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La Ruche « France Conéo »

Nous avons eu 1 nonneur de faire figurer —- oh! combien modes-


tement! — l'apiculture à l'Exposition Coloniale Internationale de Pa-
risi, grâce à l'int-érêt. bienveillant que le Gouvernement Général de
l'Afrique Equatoriale Française témoigne à cette nouvelle industrie.
Nous l'avions fait dans l'intention de servir l'Apiculture en général,
la Française en particulier, tout en "ayant un but de propagande co-
loniale.
Nous sommes heureux d'apprendre,
— et nous voulons bien parta-
ger cet honneur et cette joie avec tous nos confrères métropolitains
— que nos efforts et nos modestes travaux ont été largement appré-
ciés et récompensés, tant par le Jury supérieur de l'Exposition,
qui nous a décerné un ier Prix avec la mention : « Hors Concours —»
— que par les apiculteurs de tous. pays qui ont visité notre petit
stand. »
Répondant enfin au désir de nombreux professionnels et amateurs,
nous voulons donner aujourd'hui quelques détails sur notre nouveau
système de ruche dénommée « France-Congo » et déposée conformé-
ment à la loi.
Dans l'ensemble c'est notre « Congolaise 1925 », quelque peu mo-
difiée pour le climat de l'Europe. Ces modifications portent sur la
capacité; sur un séparateur porte-cadres,mobile en zinc perforé qui
permet de transformer la ruche en bâtisses chaudes pour pays froids;
sur un plateau mobile supprimant la chambre à air; enfin, sur la
surface du cadre.
En effet, sur le conseil d'apiculteurs émérites, nous sacrifions vo-
lontiers notre cadre tropical 3ox3i dans œuvre, qui paraît trop petit,
pour adopter définitivement celui de Voirnot 33x33, qui constitue
un cadre connu et apprécié.
Notre cadre primitif (1920) tirait son origine du cadre de Layens,
et lorsque nous l'avons modifié, nous ignorions l'existence du cadre
Voirnot. En substituant ce dernier au nôtre, nous avons également
en vue de permettre aux possesseurs de ruches de Layens et Voirnot
d'expérimenter les deux principales innovations de notre « Congo-
laise » : le système de cadre-fermeture et la chambre à air.
La nouvelle ruche « France-Congo » est à l'essai (Fig. 1) depuis
l'été dernier, et les résultats déjà obtenus nous donnent l'assurance
qu'elle réussira aussi bien en France qu'en Afrique Equatoriale.
Arrivons maintenant à la description de notre ruche. Nous pren-
drons, une à une, les principales caractéristiques en les détaillant.
La « France-Congo » est une ruche uniquement horizontale, éclai-
rée de face par une double vitre. Au lieu de verre, on pourrait em-
ployer le « Vitrex » qui, bien que moins translucide, a l'avantage de
laisser passer les rayons ultra-violets.
10 Un ou deux corps.

Elle peut se construire en un corps fixe ou en deux pièces mobiles:


le corps de ruche et le fond triangulaire. Dans ce cas, la partie supé-
rieure est maintenue sur l'inférieure au moyen de quelques tourillons
de 10 m/m de calibre.
Le corps de ruche a un volume intérieur de 75 x 37 1/2 x 37 1/2 c/m,
soit une capacité de io5 litres.
Les côtés, sauf le devant, sont en planches bouvelées et collées de
25 m/m d'épaisseur. La paroi avant forme un cadre sans feuillure,
dont les montants et. les traverses ont 5 c/m de largeur sur 3 c/m
d'épaisseur.
La vitre arr.ière, à fleur de cadre, s'appuie sur une bande de fer-
blanc ou de zinc de i5 m/m de large, clouée autour du cadre et
dépassant celui-ci de de 7 m/m. Elle est arrètée, à l'intérieur, par
un encadrement en bois de 20x10 m/m, vissé par endroits, contre
,
lequel s'applique la vitre extérieure, elle-même retenue par quelques
pointes de vitrier et garnie légèrement de mastic (Fig. 3 et 5).
Si l' on désire obscurcir la ruche en hiver, on peut, ou bien enlever
le premier carreau et le remplacer par un volet en placage de 8 m/m,
ou encore badigeonner simplement la vitre avec une composition de
noir de fumée et d'essence qu'on enlève facilement au printemps par
un chiffon imbibé d'eau de savon noir.
Les grands côtés, mesurant net 80x37 7/2 c/m, sont tout simple-
ment mais solidement cloués, ou vissés sur les petits qui ont 37 1/2 x
37 1/2 c/m. Les encoignures du haut et du bas peuvent être renfor-
cées par des équerres en tôle.
20 Fond triangulaire à nettoyage automatique (fig. 3).
Ce fond, qui constitue à proprement parler la moitié d'un parallé-
lipipède oblique, se compose :
a) d'une planche avant de 80 x 20 (17 aux angles intérieurs)
x 2 1/2) c/m, entaillée en dessous de 10 m/m sur une longueur de

75 c/m, soit la distance entre les deux petits côtés : c'est 'le trou
de vol, muni de trois portières mobiles en zinc.
b) d'un plateau proprement dit de 80x45x2 1/2 c/m, cloué à
i5 c/m des extrémités, sur deux traverses triangle-rectangulaires de
4o c/m de base, 20 c/m de hauteur et 3 c/m d'épaisseur.
30 Chambre à air (fig. 3).
Le fond ainsi assemblé forme un vide ou chambre à air, les
cadres, qui, étant carrés, n'y descendent pas. Cette chambresous a une
capacité de dix-sept litres et demi. Elle assure aux abeilles de la
place, de l'air pur sans cesse renouvelé ; elle évite l'essaimage et la
I(
barbe » pendant la saison chaude.
40 Fond mobile pouvant supprimer la chambre à air pendant
l'hiver.
Ce plateau supplémentaire, en placage de 8 m/m mesurant 74 1/2x
59 c/m, entre par une entaille de 10 m/m pratiquée le long et en
dessous du côté arrière. Il glisse sous les cadres sur deux coulisseaux
de i5xio m/m, cloués à fleur des petits côtés triangulaires du fond.
Il s'arrête à 10 m/m de la paroi avant pour permettre la circulation
de l'air. La feuillure arrière est munie de deux portières en zinc
pour fermer l'ouverture pendant l'été ou pour régler la ventilation de
la ruche.
D'après l'avis de quelques personnalités apicoles, ce fond supplé- \
mentaire ne serait pas absolument nécessaire pour les hivers en
France. Aussi expérimentons-nous l'hivernage de notre ruche sans {

ce fond. Dans le cas de réussite, deux prises d'air de TO à i5 c/mx


10 m/m, pratiquées à l'arrière, suffiront pour assurer une large ven-
tilation.
,
59 Système de cadre-fermeture « R » impropolisable (fig. 4 et 6).

Nous avons substitué — nous avons dit pour quelle raison — à


notre cadre 30x31 dans œuvre, le cadre Voirnot 33x33 dans œuvre.
La traverse supérieure ou porte-rayon mesure net : 370 x 36X
Les têtes de cadre sont constituées par des tenons de 1 c/m d'épais-
seur sur 1 c/m de profondeur. En dessous et au milieu de l'épaule-
1
ment est pratiquée une mortaise de 2x1x c/m (fig. 6) pour recevoir
x
les extrémités des montants qui ont 35 2 x 1 c/m.
Ils y sont pointés ainsi que sur la traverse inférieure mesurant
33 x 2 x c/m.
1

A la rigueur, pour simplifier le travail, la mortaise n'a pas besoin


d'être faite ; il suffit de pratiquer la feuillure (fig. 7) sur une profon-
deur de 2 c/m, et de clouer le montant directement sur l'épaulement.
Le cadre ainsi monté donne intérieurement 33 x 33 et extérieurement
36 cm. de haut sur 35 cm. de large. Cette largeur peut être moindre
mais ne doit nullement être dépassée. La distance entre les rayons,
de centre à centre, est de 36 mm., tout comme la largeur des traverses
supérieures. L'espace de r6 m/m. entre les montants est obtenu en
haut par la simple jonction des porte-rayons, puisqu'ils dépassent
ceux-là de 8 m/m. de chaque côté. En bas, il peut être maintenu par
une'pointe ou une vis à tête plate, dépassant le montant de i5 m/m.
au plus.
Le séparateur, pointe ou vis, est enfoncé dans chaque montant, à
2 c/m. du bas, sur un côté seulement, mais alternativement de droite
à gauche ou vice-versa.
Les cadres en se joignant forment donc plafond (Fig. 4) et consti-
tuent notre système « cadre-fermeture ». Il ferme la ruche instan-
tanément et hermétiquement. Il supprime du même coup r° l'ouver-
ture du haut entre les cadres; 2" le passage au-dessus des porte-rayons
et 3° les planchettes/ couvre-cadres. ,

6° Système de porte-cadres métalliques (Fig. 5),


Nous avons supprimé dans notre ruche la feuillure, en haut et k
l'intérieur des grands côtés, destinée à recevoir les têtes de cadres,
en la remplaçant par une cornière en fer ou en tôle de 10x15x2 m/m.,
vissée par endroits à l'intérieur du corps et à c/m. des bords supé-
1
rieurs.
7° Bâtisses froides ou bâtisses chaudes (Fig. 2).
Notre ruche peut ètre convertie en l'un ou l'autre de ces systèmes.
grâce à la double longueur de ses porte-rayons •: 2x37, plus 1 cm.
pour leur jeu dans le corps, soit 75 cm.
Evidemment, c'est à l'apiculteur qu'il appartient de choisir l'un ou
l'autre système, car dans celui à bâtisses chaudes la face vitrée avant
n'a plus sa raison d'être: elle devrait se trouver sur les petits côtés,
ce qui ne serait pas pratique. Pourtant, quand on emploie notre ruche
comme obscure, les deux systèmes se concilient aisément dans le mêmex
corps, grâce au séparateur porte-cadres.
8° Séparateur purte-cadre,s mobile en zinc perforé partageant le
corps en compartiments à couvain et a miel (Fig. 2):
Ici encore ce séparateur, épousant la forme intérieure de la ruche,
est susceptible d'être modifié, suivant qu'on adopte le système à bâtis-
ses froides ou celui fi bâtisses chaudes.
Dans le premier cas, il n'a pas besoin d'être porte-cadres, et la
plaque de zinc perforé (ou de grille), fixée dans une traverse supé-
rieure de i5 m/m. de largeur seulement, se comporte comme une
planche de partition mobile.
Dans le second cas, à bâtisses chaudes, le porte-cadres est constitué
par un fer eni T de 39x2x2. cm., contre lequel est soudé le zinc qui.
pour plus de résistance ou de rigidité, est pris dans un petit enca-
drement en zinc ou. fer blanc. Le fer, entaillé sur 2 cm. de chaque
côté, dans toute sa largeur et sa profondeur suivant l'épaisseur du
porte-cadres-cornière, est maintenu en haut, au milieu des côtés, dan*
une encoche, à fleur du porte-cadres.
9" La partition mobile est un placage pentaeronal de 8 mm. d'épais-
seur, de la forme du séparateur, qui permet de réduire le volume de
la ruche, selon la population et pour l'hivernage.
Voilà donc notre ruche « France-Congo » qui, malgré ses combi-
naisons, n'a cependant rien de compliqué: au contraire, elle est d'une
construction simple et facile.
Plus tard, nous énumérerons certains avantages que nous tirons, err
Afrique Equatoriale. de notre système, et qui ne sont pas à dédaigner.
J.-B. RUEHER (Missionnaire)
Institut Saint-Joseph,
Neufgrange, près Sarreguemines
.
(Moselle).