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ECOLE DES DÉCLARANTS EN DOUANE

CASABLANCA

MODULE V :
LES TECHNIQUES
BANCAIRES ET
FINANCIERES
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MODULE V : LES TECHNIQUES BANCAIRES ET FINANCIERES

CHAPITRE 1 : LES MODES DE PAIEMENT DES


IMPORTATIONS ET DES EXPORTATIONS
INTRODUCTION :

Devant l'incertitude du commerce international, les acheteurs et les fournisseurs de


différents pays ont la possibilité de choisir un mode de règlement efficace et sécurisant pour leurs
transactions commerciales ; ce choix devient pour la plupart des entreprises une préoccupation
majeure.
Le paiement ne peut donc laisser indifférent aucun opérateur, qu'il soit exportateur ou
importateur. Cependant, si les deux parties éprouvent le même besoin de se protéger et de se
couvrir, les motivations qui les animent dans le choix des modalités de paiement sont parfois
diamétralement opposées. D'un côté, le vendeur n’est disposé à expédier la marchandise qu’après
avoir reçu la certitude être payé ; de l'autre côté, l'acheteur n’accepte d'exécuter le paiement
qu'après s'être assuré que le vendeur s'est correctement acquitté de ses obligations
contractuelles.
Pour répondre à cette double exigence, l’imagination des banquiers a mis en place
différentes techniques de paiement et de financement adaptables à chaque situation. Selon le
degré de confiance qui existe entre le vendeur et l'acheteur, le mode de règlement retenu peut
prendre la forme d’un virement international, d’un encaissement documentaire ou d’un crédit
documentaire.
Le choix de tel ou tel mode de règlement dépend des rapports de force en présence et de
l’arbitrage d’un certain nombre d'impératifs commerciaux, de sécurité et de rentabilité, etc.

SECTION 1 : LES DIFFÉRENTS MODES DE RÈGLEMENT :

Les modes de paiement sont définis selon un accord commun entre le vendeur et
l'acheteur et peuvent être selon le degré de confiance entre les deux parties soit :
 La remise directe des documents par les exportateurs aux acheteurs. Le recours à ce mode
n'est possible que lorsque la confiance entre les deux parties est totale et inconditionnelle.
 La remise documentaire : C'est le mode utilisé lorsque la confiance entre les acheteurs et les
fournisseurs est totale mais conditionnelle : le vendeur s’entoure de minimum de garanties en
confiant les documents à sa banque qui reçoit un mandat de ne pas se dessaisir de ces
documents que contre paiement ou acceptation d'un effet de commerce (avalisé ou non
avalisé).
 Le crédit documentaire : Ce mode utilisé lorsque des parties ne se font pas mutuellement
confiance, l’un voulant recevoir la marchandise commandée, l'autre voulant avoir la garantie
d'être payé du produit de son exportation.

I. LA REMISE DIRECTE OÙ L’ENVOI DIRECT DES DOCUMENTS AUX CLIENTS :

En cas de confiance totale, l'exportateur peut expédier les marchandises et adresser les
documents directement à son client en précisant sur la facture définitive l’échéance de paiement (à
vue ou à échéance).
À la réception des documents, l’acheteur accomplit les formalités de dédouanement et
prend possession de la marchandise.

Si le paiement est au comptant ou à vue :


L'acheteur remet au guichet domiciliataire du titre d'importation des documents suivants :
 la facture définitive ;
 le titre d’importation imputé par la douane ;
 le cas échéant les justificatives des frais accès accessoires.
Ces documents vont permettre à la banque domiciliataire de procéder conformément à la
réglementation des changes de régler au fournisseur le produit de son exportation.
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Si le paiement et contre acceptation d'un effet de commerce :


L'importateur remet la traite au fournisseur ; à l’échéance, il agira de la même manière que
pour le paiement au comptant décrit précédemment.

II. REMISE DOCUMENTAIRE OU ENCAISSEMENT DOCUMENTAIRE :

Au cours des années, les banques ont créé et utilisé divers termes et formules dans les
opérations d'encaissement documentaire. Afin de garantir une interprétation uniforme, la chambre
de commerce international à Paris a élaboré des règles uniformes relatives aux encaissements
documentaires qui consistent à ce que l'exportateur remet à sa banque (la banque remettante) ou
à la compagnie de transport des documents d'exportation destinés à l'acheteur étranger et à
charge pour elle de les transmettre à la banque de ce dernier (banque présentatrice) avec
instructions de ne les délivrer que contre paiement ou acceptation d'un effet, la banque
présentatrice s'efforce d'obtenir le paiement sans toutefois en assumer la responsabilité.

Remise des documents contre paiement :


La banque chargée de l'encaissement ne peut délivrer les documents à son client que
contre paiement au comptant dans la monnaie prescrite dans la facture.

Remise des documents contre acceptation d'un effet :


La banque chargée de l'encaissement ne peut délivrer les documents à l'acheteur que
contre acceptation d'une traite (effet de commerce). Le vendeur doit être conscient du fait qu'une
fois les documents remis, la traite est la seule sécurité dont il dispose. Il ne devrait donc livrer la
marchandise sur cette base que s'il est sûr que l'acheteur acquittera le montant de l’effet de
commerce à l'échéance.

III. LE CREDIT DOCUMENTAIRE :

Il s'agit d'une technique qui a pour objet de supprimer le risque de non-paiement et assure
règlement rapide de la marchandise.
Le crédit documentaire est régi par les règles et usances qui sont établies et définies par la
chambre de commerce international. Ces règles et usance uniformes relatives au crédit
documentaire comprennent tout arrangement par lequel une banque émettrice agit à la demande
et conformément aux instructions de son client (donneur d'ordre) de régler à un fournisseur
(bénéficiaire) par l'intermédiaire de sa banque (banque notificatrice) le prix de la marchandise
contre remise des documents prescrits et sous réserve que les conditions de crédit soient
respectées.

III.1. Définition du crédit documentaire :

Le crédit documentaire est un engagement ferme de paiement que prend une banque
(banque émettrice) à la demande d’un acheteur (donneur d’ordre) en faveur d'un vendeur
(bénéficiaire).
L'engagement irrévocable que prend la banque de l'acheteur en faveur du vendeur est un
engagement conditionnel de paiement : la condition étant le respect rigoureux de toutes les
conditions du crédit en remettant dans le délai prescrit les documents exigés par l'acheteur pour
pouvoir disposer de la marchandise importée.
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III.2. Le déroulement d'une opération de crédit documentaire :

Le déroulement du crédit documentaire se fait en deux phases :

Phase 1 : émission d'une opération de crédit documentaire :


Le fournisseur ayant fait une offre de vente, demande le paiement par crédit documentaire.
Le plus souvent, sur la base de la facture pro forma, l'importateur donne à sa banque appelée
« banque émettrice » un ordre d'ouverture d'un crédit documentaire en faveur du fournisseur et
pour le montant proposé. La banque émettrice fait parvenir à une banque située dans le pays de
l’exportateur appelée « banque notificatrice » une lettre d'ouverture de crédit documentaire en sa
faveur et précise les conditions de sa réalisation. Cette dernière doit notifier le crédit à son client.

Phase 2 : Réalisation du crédit documentaire :


Si le crédit documentaire correspond au contrat de vente et les conditions requises peuvent
être remplies, l’exportateur met la marchandise en fabrication et la livre de son stock. Après l'avoir
expédiée, le bénéficiaire réunit les documents exigés et les remet à la banque notificatrice ; celle-ci
s'assure de la conformité des documents et effectue le paiement en la forme prévue par la crédit
puis elle transmet les documents à la banque émettrice qui les vérifie et crédite son correspondant
étranger.
La banque émettrice remet ensuite les documents à son client après paiement.

III.3. Les différentes formes de crédit documentaire :

Avant de passer à l'explication des différentes formes de crédit documentaire, il importe de


rappeler la définition du crédit documentaire. Ce dernier est un engagement ferme de paiement
que prend une banque émettrice à la demande d’un acheteur (donneur d’ordre), en faveur d’un
vendeur bénéficiaire.
L'engagement irrévocable que prend la banque de l'acheteur en faveur du vendeur est un
engagement conditionnel de paiement. La condition étant le respect rigoureux de toutes les
conditions du crédit en remettant dans le délai prescrit les documents présentant l'apparence de
conformité.
Pour faire notifier son engagement au bénéficiaire, la banque émettrice fera appel au
service de son représentant étranger situé dans le pays du vendeur. Elle transmettra l'ouverture du
crédit en lui demandant soit de notifier le crédit sans engagement de sa part - elle sera alors
appelé banque notificatrice - soit de confirmer le crédit en ajoutant son propre engagement - elle
sera alors appelée banque confirmatrice -.

III.3.1. Les formes classiques du crédit documentaire :


La consistance juridique du crédit documentaire dépend du degré de sécurité dont
l'exportateur voudrait s'entourer. On distingue 3 types de crédit documentaire :
 crédit documentaire révocable ;
 crédit documentaire irrévocable ;
 crédit documentaire irrévocable est confirmé.

a) Le crédit documentaire révocable :


Les règles et usances uniformes (article 6) précisent qu'un crédit révocable peut être
annulé ou amender par la banque émettrice à tout moment sans que le bénéficiaire en soit averti
au préalable. Tout crédit documentaire doit indiquer clairement qu'il est révocable ou irrévocable.
En l'absence de pareilles indications, le crédit sera réputé révocable.
Il ressort de cette définition que cette forme de crédit ne procurera à l'exportation aucune
sécurité réelle. Il s'agit tout simplement d'une déclaration d'intention sans engagement de
paiement pouvant disparaître à tout moment admis à l'initiative de la banque émettrice ou à la
demande son client.
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Cependant, il convient de considérer la notion de révocation avec beaucoup de prudence.


La responsabilité de la banque émettrice n'est pas tout à fait dégagée. Si la banque notificatrice ne
reçoit aucun avis d'amendement ou d’annulation et si elle prend l'initiative de payer le vendeur en
réalisation même d'un tel crédit, la banque émettrice doit la rembourser et ce en application de
l'article 8 des règles et usances uniformes.
Par ailleurs, on peut s'interroger sur la finalité d'un tel crédit.
 Pourquoi émettre un crédit si l'on doit le révoquer juste après ?
 Quelle signification donnée au terme crédit puisque les banquiers qui participent à l'opération
ne prennent aucun engagement de payement.
Le recours à ce type crédit documentaire peut être envisagé entre personnes travaillant en
confiance dans le but d'accélérer le circuit de transfert des fonds en faveur du bénéficiaire. Dans
ce cas, le crédit révocable assume essentiellement une fonction de règlement : un moyen de
paiement accélérateur de trésorerie. Néanmoins, il demeure trop peu utilisé dans la pratique.

b) Le crédit documentaire irrévocable :


Contrairement au crédit révocable, un crédit documentaire irrévocable ne peut être modifié
ou annulé sans accord de toutes les parties. Il constitue donc pour la banque émettrice un
engagement de payer le bénéficiaire à vue ou à terme à condition que les termes du crédit soient
scrupuleusement respectés (article 9 RUU).
La force du crédit irrévocable réside dans l'autonomie de l'engagement bancaire par
rapport au contrat commercial. Le banquier émetteur ne peut se soustraire à son engagement
bancaire quelque soit les événements qui affectent ses relations avec le donneur d’ordre. De son
côté, l'acheteur ne peut s'opposer au paiement en faveur du vendeur sous quelque prétexte que
ce soit. Ce principe fondamental de l'autonomie de l'engagement bancaire par rapport au contrat
commercial est consacré dans l'article 3d RUU.
Les crédits sont, par leur nature, des transactions distinctes des ventes ou autres contrats
qui peuvent en former la base. Les banques sont en aucune façon concernées ou liées par ces
contrats même si les crédits incluent une quelconque référence à ces contrats.
Dans sa forme la plus simple, le crédit irrévocable appelle l'intervention de trois parties :
acheteur, vendeur, banque :
 l'acheteur c'est le donneur d’ordre du crédit documentaire ;
 le vendeur c'est le bénéficiaire du crédit documentaire ;
 la banque de l'acheteur c'est la banque émettrice du crédit appelée parfois « banque
opératrice ».
On pourrait imaginer une transmission directe du crédit documentaire de la banque
émettrice au bénéficiaire. Mais ce dernier n'a pas les moyens matériels pour authentifier une lettre
de crédit émanant d'une banque lointaine dont il est difficile, par ses propres moyens d'apprécier le
standing.
C'est la raison pour laquelle, la banque émettrice fait intervenir son correspondant étranger
installé dans le pays du vendeur pour assurer une telle notification. La banque émettrice invite
donc son correspondant :
 soit à notifier le crédit documentaire au bénéficiaire sans ajouter sa confirmation en ne prenant
à l'égard de ce dernier aucun engagement de paiement ;
 soit à notifier le crédit documentaire en y ajoutant sa confirmation, en prenant un engagement
ferme de payement couvrant ainsi les risques de défaillance de la banque émettrice et du pays
de résidence de celui-ci (l'acheteur).
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c) Le crédit documentaire irrévocable et confirmé :


L'article 9b des RUU stipule : « la confirmation d'un crédit irrévocable par une autre banque
agissant sur autorisation ou à la demande de la banque émettrice constitue un engagement de la
banque confirmatrice s'ajoutant à celui de la banque émettrice ».
 Pourquoi exiger la confirmation d'un crédit documentaire ?
 L'engagement irrévocable de la banque émettrice n'est-il pas suffisant ?
Deux facteurs peuvent amener le vendeur à réclamer une telle forme de crédit :
 le standing de la banque émettrice ;
 le risque du pays de l'acheteur ou risque politique..
Lorsque le vendeur a des doutes sur la situation financière de la banque émettrice ou sur la
crédibilité de du pays de résidence de l'acheteur, il essayera de conforter sa position en
demandant une sécurité supplémentaire. C'est l'objet de la confirmation d'un crédit par une
deuxième banque installée au pays du vendeur. Ce dernier bénéficiera ainsi de deux engagements
bancaires rigoureusement identiques.
Si la banque notificatrice n'a pas convenance à confirmer un crédit pour quelque motif que
ce soit, elle doit en informer la banque émettrice sans retard et ce, afin de permettre à celle-ci de
placer son crédit documentaire auprès d'une autre banque qui serait disposée à confirmer.
Il arrivait qu'une banque refuse de confirmer un crédit documentaire soit parce que la
banque émettrice ne dispose pas d’une ligne de confirmation auprès d’elle, soit parce que sa ligne
de confirmation est au plein, soit enfin que le risque politique ou de non-transfert devient trop
important.
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CHAPITRE 2 : LA REGLEMENTATION DES CHANGES


EN MATIERE DE COMMERCE EXTERIEUR
BASES LEGALES :

La réglementation des changes en matière de commerce extérieur est régie par :


 Dahir n° 1-91-261 du 09.11.1992 portant promulgation de la loi n° 13-89 relative au commerce
extérieur (B.O. n° 4181 du 16/12/1992) ;
 Décret n° 2-93-415 du 02.07.1993 pris pour l’application de ladite loi ;
 Arrêté du Ministre du Commerce Extérieur n° 1518/94 du 28.04.1994 (B.O. n° 4262 du
06/07/1994) ;
 Arrêté du Ministre du Commerce Extérieur n° 1901/98 du 07.10.1998 (B.O. n° 4636 du
05/11/1998) ;
 Arrêté du Ministre du Commerce Extérieur n° 1308/94 fixant la liste des marchandises faisant
l’objet de restrictions quantitatives à l’importation et à l’exportation (B.O. n° 4700 du
17/06/1998) ;
 Les notes, les circulaires et instructions de l’Office des Changes relatives au régime des
importations et des exportations (Instruction 01).

INTRODUCTION :

La loi 13-89 relative au commerce extérieur a consacré le principe de liberté des


importations dans des dérogations bien précises ; il s’agit de protéger le consommateur, la
production nationale, le patrimoine national et l’ordre public ainsi que la position financière
extérieure du pays.
A cette fin, l’Office des Changes et le ministère du commerce extérieur ont mis en place un
ensemble de mesures permettant d’organiser et de contrôler les opérations commerciales entre le
Maroc et les autres pays. Ces mesures sont généralement connues sous le nom de
réglementation des changes et du commerce extérieur. Parmi les principales mesures prévues par
cette réglementation, on peut citer l’obligation de souscrire par l’importateur ou l’exportateur le titre
d’importation ou d’exportation correspondant.

SECTION 1 : LE TITRE D’IMPORTATION :

En principe, toute importation de marchandises doit faire l’objet d’un titre d’importation
permettant le règlement financier de la marchandise et le cas échéant son passage en douane1.
Actuellement, les demandes de titre d’importation sont établies sur des formulaires plus
adaptés aux standards internationaux et à l’utilisation informatique.
Le titre d’importation peut prendre 3 formes : engagement d’importation (E.I.), licence
d’importation (L.I.) et déclaration préalable d’importation (D.P.I.). Les 3 types de titre sont
cependant établis sur le même formulaire qui ne peut comporter qu’un seul type à la fois.
Les titres d’importation permettent le règlement financier de la marchandise et le cas
échéant son passage en douane.

I. LES PERSONNES HABILITEES A SOUSCRIRE DES TITRES D’IMPORTATION :

En principe, seules sont habilitées à souscrire des titres d’importation (EI, LI ou DPI), les
personnes physiques ou morales inscrites au registre de commerce.
Toutefois, sont soumis au visa préalable du ministère chargé du commerce extérieur, les
titres d’importation établis par des personnes physiques ou morales non immatriculées au registre
de commerce.
Ainsi, les titres d’importation ne peuvent être souscrits par des personnes domiciliées à
l’étranger, sauf autorisation de l’Office des Changes.
1
Pour les marchandises soumises au visa du Ministère du Commerce Extérieur.
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II. LES DIFFERENTES FORMES DE TITRES D’IMPORTATION :

II.1. L’engagement d’importation (EI) :

On entend par EI le titre souscrit pour l’importation des marchandises non soumises à la
licence d’importation ni à la DPI (libres d’importation).
Cette souscription ne peut être faite que par les personnes inscrites au registre de
commerce.
Concernant les conditions de cette souscription, l’EI est établi en 6 ou 5 exemplaires et doit
comporter une domiciliation bancaire.
Sa durée de validité est de 6 mois à compter de la date de domiciliation (pour le passage
en douane des marchandises).
Dans l’ensemble, ces EI peuvent comporter un ou plusieurs numéros de nomenclature
douanière relevant d’une même position. Pour les pièces détachées, les demandes peuvent être
regroupées en un seul EU, même si elles relèvent de plusieurs positions.

II.2. La licence d’importation (LI) :

C’est le titre souscrit pour l’importation des marchandises soumises à des restrictions
quantitatives (voir liste). Ce document est délivré par le ministère chargé du commerce extérieur.
La LI est établie en 6 exemplaires et sa durée de validité est de 6 mois à compter de la date du
visa2 du ministère chargé du commerce extérieur.

II.3. La déclaration préalable d’importation (DPI) :

En tant que titre d’importation, ce document est prévu en matière de sauvegarde et de


protection de la production nationale contre les pratiques commerciales illicites comme le dumping
ou les subventions étatiques des produits.
La DPI est établie en 6 exemplaires et est délivrée par le ministère chargé du commerce
extérieur. Sa durée de validité est de 6 mois à compter de la date de du visa du ministère chargé
du commerce extérieur.

III. Comment rédiger une titre d'importation ? (voir T.P.)

IV. La domiciliation d'un titre d'importation :

IV.1. Principe :

Tout titre d'importation est soumis à l'obligation de domiciliation auprès d'une banque
agréée. L'absence de visa de domiciliation sur un titre d'importation entraîne le refus par le service
douanier d'autoriser l'entrée de la marchandise.
Sont par contre dispensés de la formalité de domiciliation bancaire les titres d'importation
relatifs à des importations « sans payement » ; il s'agit des importations à titre gratuit (dons sans
caractère commercial ou des marchandises importées dans le cadre d'un contrat de sous-traitance
(régime de l’ATPA sans payement régime 23)).

IV.2. Définition de domiciliation :

La domiciliation d'un titre d'importation consiste :


 Pour l'importateur : à faire choix d'une banque agréée chez laquelle ou par laquelle il
s'engage à effectuer pour son compte les opérations et les formalités bancaires prévues par la
réglementation du commerce extérieur et des changes ;

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En cas de refus d’octroi, le ministère chargé du commerce extérieur doit justifier à l’importateur ce refus.
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 pour la banque : à effectuer pour le compte de l'importateur les opérations et les formalités
prévues par la réglementation du commerce extérieur et des changes et à réunir pour le
compte de l'office des changes des documents commerciaux et financiers permettant de
contrôler la régularité des opérations effectuées.

IV.3. Mode de domiciliation des titres d’importation :

La domiciliation est effectuée auprès des différents guichets de la banque intermédiaire


agréée dotes d’un numéro d'immatriculation attribuée par l'office des changes.
Une licence d'importation délivrée par le ministère chargé du commerce extérieur ne peut
être domiciliée par la banque agréée qu’à la réception d'un exemplaire dûment visé par les
départements du ministère du commerce extérieur.
La domiciliation d'un engagement d'importation est effectuée dès sa souscription et sa
présentation par l'importateur aux guichets de la banque. Toutefois, le visa de l'office des changes
est requis préalablement à toute domiciliation des titres d'importation lorsque :
 Le contrat commercial établi prévoit des règlements échelonnes comportant des intérêts ou
des agios ;
 le contrat commercial est stipulé CAF (CIF) : il s'agit des conditions de livraison des
marchandises, qui prévoient la souscription de l'assurance à l'étranger.
Toutefois sont dispensés du visa de l’office des changes les contrats relatifs à des
marchandises expédiées par avion ou par colis postal et des contrats relatifs aux opérations
d'importation ci-après :
 importation bénéficiant d'un financement extérieur dont les conditions d'octroi prévoient la
souscription de l'assurance à l'étranger ;
 importation de biens d'équipement et d'outillage dans la dans le cadre de contrats clé en main
ou de programme d'investissement dûment agréé et prévoyant l'assurance à l'étranger ;
 importation de pétrole brut, de gaz et de gasoil ;
 importation de génisse ;
 importation de bois.
En outre, la domiciliation des engagements d’importation pour les produits repris au tableau
ci-après est subordonnée au visa préalable du contrat commercial correspondant à ces
engagements par les administrations où les établissements publics repris également ci-après :

Produits éligibles à la production du visa du contrat commercial préalablement


à la domiciliation des engagements d’importation
Numéros de Désignation du produit Organisme chargé du
nomenclatures visa
douanières
04.05 Beurre Ministère du Commerce
et de l’Industrie
07.12.90.10 Céréales Ministère de l’Agriculture
10.01 à 10.08
12.01 à 12.07 Graines oléagineuses, autres que de semence Ministère du Commerce
et de l’Industrie
15.07 à 15.18 Huiles végétales fixes, fluides ou concrètes, Ministère du Commerce
brutes, épurées ou raffinées (à l’exclusion des et de l’Industrie
huiles brutes d’olives, de sésame etc… des
huiles raffinées épurées etc … de coton, de
soja etc…)
Divers numéros du Papiers et cartons destinés à l’édition et Ministère du Commerce
chapitre 48 éligibles à la franchise des droits et taxes et de l’Industrie
d’importation au titre du Dahir du 03/05/1952
fixant le régime douanier de certains articles
(B.O. n° 2066 du 30/05/1952)
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Au moment de la domiciliation du titre d'importation la banque doit apposer sur les


exemplaires du titre un cachet comportant :
 le numéro du guichet de domiciliation ;
 un numéro de référence tiré d'une série continue commençant le 1er janvier de chaque année
par le numéro 1 ;
 la date domiciliation ;
 la date d'expiration du titre.
Elle devra également apposer sur l'exemplaire client un cachet pourtant acquittement du
timbre spécial de 50 dirhams dont sont passibles les titres d'importation dont la valeur excède de
2.000 dirhams (Article 13 de la loi des finances pour l'année 1982).

V. L'IMPUTATION DOUANIÈRE DES TITRES D'IMPORTATION :

L'opération « imputation douanière » consiste en l’annotation du titre d'importation des


éléments ci-après :
 la désignation du bureau de douane ;
 le bureau d'enregistrement de la déclaration en détail ;
 la date d'enregistrement de la déclaration en détail ;
 la date d’imputation ;
 la quantité nette déclarée ou reconnue après visite ;
 la valeur demandée en imputation correspondant à la quantité nette reconnue3 ;
 l’émargement assorti du cachet individuel de l'inspecteur des douanes.
À ce propos, il y a lieu de préciser que la valeur à imputer est au maximum la valeur FOB,
établie à partir de la quantité effectivement reconnue par les services douaniers, sans que cette
valeur excède celle indiquée sur la facture. Echappent à cette règle et ils sont imputés à hauteur
de la valeur CAF4, les titres d'importation libellés CAF et dispensés du visa préalable de l'office des
changes.
Dans le cas d'importation partielle, les imputations effectuées sur les titres d'importation
doivent être fréquemment totalisées afin qu'éviter les dépassements. Lorsque le titre est
totalement apuré ou si à l'expiration de son délai de validité, le titre n'a fait l'objet d'aucune
imputation, il doit être annoté en conséquence et adressé à l'office des changes.

VI. APUREMENT DES TITRES D'IMPORTATION :

VI.1. Définition :

L’apurement d’un titre d’importation consiste par la banque domiciliataire à réunir tous les
documents commerciaux, financiers et douaniers concernant une opération d’importation,
notamment :
 le contrat commercial (facture définitive) ;
 l’exemplaire de paiement du titre dûment imputé par l’ADII ;
 les factures de fret et autres frais accessoires (exemple : Annexe 8 pour justifier le fret maritime
payé au départ) ;
 les avis d’imputation en cas de perte du titre d’importation dûment imputé.
Il est à préciser qu'en l'absence de l'exemplaire original imputé par la douane, aucun autre
document qu'il s'agisse de quittance de douane, d’un titre de transport, etc., ne peut tenir lieu de
pièces justificatives permettant d’apurer le dossier. Une exception est toutefois faite pour les avis
d'imputation en cas de perte de l'imputation douanière.

3
Si le poids déclaré est de 1.000 Kg et qu’après la vérification le poids est de 1.400 Kg, ce qui sera imputé par
l’inspecteur des douanes est 1.000 Kg (valeur imputée = valeur facturée). Si le poids déclaré est de 1.000 Kg et qu’après
la vérification le poids est de 900 Kg, ce qui sera imputé par l’inspecteur des douanes est 900 Kg (valeur imputée <
valeur facturée).
4
Cas de l’Incoterm CIF et des Incoterms de la famille D prévoyant une assurance souscrite à l’étranger.
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VI.2. Rôle de la banque :

La banque domiciliataire doit tenir le bilan du dossier d'importation faisant apparaître une
concordance entre les règlements et les factures définitives d'une part, ces factures définitives et
l'imputation douanière d'autre part.
Dans le cas où l'importation n'a pas été réalisée, la banque domiciliataire invite
l'importateur à lui transmettre tous les exemplaires des titres non utilisés en sa possession.

VII. CAS DE DISPENSE DE TITRE D'IMPORTATION :


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CHAPITRE 3 : LES CAUTIONS EN DOUANE


SECTION 1 : DEFINITION DE LA CAUTION :

On nomme caution la personne qui s'oblige à remplir un engagement contracté par un tiers
dans le cas où celui-ci n'y satisferait pas.
En matière de douane, l'article 87 du code des douanes stipule à cet égard que : « ont la
qualité de redevables des droits et taxes et autres droits et taxes exigibles à l’importation ou à
l'exportation, le déclarant, le mandant du déclarant ou la caution ».
Par ailleurs, l'article 230 du code dispose que : « les cautions sont tenues, au même titre
que les principaux obligés, de payer les droits et taxes, les pénalités pécuniaires et autres sommes
dues par les redevables qu'ils ont cautionnés ».
Toutefois, en matière de régimes économiques en douane, les cautions octroyées par les
banques ou par les sociétés d'assurance peuvent porter sur la totalité ou une partie des droits et
taxes suspendues et ce, dans la limite des sommes cautionnées dans les conditions fixées par
arrêté du ministre des finances.
Les intérêts de retard et autre sommes dues ainsi que les pénalités pécuniaires éventuelles
demeurent à la charge du principal obligé.
La caution doit être parfaitement solvable dont elle est entièrement solidaire, l'exécution de
l'engagement souscrit par ce dernier.

SECTION 2 : LES CAS DANS LESQUELS LA CAUTION EST EXIGÉE :

La caution est exigée par les services douaniers dans les cas suivants :
 l'octroi du crédit d'enlèvement (cas de garantie de paiement des droits et taxes en matière de
régime de droit commun) ;
 le paiement par obligation cautionnée (cas de paiement des droits et taxes en matière de
régime droit commun) ;
 la souscription des acquits à caution de transit ;
 la souscription des acquits à caution en matière de régimes économiques en douane (ATPA,
AT, ES, TSD, EIF, ET et ETPP)

SECTION 3 : LES CAUTIONS EN DOUANE EN MATIÈRE DE RÉGIMES ÉCONOMIQUES EN


DOUANE NOTAMMENT LE RÉGIME DE L’ATPAS:

Concernant la garantie de paiement des droits et taxes en matière de régimes


économiques en douane, il y a lieu d'abord de citer les différentes cautions qui sont utilisées par
les opérateurs économiques ou agréés par l'ADII :
 la caution bancaire à hauteur de 100 % des droits et taxes ;
 la consignation d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la douane ;
 la caution mutuelle entre entreprises de production (en voie de disparition) ;
 la caution morale ;
 les autres garanties agréées par le ministère chargé des finances à savoir :
- la caution mixte (personnelle et bancaire) ;
- la caution personnelle sur engagement des entreprises exportatrices ;
- la caution sur engagement des donneurs d'ordre étrangers.
Avant d'entamer notre cours, il y a lieu de préciser que la caution bancaire et la
consignation des droits et taxes sont dits de droit c’est-à-dire elles ne sont pas soumises à l'accord
préalable de l'administration ; par contre, les autres formes de caution le sont.
ECOLE DES DECLARANTS EN DOUANE - CASABLANCA 13
MODULE V : LES TECHNIQUES BANCAIRES ET FINANCIERES

I. LA CAUTION BANCAIRE :

La caution bancaire est la garantie accordée par une banque qui s'engage conjointement et
solidairement avec le soumissionnaire à payer des droits et taxes exigibles au cas où celui-ci ne
respecterait pas ses engagements vis-à-vis de l'administration (cf. 2 ème alinéa de l’article 230 du
code).
Pour éviter le risque de présentation de fausses cautions bancaires préjudiciables aux
intérêts du trésor public, toute déclaration en régime économique, doit, préalablement à son dépôt
au service, être soumise au receveur des douanes pour agrément de la caution. Cette formalité se
traduit par l’apposition du cachet et de la signature du receveur avec la mention « caution agréée »
; le receveur est par conséquent tenu de procéder à la vérification systématique de l’authenticité
des cachets et des signatures des banquiers.
Si, auparavant, la caution bancaire était la règle pour garantir les engagements des
soumissionnaires en matière de régimes économiques en douane, d'autres modes de
cautionnement ont été institués au fur et à mesure que se fait sentir le besoin.

II. LA CONSIGNATION :

L'article 116 - 4 du code des douanes permet de remplacer la caution par une consignation
dont le montant est fixé par l'ADII et qui ne peut excéder le montant des droits et taxes exigibles.
En conséquence, la somme à consigner peut-être :
 soit égale au montant des droits des taxes suspendus ;
 soit inférieure à ce montant, lorsque le soumissionnaire est bien connu du service pour sa
solvabilité, la régularité de ses paiements et la parfaite observation des engagements qu’il
souscrit.

III. LA CAUTION MORALE :

Les cautions morales sont consenties aux administrations, aux organismes publics et au
profit des sociétés et entreprises opérant dans certains secteurs d'activité comme l'artisanat, la
pêche, etc..
L'octroi de cette garantie est subordonné à la signature au préalable d'une convention avec
ces administrations ou organismes publics qui précisent leurs engagements en tant que caution.

IV. LA CAUTION MUTUELLE :

La caution mutuelle dans un souci d'assouplissement et d'allégement des charges


financières des sociétés exportatrices, l'ADII a également institué un système dit de cautionnement
entre entreprises de production5 en garantie des engagements souscrits lors des importations
effectuées sur le régime de l’ATPA.
Le bénéfice de cette garantie est limité à une durée de dix-huit (18) mois 6 à compter de la
date de souscription des acquits à caution d’ATPA. Au-delà de ce délai, les marchandises non
encore exportées doivent, pour bénéficier de prorogation de délai de séjour sous le régime précité,
être couvertes par une caution bancaire ou mixte ou la consignation d'un montant fixé par
l'administration.
Compte tenu de l’intérêt suscité par ce mode de cautionnement chez les opérateurs et son
incidence positive sur nos exportations, l'ADII l’a étendu aux matériels et les produits placés sous
le régime de l’admission temporaire (AT) par les entreprises industrielles dont l'activité est tournée
vers l'exportation. Ainsi, cette mesure s'étend aux matériels restant propriété étrangère (machines,
moules, outils, etc.), de même qu’aux produits (emballages par exemple) susceptibles de servir
soit à la fabrication de biens destinés à l'exportation, soit au conditionnement de ces derniers.
5
En général, les 2 entreprises doivent avoir la même activité.
6
En cas d’exportation de 75 % ou plus, la caution mutuelle reste valable jusqu’à expiration du délai de 24 mois.
Dans le cas inverse (exportation de moins de 75 %), le reliquat doit être garanti par une autre forme de caution :
consignation, caution bancaire ou caution mixte.
ECOLE DES DECLARANTS EN DOUANE - CASABLANCA 14
MODULE V : LES TECHNIQUES BANCAIRES ET FINANCIERES

La caution ainsi agréée est déclarée « solidaire » du soumissionnaire pour les


engagements qu’il a souscrit (Article 116 – 2° du code). Ce point est très important car en cas de
besoin, il permet à l'administration de s'adresser directement à la caution.
Il est précisé que l’apposition de la signature par la caution sur une déclaration en détail
acquit à caution ne constitue pas pour la caution un engagement illimité. Les cautions, quelle que
soit l'opération envisagée, ne sont responsables que des engagements propres à l'opération en
cause tels qu'ils résultent des énonciations de la déclaration. Dans le cas où ces énonciations ou
l'une de d'entre elles sont modifiées (la valeur par exemple) en suite de la vérification par le
service, c’est la déclaration en détail acquit à caution ainsi modifiée qui sert à déterminer la portée
des engagements du soumissionnaire et de sa caution.

V. LA CAUTION MIXTE :

Dans cette formule de cautionnement mixte (soumissionnaire et banque), le cautionnement


bancaire interviendra par 20 % des droits et taxes des marchandises déclarées au bénéfice du
régime suspensif, le reste des engagements soit 80 % sont couverts par le soumissionnaire lui-
même.
Cette formule pourra être gérée par opération qu’en ligne garantie au choix du
soumissionnaire et de sa banque caution.

V.1. Cautionnement par opération (La case 40 de la DUM sera servie par le
cachet de la banque) :

Chaque déclaration « acquit à caution » devra comporter, outre la propre caution du


soumissionnaire, l'engagement de sa banque caution à hauteur de 20 % des droits et taxes des
marchandises concernées. La caution bancaire ne sera libérée qu'après l'apurement total du
compte d’ATPA en cause.

V.2. Cautionnement global annuel par soumissionnaire (la case 40 de la DUM


restera vite) :

Cette garantie sera souscrite sous forme de soumission cautionnée annuelle par laquelle
en sus des engagements du soumissionnaire lui-même, la banque caution s'engage pour un
montant global devant représenter 20 % des droits et taxes des marchandises importées pour la
période à couvrir sur la base de sa soumission cautionnée, à disposer auprès du bureau douanier
concerné, et pour chaque déclaration acquit à caution souscrite. Dans le cadre de ce système, la
douane imputera des 20 % des droits et taxes de la marchandise objet de l'acquit à caution sur le
montant de la caution.
Au fur et à mesure de la délivrance des mainlevées définitives par les services douaniers,
qui ne le seront qu'après apurement total des comptes concernés, la caution qui sera désengagée
du montant imputé augmente d'autant le disponible de la caution.
ECOLE DES DECLARANTS EN DOUANE - CASABLANCA 15
MODULE V : LES TECHNIQUES BANCAIRES ET FINANCIERES

VI. CAUTIONNEMENT SUR ENGAGEMENT DES ENTREPRISES EXPORTATRICES :

Ce cautionnement est matérialisé par la souscription par les soumissionnaires concernés


d'un engagement sur formulaire ad hoc de satisfaire à toutes les prescriptions légales et
réglementaires en matière de régimes économiques en douane et remplir les engagements prévus
à ce titre.
Ce régime est consenti, à leur demande, aux entreprises soumissionnaires :
 réalisant un chiffre d'affaires à l'exportation d'au moins 10 millions de dirhams y compris la
valeur des intrants ;
 s'engageant à exporter les produits compensateurs obtenus dans un délai maximum de 24
mois, à compter de la date de souscription des comptes en cause et à couvrir par des cautions
mixtes les reliquats non régularisés au terme de ce délai ;
 tenant une comptabilité matière des opérations en régimes économiques. En cas de cession
de marchandises sous régimes économiques (ATPA et AT), la durée de validité de la caution
personnelle est décomptée à partir de la date d'enregistrement de la déclaration souscrite par
le soumissionnaire, cessionnaire en l’occurrence.
Bien entendu, la durée de validité des comptes est celle fixée par la législation et la
réglementation en vigueur.

VII. LE CAUTIONNEMENT PAR ENGAGEMENT DES DONNEURS D’ORDRE (APPELE


DISPENSE DE GARANTIE) :

Il fera l'objet également de la souscription d'un engagement sur formulaire fixé par
l'administration, comme pour le cas ci-dessus.
Il sera accordé aux soumissionnaires pour lesquels les donneurs d'ordre étrangers
accepteraient de se porter caution soit directement soit à travers leurs filiales marocaines.
Pour bénéficier de ce mode de cautionnement, lesdits soumissionnaires doivent réaliser un
chiffre d'affaires à l’exportation avec le donneur d’ordre concerné de plus de 20 millions de dirhams
(y compris la valeur de la marchandise dans les cas d'importation sans paiement) et satisfaire aux
autres conditions visées ci-dessus (similaires à celles prévues dans le cadre du cautionnement par
engagement des entreprises exportatrices).
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MODULE V : LES TECHNIQUES BANCAIRES ET FINANCIERES

CHAPITRE 4 : LES MODES DE PAIEMENT DES DROITS


ET TAXES DOUANIERS
INTRODUCTION : PRINCIPE :

Les marchandises sont le gage des droits et taxes. Elles ne peuvent être retirées du bureau
des douanes qu’après que ces droits et taxes ont été payés, garantis ou consignés dans les
conditions fixées aux articles 93 à 99 du code des douanes.
Les droits de douane et autres droits et taxes dus à l’importation sont mis en recouvrement
en vertu du titre de recette émis par l’inspecteur liquidateur7.

SECTION 1 : LES MODALITES DE PAIEMENT AU COMPTANT DES DROITS ET TAXES :

Le paiement au comptant des droits et taxes dus à l’importation doit intervenir au bureau
douanier où la liquidation a été effectuée et dans un délai maximum de 3 jours à compter de la
date d’émission du titre de recette ou de la fiche de liquidation. Au delà de ce délai, tout paiement
donne lieu à la perception d’un intérêt de retard dont le taux est fixé à 8 % l’an. Cet intérêt de
retard est dû du lendemain du jour de l’expiration du délai jusqu’au jour de paiement inclus.

Nombre de jours de retard


Intérêt de retard = Montant des x 8% x
droits et taxes 360 jours

I. PAIEMENT DES DROITS ET TAXES PAR CHEQUE BANCAIRE :

Il n’est accepté pour le paiement des droits et taxes pour une opération donnée que les
chèques barrés émis par le déclarant ou le propriétaire de la marchandise à l’ordre du receveur du
bureau de douane concerné sans mention de son nom.
Les chèques présentés au paiement doivent être certifiés s’ils dépassent la somme de
15.000,00 DH. La certification du chèque par la banque a pour effet de bloquer la provision
nécessaire au profit de la douane jusqu’au terme du délai de présentation du chèque (20 jours).
Enfin, les chèques doivent être datés du jour ou la veille de celui de leur remise à la caisse
du receveur.

II. PAIEMENT DES DROITS ET TAXES PAR OBLIGATION CAUTIONNEE :

Pour le paiement des droits et taxes recouvrés par l’administration des douanes, les
redevables peuvent être admis à présenter des obligations cautionnées à 60, 90, 120 ou 180 jours
d’échéance selon l’option du redevable. Ces délais commencent à courir à compter de la date
d'émission du titre de recette. Chaque effet doit comporter l’engagement solidaire du principal
obligé et de sa caution (la banque) de payer à l’échéance les sommes énoncées.
Les receveurs sont habilités à donner directement suite aux demandes de paiement par
obligations cautionnées présentées par les redevables.
Les obligations cautionnées ne sont admises que dans les cas où les sommes à payer
dépassent 2.000,00 DH.

7
Cet inspecteur liquidateur est celui qui s’est occupé de la visite douanière. Pour apprécier la valeur de la
marchandise, il peut adopter la méthode comparative c’est-à-dire une méthode se basant sur la comparaison par rapport
à une importation concernant la même marchandise. Cependant, si l’inspecteur ne peut vérifier la valeur de la
marchandise par manque de référence, il soumet ladite marchandise au service de la valeur pour estimation de la
valeur. Dans ce cas, ledit service recourra à la méthode déductible c’est-à-dire une méthode qui se caractérisa par la
recherche du prix de vente sur le marché local.
ECOLE DES DECLARANTS EN DOUANE - CASABLANCA 17
MODULE V : LES TECHNIQUES BANCAIRES ET FINANCIERES

Les obligations cautionnées sont souscrites à l’ordre du receveur du bureau des douanes.
Elles donnent lieu au paiement d’une majoration de 8 % l’an et d’un droit de timbre de 1 ‰ du
montant de l’effet.

SECTION 2 : MODALITÉS DE GARANTIE DES DROITS ET TAXES :

I. LE CRÉDIT D'ENLÈVEMENT :

Pour faciliter le dédouanement et l'enlèvement des marchandises, l'ADII a institué un


régime spécial qui constitue le régime du crédit d'enlèvement.
Cette facilité permet au redevable d'enlever les marchandises déclarées aussitôt après
vérification et avant acquittement des droits et taxes.
Ce régime de crédit d'enlèvement est consenti sous la garantie d'une soumission
cautionnée dont le modèle est fixé par l'administration. Elle comporte l'engagement de :
 payer les droits et taxes dans un délai maximum de 15 jours, 30 jours ou 45 jours selon l'option
du redevable à compter de la date de délivrance du bon à enlever (BAE) ;
 régler en sus et en même temps une remise de 0,37 %, 0,74 % ou 0,90 % du montant des
droits et taxes selon qu'il s'agit d'un crédit d'enlèvement à 15 jours, 30 jours ou 45 jours ;
 verser, à défaut de paiement des droits et taxes dans le délai, un intérêt de retard de 8 % l'an
du lendemain du jour de l'échéance à celui de l'encaissement inclus.
Enfin, le montant de la remise est recouvré en même temps que les droits et taxes et fait
l'objet d'une quittance à part.
À l'échéance du crédit d'enlèvement, les droits et taxes dus ainsi que la remise du crédit
d'enlèvement doivent être payés à la caisse du bureau de douane concerné soit par chèque, soit
en espèces, soit par obligation cautionnée. Dans le cas de paiement des droits et taxes par
obligation cautionnée, cette dernière prend effet à partir de la date d'expiration du crédit
d'enlèvement et non pas à partir de la date d'émission du titre de recette dans le cadre de
paiement au comptant.

II. CONSIGNATION DES DROITS ET TAXES :

II.1. Principe :

Le déroulement d’une opération de dédouanement des marchandises peut être arrêté pour
de nombreuses raisons, il est en ainsi par exemple :