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Petrus Johannis Olivi

Lectura super Mattheum, prologus

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Référence électronique Petrus Johannis Olivi, « Lectura super Mattheum, prologus », Oliviana [En ligne], 4 | 2012, mis en ligne le 14 mars 2013, consulté le 13 avril 2016. URL : http://oliviana.revues.org/498

Éditeur : Groupe d'anthropologie scolastique (Centre de recherches historiques-EHESS-CNRS) http://oliviana.revues.org http://www.revues.org

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Document généré automatiquement le 13 avril 2016. © Oliviana

Lectura super Mattheum, prologus

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Petrus Johannis Olivi

Lectura super Mattheum, prologus

Présentation

1 Avec dix-huit manuscrits complets, quelques témoins fragmentaires et de nombreux extraits copiés séparément, la Lectura super Mattheum est l’œuvre la plus diffusée de Pierre de Jean Olivi. C’est aussi le plus ample de ses commentaires bibliques et l’une des pièces majeures de son programme théologique. Cette œuvre centrale n’a pour l’instant fait l’objet que de quelques éditions partielles. Le Compendium de humilitate, publié dans les œuvres complètes de Bonaventure, est en réalité un extrait du chapitre 18, qui a connu une importante diffusion séparée 1 . Ferdinand Delorme a publié un extrait du ch. 6 commentant la prière du Seigneur 2 , Aquilino Emmen, un ensemble de questions du premier chapitre consacrées à Joseph 3 . En 1974, Marie-Thérèse d’Alverny a publié un extrait du ch. 10 contenant une critique de Thomas d’Aquin à propos de la pauvreté 4 . Plus récemment, dans une thèse de doctorat, Thomas Murtagh a publié une grande partie du chapitre 5 consacré aux béatitudes 5 . Pour sa part, Sarah Pucciarelli a préparé, sous la direction de David Burr, une édition des chapitres 16 et 24, qui ont été mis en ligne sur la Olivi Page 6 .

2 Ces différents travaux n’ont pas accordé une attention égale à la tradition manuscrite de la Lectura. Decima Douie s’est concentrée sur le seul manuscrit d’Oxford, New College 7 , et c’est également ce témoin qu’ont privilégié David Burr et Kevin Madigan 8 . Pour sa Marie-Thérèse d’Alverny a présenté tous les témoins qu’elle avait pu identifier, et décrit attentivement certains manuscrits, mais elle n’a employé, dans l’édition d’une portion du dixième chapitre, que les témoins de Paris et Toulouse 9 . Sarah Pucciarelli, dans son édition du chapitre 24, a tenu compte de huit manuscrits. Seul Thomas Murtagh s’est appuyé sur la totalité des manuscrits dont il avait connaissance, à l’exception d’un seul qui lui était demeuré inacessible 10 .

3 La présente édition du prologue se donne pour objectif de procéder, à terme, à un sondage de l’intégralité des témoins connus. Le premier état de cette édition (décembre 2012) se fonde sur l’examen d’une dizaine de manuscrits. Elle sera mise à jour prochainement, une fois que l’ensemble des témoins répertoriés auront pu être collationés.

Manuscrits employés

A : Assisi, Biblioteca Comunale, 361. Papier, 218x150 mm, fin XIV e ou début XV e s., non réglé, 52 lignes. Le texte s’interrompt au début du chapitre 7. Rubrique initiale :

« Hec est postilla super Matheum edita a venerabili doctore mag. Petro Iohannis sacre theologie magistro » 11 .

B : Barcelona, Arxiù de la Corona de Aragò, Ripoll, 86. Parchemin, 2 col., vers 1300. La présence, à la fin du volume, d’une table des lectures « secundum ordinem Aquensis ecclesie sive usum » indique une origine provençale 12 .

C : Castiglion Fiorentino, Collegio Cosimo Serristori, 5. Parchemin, 220 x 215 mm, seconde moitié du XV e s., écriture livresque soignée. Rubrique : « Incipit postilla … ma super evangelium secundum Matheum edita ab egregio doctore Petro Ioh. sacre theologie professore ordinis fratrum minorum » 13 .

K : Klosterneuburg, Stiftsbibliothek, 769. Parch., 250 x 165 mm, 120 fol., 2 col., XIV e s. 14

O : Oxford, New College 49. Parch., 158 fol., 420 x 275 mm, 2 col., produit pour John Whethastede, abbé de St. Albans, mi XV e s. Explicit : « Explicit opus Petri Iohannis super evangelium Mathei » 15 .

N : Padova, Biblioteca Antoniana, 336 scaff. XV. Parch., 310 x 235 mm, 2 cols., 222 fol., décoration (initiales filigranées, encadrement, titre courant). Manuscrit daté de 1343, offert par l’évêque Ildebrando Conti au gardien du couvent franciscain le 26 sept. 1352 16 .

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P : Paris, BnF lat. 15558. Parch., 350 x 230 mm, 2 col., 181 fol. Écriture méridionale, vers 1300, décoration parisienne. Manuscrit acheté par Pierre de Limoges et légué en 1306 au collège de Sorbonne 17 .

R : Roma, Collegio San Isidoro I/56. Parch., 160 x 115 mm, 176 fol., 2 col. Plusieurs mains italiennes, vers 1300. Le bifolio initial contient des textes de nature magique 18 .

T : Toulouse, Bibliothèque municipale, 48. Parch., 2 col. Écriture méridionale, début du XIV e siècle. Provenance du couvent dominicain de Toulouse 19 .

V : Vaticano, B.A.V., Vat. lat. 10900. Parch., 211 x 142 mm, 207 fol., 2 col. Écriture méridionale, début XIVe siècle. Rubrique cancellée : Postilla fratris P<etri Ioannis ordinis minorum> super Matheum 20 .

Z : Assisi, Biblioteca Comunale, 586. Rubrique : « principium super Matheum » 21 . Ne contient que le sermon initial de louanges des Évangiles.

4 Les manuscrits qui n’ont pas encore été utilisés sont ceux de Budapest, Egyetemi Könyvtár, cod. 49 ; Cambridge, Corpus Christi Coll. 321 (K 13) ; Firenze, Bibl. Medicea-Laurenziana, Santa Croce Plut. X dextr. 4 ; Biblioteca Nazionale Centrale, Conventi Soppressi, G. I. 671 ; San Lorenzo de El Escorial Q. III. 2 ; Vaticano, BAV vat. lat. 1001 ; vat. lat. 8670 ; Ottob. 522 ; Wrocław, Biblioteka Uniwersytecka U F 61m

Premières observations

5 La taille de l’échantillon, de même que l’absence de certains manuscrits importants, ne permettent pas encore d’obtenir une vision claire de l’ensemble de la tradition textuelle. Il est toutefois possible de faire quelques constatations. Un nombre important de manuscrits semblent dater de la fin du XIII e siècle ou tout début du XIV e siècle. Ces volumes (BPTV) de format moyen, copiés sur deux colonnes, s’apparentent au type des manuscrits universitaires. Ils ont vraisemblablement tous été produits dans des studia du Sud de la France 22 . L’origine provençale est certaine pour le témoin de Barcelone, probable pour les autres. Cette abondante diffusion précoce suggère que le texte a été mis en circulation du vivant de l’auteur, peut-être dès avant sa censure de 1283, pour être employé dans l’enseignement biblique, dans les écoles franciscaines de Provence, Languedoc et Aquitaine. Ce commentaire était donc sans doute particulièrement visé par l’interdiction d’utiliser les écrits d’Olivi, prononcée par le chapitre général de Lyon en 1299. La répression des Spirituels dans les premières décennies du XIVe siècle a ensuite contribué à la dispersion géographique des témoins. Le cas du manuscrit de Barcelone est encore une fois exemplaire, puisqu’il pourrait avoir été apporté par un Spirituel fugitif au monastère Bénédictin de Ripoll.

6 Sans qu’il soit utile de tenter de dresser un stemma codicum provisoire, on peut toutefois relever des proximités entre certains manuscrits. Les témoins V et C, qui ont également en commun de nommer l’auteur du commentaire, présentent de nombreuses variantes communes. Dans plusieurs cas, ces leçons paraissent préférables à celles retenues par la totalité des autres témoins 23 . Il est par ailleurs notable qu’entre ces deux témoins, le meilleur ne soit pas le plus ancien. Le manuscrit de Castiglion Fiorentino a été produit dans la seconde moitié du XV e siècle, par un scribe très attentif au sens du texte qu’il copiait. Il devait disposer de surcroît d’un modèle remontant à une diffusion précoce de la Lectura. Cette circulation tardive ne doit pas surprendre ; on trouve précisément sur le témoin V des annotations révélant une lecture effectuée à la même époque.

7 L’hypothèse d’une mise en circulation précoce devra conduire à poser la question d’éventuels ajouts ou corrections insérés ultérieurement, dans les années où Olivi procéda à une mise au propre de l’ensemble des ces œuvres. En ce sens, on peut signaler que dans le chapitre 22, le scribe du manuscrit parisien indique en marge le mot additio pour signaler deux passages, insérés dans le corps du texte, qui devaient probablement figurer dans les marges de la source qu’il employait. Il s’agit de questions supplémentaires posées à propos de la parabole des invités 24 . Or, il est notable que ces deux mêmes questions figurent dans les marges du témoin B. Un sondage montre que ce passage est présent dans les manuscrits d’Oxford et Toulouse,

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mais qu’il est revanche absent des témoins CKRV, de même que du manuscrit de Cambridge, Corpus Christi, 321 25 .

8 Dans cette édition provisoire, le témoin T a été retenu comme manuscrit de base, en raison du caractère central qu’il paraît avoir.

<Prologus> 26

9 Quatuor facies uni et quatuor penne uni et pedes eorum pedes recti et planta pedis eorum quasi planta pedis vituli, et scintille quasi aspectus eris candentis, Ezechielis primo.

10 Quemadmodum admirabilis est clausura secundum quam tota ramorum diffusio, immo omnium generandorum formacio et distinctio virtualiter continentur in semine 27 , sic non 28 minus admirabilis est genitura secundum quam omnia sub miro ordine et pulcritudine originaliter 29 proderunt 30 ex semine. Sicut autem utrumque eorum supersubstantialiter et eternaliter deus prehabuit in se et 31 sua intellectuali prole, ac deinde 32 temporaliter et naturaliter inserta 33 sunt in 34 rerum conditarum primario opere, sic verbaliter et intellectualiter a deo indita sunt 35 in scripturarum sanctarum canone, in quo quidem vetus testamentum est quasi pro semine seu clausura, novum vero quasi pro prole et genitura. Et 36 ideo illud 37 incipit a primordiali semine creationis 38 omnium in prima materia et in primis operibus eius, cum dicitur In principio creavit deus celum etc 39 . Novum vero incipit a generatione nove prolis, scilicet Ihesu Christi, in quo omnia sunt regenerata, cum dicitur Liber generationis Ihesu Christi. Verbum igitur premissum, ex primo Ezechielis sumptum, introductum est tanquam pro semine, in quo quidem figuraliter continetur qualis debet esse scripture sacre auditor, qualis et 40 eius doctor, et 41 qualis etiam sit ipsa 42 scriptura in sua totalitate, et 43 qualis 44 in sua testa seu cortice 45 , qualis 46 in 47 medula seu adipe, et qualis 48 in parte predictiva seu prenunciativa 49 , qualisque 50 in parte exhibitiva 51 seu expletiva.

11 Unusquisque enim auditorum 52 eius debet habere quatuor facies, unam scilicet anterius ad agenda et 53 ad 54 amplectanda 55 , aliam posterius seu superius ad speranda et ad 56 formidanda 57 , aliam dextrorsum ut videat exempla virtualis presidencie et magnanimis 58 constancie, aliam sinistrorsum ut attendat exempla humilis obediencie et stabilis paciencie. Et prima debet esse hominis ut agat racionalia 59 seu moralia et amplectatur 60 amabilia, secunda vero aquile propter eius perscipaciam, tertia vero leonis propter eius presidentiam ac constanciam, quarta vero 61 vituli propter eius immolativam 62 pacienciam et iugalem vecturam ac curvaturam 63 .

12 Debet etiam quatuor pennas et alas habere secundum quatuor vires anime, scilicet 64 intellectivam, memorativam, irascibilem et 65 concupiscibilem, ut habeat videlicet alam vivacis intelligencie 66 , capacis et tenacis memorie, estimationis ardue, affectualis experiencie. Et in hiis debet habere rectum processum et fundamentum solidum, quasi plantam 67 vituli, ut scilicet fundetur in pura 68 veritate fidei et procedat 69 secundum rectitudinem divini radii 70 , quo facto necesse est ut spiritualibus sensibus et intelligentiis scintillet instar eris candentis.

13 Doctor vero debet ultra 71 hoc supervehi 72 ut scilicet protendat se ad superintellectuales causas et raciones credibilium et scibilium 73 , et ideo debet ante se habere faciem creatoris ut directam ad opera creationis 74 , post se 75 vero 76 faciem retributoris cum suis premiis ac iudiciis, a sinistris vero faciem redemptoris et subportatoris cum suis medelis ac remediis, a dextris vero faciem motoris seu gubernatoris ac iustificatoris 77 cum suis internis graciis et influenciis. Debet etiam cum hiis esse in eo anterius facies dirigens, posterius vero seu superius facies previdens 78 et superexcedens 79 , dextrorsum vero facies zelans et pro fide ac veritate 80 congrediens, sinistrorsum vero facies crucifixa et moriens. Debet etiam in eo esse ala altivola 81 , citivola, lativola, circumvola. Altivola quidem ad contemplandum, citivola ad operandum quid 82 docet, lativola ad communicandum tam verbo doctrine quam dono amicicie, circumvola vero ad confovendum et protegendum pullos instar galline.

14 Scriptura vero in sua totalitate habet 83 quatuor facies, scilicet rationalem et moralem instar hominis, auctorizabilem et terribilem quasi 84 leonis, rudem et humilem seu simplicem quasi 85 bovis, profundam et subtilem quasi aquile.

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15 Habet eciam quatuor alas quia 86 stans fixa in Christo, expandit unam alam ad paternum 87 Christi principium et ad gesta patrum, et aliam ad Christi spiritum et ad eius adversarium spiritu labiorum suorum interficiendum 88 , terciam vero ad 89 Christi iudicium, quartam vero 90 ad Christi regnum eternum. Et in hiis tenet processum rectum, scilicet a principio creacionis usque ad finem eterne retribucionis ac fundamentum seu vestigium solidum 91 propter infallibilitatem sui sermonis. Et ideo est ubique scintillans dei nominibus ac laudibus et virtutum ac virtualium exemplorum et 92 mandatorum, simul et consiliorum splendoribus.

16 In sua vero testa, idest in testamento veteri, et consimiliter in medulla novi, sunt 93 quatuor facies, scilicet 94 legalis 95 imperans quasi leo, ystorialis 96 sulcans gesta exteriora terrenorum quasi bos, sapiencialis disciplinaliter 97 informans et admonens quasi 98 homo, prophetalis instar aquile archana speculans et contemplans. Et in veteri quidem 99 testamento patet hec distinctio ; in novo vero 100 facile est videre. Primo enim procedit 101 lex evangelica cui annectitur ystoria factorum 102 Christi et actuum apostolicorum 103 et subditur 104 exhortacio et informacio epistolarum et tandem prophecia 105 Apocalipsis. In 106 hiis etiam est 107 quadruplex ala quibus volant et omnia tegunt 108 et ornant 109 , ala videlicet divine potencie, sapiencie 110 , iustitie et 111 misericordie 112 . Ubique enim ista describunt et magnificant et ex ipsis sumitur causa et racio omnium contentorum 113 in ea 114 .

17 In parte vero prenunciativa seu prophetica sunt quatuor principales prophete, scilicet Ysaias, Ieremias, Ezechiel, Daniel. Et primus in sua facie occurrit ut apertus 115 et ylaris ac socialis 116 quasi homo. Secundus vero ut gemebundus et lamentabilis quasi bos mugiens et patiens. Tercius autem ut stupendus et admirabilis quasi leo ; proponit 117 enim quasdam figuras et visiones stupendas. Quartus vero ut interpretativus et numerabilis 118 quasi aquila ; totus enim 119 insistit interpretationibus visionum et ex 120 ipso apertius trahitur 121 numerus regnorum et temporum 122 usque ad Christum. Est eciam in eis quadruplex ala, quia volant 123 de viciis que increpant ad supplicia que comminantur et de virtutibus quas laudant et persuadent ad premia que promittunt.

18 In parte etiam prenunciationum prophetalium exhibitiva et expletiva 124 sunt quatuor evangeliste illis correspondentes 125 , in quibus velut in curru quatuor rotarum et quatuor animalium doctrina evangelica sedet. Ad cuius commendacionem verbum primo propositum 126 principaliter est assumptum, in quo quidem docemur contueri 127 universalem 128 continenciam sue materie, in eo quod ait quatuor facies uni et quatuor penne 129 uni ; principalem processum et ordinem sue ystorie in eo quod ait 130 Et pedes eorum pedes recti et planta pedis 131 eorum quasi planta pedis vituli ; spiritualem efficaciam sue refulgencie in eo quod subdit Et scintille quasi aspectus eris candentis.

19 Ad videndum autem qualiter doctrina evangelica in unoquoque evangelistarum habeat 132 quatuor facies et quatuor pennas, utriusque scilicet 133 faciei et penne naturalis proprietas est primitus attendenda, ac deinde 134 ad propositum mistice 135 applicanda. In facie enim 136 singulariter relucet forme dignitas et venustas, sensuum claritas et 137 vivacitas, ac 138 persone seu speciei proprietas, et secundum hoc per faciem racionabiliter presignatur Christi sublimis dignitas et 139 sapiencialis claritas ac personalis proprietas et secundum 140 unumquodque istorum competunt sibi et eius doctrine 141 quatuor facies.

20 Est enim in Christo quadruplex dignitas, scilicet regalis, magistralis, pontificalis, supersubstantialis 142 seu divina et eternalis 143 , et de hiis quatuor est evangelica doctrina, quamvis regalis facies evidencius 144 refulgeat 145 in evangelio Mathei, magistralis vero 146 in Marco, pontificalis 147 in Luca, divina in Iohanne. Matheus enim introducit eum ut a regibus genitum 148 et 149 adoratum, Marcus vero ab eius predicatione exordium sumit, Lucas vero a sacerdotio Zacharie inchoat, Iohannes vero ab eterna verbi divinitate 150 initium sumit et in illa pre ceteris immoratur.

21 Est eciam in Christi sapiencia et 151 doctrina quadriformitas 152 sensuum, quia in eodem verbo preter 153 sensum littere, occurrit sensus moralis aut 154 tropologicus et allegoricus ac 155 anagogicus. Item 156 simul 157 docet credenda et 158 agenda 159 , speranda et formidanda, unde

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continet in se christiane fidei dogmata et evangelice fidei mandata et consilia, et redemptoris 160 gratuita dona et premia, et 161 summi iudicis 162 irrefragabilia et 163 sempiternalia 164 iudicia et supplicia.

22 Christi 165 eciam 166 persona 167 habuit proprietates quadruplicis status seu ierarchie tanquam stans in medio ecclesie et in medio omnium 168 animalium quatuor et 169 quatuor rotarum. Habuit enim in se plenitudinem 170 ierarchie seu pocius tetrarchie 171 trinitatis beate et plenitudinem glorie angelice et plenitudinem gracie et innocencie et plenitudinem pene et miserie. Item sic servavit cerimonialia legis mosaice quod eciam 172 iniciavit primordia christiane infancie et simul cum hoc 173 consummavit in seipso finalia opera et consilia 174 religionis contemplative et apostolice et tandem exemplariter 175 in seipso complevit et premonstravit 176 magnalia future resurrectionis et glorie 177 et 178 hec omnia continet et describit 179 doctrina evangelica.

23 In penna autem 180 attendo 181 volatum 182 , tegumentum et ornatum. Pennis enim 183 aves volant et penne eas tegunt et ornant et secundum hoc 184 attendo 185 in Christo et eius doctrina 186 tres quadriformitates. Habuit enim quadruplicem volatum, scilicet in carnem, in 187 crucem, in vitam immortalem et in locum celestem. Et secundum hoc currunt eius quatuor principalia opera in corpore suo ostensa, scilicet incarnacio, passio, resurrectio et ascensio. Vel possumus 188 dicere quod volavit in mundum veniens et ingrediens, per mundum progrediens, de mundo 189 exiens 190 , ad patrem rediens.

24 Fuit etiam in eo tegumentum summe 191 inopie 192 , contumelie 193 , molestie seu tristicie 194 mortis extreme, ac per hoc fuit tecta in eo summa copiositas, summa dignitas, summa deliciositas seu gloria 195 , summa eternitas et immortalitas 196 . Item 197 sue carnis fragilitatem 198 texit miraculis supernaturalibus. Eius vero erubescibilitatem texit virtutum operibus et exemplis. Eius vero sensibilitatem texit intellectualibus divine sapientie oraculis. Eius vero severitatem et rigiditatem texit misercordiis et beneficiis immensis.

25 Habuit etiam in se ornatum quadruplicis ordinis, scilicet pastorum seu prelatorum, martyrum 199 , doctorum seu confessorum et 200 virginum seu anachoritarum et contemplativorum. Unde omnium istorum coronas et 201 aureolas in se ipso anthonomasice 202 preaccepit.

26 Quoniam igitur doctrina evangelica 203 est multipliciter 204 quadriformis, idcirco a dei sapiencia est optime ordinatum quod a quatuor evangelistis, quatuor evangelia scriberentur que 205 in substantia essent unum. Qui utique pro eo quod 206 universum orbem gracia celesti irrigant 207 , designati sunt per quatuor flumina manancia de paradiso voluptatis. In quantum Christi vero 208 legem et archanam eius sapienciam et personam usquequaque ferunt 209 , designati sunt per quatuor circulos 210 aureos arche dei qui fixi stabant 211 in quatuor angulis eius, ut habetur Exo.

25°.

27 In quantum autem 212 contra 213 egestatem 214 magne inopie spiritualium copiam nobis adinvenerunt, designati sunt per quatuor viros leprosos stantes iuxta portam Samarie, qui diem 215 boni nuncii Samarie annunciaverunt 216 , factusque est modius 217 simile statere 218 uno et duo 219 modii ordei 220 statere 221 uno, iuxta verbum Helysei. Qui utique leprosi merito dicuntur 222 , tum quia predicant Christi passionem propter quam reputatus est tanquam leprosus, prout habetur Ysaie 53° 223 ; tum quia et 224 ipsi fuerunt mundo abiecti et crucifixi 225 ; tum quia humanum genus docuerunt lepra originalis peccati et eciam actualis esse infectum.

28 Quantum vero 226 ad ecclesiastice custodie tutelam et 227 diligenciam, designati sunt per 228 quatuor ianitores hostiorum 229 domus domini 230 qui stabant per quatuor ventos celi, idest ad orientem 231 , occidentem, aquilonem et austrum, de quibus habetur 232 1° Para. 9° et 23° 233 . Et quoniam divini templi custodia ordinatur ad divini cultus 234 spiritalem resonantiam et melodiam, ideo simul cum hoc 235 designati sunt per quatuor ordines seu millenaria cantorum. Unde ibidem capitulo scilicet 23° 236 , dicitur quod electi sunt quatuor milia ianitores et totidem psalte 237 canentes domino in organis que fecerat David ad canendum. Super quo 238 dicit Rabanus quod hoc ideo factum est ut ostenderetur 239 quod is 240 qui ianitoris 241 vel psalte 242 officium digne vult 243 agere, evangelicam doctrinam debet 244 custodire 245 .

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29 Quantum vero ad altitudinem humilis sapiencie Christi designati sunt 246 per quatuor numina terre que sunt sapienciora sapientibus, de quibus habetur Proverbiorum 30°, et per quatuor difficilia seu difficultates de quibus 247 habetur ibidem.

30 Quantum vero ad rectum ordinem virtutum quas in Christo et eius vita et doctrina fuisse testificantur, designati sunt per quatuor ordines lapidum existentium in veste summi pontificis, in quibus parentum magnalia sculpta erant, de quibus habetur Sapientie 18° et Exo. 25 248 .

31 Quantum vero ad agilitatem sue circumgirationis et spericitatem 249 continentie universalis et uniformis, presignati 250 sunt per quatuor rotas divini currus de quibus 251 habetur Ezechielis 1° et 10° 252 .

32 Quantum vero ad vite integritatem et multiformitatem, designati sunt per quatuor animalia divini currus de quibus habetur ibidem.

33 Quantum vero ad spiritalis intelligencie 253 inspirabilitatem 254 , designati sunt per quatuor ventos celi de quibus dicitur 255 Ezechielis 31°, a quatuor plagis veni 256 spiritus et insuffla etc. et Danielis 1°, ecce quatuor venti celi pugnabant in mari magno. Quatuor enim intelligentie spiritales semper pugnant contra tempestuositatem et turbulenciam viciorum huius 257 seculi.

34 Quantum 258 vero ad alacritatem 259 divine laudis et 260 apostolice societatis atque evangelice libertatis 261 , designati sunt per quatuor viros solutos ambulantes in medio ignis et laudantes deum, de quibus habetur Danielis 4° 262 quando rex ait : Ecce video quatuor viros solutos 263 .

35 Quantum vero ad structuram et reparacionem ecclesiastice fabrice, designati sunt per quatuor fabros qui deiecerunt quatuor cornua gencium qui 264 ventilaverunt Iudam et reedificaverunt civitatem dei, de quibus habetur Zacharie 265 .

36 Quantum vero ad robur triumphalis milicie Christi, designati sunt per quatuor quadrigas egredientes 266 de medio duorum montium eneorum, idest duorum testamentorum 267 , que propter impetum sue agilitatis vocantur quatuor 268 venti celi, de quibus habetur Zacharie 269 6°.

37 In prima erant equi ruffi per zelum caritatis et per effusionem 270 sanguinis. In secunda equi nigri per 271 mortificacionis austeritatem ac 272 sapiencie obscuram profunditatem. In tercia equi albi per innocencie 273 et mundicie puritatem, et hii ambo contra aquilonem, idest contra 274 frigidam accidiam et pigriciam et contra mundane prudencie tenebram 275 iverunt 276 . In quarta equi varii per multiformitatem virtutum et statuum et hii contra meridiem, idest 277 contra superbiam et inanem gloriam ypocritarum, et in eadem quadriga 278 primo 279 erant equi robustissimi per 280 perfectionem omnium virtutum consummatissimam 281 et hii contra omnem terram.

38 Pro quanto tamen 282 hec milicia eligenda erat 283 de gentilitate bestialibus 284 immundiciis plena, designati sunt per quatuor inicia seu capita vasis et linthei magni, in quo erant 285 quadrupedia 286 , serpentia 287 et volatilia, de quibus 288 dictum est Petro occide et manduca, prout habetur 289 Actuum 10°.

39 Processus autem et ordo sue historie satis congrue describitur per pedes animalium predictorum qui utique describuntur recti 290 , solidi et stabiles, maturi et graves, rotundi seu circulares. Primum 291 quidem in eo quod dicitur 292 Et pedes eorum pedes recti, tria vero sequencia in eo quod subditur et planta pedis eorum quasi planta pedis vituli. Secundum hoc autem, processus 293 evangelice ystorie in quolibet evangeliorum 294 ostenditur 295 ut 296 rectus, quia a primordio ortus Christi per medium 297 decursum sue predicationis pervenit 298 ad terminum sue mortis et 299 ressurectionis, nisi quod 300 Marchus relicta Christi infantia inchoat ab inicio predicacionis Iohannis et Christi, currens 301 per eius medium usque ad mortis et ressurectionis terminum.

40 Ostenditur etiam 302 ut stabilis et solidus, quia cum summa certitudine veritatis et assercionis 303 narrant Christi verba et facta. Ut maturus vero 304 et gravis quia sine omni vanitate et cum omni tranquillitate ordinate 305 procedunt. Ut circularis 306 vero quia a Christo 307 , per Christum, in Christum semper decurrunt 308 et eloquia sua contexunt.

41 Spiritualis vero efficacia 309 sue refulgencie optime describitur per scintillas quasi eris candentis. In scintillis enim huiusmodi 310 est subtilitas accutissima, simplicitas modicissima, agilitas vivacissima, radiositas fervida et multiplicitas quasi infinita. Et 311 recte talis est luminositas sapiencialium 312 veritatum evangelice doctrine. Nam sua spirituali puritate et 313

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subtilitate accutissime sunt ad penetrandum 314 corda. Sua 315 vero simplicitate et humilitate exhibent se ut minima, simulque et 316 irradiant et inflammant et ad actus contemplative et active agillime moventur et movent, et quanto plus ad earum comprehensionem conaberis 317 , tanto earum numerus incomprehensibilior tibi occurret.

42 Ad has igitur scintillas in lare 318 nostri cordis pro viribus congregandas et ex petra 319 evangelii 320 viriliter educendas totam consideracionem et intencionem 321 nostri cordis 322 convertamus ut instar iustorum fulgeamus sicut sol et arundinetum seductorie ypocrisis et cuiuscumque simulati 323 erroris 324 tanquam 325 scintille subtiles et agiles percurramus et perlustremus ad laudem et gloriam Christi unigeniti dei qui est fons 326 omnis veri luminis et qui cum patre et spiritu sancto perhenniter regnat in secula 327 seculorum. Amen 328 .

<Quaestiones>

43 Ad maiorem autem 329 evidenciam dictorum et 330 dicendorum 331 , septem sunt querenda et prenotanda 332 .

<Prima quaestio>

44 Primo quidem 333 quare Christus per seipsum non scripsit doctrinam evangelicam.

45 Videtur enim quod 334 hoc 335 fuisset melius. Primo quia fuisset 336 fide dignius et maioris auctoritatis.

46 Secundo quia fuisset maius incitamentum amoris et devotionis et spei.

47 Tercio quia fuisset conformius primis scripturis legis et 337 prophetarum, quia illi idem per quos lex et prophecie sunt 338 vocaliter 339 promulgate, fuerunt scriptores illarum 340 .

48 Quarto quia qua 341 ratione fuisset 342 utilius Christum proprio ore legem evangelicam tradere, eadem ratione, ut 343 videtur 344 , fuisset utilius quod 345 ipse 346 propria manu eam 347 scripsisset 348 , aut saltem quod 349 ipso vivente et personaliter dictante, ex eius viva voce conscripta fuisset.

49 Dicendum quod multiplici ex causa fuit decencius quod per alios, Christo iam mortuo 350 , scriberetur 351 .

50 Primo ad commendandam Christi humilitatem. Ad confirmationem enim sue doctrine oportuit simul conscribi miracula et sanctitatis opera per ipsum facta, et iterum famam admirabilem quam ex hiis 352 in populis habuit, et redargutiones 353 adversariorum suorum, cum quibus disputavit et 354 quorum errores et malicias detexit et confutavit. Licet autem sine omni superbia Christus hoc de se 355 scribere potuisset, tamen in sensibus 356 nostris, non ita infulsisset 357 eius humilitas et 358 omnis laudis et glorie perfectus contemptus, sicut 359 nobis se ingerit ex hoc quod de se nichil scripsit, nec dum viveret 360 scribi fecit aut 361 permisit, sed per alios post eius mortem sunt scripta.

51 Secundo ad commendandam spiritus sancti auctoritatem. Sicut enim decens fuit quod Christi persona in opere redemptionis et exempli aut magisterii exterioris auctorizaretur, sic decens fuit quod auctoritas spiritus sancti in opere interne inspirationis et illustrationis et spiritualis edificationis et solidacionis ecclesie commendaretur, et ideo 362 congruum fuit quod ea que Christus fecerat et docuerat, spiritus sanctus iterato per doctores ecclesie sollempniter promulgaret et conscriberet 363 et 364 conflabatur 365 ex hoc firmitas testimonii triplicati. Nam pater per 366 prophetas filium promittendo, et filius consequenter verbo et opere exhibendo 367 , spiritus vero sanctus ea 368 postmodum per ecclesiam catholicam sollempniter confitendo et approbando ac suscipiendo veritati Christi, triplex testimonium dabant, ut 369 sit 370 verum illud Iohannis 371 in prima canonica quod spiritus 372 est qui testificatur, quoniam Christus est veritas et quod tres sunt qui testimonium dant in celo, etc.

52 Tertio ad commendandam 373 utriusque persone proprietatem. Sicut enim proprietas 374 verbi est verbo exprimere 375 veritatem paternam in seipso completam, sic proprietas spiritus 376 est internis 377 suggestionibus 378 veritatem verbi in se et in 379 hiis quos inspirando 380 inhabitat monstrare completam. Sicut ergo pater misit filium 381 ad annunciandum, sic decuit quod a patre et filio spiritus 382 mitteretur ad confirmandum per sollempnia instrumenta ea que fuerant nunciata per Christum.

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53 Quarto ad commendandum 383 meritum passionis Christi et ordinem agendorum seu fiendorum in ecclesia Dei. Christus 384 enim homo prius debuit pati abiecta 385 antequam perfecte 386 glorificaretur in mundo. Prius etiam 387 debuit mundus redimi quam Christi 388 graciis ditari 389 et illuminari. Fuit etiam ordo rectior quod prius Christi opera personalia consummarentur, antequam sollempniter scriberentur. Unde videmus quod non est consuetum prelia regum in annalibus ystoriis scribi antequam sint triumphaliter obtenta et celebrata.

54 Quinto 390 ad commendandam auctoritatem ecclesie. Decuit 391 enim ab eius initio ostendi quod ipsa habet 392 auctoritatem promulgandi et sollempnizandi 393 et interpretandi 394 et conscribendi 395 fidei catholice veritatem, quod nullo modo melius fieri potuit quam quod sibi reservaretur 396 auctoritas scribendi evangelium Christi.

55 Sexto ad commendandam Christi maiestatem. Sicut enim illa que necessaria 397 fuerunt 398 nostre redempcioni et 399 exaltacioni, oportuit eum pro nobis 400 humiliter suscipere et subire, sic decuit quod 401 sue maiestatis honorificentia in aliis monstraretur 402 . Est autem 403 magnificentie regie quod sua facta et dicta per alios scribantur, potius quam per ipsum, ita quod aliorum ministerio eius honor in plebibus celebretur.

56 Septimo ad maiorem dignitatem fidei 404 . Quantum enim 405 spectat 406 ad firmitatem fidei que ex Christo sumitur, sufficit eum 407 sollempniter 408 in propria 409 persona fecisse et dixisse ea que per ipsum facta et dicta tenemus. Non enim scriptura facta ab ipso firmius reddidisset 410 opus aut verbum ipsius, cum unumquodque 411 de se sit immense auctoritatis. Et esto quod 412 scripsisset, oporteret quod auctoritas illius scripture ad nos deveniret per testimonium discipulorum suorum et ecclesie sue. Constat autem quod fide dignior est testis qui asserit se vidisse et audisse 413 verba et facta 414 illius, de quo multa sunt scripta, quam si solum asserat 415 quod sic fuerant 416 scripta ab illo. Et 417 esto quod asserat utrumque, quantum spectat ad fidem de factis et verbis illius sumptam 418 ex testimonio huiusmodi 419 , nichil addit firmitatis ferre 420 testimonium de scriptura facta ab illo, supra testimonium de auditu et visu verborum et factorum illius.

57 Rursus dato quod Christus de se ipso scripsisset, si 421 nullus 422 alius preter ipsum scripsisset se 423 illa eadem vidisse et audisse, nullus esset testis verborum et 424 factorum ipsius nisi solus 425 ipse. Si autem simul cum ipso alii scripsissent, aut non esset equalis auctoritas scripture ipsorum, aut si esset, non esset Christo honorificum, et nichilominus sufficeret quod alius 426 aliquis cum illis, loco eius, scripsisset, ex quo equalis esset auctoritatis 427 cum illo. Amplius laudes et preconia alicuius facilius et plenius creduntur 428 a plebibus, quando dicuntur per alios fide dignos, quam quando dicuntur ab ipso.

58 Octavo ad ostendendam 429 differentiam legis Christi, que 430 est proprie lex spiritus 431 , et legis Moysi que est proprie 432 lex littere. Si enim Christus legem suam scripsisset in tabulis lapideis vel in carta, posset credi quod illa sic scripta esset 433 proprie et principaliter lex 434 ipsius. Nunc autem, ex eo quod solum 435 impressit eam in cordibus fidelium, infundendo 436 eis spiritum suum 437 , apercius ostendit quod ipse spiritus et caritas diffusa per ipsum in cordibus nostris est lex eius, longe 438 distans a lege littere, sicut docet Apostolus, secunda 439 ad Corinthios 3° et Romanos 7° et 8°. Scriptura igitur littere huius 440 legis debuit reservari Christi ministris in quorum cordibus ipse infunderat 441 legem spiritus sui.

59 Patet igitur ex predictis quod hoc consonat Christi humilitati 442 , et spiritus sancti 443 auctoritati 444 et utriusque 445 proprietati 446 , et auctoritati 447 ecclesie ac fide 448 dignitati scripture et ordini 449 scribendorum et 450 fiendorum et distinctioni 451 legum, scilicet littere et spiritus.

60 Per hoc 452 autem 453 eadem patet responsio ad obiecta.

61 Ad secundum tamen dicendum quod si ex defectu 454 amoris nostri Christus hoc 455 obmisisset, tunc illa ratio 456 locum haberet, sed obmittere illud 457 propter maiorem nostram maiorem utilitatem, et faciendo hoc per alium modum sibi et nobis decentiorem et honorabiliorem, non solum non tollit incitamentum amoris et spei, immo pocius 458 auget. Et est 459 tam 460 hic quam alibi pro regula 461 notandum quod ubi de aliquo, an sit fiendum vel non fiendum agitur, si arguatur ad alteram partium 462 ex una sola circumstancia et non ex omnibus sufficienter sumptis, est ut plurimum fallacia consequentis ab insufficienti 463 aut peccatum accidentis 464 , quia circumstancia illa, nisi sumatur sub debito respectu ad finem et ad alias circumstancias,

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habet se per 465 modum accidentis 466 sive extranei, sicut species est quid 467 extraneum homini, in quantum per hominen debet aliquid concludi de Sorte, seu secundum illam rationem secundum quam Sortes est homo singularis, non communis seu 468 universalis.

62 Ad tertium etiam 469 dicendum quod Moyses et prophete 470 principalius 471 scripserunt de deo et eius revelacionibus et preceptis quam de se ipsis, et ideo in eo quod evangeliste et apostoli 472 principalius scribunt de Christo quam de seipsis, maior est 473 conformitas novi testamenti ad vetus 474 quam si Christus per seipsum de seipso scripsisset.

63 Si vero dicatur quod forte Iob et iudices ystorias proprias de seipsis scripserunt, tunc ad hoc dici potest quod non est 475 simile de ipsis et Christo, sicut patet ex supradictis, quamvis nec ipsi in 476 scribendo proprias ystorias ita 477 principaliter 478 de seipsis scribere intenderint 479 sicut 480 de dei multiplici providentia et gratia 481 habita circa 482 ipsos 483 .

<Secunda questio> 484

64 Secundo queritur quare fuerunt quatuor scriptores ad hoc electi.

65 Si enim dicas 485 quod ratione firmioris testimonii, tunc melius fuisset quod fuissent electi duodecim vel septuaginta 486 . Preterea sicut Moysi scriptura sufficit ad dei legem 487 , sic videtur quod evangelium unius sollempnis apostoli suffecisset. Item secundum Ieronimum super Mattheum, « plures alii 488 scripserunt evangelia, ut est illud iuxta Egiptios [K3rb] et Thomam et Mathiam 489 et Bartholomeum, duodecimque apostolorum et Basilidis 490 atque Appelles 491 » i et 492 Libro primo [A1vb] illustrium virorum 493 , capitulo 1° 494 , dicit se transtulisse « evangelium quod appellatur secundum Hebreos 495 , quo 496 et Origenes sepe utitur » ii , sed utilius fuisset uti omnibus istis quam solis 497 quatuor, ergo etc.

66 Dicendum quod plures quidem sunt electi ad sollempnitatem 498 testimonii plenioris, et licet trium testimonium secundum sanctionem divine legis sit solidum, quartus tamen est additus, tam 499 ad superexcrescentiam 500 ternarii 501 quam propter 502 multiplex 503 misterium quadrature. Figure enim quadrate est proprium quod ex quacumque parte vertatur sit solida. Quelibet etiam sedilia et edificia 504 plurium laterum ad sui plenam stabilitatem exigunt quatuor pedes aut 505 quatuor laterales bases, et currus regius quatuor rotas, et perfecta vita quatuor cardinales virtutes, et celum quatuor quadras, et universum quatuor plagas seu quatuor climata mundi.

67 Ut ergo ostendatur quod Christi vita et doctrina continet in se soliditatem et multiformitatem quadrature, tam virtutum quam statuum, et quod sedet in quatuor evangelistis tamquam in trono et curru regio, et quod inhabitat 506 in eis tamquam in aula seu domo regali, et quod 507 per ipsos circumfluit quatuor climata mundi, et quod in ipsis 508 constituit unum integrum celum ex quatuor quadris completum, et quod deitas 509 est in eis trina simul et una 510 , ut 511 unitas quarti trinitati testium addita potius significet concordiam quam diversitatem. Idcirco non immerito quatuor sunt electi, quorum 512 tres quidem in misterium trinitatis simul et consimiliter concurrunt 513 , quartus vero, Iohannes scilicet, in misterium unitatis divine essentie 514 , in ipsa singulariter immoratur.

68 Ad primum igitur obiectum, dicendum est quod ad vitandam confusionem et magnitudinem respectu humane memorie et intelligencie 515 nimiam, oportuit eos ad aliquem parvum numerum et moderatum coartari, et precipue cum non ex sola sua auctoritate, sed etiam ex auctoritate omnium apostolorum, et tocius ecclesie et spiritus sancti eam regentis et inhabitantis, in culmen 516 auctoritatis et autentice fidei sint recepti. Unde Augustinus 517 De civitate dei, c° xli° de sacri canonis scriptoribus dicit, « ipsi sane pauci esse debuerunt, ne multitudine vilesceret 518 quod religione carum 519 esse oportebat, nec tamen ita pauci ut 520 eorum non sit miranda consensio 521 » iii .

69 Ad secundum 522 dicendum quod non est simile de lege et evangelio, tum 523 quia lex fuit tradita 524 a deo 525 sub evidentia signorum mire maiestatis et terribilis et coram populo universo, Christi 526 vero evangelium fuit traditum in mira humilitate et simplicitate et coram paucis discipulis 527 , respectu multitudinis 528 ecclesie universe ; tum quia lex explicite non continet tot transcendentia rationem humanam sicut evangelium Christi ; tum quia sicut 529 lex nova

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precellentior est veteri, sic 530 decuit quod et 531 sub maiori scribentium numero traderetur ; tum quia non oportet quod 532 omnia 533 in omnibus sibi assimilentur.

70 Ad tertium dicendum quod ecclesia illos 534 non accepit in auctoritate. Primo quia secundum Augustinum, libro primo De consensu evangelistarum, illi « non tales suis temporibus extiterunt, ut in eis fidem ecclesia haberet 535 » iv . Secundo quia secundum eundem ibidem, « in 536 scriptis suis quedam fallaciter 537 indiderunt 538 , que catholica regula fidei et sana doctrina condempnat 539 ». Unde et 540 Ieronimus, in prefato loco super Mattheum, dicit quod « diversarum heresum fuere principia 541 , sicut perseverantia usque ad presens tempus monimenta 542 declarant » v . Tertio quia quorundam non fuit auctor certus ecclesie. Hoc 543 enim est causa secundum Augustinum quare quidam libri, etiam satis 544 de se utiles, non fuerunt in canonis auctoritate recepti. Quarto propter misterium sacri numeri quaternarii, prout supra tactum est.

<Tertia questio>

71 Tertio potest queri 545 quare hii quatuor qui ad hoc electi sunt, non fuerunt omnes apostoli Christi, aut saltem de primis discipulis eius, qui eius facta et verba viderunt et audierunt, et qui eum dum viveret sunt secuti. Videtur enim quod talium testimonium fuisset auctorizabilius et credibilius 546 .

72 Dicendum quod multiplici ratione est hoc a spiritu sancto congrue ordinatum.

73 Prima est ad commendandam auctoritatem posteriorum fidelium qui Christum non viderunt in carne mortali 547 , ne scilicet crederetur quod ipsorum 548 predicatio 549 et doctrine eorum 550 receptio non esset eiusdem virtutis et efficacie 551 sicut fuit primorum 552 apostolorum, et hanc rationem tangit Augustinus, libro primo De consensu evangelistarum, circa principium, dicens

« ne putaretur quod 553 attinet ad percipiendum et predicandum evangelium interesse aliquid,

utrum illi annuncient qui dominum hic in carne apparentem secuti sunt, aut alii qui ex illis fideliter crediderunt comperta, divina providentia procuratum 554 est per spiritum sanctum scilicet 555 ut quibusdam ex illis, qui primos apostolos sequebantur, non solum annunciandi 556 , verum 557 etiam scribendi evangelium tribueretur auctoritas. Hii sunt Marcus et Lucas » vi . Hec Augustinus.

74 Secunda 558 est ad docendum simul et commendandum duos modos fidedignorum 559 testium et testimoniorum 560 sollempnium 561 , quorum primus est testificari facta certitudinaliter visa 562 vel 563 verba audita ab ipso teste. Secundus est testificari de hiis que a fide dignissimis quis

audivit, qui modus tunc precipue est sollempnis 564 quando illis 565 videntibus et approbantibus 566 et confirmantibus testificatio est facta, et quando excessus 567 bonitatis et sapientie testem 568 ipsum omnibus celebrem et merito auctorizabilem reddit, et sic fuit in Luca et Marcho 569 . Marchus enim fuit singularis discipulus Petri 570 et eius interpres, ita quod auctoritate Petri evangelium scripsit, et Petrus editum approbavit et ecclesie legendum dedit, sicut dicit Ieronimus in Libro illustrium virorum, capitulo 8°, assumens 571 hoc 572 a Clemente in 6° Informationum libro vii . Lucas vero fuit « individuus comes Pauli », et non solum ab ipso sed etiam a ceteris apostolis didicit acta 573 Christi, sicut ipse in principio sui evangelii declarat, dicens sicut tradiderunt nobis qui 574 a principio ipsi viderunt et ministri fuerunt sermonis 575 , sicut dicit Ieronimus in libro eodem, capitulo quinto 576 , ubi et 577 addit quod

« quidam suspicantur quod ubicumque Paulus in epistolis suis 578 dicit iuxta evangelium meum,

hoc 579 de Luca 580 significare 581 voluit 582 » viii .

75 Tertia est ad ostendendam concordiam primorum 583 fidelium et sequentium, que etiam facit ad maiorem credibilitatem 584 dictorum, quia quando a diversis et in diversis temporibus et statibus, eadem veritas concorditer dicitur, eo ipso est credibilior quam si a solis hiis qui sunt eiusdem status, in eodem loco et tempore diceretur, et precipue quia non potest quis 585 ita de facili suspicari quod concordia primi modi contigerit 586 ex maliciosa conspiratione 587 testium 588 .

76 Quarta est ad commendandam virtutem humilitatis et sanctitatis, que utique plus faciunt ad fide dignitatem testimonii quam sola dignitas vel 589 auctoritas primatus et primitatis, et ideo 590 electi ad hoc sunt aliqui 591 discipuli qui non essent apostoli, nec primi 592 .

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77 Quinta est ad informandum 593 et commendandum varios gradus officiorum et statuum in ecclesia dei. Nam sicut ait Apostolus, prima ad Corinthios, 12 594 , loquens de diversitate graciarum et 595 membrorum ecclesie 596 Christi, quosdam posuit 597 deus in ecclesia primo apostolos, secundo prophetas, tertio doctores, et cetera, et Ephesios 4°, loquens de hoc ipso 598 , dicit et ipse dedit quosdam quidem apostolos, quosdam autem prophetas, alios vero evangelistas, etc. Et per 599 hoc patet ad obiectum, quia iste modus cum suis circumstanciis diligenter consideratus, non est minus auctorizabilis 600 aut 601 fidedignus quam sit ille pro quo arguitur.

<Quarta questio>

78 Quarto queritur quare hii duo evangeliste, scilicet Marchus et Luchas, fuerunt in scribendo in medio duorum 602 aliorum collocati.

79 Dicendum quod prima ratio est 603 , secundum Augustinum, libro primo 604 De consensu evangelistarum, ut « tamquam filii in medio duorum patrum constituti, utroque ab eis 605 latere munirentur » ix .

80 Secunda est ad commendandam 606 auctoritatem et causalitatem 607 primi principii et finis ultimi. Et ideo primo debuit poni aliquis apostolus et talis qui visu et auditu esset testis immediatus, et cuius vocatio 608 esset inter ceteros valde certa et ardua, sicut utique 609 fuit Mattheus 610 , qui ab 611 officio valde contrario et irretitivo pre ceteris refertur 612 esse vocatus, et 613 cuius vocacionis modus pre ceteris est certus, preterquam de Petro et 614 Andrea, Iacobo et Iohanne. Ultimus vero, Iohannes 615 , ut merito esset ydoneus evangelico fini, qui est summa contemplatio deitatis 616 verbi eterni, fuit 617 inter evangelistas 618 et fere inter apostolos prior vocatione, auctoritate, sanctitate 619 , Christi 620 et matris eius familiaritate et sapiencie perspicacitate et post Christi ressurectionem longevitate. Quantum vero ad duos medios, Marchus convenienter preivit Lucam, sicut Petrus, Paulum 621 . Marcus etiam debuit immediate subiungi Matheo tamquam eius abbreviator ; pauca enim superaddit Matheo, nec videtur aliud facere quam abbreviare dicta illius. Lucas vero debuit immediate connecti 622 Iohanni tamquam virgo 623 virgini et tamquam familiarior 624 matri Christi et profundius reserans secretum 625 conceptionis et partus verbi incarnati, et tamquam ad contemplativam Iohannis quantum 626 ad modum tradendi proprius accedens.

81 Si vis autem scire quibus locis et temporibus scripserint, et in quibus linguis, scito quod sicut trahitur 627 ex Augustino, Ieronimo et Remigio, « Mattheus primus 628 scripsit in Iudea et 629 in hebreo, tempore Gaii gallicule imperatoris. Marcus vero secundo 630 in Ytalia, Rome, tempore Neronis 631 , vel secundum 632 Rabanum 633 tempore Claudii. Lucas vero tertio in Achaie Boecieque partibus. Iohannes autem ultimo 634 Ephesi, in Asia minori, tempore Nerve » x , et hii tres scripserunt in greco. Quidam tamen dicunt quod Marcus non solum scripsit in greco sed etiam in latino, sed tamen 635 predicti sancti de hoc non faciunt mentionem. Unde nescio an sit usquequaque fide dignum.

82 Si vero contra predicta obiciatur quod melius fuisset Paulum loco Luce scripsisse, et Petrum loco Marchi, dicendum est 636 quod sicut racionabilius est, quod idem in eadem causa non sit iudex et testis, sic congruencius fuit quod Marchus esset scriptor et testis, Petrus vero approbator et iudex. Conveniencius eciam fuit quod hiis quibus 637 Paulus in suis epistolis magistraliter et preceptorie scripserat, Lucas per ystoriam tam 638 evangelii quam actuum apostolicorum famulatorie 639 subserviret et concors testimonium subministraret.

83 Rursus cum isti duo essent universalia capita tocius ecclesie, si soli omnia ennarrassent, posset forsitan 640 ab aliquo 641 credi quod in sui principatus gloriam, aliqua de Christo falso et favorabiliter conscripsissent 642 . Preterea 643 non minoris, immo quodammodo maioris est auctoritatis, scribere 644 per alium quam per se ipsum, et precipue cum in privilegii apostolici signum nullus preceptorie sive per modum prelati imperantis aliquid 645 in canonica scriptura scripserit 646 , nisi soli apostoli.

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<Quinta quaestio>

84 Quinto queritur an scripserint sua evangelia sicut ystoriographi, scilicet secundum propriam memoriam informatam 647 ex hiis 648 que viderant 649 sive audiverant 650 , aut 651 sicut prophete, scilicet secundum revelationem sibi factam a spiritu sancto, dictante eis 652 quid scribendum et quantum 653 et qualiter.

85 Dicendum quod utroque modo, ita tamen quod spiritus sancti illustracio erat ibi 654 sicut principalis motor et director. Primum quidem debuit ibi esse, primo quia aliter non essent proprie 655 ystorici narratores et testes. Secundo quia valet nobis ad ampliorem credibilitatem 656 dictorum. Plus enim reputamus certos et fidedignos illos qui narrant ea 657 que sensibiliter viderunt et audiverunt 658 , quam narrantes illa que per solam revelationem acceperunt, et 659 constat quod uterque modus simul 660 sumptus multiplicius 661 movet auditores ad fidem. Tertio quia consuetum est deo et suis assumere humana misteria ad suum obsequium, et precipue cum omnia sint ab ipso, licet 662 diversimode. Unde videmus quod in hiis que sunt gracie et 663 fidei utitur obsequio naturalis rationis, et etiam omnium naturarum.

86 Preter 664 hunc autem modum, fuit necessarium addici secundum, tum 665 propter infallibilitatem, tam in rebus dicendis quam in modo et ordine dicendi, tum propter auctoritatis plenam et solidam firmitatem ; non enim aliter teneretur totus orbis dictis ipsorum subici tamquam catholice fidei et tamquam summis eloquiis 666 dei. Tum 667 propter precellentiam et superioritatem nove legis ad veterem 668 ; non enim per minores dei revelationes debuit hoc tradi quam illa. Nec mireris si in hoc casu hii 669 duo modi concurrerunt, quia etiam 670 in humanis videmus quod 671 antequam homo veridicus et fidedignus narret ea que certitudinaliter vidit et audivit, nichilominus ad maiorem confirmacionem 672 dictorum assumit pro iuramento 673 testimonium dei et veritatis eterne.

87 Quod autem propriam memoriam informatam ab extrinseco secuti fuerint patet, tum 674 ex verbo Luce in principio 675 libri sui, dicentis sicut tradiderunt nobis 676 qui ab inicio ministri fuerunt sermonis <Lc 1,2>, tum 677 ex verbo 678 Iohannis capitulo 19° de seipso 679 dicentis et qui vidit testimonium perhibuit et verum est testimonium eius, etc. Propter quod mirari non debes 680 si Augustinus, in libro De consensu evangelistarum, sepius 681 dicat quod ipsi 682 retulerunt 683 verba et facta Christi, prout dum scriberent eorum memorie occurrebat, aut 684 si 685 Ieronimus dicat quod Marchus prout ex ore Petri « audierat 686 » xi , evangelium scripsit 687 .

<Sexta quaestio>

88 Sexto queritur quare 688 non scripserunt omnes omnia et uniformiter, sed potius sub 689 tam diverso modo et ordine quod sepe 690 sibi videntur contrariari 691 .

89 Videtur enim quod concordia et uniformitas plus faceret ad fidedignitatem 692 testimoniorum suorum, sicut econtra ipsa apparens contrarietas quosdam quasi cogit extimare 693 ipsos vel quosdam ipsorum aliqua falsa 694 dixisse 695 .

90 Dicendum quod hoc 696 valde rationabiliter 697 et ex 698 speciali consilio spiritus sancti est factum. Primo quidem ad excludendum 699 indignos qui digni sunt potius excecari quam illuminari. Secundo ad exercendum devotos et 700 fidem ipsorum. Querendo enim concordiam apparencium contrarietatum, et tandem inveniendo, plus illuminantur et iocundius admirantur. Credendo etiam ab initio in tanta contrarietatis apparentia esse plenissimam concordiam veritatis, amplius meretur et proficit 701 fides 702 ipsorum 703 .

91 Tertio ad testimonii 704 ipsorum fidedignitatem 705 maiorem, quia secundum Crisostomum in omeliis 706 super Matheum, « si per omnia consonarent, crederent inimici quod ex placito quodam humano convenientes 707 scripserunt 708 que scripserunt » xii . Quod 709 vero non 710 secundum eadem tempora, neque in eisdem locis convenientes 711 et 712 ad invicem colloquentes scripserunt, et sic quod in aliquibus modicis 713 dissonare videntur, maximum signum est veritatis, quia 714 ex hoc aperte 715 apparet quod simplici mente omnia sunt locuti. Unde et in humanis videmus quod quando testes, quantum ad aliqua, diversificantur, absque tamen lesura veritatis et absque reali contrarietate, forcius creditur eis 716 , saltem ab intuentibus 717 realem concordiam ipsorum. Et sic 718 est in proposito, quia 719 secundum Crisostomum, ubi supra,

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« in principalibus que pertinent ad informationem vite et 720 predicationem fidei, nequaquam

dissonant, nec in parvo » xiii . In miraculis tamen et in quibusdam consimilibus, quamdam superficialem diversitatem habent.

92 Quarto ad magistralem exemplaritatem veritatis servandam 721 in sermonibus nostris, quia secundum Augustinum libro secundo De consensu evangelistarum, capitulo 11°, conveniens fuit per evangelium Christi quod summum 722 culmen 723 auctoritatis obtinuit nos edoceri, quod non debemus arbitrari nos mentiri quando eandem rem in diversis temporibus, aut diversis personis, narramus diversimode, mutato scilicet ordine verborum, sive alia pro aliis, que 724 tamen idem valent, verba 725 proferantur, sive in una narratione 726 aliqua omittantur et in alia addantur. Et sicut 727 ibidem Augustinus ostendit, necessarium fuit nos hoc 728 edoceri, quia vix est possibile aliquid 729 sic semper narrare idem quod nichil penitus mutet in 730 verbo 731

aut 732 in ordine et 733 in 734 modo dicendi 735xiv . Fuit etiam hoc nobis utile, ut ibidem ostendit, ut intelligeremus non tam verborum quam rerum querendam et amplectandam esse veritatem.

93 Sicut enim ait Dyonisus, quarto De divinis nominibus, « stultum 736 et irracionabile est, non virtuti 737 intentionis attendere, sed dictionibus, et hoc 738 non est proprium divina intelligere volentium, sed suspicentium sonos nudos, volentium sibi declarari dictiones 739 obscuriores per equivalentes, et impacienter ferentium si littera 740 vel sillaba vel dictio commutetur 741 in equivalentem 742 , ac si non sit 743 possibile significare quatuor 744 per bis duo, vel rectilineum per orthograma, vel provinciam per 745 patriam » xv . Et Augustinus quarto De doctrina christiana dicit « bonorum ingeniorum insignis est indolis in verbis verum amare, non verba » xvi .

94 Quinto ad dandam rationem pluralitatis scriptorum quia, secundum Crisostomum, ubi supra,

« si unus omnia dixisset, superfluus esset numerus reliquorum. Si autem omnes diversa

nequaquam consonantie demonstratio appareret 746 » xvii . Congruum ergo fuit quod primus evangelista aliqua sequentibus scribenda relinqueret, et quod sequens 747 priori aliqua adderet. Unde sicut 748 Augustinus et Ieronimus 749 expresse 750 dicunt, sequentes evangeliste bene videbant 751 et sciebant 752 illa que priores scripserant, et scienter pretermiserunt aliqua que illi 753 scripserant et alia addiderunt xviii . Fuit autem 754 utile posterius in exemplum, ne scilicet putaremus quod 755 ex quo unus doctor de aliqua veritate aliqua scripsisset ac 756 disseruisset 757 , quod superflueret aliquid amplius et aliter conscribi per alios de veritate eadem.

95 Sexto 758 ad ostendendum quod plura Christi facta et verba obmiserunt, etiam 759 scienter, sicut dicit Iohannes capitulo ultimo <Jn 21,25>. Quis enim dubitet quod tres primi evangeliste non poterant esse obliti, aut omnino ignari, suscitationis Lazari aut predicationis Christi facte ante incarceracionem 760 Iohannis Baptiste, et tamen constat eos ista omississe. Quis etiam 761 dubitet Iohannem non ignorasse modum vocationis sue et fratris 762 sui, et tamen ipsum expresse non narrat. Igitur si omnes penitus 763 idem dixissent, credi posset quod omnia Christi magnalia narrassent, quod quidem non esset honorificum Christo, nec utile sublevationi nostre speculationis in 764 infinitam 765 abyssum magnalium 766 Christi.

96 Septimo 767 ad multiformitatem misteriorum que utique 768 ex diversis modis scribendi eliciuntur et elici possunt, et per 769 hoc 770 patet ad obiectum 771 .

97 Nota 772 vero quod ad 773 facilius videndum 774 contrarietates apparentes vel concordias 775 evangelistarum, quidam 776 ediderunt decem canones, in quorum primo comparantur simul Matheus, Marcus, Lucas, Iohannes. In secundo Matheus, Marcus et Lucas. In tertio Matheus, Lucas, Iohannes. In quarto Matheus, Marcus, Iohannes. In quinto Matheus, Lucas. In sexto Matheus, Marcus. In septimo Matheus, Iohannes. In octavo Marcus, Lucas. In nono Lucas, Iohannes. In decimo quilibet per se.

<Septima quaestio>

98 Septimo queritur de figuris quatuor animalium quatuor facierum que ipsis evangelistis a 777 doctoribus adaptantur. Et primo quia doctores in hoc videntur sibi 778 contrariari. Secundo quia videntur illis irracionabiliter 779 ipsas 780 appropriare 781 , tum 782 quia omnes locuntur de omnibus dignitatibus Christi, et sic omnes facies communiter 783 competunt omnibus, tum 784

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quia solum propter aliqua pauca que 785 tangunt 786 in iniciis suorum librorum vel in quibusdam aliis particulis 787 eas ipsis assignant.

99 Circa hoc 788 igitur, sciendum quod omnes doctores latini concordant in assignandis figuris Iohannis et Luce. Iohanni enim ascribunt faciem 789 aquile ; tum quia ad Christi deitatem 790 altius ascendit ; tum quia tribus primis circa activam et moralem 791 vitam amplius versantibus, ipse convolat ad contemplativam ; tum quia secundum Ambrosium super Lucam, miracula divine ressurectionis forcius expressit. Luce vero assignant faciem vituli, propter victimam sacerdotis seu sacrificii. Lucas 792 enim, secundum Augustinum, pre ceteris commendat sacerdotalem Christi dignitatem xix , tum 793 inchoando a sacerdotio Zacharie 794 , tum narrando quod mater Christi erat cognata Elisabeth que erat de filiabus Aaron et uxor pontificis, tum quia narrat Christum fuisse oblatum in templo et sacerdotale sacrificium 795 pro ipso 796 oblatum, tum quia narrat ipsum cum esset annorum duodecim inventum in templo, tum 797 quia per patres 798 pocius quam per reges genealogiam eius deducit et hoc a baptismo 799 Christi, ut ostendat se plus loqui de generatione sacerdotali seu spirituali quam de generatione naturali.

100 Circa Matheum vero 800 et Marcum diversificantur, quia Augustinus figuram leonis ascribit Matheo, tum 801 quia pre ceteris commendat Christi regiam dignitatem, tum in eo 802 quod 803 ex regibus ostendit eum 804 natum, tum quia a magis ut regem quesitum 805 et adoratum 806 , tum quia narrat quod Herodes timuit eum tanquam regem terre futurum 807 . Marco vero attribuit figuram hominis, quia neque stirpem Christi regiam, nec sacerdotalem eius consecrationem vel cognationem narrare voluit 808 , et tamen in eis versatus est que homo Christus operatus est. Et ideo per solam figuram hominis significatus 809 esse videtur, tum quia videtur esse pedissecus et abreviator Mathei. Quia enim regum est non esse sine comitum obsequio, ideo 810 Matheus qui regiam Christi 811 personam narrandam 812 susceperat 813 habuit 814 sibi tanquam 815 comitem adiunctum qui sua vestigia quodammodo sequeretur. Quia vero sacerdos in sancta sanctorum solus intrabat, propterea Lucas cuius circa sacerdotium Christi erat intentio, non habuit socium 816 subsequentem 817 qui suam narrationem quodammodo breviaret. Hec 818 est sententia Augustini, primo libro De consensu evangelistarum circa principium xx .

101 Secundum vero Gregorium, Super Ezechielem, Marcho competit facies leonis, quia a clamore clamantis in deserto incepit <Mr 1,3>. Leonis autem est clamor et rugitus terribilis xxi . Vel secundum Ambrosium, Super Lucam, quia cepit 819 ab expressione divine potentie, cum dicit 820 : Inicium evangelii Yhesu Christi filii dei <Mr 1,1>, vel secundum glosam quia agit de ressurectione. Matheo vero facies hominis, quia secundum Gregorium ab humana generatione Christi cepit 821 , vel secundum glosam quia 822 circa humanitatem Christi principaliter immoratur, vel secundum Ambrosium quia « librum eius dicimus 823 esse moralem ; mores autem proprie dicuntur humani » xxii .

102 Quidam vero Grecorum leonem ascribant 824 Iohanni, quia instar leonis rugitu sue doctrine timorem hereticis incussit, dicens 825 : In principio erat verbum <Jn 1,1>. Marcho vero aquilam, quia per eam aliquando solet significari spiritus sanctus, qui locutus fuit per ora 826 prophetarum, et ipse 827 a prophetico testimonio exorsus est xxiii . Sed uterque 828 istorum modorum non latuit Augustinum 829 . Unde libro primo De consensu evangelistarum dicit quod « probabilius videntur sibi 830 dixisse illi qui leonem Marco, hominem Matheo, vitulum Luce, aquilam Iohanni assignaverunt, quam illi qui hominem Matheo, aquilam Marco, leonem Iohanni, tribuerunt » [C 7rb] et subdit, « de principiis enim 831 librorum quamdam coniecturam capere voluerunt, non de tota intentione evangelistarum 832 que magis fuerat scrutanda 833 ». Et iterum pro sua sententia subdit quod « multo congruencius 834 ille 835 qui regiam Christi personam maxime commendavit, per leonem significatus accipitur » xxiv . Ergo Augustinus prefert suam omnibus, illam vero Ambrosii 836 quam sequitur Gregorius et glosa prefert assignationi 837 grecorum.

103 Quidam vero moderni sequuntur Augustinum, sed 838 secundum aliam rationem quantum ad Marcum, quia dicunt quod Marcus accepit commendandam 839 dignitatem 840 Christi magistralem. Unde et incepit a predicatione Iohannis. Docere autem est 841 proprium hominis 842

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quia humane rationis. Econtra vero 843 quidam alii moderni sequuntur Gregorium, sed secundum aliam rationem 844 , dicentes quod Marco competit figura 845 leonis, quia scripsit vice Petri et sub typo prelatorum, quibus competit leonis austeritas et severitas, et ideo etiam, ut dicunt, debuit esse brevis, quia prelatorum est breviter et summatim fidem 846 docere, propter regiminis 847 solicitudinem et occupationem.

104 Ad primum igitur dicendum quod easdem figuras diversis, aut 848 diversas eisdem adaptare secundum varias 849 rationes diversosque respectus, non est realis contrarietas, et sic est in proposito.

105 Ad secundum dicendum 850 quod preterquam Iohanni, qui notabiliter est ab aliis sequestratus, tam in altitudine dictorum quam in modo dicendi, assignationes predictarum figurarum non videntur esse facte 851 nisi secundum paucas et iniciales vel 852 finales 853 particulas librorum suorum, et hoc bene 854 sufficit, tum quia non queritur in hoc nisi quedam prerogativa appropriacionis, tum quia licet ille particule sint parve et pauce, earum tamen ratio et intentio aspicit totum librum et eum qui est materia tocius libri, scilicet Christum.

Notes

1 Bonaventura, Opera Omnia, Quaracchi, Coll. S. Bonaventurae, 1898, t. 8, p. 658-662.

2 F. Delorme, « Textes Franciscains », Archivio Italiano per la storia della pietà, 1, 1951, p. 194-200.

3 Aquilinus Emmen, « Pierre de Jean Olivi, sa doctrine et son influence », Cahiers de Joséphologie, 14, 1966, 209-270.

4 Marie-Thérèse d’Alverny, « Un adversaire de saint Thomas : Petrus Iohannis Olivi », dans St. Thomas Aquinas, 1274-1974, Toronto, Pontifical Institute of Medieval Studies, 1974, t. 2, p. 179-218.

5 Thomas Francis Murtagh, Peter Olivi's Matthew commentary : a critical edition of chapter 5, verses

1-26 with a commentary, Thesis, Melbourne College of Divinity, 1992. Je remercie chaleureusement Clare Renkin de m’avoir permis de consulter un exemplaire déposé à la bibliothèque de St Paschal’s

Library, Melbourne.

6 [en ligne] http://www.history.vt.edu/Burr/OliviPage/OliviSouces.html dernière mise à jour 8 novembre

2000.

7 Decima Douie, « Olivi’s Postilla super Matthaeum (MS. New College B. 49) », Franciscan Studies, 35, 1975, p. 66-92.

8 David Burr, « The Date of Petrus Iohannis Olivi’s Commentary on Matthew », Collectanea

Franciscana, 46, 1976, p. 131-138 ; Kevin Madigan, Olivi and the Interpretation of Matthew in the High Middle Ages, Notre Dame, University of Notre Dame Press, 2003. Il est regrettable qu’une monographie consacrée à un ouvrage inédit ne se soit appuyée que sur un unique témoin.

9 Le seul témoin complet qu’il convient d’ajouter à sa liste est Barcelona, Arxiu de la Corona de

Aragò, Ripoll 86, signalé in S. Piron, « Complément à l’inventaire des manuscrits d’Olivi », Archivum franciscanum historicum, 90, 1997, p. 591-596.

10 Sur les 16 manuscrits connus, seul celui de Castiglione Fiorentino n’a pu être utilisé, tandis que le

cod. Vat. lat. 10900 ne contient pas le passage concerné par son édition.

11 M.-T. d’Alverny, « Un adversaire », p. 201. Meilleure description in Cesare Cenci, Bibliotheca

manuscripta ad Sacrum Conventum Assisiensem, Assisi, 1981, vol. 1, p. 389, n. 207. Manuscrit numérisé par la Società Internazionale di Studi Francescani, accessible à l’adresse : http://www.sisf-assisi.it/ digitalizzazione.htm

12 Manuscrit numérisé par le programme « Portal de archivos espanoles », http://pares.mcu.es. Décrit,

sans identification, par Rudolf Beer et Zacharias García Villada, Bibliotheca Patrum Latinorum Hispaniensis, II Band, 1 Teil, Wien, 1915, p. 389.

13 Je remercie le bibliothécaire, Fabio Salvietti, de son aide dans la reproduction photographique des

premiers folios du manuscrit.

14 M.-T. d’Alverny, « Un adversaire », p. 203-204.

15 Coxe, Catalogus codicum manuscriptorum qui in collegiis aulisque Oxoniensibus adservantur, t. I,

p. 14 ; M.-T. d’Alverny, « Un adversaire », p. 203 ; D.R. Howlett, R.W. Hunt, « The Provenance of MS.

New College 49 », Bodleian Library Record, 10, 1981, p. 225-228.

16 M.-T. d’Alverny, « Un adversaire », p. 198-199. FT, M.P. Saci, « Dagli spirituali agli osservanti.

Gioacchino da Fiore e Pietro di Giovanni Olivi a Padova nel XIV secolo », Scriptorium, 1999, p.

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252-274 ; K. W. Humphreys, The Library of the Franciscans of the Convent of St. Antony, Padua at the beginning of the fifteenth Century, Amsterdam, Erasmus Booksellers, 1966, p. 30.

17 M.-T. d’Alverny, « Un adversaire », p. 192-196.

18 M.-T. d’Alverny, « Un adversaire », p. 200. Le fonds de San Isidoro est à présent déposé à la Curia

generalizia dell’Ordine dei frati Minori à Rome. Je remercie l’archiviste, P. Pedro Gil, de son accueil, et Antonio Montefusco de son aide pour la photographie de ce volume.

19 M.-T. d’Alverny, « Un adversaire », p. 202.

20 M.-T. d’Alverny, « Un adversaire », p. 198-199.

21 Le témoin A est incomplet et s’interrompt avant le chapitre 22. Je n’ai eu accès qu’aux premiers folios

du témoin N.

22 Les manuscrit Firenze, Bibl. Laurenziana, Santa Croce, Plut. X dextr. 4 et Escorial, Convento San

Lorenzo, Q. III. 2, sont également concernés.

23 Par exemple, § 27, seuls CV, de même que T après corrections, présentent la tournure correcte, « sunt

quatuor facies, scilicet legalis imperans … », tandis que les autres témoins, sur le modèle d’un paragraphe précédent, emploient le verbe « habet », qui requiert des adjectifs à l’accusatif. Le témoin O procède d’ailleurs à la correction requise.

24 Les questions ont pour intitulés : Si autem queratur quomodo pro causa negligendi nuptiarum istarum

convivium assignatur id quod de se est licitum et Si vero queratur quomodo hec parabola est verisimilis in eo quod dixit invitatos plagasse et occidisse servos a tali rege missos, Paris, BnF lat. 15588, f. 108va- b. Les manuscrits qui comportent ces questions contiennent également, dans un paragraphe précédent, un membre de phrase omis par les autres témoins : « secundum vero per hoc quod dicitur ad negociationem suam, idest in territorium possessionum suarum, sive illa esset mercacio vel causidicacio aut aliqua

consimilis ».

25 Le manuscrit numérisé est accessible en ligne, au moyen d’un abonnement institutionnel dont le prix

est scandaleusement élevé. La numérisation de basse qualité mise en libre accès a permis de réaliser ce sondage, mais non de prendre en compte le manuscrit pour l’édition du prologue.

26 Rub : Incipit expositio evangelii super matheum R postilla super Matheum ? al. man. V Z

27 semine virtualiter continentur K

28 non] nec K

29 originaliter] originabiliter R

30 proderunt] prodeunt BO proderant K prodent V

31 et] et in NORTZ

32 debitum K

33 inserta] in se ita K indicta V

34 in] ista O

35 in sunt add. Z

36 et] om. N

37 illud] id R

38 creationis] causationis O

39 etc] et terram OV

40 et] etiam T

41 et] om. Z

42 ipsa] ista Z

43 qualis et eius doctor … totalitate et] om. O et] om. BNZ

44 etiam add. NTZ erit add. O

45 qualis in sua testa seu cortice] om. K

46 et add. O ut add. K qualisve BCNVZ

47 sua add. CVZ

48 qualis] qualiter O

49 prenuntiativa] pronuntiativa RO

50 qualisque] qualiterque O

51 exibi.lia K

52 auditorum] auditor NOTZ

53 et] om. K

Lectura super Mattheum, prologus

18

54 ad] om. R

55 amplectanda] implenda Z

56 ad] om. NO

57 formanda K

58 magnanimis] magnitudinis R magnatamis T

59 rationalia] rationabilia RKO

60 amplectatur] amplectetur BT

61 vero] autem N

62 immolativam] immolaticiam KV immolatia’ C

63 et iugalem vecturam ac curvaturam] in mg. P om. Z curvaturam] carnaturam O

64 scilicet] idest O

65 et] om. BNKZ

66 intelligencie] intelligenciam O

67 plantam] planta N pedis add. Z

68 pura] ipsa N

69 procedat] om. Z

70 radii] iudicii O

71 ultra om. K

72 hoc supervehi] superius Z

73 scibilium] sensibilium O

74 creacionis] creatoris Z

75 se] om. Z

76 vero] om. K autem O

77 ac iustificatoris om. K

78 ut sunt excedens add. P

79 superexcedens] supercedens P

80 virtute K

81 et add. K

82 quid] quod KNOTZ

83 habet] debet habere RT p.c

84 quasi] instar N

85 quasi] instar R a.c.

86 quia] quasi BK

87 ad paternum] ordinum P a.c.

88 interficiendum] interficiendo N

89 eius add. O

90 vero] autem CV

91 solidum] add. in mg. P

92 et] ac CV

93 sunt] habet BKNOPRT a.c. Z

94 scilicet] om. B

95 legalis] legalem O

96 ystorialis] historialem O

97 disciplinabiliter NK

98 quasi] ut O

99 quidem] om. O

100 vero] quidem N

101 procedit] precedit OT

102 factorum] sanctorum K

103 apostolicorum] apostolorum RZ

104 subditur] subadditur P

Lectura super Mattheum, prologus

19

105 de add. O

106 in] et in O

107 est] om. R

108 tegunt] regunt KO tangunt Z

109 ornant] ordinant C

110 et add. Z

111 et] om. COV

112 et nunc add. K

113 contemptorum Z

114 ea] eo CV

115 apertus] aptus O aptu Z

116 socialis] sociabilis B

117 proponit] ponit BKNOTZ

118 numerabilis] numerativus COV admirabilis RT a.c mirabilis P mirabilis et numerativus T p.c numerativus et ammirabilis Z

119 enim] om. O

120 ex] in O

121 trahitur] trahit B

122 et temporum] om. P

123 volant] volatur O

124 expletiva] exemplativa OT

125 correspondentes] correspondentibus O

126 propositum] positum RT

127 contueri] intueri PRT p.c.

128 universalem] om. P

129 penne] pedes P

130 quatuor facies – quod ait] om. O

131 pedis] pedum O

132 habeat] habet NPZ

133 scilicet] om. BN

134 deinde] deinceps Z

135 mistice] om. B

136 enim] om. Z

137 et] ac B

138 et] ac Z

139 et] ac R

140 hoc per faciem – et secundum] om. O

141 omnia add. Z

142 supersubstantialis] substantialis P

143 eternalis] essentialis R

144 evidencius om. K

145 refulgeat] fulgeat Z

146 vero] om. N

147 potentialis O

148 genitum] generatum R gentium NOZ

149 et] om. NOZ

150 deitate] divinitate BNPRTZ

151 et] om. Z

152 quadruplici formitas O

153 preter] post Z

154 aut] ac BC

Lectura super Mattheum, prologus

20

155 ac] et CKPVZ

156 iterum] item T

157 item simul] iterum scilicet O

158 et] om. CV

159 et] add. N

160 redemptionis OZ

161 et] etiam Z

162 iudicis] regis Z

163 et] etiam T

164 sempiternalia] sempiterna RT a.c.

165 Christi] Christus RTZ

166 etiam] om. R enim O in se Z in add. RT p.c

167 sua add. RT p.c.

168 omnium] om. BCVZ

169 in medio add. B

170 gratie add. K

171 tetrarchie] thecarchie P tanquam stans add. O

172 eciam] et BC om. N

173 cum hoc] om. B

174 consilia] consilium O

175 exemplariter] om. NTZ

176 premonstravit] primordiavit P demonstravit R a.c.

177 scilicet add. R

178 et] om. N

179 et describit] om. O

180 autem] om. NT

181 attendo] attendendo RK

182 volatum] volatur O et add. R

183 enim] etiam Z

184 hec Z

185 attendo] attendendo om. K

186 et eius doctrina] om. O

187 in] et R

188 possumus] possum B

189 de mundo] om. K

190 et add. CV

191 summum Z

192 et add. BO

193 contumelie] om. B et add. CV

194 et add. CVZ

195 seu gloria] om. CKVZ

196 seu gloria summa eternitas et immortalitas] om. PR

197 item] iterum COV

198 fragilitas K

199 martyrum om. Z

200 et] om. Z

201 et] seu BR a.c.

202 anthonomasice] automatice O

203 evangelica] evangeliorum R

204 multipliciter] multiplex R

205 que] qui R

Lectura super Mattheum, prologus

21

206 in add. C

207 irrigaverat Z

208 vero Christi RK

209 usquequaque ferunt] usquequo fuerunt P usquaquam fuerunt KZ

210 circulos] curriculos P oculos Z vectes R

211 stabant] erant NOZ

212 autem] vero KP

213 contra] om. O

214 egestatem] egesta P

215 diem] quidem K

216 annuntiaverunt] annuntiant Z nunciaverunt B

217 factumque est modium R

218 statere] stature CPV

219 et duo] om. O

220 ordei] ordini P

221 statere] stature CPV

222 designantur Z

223 53°] quinto O

224 et] om. N

225 tum quia et ipsi - crucifixi] om. C

226 vero] autem Z

227 ad add. N

228 per] super C

229 hostiorum om. Z

230 dei Z

231 et add. R

232 habetur om. R

233 23] 33 BOT 13 CV

234 divini cultus] divinum cultum O

235 cum hoc] om. K

236 23] 13 C

237 psalte] psalterio O psaltes K

238 quo] quod P

239 ut ostenderetur] om. K

240 is] hiis KO

241 ianitoris] ianitores O

242 psalte] psalterii O – psa(lmis)te C

243 vult] volunt O

244 debet] debent O

245 custodire] habere B

246 sunt] fuerunt N

247 de quibus] ut Z

248 25] 9 P 35 B 26 N

249 spericitatem] perspicacitatem BP a.c. RT a.c.

250 presignati] designati B

251 de quibus] ut R

252 capitulo add. O

253 et add. O

254 inspirabilitatem PRT] spirabilitatem CKOV inspirabilitate Z

255 dicitur] habetur V

256 veni] venit K

Lectura super Mattheum, prologus

22

257 huius om. Z

258 et quantum O

259 alactatem T

260 et om. Z

261 libertatis] ubertatis K

262 8° V C

263 etc. add. NORZ

264 qui P] que KOV

265 primo capitulo add. BNOTV

266 egredientes] om. N

267 testimoniorum O

268 quatuor om. Z

269 capitulo add. RT

270 effusionem] confusionem T

271 per] propter Z

272 ac] et OT a.c. Z

273 innocenciam NOZ

274 contra] om. Z

275 tenebram] tenebras N

276 iverunt] venuerunt B

277 idest] et BR

278 quadriga] quarta BKNOPRTZ

279 primo] post CV

280 per] om. C

281 consummatissimam] conservatissimam O

282 quanto autem] quarto inde O

283 erat] erant Z

284 bestialibus] bestialiis K et add. B

285 quo erant] om. B

286 quadripedia O et add. Z

287 serpentia] serpentina CRV

288 habetur add. O

289 prout habetur] om. N

290 et add. R

291 primum] primo O

292 quod dicitur] om. P

293 processus] processum N divine sententie add. Z

294 evangeliorum] evangelistarum B

295 ostenditur] ostenduntur P

296 ut] sicut RT

297 per medium] om. K spacio relicto

298 pervenit] provehitur K

299 sue add. RT

300 quod] quia V

301 currens] euntes Z

302 etiam] autem O

303 assercionis] actionis B

304 vero] om. Z

305 ordinate] om. Z

306 circulares O

307 a Christo] Christus K

Lectura super Mattheum, prologus

23

308 concurrunt K

309 efficacia om. O

310 huiusmodi] huius NR

311 et] etiam O

312 sapientalium] spiritualium R

313 ac] om. P

314 penetrandum] penetranda R

315 sua] si C

316 et] om. CV

317 conaveris K

318 lare] latere KO

319 ex petra] extra Z

320 evangelica O

321 intentionem] incentivam K animi add. KOZ

322 cordis] om. Z animi CN

323 simulati] om. O

324 erroris] om. R

325 tanquam] quasi CV

326 fons] factor O

327 secula O

328 Amen] om. P

329 autem] vero O

330 dictorum et] om. B eciam add. V

331 hec] add. O

332 querenda et prenotanda] inquirenda B

333 queritur add. NO

334 quod] quia T

335 hoc] om. P

336 melius primo quia fuisset] om. B

337 et] om. O

338 sunt] fuerunt PR

339 vocaliter] om. PR

340 illarum] earum R

341 qua] om. CV

342 fuisset] fuit N

343 michi add. CV

344 ut videtur] om. A

345 quod] quia A

346 ipse] ipsa KP

347 eam] om. ANPR ea K

348 scripsisset] conscripsisset PR

349 quod] et B

350 mortuo] om. A

351 scriberetur] scriberentur N

352 hiis] eis AKO his V

353 redargutiones] redarguentes O

354 et] ex K om. N

355 ipso add. R

356 sensibus] mentibus K

357 infulsisset] influxisset CV

358 et] om. T

Lectura super Mattheum, prologus

24

359 sicut] sic A

360 viveret] vivens P

361 aut] ac B

362 et ideo] nam B

363 et conscriberet] om. PR

364 quod add. P confirmatur vel add. B

365 conflabatur] confirmabatur O

366 per] om. A

367 exhibendo] explendo BNPRZ exercendo A a.c.

368 ea] eam V

369 ut] et B

370 sit] sicut O

371 Iohannis] quod dicit Iohannes B

372 sanctus add. K

373 commendandam] commendandum ANORT

374 proprietas] proprietatis AOV

375 exprimere] exponere PR

376 sancti add. ORT

377 internis] interioribus B

378 sic proprietas est spiritus internis suggestionibus] lin. canc. A

379 in] om. R

380 inspirando] spirando R

381 suum add. O

382 sanctus add. B

383 commendandum] confirmandum A

384 Christus] et A

385 abiecta] ab ista K

386 perfecte] perfectione P

387 etiam] enim O

388 Christi] om. ABPR

389 ditari] om. A

390 vero add. O

391 decuit] docuit K

392 habet] habuit P

393 et sollempnizandi] om. KV

394 et interpretandi] om. KV

395 et conscribendi] om. K

396 reservaretur] servaretur V

397 necessaria] necesse O

398 fuerunt] fuerant K

399 et] ex V

400 pro nobis] om. A

401 eius vel add. O

402 mostraretur] moraretur R a.c.

403 autem] enim O

404 dignitatem fidei] fide dignitatem BPV

405 enim] vero O

406 spectat] expectat O

407 eum] enim K

408 sollempniter] om. A

409 propria] om. P

Lectura super Mattheum, prologus

25

410 reddidisset] reddisset P

411 unumquodque] unumquodcumque B

412 si add. K

413 et audisse] om. NPR

414 et facta] om. A

415 asserat] om. A

416 fuerant] fuerunt NO

417 et] om. A

418 sumptam] sumpta B sumptum O

419 huiusmodi] huius AOP

420 ferre] om. N

421 si] sed N

422 nullus] non O

423 se] om. N

424 et] aut R

425 solum V

426 tunc add. A

427 auctoritatis] auctoritas BP

428 creduntur] creditur A

429 ostendendam] ostendendum T p.c.

430 que] qui O

431 sancti add. B

432 proprie] om. ACV

433 esset] essent BRT

434 lex] om. B

435 solum] om. A

436 in add. T

437 suum] sanctum O

438 longe] om. PR

439 secunda] prima BV

440 huius] huiusmodi K littere huius] om. A

441 infunderat] infundat B

442 humilitati] humilitatem O et auctoritati add. BKNPR

443 sancti] sui A

444 auctoritatem O

445 utriusque] om. ABNPR canc. T

446 proprietatem O

447 et spiritus – auctoritati] om. K auctoritatem O

448 fide] fidei NR

449 ordinem O

450 et] om. O

451 distinctioni] distinctionem O

452 hoc] hec CN

453 autem] enim P

454 defectu] affectu B

455 hoc] om. A hec NV

456 ratio] regula R a.c.

457 illud] id R

458 potius] etiam A

459 Et est] est enim P

460 tam] causa K