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UNIVERSITE DE LA REUNION

Projet scientifique
Matériaux à changement de phase

HAMIDA Marcus

Master 2 Gestion de l’énergie

2015-2016
Introduction ................................................................................................................................................................... 3
Principe de fonctionnement .......................................................................................................................................... 3
Inertie thermique........................................................................................................................................................ 3
Chaleur latente ........................................................................................................................................................... 3
Différents changements phase ........................................................................................................................................... 5
La surfusion .................................................................................................................................................................... 5
Les MCP existants ....................................................................................................................................................... 5
Les applications................................................................................................................................................................... 7
Dans le bâtiment ......................................................................................................................................................... 7
Les études et les projets ............................................................................................................................................... 8
Dans l’énergie solaire.................................................................................................................................................. 8
Amélioration du matériau .......................................................................................................................................... 8
Conclusion .......................................................................................................................................................................... 8
Annexe ................................................................................................................................................................................ 9
Bibliographie ....................................................................................................................................................................... 9
INTRODUCTION

Le but de ce projet est de parcourir un sujet scientifique autour du domaine de l’énergie, dans notre cas, nous nous
intéresserons aux matériaux à changement de phase(MCP). Nous verrons son application dans le domaine de l’habitat
jusqu'à la valorisation de ces matériaux dans les systèmes existant afin d’en améliorer leurs efficacités énergétiques.
Les MCP ont un regain d’intérêt ces dernières années, cela est du au fait que les MCP ont de fortes densités de stoc-
kage (quantité d'énergie stockée par unité de masse). En outre, ces matériaux peuvent être appliqués dans plusieurs
domaines. L’application des matériaux à changement de phases a d’ailleurs fait l’objet de nombreuses études que
nous verrons en fin de rédaction.

PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT
Le principe de changement de phase comme son nom l’indique est le passage d’un état physique de la ma-
tière à un autre, l’exemple le plus commun que l’on puisse trouver autour de nous est celle qui transforme la glace
(solide) en eau (liquide) lorsque sa température augmente au-delà de 0°C. On peut appeler cette énergie nécessaire à
ce changement (solide => liquide), l’énergie de fusion (ou enthalpie de fusion), elle représente la quantité d’énergie
suffisante au changement de phase du matériau, elle s’exprime en J/kg. Si l’on prend l’exemple de l’eau, nous avons
une enthalpie de fusion étant égale à 33KJ/kg, l’on peut aussi appeler ceci la chaleur latente.

INERTIE THERMIQUE

L'inertie thermique est la capacité physique d'un matériau à conserver sa température ou encore la résistance au
changement de sa température lorsqu’intervient une perturbation de cet équilibre thermique. Si la perturbation
l'amène vers une nouvelle température d'équilibre, l'inertie thermique est mise en évidence par la « lenteur » avec
laquelle ce nouveau point d'équilibre est atteint :

si le matériau a une très « bonne » (valeur faible) diffusivité thermique, il atteindra cet équilibre au bout d'un
temps long ;

si le matériau a une très « mauvaise » (valeur élevée) diffusivité thermique, il atteindra cet équilibre au bout
d'un temps bref.

L'inertie thermique d'un bâtiment est recherchée afin de minimiser les apports thermiques à lui apporter pour
maintenir une température constante et ainsi assurer le confort des habitants dans le bâtiment. Un bâtiment à
forte inertie thermique équilibrera sa température en accumulant le jour, la chaleur qu'il restituera la nuit pour
assurer une température moyenne. Le stockage thermique est d’une grande importance dans beaucoup de do-
maines puisqu’il offre de nombreux bénéfices pas uniquement dans le bâtiment mais pour la gestion de tout pro-
cédés industriels. Par exemple, un des problèmes les plus constants de l’industrie solaire est le décalage temporel
qui existe entre la ressource solaire disponible et la demande en énergie. Par conséquent, il devient nécessaire de
développer des systèmes efficaces pour collecter la chaleur pendant les périodes de fortes irradiations afin de la
restituer plus tard durant les périodes de non-ensoleillement ou durant la nuit.

CHALEUR LATENTE
Dis avec d’autre mot, cette caractéristique essentielle des matériaux représente la limite à laquelle se dé-
clenche le stockage ou le déstockage de cette chaleur latente, en voici une représentation (SECK) :

FIGURE 1 : REPRESENTATION CHARGE/DECHARGE D'UN MATERIAU A CHANGEMENT DE PHASE

Si l’on appelle la température du milieu extérieur Te, lorsqu’elle variera, nous aurons donc plusieurs cycle de
charge et décharge. Supposons que le matériau est homogène (pur) on peut alors exprimer la quantité de chaleur
alors stockée par un matériau à changement de phase qui passe de l’état solide à l’état liquide est composée de 3
termes qui sont :

La chaleur sensible à l’état solide Qsol = m . Cpsol . (Tfus-TIsol)

La chaleur latente de fusion Qlatent= m . Lfus QT Qliq Qsol mLfus

La chaleur sensible à l’état liquide QL= m . Cpliq(TFliq – Tfus)

Cpsol: Chaleur spécifique moyenne du matériau à l’état solide [ ];

Cpliq : Chaleur spécifique moyenne du matériau à l’état liquide [ ];

TIsol : Température initiale du matériau en phase solide [°C] ;

TFliq : Température finale du matériau en phase liquide [°C] ;

QT : chaleur latente totale [J]; Lfus = chaleur latente de fusion [J/kg] ;

FIGURE 2 : REPRESENTATION DES TEMPERATURES ET ENERGIE ECHANGEES

Comme on peut le voir sur la représentation ci-dessus, Le changement de phase est isotherme dans le cas du
corps pur, pour les corps composés la transition de phase se s’effectue sur une gamme de température très localisée,
de plus nous pouvons notée que la majorité de l’énergie stockée dans le matériau ce situe plutôt au moment de la
chaleur latente de fusion. Ce sont justement cette absorption d’énergie sans changement de température qui donne
ce caractère inertielle à ces matériaux.

DIFFERENTS CHANGEMENTS PHASE


Les changements de phase ne se font pas uniquement entre liquide/solide, d’autre changement de phase sont théori-
quement envisageable ‘solide-solide, solide-gaz, liquide-gaz’. La plupart de transitions liquide-gaz et solide-gaz impli-
quent des volumes importants ou alors des hautes pressions pour stocker le matériau à son état gazeux. De plus, ces
transition demandent des températures (et donc une énergie) plus importantes que dans le cas des transitions solide-
liquide. En pratique c’est le passage solide-liquide qui offre le plus d’applications, cela parce qu’elle permet de limiter
l’expansion volumique, ce qui permet alors au solide comme le liquide d’être contenus dans un même système de
stockage (SOUPART & al, 2014). Quant aux transitions solide-solide, elles sont généralement très lentes et ont de
faibles énergies de transformation.

LA SURFUSION

Afin de comprendre ce phénomène, voici un graphique illustrant l’évolution théorique de la température lors du
changement de phase d’un matériau :

FIGURE 3 : PRINCIPE DE SURFUSION

Le changement de phase liquide/solide permet d’avoir un solide cristallisé à partir de solutions aqueuses : c’est la
cristallisation. L’état cristallin ainsi obtenu est caractérisé par un arrangement régulier des atomes, des molécules ou
des ions suivant un modèle indéformable appelé réseau. C’est cet arrangement moléculaire qui fait la différence entre
un solide cristallin (un réseau ordonnée) et un solide amorphe (d’où le faite que le rendement d’un panneau photo-
voltaïque amorphe soit plus faible que le polycristallin). Une mauvaise cristallisation (mauvaise nucléation qui est la
genèse de noyau solide) amène à un phénomène de surfusion. La solidification se fait en général dans ce cas la en
dessous de la température de changement de phase, le matériau peut donc rester liquide jusqu'à plusieurs dizaines de
degrés en dessous de la température de fusion, cela est souvent le cas dans les matériaux inorganiques (composée de
sel hydraté).

LES MCP EXISTANTS

On peut classer les matériaux à changement de phase selon leur nature chimique en trois grandes catégories : Orga-
nique, Inorganiques et eutectique.

Les matériaux organiques :


Les composés organiques sont scindés en deux groupes à savoir les paraffines et les acides gras. Les composés orga-
niques sont généralement mieux adaptés pour le stockage thermique par chaleur latente dans le bâtiment grâce à
leur stabilité chimique.

 Les paraffines :

Les paraffines sont majoritairement constituées d’alcanes (entre 75 % et 100 %), les alcanes sont des hydrocarbures
de formule générale (Cn H2n+2). Les paraffines pures sont uniquement constituées d’alcanes, c’est le cas de
l’octadécane dont la formule brute est C18 H38 .Dans le cas des alcanes la température de fusion ainsi que la chaleur
latente de fusion augmentent quand la chaîne carbonée (n) augmente. La plupart des informations concernant cette
partie vienne d’un ouvrage sur la chimie général (McQUARRIE, 2007)

 Les acides gras :

Les acides gras et esters d’acides gras ont à priori de bonnes aptitudes pour une application dans le stockage d’énergie
thermique dans le bâtiment. En effet ils ont une bonne stabilité thermique par rapport aux cycles répétitifs de fu-
sion/solidification. Cependant, ils ont un coût très élevé par rapport aux paraffines demeurent corrosifs du fait de leur
acidité. Les acides gras ont souvent des températures de fusion assez basses. Leur faible conductivité thermique cons-
titue un inconvénient pour une application dans systèmes comme le notre (diminution des échanges thermique avec
l’air). Ils ont l’avantage d’avoir peu de problème de surfusions.

Les composée inorganiques (sel hydraté)

Les composés inorganiques sont essentiellement constitués de sels, de métaux ou d’alliage. Les composés inorga-
niques tels que les sels hydratés ont des chaleurs latentes par unité de volume plus élevées que celles les composés
organiques. En outre, ils sont non inflammables et sont moins coûteux que les composés organiques. A la différence
des composés organiques, les composées inorganiques sont recyclables, cependant ils sont plus ou moins corrosifs et
présentent des problèmes de surfusion. Les sels hydratés sont les produits inorganiques les plus appropriés pour le
stockage des d’énergie thermique à basse température. Ils sont constitués de sels et d’eau dans des proportions bien
définies.

Les matériaux eutectiques

Les eutectiques peuvent être organiques ou inor-


ganiques. A la différence des mélanges habituels,
un eutectique est un mélange de deux corps purs
qui fondent et se solidifient à température cons-
tante. Il se comporte en fait comme un corps ho-
mogène. Chacun des deux corps a une fusion et une
solidification congruente, c'est-à-dire une fusion ou
solidification dans laquelle les deux phases sont de
même composition. Le changement d’état des
eutectiques se fait presque toujours sans ségréga-
tion. Un exemple simple de l’utilisation de ce type
de matériaux est la soudure, alliage d’étain (67%) et
de plomb (33%) qui fond à 183°C, ou encore celui
formé avec le sel (NaCl, 77%) et l’eau (23%) avec
une température de fusion à -21,1°C.

Voici le détail des avantages et inconvénients de


chacun d’entres-eux en résumé ainsi que quelques
exemple (annexe1).
FIGURE 4 : AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS MCP

Dans les quelques exemples en annexe1, l’on pourra visualiser que la température de fusion de chaque matériaux
varient énormément (entre -12°C et plus de 30°C). L’on peut donc voir la force de ces matériaux, le fait d’être dispo-
nible dans de larges gammes de températures en fonction de l’application visée.

LES APPLICATIONS
Les applications des MCP sont de plusieurs sortes dont les principaux sont :

 Isolation des bâtiments

 Industrie textile

 Energie solaire

 Diminuer les effets exothermiques de réactions chimiques

DANS LE BATIMENT

Le début de la commercialisation de ce type de matériaux débute dans les années 1990. On retrouve les ma-
tériaux à changement de phase dans le bâtiment principalement sous la forme de plaques où les MCP sont encapsu-
lés. La capsule permette de garder la solidité de la paroi du bâtiment, voici une représentation :

L’énergie stockée dans les parois (enthalpie de fusion) n’est pas


transmise à l’intérieur de l’édifice. Ce n’est que lorsque le bâtiment se
refroidi que les MCP se solidifie et que l’énergie stockée est restituer.
Ce type de matériaux est idéal pour avoir une bonne maîtrise de
l’énergie de façon « passif ». Selon leurs gammes de températures,
elle pourrait diminuer grandement les consommations en climatisa-
tion l’été comme de chauffage l’hiver.

FIGURE 5 : MCP DANS LE BÂTIMENT

D’après les simulations menées par Arcadis (Arcadis, 2012),


ces matériaux permettraient d’avoir une température confor-
table dans une maison, avec une prévision de 2°C supplémen-
taire à certaines périodes. Elles amortissent grandement les
perturbations climatiques.

FIGURE 6: RESULTAT DES MCP DANS L'HABITATION


LES ETUDES ET LES PROJETS
DANS L’ENERGIE SOLAIRE
Dans l’énergie solaire, cela permettrai d’accroître les performances énergétique. Sachant que le rendement
d’un panneau solaire diminue avec l’augmentation de la température. L’on pourrait alors imaginer que les matériaux à
changement de phase capteraient alors cette énergie, ce qui évitera l’augmentation de la température afin de se
rapprocher au maximum de la valeur optimale de 20°C. Avec dans un cas, le matériau est intégrer avec l’inertie, le
matériau pourrait garder à une température, ou le rendement est meilleur.

L’on pourrait alors imaginer une automatisation de changement de matériaux à changement de phase (donc séparer
du panneau) lorsque le point de fusion aura été dépassé. Ce qui évitera alors l’échauffement des panneaux, et
l’énergie calorifique est utilisé par cogénération avec un système de chauffage par exemple.

AMELIORATION DU MATERIAU
Une autre problématique importante est à prendre en compte est la faible conductivité thermique du matériau. Pour
pouvoir résoudre ce problème, un certain types d’échangeur de chaleur à pu mettre en place une diffusion plus uni-
forme de la chaleur.

Une expérience à été mené (Caron-Soupart, 2014), il


été préférable d’augmenter la surface de la chaleur
pour pouvoir utiliser tout le potentiel de ce type de
matériaux. Après avoir mis la charge chaude d’un peu
plus de 50°C par le dessus, voici les résultats obtenus
à des instants différents :

FIGURE 6: FORME DES RÉCIPIENTS

Nous pouvons bien visualiser que le dispositif d’échangeur per-


met une fusion plus « homogène ». Il a même été vérifié dans
cette étude que des hélices hélicoïdales étaient plus perfor-
mantes que des hélices longitudinales.

Le transfert de la chaleur dépendra donc fortement de la géomé-


trie.
FIGURE 7: RÉSULTAT DURANT L'EXEPRIENCE

CONCLUSION

En somme de notre étude, nous avons une palette d’applications pour l’avenir des matériaux à changement
de phase, compte tenu de leurs manières passifs à gérer l’énergie. Leurs prix (surtout pour les acides gras) ne sont pas
encore assez compétitifs pour pouvoir en faire une commercialisation, mais tout de même des améliorations sont
faites pour le permettre. Dans la plupart des domaines scientifiques, de nombreux problèmes se sont résolus par
l’évolution des matériaux, alors pourquoi pas cela.

ANNEXE

BIBLIOGRAPHIE
Arcadis. (2012). Simulation & Bâtiment. Utilisation des matériaux à changement de phase pour le contrôle de la sur-
chauffe estivale, (p. 17).

Brunet, Y. (2009). Technologie du stockage de l'énergie. Paris: Hermes Science.

BUFALINO, S. (2008). Les matériaux à changement de phase. Entreprise Europe Network, (p. 12). Région Rhône-Alpes.

McQUARRIE. (2007). Chimie générale. Bruxelle: de boeck.


SECK, C. Thèse sur "L'analyse et la modélisation du comportement thermique de l'habitat intégrant les matériaux à
changement de phase. Bethune.

SOUPART, A., & al. (2014). Stockage de chaleur dans les matériaux à changement de phase. ResearchGate , 9.