Vous êtes sur la page 1sur 2

La visite du Pape : Un Évènement Catalyseur

Le Conseil des Religions (CoR) ressent et souhaite exprimer une joie intense pour accueillir le Pape
François sur le sol mauricien. Le Pape est indéniablement une figure de proue, de renommée mondiale.
Homme de conviction, de savoir et de dialogue, il est quelqu’un qui est très regardé, respecté,
médiatisé. Sa visite est un évènement d’État. À travers le monde par d’innombrables groupes,
communautés, peuples, sa pensée est analysée, son discours écouté, son action suivie, sa prière rejointe.

Homme de religion et homme d’État, il place la Paix comme horizon ultime et articule sa personne et
son pontificat vers, et autour de, la Paix, conjuguée dans la pâte humaine avec les défis et problèmes de
notre temps. C’est ainsi que, tantôt dans un style singulier, tantôt sans langue de bois, il oriente ses
discours et ses actions sur les grandes thématiques que nous connaissons :

• le renforcement de la coopération, de la consolidation du dialogue interreligieux, de la


coexistence humaine, des initiatives importantes pour parvenir à la Paix ;
• l’écologie intégrale, notamment avec un engagement fort pour la planète et contre le
changement climatique ;
• les droits de l'homme ;
• la maltraitance des enfants, et la gravité du fléau de l'abus sexuel, notamment sur des
mineurs ;
• la stabilité des sociétés et le développement des peuples ;
• les migrants, réfugiés et personnes déplacées, incluant aussi les celles et ceux qui sont
persécutés à cause de leur foi, à travers le monde.

Homme enraciné et réfléchi, Sa Sainteté le Pape François sait faire preuve de proactivité en étant en
avance sur son temps, notamment par le biais de certains sujets ; à titre d’exemple, il s’est récemment
exprimé sur l’idéologie autour de la « théorie du genre ». Avec courage, il a fait publier un document
rejetant l'idée que les gens devraient être en mesure, sans discernement et sans accompagnement, de
choisir d’eux-mêmes leur sexe, ou de le changer sans motif apparent au bon gré du ressenti et des
moyens financiers. Dénonçant les pressions idéologiques qui tentent d’anéantir le concept de nature, le
Pape François insiste sur le fait que la différence biologique entre un homme et une femme était
essentielle et constitutive de l'identité humaine. En ce sens, il aura su donner un mandat clair au
Dicastère, au Vatican, chargé de superviser les établissements d'enseignement catholique à travers le
monde quant à l’indispensable discernement sur ces questions.

Durant ses visites dans le monde, le Pape François a décrit Jérusalem comme un « symbole de
coexistence pacifique » pour les Chrétiens, Juifs et Musulmans, où, trop souvent, la liberté religieuse
pour ceux de foi chrétienne ou musulmane qui y vivent est bafouée. Il l’a qualifiée de Patrimoine
commun, non seulement pour ces trois religions monothéistes, mais aussi, et surtout, pour toute
l'humanité. C’est un message très fort en faveur de la Paix, alors là même que cette région est sujette à
des tensions et violences, tantôt visibles, tantôt invisibles, tantôt directes, tantôt insidieuses, par des
calculs géostratégiques et géopolitiques.

Avec force et foi, il souligne la nécessité pour l'humanité de cesser de commettre la violence au nom de
la religion. Son message ne peut être plus clair à l’effet que les croyants de toutes les religions, et tous
les êtres humains de bonne volonté, doivent se rencontrer et, forts de relations solides fondées sur le
respect, travailler au mieux-être planétaire. La fraternité humaine exige de nous, en tant que
représentants des religions du monde, le devoir de rejeter toute nuance d'approbation du mot « guerre »
et d’œuvrer pour la Paix mondiale.

Enfin le CoR considère que le Souverain Pontife peut être d’un apport considérable à la consolidation
de notre pluralisme et un élément catalyseur pour la poursuite de l’indispensable dialogue interreligieux
en vue de consolider notre vivre-ensemble. Tout citoyen de la République de Maurice gagnera
beaucoup avec le message de Paix qui est un atout fondamental pour le développement communautaire,
pour la croissance personnelle et pour la survie même de notre République. Nous souhaitons
sincèrement que sa venue à Maurice, qui plus est, à la veille des agitations électorales, doit être un
rappel pour nous tous que la liberté de culte, d’association, de croyance, de pratique et d’expression
comme le respect de toutes les religions ne doivent jamais être menacés par les spéculations
politiciennes de certains qui ne veulent qu’instrumentaliser le pouvoir à leurs fins personnels, et que la
religion doit être, non pas un atout, mais un antidote contre le poison du communalisme. Au cœur de
notre communauté avec ses nombreuses religions, pratiques et cultures, il est essentiel de promouvoir
la coexistence pacifique en vue d’une République de Maurice, une et plurielle, épanouissante et durable.

Conseil des Religions


6 septembre 2019