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Cour d'appel de Bordeaux, Chambre sociale section

b, 5 septembre 2019, n° 17/00902

Chronologie de l'affaire

CPH Bordeaux
26 janvier 2017 > CA Bordeaux
Infirmation
5 septembre 2019

Sur la décision
Référence : CA Bordeaux, ch. soc. sect. b, 5 sept. 2019, n° 17/00902
Juridiction : Cour d'appel de Bordeaux
Numéro(s) : 17/00902
Décision précédente : Conseil de prud'hommes de Bordeaux, 26 janvier 2017, N° 15/02203
Dispositif : Infirme partiellement, réforme ou modifie certaines dispositions de la décision déférée

Sur les personnes


Président : Eric VEYSSIERE, président
Avocat(s) : Arnaud PILLOIX, Charlotte VUEZ, Philippe LAFAYE
Cabinet(s) : ELLIPSE AVOCATS
Parties : SARL DEPOTITO

Texte intégral

COUR D’APPEL DE BORDEAUX En application des dispositions de l’article 945-1  du Code de


CHAMBRE SOCIALE – SECTION B Procédure Civile, l’affaire a été débattue le 06  juin  2019  en
audience publique, devant Madame Emmanuelle Leboucher,
ARRÊT DU : 05 SEPTEMBRE 2019 conseillère chargée d’instruire l’affaire, qui a entendu les
(Rédacteur : Madame Emmanuelle Leboucher, conseillère) plaidoiries, les avocats ne s’y étant
PRUD’HOMMES pas opposés,
N° RG 17/00902 – N° Portalis DBVJ-V-B7B-JVSN Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la
SARL DEPOTITO Cour, composée de :
c/ Monsieur F G, président,
Monsieur B X Madame Catherine Mailhes, conseillère,
Nature de la décision : AU FOND Madame Emmanuelle Leboucher, conseillère
Grosse délivrée le : Greffière lors des débats : D E,
à : ARRÊT :
Décision déférée à la Cour : jugement rendu le 26 janvier 2017 (R.G. — contradictoire
n°15/02203) par le Conseil de Prud’hommes – Formation paritaire de — prononcé publiquement par mise à disposition de l’arrêt au greffe
BORDEAUX, Section Commerce, suivant déclaration d’appel du de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les
13 février 2017, conditions prévues à l’article 450  alinéa 2  du Code de Procédure
APPELANTE : Civile.
SARL DEPOTITO agissant en la personne de son représentant légal ***
domicilié en cette qualité au siège social […] EXPOSE DU LITIGE
N° SIRET : 752 530 162
Selon un contrat de travail à durée indéterminée du 1er juillet 2013,
assistée et représentée par Me  Charlotte VUEZ substituant la société Depotito a engagé M. X en qualité de comptable.
Me PILLOIX de la SELARL ELLIPSE AVOCATS, avocats au barreau Au dernier état de la relation de travail, sa rémunération mensuelle
de BORDEAUX brute était de 1 946,93 euros.
INTIMÉ : Par courrier du 4 septembre 2015, la société Depotito a convoqué
Monsieur B X M.  X à un entretien préalable à un éventuel licenciement fixé au
né le […] à […], demeurant résidence les […] 13 […] 11 septembre 2015.
assisté et représenté par Me Philippe LAFAYE, avocat au barreau Par courrier du 16  septembre  2015, la société lui a notifié son
de BORDEAUX licenciement pour faute grave en raison de consultations, sur le
COMPOSITION DE LA COUR : temps de travail, de sites à caractère pornographique avec son
ordinateur professionnel.
Le 26  octobre  2015, M.  X a saisi le conseil de prud’hommes de Elle ajoute que les agissements de M. X constituent une fraude aux
Bordeaux aux fins de voir : dispositions du règlement intérieur de l’entreprise ; que le salarié
• juger son licenciement abusif et irrégulier dans sa forme ; avait bien connaissance du règlement intérieur et qu’il a utilisé son
• condamner la société Depotito au paiement des sommes ordinateur professionnel à d’autres fins que celles auquel il est
suivantes : destiné sur son temps de travail.
—  25 000 euros à titre de dommages et intérêts pour licenciement Elle conteste toute prescription alors que :
abusif, — les faits qui sont reprochés à M.  X ont toujours été de même
—  2 109  euros à titre de dommages et intérêts pour licenciement nature,
irrégulier, — et que les derniers agissements de cette nature constatés par ses
—  4 218,34  euros à titre d’indemnité compensatrice de préavis et collègues datent du 19 août 2015.
421,83 euros au titre des congés payés afférents, Elle considère que, contrairement à ce qu’affirme M.  X, le
—  1 001,84 euros à titre d’indemnité légale de licenciement, licenciement pour faute grave n’implique pas nécessairement la
—  1 800  euros sur le fondement de l’article 700  du code de mise en 'uvre de la mise à pied conservatoire.
procédure civile, Elle s’oppose à toutes les demandes financières de M. X.
• ordonner l’exécution provisoire du jugement à intervenir. Aux termes de ses dernières conclusions remises au greffe le
A titre reconventionnel, la société Depotito a sollicité la 27 juin 2017, M. Xsollicite de la cour qu’elle :
condamnation de M. X à la somme de 3 000 euros sur le fondement • juge mal fondé l’appel interjeté par la SARL Depotito ;
de l’article 700 du code de procédure civile. • juge recevable et fondé son appel incident ;
Par jugement du 26  janvier  2017, le conseil de prud’hommes de • juge que son licenciement est irrégulier ;
Bordeaux a : • juge que le licenciement est abusif ;
• jugé que M.  X a fait l’objet d’un licenciement irrégulier dans sa • condamne la SARL Depotito à lui payer les sommes suivantes :
forme et abusif sur le fond ; —  1 984  euros à titre de dommages et intérêts pour licenciement
• condamné la SARL Depotito à lui verser les sommes suivantes : irrégulier par application de l’article L1235-5 dernier alinéa du code
—  3 968 euros à titre d’indemnité compensatrice de préavis; du travail,
—  396,80 euros à titre de congés payés afférents, —  25 000 euros à titre de dommages et intérêts pour licenciement
—  943,10 euros à titre d’indemnité de licenciement, abusif par application de l’article L1235-5 du code du travail,
—  4 500 euros à titre de dommages et intérêts selon l’article L1235- • confirme en toutes ses autres dispositions le jugement ;
5 du code du travail, • condamne la SARL Depotito à lui payer la somme de 2 000 euros
—  800 euros à titre d’indemnité sur le fondement de l’article 700 du sur le fondement
code de procédure civile, de l’article 700 du code de procédure civile et les dépens.
• donné acte à la SARL Depotito du règlement en cours de M. X soutient que son licenciement est irrégulier dans la mesure où
procédure de la somme de 1 946,93  euros au titre de la prime la convocation à l’entretien préalable indique qu’il pourra être
annuelle 2014, assisté lors de celui-ci 'par une personne de son choix appartenant
• débouté M. X du surplus de ses demandes, obligatoirement au personnel de l’entreprise'; que l’employeur ne
• débouté la SARL Depotito de sa demande reconventionnelle et l’a dispose d’aucun représentant du personnel ; que le courrier devait
condamnée aux dépens. comporter la possibilité d’être assisté lors de l’entretien par un
Par déclaration du 13 février 2017, la SARL Depotito a relevé appel conseiller extérieur à l’entreprise, peu important sa qualité de
du jugement. comptable et qu’il a subi un préjudice puisque compte tenu de la
Par ses dernières conclusions remises au greffe le 20 juillet 2017, la taille de l’entreprise, il ne pouvait solliciter aucune assistance parmi
société Depotitosollicite de la cour qu’elle : le personnel et s’est trouvé privé du droit fondamental d’être assisté
• réforme le jugement ; lors de l’entretien.
• juge bien fondé le licenciement pour faute grave de M. X ; Sur le licenciement, M.  X fait valoir que la preuve des faits
• le déboute de l’ensemble de ses demandes infondées et reprochés n’est pas établie ; qu’il conteste s’être livré à de tels
disproportionnées ; agissements pendant son temps de travail en utilisant les moyens de
• à titre reconventionnel, le condamne à lui verser la somme de l’entreprise, et ce dès l’entretien préalable. Il souligne que les
3 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure attestations des salariés ont été établies les 8, 9  et
civile et aux dépens. 10  septembre  2015  avant l’entretien préalable ; que, s’il consultait
La société Depotito soutient que M. X a : des sites à caractère pornographique au vu et au su de l’ensemble
• consulté de manière récurrente des sites pornographiques au lieu des salariés de l’entreprise, il ne comprend pas que ceux-ci ne
et au temps du soient jamais intervenus auprès de la direction pour qu’elle lui
travail ; demande de cesser ses agissements.
• fait subir à ses collègues de travail ses pratiques ; Il ajoute que rien n’établit que le prestataire a analysé l’ordinateur
• reconnu de telles 'pratiques’ au cours de l’entretien préalable ; qui lui était effectivement confié ; qu’aucune pièce ne concerne les
• utilisé le matériel informatique de l’entreprise à des fins mois de juillet et d’août qui sont selon la lettre de licenciement les
personnelles sur son temps mois au cours desquels les connexions ont été les plus fréquentes
de travail, en violation des dispositions du règlement intérieur de alors que cette période correspond à celle de ses congés et que les
l’entreprise, dont il avait parfaitement connaissance dans le cadre captures d’écran ont été imprimées à partir de l’ordinateur du
de ses pratiques intolérables ; ce qui justifie une mesure de conseil de l’employeur.
licenciement pour faute grave, sans préavis ni indemnité. M.  X souligne qu’aucune mise à pied conservatoire n’a eu lieu
Il ne peut lui être reproché d’avoir fait une enquête interne avant malgré la gravité des faits invoqués, ce qui est contradictoire avec
l’entretien préalable. l’impossibilité de poursuivre la relation contractuelle.
Elle précise que l’écran d’ordinateur de M. X était facilement visible M. X expose que plusieurs mois avant l’engagement de la procédure
par tous depuis le coin 'café- repas’ du bureau. de licenciement la direction de l’entreprise, en la personne de la
La société fait valoir qu’elle a fait intervenir un prestataire responsable des ressources humaines, était informée des faits ;
informatique afin de rechercher et d’identifier ses connexions qu’elle ne les a pas sanctionnés et qu’ils ne peuvent fonder un
internet ; que le poste IP correspondant au poste informatique de licenciement disciplinaire, aucune faute grave ne pouvant être
M.  X est bien celui qui s’est rendu plusieurs fois sur des sites retenue.
pornographiques depuis le 14  avril  2015  et que seul ce salarié a Il précise ses demandes financières.
consulté ces sites. L’ordonnance de clôture a été rendue le 23 mai 2019.
Pour un plus ample exposé des faits, des prétentions et des moyens Ces faits constituent une faute qui rend impossible votre maintien
des parties, il y a lieu de se référer au jugement entrepris et aux dans l’entreprise y compris pendant votre préavis.'
conclusions déposées. L’employeur verse aux débats sept attestations de salariés ou
MOTIVATION d’anciens salariés, toutes faisant état de la consultation régulière de
Sur la régularité de la procédure de licenciement sites pornographiques par M.  X pendant ses heures de travail. Ce
L’article L 1232-4  du code du travail prévoit que pour l’entretien dernier ne peut valablement reprocher à la société Depotito d’avoir
préalable à un éventuel licenciement, lors de son audition, le salarié effectuer une enquête interne suite à la révélation des faits, enquête
peut se faire assister par une personne de son choix appartenant au qui a conduit à l’établissement de ces attestations avant que M. Y ne
personnel de l’entreprise. soit convoqué à un entretien préalable à son licenciement. De plus,
Lorsqu’il n’y a pas d’institutions représentatives du personnel dans la contestation de M. X des attestations de M. Z et Diomandé sur la
l’entreprise, le salarié peut se faire assister soit par une personne disposition des locaux et la possibilité ou non de voir l’écran de
de son choix appartenant au personnel de l’entreprise, soit par un celui-ci est confuse et ne résiste pas à la photographie des locaux
conseiller du salarié choisi sur une liste dressée par l’autorité montrant que l’écran de l’ordinateur du salarié était visible des
administrative. salariés, ni à l’unanimité des témoignages indiquant que le salarié
La lettre de convocation à l’entretien préalable adressée au salarié regardait régulièrement des sites pornographiques pendant ses
mentionne la possibilité de recourir à un conseiller du salarié et heures de travail sur l’ordinateur professionnel. A l’inverse,
précise l’adresse des services dans lesquels la liste de ces l’attestation produite par M. X émane d’une ancienne salariée ayant
conseillers est tenue à sa disposition. quitté son poste avant la période pendant laquelle il lui est reproché
En l’espèce, la convocation à l’entretien préalable daté du les faits.
4  septembre  2015  adressée par la société Depotito à M X indique De plus, contrairement à ce qu’affirme M X, les attestations ne
qu’il a la possibilité de se faire assister lors de l’entretien par une mentionnent pas, et notamment celle de Mme  A, responsable des
personne de son choix 'appartenant obligatoirement au personnel’ ressources humaines, qu’il consultait ces sites depuis de longs mois
de l’entreprise. mais qu’ils l’ont vu à plusieurs reprises consulté ces sites.
Il est établi que la mention selon laquelle il a la possibilité de se faire En outre, il ressort de l’attestation du gérant de la société Dépotito
assister d’un conseiller du salarié est absente. Cependant, M. X qui que chaque salarié se voit attribuer un ordinateur avec un code
estime avoir subi un préjudice de ce manquement ne l’établit pas. En personnel de connexion ; et de celle du gérant de la société
effet, il estime que compte tenu du petit nombre de salariés Supertek, prestataire informatique de la société Depotito, que le
dans l’entreprise, des relations amicales et familiales que le chef poste ayant l’adresse IP 192.168.1.14 a consulté à plusieurs reprises
d’entreprise entretient avec la plupart des salariés l’empêchait de depuis le mois d’avril 2015  des sites pornographiques. Aucun
pouvoir obtenir une assistance parmi ces membres du personnel. Or, élément du dossier n’établit avec certitude que cette adresse IP est
il s’agit d’une hypothèse, M.  X ne démontrant pas avoir sollicité bien celle de l’ordinateur de M. X. Néanmoins, la lecture du fichier
l’assistance d’un salarié de l’entreprise Depotito, s’être vu opposé excel produit permet de retracer les connexions rattachées à cette
un refus et ne peut donc faire valoir qu’il a subi un préjudice, et ce adresse IP. Il ressort de cette lecture qu’à partir de cette adresse IP
d’autant plus qu’il n’apporte pas la preuve des relations familiales et des connexions à des sites tels que 'google-analytics.com’ ou
amicales des membres du personnel avec son dirigeant. Il s’agit 'www.impots.gouv.fr’ ont été réalisées comme des connexions à des
donc d’un préjudice hypothétique dont M.  X ne peut apporter la sites pornographiques. Les premières connexions apparaissent en
preuve. lien avec une activité comptable. Il est également établi que c’est
Le jugement du conseil de prud’hommes est infirmé. cette seule adresse IP qui a consulté régulièrement les sites
Sur le licenciement pour faute grave pornographiques.
La faute grave résulte d’un fait ou d’un ensemble de faits imputables De surcroît, il importe peu que les impressions d’images des sites
au salarié, rendant impossible son maintien dans l’entreprise pornographiques aient eu lieu au cabinet du conseil de la société
pendant la durée du préavis, et l’employeur, débiteur de l’indemnité Dépotito mais il convient de constater que ces impressions
de préavis et de l’indemnité de licenciement, doit démontrer la correspondent à différents sites dont les connexions ont été
gravité de la faute reprochée. effectuées sur l’ordinateur appartenant à la société Depotito.
En l’espèce, la lettre de licenciement qui fixe les limites du litife, Enfin, M. X ne peut valablement soutenir que l’employeur a tardé à
indique : mettre en oeuvre la procédure de licenciement dans la mesure où,
'Nous avons appris par vos collègues de travail (puis cela nous a été informé des faits par d’autres salariés courant août 2015, il a
confirmé par notre prestataire Supertek) que, de manière d’abord procédé à une enquête en recueillant des témoignages et a
récurrente, (et notamment durant les mois de juillet et août 2015), sollicité des éléments relativement à l’ordinateur ayant l’adresse IP
vous êtes allé sur des sites à caractère pornographique avec votre 192.168.1.14 avant d’envoyer la lettre de convocation à l’entretien
ordinateur professionnel et ce en fraude notamment des dispositions préalable en date du 4 septembre 2015.
de notre règlement intérieur interdisant l’utilisation des matériels à Ainsi, sept personnes attestent avoir vu M.  X consulter à plusieurs
des fins personnelles ou à d’autres fins que celles auxquels ils sont reprises pendant ses heures de travail et sur l’ordinateur
destinés. professionnel des sites pornographiques. De même, la seule adresse
Outre le fait que de telles connexions n’ont aucun lien avec votre IP d’un ordinateur de l’entreprise Depotito se connectant à des sites
activité professionnelle, ces consultations n’ont pas manqué de pornographiques est attribuée à M. X. Ces éléments permettent de
heurter la sensibilité de vos collègues puisque toutes les personnes justifier un licenciement pour faute grave.
qui passent dans votre bureau ont accès à votre écran d’ordinateur Le jugement est par conséquent infirmé.
et ont donc été témoin de vos 'pratiques'. Les demandes financières de M. X seront en conséquance rejetées.
Un tel comportement est totalement inacceptable dans un cadre Sur les dépens
professionnel. M. X succombant est condamnée aux dépens.
En outre, vous avez fait cela pendant votre temps de travail alors Sur l’article 700 du code de procédure civile
même que vous avez indiqué à plusieurs reprises ne pas disposer de Les circonstances économiques commandent de ne pas prononcer
suffisamment de temps pour effectuer le travail qui vous était de condamnation en application des dispositions de l’article 700  du
demandé. code de procédure civile.
Vous avez reconnu les faits qui vous sont reprochés lors de PAR CES MOTIFS
l’entretien préalable et avez précisé que ça vous permettez de vous La cour,
changer les idées. Infirme le jugement du conseil de prud’hommes de Bordeaux du
Nous ne pouvons accepter un tel comportement. 26 janvier 2017,
Et statuant à nouveau, Condamne M. B X aux dépens.
Déclare le licenciement pour faute grave de M. B X par la société Signé par Monsieur F G, président et par D E, greffière, à laquelle la
Dépotito du 16 septembre 2015 régulier et justifié, minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
Déboute M. X de ses demandes, DEFG
Dit n’y avoir lieu à condamnation en application des dispositions de
l’article 700 du code de procédure civile,