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La Cour Suprême

Arrêt n° 559/94
Dossier social n° 8224/94
Après délibérations conformément à la loi

La Cour

Attendu qu'il appert des pièces du dossier et de l'arrêt attaqué, rendu par la Cour d'appel de
Casablanca en date du 26.10.1992, dossier n° 3374/91, que le défendeur en pourvoi Lahbib SALHI, a
obtenu un jugement ayant condamné son employeur la Société Afri Sport, à lui payer les indemnités
qui y sont fixées, au titre du licenciement abusif et ses accessoires. Après appel, décision a été
rendue, infirmant le jugement lui ayant accordé des indemnités pour ancienneté et confirmant le
reste, tout en l'amendant par la réduction des indemnités de préavis à 650 dhs et l'augmentation de
l'indemnité de licenciement à 23.000 dhs.
Attendu que la demanderesse en pourvoi reproche à la décision entreprise, d'avoir dénaturer les
faits et rejeté un document produit officiellement, le défaut de motivations et la violation des droits
de la défense, du fait qu'elle a considéré que la mise en demeure adressée au défendeur en pourvoi
le 10.10.1990 est postérieure à la lettre de licenciement adressée le 05.01.1990. Ce qui est une
motivation contraire à la réalité, du fait qu'elle n'a jamais révoqué auparavant le défendeur en
pourvoi de son emploi, indiquant que celui la a cessé de travailler le 05.01.1990 et qu'elle l'a mis en
demeure de reprendre son travail le 10 du même mois. Affirmant que son salarié est entré en grève
avec un groupe d'ouvriers, avoisinant les 30, en signe de solidarité avec deux ouvriers licenciés, pour
avoir commis des fautes graves. Que suite à une réunion au siège de la Municipalité de
Mohammedia, à laquelle ont assisté l'adjoint du Gouverneur, le directeur de la société et les
délégués du personnel, ainsi que l'inspecteur de travail, le 09.01.1990, elle a consenti à ce que les
grévistes reprennent leur travail, à l'exception des deux personnes licenciées. La décision n'a pas
débattu de ce procès verbal et a considéré la grève comme étant un droit légitime, alors qu'elle n'a
pas indiqué la nature de ces revendications légitimes, sans compter que la grève de solidarité est
caractérisée par l'illégitimité.
Attendu le bien-fondé des griefs des moyens à l'endroit de l'arrêt . Car l'attaquante a expressément
soulevé qu'une réunion a eu lieu à la date susdite et en présence des personnes précitées. Qu'un
accord a y été conclu, consistant à la reprise du travail par les ouvriers grévistes, à l'exception des 2
deux personnes licenciées. Qu'à cet effet, elle a produit le procès verbal de ladite réunion. Mais que
l'arrêt est passé outre, ce qui constitue une violation des droits de la défense.Que d'autre part, si la
grève est un droit légitime, en vertu de la loi, sa finalité est la défense de revendications légitimes.
Or, l'arrêt attaqué, en considérant que le comportement des ouvriers grévistes visent la réalisation
de revendications légitimes, il n'a pas précisé la nature de ces revendications, afin de pouvoir les
évaluer et d'en apprécier la légitimité. Il a ainsi fait preuve de défaut de motivations, ce qui le rend
passible de cassation.
Attendu que pour la bonne marche de la justice, il convient de renvoyer les parties devant la même
juridiction.
Par ces Motifs
La Cour Suprême casse la décision rendue par la Cour d'Appel de Casablanca, le 26.10.92 et renvoie
le dossier devant la même juridiction, pour y statuer à nouveau, conformément à la Loi, les dépens à
la charge du défendeur en pourvoi.
Parties
Lahbib SALHI contre la Société Afri Sport