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Rose-Croix

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Le Temple de la Rose-Croix, gravure du Speculum


Sophicum Rhodostauroticum (Miroir de la sagesse
des Rose-Croix) de Teophilus Schweighardt
Constantiens (pseudonyme de Daniel Mögling), 1618.
e
Au début du  siècle paraissent en
Allemagne les manifestes de la fraternité
de la Rose-Croix. La Rose-Croix y est
présentée comme un ordre secret qui
e
aurait été fondé au  siècle par un
personnage mythique, Christian
Rosenkreutz. Relevant de l'hermétisme
chrétien, du néoplatonisme et de
paracelsisme, ils en appellent aux savants
et aux gouvernants de l'Europe, proposant
de leur révéler leur mystérieuse sagesse.
Ils sont vraisemblablement l'œuvre d'un
groupe de jeunes théologiens, médecins et
philosophes de l'université luthérienne de
Tübingen, autour de Johann Valentin
Andreae (1586-1654). Ils eurent un
retentissement considérable à l'époque,
suscitant enthousiasmes et controverses
dans toute l'Europe.

e
À partir du  siècle, en marge et au
sein de la Franc-Maçonnerie, puis dans les
e
milieux occultistes du  siècle jusqu'à
aujourd'hui, de nombreux mouvements se
sont réclamés de l'ordre de la Rose-Croix
ou se sont référés à une « tradition
rosicrucienne ».

Les manifestes Rose-Croix


Introduction
Les « manifestes Rose-Croix », la Fama
Fraternitatis et la Confessio Fraternitatis,
furent publiés en Allemagne en 1614 et en
1615 et firent pour la première fois
mention de cette Fraternité en une période
de tensions politiques et religieuses (la
guerre de Trente Ans commence en 1618),
et d'avancées scientifiques. On leur
associe généralement un autre texte : Les
Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz
publié en 1616[1].

La Fama Fraternitatis (1614)


 

Édition originale de la Fama Fraternitatis, 1614.

En 1614, paraît à Cassel, à l'imprimerie de


Wilhelm Wessel (en), un ouvrage anonyme
en allemand : Réforme générale et
commune de l'univers entier, suivie de la
Fama Fraternitatis de la Très Louable
Confrérie de la Rose-Croix, à l'adresse de
tous les savants et souverains d'Europe,
accompagnée d'une brève réponse du
Seigneur Haselmeyer qui pour ce motif a
été jeté en prison par les Jésuites et mis
aux fers dans une galère. Aujourd'hui
donnée à imprimer et portée à la
connaissance de tous les cœurs sincères.
[2].

Cette « réforme générale » est un récit


satirique sur les projets de réforme qui
fleurissaient à l'époque[3]. En appendices
de ce texte, se trouve la Fama Fraternitatis,
(Les Échos de la Confrérie) manifeste de
l'ordre de la Rose-Croix, ainsi que la
réponse d'un certain Adam Haselmayer.
Le nom du fondateur (C.R.C.), ainsi que
ceux des membres de la fraternité ne sont
mentionnés que par leurs initiales.

La Fama Fraternitatis narre la vie du


fondateur mythique de l'ordre. Allemand,
orphelin d'une famille noble mais
désargentée, il est élevé et éduqué dans
un couvent. Un périple entrepris autour de
la Méditerranée lui permet d'acquérir les
sagesses et les connaissances de l'Orient
et de les confronter à celles de l'Occident.
À son retour, il s'entretient avec les
savants d'Europe « leur montrant les
erreurs de nos Arts, comment les corriger,
d'où l'on pourrait tirer des indices certains
sur les siècles suivants et en quoi ils
devaient concorder avec les siècles
passés ; aussi comment réformer les
défauts de l'Église et toute la philosophie
morale ». Mais ces derniers, se voyant
contraints de se remettre en question et
craignant que leur réputation n'en souffre,
le rejettent. Il fonde alors en Allemagne un
cloître appelé « maison du Saint-Esprit »,
afin d'y rassembler et conserver ses
connaissances, et invite, afin de les
consigner, trois de ses anciens
condisciples qui lui jurent fidélité et
silence : « Ainsi commença la Fraternité de
la Rose-Croix, avec quatre personnes
seulement ». L'ordre se donne une règle, et
se disperse à travers le monde.

L'histoire relate que 120 ans après la mort


du fondateur de l'ordre, les Frères de la
troisième génération, refaisant en « bons
architectes » la maçonnerie de leur
« maison », redécouvrent son tombeau.
L'inscription « Post 120 annos patebo »
(« après 120 ans, je m'ouvrirai ») indique
que cette découverte apparemment
fortuite avait été prévue.

Dans ce « temple-tombe », illuminé « par


un autre soleil », se trouve le corps intact
de C.R.C. tenant dans ses mains un petit
livre d'or, intitulé Livre T. L'autel circulaire
est entouré de formules de sagesse et
d'axiomes comme « Nequaquam vacuum
(« nulle part n'est le vide » en latin) ». Les
frères décident alors de révéler au monde
cette sagesse chrétienne censée
réconcilier les connaissances du passé et
celles de l'avenir, et proposer une réforme
universelle des sciences, de l'art et de la
religion. Ils expliqueront les 37 raisons de
cette décision dans une Confessio, et
promettent plus d'or « que le roi d'Espagne
n'en peut rapporter des deux Indes ». La
Fama Fraternitatis, qui devait être écrite en
cinq langues, invite les sages, savants et
chefs de l’Europe intéressés par cette offre
à se faire connaître de quelque manière
« et en quelque langue que ce soit ».

La Fama s'achève par la phrase : « Sub


umbra alarum tuarum Jehova » (À l'ombre
de tes ailes Jéhovah).

L'ouvrage se termine par la Courte réponse


faite par Adam Haselmayer qui, pour cela, a
été arrêté et emprisonné par les Jésuites et
mis aux fers sur les galères.

Bien que la Fama fût en général publiée


seule par la suite, l'ensemble de l'ouvrage
original (Reformatio, Fama et la Réponse
de Haselmayer) forme un tout[4],[3], dont le
sens général est que la vraie réforme ne
peut se faire de l'extérieur comme le
promouvaient penseurs et législateurs,
mais qu'elle doit être intérieure, spirituelle
et mystique.

La Confessio Fraternitatis
(1615)

De Macrocosmi historia, de Robert Fludd.


En 1615, une seconde édition de la Fama
paraît chez le même éditeur[5]. Il y est joint
un second texte, en versions latine et
allemande (d'ailleurs sensiblement
différentes) : « Confessio Fraternitatis
Rosæ Crucis. Ad eruditos Europæ. »
(« Confession de la Fraternité de la R. C.
Aux savants de l'Europe »).

Cette « Confession » (ou profession de


foi), où s'expriment les frères de la Rose-
Croix, fait référence à la Fama, et
renouvelle son appel aux savants, mais
aussi aux humbles, et ses promesses de
réforme chrétienne universelle et de
révélation des secrets de la
Nature [réf. nécessaire]. Dans la forme, elle
s'inspire de la Confession d'Augsbourg[6].
Plus que la Fama, elle met l'accent sur le
millénarisme et l'antipapisme [réf. nécessaire].

Les frères se défendent des accusations


d'hérésie :

« Comment pourrions-nous être


jamais soupçonnés d'hérésie, de
menées et de complots coupables
contre l'autorité civile, quand
nous condamnons les sacrilèges
dont Notre-Seigneur Jésus-Christ
est l'objet, et dont l'Orient comme
l'Occident se rendent coupables
(entendons Mahomet et le pape),
et quand nous présentons au chef
suprême de l'Empire romain
notre prière, nos mystères et nos
trésors[7] ? »

Ils font l'éloge de la Bible et de la vie


évangélique :

« Contre eux, nous professons et


témoignons publiquement qu'il
n'a pas existé depuis les débuts de
ce monde de livre supérieur, de
livre meilleur, de livre aussi
merveilleux, aussi salutaire que
justement la sainte Bible. Et
bienheureux son détenteur,
bienheureux plus encore son
lecteur assidu, au comble de la
félicité celui qui en a épuisé
l'étude. Qui sait la comprendre ne
peut être plus près de Dieu ni plus
semblable à lui[8]. »

Le prénom du fondateur de la fraternité


apparaît : Christian R.-C. Il serait né en
1378 et aurait vécu cent six ans. La
Confessio Fraternitatis propose une
philosophie chrétienne, et aussi un état de
vie merveilleux qui « figurait à l'origine du
monde avec Adam » accessible à l'homme
régénéré. La Confessio annonce la fin du
mahométisme et du catholicisme, et la
venue d'une nouvelle ère liée à l'avènement
d'une mystérieuse quatrième monarchie et
à l'apparition de signes, d'étoiles dans les
constellations du Serpentaire et du
Cygne [réf. nécessaire].

Les frères disposent d'une « écriture


magique », semblable à la langue originelle
des patriarches bibliques Adam et Hénoch,
qui leur permet de lire et de comprendre la
volonté divine [réf. nécessaire].

La Confessio évoque l'alchimie en tant que


force guérissante, capable certes d'opérer
la transmutation des métaux (ce qu'ils ne
prisent pas), mais surtout comme
« remède suprême » pour la libération de
l'humanité [réf. nécessaire] :

« Maintenant, il est nécessaire


que cède toute erreur, ténèbre et
servitude qui se sont
progressivement emparées des
sciences, des œuvres et du
gouvernement des humains… de
sorte que la majorité des hommes
se sont obscurcis… Il n'est
cependant d'autre philosophie
pour nous que Celle qui est la
Couronne de toutes les facultés,
sciences et arts. En ce qui
concerne notre siècle elle
comprend surtout la Théologie, la
Médecine, et avant tout la Science
du Droit ; c'est une philosophie
qui sonde le ciel et la terre à l'aide
d'un excellent art d'analyse ou
qui, en un mot exprime
essentiellement que l'homme est
un microcosme, et l'étendue de
son art dans la
nature [réf. nécessaire]. »

Les Noces Chymiques de


Christian Rosenkreutz (1616)

Article détaillé : Les Noces Chymiques de


Christian Rosenkreutz.
 

Édition originale (1616) des Noces Chymiques de


Christian Rosenkreutz

En 1616 paraît à Strasbourg chez Lazare


Zetzner, sans nom d'auteur et en allemand,
Les Noces Chymiques de Christian
Rosenkreutz. Si ce texte, plus long que les
deux manifestes Fama et Confessio, et
dont la qualité littéraire est largement
reconnue[9], est aujourd'hui celui qui retient
le plus l'attention tant des ésotéristes que
des historiens, il n'eut à l'époque que peu
d'influence : jamais traduit en latin, il ne le
fut en anglais qu'en 1690, et en français
qu'en 1928[10].

Ce texte allégorique et mystique narre, à la


première personne, l'expérience initiatique
de Christian Rosenkreutz, nom symbolique
qui peut se traduire par « le chrétien à la
Rose et à la Croix » ; les rosicruciens
francophones le nomment « Christian
Rose-Croix ». L'action se situe en 1459. Au
cours de sept journées, pleines
d'évènements merveilleux et symboliques,
Christian Rosenkreutz participe aux noces
alchimiques du roi et de la reine, qui
culminent avec la décollation et la
résurrection du couple royal.

L'avertissement introductif indique le


caractère ésotérique de l'œuvre :

« Les arcanes s'avilissent quand


ils sont révélés ; et, profanés, ils
perdent leur grâce. Ne jette donc
pas de marguerites aux
pourceaux, et ne fais point à un
âne une litière de roses[11],[12]. »
L'alchimie, dans les Noces alchimiques de
CRC comme dans les autres
« manifestes », est considérée comme un
processus de régénération spirituelle et
une source de purification et de
renaissance intérieure.

Antoine Caron, Les Funérailles de l'Amour (1560-1570)


(musée du Louvre) – ce tableau allégorique typique du
maniérisme constitue selon Bernard Gorceix une
illustration du style des Noces Chymiques.
Ce texte a fait l'objet de nombreux
commentaires.

Analyse des manifestes rose-


croix

Hypothèses sur les auteurs des


manifestes et leurs motivations

Johann Valentin Andreæ a publié Les Noces


Chymiques de Christian Rosenkreutz en 1616.

Depuis leur parution anonyme, de


nombreuses hypothèses ont été faites sur
l'identité du ou des auteurs des
manifestes, ainsi que sur leurs motivations
et leurs desseins.

En ce qui concerne les Noces Chymiques,


Johann Valentin Andreæ (1586-1654)
déclarera dans son Autobiographie, qui ne
fut publiée qu'en 1799, en avoir été l'auteur
dans sa jeunesse (entre 1602 et 1604). Il
s'agissait d'« une plaisanterie
(ludibrium)[13]) pleine de scènes
d'aventures. À (ma) surprise ce livre fut
apprécié par certains et expliqué par des
interprétations subtiles, quoique ce ne soit
qu'une petite œuvre insignifiante et qu'il
représente les vains efforts de la
curiosité »[14]. Inspecteur ecclésiastique,
chargé de fonctions diplomatiques puis
prédicateur de la cour de Stuttgart,
Andreæ fut aussi connu pour ses écrits
satiriques qu'il justifiera ainsi : « C'est
l'affaire du Christianisme qui me tenait à
cœur et je voulais le faire progresser par
tous les moyens ; et comme je ne pouvais
le faire par des chemins rectilignes, je
tentai de la faire par des détours et des
pitreries, non point, comme il a semblé à
certains, avec un esprit de raillerie mais en
recourant à la manière dont usent
beaucoup de gens pieux, en ce sens que
par le truchement d'une plaisanterie et par
une charmante malice, je poursuivais un
but sérieux et j'insufflais l'amour du
christianisme »[14].

Le ou les auteurs des manifestes ne sont


pas connus avec certitude. L'analyse
stylistique et thématique des différents
textes (Fama et Confessio mais aussi leurs
préfaces, la Reformatio et la Réponse de
Haselmayer), tend à montrer qu'il s'agit de
l'œuvre de plusieurs auteurs[3],[15]. Il
semble probable que ces textes ont été
écrits au sein d'un groupe d'intellectuels
luthériens, rassemblés à partir de 1607
avec Andreæ sous la houlette du
théologien Johann Arndt (1555-1621). Ce
groupe, qu'on appelle Cénacle de
Tübingen, promouvait notamment
l'imitation de la vie de Jésus-Christ. Si
Andreæ eut sans doute un rôle inspirateur
et central, on trouve également la marque
de ses amis, en particulier Wilhelm Wense,
Tobias Hess et Christoph Besold (1577-
1638). Ainsi un groupe de jeunes
luthériens allemands, qui avait eu maille à
partir avec les autorités universitaires
« s'est dressé clandestinement contre
l'orthodoxie desséchante à laquelle il a
opposé tout à la fois la mysticité antique
et médiévale, l'esprit scientifique naissant
et l'œuvre sociale enseignée notamment
par Campanella, avec ses études et sa Cité
du Soleil socio-théocratique. »[3]

La publication des manifestes : le


rôle de Adam Haselmayer

La Fama semble avoir été rédigé vers 1608


et avoir rapidement circulé sous forme
manuscrite (quatre exemplaires originaux
ont aujourd'hui été retrouvés) dans les
milieux alchimiques : en 1611, le médecin
danois Ole Worm en avait reçu une copie,
probablement de la part de Johannes
Hartmann (en), qui tenait la première
chaire de « Chymie » d'Europe, à
l'université de Marbourg[10].

Mais c'est Adam Haselmayer, l'auteur


d'une réponse à la Fama publiée en même
temps qu'elle, qui joua un rôle déterminant
dans la publication des manifestes. Donné
dans la préface comme secrétaire de
l'archiduc Maximilien, il a longtemps été
considéré comme un personnage fictif.
Des recherches récentes ont permis de
retrouver sa trace[16]. Il s'agit d'un
paracelsien du Tyrol. Ayant lu la Fama dès
1610, il en offrit en 1612 une copie qu'il
tenait de Tobias Hess à son protecteur
Auguste d'Anhalt-Plötzkau, féru d'alchimie
et des textes de Paracelse et de Valentin
Weigel dans l'espoir que ce dernier devint
le leader politique de la réforme universelle
annoncée par les Rose-Croix[17]. Ce fut
sans succès, car Auguste de Anhalt qui
avait renoncé à toute ambition politique en
laissant le gouvernement de la principauté
d'Anhalt à son frère, se contenta de faire
imprimer secrètement une centaine
d'exemplaires de la réponse de
Haselmayer, dans l'espoir de susciter la
réaction des Rose-Croix[18].
L'enthousiasme de Haselmayer se tourna
alors vers son suzerain le catholique
archiduc Maximilien III d'Autriche, qui
cependant le fit arrêter et envoyer aux
galères[19].

On a retrouvé une version de ce texte


imprimée en 1612, et il s'agirait donc de la
première « réponse » à l'appel de la Fama.
Haselmayer déclare avoir lu un manuscrit
de la Fama en 1610 (ce qui permet de
supposer que le texte circulait quelques
années avant sa publication en 1614).
Dans ce texte apocalyptique et mystique, il
voit dans les frères de la Rose-Croix des
disciples de Paracelse, et annonce
l'imminence de la fin du monde et
l'avènement de l'empire du Saint-Esprit
(règne dénommé « Quatrième Monarchie »
dans la Fama).

Les sources et les références

Une des gravures alchimiques de l'Atalanta fugiens de


Michael Maier : le sage marchant dans les traces de la
Nature.

Tant par le style que par le fond, les


manifestes sont caractéristiques de la
pensée de l'époque, au tournant de la
Renaissance et de l'âge baroque. Ils
puisent leur inspiration, comme la
multitude d'écrits alchimiques qui
fleurissent alors, dans le fond séculaire de
la littérature mystique et hermétique. Ainsi,
on peut y trouver des références et
allusions au néo-platonisme, aux
pythagoriciens, à la philosophie arabe, à la
kabbale, à la Gnose, et même aux sages
de l'Inde[20].

Paul Arnold[3] a remarqué que les Noces


Chymiques sont inspirées par le Livre I du
poème The Færie Queene (1590)
d’Edmund Spenser. En particulier, on y
trouve les aventures similaires d'un
« chevalier de la Croix-Rouge », qui
deviendra le « frère de la Rose-Croix
rouge » dans les Noces Chymiques, avec le
glissement en allemand de Rotes-Kreutz à
Rosen-Kreutz. Andreæ a pu aussi s'inspirer
de son blason familial qui comprenait
quatre roses rouges entre les branches
d'une croix rouge, blason lui-même peut-
être inspiré des armes de Luther,
représentant une croix noire sur un cœur
rouge entouré d'une rose blanche.

Sceau de Luther.
La General reformatio, est en fait
l'adaptation en allemand de l'avis LXXVII
d'un ouvrage satirique de Trajano
Boccalini : Ragguagli di Parnasso
(Nouvelles du Parnasse), publié à Venise
en 1612. Cet ouvrage eut un grand succès
à l'époque et était connu des membres du
Cénacle de Tübingen et en particulier de
Christoph Besold[3].

Les textes de la Fama et de la Confessio


sont probablement inspirés de l'utopie de
Tommaso Campanella : La cité du soleil.
Parmi les contemporains allemands, on y
trouve l'influence d'écrits alchimiques tels
que l’Amphitheatrum Sapientiæ Æternæ
(1595) de Heinrich Khunrath (~1560-1605)
et la Naometria (1604) de Simon Studion
(1543-1605)[3],[21],[4].

Le personnage de Christian Rosenkreutz


ferait référence aux vies de Joachim de
Flore, de Thomas a Kempis, ainsi que d'un
certain Ægidius Gutman (1490-1584) dont
la biographie touche à la légende[22].

Controverses sur l'existence et


l'origine de l'ordre

Il n'existe aucune preuve historique de


l'existence d'un ordre de la Rose-Croix
avant ou au moment de la parution des
e
manifestes, au début du  siècle. Les
mouvements qui se sont par la suite
baptisés « Rose-Croix » n'ont pas le
moindre lien de filiation directe avec le
groupe des auteurs des manifestes (le
Cénacle de Tübingen). La société
rosicrucienne AMORC (fondée en 1915) se
revendique quant à elle de « l'authentique »
tradition Rose-Croix[23].

Les opinions sur l'existence et l'origine de


l'ordre peuvent schématiquement être
classées en quatre catégories différentes :

1. Pour les universitaires Yates[4], Arnold[3],


Edighoffer[15], Faivre (« Bien que, de 1615 à
l’époque actuelle, quantité de faussaires
n’aient cessé de brouiller les pistes, on
peut affirmer qu’entre 1614 et 1620 il
n’existe pas de « Fraternité Rose-Croix », à
moins d’entendre par là qu’une amitié
spirituelle rapprochait les amis du
cénacle »)[9], Christian Rosenkreutz et
l'ordre de la Rose-Croix sont des fictions
inventées par les auteurs des manifestes,
et ces textes relevaient à l'origine du
« ludibrium » (c’est-à-dire du « jeu », de la
« plaisanterie ») ésotérique d'un jeune
luthérien malicieux et cultivé, Johann
Valentin Andreæ. Les manifestes de la
Rose-Croix ne seraient pas une preuve de
son existence mais seulement la narration
de son mythe. Ils auraient pris rapidement
une dimension polémique dans l'âpre
contexte de la Réforme. Les affiches
parues à Paris en 1623 (voir ci-dessous)
ne seraient quant à elles qu'un canular. Les
idées développées dans les manifestes
n'ayant rien de particulièrement original ni
de spécifique, leur succès non démenti
tient à leur qualité littéraire, à leur parfum
de secret et de mystère, et à l'association,
puissamment évocatrice dans la culture
occidentale, des noms et symboles de la
rose et de la croix.
2. Ceux qui, tout en croyant à l'existence
d'une fraternité de la « Rose-Croix »,
estiment que les détails historiques
fournis dans les manifestes sont à prendre
au moins en partie dans un sens
symbolique. L'ordre aurait été constitué du
regroupement d'esprits brillants autour de
Johann Valentin Andreæ. La Rose-Croix
exprimerait les aspirations spirituelles et
profondes qui imprègnent encore
aujourd'hui l'imaginaire de l’Occident.
3. D'autres tenants de l'interprétation
symbolique des manifestes croient à une
existence ancienne voire antique de
l'ordre. C'est ainsi que plusieurs auteurs
e
rosicruciens du  siècle, parmi lesquels
Harvey Spencer Lewis, le fondateur de
l'AMORC, ont affirmé que l'ordre de la
Rose-Croix avait une origine traditionnelle
égyptienne[24].
4. Certains enfin ont réinterrogé avec
Serge Hutin[25] le concept d'ordre
initiatique en y voyant un courant de
pensée — organisé par des principes et
fondé sur la reconnaissance tacite entre
ses contributeurs de leurs autorités
morales respectives — plutôt qu'une
organisation secrète hiérarchisée de
manière formelle.

Les réactions au e siècle

Un retentissement considérable
 

Robert Fludd.

Les manifestes Rose-Croix eurent très vite


un retentissement considérable. Il y eut
rapidement plusieurs rééditions. Leur
appel (et surtout les références à
Paracelse) fut reçu par nombre de
« chymistes » d'Allemagne, et aussi
d'Europe. La Bibliotheca Hermetica
Philosophica d'Amsterdam a recensé 400
réponses imprimées dans les dix années
qui suivirent leur parution et environ 1 700
e e
entre les et  siècles. Pour Carlos
Gilly (de) : « le succès des manifestes
Rose-Croix tenait non seulement à leur
habillage mythique (sans lequel ils
n'auraient suscité que fort peu d'intérêt),
mais aussi et surtout à l'idée d'avoir
présenté la Fraternité comme déjà
constituée, et au fait d'avoir invité les
savants et les princes d'alors à y donner
réponse par la voie de l'imprimé »[26].

Des polémiques ne tardèrent pas à naître.


Les rose-croix furent accusés d'imposture
et, plus grave à l'époque, de sorcellerie et
d'hérésie.
 

Michael Maier.

Cependant, Michael Maier, l'influent


médecin de l'empereur Rodolphe II[27], prit
fait et cause pour les Rose-Croix dans son
Silentium post clamores (1617) puis son
Themis Aurea (1618), voyant en eux les
héritiers d'une antique tradition
philosophique. L'Anglais Robert Fludd, qui
publie en Allemagne, médecin et auteur
d'un certain nombre de traités
rosicruciens, se voulut, principalement
dans Apologia Compendiera (1616) et
Summum bonum (1629), un porte-parole
de cette fraternité. Fludd et Maier furent
les principaux défenseurs et promoteurs
des rose-croix, leur donnant leurs lettres
de noblesse et accréditant l'existence
d'une fraternité immémoriale de sages
possédant toutes connaissances et
vertus. Ils expliquèrent et développèrent
les idées rosicruciennes en y adjoignant
certaines qui leur étaient propres[3],[9].

Parmi les autres défenseurs des idées


rosicruciennes, le médecin et astronome
Daniel Mögling publia tout d'abord en 1617
un justificatif de la Fama sous le
pseudonyme de Florentinus de Valentia :
« Jhesus Nobis Omnia Rosa Florescens ».
Cet ouvrage est une description de la
Fraternité de la Rose-Croix et une défense
de ses membres contre les accusations
d'un certain Menapius (Friedrich Grick)[28].
Et en 1618, sous le pseudonyme de
« Theophilus Schweighardt
Constantiensem », un Speculum Sophicum
Rhodostauroticum (Miroir de la sagesse
des rose-croix)[29].

Mystérieuse, sans existence avérée, la


fraternité inspira les interprétations et les
réactions les plus diverses et parfois les
plus fantaisistes. Ce ne furent pas
seulement des théologiens et des
hommes de science qui se jetèrent dans le
débat, mais aussi des âmes en quête de
spiritualité, et parfois même des escrocs.

Des princes comme Frédéric V du


Palatinat et Gustave Adolphe de Suède ont
pu être inspirés par certaines idées des
manifestes. Frances Yates note que ces
derniers ont été publiés dans le contexte
politique d'une tentative d'union des
princes protestants européens, projet qui
culminera en 1613 avec le mariage de la
princesse Elizabeth Stuart d'Angleterre
avec Frédéric V du Palatinat, et
l'acceptation par ce dernier de la couronne
de Bohême alors en rébellion contre
l'empereur Ferdinand II de Habsbourg.
Selon Frances Yates[4], les manifestes
rose-croix seraient le reflet ésotérique de
ces projets de réforme politique, sous
l'influence de l'astrologue et
mathématicien anglais John Dee (1527-
1608). Cela expliquerait la bonne réception
que reçurent les manifestes en Angleterre,
dans la lignée de Robert Fludd : en 1652
Thomas Vaughan, sous le pseudonyme de
Eugene Philatete, traduisit la Fama et la
Confessio, et publia plusieurs ouvrages sur
la Rose-Croix qui influenceront Elias
Ashmole (1617-1692) [réf. nécessaire]. La
thèse de Yates manque cependant de
preuves historiques directes[30] Quoi qu'il
en soit, le « règne d'un hiver » de Frédéric V
du Palatinat s'acheva en 1620 avec la
victoire des impériaux catholiques à la
bataille de la Montagne-Blanche.

Les réactions des membres du


Cénacle de Tübingen

 
Daniel Mögling, médecin, astronome, professeur de
l'université de Tübingen.

Pour leur part, les auteurs des manifestes


semblèrent dépassés tant par leur succès
que par les polémiques engendrées, et se
désolidarisèrent. Tobias Hess mort en
1614, Andreæ fut le principal suspecté, sa
participation semblant avoir été notoire. Il
adopta une attitude complexe et ambigüe
(voir les analyses de Arnold[3] et
Edighoffer[15]) pour se défendre des
accusations et calomnies. Il semble avoir
voulu d'abord rectifier l'interprétation des
Manifestes en publiant les Noces
Chymiques et le Theca Gladii Spiritus
(fourreau du glaive de l'esprit). En même
temps, il attaqua ou dénigra dans ses
écrits (Menippus, Turris Babel) certains
aspects des manifestes, tout en en
défendant d'autres. Et finalement, il essaya
tout au long de sa vie de promouvoir des
sociétés d'union chrétienne, dans
lesquelles on peut retrouver une part du
projet utopique des rose-croix, dépouillé de
leur contenu alchimique et hermétique.

Christoph Besold fit éditer en 1623 De la


monarchie espagnole de Tommaso
Campanella, pourtant l'un des inspirateurs
des manifestes, avec cette phrase mettant
en doute l'existence même de la fraternité
et le sérieux des manifestes :

« Et déjà la fameuse fraternité des


Rose-Croix déclare que dans tout
l'univers circulent des
vaticinations délirantes. En effet,
à peine ce fantôme est apparu
(bien que Fama et Confessio
prouvent qu'il s'agissait du simple
divertissement d'esprits oisifs) il a
aussitôt produit un espoir de
réforme universelle, et a engendré
des choses en partie ridicules et
absurdes, en partie incroyables.
Et ainsi des hommes probes et
honnêtes de différents pays se
sont prêtés à la raillerie et à la
dérision pour faire parvenir leur
franc parrainage, ou pour se
persuader qu'ils auraient pu se
manifester à ces frères, à travers
le Miroir de Salomon ou d'autre
façon occulte[31]. »

Quoi qu'il en soit, la fraternité ne s'exprima


plus publiquement.
L'affaire des placards en France

En juin ou juillet 1623, alors qu'en


Allemagne les polémiques s'éteignent peu
à peu devant le silence des rose-croix et
face aux débuts de la guerre de Trente Ans
(1618-1648), des affiches reprenant l'appel
des manifestes sont placardées dans tout
Paris. Les auteurs de ces affiches sont
restés longtemps inconnus, mais selon un
témoignage de Nicolas Chorier découvert
en 1971, il s'agirait d'un canular lancé par
un jeune étudiant en médecine, Étienne
Chaume, avec quelques amis[32].
Il existe plusieurs versions du texte de ces
affiches, et il semble qu'en fait plusieurs
textes aient été affichés simultanément.

« Nous Députés du Collège


principal des Frères de la Rose-
Croix, faisons séjour visible et
invisible en cette ville, par la
grâce du Très-Haut, vers lequel se
tourne le cœur des Justes. Nous
montrons et enseignons à parler
sans livres ni marques, à parler
toutes sortes de langues des pays
où nous voulons être, pour tirer
les hommes, nos semblables,
d'erreur et de mort[33]. »

Cette première affiche est rapidement


suivie par une seconde :

« S'il prend envie à quelqu'un de


nous voir par curiosité seulement,
il ne communiquera jamais avec
nous ; mais si la volonté le porte
réellement et de fait de s'inscrire
sur le Registre de notre
Confraternité, nous qui jugeons
des pensées, lui ferons voir la
vérité de nos promesses ;
tellement, que nous ne mettons
point le lieu de notre demeure,
puisque les pensées jointes à la
volonté réelle du Lecteur, seront
capables de nous faire connaître
à lui et lui à nous. »

Leur texte est reproduit dans un ouvrage


publié la même année par Gabriel Naudé,
qui mena une enquête : Instruction à la
France sur la Vérité de l'Histoire des Frères
de la Rose-Croix[34] où l'auteur expose la
légende de Christian Rosenkreutz et
ironise sur la prétention des frères de la
Rose-Croix de réformer le monde. Il voit en
eux des êtres acharnés à détruire la
religion catholique et le pouvoir royal. La
réaction française, à la différence de
l'accueil anglais et allemand, fut
extrêmement négative et pour tout dire, les
textes et proclamations rosicruciennes y
provoquèrent la panique. L'avis général fut
que les rosicruciens pratiquaient la magie
noire et que ces « invisibles » étaient donc
des sorciers. Les idées rosicruciennes y
furent perçues comme des idées d'agents
de l'étranger, principalement de
l'Angleterre, Robert Fludd en étant la figure
emblématique.

Dépassé par l'ampleur des réactions et


des polémiques, Chaume s'enfuit de Paris
pour faire ses études à Montpellier.

Cyrano de Bergerac (1619-1655), dans son


Histoire comique des États et Empires du
soleil[35], en parle comme d'« une certaine
cabale de jeunes gens que le vulgaire a
connus sous le nom de « Chevaliers de la
Rose-Croix » »

Controverses autour de
Descartes, Leibniz, Comenius
et d'autres personnalités
Afin d'accréditer l'existence et l'influence
de la fraternité, les auteurs rosicruciens
ont souvent mis en avant les relations que
des personnalités illustres, notamment
Descartes, Leibniz et Comenius, mais
aussi Spinoza ou Newton, auraient eues
avec la Rose-Croix. Ces relations iraient
parfois jusqu'à l'appartenance effective à
l'ordre.

Leurs contradicteurs objectent que les


éléments historiques disponibles relèvent
de l'anecdote tant pour la vie et l'œuvre de
ces personnages que pour l'histoire du
rosicrucisme. Ces éléments font d'eux des
hommes de leur temps plutôt que des
membres de la Rose-Croix ou même de la
mouvance rosicrucienne[9] :

« On a voulu voir également du


rosicrucisme chez Leibniz et chez
bien d’autres ; jeu stérile,
puisqu'au XVIIe siècle l’ésotérisme
moniste est de toute manière la
philosophie de presque tous les
gens qui pensent. »

— Antoine Faivre

Descartes
Descartes (1596-1650) séjournait en
Hollande et en Allemagne de 1618 à 1622,
au plus fort de l'affaire des Rose-Croix. Il
semble s'y être intéressé car d'après son
premier biographe, Adrien Baillet, il aurait
dit : « Si les Rose-Croix étaient des
imposteurs, il n’est pas juste de les laisser
jouir d’une réputation mal acquise aux
dépens de la bonne foi des peuples ; s’ils
appartoient quelque chose de nouveau
dans le monde, qui valût la pleine d’être su,
il auroit été malhonnête à luy, de vouloir
mépriser toutes les sciences, parmi
lesquelles il s’en pourrait trouver une, dont
il aurait ignoré les fondements »[36].
Adrien Baillet relate, sur un ton amusant,
qu'après avoir été intrigué par les
« confrères de la rose-croix, dont il avoit
fait des recherches inutilement en
Allemagne durant l'hiver de l'an 1619 […]
l'on commençoit à faire courir le bruit qu'il
s'étoit enrollé dans la confrérie. M.
Descartes fut d'autant plus surpris de
cette nouvelle, que la chose avoit peu de
rapport au caractére de son esprit, et à
l'inclination qu'il avoit toûjours euë, de
considérer les rose-croix comme des
imposteurs ou des visionnaires ». Après
l'affaire des affiches (1622), il dut se faire
voir partout à Paris pour se disculper d'être
un des prétendus « invisibles »[37].
En dédicace du manuscrit d'un
pseudotraité de mathématique Polybii
Cosmopolitani Thesaurus mathematicus
(Trésor mathématique de Polybe le
cosmopolite) (1619), on trouve la dédicace
suivante : « totius orbis eruditis et
specialiter celeberrimis in G F.R.C denuo
oblatus » (« aux savants du monde entier
et particulièrement F(rères) R.C très
célèbres en G(ermanie) »). Ce texte ne fut
pas publié. Geneviève Rodis-Lewis, dans
sa biographie Descartes de 1997,
s'appuyant sur le caractère parodique de
l'ouvrage, voit dans cette dédicace une
intention sarcastique. Jean-Pierre Bayard y
trouve au contraire un signe d'intérêt et de
soutien.

Il reste que l'épisode fameux et fondateur


des trois songes de Descartes eut lieu en
Allemagne à l'hiver 1619, alors qu'il
s'intéressait aux Rose-Croix. Certains
auteurs[38] pensent que l'imaginaire de
Descartes fut alors inspiré par les textes
rosicruciens qu'il devait lire à l'époque.
Cependant cette hypothèse a été rejetée
par Fernand Hallyn[39], et la véracité de
toute l'anecdote racontée par Baillet a elle-
même été mis en doute par Henri Gouhier
après une minutieuse étude des
sources[40].
Leibniz

Vers 1666, le philosophe et mathématicien


allemand Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-
1716) devint membre de la « Société
alchimique » de Nuremberg (1654-~1700)
et en fut secrétaire pendant deux ans.
Cette société est parfois confondue à tort
avec celle de la Rose-Croix d'Or (voir ci-
dessous). Il s'intéressa au texte des Noces
Chymiques et décrypta l'énigme du nom de
la jeune fille Alchimia. Quant aux
manifestes eux-mêmes il les considéra
comme des fictions : « Tout ce que l’on a
dit des Frères de la Croix et la Rose, est
une pure invention de quelque personne
ingénieuse »[41].

Comenius

Andreæ fut, par ses projets de sociétés


d'union chrétienne, en contact avec le
pasteur de Bohême Comenius. En 1628,
Andreæ, découragé, lui écrivit[42] pour lui
passer le relais :

« Nous fûmes quelques hommes


de grande valeur, qui […] après la
bouffonnerie de la vaine Fama,
nous étions réunis. […] Vous
abandonnant ce qui reste de
notre naufrage, nous vous le
transmettons volontiers, assez
heureux si notre entreprise n'a
pas tout à fait échoué. »

Malgré ces dénigrements, Comenius


semble, dans Le Labyrinthe du monde
(1631), avoir été séduit par les espérances
développées dans les manifestes rose-
croix. S'en inspirant, il rédigea, en 1641 en
Angleterre, un ambitieux et généreux
programme de réforme : la Via Lucis
(« Chemin de la lumière »). Edighoffer fait
de Comenius celui qui fit passer la Rose-
Croix du luthéranisme allemand au cadre
universaliste et humanitariste qui allait
être celui de la franc-maçonnerie[43].

Sociétés rosicruciennes et
rosicrucianisme au
XVIIIe siècle

Après un oubli relatif pendant la seconde


e
moitié du  siècle, une nouvelle
efflorescence rosicrucienne apparaît au
e
 siècle. Parallèlement à l'essor de la
franc-maçonnerie, différents mouvements
et groupements rosicruciens se forment,
touchant les sphères aisées de la société.
Les plus importants de ces groupements
furent les différents groupes dénommés
« Rose-Croix d'or » et celui de la « Rose-
Croix d'or d'ancien système » (ces
organisations n'ont pas de lien historique
avec le Lectorium Rosicrucianum
contemporain, dont il est question plus
loin, hormis une prétention alchimique
commune).

L'ordre de la Rose-Croix d'Or


(1710)

 
Détail d'une des gravures d'Altona, 1785.

En 1710, parut à Breslau et en allemand,


sous le nom de Sincerus Renatus
(pseudonyme du prédicateur silésien
Samuel Richter (de)) : La vraie et parfaite
préparation de la Pierre Philosophale par la
Fraternité de l'Ordre de la Rose-Croix
d'Or[44]

Ce texte, qui est essentiellement un


traité d'alchimie, se termine par
l'énumération des cinquante-deux règles
de l'ordre (instituant comme chef
suprême le grade d'« Imperator » qui
sera repris plus tard).
L'ordre décrit par Richter ne semble pas
avoir existé, mais divers conventicules, de
doctrine plutôt floue et reliés entre eux de
façon assez lâche, prirent le nom de Rose-
Croix d'or et se développèrent en
Allemagne, en Pologne, en
Tchécoslovaquie, aux Pays-Bas et jusqu'en
Russie. C'est au sein de ces groupements
que serait née vers 1750 la théorie de la
filiation templière de la franc-maçonnerie,
avec pour intermédiaires les rose-
croix[3],[45]. Cette théorie se développa
ensuite au sein de la branche dite rectifiée
de la franc-maçonnerie, avant d'être
démentie par le convent de Wilhelmsbad
en 1782[46]. Toutefois, cette mise au point
ferme sur le plan historique n'empêcha pas
une partie du symbolisme alchimique et
chevaleresque introduit dans les hauts
grades maçonniques à cette occasion d'y
demeurer par la suite.

Détail d'une des gravures d'Altona, 1785.

Les Figures secrètes de la Rose-Croix des


e e
et  siècles, imprimées en deux
parties, en 1785 puis en 1788, à Altona
près de Hambourg, constitueraient le
« testament spirituel » des rose-croix d'or.
Elles comportent entre autres 36 planches
d'images et de symboles alchimiques,
théosophiques et hermétiques. L'auteur en
est inconnu. On y distingue l'inspiration de
Valentin Weigel, Heinrich Khunrath et
Jacob Boehme, précurseurs des pensées
rosicruciennes et théosophiques[47].

L'ordre des Rose-Croix d'or


d'ancien système (1777)

En 1777, un officier prussien, Johann


Rudolf von Bischoffswerde, et un ancien
pasteur, Jean Christophe Wöllner, fondent
à Berlin l'« ordre des Rose-Croix d'or
d'ancien système » à partir de la loge
maçonnique des Trois Globes. Ils font
remonter la généalogie des rose-croix, non
au fondateur supposé Christian
Rosenkreutz, mais à « Adam lui-
même »[48]. Cette sapience divine aurait
ensuite été conservée et transmise par les
patriarches bibliques, les sectes à
mystères, les pythagoriciens et les
druides. L'ordre lui-même aurait été fondé
par Ormus, un prêtre d'Alexandrie baptisé
par saint Marc. Il se serait perpétué en
Palestine jusqu'à l'époque des croisades,
où il se serait transporté en Europe. La
Rose-Croix d'or d'ancien système eut un
succès certain et compta, dès 1779, 26
cercles et 200 membres en
Allemagne [réf. nécessaire]. Les deux
fondateurs, grâce à diverses
mystifications teintées d'occultisme,
parvinrent à s'attirer les bonnes grâces des
hautes sphères politiques. Ils furent ainsi
nommés ministres en 1786 et
suspendirent alors les activités de l'ordre
qui devenait suspect et comptait alors
plusieurs milliers de membres[9].

La symbolique rosicrucienne
dans les milieux maçonniques
Le premier document connu rapprochant
la rose-croix et la franc-maçonnerie date
de 1638 à Édimbourg. Il s'agit d'un bref
extrait du poème de Henry Adamson La
Thrène des muses :

«  For what we do presage is not


in grosse,
For we be brethren of the Rosie
Crosse:
We have the Mason word and
second sight,
Things for to come we can
foretell aright.[49] »
Il est possible que des personnes
sensibles aux idéaux de l'utopie
rosicrucienne se soient affiliées aux loges
e
maçonniques du  siècle en Angleterre
et en Écosse.

e
Dans la seconde moitié du  siècle, le
mot « rose-croix » fait beaucoup plus
référence à un état d'ultime sagesse et de
complète réalisation qu'à une
organisation : on dit à l'époque « un rose-
croix » pour désigner un de ces supposés
initiés ultimes et « l'ordre des Rose-Croix »
pour parler de leur organisation[50].
 

Mention du grade de « chevalier de Rose-Croix » dans


un rituel maçonnique français de 1769.

C'est dans cette acception qu'apparaît en


franc-maçonnerie, vers 1760, le grade
dénommé « chevalier rose-croix ». Il se
présente alors comme un grade terminal
de l'écossisme avant de devenir, en 1801,
le 18e grade du rite écossais ancien et
accepté[51]. Le « bijou » traditionnel de ce
grade est un compas orné d'une rose-croix
et d'un pélican qui nourrit ses petits avec
son propre sang. Dans certains autres de
ces rituels maçonniques, on trouve des
développements ésotériques du mythe de
la construction du temple de Salomon qui
rappellent la symbolique du temple-tombe
de Christian Rose-Croix, « image et abrégé
de l'Univers »[52]. À l'inverse, on trouvera,
dans les rituels de nombreux groupes
rosicruciens contemporains ou fondés au
e
 siècle, des emprunts à des rituels
maçonniques attestés dès la fin du
e
 siècle. Ces influences mutuelles
s'expliquent aisément par le fait qu'à
l'instar de Papus, Lewis, Hutin et bien
e
d'autres, les auteurs rosicruciens des
e
et  siècles seront très souvent
également francs-maçons[53].
 

Bijou maçonnique du grade de chevalier rose-croix.

À la même époque, Martines de Pasqually


fonde un « ordre des Chevaliers élus
Cohen » au sein duquel il enseigne sa
doctrine, proche de l'hermétisme chrétien
(comme celle des rose-croix) et dont les
membres les plus avancés pratiquent la
théurgie et portent le titre de « réaux-
croix ». Le mot « réaux-croix » semble avoir
été inventé par Pasqually, par analogie
avec rose-croix, tout en s'en distinguant,
réau signifiant le « grand Adam » et
« puissant prêtre ». Ses successeurs Jean-
Baptiste Willermoz et Louis-Claude de
Saint-Martin (« le philosophe inconnu »)
mirent l'ordre en sommeil après la mort de
Pasqually en 1774[54], mais sa doctrine
inspira en partie Willermoz dans sa
contribution à la rédaction des derniers
hauts grades maçonniques du rite
écossais rectifié à l'occasion du « convent
des Gaules » en 1778.

En 1798, l'abbé Augustin Barruel publie ses


Mémoires pour servir à l'histoire du
jacobinisme dans lesquelles il accuse les
Illuminés de Bavière (fondés en 1776,
interdits en 1784 et éteints en 1790) d'être
à l'origine d'un complot mondial qui aurait
été la véritable cause de la chute de la
monarchie en France. Bien que réfutée
depuis longtemps par la plupart des
historiens, cette théorie du complot et ses
dérivées ont encore aujourd'hui un certain
nombre de partisans qui estiment que les
rose-croix faisaient eux aussi partie de ce
supposé complot. Quoique les idées des
« illuminés » de Bavière, branche radicale
des Lumières, semblent incompatibles
avec la doctrine mystique « illuministe »
des rose-croix et des rosicruciens, la
confusion lexicale fut et reste fréquente.

Les rose-croix dans l'art et la


littérature au e siècle

Les proches des rosicruciens


contemporains voient de fréquents
symboles rosicruciens dans l'art et la
e e
littérature des et  siècles.
Certaines de ces influences sont avérées,
d'autres sont plus discutables. Les
symboles utilisés par les rosicruciens sont
comparables à ceux utilisés par d'autres
mouvements férus d'ésotérisme et
d'alchimie déjà existants.
Les manuels initiatiques des rose-croix
d'or et le texte des Noces Chymiques
marquèrent une partie de l'œuvre de
Gœthe, notamment dans Les Mystères, le
Conte et le second Faust[55]. Dans son
poème inachevé Les Mystères (1784-
1786) on trouve notamment la phrase :
« Qui donc a marié les Roses à la Croix ? ».

Pour les rosicruciens, l'opéra La Flûte


enchantée de Mozart constituait une
allusion à peine voilée aux rites initiatiques
supposés de la Rose-Croix, notamment
pour ce qui concerne les épreuves du feu
et de l'eau que traversent les deux héros à
la fin de l'opéra. Il est néanmoins
communément admis que, Mozart et
Emanuel Schikaneder — son librettiste —
étant tous deux francs-maçons, cette
œuvre adopte une symbolique
maçonnique[56].

Personnages célèbres

L'appartenance de certaines personnalités


aux organisations rosicruciennes du
e
 siècle a parfois été évoquée.

Influencé par les idées de Josef Hoëné-


Wronski, l'occultiste Éliphas Lévi a
prétendu que Napoléon Bonaparte était
rosicrucien, et avait reçu pour mission
d'unifier l'Europe. D'autres auteurs, tels
Papus ou Harvey Spencer Lewis ont aussi
soutenu cette idée.

Sociétés rosicruciennes et
rosicrucianisme aux XIXe, XXe
et XXIe siècles

Fernand Khnopff - I lock my door upon myself (1891)


qui fut présentée au second salon de la Rose-Croix
esthétique.
e e
Entre les milieux du et du  siècle
apparaissent, dans divers pays, des
groupements se réclamant de la Rose-
Croix mais de doctrines divergentes[57]. Au
e
 siècle ils versent de plus en plus dans
l'occulte et dans la magie, avec une
diversité de grades, de structures
hiérarchiques d'origines mystérieuses et
de titres impressionnants. La plupart de
ces sociétés étaient considérablement
influencées par la forte personnalité de
leurs guides et fondateurs. Plusieurs
figures importantes de l'ésotérisme
e
occidental du  siècle écrivirent sur la
Rose-Croix et le personnage de Christian
Rose-Croix : Helena Petrovna Blavatsky,
fondatrice de la Société théosophique ;
Rudolf Steiner, d'abord secrétaire général
de la Société théosophique en Allemagne,
puis fondateur de la Société
anthroposophique, qui y consacra de
nombreux ouvrages ; Harvey Spencer
Lewis, fondateur de l'Ancien et Mystique
Ordre de la Rose-Croix, enfin René Guénon.

Le peintre français Yves Klein (1928-1962),


qui avait découvert le rosicrucianisme
dans le livre de Max Heindel, La
Cosmogonie des Rose Croix, s'était inscrit
tout jeune à la Rosicrucian Fellowship de
Californie avec son ami le sculpteur
Arman. L'influence de cette fréquentation
qui n'a pas duré très longtemps est
toutefois perceptible dans l'œuvre de
Klein[58].

e
Aujourd'hui encore, au début du  siècle,
un certain nombre de mouvements actifs
et parfois internationaux, se réclament de
l'héritage rosicrucien. Les principaux sont,
par ordre alphabétique : l'AMORC, le
Lectorium Rosicrucianum, La Rosicrucian
Fellowship, la Societas Rosicruciana in
Anglia (voir ci-dessous pour l'historique ou
les articles dédiés pour plus de détails).

La Rose-Croix de Toulouse
(1850)
Joséphin Peladan, qui fondera la Rose-
Croix kabbalistique, a été initié au
rosicrucianisme par son frère Adrien
(1844-1885), l’un des premiers
homéopathes français. Ce dernier aurait
été reçu — selon Christian Rebisse — par
un « membre de la dernière branche de
l’ordre, celle de Toulouse » sans doute
Firmin Boissin[59]. À cette branche
toulousaine de la Rose-Croix aurait
également appartenu le vicomte Édouard
de Lapasse (1792-1867), un ancien
diplomate et médecin alchimiste
toulousain[60].

La Societas Rosicruciana in
Anglia (1867)

Article détaillé : Societas Rosicruciana in


Anglia.

La Societas Rosicruciana in Anglia ou


SRIA, dérive de la Societas Rosicruciana in
Scotia (SRIS), et fut fondée à Londres en
1867 par les maîtres maçons William
James Hughan et Robert Wentworth Little
peu après leur réception à Edimbourg, tous
deux étaient membres de la Grande Loge
unie d'Angleterre[57]. Il s’agit d’un ordre
rosicrucien admettant un maximum de
144 membres, et exclusivement destiné
aux francs-maçons de cette grande loge
ou des grandes loges reconnues par elle
qui avaient atteint le grade de « Maître ».

Les rituels et les initiations de la SRIA


reprennent la structure en 9 grades de la
Rose-Croix d'or d'ancien système, le
contenu est strictement chrétien et les
membres portent des noms et des devises
latines.

On a souvent répété à tort que l'écrivain Sir


Edward Bulwer-Lytton, auteur de Zanoni ou
la sagesse des Rose-Croix, en fut le grand
maître et qu'il y intronisa le Français
Éliphas Lévi (qui en fut effectivement un
des premiers membres). En réalité, Sir
Bulwer Lytton n'a jamais joué aucun rôle
dans la SRIA. En juillet 1870, Bulwer Lytton
avait été nommé grand patron de la SRIA,
c'est-à-dire président d'honneur, sans qu'il
en ait été informé. Averti seulement fin
1872 qu'on lui avait accordé cette haute
dignité, il écrivit immédiatement une lettre
de protestation et de refus à John Yarker,
l'un des dirigeants de la Société[61].

Toujours active, réservée aux membres de


la Grande Loge unie d'Angleterre, elle se
définit désormais elle-même comme une
société dont « le but est l'aide mutuelle et
l'encouragement dans la recherche sur les
grands problèmes de la vie et la
découverte des secrets de la nature,
l'étude du système de philosophie fondée
sur la Kabbale et les doctrines d'Hermès
Trismégiste [transmises par] les Frères de
la Rose-Croix d'Allemagne en 1450 (sic) et
l'étude de la signification et du
symbolisme de tout ce qui reste
aujourd'hui de la sagesse, de l'art et de la
littérature de l'Ancien Monde »[62]. Elle a
des filiales aux États-Unis, en Écosse, et en
France (le collège Bernard de Clairvaux)[57].

Ce sont des membres de la SRIA qui


fonderont en 1887 l'ordre de la Golden
Dawn.
La Golden Dawn (1887)

Article détaillé : Ordre hermétique de


l'Aube dorée.

En 1887, à Londres, est fondée la


« Fraternity of the Esoteric Order of the
Golden Dawn », connue plus tard sous le
nom d'« Hermetic Order of the Golden
Dawn » (« ordre hermétique de l'Aube
dorée ») par le Dr. William Wynn Wescott,
William R. Woodman et Samuel Liddell
MacGregor Mathers, membres de la SRIA.

Un de ses membres importants sera


l'occultiste et alpiniste Aleister Crowley,
par ailleurs membre d'un ordre martiniste
et de l'Ordo Templi Orientis. On y rencontre
aussi l'écrivain Bram Stoker[63] et le poète
irlandais William Butler Yeats.

Sous l'impulsion de Mathers se développa


au sein de l'ordre un « cercle intérieur »
rosicrucien, l'« ordre de la Croix d’Or et de
la Rose Rubis », dont les membres
pratiquaient la théurgie et qui eut une
influence considérable sur la pensée
rosicrucienne moderne [réf. nécessaire].

Hostiles à Crowley et à la magie opérative,


Arthur Edward Waite (auteur d'études
historiques sur la Rose-Croix) et Yeats
réforment l'ordre et fondent le Saint Ordre
de l'Aube dorée. La Golden Dawn
traditionnelle survit sous la forme de la
Stella Matutinaat.

L'ordre kabbalistique de la
Rose-Croix (1888)

Alexandre Séon, Portrait de Joséphin Peladan (vers


1892), musée des beaux-arts de Lyon.
Fondé en 1888, en France, par Stanislas de
Guaita et Joséphin Peladan, l'ordre
kabbalistique de la Rose-Croix a compté,
parmi ses membres Papus, Paul Sédir,
l'abbé Alta. L'Ordre kabbalistique de la
Rose-Croix enseignait la Kabbale et
l'occultisme au sein d'une université libre.
L'ordre décernait des grades de « bachelier
en kabbale », « licencié en kabbale » et
« docteur » au cours d'examens écrits et
oraux. Selon Jean-Pierre Bayard, le but en
était « de mener simultanément une action
occulte en vue de préserver la civilisation
judéo-chrétienne et une action diffusante
au cœur d'un public de profanes mais
curieux de sciences
occultes » [réf. incomplète]. L'épisode de la
guerre « occulte » de ces rosicruciens avec
le moine défroqué Joseph-Antoine
Boullan, mage noir réputé et exorciste, a
alimenté les chroniques mondaines de
l'époque et fut l'occasion de proclamations
et d'anathèmes jetés par journaux
interposés[64]. Prétextant un refus de la
magie opérative, Peladan se sépare du
groupe en 1891 pour fonder l'ordre de la
Rose-Croix catholique et esthétique du
Temple et du Graal. Cet ordre sera à
l'origine des « Salons de la Rose-Croix »
qui connurent une grande fréquentation.
Le compositeur Erik Satie fut un moment
proche de Peladan, en témoigne, quelques
titres de ces compositions : Le Fils des
Étoiles, Wagnerie Kaldéenne de Sâr
Peladan, Première Pensées et Sonneries de
la Rose Croix. Entre mai 1890 et mars
1893 éclata « la guerre des deux roses ». Il
s'agit de l'opposition entre Stanislas de
Guaita, fondateur de l'ordre kabbalistique
de la Rose-Croix, et de son ancien ami
Joséphin Peladan, fondateur de l'ordre de
la Rose-Croix Catholique du Temple et du
Graal.

De 1920 à 1942 Pierre Piobb réserve son


enseignement à un petit nombre d'élus
mais refuse de fonder un ordre.
L'Ordo Templi Orientis (1902)

L'Ordo Templi Orientis, parfois noté OTO,


était une société secrète allemande. Elle
fut fondée par le franc-maçon viennois
Karl Kellner. Après sa mort, Theodor
Reuss (en), par ailleurs membre de la SRIA,
en prit la direction. Dans son contenu,
l'OTO mêlait des influences de soufisme et
de tantrisme. Les rites étaient ceux de
Memphis Misraïm. Selon Reuss, l'ordre
avait ses racines dans la Rose-Croix mais
son origine dans l'ordre du Temple.

La Rosicrucian Fellowship
(1909)
Article détaillé : Rosicrucian Fellowship.

Entre 1909 et 1911, aux États-Unis, Max


Heindel pose les bases de la Rosicrucian
Fellowship (« Association rosicrucienne »).
L’ouvrage de référence de cette
association est la cosmogonie des Rose-
Croix, portant sur le mystère du Monde.

Max Heindel a fondé son mouvement


après un voyage en Allemagne pour
rencontrer Rudolf Steiner. D'après Max
Heindel, il aurait rencontré sur le bateau le
ramenant en Amérique ce qu'il appela un
« Frère Aîné de la Rose-Croix », lequel lui
aurait proposé de révéler publiquement et
gratuitement leurs enseignements.
L'Ancien et Mystique Ordre de
la Rose-Croix (AMORC) (1915)

Article détaillé : Antiquus Mysticusque


Ordo Rosae Crucis.

À la suite de son initiation à Toulouse le


12 août 1909, Harvey Spencer Lewis fonde
l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix
ou AMORC le 1er avril 1915 aux États-
Unis[65].

Pour l'AMORC, Christian Rose-Croix, ou


Christian Rosenkreutz, est un personnage
légendaire. L'ordre aurait été créé par un
collège d'initiés : le Cercle de Tubïngen
e
(début du  siècle) et sur le plan
traditionnel, remonterait aux écoles de
mystères de l'Égypte antique.

L'AMORC a publié en 2001, ce qu'il définit


comme étant un « quatrième manifeste
rosicrucien »[66], suivi en 2014 de
l'Appellatio Fraternitatis Rosæ Crucis[67] et
en 2016 d'un sixième manifeste, Les
Nouvelles Noces Chymiques de Christian
Rosenkreutz[68].

La Confrérie de Crotone de
l'ordre rosicrucien (1924)

Article détaillé : Confrérie de Crotone de


l'Ordre rosicrucien.
La Confrérie de Crotone de l'ordre
rosicrucien (« Rosicrucian Order Crotona
Fellowship »), parfois notée CCOR, fut
fondée par George Alexander Sullivan en
1924. Certains la considèrent comme
étant la continuation de l’ordre des Douze,
société ésotérique dirigée par Sullivan
dans les années 1911-1914 puis, à
nouveau, dans les années 1920.

L'École de la Rose-Croix d'or


(Lectorium Rosicrucianum)
(1924)
 

Portail du centre de l'École de la Rose-Croix d'Or


(Caux, Suisse).

Article détaillé : École de la Rose-Croix


d'Or.

Le Lectorium Rosicrucianum a été fondé


aux Pays-Bas en 1924 par les frères Zwier
Wilhelm et Jan Leene (Jan van
Rijckenborgh), et Henriette Stok-Huyser
(Catharose de Petri sous le nom de
Rozekruisers Genootschap (Fraternité
rosicrucienne)[69]. Ce mouvement a été en
lien avec la Rosicrucian Fellowship
américaine de Max Heindel jusqu'en
1935[69].

Cette fraternité initiatique chrétienne, qui


se réfère à la gnose et au catharisme
pyrénéen, a pris en 1945 le nom de
Lectorium-Rosicrucianum, ce qui signifie
« lieu d'enseignement de la Rose-
Croix »[70].

Ancien Ordre des Rosicruciens


(A.O.R.) (1989)

L'Antiquus Ordo Rosicrucianis (A.O.R.),


basé en Autriche, affirme sur son site web
être une organisation mondiale sans but
lucratif fondée en 1989.
Controverses sur les dérives
sectaires de certaines
associations rosicruciennes

Plusieurs organisations se réclamant de la


Rose-Croix ont été suspectées de dérives
sectaires par les autorités françaises.

L'Alliance Rose-Croix, le Lectorium


Rosicrucianum sont mentionnées, à divers
titres, dans les rapports de la commission
parlementaire sur les sectes en France de
1995 (rapport général) et l'AMORC dans
celui des les sectes et l'argent[71],[72]. Les
principaux acteurs de la lutte contre les
dérives sectaires, religieuses comme
politiques, s’étonnent de cette citation par
la commission parlementaire alors
présidée par Jacques Guyard[73].

L’AMORC reçoit plusieurs témoignages de


soutien, notamment celui de Janine
Tavernier, ancienne présidente de l’Union
nationale de défense de la famille et de
l’individu (UNADFI) qui « dénonce
l’injustice dont l’AMORC a été victime » et
plaide pour sa réhabilitation officielle[74].

Le président de la commission
parlementaire de 1999, Jacques Guyard,
atteste en 2003 qu’en réalité « aucun fait
ne vient conforter ce classement » et qu’il
« souhaite d’ores et déjà la réhabilitation
officielle de l’AMORC »[75]. En mai 2008,
Jean Michel Roulet, alors président de la
Mission interministérielle de vigilance et
de lutte contre les dérives sectaires
(MIVILUDES) indique quant à lui n’avoir
reçu « aucune plainte concernant
l’association ou ses membres dirigeants »
avant d’ajouter : « que nulle dérive de
nature sectaire n’a été rapportée à la
MIVILUDES à l’encontre de l’Ancien et
Mystique Ordre de la Rose-Croix […] »[76].
La même année, un courrier émanant du
ministère de l’Intérieur atteste que
« l'AMORC n’a jamais été signalé comme
troublant l'ordre public et qu’aucune
plainte à son encontre n'a été portée à sa
connaissance »[77]. L’AMORC est
officiellement réhabilité[70].

Thèses et concepts
rosicruciens
Rosicrucien ou Rose-Croix,
quelle est la différence ?

Pour les rosicruciens contemporains, l'état


de « Rose-Croix » désignerait celui qui a
atteint l'état ultime de perfection spirituelle
et morale[78] (parfois appelé état
« christique »), tandis que rosicrucien
désigne l'initié qui cherche à atteindre
l'état d'illumination du « Rose-Croix ».
D'après ces mêmes rosicruciens, la
réponse à la question de la nature de la
véritable Rose-Croix ne peut provenir que
de l'expérience intérieure de chacun.

Selon Max Heindel : « Les Frères de la


Rose-Croix sont parmi ces âmes
miséricordieuses et ce n'est rien de moins
qu'un sacrilège que de traîner ce nom de
Rose-Croix en l'appliquant à nous-mêmes,
alors que nous ne faisons qu'étudier leurs
sublimes enseignements »[79]. Selon Jan
van Rijckenborgh, la Rose-Croix est issue
« de la hiérarchie de Christ (Logos) [et] les
membres de cette Fraternité de la Rose-
Croix agissent et se font connaître de
manière anonyme »[80].

L'universitaire Umberto Eco remarque que,


pour les rosicruciens, se déclarer Rose-
Croix est la preuve qu'on ne l'est pas, et
que cela rend, par définition, l'inexistence
de la Rose-Croix indémontrable[3].

René Guénon[81], reprenant les travaux de


Luigi Valli[82], écrit pour sa part, que, au
pays de Dante et de ses contemporains,
tous ces poètes étaient membres d'une
organisation à caractère secret appelée
« Fidèles d'Amour », et que certaines
personnalités inconnues se trouvaient
derrière ces organisations et les
inspiraient[83]. Ces personnalités
inconnues se faisaient appeler « Frères de
la Rose-Croix », nom désignant une
collectivité d'un caractère bien différent et
plus secret que celles qui apparurent à
e
partir du  siècle. Toujours selon René
Guénon, les membres de cette société « ne
possédaient point [...] de règles écrites et
ne constituaient point une société, ils
n'avaient pas non plus de réunions
déterminées [...] », et tout ce qu'on peut en
dire est qu'ils avaient atteint un certain
« état spirituel » qui autorise René Guénon
à les appeler « soufis européens » ou tout
au moins « mutaçawwufîn parvenus à un
haut degré dans cette hiérarchie », et il
écrit aussi que ces « Frères de la Rose-
Croix » se servaient comme « couverture »
des corporations de constructeurs et qu'il
« enseignaient l'alchimie et d'autres
sciences identiques à celles qui étaient
alors en pleine floraison dans le monde de
l'Islam »[84],[85]. Sur l'origine du terme
« Rose-Croix », Guénon défend l'idée selon
laquelle ce terme désignerait non pas un
ordre défini, mais avant tout la réalisation
d'un certain degré initiatique particulier, à
savoir l'accès à « ce qu'on peut appeler la
perfection de l'état humain ». Il écrit
également que le terme de « Rose-Croix »
désigne aussi des initiés à l'ésotérisme
chrétien qui auraient entrepris de se
réorganiser, « d'accord en cela avec les
initiés à l'ésotérisme islamique », après la
destruction de l'ordre du Temple. Ils
n'auraient « jamais constitué une
organisation avec des formes définies », et
e
auraient quitté l'Europe au  siècle, à la
suite de la conclusion du traité de
Westphalie. Le terme de rosicrucien serait
appliqué à « tout aspirant à l'état de Rose-
Croix, à quelque degré qu'il soit parvenu
effectivement », à la condition qu'il ait
intégré une organisation authentiquement
initiatique[86],[87]. René Guénon se
démarquait d'ailleurs de toutes les
sociétés rosicruciennes existant en 1946.
Le symbolisme de la rose et de
la croix

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Rose-croix.
 

Rose-croix brodée sur une nappe d'autel.

e
Ce symbole classique au  siècle a été
repris par l'AMORC sous forme d'une croix
en or trilobée ayant en son centre une
seule rose rouge : la croix représenterait le
corps physique, et la rose l’âme en voie
d'évolution, comme la fleur s'ouvre
lentement à la lumière. Il désignerait
symboliquement un état spirituel à
atteindre, et l'aboutissement de la quête
d'une connaissance d'ordre cosmologique
en rapport avec l'hermétisme chrétien.
Cette vision toute moderne du symbole de
l'ordre ne saurait en limiter la signification.
À ce titre, il est intéressant de rappeler
que, d'après Robert Fludd [réf. nécessaire], le
symbole de l’ordre serait une rose rouge
sur une croix rouge (Summum bonum,
1629). S’inscrivant dans la lignée des
e
manifestes rosicruciens du  siècle,
Robert Fludd situe cette symbolique dans
le christianisme en ajoutant que « les
Rose-Croix s’appellent frères parce qu’ils
sont tous fils de Dieu et que la rose est le
sang du Christ, que, sans la croix interne et
mystique, il n’y a ni abnégation, ni
illumination ».

Les sociétés rosicruciennes passées et


présentes ont décliné le symbolisme de la
rose et de la croix de diverses manières :
l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix de
Stanislas de Guaita et Joséphin Peladan
avait pour symbole une croix inspirée de la
croix de Malte ornée d'un pentagramme et
de quatre roses, la Rosicrucian Fellowship
a pour symbole une croix ornée d'une
couronne de roses, etc.
L'École de la Rose-Croix d'Or désigne la
rose épanouie comme étant le symbole de
la perfection divine de l'âme, matérialisée
par l'or. La croix d'or représente le corps de
l'homme transfiguré. Cette école évoque
un chemin, vécu à travers trois roses, soit
trois phases de transformation :

la rose blanche représente la


purification ;
la rose rouge évoque le sang de l'amour
répandu pour tous, par le service à
autrui ;
la rose d'or est l'accomplissement, la
réintégration du corps, de l'étincelle
divine (l'âme) et de l'esprit dans
l'harmonie originelle divine.

Notes et références
1. Des traductions françaises de ces trois
textes assez brefs se trouvent sur
http://www.fm-fr.org/fr/spip.php?
rubrique83 .
2. Le titre originale cet in-8° de 147 pages
est : « Allgemeine and General Reformation,
der gantzen weiten Welt. Beneben der
Fama Fraternitatis, Dess Löblichen Ordens
des Rosenkreutzes, an alle Gelehrte und
Häupter Europea geschrieben: Auch einer
kurtzen Responsion, von dem Herrn
Haselmeyer gestellet, welcher desswegen
von den Jesuitern ist gefänglich
eingezogen, and auff eine Galleren
geschmiedet : Itzo öffentlich in Druck
verfertiget, and alien trewen Hertzen
communiciret worden. »
3. Arnold 1990.
4. Frances A. Yates, La Lumière des Rose-
Croix : l'illuminisme rosicrucien, trad. M.D.
Delorme (The rosicrucian enlightment),
Publication Paris : Culture, art, loisirs, 1978.
5. « Fama Fraternitatis R. C. Das ist Gerucht
der Brüderschafft des
HochlöblichenOrdens R. C. An alle Gelehrte
and Heupter Europae. Beneben deroselben
Lateinischen Confession, Welche vorhin in
Druck noch nie ausgangen, nuhnmehr aber
auff vielfältiges nachf ragen, zusampt
deren beygefügten Teutschen Version zu
freudtlichen Befallen, allen sittsamen
guthertzigen Gemühtern wolgemeint im
Druck gegeben and communiciret. Von
einem des Liechts, Warheit, and Friedens
Liebhabenden and begierigen Philomago. »
6. Arnold 1990, p. 87.
7. Bernard Gorceix, La Bible des Rose-Croix
- Confessio Fraternitatis, chap. I, Presses
Universitaires de France, Paris,
1970 [réf. incomplète].
8. Bernard Gorceix, La Bible des Rose-Croix
- Confessio Fraternitatis, chap. 10, Presses
Universitaires de France, Paris,
1970 [réf. incomplète].
9. Antoine Faivre, article « Rose-Croix »,
Encyclopedia Universalis, Paris, 1990.
10. Kahn 2007, p. 417.
11. Bernard Gorceix, La Bible des Rose-
Croix – Les « Noces Chimiques » de
Christian Rose-Croix en l'an 1459, en
exergue avant le livre premier, Presses
Universitaires de France, Paris, 1970.
12. Les « marguerites ou perles aux
pourceaux » renvoient au sermon de Jésus
sur la montagne, après les béatitudes
(Matthieu 7-6).
13. Moquerie, dérision, d'après le
dictionnaire Gaffiot.
14. Selbstbiographie Johann Valentin
Andreæ, Seybold, 1799 – cité par (Arnold
1990).
15. (Edighoffer 1994, p. 46-60).
16. C. Gilly, Adam Haslmayr. Der erste
Verkünder der Manifeste der Rosenkreuzer,
Bibliotheca Philosophica Hermetica,
Amsterdam, 1994.
17. Kahn 2007, p. 417-418.
18. Kahn 2007, p. 418.
19. Kahn 2007, p. 419.
20. (Edighoffer 1994, p. 61-69).
21. (Edighoffer 1994, p. 74-78).
22. (Edighoffer 1994, p. 75-76).
23. Serge Toussaint, Les Rose-Croix : leur
doctrine, leur éhique (210).
24. Christian Rebisse, Rose-Croix, histoire
et mystères.
25. Serge Hutin, dans Encyclopédie des
mystiques, Seghers, Paris, 1977, Tome 2, p.
417.
26. Carlos Gilly, Cimelia Rhodostaurotica,
dans de Pelikaan, 1995, p. 77 – cité par
Kahn 2007, p. 416.
27. Il est aussi l'auteur en 1618 d'un
bréviaire fameux de symboles alchimiques,
l’Atalanta fugiens.
28. Traduction française : Jhesus Nobis
Omnia - Rosa Florescens, éditions Clara
Fama, 2014 (ISBN 978-2917794203).
29. Édition française, Sesheta-Publications.
Présentation de l'ouvrage dans les
Treasures from the , Bibliotheca
Philosophica Hermetica.
30. (Edighoffer 1994, p. 80).
31. On ne sait pas si cette phrase, qui ne se
trouve que dans l'édition allemande de De
la monarchie espagnole est de Campanella
lui-même, de Christoph Besold, ou du
traducteur allemand Tobias Adami, un autre
des membres du Cénacle de Tübingen.
(Arnold 1990).
32. (Kahn 2007).
33. Cité chez Pierre A. Riffard, L'Ésotérisme,
Robert Laffont, collection Bouquins, 1990,
p. 751.
34. Gabriel Naudé, Instruction à la France
sur la vérité de l'histoire des Frères de la
Roze-Croix (1623), introduction, édition et
annotation par Didier Kahn, Paris,
Champion, 2009.
35. Sur wikisource Voyage dans la Lune et
Histoire comique des États et Empires du
Soleil.
36. La Vie de M. Descartes (1691), Livre 2,
chapitre 2.
37. Adrien Baillet, op. cit., chap. V.
38. Voir (Arnold 1990), ainsi que Sophie
Jama, La Nuit de songes de René
Descartes, Aubier, 1998.
39. Fernand Hallyn, « une « feintise » » dans
Les Olymiques de Descartes, Droz, 1995,
pp. 91-111.
40. Henri Gouhier, Les premières pensées
de Descartes. Contribution à l’histoire de
l’anti-Renaissance, Vrin, 1979, pp. 117-141
et pp. 150-157 [1]  ; voir aussi Geneviève
Rodis-Lewis, Le Développement de la
pensée de Descartes, Vrin, 1997 ; Édouard
Mehl, Descartes en Allemagne 1619-1620 :
le contexte allemand de l'élaboration de la
science cartésienne, Presses Universitaires
de Strasbourg, 2001.
41. Lettre à Cochiansky, cité par Bernard
Gorceix dans La Bible des Rose-Croix
d'après Paul Arnold dans Histoire des Rose-
Croix et origine de la franc-maçonnerie.
42. Cité par (Arnold 1990).
43. (Edighoffer 1994, p. 83).
44. Die wahrhafte und volkommene
Bereitung des philosophischen Steins der
Bruederschafft aus dem Orden des Gulden
und Rosen Kreutzes, une seconde édition
parut en 1714 : John Ferguson Bibliotheca
chemica, 1906, vol. 2, p. 275.
45. (Edighoffer 1994, p. 88).
46. Voir le texte du convent .
47. Voir par exemple la réédition Symboles
secrets des rosicruciens des 16e et
17e siècles, éditions rosicruciennes,
Villeneuve-Saint-Georges, 1980.
48. D'une manière similaire, la franc-
maçonnerie de l'époque, par exemple à
travers les Constitutions d'Anderson de
1723, se réclamait d'une tradition de « l'art
de bâtir » qu'elle imaginait remonter aux
origines de l'humanité telle qu'on la
concevait alors, c’est-à-dire à Adam.
49. Yates, 1978, p. 211 de l'édition anglaise
de 1999 [lire en ligne ] :
« Attendu que nos augures sont
clairs,
Car de la Rose-Croix nous
sommes frères :
Dotés du Mot de Maçon et de
double vue,
Ce qui est à venir est par nous
bien connu. »

Pour l'expression Mason Word, voir aussi


l'article Rite du Mot de maçon.

50. Par exemple et à plusieurs reprises


dans les Mémoires de J. Casanova de
Seingalt, écrits par lui-même.
51. Irène Mainguy, De la symbolique des
chapitres en franc-maçonnerie, Dervy, Paris,
2005 (ISBN 2-84454-363-4), p. 197.
52. Par exemple dans ceux qui traitent du
symbolisme de la « tombe » d'Hiram, ou
dans ceux qui traitent du thème de l'Arche
royale.
53. Papus et Lewis furent membres de la
forme dite égyptienne de la franc-
maçonnerie. Hutin appartenait à la Grande
Loge de France.
54. Il ne fut « réactivé » qu'en 1996.
55. (Edighoffer 1994, p. 99-100).
56. J. Chailley, La Flûte enchantée : Opéra
maçonnique, Paris, Robert Laffont, 1983.
57. (Edighoffer 1994, p. 104).
58. Annette Kahn, Le Maître du bleu, Yves
Klein, Stock, 2000 (ISBN 978-2234052185).
59.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5469
038v/f5.image.r=jal%C3%A8s+boissin.lan
gFR .
60. Histoire de la Rose-Croix sur rose-
croix.org.
61. Gérard Galtier, Maçonnerie Égyptienne -
Rose-Croix et Néo-Chevalerie, Éd. du
Rocher, 1989.
62. (en) Site officiel de la SRIA .
63. Bram Stoker, Dracula, Marabout géant,
1963 – dans l'introduction signée Tony
Faivre, p. 17 et suivantes.
64. Joanny Bricaud, J.-K. Huysmans et le
satanisme [réf. incomplète].

65. Biographie sur le site rose-croix.org .


66. « Positio Fraternitatis Rosæ
Crucis » (Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que

faire ?).

67. « Appellatio fraternitatis rosæ crucis » ,


sur rose-croix.org.
68. « Christian Rosenkreutz, nouvelles
noces chimiques | Rose-Croix.org » , sur
www.rose-croix.org (consulté le
15 juillet 2016).
69. Barrett 2011, « Lectorium
Rosicrucianum ».
70. Marianne Gomez, « L'Ordre de la Rose-
Croix est réhabilité » , sur la-croix.com,
2 juin 2008 (consulté le
1er septembre 2018).
71. « Rapport parlementaire français de
1999 no 1687 « Les sectes et l'argent » » ,
sur assemblee-nat.fr
72. Rapport parlementaire français de 1995
no 2468 « Commission d'enquête sur les
sectes » .
73. « Attestations et témoignages » .
74. Serge Toussaint, Sectes sur
ordonnance / Préface de Janine Tavernier.
75. Serge Toussaint, Sectes sur
ordonnance / lettre complète de J. Guyard,
p. 141.
76. « MIVILUDES / Lettre de Jean-Michel
Roulet » .
77. « Ministère de l'Intérieur / lettre de D.
Leschi » .
78. « Voir par exemple la manière dont
cette différence est définie par les
membres de l'AMORC » (Archive • Wikiwix •

Archive.is • Google • Que faire ?).

79. M. Heindel, Cosmogonie, p. 513.


80. Philosophie élémentaire de la Rose-
Croix moderne, 1976, p. 30.
81. Qui, selon Umberto Eco, fait preuve
d'« un mépris souverain pour tout critère
historique et philologique » (Arnold 1990).
82. Luigi Valli, Il Liuguaggio segrets di
Daute e dei Fideli d'Amore.
83. René Guénon, Aperçus sur l'ésotérisme
islamique et le taoïsme, Gallimard.
84. René Guénon, op. cit.
85. Voir également Jean Reyor, À propos de
l'Histoire des Rose-Croix, Le Vole d'Isis,
1933.
86. C'est-à-dire reliée, par une « chaîne
ininterrompue », à la « Tradition
primordiale », (cf. Aperçus sur l'initiation,
chap. VIII, « De la transmission initiatique »
et X, « Des centres initiatiques. »
87. Cf. Pour tout ce paragraphe, aux
Aperçus sur l'initiation, Éditions
traditionnelles, Paris, 1946, chapitre
XXXVIII, « Rose-Croix et Rosicruciens ».

Bibliographie
 : Sources principales utilisées pour la
rédaction de l’article

Ouvrages historiques

(de) Hans Schick, Das ältere


Rosenkreuzertum : ein Beitrag zur
Entstehungsgeschichte der Freimaurerei,
Verlag für Ganzheitliche Forschung und
Kultur, 1942.
Will-Erich Peuckert, Das Rosenkreutz,
Schmidt, 1973.
Bernard Gorceix, La Bible des Rose-Croix
- Traduction et commentaire des trois
premiers écrits rosicruciens (1614, 1615,
1616), PUF - Hier, 1970 (réimpr. 1998
(Quadrige)) (ISBN 2-13-047634-1).
Paul Arnold, Histoire des Rose-Croix et
les origines de la Franc-maçonnerie
(préface d'Umberto Eco), Mercure de
France, coll. « Essais », 1990
(ISBN 2-71-521613-0).
Roland Edighoffer, Les Rose-Croix, PUF,
coll. « Que sais-je? » (no 1862), 1994,
3e éd. (ISBN 2-13-044226-9).
Roland Edighoffer, Rose-Croix et société
idéale selon Johann Valentin Andreæ,
Arma Artis, 1981.
Roland Edighoffer, Les Rose-Croix et la
crise de la Conscience Européenne au
e
 siècle, Bibliothèque de
l'Hermétisme.
Antoine Faivre, article « Rose-Croix »,
dans Encyclopædia Universalis.
Antoine Faivre, L'Ésotérisme au
e
 siècle, Paris, Seghers, 1973.
Didier Kahn, Alchimie et paracelsisme en
France à la fin de la Renaissance (1567-
1625), Droz, coll. « Cahiers
d'Humanisme et Renaissance », 2007
(ISBN 2600006885).  sur googlebooks
sur googlebook en version anglaise .
Jean Servier (dir.), Dictionnaire critique
de l'Ésotérisme, Paris, Presses
universitaires de France.
Frances A. Yates, La Lumière des Rose-
Croix : l'illuminisme rosicrucien, trad.
M.D. Delorme (The rosicrucian
enlightment partiellement sur
googlebook ), Paris, Culture, art, loisirs,
1978. (résumé ).
Christopher McIntosh, The Rosicrucians:
The History, Mythology, and Rituals of an
Esoteric Order, Weiser Books, 1997.
David V. Barrett, A Brief Guide to Secret
Religions: A Complete Guide to Hermetic,
Pagan and Esoteric Beliefs, Hachette UK,
2011.
(de) Rosenkreuz als europäisches
Phänomen im 17. Jahrhundert. édité par
Carlos Gilly et Friedrich Niewöhner,
Bibliotheca Philosophica Hermetica, in
de Pelikan, 2002
(de) Carlos Gilly, Cimelia
Rhodostaurotica. Die Rosenkreuzer im
Spiegel der zwischen 1610 und 1660
entstandenen Handschriften und Drucke,
in de Pelikan, 1995

Articles

Antoine Faivre, « Rose-Croix et Rose-


Croix d'Or en Allemagne de 1600 à
1786 », Revue de l'histoire des religions,
vol. 181, no 1, 1972, p. 57-69 (lire en
ligne ).
Antoine Faivre, « Rosicruciana (Premier
article) », Revue de l'histoire des
religions, vol. 190, no 1, 1976, p. 73-88
(lire en ligne ).
Antoine Faivre, « Rosicruciana
(deuxième article) », Revue de l'histoire
des religions, vol. 190, no 2, 1976, p. 157-
180 (lire en ligne ).
Thierry Zarcone, "Le voyage oriental du
Rose-Croix", in: Octagon, La recherche de
perfection, (Hans Thomas Hakl éditeur),
Gaggenau, Scientia Nova, 2018, vol. 4,
pp. 175-193. (ISBN 978-3-935164-12-2)

Écrits rosicruciens

La Trilogie des Rose-Croix,


retranscription des trois manifestes
fondateurs : 1) La Fama Fraternitatis
(1614), 2) La Confessio Fraternitatis
(1615) et 3) Les Noces chymiques de
Christian Rosenkreutz (1616), Le
Tremblay, Diffusion Rosicrucienne,
« Rose-croix », 1995
(ISBN 2-908534-52-5). En ligne Fama
Fraternitatis [2] [3] . En ligne Confessio
Fraternitatis [4] [5] . En ligne Noces
chymiques trad. Auriger 1928 [6] [7] .
Sincerus Renatus (Samuel Richter), Dem
Orden des Gülden-und Rosenkreutzes
(1710).
Anonyme, Geheime Figuren der
Rosenkreutzer, Altona, 1785 et 1788.
Symboles secrets des rosicruciens des
e e
et  siècles, Le Tremblay-
Omonville; Diffusion rosicrucienne,
1997, 59 p. [8] .
William Wynn Wescott, S. L. MacGregor
Mathers et W. R. Woodman Hermetic
Order of the Golden Dawn, 1887.
I. Regardie, The Complete Golden
Dawn System of Magic, Phoenix,
Falcon Press, 1984.
(en) Arthur Edward Waite, The Real
History of the Rosicrucians, 1887, en
ligne .
Joséphin Peladan (ordre kabbalistique
de la Rose-Croix).
Constitution de la Rose-Croix : le
Temple et le Graal, 1893.
Rudolf Steiner (anthroposophie) :
Théosophie du Rose-Croix (1907),
Genève, Éditions
Anthroposophiques Romandes,
1991.
Christian Rose-Croix et sa mission
(1904-1912), Genève Éditions
Anthroposophiques Romandes.
Max Heindel (pseudonyme de Carl
Grasshof) (Rosicrucian Fellowship,
1909) :
Cosmogonie des Rose-Croix (1909),
Éditions de l'Association
Rosicrucienne, 1999.
Mystères Rosicruciens (1911),
Éditions de l'Association
Rosicrucienne, 1999.
Paul Sédir (pseudonyme de Yvon Le
Loup), Histoire des Rose-Croix, Éditions
Amitiés Spirituelles, Librairie du
e
 siècle, 1910 (1973).
Harvey Spencer Lewis (AMORC Anticus
Mysticusque Ordo Rosæ Crucis, 1915).
Histoire complète de l'Ordre de la
Rose-Croix (1916), Villeneuve-Saint-
Georges.
Jan van Rijckenborgh (pseudonyme de
Jan Leene) (Lectorium Rosicrucianum,
International School of the Golden Rosy
Cross, 1935).
La Gnose Universelle, Éditions
Rozekruis Pers.
Philosophie Élémentaire de la Rose-
Croix moderne, Éditions Rozekruis
Pers.
L'appel de la Fraternité de la Rose-
Croix, Éditions Rozekruis Pers.
Le témoignage de la Fraternité de la
Rose-Croix, Éditions Rozekruis Pers.
Les Noces Alchimiques de CRC,
commentaires (vol. 1 et 2) (1937),
Éditions Rozekruis Pers.
Christianopolis (1939), texte de
Jean Valentin Andreæ commenté
par Jan van Rijckenborgh, Éditions
Rozekruis Pers.
Serge Hutin, Histoire des Rose-Croix
(1962), Le Courrier du Livre, 1971.
Robert Ambelain, Sacramentaire du
Rose-Croix (1964), Éditions de La
Diffusion Scientifique, Paris Ve.
Raymond Andrea, Le sentier mystique
(1986), Première éd., Éditions
Rosicruciennes, Villaneuve-Saint-
Georges (France).
Robert Vanloo, L'Utopie Rose-Croix du
e
 siècle à nos jours, Dervy 2001.
Christian Rebisse, Rose-Croix : Histoire
et Mystères, Éditions de la Diffusion
Traditionnelle, 2003.
Autres études

« Les Sociétés secrètes », dossier dans


Historia, no 108, juillet-août 2007, hors-
série.
Jan Gétaz, Christian Rosenkreutz - Mythe
ou réalité ?, Éditions INRI.
Gérard Galtier, Maçonnerie Égyptienne -
Rose-Croix et Néo-Chevalerie, Éditions du
Rocher, 1989.
Jean-Marc Vivenza, B.A-BA de la Rose-
Croix, Pardès, 2005.
Érik Sablé, Dictionnaire des Rose-Croix,
Éditions Dervy, 1996.
Jean-Pierre Bayard, La Spiritualité de la
Rose-Croix. Histoire, tradition et valeur
initiatique, 1990.

Œuvres littéraires en rapport


avec la Rose-Croix

Article détaillé : Liste d'œuvres littéraires


en rapport avec la Rose-Croix.

Amir D. Aczel, Le carnet secret de


Descartes, Paris, Éditions Jean-Claude
Lattès, 2007.
Edward Bulwer-Lytton, Zanoni ou la
sagesse des Rose-Croix (roman, 1858),
Éditions Diffusion Rosicrucienne, 1997.
Umberto Eco, Le Pendule de Foucault
(roman, 1988) : on trouve dans les
chapitres 29 et 30 un résumé de l'affaire
des Rose-Croix au XVIIe s. Dans le
chapitre 4, la gravure allégorique décrite
en détail est celle du Temple de la Rose-
Croix qui illustre le Speculum Sophicum
Rhodostauroticum de Teophilus
Schweighardt Constantiens (1618).
Dans le chapitre 58, un riche rosicrucien
donne dans son château une
représentation théâtrale inspirée des
Noces Chymiques de Christian
Rosencreutz.
Fernando Pessoa, Poèmes ésotériques
et métaphysiques.
Goethe, Les Mystères (poème).
Ernst Harnischfeger, Antonia oder die
Gutsinspektion (roman, 1981, Verlag
Urachhaus) : récit de la vie de la
princesse Antonia de Wurtemberg.
Joséphin Peladan, Le vice suprême,
roman (premier livre de l'Éthopée de « La
décadence latine »).
Jean Ray, Malpertuis (roman, 1943) : l'un
des personnages principaux, l'oncle
Cassave, fait partie de la Rose-Croix et y
aurait découvert un élixir de vie qui
permet de vivre jusqu'à 200 ans.
Dan Brown, Le Symbole perdu (roman,
2009) : l'ordre de la Rose-Croix et son
lien avec la symbologie des temps
anciens permet de déchiffrer une partie
de la pyramide des francs-maçons.
Alexandre Moix, À la poursuite de l'Olgoï-
Khorkhoï, tome 3 de Les Cryptides,
Roman jeunesse, 2009 : un
cryptozoologue décide de faire renaître
l'ordre de la Rose-Croix. Caché dans les
catacombes, ce petit groupe de
fanatiques terrorise Paris, perpétuant
crimes, assassinats et catastrophes.

Voir aussi
Articles connexes
Johann Valentin Andreæ | Tobias Hess |
Réforme | Christian Rose-Croix
Cénacle de Tübingen
Alchimie | Pierre philosophale
Éliphas Lévi | Robert Fludd | Stanislas de
Guaita | Joséphin Peladan | Papus |
Rudolf Steiner | Max Heindel | Harvey
Spencer Lewis | Jan van Rijckenborgh |
Catharose de Petri
Ordre hermétique de l'aube dorée |
Antiquus Mysticusque Ordo Rosæ
Crucis | École de la Rose-Croix d'Or |
Ordre mystique du temple de la Rose-
Croix
Rose-Croix esthétique
Liste d'œuvres littéraires en rapport avec
la Rose-Croix
Commission parlementaire sur les
sectes en France
Bibliotheca Hermetica Philosophica

Liens externes

(fr) Les Noces Chimiques de Christian


Rosenkreutz (1616).
(fr) Histoire des Rose-Croix écrite par
Sédir (Yvon Leloup, 1871-1926).
(fr) Histoire de la Rose Croix selon
l'AMORC (sous le pseudonyme de
Christian Rebisse).
(en) Manifestations of the Neo-
Rosicrucian Current , site présentant et
expliquant la littérature alchimique avec
beaucoup de textes et d'illustrations.
l'enseignement rosicrucien de Max
Heindel .

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Croix&oldid=153110710 ».

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