Vous êtes sur la page 1sur 50

INTRODUCTION À LA

PSYCHOLOGIE CLINIQUE

CHAPITRE 4

APPROCHE PSYCHANALYTIQUE:
NOTIONS PRÉLIMINAIRES

COURS DONNÉ PAR J. DENIS – OCTOBRE 2017


JENNIFER.DENIS@UMONS.AC .BE
INTRODUCTION (1/2)
L’homme symbolique: quelques éléments essentiels

•  Le symbole peut donner un sens à un objet qui n’en a pas (« chose »).

•  Lorsque l’enfant apprend à parler, il parvient à mieux organiser sa pensée


et ses émotions.
⇒  la fonction symbolique se développe progressivement.
⇒  Notion de symbole langagier organisateur de la pensée et des actions.

•  PIAGET l'a montré, l'intériorisation des schèmes d'action contribue à la


construction de la fonction symbolique

•  C’est à la psychanalyse que l’on doit d’abord la compréhension de ce


que le langage a apporté à l’humain.
INTRODUCTION (2/2)
•  L’homme est habité par le désir

•  Importance d’apprendre à maîtriser le désir pour s’adapter


socialement
•  Ref aux interdits fondamentaux (inceste, meurtre et
cannibalisme)

•  Désir de l’analyste versus Désir de l’analysé


CONTEXTE SOCIO-HISTORIQUE :
NAISSANCE DE LA PSYCHANALYSE

Freud, Sigmund (1856-1939), médecin


autrichien, neurologue et fondateur de la
psychanalyse.

Sigmund Freud naquit à Freiberg


(aujourd'hui Prìbor, République tchèque).
Lorsqu'il avait trois ans, sa famille
s'enfuit à Leipzig devant les émeutes
antisémites qui faisaient rage à Freiberg,
puis s'installa à Vienne, où Sigmund
Freud fit ses études. Il devait y demeurer
jusqu'au moment de l'Anschluss,
l'annexion par l'Allemagne de l'Autriche,
en 1938. Tenté par le droit, il opta pour la
médecine peu avant son entrée à
l'université de Vienne en 1873
CONTEXTE SOCIO-HISTORIQUE :
NAISSANCE DE LA PSYCHANALYSE
En 1876, en troisième année de médecine, Freud commença des recherches
sur la physiologie et la pathologie du système nerveux au laboratoire de
physiologie dirigé par le médecin allemand Ernst Wilhelm von Brücke. Il
rencontra alors le clinicien Josef Breuer et les deux hommes devinrent amis.
Freud obtint son diplôme de médecin en 1881, au terme de son année de
service militaire obligatoire.

En 1883, il entra dans le service du médecin psychiatre allemand Karl


Meinert. Privatdozent de neuropathologie en 1885, il partit pour Paris afin de
suivre les leçons du neurologue Jean Charcot : il découvrit alors la pathologie
de l'hystérie, d'abord auprès de Charcot, au cours de ses leçons à
La Salpêtrière, où il fut le témoin des pouvoirs de suggestion du maître sur
ses malades, puis à Nancy auprès du médecin Hyppolyte Bernheim, hostile à
l'hypnose et partisan de la suggestion à l'état de veille.
CONTEXTE SOCIO-HISTORIQUE :
NAISSANCE DE LA PSYCHANALYSE

Il découvre le rôle essentiel de la parole lors des séances d'hypnoses d'ou le


nom de "talking cure" donné à cette méthode.

Cette parole "libérée" coïncide avec la levée des symptômes et s'accompagne


d'une décharge émotionnelle appellée catharsis. Freud fait alors l'hypothèse de
l'existence de processus inconscients.

De retour à Vienne, il remplace l’hypnose par l’association libre qui consiste à


dire toutes les pensées qui viennent à l’esprit, sans tri, sans jugement, sans
discrimination.

L’association libre est la règle fondamentale de la cure psychanalytique.


TROIS 1ERS OUVRAGES CLEFS
DE FREUD
« Etudes sur l'hystérie » avec Joseph Breuer
=> Le cas d'Anna O

« l’interprétation des rêves » (1900)

« Trois essais sur la théorie de la sexualité́ »


en 1905

Pour Freud (1914), « les hommes tombent malades quand, par suite
d'obstacles extérieurs ou d'une adaptation insuffisante, la satisfaction de
leurs besoins érotiques leur est refusée dans la réalité ».
CONTEXTE DE L’ÉPOQUE…
Scandale : époque puritaine et rationaliste

⇒  il ose prétendre que le sexe – thème sulfureux – structure le psychisme de l’homme.

Plus grave pour l’époque :

⇒  Freud prétend que les thèmes de la sexualité sont présents dès l’enfance. C’est une idée
insupportable pour les sociétés bourgeoises et bien pensantes de l’époque.

⇒  il prétend qu’une bonne part de nos comportements échappent à notre conscience, donc
à un contrôle rationnel.

⇒  il prétend instaurer une forme de traitement uniquement fondée sur la parole


(technique du divan)

⇒  Parallèlement, il élabore une théorie de l’appareil psychique.


FREUD ABORDE LE PSYCHISME
SELON 3 POINTS DE VUE 
-Dynamique : c’est l’étude des forces et des conflits psychiques

-Economique : il y a une énergie psychique qui circule

-Topique: le psychisme s’organise en territoires et en systèmes

Ces 3 points de vue sont étroitement liés, et fonctionnent ensemble.

En résumé, l’appareil psychique agit sur l’énergie qui le traverse par un jeu
de forces et de conflits.
L’APPAREIL PSYCHIQUE (1/2)
•  Structure statique et fonctionnement dynamique
•  Métaphore de la machine thermique: Dans une machine thermique,
la chaleur met l’eau en ébullition qui doit tôt ou tard s’échapper sous
forme de vapeur. Dans le cas contraire, la machine explose.

•  Libido : énergie sexuelle


•  Première topique (décrit le côté statique):

•  Inconscient : réservoir de la libido et des pulsions


•  Conscient
•  Préconscient :« habité » par des contenus psychiques qui ne sont
pas présents dans le champ de la conscience mais qui restent
accessibles à la conscience.

•  Le refoulement est un mécanisme de défense (dynamique) qui consiste à


maintenir les représentations insupportables hors de la conscience
1ÈRE TOPIQUE

Dans ce schéma, la flèche centrale désigne la direction des processus psychiques (Ics vers
le Cs). La censure est représentée par le «X» entre Cs et Pcs. Cette censure fait partiellement
barrage, mais certaines pulsions font irruption dans le Pcs ou le Cs sous des formes
déguisées et altérées: rêves, lapsus, actes manqués, oublis, mots d’esprits ou productions
artistiques. Une autre forme déguisée est le « symptôme ». Les deux flèches plus fines qui
retournent vers l’inconscient correspondent au refoulement qui opère essentiellement du Pcs
vers l’Ics.
L’APPAREIL PSYCHIQUE (2/2)
•  Seconde topique : descriptions de trois instances
•  ça: Reservoir pulsionnel (pulsion partielle=> pulsion totale)
•  Moi :n'apparaît que progressivement, au contact de la réalité, d'abord
sous la forme d'un « pré-moi » au stade du narcissisme primaire; il
s'organise et se dégage du narcissisme en même temps que l'objet
libidinal. Son rôle initial est d'établir un système défensif-adaptatif
entre la réalité externe et les exigences pulsionnelles. Expérience de
soi avec une fonction de contrôle et de régulation.es
opérations mentales visant l’adaptation à la réalité.
•  Surmoi: émerge au décours du complexe œdipien par l'intériorisation des
images et les exigences parentales. Structure morale (conception du bien et du
mal) qui se développe suite à l’éducation et qui génère le refoulement des
pulsions jugées inacceptables. Il est en grande partie inconscient.

•  Pour décrire le côté dynamique:


⇒  La libido est une énergie « sexuelle » qui cherche à trouver une issue (recherche du
plaisir) en se liant à un « objet » (investissement).
Elle crée une tension qui a besoin de se décharger, un peu à l’image d’un barrage
saturé et dont il faut ouvrir les vannes pour faire diminuer la pression.
Freud considérait que le Moi devait récupérer à son
profit autant de territoire du Ça que lui était possible.

A votre avis, quelles sont les implications de l’affirmation de Freud


pour le comportement de la vie de tous les jours?
FONCTIONNEMENT DE L’APPAREIL
PSYCHIQUE

•  Point de vue dynamique : 1ère topique; conflit pulsionnels et les


défenses

•  Point de vue économique : aspect quantitatif des forces en présence:


intensité de l'énergie pulsionnelle, intensité des mécanismes défensifs et
des contre- investissements, quantité d'énergie mobilisée par le conflit

•  Point de vue topique :l'origine des forces en présence et la nature des


relations entre ces diverses instances.
•  Le terme « topique » vient Du grec « topos » qui signifie « lieu »
•  Ex: souvenir du sexuel chez les hystériques

•  Point de vue génétique: il met l'accent sur l'évolution des instances


psychiques et des conflits en fonction du niveau de développement
atteint par l'enfant. (notion de stade)
PULSION
LES STADES (1/5)
•  Ssuccession temporelle de ces stades mais à la manière d'un emboîtement
progressif.
•  Stade : mise en correspondance d'une source pulsionnelle particulière
(zone érogène), d'un objet particulier (type de relation d'objet) et d'un
certain type de conflit, l'ensemble réalisant un équilibre temporaire
entre la satisfaction pulsionnelle et les contre-investissements
défensifs.

•  Notions essentielles de fixation et de régression


•  Fixation s'observe quand un événement ou une situation affective a si
fortement marqué un stade évolutif que le passage au stade suivant est rendu
difficile ou même inhibé.

•  Régression: un retour en sens inverse à partir d’un point déjà atteint jusqu’à
un point situé avant lui (régression temporelle, formelle et topique).
LES STADES (2/5)
•  Stade oral (0 à 12 mois) : la source de la pulsion est la bouche et
l'ensemble de la cavité buccale, l'objet de la pulsion est le sein maternel.
Celui-ci provoque « la satisfaction libidinale étayée sur le besoin
physiologique d'être nourri.

•  Stade anal (2é et 3e années) commence avec le début de l'acquisition du


contrôle sphinctérien. La source pulsionnelle devient maintenant la
muqueuse anorectale et l'objet de la pulsion est représenté par le boudin,
fécal dont les significations sont multiples: objet excitant de la muqueuse,
partie du corps propre, objet de transaction entre l’enfant et la mère. Le
stade anal conduit l'enfant dans une série de couples dialectiques
structurants : expulsion-rétention, activité-passivité, soumission-
opposition.
PULSION – STADE ORAL
PULSION – STADE ANAL
LES STADES (3/5)
•  Stade phallique (de la 3e à la 4e année) : la source de la pulsion se déplace vers les
organes génitaux.
•  L'objet de la pulsion est représenté par le pénis chez le garçon comme chez la
fille.

•  La satisfaction provient de l'érotisme urétral et de la masturbation. L'érotisme


urétral représente l'investissement libidinal de la fonction urinaire, d'abord
marqué par le «laisser couler » puis par le couple rétention-érection. La
masturbation, d'abord liée directement à l'excitation due à la miction
(masturbation primaire) représente ensuite une source directe de satisfaction
(masturbation secondaire). C'est à partir de la masturbation que les théories
sexuelles infantiles prennent leurs origines.

•  Il ne s’agit pas du pénis conçu comme un organe génital, mais du pénis conçu
comme organe de puissance, de complétude narcissique : d'où la différence entre
organe-pénis et le fantasme-phallus, objet mythique de pouvoir et de puissance.
Cet objet introduit l'enfant dans la dimension soit de l'angoisse de castration
(garçon), soit du manque. (fille) : le déni de la castration a pour but dans l'un
comme l'autre sexe de protéger l'enfant contre cette prise de conscience.
LES STADES (4/5)
Stade oedipien (5/6 ans) : L'objet de la pulsion n'est plus le seul pénis mais
le partenaire privilégié du couple parental ; La source de la pulsion restant
l’excitation sexuelle recherchée dans la possession de ce partenaire. L'entrée
dans ce stade œdipien se marque par la reconnaissance de l'angoisse de
castration ce qui amène le garçon à la crainte de perdre son pénis et la fille au
désir d'en acquérir un.

•  Le déclin du complexe d'Œdipe est marqué par le renoncement progressif à


posséder l'objet libidinal sous la pression de l'angoisse de castration chez le
garçon et de la peur de perdre la mère chez la fille. Les déplacements
identificatoires, les sublimations permettent à l'énergie libidinale de trouver
d'autres objets de satisfaction, en particulier dans la socialisation
progressive : dans l'investissement des processus intellectuels.
ŒDIPE CHEZ LE GARÇON
ŒDIPE CHEZ LA FILLE
LES STADES (5/5)
•  Période de latence et adolescence. Elles n'ont
pas été directement étudiées par Freud. La
période de latence est simplement considérée
comme déclin du conflit œdipien, et
l'adolescence à l'opposé comme la reviviscence
du même conflit marquée cependant par
l’accession pleine et entière à la génitalité.
LES TYPES DE PROCESSUS
•  Processus primaires: un libre écoulement de l'énergie
psychique en fonction de l'expression immédiate des pulsions
provenant du système conscient.

•  Processus secondaire: l'énergie est liée, c'est-à-dire que la


satisfaction peut être ajournée : ces processus secondaires se
caractérisent par la reconnaissance et l'investissement du
temps, le expériences mentales ayant pour but de trouver les
moyens adéquats pour obtenir des satisfactions nouvelles en
tenant compte du principe de réalité. (ex: réduction de la
tendance à l'agir chez l’enfant)
PRINCIPE DE PLAISIR &
PRINCIPE DE RÉALITÉ
•  Le principe de plaisir est caractérisé par la recherche d'évacuation
et de réduction des tensions psychiques, la cherche du plaisir de la
décharge pulsionnelle associée à la compulsion de répétition des
expériences.
•  Pour Freud, le comportement humain est motivé par des pulsions (Trieb)
•  Le psychisme de l’enfant fait rapidement « le plein » de significations
associées à ses états internes et, progressivement, il élabore – ou
mentalise - des scénarios que l’on va appeler « fantasmes » et qui
peuplent l'appareil psychique.

•  Le principe de réalité prend en compte les limitations, les


interdits, les temporisations nécessaires afin que la décharge
pulsionnelle n'ait pas un aspect destructeur pour sujet. C'est en
partie une des fonctions du moi naissant de l'enfant que de planifier
l'action, de différer les satisfactions dans l'espoir d'une satisfaction
plus grande ou plus adaptée à la réalité.
DANS LA 1ÈRE TOPIQUE
DANS LA 2ÈME TOPIQUE
LES PULSIONS DANS LA 1ÈRE
TOPIQUE

•  Pulsions sexuelles : régies par le principe du


plaisir qui vise à une décharge immédiate et la
réduction des tensions

•  Pulsions d'autoconservation: soumises au


principe de réalité.
LES PULSIONS DANS LA 2ÈME
TOPIQUE
•  Pulsion de vie (éros)

•  Pulsion de mort (thanatos).

Remarque:
Types: Pulsion orale, anale ou génitale. (cfr stades)
Pulsions partielles (objet identifié à une partie du corps,
en particulier une zone érogène spécifique (oral, anal, etc). C'est comme
si une personne était identifiée à l'une de ses parties).
Ou Pulsions totales (les pulsions partielles s’articulent
entre-elles et d’autre part, elle s’orientent vers un objet total )
FANTASMES ORIGINAIRES

= expression mentale des pulsions. Il prend la forme agrégats d'images, de


sensations, d’affect et de schèmes d’actions (scénario).

Ces fantasmes sont communs à tous les humains car ils proposent des réponses à
un certain nombre d’expériences communes.

-  Le fantasme de la séduction où l’enfant imagine avoir été séduit par l’un


des parents explique l’apparition des désirs sexuels et la différence des
générations.

-  Le fantasme de la scène originaire décrit un rapport sexuel entre les


parents, que le sujet interprète comme agression de la mère par le père.

- Le fantasme de castration explique la différence des sexes.


NARCISSISME
•  Attention exclusive portée à soi-même.

•  Narcissisme primaire: Le bébé ne fait pas la différence entre


ce qui est « soi » et ce qui ne l’est pas. L’énergie libidinale est
orientée uniquement sur lui-même.

•  Narcissisme secondaire: Lorsque le Moi émerge, le bébé peut


alors investir son énergie libidinale sur l’autre et prendre celui-
ci comme objet d’amour. = un retournement sur le moi de la
libido, retirée de ses investissements objectaux.
LES TYPES D’ANGOISSE
•  Angoisse de castration > névrose

•  Angoisse de morcellement: l’unité du Moi est


menacée > psychose

•  Angoisse de perte d’objet :où tout s’effondre si


l’autre (interne ou externe) vient à faire défaut >
etats-limites (Borderline)
ANGOISSE DE MORCELLEMENT

Le stade oral débute par un sous-stade narcissique qui correspond à


l’état de non- différenciation mère-enfant; les seuls états reconnus
sont 1'état de tension opposé à 1'état de quiétude (absence de
tension). La mère n'est pas perçue comme objet externe ni comme
source de satisfaction. La « relation » est de type fusionnel. Compte
tenu de l’absence de différenciation sujet/objet, les tensions
déclenchent une angoisse de néantisation.

Peu à peu, avec la répétition des expériences, en particulier avec les


expériences de gratifications orales et de frustrations orales le
premier objet partiel, le sein (« objet » qui apaise), commence à être
perçu. L’identité est encore perçue comme un agrégat fragile de
sensations corporelles et de fantasmes. Les tensions majeures sont
interprétées comme une angoisse de morcellement. Cette angoisse se
caractérise par crainte de perdre le sentiment de propre unité, un
effondrement tant psychique que corporel.
ANGOISSE DE PERTE D’OBJET

Vers la fin de la première année, la mère commence à être reconnue dans


sa totalité, ce qui introduit l'enfant dans le domaine de la relation d'objet
total. Cette phase a été l'objet de nombreux travaux ultérieurs: stade de
l’angoisse de l’étranger de Spitz, position dépressive de M. Klein. La
notion d'étayage rend compte selon Freud de l'investissement affectif du
sein puis de la mère: en effet l'investissement affectif s'étaie sur les
expériences de satisfaction qui elles-mêmes s'étaient sur le besoin
physiologique. Dans ces conditions, les tensions majeures progressent
vers l’angoisse de perte d’objet. La relation est alors dite anaclitique au
sens où l'enfant s'appuie sur l’objet interne (monde intrapsychique) et
réel (des personnes pour surmonter ses tensions).

Ex: relation psychothérapeutique


ANGOISSE DE CASTRATION
Au cours de la phase phallique, l'objet de la pulsion est le pénis. Il ne s’agit pas
seulement du pénis conçu comme un organe génital, mais du pénis conçu comme
organe de puissance, de complétude narcissique. Cet objet introduit l'enfant dans
la dimension de l'angoisse de castration. Le déni de la castration a pour but pour
l'un comme pour l'autre sexe de protéger l'enfant contre cette prise de conscience.

La possession du pénis est progressivement reliée à la possibilité pour l’enfant de


posséder la mère et d’entrer en rivalité avec le père. Par conséquent, la castration
prend une dimension relationnelle. Le fait d’être castré(e) est ce manque qui
empêche le bonheur total, la possession de la mère au cours de l’oedipe. Par la
suite, l’enfant, puis l’adolescent et l’adulte seront sans cesse en quête de la
possession de ce qui manque pour atteindre le bonheur total. Parcours qui, s’il se
déroule bien, sera parsemé de deuils et de renoncement (on ne peut pas tout avoir)
et de projets et de sublimations (on ne peut néanmoins s’en approcher en
fournissant un « travail » : les études, une activité professionnelle, une activité
artistique, un engagement pour une cause, etc.).
COMMENT L’APPAREIL PSYCHIQUE
ORGANISE-T-IL SES EXPÉRIENCES ?

•  Chaque individu construirait sa propre chaîne selon son vécu, son histoire.
•  Méthode projective
•  Association libre

•  Avec le temps, des nœuds associatifs seraient élaborés à partir des


expériences les plus importantes.

•  On peut encore se représenter la chaîne associative comme un réseau


reliant des souvenirs de toute nature : verbaux (mots, concepts) ou non
verbaux (émotions, odeurs, schèmes moteurs, etc.).

•  La méthode diagnostique et thérapeutique en psychanalyse découle de


cette conception de l’appareil psychique. Il s’agit de permettre au sujet
d’extérioriser par la parole ses chaînes associatives.
PROJECTION
•  Mécanisme de défense où le sujet expulse et
attribue chez l’autre un matériel psychique
(qualités ou défauts, sentiments, craintes ou désirs)
qu’il méconnaît ou refuse en lui parce que «
insupportable ».
TRANSFERT
•  désigne les réactions inconscientes du patient à l’égard du clinicien héritées
de son histoire.

•  Laplanche et Pontalis le définissent comme « le processus par lequel les


désirs inconscients s’actualisent sur certains objets dans le cadre d’un
certain type de relation établi avec eux et éminemment dans le cadre de la
relation analytique. Il s’agit là d’une répétition de prototypes infantiles
vécue avec un sentiment d’actualité marqué » (Vocabulaire de
psychanalyse).

•  Le transfert est un processus qui ne doit pas être confondu avec la


projection.
•  Le transfert est un phénomène avant tout relationnel
•  La projection est un mécanisme de défense où le sujet expulse et
attribue chez l’autre un matériel psychique (qualités ou défauts,
sentiments, craintes ou désirs) qu’il méconnaît ou refuse en lui parce
que « insupportable ».
CONTRE-TRANSFERT
•  correspond à l’ensemble des réactions inconscientes du
clinicien qui voit son propre vécu éveillé à l’occasion de la
rencontre avec le patient.
•  Ce vécu doit être enlevé du champ thérapeutique afin d’éviter
l’amalgame entre les deux ensembles de réactions.
CRITÈRES DIFFÉRENTIELS
•  Névrose versus psychose
•  la conscience chez le sujet de la nature morbide de ses
symptômes

•  le maintien d'un contact « raisonnable » avec la réalité


sociale et objective

•  L’exemple du trauma:
•  Dans le cas de la névrose, le thérapeute peut aider le
patient à reconstituer le sens à partir de certaines traces
en proposant des interprétations, ce travail devient
impossible dans le cas de la psychose.
MÉCANISMES DE DÉFENSE (1/3)
•  La pulsion est accompagnée de représentations. Afin de protéger
son intégrité, le psychisme dispose de mécanismes de défense
variés.

•  sublimation est un mécanisme de défense qui a réussi. La


pulsion est dérivée vers un nouveau but non sexuel et
socialement acceptable n'impliquant pas un renoncement de la
sexualité, mais sa maîtrise.

•  refoulement est une opération mentale qui, à l’instigation du


Surmoi, vise à renvoyer vers l’Inconscient un matériel psychique
inacceptable pour le conscient.
•  Le matériel refoulé n'est pas détruit mais transformé et peut
resurgir dans les rêves, les actes manqués et les lapsus, les
délires et les symptômes névrotiques.
MÉCANISMES DE DÉFENSE (2/3)

•  régression : C'est le retour à des formes plus anciennes


d'expression et de comportement. Ainsi, en psychiatrie, on
évoquera la régression foetale du catatonique pelotonné sur sa
couche. L'énurésie, l'encoprésie, le confinement au lit, l'abandon
dans une dépendance infantile à l'égard des autres sont des
formes de régression.
•  conversion : La défense est réalisée par transposition du conflit
psychologique dans le domaine somatique.
•  Dans un premier temps, la représentation (R) est coupée de
l’affect (A). Celui-ci, coupé de sa signification (R), peut alors
émerger sans danger sous forme d’un symptôme corporel :
paralysie, engourdissement, etc. Néanmoins, la nature de la
conversion rappelle indirectement la représentation. Par
exemple, on devient « sourd » par ce qu’on cherche à éviter à
entendre une représentation dérangeante ou encore, la main qui
permet des masturbations compulsives se paralyse. La
représentation (R) est quant à elle refoulée dans l’inconscient.
MÉCANISMES DE DÉFENSE (3/3)
•  clivage consiste à séparer le moi ou l'objet afin de faire coexister
deux parties séparées qui se méconnaissent. Le clivage se
produit de telle sorte qu’une partie du moi continue à prendre en
compte la réalité, alors que l’autre partie se détache de la réalité.
(plutôt psychotique et borderline).

•  Déni: le patient n'arrive pas à reconnaître comme réels certains


aspects extérieurs qui paraissent évident à autrui.

•  Rationalisation: le patient invoque des explications rassurantes


ou complaisantes mais erronées pour rendre compte de son
comportement ou de celui d'autrui (Névroses).
•  …
TRACE, TRAUMA & PATHOLOGIES
La pathologie psychique trouve son origine dans le passé au
travers des frustrations précoces (par carence ou par excès) ou
des traumatismes (abus, maltraitances) vécus. Ces frustrations
et/ou traumatismes laissent une trace.

- Cette trace dépend du stade où les frustrations et/ou les


traumatismes ont été vécus. Ceux-ci bloquent la vie psychique
(fixation). Par exemple, un traumatisme important se produit au
stade oral (période où la différenciation soi/non soi s’élabore), le
risque de troubles identitaires est plus important que s’il se produit
au stade anal.
RÉEL, IMAGINAIRE & SYMBOLIQUE (RIS)
•  Notions lacaniennes

•  Réel: se définit à partir d’une limite du savoir, limite à partir du quel le réel
ne peut être appréhendé mais plutôt cerné et déduit. « C’est l’impossible
à décrire donc l’impossible à dire » (Lacan).

•  Imaginaire: n’est pas ce qui relève de l’imagination mais plutôt ce qui se


rapporte à l’effet de l’image, au caractère formateur de l’image. Permet de
mettre en forme notre expérience.

•  Symbolique: l’accès au mot, au langage.


•  Signifiant: l’image acoustique d’un mot (ex: mot arbre), un geste,
une couleur, etc.
•  Signifié: le concept, la représentation mentale de l’objet. (dessin de
l’arbre)
EXEMPLE DE RIS
•  Réel: contrainte de temps, imminence objective de contrainte
ou sentiment subjectif, …

•  Imaginaire : fantasmes sur le temps, idéologie de l’urgence,


imaginaire de l’action efficace,…

•  Symbolique: construction et maniement de la temporalité,


négociation, construction d’une demande de gestion du temps,

LIVRES À DÉCOUVRIR

Découvrir la psychanalyse, de Freud à aujourd’hui


Edith Lecourt, 2006
Paris, Editions Eyrolles

Introduction à la pensée freudienne ,


Les Concepts Fondamentaux de la Psychanalyse
Jean Pierre Chartier, 2008
Petite Bibliothèque Payot