précision.
75ème Bataillon Sénégalais – « La section d’élite du Bataillon (7 gradés et 30
tirailleurs) exécute un coup de main dans les lignes allemandes. Mission :
nettoyage de la région comprise entre la route Fresnes-Trésauvaux et la cote
227 (1100 mètres au Sud de Fresnes). Sortie à 22 H 00, la section [rentre] le
lendemain à 02 H 00. Mission accomplie, pas de prisonniers ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie…/…


Un Bataillon du 370ème Régiment d’Infanterie US est adjoint au 5ème Bataillon
pour [se familiariser] avec le secteur ».

Note du Groupe d’Armées de l’Est :


« Pour les Armées – Nous devons illusionner l’ennemi sur nos forces. Un des
moyens les plus efficaces réside dans la mobilité et l’activité de l’artillerie.
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Celle-ci y gagnera en même temps en aptitude manœuvrière à la guerre de


mouvement ».

23 juin 1918 :

232ème Régiment – « Au cours de la nuit, un coup de main est tenté sur deux
petits postes [allemands] au Sud de Fresnes. Mais l’ennemi, [toujours] protégé
par un réseau, [évente] notre troupe, ouvre immédiatement le feu, et interdit
toute approche…/… [Dans l’après-midi], quelques tirs de harcèlement de
l’artillerie ennemie sur les régions de Murauvaux et Mesnil (lieux-dits à l’Ouest
de Bonzée). Nos batteries ripostent par des rafales sur Champlon (environ 2
kilomètres à l’Est de Trésauvaux) ».
75ème Bataillon Sénégalais – « La 4ème Compagnie relève la 1ère Compagnie [en
première ligne] ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie…/…


Deux Bataillons du 370ème Régiment d’Infanterie US sont adjoints aux 4ème et
6ème Bataillons ».

Le Corps Médical Divisionnaire signale « 1 blessé léger au 75ème Bataillon


Sénégalais ». Pas d’autre précision. Information non reprise par ailleurs.

24 juin 1918 :

232ème Régiment – Pendant la nuit, « une embuscade, tendue à l’ancienne


filature de Bonchamp, [ne donne aucun résultat]…/… [Cette même nuit], une
patrouille ennemie tente d’approcher un de nos postes de Bonzée : elle est
repoussée par des tirs de fusils-mitrailleurs et de [grenades] VB…/…[Dans la
journée], faible activité d’artillerie »…/… Un blessé accidentel : le sous-
lieutenant C., plaie de l’aisselle par éclat de grenade.
75ème Bataillon Sénégalais – « Un groupe franc est constitué au Bataillon. Ce
groupe a la composition suivante : 1 officier et 4 sergents européens, 4 sous-
officiers indigènes, 40 tirailleurs ».

277ème Régiment – « Dans la nuit du 23 au 24, la Compagnie de Mitrailleuses


du 36ème Bataillon Sénégalais relève, dans le secteur d’Eix, la 4 ème Compagnie
de Mitrailleuses du 277ème qui vient cantonner au camp de la Chiffoure ».

325ème Régiment – « Journée calme. Très faible activité de l’artillerie ennemie


au cours des 24 heures. Faible activité de l’aviation ».
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Note du Grand Quartier Général pour les Groupes d’Armées et les Armées :
« Définition et rôle des positions d’Armée –
- La position de résistance est celle sur laquelle le Commandant de l’Armée
veut arrêter et battre l’ennemi. Il y consacre [le gros de ses forces],
infanterie et artillerie.
- En avant sont établis les avant-postes auxquels on consacre le minimum de
forces.
- En arrière, c’est la position de barrage, sur laquelle on place les éléments
d’Armée disponibles (Territoriaux, Centres d’instruction, batteries au repos)
de manière à tenir au moins les points de passage et les observatoires
éventuels jusqu’à l’arrivée des Divisions et artillerie réservées. Ils s’y
accrocheront pour contre-attaquer ».

25 juin 1918 :

232ème Régiment – « Journée très calme. Activité d’artillerie presque nulle ».


75ème Bataillon Sénégalais – « La Compagnie de Mitrailleuses du Bataillon est
relevée par la 4ème Compagnie de Mitrailleuses du 232ème ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie.


Aucune activité de l’aviation ».

26 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une embuscade, tendue au cours de la nuit à l’ancienne


filature de Bonchamp (lieu-dit non précisément localisé, au Sud-Ouest de
Manheulles), ne donne pas de résultat…/…[Dans la journée], quelques tirs de
harcèlement de notre artillerie sur Fresnes et la région d’Hennemont (environ 5
kilomètres à l’Est de Ronvaux) ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Activité normale de l’artillerie et de


l’aviation ».

27 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une embuscade est tendue dans les mêmes conditions que
la nuit précédente. Pas de résultat ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».


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325ème Régiment – « Journée calme. Activité habituelle de l’artillerie ennemie.


Rien à signaler ».

Le Corps Médical Divisionnaire signale l’évacuation de « l’armurier R. pour


fracture de la clavicule ». Sans autre précision.

28 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une embuscade est tendue sans résultat, au cours de la


nuit, à l’ancienne filature de Bonchamp…/… [Dans la journée], activité
d’artillerie presque nulle ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie. Rien


à signaler ».

29 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une embuscade est tendue à l’ancienne filature de


Bonchamp. Pas de résultat…/… [Dans la journée], activité d’artillerie nulle ».
75ème Bataillon Sénégalais – « Dans la nuit du 29 au 30 juin, la 2ème Compagnie
tend une embuscade à la corne Nord-Ouest du bois de Manheulles. A minuit 30,
celle-ci, attaquée par des forces supérieures, se replie. Le sergent L. est tué au
cours de l’engagement. Le sergent indigène Baba K. est blessé, ainsi que le
soldat B. et le tirailleur Mamady K. ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Journée calme. Activité habituelle de l’artillerie ennemie.


Grande activité de l’aviation au cours de la soirée ».

30 juin 1918 :

232ème Régiment – « Une embuscade est tendue, sans résultat, à l’ancienne


filature de Bonchamp…/… Assez grande activité des deux aviations au cours de
la journée et pendant la nuit…/… Quelques tirs de harcèlement de l’artillerie
ennemie sur les pentes Sud de la côte des Hures* (à 500 mètres au Nord-Ouest
de Trésauvaux) ».
*Note – La côte des Hures, au Nord des Eparges, est largement citée par
Maurice Genevoix dans son ouvrage « Ceux de 14 ».
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La côte des Hures


- A gauche : la pente Sud, vue depuis les Eparges (photographie prise probablement
peu après la guerre).
- A droite : mitrailleuse anti-aérienne française sur les pentes des « Hures ».

75ème Bataillon Sénégalais* – « Les Compagnies stationnées [à l’arrière


immédiat du front] et les unités en ligne relevées par des troupes blanches se
réunissent au camp des Sénégalais et du Tremblay (aux environs de
Sommedieue) ».

277ème Régiment – « Dans la nuit du 29 au 30, la 4ème Compagnie de


Mitrailleuses (4ème Bataillon) relève, dans le secteur Eix, la Compagnie de
Mitrailleuses du 36ème Bataillon Sénégalais**…/… A 05 H 00, un déserteur
[allemand] du 254ème Régiment d’Infanterie se présente devant le point d’appui
Fièveterie (à l’Est de Moulainville) ».

*/** Note – A partir de ce jour, les 36ème et 75ème Bataillons de Tirailleurs


Sénégalais sont progressivement retirés de cette zone du front, et sont remplacés
par les Compagnies réservées des 232ème et 277ème Régiments.

325ème Régiment – « Journée calme. Très faible activité de l’artillerie ennemie.


Toujours grande activité de l’aviation…/… Dans la première partie de la nuit,
les 5ème et 6ème Bataillons sont relevés par deux bataillons du 121 ème Régiment.
Relève sans incident ».

1er juillet 1918 :

232ème Régiment – « Journée calme. L’aviation ennemie [se montre] plutôt


active, surtout [sur] nos positions arrières ».
75ème Bataillon Sénégalais – « Le Bataillon va cantonner à Dugny ».
Note – Officiellement, les 36ème et 75ème Bataillons Sénégalais quittent ce jour la
59ème Division.
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277ème Régiment – [Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet], « au cours d’une


patrouille au Sud-Ouest de Blanzée (devant Châtillon), une reconnaissance
tombe au retour sur une embuscade boche, et après combat la met en fuite : 2
sous-officiers et 5 hommes sont blessés ».
Note – Le Service Médical Divisionnaire fait état, quant à lui, de 6 blessés, « 3
graves, 1 moyen, 2 légers – 4 par éclats d’obus (ou de grenades), 2 par balle ».
Il est donc probable que le septième blessé soit mort avant d’arriver à l’hôpital :

Plan d’évacuation des blessés – Source JMO des brancardiers de la 59ème Division

36ème Bataillon Sénégalais – Le Bataillon vient cantonner au camp de la


Chiffoure et au camp de Claire-côte (Sud-Est de Sommedieue).

325ème Régiment – 4ème Bataillon : « Journée calme. L’artillerie ennemie ne


manifeste aucune activité au cours des 24 heures. Assez grande activité de
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l’aviation ennemie en arrière de nos lignes »…/…5ème et 6ème Bataillons : [Les


Bataillons] « sont embarqués à Villotte (à l’Est de Koeur) et sont dirigés sur
Sommedieue où ils cantonnent ».

Retour vers Sommedieue du 325ème Régiment


- A gauche : position de la 59ème DI et mouvement (flèche verte) du 325ème Régiment.
- A droite : Villotte-devant-Saint-Mihiel.

Note de service de la IIème Armée à ses Commandants :


« En raison d’indices d’une attaque prochaine de l’ennemi sur le front de la
IIème Armée, les unités…/… doivent être alertées et gagner leurs emplacements
de combat au premier signal ».
2 juillet 1918 :
232ème Régiment – « Quelques tirs de notre artillerie sur différents points des
lignes ennemies et sur Manheulles ».
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Page précédente : une position allemande dans les bois aux alentours de Manheulles.

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment –
4ème Bataillon (toujours positionné devant St Mihiel) : « Journée calme. Activité
habituelle de l’artillerie ennemie »…/… Au soir, le Bataillon est relevé, sans
incident, par un bataillon du 121ème d’Infanterie.
5ème et 6ème Bataillons (cantonnés aux alentours de Sommedieue) : « Un homme
du 5ème Bataillon est [légèrement] blessé par [la retombée d’un obus] tiré sur
avion ».

Note du Grand Quartier Général pour les Groupes d’Armées et les Armées :
« En meublant le champ de bataille d’armée dans toute sa profondeur, on a
disséminé les moyens. Bien au contraire, le gros, infanterie et artillerie, doit
concourir à la défense à outrance de la position de résistance. Celle-ci doit
offrir une défense continue ».

3 juillet 1918 :

La 59ème Division passe ce jour, à midi, « aux ordres du 17ème Corps d’Armée ».

Note / Rappel – Organisation et commandement des troupes françaises en 1918.


L’unité de base de l’infanterie française est l’Escouade, environ une dizaine
d’hommes commandés par un caporal.
Plusieurs escouades forment une Section, à plein effectif environ une
cinquantaine d’hommes commandés par un lieutenant (secondé par un ou
plusieurs sergents).
4 sections forment une Compagnie, à plein effectif environ 200 hommes
commandés par un capitaine.
3 compagnies de combat + 1 Compagnie de Mitrailleuses + 1 compagnie Hors-
Classe (administration, cuisine, etc.) forment un Bataillon, à plein effectif
environ 1000 hommes commandés par un lieutenant-colonel ou un colonel.
3 bataillons forment un Régiment, à plein effectif environ 3000 hommes
commandés par un lieutenant-colonel ou un colonel.
2 régiments d’infanterie forment une Brigade, à plein effectif environ 6000
hommes commandés par un général de Brigade.
2 brigades d’infanterie (+ des unités rattachées d’artilleries + des unités
rattachées du génie) forment une Division, à plein effectif entre 10000 et 15000
hommes commandés par un général de Division.
Plusieurs divisions forment un Corps d’Armée, à plein effectif environ 50000
hommes commandés par un général de Corps d’Armée.
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Plusieurs corps d’armée forment une Armée, à plein effectif entre 150000 et
200000 hommes commandés par un général d’Armée.
La réunion de plusieurs armées peut former un Groupe d’Armées.
Au-dessus, le Général en Chef (Grand Quartier Général) commande l’ensemble
des Armées.
Dans le cas présent et à ce jour, les 232ème, 277ème, et 325ème Régiments
d’Infanterie (non embrigadés) forment la 59ème Division. Celle-ci est aux ordres
du 17ème Corps d’Armée, lui-même aux ordres de la IIème Armée, elle-même
aux ordres du Groupe d’Armées de l’Est.
Le général Pétain est Général en Chef de l’ensemble des troupes françaises.
Le général Foch est Général en Chef de l’ensemble des troupes alliées
(françaises, britanniques, américaines…) du front de l’Ouest.
Composition du 17ème Corps d’Armée : 59ème Division d’Infanterie, 52ème
Division d’Infanterie, 29ème Division d’Infanterie, 25ème Division d’Infanterie.
Composition de la IIème Armée : 17ème Corps d’Armée, 13ème Corps d’Armée,
2ème Corps d’Armée.
Voir carte ci-dessous :

Zone tenue par la IIème Armée


Ligne rouge : front au 3 juillet 1918 – En pointillés rouges : front de la 59ème Division.
En rose : position des Divisions rattachées au 13ème Corps.
En bleu clair : position des Divisions rattachées au 17ème Corps.
En vert : position des Divisions rattachées au 2ème Corps.
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232ème Régiment – « Notre artillerie exécute un tir d’environ 80 obus sur


Manheulles. Aucune riposte de l’artillerie ennemie. Activité d’aviation nulle par
suite du temps défavorable ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Le 4ème Bataillon (retiré du front de St Mihiel) est
embarqué à partir de 3 heures du matin en camions [pour être] dirigé sur
Sommedieue. Le Régiment est placé en réserve de Corps d’Armée ».

Extrait d’un bulletin secret de mise en garde adressé à la II ème Armée (source :
Section d’Information du Grand Quartier Général) :
« Au début de juillet 1918, une grande offensive allemande est prévue en
Champagne et dans la Marne. Elle peut s’étendre jusqu’à Verdun…/…
La Friedensturm (en français : «bataille pour la paix», nom de code donné par
les Allemands à leur prochaine offensive) ne peut se poursuivre dans des
conditions favorables si Verdun, pivot du front français depuis le début de la
guerre, ne cède pas…/…
D’où le nouveau plan grandiose conçu par Ludendorff pour le Kronprinz
impérial, plan dont l’énorme étendue du front d’attaque, la puissance des
moyens d’action de nos ennemis, le nombre et la valeur de leurs divisions jetées
dans la bataille suffiraient – si nous ne possédions en outre des ordres précis et
des déclarations formelles de prisonniers – à révéler l’ampleur.
Par une attaque en masse, lancée sur un front de 90 kilomètres, il [s’agirait]
essentiellement, d’une part de boucler Verdun par une marche Nord-Sud sur
Revigny par Ste Menehould…/… [d’autre part] de tomber sur Epernay en
franchissant et en longeant la Marne…/… exploitant ensuite…/…la rupture
obtenue ».
Note – Les plans de la «Friedensturm» sont parfaitement connus par le Grand
Quartier Général. Quelques jours auparavant, un « heureux » coup de main a
permis la saisie de documents ultra secrets où figuraient tous les détails :
mouvements de troupes, axes d’attaque, date (15 juillet) et heure (04 H 45) du
début de l’offensive.

4 juillet 1918 :

232ème Régiment – « Journée calme. Assez grande activité d’aviation dans la


matinée ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Repos dans les cantonnements. Travaux de propreté,
douches. Fête de l’Indépendance américaine ».

Le 17ème Corps signale des tirs d’artillerie « surprise sur des mitrailleuses
[allemandes] à l’Ouest de Manheulles (secteur tenu par le 232ème Régiment) ».
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5 juillet 1918 :

232ème Régiment – « Journée très calme ».


277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Instruction. Travaux de propreté. Revues diverses ».

Ordre du Grand Quartier Général pour les Groupes d’Armées et les Armées :
« Il faut que les Armées, avec leurs propres moyens, fassent de nombreuses
opérations plus importantes que de simples coups de main, déclenchées par
surprise et sur des fronts de plusieurs kilomètres, vers des objectifs distants de
1000 à 2000 mètres des bases de départ. Nombreux avantages ».

Le Service Médical de la IIème Armée communique les informations suivantes :


« Intoxiqués par les gaz – Règles à suivre.
a/ Par gaz vésicants – Le plus tôt possible : désypéritation. Des stations
avancées de lavage seront organisées dans chaque Division. Les ypérités y
seront douchés, recevront des effets de rechange…/…[et] seront dirigés sur une
formation sanitaire (à l’arrière du front).
b/ Par gaz suffocants – Le traitement d’urgence sera assuré, chaque fois que
cela sera possible, dans les postes de secours…/… La base du traitement de
cette catégorie d’intoxiqués est l’immobilisation précoce et absolue. On doit
considérer ceux-ci comme des intransportables dès le début ».
6 juillet 1918 :
232ème Régiment – Pendant la nuit, « quelques obus VB sont tirés par un de nos
postes d’Orgevaux (section du front située entre Bonzée et Trésauvaux) dans la
direction de bruits suspects entendus en avant de lui. L’ennemi riposte par une
rafale de coups de fusil ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Instruction de spécialités. [Exercices de] tir ».
7 juillet 1918 :
232ème Régiment – « Au cours de la nuit, [une] section d’élite explore la région
comprise entre Bonzée et la voie ferrée Fresnes-Manheulles. Sans résultat ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Travaux de propreté. Revues. Repos ».
Le 17ème Corps fait état d’un blessé « par accident » à la 59ème Division. Pas
d’autre précision. L’information n’est pas reprise par ailleurs.
La IIème Armée envoie une « note personnelle et secrète » aux 17ème et 13ème
Corps d’Armée :
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

« Dans le cas où [une offensive] ennemie [pousserait] jusqu’à Dombasle,


prévoir [la] contre-attaque d’une Division sur [son] flanc gauche ».
8 juillet 1918 :
232ème Régiment – Dans la nuit du 7 au 8 juillet, « de 23 H 00 à 23 H 30, des
obus VB sont tirés dans la direction d’une patrouille ennemie éventée dans la
région Nord de Bonzée. La patrouille se disperse »…/… Dans la journée, « tir
surprise [de notre artillerie] sur Manheulles ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Instruction de diverses spécialités et tir ».

Télégramme du Grand Quartier Général à la IIème Armée :


« Renseignements paraissent confirmer que l’offensive ennemie intéressera plus
spécialement le front Ouest du Groupe d’Armée Centre. Dans ce cas, vous
mettrez à ma disposition les 36ème et 131ème* Divisions, et exécuterez le retrait de
la 127ème Division en vue de regroupement à l’arrière ».
*Note – La 131ème Division – rattachée récemment et très temporairement à la
IIème Armée – est au repos, assez loin du front, à Ligny-en-Barrois.

9 juillet 1918 :

232ème Régiment – « Au cours de la nuit, une embuscade est tendue, sans


résultat, par la section d’élite à l’ancienne filature de Bonchamp ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».


Note – Comme d’habitude, le Journal du 277ème reste muet sur l’activité du
Régiment. Dans son secteur, à cette date, le 17 ème Corps signale cependant une
« embuscade sans résultat sur la route Moulainville-Moranville ».

Moulainville (le fort)

- A gauche : soldats en garnison dans le fort de Moulainville (environ 1 kilomètre à


l’Est du village éponyme, tenu par les Français).
- A droite : vue extérieure du même fort.
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Moulainville, les environs / Au centre : explosion d’un obus allemand sur le fort

Moranville (village occupé par les Allemands)

- A gauche : les ruines du village.


- A droite : tranchée allemande devant Moranville.

325ème Régiment – « Instruction [par] section : combat contre des lignes


organisées et combat en terrain libre ».
10 juillet 1918 :
232ème Régiment – « Journée calme* ».
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277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions** ».


325ème Régiment – « Instruction de spécialités, [entraînement au] tir ».
*/** Pour la nuit du 9 au 10, le 17ème Corps signale des « embuscades sans
résultat à l’Est de la ferme de la Fièveterie (lieu-dit d’Eix, secteur tenu par le
277ème Régiment) et à l’Est de Ronvaux (secteur tenu par le 232ème Régiment) ».

11 juillet 1918 :
232ème Régiment – Pendant la nuit du 10 au 11, « une embuscade tendue par la
section d’élite à l’ancienne filature de Bonchamps ne donne pas de résultat…/…
Vers 01 H 00, une reconnaissance ennemie tente de s’approcher de nos lignes
au Nord d’Haudiomont : elle est repoussée par nos tirs de fusils-mitrailleurs et
de VB…/… [Dans la journée], tirs de harcèlement des deux artilleries ».
277ème Régiment – « Dans la nuit du 10 au 11, le Bataillon occupant Châtillon
est retiré du front et relevé par extension [des deux autres bataillons]. Après
relève, les unités sont réparties entre le camp Joffre (à l’Est de Moulainville), le
camp de la Claire-Côte (à l’Est de Sommedieue) et le camp Romain (entre
Châtillon et Watronville) ».

Secteur du 277ème / Localisation des camps Joffre, Claire-Côte et Romain


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Note – Le Corps Médical Divisionnaire signale pour le 277ème « 1 blessé moyen


par balle ». Pas d’autre précision. Information non reprise par ailleurs.

325ème Régiment – « Instruction de spécialités, tir, revue du 4ème Bataillon en


tenue de campagne ».

12 juillet 1918 :
232ème Régiment – Dans la nuit du 11 au 12, « vers 01 H 30, une patrouille
allemande tente d’aborder nos réseaux devant Haudiomont. Accueillie par des
tirs de fusils-mitrailleurs, elle se retire aussitôt…/… A 02 H 45, des bruits,
semblant révéler le passage d’une troupe ennemie, sont entendus en avant du
réseau Nord-Est de Trésauvaux. Quelques coups de fusil et des obus VB sont
tirés dans cette direction : les bruits cessent et ne sont plus entendus ».

Secteur du 232ème
Explosions : patrouilles ennemies éventées pendant la nuit du 11 au 12 juillet.
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« Vers 19 H 20, l’artillerie ennemie exécute un tir sur un avion allemand abattu
entre les lignes. L’appareil est incendié ».
Note – L’avion allemand a été abattu le 11 juillet « à 07 H 40, à la suite d’un
combat aérien » et s’est écrasé au Sud-Est de Trésauvaux.

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».


325ème Régiment – « A 17 H 00, le Régiment est alerté et reçoit l’ordre de se
porter dans la région de Verdun pour constituer la réserve du 17 ème Corps.
Départ des cantonnements à 22 H 10, arrivée le 13 juillet à 11 H 30 ».

Position de la 59ème Division au soir du 13 juillet 1918


Flèche verte : mouvement du 325ème Régiment.

13 juillet 1918 :

232ème Régiment – A l’Est de Bonzée, « une reconnaissance de la section


d’élite, faite au cours de la nuit, ne signale rien d’anormal…/…Dans la journée,
quelques tirs de harcèlement des deux artilleries ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
Note – Le 17ème Corps signale : « Une patrouille (du 277ème) chargée d’enlever
un petit poste au Sud-Est de Blanzée trouve l’emplacement inoccupé ».
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325ème Régiment – « Le Régiment occupe les emplacements suivants : 4ème


Bataillon au bois Delolime, 5ème Bataillon à Fleury, 6ème Bataillon au Ravin du
pied des Vignes (Nord/Nord-Est de Verdun) ».

Le champ de bataille de Verdun (après les combats de 1916)


- A gauche : ruines du village de Fleury (photographie non datée, probablement 1917).
- A droite : ravin du pied des vignes (photographie non datée, probablement 1917).

14 juillet 1918 :

232ème Régiment : Pendant la journée, « tirs de harcèlement de notre


artillerie…/… Au cours de la nuit, le 6ème Bataillon relève sans incident le 4ème
Bataillon [en première ligne]…/… Le 17ème Corps signale des « embuscades au
Sud-Est de Ronvaux », apparemment sans résultat.
277ème Régiment : « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment : « Le Régiment est maintenu dans ses emplacements de la
veille ».

Le Corps Médical Divisionnaire signale « 1 cas d’oreillons au 232ème ».

15 juillet 1918 :

Comme prévu (voir journée du 3 juillet – bulletin secret de la Section


d’Information du GQG), les Allemands lancent à 04 H 45 leur dernière grande
offensive (2nde Bataille de Champagne).
Les troupes françaises, nullement surprises, et retirées sur de solides positions
défensives à l’arrière du front, laissent l’ennemi avancer puis ouvrent un feu
d’enfer...
Finalement, la 59ème Division et la IIème Armée ne sont pas du tout engagées.
Voir page suivante, 16 juillet 1918 : « Proclamation du Grand Quartier
Général ».
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232ème Régiment – Au Nord-Est de Bonzée, « une reconnaissance de la section


d’élite ne relève aucun indice anormal »…/…Quelques tirs de nos batteries sur
la région Nord-Est de Manheulles ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment – « Situation sans changement. Reconnaissances du secteur à
renforcer en cas d’attaque »…/… Quelques tirs de l’artillerie allemande sur le
ravin des Vignes (source : 17ème Corps).

Le Corps Médical Divisionnaire signale 3 artilleurs blessés par éclats d’obus « 2


graves et un léger, dont l’un décède en arrivant à l’hôpital ».

16 juillet 1918 :

A propos de l’offensive allemande en Champagne, proclamation du Grand


Quartier Général :
« L’attaque allemande est brisée !
L’ennemi, ramassant tous ses moyens dans un effort suprême, n’avait rien
négligé pour obtenir une victoire éclatante. Depuis un mois, à la faveur de la
nuit, il avait amené sans relâche des chars d’assaut et des troupes fraîches,
renforcé son artillerie d’un nombre énorme de batteries, accumulé les munitions
jusqu’au voisinage des premières lignes, préparé pour franchir la Marne un
matériel formidable. Jamais échec ne fut plus complet !
« Coup dur pour l’ennemi, belle journée pour la France ! » C’est par ces mots,
empreints d’une fierté joyeuse et reconnaissante, qu’au lendemain de la bataille,
le général G. (commandant la IVème Armée, à gauche de la IIème Armée)
remerciait ses vaillantes troupes de tout son cœur de soldat ».

La IIème Armée communique :


« Reims, Chalons, Verdun ne sont plus menacés…/… Le front de la IIème Armée
n’a pas été modifié, et les Divisions massées sur sa gauche n’ont pas été
engagées ».

232ème Régiment – « Journée calme. Tirs de harcèlement des deux artilleries ».

277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».

325ème Régiment – « Le Régiment reçoit l’ordre de relever le 105ème Régiment


d’Infanterie dans le sous-secteur Talou-Poivre » (voir carte ci-après). Le 5ème
Bataillon monte en ligne entre la cote 344 et la ferme Mormont. Le 6ème
Bataillon est sur sa gauche, dans les faubourgs Nord et Est de Samogneux. Le
4ème Bataillon, en arrière de la deuxième position, occupe le camp de la
Grenouillère (endroit non localisé, probablement proche des Côtes de Talou et
du Poivre). Le poste de commandement du Colonel est à Bras.
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Le 325ème Régiment en première ligne au Nord de Verdun


- A gauche : la ferme Mormont (photographie prise par les Allemands, probablement
en 1916 ou début 1917).
- A droite : les ruines du village de Bras (photographie non datée, probablement
1917).

Nouvelle zone de front du 325ème Régiment (entre Samogneux et Mormont)


Localisation de Samogneux, de la cote 344, de la ferme Mormont, des côtes de Talou et
du Poivre. En bas à droite, Eix et Moulainville tenus par le 277ème Régiment.

17 juillet 1918 :

232ème Régiment – « Assez nombreux tirs de harcèlement de notre artillerie.


L’artillerie ennemie ne riposte pas…/…Favorisée par le beau temps, l’aviation
se montre active au cours de la journée ».
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277ème Régiment – « Dans la nuit du 16 au 17, le 5 ème Bataillon relève le 4ème


Bataillon dans le secteur Eix ».
325ème Régiment – « Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie
(environ 80 obus au cours des 24 heures) ». Au début de la nuit, le 4ème
Bataillon prend position sur la côte du Talou (15ème Compagnie) et sur la côte du
Poivre (13ème et 14ème Compagnies).

Nouveau front du 325ème Régiment


- A gauche : position détaillée du Régiment au matin du 18 juillet (en rouge, la ligne de
front).
- A droite : la côte du Poivre (photographie non datée, probablement 1917).

18 juillet 1918 :

232ème Régiment – Dans la nuit du 17 au 18, « vers 22 H 00, une reconnaissance


sort de nos lignes, avec mission d’enlever un poste ennemi au Sud de Fresnes.
[L’endroit] est trouvé inoccupé. Pendant le retour, la reconnaissance [entend]
des bruits semblant révéler le passage d’une patrouille ennemie [et] s’établit en
embuscade. Les bruits cessent et ne se renouvellent plus ».

277ème Régiment – Dans la nuit du 17 au 18, le sous-lieutenant M. exécute un


coup de main sur un petit poste allemand devant la tranchée de la demi-lune. Le
but est de ramener des prisonniers.
« Effectif : a/ 1 officier (sous-lieutenant M.) – 28 hommes – chargés de
l’opération. b/ 1 section de soutien chargée d’assurer le repli le cas échéant (1
officier – 25 hommes – 4 brancardiers) ».
Voici le rapport du sous-lieutenant M. :
« Départ 22 H 00 par la tranchée Fièveterie. Très grande visibilité (clair de
lune) qui m’incite à attendre 23 H 30 pour quitter nos lignes…/… [Nous]
pratiquons une brèche dans les réseaux : 4 réseaux – le premier quelconque, les
trois autres en bon état (largeur de chaque réseau : 12 mètres). Nous coupons
une ligne téléphonique…/…Nous atteignons la route Etain-Verdun à environ
150 mètres à l’Ouest de la Station. Nous suivons la route pour prendre à revers
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le petit poste ennemi. Au moment où la tête de la colonne [atteint un] chemin


creux, une patrouille de liaison ennemie, venant de la Station, est aperçue à 15
mètres de la queue de la colonne. Elle donne l’alarme en s’enfuyant. Après une
course rapide, dans l’impossibilité de rejoindre, je fais ouvrir le feu avec un
fusil-mitrailleur, réussissant à blesser un sous-officier allemand, que nous
ramenons dans nos lignes sans être inquiétés. [Nous percevons] des cris
d’alarme et d’affolement, d’une part au petit poste de la lune, d’autre part à la
Station. Rentrée dans nos lignes à 03 H 30.
Observations – La manœuvre était parfaitement réussie et, de toute évidence, le
poste eût été capturé facilement sans cette malencontreuse patrouille de
liaison ».
Note – Le Journal du 17ème Corps donne quelques précisions supplémentaires :
« Une reconnaissance, chargée d’enlever le poste ennemi de l’ouvrage de la
demi-lune, contourne par le Sud cet ouvrage sans avoir été éventée. Mais elle
rencontre à ce moment un sous-officier et un homme de liaison qui donnent
l’alarme et s’enfuient. Notre reconnaissance blesse le sous-officier et le ramène
dans nos lignes sans incidents et sans perte ».

Coup de main du sous-lieutenant M.


En bleu : tranchées et boyaux français de première ligne.
En rouge : tranchées et boyaux allemands connus et cartographiés.
Flèches vertes : trajet probable de la reconnaissance jusqu’à sa rencontre avec la
patrouille ennemie (explosion).
Flèche orange : suite prévue (mouvement non réalisé).
xxxxxx : réseaux barbelés franchis par la reconnaissance.
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325ème Régiment – Dans la nuit du 17 au 18, « vers 4 heures du matin, tirs de


minen (environ 80 torpilles) sur la cote 344 (ouvrage du Buffle) : un homme de
la 17ème Compagnie [Antoine G. est] tué, un autre – Florin N. – est blessé…/…
Journée calme. 80 obus environ dans le sous-secteur ».

Cote 344 (à gauche) et Ouvrage du Buffle (à droite)


Photographies aériennes d’août 1917 (altitude de prise de vue : 400 mètres).

Cote 344 (photographies prises en août 1917)


- A gauche : abri effondré suite à l’explosion d’un obus de gros calibre ou d’un minen.
- A droite : poste de secours français.

Lettre du Général commandant la IIème Armée au Général commandant le


Groupe d’Armées de l’Est : « La garde de 120 kilomètres de front est assurée
par huit Divisions seulement. J’estime qu’il ne faudrait pas descendre au-
dessous de onze Divisions pour assurer le minimum de sécurité ».
19 juillet 1918 :
232ème Régiment – Dans la nuit du 18 au 19 juillet, « vers 23 H 00, une
reconnaissance sort de nos lignes avec mission d’enlever le petit poste ennemi
[au Sud de Fresnes]. Elle trouve à nouveau cet emplacement inoccupé de même
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que les emplacements voisins…/…Pendant la journée, « quelques tirs de


harcèlement des deux artilleries ».

277ème Régiment – Le Journal du Régiment ne consigne aucun événement. Le


Service Médical Divisionnaire signale toutefois « 3 blessés par éclat d’obus :
deux légers et un moyen ». Pas d’autre précision.

325ème Régiment – « Journée calme. Activité de l’artillerie ennemie supérieure


aux jours précédents (170 obus sur différents points du sous-secteur). Assez
grande activité des deux aviations ».
Note – Le 325ème Régiment est momentanément détaché de la 59ème Division
pour former, avec le 12ème Escadron de Cuirassiers à Pieds, une nouvelle
Division : le Groupement Meuse.
A cette date, la 59ème Division est donc réduite à deux Régiments d’Infanterie :
232ème et 277ème.

Note du Grand Quartier Général pour les Groupes d’Armées et les Armées :
« Depuis mars, il a été fait une consommation abusive de munitions, d’où
diminution des stocks et usure du matériel. Une sage gestion des munitions est
un des devoirs essentiels du commandement ».

20 juillet 1918 :

232ème Régiment – « Journée calme. Assez nombreux tirs de harcèlement des


deux artilleries ». Le 17ème Corps signale aussi : « Tirs de destruction sur les
réseaux (barbelés) ennemis au Sud de Manheulles ».

277ème Régiment – Le Lieutenant-colonel C. (commandant le Régiment) prend


momentanément la tête de l’Infanterie Divisionnaire. « En [son] absence, le
Chef d’Escadron M. exerce le commandement provisoire du Régiment ».

325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Journée calme. L’activité de


l’artillerie ennemie continue à être supérieure à la normale (200 obus environ).
Nombreuses rafales de mitrailleuses ennemies au cours de la nuit. 34 torpilles,
gros et petit calibre, sur les Ouvrages du Buffle (Cote 344). Activité moyenne
des deux aviations ». Le 17ème Corps signale aussi des tirs « par obus spéciaux
(gaz) sur les premières lignes ennemies au Nord-Est de Samogneux (devant les
positions tenues par le 325ème Régiment) ».

21 juillet 1918 :

232ème Régiment – Pendant la nuit, « une embuscade tendue au Nord-Est de la


tranchée Massenove (endroit non localisé) ne donne pas de résultat ».
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277ème Régiment – Dans son JMO (Journal de Marche et Opérations), le


Régiment ne consigne aucun événement.

325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Journée calme…/…59 torpilles, petit


et moyen calibre, [sur la] Cote 344. Activité de l’aviation ennemie supérieure
aux jours précédents ».

22 juillet 1918 :

232ème Régiment – « Deux embuscades sont tendues dans la première partie de


la nuit : l’une à l’ancienne filature de Bonchamp (au Sud-Ouest de Manheulles),
l’autre [devant] Haudiomont (au Nord-Ouest de Manheulles). Elles ne donnent
aucun résultat »…/… Dans la journée, « aucune activité de l’artillerie
ennemie ».

277ème Régiment – Le Régiment ne consigne aucun événement.

325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Journée calme. Les tirs de


harcèlement de l’artillerie ennemie sont en décroissance (60 obus environ dans
la journée). Quelques rafales de mitrailleuses et 7 torpilles de gros calibre au
cours de la nuit ».

23 juillet 1918 :

232ème Régiment – Pendant la nuit, « une embuscade est tendue, sans résultat,
au Nord-Est [de la gare] d’Haudiomont. Au cours de la journée, quelques tirs de
l’artillerie allemande ».

277ème Régiment – Le Régiment ne consigne aucun événement.

325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Au cours de la nuit, nombreuses


rafales de mitrailleuses et une centaine de torpilles…/…Journée calme. Assez
grande activité de l’artillerie ennemie (120 obus environ dans le secteur) ».

24 juillet 1918 :

232ème Régiment – Dans la nuit du 23 au 24 juillet, « une embuscade tendue au


Nord de Villers-sur-Bonchamp (entre Haudiomont et Bonzée, au Sud-Ouest de
Manheulles), ne donne pas de résultat…/…Vers minuit, une vingtaine d’obus VB
sont tirés dans la direction de bruits suspects entendus en avant des réseaux
d’Haudiomont…/…Dans la journée, « aucune activité d’artillerie ».
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277ème Régiment – Le Régiment ne consigne aucun événement.

325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Journée calme…/…Dans la nuit du


24 au 25, à minuit 30, un coup de main avec préparation d’artillerie exécuté sur
la ferme d’Anglemont (au bas de la cote 344, côté allemand) et ses abords ne
donne aucun résultat : la patrouille, en raison de l’épaisseur des réseaux, ne
peut parvenir jusqu’aux ruines et rentre sans incidents ».

Ferme d’Anglemont
- En haut : vue panoramique (photographie non datée, probablement avant guerre).
- En bas à gauche : soldats français devant la ferme (photographie non datée,
probablement en 1914).
- En bas à droite : officiers français à l’entrée de la ferme (photographie non datée,
probablement à la fin de la guerre ou après guerre).

Lettre du Général commandant la IIème Armée au Général commandant le


Groupe d’Armées de l’Est :
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« On signale une attaque possible de l’ennemi pour réduire le saillant de


Verdun. Pour engager la bataille dans de bonnes conditions, il faut 15 Divisions
nouvelles en plus des 8 Divisions* actuellement en ligne…/… Dans tous les cas,
je signale l’opportunité de ne plus dégarnir désormais le front de
l’Armée…/… ».
*Note – En fait, dans le secteur de la IIème Armée, il y a 9 divisions en ligne : le
Général « oublie » probablement la 2ème Division de Cuirassiers à Pieds qui tient
le secteur au Sud de la 59ème Division d’Infanterie (voir carte ci-dessous) :

Front de la IIème Armée au matin du 25 juillet 1918


- En rouge : ligne de front.
- En pointillés rouges : lignes de front de la 59ème Division (232ème et 277ème Régiments)
et du Groupement Meuse (325ème Régiment + 12ème Cuirassiers à pieds).
- Lignes brisées noires : limites de la zone d’influence de l’Armée.
- Lignes brisées bleues : limites des zones d’influence des Corps d’Armée.
- En orange : Divisions constituant le 13ème Corps (35ème, 36ème, 157ème).
- En bleu : Divisions constituant le 17ème Corps (Groupement Meuse, 29ème, 59ème).
- En vert : Divisions constituant le 2ème Corps (2ème Cuirassiers, 26ème, 34ème).

25 juillet 1918 :
232ème Régiment – Dans la nuit du 24 au 25 juillet, « une de nos
reconnaissances qui opérait en avant de nos lignes dans la région Sud-Est de
Ronvaux, entre en contact avec une forte patrouille ennemie sur laquelle elle
ouvre immédiatement le feu. La patrouille allemande riposte par un tir très vif
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de fusils et de mitrailleuses légères, sous la protection [desquels] elle se


replie…/…Dans la journée, « faible activité des deux artilleries ».
277ème Régiment – Le Régiment ne consigne aucun événement.
325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Au cours de la nuit, rafales de
mitrailleuses et tirs de minen sur le Buffle (cote 344)…/…Journée calme.
L’artillerie ennemie se montre active (70 obus environ) ».
Note de la IIème Armée pour les Corps d’Armée :
« Il faut saisir toutes les occasions de faire des prisonniers, et ne rien négliger
pour savoir ce qui se passe devant nous ».
26 juillet 1918 :
232ème Régiment – Dans la nuit du 25 au 26 juillet, « une embuscade tendue 400
mètres Nord-Est de Villers ne donne aucun résultat…/…Quelques tirs de
réglage de notre artillerie au cours de l’après-midi ».
277ème Régiment – « Au cours de la nuit du 25 au 26, le 4ème Bataillon relève
dans [le secteur] Watronville le 6ème Bataillon ».

Position de la 59ème Division au matin du 26 juillet


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325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Journée calme. L’activité de


l’artillerie ennemie s’est légèrement accrue (environ 130 obus)…/…Dans la
nuit, tirs habituels de minen sur l’ouvrage du Buffle ».
Réponse du Général commandant le Groupe d’Armées de l’Est à la demande de
renforts du Général commandant la IIème Armée (voir journée du 24 juillet) :
« Les renseignements signalant des possibilités d’attaque dans la région de
Verdun demandent à être précisés et contrôlés, ainsi que les estimations très
générales en vue d’un renforcement ».
27 juillet 1918 :
232ème Régiment – « Dans la nuit du 26 au 27, une de nos patrouilles explore la
région entre la ferme d’Orgevaux (Sud de Bonzée) et la cote 232 (Nord-Est de
Ronvaux) et tend, sans résultat, une embuscade en ce dernier point…/…Aucune
activité d’artillerie ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – Dans la nuit, « activité habituelle des
minen sur l’ouvrage du Buffle…/…Journée calme. L’activité de l’artillerie
ennemie continue à s’accroître sur nos premières lignes (180 obus environ) :
pas d’accident à signaler ».
28 juillet 1918 :
232ème Régiment – « Dans la nuit du 27 au 28, vers 22 H 00, une de nos
reconnaissances franchit les réseaux ennemis et explore la tranchée de la
Croizille (Nord-Ouest de Manheulles) qu’elle trouve inoccupée. Elle s’installe
alors en embuscade et bondit à la baïonnette sur une patrouille allemande (2
sous-officiers et 13 hommes) qui [s’avance] en longeant la tranchée. [L’ennemi]
tire quelques coups de feu et s’enfuit en laissant entre nos mains 3 prisonniers
valides, une mitrailleuse légère, et 4 morts sur le terrain. Notre reconnaissance
rentre sans incidents sous la protection d’un barrage d’artillerie qu’elle
demande par fusée. Cette petite opération nous coûte deux blessés [dont un
blessé grave] et deux tués (ramenés) »…/…Le reste de la journée est calme.
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Au cours de la nuit, une patrouille
allemande, aperçue sur les pentes au Nord-Ouest de la cote 344, est dispersée
par un tir de VB…/… Nombreux minen sur les ouvrages du Buffle : un caporal
de la 15ème Compagnie – Hyacinthe C. – est peu grièvement blessé ».
29 juillet 1918 :
232ème Régiment – Dans la nuit, « une embuscade est tendue, sans résultat, aux
abords de la cote 233 (Sud de Ronvaux)…/…Au cours des 24 heures, aucune
activité d’artillerie ».
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277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».


325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Journée calme. L’artillerie ennemie
continue à se montrer assez active (tirs de harcèlement : 200 obus environ dans
le sous-secteur). Continuation de l’activité des minen sur l’ouvrage du Buffle ».
Note de service du Général commandant la IIème Armée à tous ses subordonnés :
« Lorsque, au cours d’un coup de main, nos détachements trouvent les tranchées
ennemies évacuées, ils doivent tendre une ou plusieurs embuscades, car le but
est de faire des prisonniers ».
30 juillet 1918 :
232ème Régiment – Durant la nuit du 29 au 30, « une embuscade tendue vers le
point 19.01 (endroit non localisé, probablement aux alentours de Bonzée) ne
donne pas de résultat…/… Aucune activité d’artillerie ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Nombreuses rafales de mitrailleuses
au cours de la nuit…/…Journée calme. Activité habituelle de l’artillerie
ennemie (110 obus environ). Grande activité de l’aviation ennemie ».
Un soldat blessé : François F., sans autre précision.
Note – Sur le front du 325ème Régiment, le 17ème Corps donne ces informations
supplémentaires : « La garnison des premières lignes ennemies situées devant
Samogneux se montre fréquemment depuis quelques jours…/…Nombreux
harcèlements et réglages d’artillerie sur les ravins avancés et les pistes de
ravitaillement, principalement dans la région du Talou ».
31 juillet 1918 :
232ème Régiment – « Journée calme ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – Pendant la nuit, « reconnaissance des
réseaux ennemis au Nord de Samogneux et de la cote 344…/... Journée calme.
Faible activité de l’artillerie ennemie (90 obus environ). En soirée, tirs de notre
artillerie par obus toxiques sur les minen du bois des Caures (derrière la ferme
d’Anglemont) et les lignes ennemies au Nord de 344 ».
1er août 1918 :
232ème Régiment – « Une embuscade est tendue au point 14-88 (endroit non
localisé, probablement devant Bonzée) : elle ne donne pas de résultat…/…
Quelques tirs de harcèlement des deux artilleries au cours de la journée ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Vers minuit 15, [l’ennemi] déclenche
un violent bombardement sur la droite et sur la gauche [du secteur]. Ce
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bombardement [s’étend] rapidement sur [toute la ligne de front] et [affecte]


notamment la région de Samogneux. A 02 H 00, il se termine.
L’intervention puissante de l’artillerie ennemie, et le tir des mitrailleuses
allemandes [font] d’abord croire à un coup de main de grande envergure. [Mais
l’hypothèse est vite écartée : nos fantassins ne livrent aucun combat].
[Une reconnaissance, menée plus tôt par deux sections, et éventée] dans les
lignes ennemies, a probablement fait croire aux Allemands à une attaque de
notre part. Supposition d’autant plus acceptable que, dans la soirée du 31, notre
artillerie avait aveuglé les observateurs à l’aide d’obus fumigènes sur les minen
du bois des Caures. Les Allemands ont réagi par le tir de leur artillerie et par
celui de leurs mitrailleuses. Cette réaction, exécutée avec des obus de tous
calibres (environ 2000 obus), par sa violence et son étendue, nous a causé des
pertes sensibles…/… Toute la journée, l’artillerie ennemie continue à se
montrer très agressive (300 obus environ), notamment sur la côte du Poivre ».
2 soldats tués, 1 officier et 15 soldats blessés (dont 3 très grièvement) ».

Tir d’artillerie sur la côte du Poivre (photo non datée) – Au premier plan : un cadavre.

2 août 1918 :
232ème Régiment – « Nos patrouilles ne signalent rien d’anormal ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
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325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Au cours de la nuit, nombreuses


rafales de mitrailleuses. Une reconnaissance effectuée sur le ravin de
Dassérieux (au bas de la cote 344, côté allemand) et la caserne Linder (endroit
non localisé) ne relève aucun indice du passage de l’ennemi…/… Journée
calme. Activité habituelle de l’artillerie ennemie ».
3 août 1918 :
232ème Régiment – Pendant la nuit du 2 au 3, « une embuscade tendue vers la
cote 233 (Sud de Ronvaux, à l’Est d’Haudiomont) ne donne pas de
résultat…/…Journée : une cinquantaine d’obus ennemis sur la région de Mesnil
(lieu-dit du village de Bonzée) ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – Au cours de la nuit, « une embuscade
tendue aux environs de la tranchée des Huns (Nord de la cote 344) ne donne
aucun résultat…/… Journée calme. Activité de l’artillerie ennemie légèrement
supérieure à la journée du 2 août : tirs semblant viser tout particulièrement la
tranchée de Taoul, les ravins convergeant vers la cote 344, et l’écluse de
Samogneux ».

Samogneux, l’écluse (photographie datée de 1916)

Note du Général commandant la IIème Armée aux généraux commandant les


Corps d’Armée : « Instruction personnelle et secrète – Préparation à la
résistance – Vérifier à tous les échelons du commandement que toutes les
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mesures prévues sont appliquées de façon que, quelle que soit la forme [d’une
éventuelle] attaque, celle-ci se heurte à des défenseurs prévenus, bien reliés
entre eux, et munis de tout ce qui leur est nécessaire pour remplir leur mission
avec succès ».
4 août 1918 :
232ème Régiment – « Journée très calme. Quelques tirs de harcèlement des deux
artilleries ».
277ème Régiment – « Au cours de la nuit du 3 au 4 août, le 6ème Bataillon relève
le 5ème Bataillon dans le secteur Eix ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – Au cours de la nuit, « reconnaissance
de la région de la ferme d’Anglemont…/…Journée calme. Activité habituelle de
l’artillerie ennemie, léger harcèlement par petit calibre sur 344 ».

Secteur tenu par le 325ème Régiment entre Samogneux et la ferme Mormont.


Localisation de la ferme d’Anglemont, du bois des Caures, de la Cote 344, etc.

Le Service Médical Divisionnaire signale « 4 évacués malades, tous


d’oreillons ».
Le général commandant la IIème Armée écrit au général commandant le Groupe
d'Armées de l'Est : « Etant donné nos renseignements et la faible « écorce » de
nos Divisions en ligne, j’insiste pour avoir sans retard au moins deux Divisions
en réserve d’Armée ».
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5 août 1918 :
232ème Régiment – « Journée calme. Quelques 77 (obus allemands de petit
calibre) sur la vallée du Longeau (rivière coulant entre les Eparges, Trésauvaux
et Fresnes) ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – Au cours de la nuit, « quelques minen
sur l’ouvrage du Buffle (cote 344). Embuscade sans résultat au Nord-Est de
Samogneux…/…Journée calme. Faible activité de l’artillerie ennemie. Faible
activité des deux aviations ».
Le Service Médical annonce un nouveau cas d’oreillons au 232ème.
6 août 1918 :
232ème Régiment – « Journée calme. Quelques rafales d’artillerie sur
Haudiomont…/…Le Régiment reçoit un ordre préparatoire à la relève de la
59ème Division par la 10ème Division d’Infanterie Coloniale ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ». Dans ce secteur, le
17ème Corps signale toutefois : « Reconnaissance [nocturne] de la tranchée du
« Mauvais Lieu », au Nord-Ouest de Blanzée, où un petit poste [ennemi] semble
occupé par intermittence ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – Pendant la nuit, « embuscade sans
résultat au Sud de la ferme d’Anglemont…/… Journée calme. L’artillerie
ennemie continue à se montrer peu active. Aucune activité de l’aviation ».
La IIème Armée relaie ce message du Grand Quartier Général : « Le général
Pétain disait hier « Obstination, patience, les camarades arrivent ! ». Il dit
aujourd’hui : « Ténacité, audace, et vous forcerez la Victoire ! » ».
7 août 1918 :
232ème Régiment – « Embuscade [nocturne] sur la route Châtillon-Blanzée, sans
résultat…/… Le Régiment reçoit l’ordre de relève de la 59ème Division. Il doit
être relevé par le 33ème Régiment d’Infanterie Coloniale dans les conditions
suivantes : nuit du 8 au 9, relève du 6ème Bataillon ; nuit du 9 au 10, relèves des
4ème et 5ème Bataillons ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – « Quelques rafales de mitrailleuses au
cours de la nuit. Embuscade au Nord de la cote 344, sans résultat…/…Journée
calme. Faible activité de l’artillerie ennemie. Rien à signaler ».
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Le Service Médical Divisionnaire signale 3 cas de grippe (sans plus de


précisions) et « 22 indisponibles par suite de vaccination antityphoïdique au
277ème ».
8 août 1918 :
232ème Régiment – Dans la journée, « préparatifs pour la relève et
reconnaissance du secteur par des officiers du 33 ème Régiment d’Infanterie
Coloniale…/…Au [début] de la nuit, relève sans incident des éléments du 6ème
Bataillon. Après la relève, le 6ème Bataillon [vient cantonner] au camp des
Sénégalais (Nord-Est de Sommedieue) ».
277ème Régiment – « [Au début de] la nuit du 8 au 9 août, les 5ème et 6ème
Bataillons sont relevés par [deux bataillons du] 53ème Régiment d’Infanterie
Coloniale, et viennent cantonner aux alentours d’Haudainville ».
325ème Régiment (Groupement Meuse) – « [Nouvelle] embuscade au Nord de la
cote 344, sans résultat…/…A 04 H 15, une sentinelle ramène un Allemand
déserteur. Arrivé depuis deux jours seulement dans ce secteur, cet homme ne
peut donner aucun renseignement sur l’occupation allemande…/…Journée
calme. Faible activité de l’artillerie ennemie ».
9 août 1918 :
Le Groupement Meuse est dissous. Les unités qui le composent (dont le 325 ème
Régiment) sont à nouveau rattachées à leurs Divisions organiques.
232ème Régiment – Dans la journée, « Continuation des préparatifs de
relève…/…Au [début] de la nuit, les 4ème et 5ème Bataillons sont relevés sans
incident et vont occuper les cantonnements de Dieue (4 ème Bataillon) et de
Sommedieue (5ème Bataillon)…/… A 21 H 00, le 6ème Bataillon s’embarque en
autos pour rejoindre son cantonnement définitif à Belval ».
277ème Régiment – « [Dans la nuit du 8 au 9], à 03 H 55, après un violent et
court bombardement (environ 3000 coups), nos groupes de combat de Ronvaux
sont assaillis par un strosstrup ennemi. Malgré une énergique résistance, et
après un violent corps à corps, l’ennemi réussit à nous faire 9 prisonniers ».
Bilan total de l’opération : 1 tué, 9 disparus, 11 blessés.*
*Note – Aussi incroyable que ce soit, le Journal du 277ème Régiment ne dit pas
un mot de ce sanglant « coup de main », et se contente de notifier le nom des
morts, des disparus et des blessés, dans son compte-rendu mensuel des pertes,
sans autre explication… L’information n’apparaît que dans les Journaux de la
59ème Division, du 17ème Corps d’Armée (la plus détaillée, ci-dessus), et de la
IIème Armée.
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277ème Régiment (suite de la journée du 9 août) – « A 21 H 00, les unités


relevées la veille (5ème et 6ème Bataillons) s’embarquent en camions automobiles
pour gagner le cantonnement de Charmontois…/… [Dans] la nuit du 9 au 10
août, le 4ème Bataillon est relevé et vient cantonner à Haudainville ».
325ème Régiment – « Journée calme, mais activité d’artillerie bien supérieure
aux jours précédents. Nombreux tirs de harcèlement sur tout le secteur…/… Au
début de la nuit, les 5ème et 6ème Bataillons sont relevés par deux bataillons du
38ème Régiment d’Infanterie. Les Bataillons relevés vont cantonner à Jardin-
Fontaine (lieu-dit rattaché à la commune de Thierville, à environ 2 kilomètres
au Nord-Ouest de Verdun) ».

Regroupement de la 59ème Division à l’arrière du front


En rouge : ligne de front.
Flèches vertes : mouvements des trois Régiments entre le 8 et le 11 août 1918.
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10 août 1918 :
232ème Régiment – « Vers 03 H 00, le 6ème Bataillon débarque à Belval…/…
Vers 21 H 00, les 4ème et 5ème Bataillons s’embarquent en autos à destination de
Charmontois ».
277ème Régiment – « A 08 H 00, le colonel M. (commandant le Régiment) passe
le commandement du secteur Eix-Watronville au colonel du 53ème Régiment
d’Infanterie Coloniale ».
325ème Régiment – « A partir de 22 H 00, les 5ème et 6ème Bataillons sont
embarqués en camions et sont dirigés sur Villers-en-Argonne…/…Dans la nuit
du 10 au 11, relève du 4ème Bataillon par un bataillon du 38ème Régiment
d’Infanterie. Après relève, le 4ème Bataillon vient cantonner à Jardin-Fontaine ».
11 août 1918 :
232ème Régiment – « Les 4ème et 5ème Bataillons débarquent à Charmontois.
Installation dans les cantonnements. Travaux de propreté ».
277ème Régiment – « Le 4ème Bataillon, embarqué en camions automobiles, vient
cantonner à Sénard ».
325ème Régiment – « Repos dans les cantonnements pour les 5ème et 6ème
Bataillons…/… A partir de 22 H 00, le 4ème Bataillon est embarqué en camions
et dirigé [aux alentours de Villers-en-Argonne], son cantonnement définitif ».

Du 12 au 15 août 1918 :
Pour tous les Régiments : repos, travaux de propreté, revues, exercices de
combat, théorie du combat.

Du 16 au 19 août 1918 :
La 59ème Division quitte le 17ème Corps, la IIème Armée et le Groupe
d’Armées de l’Est.
Embarquée par chemin de fer en gares de Sommeilles (232 RI), Givry (277 RI)
et Villers (325 RI), la Division débarque dans la zone de Liancourt (Oise).

20 août 1918 :
232ème Régiment – « Manœuvre des Bataillons aux abords des cantonnements
de Liancourt. ».

277ème Régiment – « Le Régiment stationne sur ses emplacements ».

325ème Régiment – « Exercices de combat en terrain libre. Instruction en


groupes de combat ».
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Front de l’Ouest le 20 août 1918


En rouge : ligne de front.
Flèche verte : mouvement de la 59ème Division (du 16 au 19 août 1918)

21 août 1918 :
232ème Régiment – « A 16 H 00, le Régiment quitte Liancourt et se porte à
Grandfresnoy (4ème et 5ème Bataillon) et Sacy-le-Petit (6ème Bataillon) ». – Ces
deux villages étapes sont sur la route Liancourt-Compiègne.
277ème Régiment – Le Régiment quitte Liancourt et arrive à Remy (5ème et 6ème
Bataillons) et Lachelle (4ème Bataillon) dans la nuit du 20 au 21 août. – Ces deux
villages étapes sont au Nord de Grandfresnoy.
325ème Régiment – A 17 H 00, le Régiment quitte la zone de Liancourt pour se
rendre à Jonquières (6ème Bataillon) et Arsy (4ème et 5ème Bataillons). – Ces deux
villages étapes sont sur la route Liancourt-Compiègne.
22 août 1918 :
232ème Régiment – « Repos au cantonnement ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions ».
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325ème Régiment – « Repos dans la matinée…/… A partir de minuit, le Régiment


fait mouvement, par voie de terre, pour venir bivouaquer dans la région de St
Jean-aux-Bois ».
23 août 1918 :
232ème Régiment – « A minuit, le Régiment quitte les cantonnements de
Grandfresnoy et Sacy et se porte sur St Jean-aux-Bois où il arrive vers 09 H 00.
Une partie du Régiment cantonne dans St Jean-aux-Bois, l’autre partie
bivouaque [en] forêt de Compiègne ». A 21 H 00, le Régiment se remet en
marche en direction d’Ambleny.

277ème Régiment – Dans la nuit du 22 au 23, « le Régiment se porte à la Croix


(aux environs de St Jean-aux-Bois) où il [cantonne]. Mouvement terminé à 6
heures ».

325ème Régiment – « A partir de 21 H 00, le Régiment fait mouvement, par voie


de terre, pour aller bivouaquer dans la région de Ressons-le-Long (limitrophe
d’Ambleny, au Nord-Ouest) ».

24 août 1918 :
232ème Régiment – « Le Régiment arrive vers 10 H 00 à Ambleny. Repos au
cantonnement ».

277ème Régiment – Dans la nuit du 23 au 24, le Régiment se remet en marche en


direction de Berneuil-sur-Aisne (quelques kilomètres au Nord-Ouest de Ressons
et d’Ambleny). « Mouvement terminé à 6 heures ».

325ème Régiment – « Repos et travaux de propreté ».

25 août 1918 :
232ème Régiment – « Le Régiment se porte dans la région de Tartiers…/…Dans
la nuit du 25 au 26, il relève en première et deuxième lignes [des éléments] de la
127ème et 162ème Division ».
Pertes de la journée (sans plus de précisions, probablement lors de la relève) : 2
tués et 3 blessés.

277ème Régiment – « Le Régiment vient s’établir dans la région de Nouvron-


Vingré (village limitrophe de Tartiers, au Sud-Ouest), dans les tranchées des
Echassiers, des Chacals, et le Boyau de l’Egoïsme ». Le Régiment est en réserve
de la 59ème Division.
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325ème Régiment – « Dans la nuit du 25 au 26, le 325ème relève dans les ravins
de Tartiers, en première et deuxième lignes, des éléments du 127ème et du 327ème
Régiment ».

Remontée en première ligne de la 59ème Division


En rouge : ligne de front.
Flèches vertes : mouvements du 21 au 25 août 1918.

Note – La 59ème Division va participer à la « deuxième bataille de Noyon ». Elle


est mise à disposition des :
- 1er Corps d’Armée, Xème Armée, Groupe d’Armées de Réserve (GAR).
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Page précédente : front de la Xème Armée au soir du 25 août.


- En rouge : ligne de front / En pointillés rouge : zone de front de la 59ème Division.
- Lignes brisées (bleu foncé) : limites d’Armées et de Corps d’Armée.
- En bleu clair : position du 1er Corps (3 Divisions en première ligne).
- En gris : troupes allemandes.

Le général Mangin (commandant la Xème Armée) communique : « La Xème


Armée devra rompre le front ennemi entre l’Aisne et la forêt de St Gobain [pour]
s’emparer du plateau de Laffaux, puis marcher vers le Nord-Est sur l’axe
Terny-Sorny – Laon ».

La Xème Armée communique : « Le 1er Corps attaquera le 26 matin pour


atteindre Clamecy ».
Note – Cette attaque sera reportée, d’abord au 27, puis au 28 août. Finalement,
ce seront les Allemands qui attaqueront les premiers…

26 août 1918 :

232ème Régiment – « Les Allemands enlèvent une partie de la Chaussée


Brunehaut à l’Est des Carrières. Une contre-attaque est montée par le
lieutenant-colonel et exécutée par le capitaine M. avec préparation d’artillerie
et barrage roulant. La Chaussée Brunehaut est reprise à 19 H 00 ».*
*Note – Cette version diffère de celle donnée par la 59ème Division (voir plus
loin**), du moins dans la datation des événements. La confusion de la bataille
peut expliquer ceci. Quoi qu’il en soit, le récit de la Division, beaucoup plus
détaillé et dont la chronologie est avérée par d’autres sources, semble le plus
crédible…
Pertes du jour : 14 tués, 73 blessés, 71 disparus (présumés morts).

277ème Régiment – « Le Régiment stationne sur ses positions ».

325ème Régiment – « Le Régiment occupe les avant-postes avec deux bataillons.


A droite, le 5ème Bataillon (avec deux Compagnies en ligne, depuis le point 7802
jusqu’au point 7609, face à la Chaussée Brunehaut). A gauche, le 6 ème Bataillon
(ayant deux Compagnies en ligne à l’Est du ravin de Villers-la-Fosse, entre le
point 7609 et le point 7916, la 22ème à droite, la 23ème Compagnie à gauche, la
21ème Compagnie en réserve à Villers-la-Fosse. Le 4ème Bataillon [reste] en
réserve à la Carlette.
L’ennemi occupe en force les tranchées formées par la face Est de la Chaussée
Brunehaut.
Bombardements violent de la part de l’ennemi, notamment par obus toxiques.
Pertes du jour : 1 tué, 31 blessés.

** Version donnée par la 59ème Division :


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« Opérations de la 59ème Division les 26 et 27 août – Dans la nuit du 25 au 26


août, la 59ème Division d’Infanterie relève la 162ème Division dans le secteur de
Tartiers sur le front : cote 1628, Chaussée Brunehaut, Ruisseau de Juvigny. La
59ème Division a en face d’elle la 7ème Division d’Infanterie*** jusqu’à la cote
1628, et la 7ème Division de Réserve*** plus au Sud »…/…
***Note – Il s’agit évidemment de 2 Divisions allemandes.
…/… « Elle a, à sa gauche, la 127ème Division, à sa droite la 41ème Division.
Elle a en ligne le 232ème et le 325ème avec chacun deux Bataillons en ligne, et le
277ème en réserve à l’Est de la Croix de l’Arbre.
Dans la nuit du 26 au 27, l’ennemi prononce une attaque sur notre gauche et
s’empare d’un élément de notre front sur la Chaussée Brunehaut.
Le lendemain 27 août, à midi, une tentative pour reprendre cet élément échoue.
A 19 H 00, en liaison avec la 127ème Division, le 5ème Bataillon du 232ème
reprend la Chaussée Brunehaut, et fait [27 prisonniers dont 1 officier] ».

Front probable* de la 59ème Division dans la nuit du 26 au 27 août


- Flèche grise : attaque allemande.

*Note – La carte ci-dessus donne une image probable, mais incertaine de la


position des unités. En pleine offensive, la localisation précise d’une ligne de
front est évidemment impossible car la situation évolue d’heure en heure. Quant
aux renseignements sur les mouvements de troupes, ils sont rares, souvent
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incomplets, et parfois contradictoires selon les sources : à vrai dire, les hommes
pris dans cette gigantesque boucherie ne devaient même pas savoir, eux-mêmes,
où ils étaient…

Les pertes aussi sont incertaines.


Ainsi, pour la seule journée du 26, le Corps Médical Divisionnaire donne des
chiffres différents de ceux annoncés par les Régiments : 97 blessés et 73 gazés
(contre 15 tués, 71 disparus, 104 blessés et aucun gazé).
Certains blessés sont probablement morts avant d’arriver à l’hôpital, d’autres ont
pu être évacués par d’autres antennes médicales. De plus, les Régiments n’ont
pas décompté leurs « gazés » (pratique assez courante à l’époque). Quant aux
morts et disparus, ils ne concernent plus les médecins.

Autres chiffres : pour l’ensemble de la Xème Armée, les pertes totales annoncées
s’élèvent à 294 tués, 1453 blessés et 705 disparus (présumés morts ou
prisonniers).

27 août 1918 :

232ème Régiment – « Réception de l’Ordre d’Opération n° 1773 : le Régiment


doit attaquer [aujourd’hui] par Bataillons accolés, 6ème Bataillon à gauche, 5ème
Bataillon à droite. Le 4ème Bataillon reste en réserve. Le 5ème Bataillon du
277ème, réserve de Division, [se place] derrière la gauche [du dispositif, prêt à
entrer en action]. L’objectif du jour est d’atteindre le « bois du Couronné, la
Maison Blanche, et les ravins Sud de Juvigny »…/...
Finalement, « l’attaque est remise au 28 ».
Pertes du jour : 6 tués, 28 blessés.

277ème Régiment – « Le Régiment stationne sur ses positions ». Aucune autre


information. Rien sur le mouvement du 5ème Bataillon (voir juste au-dessus).
Rien sur d’éventuelles pertes…

325ème Régiment – « Sans changement. Lutte d’artillerie dans tout le secteur. Le


232ème, à notre gauche, subit une attaque de l’ennemi. [En fin de journée], le
Régiment reçoit l’ordre d’attaquer le lendemain à 07 H 00.
Pertes du jour : 6 tués, 66 blessés* ».
*Note – En fait, les listes nominatives des pertes du 27 août pour ce Régiment
font état de « seulement » 36 blessés et aucun tué. La différence s’explique
probablement par la découverte de morts et de blessés, présumés disparus la
veille.

Le Service Médical annonce, quant à lui, pour l’ensemble de la 59 ème Division :


« 48 blessés et 45 gazés ».
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Attaques prévues le 27 août (flèches rouges)

Finalement, ces attaques (« prescrites au 1er Corps par le général Mangin »)


sont annulées et reportées au lendemain 28 août, à 7 heures.

Le 1er Corps et la Xème Armée signalent respectivement : « La journée du 27 est


calme. La mise en place des éléments en vue de l’opération du 28 août a lieu
sans incident (1er Corps) », « Journée assez calme sur tout le front. Mise en
place des unités en vue de l’attaque du 28 août (Xème Armée) ».

28 août 1918 :

232ème Régiment – « Dispositif de départ réalisé à 04 H 30* »…/…


*Note – Il s’agit ici d’atteindre les positions dites « base de départ » (voir carte)
au plus près des lignes allemandes.
…/… « Préparation d’artillerie à partir de 06 H 30. [A 07 H 00, les 5ème et 6ème
Bataillons sortent de leurs bases de départ et] progressent jusqu’à la voie ferrée
de Chavigny qu’ils ne peuvent dépasser ».
Pertes du 28 août : 34 tués (dont le Colonel commandant le 4 ème Bataillon), 207
blessés, 25 disparus (présumés morts)**.
**Note – La plupart des victimes de ce jour sont des 13, 14 et 15 ème
Compagnies, soit du 4ème Bataillon. Celui-ci étant tenu en réserve légèrement
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plus en retrait que les 5ème et 6ème Bataillons, qui participaient activement à
l’attaque, on peut donc supposer que l’ennemi a déclenché, dès le début des
opérations, un très vif tir de barrage sur les positions « arrière » du Régiment.

277ème Régiment – « Les 4ème et 5ème Bataillons, en réserve de Division, se


portent par bonds derrière le 232ème à la Chaussée Brunehaut, qu’ils doivent
tenir à tout prix et ne pas dépasser sans ordre. Ils se tiennent en liaison, par
patrouilles, avec [les deux autres Régiments]. L’ennemi réagit par des tirs très
violents d’obus de tous calibres sur la Chaussée Brunehaut et ses abords. Le
Commandant D., blessé au talon, passe à 08 H 45 le commandement du 5 ème
Bataillon au Capitaine P. …/… Le 6ème Bataillon attaque en liaison avec la
41ème Division (qui progresse plus au Sud). Direction générale : ravins Sud de
Chavigny, ancien moulin de Vaux. Dispositif d’attaque : 2 Compagnies de tête,
à gauche la 23ème Compagnie, en liaison avec le 325ème Régiment, à droite la
22ème Compagnie en liaison avec la 41ème Division – La 21ème Compagnie [reste]
en réserve de Bataillon.
A 07 H 00, les Compagnies tentent de déboucher au Sud-Ouest du bois de la
Montagne. Elles sont prises aussitôt sous des feux nourris de mitrailleuses
dissimulées dans un terrain boisé, accidenté, propice à la défense pied à pied.
La 22ème perd ses officiers et est obligée de stopper.
Malgré un violent barrage, des feux nourris de mitrailleuses, un peloton (deux
sections) de la 23ème atteint vers 09 H 00 le moulin de Vaux. L’autre peloton
progresse d’environ 500 mètres dans le bois de la Montagne, prend une
mitrailleuse légère, fait des prisonniers…/…La 23ème Compagnie s’accroche au
terrain difficilement conquis. Vers 19 H 00, elle [repousse] une tentative de
contre-attaque sur le moulin de Vaux.
[A la fin de la journée], après avoir recherché et établi les liaisons, on reste sur
[ses] positions ».

325ème Régiment – « Après une très forte préparation d’artillerie qui dure une
demie heure, l’attaque se produit à 07 H 00. Les deux Bataillons de première
ligne (5ème à droite, 6ème à gauche) s’élancent à l’assaut derrière le barrage
roulant, avec un entrain admirable (sic).
Le 4ème Bataillon reste en retrait, en réserve du Régiment « sur la Chaussée
Brunehaut ».
[Sur la droite], le 5ème Bataillon, ayant pour objectif [les abords] Sud-Est de
Chavigny, progresse sur toute la ligne en nettoyant les nids de mitrailleuses du
bois de la Couleuvre, et fait refluer l’infanterie allemande. A 08 H 10, au
moment où le barrage vient s’arrêter à l’Est de Chavigny, l’objectif est atteint et
occupé. Les grenadiers d’élite marchent en soutien et nettoient les maisons de la
partie Sud-Est du village…/…
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L’ennemi essaie à deux reprises de [contre-attaquer depuis] la Maison Blanche


et le bois du moulin : nos rafales de fusils-mitrailleurs et de mitrailleuses le font
refluer.
A droite du 5ème Bataillon, le 6ème Bataillon du 277ème, soumis à des feux très
violents de mitrailleuses, ne peut sortir de ses tranchées de départ du bois de la
Montagne…/…
[Sur la gauche], le 6ème Bataillon, ayant pour objectif Chavigny, franchit [lui
aussi dès 07 H 00] la Chaussée Brunehaut et refoule l’ennemi vers l’Est. Le
Commandant J. est tué, le Capitaine V. prend le commandement du Bataillon.
La 22ème Compagnie déborde le village vers le Sud, franchit le ravin Ouest de
Chavigny, et malgré la vigoureuse résistance de l’ennemi, aborde la lisière Sud-
Ouest du village…/…Il est 08 H 10. Cette Compagnie s’infiltre ensuite dans le
village, où elle est arrêtée par des mitrailleuses en batterie à l’entrée des caves.
Elle recule alors, légèrement, et s’installe dans une tranchée au Sud-Est du
village. Le lieutenant P. et le sous-lieutenant P. sont tués. Le sergent M. prend le
commandement et se met sous les ordres du Commandant M., commandant le
5ème Bataillon. Vers 17 H 00, le sergent M. reçoit l’ordre de s’emparer d’un pâté
de maisons occupées par des mitrailleuses ennemies : l’ordre est exécuté.
La 23ème Compagnie a progressé jusqu’à hauteur de la route Chavigny-Juvigny
où elle est arrêtée par des feux de mitrailleuses partant de la lisière Nord-Est du
village et de la station (gare). Elle se cramponne au terrain. Le lieutenant C. et
le sous-lieutenant S. sont blessés : le sergent P. prend le commandement de la
Compagnie.
La 21ème Compagnie, en soutien, suit la progression des deux compagnies de
première ligne et s’établit à 250 mètres à l’Est de la Chaussée Brunehaut.
Le 4ème Bataillon, [resté jusqu’alors en réserve] à la Chaussée Brunehaut,
participe, dans l’après-midi et la soirée, aux attaques sur les organisations
ennemies au Sud-Ouest de Chavigny.
Pendant toute la journée, le [Commandant du Régiment] est coupé de toutes
communications avec le 5ème Bataillon et la 22ème Compagnie (6ème Bataillon).
Les nombreux agents de liaison envoyés [à ces unités] ne reviennent pas. Une
mitrailleuse allemande, installée à la naissance du ravin Ouest de Chavigny,
abat tout ce qui passe dans la vallée…
Pendant la journée, les 5ème et 6ème Bataillons ont fait entre 200 et 300
prisonniers.
Nuit calme. Aucune réaction de l’ennemi ».
Pertes du jour : 36 tués, 294 blessés.

Récit de cette même journée dans le Journal de Marche de la 59 ème Division


(Infanterie Divisionnaire) :
« Après une préparation d’artillerie d’une demie heure, la 59ème Division – en
liaison à droite avec la 41ème Division, à gauche avec la 32ème Division
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américaine (qui a relevé la 127ème Division) – se porte à 7 heures à l’attaque de


la cote 1628, la cote 1555, la voie ferrée, Chavigny.
Les unités d’assaut comprennent : 2 Bataillons du 232ème, 1 Bataillon du 277ème,
2 Bataillons du 325ème.
A droite, le Bataillon du 277ème [ne peut] déboucher, de même que la 41ème
Division.
Au centre, le 325ème atteint Chavigny à 10 heures.
A gauche, le 232ème atteint la voie ferrée au Nord, sur la cote 1557.
Vers 11 H 00, une contre-attaque ennemie rejette le 325ème aux lisières Nord et
Ouest de Chavigny, et le 232ème à l’Ouest de la voie ferrée.
La contre-attaque arrêtée, le 325ème réussit à reprendre pied dans la partie Sud
de Chavigny, et le 232ème sur la voie ferrée. Le Bataillon de droite du 325ème
(5ème Bataillon) atteint l’ancien moulin de Vaux et s’y maintient.

Attaques (flèches bleues) et position de la 59ème Division au soir du 28 août


Ligne rose : base de départ.
Ligne rouge : front le 28 août au soir.

Les troupes d’assaut capturent, dans la journée, 400 prisonniers et 9 officiers de


trois régiments différents ».
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Récit (beaucoup plus succinct) de cette même journée dans le Journal de Marche
de la 59ème Division (à distinguer du Journal de l’Infanterie Divisionnaire) :
« Après une préparation d’une demie heure, la Division attaque et atteint la voie
ferrée et le village de Chavigny à 10 heures. Elle conserve à peu près ses gains
malgré les contre-attaques subies, et fait 400 prisonniers dont 9 officiers ».
A la fin de la journée, le Service Médical Divisionnaire fait état de « 546 blessés
(par éclats d’obus, éclats de grenade, ou par balle) et 98 gazés ».

Rapport de la Xème Armée pour cette même journée :


« Attaque du 1er Corps d’Armée en liaison avec la droite du 30ème Corps.
La 59ème Division atteint la station (gare) de Chavigny et déborde ce village au
Sud. Elle atteint l’ancien moulin de Vaux.
Plus au Sud, les attaques de la 41ème Division, appuyées par les chars d’assaut,
se heurtent à une résistance acharnée à l’Est de la ferme du Mont de Pasly, et
au monument des instituteurs…/…
L’attaque [générale de toute la Xème Armée] aura lieu le 29 au matin, à 5
heures ».

Ordre d’opérations du Groupe d’Armées de Réserve – Cette attaque sera


fortement soutenue par l’aviation « en détruisant les drachens* ennemis à
l’heure H, en assurant la maîtrise de l’air dans la zone d’attaque, en attaquant à
la mitrailleuse et à la bombe ».
* : dirigeables allemands d’observation.

29 août 1918 :

232ème Régiment – Le Régiment ne dit rien de ses activités offensives ce jour :


« 6ème Bataillon à gauche (en liaison avec la 32 ème Division américaine), 5ème
Bataillon à [droite] (en liaison avec le 325ème Régiment), [4ème Bataillon] en
deuxième ligne. Heure H : 07 H 00 ». Aucune autre information.
Pertes : 11 tués, 70 blessés.

277ème Régiment – Le 5ème Bataillon reste sur ses positions à la Chaussée


Brunehaut, et maintient ses « liaisons avec les troupes qui le couvre par de
fréquentes patrouilles ». Les 4ème et 6ème Bataillons, en collaboration avec la
41ème Division sur leur droite, participent au nettoyage du terrain conquis la
veille, notamment le bois de la Montagne où des éléments ennemis semblent
subsister. « Le 4ème Bataillon s’établit en crochet défensif à droite pour barrer le
ravin Sud du Bois de la Couleuvre…/…[Le] 6ème Bataillon [essaie de progresser]
dans le bois de la Montagne. Les chars d’assaut donnent leur appui…/…
A 14 H 00, un bataillon de la 41ème Division attaque le bois de la Montagne par
le Nord, afin de prendre à revers les défenses de la lisière Sud qui gênent la
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progression. [Arrivé à la lisière Nord], il ne peut aller plus loin, pris sous de
violents tirs de mitrailleuses.
Pendant ce temps, la 22ème Compagnie (6ème Bataillon du 277ème) fixe par des
feux de front l’attention de l’ennemi. [La 21ème Compagnie] tente de s’infiltrer
dans la direction Ouest-Est…/… Une section de la 23ème Compagnie (en liaison
avec une section du 325ème) progresse de 400 mètres environ au Nord du moulin
de Vaux. Le restant de la Compagnie repousse une forte reconnaissance
ennemie tentant de s’infiltrer dans le bois du Moulin. A la tombée de la nuit, la
section avancée se replie sur sa base de départ…/…Au cours de la nuit,
l’ennemi, se sentant sérieusement menacé sur ses [arrières], évacue la position*,
laissant sur le terrain un matériel important et de nombreux cadavres ».
* Il s’agit probablement du bois de la Montagne.
Note – Le 277ème Régiment n’annoncera ses pertes globales qu’à la fin de
l’offensive. Il n’y a pas de liste nominative, et aucun chiffre au jour le jour.

325ème Régiment –
« Le 4ème Bataillon est remis en réserve : il réoccupe la Chaussée Brunehaut,
face à Chavigny, et y passe, sans incidents, la journée du 29 et la nuit du 29 au
30.
Le 5ème Bataillon reprend sa progression à 05 H 30. Collant au barrage, [il
avance] jusqu’à la route Sud-Est du village (de Chavigny). Un peloton du 6ème
Cuirassiers de la Garde (Allemande) se replie devant [cette] offensive,
poursuivie par [nos] feux. [Mais un] puissant nid de mitrailleuses, qui résiste
[dans] la partie Est du village, prend de flanc le 5 ème Bataillon et le cloue sur
[une] pente d’où il ne pourra bouger toute la journée.
6ème Bataillon – L’attaque est reprise à 05 H 30 par les 21 ème et 23ème
Compagnies, la 22ème Compagnie [restant en réserve]. Après avoir franchi
quelques mètres, l’attaque est clouée au sol par de violents feux de mitrailleuses
partant du village et de la station. Les sous-lieutenants R. (21ème Compagnie) et
R. (6ème Compagnie de Mitrailleuses) sont tués. Le sous-lieutenant F. est blessé.
Malgré tous ses efforts pour reprendre la progression, le Bataillon est
immobilisé ».
Pertes du jour : 35 tués, 146 blessés, 3 disparus (présumés morts).

Le Journal de Marche de l’Infanterie Divisionnaire est très succinct et n’apporte


aucune information supplémentaire : « Le 29 août, l’attaque reprend à 05 H 30
après une courte préparation d’artillerie, mais elle est enrayée par de violents
tirs de mitrailleuses et des barrages d’artillerie ».

Le Journal de Marche de la 59ème Division précise la durée de la préparation


d’artillerie « Après une préparation de 5 minutes…/… », lève le voile sur
l’activité offensive du 232ème Régiment « se porte à l’attaque du bois du
Couronné » – apparemment sans succès – , et confirme le reste des événements
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pour les autres Régiments : « [La 59ème Division] attaque la lisière Est de
Chavigny. L’attaque est enrayée par des tirs violents de mitrailleuses et de
barrages d’artillerie ».

Position de la 59ème Division au soir du 29 août 1918

Pour le 29 août, le Service Médical Divisionnaire fait état de « 40 morts


(probablement décédés après leur évacuation), 194 blessés et 71 gazés ».

En soirée, la Xème Armée communique : « 29 août – Attaque des 7ème, 30ème et


1er Corps à 05 H 00. Dès le début, la résistance ennemie est sérieuse. Progrès
difficiles sur tout le front. Sur les plateaux, les chars d’assaut se heurtent à des
batteries anti-tanks et à des mitrailleuses nombreuses…/… Les pertes de
l’ennemi sont très élevées du fait de notre artillerie et de nos feux d’infanterie
(déclarations de prisonniers)…/…La journée du 30 sera employée à remettre de
l’ordre, organiser les positions conquises, et à la préparation pour
l’artillerie…/… Reprise des attaques le 31 août ».

30 août 1918 :

Le 1er Corps communique : « Dans la nuit du 29 au 30, la résistance [ennemie]


ayant parue fléchir, ordre est donné de pousser en avant ».
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232ème Régiment – « Le Régiment s’empare du bois du Couronné et de la


Maison Blanche, avant-postes en fin de combat ».
Pertes du jour : 5 tués, 66 blessés, 4 disparus (présumés morts).

277ème Régiment –
« 4ème Bataillon – Sans changement dans la journée. Reçoit dans la soirée
l’ordre de relever, sur le ruisseau de Juvigny, entre la Maison Blanche et
l’Ancien Moulin de Vaux, les 5ème et 6ème Bataillons du 325ème…/…Il doit être
prêt à attaquer à 5 heures du matin.
5ème Bataillon – En soutien du 232ème dans son attaque du bois du Couronné, en
direction du bois du Promontoire ; progresse derrière lui…/…Un peloton (deux
sections) de la 19ème Compagnie établit la liaison avec les Américains sur la
gauche…/…[Le Bataillon] tient, face au Nord-Est, la tête du ravin débouchant
de Juvigny, au Nord de la cote 1509, entre 1628 et 1555. Dans la nuit, [il] relève
le Bataillon du 232ème au bois des Ormeaux.
6ème Bataillon – Le mouvement en avant reprend. La 22ème Compagnie progresse
en direction Nord’Est, dans les bois de la Montagne et de la Carriette. La 23ème
Compagnie [progresse] dans le bois du Moulin, en liaison à gauche avec un
Bataillon du 325ème. Au soir, la 21ème Compagnie est en lisière Nord-Est du bois
de la Carriette, la 23ème en lisière Nord du bois du Moulin…/…
Au cours de cette journée, l’ennemi, fortement organisé, oppose une vive
résistance par de continuelles rafales de mitrailleuses et des feux de
mousqueterie bien dirigés ».

325ème Régiment –
« Au lever du jour, le tir des mitrailleuses ennemies ne se faisant plus entendre,
le 6ème Bataillon envoie des patrouilles dans Chavigny, qui semble évacué. Le
mouvement en avant [reprend] sur toute la ligne…/… La 41ème Division, sur
notre droite, avance à découvert.
A 07 H 15, Chavigny est franchi par les 23 ème et 21ème Compagnies qui
s’installent à 200 mètres à l’Est du village. Une section procède au nettoyage [et
trouve] de nombreuses mitrailleuses, minen, et un matériel considérable
[abandonnés par l’ennemi].
Le 5ème Bataillon progresse en liaison avec le 6ème, et sa ligne est portée à 1200
mètres à l’Est du Moulin de Vaux.
Le 6ème Bataillon est en échelon en arrière et à gauche.
Le 4ème Bataillon se porte sur Chavigny et s’organise aux lisières de ce village.
A 16 H 00, il se porte aux Carrières souterraines (700 mètres Sud-Ouest de la
Carriette), où il passe la nuit.
Aucune réaction ennemie. Pendant la nuit, les 5ème et 6ème Bataillons sont relevés
par le 4ème Bataillon du 277ème ».
Pertes du jour : 2 tués, 50 blessés.
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Position de la 59ème Division au matin du 31 août 1918

Pour la journée du 30 août, le Corps Médical Divisionnaire fait état de « 159


blessés et 50 gazés ».

Concernant la 59ème Division et son voisinage immédiat (32ème Division


américaine à gauche, 41ème Division française à droite), la Xème Armée résume
ainsi la journée du 30 août : « Devant le 1er Corps, après des contre-attaques
infructueuses, l’ennemi [effectue] un repli au point du jour. Nos troupes
conservent le contact. [La 41ème Division atteint] vers 09 H 00 le Mont et les
ravins de Cuffies. Plus au Nord, à la même heure, Chavigny est dépassé, ainsi
que le bois du Couronné…/... Au 30ème Corps d’Armée, Juvigny est enlevé par la
32ème Division U.S. ».

En fin de journée, le Groupe d’Armées de Réserve communique : « Le recul de


l’ennemi devant le 1er Corps détermine le général Mangin à donner l’ordre
suivant : le 1er Corps continuera activement la poursuite, le 20 ème Corps
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s’apprêtera à se lier au mouvement par sa gauche, le 30 ème Corps poussera par


sa droite sur le plateau de Terny-Sorny ».

31 août 1918 :

Pour mener les attaques du jour (prescrites juste au-dessus par le général
Mangin), la 59ème Division se forme en deux groupements :
- Groupement Nord, comprenant le 232ème Régiment et le 5ème Bataillon du
277ème.
- Groupement Sud, comprenant les 4ème et 6ème Bataillons du 277ème et le 4ème
Bataillon du 325ème.
Les autres unités (5ème et 6ème Bataillons du 325ème) restent en réserve.

232ème Régiment (rattaché au Groupement Nord dans son intégralité) – « Le


groupement Nord a pour objectifs successifs : 1. Bois du Promontoire, 2. Bois
de Lisieux, 3. Bois des Faucons, 4. Ferme Beaumont. [Il] a, à sa disposition,
une section de chars d’assaut…/… A la tombée de la nuit, le 5 ème Bataillon du
277ème parvient sur le plateau de la ferme Beaumont ».
Pertes du 31 août : 6 tués, 57 blessés, 2 disparus (présumés morts).
Aucune autre précision sur l’action du jour : pour une fois, c’est le 277ème qui en
parle le mieux :

277ème Régiment –
5ème Bataillon (rattaché au Groupement Nord) : « Attaque au matin en direction
du Bois du Promontoire. La liaison est établie, à droite avec le 6ème Bataillon du
232ème, à gauche avec [la 32ème Division américaine] »…/…Deux sections
marchent en tête, l’une de la 17ème Compagnie, l’autre de la 18ème. « Le reste du
Bataillon s’échelonne en profondeur, par petites colonnes. La progression
commence sous un violent feu de mitrailleuses ennemies provenant du Sud-
Ouest du Bois du Promontoire. Une section de la 17 ème s’infiltre, manœuvre, et
parvient à réduire la défense à la grenade. La 18ème réussit la même manœuvre à
gauche…/…Des patrouilles, poussées aussitôt vers le bois de Lisieux, sont
reçues par de vifs feux de mousqueterie…/…On s’organise solidement sur la
route Juvigny-Leury. Les patrouilles de couverture sont renforcées. Des
escouades, désignées pour le nettoyage, capturent près de 170 prisonniers,
laissent sur le terrain plus de 10 mitrailleuses…/…Malgré un violent tir de
barrage, les sections de réserve se portent en soutien immédiat sur la partie Est
du plateau. La réaction ennemie s’accentue par un violent tir de gros calibre
(210 et 150) de 10 heures à 14 heures…/…A 16 H 30, l’attaque est remontée en
direction de la ferme Beaumont. Une résistance sérieuse s’oppose à notre
progression sur les pentes de l’éperon de Beaumont. Le Bataillon progresse
quand même et occupe, à 18 H 30, la partie Ouest du plateau…/…Nos feux
nourris dispersent une contre-attaque ennemie qui se dessine au Nord-Est de la
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ferme Beaumont, puis des tentatives d’infiltration. [A la tombée de la nuit], le


Bataillon s’organise défensivement en bordure du plateau.
La journée a donné de beaux résultats : 300 prisonniers ; le matériel laissé sur
le terrain n’a pu être totalement évalué, mais dépasse certainement 40
mitrailleuses tant lourdes que légères, et comprend un abondant
approvisionnement en cartouches et grenades ».

277ème Régiment – Suite.


4ème Bataillon (rattaché au Groupement Sud) : « La relève [des deux Bataillons
du 325ème], extrêmement pénible, est terminée au petit jour à force d’énergie et
de ténacité. Pour l’attaque, les deux Compagnies de tête sont la 13ème (à
gauche), la 15ème (à droite). La 14ème est en réserve…/… Avec un allant
magnifique, les Compagnies de première ligne traversent le marécage formé par
le ruisseau de Juvigny, et progressent pied à pied dans les bois du Moulin,
malgré les nids de mitrailleuses qui se révèlent à chaque pas…/… A midi, les
lisières Est du bois de Juvigny et du bois de la Carriette sont atteintes. Mais il
est impossible de déboucher sur le plateau…/…Durant l’après-midi, tous les
efforts restent vains. Seule la 13ème Compagnie parvient à progresser dans le
bois du Rectangle, qu’elle possède en entier à la nuit ».
6ème Bataillon (rattaché au Groupement Sud) – « Le Bataillon est en liaison à
gauche avec le 4ème Bataillon. Tout le bois de la Carriette est occupé, on fait
face à l’Est (Leury).../... La 23ème Compagnie, en réserve sur le plateau, à 200
mètres Est du bois de Juvigny, subit dans l’après-midi de violents
bombardements par obus de gros et moyen calibre…/… A partir de 14 heures,
les 21ème et 22ème Compagnies tentent de progresser sur Leury. La 22 ème est à
droite, en liaison avec [la 41ème Division]. La progression est lente, arrêtée par
le feu nourri des mitrailleuses ennemies : un lacis de tranchées et de trous
organisés permet une vive résistance…/… La 22ème Compagnie parvient à
atteindre les tranchées à 200 mètres Sud du bois de la Source, où elle trouve une
forte résistance…/…Le Bataillon s’accroche au terrain, établit étroitement sa
liaison, y passe la nuit ».

325ème Bataillon –
« Le Régiment a deux de ses Bataillons (5ème et 6ème) à Chavigny.
Le 4ème Bataillon, à la disposition du Groupement Sud, reçoit à 08 H 00 l’ordre
de se porter à hauteur de la Carriette. A 11 H 00, il pousse au bois du
Rectangle, en soutien immédiat [des unités en première ligne]…/…
Vers 18 H 00, les 5ème et 6ème Bataillons, alertés, sont mis à la disposition du
Groupement Nord pour appuyer l’attaque de Leury, qui doit être faite par ce
Groupement le 1er septembre. Les deux Bataillons passent la nuit au bois des
Ormeaux ».
Pertes du jour : 5 tués, 18 blessés, 1 disparu (présumé mort).
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Position de la 59ème Division au soir du 31 août

L’Infanterie Divisionnaire décrit ainsi cette journée : « La progression devient


lente : il faut déborder chaque nid de mitrailleuses dans un terrain boisé et
accidenté, très favorable à la défense pied à pied. Vers 11 H 00, l’ennemi
déclenche deux contre-attaques. En vain. Nos troupes prennent pied sur
l’éperon du Promontoire, au Sud de Juvigny, et dans le bois de Juvigny. Elles
progressent dans le bois de Lisieux, et vers le bois d’Alsace. A 16 H 30, en
liaison avec la 32ème Division américaine (qui a pris le village de Juvigny et se
porte sur Terny-Sorny), nos troupes enlèvent le bois d’Alsace, le bois des
Faucons, la ferme de Beaumont, et atteignent la lisière Ouest de Leury…/…
300 prisonniers (dont 4 officiers), 1 canon de 77, des minenwerfen, et de
nombreuses mitrailleuses tombent entre nos mains. [L’artillerie ennemie], avec
acharnement, est très active sur nos premières lignes.

Pour la journée du 31 août, le Service Médical Divisionnaire fait état de « 118


blessés et 46 gazés ».

1er septembre 1918 :

232ème Régiment – « Enlèvement de Leury, à la pointe du jour, par le


[5ème]Bataillon. Progression du Groupement jusqu’à 200 mètres de la route de
Soissons-Béthune, encerclement du bois de Beaumont par le Sud et par l’Ouest.
La progression est arrêtée par des mitrailleuses en position sur la route de
Béthune ».
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Pertes du jour : 3 tués, 10 blessés.

277ème régiment –
4ème Bataillon : « Attaque à 05 H 30. [Le Bataillon] atteint son objectif dès 9
heures, mais il lui est impossible de pousser [plus loin] : des mitrailleuses – à la
lisière Sud du bois de Beaumont, à la Cote 172, en 24.13, aux carrières
souterraines Sud de Leury – ne sont pas réduites et empêchent radicalement
toute progression.../… A 14 H 30, le Bataillon attaque de nouveau, en liaison
(au Sud) avec des éléments [de la 41ème Division], en liaison (au Nord) avec des
éléments du 232ème, et progresse. Les Compagnies de tête – 13ème et 14ème –
prennent pied sur le plateau au Sud du bois de Beaumont, mais doivent
stopper…/…Sous le feu violent des mitrailleuses, et malgré d’abondants tirs de
barrage, les unités se terrent, attendant la nuit pour s’organiser…/…Des
patrouilles maintiennent le contact étroit [avec] l’ennemi, et au matin, nos
éléments avancés sont à 40 mètres à peine de la route nationale Soissons-
Béthune ».
5ème Bataillon : « Journée défensive. La ferme Beaumont étant évacuée, on
occupe ses abords. Vers 16 H 00, de fortes fractions ennemies tentent d’enlever
la ferme. La contre-attaque est enrayée par nos feux…/…Pendant la nuit,
l’ennemi se montre agressif, essaie de forcer la ligne de surveillance, de nous
enlever des sentinelles. Il est rejeté dans ses lignes avec pertes ».
6ème Bataillon : « [Un peloton de la 21ème Compagnie], appuyé par des tanks,
tente une progression [au Sud-Est de Leury] afin de faciliter un mouvement du
325ème à droite. Des nids de mitrailleuses, hardiment abordés à la grenade, se
replient ou sont réduits. Huit prisonniers sont capturés au cours de cette
incursion…/… A 22 H 00, le Bataillon devient soutien du Groupement Sud : 1
Compagnie à 50 mètres Est de Leury, les deux autres au Sud-Ouest ».

325ème Régiment –
« Le 5ème Bataillon, porté au lever du jour au bois de Leury, reçoit l’ordre
d’attaquer, à 05 H 30, dans la direction du Sud-Est. Le Bataillon s’engage en
formation d’assaut entre Beaumont et Leury, et progresse jusqu’à environ 200
mètres de la route nationale. Aucune préparation d’artillerie n’ayant été faite,
et aucun autre Bataillon du Groupement n’accompagnant, ni ne suivant la
progression, [l’attaque est stoppée]. [L’infanterie] ennemie [ne réagit pas, mais]
de violentes rafales de mitrailleuses partent de la route et du bois de Beaumont :
le 5ème Bataillon reste sur ses positions toute la journée ».
« Le 6ème Bataillon reçoit l’ordre de se porter au bois d’Alsace (Nord-Ouest de
la ferme Beaumont). Au lever du jour, il envoie un peloton de liaison avec la
Division américaine, à sa gauche. Ce peloton trouve la ferme Beaumont
inoccupée, et y fait deux prisonniers…/…A 08 H 00, il est mis en réserve et
s’installe [aux alentours de Chavigny] où il restera jusqu’à la relève de la
Division (nuit du 2 au 3 septembre) ».
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« A 07 H 30, le 4ème Bataillon reçoit l’ordre d’attaquer, partant du bois du


Rectangle, en direction de la route nationale…/… L’attaque progresse
d’environ 800 mètres, [puis] elle est fixée par des feux de mitrailleuses
ennemies…/... Pendant la journée, plusieurs essais de progression, par
infiltration, sont tentés, mais toujours arrêtés par de violents tirs de
mitrailleuses ».
Pertes du jour : 14 tués, 42 blessés.

Position de la 59ème Division à l’aube du 2 septembre 1918


Note – Pendant la nuit du 1er au 2 septembre, la 32ème Division américaine a été relevée
par la 1ère Division marocaine.

Pour la journée et la nuit du 1er septembre, le Service Médical Divisionnaire fait


état de « 115 blessés et 8 gazés ».

2 septembre 1918 :

232ème Régiment – « La progression continue [vers la route nationale]. L’attaque


du Groupement Nord est combinée avec celle de la Division Marocaine qui a
pour objectif Terny-Sorny. A 18 H 00, [avec l’aide de chars d’assaut], le bois de
Beaumont est enlevé et le Régiment progresse jusqu’à la grande route…/…Dans
la nuit, relevé par le 141ème Régiment, le 232ème va cantonner à Tartiers ».
Pertes du jour : aucun tué, 6 blessés. Pertes de la nuit, pendant la relève : 1 tué, 2
blessés.
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277ème Régiment –
Pendant la journée, « le 4ème Bataillon reste sur ses emplacements, à proximité
de la route nationale. Dans la nuit du 2 au 3, [il] est relevé par un bataillon du
3ème Régiment d’Infanterie ».
Le 5ème Bataillon « attaque le bois de Beaumont en liaison avec la 1ère Division
Marocaine…/… A 14 H 00, la 18ème Compagnie traverse la corne Nord du bois
de Beaumont, et se porte à l’attaque de la [route nationale]…/…La 17ème
Compagnie investit le bois de Beaumont à l’Ouest, fait – sans pertes – des
prisonniers et du butin…/… La 19ème Compagnie s’efforce d’investir les bois par
le Sud, le déborde par l’Est dans la soirée…/… En fin de journée, les trois
Compagnies [ont atteint la route nationale] où un bataillon du 141ème Régiment
les relève dans la nuit ».
« Le 6ème Bataillon reste, dans la journée, sur ses emplacements…/… A 01 H 00
du matin, après avoir subi [pendant 2 heures] un violent bombardement [par]
obus toxiques, le Bataillon est relevé par un bataillon du 3ème Régiment »…/…
« Durant ces six jours d’attaques, le Régiment a rencontré de nombreux et
sérieux obstacles. La progression a été rendue extrêmement difficile et pénible
du fait du terrain et de l’organisation ennemie. Les pertes totales sont sérieuses
et donnent une mesure de l’effort » :
74 tués, 469 blessés, et 13 disparus (présumés morts).
« Le beau total de ces journées porte à l’actif du Régiment : la capture de près
de 500 prisonniers, la prise de plus de 90 mitrailleuses, de plusieurs minen, et
d’un canon de 77 ».
«Dans la nuit, le Régiment est relevé par le 3 ème Régiment, et vient bivouaquer
dans la région de Nouvron-Vingré (limitrophe de Tartiers, au Sud-Ouest de ce
village) ».

325ème Régiment –
« Le 5ème Bataillon essaie de s’infiltrer vers la route, et progresse d’environ 150
mètres au cours de la journée. La route est solidement tenue, ainsi que la lisière
Ouest du bois de Beaumont. La progression sur ce glacis est extrêmement
difficile. Une section de la [18ème Compagnie, à gauche] nettoie un nid de
mitrailleuses vers le milieu de la lisière Ouest du bois de Beaumont…/…Au
cours de la nuit, violentes rafales de mitrailleuses partant du bois de Beaumont
et de la route ».
« Le 6ème Bataillon reste en réserve sur ses emplacements [de la veille] ».
« A 07 H 00, à la faveur d’une attaque de la 41 ème Division (sur sa droite), le
4ème Bataillon avance sa ligne d’environ 350 mètres »…/…
« Pendant la nuit du 2 au 3, le Régiment est relevé [par des bataillons de la 29ème
Division] ». Il vient cantonner à Fontenoy (limitrophe de Tartiers, environ deux
kilomètres au Sud de Nouvron-Vingré).
Pertes de la journée et de la nuit du 2 septembre : 1 tué, 16 blessés.
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« Pendant cette période d’opérations, le Régiment a fait 388 prisonniers. Il a


capturé une centaine de mitrailleuses légères et lourdes, des minen de 21, de
nombreux minen de 75, des munitions, et un matériel considérable ».

Pour la journée et la nuit du 2 septembre, le Service Médical Divisionnaire fait


état de « 91 blessés et 3 blessés ».

L’Infanterie Divisionnaire, pour la période du 26 août au 3 septembre, décompte


les pertes suivantes :
- 232ème Régiment : 119 tués, 549 blessés, 102 disparus (présumés morts).
- 277ème Régiment : 72 tués, 469 blessés, 13 disparus (présumés morts).
- 325ème Régiment : 98 tués, 559 blessés, aucun disparu.
Soit, pour l’ensemble de la 59ème Division, un total de : 289 tués, 1667 blessés,
115 disparus (présumés morts).

Notes concernant la carte ci-après –


Les lignes de front successives – en rose, la base de départ du 26 août / en rouge,
les progressions jour après jour jusqu’au soir du 2 septembre – ne concernent
que la zone d’activité de la 59ème Division.
Les lignes de front des 32ème Division américaine et 1ère Division Marocaine (au
Nord), de la 41ème Division (au Sud), sauf exceptions, ne sont pas précisées sur
cette carte.

D’après les rapports de la Xème Armée, on peut néanmoins conclure :


- Au matin du 3 septembre, la 1ère Division Marocaine est aux portes de Terny-
Sorny, mais ne l’a toujours pas pris (finalement, Terny-Sorny sera conquis
dans la soirée, mais au Nord de ce village « la résistance ennemie reste
sérieuse »)…
- Au même moment, la 41ème Division s’approche de Clamecy et Braye
(villages qui seront pris le 4 septembre), mais ses flancs semblent encore
menacés : les carrières souterraines au Sud de Leury sont toujours aux mains
des Allemands…
Pour plus de renseignements, il conviendrait de consulter les Journaux de
Marche et Opérations de ces unités.

Page suivante : carte, intégralité du champ de bataille.


Note – La 59ème Division n’apparaît plus sur cette carte : elle se trouve aux
alentours de Tartiers, à environ 3 kilomètres à l’Ouest de Villers-la-Fosse.
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018
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Ci-dessous et pages suivantes : les champs de bataille de l’Aisne.

Chavigny en ruines
A gauche : soldats français dans une rue en ruines.
A droite : la gare de Chavigny en ruines.

Cuffies en ruines
A gauche : une rue en ruines.
A droite : la mairie en ruines.

Juvigny en ruines
A gauche : quelques ruines.
A droite : d’autres ruines.
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Soldats français de la Xème Armée dans les bois autour de Leury (septembre 1918)

Terny-Sorny – Les ruines de l’église, vue générale et gros plan


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Page précédente : soldats français de la Xème Armée pendant la Seconde Bataille de


l’Aisne. A gauche : soldats français dans une tranchée aux abords d’un village (sept.
1918). A droite : deux blessés français et un prisonnier allemand blessé (sept. 1918).

3 septembre 1918 :
La Xème Armée communique : « Le 370ème Régiment de noirs américains sera
affecté à la 59ème Division* où il remplacera un régiment français qui sera remis
à la disposition du Grand Quartier Général ».
*Note – Cette affectation sera effective le 5 septembre.
232ème Régiment – « Repos à Tartiers. Remises de Croix de Guerre, de
Médailles Militaires, et d’une Croix de la Légion d’Honneur ».

Tartiers (probablement en 1918)

277ème Régiment – Aucune communication. Probablement : repos et remises de


médailles diverses…
325ème Régiment – « Le Régiment, descendu à Fontenoy au cours de la nuit, y
passe la journée du 3. Le général commandant la Division remet [deux] Croix
de Chevalier de la Légion d’Honneur, [des] Médailles Militaires, et [des] Croix
de Guerre avec palmes ».
4 septembre 1918 :
« Les éléments de la 59ème Division se rendent au repos dans la zone de Wez –
Crépy-en-Valois – Fresnoy-la-Rivière ». Le déplacement se fait par voie de terre
(à pied), avec étapes :
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232ème Régiment – « Le Régiment va cantonner à Courtieux (6ème Bataillon) et


Jaulzy (4ème et 5ème Bataillons) ».
277ème Régiment – « Le Régiment vient cantonner à Chelles (4ème et 5ème
Bataillons) et Martimont (6ème Bataillon) ».
325ème Régiment – « Le Régiment quitte Fontenoy à 07 H 00 pour aller au repos
dans la zone de Crépy-en-Valois. Le 4 au soir, il est cantonné à Couloisy (4 ème
Bataillon), Cuisé-Lamothe (5ème Bataillon) et Lamothe (6ème Bataillon) ».
5 septembre 1918 :
« Le 370ème Régiment noir US (américain) est mis à la disposition de la 59ème
Division à partir [d’aujourd’hui] et entre dans la composition de cette
Division ».
Note – Seulement quatre régiments « noirs » américains participent activement à
la guerre : le 369ème, le 370ème, le 371ème, et le 372ème. Tous se battent dans les
rangs français, avec des uniformes et des armes françaises.
Le général Pershing, commandant le Corps Expéditionnaire Américain, dispose
pourtant de beaucoup d’autres soldats « noirs » (environ 200000 hommes). Mais
les jugeant inaptes au combat, et craignant surtout la remise en cause de la
ségrégation raciale, il restreint leur activité aux taches dites « subalternes »
(essentiellement manutention).

Soldats du 370ème Régiment « noir » américain en 1918


Note – Parmi les quatre régiments intégrés dans l’armée française, seul le 370 ème
dispose presque intégralement d’officiers et de sous-officiers noirs (y compris le
Chef de Corps). Les autres unités sont commandées par des blancs…
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Officiers du 370ème Régiment


Note – Ces hommes portent l’uniforme américain : cette photographie a donc été
prise avant leur arrivée en France (avril 1918), ou dans l’immédiat après guerre
(lors de leur retour au pays).
232ème Régiment – « Départ 05 H 00. Le Régiment va cantonner à Le Voisin
(4ème Bataillon), Bonneuil-enValois (5ème Bataillon) Emeville (6ème Bataillon) ».
277ème Régiment – « Le Régiment vient cantonner à Crépy-en-Valois (4ème et
5ème Bataillons) et Lévignen (6ème Bataillon) ».
325ème Régiment – « Au cours de la matinée du 5, le Régiment arrive dans ses
cantonnements définitifs : Palessas (4ème Bataillon), Elincourt (5ème Bataillon),
Belleval et Rocquigny (6ème Bataillon) ».
370ème Régiment US – Aucune information.
Malheureusement, les archives de ce Régiment ne sont pas consultables en
ligne, du moins pas en France. Tous les renseignements sont donc à chercher
dans les Journaux d’autres unités (232ème, 277ème, 325ème Régiments, 59ème
Division, 1er Corps ou Xème Armée). Les informations sont donc rares, voire
inexistantes…

Sur le front, le repli allemand s’accentue. « Le général Mangin (Commandant la


Xème Armée) prescrit : « L’ennemi bat en retraite. La poursuite sera continuée
sans trêve en bousculant les arrière-gardes ».
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Situation (partielle) au matin du 5 septembre 1918


- Pointillés rouges : ligne de front.
- Flèches rouges : attaques de « poursuite » françaises.
- En bleu clair : zone de front de la Xème Armée et des Corps d’Armée qui la compose.
- En bleu foncé : zone de front des autres armées françaises dans ce secteur.
- Flèche verte et cercle vert : mouvement et zone de « repos » de la 59ème DI.

Du 6 au 12 septembre 1918 :
232ème Régiment – Repos, exercices, travaux de propreté, « manœuvres par
Bataillons ».
277ème Régiment – « Le Régiment reste dans les mêmes cantonnements ».
325ème Régiment – Repos, exercices, travaux de propreté, « revues et
inspections, instruction, marches, manœuvres ».
A noter – En date du 7 septembre, le Régiment déclare 4 blessés « sur le
territoire de la commune de Chavigny ». Pas d’autre précision.
370ème Régiment US – Aucune information.

Concernant les attaques de poursuite, la Xème Armée rapporte :


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6 septembre : « Au cours de la journée, notre avance [continue] sur tout le front


au cours d’attaques locales menées pour déterminer la ligne de résistance de
l’ennemi ».
7 septembre : « La progression continue. En plusieurs points, elle se heurte à
une vive résistance…/… Sur tout le front, l’ennemi réagit violemment par
mitrailleuses, et bombarde par obus toxiques nos premières lignes ainsi que les
arrières immédiats ».
8 septembre : « La nuit du 7 au 8 est marquée par une vive activité de l’artillerie
et une grande vigilance de l’infanterie ennemie ».
9 au 12 septembre : La progression, devenue « très lente et pénible », s’arrête.
« L’ennemi continue à réagir très violemment par son artillerie ».
Le général Fayolle (commandant le Groupe d’Armées de Réserve) attire
l’attention du général Mangin (commandant la Xème Armée) « sur la densité des
troupes en ligne. S’il s’agit de poursuite, il est inutile d’y employer tant de
monde. S’il s’agit [d’attaquer] une position fortement défendue, il n’y a pas
intérêt à l’aborder partout avec une égale densité. Comme aucune Division ne
peut être donnée à la Xème Armée, celle-ci doit organiser l’économie de ses
efforts en conséquence ».
13 septembre 1918 :
En exécution d’un ordre du Grand Quartier Général, le 277ème Régiment est
dissous. Une partie de son effectif est répartie entre les deux autres régiments –
550 hommes au 232ème, 450 hommes au 325ème. Le reste, soit 1250 hommes,
rejoint la 6ème Division.
« A la date du 13, la 59ème Division se compose donc des 232ème Régiment,
325ème Régiment, et 370ème Régiment US ».

14 septembre 1918 :
La Xème Armée attaque pour rompre le front ennemi sur les plateaux entre
Ailette et Aisne.
« Heure H : 05 H 50…/… Les 1er et 30ème Corps [enfoncent] la ligne
Hindenburg sur le plateau de Laffaux, entre la ferme Moisy (Sud-Est de
Vauxaillon) et Sancy. La progression réalisée est de 2 kilomètres en profondeur
sur un front de 5 kilomètres. Nous [prenons] le moulin de Laffaux et le village
d’Allemant. Des petites opérations de détail, exécutées de part et d’autre du
canal de l’Ailette, [permettent] d’avancer nos lignes jusqu’au bois Mortier et de
faire des prisonniers.
Le chiffre des prisonniers dénombrés est de 2400, dont 1100 ont été pris au
Nord de Laffaux, sur un front de quinze cents mètres, ce qui indique la grande
densité de l’occupation. L’importance que l’ennemi attachait à cette position est
d’ailleurs confirmée par les déclarations des prisonniers.
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Dans la soirée, des éléments du 20ème Corps [prennent] pied sur le plateau à
l’Est du bois de la Souris (Nord-Est de Celles-sur-Aisne). Nous [progressons] à
la lisière Ouest du bois des Grands Riez…/…

Attaques et front de la Xème Armée au soir du 14 septembre

Dans la journée, la 59ème Division quitte sa zone de « repos » et reprend la route


de Tartiers…
15 septembre 1918 :
A quelques kilomètres de Tartiers, la Xème Armée poursuit ses attaques :
« Au cours de la nuit, l’artillerie ennemie [est] très active entre Ailette et Aisne,
exécutant des tirs de contre-préparation sur de nombreux points et des
harcèlements par obus de tous calibres. Nombreux toxiques…/…
Au 30ème Corps, la 31ème Division, qui avait avancé hier ses lignes jusqu’à la
lisière Ouest de l’Arbre d’Andouille, [s’empare] du village [de Brancourt] et
[reconnaît] que la ligne Hindenburg est fortement occupée.
Au Sud du Canal, une contre-attaque exécutée par l’ennemi refoule légèrement
notre ligne en nous faisant des prisonniers.
A 07 H 00, le 1er Corps s’empare de la ferme Mennejean faisant une centaine de
prisonniers.
Dans la journée, nous [élargissons] notre front d’attaque. Le nombre des
prisonniers s’élève à 800. Les pertes de l’ennemi, constatées par les cadavres
sur le terrain conquis, sont exceptionnellement lourdes ».
Le général Fayolle (commandant le Groupe d’Armées de Réserve) réitère ses
« conseils » au général Mangin (commandant la Xème Armée) :
« La zone active de la Xème Armée est celle qui s’étend entre Ailette et Aisne…/…
Sa mission reste toujours la même : atteindre le front Vailly, la Malmaison,
Chavignon, de façon à [forcer l’ennemi à abandonner] la ligne de l’Aisne. Ce
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but doit être poursuivi dans la mesure où les forces disponibles le permettent,
sans compromettre la sûreté du front, c’est à dire sans épuiser les Divisions ».
Le Service Médical de la Xème Armée communique : « Les gazés ont continué à
affluer aujourd’hui…/… Les cas de grippe paraissent assez nombreux et surtout
graves : un malade arrivant au poste d’évacuation y est mort quelques heures
après son arrivée…/… Etat des pertes du 15 septembre 06 H 00 au 16
septembre 06 H 00 : 542 blessés, 227 malades, 698 gazés ».

Front de la Xème Armée au soir du 15 septembre


A noter – Dans le coin inférieur gauche, la 59ème Division refait son apparition sur le
champ de bataille.

La 59ème Division est mise à la disposition du 30ème Corps. Elle relèvera la 66ème
Division en première ligne (secteur de Vauxaillon) dans la nuit du 16 au 17.
232ème Régiment – « Départ pour Tartiers à 12 H 45 ».
325ème Régiment – « Le Régiment fait mouvement par voie de terre, à partir de
13 H 00, pour se porter à Nouvron-Vingré (Sud-Ouest de Tartiers) où il arrive à
16 H 00. Dans la nuit du 15 au 16, il cantonne dans les ruines du village de
Nouvron-Vingré ».
370ème Régiment US – Dans la soirée, le Régiment arrive à Fontenoy (Sud-Est
de Tartiers / Sud de Nouvron-Vingré) où il cantonne.
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BLANADET Pierre Jean Victor


(Tome 5 - Suivi 59ème DI – période du 16-09 au 11-11-1918)

16 septembre 1918 :
Rappel – La 59ème Division est composée de trois Régiments « organiques » :
232ème d’Infanterie, 325ème d’Infanterie, 370ème d’Infanterie U.S. – Elle est
actuellement rattachée au 30ème Corps d’Armée, Xème Armée (Mangin),
Groupe d’Armées de Réserve (Fayolle).
Sur le front de la Xème Armée, entre Ailette et Aisne :
[Dans la nuit du 15 au 16], « très grande activité de l’artillerie ennemie sur tout
le secteur, sauf sur la zone d’Allemant où l’ennemi semble prendre son parti de
notre avance…/…Au petit jour, [après] une manœuvre d’encerclement réussie,
la 162ème Division (20ème Corps) s’empare de la majeure partie de Vailly.
Une attaque (française), déclenchée ce matin en direction de l’Ange Gardien et
de la ferme de Colombe, [permet] de réaliser une progression de un kilomètre
sur un front de quatre kilomètres, à l’Est de la ferme Mennejean. 600 nouveaux
prisonniers et deux canons de 105 [restent] entre nos mains…/…
L’ennemi contre-attaque à plusieurs reprises. Nous résistons à la grenade, et en
fin de journée nos lignes sont maintenues, sauf un léger fléchissement en 8162
(Est de la ferme Moisy) ».
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Page précédente : Front de la Xème Armée, entre Ailette et Aisne, après les attaques
(flèches bleues) du 16 septembre 1918.

Dans la nuit du 16 au 17, la 59ème Division relève la 66ème Division dans le


secteur de Vauxaillon, « entre la ferme de Champ-Vailly et le plateau au Sud-
Est de la ferme Moisy ».
232ème Régiment – « Le Colonel [commandant le Régiment] va à Fontainebleau
assister à des séances de démonstration d’attaques par tanks. L’officier
supérieur adjoint prend le commandement du Régiment…/…[Dans l’après-
midi], reconnaissance des Chefs de Bataillons sur le plateau de la ferme
Moisy…/…Dans la nuit, le Régiment relève [en première ligne] le 7ème BCP
(Chasseurs à Pied – 66ème Division) : 5ème Bataillon à droite, 6ème Bataillon à
gauche, 4ème Bataillon en réserve ».
325ème Régiment – « Le Régiment quitte Nouvron à partir de 7 heures pour se
rapprocher des premières lignes. En attendant la nuit, il bivouaque dans les
ravins de Bagneux-Bieuxy. Départ du bivouac à 19 H 00. Relève terminée à 4
heures du matin. Quelques tués et blessés* au cours de la nuit ».
*Note – Aucune autre information sur ces « tués et blessés ». Il y a bien une liste
nominative des pertes du Régiment, mais elle ne distingue pas les pertes de la
nuit (probablement tués ou blessés par bombardement pendant la relève) et les
pertes du lendemain (tués, blessés ou disparus pendant des combats d’infanterie
– voir journée du 17 septembre).
370ème Régiment US – Peu d’informations sur les emplacements occupés après
relève par ce Régiment. La 59ème Division dit simplement : « Un certain nombre
de Compagnies du 370ème sont réparties entre les bataillons des régiments
français. Le reste est dans la région de la ferme d’Antioche ».
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Page précédente : position de la 59ème Division après la relève du 16 septembre 1918.


En rouge : ligne de front / Pointillés rouges : secteur du front confié à la 59ème Division.

En fin de journée, communication du général Mangin, commandant la X ème


Armée : « Demain, la pression de l’Armée doit continuer…/…Le 30 ème Corps
doit s’emparer du Mont des Singes à l’Est de Vauxaillon ».

17 septembre 1918 :
232ème Régiment – « Le Régiment est encadré par le 325ème RI à gauche, et par
le 34ème RI (36ème Division) à droite. [Il] a comme premier objectif le chemin
creux, et doit coopérer à la réduction de la poche ennemie devant le 34ème
Régiment ».
Pertes du jour : 1 disparu (présumé mort) et 25 blessés.
325ème Régiment – « Le Régiment s’installe sur ses positions de la crête Est de
Vauxaillon. Après préparation d’artillerie, les 4ème et 5ème Bataillons, en liaison
à droite avec le 232ème Régiment, attaquent à 16 H 00 les positions ennemies du
Mont des Singes et du plateau au Sud de ce Mont…/… Dès le [début], les
troupes subissent un feu extrêmement violent des mitrailleuses ennemies. En
même temps, les Allemands déclenchent un fort tir [d’artillerie] sur notre base
de départ. La majeure partie de nos troupes ne peut déboucher*. Quelques
éléments, qui s’étaient avancés d’une centaine de mètres, sont obligés de rentrer
dans [nos lignes] »…/…
*« déboucher » = sortir des tranchées.
…/… « L’attaque est reprise à 18 H 30, mais sans plus de succès ».
Pertes du jour (incluant les « quelques morts et blessés » de la nuit précédente) :
10 tués, 174 blessés, 1 disparu (présumé mort).
370ème Régiment U.S. – Aucune information.
« Au soir du 17 septembre, la 59ème Division [étend son front] vers le Nord,
jusqu’au canal de l’écluse ».
Pour cette journée, le Corps Médical Divisionnaire fait état de « 89 blessés et
125 gazés ».
Peu de gains territoriaux sur l’ensemble du front de la Xème Armée, entre Ailette
et Aisne : « Au cours de la nuit, légère progression à l’Est de Sancy. Nous nous
[emparons] de la ferme Valvreux (poche allemande située à moins d’un
kilomètre au Sud-Ouest de la ferme de Colombe) ».
« Pendant la matinée du 17 septembre, vers 09 H 30, le 34ème Régiment (36ème
Division) enlève le blockhaus Piquet (non localisé précisément)…/…
A 16 H 15, les 36ème, 59ème et 17ème Divisions attaquent.
36ème Division – Après une violente préparation d’artillerie, [deux régiments] se
portent en avant et progressent un peu en direction de l’Ange Gardien.
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Pertes du jour : « 501 tués ou blessés ». Pas plus de précisions.


« 59ème Division – [Les] attaques échouent sous le feu des mitrailleuses
ennemies ».
Voir détails et pertes plus haut.
« 17ème Division – A 16 H 15, deux bataillons à effectifs très faibles (120 fusils
par bataillon) se lancent à l’attaque. La ferme Guilleminet (Est de l’écluse du
même nom) est prise, ainsi que deux petits bois au Sud. Nos patrouilles
pénètrent dans le bois à l’Est du chemin allant vers la ferme Vailly. A 19 H 00,
deux violentes contre-attaques sur la ferme Guilleminet sont repoussées : le
terrain conquis est intégralement maintenu ».
Pertes du jour : 17 tués, 37 blessés.

Attaques du 17 septembre 1918


Flèches bleues : attaques de la 59ème Division et des DI voisines.
Flèche verte : extension du front de la 59ème Division (en fin de soirée, après retrait de la
17ème Division).

18 septembre 1918 :
232ème Régiment – « A 2 heures du matin, une attaque allemande est repoussée.
A 16 H 00, nouvelle attaque allemande, repoussée. Nuit très agitée jusqu’à
minuit »…/… Le Journal de l’Infanterie Divisionnaire signale aussi : « Une
nouvelle action, menée à 17 H 00 par le [5ème] Bataillon, en liaison avec le 34ème
Régiment (36ème Division), et qui [vise] l’occupation du chemin creux, ne donne
[qu’un faible] résultat » : le Régiment gagne un peu de terrain.
Pertes du jour : 4 tués, 20 blessés, 1 disparu (présumé mort).
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325ème Régiment – Pendant la nuit, « le 6ème Bataillon relève la 17ème Division


dans le secteur ferme-de-Vailly/Ecluse…/…Toute la journée, nos troupes de
première ligne combattent à la grenade les mitrailleuses avancées de l’ennemi.
Nous progressons dans le boyau de l’Orangerie (le long de la voie ferrée).
L’attaque manquée du 17 septembre est reprise à 17 H 00 par le 5 ème Bataillon.
Nous avançons d’une centaine de mètres. La 17ème Compagnie s’empare des
abords du passage à niveau, et fait 15 prisonniers. Dans la nuit du 18 au 19, à
21 H 30, l’ennemi contre-attaque et nous contraint à céder presque tout le
terrain conquis à 17 H 30. Nous nous maintenons au contact dans le boyau de
l’Orangerie ».
Pertes du jour : 8 tués, 113 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information.
Pour l’ensemble de la 59ème Division, le Corps Médical annonce « 121 blessés et
145 gazés ».

Situation au 18 septembre 1918


Ligne pleine rouge : front au 18 septembre.
Pointillés rouges : secteur du front tenu par la 59ème Division.
Flèches bleues : attaques françaises.
Flèches grises : attaques allemandes.

Sur l’ensemble du front du 30ème Corps (31ème, 59ème et 36ème DI) :


31ème Division – « Dans le secteur de la 31ème Division, journée calme, marquée
seulement par des rafales d’artillerie, à différentes heures de la nuit et de la
journée. Zones particulièrement battues : Quincy-Landricourt et vallée de
l’Ailette ».
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36ème Division – « Dans la matinée, à partir de 06 H 00, quatre furieuses


contre-attaques allemandes, débouchant du ravin et des bois au Nord
d’Allemant, sont brisées par [nos feux]…/…Vers 15 H 00, la 36ème Division
[reprend] son attaque sur le plateau de la ferme [Moisy] et le plateau Nord
d’Allemant : [ces] attaques ne [peuvent] déboucher ».
Par télégramme, le général Mangin (commandant la Xème Armée) « fait
connaître aux commandants de Corps d’Armée, qu’à partir du 19 septembre, il
convient de réduire notablement la consommation des munitions, en particulier
de 75 ».
19 septembre 1918 :
232ème Régiment – « Au cours de nuit, vers minuit, l’ennemi déclenche une
violente contre-attaque dans la région de la ferme Moisy. Le combat est
vigoureusement mené à la grenade VB et au fusil-mitrailleur, dans un terrain
bouleversé, où les trous d’obus sont jointifs. Le Régiment recule légèrement, sur
les positions occupées la veille au soir…/… En fin de journée, une Compagnie
du 370ème Régiment U.S. est mise à la disposition des Bataillons en ligne ».
Pertes du jour : 2 tués, 30 blessés.
325ème Régiment – « A 05 H 45, le 5ème Bataillon tente une attaque par surprise
sur les tranchées du Mont des Singes. Les Compagnies de gauche (17ème) et du
centre (19ème) se trouvent, dès le départ, sous le feu des mitrailleuses ennemies
[et] ne peuvent progresser. Seule la Compagnie de droite (18ème) avance d’une
centaine de mètres dans le boyau de l’Orangerie [avant d’être] arrêtée par une
mitrailleuse protégée par une barricade de réseaux (barbelés) ».
Pertes du jour : 6 tués, 46 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe. Le Corps Médical annonce
« un blessé par éclat d’obus : le lieutenant Smith du 370ème ». Rien sur les
hommes de troupes.
L’Infanterie Divisionnaire communique : « Activité de l’artillerie ennemie très
vive dans la nuit et dans la matinée du 19 septembre. Nos pertes continuent à
être sérieuses…/… « L’après-midi et la soirée sont plus calmes. Une légère
extension de front du 232ème (vers le Nord) permet de libérer de la première
ligne un bataillon du 325ème. Chacun des 232ème et 325ème Régiments a donc 2
bataillons en ligne, et 1 bataillon en réserve. Le 370 ème Régiment U.S. est
rassemblé sur une ligne Nord-Sud à hauteur de la ferme Antioche ».

Sur le front du 30ème Corps :


36ème Division – « Au lever du jour, une forte contre-attaque [allemande],
accompagnée de lance-flammes, est repoussée avec de lourdes pertes…/…A 16
heures, la 36ème Division attaque et enlève le carrefour 103.2 sur la route
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Allemant-Pinon. [Elle] y fait 13 prisonniers. Au cours de ces combats très durs,


une vingtaine de mitrailleuses [restent] entre nos mains ».
Pertes totales depuis l’entrée en secteur de la 36ème Division : 742 tués ou
blessés.
31ème Division – « Rien de particulier à signaler ».
Pertes du jour : 3 blessés, 3 intoxiqués.

Position de la 59ème Division au soir du 19 septembre


Flèches bleues : attaques françaises du jour.
Flèche grise : « violente contre-attaque » allemande durant la nuit du 18 au 19.

Télégramme chiffré du Grand Quartier Général (Maréchal Foch) aux


Commandants de Groupe d’Armées :
« Etant donné l’usure des effectifs et la fatigue des unités, ainsi que les
nécessités de l’ensemble des opérations, il y a lieu de ménager le plus possible
l’Infanterie et les munitions ».

20 septembre 1918 :
232ème Régiment – « 04 H 00. Une vigoureuse attaque allemande parvient à
prendre pied dans la [carrière] 81-62 (position avancée à l’Est de la ferme
Moisy) qu’elle occupe aussitôt avec ses mitrailleuses. [Nous contre-attaquons
immédiatement], sans succès…/…09 H 00. Nouvelle contre-attaque couronnée
de succès : la carrière est reprise à la grenade, et fortement occupée par le 5 ème
Bataillon…/…16 H 30. Attaque du chemin creux par le 5ème Bataillon en liaison
avec [un] bataillon [de la 36ème Division]. L’ennemi contre-attaque avec
flammenwerfers (lance-flammes)…/…En fin de journée, nous occupons la
carrière et une partie du chemin creux* ».
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Pertes du jour : 11 tués, 18 blessés.


*A propos de ces événements, la 59ème Division communique : « La journée est
agitée par des actions d’infanterie presque ininterrompues et assez confuses. A
4 heures, l’ennemi attaque, avec deux compagnies environ, la carrière 81-62 et
parvient à y prendre pied. Nous l’en rejetons finalement vers 10 H 00, après un
dur combat à la grenade…/…A 09 H 00, le 232 ème Régiment, appuyé par [un
bataillon de] la 36ème Division, attaque la tranchée du Balcon, au rebord Est du
plateau de Moisy. Il parvient, en ce point, à atteindre son objectif. Mais une
poche ennemie subsiste sur le plateau. A 16 H 30, une nouvelle attaque est
déclenchée pour la réduire. L’ennemi oppose une résistance acharnée. Notre
progression est insignifiante ».

Situation au 20 septembre 1918


Flèches bleues : attaques françaises.
Flèche grise : attaque allemande.

325ème Régiment – « Sans changement. Le contact est partout maintenu avec les
fractions avancées de l’ennemi ».
Pertes du jour : 2 tués, 12 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe. Le 30ème Corps précise que
« des éléments du 370ème Régiment U.S. » participent aux attaques du 232ème. Le
Corps Médical Divisionnaire, quant à lui, signale « un officier blessé par éclat
d’obus : capitaine Morgan du 370ème ».

Dans une note adressée au général commandant la 59 ème Division – « Directives


pour l’organisation et la défense du secteur » – le général commandant le 30ème
Corps donne des instructions sur le redéploiement en profondeur de l’Infanterie
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(premières lignes – positions de résistance – stationnement des réserves / voir


mouvements des journées suivantes) et sur le positionnement de l’Artillerie (voir
carte ci-après) :

Positionnement de l’artillerie rattachée à la 59ème Division


Petits canons : batteries de 75.
Gros canons : batteries d’artillerie lourde.

Note – Les trois batteries de 75 situées aux alentours de Sorny et Laffaux, ainsi
que la batterie lourde à l’Ouest de Neuville, sont destinées « à prendre
d’écharpe ou d’enfilade le revers oriental du [Mont des Singes] ».
21 septembre 1918 :
232ème Régiment – « L’ennemi reste agressif : à 2 heures du matin, une attaque
(sur la carrière à l’Est de la ferme Moisy) est repoussée ; à 16 heures, [une]
nouvelle attaque [est] repoussée. Nuit très agitée jusqu’à minuit ».
Pertes du jour : 11 tués, 14 blessés.
325ème Régiment – « Sans changement ».
Pertes du jour : 1 tué, 10 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information.

Note du 30ème Corps : « La 36ème Division signale que du 13 au 20 septembre,


elle a perdu 3 officiers (tués), 11 officiers (blessés) et 825 hommes (tués ou
blessés) ».
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22 septembre 1918 :
232ème Régiment – « Le lieutenant-Colonel – parti à Fontainebleau en
observation d’attaques de tanks (voir journée du 16 septembre) – reprend le
commandement du Régiment…/… Vers 21 H 10, une tentative d’infiltration
[ennemie dans le secteur de] la carrière [avorte] sous [le feu] de nos fusils-
mitrailleurs, de VB, de grenades, et de nos tirs d’artillerie…/…Dans la nuit du
22 au 23, le 4ème Bataillon relève le 5ème Bataillon ».
Redéploiement « en profondeur » de toutes les troupes :
- Le 4ème Bataillon occupe seul le secteur en première ligne.
- Le 6ème Bataillon est en position de « résistance » en arrière de Vauxaillon.
- Le 5ème Bataillon va au repos à la ferme de Montécouré.
Pertes du jour : 7 blessés.
325ème Régiment – « Sans changement…/…L’ennemi, très vigilant, entendant du
bruit dans nos lignes [et] croyant à une attaque sur le Mont des Singes,
déclenche un tir d’artillerie très violent, mais ne sort pas de ses tranchées ».
Pertes du jour : 10 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information.

Position de la 59ème Division après la relève du 22 septembre

La Xème Armée signale : « Ce matin, l’ennemi exécute un violent tir de contre-


batterie sur la région du Banc-de-Pierre (emplacement des canons lourds, entre
Crécy et Leuilly) ».
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Sur le front de la 36ème Division : « Dans la matinée, à trois reprises, l’ennemi


tente de progresser en repoussant [nos] éléments avancés [au Nord d’Allemant].
Ces tentatives [échouent] grâce à nos [tirs de barrage] et à notre action
d’infanterie.
Pertes du jour pour cette division déjà très éprouvée : 5 tués, 34 blessés.
23 septembre 1918 :
232ème Régiment – « Pendant la nuit, l’ennemi renouvelle, sans plus de succès,
ses tentatives d’infiltration sur la Carrière (position française avancée à l’Est de
la ferme Moisy) : combats à la grenade ».
Pertes du jour : 1 tué, 1 blessé.
325ème Régiment – « Au cours de la nuit du 22 au 23, le 4ème Bataillon [relève en
première ligne] le 5ème Bataillon…/… L’ennemi, très nerveux, déclenche au
moindre bruit de violentes rafales de mitrailleuses ».
Pertes du jour : 4 blessés.
370ème Régiment U.S. – Le Journal de la 59ème Division signale : « Le 370ème
Régiment U.S. prend [position] en première ligne, entre l’écluse et [la ferme]
Vailly. La moitié du 1er Bataillon y relève la moitié du 6ème Bataillon du 325ème.
Le 2ème Bataillon se porte aux Tueries (lieu-dit à l’Est de Leuilly) ».
Pertes du jour (source : 59ème Division) : « 1 officier blessé, 10 hommes tués, 54
blessés, 3 disparus* ».
* Note – Le chiffre de ses pertes semble peu crédible. Il est possible que la
Division communique ici des informations plus ou moins « décalées »,
additionnant plusieurs jours de combats, et qui ne concernent pas seulement le
370ème Régiment...

Le Médecin Divisionnaire envoie un rapport à ses supérieurs « sur l’état


sanitaire du 232èmeRégiment, où sont constatés de nombreux cas de courbatures
fébriles (grippe) ».

Le général Mangin (Xème Armée) communique au 30ème Corps :


« A 8 heures, le 16ème Corps prend le commandement du secteur de la 31 ème
Division ».
Restent au 30ème Corps :
- la 59ème Division (à gauche),
- la 36ème Division (à droite).
Le général Fayolle (commandant le Groupe d’Armées de Réserve),
« reproduisant les directives verbales du Maréchal Foch, répète [au général
Mangin, commandant la 10ème Armée] la mission qui lui est assigné :
s’organiser sur le terrain conquis, de façon à conserver les gains réalisés, et
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prendre toutes les dispositions en vue de diminuer les pertes et la fatigue, afin
d’être en mesure de poursuivre l’ennemi au cas où il se retirerait !! ».

Position de la 59ème Division (dans la zone du front) le 23 septembre.


Explosion : « combats à la grenade » devant la Carrière.

Note de rappel – L’ensemble de la Division ne figure pas sur cette carte puisque
le 5ème Bataillon du 232ème est « au repos » à Montécouré.
24 septembre 1918 :
232ème Régiment – « Dans la soirée, vers 18 H 15, après une violente
préparation d’artillerie, un bataillon allemand, appuyé par des lance-flammes,
attaque notre poste avancé de la Carrière. Il parvient à nous l’enlever après un
combat acharné. Notre ligne, obligée de se retirer, se maintient à cinquante
mètres à l’Ouest de la Carrière ».
Pertes du jour : 1 tué, 14 blessés, 15 disparus (présumés morts).
325ème Régiment – Pendant la nuit, « échange de grenades, VB, et pétards entre
les fractions avancées…/… Au petit jour, vers 06 H 00*, une trentaine
d’Allemands exécutent un coup de main sur notre poste avancé du boyau du
Palétuvier et réussissent à nous enlever 3 hommes. Nous restons maîtres du
[terrain] après [le] retour offensif d’une [section] de soutien ».
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* Note – Les rapports du 30ème Corps et de la Xème Armée corroborent cette


chronologie. Par contre, relatant ce même événement, la 59ème Division situe
l’action « à la chute du jour, vers 18 H 00 »…
Pertes : 5 tués, 6 blessés, 3 disparus (présumés prisonniers).
370ème Régiment U.S. – Pas d’information directe. Le 325ème Régiment signale :
« Au cours de la nuit du 23 au 24, le 2ème Bataillon du 370ème relève, dans le
secteur ferme de Vailly-écluse, le 6ème Bataillon du 325ème…/…La 59ème
Division confirme : « Le 370ème Régiment achève de relever en première ligne le
325ème ».

Position de la 59ème Division après la fin des relèves (24 septembre)


Explosions : « coup de main » sur le petit poste du Palétuvier, et « attaque de la
Carrière ».

25 septembre 1918 :
232ème Régiment – « A 06 H 15 et 13 H 30, [nous contre-attaquons] pour
reprendre la Carrière, sans résultats : [les Allemands] devant notre front [sont]
abrités derrière des pentes verticales que [notre] artillerie ne peut battre ».
La 59ème Division donne une version plus précise de ces mêmes événements :
« A la pointe du jour, le 232ème contre-attaque sur les Carrières, mais ne peut
progresser. A 10 H 00, il reprend l’attaque à la grenade, et réussit à faire
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légèrement refluer l’ennemi. Pendant toute la journée, la lutte se poursuit.


L’ennemi résiste avec acharnement. Son artillerie exécute de nombreux
harcèlements [sur nos arrières]. De notre côté, pour user [sa] résistance, nous
infectons d’ypérite les pentes Nord-Est et [la crête Nord] du bois des Singes
(plus de 2000 obus) ».
Pertes du jour : 2 tués, 18 blessés.
325ème Régiment – « L’ennemi attaque le secteur à notre droite, et essaie, vers
16 H 00, d’aborder nos positions : il est repoussé ».
Pertes du jour : 27 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information.

Sur le front de la 36ème Division : « Dans l’après-midi, après un violent


bombardement et avec l’appui d’un barrage intense de mitrailleuses, la 36 ème
Division est violemment attaquée sur ses positions [avancées aux alentours]
d’Allemant. Complètement repoussée au Nord, l’attaque réussit à atteindre la
voie ferrée qui borde à l’Est le plateau Nord d’Allemant. A 20 H 30, malgré les
pertes sérieuses subies pendant la journée, [la 36ème Division] contre-attaque et
réduit un par un les nids de résistance ennemis. L’engagement se poursuit toute
la nuit.

Situation au 25 septembre
Explosions : combat du 325ème
devant la ferme Vailly, contre-attaques du 232ème sur les
Carrières, combats des éléments avancés de la 36ème Division au Nord d’Allemant.
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26 septembre 1918 :
232ème Régiment – « Après avoir harcelé pendant toute la nuit la Carrière à
l’aide des engins d’infanterie (mitrailleuses, fusils-mitrailleurs, grenades VB,
crapouillots), nos grenadiers parviennent, dans la matinée, à refouler l’ennemi
jusqu’aux abords des entrées de carrières, mais ne peuvent y pénétrer.
L’artillerie ennemie réagit par de violents tirs sur nos premières lignes. Nous
continuons nos tirs à ypérite dans la région du Mont des Singes ».
Pertes du jour : 4 tués, 2 blessés.
325ème Régiment – « Vers 01 H 00, l’ennemi tente d’aborder nos positions, sans
succès ».
Pertes du jour : 28 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe. Le Corps Médical signale
« 3 tués au 370ème » (probablement morts à l’hôpital).
Sur le front de la 36ème Division : « Après une lutte acharnée qui s’est poursuivie
toute la nuit, la [36ème Division] réoccupe au matin [ses] anciennes positions.
Quatre prisonniers restent entre nos mains ».
Pertes des 25 et 26 septembre : 50 tués, 128 blessés, 4 intoxiqués, 29 disparus
(présumés morts ou prisonniers).
27 septembre 1918 :
232ème Régiment – « A 6 heures du matin, le Régiment, avec le concours de
lance-flammes, et avec protection d’artillerie, attaque de nouveau la Carrière.
Mais il est arrêté par de nombreuses mitrailleuses et par un violent barrage
d’artillerie…/… Dans la nuit du 27 au 28, le 5ème Bataillon relève le 4ème ».
Pertes du jour : 1 tué, 2 blessés.
325ème Régiment – « Sans changement ».
Pertes du jour : 5 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe.
L’Infanterie Divisionnaire communique : « Dans le but de dégager le terrain en
le rendant inhabitable, notre artillerie commence le traitement à l’ypérite du
Mont des Singes (2246 obus « toxiques ») : [une] attaque d’infanterie est fixée
au 30 septembre ».
Front de la 36ème Division : « Une attaque ennemie, déclenchée à 21 H 00 sur
une tranchée au Nord d’Allemant, échoue sous nos feux ».
28 septembre 1918 :
232ème Régiment – « A 4 heures, le 34ème Régiment (36ème Division) signale un
mouvement de repli exécuté par l’ennemi. Les patrouilles envoyées aussitôt
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rendent compte que l’ennemi est toujours [présent]…/… A 9 heures, nos


patrouilles [prennent les Carrières]. Le 5ème Bataillon y prend pied, et reçoit
l’ordre de prendre comme objectif Le Pavier (Nord Ouest de Pinon)…/… A la
nuit tombante, le 5ème Bataillon atteint la voie étroite qui passe par Le Pavier.
Le 6ème Bataillon prend position en seconde ligne ».
Pertes du jour : 2 tués, 6 blessés.
325ème Régiment – « Des indices et des renseignements de déserteurs faisant
croire à un repli de l’ennemi vers le canal, notre [4ème] Bataillon pousse ses
éléments avancés. Le Bataillon dépasse le Mont des Singes et atteint la voie
ferrée. Le 6ème Bataillon reçoit l’ordre d’occuper les positions tenues la veille
par le 4ème…/…A 12 H 10, ordre au 6ème Bataillon de dépasser le 4ème et de
continuer la progression en direction Nord de Pinon…/… Le départ a lieu dans
la nuit du 28 au 29, mais le 6ème Bataillon ne peut atteindre l’Ailette. Le 4ème
Bataillon reste en soutien sur [les pentes Est du bois des Singes]* ».
* Note – Les Allemands tiennent encore les crêtes du Mont des Singes. La
progression du jour est donc un mouvement de contournement, par le Nord et le
Sud, puis d’encerclement.
Pertes du jour : 16 blessés.

Positions de départ et mouvements (flèches rouges) du 28 septembre


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370ème Régiment U.S. – Aucune information directe.


Le Corps Médical annonce ce jour « un tué (simple soldat anonyme –
probablement mort à l’hôpital), un blessé – capitaine Allan – et un malade –
sous-lieutenant Robert – 370 RIUS »…/…
Pour avoir d’autres renseignements, notamment sur les mouvements de troupes
du 370ème, voir plus loin : carte « Situation au matin du 29 septembre » et
« Journal de la 59ème Division ».

Le Journal de l’Infanterie Divisionnaire décrit ainsi les événements du jour :


« [A partir de] minuit, l’ennemi se replie sur un large front. La poursuite
commence au jour. La progression se fait pas à pas, car il a laissé des nids de
mitrailleuses, spécialement dans la forêt de Pinon, à la station d’Anizy, sur la
route Pinon-Brancourt, [et dans le bois de Mortier] ».

Le Journal de la 59ème Division est beaucoup plus complet :


« Le 30ème Corps d’Armée téléphone vers 1 heure du matin : « D’après les
déclarations d’un Alsacien-Lorrain passé dans nos lignes, l’ennemi [a]
commencé un repli devant [votre] front. Maintenir le contact »…/…
L’ordre est aussitôt transmis aux Régiments de faire des reconnaissances et de
poursuivre l’ennemi dans le cas où il se retirerait…/…
Le mouvement est déclenché par la droite.
A 9 heures, le 232ème Régiment, poussant les arrière-gardes ennemies, s’empare
de la Carrière, et vers midi, de la cote 154…/…
Le 325ème Régiment éprouve plus de difficultés devant le Mont des Singes, où il
ne progresse que pied à pied…/…
Le 370ème Régiment U.S. est longtemps tenu en échec dans les boqueteaux à
l’Ouest de la ferme (Guilleminet), [avant de se retrancher, vers midi, le long du
canal]. Des patrouilles, envoyées au Nord du Canal, [sont] arrêtées par des
mitrailleuses dans le bois Mortier, et repoussées sur la rive Sud…/…
Le 30ème Corps prescrit, étant donnée la résistance de l’ennemi sur le Mont des
Singes, de progresser en exécutant un rabattement par le Nord…/…
Dans l’après-midi, l’artillerie ennemie, qui était restée calme dans la matinée,
exécute des harcèlements nourris, mais qui ne peuvent arrêter la progression de
[notre] infanterie. Nous occupons Pinon. Plus loin, l’ennemi en force (2
bataillons) dans la région au Sud du Canal, oppose une résistance tenace et
nous arrête par des tirs de mitrailleuses…/…
Pendant la nuit, aucun changement notable [de] la situation en première ligne.
L’artillerie porte deux groupes [de batteries de 75] dans la région du Bessy et de
la ferme Antioche, et une batterie de 155 sur le Bessy ».
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

Situation au matin du 29 septembre


- Rectangles bleus : position des Régiment de la 59ème Division après la « poussée » du
28 septembre.
- Rectangle gris : position des deux bataillons allemands défendant encore la rive Sud
du canal.
- Explosions : mitrailleuses allemandes.
- Petits canons : batteries françaises de 75.
- Gros canon : batterie française de 155.

29 septembre 1918 :
Communiqué de la Xème Armée à propos du secteur tenu par le 30ème Corps
(59ème et 36ème Divisions) :
« La poursuite [continue] au cours de la nuit. Nos éléments avancés [atteignent]
l’Ailette au Nord de la forêt de Pinon, à l’Est de Chavignon, et en bordure du
bassin d’alimentation. Sur ces points, les tentatives de passage [sont] arrêtées
par les feux des mitrailleuses partant de la rive Nord…/… Vive réaction de
l’artillerie ennemie par toxiques et explosifs sur tout le front, les villages, et les
routes de l’arrière…/…
Actuellement, [la] ligne (du 30ème Corps) suit le canal de l’Ailette [jusqu’au
bassin d’alimentation]. La ligne passe ensuite vers l’épine de Chevregny et le
Château ruiné (18ème Corps) ».

232ème Régiment – « La progression continue. Le 5ème Bataillon pénètre dans la


forêt de Pinon malgré la résistance acharnée de l’ennemi. A 16 H 30, la
tranchée des Bastions est prise par la 17ème Compagnie ».
Pertes du jour : 8 blessés.
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325ème Régiment – « De nombreuses mitrailleuses ennemies empêchent notre


progression».
Pertes du jour : 2 tués, 7 blessés.
370ème Régiment U.S. – Pas d’informations directes. La 59ème Division, dans son
Journal, mentionne « de nombreux intoxiqués au 370ème Régiment U.S. ». Le
Service Médical fait état, quant à lui, de « 2 tués au 370ème Régiment
U.S. (probablement morts à l’hôpital) ».

Sur le front de la 36ème Division (source : Journal du 30ème Corps) :


« A la droite du 30ème Corps, 25 hommes de l’avant-garde [de la 36ème Division]
réussissent à passer sur la rive Nord du canal. Il s’y maintiennent sous le feu
violent des Allemands qui occupent en force la voie ferrée (le long du canal).
Dans la soirée, ils se replient sans laisser aucun des leurs au Nord du canal (12
tués ou blessés).

Front du 30ème Corps (59ème et 36ème DI) le 29 septembre 1918


Flèches rouges : mouvements du jour.

Note – Le front du 30ème Corps d’Armée borde maintenant la rive Sud du canal
de l’Ailette. Les troupes allemandes, à l’exception de quelques poches de
résistance, sont toutes repliées au Nord du canal.

30 septembre 1918 :
232ème Régiment – « La Station (gare d’Anizy) tient toujours*. Le 5ème Bataillon
s’empare d’un canon lourd ».
* Comprendre : est toujours aux mains des Allemands.
Pertes du jour : 2 tués, 10 blessés.
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325ème Régiment – « [L’artillerie allemande] paraît établie sur de nouvelles


positions : son activité [augmente] considérablement…/… Quelques éléments
avancés de notre [6ème Bataillon] atteignent la berge du canal à 200 mètres à
l’Est de la route Pinon-Brancourt. L’ennemi semble décidé à résister
énergiquement sur la rive Nord de l’Ailette ».
Pertes du jour : 3 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe. Le Corps Médical signale
« 2 tués (simples soldats, donc anonymes) et 2 blessés – lieutenants Charvis et
James ».

Le 30ème Corps constate : « De l’ensemble des indices relevés sur le terrain, et


de l’interrogatoire des prisonniers, il résulte que le repli des Allemands a été
précipité bien que [très ordonné] : il a été couvert par une Compagnie d’arrière-
garde par Régiment…/…[Nous avons récupéré] d’importants dépôts aux
positions de batterie. L’ennemi a laissé également du matériel et beaucoup de
munitions d’infanterie ».

1er octobre 1918 :


232ème Régiment – « Ce n’est que dans le courant de l’après-midi que nous
parvenons à occuper entièrement la station d’Anizy, mais les maisons situées
aux abords sont toujours fortement tenues par l’adversaire : nous faisons deux
prisonniers ».
Pertes du jour : 2 tués, 7 blessés.
325ème Régiment – « Avec ses fractions restées au Sud du canal, l’ennemi
attaque à plusieurs reprises nos éléments avancés, qui maintiennent leurs
positions ».
Pertes du jour : 8 tués, 22 blessés, 2 disparus (présumés morts).
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe. Les mouvements et actions
du Régiment restent inconnus. La 59ème Division fait état des pertes, sans autres
précisions : « 8 officiers blessés, 11 hommes tués, et 82 hommes blessés ou
intoxiqués ».

Journal de la 59ème Division :


« Devant la résistance ennemie, le général commandant la Xème Armée (Mangin)
prescrit « d’être en mesure d’opérer de vive force le passage du canal ».
Le général commandant le 30ème Corps ordonne « d’établir un plan de
démarrage pour le cas où l’ennemi exécuterait un nouveau repli ».
Un nouvel ordre du général commandant l’Armée prescrit « non seulement de
conserver avec l’ennemi un contact étroit par patrouilles, mais encore d’exercer
une pression constante sur son front, et d’être prêt à reprendre sans tarder la
marche en avant ».
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Les reconnaissances nécessaires sont immédiatement poussées ».

2 octobre 1918 :
232ème Régiment – « A 07 H 45, après une courte préparation d’artillerie, le
Régiment attaque [des éléments allemands retranchés le long] de la voie ferrée :
combats à la grenade, fusils-mitrailleurs et VB. D’abord arrêtée par des [tirs
nourris de] mitrailleuses, la progression [reprend] à 09 H 30, et [l’objectif est
atteint] vers 11 H 00. Un détachement ennemi (12 hommes), débouchant du pont
d’Anizy pour contre-attaquer, se rend après que les deux officiers qui le
commandait eussent été tués…/…Dans l’après-midi, [le secteur] est soumis à un
violent bombardement par tous calibres (plus de 5500 obus)…/…Dans la nuit
du 2 au 3, le 6ème Bataillon relève le 5ème Bataillon qui va cantonner à Sorny. Le
4ème Bataillon occupe la position de résistance [en deuxième ligne] ».
Pertes du jour : 8 tués, 11 blessés.
325ème Régiment – « Le 6ème Bataillon attaque la ferme 57.9* et l’enlève…/…
* Note – Cette ferme n’est pas précisément localisée : de toute évidence, elle se
trouve sur la rive Sud, non loin du pont et de la route Pinon-Brancourt.
…/…La garnison ennemie (environ 50 hommes) peut se replier, [en] petits
groupes, par le pont de [la route] Pinon-Brancourt…/…Nous bordons le canal
dans tout le secteur du Régiment…/…Dans la nuit, le 5 ème Bataillon relève le
6ème sur ses positions. Le 6ème Bataillon se rend à Terny-Sorny en réserve de
Division. Le 4ème Bataillon, en soutien, [occupe les] pentes Ouest du bois des
Singes** ».
Pertes du jour : 18 blessés.
** Note – Le mont des Singes a donc été « nettoyé » de ses derniers défenseurs.
Comme aucun Journal ne fait mention de l’événement, on peut penser que le
370ème Régiment U.S. s’est chargé de cette besogne…
370ème Régiment U.S. – Pas d’informations directes, mais le 30ème Corps
annonce pour la journée : « 11 américains tués, et 90 intoxiqués ».
Journal de l’Infanterie Divisionnaire (extrait) :
« A ce moment, [notre] infanterie borde le canal de l’Ailette sur tout le front.
L’ennemi, [replié au Nord], tient sous son feu les berges Sud …/…Le passage du
canal, l’attaque d’Anizy et du bois Mortier, sont aussitôt préparés ».
Journal de la Xème Armée (extrait) :
« Au cours de la nuit (du 2 au 3 octobre), une reconnaissance traverse le canal
devant la forêt de Pinon, et constate que la berge Nord est fortement occupée
par l’ennemi ».
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Situation au matin du 3 octobre


Note – La position des 1er et 3ème Bataillons américains reste incertaine, car aucune
information n’est disponible.

3 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Dans la matinée, le Régiment nettoie la rive Sud du canal
des dernières fractions ennemies qui l’occupent encore. L’ennemi réagit assez
violemment par son artillerie…/… Après-midi calme ».
Pertes du jour : 1 tué, 1 blessé.
325ème Régiment – « Des renseignements spéciaux font pressentir une
évacuation du bois Mortier. [Dans la nuit du 3 au 4], une fraction de la 17ème
Compagnie est chargée d’effectuer une reconnaissance dans les lignes
ennemies. Elle se présente à la passerelle n°1 (non localisée) où elle est
accueillie par un violent tir de mitrailleuses : l’ennemi tient toujours aussi
solidement la rive Nord du canal ».
Aucune perte déclarée.
370ème Régiment U.S. – Pas d’informations directes. Pour cette journée, le
Journal du 30ème Corps fait état de « 3 tués et 6 blessés américains ».

Lettre personnelle du général Fayolle – commandant le Groupe d’Armées de


Réserve – au général Mangin – commandant la Xème Armée – pour rappeler :
« que le moral est tout à la guerre, qu’il y a lieu de ne pas dépasser la limite des
forces des unités, qu’il faut chercher à soutenir la troupe par une bonne
installation, l’envoi en permission sans retards, à seule fin d’être dans la
meilleure situation le jour où l’offensive devra être reprise ».
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4 octobre 2018 :
232ème Régiment – « L’infanterie ennemie se montre extrêmement vigilante : tirs
de mitrailleuses sur tout homme qui se montre…/…Moins grande activité
d’artillerie et de minen ».
Pertes du jour : 1 tué.
325ème Régiment – « Sauf les tirs habituels des fractions situées sur les deux
rives du canal, la journée et la nuit [sont] calmes ».
Pertes du jour : 9 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe. Le Journal de la 59ème
Division fait état d’une reconnaissance menée pendant la nuit du 3 au 4 : « Une
reconnaissance du 370ème prend contact avec l’ennemi qui occupe solidement la
rive Nord du canal. Il ne semble pas qu’il y ait de passage praticable. Tous les
ponts sont effondrés, et les passerelles plus ou moins complètement détruites ».
Pertes du jour (source Corps Médical Divisionnaire) : 1 tué.

5 octobre 2018 :
232ème Régiment – « Les mitrailleuses ennemies nous empêchent d’aborder le
pont de la voie ferrée…/.. La journée est calme. Activité d’artillerie et de minen
plus grande ».
Pertes du jour : « néant ».
325ème Régiment – « Une patrouille de la 18ème Compagnie tente de franchir la
passerelle n° 1. Elle reçoit des tirs de mitrailleuses. La vigilance des Allemands
rend impossible tout franchissement du canal. En maints endroits, des
camouflages sont aperçus ».
Pertes du jour : 1 blessé.
370ème Régiment U.S. – Aucune information.

« Le général Fayolle – commandant le Groupe d’Armées de Réserve – redit de


nouveau à la Xème Armée – Mangin – que sa mission est de s’organiser sur le
terrain conquis et de diminuer les pertes et les fatigues, afin d’être en mesure de
poursuivre l’ennemi au cas où il se retirerait. Cette situation est commandée par
l’ensemble des opérations ».

6 octobre 2018 :
« Par suite du retrait du front du 30ème Corps d’Armée, la 59ème Division passe
sous les ordres du 16ème Corps ».
Note – La 36ème Division (autre composante du 30ème Corps) passe au 18ème
Corps.
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232ème Régiment – « Infanterie toujours vigilante de part et d’autre. Nombreux


tirs de harcèlement d’artillerie et de mitrailleuses ».
Pertes du jour : « néant ».
325ème Régiment – « Dans la nuit du 5 au 6, des prisonniers [sont] faits par la
Division [sur notre] droite (36ème Division). D’après leurs renseignements, [un]
mouvement général de repli serait commencé…/… Ordre est donné de vérifier
l’exactitude de [ces] dires. Une patrouille vers le pont* du canal trouve la rive
Nord occupée. Une autre, vers la passerelle 97.88* se heurte à une défense très
sérieuse de l’ennemi. Une [autre] reconnaissance faite dans le but d’atteindre la
rive Nord du canal (route Pinon-Brancourt) ne peut remplir sa mission en
raison d’un tir prolongé d’obus toxiques ».
* Note – « Pont du canal » et « passerelle 97.88 » ne sont pas précisément
localisés.
Pertes du jour : néant.

6 octobre 1918 – 1ère et 2ème lignes de la 59ème Division


La ligne de front de la 31ème Division (rive Nord) est en rouge. Les lignes de front des
59ème et 36ème Divisions sont situées tout le long du canal de l’Ailette (ici, en bleu clair),
sur la rive Sud.

Note – Les Allemands sont sur la rive Nord, menacés sur leur flanc par l’aile
gauche de la Xème Armée (31ème et 32ème Divisions), et risquant l’encerclement
suite à l’offensive de la Ière Armée et du Corps Expéditionnaire Britannique (au
Nord), et à l’offensive de la 5ème d’Armée (au Sud) – voir carte page suivante.
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe. Le Corps Médical
Divisionnaire annonce « 1 blessé, sous-lieutenant Smith, 370 U.S. ».

Journal de la 59ème Division (extrait) : « Pendant la nuit du 5 au 6, nos


patrouilles exécutées le long du canal, sur tout le front de la Division, sont
partout accueillies par [des] feux de mitrailleuses et d’artillerie. Le seul passage
praticable semble être le pont du chemin de fer (sur la carte ci-dessus : « pont de
la voie ferrée ») au Sud-Est d’Anizy…/…[Dans la journée], l’ennemi exécute un
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violent bombardement par obus toxiques sur la région Mont des Singes-
Vauxaillon ».

Front de l’Ouest (partiel) – Situation le 6 octobre 1918


Fond jaune : zone française ou alliée / Fond gris : zone allemande.
Ligne rouge : front / Pointillés rouges : front de la 59ème Division.
Flèches bleues : grandes offensives alliées en cours.

7 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Une de nos reconnaissances tente, au cours de la nuit, de
franchir le canal [pour] surprendre un petit poste [allemand sur l’autre rive] :
elle est immédiatement accueillie par des coups de fusil et des rafales de
mitrailleuses qui l’obligent à se replier…/…Pendant la journée, aucune action
d’infanterie, [mais] une grande activité d’artillerie…/…Relève en première
ligne du 6ème Bataillon par le 4ème. Le 5ème Bataillon se porte en [seconde ligne].
Le 6ème Bataillon, en réserve, va cantonner à Sorny ».
Pertes du jour : 3 tués, 11 blessés.
325ème Régiment – « Deux patrouilles [du 5ème Bataillon] ne peuvent déboucher
sur la rive Nord du canal, toujours [fortement] gardée par
l’ennemi…/…[Pendant la nuit du 7 au 8], le 4ème Bataillon relève le 5ème en
[première ligne] : 15ème Compagnie à l’Est, 14ème à l’Ouest, 13ème en soutien
[légèrement en retrait]. Le 6ème Bataillon se porte [en seconde ligne]. Le 5ème
Bataillon vient occuper les [carrières] de Sorny ».
Pertes du jour : 22 blessés.
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370ème Régiment U.S. – Dans la nuit du 6 au 7, deux patrouilles tentent de


franchir le canal, sans succès (source : 59ème Division – voir ci-dessous). Le
Corps Médical fait aussi état de « 1 blessé – lieutenant Laine (qui commandait
l’une des patrouilles), 1 malade – lieutenant Riggs – et 1 gazé – lieutenant
Bleur ». Aucun renseignement sur les pertes des hommes de troupe…
Journal de la 59ème Division (extrait) : « Les succès des armées voisines, et
différents indices sur le front de la Xème Armée, rendent probable un repli de
l’ennemi. Pour faire des prisonniers et obtenir des renseignements, plusieurs
coups de main sont tentés dans la nuit du 6 au 7.
Un détachement du 232ème arrive sur le pont du chemin de fer, mais le trouve
coupé. Pris sous de violents feux, il perd [6 hommes] – 3 tués et 3 blessés. Un
autre détachement du 232ème subit également des pertes (6 blessés) devant le
pont Sud d’Anizy.
Les reconnaissances du 325ème sont arrêtées au bord du canal.
Celles du 370ème U.S. ne peuvent aborder le pont de l’écluse. 1 officier blessé ».

8 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Faible activité d’infanterie et d’artillerie ».
Pertes du jour : 7 blessés.
325ème Régiment – « Journée et nuit plutôt calmes. Bruits de travaux ou de
transport de matériel [dans les lignes ennemies] ».
Pertes du jour : 5 blessés.
370ème Régiment U.S. – Le Corps Médical Divisionnaire annonce « 1 blessé,
sous-lieutenant Roy, 370 U.S. ». Aucune autre précision.
Journal de la 59ème Division : « Pendant la nuit du 7 au 8, nos patrouilles
chargées de maintenir le contact constatent la présence des mêmes postes
ennemis sur le canal ».
Journal du 16ème Corps : « Le général commandant le Corps d’Armée se rend,
pour 08 H 30, au PC du général commandant la 59 ème Division, pour étudier, de
concert avec le général commandant la 31ème Division (qui tient le secteur sur la
gauche), le démarrage des deux Divisions, en cas de repli de l’ennemi…/…Par
note n° 2735, il règle les conditions de mouvement de la 59 ème
Division…/…Dans l’après-midi, il se rend au PC du général commandant le
18ème Corps d’Armée, pour régler les mesures concernant le démarrage de la
59ème Division (droite du 16ème Corps) en liaison avec la 36ème Division (gauche
du 18ème Corps) – voir carte page précédente ».
« Note personnelle et secrète » du Grand Quartier Général (Foch) au Groupe
d’Armées de Réserve (Fayolle) : « Le G.Q.G. rappelle, une fois de plus, la
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nécessité de restreindre la consommation des munitions de 75. Ne tirer que pour


un objet précis et cesser le feu sitôt ce résultat obtenu. Agir par rafales courtes
et violentes plutôt que par un tir lent et continu. Eviter tout ce qui ne peut être
observé et contrôlé. Contrôler les chiffres de consommation annoncés ».

9 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Aucune action d’infanterie. Assez nombreux tirs de
harcèlement d’artillerie sur tout le secteur. Quelques tirs de minen sur nos
premières lignes ».
Pertes du jour : 1 tué, 3 blessés.
325ème Régiment – « Au cours de la nuit, l’artillerie ennemie se montre très
active : tirs nourris d’obus de tous calibres, y compris des obus à
gaz…/…L’occupation de la rive Nord du canal est reconnue par deux
patrouilles : des bruits de déplacement de matériel [sont entendus]…/…Journée
peu agitée ».
Pertes du jour : 1 tué, 33 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucun renseignement.

10 octobre 1918 :
232ème Régiment – Dans la nuit du 9 au 10, deux patrouilles explorent la rive
Sud du canal : « l’une d’elles n’est pas inquiétée ; la deuxième reçoit quelques
grenades…/…Pendant la journée, grosse activité d’artillerie : l’ennemi emploie
surtout des obus toxiques ».
Pertes du jour : néant.
325ème Régiment – Dans la nuit du 9 au 10, « ordre est donné de s’assurer par
tous les moyens que les positions ennemies continuent d’être fortement tenues :
les patrouilles et reconnaissances sont affirmatives à ce sujet…/…Activité
marquée de l’artillerie ennemie sur [nos] premières lignes, [avec] notable
proportion d’obus de gros calibre ».
Pertes du jour : 6 blessés.
370ème Régiment U.S. – Le Corps Médical Divisionnaire signale « 1 blessé,
lieutenant Karl, 370 U.S. ».

Journal de la 59ème Division : « Plusieurs explosions importantes sont constatées


à l’intérieur des lignes [allemandes]. Ces indices, joints aux renseignements
recueillis sur le reste du front, font pressentir que le repli de l’ennemi est
proche ».
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Le général commandant le 16ème Corps « se rend, à 6 heures, à un observatoire


avancé (Ouest de Pinon) pour y étudier le terrain sur lequel doit se faire la
progression des 31ème et 59ème Divisions ».
Journal de la Xème Armée : « Au Nord de l’Aisne, au point du jour, nous
constatons le repli de l’ennemi. La poursuite est immédiatement engagée par le
35ème Corps…/… Nos patrouilles franchissent le canal [au Sud de] Braye. A 11
heures, nous occupons Braye. Les résistances sur le Chemin des Dames sont
rapidement réduites…/…A 16 heures, nous [atteignons] l’Ailette entre Grand
Pont et Ecouffaux ».

Situation de la Xème Armée (secteur de l’Ailette) au soir du 10 octobre


Fond jaune : zone française / Fond gris : zone allemande.
Flèches bleues en bas à droite : franchissement du canal et poursuite engagée par le
35ème Corps.

Le général Mangin, commandant la Xème Armée, « fait appel à l’allant et au


mordant de tous pour effectuer une poursuite ardente de l’ennemi ! ».

11 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Une de nos patrouilles longe la rive Sud du canal :
quelques rafales de mitrailleuses sont tirées dans sa direction…/…Très grosse
activité de l’artillerie allemande avec emploi considérable d’obus toxiques ».
Pertes du jour : 5 blessés.
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325ème Régiment – « Des indices de repli imminent se précisent et se


multiplient…/…Tirs violents de l’artillerie ennemie. Les pièces qui tirent
paraissent plus éloignées que les jours précédents. Les obus à gaz sont toujours
nombreux ».
Pertes du jour : 2 blessés.
370ème Régiment U.S. – Le Corps Médical Divisionnaire signale « 1 blessé,
sous-lieutenant Kellay, 370 U.S. ». Aucune autre information.
Journal de l’Infanterie Divisionnaire : « Au cours de la journée et jusqu’à la nuit
tombée, les Allemands font exploser des mines, incendient leurs cantonnements :
leur repli paraît imminent ».
Journal de la 59ème Division : « [Tout comme] les nuits précédentes, nos
patrouilles ne peuvent franchir le canal…/…De grosses explosions sont
signalées au Nord de Wissignicourt et au Sud de Laon. Gros incendie à
Chaillevois. D’autre part, les prisonniers, capturés par une Division voisine,
annoncent que le repli doit être exécuté dans la nuit du 11 au 12. Tous les
éléments de la Division sont alertés et tenus prêts à faire mouvement ».
Note de service du 16ème Corps d’Armée : « Au sujet de la poursuite de l’ennemi
– Dans le cas où les unités en ligne s’apercevraient elles-mêmes du repli de ce
dernier, elles devraient, sans autre ordre, pousser de l’avant, de manière à
toujours garder le contact ».
Journal de la Xème Armée : « Pendant la nuit, continuation de notre avance sur
les plateaux au Sud de l’Ailette. La 72ème Division réussit à faire passer une
Compagnie au Grand Pont sur l’Ailette, [et] fait 15 prisonniers. [A sa droite], le
Corps d’Armée Italien (récemment rattaché à la Xème Armée) atteint le Chemin
des Dames [et] Courtecon…/…Résistance très sérieuse au Nord de l’Ailette.
Dans la matinée, l’ennemi contre-attaque au Grand Pont et oblige les éléments
de la 72ème Division à repasser [sur la rive Sud]…/…Progrès continus du Corps
d’Armée Italien qui borde l’Ailette, sur tout son front, en fin de journée ».
Le Corps Médical de la Xème Armée signale un « nombre de grippés assez
important, surtout aux 16ème et 35ème Corps ».

12 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Le 4ème Bataillon (en première ligne) reçoit l’ordre de
pousser des patrouilles en avant, avec mission de s’assurer des modifications
que l’ennemi aurait pu apporter à son système d’occupation. L’une d’elles
capture un poste ennemi aux lisières Sud d’Anizy : 1 sous-officier et 6 hommes
[sont faits prisonniers]. Toutes progressent en direction Nord d’Anizy, en
contournant le village, et sans rencontrer de résistance. Les unités du Régiment
sont alertées »…/…
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Front sur l’Ailette au matin du 12 octobre

…/… « Le 4ème Bataillon commence immédiatement sa progression, en liaison à


droite avec [la 36ème Division], à gauche avec le 325ème Régiment. Aucune
résistance sérieuse n’est opposée par l’ennemi. La progression se poursuit
jusqu’à la nuit tombée dans d’excellentes conditions. En fin de journée, la
situation du Régiment est la suivante :
- 5ème Bataillon : plateau de Montarcène* – tranchée du bois Roger* (Nord de
Montarcène).
- 4ème Bataillon : Tervanne* – cimetière de Fauconcourt* ».
Le poste de Commandement du Régiment s’établit à Anizy.
Pertes du jour : néant.
* voir carte page suivante.
325ème Régiment – « [Pendant la nuit], nombreuses fusées éclairantes. Tirs
d’artillerie et de mitrailleuses jusqu’à 03 H 00…/…Au petit jour, les éléments de
première ligne tentent de franchir le canal sur des passerelles de fortune et ne
rencontrent qu’une fraction ennemie au Nord du pont de la route Pinon-
Brancourt. Après un violent combat à la grenade, 1 sous-officier et 10 hommes
[sont faits prisonniers]. La progression commence conformément au plan
prévu : le 4ème Bataillon est à [droite], en liaison avec le 232ème (4ème Bataillon) ;
[à gauche], la liaison est assurée avec la 31ème Division par un détachement
mixte (une Compagnie du 325ème – 6ème Bataillon – une Compagnie du 370ème
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U.S. – 1er Bataillon – et deux sections de Mitrailleuses – une section de chaque


Régiment)…/…La progression s’accentue sans être entravée par l’artillerie
ennemie. Seuls quelques nids de mitrailleuses, réduits au fur et à mesure, la
ralentissent. La résistance de l’ennemi [est] surtout rencontrée à Pénancourt* et
à la cote 104*…/… A 18 H 00, le premier objectif [est] atteint*. La liaison est
assurée à droite et à gauche ».
Pertes du jour : 1 tué, 9 blessés.
* voir carte ci-dessous :

Xème Armée : mouvements et positions au soir du 12 octobre

370ème Régiment U.S. – Pour avoir quelques informations, voir Journaux des
autres unités.

Le Journal de la 59ème Division donne quelques précisions sur les avancées du


jour : « Le 232ème progresse rapidement à l’Est d’Anizy. Le 325 ème marche à
l’Ouest du village. Anizy est débordé : l’ennemi (1 bataillon d’arrière-garde qui
devait nous retenir le plus longtemps possible) lâche pied [et] l’évacue. Le
370ème U.S., profitant du mouvement de la 31ème Division qui a pénétré dans le
bois Mortier, franchit à son tour le canal…/…La réaction de l’infanterie
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ennemie est nulle…/…Suivant la progression des avant-gardes, le Génie rétablit


rapidement les passages, [ponts sur le canal de l’Ailette et routes principales]
que l’ennemi avait détruites par plusieurs mines…/…La ligne Pénancourt-cote
104, défendue par des mitrailleuses, est difficile à aborder : il faut l’intervention
[de notre] artillerie pour les réduire…/… [Dans l’après-midi], l’artillerie
ennemie, muette pendant la première partie de la journée, commence à
bombarder sérieusement notre [avant-garde]…/…Un nouveau bond nous porte
jusqu’à hauteur de Fauconcourt. La nuit est venue. Il faut s’arrêter ».

13 octobre 1918 :
« Au cours de la journée, les arrière-gardes ennemies se [replient] à la vue de
nos troupes, évitant tout contact » (source : Infanterie Divisionnaire). « A 11
heures, nous sommes à Laon : 6500 civils sont délivrés…/… Partout, les routes
sont en très mauvais état, de profonds entonnoirs gênent l’avance de nos
convois et de nos camions » (source Xème Armée). Les villages et les dépôts
contiennent un grand nombre de dispositifs de mines retardées » (source :
Groupe d’Armées de Réserve).
232ème Régiment – « La progression en direction de Cessières et Bucy [reprend]
dès 6 heures du matin. [Le] 5ème Bataillon, en avant, assure [la] liaison à droite
avec [la 36ème Division], à gauche avec le 325ème Régiment. Aucune réaction de
l’ennemi. Vers 16 H 00, l’objectif fixé est atteint. En fin de journée, [le Régiment
occupe les positions suivantes] :
- 5ème Bataillon : voie ferrée Laon-La Fère*, avec [un] poste au Nord de cette
voie ».
- 6ème Bataillon : Bucy*.
- 4ème Bataillon : Cessières*.
* voir carte page suivante.
Pertes du jour : 5 blessés.
Pertes globales du 232ème pendant la période du 16 septembre au 13 octobre
1918 : « 69 tués, 282 blessés, 20 disparus » (source : Infanterie Divisionnaire).
325ème Régiment – « La poursuite recommence…/…[En fin de journée], les trois
bataillons du Régiment occupent les positions suivantes :
- 4ème Bataillon : ferme Arderne, Est de Suzy*.
- 5ème Bataillon : ferme Dandry, Nord-Est de Crépy*.
- 6ème Bataillon : Crépy*.
* voir carte page suivante.
Pertes du jour : 1 blessé.
Pertes globales du 325ème pendant la période du 16 septembre au 13 octobre
1918 : « 32 tués, 576 blessés, 8 disparus » (source : Infanterie Divisionnaire).
370ème Régiment U.S. – « Deux bataillons du 370ème U.S. s’établissent dans la
région de Bucy (source : 59ème Division). ».
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Pertes globales du 370ème U.S. pendant la période du 16 septembre au 13 octobre


1918 : « 40 tués, 378 blessés, 22 disparus » (source : Infanterie Divisionnaire).

Xème Armée (aile gauche) : situation au soir du 13 octobre


Fond jaune : zone française / Fond gris : zone allemande.
Flèches bleues : poussées des Divisions françaises (31ème et 32ème – 16ème Corps en liaison
avec la Ière Armée sur sa gauche / 36ème et 127ème – 18ème Corps en liaison avec le 35ème
Corps* et le Corps Italien* sur sa droite).
* : non visibles sur cette carte.
La 59ème Division (rectangles bleus au centre) passe en réserve de l’Armée, et stationne
en seconde ligne.

14 octobre 1918 :
La 59ème Division, « réserve de la Xème Armée » reste sur ses emplacements en
seconde ligne. Les autres Divisions continuent la poursuite, mais non sans
difficultés.
Pour le 16ème Corps :
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- La 32ème Division « rencontre, sur tout le front, des feux de mitrailleuses ».


- La 31ème Division « se heurte à une arrière-garde ennemie forte d’environ un
bataillon, avec un sérieux appui de mitrailleuses, et qui résiste avec une
énergie particulière ».
Pour le 18ème Corps :
- La 36ème Division pousse jusqu’à Chéry.
- La 127ème Division s’empare de Barenton-Cel « à la tombée de la nuit ».

La Xème Armée annonce : « En fin de journée, le front passe à Barenton-Cel,


Chéry, et Montceau-les-Loups » (voir carte ci-dessous) :

Xème Armée (aile gauche) : situation au soir du 14 octobre

232ème Régiment – « Le Régiment reste sur ses positions de la veille ».


Pertes du jour : néant.
325ème Régiment – « Les Bataillons sont maintenus sur leurs positions de la
veille ».
Pertes du jour : 1 blessé.
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe ou indirecte.

« Le général commandant le 16ème Corps se rend [en auto] à Cessières, point


terminus momentané de la route. A Cessières, ordre est donné [d’employer la
majeure partie] de la 59ème Division aux travaux des routes que les Allemands
ont crevées par de nombreux entonnoirs…/… Il [se dirige] ensuite [vers] Crépy,
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à cheval, suivi de son Etat-Major et de son peloton d’escorte. A son arrivée, les
habitants libérés (au nombre de 1200 environ) manifestent une grande joie de
voir un représentant de l’autorité militaire française, en exprimant leur
complète satisfaction d’être libérés du joug allemand…/…Le général se rend
ensuite au Poste de Commandement de la 32ème Division, et se fait mettre au
courant de la situation…/…Il établit son observatoire au Mont-Joie*, où il
arrive vers midi, et jusqu’à 15 H 00, peut suivre les combats [que mènent] les
31ème et 32ème Divisions…/…
* Mont-Joie : endroit non localisé, probablement une hauteur au Nord de Crépy.
…/…Il rentre à Crépy vers 18 H 00…/…Dans la nuit du 14 au 15, à deux
reprises, Crépy est bombardé par du 150 Long : dégâts insignifiants, pas
d’accidents de personnes ».

15 octobre 1918 :
La 59ème Division, réserve d’Armée, quitte le 16ème Corps.
Malgré la « résistance ennemie toujours sérieuse sur tout le front », la Xème
Armée poursuit sa progression vers le Nord-Est.

Front de l’Ouest (partiel) : situation au 15 octobre 1918


Fond jaune : zone alliée / Fond gris : zone allemande.
Etoile rouge : position de la 59ème Division.

232ème Régiment – « Le Régiment va se regrouper [dans la] région de


Molinchart. Mouvement exécuté sans incident ».
Pertes du jour : néant.
325ème Régiment – « Maintenu en réserve d’Armée, [le Régiment] réalise un
nouveau stationnement. A midi, [il] est cantonné :
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- 5ème et 6ème Bataillons à Bucy.


- 4ème Bataillon à Cessières ».
Pertes du jour : néant.
370ème Régiment U.S. – « Le Régiment [va] cantonner à Cessières (source :
Infanterie Divisionnaire) ».
Pertes du jour : aucune information, probablement « néant ».

Position de la 59ème Division au soir du 15 octobre

Journal de la 59ème Division « [Du 15 au 26 octobre], la Division se reforme, se


reconstitue et reçoit des renforts. Elle complète l’instruction de ces renforts, et
met à la disposition du Génie de la Division les travailleurs pour la réfection
des routes ».
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Page précédente : soldats reconstruisant une route et un pont aux alentours de La Fère.

Ci-dessous et pages suivantes, quelques photographies :

Vauxaillon – Ci dessus : ruines, vue d’ensemble (non datée, probablement 1918)


Vauxaillon – Ci-dessous : Allemands se rendant (non datée, probablement 1918)
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Vauxaillon – Le cimetière militaire (non datée, probablement immédiat après-guerre)

Allemant – Vue panoramique des ruines (non datée, probablement 1918)


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Page précédente : Pinon, la Tour (photographie non datée, probablement 1918)

Pinon, la sucrerie en ruines


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Page précédente : petit poste allemand près de Pinon (non datée, probablement 1918)

Route de Pinon – Au premier plan, tombe d’un artilleur français enseveli près de sa
pièce (non datée).

Anizy – Place d’armes en ruines (non datée, probablement 1918)


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Anizy – Eglise en ruines (non datée, probablement 1918)

Anizy – Pont détruit sur le canal de l’Ailette


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Soldats français traversant l’Ailette sur un bac (non datée, probablement 1918)
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Page précédente : Brancourt en reconstruction (1920)

Fauconcourt (photographie allemande, non datée)

Civils français accueillant des soldats de la Xème Armée sur la route de Laon (oct. 1918)
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Coucy, route de Laon (non datée, probablement 1918)

Laon – Soldats français progressant dans les ruines (octobre 1918)


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Mangin et Fayolle
- A gauche : général Mangin, commandant la Xème Armée.
- A droite : général Fayolle, commandant le Groupe d’Armées de Réserve (GAR).

Du 16 au 27 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Travaux de propreté, aménagement des cantonnements,
exercices. Travaux sur les routes aux abords des cantonnements ».
18 octobre – « Le général [Mangin] commandant la Xème Armée, cite à l’ordre
de l’Armée le 232ème Régiment d’Infanterie :
« Sous les ordres du Lieutenant-Colonel L., engagé dans de durs combats du 28
août au 3 septembre (voir tome précédent), a fait preuve d’un mordant, d’un
entrain, et d’une endurance de premier ordre, progressant de 4 kilomètres
malgré la résistance acharnée de l’ennemi, lui enlevant 3 canons, des minen, un
grand nombre de mitrailleuses, et lui faisant 500 prisonniers ».…/…
Ce même jour, « Deux cas de blennorragie au 232ème (source : Corps Médical
Divisionnaire) ».
325ème Régiment – « Instruction, nettoyage des cantonnements, revues diverses,
travaux de réfection des routes et chemins ».
24 octobre – « Le général [Mangin] commandant la Xème Armée, cite à l’ordre
de l’Armée le 325ème Régiment d’Infanterie :
« Dans les combats du 28 août au 3 septembre 1918 (voir tome précédent), a
montré sous les ordres du Colonel G., un esprit offensif et une ténacité de
premier ordre. Chargé d’enlever le village de Chavigny, puissamment fortifié et
défendu par une nombreuse garnison, a réussi complètement son opération, en
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prenant à l’ennemi près de 400 prisonniers, 10 minen, et une centaine de


mitrailleuses ».
A 09 H 00, le Régiment est rassemblé près de la route Bucy-Cerny. Le général
commandant la 59ème Division, le passe en revue, et décore le drapeau de la
Croix de Guerre.
A 09 H 45, le Régiment rentre dans son cantonnement, musique en tête.
Après-midi, continuation des travaux de réfection des routes ».
370ème Régiment U.S. – Aucune information directe. Probablement :
« Nettoyage, revues diverses, exercices, et travaux de réfection des routes ».
24 octobre – « Deux officiers évacués, malades, au 370ème (source : Corps
Médical Divisionnaire) ».
28 octobre 1918 :
« La 59ème Division, qui stationnait dans la région de Bucy-Cessières, est mise à
la disposition du 18ème Corps d’Armée pour relever [en première ligne] la
127ème Division ».
Le Commandant de la Xème Armée (général Mangin) quitte le secteur pour être
remplacée par le Commandant de la IIIème Armée (général Humbert). Les Corps
d’Armées de la Xème Armée (16ème Corps, 18ème Corps, 35ème Corps, et 2ème
Corps Italien) passent donc sous contrôle de la IIIème Armée.
232ème Régiment – « Dans la deuxième partie de la nuit du 27 au 28 octobre, le
232ème se porte sur Laon pour se rapprocher du front. Le mouvement commence
à 03 H 00 et s’effectue sans incident…/…[Au matin], le Régiment occupe les
cantonnements suivants : 4ème et 6ème Bataillon : faubourg de Semilly ; 5ème
Bataillon : caserne St Vincent.
Dans l’après-midi, le Lieutenant-Colonel et les cadres du 4ème Bataillon
effectuent [des] reconnaissances préliminaires. A 17 H 00, le 4 ème Bataillon se
porte de Laon au Bastion de Thor, et relève en première ligne, dans la nuit du
28 au 29, un bataillon [d’un] Régiment [de la 127ème Division] ».
325ème Régiment – « Le Régiment quitte Bucy à 03 H 30 et se dirige sur Laon.
Mouvement terminé à 06 H 00. [Dans la journée], le Régiment cantonne
faubourg St Marcel et Citadelle ».
370ème Régiment U.S. – « Le Bataillon Patton du 370ème U.S. est placé sous les
ordres du Lieutenant-Colonel commandant le 232ème Régiment (source 232ème
Régiment)…/… « Seulement un bataillon du 370ème U.S. (Bataillon Patton) fait
mouvement dans la nuit du 27 au 28, et cantonne dans les fermes d’Allemagne*
et Courdeau* (source 59ème Division)…/…
* Endroits non localisés, probablement dans les faubourgs de Laon.
…/…Dans la nuit du 28 au 29 octobre, le Bataillon Patton du 370 ème U.S. relève
[en seconde ligne un] bataillon de Chasseurs [de la 127ème Division] (source
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232ème Régiment)…/…Un officier du 370ème est évacué pour maladie (source


Corps Médical Divisionnaire) ».

Retour en ligne de la 59ème Division


Fond jaune : zone française / Fond gris : zone allemande.
Ligne rouge : ligne de front / En pointillés rouges : secteur attribué à la 59ème Division.
Flèches bleues : mouvements effectués.

29 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Le 6ème Bataillon quitte Laon vers 17 H 00 et relève en
première ligne, dans la nuit du 29 au 30, des éléments [de la 127ème Division].
Dans la même nuit, le 5ème Bataillon se porte de Laon à Chambry, en réserve de
Division. Ces mouvements terminés, la situation du Régiment est la suivante :
- 4ème Bataillon en première ligne (à gauche),
- 6ème Bataillon en première ligne (à droite),
- Bataillon Patton du 370ème U.S. en soutien,
- 5ème Bataillon en réserve à Chambry…/…
Grande activité des mitrailleuses ennemies pendant la nuit. Rafales de nos
mitrailleuses et fusils-mitrailleurs sur les premières lignes ennemies…/... Le
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jour, l’ennemi tire sur tout homme qui se montre…/…Tirs de harcèlement


d’artillerie de part et d’autre. L’ennemi envoie quelques obus à gaz (arsine) ».
Pertes du jour : néant.
325ème Régiment – « [Pendant] la nuit du 29 au 30, [le Régiment] relève [des
éléments] de la 127ème Division dans le secteur Grandlup. Le dispositif est le
suivant :
- 6ème Bataillon en première ligne,
- Bataillon Grant du 370ème U.S. en soutien,
- 4ème Bataillon en réserve au Moulin de la Tour,
- 5ème Bataillon en réserve au Moulin de Verneuil ».
Pertes du jour : 1 blessé (sans autre précision).
370ème Régiment U.S. – Les Bataillons Patton et Grant sont rattachés
respectivement au 232ème (Patton) et au 325ème (Grant) : voir plus haut. « Le
dernier Bataillon du 370ème U.S. se porte à Chambry (source : 59ème Division) ».

Grandlup, sur la ligne de front (date indéterminée, probablement 1918)

Le général Humbert, commandant la IIIème Armée, installe son Quartier-Général


au faubourg d’Ardon à Laon. La IIIème Armée (également appelée « Armée de
Leuilly ») « se compose, à cette date, des éléments suivants :
- 16ème Corps (31ème et 32ème Divisions),
- 18ème Corps (17ème et 59ème Divisions),
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- 35ème Corps (72ème et 121ème Divisions),


- 2ème Corps italien (3ème et 8ème Divisions italiennes) ».

Général Humbert, commandant la IIIème Armée (dite « Armée de Leuilly »)

30 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Durant la nuit [du 29 au 30 octobre], rafales de
mitrailleuses, de part et d’autre. L’ennemi travaille à poser ou à renforcer des
réseaux (barbelés) devant sa première ligne (bruits entendus)…/…Dans la
matinée, grande activité de l’aviation ennemie : un avion ennemi attaque, vers
10 heures, deux de nos avions. L’un atterrit dans nos lignes, l’autre dans les
lignes ennemies…/…Au cours de la nuit du 30 au 31 octobre, on signale
plusieurs explosions dans les lignes ennemies ».
Pertes du jour : 1 blessé.
325ème Régiment – « L’infanterie ennemie, très vigilante, ne cesse de tirer sur
nos lignes. L’artillerie harcèle tout particulièrement la ferme Brazicourt
(extrême gauche du secteur), la route de Grandlup, et le moulin de
Verneuil…/… Activité de l’aviation à peu près nulle ».
Pertes du jour : 1 blessé et 1 intoxiqué.
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370ème Régiment U.S. – « Un officier noir américain tué (sources : 59ème


Division et 18ème Corps) ». Pas d’autres précisions.

Position de la 59ème Division au matin du 30 octobre


Fond jaune : zone française / Fond gris : zone allemande.
Note – Deux bataillons ne sont pas visibles sur cette carte : le 5ème Bataillon du 232ème, et
le troisième Bataillon du 370ème U.S. (Duncan) sont tenus en réserve à Chambry.

Front de l’Ouest (partiel) : situation au 30 octobre 1918


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Fond jaune : zone française ou alliée / Fond gris : zone allemande.


Lignes brisées noires : limites de zone d’action des Armées alliées.
Note – Le petit point rouge sur la ligne de front indique la position de la 59ème Division.

31 octobre 1918 :
232ème Régiment – « Activité habituelle de l’infanterie et de l’artillerie…/…[En
fin d’après-midi], des incendies* sont [aperçus dans deux villages tenus par
l’ennemi] ».
Pertes du jour : 2 tués.
325ème Régiment – « Grande activité des mitrailleuses dans tout le secteur.
Violents duels d’artillerie pendant l’après-midi : la ferme Brazicourt (à
l’extrême gauche du secteur), et Grandlup sont spécialement pris à
partie…/…Lueurs d’incendie* en direction de Toulis et de la ferme Attencourt ».
Pertes du jour : 4 blessés.
* Note – Ces incendies auront lieu tout au long de la retraite allemande. Déjà, en
date du 30 septembre 1918, Ludendorff ordonnait : « On détruira, fera sauter,
on brûlera tout ce qui ne peut être transporté et pourrait servir à l’ennemi, ainsi
que les provisions de toute sorte ».

- A gauche : Ludendorff, général en Chef des Armées allemandes.


- A droite : destructions lors de la retraite allemande (ici, le village de Verneuil)

370ème Régiment U.S. – « 4 officiers malades, évacués (source : Service Médical


Divisionnaire) ». Pas d’autres précisions.

Le Service Médical du 18ème Corps signale : « La 17ème Division (qui tient le


secteur sur la gauche de la 59ème Division) présente, depuis 48 heures, un chiffre
assez élevé de gazés – 200 par jour environ – ainsi que quelques cas de froidure
des extrémités (chez les tirailleurs Sénégalais) ».
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Communication du GAR (Groupe d’Armées de Réserve) –


« La Ière Armée prépare une opération importante :
- Les 15ème et 36ème Corps (7 Divisions) franchiront le canal de la Sambre.
- Le 31ème Corps (3 Divisions) franchira l’Oise dès que le chemin lui sera
ouvert.
- Les 20ème et 8ème Corps (6 Divisions) suivront le mouvement ».*
Communication de la IIIème Armée –
« Une action offensive est prévue pour la Ière Armée.
- Les 16ème et 18ème Corps, en liaison avec la Ière Armée, [participeront] à cette
opération [en attaquant en direction de Marle].
- Le 35ème Corps [couvrira] à droite l’attaque du 18ème.
- Le 2ème Corps d’Armée italien [se tiendra] prêt à exploiter tout succès
obtenu ».*
* Note – Les opérations envisagées ci-dessus, initialement prévues entre le 1er et
le 3 novembre, débuteront en fait le 4 novembre à 05 H 45.

Attaques programmées début novembre 1918


Flèches bleues : attaque principale des Corps d’Armée de la Ière Armée.
Flèches blanches : attaque en soutien des Corps d’Armée de la IIIème Armée.

1er novembre 1918 :


Le front de la 59ème Division s’étale en profondeur et glisse légèrement vers le
Nord-Ouest. Le 232ème Régiment passe à gauche du 325ème. Les mouvements
nécessaires s’échelonnent entre le 1er et le 3 novembre. Voir carte ci-après :
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Redéploiement en profondeur de la 59ème Division


Flèche blanche : glissement de la ligne de front vers le Nord-Ouest.

232ème Régiment – « Rafales de mitrailleuses et feux de mousqueterie pendant la


nuit. Deux patrouilles, poussées vers les premières lignes ennemies, ne
rencontrent pas de réseaux (barbelés) mais entendent des bruits de travaux
(pelles et pioches)…/…[En journée], l’artillerie ennemie est très active et tire
des obus à gaz (arsine) dans une assez grande proportion…/…Entre 15 H 50 et
17 H 10, deux incendies sont vus dans les lignes ennemies ».
Pertes du jour : 3 tués, 3 blessés.
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325ème Régiment – « Pendant l’après-midi, nous opérons des tirs [d’artillerie]


sur la ferme Caumont (environ 2 kilomètres en avant des premières lignes
françaises). L’infanterie ennemie, qui croit peut-être à une attaque, redouble de
vigilance [et riposte par de] violents tirs de mitrailleuses…/... Deux incendies
[sont] aperçus [au Nord-Est] de Vesles-et-Caumont et de Cuirieux ».
Pertes du jour : 3 blessés.
370ème Régiment U.S. – « Les bataillons de soutien du 370ème sont reportés un
peu plus en arrière, et occupent les emplacements au Nord-Ouest de Grandlup
d’une part (Bataillon Patton), et au Sud de ce village d’autre part (Bataillon
Grant) – source : 59ème Division…/…Deux officiers malades évacués au 370ème
(source : Service Médical Divisionnaire) ».

La 59ème Division signale : « Un avion ennemi survole nos lignes et lance des
tracts pacifistes…/…Quelques incendies vers Toulis-et-Attencourt ».

Toulis-et-Attencourt, la ferme – Photographie prise peu après la guerre

2 novembre 1918 :
232ème Régiment – « Activité habituelle de l’infanterie. De nuit, grande activité
de l’artillerie ennemie sur les arrières immédiats (quelques obus à arsine et à
ypérite) ».
Pertes du jour : 4 blessés.
325ème Régiment – « Les tirs des mitrailleuses continuent, [toujours] aussi
violents…/…L’artillerie opère son harcèlement habituel : il semble que l’ennemi
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ait un plus grand nombre de canons en action.../…[Durant la nuit, tirs intensifs


de fusées éclairantes] : nos patrouilles s’en trouvent considérablement gênées ».
Pertes du jour : 5 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucune information.

3 novembre 1918 :
232ème Régiment – « Activité de l’artillerie ennemie nulle pendant toute la
matinée, normale dans l’après-midi et dans la nuit…/…Vers 14 H 00, une
reconnaissance, poussée vers les premières lignes ennemies pour s’assurer de la
présence [de défenseurs], est accueillie à coups de fusils et de mitrailleuses. ».
Pertes du jour : néant.
325ème Régiment – « Un aviateur prétend que les lignes allemandes sont
complètement évacuées : nos patrouilles, aussitôt poussées en avant, voient leur
progression arrêtée par de violents tirs de mitrailleuses et un barrage
d’artillerie très nourri…/… Au cours de la nuit, tirs à ypérite sur Grandlup, et
incendie en direction de Cuirieux ».
Pertes du jour : 1 tué, 3 blessés.
370ème Régiment U.S. – « 35 blessés et 20 morts (source : 59ème Division)* ».
* Note – Ces chiffres paraissent énormes pour une journée que la 59 ème Division
décrit elle-même comme « assez calme ». Il pourrait s’agir de pertes accumulées
depuis plusieurs semaines. Mais l’hypothèse d’un ou plusieurs obus
catastrophiques, surprenant une section entière en plein rassemblement, est aussi
tout à fait plausible…

4 novembre 1918 :
Conformément aux directives du Groupe d’Armées de Réserve (voir journée du
31 octobre), la Ière Armée attaque :
« A 05h 45, en liaison avec les Britanniques, nous déclenchons une puissante
attaque, enlevant [les positions ennemies] sur une profondeur de 2 à 3
kilomètres, faisant plus de 3500 prisonniers, et capturant 15 canons. En raison
de la réussite des opérations, les attaques seront poursuivies sans interruption,
en poussant aussi loin que possible ».
232ème Régiment – « A 03 H 00, une reconnaissance sort de nos lignes, et suit
pendant 250 à 300 mètres le chemin de terre [menant à] Toulis. Piquant ensuite
au Nord, elle reçoit alors des tirs de mitrailleuses provenant d’un petit poste
ennemi [qu’elle charge] à la baïonnette. Un gefreiten* du 3ème Régiment de
Marine [est capturé] ».
Pertes du jour : 1 disparu (présumé mort).
* Gefreiten : grade équivalent à « caporal » dans la Marine allemande.
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325ème Régiment – « Pendant toute la journée, très grande activité de


l’infanterie et de l’artillerie allemande…/... [Au début de la nuit], une fraction
de la 15ème Compagnie exécute un coup de main sur [une position] située à 500
mètres au Sud de la ferme Attencourt. Elle est accueillie par des tirs très
violents de mitrailleuses. Toutefois, l’artillerie ennemie [réagit avec] beaucoup
de mollesse ».
Pertes du jour : 4 blessés.
370ème Régiment U.S. – Aucun renseignement confirmé. Mais le 18ème Corps
signale ce jour, pour l’ensemble de la 59ème Division, « 25 tués et 38 blessés ».
Ceci pourrait corroborer l’hypothèse d’un ou plusieurs « obus catastrophiques »
tombés la veille sur le 370ème. Dans ce cas, l’information serait arrivée
tardivement au niveau du Corps d’Armée, avec un bilan encore plus alourdi. –
Voir plus haut, 3 novembre 1918.
L’Infanterie Divisionnaire communique : « Certains indices (bombardements
désordonnés, incendies) présagent une retraite : plusieurs patrouilles sont
poussées [vers] les lignes ennemies. Un prisonnier* reste entre nos mains, [mais
il] ne donne aucun renseignement ».
* Il s’agit certainement du « gefreiten » capturé par le 232ème. Voir plus haut.

5 novembre 1918 :
232ème Régiment – « Dès la pointe du jour, des reconnaissances poussées dans
les premières lignes ennemies constatent qu’elles ne sont plus occupées. Le feu
a cessé [sur] le front du Régiment. [Seules] de nombreuses mines explosent
[devant nous]…/…Le Régiment commence la poursuite. Il franchit la Souche et
marche sur Autremencourt-La Neuville avec les 5ème et 6ème Bataillons. Le 4ème
Bataillon suit [le mouvement]…/…[A la fin de la journée], le Régiment borde la
Serre [où l’ennemi, retranché sur la rive Sud, offre] une résistance acharnée ».
Pertes du jour : 8 blessés.
325ème Régiment – « A partir de 04 H 00, calme complet. Le Commandant du
Bataillon de première ligne a l’impression que les Allemands battent en retraite.
Des patrouilles, lancées aussitôt, [confirment] ses prévisions. La poursuite
[débute]…/…Des nids de mitrailleuses, signalés en 5995*, ralentissent la
marche. Sur le point d’être tournés, les Allemands gagnent les baraques du
camp d’aviation d’Autremencourt, puis peu après, la Râperie, [points que nous
prenons dans la foulée]…/…L’avance devient de plus en plus pénible au fur et à
mesure que [nos] éléments de tête se dirigent vers la route Marle-Montcornet.
Des mitrailleuses [à La Neuville] arrêtent [temporairement] la poursuite
jusqu’au moment où [nous pouvons] infiltrer [ce village] par le ravin Sud-
Est…/… A 15 H 00, la grand-route est atteinte…/…L’ennemi [résiste encore]
énergiquement. A la nuit tombante, nos avant-postes s’établissent [au Sud de la
Serre] ».
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Pertes du jour : 2 tués, 12 blessés.


* 5995 : endroit non localisé, probablement devant Autremencourt.
370ème Régiment U.S. – « Le 5 novembre au soir, un bataillon du 370 ème
(Bataillon Grant) tient la rivière devant Tavaux-et-Ponséricourt (source :
Infanterie Divisionnaire)…/… En fin de journée, [le] Bataillon Patton [est] en
[seconde ligne dans le] bois au Nord de la ferme Erancourt (source : 59ème
Division) ».
Le dernier bataillon du 370ème (Bataillon Duncan), tenu jusqu’alors en réserve à
Chambry, fait mouvement dans la matinée, et prend position, « vers 16 heures,
aux alentours d’Autremencourt (source : 59ème Division) ».
Le Service Médical Divisionnaire signale « un officier malade, lieutenant
Johnson ».
Aucun chiffre pour les tués et blessés.

Extrait du Journal de la 59ème Division : « Le mouvement commence à 06 H 00.


A 07 H 00, le premier objectif est atteint – Toulis, Ferme Caumont, Ferme
Attencourt – sans aucune réaction de l’ennemi qui s’est retiré sur sa deuxième
position…/… La progression continue, un peu plus lente, ralentie par de
nombreuses mitrailleuses couvrant la retraite de l’ennemi…/…A 11 H 00, le
[second] objectif est atteint : Autremencourt. [Aussitôt], l’artillerie ennemie tire
sur ce village…/…Vers 15 H 00, les éléments de tête du 232 ème Régiment
atteignent la route nationale en liaison étroite avec les éléments de la 17 ème
Division qui débouchent de la ferme Tombelle…/…A 16 H 00, [malgré] les
mitrailleuses en position dans La Neuville, [le 325ème] déborde [ce village] et
atteint [à son tour] la route nationale…/…En fin de journée, le général
commandant l’Infanterie Divisionnaire fait savoir que les éléments de tête ont
atteint leurs objectifs (au Sud de la rivière Serre) ».
Concernant l’artillerie :
« Malgré les routes défoncées, les ponts coupés, et les entonnoirs de mines, trois
groupes d’artillerie de campagne (canons de 75) prennent position, vers 16
heures, à Erancourt, la Râperie et Autremencourt…/… L’artillerie lourde arrive
dans la nuit et se met en batterie au Sud d’Autremencourt.
Extrait du Journal du 18ème Corps (17ème et 59ème Divisions) : « Dans la première
partie de la nuit, l’ennemi reste vigilant : nos patrouilles sont accueillies par
[des] feux de mitrailleuses. La seconde partie de la nuit est plus calme. A 7
heures, nos patrouilles ne rencontrent plus de résistance. Les deux Divisions
[commencent] immédiatement la poursuite…/…La progression se poursuit
pendant toute la journée. A 12 H 15, l’infanterie de la 17 ème Division entre à
Marle où elle délivre 1400 habitants…/…En fin de journée, le front atteint est le
suivant : Thiernn, la Serre.
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Situation au soir du 5 novembre


Ligne verte : position de départ de la 59ème Division.
Ligne pointillée rouge (au Sud de la Serre) : position atteinte par la 59ème Division au
soir du 5 novembre.
Flèches bleues : mouvements de la 59ème Division.
Flèches oranges : mouvements de la 17ème Division (à gauche) et mouvements de la
121ème Division (35ème Corps, à droite).

Ordre de la IIIème Armée (relayant les directives du GAR) pour le 6 novembre


1918 : « La poursuite continuera demain, dès la première heure. Poussez
vigoureusement en avant ! La tactique est toujours de pousser droit devant soi,
au plus vite, sans préoccupation d’alignement, en tournant les obstacles ! ».
6 novembre 1918 :
232ème Régiment – « Le Régiment franchit la Serre, ayant de l’eau jusqu’au
ventre, et continue la poursuite par Bosmont, ferme de Bélimont, et atteint
Braye-en-Thiérarche où l’ennemi oppose une résistance désespérée sur la
Brune (rivière)…/…En fin de journée, le 5ème Bataillon est à 1 kilomètre au
Nord de Braye, ayant à sa droite le 6ème Bataillon ».
Pertes du jour : 2 tués, 3 blessés.
325ème Régiment – « La poursuite recommence au petit jour. Ponséricourt est en
notre possession à 07 H 30. De nombreux civils [sont libérés]. Deux Allemands,
poseurs de mines, sont pris…/…Le 4ème Bataillon aborde avec beaucoup de
difficultés les crêtes Nord de Ponséricourt, ainsi que les lisières Sud du Bois du
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Val St Pierre, dont la prise est facilitée par l’appui de notre artillerie et par un
mouvement débordant exécuté par le Bataillon Grant ».
Pertes du jour : 3 blessés, 5 disparus (présumés morts).
370ème Régiment U.S. – Dans la matinée, « le Bataillon Grant* prend le village
de Tavaux, enlève 3 canons après avoir tué les artilleurs (source : Infanterie
Divisionnaire) …/…[Au soir], le Bataillon Grant* est à l’Est de Nampcelles, à
la droite du 4ème Bataillon du 325ème (sources : Infanterie Divisionnaire et 59ème
Division)…/…En fin de journée, [le] Bataillon Patton [est] à la ferme Bélimont,
[et le] Bataillon Duncan à La Neuville (source : 59ème Division) ».
Pertes du jour : inconnues.
* Concernant l’activité du Bataillon Grant, voir aussi : juste au-dessus (rapport
du 325ème Régiment) et juste au-dessous (Journal de la 59ème Division).

Journal de la 59ème Division (extraits) : « Pendant la première partie de la nuit,


bombardements et rafales de mitrailleuses sur La Neuville, Erancourt, et
Autremencourt…/…D’après les renseignements des prisonniers, l’ennemi ne
paraît tenir la Serre qu’avec des arrière-gardes : quelques tranchées,
hâtivement creusées, sont ses seules organisations connues…/…
[Nos] Bataillons quittent leurs emplacements à 06 H 00 : 232ème à gauche,
325ème au centre, 370ème (Grant) à droite.
Le 232ème traverse la Serre à gué, et contourne le village de Bosmont par
l’Ouest.
Le 325ème traverse la Serre à Ponséricourt, sur des passerelles de fortune.
Le Bataillon Grant le suit et, après sa traversée, se déploie à l’Est de
Tavaux…/…
La progression est très gênée par les mitrailleuses et [batteries] ennemies
établies aux lisières et [au cœur] du bois Val St Pierre…/…
Vers 09 H 00, notre ligne [de front] passe par Labry, cote 169, cote 181.
Vers 10 H 00, le 232ème continue sa progression, très lentement, mais le reste de
la Division ne peut avancer [car] la 121ème Division, [sur notre droite, a pris
beaucoup de retard].
A 11 H 00, les troupes progressent [à nouveau] mais leur marche est
considérablement [ralentie] par le mauvais état des chemins et le terrain
détrempé.
A 13 H 00, la ferme Bélimont est [enlevée] par deux Compagnies du 232ème, [qui
poursuivent leur] progression vers la forêt malgré le feu des mitrailleuses.
A 14 H 00, la résistance de l’ennemi faiblit sensiblement. Les bataillons
d’avant-garde poussent aussitôt, [encerclent] la forêt – 232ème à l’Ouest, 325ème
au Sud, 370ème (Grant) à l’Est – [et la prennent] (vers 15 H 00). A la même
heure, la 17ème Division (sur la gauche) [s’empare] de Burelles…/…
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En raison de la résistance de l’ennemi, la 59ème Division est en retard sur ses


objectifs : elle ne prend Braye qu’à la nuit tombée. En fin de journée, la ligne
[de front] générale est la Brune* ».

* Note – En fait la Brune est atteinte par la 17 ème Division et par l’aile gauche de
la 59ème. A droite, Nampcelles reste encore aux mains des Allemands.

Concernant l’Artillerie et le Génie : « Dans l’après-midi, [grâce aux travaux] du


Génie (reconstruction de ponts), l’artillerie Divisionnaire traverse la Serre.
Vers 17 heures, un groupe est en position au Sud-Est de Bélimont. Un second
groupe est en batterie [au Nord du bois de Val St Pierre]. Le troisième groupe
[arrive en soirée et se met] en batterie vers la cote 169…/…[A la nuit], les
Compagnies du Génie Divisionnaire s’emploient à la réfection des routes
(rebouchage des entonnoirs de mines) ».

59ème Division - Situation au soir du 6 novembre 1918

Note du Grand Quartier Général (Foch) au Groupe d’Armées de Réserve


(Fayolle) : « Le Commandement Supérieur ne doit pas abandonner entre les
mains des échelons subordonnés l’initiative de la continuation du
mouvement…/…et la direction des combats. Il y a lieu, surtout, de mettre de
l’ordre pour éviter les encombrements à l’avant.
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Les actions de détail doivent être coordonnées. Le Commandement doit


constamment suivre et conduire la bataille, exécuter la manœuvre d’Armée,
surmonter méthodiquement les difficultés après les avoir prévues, réunir les
moyens…/…proportionner ces moyens au but à atteindre ».

7 novembre 1918 :
« Malgré le mauvais temps et les embuscades semées sur son chemin,
l’Infanterie continue de talonner l’ennemi (source : Infanterie Divisionnaire) ».

232ème Régiment – « Reprise de la progression par Nampcelles, Jeantes, Coq-


Banni et Beaumé ».
Pertes du jour : 4 blessés.
325ème Régiment – « L’ennemi, talonné [au plus près], semble accélérer sa
retraite. Pendant toute la journée, le bataillon d’avant-garde (4ème Bataillon)
éprouve moins de résistance dans sa marche. Les villages de Nampcelles,
Lambercy, Coingt, Le-Mont-du-Faux, Monplaisir et Hurtebise sont tour à tour
dépassés.
La rapidité avec laquelle les pionniers réparent les destructions font que
l’artillerie est toujours prête à appuyer notre mouvement…/…
Cette marche triomphale ne manque pas d’inquiéter l’ennemi, qui voit, avec une
certaine anxiété son flanc droit découvert sur une profondeur de près de 7
kilomètres : [un] ordre pris sur un cycliste allemand, agent de liaison, [en
témoigne]…/…
Quatre prisonniers sont dirigés sur l’arrière. Une mitrailleuse est prise…/…
La nuit arrive : excellente journée ! C’est une avancée en profondeur de 20
kilomètres ! ».
Pertes du jour : aucune communication.
370ème Régiment U.S. – « A 07 H 00, le Bataillon Grant marche sur
Lambercy (source : 59ème Division) »…/…« A 10 H 00, le Bataillon Grant atteint
Lambercy et progresse vers Coingt. A 12 H 00, Coingt est pris (source : 59ème
Division) »…/…« A la tombée de la nuit, le Bataillon Grant (4ème Bataillon du
370ème U.S.) est à Monplaisir (source : Infanterie Divisionnaire) ».
Note – Les deux autres Bataillons U.S. suivent le mouvement. Les seules
informations les concernant précisent leurs positions à la tombée de la nuit (voir
carte ci-après).
Pertes du jour : aucune communication.

Journal de la 59ème Division (extraits) : « Les deux groupes d’artillerie [lourde]


qui n’avaient pas franchi la Serre la veille, passent sur la rive Nord de la
rivière, le pont étant complètement rétabli pour une charge de 8 tonnes…/… En
fin de journée, l’artillerie lourde [est] à Bosmont…/…[Durant la nuit], le Génie
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remet en état les routes (rebouchage d’entonnoirs de mines) et refait le pont de


Malvaux (sur la Brune, au Nord de Nampcelles) ».

Journal du 18ème Corps (extraits) : « Nuit sans incidents. La poursuite reprend à


6 heures, et ne rencontre pas de résistance au départ. A 9 heures, la 17 ème
Division reçoit quelques coups de fusils [devant] Plomion ; elle pénètre dans
cette localité…/…A 10 heures, la 59ème Division atteint la voie ferrée Vervins-
Liart…/…A 11 heures, la 17ème Division [s’empare] d’un parc automobile à
Plomion : il contient 40 camions et 20 autos.
En fin de journée, nous occupons Besmont (17ème Division) et Beaumé (59ème
Division) ».

59ème Division : situation au soir du 7 novembre


Flèches grises : axe général de la retraite allemande.

Note – A la nuit tombée, la 121ème Division arrive seulement à Mont-St-Jean où elle


arrête sa progression. Ce « retard » du flanc droit de la 59ème Division ralentira la
poursuite du lendemain.

Ordre particulier de la IIIème Armée : « Toutes les unités d’aviation doivent


contribuer à précipiter la retraite de l’ennemi en bombardant les troupes à terre
et en les mitraillant ».

Message chiffré du Grand Quartier Général à tous les Corps d’Armée (transmis
aussitôt à toutes les Divisions) :
« Si parlementaires se présentent à un point du front…/… ils devront être
arrêtés à la Division de première ligne qui fera connaître au Maréchal Foch,
sans aucun retard, par voie la plus rapide, leurs qualités et objet de leur
demande.
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Ils seront maintenus à la Division jusqu’à ce que le Maréchal ait fait connaître
sa réponse ».

8 novembre 1918 :
Communiqué du 18ème Corps d’Armée : « Cette nuit, des plénipotentiaires
allemands sont arrivés au Grand Quartier Général pour recevoir, du Maréchal
Foch, les conditions d’armistice ».

Sur le front de la 59ème Division…


« Lutte très vive contre les nids de mitrailleuses qui interdisent la vallée du Thon
(rivière). La progression se fait pas à pas, à travers les bois qui défendent les
accès d’Aubenton (source : Infanterie Divisionnaire) ».

232ème Régiment – « Le 6ème Bataillon progresse dans la direction d’Aubenton ».


Pertes du jour : 7 tués, 14 blessés et 1 disparu (présumé mort).
325ème Régiment – « L’ennemi, qui veut à tout prix retarder notre progression,
intensifie ses feux de mitrailleuses. Son artillerie harcèle les entrées et sorties de
Hurtebise, ainsi que le vallonnement de Monplaisir…/…Le 5 ème Bataillon
progresse difficilement. A plusieurs reprises, notre artillerie intervient pour
faire taire les mitrailleuses [Nord-Est et Nord-Ouest] d’Aubenton qui empêchent
toute avance vers [ce] village…/…En fin de journée, notre ligne s’arrête à une
centaine de mètres de la [gare d’Aubenton] que les Allemands défendent
énergiquement…/…Au cours de la nuit, les mitrailleuses crépitent de plus belle.
Malgré tout, des explosions, en direction d’Aubenton, font présager un nouveau
recul ».
Pertes du jour : 1 tué, 13 blessés, 2 disparus (présumés morts).
370ème Régiment U.S. –
« En fin de journée, le Bataillon Duncan, mis à la disposition du 325 ème
Régiment, occupe la partie Sud de Logny (source : 325ème Régiment) ».
« Le Bataillon Patton relève en première ligne le 5ème Bataillon du 232ème
(source 232ème Régiment). En fin de journée, [il se trouve] à l’Est de Beaumé
(source : 59ème Division) ».
Aucune information sur le Bataillon Grant (qui prend probablement la place du
Bataillon Duncan, jusqu’alors tenu en réserve à Coingt).
Pertes du jour : « 1 officier blessé, 1 officier gazé, 2 officiers malades
évacués (source : Service Médical Divisionnaire) ». Aucune information pour
les hommes de troupe.
Journal de la 59ème Division (extraits) : « La 59ème Division reprend sa marche
en avant. La progression doit se faire en se couvrant à droite par un flanc-garde
chargé d’assurer la liaison avec la 121ème Division qui n’a atteint, [hier], que
Mont-St-Jean*…/…
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L’ennemi résiste violemment sur ses positions : il interdit l’accès d’Aubenton


sur les hauteurs [au Nord de ce village], où son artillerie bombarde notre
[première] ligne et [ses] arrières. Les efforts de nos Bataillons restent sans
succès…/…
A 15 H 00, l’ennemi paraît tenir fortement les pentes Sud-Ouest de Logny, et la
ville de Pierfontaine.
A la fin de la journée, la Division n’a pas pu progresser ».
* La 121ème Division atteindra Logny – liaison avec la 59ème – à 17 H 00.
Journal du 18ème Corps (extraits) : Dans la journée, « l’aviation est peu active en
raison du mauvais temps. Les quelques avions qui survolent la zone ennemie
sont obligés, à cause du brouillard, de descendre à 100 mètres du sol [où ils
reçoivent] des coups de mitrailleuses…/…
A 23 H 00, la 17ème Division (qui n’a pas progressé durant la journée) arrive sur
le Thon ».
Ordre de la IIIème Armée : « L’action de l’Armée reprendra demain. Les Corps
d’Armée concentreront, chacun dans sa zone, les moyens dont ils disposent, sur
un point bien choisi, pour crever les arrière-gardes ennemies qu’ils
s’efforceront ensuite de faire tomber par rabattement ».

Poussées de la 59ème Division


En rouge : lignes de front successives.
Flèches grises : axe général de la retraite allemande.

9 novembre 1918 :
232ème Régiment – « A 04 H 30, le 4ème Bataillon relève [en première ligne] le
6ème Bataillon…/…A 06 H 30, le 4ème Bataillon reprend la poursuite et franchit
le Thon, en arrière et à gauche du Bataillon Patton…/…En fin de journée, le
4ème Bataillon est aux avant-postes à Bosneau ; le 5ème Bataillon [est] à Auge ; le
6ème Bataillon, en réserve, [est] à Aubenton ».
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Pertes du jour : néant.


325ème Régiment – « Vers 06 H 30, nos éléments d’avant-garde traversent
Aubenton. Deux Allemands sont faits prisonniers. La Hayette, Auge, Tarzy sont
enlevés sans coup férir. La voie ferrée Hirson-Liart est atteinte à midi. Ordre est
donné au Bataillon Duncan de la tenir avec le gros de l’avant-garde. Le 5ème
Bataillon [reste] en soutien vers Neuville ».
Pertes du jour : non renseignées. Probablement : néant.
370ème Régiment U.S. – Bataillon Patton : voir carte ci-après, et rapport du
232ème ci-dessus. Bataillon Duncan : voir carte ci-après, et rapport du 325ème ci-
dessus. Bataillon Grant : aucune information sauf la position du Bataillon vers
15 H 00, voir carte ci-après.
Pertes du jour : non renseignées.
Journal de l’Infanterie Divisionnaire : « Le Thon (rivière) est franchi à gué.
Aubenton est délivré à 7 heures, et quelques prisonniers restent entre nos mains.
A midi, l’Infanterie borde la voie ferrée Hirson-Liart, objectif assigné à la
Division ».
Journal de la 59ème Division (extraits) : « Dans la première partie de la nuit,
l’ennemi continue à bombarder [nos] positions. L’infanterie manifeste son
activité par de nombreuses rafales de mitrailleuses…/…Vers 02 H 00, forte
explosion dans la direction d’Aubenton…/…A 06 H 00, les premiers
renseignements font connaître que l’ennemi [a évacué] ses positions de la
veille : le 232ème pousse immédiatement en avant et passe le Thon à gué…/...
Vers midi, [nos avant-gardes atteignent leur objectif] : la voie ferrée Hirson-
Liart…/…
Vers 14 H 00, des patrouilles de reconnaissance [explorant] la ligne générale
Beaulieu-Eteignières, [sont accueillies à coups de mitrailleuses] ».
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Page précédente : 59ème Division – Situation le 9 novembre à 15 H 00.


Flèches bleues : axe des poussées françaises.
Flèches grises : axe de la retraite allemande.
Note – Pendant la nuit du 8 au 9 novembre, la 32ème Division (à gauche) a relevé la 17ème
Division.

Journal du 18ème Corps (extraits) :


« Un télégramme de l’Armée fait connaître la mort du Lieutenant-Colonel C.,
Chef d’Etat-Major du Corps d’Armée, victime la veille d’un accident
d’automobile, étant en permission…/…
Différents radios [interceptent des messages] faisant connaître que les
plénipotentiaires allemands ont passé nos lignes, puis qu’un courrier est reparti
poser nos conditions d’armistice au gouvernement allemand ».
Le Médecin-Chef du Service Médical du 18ème Corps écrit dans son Journal :
« Dans ma tournée, je traverse une quantité de villages reconquis dont les
habitants sont dans un état de joie délirante véritablement impressionnant ».
Télégramme chiffré du Maréchal Foch aux Commandants de Groupes
d’Armées : « L’ennemi, désorganisé par nos attaques répétées, cède sur tout le
front. Il importe d’entretenir et de précipiter nos actions. Les résultats obtenus
doivent être décisifs ».

10 novembre 1918 :
Dans la nuit du 9 au 10, le 18ème Corps d’Armée est retiré de la ligne de front. La
59ème Division passe sous commandement du 16ème Corps.
232ème Régiment – « Reprise de la progression. L’ennemi oppose une résistance
assez sérieuse dans la région de Gros-Caillou : de nombreuses mitrailleuses et
des canons de 105 appuient son infanterie, nous causant quelques pertes. En fin
de journée, les 4ème et 5ème Bataillons, [soutenues] par notre artillerie, enlèvent
et occupent le Gros-Caillou et les lisières de bois face à Drouin. Le 6 ème
Bataillon [est] à Signy ».
Pertes du jour : 3 tués, 11 blessés.
325ème Régiment – « La 59ème Division, passée sous [commandement] du 16ème
Corps pour continuer la poursuite, reçoit l’ordre de progresser à nouveau. Le
Régiment, constituant le gros de l’avant-garde, gagne la grand-route Hirson-
Liart vers 07 H 30, [puis] pousse en direction de Beaulieu…/… Le 5ème Bataillon
progresse en direction de Loge-Rosette, pendant que deux Compagnies (14ème et
15ème) du 4ème Bataillon s’établissent à Beaulieu. La 13ème Compagnie occupe la
ferme Grand-Drouin pour assurer la liaison avec la Division de gauche (32ème
Division).
Vers midi, quelques obus [tombent] sur Beaulieu…/…
A 14 H 00, les objectifs assignés au Régiment sont atteints ».
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Pertes du jour : 4 blessés.


370ème Régiment U.S. – Les seules informations (source : 59ème Division) sont
les positions tenues par le Régiment à la tombée du jour : « Bataillon Duncan :
Courte-Soupe. Bataillon Patton : Pont d’Any. Bataillon Grant : Fligny ». Voir
carte ci-après.
Pertes : non renseignées.

59ème Division : situation au soir du 10 novembre


Flèches bleues : axe des poussées françaises.
Flèches grises : axe de la retraite allemande.

Message d’un radio allemand intercepté à 19 H 00 : « Le gouvernement


allemand autorise les plénipotentiaires à signer l’armistice ».
11 novembre 1918 :
« Au cours de la nuit du 10 au 11, l’ennemi se replie. La poursuite reprend aux
premières heures du matin…/… A l’heure fixée pour l’armistice – 11 novembre
1918 à 11 heures, heure française – l’avant-garde de la 59ème Division [est] à la
frontière [belge], au Nord de Regniowez ».
232ème Régiment – « Reprise de la marche sur Régniowez. A 11 H 00, au
moment de l’armistice, le 5ème Bataillon occupe la Grande Chaudière, le 4ème à
Régniowez, le 6ème est à Signy ».
Pertes du jour : néant.
Pertes cumulées pour la période du 5 au 11 novembre (source : 59ème Division) :
17 tués, 43 blessés, 2 disparus (présumés morts).
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325ème Régiment – « Pendant la journée, la 59ème Division [continue]


l’opération prévue le 10 novembre. Le 5ème Bataillon atteint Rogniowez dans la
matinée. A 11 H 00, l’Allemagne ayant accepté toutes les conditions de
l’armistice, les hostilités sont arrêtées. Le Régiment [se maintient] sur ses
emplacements ».
Pertes du jour : non renseignées, probablement néant.
Pertes cumulées pour la période du 5 au 11 novembre (source : 59ème Division) :
3 tués, 27 blessés, 2 disparus (présumés morts).
370ème Régiment U.S. – « A 07 H 15, une compagnie du Bataillon Duncan est en
marche, son objectif est La Taillette – village au Sud de Grande-Chaudière
(source : 59ème Division) ». Pas d’autres informations.
Pertes du jour : non renseignées, probablement néant.
Pertes cumulées pour la période du 5 au 11 novembre (source : 59ème Division) :
2 tués, 54 blessés, 10 disparus (présumés morts).
Journal de la 59ème Division (extraits) :
« La progression [reprend] à 07 H 15. Protégé par des mitrailleuses, l’ennemi
retraite. Quelques obus tombent sur la région…/…
La progression de la 59ème Division s’arrête à 11 heures, en exécution de l’ordre
du Maréchal Foch, reçu par télégramme chiffré :
« Les hostilités seront arrêtées sur tout le front, à 11 heures. Les troupes
alliées ne dépasseront pas, jusqu’à nouvel ordre, les lignes atteintes à cette
date et à cette heure. Toute communication est interdite avec l’ennemi ».

En fin d’opérations, la 59ème Division [a] atteint ses objectifs » :

59ème Division : situation le 11 novembre 1918 à la fin des hostilités

------------------------- Fin du « suivi » de la 59ème Division ---------------------------


Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

BLANADET Pierre Jean Victor


Période du 11 février au 11 novembre 1918

Front de l’Ouest le 11 février 1918


En rouge : ligne de front.
Fond jaune : zone alliée.
Fond gris : zone allemande.

Le 11 février 1918, Pierre Jean Victor BLANADET quitte le 38ème Régiment


d’Infanterie Territoriale (stationné au Sud-Est de Nancy) pour intégrer le
13ème Escadron du Train.
La mission première des soldats du Train (tringlots) est l’acheminement du
ravitaillement (vivres, munitions, matériaux divers) depuis l’arrière du front
jusqu’aux unités de première ligne. Mais certains sont utilisés pour le transport
des troupes, des blessés (ambulances), pour la fabrication du pain, et même pour
les soins des chevaux.
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

Car les hommes du Train, malgré leur nom, ne sont pas des cheminots. S’ils
récupèrent bien leurs chargements dans les gares, aux portes des wagons, ils le
transportent ensuite par voitures hippomobiles (chariots). Le cheval est donc
leur principal « outil » de travail, un outil qu’ils bichonnent particulièrement,
allant souvent jusqu’à risquer leur vie pour sauver leurs compagnons à quatre
pattes. Ainsi, le Journal du 13ème Escadron, donne l’exemple du conducteur C.
« conduisant des grenades, se [trouvant] subitement dans une mauvaise
posture : les grenades qu’il transporte explosent successivement. Ne perdant
pas son sang froid, ce conducteur défait les palonniers de sa voiture [et] met ses
chevaux à l’abri »…/…

Convoi du Train se ravitaillant en gare

Le 11 février 1918, la majeure partie du 13ème Escadron du Train est au service


du 13ème Corps d’Armée, sous autorité de la IIème Armée, stationnés aux
alentours de Clermont-en-Argonne, et de façon plus générale dans la zone
Ouest, Sud-Ouest, Sud de Verdun. Il est donc probable que Pierre Jean Victor
BLANADET soit lui aussi dans la région…/…
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Page précédente : 11 février 1918 – Trajet probable de Pierre Jean Victor BLANADET
(flèches vertes).
En rouge : ligne de front.
Pointillés rouges : secteur tenu par le 13ème Corps d’Armée.
Fond jaune : zone française.
Fond gris : zone allemande.
Lignes brisées noires : limites du secteur tenu par la IIème Armée (dont le 13ème Corps
constitue l’aile gauche).

…/… Mais il s’agit d’une simple supposition, car les archives de l’Armée, à
aucun moment, ne confirment la présence de Pierre Jean Victor BLANADET en
cet endroit.
En février 1918, le 13ème Escadron du Train se compose de nombreuses
Compagnies (appelées CVAD – Convois Administratifs – ou CVAX – Convois
Auxiliaires) dont une bonne partie gravite aux alentours de Verdun :

– Le CVAD 120 (1ère Compagnie) ravitaille en vivres et en munitions la 120 ème


Division (aile droite du 13ème Corps). Le 11 février, il cantonne à Clermont-en-
Argonne.

Clermont-en-Argonne
A gauche – Secteur de la Armée – Position du CVAD 120 et de la 120ème Division.
IIème
A droite – Les ruines du village (photographie non datée, probablement vers 1915).

– Le CVAD 26 (2ème Compagnie) ravitaille en vivres et en munitions la 26 ème


Division. Le 11 février, il cantonne à Brabant-le-Roi. Les unités hippomobiles
de ravitaillement sont derrière la 26ème DI, au Nord-Est de Verdun.
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Page précédente : Brabant-le-Roi


A gauche : position du CVAD 26 et de la 26ème Division.
A droite : le village en ruines (vers 1915).

– Le CVAD 25 (6ème Compagnie) ravitaille en vivres et en munitions la 25ème


Division (tenue en réserve à l’arrière du front). Le 11 février, le CVAD 25
cantonne à proximité de sa DI, à Buisson-sur-Saulx.

Buisson-sur-Saulx
A gauche : position du CVAD 25 et de la 25ème Division.
A droite : le pont sur la Saulx à Buisson (photographie prise avant-guerre, en 1907).

– Le CVAD 213 (17ème Compagnie) ravitaille les éléments non endivisionnés de


la IIème Armée et du 13ème Corps. D’où son nom : 213 = 2-13. Le 11 février, il
stationne à Brizeaux, au Sud de Clermont-en-Argonne où, en plus des
ravitaillements quotidiens, il exploite aussi les ressources locales (notamment le
bois), et assure le transport de matériel pour le Génie.

Brizeaux
A gauche : position du CVAD 213 à Brizeaux.
A droite : le village en 1915.

– Les 5ème et 65ème Compagnies (non endivisionnées), toutes deux rattachées au


Service de Santé de la IIème Armée, assurent le ravitaillement des hôpitaux
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militaires et le transport des blessés. Le 11 février, elles opèrent à Belleray, dans


la banlieue Sud de Verdun.

Belleray
A gauche : position des 5ème
et 65ème
Compagnies à Belleray.
A droite : le cimetière militaire (photographie non datée, probablement prise dans
l’immédiat après-guerre).

– La 11ème Compagnie (non endivisionnée), rattachée aux formations sanitaires


de la IIème Armée et du 13ème Corps assure le ravitaillement des postes de secours
et le transport des blessés. Le 11 février, elle opère à Triaucourt, au Sud-Est de
Clermont.

Triaucourt
A gauche : position de la 11ème Compagnie.
A droite : le village en 1918*.

*Note – Sur la photographie ci-dessus, on peut voir au premier plan des chariots
de ravitaillement du Train.

– La 55ème Compagnie, composée de brancardiers et d’ambulanciers, rattachée


au Service Médical de la 26ème Division, assure le ramassage et le transport des
blessés. Le 11 février, elle opère derrière sa Division, au Nord-Est de Verdun.
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Verdun
A gauche : position de la 26ème Division et de la 55ème Compagnie, sur le front, au Nord-
Est de Verdun.
A droite : en gare de Verdun, un wagon sanitaire criblé d’éclats d’obus.

Hormis les unités ci-dessus, d’autres Compagnies du 13ème Escadron –


originellement liées au 13ème Corps – se trouvent maintenant disséminées sur
tout le territoire, voire au-delà :

– Le CVAD 151 (4ème Compagnie) ravitaille en vivres et en munitions la 151ème


Division (au repos derrière le front de l’Aisne). Le 11 février, il cantonne à
proximité de sa DI, à Ecuiry, au Sud de Soissons.
– Le CVAD 134 (7ème Compagnie) ravitaille en vivres et en munitions la 134ème
Division (au repos derrière le front de Champagne). Le 11 février, il cantonne à
proximité de sa DI, vers Epernay, au Sud de Reims.
– Le CVAD 46 (21ème Compagnie) ravitaille en vivres et en munitions la 46 ème
Division (engagée sur le front italien). Le 11 février, il cantonne à l’arrière de sa
DI, à San Pietro-in-Gu (Italie).
– Le CVAD 167 (27ème Compagnie) ravitaille en vivres et en munitions la 167ème
Division (engagée sur le front des Vosges). Le 11 février, il cantonne à l’arrière
de sa DI, à Luxeuil, au Sud d’Epinal.
– Le CVAD 97 (32ème Compagnie) ravitaille en vivres et en munitions la 2 ème
Division de Cavalerie à Pied (anciennement 97ème Division, en formation au
Camp-de-Mailly). Le 11 février, il cantonne avec sa DI, à Mailly-le-Camp, au
Sud de Reims.
– La 23ème Compagnie, non endivisionnée, exploite les ressources locales
(essentiellement les forêts) aux alentours de Montbéliard, au Sud de Belfort.
– Le CVAX 3/13 (24ème Compagnie), non endivisionné, exploite les ressources
locales (bois) et construit des scieries dans les forêts d’Esternay, au Sud-Ouest
d’Epernay.
– Le CVAX 37 (25ème Compagnie), non endivisionné, exploite les ressources
locales (bois) aux alentours de Brouvelieures, au Nord-Est d’Epinal.
Copyright : documentation / recherche / cartographie / rédaction ou récriture : B. TAMPION - 2018

– Le CVAX 38 (26ème Compagnie), non endivisionné, exploite les ressources


locales (bois) aux alentours de Remiremont, au Sud-Est d’Epinal.
– La 8ème Compagnie, non endivisionnée, rattachée aux Services Médicaux
derrière le front de Somme, ravitaille les hôpitaux militaires et transporte les
blessés, au Sud-Ouest de Saint-Quentin, à Eppeville.
– La 13ème Compagnie, non endivisionnée, ravitaille les hôpitaux militaires et
transporte les blessés derrière le front des Vosges, à Gerardmer.
– La 12ème Compagnie, non endivisionnée, produit et transporte du pain à Gray-
la-Ville, en Haute-Saône.
– La 31ème Compagnie, non endivisionnée, produit et transporte divers matériaux
pour la réfection des routes. Le 11 février, elle cantonne à Bouthoux, dans le
Nord.
– La 53ème Compagnie, non endivisionnée, est une Compagnie de muletiers.
Stationnée à Bruley (Ouest de Nancy), derrière le front de Lorraine, elle
transporte divers matériaux pour le compte du Génie.
– La 80ème Compagnie, non endivisionnée, transporte et soigne les chevaux à
Belfort…

Voilà – ci-dessus – l’extrême diversité du 13ème Escadron du Train.

Du 11 février au 13 avril 1918 :

Pierre Jean Victor BLANADET est donc affecté à l’une de ces Compagnies,
mais laquelle ? –
A défaut d’informations, il est impossible de répondre avec certitude à cette
question.

14 avril 1918 :

Pierre Jean Victor BLANADET quitte le 13ème Escadron du Train pour être
versé au 5ème Escadron du Train.

Comme toutes les formations du Train, le 5 ème Escadron est essentiellement


chargé des transports : vivres, matériaux divers (rondins de bois, fils de fer
barbelés, pierres pour l’aménagement des pistes…), munitions, batteries
d’artillerie, troupes, blessés. Mais il est aussi employé aux travaux agricoles
(labours, semailles, moissons), aux soins des chevaux ou des mulets, à la
fabrication du pain.
Au cours de la guerre, le 5ème Escadron, initialement rattaché au 5ème Corps
d’Armée, mobilise un total de 107 unités, soit 44 compagnies hippomobiles et
63 compagnies automobiles, qui servent sur tous les fronts, aussi bien en France
qu’à l’étranger (Dardanelles, Salonique, Maroc, Orient).
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Le 14 avril 1918, certaines de ces Compagnies ont été dissoutes ou rattachées à


d’autres Corps. Quant aux autres, peu de documents subsistent pour témoigner
de leur activité : les JMO (Journaux de Marche et Opérations) sont rares et
donnent peu de détails.

Alors où est donc Pierre Jean Victor BLANADET ?

Bien sûr, l’hypothèse la plus probable est son affectation à l’un des escadrons
gravitant autour du 5ème Corps. Cela le situerait – dans un premier temps – à
l’arrière du front de la Somme (au Sud d’Amiens), puis – par la suite – sur le
front de Champagne, au Sud, à l’Ouest, et – en toute fin de guerre – au Nord-
Ouest de Reims.
Mais pour l’instant, faute de renseignements supplémentaires, rien ne permet de
confirmer cette hypothèse.

? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

Pierre Jean Victor BLANADET


A gauche : carte postale (verso).
A droite : Pierre Jean Victor, agrandissement.
Note – Cette photo n’est pas datée. Néanmoins, l’inscription sur le col (apparemment
« 104 ») laisse à penser qu’elle aurait été prise entre avril et juin 1915, période où Jean
Pierre Victor faisait ses classes au 104ème Territorial.
A la craie sur l’ardoise « Les 4 Copains Inséparrables au 20 » (sic), pourrait indiquer
l’affectation à une vingtième Compagnie d’instruction. Ou peut-être faut-il y voir un jeu
de mot : 20 = vin…

Pierre Jean Victor BLANADET survivra au conflit.


Ceux qui l’ont connu après guerre affirment qu’il ne parlait jamais de cette
période…
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NDLA – Postface.

Cet ouvrage est un « voyage » au cœur de la Grande Guerre, il ne prétend pas


être la biographie – certifiée exacte et véritable – de Pierre Jean Victor
BLANADET.

Les archives de l’armée française ne mentionnent son nom qu’à deux reprises :
lors de sa blessure (en mai 1917 à Vauxaillon), et lors de sa citation à l’ordre du
Régiment (en juillet 1917).
Hormis ces deux événements, tout le reste n’est donc que « suppositions
raisonnables » établies à partir des Journaux de Marche des unités où il a
combattu au gré de ses affectations.

Si néanmoins Pierre Jean Victor BLANADET et ses camarades ont pu, ne


serait-ce qu’un tout petit moment, « revivre » dans la pensée du lecteur, alors ces
quelques pages auront atteint leur but…

A mamie Lili.