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A propos de ce livre Ceci est une copie numérique d’un ouvrage conservé depuis des

A propos de ce livre

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O E U V R E S

De Mlle.

ANTOINETTE BOURIGNON,

Contenues en

D Ix-N E U F v o L U M Es.

Volume I.

Apologie pour Mad" Bourignon.

Sa Vie Interieure par elle-méme. Sa Vie Exterieure par elle-méme.

L U M Es. Volume I. Apologie pour Mad" Bourignon. Sa Vie Interieure par elle-méme. Sa

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LA V IE

ANTOINETTE BouRIGNON.

Ecrite partie par elle-méme, partiepar une per onne de fa connoiffance, dans

page les Traités dont on void le tiltre à la

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H H H I A I H v T

N n s

A Amferdam chez Jean Riewerts , & Pierre Arents, Libraires, en la rue de la Bourfe.

MDCLXXXIII.

H H I A I H v T N n s A Amferdam chez Jean Riewerts

Les piéces de cet ouvrage font,

I. Une Préface Apologétique, touchant

M". Bou

laper onne & la Do rine de

rignon.

II.

La Parole de Dieu ; ou

/a Vie Inté

rieure: par elle-même.

III.

IV.

Sa Vie Extérieure:parelle-même.

-

Sa Vie Continuée, repri e

depuis fa

naifance ó fuivieju qu à fa mort.

Vie Extérieure:parelle-même. - Sa Vie Continuée, repri e depuis fa naifance ó fuivieju qu à fa

PREFA

-

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lesOeu

Fin que ceux qui defrent d'avoirtoutes

vres de Mad" Bourignon, &quivoudroient

quelque ordre, pui ent le

les di po er & les lire avec

faire plus commodement, on les a rangé en

à

l'ordre le plus naturel qu'on ait p leur donner:

peu prés conforme à celu) du temps de leur

de leur datte; & c'e tceluy

&

ui veulent

#::

reglée; ce qui m eff pas

dixneuf

Volumes, l'on a faitimprimeråpart destitresde

contenus, pour les mettre la téte de

leur

chacun d eux. C'est

ilef à

compo ition

quepeuventfuivre ceux

néanmoins une

entreprendre cette lesture avec quelque

loy ft in

di pen able & fi néce aire, qu'on

qu on ne doive varier felon les di po itions

qui fè trouvent dans les lesteurs : cela est

arbitraire, que de joindre en un, plu ieurs des

qu'on a eparés. Les voicy tous en v e

nepui e, & méme

differentes

pre que auß

Volumes

avec le nombre

desfeuilles de chacun, qui font tous in Ostavo.

.

r

i

Volume I.

Preface Apologetique pour

gnon. (* ) -

Mad" Bouri

.

.

Sa Vieinterieure, parelle méme (* ) Sa Vie exterieure, parelle-même, le tout en 3o.

feuilles.

(* )

-

Volume

I I.

La Vie continuée de M" Bourignon. 38.f. (* t)

i

a 2

Volu

le tout en 3o. feuilles. (* ) - Volume I I. La Vie continuée de M"

----

·

:( 1 volume rII.

appet de Dieu & le Refus des bommes , en

deux Parties. 28.f. (1. P * t)

Traité de la Vie Solitaire. annexé.

-

-

La Derniere Mistricorded Du. 11. f. (**)

volume IV.

La Lumière née en Ténèbres, en quatre Par

ties.

42. f. (* )

-

-

volume v.

te Tombeau de la fau eTheologie, premiere & econde Parties. 24. f (* t)

- volume v1,

.

.

LeTombeau de la Fau Theologie, troifieme &

quatrieme Parties. 36. f. (* )

- volume vII.

-

*

-

-

-

-

La Lumiere du monde, en trois Parties. 58. f. T

(* )

,

*

v

Volume VIII.

L'AcademiedesSçavansTheologiens.33:f (*f)

Confufion des Ouvriers de Babel, 8. Ë

»

Volume. IX.

Traité de la Solide Wertu, premiere & feconde

Parties.

39. f. (* //)

-
-

Volu

|

Voluine X.

-

AvertifementcontrelaSestedesTrembleurs. 26.f.

-

(* )

· ·

·

-

|

Les Per écutions du fu te. 2o. f.

Volume XI.

Le Témoignage de Véritë , premiere Partie.

34.

f (* )

:

·

Volume XII.

Recæuil des Témoignages rendus à M" A. B.

26.

f. (* )

-

Volume XIII.

L'Innocence Reconnue & la Vérité#:; 38.f.

Le Témoignage de Vérité, econde Partie.

-

volume x IV. La Pierre de Touche. 27. f (* //)

^

-

L Etoiledu Matin. 2o. f. (*)

Volume XV.

L'Aveuglement des hommes demaintenant, en

deux Parties.

44. f (1. P. *)

Volume XVI.

- L'Antechriftdecouvert, entroisParties. 3º.f

(* t)

La Sainte Wifiere. Io. f.

.*

a 3

44. f (1. P. *) Volume XVI. - L'Antechriftdecouvert, entroisParties. 3º.f (* t) La Sainte Wifiere.

Vo

|- Volume XVII.

: :Le Renouvellement de l'E prit Evangelique,

en trois Parties.

47. f. (* //)

.

volum xy III.

LeNouveau.Cid&laNouvelleTerre.

Les

Pierres de la

Nouvelle feru alem.

17. (*t)

24. f.

·

----

Volume X

Ix.

-

-

Avis&

InstruiiniSalutaires.

35. (*)

1o.

Avec un fivret de Jean Engelbert.

Ceux qui ne veulent pas avoir ceslivres-làtousen

quel Traitté qu'il

au i bien que

femble , pourront avoir éparément

leur plaira: car om les debite eparément

conjointement. La Solide Vertu ,

Monde, Sa Vie , le Renouvellement

Evangelique , 1 Antechrift decouvert Salutaires, font des principaux , pour

lent n en avoir que quelques uns.

ceux qu on a marqué icy avec une étoile

man ceux qui font marqués avec une

miéres

parties

de ceux qui font

La Lumiere du

de l E prit

& les Avis ceux qui veu

On trouve enflamen

*, & en Alle croix f: Les pre

marqués // fonten La

W

l'abregé de

que l on

de Foy, qu'il

tin. L on void dans Sa Vie Continuée

leur contenus au i bien que dans les Catalogues

en donne, aufquels on a jointfa Confe ion n e t pas néce aire de repeter icy.

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t pas néce aire de repeter icy. * . : .2 * - - - *

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APOLOGETIQUE.

*

Cette Préface Apologétique/era di

vifêé en Trois#:#|

1.

Danslá premiére l on traittera des dif.

ficultés qui concernent proprement la

per onne de Madle. Bourignon.
2.

L on parlera dans la feconde de celles qui concernentfa Do trine; que quel ques-uns ont voulu rendre fufpe te

d herefie.

3. Et dans la troi ieme, de celles qui ont du rapportau PrémierTraité uivant;

intitulé, la Parole de Dieu.

-

§. I. Pr - Mi ex e Pax r i E.

Qu ilnefaut avoir aver ion contreper onnefansraifoni.

Examen de huit ouneufquel on alleguecontreMade-

mot elle Bourgnon, le quelles concernent plus aper fonneque fa do irine.

O M B I EN est-il arrivé defois dans

|-

:

nôtreviequenous avons étépréve

|{{# nus contredesper onnes qui étoyens

>>}' enfoy trés-innocentes, & quenean

moins nous avons ou mépri ées ou

a i

-

haies,

qui étoyens >>}' enfoy trés-innocentes, & quenean moins nous avons ou mépri ées ou a i

4

Preface Apologétique

haïes, ou peut-étre perfecutées fans aucun fcru pule, parce que nous nous per uadions, ou nous

laiffions per uader fauffement, qu ilsétoient dignes foit de nôtre haine, foit de nôtre mépris, fans

avoirjamais examinéfilefondement de nôtre aver

fioneftoitlégitime, fansavoirv par nos propres yeux ce quien eftoit,notis en rapportant pl tot par unecrédulité & un aveuglement qu on ne fçau

roitaffezdéplorer, aux opinions & aux préjugés desautres, furtoutlorsqu ilsfont & communs& publics? SileDiablea quelqueintéretànous fai re commettre cette fòrte de faute, c e t particu

lierementàl égard des per onnes les plus chéries

de Dieu & lesplus capables de procurerle falut des hommes par leur lumiéres & par leur conduite;

parce que celles-là contribuent le plus à la ruïne de fon Empire infernal: & fi cetennemy des ames a reüffy en quelque chofe, il faut confefferque c eft

en celle-cy, & qu il a toûjours, en tout temps, en tous lieux, porté les hommes au mépris & à la

hainedes enfans de Dieu & de ceux qui étoyent les

plusavantagésdestré orsdu Ciel, & propresà les faireredonder fur la terre.

Depuis Abelju qu à J.Chri t,depuis J.Chri tiuf qu à pre ent,depuis la Généfeju qu à l Apocalyp e,

c e tà dire, depuis le commancement du monde

ju qu à fà fin, toutest plein de cette fune teverité,

à laquelle tant de martyrologes, tant d hy toires facrées & profanes, tantde fangrépandu, tant d i niquités commifes ur la terre, rendent de triftes

témoignages. Ce n e t pas envers un ou deux

-

parti

d i niquités commifes ur la terre, rendent de triftes témoignages. Ce n e t pas

Pour Mad". AntoinetteBourignon. 5

particuliersfeulement qu on s'e t comporté de la forte, comme envers un Abel , un Noël, un Moï e, un David, un Jeremie, un Je us Chrift,

un S. Paul, & quelques autres; mais contre des

nationsentiéres, qui étoient chéries & gratifiées des faveursles plus finguliéres de Dieu, comme ont été, par exemple, avant la naiflance de Je us

Chrift, le peuple Juif; & aprés la naiffance de ce Sauveur le peuple Chrétien, que per onne n i

gnore avoir été l objet de la haine & du mépris de routes les autres nations du monde durant plu fieurs fiécles. Si bien qu il ne fe faudroit pas

étonner fi l on commettoit encore la méme faute aujourd'huy à l égard ou d une eule per onne, ou d un petit nombre de particuliers. Nous ommes, dira quelçun, hors de cette

forte de dangers: nous n avonsgarde de mépri er,

|

&

encore moins de hair & de per écuter : les

Saints, foit lesgens de bien, de lumiére, & de

piété. Nous n avons ni la malice ni l aveugle ment qui y contribuent: nôtre volonté e t trop bonne& nôtrefiécletropéclairépourfaireces for tes de bév es. A la bonne heure :jeveux que la

volontéfoit auffi bonne, & l'entendement auffi

éclairé qu on ledit: ce feroit en effet domage que l on agift de la forte par une malice générale, & que l'on fuft fi ftupide que de manquer d e prit pour connoitrele bien & le mal, le vray & le faux. Si tout le monde étoit dans ce malheuril n y auroit plus rien à faire. Il faut e perer qu ilya encore plu-

fieur per onnes d bonne volontés & de bonjuge

a 3

ment.

à faire. Il faut e perer qu ilya encore plu- fieur per onnes d bonne volontés

6

Preface Apologétique

ment. Maisà tout le moins doit-on confeffer que

fi ces gens de bonnevolonté & de bon e prit n exa

minentpaseux-me mescommeil faut les rai ons quilesfontjuger& agir & qui réglent leurs pa

fions; s ils neprénent connoi ance des chofes &

des per onnes qu ils veulent traitter de quelque maniere que ce oit; il e t indubitable qu alors il

n y a ni bonne volonté ni bon entendement, ni

aucune puiflance dans le monde, qui les puiffe empécher de s y tromper, & trés-fouvent à leur

domageeternel. Et ce font les meilleurs qui font ordinairement tentés& pouffés par le Diable & par les fiens à cetteinconfidérée maniére d agir, &

qui faute de férieu e & d exa te recherche de ce qu ilsfont, deviennentles plus Zélés perfecuteurs. Etil ne uffit pas pour e ju tifier là deffus de fe regler par l opinion & les fentimens communs, quelques generaux, qualifiés, & enracinés qu ils

puiffent étre,fuffent-ils desGrands ou des petits,

desgens d Eglife ou des laïques. Si nous étions

des perroquets ou desfinges, nous ferions excu a

bles de parler & d agir par l imitation de ce que nousvoyonsdire&faireauxautres: mais chacun de nousa dans foy fondivin reffort qui doit le faire

agir, une confcience qui nous di te que nous de vons prendre nousmémes connoiffancedes chofes

&

des per onnesdont nousvoulonsfaire les objets

denos paffionsd amourou dehaine, d e time ou de mépris, de faveurou d'indignation: fans quoi

nous ommes veritablementcoûpables,& péchons

veritablement contre Dieu & le prochain, quel

ques

/

fans quoi nous ommes veritablementcoûpables,& péchons veritablement contre Dieu & le prochain, quel ques /

Pour Mad". Antoinette Bourignon. 7

queslumiéres& bonne volontéque nous préten ions avoir d ailleurs. Venons en à l expe-

rience.

*

-

-

-

S.Paulavant étreChrétien, étoitfansdoute un

homme de bonne volonté&d un Zéledivin. pour

des lumiéres & de l intelligence, ilavoit non feu lemement celles du peuplede Dieu ou des I raéli tes; maisillesavoit méme étudiées particuliére ment dans lesécritsde Molfe & des profétes, fous ladire tion du pluséclairé& du plus moderé Do teur de l Eglife Judaïque, qui étoit Gamaliel. Cet homme, trés-per uadé avec lumiére divine à l avenant, quelaLoy de Moï evenoit de Dieu auffi bien quelado trinedes profétes qui avoient tousratifiécetteSainte& Divine Loy & Religion, entend dire, qu il s élevoit des per onnes qui la

vouloientdétruire& quifeduifoient les plus fim ples; quele mal s augmentoit; que ces gens-là

adoroient le premier de tous les Impo teurs, un

pendu, quiavoit introduitcetaneantiffementdela

de Loy Dieu. Voilace queluy en difoient partout

fes Maitres & Doéteurs, les Prétres, lesgrands, le

peuple, fesparents &amis; & il voyoit que ces

nouveaux-venus n étoient que de la canaille (com- me on les tenoit) entétés depuis peu de ce nou

veau genredefoliequimettoitenpérilla Loy Di

vine. Que devoit-il faire là deffus? Il devoit fansdoutes informer fanspréjugés& avec docili té deces gens-là mémes, de leur do irine, & de leurconduite: & celalúy auroit éparg ébien des

faux pas: mais foit qu il cr t ne devoir pas pren

- a 4

dre

& celalúy auroit éparg ébien des faux pas: mais foit qu il cr t ne devoir

.

8

:

Preface Apolºgetique

: la fidé

drecettepeine, ou qu'ilnedoutat

- -

lité desrapportsqu on luyfai oit, il le laiffe em

porter au blâme, à la haine, & à la per écution

contre ces gens-là, afin de maintenir la Loy de

lieu, faverité, fagloire, & de couper voye à l erreur & à la du tion des hommes: Voila les

meille resvolontés du monde, & tout en emble

de biensgrands péchés, quiluy firentdire enfui te, en déplorant cetteconduite, ( ) Jenefuispas

digne d étre apelé Apôtre; car j ay per ecuté l Egli e

de Dieu (*) Fay été cy devant un blafémateur, un perfcuteur, unoppre eur: mais ilm a été fait mife

ricorde, parcequej'aypéchépar ignorance. Je fuis

.

C estlamémeconduitequiaemportéàdesex

cés fi pernicieux les plusgrands & les plus fages de

tous leshommes felon la nature: çar qui a-t-il eu de plusgrand, de plus fage, de plusclement mé me, de plus moderé & équitableque les Trajans

&

les Antonins, quineanmoinsfautedes exami

nerfur le ujet deleur conduite envers les autres,

fe font laiffé emporter à de grandes per ecutions contrelesprémiersChrétiens? Un Tacite, hy

ftorien fi folide, fi judicieux, & mémefi homme de bien pour un payen, quel méprisne témoigne -t-il paspour lesJuifs& pourlesChrétiens, faute de s étreinformé par luy-méme de la verité, & pour s en étre aveuglement raporté au bruit des

étrangers, ce qui luyafait écrire tant de fables de

l origine du culte,des cérémonies, & des moeurs

-

-

de

(a) I Cor. v. 9. (b) 1 Tim. 1. v. 13-15.

tant de fables de l origine du culte,des cérémonies, & des moeurs - - de (a)

Pour Mad .Antoinette

Bourignon. 9

de cette nation,

tion brutale & odieufe? Et il en

qu iltraittede(c)teterrimagens, na-,

conclud, que

moeurs ont lales & ab

leurscérémonies & leurs

furdes, &qu il n y que la

a

uileur donne vigueur.

:

malice & la turpitude

Il n a pas moins d aver

divine

(d) pour les Chrétiens & pour leur

do trine, traitant celle-cy

defuper tition perni

cherchoit que

cieu e, de malcontagieux, qui ne

des lieux noirs; & ceux-là

leurs crimes, d objet de

de criminels & dignes des

il pasvray cependant qu il ya peu jourd'huy qui ayent la moderation,

mémes fautes qu ilsont

degens odieux pour

lahaine du genre humain,

derniers:::::::::

de per onnes au

les vertus, & la

folidité de jugement

doit donc pas e croire incapables de

decesgrandshommes? On ne

commettreles

commifes, fi l on ne procé

de pas avec plus de précaution qu ils

Mais où veux-jeallerparun

Je penfe que le Le teur

de l averfion & de la haine

déviner. Il y a peu de per onnes à

faut dire librement la verité)

n ont fait.

filong préambule?

n'auragueresde peineà le

qui le Diable (il

n in piretôt ou tard

contre une filledont on a

déja p voirbeaucoup d écrits, &

ftoire. Ceux là mémesqui avoient

dont voicy l hy

premiérement

a 5

de

(e)

Tac. hyft. l. 5. Iudeorum

mos ab urdus fordidu ue.

Infitutafini tra, feda, pravitate valuere.

(4) Annal.lib. 5. quos per flagitia

modo per

invifos, vulgus Chri

Repre aque in pre ens exitiabilis uper

ftianos appellebat

ftitio, rur us erumpebat , non

convi #ifunt

empla meritos

Iudeam originem

ejusmali, fedperurbem etiam,

autpudendaconfluuntcelebranturque ;Odio

quo cuncta undique atrocia

generis humani.

novi ima ex

Quanquam aduer us fontes S

;Odio quo cuncta undique atrocia generis humani. novi ima ex Quanquam aduer us fontes S

Io .

Preface Apologétique

de l e time pour elle, fe laiffentemporterau mé:

pris&aux calomnies que l on enfait; & ceux quº nel'ont pas connue s en rapportant à ce qu ilsen en tendent dire, n ont pour elle & pour ce qui la con

cerne que de l aliénation,& fouvent de l horreur,qui

lesporteju qu à deseffetsde violence extréme: Ce quife verra affez dans l'hy toire uivante. S il n é toit que tion que d une per onne & d une chole fimplement particuliére,on nepenferoitpas à rele ver cese péces d inju tices: Mais parce qu ils agit d une chofe auffi publique&auffi importante qu eft la verité falutaire qui doit le communiquer partout;

&

que les hommes en mal-traittant cetteverité ou

la per onne qui po ible pourroit la leur pre enter, fe procureroient de la forte à eux-mémes un plus grand malheur pour l éternité que n e t le maltem porel que l on fait fouffrir auprochainjufte & in

nocent; jedefirerois de tout mon coeur de pouvoir

dire quelque chofe à l entrée de cette préface qui puftfervirà modérerleshommes en ce rencontre,

&à lesfaireagirrai onnablement& felon les régles

de l équité. Ce qui ne peutleurétre que trés falu

taire. Il ne peut nuire à per onne de s éclaircir à fuffifance pour juger d une chole felon qu elle e t,

fuft elle bonne ou mauvaife, & partant méprifable ou e timable. Mais enjugerà l'aveugle, c e ttoû joursmal-fait.

Les livres de Madiis. Bourignon font pour la plu

part publiés. S ils ne font pas entre les mains de

tout le monde, ni à trouver partout, c e t ou la ne

gigence &lafutedeshommes, ou laprohibition

-

-

-

qu'en

le monde, ni à trouver partout, c e t ou la ne gigence &lafutedeshommes, ou laprohibition

:

:

Pour Mad". Antoinette Bourignon. I 1

qu en font faireles méchans, ou autreségards&in téretshumainsquilesretiennent. On dit & d eux

&

en bien, foit en mal, qu il e t pre que impo ible qu on les puiffe ouïr fans paffion, fans être ém

defa per onnetant de chofesextraordinaires,foit

d amour ou de haine, d e timeou de mépris,& fans

fe fentirincliné ou pour ou contr elle. Ju ques-là il n y a rien de mauvais: carpui que l on ditengene

ralque ces cho es concernent la gloire Dieu, lefa lut, la Religion; ce n e t pasune mauvai edi po

fition que celle de les écouter avec émotion: au

contraire, ce feroit une fort mauvaife marque que de n étre aucunement ém & touché par des chofes

de cette nature, & que l'on dit à vray ou à faux,

venir de Dieu,& nous étre fort falutaires,& neceffai

res à pratiquer. Il e t certain que l infenfibilité &

l'indifference dans ce rencontre feroient criminel

les,& le cara tére d un e prit ou tupide, ou |:

ne, ou Athée. Il faut néceffairement ou les eftimer

&

les aimer fi elles font vrayes; ou les méprifer &

en avoir de l averfion fielles font fauffes. Et pour le fçavoir, il faut fans doute les examiner foy-méme,

le faire fans prejugé, c e tà dire, fans préfuppo

&

fer que ces chofes foient bonnes ou qu elles foient mauvai es,veritablesoufauffes,avantqued avoirvû

desrai ons uffifantesà nousprouverl unoul autre.

Pour des per onnes qui e laiffent preoccuper en bien, & qui leseftiment& lesaiment fansr ifon, je n en ay pointencorev , que je fçache: mais de celles qui fe laiffent emporter à leur delavantage comme contre des chofes ou mauvailes ou faustes,

-

di

fçache: mais de celles qui fe laiffent emporter à leur delavantage comme contre des chofes ou

1 2

Preface Apologétique

dignes de leur averfion & de leur haine; il e t hors

de doute qu il ne s en trouve que trop qui lefont fans la connoistance duement requife pour en bien

juger. Ils ont peut-êtredesraifons ou defe di pen

ferentierement de leur examen, ou du moins de ne

prendre pasla peine dele faire fi exa t & fi univerfel aprés avoir vû par des échantillons ce qu il faut juger de toute la piéce & de tout le refte. Cela mé

rite bien que nous y faffions quelques reflexions

dans la fuite.

Il y a tant de chofes que l on a avancées contre Mad". Bourignon pour s animer & foy-méme & les autres contr elle, qu il faudroit trop de temps & de papier pour les racconter & lesexaminer tou tes: & celan e t pas mémeneceffaire; parcequ el le a été engagée à faire dans plufieurs defeslivres une partie de on Apologie: ce qui me difpenfe de

parlericy debeaucoup de cho es que l on a répan

dues oit contre fa per onne, foit contre fes com rtemens, foit contre les écrits: la paffion e t fi vi ible & fi grofiiére dans la plufpart des reproches

qu'on luyafaits, & danslesper onnesqui les luy

ont fait, qu il ne faut que les laiffer dire & faire

pourleurôtertoutcredit. Lesméchans volontai

res & ouverts, fe décreditent affez par eux-mé

mes. Neanmoins commeil ya encore des perfon

nesque l on tient pour moderées, pour équitables,

éclairées, avantes,fages,veritables,zelées,quien

nt & qui en donnent de mauvai esimpre ions, &

la font rejetter avec mépris, il e t ju te que l on

voye ce qu ils difent, &lesraifons qu ils pen ent

|-

-

aVQ1r.

avec mépris, il e t ju te que l on voye ce qu ils difent, &lesraifons

Pour Mad". Antoinette Bourignon. t;

avoir. Les unes font generales & les autres plus particuliéres: les unesconcernent fa per onne, les

autres fes dons & fa conduite, & les autres fa do

trine. Je pourrois direqueles unes viennent des do tes qui font uperbes, & lesautres designorants

zelateurs; lesunes des Se taires envie x, & lesau

tresdes Ecclefia tiquesjaloux; lesunes des pieux hypocrites, & lesautresdes profanesouverts; qui

fetrouvantchacun attaqués ou plutôt découverts

dans ce qui leur e t le plus cher, dans les ecrets reforts qui les font agir & rromper le monde; ne peuvent manquer de luy imputer en revan che l un cecy & l autre cela. Il nefaudroit pasen

effet s étonner que les do tes tachaffent à luy re

procher l erreur & l herefie ; les zelateurs, le blasféme; lesfestaires,lerenverlement dela Reli

gion; les Eccle ia tiques, le manquement de Mif

fion; les hypocrites, la temerité de condamner tout le monde, & centchofes femblables: mais j ai

me mieux uppofer (& peut-étre veritablement) qu on parle contr elle, fur le rapport des autres,

&

j examineray les chofes lesplusgénéralesavant

que deveniraux plusparticuliéres,foitdedo trine

Íoit de fait.

I.

-

U

N E des premiéres chofes que l on avance

pour ju tifier la reje tion & le mépris qu on fait d elle & defes écritse t, Øgec est une folle, umefana tique,unevi ionaire,umeper onnedeforteimagination,

&

chefes femblables. Sansdoute, ce n e tpas aflez

qu on le dile fimplement: parce qu on le :

3Ali

& chefes femblables. Sansdoute, ce n e tpas aflez qu on le dile fimplement: parce qu

-

I4

Preface Apologétique.

auffi de Je us Chrift, qui étoit traitté de même en

fontemps? (a)llsdifoient, ile/#hors dufens,pour quoil écoutés-vous? Et S.Paulauffi: (b) Paul, tués

infenfe ! Avec le direil faut la preuve, autrement le dire ne font que desinjures; & lesinjuresne font pas des raif ns. Or je demanderois volontiers à ceux qui parlent de la forte, s ils ont frequenté ou connu fa per onne, ou du moins s'ils ont l fes

écrits, & s ilslesont bien examinés? Ils dirontfans

doute, que non:cars'ilslesavoientlû, ilsveroient

qu il n y a là dedans nifolie, ni réveries, nidére glement d'imagination: mais deschofes trés-po

iées, trés-égales, ditestrés-à-propos; des rai on

nements tres-folides, des cholestrés-bien rai on

nées, de trés-fublimes & qui paffent ab olument l imaginative & tout ce quien dépend, comme,

pour en donner doux exemples fanschois, lesdeux premiéres lettres de tous fes ouvrages qui furent

imprimés en a languenaturelle, dont l une e t la

premiéredela Lumierenéeenténébres, (laquelleeft jointe auprémier Traitté uivant, de La Parolede Dieu,) & l autre e t une lettre contre un fçavant

qui l avoit attaquée, qui e t la quatorziéme de la

dela Fau eTheologie. Jefçai

de la bouche d un Prétre Catolique-Romain, qui étoit du party de fesadver aires, que lorsque les

I. Partie du Tombeau

Théologiens de l Univer ité deLouvain virent cet te prémiére lettre en manu crit, bien loin de la traitter d extravagante, ils direntavecune admi ration inexprimable que jamais ils n avoient vû

--

rien

}

(-) Jean io.v.s.o. (5) Aasov. 24.

ils direntavecune admi ration inexprimable que jamais ils n avoient vû -- rien } (-) Jean

Pour Mad . Antoinette Bourignon. 15

rien de fi fublime, rien de fi folide, rien defibien

fait & de fi fatisfaifant fur la plus fpirituelle & la

plus my tique de toutesles matiéres, & en fi peu

de mots: Et je fçay que cela efttrés-veritable en foy; que cela e tditavec une exa te connoiffance de caufe; & que dans tous lesouvrages qui ontja mais parûl on netrouvera rien depareil à un fi pe- , tit échantillon que j avance fans chois, comme étant la premiére lettre defon premier livre, qui

feule peut fatisfaire exa tement à ce traittement

outrageux de folle & devifionaire, qu on luy fait injuftement pour fe difpenfer peut-étre par cette injure de la peine ou du devoir d examiner ou de lirefesécrits,comme s ilsnevaloientpas cettepei

ne, & qu ils nefuffent que desfolies, ne meritant

pas :::::: C e tjuftement là, la rai

fon qui a fait tomber ces grandshommes dontje viens de parler, dans l excés&le malheur quej'ay repre enté. Car ce n e toit pas l impuiflance de s'éclaircir par eux-mémes des Juifs ou des Chré

tiens, ou de leur do irine, qui lesentretenoit dans

l ignorance qui lesa fait fi horriblement tomber &

fe méprendre: S. Paul vivoit parmy des Chré tiens, de quels il pouvoit tirer luy-mémefes in

formations, & connoitreleurs moeurs & leur do

trine par fa propre experience. Et ces autres

Grands-hommes d entre les payensavoienteu af fez d occafions de s informer foit des Juifsfcitdes Chrétiens, dépuisbienhui t censans qu ils étoient

érigés en Republique confidérable, trois cents

qu ils avoient alliance avec les Juifs, & environ

llIl

étoient érigés en Republique confidérable, trois cents qu ils avoient alliance avec les Juifs, & environ

Preface Apologétique,

16

un fiécle qu ils les avoient pour concitoyensdans leur propres murailles, ce qui étoit auffi devenu

commun aux Chrétiens de cestemps-là.

Il n y a

point d apparence que rien ait empéché les plus modérés de ces grands hommes & un hyftorien

fi

judicieux & fi exa te que Tacite, à s informer par

eux-mémes de la verité, que cet inconfidérémé

pris & prejugé qui leurfaifoit traittertout

folies & de chofes ridicules & ab urdes, &

cela de

par con

fequent,indighesd êtreferieu ementexaminéespar desvoyeslegitimes, autresque celles de l opinion

&

negligencea procuré leurplusgrand malheur.

IL Y EN A qui croyent avoir rai on

de l averfion générale & commune: mais cette

en di

fant fimplement, que c e t unefille; & partant; peu decho e: Que l on connoit affez lesfoible fesordinai

res à ceferepourn empas attendrequelquecho ede dérable, für tout en matiére de faire deslivres

nouvelles découvertes dans la verité.

confi

& des

Cetterai on eft

purement étrangére & extérieure.

On cherchoit

auff contre Je us Chri t des rai ons tirées de l ex

(b) qu il

térieur, comme, (a) qu'ilétoit de Galilée,

étoituncharpentier "(c)unhommefanslettre,&

tant dont on ne devoit pas beaucoupattendre.

veux que ce exe foit, ab olument

foible, méme quantaux dons de l e prit:

par

Je

parlant, le plus

cepen-, -

dant il faut confeffer quela réglegénéralea

desex

ceptions particuliéres. J en pourrois produire à

prolane,

mille, tant de l hyftoire acrée que de la

·

Marc. 6. v.

3.

tant

I 5

(9

(a)

Joh.

7. V. 52.

(b)

Ioh.

7. v.

mille, tant de l hyftoire acrée que de la · Marc. 6. v. 3. tant I

:

:

:

:

:

Pour Mad". AntoinetteBourignon. 17

, tant des premiers fieclesque des derniers, pour

montrer queles femmes ne font pas incapables des

plus grandeschofes. On av dans lafoeur de Moï

fe, dans la mérede Samuel, dans Hulda, les dons

de la profétie: on av dans Déborale méme avan tage, avec celuy de la delivrance & de la conduite

de tout un peuple: dans Judith le méme courage

&lamémefageffe: dans la Vierge & dans fescom pagnes plusde con tance & plusde foy que dansles Apôtres pour ne pas abandonner Je us Chriftfur

la croix, pour croire & pour précher lesprémieres

fa re urre tion. Dans le Vieux Te tament fous les

Maccabées,& dans le Nouveau aprés Je us Chri t,

deux femmes (faris parler d un million d autres)

ont donnédesexemples admirablesd une con tan ceheroïque& incroyable, l uneen voyantdéchi rercruellement eptdefes enfans, & ouffrant, elle huitiéme, le dernier upplice avecallegrefle, pl tot

que de de obeïrà Dieu dans une chofe fi petite que de manger un peu de porc; & l autre dans une påu

vre & foible ervante nommée Blandine, où l on

voyoitpluftotDieufouffriravec une divineforce, que la foibleffe humaine patir avec peine&fenfi

bilité. Dans les choíes du monde & mémedeces

derniers fiécles, chacun íçait que la France par ex

emple, doitfalibertéà une fillequin êtoitqu une pauvrepaïlane; & quele Royaume d'Angleterre e tredevable de la fienneà uneautre fille qui à tout

le moins n a rien cedéaux plusgrandsPrinces dans . la fcience de bien regner. L on av dans nosjours toutes les ciences, tous les arts, & toutesfortes

. k) d'ad

fcience de bien regner. L on av dans nosjours toutes les ciences, tous les arts, &

i8 :

PrefaceApologétique,

d addre es étre postedées par des fillesavectant de

perfe tion, que je ne crois pas qu on puistedire

avec verité qu il fe foit trouvé aucun entre leshom mesqui ait postedé tant de choles & fi parfaitement à la fois: & quantauschofes divines, il e t certain

que depuis Je us Chri t ju qu'à Ste. Teréfe, qui

vécut au fiécle paffé, nul de tous les Théolo

giens n a atteint à la ublimité de fa Theologie, ju ques-là que des çavans & pieux Evéquesont tenu agloiredefairequelques remarques furquel ques uns de fesécrits, pendant qu en même temps

ilsfereconnoistoient fouvent, & avec verité, in

capables d en fonder & en comprendre la profon

bien d exceptions à la prétendue

deur. Voila :

régle de n attendre rien de bon de la foiblefie des

femmes; & po é que ces exceptionsfußenrencore

plus rares, cela devroit d autant mieux engager

la curiofité des per onnes à connoitre une cholefi

rare & fi extraordinaire.

Mais pofons le cas que la régle füt naturelle

ment fansexception, du moins au temps pre ent:

Que uivra-t il de là: Rien finon que plus la foi

blefie, l'incapacité, le defavantage naturel fera

, grand; plus propre auffielt le ujetà fervir à Dieu d'in trument qui faffe remarquer la gloire & la

pui ance divine, & qui ju tifie cette parole de

Dieu, (a) Ma pui ance paroit de femontrepluspar

funedanslafaible :& cette autre de 3. Paul,(b)Dies

a choifileschofesfolles (ou les moinsfages) felon le mon

de, pour confondrelesfages: il a fhoifles foibles felon le

3720f4

(a) z er. 12. v. 9. (b) 1 Cor. 1. v. 27. &c.

felon le 3720f4 ( a ) z e r . 1 2 . v . 9

Pour Mad". Antoinette Bourignon. 19

{ monde pour confondre les pui ants: Il a choißlerplus vili d-le-plus méprifables elon le monde, ce quin'é toit rien, pour détruirecequiétoitdeplusgrand, afin uenulhommene eglorifiedevantluy. En effet, les ommes font devenus fi orgueilleux & fi pleins de cefaftueux prejugé, qu il n y a qu eux qui pui fentfaire& parqui Dieupuistefaire quelquecho e

*!

debon, degrand, de olide & dedivin, que Dieu

coöpereroit à leurs pechés & fortifieroitleuror

guels il ne leur montroit exemplairement le con traire. Et d'ailleursune chofefoible e t plus propre

à le laiffergouverner de Dieu qu une qui e tou qui

s'imagined'étreforte. Une quieltvuide, qui eft moins propre & moinsempre éeà aquerir descon

moiffancesparfapropreindu trie, e tpluscapable

derecevoir cellesqui viennentpurement & entie rement de Dieu feul, fans le mélange des ténébres

humaines. C e t ce qui fait dire à Stº.Téré e aprés

avoir donné des in tru tions falutaires pour une

per onnefavante; (a) Qu ilnefen epoint comprendre

esqu il n entendpas, & : lese prits: car

ili ont;: àcelaumplusgrandMaitre (queleshom mes favants) quilesconduit----- g ilmes épouvante pas decery, & queces cho es meluy.femblentpoint impo/ fibles: touteßpo ible à Notre Seigneur: mais qu iliáche de vivifier fafoy de s humilier, decequefa Divine Majesté remdpeut-êtreunepetitevieilleplus/avanteque

luyen cette cience, quos qu ilfoittrés-éminentendo trie

ne Dieu méme voyant queleshommes s occupent avec paffion à tant de vanité; & que lors qu'ils

|-

b 2

Ve

(a) Ste. Téré e, ch. 34. defa vie.

s occupent avec paffion à tant de vanité; & que lors qu'ils |- b 2 Ve

2O

Preface Apologétique,

veulent s appliqueraux chofèslesplusfublimes& . lesplusdivines, ilsnelefontqueparleurspropres

voyes & pour leur propre interet, parunerecher che continuelled eux-mémes, fansregarderà Dieu purement & d une maniére defintereffée, e tcon

traint deles quitter, & de fetourner vers les fem mes, pour leur mettre en main,s il faut ainfi dire,le maniment des affaires du Ciel, lors qu illesy trou ve difpofees parune véritablehumilité & un déga-, gement généreux d elles-mêmes. C e tencors de la forte que Dieu trouvant di po ée cette grande.

Sainte (Ste. Téré e,) il fecommuniqua à elle plus

hommes çavans; dont elle s étonnoit fi.

ort que deluy dire, Comment, Mon Dieu, choifi ez vous une per onne faite comme moypourme communi quer vos faintes lumiéres, puis qu il y a tant d autres per onnes, c particulieremententreleshommes, quife erviroient mieux de ces connoi ances pour le fijet qui vousporteàmelesdommer? A quoi Dieu luyfitcette répon e remarcable: fe vous choi is, luy dit-il, parce que les hommes & les Doffeursnefeveulentpas di po erpourtraiteravec moy comme alsledevroyenti est dans cette néce ité, étant chaffè d eux, je vienschercher

:

de femme pour mefhulager avec elles, & pour traiter

avec ellesde mes affaires. Aprés cela, qui peut em pécher Dieu de privilegier davantage lesfemmes

&

les filles que les hommes dans le partage defes

lumiéres & defesgraces, lors que leshommes s en

plusincapablesqu ellespar leurs indi po

:

t1OINS.

* ,

|

III. MA I s,

& defesgraces, lors que leshommes s en plusincapablesqu ellespar leurs indi po : t1OINS. * ,

-

Pour Mad".Antoinette Bourignon. 21

III.

MA I s, dira-t-on encore, pafè pour la perfe

&#ionparticuliére, que Dieupeut dommer& a, peut-être, donnéàdeifemmes, auf igrandeouencoredavantage,

de l envoy, du devoir:::: que S.Paul (dit

qu'à des hommes. Mais ilmene ipasainfidela Mi ion,

on)defendexpre ementaux femmes d u urperdans l'E glife, leur commandant de fetaire. Si leurdevoire de

Jetaire,il/enfuitquelenütree tdemelespasécouter;puis

qu elles n ont nimi ion nipermi ionpourparler On re

prochoit le méme manquement de miffion à J.C.:

(a)

Da nous de quellsauthoritétufa ceschofès? Voila

une des obje tions generales avec quoi l on fait le plus de bruit pour le di pen er d écouterM". Bou rignon, & pour la condamner fans vouloir l ouïr ler. Pour montrer l horrible & le acrilégeabus de l Ecriture que l on fait en cerencontre pour fer

mer la bouche à Dieu, confiderons un peu de prés le paffagede S.Paul: Il y en adeux, l un e t dans la 1. Epitre à Timothée, en cestermes; (b) Que la femme appréne en filence, en toute fujetion; car jene

permets pas que la femme en eigne, ni qu elleu e d au thorité furlemary. L autre paffageeft dans la 1. aus

Corinthiens, & le voici: (c)$gelesfemmes qui fºnt parmy vous fa tai ent dans les Egli es: carilne leureß

point permis de parler; mais ellesdoivent étre ujettes,

} commedit la Loy: Ruefielles veulent apprendrequelque

} |

}
-

z

chofè, qu elles interrogent leurs marà dans leurs mai ons:

ear il est malfani queles femmesparlent dans l'Egli e.

: N est

i e. 3

(a)

(c)

Matth., r.v. 23: * (b) 1 Tim.2; v. 11, 12.

I Cor. 14. v. 34,35.

-

dans l'Egli e. : N est i e. 3 (a) (c) Matth., r.v. 23: * (b)

|

22 Preface Apologétiqne,

|

N e t-ce pas une chefe pitoyable que fous detels prétextes l on veüille étouffer les dons de Dieu ?

Pour entendre cespaffagesde S.Paulil faut favoir, que defontempslorsquelesfideless affembloient, ce n e toitpas commeaujourdhuy, où un homme

qui a la tête pleine d êtudes plus payennes que

Chrêtiennes, declame une heure ou deux tout leul

avec afle tation fouvent à des idoles qui doi vent trouverbon tout ce qu il a étudié. Du teqps

de S.Paul c e toient des colloques mutuels, où il

e toit permis à chaque fidéle du commun de dire

foa fentimentoudedemanderceluydefesfréres& des plus avancés. Pour mettre quelque ordre là

dedans, S.Paulordonnequeleursfemmes nedoi vent pas étre du nombre des interlocuteurs, foit

endifant leurspen ées comme le commun desfidé

les, oiten demandant cellesdesautres pour s'in

struire il veut qu elles ne faffent cela que dans

leurs mai ons particuliéres;

qu elles n y parlent que pour aprendre, & non pas

& encore veut ils

pour pretendre d en eigner leurs maris. Où cha

cun void qu il parledes femmesordinaires, ma

desfoins d un menage,desfem

mes qui ont encore be oin d apprendre & quiné anmoins voudroient faire les çavantes; & c e t

riées& ::::

elles qu il dit, qu au lieu d en eignerelles doi

d

ventapprendre de leurs marisen particulier: enfin ·

ildit, que cetterégle qu ildonne, e tuneréglede

bien-f ante, pour êviter la confufion&le defor

dre.Maisà pre ent l on veut faire dire à S.Paul,que

des femmes

illuminées de Dieu, des femmesli-

bres,

defor dre.Maisà pre ent l on veut faire dire à S.Paul,que des femmes illuminées de Dieu,

:

Pour Mad". Antoinette Bourignon.*;

bres, qui fe font toûjours occupées des cho es di vines, des femmes extraordinaires, qui ont le don de la connoistance & de la agestede Dieu, doi

vent, je ne dis pas s ab tenir de parler publique ment, mais nepas écrire en filence & en ecrer dans leur propre mai on les lumiéres falutaires que Dieu leur communique& leurcommande, & cer la lorsqu il n'y a ni mal- éanceni confufionà crain dre, puis que ces fortes de femmes étant trés-ra res, on ne doit pas craindre que la pluralité de pa

reilles apporte de la confufion! Cela n est-il pas

auff éloigné de l opinion de S.Paul que la fauffeté

f'eftdelaverité? Auroit il,cetApôtre,vouluim

po er filence à une fainte femmein pirée de Dieu,

luy, quiunpeuauparavant(a)permetà unefem

me de profétifer (lors qu elle en aledon) pourv qu elle foit voilée? luy qui avoit aprisdu Vieux

Te tament qu il y avoit tanteudefaintes femmes Profete es: luy qui fçavoit qu Anne avoit parlé

dans le Temple touchant Je us Christà tous ceux qui attendoient la delivrance d I rael? luy qui ne

pouvoit ignorer que les femmes evangeliférent aux Apôtres mémeslare urrestion deJe us Christ?

luy qui avoirvû defes propresyeux quatrevierges filles de Philippel'Evangeli te profétifer? luy qui

appelle une femme (b) la coadjutrice en l auvre de $ efa Chri t? quien approuve&en fait faluër tant d'autresle/quellesont, dit-il, beaucoup travaillé &

travaillentencorepour le Seigneur; luy enfin quidit fi in tamment, (c) N éteignez, pointl e prit? Cesja

b 4 (a) 1 Cor. 11. v. 5. (b) Rom. 16. v. 3.

-

loux

(c) : The . 5.

(c) N éteignez, pointl e prit? Cesja b 4 (a) 1 Cor. 11. v. 5. (b)

24.«* : Preface Apologétique

loux&témérairesu urpateurs delaclefdela cien

ce & de l inftru tion s en font ils rendusles maitres

fi ab olument que d obliger Dieu à neladonner à per onne qu à eux? Un paffage de la viede Ste. Téréfevienticyfortàpropospour les confondre:

carcommeoneu tparléunjouràcettefaintedeces

oles de S. Paul, & qu elley pen oit, (a) Dieu

uy dit: Dáleur qu ils neferéglentpasparum eul paf:

fage de la Ste. Ecriture; mais qu ils regardentles au

tres: & demandeleur, s ilsme veulentlierlesmains?

#

La que tion n e t donc plus fi les::::

ventavoirdon, vocation, & mi ion pour in trui- :

re; maisdefçavoir fi celle-cylesaeus. Ce qui n

feroit pas fort étonnant dépuisqueleshommesfé

fontrendusfiindignes & fiindi po és à la commu

nication&à lavocation divine, qu ilsen ontabu

fé, qu ils necourrent plus que d eux-mémes, que

leurs langues ne fontque des organesdeflatterie&

defatisfa tionpourlesoreilles,&qu'ilsontperver ty lesparoles duDieuVivant.llfautremarquerfeu

lement quela veritablevocationou miffion n e tpas

. celle qui e tfaiteouapprouvéedeshommes; car à ce pris-làJelusChri tniles Profétes n'en auroient pointeu: mais c e tcellequi e tfaitede Dieu mé me; & quiconfilteencesquatre chofes, quifont inimanquablementdanstoutvrayenvoyédeDieu, la premiére, qu ilfoit un parfait Chrétien pour fon

particulier, en connoifance, en fainteté, & en

charité; la econde qu il ait ces dons-là fi abondam

ment, qu il y en ait plus que pourhere: r

--

*

CÇTIOI)

z

:

: (a) Viedeste.Téré e chap.4o.

dons-là fi abondam ment, qu il y en ait plus que pour here: r -- *

Pour Mad". AntoinetteBourignon. 25

=

*

fe tion particuliére: la troifiéme qu il foit mû &

appellé de Dieu dans l interieur defoname d une

maniére indubitablement divine: & la quatriéme

que l operation de Dieu dans les ames desautres foit fi bien jointe avec les paroles ou les écritsde cette per onne, que ceux qui les li entou lesen

tendent avec une bonne di po ition, fententqu Dieu écrit & opére efficacement dansleurscoeurs

arcemoyen-là. Lesdeux premiéresdecesrequi

:

peuvent être aperçues tant par la perlonne

envoyée que parceux àquielles addraffe: latroi

fiéme e t du feul refort de celuy qui e tenvoyé;

car il n'y a queluy quientende cette voix de Dieu

qui l appelle: mais la quatriéme appartient pro

prement à ceux à qui l on parle, & c e telle quiles

per uade qu une per onne qu ils entendent, eft

envoyée de Dieu, fansqu ils ayent be oin de voir

des lettres de mi ion ouderecommandation de la

part des hommes; parceque leur propre coeur où

Dieu opére par le mini tére de la períonne en

voyée, e t la lettre de recommandation & de

mi ion.

-

C e t la do trine de S. Paul, qui ne veut luy méme point d autre preuve de fadivinemiffion:

(a)Avons-nous, dit-ilausCorinthiens, befin,com

me quelques-uns, de lettres derecommandationenvers

vous, ou de calles de vôtrepartenvers lesautres? Vous étes nôtrelettreécrite en nos caurs, qui est connue c lue

de tous les hommes: entant qu ilparoiten vota que votes effes la lettre defe ia Chri t écriteparnótre ministére;

-

-*

-

-

-

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5

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nen

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(a) 2 Cor. 3. v. 1,2,3.

*--

ia Chri t écriteparnótre ministére; - -* - - - b 5 5 , , -

2.6

Preface Apologétique

wonpointaveedel'enere, ma parl E pritdu Dieu vi vant: nou fardestablesdepierre, maisfürdestables

de chair, dans le caur. Oge Madle. Bóurignon ait

eu parfaitement certe vocation & miffion divineen

tousfeschefs, c e tce que leviffentiment de cette quatriéme requi ition verifiera fuffi amment dans

touteslesperionnes quiterontdansunebonnedi

fpofition, fans quoi je ne ferois que perdre beau

coup de peines à m étendreicy pour prouver une chofeque touslesécrits& toutefå vie contiennent

amplement, puisque l on y peut voir tant de per

fe tions & devertus Chrétiennes, tant de lumié

resextraordinaires, foitpourl'éclairciffementdes Ecritures, foit pour l explication des proféties,

foitpourl ouverture des myfteresinconnus, foit

pour la découverte de l êtat du monde & du coeur

de l homme, oit pour fa restitution dans fa pre miéreinnocence; fony voittantd appelsdeDieu

elle nonob tant les excu es trop exceffives; &

à

tant d'operations dans plufieurs ames, qu il faut

étre plus tupide qu une fouche pour n en être pas

touché & convaincu.

-

JV.

JE N e s r t M E pas qu il foit fort neceffaire de répondre à ce que quelques-uns trouvent à re dire(pourunequatrié edifficulté)qu'ellen apoint faitdemiraclespourprouverfamilion. S'ilétoitque ·

ftion d uneautre Loy que celle de Je us Chriftque l on annonçalt;où fil on parloit à desper onnes qui

fustent infideles & n euffent point de foy pour les

verités Evangeliques; alors on auroit quelque

-

pré

qui fustent infideles & n euffent point de foy pour les verités Evangeliques; alors on auroit

i

I -

-

-

Pour Mad". AntoinetteBourignon. 27

pas

lorsqu on ne propofe quela do rine de l Evangile

&

vangile & l Ecriture. S. Jean Bati te

Juifs n a point fait demiracles. Je us

Chri tarefu é

parlantaux

detoutel Ecritureàceuxquicroyentdéjaà

prétextededemanderdes miracles: Mais non

E

à

d'enfaire horsdelaneceffité. Mais de plus, jedis,

qu une

fillefansin tru tion humaine e trouve remplie de laconnoistancedes tous les my tereslesplus divins

que c e t le plus grandde tous les miracles

d une maniére à laquellenuln ajamaisatteintjuf

qu'icy,toute olide,toutefublime,touteefficace,

& capable de convertirtous

leshommes de bonne

volonté: qu elle ait découvertlebstn&le malde

l état où les ames des hommes

font devant Dieu;

qu elle ait connuju qu'à leurs plusiecrétes pen ées

&

lier.) Cemiraclen e tpointéquivoque,commeles.

di po itionsintérieures: (ce qui luyétoit fifami

étrºimités&

contrefaitspar

le Diable. Ce miracle, deconnoitre les pen ées du

coeur, et le propre ouvrage &

cara iéredu S.E.

autres, qui peuvent

fprit, qui doit uffir à un payen méme pour con

feffer que Dieu e t dans une telle per onne:

car

voici ce qu en dit S. Paul: (a) Si un

y

infidéleentre

il

dans våtre a emblée, dr qu étant convaincu

de tous, ce qu il a

& jugé

deplus caché dansfom cæurfoit dé

couvert; alors e profernant le vi age contreterre,

adorera Dieu, rendanttémoignage, queDieueßveri

tablementparmy vote.

Faut-il que des Chrétiens foientàpre entplus dérai onnables que des Payens, aufquels némeil

à

-

fuffy qu on leurait dit desveritésconvaincantes

(a)

I Cor. 14. v. 24-25-

tOCl

que des Payens, aufquels némeil à - fuffy qu on leurait dit desveritésconvaincantes (a) I Cor.

28

PrefaceApologétique,

touchant l amendement & le réglement de leur

vie, pour les porter à leurfairerecevoirceladela

part de Dieu même: (a) Lors, dit Epi téte, que

vousaurez,entenducesparoles, allez vous-em, & dites

apart vous; Ce n e ipas Epi iétequi m a dit cela: car d'où l auroit-ilpris? Ma c e tDieuquim ayant été propice & favorable, m a ditcesparolaspar få bouche. Car il ne fu i pas venuen téte à Epistétë deparler dela forte, v qu ilnefpas naturellementportéàparlercen treper onne. Oberffons donc à Dieudepeur quenous ne

l'irritions. Cela à devroitfairehonteaux Chrétiens,

à qui il ne uffit pas d'entendre desverités capables

delesconverst& delesrendreagréablesàDieu.

C e tbienfignequ'ilscherchentautrechofèque

leur conver ion, mais ou leur curiofité, ou des

chicanneries, ondes di pen es de fe conformeraux

chofes qu on leur dit. De tels ne meritent point

d autre repon e que celle que Je us Chrift fit aus Pharifiens: (b)Cettemationcorrompued adultérede

mandeunprodige, & ilmeluyenferapointdonnéd'au tre que celuy du Proféte fonas, lequel préchant les

fleaux de Dieu &larepentance pour les éviter par une conver ionveritable, fut reçu fans autremi

racle par les payens mémes comme fi Dieu euft parlé par la bouche: Et quel plus grand miracle

fauroit-on fouhaitter que de fe voir porté à la con verfion, à devenir divin & cele te de diabolique