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Les habitants du Gévaudan poursuivirent la chasse jusqu'en juin

Attention a ne pas croiser la Bete ! 1767, où une Bête, bien différente d'un loup, fut tuée par Jean
CHASTEL, à la « sogne d'Auvers ».
Bien des victimes qui avaient pu échapper aux attaques ont décrit cet
animal : la possibilité de la présence d'un être humain à ses côtés, n'a
La Bête du Gévaudan reste un mystère entre politique, religion
pu être écartée. Bien des hypothèses ont été avancées pour
et légende.
expliquer ce qu'il pouvait être.
Ma première approche s'est faite par la lecture du livre de l'abbé
Bien des personnages ont été mis en cause pour expliquer ses
FABRE, 1930 (reprenant les écrits de l'abbé POURCHER de
agissements. Aujourd 'hui encore le secret demeure.
1889),
De nos jours, les connaissance scientifiques, les facilités de
qui relate les événements de cette période de 1764 à 1767.
communication, d'information et de déplacements, ainsi que les
Très vite j'ai été convaincu que la Bête ne pouvait être un loup.
méthodes de la police scientifique auraient tôt fait de lever le voile sur
Les gens du Gévaudan de l'époque vivaient au quotidien avec les
ce qui nous est encore inconnu.
loups, et ils auraient identifié la Bête comme telle si tel avait été
Le rapport MARIN, retrouvé aux archives nationales atteste bien que
le cas.
l'animal abattu par Jean CHASTEL n'était pas un loup,
Pour se rapprocher de la vérité, il faut impérativement
mais qu'il lui ressemblait pour l'arrière train seulement. Comment
s'astreindre à raisonner comme l'homme de 1765.
exclure le fait que cette bête ait pu épouser, par officiants interposés,
L'importance de la religion et de la superstition mêlées, rendait
la vindicte des familles protestantes qui avaient subi les atrocités des
crédible le fait que la Bête était surnaturelle donc encore plus
dragonnades ?
redoutable.
Comment ne pas penser que .des scènes aussi sanglantes n'aient pas
a crainte des puissants a très certainement fait taire la
pu susciter chez des esprits dérangés des désirs de meurtre ?
population, alors que des faits étaient connus.
Bien d'autres « amateurs » comme moi ont dû aussi arriver à ces
En 1764 la France est gouverné par LOUIS XV « le bien aimé ».
conclusions, et ne couchent pas non plus sur le papier le fond de leur
Nous sommes au « siècle des lumières »,
pensée.
le roi est favorable aux idées des philosophes et cela préoccupe
Je continue à chercher au cours de mes randonnées en Margeride sur
les nobles et le clergé qui voient l'avenir de leurs privilèges en
les traces de la Bête ou sur les traces des Camisards en Cévennes
danger.
quels éléments qui me permettraient de mieux approcher la «Vérité ».
Nous sommes également à l'époque où le marquis de Sade va
développer ses théories.
Gérad G.
Des nobles de la cour s'en inspirent et la noblesse de province
copie la cour.
Nous ne sommes que soixante ans après la révolte des
Une présentation imagée de la Béte du Gévaudan.© Gérard Lattier
CAMISARDS (1702-1705) qui a enflammé le sud de la province.
La conséquence en est qu'à l'époque de la Bête, les gens du
Gévaudan sont encore sous le coup d'une interdiction de détenir
des armes à feux
et des armes longues, pour contrer un éventuel soulèvement.
Remarquons au passage que les soldats des régiments du Haut
Gévaudan qui sont descendu prêter main forte pour mater la
révolte huguenote étaient originaires des zones où la Bête a
commis le plus d'atrocités.
Je ne vais pas à mon tour vous raconter les faits, mais si nous
nous remémorons succinctement les étapes principales nous
retiendrons que :
de 1764 à 1767 Le Gévaudan fut endeuillé par une série de
crimes attribués à une bête non identifiée.
Les archives des paroisses permettent de recenser environ 114
victimes sur 158 agressions, portant essentiellement sur des
jeunes enfants et des femmes.

Le premier adversaire de la Bête fut le capitaine DUHAMEL qui,


secondé par ses «dragons», chassa la Bête aux environs de
Langogne
puis de St Chèly d'Apcher et du Malzieu. Après d'innombrables
battues infructueuses il dû céder sa place à Messieurs
DENNEVAL, père et fils,
originaires de Normandie où ils avaient abattu plus de 1200
Loups. Ils vinrent en Gévaudan à la demande du Roi, ils
abattirent 350 loups mais ne purent tuer la Bête.
Fortement préoccupé par cette affaire qui le ridiculisait, aux yeux
des nations étrangères et au sein même de son Royaume, le Roi
va demander à son «porte arquebuse» Monsieur Antoine de
BEAUTERNE d'intervenir.
Accompagné de nombreux autres gardes royaux, il tuera en
septembre 1765, dans des circonstances troubles, un grand loup,
aux alentours de l'Abbaye des Chazes, ce qui mettra un «terme
officiel» aux agressions de la Bête du Gévaudan.
Cependant les représentants du roi repartis, la Bête reprit ses «
crimes ».