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Volume LxxxvIii n°1

- Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa -

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section

éditorial Emmanuelle Gingras


redaction@larotonde.ca
Rédacteur en chef

Malgré la diversité, où est la nouveauté ?


blerait qu’une diversité très positive a « On a souvent l’impression que les arts pus et un petit public habitué de voir
EMMANUELLE GINGRAS lieu. Par contre, la culture n’a nul autre en Ontario français s’adressent à un cer- certaines choses et pas d’autres. Mais
RÉDACTRICE EN CHEF choix que d’avoir quelques difficultés à tain public en particulier un peu plus tra- surtout, craindre d’oser sous l’œil d’une
se concrétiser. Est-ce pour autant pro- ditionnel blanc, de souche européenne » communauté artistique trop proche les
Nous célébrons ce 25 septembre 2019,
blématique? affirme-t-il lors de son entrevue. Celui-ci unes des autres.
la journée des Franco-Ontarien.ne.s.
souhaite apporter une diversité chez les
Après environ 50 ans de tentatives de Aucunement. Une culture n’a pas né-
concrétisation au niveau de son iden-
productions artistiques, mais aussi au fermeture quant à la discussion
cessairement à se concrétiser. Elle peut niveau du public.
tité, que peut-on en dire aujourd’hui? devenir à peu près ce qu’elle veut et Pendant l’été, La Rotonde avait entre
Et, plus précisément, sur quoi repose Ce manque de diversité n’est toutefois autres fait une statistique sur Facebook
surtout si l’on considère l’art comme
sa culture? Portons donc ici un regard pas le seul, si nous parlions maintenant avec une trentaine de Franco-Ontarien.
quelque chose de relatif. Et encore plus
critique sur la chose, car toute culture se du manque d’exploration et de nouveau- ne.s sur leur écoute et appréciation de la
si on considère qu’elle se doit d’évoluer;
doit d’être discutée et remise en question té sur un point de vue purement artis-
ouvrir son discours à la nouveauté l’em- musique franco-ontarienne. L’on peut
afin de proprement évoluer. tique?
pêche au contraire de baigner dans sa s’entendre sur la prochaine réalité; la
C’est au début des années 70 que le propre eau trop longtemps. scène musicale, comme les autres formes
théâtre et la littérature ont été le fer d’art, n’est pas la plus vaste et donc pas la
de lance dans le nord de l’Ontario. La plus diversifiée, ce qui fût l’un des com-
culture franco-ontarienne tentant de se mentaires constructifs récurrents.
distinguer, c’est une voix identitaire par-
D’après les résultats, ceux qui consom-
mi les autres communautés franco-cana-
meraient le plus cette culture y auraient
diennes que celle-ci se recherchait. Une
été exposés en grandissant. L’initiative
chose est toutefois indéniable selon Mi-
chel Bock, professeur d’histoire à l’Uni- de faire promouvoir la culture fran-
versité d’Ottawa, c’est que celle-ci sera cophone dans le contexte secondaire
toujours inspirée par sa descendance s’avère ainsi des plus pertinentes consi-
franco-canadienne. dérant en plus que pour plusieurs, il
s’agit de la seule opportunité de consom-
Celui-ci parle aussi entre autres de mer la culture francophone. Comme le
« pôles qui s’attirent », où les commu- mentionne Éric Barrette, gestionnaire
nautés francophones éloignées de la des animateurs culturels des écoles du
province n’ont nul autre choix d’évoluer Nord-Ouest de l’Ontario, la rigueur et
culturellement selon leurs réalités indi- l’approche varient d’une école à l’autre.
viduelles. Nous parlerions donc ici d’une Cela serait entre autres dû au fait que les
culture fragmentée où plusieurs petites réalités ne sont pas les mêmes partout.
minorités se battent chacune de leur
côté pour ce qu’elles ont à réclamer et De son côté, Éric Barrette ne concentre
dénoncer, sans nécessairement pouvoir pas nécessairement son mandat sur va-
se concrétiser ensemble. loriser la musique franco-ontarienne,
mais bien francophone en général; « j’y
C’est pourquoi, entre autre, que des
vais en fonction de ce que l’élève va ap-
évènements comme la Fédération de
précier».
la jeunesse franco-ontarienne (FES-
FO), Théâtre Action et Quand ça nous Bref, tout ça pour en venir que ladite
chante ont lieu chaque année. Servant CONCEPT : EMMANUELLE GINGRAS & ANDREY GOSSE
enquête qui a souligné un enjeu qui ex-
de moyens de contacts entre chacune pliquerait peut-être une certaine stagna-
des communautés secondaires franco- tion au niveau de l’évolution culturelle
phones de l’Ontario. D'ailleurs, le milieu culturel franco-on- art du petit milieu franco-ontarienne. Il s’agit de la ferme-
tarien demeure toujours peu cultu-
Il y a à considérer l’humble taille des ture quant à la discussion. Quiconque re-
communauté diversifiée rellement diversifié. Denis Bertrand,
mettant en question moindrement celle-
communautés, ne leur permettant peut-
coordonnateur général de l’Alliance
Mentionnons ici que sur environ être pas nécessairement d’explorer au- ci était automatiquement attaqué et très
culturelle de l’Ontario (ACO), souligne
700 000 Francos-Ontarien.ne.s, environ tant qu’elles le voudraient. Peut-on vrai- peu de ceux la remettant en question ont
ce point dans une entrevue avec Radio
25 % de ses francophones sont alimen- ment se permettre de se « péter la yeule souhaité être cités pour ladite enquête.
Canada en précisant que la diversité se-
té.e.s par l’immigration. « Il est très rare » et oser la nouveauté quand une culture
rait un peu plus présente au niveau de Il ne faut pas ignorer les exploits, mais
qu’une minorité accueille une autre mi- est en danger?
la littérature et la musique, mais qu’au serait-ce possible de discuter ouverte-
norité », souligne Bock.
niveau du théâtre, celle-ci est encore Mentionnons ici entre les outils très li- ment des enjeux culturels pour aller de
Dans cette optique d’ouverture, sem- presque totalement absente. mités, de petits milieux parfois corrom- l’avant?

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ACTUALITÉS Maeve Burbridge


actualites@larotonde.ca
Cheffe de pupitre

politique ontarienne

L’UOF prépare l’ouverture de ses portes


L’appui financier du gouvernement fédéral permet le projet de l’Université de l’Ontario français (UOF). Celui-ci aboutira d’ici l’année 2021, d’après Dyane Adam, prési-
dente du Conseil de gouvernance de l’université en devenir.

MAEVE BURBRIDGE
CHEFFE DU PUPITRE ACTUALITÉS

Après l’annulation du projet par le gou-


vernement ontarien en décembre 2018,
une entente pour la réalisation des
plans de l’UOF a été signée par le gou-
vernement provincial et fédéral le 7 sep-
tembre 2019 dernier.

Le projet bénéficie du soutien de Mélanie


Joly, ministre du Tourisme, des Langues
officielles et de la Francophonie. C’est
ce qui a permis à l'UOF d’être financée
à 50% par le gouvernement fédéral et à
50% par le gouvernement provincial on-
tarien géré par Doug Ford. Cette contri-
bution du fédéral a été le facteur décisif
pour la contribution du gouvernement
conservateur ontarien.

Le Conseil de gouvernance de l’UOF


va de l’avant pour élaborer ses pro-
grammes. Les champs étudiés seront la ILLUSTRATION: ANDREY GOSSE
pluralité humaine, l’économie mondia-
lisée, les environnements urbains et les thématiques, ni de beaux-arts. « Les l’Université Glendon ou à l’Université intellectuelle et culturelle, mais égale-
cultures numériques. programmes de sciences pures néces- Laurentienne, ça aurait été très béné- ment économique des communautés
sitent une infrastructure très différente fique. Ça aurait beaucoup aidé ces gens- franco-ontariennes ».
modèle non-traditionnel et assez coûteuse. Je dirais que c’est là. [Il ne] peut pas dire qu'[il n'est] pas
La présidente du Conseil de gouvernance pour une phase subséquente », précise content, mais [il a] l’impression qu’on a Toronto: ville franco?
précise que des programmes de pédago- Adam. Pourtant, il y aura la possibilité sauté une étape ». Celui-ci souligne aus- Pour Gauthier, le fait d’ouvrir une uni-
gie, de communications, de gestion et de de prendre des cours de sciences pures et si le manque de professeurs bilingues et versité francophone dans le milieu an-
psychologie sont en planification. de beaux-arts chez les universités anglo- francophones en Ontario et le manque glophone de Toronto lui semble illo-
phones de la ville, avec lesquelles l’UOF de financement pour les programmes gique.
« On veut préparer nos étudiant.e.s à négocie des ententes de collaboration.
francophones dans la province.
confronter les enjeux modernes, comme Adam affirme que « le Sud-Ouest de
l’environnement, la justice sociale et Mauvais timing ? Toutefois, pour Stuart, « l’UOF est un l’Ontario n’a pratiquement pas de pro-
l’influence de la culture numérique » dé- symbole physique et institutionnel de grammes universitaires offerts en fran-
Josée Gauthier, une Franco-Ontarienne
clare la présidente du Conseil de gouver- notre victoire et de notre résilience en çais. Pourtant, la population franco-on-
du Témiscamingue, se demande; « Pour-
nance de l’université, Dyane Adam. tant que peuple ». Il considère égale- tarienne est importante, avec près de
quoi une nouvelle école quand les pro-
ment le projet de l’UOF comme l'une des 220,000 Franco-Ontarien.ne.s, ce qui
Pour s’éloigner du modèle de la salle de grammes universitaires en français dans
plus importantes victoires franco-on- est égal à la population acadienne du
classe traditionnelle, Adam mentionne les écoles bilingues ont besoin d'aide ? ».
tariennes, équivalente, ou presque, à la Nouveau-Brunswick ». Elle rappelle que
que l’UOF « veut intégrer l’apprentis-
Trevor Stuart, étudiant en études de préservation de l’Hôpital Montfort. Toronto est la ville canadienne avec la
sage expérientiel dans tous les cours, pas
conflits et droits humains à l’Université quatrième plus grande population fran-
seulement les coops, pour donner aux
d’Ottawa (Ud’O) et activiste Franco-on- De son côté, Adam est confiante que cophone du Canada. Selon Adam, la de-
étudiant.e.s un savoir pratique ».
tarien.ne.s croit aussi que « de rediri- l’UOF favorisera le savoir et l’innovation mande à l’éducation en français dans le
Pour le moment, l’UOF n’offre aucun ger l’argent vers d’autres programmes en français. Elle espère également que ça sud-ouest de la province monte en flèche
programme de sciences pures, de ma- francophones, par exemple à l’Ud’O, à permettra « la floraison non seulement depuis quelques années déjà.

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Découvrir la francophonie internationale à l’Université d’Ottawa


L’Université d’Ottawa (Ud’O) est habitée d'un corps étudiant international, ce qui ne fait qu’enrichir et diversifier la commu-
MAEVE BURBRIDGE nauté francophone de l’Université. La Rotonde s’est entretenue avec six étudiant.e.s internationaux dans le but de découvrir à
CHEFFE DU PUPITRE ACTUALITÉS quoi ressemble leur expérience à l’Ud’O.

La Rotonde ( LR ) : Présentez-vous. Carla Lesueur (CL): Je m’appelle Carla Lesueur, je suis étudiante en deuxième
année dans le Programme spécialisé en développement international et mondialisa-
Adrien Heymans (Adrien H): Je m’appelle Adrien Heymans, je viens de la Belgique tion. Je viens de la Suisse, mais j’ai aussi habité en France un petit temps.
et je commence ma deuxième année dans le programme de sciences spécialisés bi-
disciplinairess en informatique et mathématiques. Je viens de la partie néerlando- Caroline Piché-Daniele (CP-D): Salut! Je m’appelle Caroline Piché-Daniele et je
phone de la Belgique mais j’ai fait toutes mes études en français. suis en troisième année en génie chimique. Je viens de l’Argentine, mais j’ai aussi

Alexandra Fabre (AF): Je m’appelle Alexandra Fabre. Je suis en marketing à habité en France quelques années.

l'école de gestion Telfer. C’est ma première année. Je viens de la France.


Gnaviksha Bhujun (GB): Je m’appelle Gnaviksha Bhujun, je suis une étudiante en
Annie Honodou (Annie H): Bonjour, je m’appelle Annie Honodou et je viens du deuxième année en Sciences politiques.  Je viens d’une petite île paradisiaque: l’Île
Bénin et de la France. J’entame ma quatrième année en économie et en business. Maurice [de la République de Maurice].

LR : Quelle a été votre expé- communautés au Canada, mais si cette lutte existe
vraiment, je n’ai pas le sentiment qu’elle ait réussi à
étudiant.e.s internationaux comme moi. Les Fran-
co-Ontarien.ne.s et les autres Canadien.ne.s sont sym-

rience en tant qu’étudiant pénétrer les murs du campus ! pathiques, bien que l’accent est parfois difficile à com-
prendre quand ils parlent vite !

international francophone AF: J’ai tout de suite été frappée par la grandeur de la
CL: Je trouve que c’est une chance d’avoir une uni-
capitale, venant d’une petite ville de la campagne fran-

à l'Ud'O? çaise. L’Ud’O m’a également semblé démesurée, et je versité complètement bilingue et qui nous permet de

dois admettre que j’ai encore du mal à me repérer. De prendre des cours aussi bien en français qu’en anglais.
Adrien H: Je trouve que les francophones à l'Univer- ma courte expérience à l'Université, beaucoup d’activi- En temps qu’internationale, bien que je sache parler
sité sont bien représenté.e.s notamment grâce au bi- tés m'ont été proposées en français, dans le but de nous l’anglais, c’était rassurant de savoir que sur le campus
linguisme. Il y a beaucoup de francophones ici, parfois intégrer et de nous faire rencontrer des gens parlant je pourrais parler en français aux employé.e.s si j’en ai
des Canadien.ne.s mais aussi des étudiant.e.s interna- la même langue que nous. Je me suis vraiment sentie besoin. J’entends plus de francophones internationaux
tionaux.ales. En arrivant ici, j’ai été vraiment content intégrée dès le départ, et je n’ai pas ressenti de tension que de Canadien.ne.s parler le français mais c’est peut-
de voir que l’Université nous permettait de recevoir particulière en échangeant avec des Franco-Ontarien. être juste une impression. L’orientation internationale
nos documents officiels dans la langue de notre choix. mise en place par l’Université m’a aussi énormément
ne.s. 
J’ai été très bien accueilli en venant à Ottawa, j’ai di- aidé à bien m’intégrer dans le campus et à vivre une su-
rectement rencontré des nouvelles personnes à la fois Annie H: Il faut dire que je suis bien, ici, à Ottawa. Le per expérience à Ottawa, j’ai pu y rencontrer d’autres
francophones et des anglophones. J’avais toujours bilinguisme à l’Ud’O est certainement un point fort étudiant.e.s internationaux qui partagent la même ex-
entendu parlé d’une sorte de rivalité entre ces deux de l’Université, puis j’ai pu rencontrer plein d’autres périence que moi et ça c’était vraiment bien.

ADRIEN HEYMANS ALEXANDRA FABRE ANNIE HONODOU

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Les Canadien.ne.s sont vraiment super accueillant.e.s, gens sont gentils et amicaux et je n’ai ressenti aucune expérience depuis mon arrivée en tant qu’étudiante
je n’ai ressenti aucune tension. Au contraire, on se sent tension avec les Canadien.ne.s. Le fait que l’Ud’O soit internationale francophone est autant favorable et po-

les bienvenu.e.s.  un campus bilingue est réconfortant pour moi, parce sitive que je l’espérais, notamment avec la présence de
que mon français est beaucoup mieux que mon an- nombreux [membres du] personnel qui parlent fran-
CP-D:  Je ne peux pas vous mentir: j’étais très ner- glais, donc c’est bien de savoir que si j’en ai besoin je
çais, ainsi que la traduction française de tout ensei-
veuse en arrivant au Canada. Je m’inquiétais que j’al- peux toujours communiquer en français. Le fait qu’il y
gnant et les discours lors des événements, pour nous
lais avoir de la difficulté à rencontrer des gens et à me a beaucoup d’anglophones sur le campus est bien pour
faire sentir que le français est autant présent et im-
faire des ami.e.s J’avais peur de me sentir seule et de moi aussi, puisque j’essaye de m’améliorer dans cette
portant que l'anglais. Je peux en effet dire que j’étais
ne pas être acceptée. Au contraire, aussitôt que je suis
langue.
arrivé à l’Université, j’ai rencontré pleins d’autres étu- quand même bien accueillie, surtout avec le fait de ne

diant.e.s internationaux qui partageaient ces mêmes GB: Une des raisons pour lesquelles j’ai choisi l’Ud’O pas sentir une certaine tension entre les autres étu-

inquiétudes puis on est vite devenu.e.s très proches. Je pour poursuivre mon apprentissage académique, c’est diant.e.s Franco-Ontarien.ne.s. On peut dire qu’on se
peux dire que je me sens bien accueillie au Canada. Les parce qu’elle permet un cheminement bilingue. Mon sent comme chez nous.

LR : Pouvez-vous nous parler AF: Il y a par exemple « ça caille », qui veut dire qu’il
fait froid. On peut parler de quelqu’un de « beauf »
philosophie vraiment suisse, on est lent, on prend le
temps.

d’un mot ou d’une expression pour quand la personne est inculte et ringarde.
GB: Dans mon pays il y a un mot particulier que tout le
monde utilise, c’est le mot « mari » qui est le synonyme
Annie H: Un mot qu’on utilise parfois au Bénin mais
qui vient de votre pays d’ori- pas ici, c’est un « sapeur ». On peut dire que quelqu’un
du mot « super ». « C’est super bon », chez nous on
dira « c’est mari bon ».
est « sapeur » lorsqu’il s’habille de manière très re-
gine? cherchée. CP-D:  En Argentine, on aime beaucoup le mot « bas-
ta »! C’est un genre d’exclamation qui veut dire « c’est
Adrien H:  « Dikkenek », probablement un de mes CL:  « Il y a pas feu au lac! ». On dit ça, par exemple, assez ». Par exemple, quand quelqu’un est en train de
mots préférés en Belgique. Il signifie une personne qui quand quelqu’un va trop vite et n’est pas patient. Ça mettre de la nourriture sur ton assiette, et elle en met
a la grosse tête, qui fait le malin. veut dire que c’est pas pressé, on a le temps. C’est une trop, tu pourrais leur dire « basta »!

LR : Quelle place occupe le Annie H: En France, le français est très parlé, bien sûr. colonisation qui a apporté le français au Bénin.

Au Bénin, ce n’est pas tout le monde qui parle le fran-


GB: 
français dans votre pays çais, bien que celui-ci soit la langue officielle du pays.
Dans mon pays, on est tous majoritairement bi-

lingue. Le français est en effet la langue la plus parlée,


Ce sont les personnes éduquées qui parlent le français
d’origine? puisqu’on l’apprend à l’école et la plupart du temps il
malgré que la langue officielle soit l’anglais. On peut

dire que les francophones sont très bien représenté.e.s,


AF: Étant d’origine française, je peux assurer que les faut parler le français pour avoir un bon poste dans les

francophones sont bien représenté.e.s. Le français entreprises et au gouvernement. À part le français, il y notamment avec la présence des lycées français et le

étant notre langue maternelle, nous sommes une très a plein de langues qui sont parlées au Bénin. Ces lan- fait que la langue française est obligatoirement ins-

grande majorité à le parler.  gues-là ont leurs origines au Bénin, alors que c’est la truite dans toutes les écoles.
PHOTOS: COURTOISIE

CARLA LESUEUR CAROLINE PICHÉ-DANIELE GNAVIKSHA BHUJUN

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bilinguisme

Le SÉUO est-il là pour les Francophones ?


MAEVE BURBRIDGE
CHEFFE DU PUPITRE ACTUALITÉS

Le Syndicat étudiant de l’Université


d’Ottawa (SÉUO) s’est engagé à res-
pecter le critère de bilinguisme au corps
étudiant qu’il se doit de servir. Pour cer-
ner quelles mesures le Syndicat prévoit
entreprendre pour tenir cette promesse,
La Rotonde s’est entretenue avec la
Commissaire aux affaires francophones
du SÉUO, Natasha Roy. La question à
répondre: qu’est-ce que le SÉUO fera
pour les francophones du campus ?

Selon Roy, le mot clé de sa stratégie pour


le bilinguisme serait « hauts standards ».

Les attentes du Syndicat vis-à-vis le bi-


linguisme sont élevées au niveau des ARCHIVES
communications en français ainsi que
de l’accès aux services en français sur le gues du Syndicat seront encouragé.e.s à étaient juste en anglais pour plusieurs du SÉUO, il y avait un.e employé.e qui
campus. faire usage du tutorat gratuit offert par facultés, dont la mienne. Même pour les pouvait la servir en français.
ce Centre et le SÉUO. Dans le cadre de francophones qui connaissent l’anglais,
En marche vers le bilinguisme Roy ne peut pas faire de grosses pro-
ce programme, ils pourront apprendre à la terminologie du contrat est difficile à
messes aux francophones du campus
Bien que la mission du SÉUO représente servir des membres de la communauté comprendre, puis ce n’est pas juste de
par rapport à leur représentation côté vie
un corps étudiant bilingue, ce sont seu- universitaire dans les deux langues offi- nous faire signer un contrat qu’on ne
étudiante, puisque le Syndicat se trouve
lement les commissaires du Syndicat qui cielles. Ce service est également ouvert comprend pas  ».
dans une position délicate vis-à-vis le fi-
ont absolument besoin de passer un test aux employé.e.s bilingues, mais qui ai-
Giroux souligne que toutes les commu- nancement. Cette insécurité financière
de bilinguisme pour accéder à leur poste. meraient améliorer leur capacité de dia-
nications officielles de la Semaine se sont est causée par le Student Choice Ini-
Les autres employé.e.ss et membres du logue dans leur langue seconde.
faites en français et en anglais et que la tiative, la politique du gouvernement
Conseil d’Administration (CA) du SÉUO qualité de la traduction était satisfai- provincial qui donne l’option aux étu-
peuvent être unilingues. 
Communication améliorée
sante. Giroux renchérit, en ajoutant qu’il diant.e.s de ne pas payer de frais desti-
Le plan du SÉUO quant au bilinguisme « voit que la Semaine 101 est déjà plus nés aux coûts de la vie étudiante sur le
Pour ce qui en est du CA, Roy explique
est axé sur l’amélioration des communi- inclusive des francophones que l’an der- campus. Roy avoue que le SÉUO a même
que « ce serait injuste d’avoir un test de
cations officielles en français. Roy com- nier ». dû emprunter de l’argent de l’Université
bilinguisme, parce qu’on ne représente
mence par expliquer que le français doit pour financer les activités de la Semaine
pas juste des étudiant.e.s bilingues, puis
toujours apparaître avant l’anglais dans Et la vie étudiante? 101.
ce serait injuste d’ouvrir des postes pour
ensuite dire aux étudiant.e.s qu’ils ne les communications officielles du Syndi-
La Semaine 101 est le premier événe- Pour le moment, le SÉUO ne planifie
peuvent pas être dans ces postes parce cat. Elle met l’accent sur le fait que les ment étudiant organisé par le SÉUO, donc aucune activité pour la journée des
qu’ils parlent juste le français ou l’an- traductions doivent être de qualité, que et du point de vue du bilinguisme, les Franco-Ontarien.nes, vu que le Syndicat
glais ». Elle affirme également que qui- ce soit de l'anglais au français ou dans étudiant.e.s semblent satisfait.es. Ma- recevra seulement des nouvelles par rap-
conque demande un service en français l’autre sens. rie-Thérèse Mohi-El-Din, étudiante de port au financement en fin septembre
auprès du SÉUO l’aura. « C’est notre première année en travail social affirme 2019.
Sur ce point, Stéphane Giroux, étudiant
devoir d’offrir les services en français », que « la grande majorité des guides et
en deuxième année en sciences de la Pour ce qui en est des célébrations du
déclare-t-elle. employé.e.s de la Semaine 101 étaient
santé note une amélioration par rapport mois de la francophonie, Roy et le Com-
bilingues, mais même quand ils ne
En fait, Roy travaille présentement à la performance du nouveau Syndi- missaire à la vie étudiante, Jason Seguya,
l’étaient pas, les guides unilingues nous
pour mettre en vigueur une formation cat étudiant. Il compare son expérience sont en phase de discussion. Roy affirme
emmenaient voir quelqu’un qui parlait
de bilinguisme pour tout.e employé.e de la Semaine 101, cette année comme cependant vouloir célébrer la francopho-
français et qui pouvait nous aider ».
ou membre du CA qui pourrait en né- guide avec celle de l’an dernier, comme nie sur le campus « plus que juste deux
cessiter. En partenariat avec le Centre nouvel étudiant; « l’année dernière, les L’étudiante atteste également qu’à fois par année, quand il y a des fêtes ou
de bilinguisme, les employé.e.s unilin- documents officiels [de la Semaine 101] chaque fois qu’elle est entrée au bureau des occasions ».

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actualités la rotonde numéro 1 7

entrevue

Faire le portrait du bilinguisme à l’Ud’O


MAEVE BURBRIDGE
CHEFFE DU PUPITRE ACTUALITÉS

Le campus de l’Université d’Ottawa


(Ud'O) est en adaptation constante.
Pourtant, le bilinguisme garde sa place
en tant que pilier fondateur de l’Univer-
sité. Pour révéler le point de vue de l'ad-
ministration et faire face aux lacunes
dans le domaine, Patrick Charette,
Directeur des communications stra-
tégiques, rend les comptes sur le bilin-
guisme à l’Ud’O.

La Rotonde ( LR ) : En 2018, le taux


d’inscription des étudiant.e.s fran-
cophones sur le campus était plus ILLUSTRATION: ANDREY GOSSE
bas que jamais, soit 29%. Est-ce une
enrichissant pour la diversité sur notre nue à mettre tout en œuvre pour combler ce qui en fait un groupe plus important
inquiétude pour l’administration?
campus. Ces étudiant.e.s partagent la cette lacune. Notre recteur a présenté au que certaines universités au Québec.
Si oui, comment planifiez-vous aug- même langue que nos étudiant.e.s fran- gouvernement provincial une proposi- Nous sommes un pôle d’attraction non
menter ce taux? cophones mais viennent avec une diffé- tion pour bonifier cette offre de service, seulement pour les étudiant.e.s mais
rente culture et nous encourageons tous une proposition associée à une demande aussi pour les chercheur.e.s franco-
Patrick Charette (PC): L’Université
les étudiant.e.s à s’ouvrir à cette diversi- de financement supplémentaire. Les dis- phones qui voient en l’Ud'O une tête de
recrute des milliers d’étudiant.e.s fran- té. Le recrutement d’étudiant.e.s franco- cussions se poursuivent à ce sujet. pont pour faire avancer leurs recherches
cophones et la proportion se maintient phones internationaux a aussi permis de et créer des partenariats au Canada et en
autour de 30%. Il faut se souvenir qu’il compenser en partie la baisse du bassin LR : À l’Ud’O, les étudiant.e.s ont le Amérique du Nord. Nous avons l’un des
y a eu une baisse globale du nombre
d’étudiant.e.s francophones en Ontario. droit de remettre leurs travaux plus importants programmes d’immer-
d’étudiant.e.s en Ontario et au Canada.
et communiquer avec leurs profes- sion en langue française au pays ce qui
L’Université a comblé cette baisse en in- LR : Bon nombre des cours offerts à nous permet d’exposer des milliers d’an-
tensifiant son recrutement international.
seur.e.s en français ou en anglais.
l’Ud’O, notamment en sciences, sont glophones et francophiles à la richesse et
Toutefois, plusieurs professeur.e.s à la diversité de la culture francophone,
LR : L’Ud’O accueille fièrement un donnés seulement en anglais, bien
de l’Université sont unilingues. Cela tout en consolidant leur bilinguisme. [...]
que l’Université se dise bilingue.
corps étudiant international. En ne contredit-il pas le mandat de Mais ce n’est pas parfait. Il y a des choses
Est-ce que l’administration prévoit
quoi recruter davantage d’étu- l’Université? à améliorer par exemple au niveau de la
prendre des mesures pour combler qualité de la langue dans certains ser-
diant.e.s internationaux.ales a in-
cette lacune? PC: Je peux vous dire qu’il y a des obli- vices sur le campus, mais l’Université y
fluencé la francophonie et le bilin-
gations de bilinguisme associées à l’em- travaille.
guisme de l’Université? PC: 13 000 de nos étudiant.e.s fré-
bauche des professeur.e.s réguliers, en
quentent plus de 350 programmes de LR : Quel message l’administra-
vertu de la convention collective de l’As-
PC: Les données les plus récentes sont formation entièrement en français. [...]
sociation des professeur.e.s de l’Univer- tion voudrait-elle livrer aux étu-
de l’automne 2018 et elles indiquaient En septembre 2015, l’Université a offi-
que l’Ud’O comptait à ce moment-là sité d’Ottawa (APUO). diant.e.s de l’Université par rapport
ciellement obtenu une désignation de ses
12 555 étudiant.e.s francophones, soit services et de ses programmes d’études au bilinguisme et à la francophonie?
30% de la population étudiante totale.
LR : Selon vous, quels sont les points
au premier cycle en français en vertu de
Ces étudiant.e.s internationaux viennent la Loi sur les services en français (LSEF). forts de l’administration présente PC: Les étudiant.e.s de l’Université d’Ot-
de 145 pays différents: la Chine, l’Inde, Cela garanti la pérennité des services et quant au bilinguisme et quels sont tawa devraient être fiers de leur univer-
le Maroc, le Nigeria, la France, la Côte des programmes en français sur le cam- les points à améliorer? sité où ils peuvent étudier, travailler et se
d’Ivoire, l’Iran, le Congo, le Sénégal et pus. Il s’agit d’une désignation partielle divertir en français et en anglais. Cette
l’Arabie Saoudite sont les top 10. À sou- car en effet, certains programmes ne PC: L’Ud'O est la plus grande université bi- année, le UoShow a mis en vedette Loud,
ligner que cinq d’entre eux sont des pays sont pas complètement offerts en fran- lingue française-anglaise au monde. [...] Le ce n’est pas rien ! L’U d’O représente une
francophones. L’apport d’étudiant.e.s çais, notamment dans les domaines des contingent d’étudiant.e.s francophones force pour la francophonie ontarienne et
francophones internationaux est très sciences et du génie. L’Université conti- sur notre campus est de près de 13,000, canadienne.

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section

Arts et culture Clémence Roy-Darisse


culture@larotonde.ca
Cheffe de pupitre

histoire

La Faculté des arts et la francophonie : d'hier à aujourd'hui


d’immersion, se font répondre en an- bourses aussi, souvent méconnues de L’Université gagnerait davantage, selon
CLÉMENCE ROY-DARISSE glais. Lamoureux raconte que certains la population étudiante. Linda Cardi- la vice doyenne, à faire la promotion des
CHEFFE DU PUPITRE ARTS ET CULTURE reçoivent aussi la remarque que leur « nal, professeure et titulaire de la Chaire vernissages et des événements artis-
français est pas si pire pour un anglo- de recherche sur la francophonie et les tiques des étudiants.e.s artistes franco-
La Faculté des arts est la plus an- phone ». Ainsi, plusieurs étudiant.e.s politiques publiques, propose quant à phones. Ceux-ci sont moins publicisés
cienne Faculté de l’Université d’Ot- sont tout simplement amené.e.s à parler elle de « développer des programmes que leurs collègues anglophones.
tawa (Ud'O). À l’occasion du numéro anglais. Il existerait donc plus de fran- de bourses ciblées » pour attirer les étu-
papier sur la francophonie, la section cophones qu’on entend sur le campus. diant.e.s. Cependant, au sein de la Faculté des
Arts et culture de La Rotonde trace un arts, certains programmes avantagent
Selon la vice-doyenne, il y aurait un Son rapport, une responsabilité collec-
portrait de la baisse d'inscriptions des les francophones. C’est le cas du tout
manque de compréhension quant à la tive : plan d’action pour la francopho-
étudiant.e.s en arts, mais aussi sur la nouveau programme de Baccalauréat
notion de cours bilingue et la qualité du nie à l’Université d’Ottawa, comprend
situation des étudiant.e.s francophones en pratique théâtrale, qui, précise La-
trois objectifs principaux; « agir sur la
de celle-ci. français de ceux-ci pourrait être amé-
gouvernance de la francophonie, ren- moureux, existe particulièrement pour
liorée. L’anglais l’emporte très souvent
Selon la vice-doyenne à la gouvernance forcer la présence et le rayonnement de ces étudiant.e.s. Bien que chacun des
sur le français. Elle affirme; « je suis
et aux relations extérieures, Sylvie La- la francophonie sur le campus et mieux programmes soient bilingues, les étu-
toujours frustrée de voir l’accès limité
moureux, la Faculté des arts est comme communiquer la mission francophone diants.e.s francophones en théâtre bé-
à des ressources, y compris des articles
un pont entre plusieurs programmes. de l’Université ». néficient des liens très étroits tissés avec
scientifiques en français ». Lamoureux
Lamoureux partage que « la Faculté des la communauté théâtrale.
croit que les étudiant.e.s doivent aussi situation des étudiant.e.s artistes
arts retrouve sa place comme partenaire
faire partie intégrante de la solution en Les deux figures d'influence de l'Uni-
clé au sein de l’Ud’O ». Malgré cela,
engageant eux-mêmes leur processus « L’avenir de la francophonie en mi- versité sont conscientes qu'il reste
elle observe une baisse d’inscriptions
de fouille pour des sources originales en lieu minoritaire dépend des diplô-
comme toutes les facultés d'arts au Ca- beaucoup à faire institutionnellement
français. mé.e.s de la Faculté des arts qui ont
nada. Celle-ci serait dûe entre autre à la pour améliorer l’expérience des étu-
une conscience socio-linguistique et qui
publicité grandissante des programmes Présentement, l’Université emploie diant.e.s francophones de la Faculté des
croient dans un bilinguisme de haut ni-
de sciences et de technologies. L’incom- le système de bourses, notamment la arts. Cependant, ils leur revient aussi
veau » croit Lamoureux. Selon elle, les
préhension de la valeur d’un Baccalau- bourse d’accès aux études en français à eux de marquer leur place en osant
étudiant.e.s font partie intégrante de la
réat en arts serait aussi en cause. De parler en français peu importe l’accent
afin d’augmenter la rétention d’étu- solution. Ils peuvent, par exemple, tra-
plus, l’Université dans son ensemble et en créant partout sur le campus des
diant.e.s francophones. Madame La- vailler à faire rayonner les arts dans les
observe un déclin démographique
moureux souligne qu’il existe d’autres régions où l’accès à la culture est limité. oeuvres originales.
puisque des parcours post-secondaires
hors-universités sont normalisés.

Université « bilingue »
Bien que le bilinguisme soit une valeur
centrale de l’Ud'O, les francophones
demeurent une minorité. En 2018, se-
lon le registre officiel de la Faculté des
arts, le nombre total d’étudiant.e.s fran-
cophones inscrit.e.s dans la Faculté au
programme de baccalauréat représen-
taient 26,2%. En 2016-2017, seulement
68% des cours étaient offerts dans les
deux langues.

Sur le campus, le milieu bilingue laisse


place à certaines appréhensions. « Je
pense qu’à l’Université d’Ottawa on
trouve beaucoup d’insécurités linguis-
tiques parce qu’on côtoie beaucoup de
variété de français en même temps »
explique Madame Lamoureux. L’ex-
périence varie énormément selon le
milieu d’origine. Elle explique que plu-
sieurs étudiant.e.s, particulièrement ILLUSTRATION: ANDREY GOSSE
ceux de milieux franco-minoritaires ou

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A R T S e t C U LT U R E la rotonde numéro 1 9

Palmarès

Les coups de cœur musicaux de notre équipe


CLÉMENCE ROY-DARISSE À l'occasion du numéro sur la francophonie, La Rotonde vous fait
CHEFFE DU PUPITRE ARTS ET CULTURE un portrait de ses chansons francophones préférées !

« Le complot » de eXtério - Maxime, chef « Lady Melody » de Tom Frager - « Isabelle » de Jean Leloup -
de la section Sports & bien-être Maria, co-cheffe web Emmanuelle, rédactrice en chef
J’ai découvert cette chanson lors de mon cours « Elle est dans ma tête, elle ne m’abandonne jamais. Je pense que « Isabelle» est la plus proche d’une
d’art dramatique en 8e année. Nous devions faire Elle est ma petite Lady Melody » reprend les paroles expérience personnelle du chanteur; elle présente
une performance d' « air band ». Même si la chan- d’un titre culte de l’auteur-compositeur-interprète sa fureur face à une relation qui a avorté, mais
son date de 2012, je l’écoute encore aujourd’hui. français, Tom Frager. Ce dernier, au travers de sa aussi une course de l’amour dont il ne semble ja-
En 2013, eXtério est venu à mon école secondaire chanson « Lady Melody », a su fusionner simplicité et mais s’épuiser. La musique donne envie de dan-
pour chanter quelques chansons! gaieté. Une mélodie rafraîchissante qui a rythmé mon ser, les répliques; de pleurer. Joviale et pathé-
secondaire et mes étés. À vous de trouver votre Lady tique, la chanson reflète à merveille Jean Leloup
Melody… comme artiste, éternellement libre, éternellement
amoureux.

« Jeune et con » de Sáez - Caroline, « Ne me quitte pas » de Jacques Brel - Andrey, « Les faiseurs d’illusion sortent des lapins
directrice de production directeur artistique morts de leur chapeau » de Lucio Bukows-
C’est l’histoire d’une désillusion. L’histoire d'un La chanson est très connue au Brésil, mon pays d'ori- ki - Mathilde, co-cheffe web
homme désabusé dont la vie n’est qu’une infer- gine et a été interprétée par plusieurs chanteurs brési- Ce morceau est peut être le morceau qui m’a fait
nale routine, rythmée par le conflit qui se joue en liens, mais je préfère la version originale. C'est drama- renouer avec le rap. Avant de l’écouter, je pensais
lui. Dans cette société individualiste, où les rup- tique, tragique et passionnant. sincèrement que le rap français de qualité n’exis-
tures générationnelles sont marquées, des rêves ef- tait pas. Puis, j’ai découvert Lucio, qui t’envoies
facés, Sáez a perdu le goût de la vie, de sa vie. Triste des punchline de folie, mêlant références artis-
portrait de notre société, cette chanson évoque tiques à la critique de notre société contempo-
l’amour comme seul espoir. raine.

« Gregory Charles » du groupe Les Antici- « Le repos du guerrier » de Mes Aïeux - Ma- « Le temps est bon » d'Isabelle Pierre - Clé-
pateurs - Nicolas, vidéaste thieu, directeur général mence, cheffe de la section Arts & culture
La chanson est un mariage entre la culture rap et Sélection motivée par la nostalgie, elle me rammène à « Le temps est bon» reflète la liberté des amours
trashe québécoise et Greg Charles. De par leur pa- la Côte-Nord (shoutout Forestville) et au bord du St- imaginaires de notre jeunesse étoilée. Elle nous
roles, les Anticipateurs révèlent leur admiration Laurent. L’usage du champ lexical de la nature ainsi fait voyager à travers nos désirs enfouis parfois
pour l'homme prodige et ses ventes d'albums in- que la fluidité des vers qui débutent avec le son de la refoulés. Elle nous donne envie de s’embraser et
nombrables. Une chanson, voire même un hom- dernière syllabe du vers précédent donne un rythme de s’embrasser avec innocence et fougue.
mage, à la hauteur de ce grand homme. Une chan- fluide, naturel, à la chanson.
son à mettre sur « repeat ».

« La Madrague » de Brigitte Bardot (Antis « Sémaphore » de Requin Chagrin - Maeve, « TTTTT » de Loud -
Remix) - Marguerite, secrétaire de rédac- cheffe de la section Actualités Pascal, journaliste
tion J'adore non seulement cette chanson, mais le groupe Probablement la chanson la plus sous-estimée du
Quand t’as besoin de te mettre dans un mood de Requin Chagrin en général. Pour moi, cette chanson répertoire de Loud. Le rappeur québécois nous
liberté et d’évasion, écoute cette chanson! La petite me rappelle un nuage qui flotte tranquillement. C'est fait vivre de véritables montagnes russes éner-
voix relaxe et nonchalante de Bardot portée par le très léger, très aéré et presque insouciant. L'utilisa- gétiques entre le refrain et les couplets et c’est ce
remix joyeux et envoûtant d’Antis va te faire vi- tion des guitares honkey tonk donne une mélodie ac- qui fait l’excellence et la beauté de cette chanson.
brer. Idéal pour un road trip d’été! crocheuse et un son très distinctif. Loud montre encore une fois sa façon habile et
unique de mélanger l’anglais et le français et d’en
faire un petit bijou.

« Allez Hop! » de Dear Denizen - « Je te laisserai des mots » de Patrick Watson « Balance ton quoi » d'Angèle -
Noémie, journaliste – Loïc, photographe Miléna, journaliste

Il faut comprendre que cette chanson quand je Pour moi, « Je te laisserai des mots » est une chanson Le son résonne beaucoup en Europe depuis le
l'écoute, je ne suis plus humaine; je suis un oiseau, magnifique dont je ne me lasse jamais. La progression printemps 2019, mais pourtant je ne m’en lasse
je vole. Dès que je l'entends, je ne peux m'empê- musicale semble nous prendre par la main afin de pas. Plus qu’une chanson de Pop moderne, c’est
cher; je me mets à tourner encore et encore. Je nous guider vers par vers. Et quels vers! L’ensemble une chanson dans laquelle Angèle fait passer un
ne peux que danser même si je suis en public, de ce petit poème d’amour, livré tout en douceur, dé- message nécessaire: le sexisme en musique. La
mes jambes, mes bras, ma tête bougent seuls, au fie la structure et le style typique de la chanson po- chanson nous appelle à revoir complètement les
rythme des paroles et des sons. Alors, je ne peux pulaire afin de nous immerger dans une petite bulle comportements entre sexes. J’aime comment elle
que l'écouter encore une fois, je m'enivre des pa- dont l’existence se limite à deux minutes et quarante s’approprie différents personnages pour montrer
roles, de sa voix. Je crois bien que c'est ça l'amour, secondes. Il nourrit notre imagination et nous permet que toutes les strates de la société sont touchées
cette chanson, moi, mon imagination. Lorsqu'elle de nous détacher du monde, l’espace d’un instant. À par le sexisme. Le clip illustre très bien les paroles.
passe, il n'y a qu’elle dans ma tête, elle prend toute écouter par un beau soir de neige.
la place dans mon corps. Pour un instant, je tiens la
raison de mon existence entre mes doigts.

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10 A R T S e t C U LT U R E l al ar or toot no dn ed e l u nl de i m1 a6 rsdei p2t9e mmbarres 22001196

chronique

Que faire lorsqu'on ne pèse pas dans la balance ?


: « Is everything alright Ms. Roy-Da- quaient sur tout maintenant transfor- Ils dérangent aujourd’hui parce qu’ils
CLÉMENCE ROY-DARISSE risse ?», « Yes yes everything's good ! » més en fonctionnaire style The Office ne répondent pas à la logique du mar-
CHEFFE DU PUPITRE ARTS ET CULTURE que je balbutie. Je le sais intrinsèque- parce que ça gagne plus. Je les imagine ché, ils n’embellissent pas ce que nous
ment que c’est pas elle le problème, brainstormer dans leur tour de verre sommes, ils nous reflètent, nous in-
L’Université pèse aujourd’hui le
que c’est l’institution qui affiche cette comment attirer les 13,7 % de la popu- conforte tout en nous rappelant notre
poids de ses étudiant.e.s. Certains.e.s
image du bilinguisme pour faire bonne lation d’Ottawa, parce qu’ils sont fran- nature profonde. On n’aime pas se voir
semblent valoir plus que d’autres, rap-
figure mais qui n’y arrive pas toujours cophones et qu’une langue, c’est aussi dans le reflet et ça paraît. « Du pain
porter davantage. Que faire lorsqu’on
en pratique. Que c’est une histoire poli- une culture. Je les imagine mépriser les et des jeux ». Le divertissement pleut
ne pèse pas dans la balance? Afin d’y
tique, des rapports de pouvoir inscrits. nouveaux artistes d’aujourd’hui, rire mais les arts sont déserts. À l’heure où
répondre, je vous plonge avec moi, le
semestre passé, lorsque j’ai suivi un Ça bouillonne intérieurement. Je crie à dans leur barbe des maigres salaires
tous les aspects de notre vie sont réglés
cours bilingue sur le marketing des l’injustice que les étudiant.e.s franco- qu’ils font. 
à l’algorithme, ceux qui s’arment de
arts.  phones soient placé.e.s en second plan mots dérangent.
alors que l’Université à la base était par- Notre devoir 
C’est la rentrée. Les allées sont remplies faitement bilingue.  Ma tante s’attend à ce que je gagne un
Elle nous présente notre projet : écrire
de clubs, de kiosques, de compagnies de Oscar alors que je n'ai même pas ter-
Elle nous parle de création et d’argent. un pitch vendeur pour obtenir le finan-
carte de crédit, les églises nous attirent miné ma demande de subvention. Mon
avec de la bouffe gratuite. Tous tentent Deux mots, deux univers qui ne dansent cement d’une banque. Eh boy. Je pense
à tout ce qu’on m’a dit dans les soupers poster d’Anne Dorval me donne espoir
de recruter. Les étudiant.e.s sont de pas très bien ensemble, qui ont besoin
de famille : «C’est pas pratique sur une mais, en même temps, j’ai parfois de
merveilleux appâts. l’un de l’autre mais qui ne s’aiment pas
île déserte ». «C’est pas stable». « Ça la misère à répondre à la question de
nécessairement. 
Je me faufile un chemin, repense à ce fait pas de cash» et, mon préféré : « pourquoi se mettre dans une telle situa-
que mon professeur de théâtre me di- « You need to really sell your product, non, mais réellement, qu’est-ce que tu tion ? Pourquoi ne pas choisir le che-
sait le semestre passé «l’université but it’s hard, nobody wants to see veux faire ? » min facile ?
existe pour développer la pensée cri- shows anymore ».
tique», peut-être qu’elle nous forme J’aurais envie de répondre au PDG Peut-être que finalement, moi aussi, je
en effet à choisir le bon numéro, le bon Ça me fait rire. J’imagine les anciens qu’on a besoin des arts parce qu’on les finirai par chanter J’aurais voulu être
magasin.  artistes rebelles qui autrefois revendi- méprise. un artiste au karaoké le vendredi soir.

Les étudiant.e.s arrivent les mains sur


le panier d’achat. Frais de scolarité
onéreux, manuels, chandails et pan-
talons aux couleurs des Gees-Gees,
payer sa U-pass, son show d’accueil, sa
nourriture, son café, version latte, Tim
Hortons ou Starbucks en passant par
Second Cup. 

Mon cellulaire vibre, me ramène à


l’ordre. 13:00. C’est l’heure de mon
cours bilingue en marketing des arts. 

entrée en classe surprenante 


Je me rends rapidement en classe. Dix
filles assises sur leur siège. On se fait un
petit sourire timide. On attend cinq mi-
nutes, puis dix minutes. Est-ce que ça
va commencer bientôt ? On essaie de se
trouver quelque chose à dire. Elle n'ar-
rive pas. Ça commence à être long, puis
finalement, elle arrive. 

« Hi everybody ! I hope you are doing


well ! » Je me suis sûrement trompé de
classe que je me dis. J’attends qu’elle
parle français, c’est un cours bilingue
après tout. « I am sorry, I don’t speak
french so this class will mostly be in
English but you are free to do your
work in French ». Elle affiche son plus
grand sourire empathique. Je feins le ILLUSTRATION: ANDREY GOSSE
mien. Elle doit le voir dans mes yeux

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section

sports et bien-être Maxime Jolicoeur


sports@larotonde.ca
Chef de pupitre

portrait

« Je ne me suis jamais dit : je lâche, j’arrête »


PASCAL VACHON
JOURNALISTE

« Mes joues étaient toutes rondes, ma


face était toute gonflée, je prenais mes
cheveux et je les enlevais juste de même,
c’est à ce moment-là que j’ai vraiment
réalisé que j’avais le cancer ». À la fin
août 2018, un cancer des testicules s’at-
taqua au défenseur des Gee-Gees de
l’Université d’Ottawa ( Ud'O ), Jean-Ro-
bin Mantha.

Après une visite chez son médecin fa-


mille et une échographie, le jeune adulte
de 23 ans a reçu la pire nouvelle de sa vie.
Une nouvelle qui allait marquer le début
de son combat contre un cancer des tes-
ticules de stade 2. Il s'en est ensuite sui-
vi une chirurgie et près de trois mois de
chimiothérapie, et ce, 8 heures par jour,
5 jours par semaine. Mantha effectuait
des rondes de chimiothérapie qui étaient
à recommencer tous les mois. « La pre-
mière semaine, tu es correct, tu te dis
alors que c’est juste ça. Finalement, non.
La deuxième, tu deviens quasiment mort
et à la troisième, c’est encore pire, et en-
suite tu recommences » affirme le jeune
homme, qui avoue que ces deux mois et
demi lui ont paru durer une demi-année. PHOTO: LOÏC GAUTHIER LE COZ

En plus de séquelles physiques, le trai- joueur en moi qui a toujours voulu per- « Je me suis dit que si jamais il y avait genou à terre et je ne me suis jamais dit:
tement de Mantha lui provoquait des former au plus haut niveau possible ». quelqu’un qui avait la même histoire que je lâche, j’arrête », affirme le joueur. « Je
pertes de mémoire ou des moments Le natif d’Aylmer n’a pas joué dans une moi, je pouvais être là pour les aider, car pense que mon histoire peut transporter
de fatigue et de faiblesse de façon ré- rencontre officielle depuis la saison 2017- j’ai eu moi-même du monde qui m’ont mon équipe, les gars sont contents de me
currente. « Tu me regardais et j’avais revoir, et ça doit faire de quoi, si je me
2018 et sa date de retour est encore in- beaucoup aidé. Ça aurait été un peu
les yeux vides et je n’étais pas capable mets dans leur situation, je me dis que
certaine. L’attente a été longue pour lui égocentrique de ma part de garder ça
de comprendre ce que le monde disait. voir quelqu’un qui revient après ça, ça
et il avoue qu’il a hâte. sous silence alors que je pouvais aider du
Quand t’es en traitement de chimiothé-
monde », partage le joueur des Gee-Gees doit donner une petite motivation pour
rapie, on dirait que ton conscient ne se « J’ai juste hâte à ma première présence avec La Rotonde. ne pas avoir d’excuses » explique Man-
soucie de rien, alors tu ne fais que sur- et d’entendre les gars crier des jeux et de tha, qui souligne au passage le support
vivre » décrit-il. faire une passe bien normale et surtout, Le support de son entourage lui per- incroyable de la dernière année de son
juste le feeling d’être dans une partie de mettait de survivre tous les jours; « j’ai entraîneur-chef, Patrick Grandmaître.
C’est le 18 décembre 2018 que Mantha a
effectué son dernier traitement. Ce der- hockey », souligne-t-il. Pour l’instant, eu beaucoup de support via les textos,
il affirme ne pas être trop rouillé physi- les appels. Tout ça te fait réaliser que tu Pour l’instant, il avoue ne pas avoir
nier coïncidait aussi avec les vacances de
quement. Mantha a recommencé à s’en- n’es pas tout seul et que t’as beaucoup de pleinement réalisé le fait qu’il a eu un
Noël! « C’était incroyable, car tu es mort
traîner en mai dernier en prévision de la monde qui te supporte. L’équipe et les cancer malgré les épreuves qu'il a dû
pendant trois mois et à chaque jour, je
saison de hockey. gars ont fait beaucoup de choses pour traverser. L’élève de l’Ud’O en sera-t-il
reprenais des forces et j’avais des petits
moi. Ils venaient me voir, c’est ce qui me plus conscient dans 10-15 ans? « Oui.
cheveux qui recommençaient à pous-
ser et j’ai pu recommencer à voir mes Du support à ne plus finir nourrissait pour continuer et garder le Je pense, je vais être très fier d’avoir
amis », déclare-t-il, optimiste. sourire. Mes parents ont fait beaucoup combattu une des maladies les plus dan-
L’étudiant de l’Ud’O a avoué avoir eu d’efforts pour moi… Je suis vraiment re- gereuses dans le monde et dire que j’ai
beaucoup de difficultés à vivre avec le connaissant envers eux ». combattu ça, c’est quelque chose dont je
Retour au jeu, cette saison
fait d’avoir un cancer. Au début, Mantha dois être fier. Cela va m’aider dans plu-
Le défenseur des Gee-Gees retourne au gardait la nouvelle de sa maladie pour lui De quoi l’athlète est-il le plus fier un peu sieurs choses dans ma vie, même si c’est
jeu cette année pour le gris et grenat. et ses proches, mais trois semaines après plus d’un an après ce combat? « Je suis quelque chose qui a été techniquement
« Dans ma tête, c’était certain que je le verdict, le défenseur a décidé de sortir fier de ne pas avoir lâché et de la façon négatif, je ressors du positif de ce com-
voulais rejouer au hockey... C’est le publiquement avec la nouvelle. dont je l’ai combattu, je n’ai jamais mis un bat ».

w w w. l a r o t o n d e .c a
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carnet de voyage

Expérience inoubliable à Dallas


cain. L’aéroport à Dallas était couvert
MAXIME JOLICOEUR de décorations aux couleurs et logos
CHEF DU PUPITRE SPORTS
des Cowboys. Notre chauffeur Uber avait
son chandail du joueur de l'équipe; Dak
En tant que partisan de sports, il y a
Prescott. Enfin, notre hôtel avait un tapis
peu de stades qui se situent sur ma «
de bienvenue avec la fameuse étoile des
bucket-list », comme on dit en bon fran-
Cowboys. Ceci était le vendredi soir, le
çais. Des classiques comme Old Traf-
match était le dimanche après-midi.
ford à Manchester, le Stade de France
à Paris et le Allianz Arena à Munich monde de Jerry
s’y trouvent, mais en haut de cette liste
se situait le Stade AT & T à Arlington, Le propriétaire des Cowboys, Jerry
au Texas. Un amphithéâtre qui compte Jones, a conçu l’idée pour ce stade dans
environ 80 000 sièges et 3 millions de le début des années 2000. En 2006, la
pieds carrés.  construction a débuté. Trois ans et 1,2
milliard de dollars plus tard, le Stade
Jour du match Quelques heures plus tard, nous avons
monde différent AT&T a ouvert ses portes en 2010. Le jour
monté beaucoup de marche pour nous
avant la rencontre, nous avons fait une Finalement, le jour est là. Pour la pre-
En juin dernier, avec l’aide des fameux rendre à nos sièges qui se situaient di-
tournée des installations. Nous avons pu
mière fois de ma vie, je vais assister à un rectement derrière l'une des zones de
Air Miles, moi et mon père avons réservé visiter le vestiaire, des loges luxueuses et
nos places sur un vol en direction de Dal- match de la LNF. Heureusement pour but. Quelques minutes avant le début de
même aller sur la surface de jeu. Encore
las, au Texas, pour aller au match d’ou- moi, ma première expérience n’était pas la rencontre, 95 000 personnes étaient à
une fois, il n’y a pas de mots pour décrire
verture des Cowboys de Dallas contre à Buffalo comme la majorité des parti- leurs sièges ou debout pour le début de la
l'ampleur du stade. Un écran géant qui
l’équipe favorite de mon père; les Giants sans de la LNF de l’Ontario. Nous nous saison 2019-2020 de football. 
fait 218 pieds en longueur au centre du
de New York. À notre arrivée à Dallas, sommes dirigés vers le stade vers 10h du
terrain, 80 000 sièges et 380 loges. Dont En fin de compte, les Cowboys ont rem-
nous nous sommes dirigés vers notre matin (le match était à 15h30) et à notre
quelques une qui se situent au niveau du porté la rencontre 35-17. Le lendemain,
hôtel, nous étions à 30 minutes du stade, terrain, comme un banc au baseball. Ah surprise, il y avait une centaine de bar-
nous étions en route pour la belle ville
il faut sauver de l’argent à quelques part oui, avec l’achat d’une de ces loges, tu becues dans le stationnement qui étaient d’Ottawa afin de revenir à la réalité.
quand même. Si vous croyez que les Ca- obtiens la rangée directement au-dessus accompagnés de milliers de partisans Après ce voyage, aller au Centre Cana-
nadiens prennent le hockey au sérieux, de la loge. Au petit prix de 35,000$ amé- des Cowboys (et quelques un des Giants) dian Tire ne sera plus pareil. Surtout avec
il n’y a tout simplement pas de mot pour ricains par match, ces loges pourraient et beaucoup, beaucoup de voitures F-150 les rangées qui sont couvertes en raison
décrire l’amour du football à l’Améri- être à vous! Ford. du manque de partisans aux matchs...

PHOTOS: MAXIME JOLICOEUR

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Sports et Bien-être la rotonde numéro1 13

chronique

Le français aura toujours sa place, ici, en Ontario


Métro dans le centre-ville? Amuse- nous sommes « chez eux », les anglo- journal francophone de l’Université
MAXIME JOLICOEUR toi! Il ne faut que faire un petit effort phones. Je ne croyais pas que le fran- d’Ottawa. Nous avons eu un poids.
CHEF DU PUPITRE SPORTS pour me parler en français, même si çais avait sa place dans ma province.
ce n’est que quelques mots. Person- J’ai pensé cela jusqu’à mon entrée à C’est ça, être un Franco-Ontarien.
Depuis l'élection de notre ami Doug nellement, j’ai vu cette séparation l'Université d’Ottawa et lorsque j’ai C'est avoir l’habitude de rappeler sa
Ford l’an dernier, plusieurs défis surtout quand je jouais au hockey commencé à travailler à La Rotonde. place, c’est être en mesure de dire que
se sont levés pour les Franco-On- dans les ligues mineures de l’Ontario. NOUS avons publié les rapports tu as une place ici chez toi, en Onta-
tariens. Nous devons maintenant troublants de la FÉUO, nous, le petit rio.
nous battre pour nos droits, un peu séparation claire 
comme nous avons fait lorsqu’un
autre gouvernement conservateur Dès mon arrivée en 2008 chez les
a tenté de fermer notre seul hôpital Grads, équipe de hockey mineur
francophone de la province. compétitive à Orléans, j’ai pu voir
qu’il y avait une division claire dans
place du français à Ottawa l’équipe; les anglophones ensemble
et les francophones ensemble. Dans
Les défis d’être francophone en On- cette équipe, il y avait un nombre égal
tario ne sont rien de nouveau, nous de francophones et d’anglophones,
sommes habitués d’entendre :« Re- cependant, notre entraîneur n'a fait
tournez chez vous, au Québec ! », de aucun effort pour nous parler en
la part d'anglophones, ou bien « Vous français. Je vous rappelle qu’une sai-
êtes des anglophones, chez vous là, en son de hockey est environ 7 à 8 mois,
Ontario » des Québécois. Il n’y a pas le fait que nos entraîneurs refusaient
beaucoup de gens qui nous prennent de communiquer en français avec des
au sérieux, sauf nous. Ces défis font jeunes de 10 ans est tout simplement
partie de notre vie quotidienne. Es- ridicule.
saye de te faire servir en français au
Tim Hortons au Carrefour des ap- Lorsque j’étais dans cette situation,
prentissages (CRX), bonne chance! le tout semblait normal. Je ne de-
Tu veux te faire servir en français au vrais pas me faire parler en français,

Calendrier Par Maxime Jolicoeur Brèves


HOCKEY MASCULIN RUGBY FÉMININ

3 4
Football
oct oct
19h L’équipe de football des Gee-Gees se re-
trouve avec une fiche de 2 victoires et 1
défaite après 3 matchs de joués cette sai-
Début de la saison @ McGill Ottawa c. Carleton, Terrain Matt son. Le match Panda, qui aura lieu le 5
Anthony  octobre prochain, est déjà à guichet fer-
mé.

FOOTBALL VOLLEYBALL FÉMININ


soccer féminin

5 oct
12h
Match Panda, Place TD
18 oct
19h
Début de la saison, c. UQAM @ Gymnase
L’équipe de soccer féminin a marqué le
1000e but de son histoire face aux Varsity
Blues de l’Université de Toronto.

Montpetit

w w w. l a r o t o n d e .c a
BÉDÉDISTE: ANDREY GOSSE

w w w. l a r o t o n d e .c a
Rédactrice en chef WEB
Les horoscopes du mois Emmanuelle Gingras
redaction@larotonde.ca
Maria Princene Dagba
Mathilde Schöpfel
web@larotonde.ca
Par le Trio Astro Secrétaire de rédaction
Marguerite Friend journalistes
correction@larotonde.ca Miléna Frachebois
informations@larotonde.ca
Directrice de production

♍ ♓
Vierge - 24 août au 23 sept. Poisson – 20 fév. au 20 mars Caroline Fabre Pascal Vachon
production@larotonde.ca reportage@larotonde.ca
Vos cernes vous arrivent jusqu’au menton,
vous avez l’impression que l’université veut Les astres créateurs s’alignent pour Actualités Noémie Calderon Tremblay
faire de vous son premier martyr étudiant. vous ce mois-ci. Le ciel vous a choisit: Maeve Burbridge nouvelles@larotonde.ca
vous serez enfin la muse de ce grand au- actualites@larotonde.ca
Il est grand temps de respirer et de prendre
du temps pour soi. Regardez à votre droite, teur. Lisez ce livre d’histoire, allez chez Vidéaste
quelqu’un dans votre entourage aimerait le dentiste et prenez un cours de Tai Arts et culture Nicholas Monette
Clémence Roy-Darisse videaste@larotonde.ca
bien s’occuper de vous. Vous n’êtes qu’à un Chi. Vous en aurez de besoin. culture@larotonde.ca
clin d’oeil d’y arriver.
sports Photographe
Loïc Gauthier Le Coz
Maxime Jolicoeur photographe@larotonde.ca

♎ ♈
Balance – 24 sept. au 23 oct. Bélier – 21 mars au 20 avril sports@larotonde.ca
Petit conseil, la réponse que vous cher-
Vous foncez tête baissée dans cette nou- Direction générale
chez se trouve peut-être dans un bon Directeur artistique Mathieu Tovar-Poitras
velle année scolaire. Votre sourire ha- Andrey Gosse direction@larotonde.ca
livre près de chez vous. Fermez les yeux
bituel a disparu et les examens n’ont direction.artistique@larotonde.ca
et choisissez le premier qui vous tombe-
même pas commencé. Prenez l’air, mé-
ra sous la main, tâtez le pendant 5 mi-
ditez et adoptez une chèvre. Nous avons
nutes, respirer du patchouli. PS: ce sera
tous besoin d’une chèvre dans notre vie
sûrement la page 23.
quotidienne.
La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque
mois par Les Publications de La Rotonde Inc., et distribué à 1 500 copies

♏ ♉
Scorpion – 24 oct. au 22 nov. Taureau – 21 avril au 20 mai dans la région d’Ottawa. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO
et ceux de l’Association des étudiant.e.s diplômé.e.s. La Rotonde n’est pas
responsable de l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments
Qui s’y frotte s’y pique, cela résume Vous avez succombé à l’overdose de graphiques, en totalité ou en partie.
bien vos relations interpersonnelles crème glacée au Chocolat Favoris. De-
ces jours-ci. Votre vie sentimentale est puis, vos phrases ne font plus de sens.
un désert aride. Forcez le sourire la Vous avez la tête ailleurs et le ventre
prochaine fois et attendez patiemment ballonné. Retrouvez les pieds sur terre
l’hiver, ils partent tous à ce moment là. et prenez des cours de yoga sur la colline
parlementaire. Notre prochaine parution papier por-
tera sur la Politique, en l'honneur


Sagittaire – 23 nov. au 20 déc. Gémeaux – 21 mai au 21 juin


Cheval au torse humain? Pourquoi pas
des éléctions fédérales
Oh oui. Oh ça oui. Votre nouvelle séance
homme à la tête de cheval... Vos collè- de magasinage a porté fruit. Depuis, les
gues trouvent que vous avez la tête dans opportunités ne cessent de se présenter
le foin et vous regardent l’air songeur. devant vous! Vous sifflez dans les rues,
C’est le moment parfait pour réaliser
votre rêve de devenir une mascotte. En-
l’air fringant. Bémol, elles vous de- Rendez-vous le 7 octobre
mandent toutes de vous dévêtir. Pensez
filez le costume et paradez-vous sans à vous d’abord et choisissez vos com-
crainte d’être reconnu(e). bats .

Découvrez Votre
Avenir
♑ ♋
Capricorne – 21 déc. au 20 janv. Cancer – 22 juin au 23 juil.
Comme l’automne, vous changez de
L’amour n’est pas loin, ouvrez grand
couleur. Plus flamboyant que jamais;
les yeux, les oreilles, la bouche, le nez. Ottawa Salon, Shaw Centre
le vent vous salue lorsque vous passez Le samedi
Écoutez votre ventre et laissez votre
dans la rue. Laissez vos vieilles craintes 5 octobre
routine se transformer en aventure. At-
tomber comme des feuilles mortes et
tention , il y a de grande chance qu’un Salon des Universités Internationales
lancez-vous. Peu importe le précipice, et du Tourisme Expérientiel
visage ou des visages occupent toute
vous ne tomberez pas. Cette semaine est
votre tête pour les prochaines semaines.
votre semaine.
CONFÉRENCE
Verseau – 21 janv. au 19 fév. GRATUITE

♒ ♌
Lion – 24 juil. au 23 août ENTRÉE
Lors du dernier souper de famille, vous
Votre nouveau régime vous épuise.
vous êtes échappé.e.s devant votre
Vous êtes en carence, croyez nous, nous
belle-mère. Depuis votre partenaire ne
l’avons lu dans votre charte. Mangez des
vous regarde plus dans les yeux. Offrez
bananes cette semaine, c’est bon pour
lui un saut en avion ou un road trip im-
le potassium. Rencontrez aussi le grand
provisé dans les brumes des USA pour
esprit d’Isabelle Huot, elle vous attend
vous faire pardonner… Qui sait? Peut-
avec impatience dans son bureau. www.studyandgoabroad.com
être allez-vous y adopter un lama?
w w w. l a r o t o n d e .c a