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LE TRAVAIL : QUE SIGNIFIE CE TERME EN CLINIQUE ET

PSYCHOPATHOLOGIE DU TRAVAIL ?

Valérie Ganem, Isabelle Gernet et Christophe Dejours

John Libbey Eurotext | « L'information psychiatrique »

2008/9 Volume 84 | pages 801 à 807


ISSN 0020-0204
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L’Information psychiatrique 2008 ; 84 : 801-7

PATHOLOGIES DU TRAVAIL

Le travail : que signifie ce terme en clinique


et psychopathologie du travail ?

Valérie Ganem1, Isabelle Gernet2 , Christophe Dejours3

RÉSUMÉ
La présentation de l’évolution du rapport entre clinique et travail amène les auteurs à discuter la thèse de la « centralité du
travail » dans l’analyse des décompensations psychopathologiques comme dans le cadre du processus thérapeutique.
Mots clés : travail, psychopathologie, intelligence au travail, normalité

ABSTRACT
Work: what does this term mean in the clinical psychopathology of work? The presentation of the evolution of the
relationship between clinical medicine and work leads the authors to discuss the thesis of the “central nature of work” in the
analysis of psychopathological decompensations and in the framework of the therapeutic process.
Key words: work, psychopathology, intelligence at work, normality

RESUMEN
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El trabajo : ¿Que significa este término en la clínica y la psicopatología del trabajo ? La presentación de la evolución
de la relación entre clínica y trabajo permite a los autores discutir la tesis de la « centralidad del trabajo » en el análisis de
las descompensaciones psicopatológicas así como en el marco del proceso terapéutico.
Palabras clave : trabajo, psicopatología, inteligencia en el trabajo, normalidad

1
Psychologue du travail, docteur en psychologie, membre de l’équipe thématique « Psychodynamique du travail et de l’action », Centre de recherches sur
le travail et le développement, Conservatoire national des arts et métiers, 41, rue Gay-Lussac, 75005 Paris
2
Psychologue clinicienne, maître de conférences, université Charles-de-Gaulle - Lille-III, Laboratoire PSITEC, membre associé de l’équipe thématique
« Psychodynamique du travail et de l’action », Centre de recherches sur le travail et le développement, Conservatoire national des arts et métiers, 41, rue
Gay-Lussac, 75005 Paris
<isabelle.gernet@univ-lille3.fr>
doi: 10.1684/ipe.2008.0396

3
Psychiatre, psychanalyste, professeur titulaire de la chaire psychanalyse-santé-travail et directeur de l’équipe thématique « Psychodynamique du travail
et de l’action », Centre de recherches sur le travail et le développement, Conservatoire national des arts et métiers, 41, rue Gay-Lussac, 75005 Paris

Tirés à part : I. Gernet

L’INFORMATION PSYCHIATRIQUE VOL. 84, N° 9 - NOVEMBRE 2008 801


V. Ganem, et al.

Introduction • Nouveaux développements de l’analyse du travail


et de la psychologie du travail
Le but de cet article est de rendre compte de ce que les Des sociologues américains comme Elton Mayo et Wil-
sciences du travail peuvent apporter au praticien pour réflé- fredo Pareto vont développer à partir de 1924 un nouveau
chir aux questions qui lui arrivent de plus en plus souvent courant de pensée qui s’intéresse aux relations humaines.
aujourd’hui par la clinique et la psychopathologie du tra- Les sentiments apparaissent en effet comme un facteur
vail. Écouter le travail dans le cadre de la pratique et de la essentiel de productivité et ces auteurs vont donc chercher à
démarche cliniques suppose certains préalables : face à une accroître la motivation chez les travailleurs, recréer « la
décompensation psychopathologique, quelle place accor- solidarité humaine perdue », afin d’améliorer encore la
der aux contraintes de travail ? Et en retour quelle place productivité et la rentabilité des entreprises. Mais en éva-
doit-on faire à l’analyse du travail à l’intérieur même du cuant le caractère forcé du travail, la composante aléatoire
processus thérapeutique et du projet formulé par les soi- de l’emploi ainsi que les dimensions sociales de la division
gnants face aux malades ? La réponse à ces questions ne du travail, ces approches réduisent le « facteur humain »1 à
peut être univoque et mobilise des connaissances spécifi- des comportements individuels sur le « marché des satis-
ques sur ce que désigne le terme de travail, à l’heure où le factions » [9]. Cette approche va rencontrer un vif succès
secteur psychiatrique et l’organisation des soins subissent en France y compris auprès des psychotechniciens qui se
le contrecoup des mutations brutales qui affectent le monde déplaceront aux États-Unis en 1952 pour l’étudier.
du travail contemporain. Après la Seconde Guerre mondiale, la psychologie du
travail trouve réellement sa place au côté de la psychologie
appliquée au travail et se donne pour but d’enrichir et de
Évolution du rapport entre clinique renouveler les principes d’analyse du travail initiés par
et travail J.-C. Lahy. Cette discipline va considérer l’exécution d’une
tâche donnée comme une activité globale complexe [17].
Les premières rencontres de la psychologie Elle va également être à l’initiative d’une démarche
et du travail d’adaptation du travail à l’homme et non pas le contraire,
comme c’était le cas de la psychotechnique. L’avancée
• Psychotechnique : majeure viendra d’A. Ombredane et J.-M. Faverge [16] qui
la psychologie appliquée au travail entrevoient pour la première fois ce qui sépare le travail
Le premier à avoir pour ambition de mettre la psycholo- prescrit du travail réel. Le travail accède par là même au
gie au service de la compréhension du travail et des tra- statut de comportement global où se trouve dévoilé le rôle
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vailleurs est Édouard Toulouse. Il est convaincu que la fondamentalement actif du travailleur. Mais l’expérience
science doit permettre de corriger certaines inégalités vécue et la subjectivité à l’œuvre dans le travail restent
sociales et cherche dans la psychiatrie et la psychologie les encore dans l’ombre, et ce sont des psychiatres qui contri-
moyens de connaître « scientifiquement » la conduite et les bueront à les mettre en lumière.
aptitudes de l’homme (É. Toulouse 1896, 1909). Nommé à • Un contexte favorable à l’évolution de la psychiatrie
Villejuif en 1898, il crée un laboratoire de psychologie et à sa prise en compte du travail
expérimentale dont les travaux s’orientent rapidement vers Pour analyser la contribution de la psychiatrie dans la
la psychotechnique, l’orientation et la sélection profession- rencontre entre clinique et travail, il nous faut revenir au
nelle. tournant du siècle : la psychiatrie mécaniste de la seconde
J.-C. Lahy, assistant d’É. Toulouse, quant à lui, entre- moitié du XIXe siècle est remise en cause au profit d’une
prend très tôt (1905) d’étudier le travail là où il s’effectue. Il approche plus dynamique des troubles mentaux. Il s’agit de
s’intéresse en particulier à la notion d’aptitude qu’il définit trouver le sens qui unifie l’hétérogénéité apparente des
comme l’adéquation entre les fonctions psychologiques symptômes. Des débats sont ainsi ouverts sur l’étiologie
d’un individu et les exigences requises pour une tâche des troubles mentaux et vont se cristalliser lors des journées
donnée. Ce faisant, il développe ce que l’on peut considérer de Bonneval en 1946. Certains comme J. Lacan plaident en
comme une psychologie appliquée au travail. Mais cette faveur d’une causalité psychique pure, d’autres comme H.
approche reste encadrée par les présupposés de la psycho- Ey, défendent l’idée que la maladie mentale correspond à
logie positive, qui s’en tient aux données observables, igno- une « dissolution » des fonctions supérieures et à une réor-
rant la dynamique qui s’instaure dans l’activité même du ganisation à un niveau de fonctionnement inférieur.
travail. Dans le cadre de cette psychologie appliquée au D’autres parmi les psychiatres marxistes, comme S. Follin
travail, il s’agit d’adapter l’homme au travail. Le travail est et L. Bonnafé considèrent que la causalité des troubles
donc considéré comme une donnée de fait sans frontières
sociales. Par la suite, Lahy mettra au point des tests stan-
dardisés qui vont le conduire à délaisser l’analyse du travail 1
Terme généralement utilisé dans la sécurité pour désigner les incidents
stricto sensu. liés à une erreur humaine.

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Le travail : que signifie ce terme en clinique et psychopathologie du travail ?

mentaux est à la fois psychique et sociale, médiatisée par appui sur le travail réel car pour lui, seuls les groupes
des réactions organiques. naturels ou « normaux » ont une réelle valeur thérapeuti-
L’évolution déterminante de la psychiatrie concernant le que. Par ailleurs, la rémunération doit être un principe
travail aura lieu peu après. En effet, pendant la guerre, directeur de la thérapeutique par le travail car elle apporte
beaucoup de malades meurent de faim, et les psychiatres au malade une « véritable réhabilitation, une confiance en
constatent parfois que ceux qui s’éloignent de l’hôpital lui et une dignité nouvelle » (L. Le Guillant, Symposium
psychiatrique pour échapper aux bombardements réalisent sur la psychothérapie collective, 1951).
une spectaculaire réadaptation sociale. Ces événements
obligent ainsi à repenser totalement l’institution psychiatri-
que. Des dispositifs sont mis en place pour favoriser la • La psychopathologie du travail :
resocialisation et la réadaptation extrahospitalière. Par là le travail peut-il rendre malade ?
même va s’opérer le rapprochement inattendu de la folie et
du travail. En cherchant à réinsérer les malades dans le monde du
travail réel, certains de ces psychiatres vont s’intéresser aux
• La thérapeutique par le travail travailleurs normaux qui tombent malades à l’occasion du
Quelques psychiatres vont ainsi développer des expéri- travail. Ils vont ainsi chercher à mettre en évidence des
mentations du travail comme thérapeutique au sein des caractéristiques pathogènes du travail et procéder aux pre-
institutions. miers développements de la psychopathologie du travail.
Pour Daumezon et Tosquelles [6], le « travail thérapeu- Dans ce contexte, Sivadon va défendre l’hypothèse
tique » dépasse le travail occupationnel dans la mesure où il selon laquelle un travail risque d’être pathogène pour des
ne s’agit pas de « faire travailler les malades » pour dimi- raisons le plus souvent extrinsèques [22]. Il considère que
nuer tel symptôme ou tel autre. Il s’agit de faire travailler l’homme dont le système nerveux est pourvu de mécanis-
les malades et le personnel soignant, pour soigner l’institu- mes adaptatifs efficaces s’accommode des conditions de
tion [21] : pour que l’institution saisisse sur le vif, que les travail les plus défavorables [23].
malades sont des êtres humains, toujours responsables de Claude Veil, son collaborateur, met l’accent sur l’impor-
ce qu’ils font, ce qui ne peut être mis en évidence qu’à tance de la prise en compte de l’expérience vécue par le
condition de faire quelque chose [25]. Cette pratique sera sujet. Pour lui, l’étiologie est toujours à la fois d’ordre
désignée par Tosquelles par les termes de « psychothérapie personnel et professionnel [26].
institutionnelle ». Pour lui, l’essentiel réside dans la prise
de conscience des relations et des rapports activés par le Le Guillant, quant à lui, introduit dans la psychopatho-
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travail. L’instauration de règles et de pratiques collective- logie du travail le rapport de subordination qui lie le salarié
ment « instituées » et une conception coopérative du travail à son employeur. Partant des travaux de Pavlov, il défend
sont également dès cette époque identifiées comme des l’idée que l’action du milieu a des effets sur l’activité
dimensions déterminantes pour penser les rapports entre nerveuse des individus [12]. Il montre également qu’il
travail et institution soignante. n’existe pas de prédisposition des sujets aux troubles men-
Pour Sivadon, contemporain de Tosquelles, le travail taux liés au travail, contrairement à ce qu’avance Sivadon.
doit permettre une réadaptation sociale et professionnelle Pour ce qui concerne les actions possibles pour améliorer
des malades mentaux. Les postulats de base d’une telle les conditions de travail, Le Guillant s’en remet aux tra-
entreprise sont les suivants : adapter les conditions de vailleurs et non aux psychiatres ou aux psychologues. Il
l’activité aux niveaux fonctionnels subsistant chez le considère que c’est l’élucidation des situations par les tra-
malade et surtout son « niveau de sociabilité » ; les condi- vailleurs eux-mêmes qui constitue le ressort de l’action.
tions de l’activité doivent répondre à une échelle d’activité Mais au cours des années 1960, la psychiatrie entérine la
croissante. Sa démarche consiste à rétablir les échanges position dominante de la psychanalyse et des tentatives
avec le monde extérieur, puis à développer les capacités de visant à reformuler la psychopathologie du travail à la
contact humain des malades par la psychothérapie et la lumière de la psychanalyse auront lieu [13, 15]. Ces tenta-
sociothérapie pour tenter de restructurer leur personnalité tives annoncent le dépassement de l’approche médico-
au niveau le plus élevé. Les processus subjectifs à l’œuvre psychiatrique classique en psychopathologie du travail.
dans les tâches concrètes modifient l’objet et le sujet lui- Toutefois, faute de parvenir à se distancier de la métapsy-
même par la même occasion. C’est dans la résolution des chologie freudienne qui les inspire, elles ne parviennent
tensions successives dans les rapports du sujet et du monde pas à penser ce qui revient en propre à la réalité du travail et
matériel et social que réside l’action thérapeutique du tra- restent sans lendemain. C’est à la faveur de la confrontation
vail au sein de l’institution [2]. entre l’ergonomie de langue française et la psychanalyse
Pour Le Guillant le but de ce travail doit être de faire que la clinique du travail va prendre en compte la mobili-
sortir les malades, de les réhabiliter socialement et non pas sation subjective du sujet dans son travail et la dimension
de les réadapter. Pour ce faire, ces activités doivent prendre collective du rapport subjectif au travail.

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V. Ganem, et al.

Description de l’intelligence au travail l’engagement de la subjectivité dans l’endurance, d’où


émerge l’invention d’habiletés pour parvenir à effectuer
• L’intelligence au singulier son travail. Le travail représente ainsi une épreuve du
L’intégration des recherches en ergonomie dans le monde, mais aussi et surtout une épreuve de soi, par le
champ de la clinique du travail a contribué à donner une truchement de la souffrance et de la confrontation à l’échec.
nouvelle épaisseur à la définition du travail. En effet, la Le sujet en travaillant opère des transformations du monde
description du travail et de sa réalisation concrète dans le en produisant des biens et des services, mais se révèle aussi
cadre de conditions de travail spécifiques a permis à l’ergo- soi-même à travers l’éprouvé du corps engagé dans un
nomie de mettre en évidence l’écart irréductible qui existe rapport prolongé avec la matière ou les objets techniques,
entre le travail prescrit par l’organisation et l’activité effec- ce que les psychiatres avaient pressenti à propos du travail
tivement réalisée. Le travail réel, qui est l’objet d’étude thérapeutique. L’expérience de travail est avant tout une
privilégié, consiste à combler cet écart et désigne les acti- expérience affective, puisque le travail est l’occasion la
vités déployées par les hommes et les femmes pour faire plus ordinaire d’éprouver les limites des pouvoirs du corps
face à ce qui n’est pas prévu par l’organisation du travail et dans leur rapport avec la résistance du monde. De ce point
échappe aux prescriptions. Le travail exige ainsi l’élabora- de vue, l’expérience de travail condense la dimension du
tion de savoir-faire là où les procédures et prescriptions se travail intrapsychique, appréhendé sur le modèle de la
révèlent insuffisantes. Travailler requiert la mise en œuvre perlaboration proposé par la psychanalyse d’une part, et le
d’habiletés inventées et « affinées » par les travailleurs au travail de la pensée en tant que représentation et connais-
contact du réel et au cours même de la réalisation de la sance du monde d’autre part. L’affectation du corps par le
tâche. Le travail ne peut se réduire à l’exécution stricte des réel du travail se mute ainsi en « exigence de travail » pour
consignes et des procédures, car les situations de travail la pensée du sujet, qui de ce fait se transforme lui-même.
sont sans cesse parasitées par des événements inattendus, Mais le travail de la pensée est aussi mobilisé et enrichi
des incidents, des pannes, des imprévus organisationnels. en retour, par la mise en délibération collective et la cons-
Travailler suppose donc de réaliser des compromis vis-à- truction des rapports de coopération dans le travail.
vis des contraintes matérielles et psychiques rencontrées
(environnement de travail, rythme de travail, maîtrise des
• L’intelligence au pluriel
outils, « maniement » de la relation, travail de soin...).
Cependant ce qui est mis en œuvre par les sujets pour Le travail vivant se traduit par la formation d’habiletés
combler l’écart entre le prescrit et le réel ne peut pas être individuelles qui émergent de l’expérience du corps, mais
prévu à l’avance, mais est inventé ou redécouvert à chaque aussi par l’invention et l’appropriation de savoir-faire col-
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fois. C’est pourquoi, le « travailler », pour le clinicien, lectifs. Comme le travail est aussi un rapport social, il
renvoie avant tout à un « travail vivant ». suppose la « coordination » des intelligences. En d’autres
Ce « travail vivant » représente une forme de mobilisa- termes, il implique des relations complexes pour faire
tion de la pensée et de l’activité symbolique, dont on peut advenir puis assurer la pérennisation du collectif de travail.
montrer qu’elle s’origine dans le corps. Car travailler sup- Tout travailleur, même l’artisan ou le travailleur « indépen-
pose un rapport prolongé entre le corps et la matière (outils, dant », doit accorder son activité à un collectif de travail,
objets techniques). Le corps dont il s’agit n’est pas tant le lequel produit, entretient et remanie les règles de travail. La
corps biologique que le « corps vécu » identifié par la formation des collectifs de travail résulte de la construction
phénoménologie, ou « corps érotique » en référence au volontaire de relations de coopération entre les sujets, en
vocabulaire psychanalytique. L’approche cognitive classi- vue de leur participation à une œuvre commune.
que peine à rendre compte de l’engagement du corps dans La coopération est au fondement de la formation du
l’activité de travail [3], ce qui aboutit soit à la méconnais- collectif de travail. Celui-ci n’est donc pas réductible au
sance de cette forme d’intelligence, soit à sa dévalorisation regroupement d’individus selon des coordonnées spatiales
au profit de conceptions plus rationnelles et rationalisantes ou temporelles. Les liens de coopération sont organisés par
de l’activité. Cette intelligence du corps est pourtant les règles de métier, qui résultent de constructions collecti-
requise dans toutes les activités, qu’elles soient agricoles, ves en vue de combler les manques de l’organisation pres-
industrielles, de services ou de soins. crite du travail. Ces règles nécessitent la mise en œuvre
La rencontre avec le monde, par l’intermédiaire du tra- d’une intelligence spécifique qui mobilise les expériences
vail, conduit inévitablement à se retrouver confronté à ce des travailleurs et concernent à la fois les dimensions éthi-
que l’on désigne comme le réel du travail, à savoir ce qui ques, sociales, techniques et langagières du travail. Mais la
résiste à la maîtrise. Cette expérience de résistance du construction des règles requiert surtout la formation d’un
monde à la maîtrise technique se fait irréductiblement sur le espace de discussion interne à l’entreprise ou à l’institu-
mode de la souffrance. Le sujet fait l’expérience de l’échec tion, au sein duquel les travailleurs peuvent débattre des
car des incidents de toutes sortes parasitent le rapport direct valeurs et des principes qui serviront de référence à leur
au monde. La référence à la souffrance permet de saisir collectif et aux jugements sur leur travail.

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Le travail : que signifie ce terme en clinique et psychopathologie du travail ?

La coopération et la construction des règles de métier La centralité du travail


supposent la contribution active (impliquant un engage-
ment subjectif) en échange de laquelle les sujets attendent Pas de neutralité du travail en termes
une rétribution symbolique à la base de la reconnaissance et de santé mentale
de l’appartenance au collectif de travail. La reconnaissance
de la qualité du travail des uns et des autres est indexée au • Le travail comme épreuve pour la construction
rapport au réel, c’est-à-dire que ce sont les membres du de l’identité et l’accomplissement de soi
collectif de travail qui sont les plus à même de juger de la L’armature de la santé mentale, c’est l’identité. Toute
qualité de la relation individuelle que chacun entretient décompensation psychopathologique suppose une crise
avec la tâche à accomplir et la manière dont les habiletés d’identité [20]. François Sigaut, anthropologue du travail,
sont engagées et mobilisées pratiquement. Reconnaître le propose de récapituler la dynamique de l’identité dans un
travail c’est aussi le rendre visible et le valider à travers la schéma à trois pôles (figure 1).
formulation de jugements sur la qualité du faire. Ainsi, le sujet peut construire son identité si les trois
pôles Réel, Ego, Autrui restent liés. En effet, l’identité, au
Au sein du collectif de travail, sont partagées, élaborées
contraire de la personnalité, n’est jamais définitivement
et discutées les interprétations du réel du travail et des
stabilisée. Pour être conforté dans son identité, le sujet
savoir-faire qui en découlent (« savoir-faire de prudence »
(Ego) a toujours besoin du regard de l’autre (Autrui). Mais
chez les tailleurs de pierre, décrits par D. Cru [5], ou,
la construction de l’identité, l’accomplissement de soi pas-
« savoir-faire discrets » chez les infirmières [14]).
sent aussi nécessairement par une médiation, à savoir le
Mais ce collectif de règles peut aussi être un collectif de rapport au réel. Quand le sujet se met à l’épreuve du réel et
défense, lorsque les travailleurs construisent et entretien- à ses inattendus, c’est toujours de manière affective. Et
nent collectivement des stratégies pour se protéger de la lorsqu’il arrive à surmonter cette épreuve, en mobilisant
souffrance engendrée par les contraintes de travail et se son intelligence, ou plus exactement son ingéniosité, il en
défendre contre la peur (peur du risque, peur de la mort, de sort « grandi », c’est-à-dire que son identité peut en sortir
la maladie ou de l’accident, peur de commettre des erreurs renforcée.
techniques ou professionnelles, peur de l’injustice, de En psychodynamique du travail, ce triangle peut prendre
l’humiliation, de la violence...). Ces stratégies défensives, la forme de la figure 2.
sont érigées pour occulter, ou immobiliser la perception de
ce qui, dans la réalité du travail, est en cause dans l’accrois- • Le travail « destructeur » de santé
sement de la vulnérabilité. Les règles défensives indivi- Mais F. Sigaut défend aussi l’idée que la dynamique de
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duelles et collectives élaborées pour continuer à travailler l’identité et donc la santé mentale d’un sujet peut être mise
représentent ainsi des compromis inventés par les sujets
pour rester dans la « normalité ».
Réel

• La normalité : une énigme, une conquête


La normalité résulterait d’un compromis entre la souf-
france et les défenses mises en place par le sujet et consis-
terait en un processus conflictuel toujours susceptible
d’être déstabilisé. La normalité, au même titre que la santé, Ego Autrui
ne serait donc pas réductible à un état, ni même à une
capacité d’adaptation aux contraintes de l’organisation du Figure 1.
travail. La normalité représenterait un état instable que le
sujet cherche à maintenir malgré la confrontation aux
contraintes délétères qui pèsent sur lui et aux risques de Travail
maladies (physiques et mentales). Pourtant cet équilibre ne
serait pas dénué de souffrance, ce qui conduit à proposer le
terme de « normalité souffrante ». Les stratégies mises en
place pour se défendre de la souffrance ressentie dans la
confrontation avec le travail permettent aux sujets, de
continuer à travailler, mais aussi et surtout de rester « nor-
maux », en tout cas de conjurer le risque de décompenser. Souffrance Reconnaissance

Figure 2.

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V. Ganem, et al.

en péril si un seul des trois pôles est isolé des deux autres. ral, c’est la reconnaissance, c’est-à-dire la formulation d’un
Ainsi, si le sujet est coupé du réel et de la reconnaissance jugement sur le travail accompli.
par autrui, il est renvoyé à la solitude de la folie classique, Or, la reconnaissance par les pairs n’est possible que si
connue sous le nom d’« aliénation mentale ». fonctionne un collectif. Ce qui est déterminant à ce niveau,
Si le sujet entretient par son travail un rapport raisonna- c’est la confiance et la loyauté au sein du groupe. Celles-ci
ble avec le réel, mais que son travail n’est pas reconnu par ne naissent pas spontanément. Elles ne peuvent se cons-
autrui, il est condamné à la solitude aliénante que Sigaut truire que si les membres d’une équipe sont en mesure de
désigne par les termes « d’aliénation sociale », dont la s’accorder sur les mêmes règles de travail. C’est l’existence
situation du « génie méconnu » est un cas de figure. Le de règles partagées qui structure le groupe et conditionne
risque alors, est que cette folie soit confondue avec l’alié- l’existence du collectif.
nation mentale, parce que la symptomatologie est la même
que dans l’aliénation mentale en dépit d’une étiologie dif- • Apport de la clinique
férente. L’essentiel de la psychopathologie du travail se Si l’on admet que le travail représente une épreuve
déploie dans le secteur de l’aliénation sociale, notamment subjective majeure au regard de l’accomplissement de soi,
les pathologies de harcèlement moral et même certains il faut aussi admettre qu’il peut jouer un rôle dans les
suicides qui sont recensés depuis une douzaine d’années décompensations psychiatriques et psychosomatiques.
dans le monde du travail. Cette question se pose inévitablement pour le psychiatre ou
La psychodynamique du travail qualifie ces nouvelles le clinicien préoccupé par la santé mentale dans un contexte
pathologies liées au travail de « pathologies de la soli- d’augmentation des psychopathologies liées à l’exercice du
tude ». Les nouvelles formes de management et notamment travail. Comment départager ce qui ressortit aux caractéris-
l’évaluation individualisée des performances divisent les tiques de la personnalité et aux relations intersubjectives
collectifs. Les sujets qui se retrouvent seuls face à des renvoyant à la sphère privée, de ce qui appartient en propre
traitements ou des actes injustes à leur poste de travail, aux contraintes exercées par l’organisation du travail et les
lorsqu’ils ne peuvent plus compter sur la solidarité de leurs rapports sociaux dans l’étiologie de la décompensation ?
collègues (en raison de l’exacerbation du « chacun pour Les données cliniques suggèrent que le rapport subjectif
soi ») sont fortement fragilisés. au travail intervient dans la survenue de décompensations
Pour être exhaustif, il faudrait commenter un dernier psychiatriques ou somatiques, quand surgissent des contra-
type d’aliénation proposé par Sigaut. C’est « l’aliénation dictions insolubles entre ces deux modes d’engagement de
culturelle » qui survient lorsque Ego et Autrui se reconnais- la personnalité (sphère affective ou familiale et sphère du
sent mutuellement alors même qu’ils ont conjointement travail). Des observations cliniques approfondies ont été
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perdu le contact avec le Réel. C’est le cas par exemple des publiées [1, 7, 8, 11].
sectes, mais parfois aussi des états-majors qui ont perdu le Du point de vue clinique, la difficulté principale consiste
lien avec l’expérience ordinaire de la « base ». dans le fait que les manifestations de la souffrance mentale
Le travail peut aussi constituer un danger pour la santé au travail ne surgissent pas toujours directement sur le lieu
des sujets [24]. Le prescrire comme thérapie n’est donc de travail. De surcroît, la forme séméiologique de la
peut-être pas toujours pertinent. décompensation ne dépend pas des contraintes de travail,
mais bien de l’organisation mentale du sujet et des relations
Faut-il prescrire le travail comme thérapie ? intersubjectives dans lesquelles elle se trouve mise en
À quelles conditions ? impasse. Pour autant, le travail n’est pas un simple décor, et
ne peut pas être réduit à un simple facteur déclenchant
• Les conditions favorables à la mobilisation contingent de la crise psychopathologique ou somatique.
de l’intelligence dans le travail Au regard de la centralité du travail, les stratégies défensi-
ves représentent le chaînon indispensable pour apprécier
Aujourd’hui, avec les nouveaux apports de la psychody-
les rapports entre normalité souffrante et décompensation.
namique du travail, nous savons que le travail ne peut
revêtir un caractère thérapeutique pour le sujet ou plus
généralement permettre son accomplissement, qu’à certai- Conclusion
nes conditions : que l’organisation du travail soit propice à
la mobilisation de l’intelligence individuelle et collective Alors quelle place pour le travail dans le projet thérapeu-
dans le travail. tique ? Tenter de répondre à cette question suppose de
Ces conditions repérées par la psychodynamique du pouvoir rendre compte des conditions de possibilité d’une
travail peuvent être regroupées schématiquement en deux mobilisation subjective dans le travail. Celle-ci peut être
catégories. La première concerne toutes les conditions analysée à la lumière de la centralité du travail vis-à-vis de
favorables à la mobilisation de l’intelligence individuelle la santé mentale comme nous avons tenté de l’illustrer ici.
ou ingéniosité. La seconde et la plus importante de ces Le dispositif de réhabilitation s’appuie sur le postulat de
conditions pour la mobilisation de l’intelligence en géné- la valeur thérapeutique du travail et utilise la prescription

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Le travail : que signifie ce terme en clinique et psychopathologie du travail ?

du travail au nom du soin [4, 10]. Cependant, le soin, en tant 7. Dejours C. Travail : usure mentale. Paris : Édition Bayard,
qu’il est lui-même un travail et une action qui concernent 1993.
l’être humain, ne peut être standardisé. L’intelligibilité des 8. Dejours C. Folie et travail : de l’analyse étiologique aux
vulnérabilités individuelles face aux contraintes du travail contradictions théoriques. Psychiatrie Française 1996 ; 2 :
ne peut être envisagée en termes de rapports de causalité 123-40.
simple. Des retours d’expérience de réinsertion de tra- 9. Desmarez P. La sociologie industrielle aux États-Unis.
vailleurs handicapés suggèrent l’existence de modalités de Paris : Armand Colin, 1986.
résistance particulières de certains de ces travailleurs aux 10. Dessors D, Jayet C. Méthodologie et action en psychopatho-
contraintes issues de l’organisation du travail [18]. logie du travail. À propos de la souffrance des équipes de
Par ailleurs, le développement de nouveaux dispositifs réinsertion médico-sociales. Prévenir 1990 ; 20 : 31-43.
de prévention et de prise en charge de la souffrance au 11. Gaignard L. Fatalisme économique, ambition et psychose de
travail révèle la complexité des pratiques face aux patholo- souhait. Travailler 2008 ; 20 : 19-36.
gies mentales associées au travail (pathologies post- 12. Le Guillant L. Introduction à une psychopathologie sociale.
traumatiques, pathologies du harcèlement, dépressions et L’Évolution Psychiatrique 1954 ; 19 : 1-52.
passages à l’acte suicidaires [19]. S’il apparaît en effet 13. Missenard A. Psychologie et psychopathologie appliquées à
nécessaire de suspendre le contrat de travail au moment de l’aéronautique. Brétigny-sur-Orge : Ministère des Armées,
la crise psychopathologique, la reprise du travail suppose la Centre d’enseignement et de recherche de médecine aéro-
collaboration de plusieurs spécialistes associés au psychia- nautique (IMASSA/CERMA), 1958 ; (sous la direction de).
tre (médecin du travail, médecins inspecteurs du travail, 14. Molinier P. « Féminité et savoir-faire discrets ». In : Actes du
juristes et avocats spécialisés en droit du travail, travailleurs Colloque International de Psychodynamique et Psychopa-
sociaux), en vue de prévenir les incidences de la prescrip- thologie du Travail. Laboratoire de psychologie du travail du
tion médicale vis-à-vis de l’aptitude au travail, tout autant CNAM. Tome II. : 335-348.
que de la protection des droits. Les décisions thérapeuti- 15. Moscovitz JJ. Approche psychiatrique des conditions de tra-
ques doivent prendre appui sur la volonté du sujet de vail par une enquête effectuée parmi le personnel roulant de
reprendre ou non le travail en mobilisant les ressources la SNCF. Thèse de médecine soutenue le 19 novembre 1968
indispensables pour s’assurer que son activité réunisse un à la faculté de médecine de Marseille.
minimum de conditions favorables à la mobilisation sub- 16. Ombredane A, Faverge JM. L’analyse du travail. Facteur
jective de celui-ci d’une part et à la psychodynamique de la d’économie humaine et de productivité. Paris : PUF, 1955.
reconnaissance d’autre part. 17. Pacaud S. Recherches sur le travail des téléphonistes. Étude
psychologique d’un métier. Le Travail Humain 1949 ; 1-2 :
46-65.
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Document téléchargé depuis www.cairn.info - - - 187.54.223.66 - 06/09/2019 20:51 - © John Libbey Eurotext
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professionnelle. Une clinique pluridimensionnelle requérant
des ressources théoriques pluridisciplinaires. Cliniques
1. Bensaïd A. Apport de la psychopathologie du travail à
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