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Le Petit Diagnostic Financier

Youssef EL-HOUSNY

Le Petit
Diagnostic financier

Les points saillants


de l’analyse financière en
20 fiches synthétiques

1ère édition
2015

1
Le Petit Diagnostic Financier

1ère Edition : Juillet 2015


Dépôt Légal : 2015MO2298
ISBN : 978-9954-35-799-6
© Tous droits réservés à l’auteur
Imprimerie My Art

2
Le Petit Diagnostic Financier
Du même auteur
 Livre 1 : « Introduction aux normes comptables
internationales IAS-IFRS », 2014/2015
Auteurs : Youssef El-Housny et Salaheddine Alaoui Mhamedi

Le livre vise à démystifier la comptabilité en normes IFRS et ce


à travers une méthode pratique basée sur les fiches résumées
des normes, des QCM et des cas pratiques.
Le livre traite d’une façon générale la majorité des normes IAS-
IFRS afin de permettre au lecteur d’assimiler les dispositions
du référentiel international
sans entrer dans les détails
des problématiques
pointues qui sont traitées
dans des ouvrages
spécialisés dédiés
(Exemples : instruments
financiers, la consolidation).
Le public visé par l’ouvrage
est très large :
 Professionnels
 Etudiants des
grandes écoles
de commerce
 Etudiants des universités.
120 dhs
DHSD
 Livre 2 : « Le Petit Fiscal Marocain», 2015/2016
Auteur : Youssef El-Housny HS

Le but de ce Petit Fiscal Marocain


est de présenter d’une façon résumée
et synthétique les principales
dispositions du droit fiscal marocain et
ce à travers 20 fiches en intégrant
les principales dispositions de la loi de
finances de l’année 2015. Le public
visé par l’ouvrage est très large :

 Professionnels
 Etudiants des grandes
écoles de commerce
 Etudiants des universités.

40 dhs
DHSD
HS
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Le Petit Diagnostic Financier
L’Auteur

Expert Comptable Mémorialiste Cycle Français, Youssef El-


Housny est également certifié IFRS et Finance de Marchés
auprès de l’Intec Paris. Il est diplômé du Cycle Normal et du
Cycle Supérieur de l’ISCAE.

Il a travaillé en tant qu’auditeur interne au sein d’une grande


institution financière de la place avant de rejoindre un acteur
majeur de l’industrie marocaine (Groupe côté à la bourse
de Casablanca) d’abord en tant que responsable Reporting et
Consolidation avant d’être nommé Chef du département
Reporting et Contrôle de Gestion. Au cours de cette période,
il a travaillé sur des dossiers diversifiés dans toutes les
disciplines relatives à la comptabilité et à la gestion : Mise en
place des normes IFRS, Consolidation selon les normes
marocaines et les normes IAS-IFRS, Elaboration et publication
des Comptes Sociaux, Contrôle Interne, Contrôle de Gestion,
Dossiers de Financements, Etc.

Actuellement, Il est Associé Gérant du Cabinet CAGEX


GROUP qu’il a créé en association avec un partenaire qui
intervient dans les domaines de l’Audit et du Commissariat aux
Comptes. CAGEX GROUP est installé à Rabat et à Agadir
pour mieux servir ses clients.

Il est également Enseignant et Formateur en Comptabilité &


Gestion au sein de plusieurs écoles et universités au
niveau national et membre de l’Association Francophone de
Comptabilité (AFC).

Youssef El-Housny

housnyyoussef@gmail.com
cagexgroup@gmail.com

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Le Petit Diagnostic Financier
Tables des matières

Thème 1 : Introduction
Fiche 1 : Introduction au diagnostic financier
Fiche 2 : Le compte de produits et charges
Fiche 3 : Le bilan
Fiche 4 : L’état des informations complémentaires

Thème 2 : Analyse de l’activité et du risque


d’exploitation
Fiche 5 : Le Tableau de Formation du Résultat
Fiche 6 : La Capacité d’Autofinancement
Fiche 7 : Les Principaux retraitements du CPC
Fiche 8: Le Compte de résultat différentiel
Fiche 9 : L’analyse du risque d’exploitation
Fiche 10 : Les principaux ratios

Thème 3 : Analyse de la structure financière


Fiche 11: Le bilan fonctionnel
Fiche12: Le bilan financier
Fiche 13 : Synthèse des masses du bilan
Fiche 14 : Les principaux ratios

Thème 4 : Tableau de financement et analyse


de la trésorerie

Fiche 15 : Le tableau de financement


Fiche 16 : Le Tableau de flux de trésoreries

Thème 5 : Evaluation de l’entreprise

Fiche 17 : L’évaluation patrimoniale


Fiche 18 : L’évaluation par les flux de trésorerie
Fiche 19 : L’évaluation par les multiples
Fiche 20 : L’évaluation par les méthodes mixtes

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Le Petit Diagnostic Financier

Thème 1 :
Introduction

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Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 1 : Introduction au diagnostic
financier
1. Définition

Le diagnostic financier vise à jauger la santé financière et les


performances économiques d’une entité donnée. Un bon
diagnostic financier doit couvrir aussi bien les données
financières que non financières de l’entité et doit s’intéresser :

- au passé,
- au présent,
- et au futur.

Les demandeurs du diagnostic financier sont généralement :

- les dirigeants,
- les actionnaires actuels,
- les investisseurs potentiels,
- le personnel,
- l’Etat,
- les autres parties prenantes.

2. Contexte

Le diagnostic financier doit se faire en prenant en considération


toutes les données aussi bien financières que non financière de
l’entité concernée. En effet, un bon diagnostic nécessite la
connaissance approfondie de l’entité et de son environnement.
L’analyse de l’environnement peut se faire à l’aide du modèle
PESTEL généralement utilisé dans l’analyse stratégique :

- Politique,
- Economie,
- Social,
- Technologie,
- Ecologie,
- Législation.

L’analyse doit également porter sur les éléments internes de


l’entité :

- activités et produits,
- stratégie,
- conditions de ventes et d’achat,
- organisation et gestion des ressources humaines,
- qualité du management,
- moyens matériels et financiers utilisés par l’entité.

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Le Petit Diagnostic Financier
3. Démarche

La mission de diagnostic financier se déroule généralement


selon les étapes suivantes :

- compréhension du contexte du diagnostic et de ses


objectifs,
- prise de connaissance générale de l’entité et de son
environnement,
- travaux préliminaires,
- travaux d’analyse,
- résumés, synthèses et recommandations formulés dans
le rapport de diagnostic financier.

Le diagnostic porte généralement sur les principaux éléments


suivants :

- analyse de l’activité et du risque d’exploitation,


- analyse de la structure financière,
- analyse des flux de trésorerie.

4. Tendances

Dans un contexte marqué par la convergence vers les normes


comptables internationales IAS-IFRS, les professionnels
doivent s’initier à ce domaine qui impacte d’une façon
significative le diagnostic financier. En effet, le référentiel
international présente plusieurs spécificités qu’il faut connaitre
et maitriser avant de dérouler une mission de diagnostic
financier.

La complexité du diagnostic et d’analyse des comptes IAS-


IFRS est d’autant plus grande lorsqu’il s’agit des comptes
consolidés regroupant les comptes de plusieurs entités entrant
dans le périmètre de consolidation d’un groupe.

Outre les normes IAS-IFRS, les professionnels doivent être en


phase avec les nouvelles tendances en matière de diagnostic
financier d’une entité :

- un nouveau cadre de la mesure de la création de la


valeur qui met l’actionnaire au centre de l’analyse,
- émergence de la notation ou du rating et l’importance
croissante de l’influence des agences de notation malgré
les problèmes soulevés lors de la crise financière de
l’année 2008,
- apport de l’analyse optionnelle pour le diagnostic
financier d’une entité.

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Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 2 : Compte de produits et
charges

1. Utilité et logique de présentation

Le compte de produits et charges ou le compte de résultat est


un état permettant de connaitre le résultat réalisé par une entité
pendant une période donnée qui est généralement:

- l’année,
- le semestre,
- le trimestre,
- le mois.

Le compte de produits et charges permet d’avoir une idée


préalable sur l’activité de l’entité durant la période étudiée avec
une comparaison avec l’année précédente. Le compte de
produits et charges est également la base de la préparation de
l’Etat des soldes de gestion prévu par le plan comptable et qui
donne une vue plus claire et synthétique sur les réalisations de
l’entité sur une période donnée.

La présentation du compte de produits et charges est selon


une approche par nature. Les normes comptables
internationales IAS-IFRS prévoient les deux présentations :

- présentation par nature, compléter par des informations


par fonction à présenter dans les notes annexes,
- présentation par fonction ou par destination.

2. Principales composantes

Les principales composantes du compte de produits et charges


par nature prévu par le plan comptable marocain sont les
suivantes :

- opérations d’exploitation,
- opérations financières,
- opérations non courantes.

Opérations Résultat Composantes


Résultat Produits & charges
D’exploitation
d’exploitation d’exploitation
Produits & charges
Financières Résultat financier
financiers
Résultat non Produits & charges non
Non courantes
courant courants

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Le Petit Diagnostic Financier

3. Exemple agrégé du CPC par nature

Eléments N N-1
Produits d’exploitation
Charges d’exploitation
Résultat d’exploitation
Produits financiers
Charges financières
Résultat financier
Résultat courant
Produits non courants
Charges non courantes
Résultat non courant
Résultat avant impôts
Impôts sur les bénéfices
Résultat Net

4. Exemple de CPC par fonction

Eléments N N-1
Chiffre d'affaires et autres produits
Coût des produits vendus
Frais administratifs et généraux
Frais commerciaux
Résultat d’exploitation
Résultat financier
Résultat non courant
Résultat Net

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Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 3 : Le bilan

1. Utilité et logique de présentation

Le bilan présente la situation des actifs et des passifs d’une


entité à une date donnée. Il donne la photo de la situation
financière à la date d’arrêté des comptes.

Contrairement au compte de résultat, le bilan présente les


soldes des comptes d’une entité compte tenu des soldes des
années antérieures.

La logique de préparation du bilan prévu par le plan comptable


marocain est basée sur les éléments suivants :

- approche fonctionnelle,
- structure dynamique,
- approche juridique basée sur les droits et les obligations
(contrairement à l’approche basée sur la réalité
économique plutôt que la forme juridique).

Le bilan marocain ne fait pas de distinction entre les éléments


liés à l’exploitation et les éléments hors exploitation.

La présentation du bilan permet d’analyser l’évolution des


postes par rapport à l’année précédente.

Force est de signaler que le bilan d’une entité est la base de


l’analyse de la structure financière de celle-ci. Pour mieux tirer
profit du bilan, le professionnel doit le lire en relation avec les
détails très précieux prévus dans l’état des informations
complémentaires(ETIC).

2. Principales composantes

Les principales composantes du bilan prévu par le plan


comptable sont les suivantes :

- actif immobilisé,
- actif circulant,
- trésorerie actif,
- financements permanents,
- passif circulant,
- trésorerie passif.

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Le Petit Diagnostic Financier
3. Exemple de bilan

- Actif :

Actif N N-1
Amor
Brut Net Net
/Prov
Immobilisations en non valeurs
Immobilisations incorporelles
Immobilisations corporelles
Immobilisations financières
Ecarts de conversion -actif
Total
Stocks
Créances de l'actif circulant
Titres valeurs de placement
Ecarts de conversion-actif
Total
Trésorerie-actif
Total
Total général

- Passif :

Passif N N-1
Capitaux propres
Capitaux propres assimiles
Dettes de financement
Provisions durables pour risques et charges
Ecarts de conversion-passif
Financements permanents
Dettes du passif circulant
Autres provisions pour risques et charges
Ecarts de conversion-passif (éléments circulants)
Passif circulant
Trésorerie-passif
Total général

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Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 3 : L’état des informations
complémentaires

1. Objectif de l’ETIC

L’état des informations complémentaire ou l’ETIC est un


ensemble de tableaux complétant les états de synthèse prévus
par le plan comptable marocain.

Le principal objectif de l’ETIC est de mettre à la disposition des


lecteurs des états de synthèse les informations pertinentes et
significatives pour jauger la situation du patrimoine, la situation
financière ainsi que les résultats d’une entité.

L’état des informations complémentaires est l’équivalent de


l’Annexe en France ou les Notes Annexes en normes
comptables internationales IAS-IFRS.

La liasse comptable, constituée des états de synthèse et de


l’ETIC, est déposée auprès du tribunal dans les délais prévus
dans ce cadre par la réglementation en vigueur.

L’ETIC est généralement utilisé par les analystes financiers


pour affiner l’analyse des états financiers d’une entité vu qu’il
donne les bases de préparation des de ces états ainsi que les
détails complémentaires utiles.

2. Contenu de l’ETIC

Le contenu de l’ETIC est scindé en trois principales catégories


d’informations répondant à des sous objectifs précis.

Tableaux Sous objectifs


Fournir plus de détails sur les règles et les
A principes utilisés par l’entité dans le cadre de la
préparation des états financiers.
Fournir plus de détails et précisions sur le
B
contenu des états de synthèse.
Fournir des données qualitatives à l’égard de
C
l’entité et des états financiers.

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Le Petit Diagnostic Financier
Tableaux Titre
Principes comptables et méthodes d’évaluation
A1
utilisés
A
A2 Etat des dérogations
A3 Etat des changements de méthodes
B1 Détails des non valeurs
Tableau des immobilisations autres que
B2
financières
B2 bis Tableau des amortissements
Tableau des plus ou moins values sur cessions
B3
ou retraits d’immobilisations
B4 Tableau des titres de participation
B5 Tableau des provisions
B6 Tableau des créances
B
B7 Tableau des dettes
B8 Tableau des suretés réelles données ou reçues
B9 Engagements financiers donnés ou reçus
B10 Tableau des biens en crédit-bail
B11 Détail du CPC
Passage du résultat net comptable au résultat
B12
net fiscal
B13 Détermination du résultat courant après impôt
B14 Détails de la TVA
C1 Etat de répartition du capital
C2 Tableau d’affectation du résultat
Résultat et autres éléments caractéristiques au
C3
cours des trois derniers exercices
C
Tableau des opérations en devises
C4
comptabilisés dans l’exercice
Datation et événements postérieurs à la date
C5
de clôture.

3. Limites de l’ETIC

Malgré les informations complémentaires précieuses qu’il met à


la disposition des lecteurs des états financiers, l’ETIC reste
limité sur plusieurs volets :

- sa préparation n’est pas faite avec la même qualité et


avec la même attention que les états de synthèse,
- l’approche de préparation est surtout juridique,
- les tableaux prévus ne permettent pas d’analyser d’une
façon globale la situation de l’entité,

L’ETIC prévu au Maroc devrait tendre vers le modèle des notes


annexes prévu par les normes IAS-IFRS.

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Le Petit Diagnostic Financier

Thème 2 :
Analyse de l’activité et
du risque d’exploitation

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Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 5 : Le Tableau de Formation des
Résultats

1. Objectif du TFR

Le tableau de formation des résultats est une présentation plus


pertinente du compte de produits et de charges. En effet, le
TFR permet une lecture plus judicieuse des résultats de l’entité
au regard du diagnostic financier.

Le TFR, préparé sur la base du compte de produits et charges


sans retraitements préalables, permet d’avoir une appréciation
de la rentabilité économique et financière de l’entité concernée
via les principaux agrégats qu’il met en exergue.

2. Contenu du TFR

LIBELLES N N-1
1 Ventes de marchandises (en l'état)
2 - Achats revendus de marchandises
I = Marge brute sur ventes (en l'état)
II + Production de l'exercice
3 Ventes de biens et services produits
4 Variation stocks de produits
5 Imm. prod par l'Ent pour elle même
III - Consommation de l'exercice
6 Achats consommés de mat. et fournit.
7 Autres charges externes
IV = Valeur ajoutée (I+II-III)
8 + Subventions d'exploitation
9 - Impôts et taxes
10 - Charges de personnel
V = Excédent brut d'exploitation (EBE)
11 + Autres produits d'exploitation
12 - Autres charges d'exploitation
13 + Reprise d'exploit: transferts de charges
14 - Dotations d'exploitation
= Résultat d'exploitation
VII +/- Résultat financier
VIII = Résultat courant
IX +/- Résultat non courant
15 - Impôts sur les résultats
X = Résultat Net

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Le Petit Diagnostic Financier
3. Principales composantes du TFR

Agrégats Présentation
C’est un indicateur important pour mesurer la
Marge brute rentabilité des sociétés commerciales ou les
sur ventes en branches trading des sociétés industrielles.
l’état Cette marge peut être ventilée par produit, par
client, par secteur d’activité, …
C’est un indicateur fondamental pour les
entités vendant les produits et les services.
Production La principale limite de cet indicateur est le fait
de l’exercice que le chiffre d’affaires est valorisé au prix de
vente alors que les stocks sont évalués au
coût de production.
La valeur ajoutée mesure la richesse créée
par l’entité au cours d’une période donnée.
Cet indicateur est utilisé dans la comptabilité
nationale pour le calcul du PIB d’une nation.
Valeur La valeur ajoutée est répartie entre les
ajoutée différents partenaires de l’entité (personnel,
Etat, actionnaires, banques, l’entité elle-
même).
La valeur ajoutée prévue par le TFR est une
valeur ajoutée brute.
L’EBE est un indicateur pertinent pour
mesurer les performances économiques et
financières d’une entité indépendamment de
l’amortissement, de la fiscalité et de la
Excédent politique de financement.
brut L’EBE est également un indicateur pour
d’exploitation mesurer le cash d’exploitation potentiel généré
par l’activité de l’entité.
C’est un indicateur très utilisé par les
banquiers dans le cadre de l’évaluation de la
santé financière des clients.
Le REX est un indicateur fondamental pour
mesurer les performances industrielles et
Résultat commerciales d’une entité.
d’exploitation Il ne prend pas en compte l’incidence de la
politique de financement et celle des impôts
sur les bénéfices.
Le résultat financier mesure la performance de
la gestion financière d’une entité.
Résultat Il couvre les aspects relatifs à la gestion de la
financier trésorerie, à la gestion du risque de change
mais également la politique d’investissement
financiers de l’entité.
Le résultat non courant n’est utilisé dans
Résultat non l’analyse financière que pour mesurer sa
courant contribution dans le résultat net global d’une
entité.

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Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 6 : La Capacité d’Autofinancement

1. Objectif de la CAF

La capacité d’autofinancement mesure le cash potentiel généré


par l’entité durant la période étudiée.

Le rôle de la CAF est :

- de rémunérer les actionnaires via les dividendes


distribués par l’entité,
- de financer les investissements d’expansion via les
résultats mis en réserves et non distribués par l’entité,
- de financer les investissements de renouvellement via la
constitution des amortissements qui constituent des
réserves importantes pour le renouvellement des
immobilisations.

La CAF est l’indicateur de base pour le calcul des flux de


trésorerie d’exploitation d’une entité.

2. Méthodes de calcul

calcul de la CAF à partir du Résultat Net (méthode


additive) :

Eléments N N-1
Résultat de l’exercice
Bénéfice
+ Dotations d 'exploitation
+ Dotations financières
+ Dotations non courantes
- Reprises d'exploitation
- Reprises financières
- Reprises non courantes
- Produits de cessions d'Imm.
+ Valeurs nettes d’amortissement
des immobilisations cédées
Capacité d'autofinancement
- Distributions des bénéfices
Autofinancement

calcul de la CAF à partir de l’EBE (méthode


soustractive)

CAF
=
EBE + Produits encaissables - Charges décaissables

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Le Petit Diagnostic Financier
Produits encaissables Charges décaissables
-Autres produits d’exploitation -Autres charges d’exploitation
-Transferts de charges et - Charges financières
reprises de dotations - Charges non courantes
- Produits financiers - Impôts sur les résultats
- Produits non courants
Sauf
-Reprises : -Dotations aux
- Sur amortissements amortissements et aux
- Sur subventions provisions de l’actif
d’investissements immobilisé,
- Sur provisions -Dotations aux provisions
durables /risques et durables et aux provisions
charges réglementées,
- Sur provisions -VNA des immobilisations
Réglementées cédées.
-Produits de cession des
immobilisations.

La CAF prévue par le plan comptable marocain correspond à la


marge brute d’autofinancement prévue par le plan comptable
français. En effet, la CAF selon le plan comptable français
prend en compte toutes les dotations et toutes les reprises alors
que le plan comptable marocain ne prend pas en compte les
provisions relatives à l’actif et au passif circulant ainsi que les
dotations aux provisions momentanées.

3. Avantages et inconvénients de l’autofinancement

Avantages Inconvénients
-Indépendance de l’entité vis- -Privation des actionnaires du
à-vis des financements droit aux dividendes,
externes, -Privation de l’entité de
-Allégement des charges l’impact positif de l’effet de
financières, levier engendré par
-Amélioration de la situation l’endettement.
nette de l’entité.

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Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 7 : Les Principaux retraitements
économiques
1. Les subventions d’exploitation

Les subventions d’exploitation reçues par les entités sont à


considérer comme un complément du chiffre d’affaires de celle-
ci.

C’est le cas par exemple des sociétés qui vendent les produits
dont les prix sont réglementés par l’Etat. Ces sociétés reçoivent
des subventions pour compenser les pertes dues au décalage
entre le prix de revient et le prix de vente fixé par l’Etat
généralement pour des raisons sociales.

Le reclassement des subventions vers le chiffre d’affaires va


entrainer une hausse de la Valeur Ajoutée. En effet, les
subventions sont intégrées dans l’EBE dans la présentation
actuelle du tableau de formation des résultats.

Valeur Ajoutée retraitée


=
VA initiale + subventions d’exploitation reçues

2. Les biens en crédit-bail

Les biens en crédit-bail doivent faire l’objet de retraitements


pour prendre en compte les aspects économiques des
opérations au lieu des aspects juridiques. Ces retraitements
consistent à analyser les contrats de location de l’entité et faire
la distinction entre :

- les contrats de location financière,


- les contrats de location simple.

Les redevances résultant des contrats de location simple ne


doivent pas subir de retraitement pour les besoins du
diagnostic financier.

Les redevances afférentes aux contrats de location financière


doivent être annulées et remplacées par :

- des dotations aux amortissements (actif),


- des charges d’intérêts (emprunt).

Les immobilisations financées via des contrats de location


financière sont considérées comme des biens appartenant à
l’entité et doivent être comptabilisées à l’actif de celle-ci en
contrepartie d’un emprunt qu’il faut comptabiliser au passif.
20
Le Petit Diagnostic Financier
Les intérêts sont calculés sur la base d’un tableau
d’amortissement de l’emprunt en utilisant le taux implicite du
contrat (ce taux peut être calculé en utilisant la fonction TRI
d’Excel).

L’amortissement est calculé sur la base de la durée de vie


économique des biens.

Les principaux agrégats retraités sont les suivants :

VA retraitée
=
VA initiale + Redevances crédit-bail

Résultat d’exploitation retraité


=
REX initial + Redevances crédit-bail
– dotations d’amortissement des biens en crédit-bail

Résultat financier retraité


=
Résultat financier initial- charges d’intérêt relatives à
l’emprunt

3. Les charges de sous-traitance

Les charges de sous-traitance qui sont comptabilisées dans les


autres charges externes sont à analyser et retraiter :

- les charges du personnel extérieur à l’entité sont


assimilées à des charges du personnel,
- les matières utilisées dans le cadre des contrats de
sous-traitance sont en réalité des achats consommés de
matières et fournitures.

Valeur ajoutée retraitée


=
Valeur ajoutée initiale + charges du personnel extérieur à
l’entité

21
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 8: Le Compte de Résultat
Différentiel

1. Objectif et utilité

Le compte de résultat différentiel permet de mettre l’accent sur


la marge sur coûts variables qui est un indicateur très important
dans le cadre de l’analyse des comptes d’une entité.

Le compte de résultat différentiel est généralement un


document utilisé en interne vu que les entités ne communiquent
pas trop sur les éléments de la comptabilité de gestion.

L’élaboration de ce document est conditionnée par l’existence


d’une comptabilité analytique permettant d’analyser les
charges pour faire la distinction entre :

- les charges variables qui varient avec la variation de


l’activité de l’entité,
- les charges fixes ou charges de structure qui varient
généralement par paliers.

2. Présentation

Prix
Eléments Quantité Montant
unitaire
Chiffre d’affaires
Charges variables
Matières et fournitures
consommées
Autres charges externes
Personnel (partie variable)
Autres charges variables
Marges sur coûts
variables
Charges fixes
Amortissements
Personnel (partie fixe)
Frais fixes de gestion
Autres charges fixes
Résultat d’exploitation
Résultat financier
Résultat non courant
Résultat Net

La présentation ci-dessous peut se faire par rapport à plusieurs


critères selon les besoins de l’entité (par produits, par secteurs
d’activités, par commandes, …).

22
Le Petit Diagnostic Financier
3. Notion de seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité est le Chiffre d’affaires qui permet de


dégager une marge sur coûts variables permettant de couvrir
les charges fixes de l’entité.
Le seuil de rentabilité est également appelé point mort, seuil
critique, point d’équilibre et point zéro.
Le Seuil de Rentabilité (SR) est calculé sur la base des
équations suivantes :
Résultat (R)
=
Chiffre d’affaires (CA)- Charges Variables (CV)- Charges
Fixes(CF)

D’après la définition, le SR est le CA permettant d’avoir R=0.


CA-CV
=
Marge sur Coûts Variables (MCV)
= CF

MCV
=
Taux de Marge sur Couts Variables (TMCV) x CA

TMCV x CA
=
CF

SR
=
CF/TMCV

- Présentation graphique du Seuil de Rentabilité

23
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 9: L’analyse du risque
d’exploitation

1. Objectif

L’objectif de l’analyse du risque d’exploitation est de prévoir les


éventuelles difficultés afin de les gérer d’une façon proactive.
En effet, l’anticipation des risques est un avantage crucial pour
les entités qui leur donnent plus de marge de manœuvre pour
les gérer de la manière la plus optimale possible en prenant les
décisions ad hoc.

L’analyse du risque d’exploitation couvre généralement les


aspects ci-après :

- risque d’insolvabilité ou d’illiquidité,


- risque de vulnérabilité.

2. Outils de l’analyse du risque d’exploitation

Les principaux outils utilisés dans le cadre de l’analyse du


risque d’exploitation sont présentés dans le tableau ci-après :

Angle d’analyse Outils utilisés


-Approche par les ratios
Risque d’insolvabilité
-Approche par les flux de trésorerie
-Seuil de rentabilité
-Levier opérationnel
Risque de vulnérabilité
-Dispersion du résultat
d’exploitation (méthode statistique)

Approche par les ratios :

L’analyse du risque d’illiquidité est faite via des ratios de suivi


du comportement du Besoin en Fonds de Roulement
d’Exploitation et ses principales composantes.

- Rotation des stocks

Stock Formule de calcul


Stocks de marchandises Achats HT / stock moyen
Stocks de matières Consommation HT/ stock moyen
Production vendue HT/stock
Stocks de produits
moyen

24
Le Petit Diagnostic Financier
- Délais de règlement

Elément Formule de calcul


Chiffre d’affaires TTC/créances
Rotation crédits-clients
clients
Achats et autres charges
Rotation
externes TTC/ dettes
crédits-fournisseurs
fournisseurs
Chiffre d’affaires HT/actif
Rotation actif immobilisé
immobilisé brut
Chiffre d’affaires HT/capitaux
Rotation capitaux propres
propres

Approche par les flux de trésorerie

Cette approche se focalise sur l’analyse des flux de trésorerie


d’exploitation générés par l’exploitation de l’entité.

Comme déjà indiqué ci-dessus lors de l’étude de la CAF, force


est de signaler que la CAF n’est que le potentiel de cash
généré par l’entité durant une période donnée. En effet, et afin
de mesurer les flux de trésorerie d’exploitation il faut corriger la
CAF en tenant compte des variations du BFR.

L’indicateur utilisé dans ce cadre est l’ETE ou l’Excédent de


Trésorerie d’Exploitation.

ETE
=
CAF- Variation du BFR

Seuil de rentabilité

La notion du seuil de rentabilité est également utilisée pour


mesurer le risque d’exploitation auquel est soumise l’entité.

Le SR est déjà traité dans la fiche précédente.

Levier opérationnel

Le Levier Opérationnel (LO) mesure la sensibilité et l’élasticité


du résultat d’exploitation (REX) aux variations du chiffre
d’affaires (CA).

LO n/n-1 =
(REX n - REX n-1)/REX n-1
/
(CA n - CA n-1)/CA n-1

25
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 10 : Les principaux Ratios
1. Ratios de rentabilité d’exploitation :

Ratios Formule de calcul


Marge commerciale
Taux de marge commerciale /
Chiffre d’affaires HT
Valeur ajoutée
Taux de Valeur Ajoutée /
Chiffre d’affaires HT
Excédent Brut d’Exploitation
Taux de l’EBE /
Chiffre d’affaires HT
Résultat d’exploitation
Taux de rentabilité
/
d’exploitation
Chiffre d’affaires HT
Marge sur coûts variables
Taux de marge sur coûts
/
variables
Chiffre d’affaires HT

2. Ratios de la Valeur Ajoutée :

Ratios Formule de calcul


Valeur Ajoutée
Productivité des facteurs de /
production Amortissements+charges du
personnel
Valeur Ajoutée
Rendement du personnel /
Effectifs
EBE
Taux de marge industrielle /
Valeur ajoutée

3. Ratios de la rentabilité économique :

Ratios Formule de calcul


Rentabilité brute des capitaux
EBE
engagés dans l’exploitation
/
(ROCE : Return On Capital
Capital économique
Employed)
Rentabilité des capitaux Résultat d’exploitation (REX)
engagés dans l’exploitation /
Capital économique

26
Le Petit Diagnostic Financier
Avec :

REX / Capital économique


=
CA HT/Capital économique
X
REX / CA HT

L’optimisation de la rentabilité économique peut se faire :

- soit par l’amélioration de la marge bénéficiaire,


- soit par l’optimisation du capital économique.

4. Ratios de rentabilité financière :

Ratios Formule de calcul


Résultat Net
Rentabilité nette des capitaux
/
propres
Capitaux propres
Résultat courant + intérêts
Rentabilité des capitaux
/
investis
Financements permanents
Capacité d’autofinancement
Flux de fonds généré par
/
l’entité
Capitaux propres
Cours de l’action
Price Earning Ratio (PER) /
Résultat par action
Cours de l’action
Price Cash flow Ratio /
Capacité d’autofinancement

Avec :

RN / Capitaux propres
(Rentabilité financière)
=
REX/Actif
(Rentabilité économique)
X
RN/REX (impact intérêts)
X
Passif/Capitaux propres
(Levier financier)

27
Le Petit Diagnostic Financier

Thème 3 :
Analyse de la structure
financière

28
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 11: Le bilan fonctionnel
1. Définition
Le bilan fonctionnel est un bilan qui permet de mettre en
évidence les emplois et les ressources de l’entité et de les
classer dans l’une des fonctions suivantes :

- exploitation,
- investissement,
- financement.

La trésorerie est le solde de la différence entre les emplois et


les ressources d’une entité à une date donnée.

L’objectif principal du bilan fonctionnel est de mesurer la


rentabilité économique des outils de production et de surveiller
la continuité d’exploitation d’une entité.

2. Présentation du bilan fonctionnel

Postes (montants bruts) Postes


Actif immobilisé Ressources
(emplois stables : durables :
-immobilisations en NV -capitaux propres
-immobilisations -amortissements et
incorporelles et provisions
corporelles -dettes de financement
-immobilisations -provisions durables
financières pour risques et charges
(sauf les provisions
justifiées)
Actif d’exploitation : Passif d’exploitation
Passif
Actif

-stocks -dettes fournisseurs


-créances clients -comptes de
-compte de régularisation régularisation
Actif hors exploitation : Passif hors
-TVP exploitation
-autres débiteurs -autres créanciers
-créances sur cession des
immobilisations
Trésorerie : Trésorerie :
-banque -crédit d’escompte,
-caisse -crédit de trésorerie
-découverts bancaires

29
Le Petit Diagnostic Financier
3. Principaux retraitements

- le bilan fonctionnel est un bilan avant répartition des


bénéfices,
- les valeurs des actifs sont des valeurs économiques
réévaluées et non les valeurs historiques comptabilisées
au niveau du bilan comptable de l’entité,
- les immobilisations en non valeurs sont éliminées dans
le bilan fonctionnel,
- les biens en crédit-bail sont comptabilisés dans l’actif de
l’entité en contre partie d’un emprunt au niveau du passif
si les contrats sont des contrats de location financière,
- les écarts de conversion actif et passif sont à annuler
pour ramener les valeurs des actifs et des passifs aux
valeurs initiales,
- les impôts différés latents générés par les retraitements
sont à prendre en considération,

4. Equilibre fonctionnel du bilan

Agrégat Formule de calcul


Ressources durables
Fonds de roulement net
-
global (FRNG)
Emplois durables
Besoin en Fonds de Actifs d’exploitation
roulement d’exploitation -
(BFRE) Passif d’exploitation
Besoin en Fonds de Actifs hors exploitation
roulement hors exploitation -
(BFRHE) Passif hors exploitation
Trésorerie actif
Trésorerie Nette -
Trésorerie passif
FRNG
Trésorerie Nette -
BFRE + BFRHE

5. Limites

La principale limite du bilan fonctionnel c’est qu’il ne permet pas


d’avoir une meilleure visibilité par rapport à l’analyse du risque
d’illiquidité de l’entité. C’est pourquoi il est judicieux de
compléter l’analyse fonctionnelle du bilan par une analyse
financière.

30
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche12: Le bilan financier
1. Définition
Le bilan financier appelé également bilan liquidité est un bilan
qui permet d’analyser le risque d’illiquidité et d’insolvabilité
d’une entité. Ce bilan est un modèle qui a été retenu dans
l’ancien plan comptable avant l’adoption de l’approche
fonctionnelle.

Les principaux aspects couverts par le bilan financier sont :

- la solvabilité potentielle de l’entité à moins d’un an,


- l’équilibre financier sur le long terme,
- le problème de cessation de paiement et risque de
faillite de l’entité.

2. Présentation du bilan financier


Le classement est fait sur la base :

- de la liquidité croissante des actifs,


- de l’exigibilité croissante des passifs.

Postes (montants nets) Postes


Capitaux propres
Emplois à plus d’un an
Passif

Emplois à moins d’un Dettes à long et


Actif

an moyen terme
Trésorerie
-banque Dettes à court terme
-caisse

3. Principaux retraitements

- le bilan financier est un bilan après affectation des


résultats,
- le stock outil est reclassé vers les actifs à plus d’an,
- les actifs immobilisés doivent être analysés par
échéances pour identifier les éléments à reclasser dans
la rubrique court terme,
- les TVP sont à classer dans la trésorerie si la vente est
facile et peut être faite à tout moment,
- les immobilisations en non valeurs sont à éliminer des
actifs et de la situation nette de l’entité,
- les actifs doivent être réévalués lorsque la valeur réelle
est très différente de la valeur comptable,
- les écarts de conversion actifs et passifs sont annulés,
- la partie court terme des dettes financières est reclassée
vers les passifs à moins d’un an,
31
Le Petit Diagnostic Financier
- les obligations cautionnées sont à reclasser des dettes
fournisseurs vers les dettes financières,
- les biens en crédit-bail sont immobilisés en contre partie
d’un emprunt si les contrats sont des contrats de
location financière.

4. Equilibre financier

Agrégat Formule de calcul


Capitaux permanents
Fonds de roulement
-
permanent (FR)
Actifs à plus d’un an
Actifs à moins d’un an HT
Besoin de financement global
-
(BFG)
Passifs à moins d’un an HT
Trésorerie actif
Trésorerie Nette -
Trésorerie passif
FR
Trésorerie Nette -
BFG

5. Limites
Les principales limites du bilan financier sont les suivantes :

- il ne permet pas de mesurer d’une manière pertinente


la rentabilité des outils économiques utilisés par l’entité,
- son élaboration nécessite une parfaite connaissances de
l’entité et de ses comptes,
- l’approche court-long terme est basé sur la durée d’un
an est un peu arbitraire,
- le bilan financier ne prend pas en compte les différentes
options offertes pour traduire les actifs de l’entité en
trésorerie pour faire face aux éventuelles difficultés
financières,
- l’approche du bilan financier est centrée sur les aspects
juridiques du principe de l’insolvabilité.

32
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 13 : Synthèse des masses du
bilan
1. Objectif

Le tableau de synthèse des masses du bilan est une


présentation intelligente du bilan d’une entité. C’est un tableau
de bord qui permet d’apprécier la structure financière d’une
entité et l’état de sa trésorerie via les principaux agrégats ci-
après :

- fond de roulement fonctionnel,


- besoin de financement global,
- trésorerie nette.

Le tableau indique également les variations des éléments ci-


dessus par rapport à l’exercice précédent ce qui donne à
l’analyste une première idée sur l’évolution de la santé
financière de l’entité étudiée.

Ce tableau est très prisé par les banques dans le cadre du


suivi de l’état de la santé financière de leurs clients.

2. Présentation

Masses N N-1 Variation N/N-1


Emplois Ressources
Financement permanent
Moins Actif immobilisé
Fonds de roulement
fonctionnel
Actif circulant
Moins Passif circulant
Besoin de financement
global
Trésorerie nette

3. Principales formules et conclusions

Le tableau permet l’appréciation du respect du principe de


l’orthodoxie financière qui stipule que :

Les emplois stables

Doivent être financés par

Les ressources stables

En d’autres termes, le Fonds de roulement doit normalement


être positif pour couvrir en partie le besoin en financement

33
Le Petit Diagnostic Financier
global. En effet, le BFG est habituellement positif (emploi à
financer) sauf dans des secteurs tels que la grande distribution
ou la distribution des produits pétroliers dans lesquels le BFG
peut être une ressource et non un emploi vu que les clients
règlent au comptant alors que les fournisseurs sont
généralement réglés dans 60 voire 90 jours.

Le tableau suivant résume les principales variations des


agrégats prévus dans le tableau de synthèse des masses du
bilan :

Emplois/
Agrégats Variation de N/N-1
Ressources
Financements Augmentation Ressources
permanents Diminution Emplois
Actif Augmentation Emplois
immobilisé Diminution Ressources
Augmentation Emplois
Actif circulant
Diminution Ressources
Passif Augmentation Ressources
circulant Diminution Emplois
Trésorerie Augmentation Emplois
nette Diminution Ressources

La variation de la trésorerie est le résultat de la variation du FR


et du BFG :

Variation de la TN
=
Variation FR – Variation BFG

Le tableau ci-après présente les différentes situations :

Variation du FR Variation du Variation de la


BFG TN
Diminution > Diminution Diminution
Diminution < Diminution Augmentation
Diminution Et Augmentation Diminution
Augmentation > Augmentation Augmentation
Augmentation < Augmentation Diminution
Augmentation et Diminution Augmentation

34
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 14 : Principaux ratios
1. Ratios des capitaux propres

Ils mesurent l’importance des capitaux propres par rapport au


total passif d’une entité.

Ratios Formule de calcul


Capitaux propres
Poids des capitaux propres /
Total passif
Endettement total
Poids de l’endettement /
Total passif
Avec :

Capitaux propres / Total Passif


+
Endettement total / Total passif
=
1

2. Ratio de l’autonomie financière

Ratios Formule de calcul


Capitaux propres
Autonomie financière /
Dettes de financement
Capitaux propres
/
Indépendance financière
Dettes de financement +
Capitaux propres
Avec :

- le ratio d’autonomie financière normalement >1,


- le ratio d’indépendance financière normalement >0.5.

3. Ratio de l’équilibre financier

Ratios Formule de calcul


Capitaux propres
Equilibre financier /
Actif immobilisé net
Ratios Formule de calcul
Ressources durables
/
Equilibre financier Emplois tables + BFR
Exploitation
(Capitaux investis)

35
Le Petit Diagnostic Financier
4. Ratios de trésorerie

Ratios Formule de calcul


Actif moins d’un an
Liquidité générale /
Passif moins d’un an
Créances moins d’un an+
disponibilité
Liquidité réduite
/
Passif moins d’un an
Disponibilité
Liquidité immédiate /
Passif moins d’un an

5. Capacité de remboursement

Ratios Formule de calcul


Dettes de financement
Capacité de remboursement /
La CAF

6. Ratio d’autofinancement

Ratios Formule de calcul


Autofinancement
/
Autofinancement
Investissement de la période
+ Variation du BFRE

7. Ratio du BFRE en jours du CA HT

Ratios Formule de calcul


BFRE/CA HT
BFRE en jour de CA HT X
360j

8. Taux d’obsolescence des immobilisations

Ratios Formule de calcul


Amortissements
Taux d’obsolescence des /
immobilisations Immobilisations brutes
amortissables

9. Intensité de l’investissement

Ratios Formule de calcul


VA
/
Intensité de l’investissement
Immobilisations
exploitation+BFRE

36
Le Petit Diagnostic Financier

Thème 4 :
Tableau de
financement et analyse
de la trésorerie

37
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 15 : Le tableau de financement
1. Objectif du Tableau de financement

Le tableau de financement est constitué de deux états


complémentaires :

- synthèse des masses du bilan traité dans la fiche 14 ci-


dessus,
- tableau des emplois et ressources.

L’objectif principal de ce tableau est de donner une vue sur la


génération des ressources au sein de l’entité et l’utilisation de
ces ressources (emplois).

Le tableau de financement est un tableau de flux qui explique


les variations entre les bilans de l’exercice et de l’exercice
précédent d’une entité. Ces variations sont issues de deux
éléments importants :

- variations des produits et charges traduites dans le


résultat net de l’exercice,
- variations des actifs et des passifs de l’entité durant la
période étudiée.

Le tableau met également en évidence la variation de la


trésorerie de l’entité qui est la différence entre les variations
du FDR et celles du BFR.

2. Présentation du Tableau des Emplois et


Ressources

LIBELLES N N-1
Ressources stables de l'exercice (flux)
* Autofinancement (A)
. Capacité d'autofinancement
- Distribution de bénéfices
* Cessions et réduction d'immobilisations (B)
. Cessions d'immo. incorporelles
. Cessions d'immo. corporelles
. Cessions d'immo. financières
. Récupération sur créances immobilisées
* Augmentation des capitaux propres assimilés (C)
. Augmentation de capital, Apports
. Subventions d'investissement
* Augmentation des dettes de financement (D)
(nettes de primes de remboursement)
TOTAL (I) Ressources stables (A+B+C+D)
(Suite page suivante)

38
Le Petit Diagnostic Financier
(Suite du TER)

LIBELLES N N-1
Emplois stables
* Acquisition et augmentation des immo. (E)
. Acquisition d'immo. incorporelles
. Acquisition d'immo. corporelles
. Acquisition d'immo. financières
. Augmentation des créances immobilisées
* Remboursement des capitaux propres (F)
* Remboursement des dettes de financement (G)
* Emplois en non valeur (H)
TOTAL II Emplois stables (E)+(F)+(G)+(H)
Variation du B.F.G
Variation de la trésorerie
TOTAL GENERAL

3. Points clés d’élaboration

- les augmentations des immobilisations sont issues du


tableau des immobilisations élaboré en valeurs brutes,
- les cessions des immobilisations correspondent aux
montants comptabilisés dans le poste produits de
cessions des immobilisations au niveau des produits non
courants,
- les augmentations des capitaux propres sont les apports
en numéraires,
- le tableau doit être équilibré vu qu’il contient tous les
éléments du bilan y compris la variation du BFR et celle
de la trésorerie.

4. Limites du TF

- difficulté d’élaboration surtout dans le cas où l’entité ne


dispose pas d’un système d’information performant
permettant d’avoir les informations nécessaires,
- Le TF prévu par le PCG ne fait pas la distinction entre
les éléments d’exploitation et hors exploitation,
- la trésorerie est le reliquat entre le FR et le BFR alors
que l’ETE nous renseigne sur le fait la trésorerie
générée par l’entité est une donnée structurelle,
- le TF ne permet pas de mettre en évidence d’une façon
claire les flux de trésorerie par fonction au sein de
l’entité (exploitation, investissement, financement),
- le TF ne prend pas en considération les retraitements
économiques nécessaires pour avoir une idée judicieuse
sur la variation des flux de l’entité.

39
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 16 : Le Tableau de flux de
trésoreries

1. Objectif du tableau de flux de trésorerie

Le tableau de flux de trésorerie a pour principal objectif de


donner des informations utiles sur les sources de la trésorerie
dont dispose l’entité ainsi que l’utilisation de cette trésorerie.

Le TFT est un tableau très prisé par les analystes financiers et


par les investisseurs vu qu’il permet de mesurer la capacité de
l’entité à générer du cash indépendamment des aspects
comptables utilisés par l’entité.

Le TFT est un document obligatoire dans les états financiers


prévus par les normes comptables internationales IAS-IFRS.

2. Présentation

Eléments N N-1
Résultat de l’exercice
Bénéfice
+ Dotations d 'exploitation
+ Dotations financières
+ Dotations non courantes
- Reprises d'exploitation
- Reprises financières
- Reprises non courantes
- Produits de cessions d'Immobilisation
+ Valeurs nettes d’amortissement
des immobilisations cédées
= Capacité d'autofinancement
+ Variation du BFR
= Flux de trésorerie d’exploitation (1)
+ Cession des immobilisations
- Acquisition des immobilisations
= Flux de trésorerie d’investissements (2)
+ Augmentation du capital
+ Emission d’emprunts
- Remboursement d’emprunt
- Distribution des dividendes
- Réduction des capitaux propres
= Flux de trésorerie de financement (3)
Variation de la trésorerie (1) + (2) + (3)

Trésorerie début de la période


Trésorerie fin de la période
= Variation de la trésorerie

40
Le Petit Diagnostic Financier
Le TFT n’est pas normé et n’est pas prévu par le plan
comptable marocain.

Les modèles utilisés au niveau international :

- Tableau Pluriannuel des Flux Financiers(TPFF),


- Tableau de Flux de la Banque de France,
- Tableau de Financement de l’Ordre des Experts-
comptables.

3. Principes d’élaboration

Le tableau de flux de trésorerie est élaboré sur la base des


mêmes informations de préparation du tableau de financement
prévu par le plan comptable. En effet, le TFT est une
présentation plus intelligente du tableau de financement prévu
par le plan comptable.
Les règles à suivre sont les suivantes :

- les acquisitions des immobilisations sont issues du


tableau des immobilisations élaboré en valeurs brutes,
- les cessions des immobilisations sont les produits de
cession comptabilisés dans les produits non courants,
- une variation positive du BFR est un emploi qu’il faut
financer,
- les variations des capitaux propres à prendre en
considération sont celles qui ont un impact cash,
- le total de la variation de trésorerie issu du tableau doit
être égal à la variation de la trésorerie nette du bilan de
l’entité.

4. Avantages et limites du TFT

Avantages Limites
-le TFT est un tableau utilisé -les flux d’exploitation
au niveau international, englobent également les
-le TFT est un tableau éléments exceptionnels tels
efficace de suivi de la que le résultat financier et le
trésorerie qui est un résultat non courant sauf les
indicateur important de suivi plus values nettes sur
du risque surtout dans un cession des immobilisations,
environnement marqué par
des fortes tensions sur la -la variation du BFR ne
trésorerie, distingue pas les éléments
-le tableau prend en compte afférents à l’exploitation et
également les équivalents de ceux hors exploitation,
flux de trésorerie.

41
Le Petit Diagnostic Financier

Thème 5 :
Evaluation de
l’entreprise

42
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 17 : L’évaluation patrimoniale
1. Définition et principe

L’évaluation patrimoniale ou la méthode dite d’évaluation par


les stocks consiste à évaluer une entité sur la base de la valeur
de son actif net diminution faite des passifs.

2. Actif Net :

Actif Net
=
Valeurs de l’actif (hors non valeurs)
-
Dettes (y compris les provisions pour Risques et charges)

3. Actif Net Comptable :

Actif Net Comptable


=
Valeurs de l’actif (hors les non valeurs)
-
Dettes (y compris les dividendes à payer)

Ou encore :

Actif Net Comptable


=
Actif Net
-
Dividendes à payer

4. Actif Net Comptable Corrigé

La méthode de l’Actif Net Comptable Corrigé consiste à corriger


le bilan de l’entité pour remédier aux problèmes posés par
l’application du principe du coût historique et par la
prééminence l’approche juridique dans l’élaboration des états
financiers selon les dispositions du CGNC.

Les éléments concernés sont essentiellement les actifs


immobilisés.

Le tableau ci-après résume les principaux retraitements à faire


dans le cadre de cette méthode :

43
Le Petit Diagnostic Financier
Eléments Traitement préconisé
Non pris en compte dans la valeur
Fonds commercial
patrimoniale.
Non pris en compte dans la valeur
Brevets
patrimoniale.
A retenir pour la valeur réelle. La
valeur réelle est généralement
Immobilisations
déterminée par un expert en
corporelles
évaluation des actifs tels que les
terrains et les actifs d’exploitations.
A retenir avec la valeur réelle
Titres de participation déterminée sur la base des
méthodes d’évaluation prévues.
Traités comme immobilisations en
contre partie d’un emprunt si le
Biens en crédit-bail
contrat est un contrat de location
financière.

Dans le cadre cette méthode, il ne faut pas oublier de tenir


compte de l’impact des impôts différés ou de la fiscalité latente
générés par les retraitements.

- impact positif sur les capitaux propres : impôts différés


passifs,
- impact négatif sur les capitaux propres : impôts différés
actifs.

5. Valeurs fonctionnelles

Méthodes Définitions
VSB
=
Valeur
Actif Net Corrigé d’exploitation + Biens
substantielle brute
en crédit-bail d’exploitation +Coûts de
(VSB)
remise en état des actifs d’exploitation

Capitaux CPNE
permanents =
nécessaires à Actif immobilisé d’exploitation+BFRE
l’exploitation normatif

6. Valeur de liquidation

La valeur de liquidation est la différence entre la valeur de


liquidation des actifs moins les passifs exigibles de l’entité.

Les valeurs de liquidation sont généralement cassées par


rapport aux valeurs utilisées dans une optique de continuité
d’exploitation.

44
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 18 : L’évaluation par les flux de
trésorerie
1. Définition et principe

La méthode des flux de trésorerie actualisés ou la méthode dite


DCF (discounted cash flow) est l’une des méthodes les plus
utilisées dans le cadre de l’évaluation des entités.

Cette méthode considère que la valeur d’une entité est la valeur


actualisée des flux de trésorerie générés par ladite entité.

La formule de calcul de la valeur selon la méthode DCF est la


suivante :

Avec :

- FTD : flux de trésorerie disponibles


- k : taux d’actualisation qui traduit le coût des capitaux
utilisés par l’entité.

Pour avoir la valeur nette de l’entité il faut retrancher de la


valeur de la méthode des DCF les dettes de l’entité.

2. Calcul des FTD

Les flux de trésorerie disponibles ou free cash flow sont


calculés sur la base de la formule suivante :

FTD
=
REX net d’impôt
+
Dotations aux amortissements et aux provisions
-
(Variation du BFR+Investissement de l’exercice)

Les flux de trésorerie disponibles sont généralement calculés


d’après le business plan de l’entité. Le business plan est
élaboré généralement sur période de 5 ans à 10 ans sur la
base des hypothèses issues de la stratégie de l’entité.

Il va sans dire que l’évaluateur doit avoir un esprit critique par


rapport aux hypothèses retenues par les entités qui sont

45
Le Petit Diagnostic Financier
généralement optimistes surtout dans le cadre d’une opération
d’appel public à l’épargne (introduction en bourse par exemple).

3. Le taux d’actualisation

Le taux d’actualisation à utiliser est le coût moyen pondéré du


capital (ou le WACC en anglais) qui prend en compte aussi bien
les capitaux propres que l’endettement de l’entité.

CMPC
=
(CP/(CP+D)) X Kcp
+
(D/(CP+D)) X I X (1-IS)

Avec:

- CMPC : coût moyen pondéré du capital


- CP: capitaux propres
- D: dettes
- Kcp :coût des capitaux propres
- I : taux d’intérêts
- IS: taux de l’IS

Le coût des capitaux propres est calculé sur la base du modèle


MEDAF :

Kcp
=
Taux sans risque (rf)
+
β
X
(Rentabilité portefeuille marché (rm)- taux sans risque (rf))

Généralement on ajoute à la valeur des DCF la valeur terminale


calculée sur la base du modèle Gordon-Shapiro.

La valeur de l’entité prend en compte la valeur retenue par la


méthode DCF de laquelle il faut retrancher l’endettement net
sans négliger l’impact des impôts différés et les autres actifs
non opérationnels.

46
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 19: L’évaluation par les multiples

1. Définition et principe

La méthode des multiples ou de comparables est utilisée pour


évaluer une entité par rapport des entreprises comparables
opérant généralement dans le même secteur d’activité ayant
des caractéristiques proches.

Cette méthode est basée sur deux éléments importants, à


savoir:

- l’agrégat à utiliser,
- le multiple à appliquer à cet agrégat pour avoir la valeur
de l’entité.

2. Formule de calcul

Valeur de l’entité ou des capitaux propres


=
Multiple X Agrégat retenu

3. Les multiples du résultat net

Valeur des capitaux propres


=
PER
X
Résultat Net retraité (Résultat normatif)

Le résultat net retraité ou normatif doit tenir compte des


éléments suivants :

- exclusion des éléments non courants,


- prise en compte des impôts exigibles et différés,
- annulation des amortissements des immobilisations
incorporelles et du goodwill.

4. Le multiple de l’EBIT (ou du REX)

Valeur des capitaux propres


=
Multiple d’exploitation
X
Résultat d’exploitation net d’impôt (REX)
-
Dettes nettes

47
Le Petit Diagnostic Financier

5. Le multiple de l’EBITDA (EBE)

Valeur des capitaux propres


=
Multiple d’EBITDA
X
EBITDA
-
Dettes nettes

6. Autres multiples

- les multiples du chiffre d’affaires,


- les multiples de la CAF,
- les multiples des capitaux propres,
- les multiples de la moyenne des dépenses en R&D,
- les multiples du trafic,
- …

Les multiples sont nombreux et dépendent largement des


secteurs d’activité des entités à évaluer.

7. Limites de la méthode

- difficulté d’élaboration de l’échantillon base de calcul des


multiples,
- difficulté d’accès aux données comptables des sociétés
retenues et problématique liée au référentiel comptable
utilisé par chaque entité,
- difficulté d’avoir des données fiables sur les marchés
surtout dans les périodes perturbation et au cas où les
marchés ne sont pas efficients,
- la méthode n’intègre pas le futur dans son approche vu
qu’il se base sur des données orientées surtout vers le
passé.

Malgré son caractère généraliste et grossier, la méthode des


multiples est toujours d’actualité auprès des opérateurs
économiques. Le professionnel de l’évaluation se doit de
déterminer cette valeur afin de la comparer avec les valeurs
déterminées sur la base des autres méthodes.

48
Le Petit Diagnostic Financier
Fiche 20 : L’évaluation par les
méthodes mixtes

1. Définition et principe

L’utilisation de la méthode du Goodwill est justifiée par le fait


que généralement la valeur de l’entité est différente de sa
valeur patrimoniale. En effet, la valeur patrimoniale est une
valeur statique qui ne prend pas en compte le potentiel de
développement de l’entité et ses résultats futurs.

La différence positive est généralement appelée Goodwill alors


qu’une différence négative est appelée Badwill.

Cette différence est due généralement aux éléments


immatériels tels que :

- compétence et motivation du personnel,


- compétence du management,
- image de marque de l’entité,
- qualité des processus organisationnel de l’entité,
- qualité des relations avec les parties prenantes.

Pour remédier à cette limite, les méthodes mixtes proposent de


prendre en compte les deux éléments :

- valeur patrimoniale,
- valeur des flux futurs.

Valeur des capitaux propres


=
Actif Net Comptable Corrigé
+
Goodwill

2. Goodwill par la méthode des praticiens

Goodwill
=
(Valeur par les flux – ANCC)
/
2

Valeur par les flux


=
Résultat courant Net d’impôt
/
Taux d’actualisation

49
Le Petit Diagnostic Financier
3. Goodwill par la méthode directe

Rente du Goodwill
=
Résultat d’exploitation
-
Actif nécessaire à l’exploitation
X
Taux de rentabilité attendu des actifs

Goodwill
=
Rente du Goodwill
/
Taux d’actualisation

Valeur de l’entité
=
ANCC
+
GW

4. Goodwill par la méthode de la rente abrégée

Goodwill
=
Rente du Goodwill
X
-n
(1-(1+t) )
/
t

Avec :

- t : taux d’actualisation
- les rentes du goodwill sont supposées constantes.

La différence entre cette méthode et la méthode précédente est


le fait que dans la première la rente est calculée sur une durée
infinie alors que la présente méthode considère que la rente est
limitée dans le temps.

Les experts-comptables européens(UEC) préconisent une


durée limitée pour la rente du goodwill.

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