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Chapitre 2

Origine de la rupture
Résistance mécanique
Au niveau microscopique, la rupture a lieu par destruction
des liaisons atomiques de proche en proche.

Elle peut se produire par :

Clivage : rupture perpendiculairement au plan de fissure


Cisaillement : parallèlement au plan de rupture

Dans le cas d’un cristal parfait (sans défaut), il est


possible de déterminer les contraintes théoriques de
rupture par clivage ou par cisaillement.
1. Contrainte théorique de rupture par clivage

Le clivage se produit le
long de plans atomiques
denses = Plans de plus
grande équidistance, de
plus faible cohésion

Changement d’orientation à la
traversée des joints de grains,
macles,…

marches sur la surface de rupture


Plans de clivage

Structure Plan de clivage exemples

C.C. {100} Aciers ferritiques, Mo,


W
CFC {111} Très rarement observé

hexagonal {0001} Be, Mg, Zn, Ti, graphite

diamant {111} C diamant, Si, Ge

Nacl {100} Nacl, MgO

ZnS {110} ZnS, BeO


? σth
contrainte théorique de
décohésion nécessaire pour
provoquer la rupture à travers
les plans de clivage.

= force nécessaire pour rompre les liaisons


atomiques d’une surface unité du plan de clivage

peut être approchée par les potentiels d’interaction entre


atomes.
Energie de liaison – force de cohésion
U

r0 Distance d’équilibre r r

U0: énergie nécessaire pour


U0
séparer 2 atomes

F
r0
• • • • r
Force attractive
en 1/r2 • • • •

r0 r

Force répulsive
en -1/r9
Contrainte : σ = F/(r0)2
1/r02 : nombre de liaisons /unité d’aire du plan de fissure
r0
• • • • r
Déformation : ε = ∆r/r0
• • • •
σ σ = E.ε
On assimile la portion de courbe σ – ε
σth à une sinusoïde

 2πε 
σ = σ th sin  
 λ 
0 λ/4 λ/2 ε λ : longueur d’onde

aire sous la courbe σ-ε est égale à l’énergie fournie par unité de
volume initial au solide clivé
 2πε 
σ σ = E.ε σ = σ th sin   ε = ∆r/r0
 λ 
σth
Energie de liaison W

donnée par l’aire sous la courbe σ- ε


0 λ/4 λ/2 ε

λ/2
λ/2  2πε  σ th λr0   2πε  σ th λr0
W = r0 ∫0 σ th sin   dε =  − cos  =
 λ  2π   λ  0 π

Par ailleurs,
création de 2 W = 2γs
surfaces
Energie de
σ th λr0 rupture
= 2γ s
π
 2πε 
σ σ = E.ε σ = σ th sin  
 λ 
σth
σ th λr0
W= = 2γ s
π
0 λ/4 λ/2 ε

pour les petites déformations :


2πε σth 2π
σ = εE = σth λ =
λ E

2 (σ th ) r0
2
σ th λr0
= 2γ S =
π E E γs
σ th =
r0
E γs
σ th =
r0
E.r0
Pour la plupart des matériaux : γ s = Avec 16 < k < 100
k
E E
< σ th <
10 4

Cette contrainte est de 10 à 1000 fois plus élevée que


! les contraintes de clivage mesurées expérimentalement
Sauf pour les whiskers (monocristallins)
Matériau σth σR(exp.)
Défauts concentrateurs
alumine 40 GPa < 800 MPa de contraintes
zircone 20 GPa < 1 GPa
verre 7 GPa < 200 MPa
E γs
Résistances de clivage théoriques pour différents matériaux σ th =
r0

Matériau Clivage E/1010 r0 γ σth/1010 E/σ


σth
(Nm-2) (Nm) -2
(Jm ) (Nm ) -2

Covalent
C(diamant) (111) 121 0,15 5,4 20, 5 6
Si (111) 18,8 0,25 1,2 3,2 6
Ge (111) ≅ 12 ≅ 1 ≅ 1 ≅ 2,5 6
Covalent-
ionique
A12 O3 (0001) 35 0,19 1 4,6 8
Si O2 (vitreux) 7,3 0,16 0,56 1,6 5
Ionique
Mg O (100) 24,5 0,21 0,21 3,7 7
Na C1 (100) 4,4 0,28 0,28 0,43 10
Li F (100) 9,1 0,20 0,20 ≅ 1 9
Métallique
Ag (100) 12,1 0,3 1,1 1,1 5
Fe (100) 20 0,25 2 2 5
W (0001) 39 0,27 3 3 4,5
Zn 3,5 0,27 0,1 0,1 9
résistances à la rupture mesurées sur différents matériaux industriels

Matériau E σexp σexp


E/σ
(Gpa) (MPa)

Acier à bas carbone 210 200 103


Duralumin 70 400 180
Si3N4 180 ≅ 200 103
Si C 140 ≅ 500 300
Al2O3 350 450 103
Verre de silice 70 90 700
Fibre de verre 70 600 100
Ciment 20 20 103

E
σexp << σ th ≈
10
2. Rupture fragile : notion de défauts
Observation des surfaces après rupture
Présence de défauts
Contrainte à la rupture σ mesurée << σ th

Présence de défauts appelés fissures


(en grande quantité)

La rupture fragile est contrôlée par deux stades :

 Production de fissures (ex empilement de dislocations)


 Propagation des fissures

Dans la plupart des cas, les fissures « pré-existent » et


c’est l’étape de propagation qui est l’étape critique.
Nature des défauts
Défauts en volume
Pores,
Inclusions (entourées d’un réseau de microfissures)
Microfissures (anisotropie de dilatation thermique)
Défauts en surface
fissures, rayures d’usinage
Défauts de structure
Entailles, congés , assemblages (soudure, rivets)

Détection des défauts


examen visuel, ressuage,

Contrôle non destructif : émission acoustique,


radiographie X, ultrasons…
Les défauts pré-existants...ex. des céramiques

50 µm

Mise en forme
Frittage (choix des poudres)
usinage
3 µm
3. Résistance à la rupture en présence d’une fissure

3.1. Concentration des contraintes près d’un défaut

Représentation simple des éléments d’une structure par


Des plaques, barres poutres tubes

Élasticité linéaire

En présence de singularités géométrique (entailles,


angles aigus filets de vis, gorges, congés de
raccordement, trou, etc…)

Concentration de contraintes
Analyse de la discontinuité à part
Concentration des contraintes près d’un défaut

Analogie avec les lignes d’écoulement d’un fluide

Dans un matériau Au voisinage


sans défaut d’un d’un
Les lignes de défaut,les lignes
d’écoulement des sont déviées
contraintes sont // et la section est
à la direction de réduite
la contrainte
appliquée

En front de fissure se produit une


concentration de contrainte
Cas d’une fissure elliptique soumise à une traction pure

σa Contrainte σyy
a
σmax
A’ A
A’ A
x
2a
σa
2b ρ A

Position, x
σa 2a

ρ : rayon de courbure

σ max a
 a a Kt = =2
σ max = σa 1 + 2  σ max = 2σa σa ρ
 ρ  ρ
a
>> 1
ρ
Facteur de concentration de contraintes
Contrainte σyy

σmax
A’ A σ max a
Kt = =2
σa ρ
σa

Position

 Un matériau fissuré, chargé uniformément par une contrainte σa


aura une contrainte σM au voisinage du fond de la fissure qui pourra
être très supérieure à la contrainte nécessaire pour rompre les
liaisons.
 dans ce cas, le défaut se propagera en ayant pour conséquence
d'augmenter le coefficient de concentration de contrainte et donc la
contrainte σM.
 la propagation de fissure sera donc auto accélérée ce qui conduit à
une rupture brutale du matériau pour une contrainte apparente σa.
Contrainte σyy

σmax
A’ A σ max a
Kt = = 1+ 2
σa ρ
σa

Position

Cas d’une fissure circulaire

ρ=a Kt = 3
Contrainte σyy

σmax
A’ A σ max a
Kt = = 1+ 2
σa ρ
σa

Position

Exemple : Sur une tige de verre


la profondeur d’une rayure microscopique est de 1µm
ρ ≈ 0.2 nm (distance interatomique)

10-6
Kt = 1+ 2
2 x10 −10 Kt = 142
Défauts courants entraînant une concentration de contraintes

Prise en compte nécessaire


en conception mécanique…

Mais n’explique la très grande


différence entre σth et σR

Défauts de très grande acuité


(r 0)
3.2. Définition : fissure de Griffith
Fissure traversante de longueur 2 a, dans une plaque infinie
d’épaisseur unité

σ
Griffith
Propose un critère de rupture thermodynamique
2a considérant la variation totale d’énergie dans un
solide contenant une fissure lorsque la fissure
augmente de longueur

La plaque est supposée parfaitement élastique


σ

2b ρ A

2a
3.3. Bilan énergétique d’une plaque fissurée
 Un matériau élastique soumis à des contraintes contient de l’énergie
emmagasinée dans les liaisons distendues. 2
1 σ
Energie de déformation par unité de volume : σε =
2 2E
 En cas de rupture, les liaisons reprennent leur position d’équilibre
en restituant une partie de l’énergie élastique
 au voisinage d’une fissure, les liaisons ne sont pas soumises à la
contrainte appliquée
2a
σ σ

Plaque
d’épaisseur unité

σ σ
Bilan énergétique d’une plaque fissurée
L’énergie de déformation est circonscrite à deux zones circulaires
de rayon a, d’épaisseur 1 (V = π a2)

cette énergie est libérée pour créer la fissure

Ue, énergie de déformation élastique par unité d’épaisseur : σ2 (π a 2 )


E

Energie élastique libérée :


π σ2 a 2
Ue =
E

Us : Energie de surface fournie pour créer la fissure (deux surfaces 2ax1) :

Us = 2 x 2 a γs =4a γs γs : énergie de surface du


matériau
σ

2a Energie élastique stockée, Ue

Energie de surface, Us

2 a + da
Us = 2 x 2 a γs =4a γs
σ
2 2
πσ a
Ue = U0 -
E
énergie de déformation (élastique) Energie élastique libérée par la
en l’absence de fissure formation de la fissure

Variation d’énergie potentielle qui résulte de la création de la fissure :

π σ2 a 2
∆U = U s - U e = 4 a γ s -
E
π σ2 a 2
∆U = U s - U e = 4 a γ s -
E

 Si une fissure se propage subitement (rupture fragile)


la surface de ses parois augmente.

 Il faut de l’énergie pour vaincre la force de cohésion des


atomes
( augmentation de l’énergie de surface)

 cette augmentation provient de l’énergie de déformation


élastique libérée lors de l’avancée de la fissure
Energie 4a γs π σ2 a 2
∆U = 4 a γ s -
E
maximale pour a = ac
a
ac

∆U ∂  π σ2 a 2 
π σ2 a2 4 a γ s - E  = 0
- ∂a  
E

Selon Griffith, la fissure se propage si l’accroissement de sa longueur


entraîne une diminution de l’énergie totale du système

Il faut que l’énergie Us nécessaire pour un accroissement de


fissure soit au minimum fournie par l’énergie élastique libérée, Ue

∂∆U ∂  π σ2 a 2 
≤0 ∂a 4 a γ s - E  ≤ 0
∂a  
D’où la condition nécessaire de propagation : π σ2 a
≥ 2γ s
E
À la limite (a = ac) on a :

π σ2 a Définit les valeurs limites de


= 2γ s formule de Griffith a et σ pour une propagation
E instable de fissure

Deux interprétations :
contrainte maximale que peut supporter une plaque contenant une
fissure de longueur 2a0 sans qu’il y ait rupture :

σ=
2 E γs σ dépend du matériau
π a0 d’autant plus faible que a0 est grand

Une plaque soumise à une contrainte σ ne pourra pas supporter de


fissure dont la demi-longueur est supérieure à la valeur critique :

2 E γs
ac = Défaut favorable à la propagation
π σ2
3.4. Comparaison avec la contrainte théorique de clivage

E γs
Contrainte théorique dans un matériau sans défaut : σth =
r0

2 E γs
En présence d’une fissure de longueur 2a : σ =
πa

σ r0
est proportionnel à
σ th a

Ordre de grandeur :

0 σ 1
r0 = 3 A Pour 2a = 6 µm =
σ th 100
Comparaison approche classique - MR

2 E γs
σ σ=
π a0
σR

Contrainte
à rupture
1
σα
a σ = σe

Zone de non rupture

ac
Longueur de fissure
4. Energie de rupture – Dissipation d’énergie en front de fissure
La relation de Griffith est établie dans le cas de fissures aigues et
pour un matériau idéalement fragile (verres , céramiques)
Dans ce cas l’effet d’une propagation de fissure est catastrophique

En présence de plasticité, il faut tenir compte, en plus de γs,


de l’énergie de déformation plastique, γp.

γi : énergie de rupture effective pour un matériau ductile (γi >> γs)

2 γi = 2 γs + γp énergie de déformation plastique


par unité de surface de propagation
de fissure (> 1000 γs)
Critère de Griffith modifié

2 E( γ s + γ p ) Critère d’Irwin-Orwan
σ =
πa
Nettement plus élevée pour un matériau ductile
Energie de déformation plastique 2E (γs + γ p )
σ=
1 πa
γp = ∑ij 2 ∫σ
v
ij ε ij dV

V
V : volume plastifié en fond de fissure

cas d’un solide rigide-plastique soumis à une contrainte maximale :

γ p = σ y ∫ ε y .dV
v

Si γp >> γs, une fissure amorcée peut être stoppée

Le critère de Griffith reste applicable dans le cas d’une plasticité


limitée avec(2 γi = 2γs + γp)
E γs 2E (γs + γ p )
σ th = σ=
r0 πa

σ r0 γ p
σ th proportionnel à a γs

Pour obtenir la même valeur du rapport σ/σth dans


un matériau semi-fragile ou ductile, il faut que la
fissure soit beaucoup plus grande que dans un
matériau purement élastique (rapport γp/γs)
Valeurs théoriques et expérimentales d’énergie de rupture (monocristaux)

MATERIAUX 2 γs (J/m2) 2 γi (J/m2)


COVALENTS
C 30
Si 6 3
Ge 5 2
COVALENTS
IONIQUES
Al 2O3 13 7
Si O2 (quartz) 2,6
Si 02 (silice) 2,4 20
IONIQUES
Mg O 10 3
Li F 3,6 0,8
Na Cl 2,4 0,6
METALIQUES
W 22 3
Fe α 10 2.103
Zn 6 0.2
Be 14 103
cas d’un polycristal :
γi polycristal > γi monocristal
10 - 50 J.m-2 0,5 - 3 J.m-2

surface de rupture est plus rugueuse


présence d’une déformation plastique

De manière générale γi = γs + γp + γa

γa : prend en compte les autres formes de dissipation d’énergie


formation de fissures secondaires à partir de la fissure principale,
Interaction fissure –microstructure ….
autres effets dissipatifs moins évidents (lumière, son, chaleur).
Pour que les fissures ne se propagent pas, il faut que l’énergie
élastique soit inférieure à l’énergie de propagation :

Uélast. < Upropagation


5. Défauts critiques
Matériau fragile
Relation de Griffith Plaque en traction
2 E γs = π σ2 a
Fissure elliptique

 Tous les défauts présents dans une pièce ne conduisent pas


forcément à la rupture

 Un défaut est dit critique vis-à-vis de la contrainte appliquée

A chaque valeur de contrainte est associée une taille critique de défaut ;


réciproquement, à chaque taille de défaut correspond une contrainte
critique qui conduit à la rupture (rupture catastrophique)

Extension à tous les types de défauts et pour différentes sollicitations

1 2 Eγ
σf =
y ac

y : facteur géométrique qui tient compte de la forme de la


fissure et du type de sollicitation
Origine des défauts critiques
Les défauts peuvent être :

 inhérents au matériau ou initiés par écoulement plastique


 en volume ou à la surface de la pièce (défauts de surface)

Défauts en volume

les pores
Les inclusions
Les microfissures dues à l’anisotropie de dilatation thermique des cristaux
Ou à l’empilement des dislocations
Défauts en surface
rayures d’usinage (rectification, polissage)
6. Aspects statistiques - Analyse de Weibull
6.1. Nécessité d’une approche statistique
Les défauts présents dans un matériau sont de forme et de taille variable.
La contrainte à la rupture n’est pas une donnée intrinsèque au matériau

Une distribution des valeurs de résistance à la rupture est observée


dans les matériaux fragiles. De l’ordre de 30% dans le béton
ce n’est pas la tendance moyenne mais les valeurs extrêmes de la
distribution des tailles de défaut qui contrôlent la résistance de ces
matériaux.

Nécessité d’une approche statistique qui entraîne une conception


totalement différente au niveau du bureau d’étude : la notion de
sécurité absolue doit être remplacée par la notion de probabilité de
rupture acceptable.
doit prendre en compte :
 l'hétérogénéité du matériau (source des dispersions)
 les effets du chargement et de la géométrie de la structure
 l’aspect probabiliste
Effet de volume et du mode de sollicitation :
il est important de pouvoir estimer, à partir d’essais réalisés en
laboratoire sur de petits échantillons, le comportement en service de
pièces complexes.

La rupture d’une pièce peut être initiée en dehors des régions les plus
sollicitées

La prévision des charges à la rupture doit donc tenir compte de la


probabilité de rupture de chaque partie de la pièce et non pas
uniquement de la zone la plus sollicitée

Hypothèses d’une analyse statistique


 pas d’interaction entre les défauts
 la rupture se produit par extension des défauts préexistants.
On introduit :
La notion de probabilité de rupture d’éléments de volume pour
une contrainte donnée, Pr = f(σ).
Pr = 0 pour σ = 0 et Pr = 1 si σ → ∞
6.2. Théorie du maillon le plus faible

la résistance d'une chaîne est gouvernée par celle du


maillon le plus faible : si ce maillon se rompt, la chaîne
entière est brisée
Vo V
σ (N maillons
indépendants)

Pour un matériau fragile :


Maillon = élément de volume, V0
Maillon le plus faible = volume contenant le défaut le plus critique
Entraîne la rupture
Cas du clivage : rupture initiée au niveau du plus gros grain
favorablement orienté

Limites : compression, arrêt de fissures par obstacles, gradients


Principe : V = N.V0
Vo V
σ (N maillons
indépendants)

P0 (σ) probabilité de rupture de V0, sous σ (traction uniforme)

Ps 0 = 1 − P0 (σ) probabilité de survie

PsN = [1 − P0 (σ)]
N
Pour N éléments

D’où la proba. de rupture du volume V

Pr (σ) = 1 − [1 − P0 (σ)]
N

 1 
Pr (σ) = 1 − exp − NLog 
 1 − P0 (σ) 
Expression de P0(σ)
La probabilité de trouver k défauts activés sous la contrainte σ dans un
volume V0 est donnée par la loi de Poisson :

(gV0 )k −gV0
Pk (V) = e
k!
La probabilité de n'avoir aucun défaut activé (correspondant à la
probabilité de survie) est donc donnée par la relation :
− gV0
Ps 0 = Pk=0 (V0 ) = e
g = g(σ) : paramètre représentant la population de défauts pour le
matériau; écrit sous la forme d'une densité d'activation des défauts
dans le matériau sous une contrainte σ

P0 (σ) = 1 − exp(− V0 ⋅ g(σ) )


 1 
Pr (σ) = 1 − exp − NLog 
 1 − P0 ( σ ) 

avec N = V/V0 et P0 (σ) = 1 − exp(− V0 ⋅ g (σ) )

 V 
Pr (σ, V) = 1 − exp − g(σ)
 V0 

proba. de rupture du volume V


sous la contrainte de traction uniforme, σ
6.2. Analyse de WEIBULL

repose sur les hypothèses suivantes :


 Le matériau est isotrope et homogène statistiquement :
la probabilité de trouver un défaut de sévérité donnée
dans un élément de volume est constante pour le
matériau considéré.
 Le nombre de défauts est très grand.
 L'étude de la probabilité est basée sur le concept du
"maillon le plus faible"
WEIBULL a proposé pour une fonction g(σ) de la forme :

m
 σ - σu 
g(σ) =  
 σ0 
m
 σ - σu 
g(σ) =  
 σ0   V  σ - σu 
m

Pr (σ, V) = 1 - exp -   
 V0  σ0  

σ : contrainte appliquée (uniforme),


Pr(σ) : probabilité de rupture correspondant à la contrainte σ,
σu : contrainte seuil,
V0σ0m : facteur d'échelle traduisant la contrainte moyenne
d'activation et l'échelle d'étude pour le matériau
m : paramètre du matériau appelé « module de WEIBULL »
représente la dispersion des valeurs mesurées .
Si on considère qu'il n'y a pas de contrainte seuil, (pas de domaine
de sûreté à 100%).
Loi à  V m

σ 
2 paramètres : Pr (σ, V) = 1 - exp -   
m et V0σ0m  V0  σ0  
Analyse statistique de WEIBULL V = N.V0
Vo V
σ (N maillons
indépendants)

proba. de rupture du volume V sous la contrainte de traction


uniforme, σ
 V  σ - σu 
m

Pr (σ, V) = 1 - exp -   
 V0  σ0  
m : paramètre du matériau appelé « module de WEIBULL »
représente la dispersion des valeurs mesurées .
Si on considère qu'il n'y a pas de contrainte seuil, (pas de domaine
de sûreté à 100%).
Loi à  V m

σ 
2 paramètres : Pr (σ, V) = 1 - exp -   
m et V0σ0m  V0  σ0  
Le module de Weibull, m, est un paramètre du matériau caractéristique
de la dispersion de défauts (critère de la sensibilité à la rupture)
m faible grande dispersion des valeurs de contraintes à la rupture

m faible m grand

Le module de WEIBULL m, est une caractéristique empirique qui


représente la fragilité du matériau : plus m augmente, moins le
matériau est fragile.

Pour les aciers : 50 < m <100


Pour les céramiques : 5 < m < 30
6.3. Détermination des paramètres m et V0σ0m

La technique la plus utilisée pour déterminer m consiste à


partir de la forme linéaire de l’équation donnant Pr :

 1   V σ 
m

Y = Log Log   Pr (σ, V) = 1 - exp -   
 1 - Pr (σ)   V0  σ0  

Y = LogV + mLogσ - Log V0σ0 ( m


)
La loi de Weibull est vérifiée si Le graphe Y = f(Log σ) est une droite
d’équation : Y =mσ + B
La pente de cette droite permet de déterminer m et une valeur en un
point permet de déterminer B dont en déduit la valeur du facteur
d'échelle (V0σ0m)
Weibull : détermination

loi linéarisée : ln(− ln(1 − Pf )) = ln V − m ln σo + m ⋅ ln σ

2
σ1 P1
σ2 P2 1

lnln(1/Ps)
0
σi Pi -1
σN PN
-2 m
-3
i − 0,5
Pi = -4
N 4,5 5 5,5 6 6,5
ln (contrainte)
Exemple
Influence des contraintes résiduelles d’usinage sur la contrainte à la rupture
D’un nanocomposite céramique pour applications biomédicales

1.2

• recuit
1
ο non recuit
0.8
Probabilité de rupture

0.6 Non recuit 5


non recuit

0.4
recuit 3 recuit
recuit
0.2 m = 11

Ln(Ln(1/(1-Pi))
1

0
600 700 800 900 1000 1100 1200 -1

Contrainte appliquée (MPa)


Non recuit
-3
m = 12 ,6
-5
6.5 6.6 6.7 6.8 6.9 7 7.1 7.2

Ln(σi)
6.4. Influence du volume
L'hypothèse du lien le plus faible conduit à un effet de dimension
sur la rupture.
 
Y = Log Log 
1
(
 = LogV + mLogσ − Log V0σ0 m )
 1 - Pr (σ) 
Pour une probabilité de rupture donnée

σ1 σ2
V1 V2

σ1 et σ2 : résistances moyennes de deux lots d’échantillons


de volumes V1 et V2
1/ m
σ1  V2 
LogV1 + mLogσ1 = LogV2 + mLogσ2 =  
σ2  V1 
1/ m
σ1  V2 
Application =  
σ2  V1 

σ1 = 400MPa
Pour V2 = 1000V1

Si m = 100 (acier) σ2 = 373 MPa

Si m = 10 (céramique) σ2 = 200 MPa

exemple : V2 = 1000V1, σf1=400 MPa


m=4 σf2=71 MPa
m=12 σf2=225 MPa
m=100 σf2=373 MPa
 V 
6.5. Influence du chargement Pr (σ, V) = 1 − exp − g (σ)
 V0 
Cas d’une contrainte non uniforme, mais uniaxiale (ex. flexion)
On divise le volume V en un grand nombre de volumes ∆V, chacun
soumis à une contrainte σ.

Proba. de survie :

1 − Pr =


[1 − Pr (σ, ∆V )] = exp −
 ∑ ∆V
V0

g (σ ) 

 m
 σ  dV 
Pr

= 1 - exp -  
 v  σ0  V0


Cas d’une loi à
2 paramètres
(Pas de seuil)
On introduit le volume effectif, Veff

Veff représente le volume que devrait avoir une éprouvette de traction


qui, soumise uniformément à la contrainte maximale dans la structure,
aurait la même probabilité de rupture que la pièce réelle.
m
 σ 
Veff =
∫   dV
v  σ max 

Pour une éprouvette dans un état de contrainte hétérogène, la


probabilité de rupture s'écrit donc:

 V  σmax 
m

Pr = 1 - exp - eff   
 V0  σ0  
Application à une poutre soumise à un moment de flexion constant M

y y Partie
M M
b comprimée

h
x h Z

Partie tendue

Contrainte normale dans la section :

My Mh bh 3
σ(y) = σ max = Iz =
Iz 2I z 12

h/2


V
(σ / σmax )m = (2 y / h )m Veff = (2 y / h )m bLdy =
0 2(m + 1)
On introduit aussi la contrainte de weibull, σW définie par :


1
(σW )m = σm dV
V0 v

  σ m 
Pr = 1 - exp -  W  
  σ0  

1/ m
σW  Veff 
=  
σ max  V0 

Pour une poutre soumise à moment de flexion constant on a :

1/ m
Mh  V 
σW =  
2I z  2(m + 1)V0 
6.6.Relation avec la distribution de microfissures
Cas d’un matériau fragile en traction contenant des fissures
elliptiques

Relation entre la contrainte de 2 E γs


σc =
rupture et le défaut critique π ac

σc) : nombre de fissures par unité de volume


n(σ 2 E γs
provoquant la rupture sous une contrainte σ < σc
a > ac =
π σ2

Si N éprouvette de volume unité sont soumises à σ NR rompues

Il reste (N- NR) ep. Contenant (N- NR) n(σ


σc) fissures

Si σ augmente de ∆σ Propagation de ∆n fissures supplémentaires

Nombre d’ep. Rompues : ∆NR = (N- NR) ∆n(σ


σ)
D’où la variation de la proba. de rupture

∆PR (σ) = [1 − PR (σ)].∆n (σ)


Pour un volume unitaire :

PR (σ) = 1 − exp[− n (σ)]

D’après la loi de Weibull :

m m/2 avec :
1  σc  1  a0 
n (σ c ) =   =   2 E γs
V0  σ0  V0  a c  a0 = 2
π σ0
Distribution des défauts correspondant
à la loi de Weibull
Détermination des défauts

essais mécaniques rapides distribution de contraintes


P

σf
Distribution de défauts
P

ai