Vous êtes sur la page 1sur 50

Introduction à la psychologie

clinique
Théories de l’attachement
Alexandra Stolnicu
Stéphan Hendrick

FPSE, UMONS, septembre 2017


Prémisses des théories de l’attachement
• – Document vidéo – « La cas de John »

• Les théories de l’attachement puisent leur fondement dans la


rencontre d’un psychanalyste – John BOWLBY – avec l’éthologie.

• L'éthologie étudie l'animal dans son cadre de vie normal

• Fondateurs de l'éthologie: K. LORENZ et N. TINBERGEN.

• LORENZ (1984) : empreinte et territoire


Héritages de l’éthologie
• construction du lien entre la mère et le bébé dans le monde animal

• LORENZ :
• « empreinte » : un oisillon, dans les heures qui suivent l'éclosion, intègre les caractéristiques de sa mère et en
même temps de son espèce et entame des comportement de « poursuite » àl’égard de sa mère.
• comportements d’appétence pour l’état de repos, chez les oiseaux. Cette quête ne s’apaise qu’en présence
d’une certaine configuration de stimuli.
• exemple : beaucoup d’oiseaux vivant en milieu marécageux ne peuvent pas trouver de repos tant qu’ils ne sont pas accroché à
une tige, tournées vers le haut, dans un endroit abrité.

• BOWLBY :
• comportements d’appétence pour l’état de repos, chez les bébés qu’il a associé au sentiment de sécurité.

• HARLOW :
• nécessité d'un lien d'attachement entre le bébé Rhésus et la mère, ainsi que toutes les implications
qu'entraînait ce manque d'attachement.
Héritages de la psychanalyse
• René SPITZ :
• effets de l'institutionnalisation

• Les psychanalystes :
• l’étayage fondamental est lié à la satisfaction des besoins biologiques et
sexuels (et leur élaboration fantasmatique),
• Les théoriciens de l’attachement :
• l’étayage fondamental est lié à la satisfaction des besoins d’attachement et de
tendresse.
Travaux de BOWLBY
• L'attachement du bébé à sa mère et de la mère au bébé dominent le tableau
relationnel. Cet attachement résulte d'un certain nombre de systèmes
comportements caractéristiques de l'espèce qui s'organisent autour de la mère.

• BOWLBY a décrit cinq systèmes comportementaux d’attachement innés :


• sucer,
• s'accrocher,
• suivre,
• pleurer,
• sourire.

• Conduites sont primaires  maintenir l'enfant à proximité de la mère (ou la mère


à proximité de l'enfant).
Sahuc (2006), p.137
Sahuc (2006), p.138
Syndrome d’hospitalisme - SPITZ
• niveau anormalement élevé de mortalité chez les jeunes enfants, en particulier entre 5 et 12 mois (orphelinat)
• Soins et conditions sanitaires - satisfaisants.
• la mort ne venait qu’achever un processus qui exprimait une rupture de la communication de l’enfant avec son environnement :
• Problèmes de nutrition jusqu’à un refus complet d’alimentation.
• Le bébé devenait également inexpressif, bougeait de moins en moins, avec une atonie du corps et du visage.
• Au bout de ce cycle, l’enfant devenait si vulnérable que n’importe quelle maladie pouvait l’emporter.
•  syndrome d’hospitalisme : marasme psychique de l’enfant.

• Le syndrome ne touchait pas tous les bébés de la tranche d’âge observée.


• Ceux qui étaient considérés par le personnel comme les plus « difficiles », les plus agités, donc ceux qui sollicitaient le plus l’intervention des
infirmières n’étaient pas touchés par ce syndrome.
• C’était plutôt les bébés que l’on qualifie de « sages » qui étaient concernés.

• Importance de la fréquence des interactions que le bébé avait avec les adultes qui s’occupaient de lui
• Ces interactions étaient vitales aussi bien physiquement que psychiquement, apportant l’amour et la sécurité affective nécessaire
au développement de l’enfant.
• « L’amour maternel est aussi important que le lait ». (SPITZ)
Fonctions de l’attachement
• Assurer protection et réconfort à l’enfant, en particulier lorsque celui-ci perçoit une menace.

• La menace peut être réelle ou simplement perçue comme telle (un bruit soudain et inhabituel).
• Elle peut provenir du monde extérieur ou de perceptions corporelles désagréables (faim, froid,
coliques et bientôt de l’« imagerie » mentale que l’enfant à propos de ses relations avec le
monde).

• Si les réponses de l’entourage sont appropriées,


• l’enfant, il développera un sentiment de sécurité stable qui lui donneront le désir et la confiance pour
explorer le monde.
• Au cours de cette exploration, des surprises l’attendent, tantôt agréables, tantôt désagréables.
• Dans ce second cas, l’enfant revient régulièrement vers la mère afin de restaurer un niveau de sécurité puis il
repart en exploration.

• Ce schème, répété un certain temps, conforte le bébé, renforce sa sécurité de base et lui permet
d’élargir son champ d’expérience et d’exploration.
Fonctions de l’attachement
• Lors de ce processus, l’attitude « secure » de la mère est fondamentale.
• le bébé constate que sa mère est présente, attentive. Elle encourage à ses expériences et perçoit que celle-ci, face à ces
expériences, demeure sereine.
• De nouvelles compétences peuvent alors émerger grâce aux expériences nouvelles. L’enfant intériorise la confiance de la
mère et développe une confiance en lui et en un monde globalement intéressant et stable.
•  enfant secure.

• l’attitude « secure » de la mère est à la fois liée à ses expériences avec sa propre mère dans le passé, mais aussi à la qualité
de son milieu humain actuel : conjoint, famille, amis, etc.

• Lorsque les réponses de la mère et de son entourage aux besoins d’attachement de l’enfant ne sont pas
adéquates:
• l’enfant se développe moins bien.
• Il fait moins d’expériences ! Il explore moins le monde car il a besoin de davantage de réconfort.

• Cas extrêmes, il risque de développer un attachement de type insécure.


Les travaux de M. AINSWORTH
– La Strange Situation Procedure
• – Document vidéo – « La Strange Situation Procedure » (B.Pierrehumbert/S. Lebovici)

• But : éliciter des comportements d’attachement chez des enfants de 1 an


• A. Un « étranger » fait entrer l’enfant et un parent dans une pièce inconnue (un labo) puis laisse ces deux-ci seuls.
• B. l’étranger revient, parle avec le parent puis s’approche de l’enfant
• C. le parent laisse l’enfant seul avec l’étranger
• D. le parent revient lorsque l’étranger sort
• E. le parent laisse l’enfant seul.
• F. l’étranger revient
• G. le parent revient et l’étranger sort

• La manière dont l’enfant se comporte au moment où il se trouve réuni à son parent montre comment il a
vécu les séparations et comment le parent arrive à l’apaiser. Cette procédure permet de classer les enfants
dans une des catégories suivantes :
• A. secure (Fréquence : 60%)1
• B. insecure/anxieux-évitant (15%)
• C. insecure/anxieux-ambivalent (10%)
• D. insecure/désorganisé-désorienté (Catégorie D) (15%)
Codage

• Un enfant sécurisé (secure) fera confiance au parent, ne pensera pas qu’il est abandonné et
anticipera la scène où il se verra conforté. Même s’il marque quelque désappointement d’être
laissé seul, il sera rapidement réconforté par le retour du parent. On observe généralement les
comportements suivants : protestations lors des séparations (surtout la seconde) ; accueil enjoué
de la mère à son retour ; l’enfant reprend ses jeux après avoir été réconforté.
• Un enfant insécurisé (insecure) se comportera de manière différente selon la nature de son
angoisse (types B, C ou D).
• Dans le groupe B (évitants) , on observe généralement les comportements suivants:
• l’enfant semble peu affecté par la séparation ; il évite les contacts ; il n’accueille pas sa mère au retour de celle-ci ; il se focalise
sur son jeu.
• ces enfants avec un niveau de stress élevé dans les premiers mois de la vie.
• Gunnar et al (1996) ont montré que les lignes de base de cortisol étaient plus élevées chez des nourrissons exposés à
l'insécurité, en particulier ceux du groupe B.

• Dans le groupe C, l’enfant montre de la détresse lors des séparations (anxiété); il mélange la recherche de
contact et le rejet coléreux (ambivalence) ; il est difficile de le réconforter lors des retrouvailles.

• Le groupe D se manifeste par des comportements à la fois du groupe B et C, sans grande cohérence
(désorganisé) avec des attitudes bizarres et stéréotypées.
Signification psychopathologique des
catégories
• Les catégories « insecure/anxieux-évitant » et « anxieux-ambivalent » (et a fortiori, « secure »)
n’ont aucune prétention prédictive sur le plan psychopathologique. Elles témoignent tout
simplement de stratégies plus ou moins satisfaisante face à des sources d’anxiété.
• Par contre, la destin des enfants de type « insecure/désorganisé-désorienté » ont une destinée
plus préoccupante. Sans mécanismes « correcteurs » par la suite, il semble qu’ arrivés à l’âge, un
certain nombre d’entre eux présentent des risques de troubles mentaux. Il importe donc de les
identifier dès que possible afin de mettre en place des mesures de prévention.
• Les nourrissons qui manifestent des états cataleptiques - suspension complète du mouvement
volontaire (freeze) – ou encore qui se frappent la tête, ou des battements de mains doivent attirer
l’attention. En général, ces comportement se maintiennent même en présence du soignant
(parent, tuteur, infirmier).
• pour ces enfants, le « soignant » ait servi à la fois de source de la frayeur et de réconfort.
•  l'activation du système d'attachement se soit déclenché dans des contextes contradictoires.
• Il n’est donc pas étonnant que ce type soit souvent lié à une histoire de négligence grave ou de violence
physique ou sexuelle ( Main et Hesse, 1990).
Parents effrayants
• Un parent « effrayant » ne pas nécessairement un parent sadique ou activement maltraitant.
• il s’agit plutôt d’inadéquation marquée.
• En principe, toute expérience de stress – inévitables dans le monde réel -, surtout s’il est intense, doit être
suivie d’une expérience de réassurance et de réconfort.
• Ils protègent, donne un sens à la source de stress, la relativise. Par leur attitude confiante, enseignent à
l’enfant que cette source de stress n’est pas dangereuse ou lui apprennent comment éviter ou atténuer le
stress.
• Dans ces conditions, l’enfant apprend à maîtriser ses peurs et à gérer son stress.

• Mais
• Si le ou les parents ne remplissent plus cette fonction de réconfort,
• alors les sources de stress, même bégnines, deviennent des sources d’effroi : une forme de peur
insurmontable qui submerge les capacités de pensée et d’action et altère le système nerveux.
• Un parent peut devenir effrayant parce qu’il est lui-même submergé sur le plan psychologique
(mère dépressive ou psychotique, parents toxicomanes ou alcooliques, situation de grande
précarité sociale, handicap mental, etc).
Parents effrayants
• En l’absence de réconfort, de tuteur de résilience dirait Boris Cyrulnik,
ces enfants doivent affronter non seulement des sources externes de
stress (bruits soudains, étrangers, …) mais aussi internes (rage, colère
et même la haine).

• Les enfants doivent alors faire face seuls à ces affects intenses et
pénibles.

• Ils ont peur de mourir ou d’être détruits et d’éclater en morceaux.


Les travaux de M. MAIN – L’Adult Attachement
Interview (A.A.I.)
• Mary MAIN,
• - une étude sur quarante familles de niveau social moyen et dont les enfants ont été suivis de
la naissance jusqu'à l'âge de 6 ans.
• un entretien structuré avec les mères,
• La situation étrange pour observer les relations mère-enfant. Avec son équipe, elle a ensuite
• Transcription et au codage des entretiens avec les parents  correspondance entre la
classification de la sécurité de l'enfant et les récits des parents.

• "Adult attachement interview" (AAI): entretien structuré et technique de codage

• Cette procédure permet de classer les sujets dans une des catégories suivantes :
• A. secure-autonome (Catégorie F comme Free-autonomous) (58%4)
• B. insecure/détaché (Catégorie Ds comme Dismissing) (24%)
• C. insecure/préoccupé (Catégorie E comme Enmeshed, preoccupied) (18%)
• D. insecure/désorganisé-désorienté (Catégorie U comme Unresolved loss)5.
Codage
• Sujets secures:
• Récits cohérents de leur passé (même difficile) et ont la possibilité d’explorer librement leurs pensées.
• Ils ont accès à l’ensemble de leur souvenir ; ils portent un regard objectif sur leurs relations, sans tenter de
reformuler leur histoire selon un modèle plus désirable, sans tenter d’idéaliser, de nier, de justifier ou
minimiser les actes de leurs parents.
• Ils identifient bien les incidences émotionnelles des expériences négatives sur leur vécu actuel.

• Sujets insecures-détachés:
• Récits qui sont incohérents (les anecdotes racontées contredisent les appréciations générales qu’ils formulent
à l’égard de leur lien avec les figures d’attachement).
• Récits sont également très pauvres : ils évitent la discussion sur les questions d’attachement ; ils évitent toute
évaluation négative de leurs parents et de leur enfance ou font des tentatives exagérées pour tenter de
justifier les actes parentaux.
• Ils se montrent souvent incapables de se souvenir. Et lorsque le souvenir persiste malgré les défenses, les
cognitions sont isolées des émotions ; le sujet semble désaffecté.
• Ils ne peuvent mesurer l’impact de leurs expériences passées sur leur vécu actuel. Au niveau de la forme du
discours, ces sujets transgressent la maxime de quantité (discours pauvre, évasif) et de qualité (récits qui ne
s’appuient pas sur des événements probants).
Codage
• Sujets insecures-préoccupés:
• Récits très fournis mais « à côté du sujet » (quantité excessive d’informations, digressions).
• À l’inverse des « détachés », ils semblent envahis sur le plan émotionnel (tristesse profonde,
colères mal contenues, irritation, manque de recul) par leur histoire.
• Ils ne semblent pas encore dégagés de leurs relations, s’expriment souvent de façon infantile, ont
tendance à répéter les propos tenus jadis par les parents.
• Il leur est difficile d’être autonome et de penser par eux-mêmes. Au niveau de la forme du
discours, ces sujets transgressent la maxime de pertinence (répondent à côté).

• Sujets désorganisés:
• Récits désorganisés tant sur le plan de la forme que du contenu.
• Les repères temporels et spatiaux sont brouillés (le clinicien a lui-même des difficultés pour
rétablir la chronologie).
• Lorsqu’il évoque des événements traumatisants mêmes anciens, le sujet semble revivre la
situation comme si elle se produisait maintenant (effet de persistance).
• Les souvenirs sont principalement constitués d’images sensorielles. Le sujet semble parfois perdre
le contact avec la situation d’entretien.
Utilisation de l’ Adult Attachment Interview
dans des contextes cliniques
• Les expériences traumatiques et de perte est très commune dans les échantillons
psychiatriques (Steele & Steele, 2000).
• Les sujets “états-limites” sont fréquemment associés à des interviews de type “unresolved and
insecure-preoccupied interviews”.
• Les troubles alimentaires sont liés à des interviews de type unresolved and insecure-dismissing
interviews.
• Les sujets suicidaires ont souvent des protocoles de type unresolved and ‘disorganised’interviews.
• En psychologie légale, les prisonniers incarcérés à la suite de crimes présentent une incidence
élevée d’abus durant l’enfance une prévalence importante de profils insécures (dismissal and/or
préoccupation).

• !!! L’AAI ne doit pas devenir un instrument de diagnostic.

• Il peut être utile pour identifier des profils inter-personnels particuliers parmi des sujets
porteurs par ailleurs de symptômes identiques.
Les travaux de MONTAGNER (1988)
• Montagner étudie les comportements entre enfants et définit diverses séquences comportementales.
• Il distingue ainsi parmi les interactions entre enfants:
• des séquences comportementales qui ont pour but d'apaiser et de créer des liens (offrande, caresse, baiser, inclinaison latérale de la tête...)
• des séquences qui entraînent une rupture de lien, un recul, une fuite ou une agression (ouverture de la bouche avec émission d'une
vocalisation aiguë et projection en avant d'un bras ou d'une jambe).
• En fonction de la fréquence d'occurrence de ces conduites, Montagner décrit divers types comportementaux (leaders, dominants
agressifs, dominants fluctuants, dominés craintifs, dominés agressifs...) qui semblent en partie corrélés au type d'attitude de la
mère et changer avec l'attitude de cette dernière, du moins jusqu'à 3 ans.
• Toutefois cet essai de typologie n'est pas admis par certains auteurs.
• Etudes des interactions sociales des enfants à la crèche. Analyse films image par image: 90 comportements (descriptions
physiques = acte matériel qui indique les descriptions fonctionnelles) – 6 catégories (descriptions fonctionnelles):
• 1. Offrandes
• 2. Sollicitations
• 3. Menaces
• 4. Actes de saisie
• 5. Agressions
• 6. Isolements
Le jeu trilogique de Lausanne
• Le rôle du père étant mieux établi de nos jours, qu’en est-il des relations
dans le cadre triadique ?
• Une méthode consiste à procéder à des mesures liées aux contenus des
échanges non verbaux.
• Ce type de communication est moins susceptible de subir les biais liés à la
conscience d’être observé.
• Le jeu trilogique de Lausanne (FIVAZ-DEPEURSINGE & al., 2001) constitue
une illustration remarquable de ce type d’approche.
• FIVAZ-DEPEURSINGE (2001) - Le jeu trilogique de Lausanne
• - un système d’observation et codage des interactions parent-nourrisson (triangle
primaire).
Le jeu trilogique de Lausanne
• L’observation comprend quatre parties :
• - La mère joue avec le bébé et le père passif (tiers)
• - Le père joue avec le bébé et la mère passive (tiers)
• - Le père et la mère jouent avec le bébé
• - Le père et la mère discutent ensemble sans s’occuper du bébé
Le jeu trilogique de Lausanne
• L’analyse des interactions se fonde sur quatre fonctions du jeu trilogique :
• - La participation : est-ce que chacun est inclus dans le jeu ?
• - L’organisation : est-ce que chacun joue bien son rôle ?
• - La focalisation : est-ce que chacun suit le jeu ?
• - Le contact affectif : est-ce que chacun est accordé émotionnellement ?
• La réponse à ces questions permet de classer les triades en 5 catégories d’alliance :
• coopérative,
• tendue,
• stressée,
• collusive
• désordonnées.
• L’originalité de cette approche réside dans le fait que ce que l’on tente observer cible la triade père-mère-enfant au lieu de se
concentrer uniquement sur la relation mère-enfant.
• Elle intègre l’influence de l’observateur sur l’observation.
• Elle se fonde sur les comportements non-verbaux.
• L’étude crée des ponts entre l’approche systémique et la psychologie développementale.
• Aide à cerner l’importance de l’intersubjectivité, de l’alliance coparentale et de la compétence du nourrisson.
Le jeu trilogique de Lausanne
La représentation de l’attachement
- Les modèles internes opérants (M.I.O.)
• BOWLBY "modèle interne opérant" (M.I.O):
• modèles relationnels qui aident à comprendre le comportement de son
entourage et à anticiper celui-ci.

• Concept qui est lié au concept de permanence de l'objet - PIAGET.


• dans la mesure où l'enfant a acquis la permanence de l'objet, il peut accepter
la disparition provisoire de la figure d'attachement sans crainte qu'il s'agisse
d'un abandon.
L’ATTACHEMENT, UN SYSTÈME MOTIVATIONNEL
(Romain Dugravier, Anne-Sophie Barbey-Mintz, 2015, p. 15 – 16)

• Bowlby
• réfute la théorie des pulsions
• propose plutôt un ensemble de systèmes innés de comportements ou systèmes motivationnels favorisant les relations et qui
sont corrigés quant au but par la réponse de l’environnement.

• Le système d’attachement
• a pour but de favoriser la proximité de l’enfant avec une ou des figures adultes afin d’obtenir un réconfort lui permettant de
retrouver un sentiment de sécurité interne face aux éventuels dangers de l’environnement.

• Ainsi, toutes les conditions indiquant un danger ou générant du stress pour l’enfant activent ce système que ce soient des
facteurs internes, comme la fatigue ou la douleur, ou des facteurs externes, liés à l’environnement (tout stimulus effrayant,
par exemple la présence d’étrangers, la solitude, l’absence de la figure d’attachement).

• Ce système semble plutôt constamment activé, corrigé en permanence quant à l’objectif à atteindre, comparable au
fonctionnement d’un thermostat : sous certaines conditions, le système d’attachement est fortement activé, ce qui conduit
l’enfant à chercher et à n’être satisfait que par le contact ou la proximité avec la figure d’attachement.

• Lorsque les conditions sont perçues comme normales, l’enfant est libre de poursuivre d’autres buts et d’autres activités,
même si le système continue de contrôler l’environnement comme possible source de stress. Le système d’attachement est
actif tout au long de la vie, plus ou moins stable au sein d’un environnement plus ou moins fixe : seuls les comportements
spécifiques utilisés changent en fonction du développement (N. Guédeney, 2009).
Les comportements d’attachement
(Romain Dugravier, Anne-Sophie Barbey-Mintz, 2015, p. 15 – 16)

• Pour obtenir cette proximité, le nourrisson use de divers comportements innés tels que le sourire,
les vocalisations, le fait de s’agripper, les pleurs (ces derniers, vécus par le donneur de soins
comme désagréables, l’incitent à tenter d’y mettre fin), et, plus tard, la marche.
• Ces comportements, bien que présents dès la naissance, ne sont pas encore dirigés vers une
figure particulière et apparaissent plutôt indifférenciés dans un premier temps.
• Mais, très tôt, les cris ou les pleurs de l’enfant sont mieux calmés par la mère que par n’importe
quelle autre personne. Vers 4-5 mois, un enfant dont la mère quitte la pièce va crier ou pleurer,
essayant ainsi de la ramener auprès de lui.
• L’enfant sourit préférentiellement et plus intensément aux personnes qui lui sont familières, et
encore plus à sa figure d’attachement principale.
• L’enfant babille de plus en plus avec sa figure d’attachement, instaurant de véritables dialogues, et
beaucoup moins devant les personnes étrangères ou les objets inanimés.
• C’est la répétition des expériences de réconfort en situation de détresse qui permet l’émergence
progressive d’une meilleure discrimination par l’enfant de ses figures d’attachement.
Le système exploratoire
(Romain Dugravier, Anne-Sophie Barbey-Mintz, 2015, p. 15 – 16)
• Quand le système d’attachement n’est plus activé, que l’enfant est rassuré alors entre en
jeu le système exploratoire grâce auquel l’enfant apprend sur son environnement et
développe des capacités qui seront importantes pour les stades ultérieurs du
développement.

• Ce système se développe surtout à partir de 7 mois, période qui correspond à la mise en


place du système d’attachement et à la constitution de figures d’attachement
spécifiques.

• Avec ses progrès moteurs, sa capacité à se déplacer, l’enfant peut s’éloigner pour
explorer et étendre ainsi considérablement son horizon.

• Il devient dès lors particulièrement actif dans la régulation de la distance avec l’adulte.
Stratégie primaire et stratégie secondaire -
MAIN
• Les stratégies primaires sont innées et sont constituées d'un
répertoire de comportements d'attachement dont la fonction est de
maintenir la mère à proximité.
• Les stratégies secondaires, par contre, constituent une adaptation du
comportement en fonction du plus ou moins grand succès que
l'enfant a rencontré dans ses expériences visant à maintenir cette
proximité.
• Ces adaptations secondaires peuvent conduire l'enfant à minimiser (stratégie
de minimisation) ou à maximiser (stratégie de maximisation) le système
d'attachement.
• Ces stratégies apparaissent lorsque les stratégies primaires ne suffisent plus à
obtenir le réconfort et la proximité de la mère.
Stratégies de minimisation et de maximisation
• stratégie de minimisation
• lorsque la mère ne supporte pas les demandes affectives de l'enfant
• inhibition du système d'attachement.
• L'enfant constate que ses demandes affectives ont plutôt tendance à éloigner la mère.
• Les comportements de détachement et d'évitement auraient alors pour fonction de soulager
la mère et de rendre plus tolérable pour celle-ci un rapprochement avec l'enfant.
• Poussée à l'extrême cette stratégie de détachement correspond à un renoncement de
l'espoir à être protégé et rassuré.
• Les stratégies de maximisation
•  hyperactiver le système d'attachement.
• Une réponse est obtenue de la mère uniquement lorsque l’enfants manifeste une détresse
extrême
•  l'enfant apprend progressivement à augmenter l'intensité des signaux de détresse qu'il émet.
• Le profil de ses enfants est plutôt un profil anxieux et préoccupé.
• Cette attitude empêche par ailleurs l'enfant d'explorer et de s'intéresser au monde extérieur.
Stratégie désorganisée
• Stratégie désorganisée –
• résulte d'un conflit entre deux stratégies incompatibles.
• Ceci se produit en particulier lorsque l'enfant a peur de sa mère ou lorsqu'il a
peur pour sa mère.
• Lorsque l'enfant a peur de sa mère:
• situation paradoxale: l’enfant est amené à chercher du réconfort auprès d'une figure qui en
même temps l'effraie (mères maltraitantes).
• La situation où il a peur pour sa mère se rencontre plutôt lorsqu'on a affaire à des mères
traumatisées ou endeuillées.
• situation paradoxale: il doit chercher du réconfort auprès d'une mère dont il sent que sa
quête de réconfort perturbe et éloigne celle-ci.
M.I.O.
• Les M.I.O. sont mis à jour au fur et à mesure des nouvelles expériences de l'enfant.
• Mais:
• généralement les personnes ont tendance à percevoir les événements au travers des premiers
M.I.O. qu'ils ont construits.
• organisation d'un système défensif - BOWLBY - exclusion défensive :
• mécanisme qui consiste à ne pas traiter les informations gênantes pour le système déjà constitué.
• Dans ces conditions, les M.I.O. ne sont pas mis à jour.

• Deux origines sont possibles à ce phénomène.


• La première correspondant aux interdits parentaux.
• Ex. une mère peut se montrer hostile lorsque son enfant manifeste des sentiments négatifs qu'ils soient dirigés
ou non contre elle. Alors qu'elle peut se montrer présente et chaleureuse lorsqu'il est gai.
•  l'enfant intériorise cet interdit implicite d'extériorisation des sentiments négatifs.
•  Il ira dès lors dans le sens des attentes parentales pour ne pas être confronté à un sentiment de culpabilité
ou de honte.
• L'autre origine correspond à une stratégie d'évitement des informations qui risqueraient de
confronter l'enfant à un sentiment de tristesse ou d'angoisse.
Transmission transgénérationnelle des M.I.O.
• Pourquoi certaines personnes semblent répéter des schèmes interactionnels qui
manifestement leur sont nocifs?
• Imperméabilité aux expériences
• Tout se passe comme si elles continuaient à fonctionner comme elles le faisaient avec leur
première figure d'attachement.
• Une personne qui a été maltraitée durant son enfance aura tendance, une fois adulte, à choisir un partenaire
dans ces relations de couple où l'un des partenaires est soumis et impuissant et l'autre contrôlant et insensible.
• Le même type de schéma peut également se reproduire entre le parent et l'enfant.
• Dans la mesure où le parent a été amené à exclure défensivement certaines informations, l'adulte régule alors
son comportement en fonction de ses propres schémas et non en fonction de ce qu'exprime l'enfant 
transmission transgénérationnelle.
• Cette transmission n'est cependant pas une fatalité!!!

• Les M.I.O. peuvent toujours être révisés.


• Milieu sécurisant - bonne alliance thérapeutique - psychothérapie.
• l'évocation des épisodes douloureux devient moins dévastatrice.
Pluralité des modèles internes opérants
• Selon MAIN chacun développerait un état d'esprit général.
• un seul modèle de l'enfance est retenu.

• L'autre alternative consisterait à penser que différents modèles


développés durant l'enfance fusionnent
• Mais
• Comment un sentiment de soi pourrait émerger dans de telles circonstances?
• CRITTENDEN (1990) suggère que nous disposons d'un méta-modèle c’est-à-dire d'un
modèle généralisé qui comprendrait en même temps plusieurs sous-modèles, chacun
spécifique à une relation donnée.
Stabilité des M.I.O.
• Les M.I.O. restent relativement stables durant la vie adulte en dehors de la survenue d'événements particuliers.
•  les M.I.O. vont structurer et organiser les relations amicales et amoureuses de l'adulte.
• choix du partenaire et de la rencontre
• dans la suite de la construction ou de la non-construction de la relation de couple.
• Ainsi si lors de la rencontre et des périodes dites de flirt c'est le système d'attachement qui est surtout activé, on va observer si la relation se poursuit à un
rééquilibrage entre le système d'attachement et le système exploratoire.

• Une autre forme d'équilibre doit également être trouvée entre les deux partenaires en tant que chacun est à la fois donneur et
receveur du soutien, d'attention, de sécurité et d'amour.

• Un troisième d'équilibre doit être trouvé entre quatre systèmes de comportement:


• reproduction,
• attachement,
• sexualité,
• soins parentaux.

• Souvent, les qualités du partenaire idéal


• partenaire qui saura réduire l'inconfort de l'autre partenaire ou éventuellement qui respectera ses modalités défensives.
Discussion autour de la notion sécure/insécure
• Attachement sécure
• Un enfant sécure est un enfant qui sait utiliser l’adulte comme base de réconfort pour s’ouvrir au monde et aux autres.
• Le concept d’attachement s’oppose à celui de dépendance.
• Un enfant dépendant, au contraire, a sans cesse besoin de réconfort et il n’est jamais satisfait de ce que l’adulte lui donne.
• Envahi par une éternelle quête de réconfort, il ne peut mobiliser son énergie pour explorer, s’ouvrir au monde et aux autres.

• Normal ou pathologique
• !!! hâtif de décréter que les enfants sécures seraient normaux et que les enfants insecures seraient
anormaux.
• Mais:
• les personnes sécures sont moins nombreuses dans les groupes cliniques,
• les stratégies relationnelles de maximisation (insecure/anxieux) ou de minimisation (insecure/détaché) constituent au contraire des
adaptations réussies face à des situations difficiles.
• Le caractère « pathologique » est moins lié à l’appartenance à une catégorie qu’au prix que l’enfant paie
pour s’adapter.
• Tout dépend de l’intensité et du coût des stratégies dites « insecure ».
• C’est pourquoi, dans la perspective clinique, une évaluation dimensionnelle est préférable à une évaluation
catégorielle.
Implications psychothérapeutiques
Apports aux psychothérapies en général
• Contexte d'une psychothérapie
• situation - base de sécurité suffisante
• situation de séparation/retrouvaille
•  la discontinuité même des rencontres avec le psychothérapeute crée un contexte propice à faire
émerger les problématiques de séparation et de retrouvaille.
• Mais - dans les contextes institutionnels, en présence d'éducateurs ou d'infirmières, le dispositif de soins
s'inscrit dans une continuité.
• Cette continuité peut être rendue nécessaire pour certains patients.
• Néanmoins elle n'est pas la panacée universelle
• C'est dans de tels contextes que le travail du psychothérapeute peut inscrire une forme de différenciation dans
le dispositif de soins : la discontinuité dans la continuité.

• susceptible d'activer le système d'attachement:


• rencontre d'une personne en recherche de soins et d'une personne pourvoyeuse de soins.
• si la personne se présente en situation de vulnérabilité, de crise mobiliser chez l'un et chez l'autre les
stratégies d'attachement typique.
• Le patient peut alors faire une expérience de soins qu’il n'avait jamais vécue jusqu'alors.
• expérience émotionnelle correctrice.
Implications psychothérapeutiques
Apports aux psychothérapies en général
• Concept d'alliance thérapeutique (développé en systémique)
• équivalent de la base de sécurité que le psychothérapeute établit avec le patient.
• Une expérience relationnelle correctrice :
• le thérapeute s’engage dans un mode relationnel différent de ceux affichés par les figures d'attachement
habituelles du patient.
• Il existe aussi un attachement du psychothérapeute au patient et qui peut renvoyer au concept de contre-
transfert.
• Le thérapeute invite le patient à une forme d’auto-réflexion, d'exploration de son passé
•  prise de distance par rapport à ses modes habituels de pensée
•  établissement de nouveaux modèles internes opérants.
• La relation avec le thérapeute:
• une forme de partenariat corrigée quant au but
• Le thérapeute est:
• Une sorte de compagnon qui peut supporter et contenir les émotions intenses.
• La figure d'attachement espérée, disponible, fiable.
• Pour certains patients, cette expérience de stabilité peut être entièrement nouvelle et inconnue pour eux.
Parallèle avec la relation thérapeutique
• Un patient en difficulté et qui consulte un clinicien, va entamer un cycle
exploration attachement un peu sur le même modèle que la relation mère-bébé.
• D’abord envers son thérapeute qui, au départ, fait partie d’un monde externe à explorer !
• « Puis-je lui faire confiance ? », « Suis en sécurité avec lui ? ».

• Ensuite, le thérapeute peut jouer un rôle similaire à celui de la mère du patient.


• le patient peut éventuellement associer son thérapeute à ses représentations maternelles (notion de
transfert).
• Comme dans le cas du bébé, le patient constate que son thérapeute est présent, attentif.
• Il encourage à ses expériences – exploration de son inconscient, de ses peurs, de ses souvenirs
douloureux, etc –
• et perçoit que face à ces expériences, le psychothérapeute demeure serein et stable.
• Cette attitude du thérapeute que l’on peut rapprocher de la notion de
“contenance” dans l’approche psychanalytique.
Théorie de l'attachement et thérapie familiale
• Théorie de l'attachement - le travail thérapeutique est une coconstruction.
• Travailler avec le sujet à la construction d'une histoire cohérente de sa propre vie.
• acquisition d'une compétence narrative.
• BYNG-HALL :
• jonction entre théorie de l'attachement et thérapie familiale.
• concept de scripts familiaux: scénarios, de séquences interactionnelles où les schèmes d'attachement sont répétés.
•  Il propose un travail dont la philosophie consiste à réécrire avec la famille ces scripts familiaux.

• « Family Separation Test » (F.S.T.).


• Avant la thérapie, on demande aux parents s’ils sont d’accord de participer à un test très simple. On leur donne alors des instructions écrites.
• Les enfants ne sont pas avertis de ce qui va se produire, comme dans la S.S.P, de telle sorte qu’ils peuvent supposer que ce sont leurs parents qui prennent les décisions.
• Les parents doivent quitter la pièce à un signal donné par le thérapeute et laisser seuls les enfants avec le thérapeute.
• Ils doivent revenir dans la salle au bout de 6 minutes, en entrant ensemble et en restant côte à côte durant 5 secondes avant de réagir naturellement.

• Cette procédure permet de révéler :


• 1° des difficultés éventuelles en cas de séparation
• 2° les comportements de réconforts éventuels entre pairs durant la séparation
• 3° les comportements d’attachement éventuels envers le thérapeute
• 4° Quelle est la principale figure d’attachement de l’enfant lors du retour des parents
• 5° les indices quant à la nature de l’attachement qui lie chaque enfant à chaque parent

• version abrégée de l’A.A.I.


Troubles de la relation patient-caregiver
• notion de « caregiver »
• Parents
• Membres d’une équipe thérapeutique.

• Relation parent-enfant
• les parents sont les « caregivers ».
• La relation repose des « compétences parentales »:
• la capacité de percevoir les signaux de l’enfant,
• la capacité de les interpréter correctement,
• la capacité d’y répondre adéquatement et rapidement.

• Observer ces compétences en scrutant les regards réciproques, les expressions faciales, les
interactions verbales, le rythme des échanges, le dialogue tonique (toucher, maintien
postural, distance).
Lyons-Ruth (2005)
• Dans un groupe de mère d’enfant de type insecure-désorganisée, Lyons-Ruth (2005) a
mis en évidence une diversité́ de profils de comportements de la mère et du nourrisson
que l’on peut distinguer deux groupes principaux.
• Groupe impuissant/craintif

• Dans le premier groupe, les mères manifestent significativement plus d’appréhension, d’hésitation ou de retrait
face aux comportements d’attachement de l’enfant.
• Elles semblent en général plus craintives et inhibées, et parfois particulièrement douces ou fragiles.
• Il est très peu probable qu’elles se montrent ouvertement hostiles ou intrusives et elles ont tendance à céder
devant les efforts répétés de l’enfant pour établir le contact.
• Cependant, elles ne prennent pas l’initiative de saluer ou d’approcher l’enfant et souvent hésitent, s’éloignent
ou essaient de détourner les demandes de contact proche de l’enfant avant d’y donner suite.
• groupe « impuissant/craintif vis-à-vis de l’attachement» (Lyons-Ruth et Spielman, 2004; Lyons-Ruth et al.,
2003).
• Les enfants de mères du groupe impuissant/craintif ne cessent de poursuivre leur mère pour établir le contact.
• Ils expriment tous leur détresse, approchent leur mère et tentent d’établir un contact physique avec elle, bien
qu’ils manifestent par ailleurs des comportements désorganisés, y compris des signes de conflit, de crainte,
d’incertitude, d’impuissance, ou d’humeur déprimée.
Lyons-Ruth (2005)
• Groupe hostile/auto-référentiel
• Plus de comportements auto-référentiels, de comportements négatifs-
intrusifs que les autres mères.
• Les comportements négatifs-intrusifs et auto-référentiels sont fortement
corrélés, de sorte que ces mères montrent souvent un mélange contradictoire
de rejet et de recherche de l’attention de leur enfant.
• profil maternel «hostile/auto-référentiel vis-à-vis de l’attachement ».
• Les enfants de ces mères manifestent à la fois des comportements
conflictuels désorganisés et des taux élevés de comportements évitants ou
résistants, comme se détourner de la mère, ou de la détresse persistante, ou
des comportements de colère aggravée en présence de la mère.
Unthought Known
• Christopher Bollas - «Unthought Known»:
• Stratégies désorganisées, y compris leurs composants défensifs et conflictuels
• Représentations non conscientes, implicites, procédurales des processus interactifs qui se développent pendant la petite
enfance, (Lyons-Ruth, 1999).
• dans leur échantillon très stressé et à bas revenu,
• Les enfants dont les mères manifestent des patterns de communication affective non perturbée ont un taux bas de désorganisation de l’attachement.
• Les enfants dont les mères manifestent des patterns de communication affective perturbée (hostile ou impuissant) ont un taux de désorganisation jusqu’à
5 fois plus élevé.

•  Ces deux profils maternels, hostile et impuissant, comme des positions complémentaires dans un système
dyadique, dans lequel l’un a besoin de dominer et l’autre se sent impuissant à prendre des initiatives.
•  Un modèle dyadique de relation hostile-impuissant sous-tend la diversité des profils maternels.
• En accord avec l’idée que les modèles dyadiques sont internalisés,
• beaucoup de parents manifestent des patterns de comportements mixtes qui incluent aussi bien les éléments hostile/ auto-
reférentiel que les éléments impuissant/craintif de l’interaction avec l’enfant.
• Ces relations très déséquilibrées de dominance-soumission conduisent à des réponses contradictoires
d’hostilité-impuissance envers l’enfant.
•  double effet de rejeter et d’intensifier les comportements d’attachement de l’enfant.
• Ces combinaisons de comportements contradictoires chez la mère suscitent en retour des comportements
contradictoires chez l’enfant, sous forme de comportements désorganisés vis-à-vis du parent.
Accordage affectif (STERN)
• « accordage affectif » : l’imitation puisse traduire le passage d’états internes de la mère au bébé et réciproquement, par la contagion d’affect.
• Exemple :
• Un nourrisson de 9 mois frappe de la main un jouet de consistance douce, d’abord avec une colère, puis, progressivement, avec plaisir, exubérance, et humour. Il adopte
un rythme régulier. La mère adopte ce même rythme et dit « kaaaaaaa-bam, kaaaaaaa-bam », « bam » coïncidant avec le coup sur le jouet, et le « kaaaaaaa »
accompagnant le moment où le bras du bébé s’élève et reste suspendu en l’air, moment plein de suspense, avant de frapper le jouet. Il est important de noter qu’il ne
s’agit pas d’une simple imitation du comportement du bébé par la mère. Celle-ci utilise une autre modalité (la voix, dans cet exemple) que celle par laquelle le nourrisson
s’exprime (le geste). L’« appariement » mère-nourrisson est intermodal ou transmodal.
• L'accordage affectif prend des éléments discrets d'interactions et les introduit dans un mouvement d'accordage presque musical par lequel les actions
des deux sujets s'orientent autour d'une action commune pour faire sentir une émotion ou une intention autre que l'événement discret exprimé.
• En d’autres termes, il y a ici une mise en phase, une syncrhonisation des états internes du bébé et de la mère.
• Selon STERN, les conduites d’accordage peuvent être observées dès les premières interactions mère-nourrisson.
• Mais c’est vers 9 mois environ que l’accordage affectif est pleinement développé, car c’est vers cet âge que les bébés « découvrent qu’ils ont une
psyché et que d’autres personnes ont des psychés séparées ».
• Divers travaux en psychopathologie ont montré que la mère, lorsqu’elle s’écarte trop du nourrisson – parce qu’elle est déprimée, par exemple –
plonge ce dernier dans un désarroi important.
• Les expériences basées sur le paradigme du « Still Face » indiquent combien l’enfant est perturbé dans ce type de condition et à quel point il lutte
pour rétablir le contact avec sa mère et provoquer un réaccordage (STERN, 1997).
• On ne peut exclure que certains enfants « moins expressifs » plongent leur mère dans un désarroi tel que celle-ci n’arrive plus à prendre contact avec
son bébé.
• À ce titre, il est concevable que mère et bébé se façonnent mutuellement. Dans un tel contexte perturbé, on conçoit que la conjonction de l’attention,
compétence pré-requise à toute forme de communication, ne soit pas mise en place correctement et hypothèque les échanges futurs entre l’enfant et
son environnement.
Relation parent-personnel
• Le personnel peut être perçu par les patients comme des « caregivers ».
• La relation repose des compétences similaires à celle énoncées.
• Cependant, dans ce cas, il n’y a pas de relation de filiation entre caregivers et patients,
• Mais
• on observe fréquemment des mouvements similaires à ce que les psychanalyses appellent « transfert/contre-
transfert ».
• Définition - concept d’accordage, (Daniel Stern ,1989 et adapté aux relations patients-
personnel):
• L’accordage est un type d’interaction fondé par une chaîne d’ajustements comportementaux et
affectifs allant du « donneur de soin» au « receveur de soins» et inversement.
• Cette interaction aboutit à une expérience affective organisatrice de la pensée, des affects et des
comportements en cas de succès de l’ajustement (accordage) ou au contraire déstructurante en cas
d’échec de l’ajustement (désaccordage).
• L’accordage constitue le socle sur lequel un espace intersubjectif peut se construire.
• L’étude des relations précoces mère-enfant:
• Pistes à propos des relations patient-personnel.
Théorie de l'attachement et psychopathologie
• l’attachement désorganisé conduit plus souvent a troubles
psychopathologique à l’adolescence ou l’âge adulte.
• Les études suggèrent en outre que les difficultés mentales et émotionnelles peuvent
survenir plus tard dans la descendance de parents qui n’ont pourtant en aucune
façon maltraité leur enfant, voire de parents habituellement sensibles aux signaux de
l'enfant et de la communication (Hesse et Main, 1999).
• Les parents ayant eux-mêmes subi des conditions difficiles pendant leur enfance,
peuvent manifester des émotions et des comportements subtilement effrayants.
• L’enfant est alors pris dans une situation paradoxale : la source de son effroi (son ou ses
parents) se trouve être aussi la source de réconfort Hesse et Main, 2000).
• ce type de contexte - notion de double contrainte (Bateson)
• La contenance du thérapeute, (Winnicott):
• réponse appropriée à ces patients qui viennent tester notre possible "effroi" à leur
contact.
Styles d’attachement et psychopathologie
• Le style d’attachement à 18 mois serait lié l’incidence de symptômes borderline à l’âge de 19 ans.

• Lyons-Ruth (2005) a réévalué 50 des 70 nourrissons avec leurs parents à l’âge de 19 ans.

• Elle avait à disposition plusieurs mesures indépendantes de la qualité des soins pendant les 18 premiers mois de la vie : présence de comportements hostiles-intrusifs vis-
à-vis du nourrisson (codés sur la base d’enregistrements vidéo d’interactions à la maison), mesure des troubles de la communication de la mère avec l’enfant évaluée en
laboratoire à 18 mois.

• Toutes ces mesures étaient liées à l’incidence de symptômes borderline à l’âge de 19 ans.

• « C’est la première fois que l’on peut confirmer la relation entre la qualité des soins du nourrisson et des symptômes borderline à l’adolescence sur la base d’une
méthode prospective fondée sur l’observation plutôt que sur la base de rapports rétrospectifs fournis par le sujet lui-même. Les résultats soulignent l’importance à long
terme des échecs précoces de la régulation intersubjective dans la relation affective parent nourrisson ».

• Des études ont montré que 89 % des nourrissons abusés ou négligés manifestaient des comportements d’attachement désorganisé vis-à-vis du parent (Carlson et al. ,
1989).

• Il est toutefois important de ne pas faire l’équation entre désorganisation et abus, puisque approximativement 15% des nourrissons à bas risque manifestent néanmoins
un attachement désorganisé (Van Ijzendoorn et al. , 1999).

• Si on accepte l’idée que notre vie psychique et relationnelle est conditionnée par nos expériences passées
•  certaines perturbations devraient conduire plus que d’autres à des troubles de la personnalité.
Le style d’attachement à 12 mois est lié à des
perturbations de la relation à la mère à 4 mois
• Koulomzin & al. (2002) ont observé des enfants de 4 mois en présence de leur mère.
• plusieurs comportements spécifiques constituaient de bons prédicteurs du style d’attachement à l’âge d’un
an.
• Ces comportements spécifiques – Regards vers la mère, orientation de la tête vers la mère, auto contacts et
mises en bouche.
• Tronick (1989) avait déjà suggéré que si l'enfant ne pouvait pas suffisamment influer sur le comportement de
la personne donneuse de soin, au travers de signaux affectifs,
•  celui-ci se tournait alors vers d'autres stratégies de régulation, autorientée:
• regarder ailleurs pendant de longues périodes,
• orienter le corps dans une direction opposée à l’interlocuteur,
• adopter des comportements auto-apaisants tels que l'auto-contact ou des comportements liés à la sphère buccale.
• Conclusion
• le style d’attachement à 12 mois est lié à des perturbations de la relation à la mère à 4 mois (Koulomzin & al.,
2002).
• le style d’attachement à 18 mois est lié l’incidence de symptômes borderline à l’âge de 19 ans (Lyons-Ruth,
2005).
• les nourrissons au prise avec un niveau de stress élevé dans les premiers mois de la vie ont des lignes de base
de cortisol plus élevées (Gunnar et al., 1996).